La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1912, Août
[" fa: Nos DENTS sont très f belles naturelles, garan- [i ties.Insti Pe ire, Franco-Américain (Iméor Sauvez vos Cheveux poré).>», a J 162, St-Denis, Montréal.Par l\u2019usage du merveilleux remoure | [iby Parisien leur.Traitement des oignons et ongles incar- \u2018m E.RATELLE Qui embellit, conserve, régénère A 63 ; les dhevelurres dont l'état est le plus E, 163 rue St-Denis : oo 4 Près Ste-Catherine désespéré.\u2018 j Tel.Est 5345.| E.Il remet les cheveux a leur couleur pi\u2019 NY ; myitive et ne présente aucun danger; mais ' E ce ne sont pas les seules qualités de ce fi;- i À LISEZ .tre régénérateur de beauté, il donne encor : f A var ; à la chevelure le brillant, l\u2019abondance et: \u2018x 4 gi souplesse.3 he M fi 1 » | Manufacturé rue Vivienne, à Paris.{ Magazine Hebdomadaire Illustré La Compagnie R.J.Bevins, Ltée.\" ] 40 PAGES 5 CENTS 40 PAGES en est le représentant général au Canada ou $2.50 d\u2019abonnement par an 1845 Notre-Dame Ouest, Montréal.1% En vente chez tous les dépositaires ou chez } En écrivant, mentionnez le Samedi.les Edits-propriétaires, Poirier, Bessette ) .& Cie, 200 Blvd St-Laurent, Montréal SEE = == RE F veer teem 3 {The Canadian Advertising Ltd.: AGENCE CANADIENNE DE PUBLICITE trôle l'insertion des annonces et ne soumet à ses clients que des factures accompa- nées de feuilles justificatives d'insertions.Ses clients comprennent le Haut Commerce Canadien et représentent un capital dépassant $10,000,000.00.Plans et Devis de Publicité au Canada gratis sur demande.Les Rédacteurs\u2014experts en Publicité et le personnel d\u2019Artistes attachés à l\u2019Agence s'occupent de la préparation des annonces, des illustrations adaptées aux goûts du public Canadien et les campagnes de publicité ainsi dirigées ont toujours donné let résultats les plus satisfaisants.Notre expérience et nos services sont aA la disposition de toute maison désirant étendre pratiquement et judicieusement ses affaires au Canada.REFERENCES: LA BANQUE NATIONALE, MONTREAL.Avant de placer vos ordres d\u2019annonces, écrivez-nous \u2014 il y va de votre intérêt.+ Place des Annonces dans tous les Journaux du Canada, aux prix les plus bas.Con- ] EL 6 P.R.Telegraph Building., 4 rue Hospital, Montreal rrr rts st sae avsvousansen nd \u2018 en RR NHC A i EEE Di RE Se EE ET CER RV TERT He out ht \u2014___ JEST poy A GL + Ie ir) ES oh fu LE fia DE A i 2 iz, & x & ok & ps i ie # i 2 % Ta; $ fi pe a dre ose rap a enn se 6 IE 04 1 Ag LA 74 ie $ ¢ 2 ë Jeu a SS, LN Mer a A < < Te, re 5 LA Verdi 20% Ë .% Fe 2 8 = Ë = 1, + wo, RE LS 4 =5 LE ry * > A ; 4 ok & iy A xR ¥ Ë OR Pog ét Lee & De RE x, a gr \u20ac \"ae Ah = se 2 = + # es A ED ie \u201ca x yo .A Pre 22 Fe.+ 3 hp \u201cRe vo Sn 42 ead & a Tae SS Ts av 725 NE 4 oy 6 es = pe A AR ARR A n A A f A TRY RRR] = is, SE a ARS ele DES PS Badal PARAIT TOUS LES MOIS \u201c ABONNEMENT : Canada et Etats-Unis: Un An: $1.00, - Six Mois: - - - - - 50 cts Montréal et Etranger: Un An: $1.50 - - Six Mois: - - - - %5 cts POIRIER, BESSETTE & Cie, ; Editeurs-Propritaires, 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL.Vol.5, No 8, Montréal, Août 1912 Le Doux Parler de France LA fin du mois dernier, Québec a vu se réunir un Congrès de la langue française.Je n\u2019al pas ici la place suffisante pour analyser les travaux de ce Congrès, jt me bornerai à en appuyer les conclusions at à en souhaiter l\u2019entier succès en rappelant un des nombreux efforts qui ont déjà été tentés en vue de donner à la langue française, la place qu\u2019elle doit avoir au Canada.Dans une conférence faite devant le cercle Ville-Marie, il y a quelques années, M.L.A.Chauvin, ex-député aux Communes, s\u2019exprimait ainsi : \u2018\u201cNos pères \u2018disaient: \u2018\u2018femme qui à son mary répond, semble à la voix écho\u201d.Il en est de même du caractère national ; il répond à la langue comme l\u2019écho à la VO1X.L\u2019apprentissage de la vraie langue doit commencer par l\u2019enfance dès l\u2019école primaire l\u2019instituteur ne devrait permettre à l\u2019élève que d\u2019employer le mot propre et vraiment français.sit Hint 1.0 aca ag Cae NETL Hentai oion tise deta g D\u2019autre part, ceux qui ont charge d\u2019un journal doivent exiger, de chaque rédacteur, dans chaque division du journal et dans chaque article, une connaissance par- | faite de la langue francaise de manière a ce que ee journal devienne une école de bon langage et que l\u2019on puisse le lire avec un double profit: l\u2019intérêt et l\u2019instruction.| Il ne faut pas non plus que les parents # se désintéressent de la question ; c\u2019est à eux qu\u2019il incombe, pour une grande part, d\u2019habituer leurs enfants à s\u2019exprimer correctement en francais, dans cette langue si belle et si douce qu\u2019à la parler, dit le poéte: \u2018\u201c Nos femmes, sur la lèvre, en gardent un 35 (sourire.Il faut que les enfants apprennent, de leurs parents à parler purement et sans mélange d\u2019anglicismes.Je vous redirai ce que deux patriotes, en 1789, parlant aux femmes françaises de Strasbourg, leur disaient : | \u201cVous qui avez des coeurs français, cessez de porter des costumes allemands\u201d.Vous qui avez des coeurs français, ne parlez et n\u2019apprenez que la pure langue de France.Je ne puis que m\u2019associer entièrementlE aux idées émises par M.Chauvin; il ne faut, toutefois, pas.en \u2018conclure faussement que seule la langue française doivellE: être enseignée aux enfants, la langue an-l; glaise est ici indispensable pour eux éga-E lement, mais les deux doivent être appri-f ses aussi minutieusement et avec la même.pureté.Roger Francoeur.i i EEE EEE GORE PE SY CHI parler a\u2018*vos enfantsjg tebiktitls titine ete SN LEE tit tre) bte.debit , HAL I Te RCL SEE ale | La Revue Populaire] TE ISNT PR TPIAPIPAT PR SPRTPRNRWIEH ue HILO ete Ml AHH THU Ohi RON RER Hecret d'Enfant Quand le père et la mère ont su qu\u2019elle était [morte, Cette voisine, enfant que d\u2019un culte obstiné Leur fils aima tout bas dès que son coeur | né, Ils ont craint pour son âge une douleur trop [forte.Oh! combien pèse au coeur de celui qui l\u2019ap- [porte La nouvelle d\u2019un coup qui n\u2019est pas deviné! Le père hésitait, fixe et le front incliné, Dans cette morne angoisse où la parole avorte.Mais la mère, voyant l\u2019enfant pâlir d\u2019effroi, Lui dit, les yeux mouillés: \u2018\u2018Elle a parlé de [toi.\u201d\u2019 Il n\u2019osa pas non plus s\u2019écrier: \u2018\u2018Je l\u2019aimais.\u2019\u201d Et, comme au vent soudain se ferme une co- ; [rolle, Sa paupiere aussitot s\u2019est close pour jamais.SULLY-PRUDHOMME. AU PAYS DU SILENCE LES TRAPPISTES par Louis Roland ARMI tous les ordres religieux, c\u2019est peut-être celui de la Trappe qui présente la \u2018physionomie la plus saisissante.Chacun de ses monastères offre l\u2019aspeet d\u2019une ruche laborieuse où deux lois essentielles s\u2019imposent à l\u2019être humain: la loi du travail et celle de la vie en commun et cela dans un continuel silence sans jamais une seule heure de délassement.A l\u2019origine : he FOR a A RR Sat ana AR.Au XIIe siècle, un ordre de religieux, E hc 5 | alors très célèbre, rayonnait sur toute la 5 ga dé Ë b, France et même au-delà; on l\u2019appelait 9 \u2014 4 #7 $ 5 l\u2019ordre de Citeaux.] £ | Il avait des règles très austères ; per- | °F Ë 1 pétuellement soutenus et surveillés par a 2 pa & E ces rêgles, les membres de cet ordre (on RF L gid 4 les appelait les cisterciens) s\u2019occupaient oo di, i ¥ 4 d\u2019agriculture, de science, de charité.He F Ils avaient un tel prestige, qu\u2019une peti- 3 i te colonie de religieux normands, instal- i lés à la Grande Trappe, voulut se joindre ' 7 3 È La Fevue Ponulaire em 2 m0 car cart \u2014\u2014\u2014 -\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Le départ d\u2019un troupeau sous la conduite du frère berger.à l\u2019ordre des Citeaux.Les cisterciens ac- ceptérent ces nouveaux venus.Cinq siécles s\u2019écoulèrent ; leg cisterciens avaient oublié, ca et là, l\u2019austérité de leurs obligations; c\u2019est de la Grande Trappe que le bon exemple leur revint.Un fort élégant gentilhomme, M.de Rance, avait mené longtemps, dans les salons de Paris, une vie dissipée : il était le personnage à la mode, et les amusements de la cour, le tourbillon des plaisirs l\u2019absorbaient complètement.Il touchait les revenus d\u2019un certain nombre de monastères, ce qui s\u2019appelait \u2018\u2018en avoir la commande\u2019\u2019; et, parmi ces monastères, il y avait la Grande Trappe, qui entretenait ainsi les lointains divertissements de ce mondain.Un jour vint où Rancé voulut se recueillir: on le vit arriver à la Trappe comme abbé régulier; étendant aux moi- nes la sévérité justifiée qu\u2019il avait pour lui-même, il rétablit l\u2019austérité du régime primitif des cisterciens.Il se fit un maître de dépouillement et de renoncement.Alors la Grande Trappe devint à son tour une fondation.Les \u2018\u2018cisterciens réformés\u201d: telle est l\u2019appellation exacte du nouveau rameau monastique dont la Grande Trappe fut le tronc.Peur plus de simplicité, on appela tous ces moines les trappistes, et tous les couvents qui ont adopté la règle de M.de Rancé se sont appelés des Trappes.A l'heure actuelle, outre la Grande Trappe, il existe en France vingt autres monastères qui s\u2019appellent également des Trappes; il y en a einq en Belgique; la Hollande, l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche, l\u2019Italie, la Grande-Bretagne ont ehaeune trois Trappes ; l\u2019Espagne en a deux; il en ex- Les Trappistes iste six tant au Canada qu\u2019aux FEtats- Unis et huit autres encore dans diverses parties du monde.- \u2018 Présentement, sur le globe, il y a plus de 3,400 trappistes groupés en 75 maisons ou plutôt 75 petites cités qui trouvent en elles-mêmes tout ce dont elles ont besoin pour vivre et prospérer.Chaque maison n\u2019a besoin que d\u2019elle- même ; elle ne compte que sur ses membres.Ceux-ci sont des travailleurs actifs qui mettent tout en commun, leur bras, leur activité et leurs prières.Comme les Trappistes consomment beaucoup moins qu\u2019ils ne produisent, le surplys est affecté à l\u2019extension de l\u2019ordre ou à la bienfaisance ; ils font la charité avec le produit même de leur travail : ce qu\u2019ils donnent comme ce qu\u2019ils man- \u2018gent est le résultat de leurs sueurs; le travail est la base de leur vie.La vie da Trappiste A deux heures du matin, la Trappe s\u2019éveille; à travers les longs corridors, des coules blanches et des chapes brunes défilent ; elles s\u2019acheminent vers la chapelle.Le grand office se récite ou se chante, avec une lenteur solennelle; puis, vers trois heures et demie du matin, dans l'ombre du lieu saint, le silence s\u2019appesantit: les silhouettes des trappistes se replient sur elles-mêrnes.en un profond recueillement, chacun, à part soi, fait sa méditation.À travers les hauts vitraux de la chapelle le Jour ne filtre point encore; de petites bougies, çà et là, éclairent la pé- Prappistes au travail.: LL LUE cn nal ee be ER TE Hi EURE Ti CEE EURE CS, *; \u2018 La Revue Populaire La rentrée après le travail dans les champs.nombre, où surgissent, enfoncés dans leurs stalles, des moines tout bruns ou tout blancs: on ne discerne rien des mystérieux langages que murmurent, dans les ténèbres ces âmes toutes closes; mais on a l\u2019impression que, sous cette apparence de mort, il y a de la vie.Sur le coup de quatre heures, l\u2019office de la Vierge commence, le même que saint Bernard aimait ; à travers les âges, par ces psalmodies quotidiennes, les trappistes rejoignent leurs pères du XIIe siècle.A l\u2019heure où les coqs chantent, les trappistes, qui ont achevé l'office, lisent en silence: c\u2019est leur facon de se reposer.Ils se taisent, rigoureusement : la règle est formelle.Mais voici six heures du matin; pendant quelques minutes, les trappistes vont pouvoir parler.Ils arrivent tous dans la salle du cha- 10 \u2014 pitre, et l\u2019Abbé les interroge.Cela s\u2019appelle la \u2018\u2018coulpe\u2019\u2019.\u2014\u201c\u201cN\u2019avez-vous pas, mon frère, bousculé votre frère, hier, dans le travail?\u201d \u2014\u2018\u201c Et vous, mon frère, êtes-vous toujours distrait ?\u2019\u2019 Ainsi se pressent, sur les lèvres de l'Abbé, les interrogations, les conseils, parfois les malices: on sait sourire à la Trappe, le sel de la gaieté ne s\u2019évapore point, même dans le silence.Les frères répondent, tout haut, avouent leurs défaillances à la règle.Et l\u2019Abbé, publiquement, impose la pénitence.Dès que la prière a préparé le travail du jour, on se met à la besogne ; il est à peu près sept heures du matin. Les Trappistes 4, a! ra ; 1 7, Sar diet à Ti di Hittin ait iy! SL A SE tuscan iti or La réception d\u2019un étranger à la Trappe.Wo Les uns vont laver le linge, d\u2019autres font du Jardinage, ceux-ci se rendent à la meunerie pour faire le pain, ceux-là prennent.par groupes le chemin des champs ou de la forêt.Et tout le travail se fait en silence; si un incident quelconque rend une explication nécessaire, cette explication se fait par signes mais nuls propos ne s\u2019échangent.A midi, la cloche sonne; à ce signal chaque Trappiste laisse son ouvrage, rabaisse son capuchon et relève la tête vers le ciel: les moines bûcherons, les moines moissonneurs renoncent, non sans peine, parfois, à l\u2019Âpre et robuste attrait des travaux faits au grand air; et tous ensemble.se rencontrant sans cesse, se coudoyant sans cesse, reprennent le chemin de l\u2019église, où leurs voix vont se confon - dre.i Puis, le réfectoire s\u2019ouvre.De chaque A côté, de longues rangées de tables.Chaque moine pour manger s\u2019assied à sa petite table.Un morceau de pain, un broc de cidre, une soupe, des légumes, des fruits: voilà l\u2019ordinaire du trappiste.Il faut qu\u2019il soit malade pour prendre de la viande.Du 14 septembre à Pâques, il jeûne tous les jours; de la Pentecôte au 14 septembre, il jeûne deux fois par semaine, a moins que la chaleur ou le surcroît de travail n\u2019y fasse obstacle.\u2018\u201cLe jeûne et le travail, disait un jour à Napoléon III l\u2019abbé dela Trappe algérienne de \u2018\u2018Staouéli\u2019\u2019, sont les meilleurs cuisiniers des trappistes.\u2019\u2019 Le mot était vrai: le jeûne et le travail donnent faim, et jamais trappiste ayant faim ne se plaint de son ordinaire.Il ne trouve aucune monotonie aux frais et verts légumes que fait pousser le Frére jardinier.Souvent, au milieu du repas, on aper- coit quelque trappiste, dont la \u2018\u2018coulpe\u2019\u2019 11 J hi: 48 on pag PS T 3 0 A.; . La Revue Populaire ¥ ~ dortoir des moines Le réfectoire du matin a dénoncé une faute grave, venir tour à tour baiser les pieds de chacun de ses frères qui honorent tous cet abaissement volontaire.Tout cela s\u2019accomplit sans affectation, avec simplicité, presque avec bonne humeur ; rien de pompeux dans ces mortifications, rien de solennel dans ces humiliations.Un trappiste, en général, s\u2019assimile si bien sa règle, qu\u2019il n\u2019a besoin de nul effort pour l\u2019appliquer.L\u2019aprés-midi, comme le matin, prières au choeur, travail aux champs ou dans les ateliers, lecture ou méditation se succèdent avec régularité.On est tout surpris, souvent, de ne point retrouver les mémes trappistes au 12 même poste de travail qu\u2019ils occupaient le matin.C\u2019est que le travail, pour eux, n\u2019est pas seulement un moyen de faire vivre le monastère et de mériter eux-mêmes leur nourriture ; c\u2019est aussi, si l\u2019on peut ainsi dire, un instrument de discipline, un dressage.de la volonté, un apprentissage incessant du renoncement.Le trappiste doit être prêt à n\u2019importe quel travail qui lui est commandé par l\u2019Abbé on par le cellerier (ainsi qualifie- t-on l\u2019éeonome) ; il faut qu\u2019il s\u2019arrache à la bibliothèque, où il copiait de beaux livres de chant, pour aller arroser um massif ou fendre des copeaux ; il ne doit jamais refuser une besogne.Il doit s\u2019acharner au labeur en vertu de la loi éternelle qui veut qu\u2019on soit laborieux ; mais en vertu de la loi de l\u2019ébéis- 3 Les Trappistes sance, il n\u2019a pas le droit de choisir son labeur.Et celui qui, le matin, lisait les Pères ou faisait de la menuiserie, sera affecté, le soir, à la fromagerie ou à la porcherie; il y a, dans le monastère de la Trappe, une préoccupation constante d\u2019a- \u2018mener l\u2019être humain à ne répudier aucune privation, aucune contrariété.\u2026 Mais ces contrariétés deviennent des joies, et voilà ce qu\u2019il faut bien saisir pour comprendre l\u2019économie de d\u2019un Trappiste.On le voit, la vie de ces austères religieux diffère bien de la vie mondaine! Travail assidu et toujours en commun, voilà qui semblerait au-dessus de bien des forces humaines.La permission d\u2019avoir un entretien avec un de ses frères est acordée si diffi- la vie cilement que, généralement, elle n\u2019est jamais réclamée.Ainsi se succèdent les occupations dans la journée du trappiste: une collation, plus maigre encore que le repas du matin, les termine.Puis le trappiste, vers cinq heures et demie lit, chante complies, médite; à sept heures, enfin, ce défilé d\u2019ombres silencieuses prend le chemin du dortoir.Car de même qu\u2019on travaille en commun et qu\u2019on prie en commun, de même, à la Trappe, le dortoir est commun.C\u2019est une immense salle toute nue; de petites cloisons qui n\u2019atteignent point au plafond, marquent l\u2019enclos des cellules.La veillée mortuaire d\u2019un trappiste.13 La Revue Populaire Nulle porte ne ferme ces cellules: un rideau de serge grise en défend l\u2019entrée ; c\u2019est la seule clôture.Comme mobilier, un lit de camp: sur c= lit, une paillasse piquée, un oreiller rempli de paille, des couvertures.Le trappiste, même malade, doit dormir tout habillé.Il passe sept heures sur cete couche rudimentaire et régulièrement rude; et lorsque sonne, au milieu de la nuit, la cloche de l\u2019office, le trappiste, debout aussitôt, recommence une nouvelle journée rigoureusement semblable à la précédente.L\u2019heure de la Mort Et il en est ainsi, sans changements, sans atténuation, jusqu\u2019à la mort.Il semble même que, pour ces religieux, les formalités de la mort soient simpli- fides, comme l\u2019ont été les nécessités de la vie.Ils ne se déshabillent point, même pour mourir.Lorsque commence leur agonie, on les met par terre, sur une couche de paille recouverte de cendres: c\u2019est là le lit de mort de tout trappiste.On donne au moine agonisant la sensation précise que tout est déjà fini.on constate la mort, pour ainsi dire, avant même que la mort n\u2019ait eu lieu; on a vu des trappistes sourire à leurs Frères, sur cette étrange couche de souffrance.Car tous les Frères arrivent autour du trappiste qui meurt, toujours silencieux et toujours priants; ils viennent assister au départ de cette âme, que l\u2019éternité réclame.Lorsqu\u2019elle a pris son essor, le cimetière de la Trappe, touchant en son austère simplicité, compte un hôte de plus, et cet hôte est dépouillé dans la mort, comme il l'était dans la vie.Il n\u2019a même pas le luxe d\u2019un cercueil : on l\u2019ensevelit à même dans la terre, à côté des trappistes qui l\u2019ont devancé dans cette étape suprême; une petite croix blanche marque l\u2019endroit de son repos.Chaque année, du 17 septembre au 17 octobre, le souvenir des trappistes défunts est longuement évoqué dans les offices, avec une insistance qui laisse croire que les trappistes vivants appellent à leur tour la mort.OR RR RR RT RI] 14 OUS voici au moment le plus intéressant de la saison de foot-ball rugby.Les équipes sont formées et s\u2019entrainent.D\u2019ici peu, les championnats commenceront : il est donc'l\u2019heure de dire surtout aux équipes scolaires ce qui est bon et ce qui est défectueux chez elles, et J'espère que les jeunes joueurs voudront bien accueillir les conseils d\u2019un ancien qui étudiera ici tour à tour les diverses phases du jeu, et dont l\u2019expérience et dont les enseignements souhaitent d\u2019être profitables.On sait en quoi consiste le jeu : sur une vaste pelouse de 400 verges de long sur 70 de large au minimum, deux équipes de 15 joueurs chacune essayent de porter un ballon ovale derrière la ligne de but adverse, attaquant ou se défendant tour à tour suivant que le ballon, objet du jeu, se trouve en possession de l\u2019un ou l\u2019autre camp.Si vous le voulez nous étudierons simplement aujourd\u2019hui deux choses essentielles du rugby, deux choses qui devraient être élémentaires et parfaitement exécutées par tous et qui ne le sont point : la mêlée et la passe! Une équipe qui travaillerait ensemble et utilement emméêlée serait particulière- 15 POUR BIEN JOUER AU : \\ FOOT-BALL ment redoutable, mais a cette qualité si elle joignait l\u2019art de la passe à propos et correcte, même avec des moyens physiques insuffisants, elle serait chez nous imbattable; examinons donc successivement la mêlée et la passe telles qu\u2019elles ne devraient pas être, pour indiquer comment il serait nécessaire de les voir s\u2019établir.Voici une mêlée de joueurs scolaires, chacun y a sa place marquée d\u2019avance et n\u2019y arrive que cahin-caha, jamais à temps.Il ne devrait pas y avoir de place spéciale dans la mêlée ; les trois premiers arrivés à l\u2019endroit de la faute doivent se baisser et s\u2019unir; derrière les deux suivants, puis les trois de la dernière ligne et les huit hommes -comme dans l\u2019effort d\u2019un seul doivent s\u2019arc-bouter et pousser dès que le ballon touche terre devant eux.À d\u2019encontre, chez les scolaires, celui qui joue en troisième ligne répugne à se placer tout de suite dans la première.Celle- ci, lorsqu\u2019elle est formée, pousse sans méthode gênée dans son travail par la seconde ligne qui se place mal, cependant que la troisième \u2014 cette bonne troisième ligne des paresseux\u2014se repose un instant, en s\u2019appuyant simplement, pour souffler La Revue Populaire des courses faites, sur le dos des camarades.Une ligne d\u2019avants consciencieuse devrait s\u2019entraîner à pousser d\u2019un effort commun, comme les athlètes qui tirent dans la lutte à la corde s\u2019habituent à produire ensemble le maximum de leurs forces.La mêlée doit être pour les avants l\u2019acte essentiel d\u2019une partie de rugby.On ne saurait trop s\u2019y préparer.Un avant doit suivre étroitement soa ballon d\u2019un bout à l\u2019autre du jeu, non point tant pour en tirer un parti utile à un moment heureux que pour être immédiatement prêt sur l\u2019emplacement de la mêlée.Lorsque cette dernière est formée tout de suite, il est facile d\u2019y adopter avec ensemble la bonne tactique inspirée par la circonstance et de la voir porter ses fruits.Lorsque la mêlée est irrégulière, incomplète et disjointe, ce n\u2019est plus qu\u2019un bafouillage sans nom, d\u2019où le ballon sort comme honteux et prêt à faire accomplir toutes les bêtises possibles à ceux qui le recevront après son passage dans une pareille désorganisation.On a dit et répété sur tous les tons: la passe doit être eourte et rapide.Il faut passer sen \u2018ballon à toute allure à sa droite ou à sa gauche à l\u2019homme dégagé capable de lui faire continuer une course victorieuse, et ne jamais attendre d\u2019être arrêté pour se débarrasser de l\u2019objet du jeu.- On ne doit passer son ballon ni trop tôt ni trop tard.Trop tôt, c\u2019est précipiter la défense adverse sur celui qui recoit la passe ; trop tard c\u2019est être déjà soi-même en posture de ne rien préparer de bon.Inutile de faire des passes longues: un adversaire peut les intercepter aisément.Le ballon doit filer de vos mains sans qu\u2019on le voie partir, afin qu\u2019il ne soit plus qu\u2019une chose rapide et fugace, volant de mains en mains, à hauteur de la ceinture, et que celui qui le porte se fasse étreindre au moment précis où déjà il n\u2019a plus rien qui justifie cet arrêt.Pour traverser le terrain dans sa largeur, il vaut mieux qu\u2019un ballon passe dans quatre ou cinq mains différentes a pen de distance les unes des autres que de voler au travers des airs jusqu\u2019à un joueur éloigné.| On voit aisément ee que va devenir un ballon lorsqu\u2019il passe d\u2019un joueur à un autre, mais on ne devine pas ce qui va advenir de lui lorsque quatre ou cinq personnes vont tour à tour le posséder.Voiei brièvement exposées quelques notes de rugby.Pendant la saison du jeu, j'aurai l\u2019occasion d\u2019ajouter encore quelques mots sur.le sport du ballon ovale.-S\u2014 16 mn 7 a ie + et > gr, 5; 4 Et \u2018 I je i 48 5 Has i th .Fon bi Fy pes o 5 \\ i 5 rr annee : rn Aen, IR its PE e e 2 9020 J feel: 78 1 Tmremence eee restes s FE 0u 00.UNE CELEBRATION DE MARIAGE | EN ANNAM | \u2019'- La \u2018\u2018Revue Populaire\u2019 a publié, dans Comme les jeunes gens doivent boire des numéros précédents:les curieuses cou- pendant tout le temps que le sorcier les tumes de certains peuples relativement unit, il est à espérer pour leur équilibre aux fiançailles et au mariage.quela formule du mariage n\u2019est pas bien Autant de peuples, autant de cérémonies divexses, pourrait-on dire, et les unes comme les autres sont intéressantes à étudier.\u2018 Dans le protectorat francais d\u2019Annam en Asie, la tribu des \u2018\u2018\u201cThaï\u2019\u2019 procède au mariage d\u2019une façon singulière qui ne \u2014.=\u2014 manque pas de surprendre les étrangers.Les futurs époux s\u2019agenouillent de cha- que côté d\u2019un énorme pot contenant du : \\ .J \u2018 ; vin de riz dans lequel plongent de longs .; tuyaux.| E Un \u201c\u2018sorcier\u2019\u2019 de la tribu prononce la ig pi La Cérémonie.Ei formule du mariage tout en maintenant car E les tubes de façon que les nouveaux ma- longue car le vin de riz est une liqueur a riés puissent boire facilement.capiteuse qui enivre fort bien.| Le reste du vin est ensuite bu de la Voilà un genre de mariage qui doit étr2 E même manière par les témoins et les invi- \u2018certainement bien accucilli par les fer- Bi tés.vents de la bouteille! jo 3 AN % Ra de 7 7 ik 7 ad 4 ts 5 a 72 £2 > # ps 2 pi 7 a % Z % i 4.be 2 ; # £7 5 4 se x wg 2%: 2600 % xd \u201c 24 = x % er % J, Zs = of 3 J a = + 47 7 a % A A i io - iF D ; A La chaussure du père Adam A souvent quelque inconvénient.2 18 J a.2) se De; D 00 wm A La: VITE dt itd PR) PA FR 0 ne wl Y i PRES IUT A be 25504 alr de En ROMAN COMPLET AR VARADEK ROMAN BRETON Ar Varadek, c\u2019est ainsi que s\u2019appelle le défrichement d\u2019une lande bretonne.curieuse cérémonie rurale, ou littéralement: \u2018\u2018le cassement de lande\u201d.Par Georges de Lys Maître Allar Penhoat, le métaver de Kerambellec, la porte refermée derrière les cottes de Mme Kerla- vos, sa revêche propriétaire, s\u2019était accoudé à la table, le front serré entre ses doigts gercés par le rude travail de la terre.La veuve Kerlavos emportait dans son cabas les bénéfices de la dernière récolte, solde de la redevance semestrielle, et Penhoat songeait avec souci aux, termes futurs.Faudrait-il done toujours peiner pour les autres sans que rien ne lui en restât entre les mains?.Son travail même parviendrait -il constamment à l\u2019acquitter de ses fermages?.Grave inquiétude, car la veuve était peu clémente à ses débiteurs; plus qu\u2019une autre, pourtant, elle aurait pu se montrer accommodante, riche qu\u2019elle était au point que sur tout le pays s\u2019étendait sa mainmise.Chacun, cependant, la savait impitoyable à l\u2019échéance et prompte à mettre l\u2019huissier en action, mais tous, hélas! se courbaient à son joug, car seule, dans la contrée, elle était marchande d\u2019argent, cet in- 19 dispensable levier de toute entreprise.Tant que l\u2019emprunteur offrait de sérieuses garanties, que sur son avoir pouvaient s\u2019étayer de solides et productives hypothèques, la bourse de Fante Kerlavos déliait ses cordons; en revanche, le terme échu, tant pis pour le retardataire; les frais allaient grand train; il fallait qu\u2019elle encaissât ses rentrées et elle menait les poursuites jusqu\u2019à la vente par autorité de justice.Si le gage, dansce pays pauvre en capitaux, ne trouvait pas bon acquéreur, la créancière s\u2019en emparait à un taux avantageux et, de la sorte, en était arrivée à posséder des biens dans tous les coins du canton.De ceux qui avaient affaire à elle, seuls s\u2019enrichissaient les huissiers.Quant aux victimes, chassées de leur gîte, la plupart s\u2019ex- patrialent à la recherche de régions où , supposaient - elles, la vie leur serait plus facile, et même celles qui demeuraient au pays n\u2019osaient trop haut se plaindre de la femme dont la fortune et la puissance en imposaient à tous, car tous étaient plus ou moins sous sa dépendance.Cette femme de proie sévissait depuis une vintaine d\u2019années au nord du pays de Lannion.Veuve en premières noces d\u2019un avoué de Guingamp, elle s\u2019était férue d\u2019amour pour la belle mine et les larges épaules de Jean Kerlavos, son cavalier durant une noce.Bien que l\u2019aînée de cet homme, Fante sut le séduire par ses écus.Le mariage ne tarda pas.Les nouveaux époux vinrent habiter le village de Saint-Quay où Kerlavos possédait une maison et quelque bien.Dès lors, tous les efforts de F'ante avaient tendu à l\u2019accroissement de la fortune dont les acquêts, d\u2019après le contrat, devaient étre dévolus à la communauté.Jean Kerlavos aimait l\u2019argent; son mariage le prouvait.L\u2019influence de sa femme l\u2019induisit en des opérations usuraires que, de lui-même, il eût hésité à pratiquer.Afin de garantir toute sécurité à ses affaires et de se prémunir contre des inquisitions fâcheuses de la justice, Fante résolut de s\u2019assurer la protection du gouvernement anticlérical si volontairement aveugle au profit de ses fidèles.Renégate de la foi et de la probité de sa race, elle réussit par ses intrigues à faire élire maire Jean Kerlavos.De ce jour, le pauvre homme dut, bien qu\u2019à contre-coeur, se montrer un des plus ardents laïcisateurs du département.Frères et Soeurs furent dépossédés de leurs écoles et la commune obéra son budget des POS OO OO ERA ET La Revue Populaire traitements d\u2019instituteur et institutrice laïques.Bien plus, toute famille dont les enfants ne fréquentaient pas ces étoles eut à se garer des représailles du maire.Plus de quinze ans, Jean Kerla- vos, instrument de sa femme, pesa sur le pavs.Une grave maladie le mena au tombeau.Lorsqu\u2019il sentit sa fin prochaine, le remords de ses actes le bourrela et il réclama les secours du curé de la paroisse, ce prêtre qu\u2019il avait persécuté et dont pourtant il espérait miséricorde.Fante s\u2019alarma.L\u2019homme de Dieu, avant d\u2019accorder 1\u2019absolution au mourant, exigerait fatalement la réparation de ses dols.Déjà, d\u2019ici moins de cinq ans, la majorité d\u2019Hervé, leur fils unique, lui ravirait la jouissance de la moitié des bénéfices acquis par la communauté; faudrait-il que ceux-ci fussent considérablement diminués par la restitution de ce qui leur advenait de source coupable?Jamais elle ne se résignerait à ce sacrifice!.L\u2019avare monta la garde au chevet du moribond pour en écarter la robe noire qui, en apportant le pardon, commanderait 1\u2019acte de justice.Et, par le crime de sa femme, Jean Kerlavos mourut désespéré.En revanche, sa veuve s\u2019acquit de nouvelles sympathies auprès des autorités, en infligeant à ce pays chrétien le scandale d\u2019un enterrement civil.Maître Penhoat savait done qu\u2019il n\u2019avait rien à attendre de la bienveillance d\u2019une telle propriétaire. # Ar Yaradek Certes, il ne se l\u2019était point donnée de plein gré; mais il se trouvait en cours de bail quand la ferme de Kerambellec était passée aux mains des Kerlavos, avec les autres terres du chevalier de Tréludic, ruiné par ses emprunts hypothécaires dont les sommes s\u2019étaient englouties dans des recherches scientifiques sur les amendements des terres et les engrais chimiques.Le pauvre gentilhomme avait voulu se rendre utile et n\u2019était parvenu qu\u2019à enrichir davantage les exploiteurs et à leur livrer ses tenanciers, au grand dommage de ces braves gens, qui regrettaient en lui pensée d\u2019abandonner Kerambellee lui poignait le coeur.Dans ce domaine cultivé par trois générations de Penhoat, il était né et les siens s\u2019étaient endormis, leur tâche terrestre accomplie, dans la paix du Seigneur.Jusqu\u2019à ce jour, maître Allar avait exactement soldé ses fermages; mais la mauvaise année écoulée emportait ses économies.Des \u2018orages avaient versé les blés, des un bon maître, compatissant aux infortunes des humbles.Pas à craindre, avec lui, la visite de l\u2019huissier, si la grêle ou quelque autre fléau, en compromettant les récoltes, laissait le métayer dans la gêne.Le chevalier remettait l\u2019acquittement de l\u2019arriéré à des jours meilleurs, accordait des remises partielles, parfois totales, dès que son débiteur avait fait preuve de bonne volonté et quand les saisons se succédaient sans être réparatrices de l\u2019année mauvaise.Et, cependant, lui-même connaissait de cou- tinuels besoins d\u2019argent; mais ses embarras, loin de le rendre exigeant au prochain, le faisaient plus compatissant à leur misère.Ce coeur de vrai chrétien était possédé par la charité évangélique.Allar Penhoat, de cette bonne tutelle, était tombé au joug pesant des Kerlavos.Il le devait porter jusqu\u2019à sa fin de bail, et peut-être même s\u2019y réattellerait-il, car la 21 gelées printanières brûlé la fleur des pommiers.Pas de cidre à mettre en cave; il faudrait boire de l\u2019eau, et ça ne remet guère de nerf aux bras et de coeur au ventre, après la journée usée à se battre contre la terre.Par quelles ressources nouvelles compenser la perte subie ?Bien que Penhoat suffit tout juste à la eultu- re des terres arables de son domaine, il résolut de se créer un nou- vau labeur.Il défricherait la grande lande d\u2019ajones qui s\u2019étendait derrière la ferme, la planterait de pommes de terre, dont le commerce avec la côte anglaise se développait chaque jour.Par le petit port de Perros, il aurait l\u2019écoulement facile de sa récolte.Oui, il allait \u2018\u2018casser\u2019\u2019 sa lande et, pour cela, convoquer la jeunesse du pays au \u2018\u2018varadek\u2019\u2019.Il peinerait davantage, mais parviendrait, en revanche, a faire honneur a ses affaires.Puisqu\u2019il ne devait compter que sur lui seul, il prouverait qu\u2019il était homme à en valoir deux!\u2026 Et le grand regret de sa vie lui troublait l\u2019âme.Ah! si le Ciel lui eût donné- le fils tant désiré!.Mais de son hic on union avec sa douce Corentine ne lui était née qu\u2019une fille, Tina, appelée ainsi du diminutif maternel; une vaillante enfant, certes, mais qui, déjà, était assez absorbée par ses devoirs de ménagère; car, à seize ans, il y avait déjà deux hivers, elle s\u2019était vu instituer maîtresse de maison par le départ de sa mère pour le cimetière\u2026, autre fort et infrangible lien que cette nouvelle tombe qui liait Penhoat au pays! L\u2019arrachement de la lande et son défoncement sont un des plus rudes labeurs des paysans bretons.L'ajone épineux qui la peuple se défend d\u2019abord par ses dards; ensuite, par ses profondes et tenaces racines nouées aux rocailles du sol.Celui-ci, même débroussaillé à la serpe, résisterait à la charrue, dont le soe s\u2019ébrécherait sans résultat à tenter d\u2019éventrer ce lacis de souches et son amalgame de pierres.Seule, la pioche peut venir à bout de la besogne; mais que de journées et de peines un tel travail exige- rait-il d\u2019une unique paire de bras.Heureusement, sur la terre bretonne, la charité divine a infusé des us de solidarité humaine.Le paysan qui décide, suivant le terme local, le \u2018\u2018varadek\u2019 ou casse- mer:t de lande invoque, dans la paroisse, l\u2019aide des jeunes bras; toute gratuite que soit leur assistance, il est assuré qu\u2019elle ne lui manquera pas.Maître Allar Penhoat, à la sortie de la messe du dimanche, fit done publier le varadek de sa lande pour le samedi de la semaine qui s\u2019ouvrait.# * * La Revue Populaire 22 A la pointe d\u2019aube, maitre Allar Penhoat se tenait déja, sur le chemin, à l\u2019orée de sa lande; ne conve- nait-il pas qu\u2019il fût le premier au rendez-vous?En même temps que lui, cependant, arrivait Yves Le Golven, de Ploumanac\u2019h, suivi, d\u2019ailleurs, bientôt par de nombreux gars de la paroisse, pioche sur l\u2019épaule, la galeté aux veux et la chanson aux lèvres.Le métayer les accueillait d\u2019un salut de la tête et d\u2019une poignée de main, sans parler.Lorsque l\u2019assemblée fut au complet, sur un geste, un cercle se forma autour de maître Allar.A l\u2019horizon, un éclaboussement d\u2019or nimbait le faite des collines, annoncant la résurrection du soleil.D\u2019un méme mouvement, les gars haussèrent les bras, les nouèrent au cou de leurs voisins.Alors, dans un religieux silence, maître Penhoat traça, d\u2019un geste lent, le signe de la Rédemption ; puis, dans la gloire du jour naissant, une mélopée grave s\u2019éleva, chantée à l\u2019unisson par les travailleurs pour appeler, sur le champ qu\u2019ils allaient défricher, la bénédie- tion du ciel.C\u2019était l\u2019hymne bretonne qui, le dimanche, succède à la prière matinale et prélude au commencement de la messe, le plain-chant des commandements de Dieu: \u2018\u2018Eun Doué hepken\u2019 adori \u2018\u2018Ha dreist pep tra oll a agri.\u201d Le dernier verset expiré, le cercle se rompit; le maître versa à PA A ALAA LSS Ar Varadek chacun le coup du matin, puis, déployés en ligne, les travailleurs attaquèrent hardiment la lande.Ils étaient là une trentaine, fleur de la jeunesse perrosienne; à l\u2019extrémité du champ, menait rudement sa tâche, Yves Le Golven, l\u2019ouvrier de la première heure.De taille moyenne, svelte mais musclé, il piochait silencieusement, ses grands yeux de mer comme perdus dans un rêve.Yves était le dernier né et le seul survivant d\u2019une famille de pêcheurs dévoré par l\u2019insatiable maneuse d\u2019hommes, par la mer meurtrière et pourtant adorée.La mère, Aimée Le Gol- ven, jalousement gardait son dernier gars et le refusait à la cruelle ensorceleuse.Assez de croix au cimetière rappelaient le nom des péris en mer de sa race: son homme et ses quatre fils: Yann, Gildas, Franch, Gui- rec.Son Yves n\u2019allongerait pas la funèbre liste.Elle en avait exigé de lui le voeu, par un serment solennel, prêté, le jour des Morts, sur la sépulture des aînés.Le premier de sa lignée de marins, Yves Le Golven serait terrien pour l\u2019amour de sa mère.Longtemps, l\u2019âme de l\u2019adolescent avait été hanté par la nostalgie de l\u2019aventureuse vie de ses pères; ses regards jaloux suivaient les mousses sur les barques qui, à l\u2019heure du jusant, s\u2019essaimaient une à une vers le lare.Tout son être eût voulu prendre sa volée dans l\u2019essor des voiles blanches qui se gonflaient aux brises.Mais, un jour, Yves rencontrait Tina Penhoat, et la fille du laboureur le rattachait soudain a cette terre, juqu\u2019alors traitée par lui en marâtre et qu\u2019il servait en esclave.C\u2019était au dernier Pardon de Notre-Dame de la Clarté que Yves Le Golven avait eu l\u2019éblouissement dont ses yeux gardaient le reflet de rêve.Toute candide dans les plis neigeux de sa robe et de son voile, la jeune fille lui était apparue, couronnée de blanches roses comme la Vierge miraculeuse dont elle avait l\u2019honneur de porter l\u2019image; et la statue, du geste de ses mains, semblait répandre sur Tina l\u2019abondan ce de ses grâces, la lumière de ses vertus.Avant cette heure, jamais le gars n\u2019avait remarqué la fille du métaver de Kerambellec, fait facilement explicable pour diverses causes.° Tout d\u2019abord, le territoire, très accidenté, comprend de nombreu- 23 ses agglomérations séparées: Per- ros, sa rade et son bourg, Trestraou et Trestr ignel, fréquentés durant la saison par les baigneurs, le hameau de la clarté tapi au pied du sane- tuaire de la Vierge, la marine de Ploumanac\u2019h, enfin les fermes éparses dans la campagne.D'autre part, depuis le voeu qui le liait à la terre, Yves avait travaillé chez un cultivateur de Trégastel dont les champs, déjà distants de ceux de Penhoat, en étaient encore séparés par les deux profondes ravines des Troïeros.Enfin, le dimanche, jour favorable aux rencontres, Tina, prise au logis par les travaux domestiques, CEE AVENEL ote cari ce.La Revue Popul::-e fréquentait l\u2019office le plus matinal, tandis que le gars faisait le faraud à la grand-messe.Depuis, bien qu\u2019il claustrât jalousement son secret dans le sanctuaire'le plus mystérieux de son coeur, Yves ne pouvait se défendre la recherche des occasions qui lui procuraient la chère présence de sa Douce.Le pauvre gars, certes, n\u2019osait se leurrer d\u2019une impossible espérance; la fille unique d\u2019un gros métayer tel que maitre Penhoat n\u2019était pas faite pour un misérable journalier en quête de son pain quotidien.Malgré tout, Yves aimait Tina et l\u2019enveloppait d\u2019un culte dont la discrétion lui évitait toute offense.Ce jour-là, au \u2018\u2018varadek\u201d, le jeune homme éprouvait une satisfaction profonde à donner son travail au père de sa bien-aimée, à gratifier ce riche de l\u2019aumône du pauvre.D'ailleurs, ne serait-il pas pavé au centuple par le bonheur d\u2019être, à l\u2019heure du repas, l\u2019hôte de Ke- rambellec; et, bien plus, si la chance le favorisait, lors de la course - habituelle qui termine tout \u2018\u2018vara- dek\u201d, s\u2019il conquérait le trophée, cette victoire le ferait le cavalier de Tina à la danse.À cette pensée, un afflux de sang troublait ses yeux; alors, il secouait la téte pour la distraire de son trop ambitieux désir et se remettait plus âprement à la tâche.Le défrichement avancait.Sous la morsure des pioches, pierres et racines sautaient, s\u2019empilaient en monticules, tandis qu\u2019alentour, le 24 sol ameubli étalait sa belle couche de terre noirâtre dont le soleil réchauffait l\u2019humus et distillait ! fort arome.De temps à autre, le pâtre de la ferme, dont les bêtes étaient restées a 1\u2019étable, circulait parmi les travailleurs et leur versait de libérales bolées.Et, de plus belle, les houes fouillaient la lande, extirpaient sa revéche toison.Le soleil déclinait déja quand tomba la derniere touffe; alors la lande, si durement hérissée la veille, étala une nappe aplanie de belle terre neuve, préte a recevoir la semence.D\u2019un oeil fier, maitre Allar Penhoat contemplait ce bel ouvrage; son second regard fut pour les gars qui, d\u2019un revers de manche, étanchaient la sueur de leurs visages empourprés; il leur sourit et Joyeusement commanda: \u2018\u2018 A table! mes amis, chacun a bien gagné la soupe et la bouteille!\u201d Dans la grange, soigneusement balayées, des planches fixées sur des tréteaux allongeaient leur longue tablée; les bancs furent pris d\u2019assaut par la troupe affamée des travailleurs.Déjà Tina, aidée de complaisantes compagnes, apportait la marmite fumante; chacun attaquait son écuellée de soupe aux crêpes bientôt vidée et sitôt de nouveau remplie.Les brocs de cidre cireu- laient, dispensant généreusement leur boisson ambrée, dont la saveur un peu amère aiguisait encore les appétits.Lard, viande fumée, s\u2019engloutissaient en larges baffrées ; puis les estomacs solidement lestés, le café maria ses parfums à x \u2014\u2014 tn ral.Ar Varadek 46 grièvement encore, le valeureux sergent est de nouveau transporté à 1\u2019ambulanee.Le Gouverneur-Général de Madagascar, mis au courant des faits, demande par télégramme la croix de la Légion d\u2019Honneur pour ce brave.Le Président de France fait droit à la demande.\u2014 Prenez un congé de six mois! disent les médecins au sergent décoré.Vous en avez besoin.Vous êtes affaibli par ces deux blessures presque consécutives.Le convalescent refuse.II demande à reprendre son service au plus vite.Il veut encore aller affronter la mort.Le capitaine de Beaumont, qui est devenu son fidèle ami, vient le féliciter, et lui parle ainsi : \u2014Un congé d\u2019un an m\u2019a été accordé.J\u2019ai obtenu des concessions de terrains miniers dans le nord-est de l\u2019île, près de Vohémar.Le climat y est excellent.Je viens vous proposer de m\u2019accompagner.Vous êtes allé au Klondyke, m\u2019avez-vous dit, par consquent vous connaissez le métier de mineur, vous me serez un aide puissant.Vous avez l\u2019expérienee ; moi j'ai le capital.Formons une société.Je vous donne deux jours pour réfléchir.Francois le Canadien accepta la proposition du capitaine et tous deux partent pour la région des mines.Celles-ci sont trouvées d\u2019une grande richesse.Le jeune marquis de la Tour d\u2019Aumié découvrit en son compagnon plus qu\u2019un aide, Car le sergent eut bientôt fait d\u2019organiser le travail.Lies mines étaient situées sur un plateau et grâce au bon climat, Fmncois le Canadien se rétablit promptement.Sa santé de naguère revient.La vie recommence à lui sourire.Il renaît presqu\u2019à l\u2019espérance.Lies terrains aurifères sont d\u2019une grande richesse.En voyant cet or, le sergent se rappelle ses jours d\u2019autrefois, sa douce fiancée.Vit-elle encore?._\u2014\u2014 Il ne le sait pas, il n\u2019en a pas entendu parler depuis son départ du Canada.EoN congé expiré, le capitaine de Beau- Mmout retourne sous les drapeaux, apres avecir cédé ses droits à son associé.Celui- ci se voit à la tête d\u2019une entreprise importante.La mine est bonne, mais le manque de chemins empêche d\u2019en tirer des.profits énormes.La valeur de la propriété quintuplera le jour où le gouvernement français ouvrira des chémins dans ces endroits reculés.En se voyant seul et unique propriétaire.François le Canadien devient hanté par le désir d'amasser de l\u2019argent, de redevenir riche.Un missionnaire s\u2019étant adonné à passer en ces l'eux, le mineur le pria de bénir sa concession, qu\u2019il bartisa du nom d\u201d* Alice.\u201d \u2014Ce'a me portera bonheur! dit-il au missionnaire.A vue d'oeil, l\u2019ancien sergent change de caractère.Il envoie sa démission à la Légion Etrangère, et grâce à ses deux brillants faits d\u2019armes, elle est 2zceptée.Autant il était généreux, autant il devient âpre au gain.Il veut s\u2019enrichir Cinq mois se passent, Un soir à la nuit tombante, Francois le Canadien voit arriver près de sa case un parti d'ingénieurs ang'ais, envoyé par un syndicat de Londres pour explorer et acheter des terrains aurifères.Les explorateurs, ne sachant pas que le mineur comprend la langue anglaise, font entre eux des commentaires sur la mine.Une après-midi, l\u2019ancien sergent entend la conversation suivante : « \u2014OCette concession contient la veine- mère.Cela lui donne une valeur exceptionnelle.S\u2019il y avait des routes pour venir jusqu'ici cette propriété serait une petite Californie.Comme elle est actuellement, elle vaut au bas mot soixante mille livres sterling ($300.000).Demain, nous François le Canadien 47 en offrirons dix mille à ce Français qui ne doit pas s\u2019amuser ici et il sera bien content de retourner en France avec cette - .petite fortnue.\u2014C\u2019est ce que nous verrons, murmura le propriétaire qui avait tout compris! Le lendemain, les ingénieurs offrirent la somme de dix mille livres sterling (450,000) pour la mine \u2018\u201c Alice.\u201d \u2014Je vous céderai ma propriété pour soixante: mille livres sterling ($300,000).Pas un sou de moins.\u2014Oh! oh! oh! firent les Anglais.\u2014 Alors n\u2019en parlons plus! fait Francois le Canadien.Trois jours après, les explorateurs consentaient à donner la somme demandée par le mineur, payahle à la ville de Ta- matave, .Francois le Canadien était riche de trois cent mi'le dollars!.LIT Qu\u2019était devenue la Jolie blondin:tte, mademoiselle Alice Chopy.la \u2018\u2018blanche colombe\u2019?avec laquelle Gourlin avait eu autrefois l\u2019intention d\u2019embellir son nid?Pauvre demoiselle! A l'âge où tout dans la vie doit sourire à la jeune fille, des malheurs s\u2019étaient abattus sur elle.Peu après le départ de son fiancé, son père était mort d\u2019apoplexie foudroyante, et la famille composée de six enfants s\u2019était trouvée dans un état voisin de la misère.Bravement.mademoiselle Alice, l\u2019aînée des enfants.s\u2019était mise à donner des le- cons de piano.Elle n\u2019avait pas eu honte d\u2019aller offrir ses services, en qualité de maîtresse de musique, dans des familles riches qu\u2019elle avait fréquentées en qualité d\u2019amie.C\u2019était elle qui faisait vivre sa mère, ses frères et ses soeurs.Mais quelle maigre existence ! Eon Spe 2e 8 3 A A ; A 9 \" La Revue Populaire Mademoiselle Alice Chopy avait refusé quelques bons partis ; elle restait fidele a son fiancé d\u2019autrefois.C\u2019était plus fort qu\u2019elle, mais elle ne pouvait pas en aimer d\u2019autres.Parfois elle se reprochait d\u2019avoir peut-être été trop dure pour Francois Gourlin.Pourquoi lui avoir dit qu\u2019il avait l\u2019air d\u2019un tramp?La courageuse fille avait maintenant vingt-cinq ans.Elle était toujours jolie.Son air mélancolique ajoutait un charme nouveau à son visage pâle aux traits si réguliers.Quand on la voyait descendre la rve Saint-Denis, dans sa toilette de deuil.bien des coeurs soapi- raient, mais la gentil'e maîtresse de piano restait indifférente aux compliments qu\u2019on lui adressait.| Telle était la situation de la belle fiancée quand un matin de mars un homme élégamment vêtu frappa à sa porte et deux cris «r firent entendre : .+ \u2014Mademoiselle Alice! \u2014Monsieur Francois! Lui prenant les deux mains, le jeune homme \u2014 il n\u2019avait que vingt-sept ans \u2014 se jeta à genoux aux pieds de la jeune fille.\u2014Pardonnez-moi, lui dit-il.Si vous saviez combien péniblement et noblement j'ai réparé mes fautes.: \u2014D\u2019où venez-vous?Qu\u2019avez-vous fait ?Qui demanda mademoiselle Alice Chopy, en versant des larmes de joie.Relevez- \u2018vous ! Depuis longtemps je vous ai pardonné.Quand le fiancé fut un peu rem's de son 48 émotion, il continua : \u2014Je m\u2019étais engagé dans la Légion Etrangère ; je voulais mourir.La mort n\u2019a pas voulu de moi: je n\u2019al été que blessé.Voyez, j'ai remporté une cica- \u2018trice et deux médail'es.En outre, mademoiselle Alice.J\u2019ai ramassé honnêtement plus d\u2019argent que je n\u2019en avais perdu si stupidement.J\u2019ai gagné trois cent mille dollars que je suis venu mettre à vos pieds.Soyez mon épouse, mademoiselle, je vous rendrai heureuse.Et il balbutia : \u2014Je ne bois plus, soyez sans cra.nte!\u2026.\u2014Oh! vous ne buvez plus, répondit la \u2018jolie blondinette ; que cela est bien.Vous serez un époux modèle.Et com- ime nous avons souffert tous deux, notre \u2018honheur n\u2019en sera que plus grand.Francois Gourlin,s\u2019approchant alors de la belle maîtresse de piano, lui demanda \u2018avec son sourire d\u2019autrefois : ! \u2014\u2014Avez-vous conservé votre trousseau ide mar'age?\u2014Sûrement, répondit-elle ; mais il doit être tout dévoré par les mites.\u2014FEh bien, mademoiselle Alice, il faut \u2018en préparer un autre et au plus vite.Moi je vais m\u2019oceuper de préparer ee fa- \u2018meux nid tout rose dont vous serez la blanche colombe.\u2014Et j'aurai un mari que ne boit pas ; murmura la jolie b'ond\u2018nette en rougissant.Que je suis donc heureuse ! Calcutta, Indes Anglaises. Hux Seunes Gens Aimez, 0 jeunes gens, et respectez la vie: Elle est bonne a celui qui va droit son chemin, Et qui ne garde au fond de son ame ravie Que le rêve d\u2019hier et l\u2019espoir de demain; Elle est bonne à tous ceux qui courent à leur [tâche, Comme le laboureur qui se lève au matin, Et retourne son bien sans plainte et sans re- [lâche, Malgré la terre dure et le ciel incertain.Votre aube vient de naître à l\u2019orient tranquil- [le, Vos boeufs frais attelés se passent d\u2019aiguillon, Votre charrue est neuve et votre champ ferti- [le; Déjà l\u2019épi futur germe dans le sillon.Au travail, au travail! Faites votre journée; Vous êtes au matin, laissez venir le soir; Vous êtes en avril, laissez finir l\u2019année; L\u2019herbe d\u2019ennui se fane où fleurit le devoir.49 +04>_404D_4604004 48446804 HH HH No Ho DSC CDD RH.El Cest, De.A Ww id VIE TH ZAC DK LA FERME DU SAINT-ESPRIT ROMAN CALIFORNIEN Par Bret Harte C\u2019était au déclin d\u2019une journée d'\u2019octobre.Je venais de faire la très désagréable remarque que je me trouvais dans la vallée du Sacramento.Depuis le lever du soleil j'étais resté à cheval et ma course à travers un pays plat, sans hernes, d\u2019une monotonie accablante, m'avait fait l\u2019effet bien plus d\u2019un cauchemar que d\u2019un voyage accompli sous le ciel californien.Le retour incessant des champs brûlés par le soleil, n\u2019offrant au regard que la même teinte feuille-morte, les crevasses béantes du chemin poudreux., les contours sans moelleux des hauteurs lointaines, les att\u2018tudes nonchalantes des troupeaux de boeufs m\u2019avaient paru les détails les plus captivants de cette vue stéréoscopique largement éclairée, mais désespérément invariable.Peut-être eussé-je réussi à faire diversion à cette impression en substituant mon propre mouvement a cette immobilité, 50 mais ma monture, guidée par la finesse de son instinct, avait depuis fongtemps abdiqué toute ambition d\u2019énergie et s\u2019était laissée aller à un pas d\u2019amble obstané.C'était l\u2019automne, mais non cette saison telle que se la figure un lecteur de ce côté de l\u2019Atlantique.La séparat'on entre l\u2019époque d\u2019humidité et cel!e de la sécheresse s\u2019accusait nettement dans les contours bien en relief des montagnes étagées au loin.Tandis que dans les Etats de l\u2019Est la campagne est atteinte d\u2019une phtisie lente.ici, sous cette atmosphère brûlante, la vie des plantes s\u2019éteint rapidement, et la na\u201d ture y est trop pratique pour s\u2019attarder à ménager les transitions ; comme un médecin dont le visage expressif et grave trahit le diagnostic, 1\u2019aspect qu'elle présentait à l\u2019observateur était celui de !\u2019approche de la mort.La contemplation d\u2019un pareil tableau ne pouvait guère avoir d\u2019attrait que pour une imagination maladive.Pas un petit nuage ne se montrait sur !\u2019horizon bleu TS AE SE TA ee man vie re PARA OPA AAA d\u2019une dureté granitique, et le coucher du soleil était accompagné d'aussi peu de pompe qu\u2019on en pouvait attendre de ce desséchement général.Bientôt arriva l\u2019obseurité et alors s\u2019éleva le vent augmentant d\u2019intensité à mesure que les ombres répandues sur la plaine devenaient plus profondes, Je poussai mon cheval en avant.Une traite ininterrompue d\u2019une demi-heure me conduisit aux abords d\u2019un corral.Un peu plus loin était une maison ,aussi basse que large, et qui, à première vue, semblait à demi ensevelie sous terre.Les murs, en bois grossièrement assemblé, n\u2019offraient pas un seul angle où les ombres vagabondes et lentes eussent au cours du jour pu se dérober aux rayons du soleil.On n'y voyait aucune saillie que le vent de la nuit eût pu faire résonner mélodieusement ou a laquelle il eût pu adresser ses plaintes, ses sifflements, ses susurrements.La seule chose qui arrêtait la vue était une longue auge en bois avec une cuvette en zinc et un morceau de savon.Là je fus accueilli par un vieillard aux cheveux blancs, aux traits durs.Il répondit à mon salut par un regard inquisiteur et m\u2019introduisit ensuite dans la pièce principale.A mon entrée, quatre jeunes gens, accroupis autour du feu.modifièrent un peu leurs attitudes, sans trahir aucune curiosité ni aucun intérêt pour ma personne.Un chien sortit en grognant d\u2019un coin sombre et s\u2019é'anca sur moi ; mais un coup de pied du vieillard le réduisit aussitôt au silence et le rejeta à sa place ténébreuse.Je ne sais pourquoi je me persuadai que ce groupe était là depuis longtemps devant le feu, sans avoir dit une parole, sans avoir bougé aucun muscle.La Ferme du Saint-Esprit Je pris une chaise et j'expliquai en peu de mots l\u2019objet de ma visite.J'étais géomètre-arpenteur ; je venais des Etats-Unis au sujet de la ferme du Saint-Esprit.J\u2019étais chargé de vérifier et de rectifier au besoin le bornage de la localité, de manière à fixer plus exactement les limites des propriétés, en donnant ain- sl p'us de garanties aux propriétaires.On avait recu des réclamations contre les métrages antérieurs de la part d\u2019un M.Tryan.qui avait acheté des terres «mir trophes.\u2014Réclamations faites en vertu de titres de propriété, interrompit l'homme.\u2014En effet, des titres de propriétas, et ce M.Tryan.Je parlais machinalement, car tandis que je le regardais fixement, mon esprit s\u2019oceupait à arpenter \u2018es lignes de soz visage.C\u2019était un visage rude, sévère, qui me \u2018appelait l'opération connue dans le tra- va\u2019l des mines sous le nom d\u2019affouillement.Les traits qui aceusaient le fon! du caractère étaient fortement sail'ants ; les lignes purement p'astiques au contraire et les contours plus doux avaient dû être effacés par quelque puissante révolution intérieure.Il y avait dans sa voix quelque chose de sec qui tenait du climat dominant dans la vallée et qui se fit surtout remarquer lorsqu\u2019il m\u2019exposa, non sans partialité.l\u2019ob- Jet du litige, avec une fermeté d\u2019expression peu faite, comme le vent dun dehors, pour se laisser réfréner.T1 me raconta.ce que je savais déjà, que la ligne frontière de l\u2019ancienne possession espagnole était nn cours d\u2019eau qui, d\u2019après le plan un peu indécis, prenait naissance dans la Valda ou la pente de !a col- I'ne, et dont le tracé avait.depuis nombre d\u2019années, donné lieu & bien des con- La Revue Populaire testations.J\u2019écoutais ce qu\u2019il disait, mais avec peu d'attention, car mon intérêt ne cessait d\u2019être sollicité et par le vent qui balayait violemment les alentours de la maison et par vet étrange vieillard dont la figure ca- ractér.stique se réfléchissait dans la physionomie des quatre jeunes gens groupés jrès du foyer.Il parlait encore et le vent n'avait pas cessé de souffler lorsque mon attention un peu distraite fut éveillée par une question adressée au groupe silencieux.\u2014Qui de vous est disposé à remonter demain le cours d\u2019eau avec l\u2019étranger jusqu\u2019à Altasear ?I] y eut un mouvement général d\u2019opposition parmi les auditeurs.mais aucun d\u2019eux ne répondit.\u2014Y ]eux-tu a'ler, Kerg?\u2014Ft qui surveillera demain le troupeau dans la Prairie aux fraises?La réplique équivalait à un refus.Le vieil ard se tourna vers un autre de ses fils qui s\u2019oceupait en ce moment à épiler une peau d'ours teigneuse sur laquelle il était étendu ; il avait l\u2019a\u2018r de tenir dans ses mains comme dans un étau la tête d\u2019un de ses semblables.\u2014Eh bien.Tom, qu\u2019est-ce qui t\u2019empêche d\u2019y aller?\u2014Maman va demain de bon matin à la boutique de Brown et il faut bien que je T\u2019emballe dans la voiture avee son nour- TISRON.L\u2019expression de mépris qu\u2019il affectait en parlant de ce devoir filial, auquel il avait sans doute consenti dans un moment de surprise, était absolument imrayable.\u2014 Wise?| Wise ne prit pas la peine de donner une réponse verbale, mais jeta en signe d\u2019argument au milieu de la pièce sa botte éculée et rapiécée.Une vive rougeur colora le visage du vieillard.\u2014Ne t'avais-je pas dit de t\u2019en faire donner une paire de neuves par Brown, la derniére fois que tu as descendu le cours d\u2019eau ?\u2014Il a répondu qu\u2019il ne donnait rien sans un mot d'\u2019écrit de toi, Et il a ajouté qu\u2019il était aussi difficile de t\u2019arracher de l\u2019argent que les gencives.Cette allusion à l\u2019économie du vieillard fut accompagnée d\u2019un geste ironique, et Wise, qui semblait être le railleur privilégié de la famille, se retira avec un calme plein de dignité.\u2014Et toi, Joe, que dis-tu?Tu as des bottes neuves et tu n\u2019es point embarrassé d\u2019une femme et d\u2019enfants, dit Tryan avec une contraction nerveuse de la bouche qui pouvait passer pour un sourire, mais qui n\u2019était rien moins qu\u2019affable.| Joe fronca ses sourcils touffus et répar- t't sechement .\u2014Pas de selle.\u2014Et qu\u2019en as-tu fait de ta selle?\u2014Kerg! .Et son regard se cloua sur son frére avec une flamme que lui aurait enviée Caïn.\u2014Tu mens, riposta Kerg.Tryan bondit sur ses pieds, saisit une chaise, la brandit au-dessus de sa tête et écrasa ses fils d\u2019un regard farouche qu\u2019ils soutinrent sans sourciller.Mais ce ne fut qu\u2019une colère d\u2019un instant.Son bras s\u2019abattit presque aussitôt, inerte, et une express'on d\u2019impuissance désespérée se peignit sur son visage.Il me laissa prendre la chaise sans résistance et parut rassuré quand je lui dis que je n\u2019avais besoin d\u2019aucun guide.À ce moment la voix de l\u2019inévitable Wise s\u2019éleva de nouveau : \u2014Voilà Georges ; demandez-lui ; il ira La Ferme du Saint-Esprit avec vous et par-dessus le marché vous présentera à la fille de Don Fernando.Il allait achever, et son ton de ricanement annonçait quelque saillie caustique, quand de légers pas se firent entendre sur la terrasse.Un jeune homme entra.À la vue d\u2019un étranger il s\u2019arrêta, rougit, me salua timidement, rougit de nouveau, attira à lui une caisse logée dans un coin, s\u2019assit les mains croisées, et attacha sur moi ses beaux yeux bleus pleins de limpidité.Peut-être me trouvais-je à ce moment dans une disposition d\u2019esprit particulièrement favorable à l\u2019effet qu\u2019il produisit sur moi.Je fis l\u2019avance et le priai de vouloir m\u2019accompagner.Il me répondit par un consentement empressé.Mais il me quitta presque aussitôt, appelé sans doute par quelque travail à faire dans la maison.Le feu flambait dans l\u2019âtre en répandant une vive lueur.Incapable de résister plus longtemps à l\u2019influence qui maîtrisait tous les assistants, je fixai mon regard sur la flamme pétillante et je prêtai l'oreille au vent qui secouait la maison.En outre de l\u2019unique chaise qui avait maintenant pour moi une signification particulière, je découvris bientôt dans un coin une table boîteuse sur laquelle se trouvaient un encrier et une plume, cette dernière dans cet état de destruction qui est propre à toutes les petites choses dans les cabarets de village et dans les demeures des paysans.Dans un autre eoin était un petit arsenal de fusils à un et deux coups, et non loin de là s\u2019empilaient par terre une demi- douzaine de selles et de couvertures qui exhalaient une forte odeur d\u2019écurie.Quelques peaux de cerfs et d\u2019ours complétaient l\u2019inventaire.Tel que j\u2019étais là, entouré de ce groupe 53 taciturne.ne voyant à l\u2019intérieur de la maison que la lumière fantastique, n\u2019entendant au déhors que le rug'ssement du vent, je pouvais à peine me figurer que j'avais véeu d\u2019une autre vie.Ma profession m\u2019avait souvent rendu témoin de scénes plus sauvages ; mais je m\u2019étais rarement trouvé en contact avee des hommes dont les moeurs indiseipli- nées et l\u2019indifférence voulue avaient provoqué en moi un semblable sentiment de malaise.Je rentrai en moi-même et me demandait sérieusement \u2014 réflexion qu\u2019on trouvera toute naturelle dans la position où je me trouvais \u2014 si ces hommes n'étaient pas la vraie expression de l\u2019humanité en gén\u201cral et si je n\u2019étais pas seul à faire exception d\u2019une manière tout arbitraire.J\u2019éprouvai un véritable soulagement lorsque je vis entrer une jeune fille chétive qui annonea, d\u2019un ton laconique.que le souper était prét.A cette nouvelle, toute la famille se remua soudainement.Nous traversimes le vestibule sombre qui menait à une autre pièce aussi basse que la première.Toute la longueur en était occupée par une table au bout de laquelle était assise une femme chétive déjà en train de prendre son repas pendant qu\u2019elle donnait le sein à un enfant également chétif.Comme on s\u2019était dispensé des formalités de la présentation, e'le ne.prit pas garde à moi et je pus, sans là troubler, sans la déranger, me glisser silencieusement sur un siège.Tryan improvisa une prière et l\u2019attention de la famille se concentra sur le lard, les pommes de terre et les pommes séches.Tous en mangérent de bon coeur et un bruit régulier au haut bout de la table attesta par intervalles que le nourrissom avait aussi bon appétit que les autres com- La Revue Populaire mensaux.La conversation roula principalement sur les travaux de la journée.Par endroits elle était entrecoupée de remarques sur la disparition de certaines têtes de bétail.Ce souper était un progrès si inouï sur la goinfrerie d'autrefois que lorsque je fis par hasard ailusion à l\u2019objet de ma visite pour amener le vieux Tryan à parler, tout le 1nonde prit intérêt à l\u2019entretien.Si je m'en souviens bien, il se plaignait amèrement de ce qu\u2019on eût laissé les indigènes de la C'a'ifornie en Tossession de leurs fermes.\u2014Voyez-les, s\u2019écria-t-il, n'ont-ils point les plus beaux pâturages où l\u2019on ait jamais fait paître un boeuf?Mais où sont leurs papiers?Ont-ils seulement des titres?Ah! oui! de beaux titres, vraiment! N\u2019ont-l's pas été fabriqués pour la plupart depuis que 'es Américains ont ae- eupé le pays?Les Américains n\u2019en sont que plus fous de leur la\u2018sser toutes.ces terres.Avec quoi les a-t-on payées?Avec du sang américain, avec de l\u2019or américain.On ne peut pas chasser les indigènes californiens de leur sol natal, dit-on.Et pourquoi pas?Ont-ils cherché à l\u2019améliorer?N\u2019ont-i's pas fait venir par bandes des ouvriers chinois.des peaux-jaunes, qui n\u2019ont pas la moitié de l\u2019esprit des nègres et qui sont chargés de surveiller le bétail pendant que les maîtres se claquemurent chez eux et font bonne chère, à la lumière de leurs flambeaux d\u2019or et d\u2019argent, ou passent leur temps avec des missionnaires.Jamais on n\u2019aurait toléré pareilles choses dans le Missouri.Quand il avait parlé d\u2019amélioration, J'avais machinalement levé la tête et mes yeux ava'ent rencontré le regard moitié sour'ant, moitié inquiet de Georges.Cet échange de sentiments ne demeura pas inaperçu, car j'eus aussitôt la satisfaction de constater que les autres membres de la famille faisaient contre nous une al'iance offensive.\u2014Cela est tout bonnement contre nature ; c\u2019est une révolte contre Dieu même, continua Tryan, car il n'entre point dans les dess'ns de Dieu de faire servir l\u2019or à fabriquer des flambeaux et tous autres objets de même genre destinés au culte.C\u2019est pour cela que Dieu a envoyé les Américains ici.La nature n\u2019a point fait un semblable climat rien que pour les peaux d'ours.Elle ne nous a pas donné six mois de soleil pour dormir et nous enfermer.\u2019 Combien de temps il continua de la sorte en accompagnant ses réflexions de regards farouches, je ne pourrais le dire, car Je profitai de la première oceasion pour m'\u2019esquiver.Georges me rejoignit bientôt, me montra une porte ouverte qui donnait accès dans une petite chambre et me désigna un lit.\u2014Ce que vous pouvez faire de mieux, dit-il, c\u2019est de passer ic' la nuit.Vous ne sauriez être plus commodément installé et demain je vous réveillerai de bonne heure.Je le remerciai et l\u2019aurais volontiers questionné sur divers points qui me préoccupaient, mais il se gl'ssa timidement jusqu\u2019a la porte et disparut.À peine avait-il quitté la chambre qu\u2019il me semb'a qu\u2019une ombre l\u2019avait tout à coup assombrie.Les jeunes gens revinrent l\u2019un après l\u2019autre et allèrent reprendre à pas lents la place qu\u2019ils avaient occupée, précédemment.On jeta une grosse büche sur le feu et l\u2019immense cheminée s\u2019embrasa comme une fournaise sans effacer ni adoucir aucun des traits de ces durs visages qu\u2019elle éclairait.Une demi-heure plus tard, les peaux de bête qui pendant la journée avaient servi ot faste vi Es La Ferme du Saint_Esprit de sièges, se transformèrent pour la nuit en matelas sur lesquels leurs propriétaires s\u2019étendirent de leur long.Le vieux Tryan ne revint point ; Georges non plus.Sans sommeil et nerveux comme Je l\u2019étais, je demeurai assis et regardai le feu jusqu\u2019à ce qu\u2019il s\u2019enfondrât, tandis que les ombres commençaient à faire l\u2019ascension des murs.À part le sifflement du vent et le ronflement des dormeurs Je ne percevais pas le moindre bruit.À la fin, je ne pus supporter plus longtemps de rester dans cette pièce.Je pris mon chapeau, j\u2019ouvris 'a porte et m\u2019en- foncai dans la nuit.La lutte assez vive que j\u2019eus à soutenir contre le vent, dont la violence différait peu de celle d\u2019un ouragan, donna plus d'activité à mon pouls presque engourdi ; et cette circonstance, jointe aux bienveillantes clartés des étoiles, me soulagea sensiblement.| Je marchai devant moi sans savoir où j'allais, et, quand je fis halte pour promener mon regard autour de moi, 'es contours anguleux de la maison avaient disparu derrière le bois d\u2019aunes.Une plaine ininterrompue s\u2019étalait sous mes yeux comme une mer immense que 1l\u201dmpétuosité de la tourmente aurait aplatie, Poursuivant ma marche, je découvris Une légère éminence de terrain et bientôt après je dus ralentir mes pas, car je gravissais un tumulus indien.T! fit sur moi l\u2019effet d\u2019une île dans l\u2019Océan.De son sommet, j'avais une perspective meilleure sur la p'aine qui s\u2019étendait au loin, mais je ne trouvai ici pas plus de repos qu\u2019auparavant.L\u2019explication ridicule que Tryan avait donnée du climat résonnait encore à mon oreille et trouvait un écho dans les batte- merts de mon pouls lorsque, guidé par les a, étoiles, je regagnai la maison.Je me trouvais plus dispos, plus frais quand je revins à la terrasse.La porte du petit bâtiment était ouverte.Je vis le vieillard assis à une table.Il feuilletait une bible, et l\u2019expression de son visage sembla\u2018t indiquer qu\u2019il était à la recherche de prophéties contre les Californiens.Je fis un pas en avant avee le dessein d\u2019entrer, quand une forme humaine, enveloppée dans une couverture et étendue sur la terrasse, prés de la maison, attira mon attention.Cette large poitrine qui, dans le calme sommeil, se soulevait et s'abaissait régulièrement et ce visage ouvert et loyal m\u2019étaient bien connus.C'était Georges qui, seul parmi les siens, avait cédé son lit à l\u2019étranger.J\u2019eus un moment envie de \u2018\u2019éveiller, mais il reposait si tranquillement, si pal- siblement, que j\u2019éprouvai une espèce de tim'dité et n\u2019osai prendre sur moi de troubler son sommeil.Et, sous l\u2019impression agréable de cette physionomie si franche et si belle, de ce repos si libre de soucis, j\u2019allal me jeter moi-même sur mon lit et m\u2019endormis l\u2019esprit apaisé .IT Le lendemain, je fus arraché à la douceur du repos et an charme du s'lence par la voix joyeuse de Georges, qui \u2018se tenait debout à mon chevet.et, avec une certaine ostentation, faisait aller et venir au dessus de ma tête sa \u2018\u201criata\u2019\u2019 (espèce de lasso fait de lanières de peaux sèches, avec un noeud, pour prendre les chevaux sauvages, les buffles, les hoeufs) comme s\u2019il eût voulu rappeler aux devoirs du jour mes yeux encore appesantis par le sommeil.Je me retournai.L'orage s\u2019était apaisé comme par enchantement et, par la fenê- ET EE INA REN TO RE TIRE J RT EUUT GET TR RTE TR RIRE CS RE La Revue Populaire tre, le soleil semblait chaud.Une gerbe d'eau, extra-froide, jaillit de la cuvette de zinc et me fit recouvrer mes esprits.Il était encore tôt, mais la famille avait déjà déjeuné et s\u2019était dispersée de tous côtés.Un chariot roulant dans le lointain me prouva que le malheureux Tom avait \u2018\u201cemballé\u2019\u2019 ses plus proches parents.Je me sentais dans des dispositions par- _ tieulièrement gaies ; il n\u2019est roint de soucis dont ne triomphe, quand on est jeune, une bonne nuit de repos.Après avoir pris un solide repas que Georges m\u2019avait préparé, nous sautämes rapidement en selle et ga'opâmes à travers la plaine.Nous suivions l\u2019allée d\u2019aunes qui nous indiquait la direction du cours d\u2019eau.En ce moment son lit était desséché rar l\u2019ardeur du soleil et couvert d\u2019une croûte dure, tandis qu\u2019en hiver, comme me \"\u2019apprit Georges, ses eaux débordaient.| Encore ;aujourd\u2019hui, les impressions de cette course matinale sont restées toutes fraîches dans ma mémoire : les hauteurs lointaines, dont les silhouettes se détachaient sur un ciel d\u2019un bleu d\u2019acier, l\u2019air vif et sec, le chemin qui se déroulait devant moi, animé de temps à autre par la svelte stature de Georges Tryan, avee ses éperons sonnant agréablement à l\u2019oreil!'e et sa riata flottant si pittoresquement.Il montait un cheval indigène rouan, à la forte encolure, aux yeux de feu.une de ces superbes bêtes dont la nature sauvage ne connait point de fatigues.Malheureusement, les belles lignes de ses formes étaient en partie cachées par les massives machillas de la selle espagnole qui enlève tout le caractère original de la monture, la bride, unique, pendait lâchement sur le terrible mors qui peut serrer la mâchoire comme un étau et au.besoin la briser.Une fois de plus, la vallée sans limites se déroule devant nous tandis que nous courons dans la p'aine, sur laquelle le soleil jette des tons crus.Est ce bien là \u2018\u2018Chouchou,\u2019 la gracieuse jument d\u2019origine américaine, qui, insouciante des digues de rondins et de cailloux, pleine d\u2019enthousiasme, danse et trépigne sous moi?Georges, enveloppé dans un nuage de poussière, me crie en riant \u2014Rendez-lui la bride.Vous voyez bien qu\u2019elle veut être libre.Et, en effet, il semble que Chouchou ait grande envie de jouir de la liberté ; car, soit qu\u2019elle ait été piquée par une tarentule indigène, soit qu\u2019elle veuille r'va!i- ser d\u2019indépendance avec le rouan, le \u2018\u201csang\u2019\u2019 reprend ses droits ; et, en un instant, l\u2019harmonie de ses sabots, qui frappe le sol en cadence, a fait honte à la longue et paisible patience de la servitude.Nous galopons côte à côte ; Georges me montre les troupeaux de boeufs qui appartiennent à son père.Il y a là plus de trois mille bêtes, presque toutes maigres, efflanquées.À la fin, nous nous arrêtons sur !a pense de la hauteur.\u2014 Voilà, dit Georges, le corral d\u2019Altas car, et la maison blanche que vous apercevez de ce côté est sa casa.Un mur, blanchi à la chaux, servait d\u2019enceinte à une cour, où se trouvait un bâtiment en briques pour ainsi dire calcinées par les feux de nombreux étés.Nous abandonnâmes nos montures à la garde de quelques valets, étendus paresseusement au soleil, et nous passames sous une porte basse, où nous fiimes saisig par l\u2019épaisseur des ombres et par l\u2019agréable fraîcheur de l\u2019air.Ce brusque changement nous fit l\u2019effet d\u2019une douche d\u2019eau froide.Au milieu d\u2019une petite pièce basse était assis un vieillard, la tête enveloppée d\u2019un + 4 DE CN ONE OC PPS La Ferme du Saint-Esprit foulard de soie noire.Les quelque cheveux blancs qui paraissaient sous les plis de ce serre-téte, prétaient a son teint jaunâtre un relief encore plus accusé.L\u2019o deur des cigarettes se répandait comme de l\u2019encens dans cet appartement, qui offrait l\u2019aspeet solennel d\u2019un intérieur de cathédrale.Senor Altascar se leva d\u2019un ar digne et grave pour nous accueillir.Georges l\u2019a- Dorda, le visage tout rouge, mais si affable et d\u2019une expression si.respectueuse, que cette vénération filiale du jeune homme, en apparence si insouciant, me toucha profondément.J\u2019étais, i! est vrai, encore un peu ébloui par les rayons du soleil, qui m\u2019avaient frappé en pleine figure avant d\u2019entrer, car je n\u2019avais pas apereu les dents blanches et les yeux noirs de Pépita, qui, à notre vue, s\u2019était réfugiée dans le corridor.Ce n\u2019était pas une commission bien agréable.que celle de faire part au vieux senor des détails cireonstanciés d\u2019une affaire qui devait avoir pour issue de lui enlever la plus grande partie du pays que nous venions de traverser.Aussi m\u2019acquittai-je de mon rôle avec une assez vive perplexité ; mais il m°é couta avec le plus grand calme ; pas un muscle de son visage sombre ne bougea, et les nuages de fumée qui montaient de ses lèvres en paisibles spirales, attestaient la régularité de sa respiration.Quand j\u2019eus fini, il s\u2019offrit très cordialement à m\u2019accompagner jusqu\u2019à la ligne de délimitation.Entre temps, Georges avait disparu ; mais une conversation suspecte, en jargon moitié espagnol moitié anglais, dans le corridor.trahissait sa présence dans le voisinage.Lorsqu\u2019il revint, un peu distrait, le vie'llard, dont le sang-froid 1\u2019emportait 57 assurément sur le nôtre, s\u2019oceupait à enfouir une petite calotte de soie noire sous le \u2018\u2018sombrero\u2019\u2019 raide et laid que tout indigène californien a coutume de porter.Une couverture, jetée sur ses épaules, indiquait qu\u2019il était prêt à partir.Dans les fermes espagnoies, il y a toujours plusieurs chevaux tout sellés, et, une demi-heure après notre arrivée à la ferme, nous galopions de nouveau, sous le soleil aveuglant, dans la prairie.Nous n\u2019étions pas aussi joyeux qu\u2019au paravant.Georges et moi, nous nous sentions gênés, embarrassés.-Altascar conservait tout son calme et son sérieux.Pour rompre le silence et lui dire quelque chose de consolant, je fis remarquer qu\u2019il pouvait encore se pourvoir en appel.Mais cette offre d\u2019huile jetée sur le feu, fut déclinée par un haussement d\u2019épaules indifférent, et par un laconique \u2018\u201cA qué bueno?\u2019 \u2014Vos tribunaux ont toujours raisen, ajouta-t-il.Le tumulus indien que j'avais découvert la nuit précédente, pouvait servir de point de départ pour le nouveau tracé des limites.Nous y fimes ha'te.A notre grande surprise.nous y trouvâmes Je vieux Tryan.Pour la première fois depuis notre rencontre, !- vieil Espagnol sembla s\u2019émouvoir, et le sang monta à ses joues jaunes.Je voulus régler l\u2019affaire le plus promptement possible, et je délimitai le point extrême du tracé aussi exactement que me le permettaient mes souvenirs.\u2014TLies commissaires délégués geront ici demain, ajoutai je, pour établir le tracé entre ces deux points.et je ne crois pas, mess'eurs, qu\u2019il puisse surgir d\u2019autres difficultés.Senor Altascar avait mis pied à terre et s\u2019était mis à arracher une poignée d'herbes sèches.J\u2019échangeai un regard ia SEE =, st ii AB pe Rs, IB K i ps ARBRE iii WI! pt ne i a oN La Revue Populaire avec Georges.Tout à coup, il se redressa, et, faisant quelques pas vers Joseph Tryan, il dit, d\u2019une voix qui révélait toute sa colère concentrée : \u2014Ft mo:, Fernando-Jésus-Maria Altas- car, je vous mets en possession de ma propriété suivant la coutume de mon pays.Alors ,il jeta aux quatre points désignés pour le tracé du plan, une touffe de l\u2019herbe qu'il avait dans sa main.\u2014Je ne connais point tes tribunaux, tes juges, tes \u201ccorregidors\u2019\u2019 (juges).Prends Ja prairie, et prends aussi ceci : Que ton bétai# meure de soif jusqu\u2019à ce qu\u2019il laisse pendre la langue autant que tes infâmes avocats.Que ces terres soient pour toi à jamais maudites, qu\u2019elles causent !e tout- ment de ta vie, comme tu as été le tourment de mes vieux jours! Nous nous interposimes entre les deux vieillards pour mettre fin à une scène que l'emportement d\u2019Altascar menacait de rendre tragique.Mais Tryan nous interrompit, au premier abord.en affectant un ar d\u2019humilité, sons lequel il cachait dif- fizilement la joie de son triomphe, \u2014Que m\u2019importent ses malédictions.elles l\u2019atteindront Ini-même, bien plus que le troupeau qu\u2019il a laissé se perdre par gon incurie et son orgueil.Dieu est avee les justes et se détqurne des insulteurs et des calomniatenrs.Altasear ne comprenait qu\u2019à demi cette allusion biblique, mais il en saisissait assez le sens pour perdre d\u2019un seul coup tout son sang-froid sous l\u2019affront qu\u2019on lui infligeait.\u2014Voleurs du Sacramento, n\u2019ouvrez pas.n\u2019ouvrez pas, vous dis-je, vos lèvres de Judas.Ah! misérable métis à l\u2019âÂme de \u201c\u201cCoyote.\u2019\u2019 Car-r r-ramba! Dans sa mple on avait choisi la 8e carte, on devra compter 8.9, 10, ete.jusqu'à la 72e, et l\u2019on retournera).Cependant si l\u2019on faisait toujours le tour de cette façon, ce chiffre 52 revenant à choque fois ferait facilement découvrir la solution.Tl vaut donc mieux procéder de la manière suivante : B Avant de prendre le jeu péur en opérer \u201ca transposition, demandez à la \u2018personne a qui vous faites le tour d= vous nommer un chiffre quelconque \u2018\u2018supé rieur\u2019\u2019 au rang de la carte choisis.I vous est facile alors.après avoir interverti l\u2019ordre des cartes, de retirer du dessus du paquet pour les mettre en dessous le nombre de cartes actuellement en troyr pour que la carte choisie se trouve au rang nommé.Vous désigne t-on, par exemple.13 nombre 25, partant de ce principe qu\u2019après la transposition du paquet la carte choisie est nécessairement la 52e.il suff:ra de faire glisser 9 cartes (52\u201425 : 9' sous le paquet, pour que cette carte se trouve la 25e.De même.si l'on vous indique le nombre 17, ce sera 15 cartes qu\u2019il faudra déplacer ainsi (52\u201415 : 17) pour o5tanir Ie résultat voulu.\u2014\u2014\u2014 9 Saint Crepin et le Diable \u2014_\u2014 \u2014\u2014\u2014 L y a bien longtemps, saint Crépin et le diable réunirent leurs économies pour acheter un champ et ils décidèrent de s\u2019en partager les fruits.Le diable, qui se croyait bien fin, demanda que, pour la première année tout ce qui pousserait au-dessus du sol fût à lui et le reste au saint ; celui-ci feignit d\u2019acquiescer à cette demande, avec le secret dessein de jouer un bon tour au diable.Saint Crépin s\u2019en fut à la ville et acheta de la graine de navets qu\u2019il sema dans le champ commun.Bientôt les navets couvrirent la terre de feuilles vertes et, en dessous, poussèrent au point de se toucher les uns les autres.Le diable vint alors réclamer la part de sa récolte: Crépin le conduisit au champ et se mit en devoir d\u2019arracher les navets le diable l\u2019aida dans ce travail, jusqu\u2019à ce que, voyant que le saint mettait en tas les feuilles coupées, il lui demanda ce qu\u2019il en pensait faire.(\u201cMais il me semble que c\u2019est ta part.Est-ce que tu ne m\u2019as pas demandé tout ce qui pousserait au-dessus du sol?A toi sont les feuilles, et à moi les navets.\u201d \u2018\u201cAh bien! l\u2019année prochaine, pensa le diable, il ne se moquera pas de moi, car je lui demanderai tout ce qui poussera sous terre.\u2019 Il fit comme 1l avait pensé.Une seconde fois, saint Crépin s\u2019en alla à la ville, acheta du blé pour un bon prix, et le sema dans le champ.Le blé germa, sortit du sol, poussa et poussa si 83 bien qu\u2019il fut vite bon pour la faulx et le fléau.| Le diable vint demander sa part et ne recut que les racines, dont il ne sut quoi faire.Cela ne le satisfit pas le moins du monde et, furieux, il s\u2019en alla trouver le saint pour lui proposer un nouveau marché.\u2018\u201c\u201c Voyons, que veux-tu ?lui demsada Crépin.\u201d \u2018\u201cJe veux cultiver le champ moi-même.J\u2019y sèmerai la plante qui me plaira.St tu devines son nom, le champ sera pour toi seul; si tu ne le devines pas, il sera pour moi\u2014Ça va?\u201d \u2018\u2018Qui, c\u2019est entendu.\u201d \u201cEh bien ! dans trois mois, nous verrons alors.\u201d Le diable s\u2019en alla dans un pays très lointain et rapporta une plante inconnue du saint: la lentille.Il en sema dans le champ ; elles germèrent et le couvrirent tout entier.Le saint était en grand risque de perdre la partie, parce que, malgré ses recherches, il n\u2019avait pu vérifier le nom de la plante inconnue.Quelques jours avant l\u2019expiration des trois mois fixes, 1l se leva pendant la nuit, se roula au milie du champ de lentilles et s\u2019en alla dormir tranquillement.Le lendemain, 11 dit au diable.\u2018\u201cHier, pendant la nuit, une énorme bê- te noire est entrée dans ton champ et a écrasé beaucoup de pieds de la plante que tu as semée.Si tu m\u2019en crois, veille avec \u20ac Mt tee La Revue Populaire soin, car, autrement, cela pourrait aller mal.\u201d \u2018\u201cJe n\u2019y manquerai et pas et je te remercie de ton avis.\u201d La nuit étant arrivée, le diable alla s\u2019embusquer auprès du champ; et saint Crépin se roula dans un grand tas de plumes, après s\u2019être plongé dans un tonneau de mélasse.Ainsi déguisé, il pénétra dans le champ.Le diable ne reconnut pas le saint et grande fut sa surprise de voir qu\u2019un animal d\u2019aspect repoussant se roulait sur les lentilles.\u2018\u2018\u2014Quelle est cette bête qui vient abîmer mes lentilles?s\u2019écria le diable qui s\u2019enfuit effrayé.Saint Crépin savait ce qu\u2019il voulait.H courut à la rivière pour enlever la mélas- 75 00 î se et les plumes, rentra vite à sa maison et se coucha.Le lendemain, le diable alla le trouver et lui dit: \u2018\u201c Voici les trois mois passés, Crépin, et Je viens te demander le nom de la plante que j'ai semée dans le champ.\u2014 As-tu vu la bête hier?®Je ne te demande pas cela: sais-tu le nom de la plante %\u2014 Peut-être bien : Je vais te dire trois noms.Si parmi eux,ne se trouve pasle bon, le champ est à toi.Le premier, c\u2019est du lin\u2014ÇCe n\u2019est pas cela mon pauvre Cré- pin!\u2014Le second, du chanvre?\u2014Pas davantage ; le champ est déjà presque à moi.\u2014Ohh ! alors, il ne faut plus se tromper.le troisiéme: des lentilles?\u2014Tu m\u2019as battu.Adieu, Crépin ; le champ est à toi.Tu es plus fort que moi.\u201d ~ EAN ZN Xe FTO \\ À ; RE a { ! 4 i ! | ; BONJOUR ! BONSOIR ! Le salut chez divers peuples UTANT de peuples, autant de façons diverses de saluer, de souhaiter à autrui toute sorte de prospérités, ou de lui témoigner son respect, soit par le geste, soit par la parole.Quel énorme volume ne ferait-on pas en rapportant les innombrables formes de ce cérémonial de tous les jours! Donnons-en toutefois quelques-unes, recueillies çà et là dans quelques ouvrages, en remarquant que la plupart ont pour origine le désir de montrer qu\u2019on est inférieur à la personne que l\u2019on salue ou qu\u2019on prend un vif intérêt à sa santé.En Abyssinie, les indigènes se prennent mutuellement la main et se la baisent.Ils prennent aussi l\u2019écharpe de celui qu\u2019ils saluent \u2014 quand il en a une\u2014et ils se l\u2019enroulent autour du corps; de sorte que, fort souvent, le salué reste à peu près nu, car la plupart des indigènes ne portent que cette écharpe et un calecon de coton.L\u2019Anglais salue du chapeau, avec toutes les nuances en usage dans les pays policés, et il dit: \u2018How do you do?\u201d Comment faites-vous?\u2014 \u2018\u2018How are you?\u201d Comment êtes-vous?Le \u2018\u2018bonjour\u2019\u2019 varie suivant les divers moments de la jout- née: \u2018\u201c\u201cgood morning, good evening, good night\u2019\u2019, bonjour, bonsoir, bonne nuit.Le Français agit absolument de même.L\u2019Allemand, parlant à la troisième per- 85 sonne, aborde en disant: \u2018\u201cWie geht\u2019s?\u201d\u201d Comment va-t-il?\u201c\u2018 Leben sie wohl !\u2019\u201d Qu\u2019ils vivent bien! Ou bien encore: \u2018\u201c Was machst du?\u201d Que fais-tu?\u2018\u201cWie befinden sie Sich?\u2019\u201d Comment vous trouvez-vous ?Comme l\u2019Anglais, l\u2019Allemand a un bonjour qui varie suivant les différentes heures du jour.Il emploie \u2018\u2018guten Morgen\u201d jusqu\u2019à midi; \u2018\u2018guten Tag\u2019\u2019, de midi jusqu\u2019au coucher du soleil ; \u2018\u2018guten Abend\u2019\u201d pour la soirée, et \u2018\u2018gute Nacht\u201d\u2019 pour souhaiter une bonne nuit.Les Arabes sont solennels comme tousles Orientaux.Quand ils passent l\u2019un à côté de l\u2019autre, l\u2019un d\u2019eux dit: \u2018\u2018Emehi bes-Slama\u201d, marche sur la paix, et l\u2019autre répond : \u2018\u2018Ebkâ el\u2019kh\u2019eir\u2019\u2019, va sur le bien.Les Astrakanais ôtent une de leurs pantoufles pour saluer, quelquefois les deux.Chez nous, c\u2019est tout le contraire ; nos paysans du midi suspendent leurs chaussures au bout d\u2019un bâton pour ne pas les user sur la route; mais ils se rechaus- sent\u2014les femmes principalement \u2014 dès qu\u2019un prêtre, un bourgeois, ete., apparaissent.| L\u2019Ayenis souffle dans l\u2019oreille de celui qu\u2019il salue.Les Cambodgiens se prosternent par terre.Le Chinois s\u2019approche en remuant ses deux mains appliquées sur la poitrine et, baissant un peu la tête, il dit \u2018\u201c\u2018Tsin, tsin\u2019, ou bien il demande: \u2018\u2018Tchi ko fane ?\u2019\u201d Avez-vous mangé yotre riz?ou simplement: \u2018\u2018Ya fanc?\u201d Quand c\u2019est une per- PO CR EEE RTT REE RTE LEONE VAN = sonne de marque, il opère une génuflexion en touchant la terre du front.Les rois et les chefs de la Côte d\u2019Afrique s\u2019abordent en se serrant trois fois le doigt du milieu.Lorsque les femmes de la Côte d\u2019Or se présentent dans une assemblée, elles enlèvent le peigne qui retient leur chevelure et celle-ci se déroule sur leurs épaules.\u2018 Les habitants des Cyclades se saluent en se jetant de l\u2019eau sur la tête.Les Danois s\u2019abordent en disant : \u2018\u2018Lev vel\u201d\u2019, vivez bien.L\u2019Espagnol dit: \u2018\u2018Bue- nos dias, senor,\u201d\u2019 bonjour monsieur ; dans les provinces on dit plus généralement \u201c\u2018caballero\u2019\u2019 (cavalier) au lieu de \u2018\u2018senor\u2019\u2019;\u2014\u201c\u2018Vayay con Dios\u2019\u2019, allez avec Dieu; \u201cComo estad V.M.\u201d\u2019 (vuestra mer- ced.) Comment va Votre Grâce?L\u2019Ecossais dit: \u2018Hoos\u2019 4 wi\u2019 ye ?\u201d Comment tout est-il chez vous?Le Grec moderne dit: \u2018\u201cTi Kaneis?\u201d Que fais-tu?Les Hébreux, anciens modernes, disent : \u201c\u2018Salam\u2019\u2019, la paix.Les Hollandais disent : \u2018\u2018Hoe wart\u2019s ge?\u201d Comment voyagez- vous?\u2018\u201cHoc varat uwe?\u201d Comment vo- guez-vous?où bien encore : \u2018\u2018Smakelijk ten ?\u2019\u2019 Avez-vous un bon diner?L\u2019habitant de Horne se couche à plat ventre pour saluer.L\u2019Italien, en général, dit: \u2018\u201cCome sta?\u201d Comment va?Il est prodigue du \u2018\u2018je vous baise la main\u2019 ou \u201c\u2018les mains\u201d.L\u2019Irlandais vous dit: \u2018\u2018Puis- siez-vous faire votre lit en gloire!\u2019 Dans l\u2019Hindoustan on prend la barbe de celui qu\u2019on salue\u2014ce qui serait une grave insulte dans beaucoup de pays voisins.Les Japonais ôtent une de leurs pan- toufies.Les Lapons appuient fortement leur nez contre celui de la personne qu\u2019ils saluent et le \u2018\u2018flairent\u2019\u2019 énergiquement ; les coryzas, pituites, etc, doivent certainement être fort rares dans ces pays, car il y aurait un certain danger à exercer une La Revue Populaire pression quelconque sur un nez souffreteux.Les habitants de Lémureec, près des Philippines, se prennent réciproquement le pied et s\u2019en frottent le visage.Ceux de Palaos en font autant.Les habitants de Loango saluent en agitant frénétiquement leurs bras et e nsautant trois ou quatre fois en avant et en arrière, salut bien difficile à faire pour les octogénaires.et les infirmes.Les Nègres du Cap Lopez mettent un genou en terre et frappent trois fois leurs mains l\u2019une contre l\u2019autre en les élevant à la hauteur des épaules.Les Marianais passent la main sur l\u2019estomac de la personne qu\u2019ils veulent saluer.Les Mexicains campagnards se saluent au moyen de la prière de l\u2019Annonciotion ; l\u2019un dit: \u2018\u201cAve, Maria purissima\u2019\u2019, et l\u2019autre répond : \u2018\u2018Sin labe concebida\u2019\u2019.A part cela, tous les autres saluts usités en Espagne.Les Napolitains disent volontiers : \u2018\u2018Crescite in santita\u2019\u2019, croissez en sainteté.En Orient, généralement, quand la personne à laquelle on s\u2019adresse est d\u2019un rang élevé, on se prosterne plus ou moins profondément, jusqu\u2019à s\u2019agenouiller et mettre les mains et le front dans la poussière.Cela se passe ainsi chez les annamites et tonkinois.Tes Otaïtiens et, d\u2019une manière générale, tous les habitants de la Polynésie font comme les Lapons: ils se frottent le nez l\u2019un contre l\u2019autre.Les Polonais disent : \u2018\u2018Do nog panbog pochwalomy!\u201d le Seigneur Dieu soit loué! Chez les Russes on dit: \u2018\u2018Zdrastoni\u2019\u2019, soyez bien; \u2018\u2018 Rabe vash\u2019\u2019, votre esclave ; \u2018\u2018K'holo\u2019p vash\u2019\u2019, votre serf ; \u2018\u201cBogo toboi!\u2019\u2019 Dieu soit avec toi! Il paraît cependant que cette dernière expression a changé peu à peu de signification et qu\u2019aujourd\u2019hui elle tendrait à RT ST ICI CPE (RRR RRNR rt iy ithe tatty Lt sisi: tte ici, Gl tit or! Het ; it i i dy TH i li ot : ells by Set Bele a ki} Mi i il LA 7 # Ur ni i hi fl A rn 4 i \u2019 on fl {ih h {il A 3 x ih Ii » ! t fi 0} fH i 7] / ER 4 (ii Kg i fii ij 4 ' \u201cte Ÿ be 7 45 Ih À) HM 1 = 4 if d A À \u2018 ll ih 2.4 4 4 g Tu to @ im! (Ha 4 1 fl fi a, ( id X | ET fy (97 j ÿ 1g lg e yl 7 Ala Ji Es I ! 9 ((\\ (S qe (i fi ls (i (( Te fi ELU | 3 7 es i IN hi i Ve dy wo ik ; Wi PA Hl ih A gl ù > Un ee y 1 Jr 2 yi A S 1) Œ ut Ü gi il Al J : : 7; ie 4 be 5 fl ; LCA i ma, A | QE QU + | J i i te CG ç pS GE 7) I La ra Tr LL | | fil 4 ov] wo lh A = 2 1, VR i t # | 0 £17 A pa Da Di ll i fi : LA A He i hod i Bo ay fe, Vermont Xi 2 1 gi 4 A ÿ Qi x : ; ne J f ul, 3 td ni ; Ais 3 a Pad a gra 3 7 7 2 ÿ mi RE } CR.re Ah PRE LA He If A sd | A h % AN Ul « ù bh N yy p j I | MW 4 2 Ÿ ba ~~ R = UN + 5 x Hg MN, i na bi TR) i i rey 2e É à L Te AY À fig 24 qi qe ou AY 4 fa 3 ZV gS JF, fins \\L HA DA RO 4 Ver ORY Li =?; iQ A OÙ WEA N } (a Sad } ; à 33 Rd A ' 3 - W- i Wh A y Ad lh qu ait 00 Es, a+ .\u2014 Ï = } FE 3 ye oO OÙ p A [a 4 oy % LA 0 ; i.- = 3 3 Te I N \u201cah [A > 7 Le 15 hist > i 4s 0% : 5 AS; = 5 1 Zl ; us, 25 #5400, 7 i = 0 142 NS D ee xo \u201c TLS CA à A D A AU 9 % (ONE = ES Ÿ CE 7 Ew A £2 7 27 \u201c ZA yz = ANY ja # > AZ NN 04 Zs , 3S 3 pe LE 2 i Ne i 5 À\" of A Es GE = AE 4) x: CE CES.% i 2 SN ORY 7 7 2 Z oe > 7 4, DN AY \u20ac \\ AL Py 4 LE tl 5 is Ng 4 Te \u2014\u2014 Coz < \u201cey CA 7 i 7 fem ZZ = 4 Zz 5 \\ | SE DA HA CEE 7: 2 RY ez ply vo Le \u2018e CCE ECS = = =) x ET Le 7 i\" [of - CEA TT \u2018A = ploy er \u201c7 0 = a = LE = ES 5 TEER.Re = en Cal rt = oe 7/7, i Ay, 7 Se = | mr 4 =, = eT = i ji Z 5 je: Sy LT 15 TEE 4 7, i p =e LL 7 (2 3 =I he ETS) Pa: gs CRE > TE SES TE as Ms.= ai NS TS == = = 2 = = es wr ER poo TT a, \u2014\u2014 \u2014 Hs mie =\u2014T, > == = 7 =n ee pn, = Se in = : = - = es \u2014 ri\u201d ez f LR se Th ee = \u2014 ht prs = = ~= _\u2014- ie ee ee - i _\u2014 Te \u2014\u2014 \u2014\u2014- Ain ess =n.0e Indiens des bords de l\u2019Amazone, se soufflant réciproquement une prise | dans le nez en guise de salut.it fh \\ : Hi 87 : A « t 4 IT 1 a HX sr ne ig f La Revue vouloir dire quelque chose comme: Allez au diable! Il en est d\u2019ailleurs de même de notre Dieu vous bénisse ; bien souvent sa signification est tout autre que celle que présentent les mots, comme par exemple dans cette phrase: \u2018Comment! vous avez encore brisé ce vase ! Que le bon Dieu vous bénisse !!!!.\u2026.Généralement, chez les peuples de race slave, on se salue en «disant: \u2018\u2018Nui\u201d\u2019, paix.Les insulaires de Socotora baisent sur l\u2019épaule ceux qu\u2019ils veulent honorer.Le sultan et les hauts personnages de l\u2019île Ternate ne donnent audience que \u2018\u2018debout\u201d\u2019, et tous leurs sujets restent assis, comme si cette position était beaucoup plus humble que l\u2019autre.Voyez pourtant comme les appréciations changent d\u2019une frontière à l\u2019autre! Que dirait un ministre, entrant fortuitement dans l\u2019un de ses bureaux, et qui verrait tous ses employés s\u2019asseoir brusquement, avec un admirable ensemble?.Chez les Mincopies, pour s\u2019embrasser, Populaire on se souffle réciproquement au visage.Quand les Mombouttous s\u2019abordent, ils se présentent la main droite et se prennent le doigt du milieu, qu\u2019ils font craquer en disant : \u2018\u2018ganigghi\u2019\u2019, Les Diours, lorsqu\u2019ils se rencontrent, se crachent l\u2019un sur l\u2019autre; c\u2019est en même temps un gage d\u2019affection et de fidélité.Jamias un pacte n\u2019est conclu entre deux trafiquants, sans qu\u2019ils procèdent à cette répugnante opération.Les Thibétains tirent la langue en se grattant en même temps l\u2019oreille.Enfin la plus amusante facon de se manifester l\u2019amitié par un salut se rencontre chez les Indiens de l\u2019Amazone.Chez eux le tabac ne s\u2019aspire pas.il s\u2019insuffle.Placé danS un tube en os\u2014souvent un os humain\u2014recourbé en forme de chalumeau, la poudre excitante est envoyée au creux du nez par la bouche même du priseur.Bien mieux, à la rencontre d\u2019un ami on s\u2019offre fraternellement une prise en se soufflant mutuellement et simultanément dans le nez la poudre de tabac.\u2019 Voyez-vous cette mode gagner les boulevards de Montréal?dr TT ITER TTT Tyr SPR THR IY FP HRN FREE TT TAT \u201c\u2018Un serpent!\u2019 \u2018A ce cri, poussé le plus souvent d\u2019une façon tout à fait inopportune, je n\u2019al pas besoin de dire que les signes de la plus folle terreur se manifestent chez les individus mêmes qui s\u2019effraieraient modérément de tout autre danger.Un serpent! Il n\u2019est pas de mot qui inspire une plus grande peur, et qui provoque plus d\u2019instinctive répulsion.Rap- pellerai-je la figure lapidaire trouvée jadis par l\u2019auteur d\u2019un roman populaire?I! avait à dépeindre un personnage éminemment antipathique et pour bien marquer l\u2019heure que celui-ci devait inspirer notre \u201c\u201cécrivain\u2019\u2019 n\u2019avait, pas hésité à énoncer que sa main était froide.comme celle d\u2019un serpent ! Or, si les serpents, même de ce temps- là, n\u2019avaient pas de main, il n\u2019est nuile- ment prouvé que leur voisinage et leur contact soient si désagréables que cela.C\u2019est, au contraire, une habitude assez répandue, dans certains pays de se faire des amis de ces jolis animaux, de les placer dans ses cheveux, en collier autour du cou, en bracelet à chaque bras.Mais il y a serpents et serpents, et voilà le pourquoi du titre de cet article sur les vipères et les couleuvres.Il est, en effet, difficile de trouver deux sujets plus dissemblaibles et si rapprochés d\u2019aspect, l\u2019un de l\u2019autre, qu\u2019il est très difficile de les reconnaître.C\u2019est justement pour vous apprendre autant que possible à les distinguer que j\u2019ai recueilli, aux 89 meilleures sources, les notes les plus précises.La nécessité d\u2019étre renseigné vous ap- paraitra quand vous songerez que si la couleuvre est totalement inoffensive, la morsure de la vipére peut causer la mort ou tout au moins occasionner de graves accidents.On vous dira partout: détruisez la vipère; respectez la couleuvre.C\u2019est très joli; mais dans quelle perplexité nous mettez-vous, coment serons- nous exactement fixés?Si vous consultez des livres savants, vous y verrez que\u2014je copie\u2014\u2018\u2018le carae- tère essentiel qui sépare nettement le genre essentiel qui sépare nettement le genre vipère du genre couleuvre est la présence chez les vipères de deux crochets mobiles sur la mâchoire supérieure, communiquant avec deux glandes qui sécrètent un venin très subtil dont l\u2019animal se sert pour empoisonner sa morsure.Rien de pareil n\u2019existe chez les couleuvres, tandis que ces mêmes crochets se retrouvent chez tous les serpents venimeux\u2019\u2019.Pardon! Mais s\u2019il faut que j\u2019attende que les crochets aient fait leur office pour déterminer le genre vipère ; si je suis seulement mort, il sera peut-être un peu tard! Je voudrais vous mettre à même de vous prononcer dans des conditions meilleures.C\u2019est possible, tout juste, puisqu\u2019on rapporte qu\u2019un professeur au Muséum d\u2019Histoire Naturelle de Paris, savant des PRET RETRO PE EEE OR ET TEEN TPE TERRE CEE CPR RUE dita RUE CE ! La Revue Populaire plus ditingués, spécialiste autorisé, se fit mordre sur la fin de sa carrière par une vipère qu\u2019il avait confondue avec une couleuvre.Je rapporte ce fait pour bien vous imprégner de l\u2019idée qu\u2019il est mauvais d\u2019agir à la légère et qu\u2019il faut être bien sûr de son fait avant de se risquer à s\u2019emparer d\u2019un reptile.La conduite à tenir doit toujours s\u2019inspirer de la plus grande prudence.et l\u2019on ne fera jamais assez attention au cours des différentes manoeuvres qui constituent la capture ou la destruction d\u2019un ennemi aussi dangereux.Les signes négatifs ne servant à rien, sont nombreux.les signes affirmatifs se Téduisent à deux ; mais ils sont assez bien déterminés.TI est donc bon de les connaître sinon pour être à l\u2019abri de toute surprise, du moins pour se trouver dans les meilleures conditions par rapport à l\u2019adversaire.Commençons par éliminer les signes négatifs: couleurs.forme générale, forme de la tête.taille: ete.Couleurs: vipère et couleuvre peuvent se ressembler à s\u2019y méprendre; la couleuvre vipérine par exemple\u2014inoffensive\u2014se rapproche étonnamment de la vipère as- pis.Forme générale: Dans toute la partie différence assez peu appréciable pour qui constitue le corps proprement dit, qu\u2019on puisse s\u2019y fier.Forme de la tête: même observation ses, de formes géométriques (trapèzes, ree- tangles, etc.), paraiSsant plates.Tout au moins pour la vipère, la peau de la tête est composée d\u2019une quantité de petites écaillures de grandeur identique ou à peu près.Voilà un caractère qui serait certain st chez la vipère péliade on ne remarquait des plaques moins nombreuses que chez la couleuvre, s\u2019étendant aussi moins loin, mias pouvant prêter à confusion.On peut néanmoins se fier davantage aux petites écaillures de la vipère aspic qu\u2019à la lettre V formée par deux taches noires et qu\u2019il n\u2019est pas commode de distinguer tout \u2018d\u2019abord.La couleuvre aussi a des taches qu\u2019on peut, avec un peu de complaisance prendre pour un V, Deuxième caractère: la queue.Chez la couleuvre, on voit le corps diminuer graduellement et se termimer en \u2018\u2018queue de rat\u2019\u2019.Cependant, il ne faut paS exagérer ; la queue proprement dite de ta couleuvre, quoîque fine et bien formée, n\u2019est pas longue, 5 à 6 pouces à peine.En face d\u2019une queue de vipère, il n\u2019y a pas à se tromper.Chez ce reptile, le corps conserve presque le même diamètre depuis le cow jusqu\u2019à l\u2019autre extrémité.Sur la fin, pourtant, en 2 ou 3 pouces à peine, ce diamètre diminue et le corps finit par une queue en forme de cône court.Ce caractère fourni par la queue est encore moins probant que celui de la tête, parce qu\u2019on a souvent du mal à l\u2019examiner.Qaund la bête est enroulée entièrement ou partiellement, quand elle 3e meut, la queue peut être cachée en par- Taille: La couleuvre peut atteindre 4 pieds et la vipère s\u2019arrête à environ deux pieds.La vipère présente deux caractères qui la séparent de la couleuvre.1o.La peau de la tête.Chez la couleuvre cette peau de la tête représente des écailles relativement grandes, des plaques peu nombreu- tie.Enfin comme troisième moyen de contrôle, la couleuvre est aquatique ; la vipère ne l\u2019eSt pas.Dès que vous voyez un reptile nager, vous pouvez être tranquille, c\u2019est un être incapable de nuire.» F à Se RE ATR PE TI SE TEE sitliigiaid ication dBi a be Vipères et L\u2019habitant des deux espèces n\u2019est pas aussi éloigné qu\u2019on le supposerait.La eouleuvre, quoïque aquatique\u2014dans certaines variétés\u2014et aimant les endroits bas et humides, recherche aussi la chaleur et se plait dans les bois, vers les rochers qui lui fournissent de douces tiédeurs.On la rencontre aussi bien au bord de l\u2019eau que dans la forêt, à travers la prairie que sur la route, à la bordure des buissons.La vipère n\u2019est pas loin non plus car les collines, les falaises près des rivières lui conviennent tout autant que les rochers, une mare à demi desséchée, ou les dessous de bois garnis de fougères.Donc, il faut, dès que l\u2019on s\u2018occupe de science ou de sport, botanique, marche, pêche, chasse ; même si l\u2019on se promène sans presS- que entrer sous bois, prendre de grandes précautions.La première de toutes est de ne jamais rien saisir avec la main dont on ne soit absolument sûr.Ce modeste tas de \u201c\u201cfeuilles mortes\u2019, ce petit éclat de rocher, bien en vue sur un bloc exposé au soleil, ce \u2018\u2018lézard\u2019\u2019 dont on n\u2019a vue qu\u2019une partie du corps ou plutôt qu\u2019on n\u2019a pas vu du tout, l\u2019attention ayant été attirée seulement par un frôlement à travers les feuilles, cette bête \u2018\u2018morte\u2019\u2019 étalée sans mouvement sur une pierre, peuvent, bel et bien, être une vipère parfaitement vivante et qui vous le fera voir\u2014et sentir\u2014in- continent.On vouS dira de ne pas vous effrayyer à la vue d\u2019une vipère \u2018\u2018qui n\u2019attaque jamais\u2019\u2019.Quelle erreur! Ne vous effrayez pas, ne vous effrayez jamais dans la vie, la crainte n\u2019exclut pas le danger ; mais sachez ce que vous faites et sachez ce qu\u2019on peut vous faire.Or, la vipère attaque, ne l\u2019oubliez pas.Je dirai même qu\u2019elle attaque toujours dans les circonstances où vous pouvez vous trouver face à face et en contact.1 ISA tr eligi at A Couleuvres certes, si vous ne faites que l\u2019apercevoir ; si elle a du champ, si vous ne l\u2019avez pas surprise dans son sommeil en marchant desSus ou en voulant vous en emparer, elle n\u2019aura qu\u2019une idée: fuir.Tous les animaux en sont là, presque tous, et le timide reptile le premier ne songe qu\u2019à éviter les atteintes de l\u2019homme.Mais la vipère se cache souvent, au moment des grandes chaleurs, sous les javelles et les andains, dans les bourrées restées en plein air.Méme, elle pénétre, pour s\u2019abriter, dans les cabanes de sabo- Ah ht.; sii er ORO REE SR fal) RAR Od hx 5% ) vis y Couleuvre.Vipère aspic.Vipère péliade.tiers et de charbonniers où elle se cache sous des lits de feuillages et les tas de copeaux.On la rapporte fréquemment jusqu\u2019à la ferme avec leS gerbes de blé, et elle se trouve également au fond du trou d\u2019arbre où un enfant voudra aller voir s\u2019il n\u2019y a pas quelque nid.La vipère voyage en général de nuit.Durant le jour, elle reste volontiers enroulée, dans une immobilité trompeuse.On dirait que sachant combien sa livrée se confond aisément avec le sol, elle 'dédaigne de s\u2019apercevoir du danger qu\u2019elle court près de l\u2019homme.Vous pouvez \u2018passer et repasser à côté d\u2019elle sanS la voir et surtout sans qu\u2019elle se dérange.Flle ne fuit pas spécialement à votre \u2018approche ; si vous en voyez une en mouvement, c\u2019est qu\u2019elle va à la recherche d\u2019un endroit lui convenant pour la sieste au soleil ou qu\u2019on l\u2019a chassée de son refuge.Arrêtée, elle ne s\u2019inquiète de vous que pour se tenir sur la défensive.Si elle est bien Sûre que vous ne l\u2019avez pas vue, ou si vous passez sans vous arrêter, elle attend votre départ pour s\u2018éloigner.Res- tez-vous immobile, \u2018elle ne bougera pas.Elle ne se décide à s\u2019en aller qu\u2019après un moment, quand elle croit pouvoir le faire sans risque.Elle sait qu\u2019elle avance lentement en rampant et que c\u2019est un jeu de la rattraper, et elle préfère se préparer à la lutte que de tenter de s\u2019échapper puisque cela lui sera difficile.Quand elle se décide à s\u2019en aller, elle le fait sans bruit, doucement, presque sans mouvement.Elle semble \u2018disparaître, fondre dans le bois mystérieux.Mais quand vous la regardez fixement, quand vous manifestez par vos gestes l\u2019intention de lui nuire; si vous avez Seulement frôlé les herbes où elle reposait, la guerre, comme dans le cas où on la relève avec une gerbe, où on la manipule avec les bottes \u2018de paille ou de foin, où on marche dessus, est déclarée sans rémission.La timide vipère devient subitement furieuse et \u2018elle attaque Sans merci.On dit qu\u2019elle se défend ; je préfère me servir du verbe attaquer qui peint mieux, à mon sens, son état d\u2019exaltation, et les mouvements prompts et violents qu\u2019elle fait pour mordre et inoculer son mortel venin.Alors elle resserre les cercles qu\u2019elle forme avec la partie postérieure de son \u2018corps, et, arrivant à Se tenir presque uniquement sur sa queue, elle se détend comme un ressort et mord désespérément.Or, elle peut, ainsi, dans son effort ex- 92 La Revue Populaire aspéré, atteindre l\u2019homme debout jusqu\u2019au jarret.Jugez de ce qu\u2019il peut en être, quand la vipère, au lieu d\u2019être par terre, se trouve sur un rocher, un talus, ou qu\u2019on la met, en prenant à brassée de la paille, du boi$, à portée de la main, du bras, du visage.De ce que je viens d\u2019expliquer, il ressort qu\u2019il y a grande nécessité de ne pas s\u2019exposer à la morsure de la vipère; on ne devra done jamais pénétrer dans les.broussailles, sous bois, parcourir les roches sans fortes bottes ou tout au moins.des guêtres sérieuses en cuir, la bande- molletière en drap si fort âla mode depuis la campagne du Transvaal, étant, sans doute, insuffisante.Mais vous avéz su éviter les attaques de l\u2019ennemi et vous voulez à votre tour l\u2019exterminer.Le plus simple des moyens est.de frapper la vipère au milieu du corps avec un baton quelconque, badine flexible ou forte canne.Je dis au milieu du corps et non à la tête, pour ne pas manquer le coup et s\u2019exposer à un retour offensif.N\u2019avez-vous ni canne, ni badine, ni bâton, le temps de vous procurer cet accessoire indispensable et la bête aura le loisir de gagner le large.On connaît l\u2019expérience \u2018qui consiste à étendre un coq par terre, la tête collée au sol, et à tracer à la.craie une raie que l\u2019animal ne quitte pas- des yeux, restant ainsi complètement immobilisé.Le même résultat sera obtenu.pour fa vipère en plaçant non loin d\u2019elle un objet blanc comme un mouchoir ou: un papier froissé en boule.Elle prendra l\u2019objet pour un adversaire à surveiller et restera là.Vous avez \u2018alors la faculté de vous procurer l\u2019arme nécessaire.Si, du.reste, au retour, vous ne retrouvez plus la bête, il vaut mieux la perdre que de la. chercher pour l\u2019écraser du talon, ce qu\u2019il ne faut jamais faire.Autre moyen.Vous vous munissez de deux baguettes.L\u2019une est fendue à son extrémité, l\u2019autre, entaillée en biseau, et entrée dans la fente de la première, la maintient ouverte.Approchez prudemment de la vipère, prenez-lui le cou dans la pince et retirez vivement la seconde baguette formant coin.La bête est prise et vous pouvez en faire ce que vous voulez.Vous avez remarqué que j\u2019ai jusqu\u2019ici généralisé la question, et parlé, au singulier, de la vipère et de la couleuvre.Bien entendu, il ya plusieurs variétés de ces deux reptiles.En général, elles ont le corps, trapu, assez uniformément gros dans toute sa longueur, comme je l\u2019ai déjà dit.Quant aux couleurs, elle vont du roux clair au Vipères et Couleuvres HIER AU SOIR Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse, Go aia Spl ris rouge brique, d\u2019intensité variable, avec des taches noires ou noirâtres.Le rouge domine, mais le gris cuivré peut se rencontrer suivant l\u2019âge, la variété, le milieu ou l\u2019époque de la mue.Allez donc vous y reconnaître ! Les couleuvres sont teintées du vert sombre au gris bleuté avec des taches jaunes souvent d\u2019un bel effet.Mais ne vous fiez nullement à \u2018cette différence de coloration, car elle est loin d\u2019être absolue et l\u2019inoffensive couleuvre vipérine, notamment, brune et rousse, se rapproche si sensiblement de la vipère que la confusion serait possible sans les points de dissemblance dont vous avez eu la description.En vous en rapportant aux données que je vous ai fournies, vous courrez forêts et montagnes en évitant un accident, c\u2019est-à- dire avec double plaisir.Nous apportait l\u2019odeur des fleurs qui s\u2019ou- [vrent tard.La nuit tombait, l\u2019oiseau dormait dans l\u2019ombre [épaisse.Le printemps embaumait moins que votre jeu- [nesse; Les astres rayonnaient moins que votre re- Moi, je parlais tout bas.C\u2019est l\u2019heure solen- gard.[nelle Où l\u2019âÂme aime à chanter son hymne le plus [ doux.Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle, J'ai dit aux astres d\u2019or: \u2018\u2018Versez le ciel sur [ elle.\u201d Et j'ai dit à vos yeux: \u2018\u2018Versez l\u2019amour sur 93 [nous.\u201d Ae Ei jy fic La Vie Drôle AVANT ET APRES Giverdet, (dans son lit, malade, cherche à lire un verdict de circonstances atténuantes dans la physionomie du Dr Géla- tin, occupé à lui tâter le pouls) \u2014Eh bien ?Le Dr Gélatin, (remettant son chronomètre dans sa poche).\u2014Cent douze!.Il faut faire l\u2019opération ! Giverdet, (sursautant) \u2014L\u2019opération ! Je suis donc en danger?Le Dr Gélatin.\u2014Ne vous agitez pas! Vous n\u2019êtes pas en danger maintenant, mais vous le seriez demain, si je ne vous opérais pas! Giverdet, (navré).\u2014Vous.me sauverez, n\u2019est-ce pas, docteur?.Mon cher doe- teur?.Le Dr Gélatin \u2014Mais certainement.Giverdet \u2014 Quand on se porte bien, dans les conversations, on n\u2019a pas 1\u2019air de tenir à la vie, et puis, tout d\u2019un coup, lorsqu\u2019on se trouve en face de.de la chose, c\u2019est instinetif!.Vous me comprenez ?Le Dr Gélatin.\u2014 Je vous comprends très bien.Soyez tranquille ! Giverdet, (s\u2019attendrissant) \u2014Ma pauvre femme! Mes pauvres enfants! Le Dr Gélatin \u2014Mais ne vous énervez donc pas!.Puisque je vous dis que ça ira tout seul ! Giverdet \u2014Il y a longtemps que vous me connaissez.Je ne suis pas absolument riche\u2014une bonne aisance, voilà tout, \u2014mais, si vous me sauvez, vous n°o- ze, 94 bligerez pas un ingrat.\u2026 la moitié de ce que j\u2019ai!.Le Dr Gélatin, (souriant) \u2014Je n\u2019en demande pas tant.Je suis avant tout votre ami, mon dévouement vous est acquis.N\u2019ayez done pas peur! Giverdet.\u2014Je n\u2019ai pas peur! (Après un temps.) Alors, ce sera?.Le Dr Gélatin.\u2014Demain matin.Giverdet.\u2014Demain?(geignant.) Ah [ la santé, la santé, c\u2019est l\u2019inestimable fortune! Le Dr Gélatin, (se retirant) \u2014Reposez- vous, surtout!.Tâchez de dormir.je repasserai ce soir! Giverdet, (inquiet) \u2014Pour quoi faire?Le Dr Gélatin \u2014Mais.pour bavarder un instant, en rentrant chez moi.(Le réconfortant.) Songez aux bonnes parties de chasse que nous ferons encore, cet été, ensemble ! Giverdet, (s\u2019effondrant dans les oreillers.)\u2014Ah! la chasse! Dans l\u2019antichambre Mme Giverdet, (au docteur) \u2014 Comment le trouvez-vous Le Dr Gélatin, (soucieux) \u2014Pas bien £ Il n\u2019est que temps! Mme Giverdet.\u2014Mais vous ne craignez pas?.Le Dr Gélatin.\u2014On doit toujours craindre lorsqu\u2019on est réduit & essayer une pareille opération!.Je vous le disais bien, nous avons trop attendu. Mme Giverdet, (pleurant).\u2014Ah! doe- teur!.: Le Dr Gélatin\u2014Il nous reste encore une chance sur deux.et la Providence, si vous y croyez!.Ne pleurez pas! Il ne faut pas qu\u2019il s\u2019apercoive!.Adieu, Madame.A tout à l\u2019heure! Six mois après.Giverdet, (fringant, le chapeau sur l\u2019oreille, le cigare allumé, se dispose à sortir.) : Mme Giverdet.\u2014Ou vas-tu, cette aprés- midi ?Giverdet \u2014Un tour de boulevard, les Aquarellistes, 1a Bodinière, une heure au cercle, et je rentre.Mme Giverdet.\u2014 Ce serait peut-être convenable de passer chez le docteur Gé- latin.Giverdet.\u2014Chez le docteur ?Mme Giverdet \u2014Voilà quatre mois que tu es sur pieds, et tu n\u2019y as pas été! Giverdet.\u2014Je te demande pardon, je lui ai fait une visite de remerciement ! Mme Giverdet.\u2014C\u2019est peu! Avant ton opération, il dînait ici très souvent ; il semble que nous l\u2019écartions.En somme, il t\u2019a sauvé.Giverdet.\u2014Oh! sauvé!.Il m\u2019a avoué lui-même, la veille de l\u2019opération, que ce n\u2019était rien du tout! Mme Giverdet \u2014Oui, mais à moi, il m'avait confié, au contraire, que c\u2019était très grave! Giverdet.\u2014Pour se faire valoir.Mme Giverdet.\u2014Tu es injuste.Gélatin a toujours été excellent pour nous.Giverdet.\u2014 Oui, mais enfin, si j\u2019avais été si malade que ca je ne me serais pas remis en cinq semaines! Mme Giverdet \u2014Cela prouve que tu as été bien opéré et bien soigné ! Avant et Après Dre AA Giverdet.\u2014Bien opéré, bien opéré!.Eh! justement, tu sais bien ce que je lui ai promis?Mme Giverdet.\u2014Je sais, tu lui as parlé de ta fortune dans un moment de.Giverdet.\u2014 .Dans un moment de trac!.Je le reconnais, j'ai eu le trac, bêtement! Ça arrive à tout le monde! Je lui ai dit: \u2018\u201cDocteur, sauvez-moi, je vous donne la moitié \u2018de ce que je possède !\u201d\u201d Mme Giverdet.\u2014On peut le dire.Giverdet.\u2014 .Sans le faire, parbleu, c\u2019est évident!.Une fois en équilibre, on \u2014I1 nous reste encore une chance sur deux.raisonne, on comprend bien que l\u2019homme de l\u2019art, à lui seul, ne vous a pas ramené de si loin!.Seulement, je suis embété tout de même, parce que, vis-à-vis de lui, ca me force & un Certain chiffre! Je ne sals pas, moi: 3 mille! 2 mille!.Mme Giverdet.\u2014Si on tournait la difficulté?.Le docteur étant de nos amis, on pourrait peut-étre remplacer 1\u2019argent.par un objet d\u2019art?Giverdet.\u2014Un objet d\u2019art?.C'est une idée!.Quelque chose de bien par exemple! Mme \u2018Giverdet \u2014Déjà, avee 200 dollars! Giverdet.\u2014Oui, oui.200!.250 même!.Il faut savoir reconnaitre!.Nous ne pratiquons pas l\u2019indépendance du coeur.Ton idée est excellente!.Un ER La Revue Populaire objet d\u2019art!.Je trouve même qu\u2019en raison de nos relations avec lui c\u2019est plus discret.moins brutal que l\u2019argent ! Mme Giverdet.\u2014Un groupe, une statue, c\u2019est toujours décoratif, dans un salon.sur une cheminée! Giverdet.\u2014Avec un socle!.Nous ferons graver une dédicace: \u2018\u2018A M.G., hommage d\u2019amitié et de reconnaissance.\u2019 Les médecins adorent ces machines-là, c\u2019est une réclame vis-à-vis de leurs clients! Ça leur prouve qu\u2019ils en ont au moins sauvé un! \u2014Je le reconnais, j'ai eu le trac bêtement! Mme Giverdet.\u2014 Tu vas t\u2019occuper de chercher?.Giverdet.\u2014Aujourd\u2019hui méme.Mme Giverdet.\u2014Si tu prenais un \u2018\u2018David venant de tuer Goliath?\u201d Giverdet.\u2014 Avec la tête coupée?.Pour un cabinet de chirurgien, ce n\u2019est peut-être pas très heureux! J'aimerais mieux une \u2018\u201cVénus !\u201d \u201cMme Giverdet \u2014Bien léger.Giverdet.\u2014 \u2018\u2018Le Chanteur florentin,\u201d\u2019 alors?.ou le buste d\u2019Hippocrate ; enfin, CORRE RIT ti as ar 96 Je vais voir.Mme Giverdet.\u2014Attends !.tu ferais bien d\u2019aller un peu sonder Gélatin, avant de rien décider, car enfin, s\u2019il croit que nous lui réglerons des honoraires, il ne faut pas qu\u2019il prenne l\u2019objet d\u2019art pour un cadeau supplémentaire ! Giverdet.\u2014Diable, tu as raison !.Je passe d\u2019abord chez lui.Puisqu\u2019il faut s\u2019exécuter, autant en finir!.(Il sort.) Le soir, chez les Giverdet Giverdet, (rentrant en coup de vent.) \u2014 Sais-tu la nouvelle ?Mme Giverdet \u2014 Quelle nouvelle?Giverdet \u2014Gélatin est mort! Mme Giverdet, (interdite).Mort?Giverdet.\u2014Subitement!.dans sa voiture ce matin pendant qu\u2019il faisait ses visites!.En arrivant chez lui, jai appris.tu vois mon émotion! Mme Giverdet.\u2014Pauvre docteur!.Décidément, on a beau connaître les maladies!.Ce que c\u2019est que de nous!\u2026 C\u2019était un brave homme! Giverdet.\u2014Un honnête homme, tu peux le dire.dans le vrai sens du mot!.dévoué, 'désintéressé.et très habilel.Car, en somme, il m\u2019a sauvé, il n\u2019y a pas a dire!.Mme Giverdet.\u2014Oui, c\u2019est une perte ! Est-ce qu\u2019il laisse de la famille?Giverdet.\u2014Mais non, tu sais bien, il ne lui restait que ce neveu qu\u2019il a perdu l\u2019année dernière.Mme Giverdet \u2014Alors, qui est-ce qui l\u2019acompagnera ?Giverdet.\u2014Les amis ne manqueront pas à ses obsèques, tout Paris l\u2019estimait!.\u2026.Et puis, nous serons 1à ! Mme Giverdet, (après un temps) \u2014 Je pense à notre dette envers lui.Puisqu\u2019il n\u2019a pas d\u2019héritiers, il ne peut plus être tlic LE Lee question d\u2019honoraires ou d\u2019objets d\u2019art! Giverdet.\u2014Evidemment!.Aussi, j\u2019ai déjà songé & une magnifique courenne! .Mme Giverdet.\u2014Ah! c\u2019est ce que j\u2019allais te dire! Giverdet.\u2014Aussi ton avis, n\u2019est-ce pas?Mme Giverdet.\u2014 Oui, oui.pauvre docteur!.Il verra que nous ne l\u2019avons pas oublié! Giverdet, (sceptique) \u2014Oh!.il ver ra!.Est-ce que tu t\u2019imagines?.Enfin, ça ne fait rien, c\u2019est un devoir à remplir.Je vais tout de suite commander! (Il sort.) Chez le fleuriste Le Fleuriste, (répondant aux questions de Givendet).\u2014 Mon Dieu, monsieur, nous pouvons vous faire quelque chose de très bien, en: roses naturelles, dans les-50 dollars.Giverdet, (sursautant) \u201450 dollars!\u2026 C\u2019est que je ne pensais pas y mettre\u2026 Le Fleuriste.\u2014 Cependant, monsieur, pour un, ami intime ! Giverdet \u2014Oh:! intime!.Je vous.ai dit intime?.C\u2019est de l\u2019intimité comme on peut en avoir dans la vie! Quand on voit les gens deux fois, on dit que ce sont des intimes! | Le Fleuriste \u2014Alors, je pourrais peut- être, dans les 25 dollars.mais ce serait mesquin.Giverdet\u2014 Ah! ce serait?.Il vaut mieux ne pas, faire les choses que de les mal faire \u2014 Dans les[10 dollars, en fleurs artificielles, vous n\u2019avez rien?Le Fleuriste \u2014Oh! monsieur, je n\u2019oserais pas vaus offrir!.Giverdet.\u2014Oui, oui.vans avez raison!.Je veux consulter Mme Giverdet, et je vous donnerai un coup de téléphone au sujet de la couronne de cinquante! (IÏ sort.) Giverdet, (seul, revenant) \u2014300! c\u2019est raide! (Après quelques minutes, en marchant.) .Je ne crois pas beaucoup que les défunts voient les actes des vivants.une fois qu\u2019on est mort!.Alors, pourquoi cette couronne?.Gélatin n\u2019a pas de parents.À quoi servirait ma mani- \u2014\u2014Nous pouvons vous faire quelque chose de très.bien.festation?.Ce n\u2019est pas quelques fleurs de plus ou de moins.il yen aura tant! Tandis qu\u2019une bonne prière!.si réellement l\u2019âme survit.une bonne prière lui fera du bien! (Après avoir réfléchi.)\u2014 Oui, décidément, ça vaut mieux, pas de couronne!.An fond, c\u2019est toujours une pose!.Et puis, le vrai, deuil se porte dans le coeur!.IR TaN AREER: 1 UN ANIMAL ACROBATE ET acrobate-là ne mérite guère la .sympathie car il cause plus de dégâts qu\u2019il ne procure d\u2019amusements.C\u2019est tout simplement la chenille qui ne se contente pas de dévorer toute la verdure qu\u2019elle rencontre, mais de plus, arrête volontiers les trains ainsi que cela s\u2019est vu près d\u2019Ottawa il y a quelque temps.Leur nombre était si grand que la voie ferrée qu\u2019elles formèrent, une fois écrasées, une masse gluante sur laquelle la locomotive \u2018\u2018patina\u2019\u2019 longtemps sans pouvoir avancer! Les Chenilles, en général, et particulié- rement les chenilles dites Arpenteuses, se servent de leurs fils pour descendre d\u2019une branche élevée et pour y remonter; elles en font \u2018donc des appareils de gymnastique et notamment des cordes lisses.\u201cLa plupart des Arpenteuses qui sont sur les feuilles se laissent tomber lorsque la main qui veut les prendre agite les feuilles sur lesquelles elles sont; qu\u2019elles y soient en repos, qu\u2019elles y soient en mouvement, ou qu\u2019elles y soient occupées à manger, elles se jettent à bas de la feuille pour se sauver, Néanmoins elles ne tombent pas ordinairement à terre ; il y a une eorde prête à les soutenir en l\u2019air, et une corde qu\u2019elles peuvent allonger à leur gré.Cette corde n\u2019est qu\u2019un fil très fin, mais qui a de la force de reste pour porter une Chenille.Les Arpenteuses doivent leur nom à la facon dont elles marchent ; elles semblent mesurer avec leur corps le chemin qu\u2019elles parcourent comme un arpenteur toise le terrain avec une chaîne.La tête se porte-t-elle aussi loin en avant qu\u2019il est nécessaire pour faire un pas, pendant qu\u2019elle avance, de la filière se dévide une longueur de fil égale à celle dont la tête a avancé.La tête se fixe-t-elle pour finir son pas, elle attache le bout de ce fil dans l\u2019endroit où elle s\u2019arrête une seconde fois, et de la sorte la trace du chemin de la chenille est marquée par un fil.Si elle agit ainsi, ce n\u2019est pas pour marquer son chemin, ni pour le mesurer, ni pour le retrouver; ce fil a un autre usage aisé à reconnaître.Toutes les fois que la chenille tombe de dessus une feuille, soit volontairement, soit involontairement, une petite corde est toujours prête et disposée pour la soutenir en l\u2019air, la chenille ne court point risque de tomber jusqu\u2019à terre.Nos Arpenteuses ne se servent pas seulement d\u2019une semblable corde pour se suspendre un peu au-dessous d\u2019une feuille, elles s\u2019en servent pour descendre des plus hauts arbres, et pour remonter jusqu\u2019à la cîme de ces mêmes arbres.Les petites manoeuvres auxquelles elles ont recours pour aller ainsi de haut en bas ou de bas en haut au moyen d\u2019une espèce de corde, méritent assurément que nous nous arrêtions à les examiner, d\u2019autant plus que ces faits, quoique connus, exigent des procédés qui n\u2019ont pas été expliqués.Dès que la chenille est suspendue par un fil qui tient par un bout à une feuille, à une tige d\u2019arbre, et par l\u2019autre à la filière, c\u2019est-à-dire à la liqueur visqueuse contenue dans la filière et dans les réservoirs à soie, il n\u2019est pas étonnant que ce fil s\u2019allonge, que de nouvelle liqueur soit continuellement tirée hors des réservoirs et de la filiére; le poids de la chenille est une force plus que suffisante pour cela.Tout ce qui semblerait être à craindre, c\u2019est que le fil ne s\u2019allongeat trop vite, et que la chenille ne tombât à terre plutôt qu\u2019elle n\u2019y descendit, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle ne vint frapper la terre avee tout le poids de son corps et la vitesse acquise.Mais ce que nous venons de remarquer d\u2019abord, et même d\u2019admirer, c\u2019est que la chenille est maîtresse de ne pas descendre trop vite ; elle descend à plusieurs reprises; elle s\u2019arrête en l\u2019air quand il lui plaît.Ordinairement elle ne descend de suite que d\u2019un pied de haut au plus, et quelquefois d\u2019un demi-pied ou de quelques pouces, après quoi elle fait une pause plus ou moins longue à sa volonté.Ainsi elle arrive à terre sans jamais la frapper rudement, parce que jamais elle n\u2019y tombe de bien haut.Le même fil qui a servi à notre chenille pour descendre du haut d\u2019un arbre, lui sert aussi pour y remonter.Uné corde qui a des noeuds d\u2019espace en espace, ou même une corde sans noeuds devient une espèce d\u2019échelle pour des hommes exercés à la manoeuvre de grimper.Le fil de notre chenille est aussi pour elle une échelle, mais la mécanique par laquelle elle se remonte le long de son iil est tout à fait différente de eelle de l\u2019homme qui grimpe le long d\u2019une corde.Quand on prend une de ces Arpenteu- Un animal acrobate 99 ses, on peut apercevoir le fil qui tient à la filière ; qu\u2019on saisisse ce fil entre deux doigts et qu\u2019on fasse tomber la chenille de, dessus le corps où elle était posée, elle se trouve en l\u2019air pendue au fil.Si alors on secoue le fil, c\u2019est-à-dire si on élève et abaisse brusquement la main à diverses reprises, le fil s\u2019allonge, la chenille descend plus bas; si on la tirait en bas avec l\u2019autre main on produirait le même effet, mais on courrait plus de ris- Chenilles arpenteuses faisant de la gymnastique au bout de leurs fils.que de rompre le fil.Qu\u2019ensuite on laisse la chenille tranquille, ordinairement on la voit sur le champ travailler à se remonter le long du fil, et elle y remonte vite.C\u2019est une manoeuvre qu\u2019on lui fait recommencer plusieurs fois pour voir comment elle l\u2019exécute, et pour s'assurer qu\u2019on a bien vu, parce que tous ses mouvements sont plus prompts qu\u2019on ne les voudrait.Si pourtant on fatigue une chenille à force de l\u2019obliger de se remonter un grand nombre de fois, on ralentit son activité.Si on saisit la chenille qui est arrivée au bout de sa course, on lui voit un paquet de fils mêlés entre les quatre derniè- ren SRI La Revue Populaire res pattes écailleuses.Ce paquet est plus ou moins gros selon qu\u2019elle s\u2019est plus où moins remontée ; tous les tours du fil qui le composent sont mêlés.Aussi la chenille n\u2019en tient-elle aucun compte; dès qu\u2019elle peut marcher, elle s\u2019en défait, elle en débarrasse ses jambes, et elle le laisse avant que de faire un premier ou au plus un second pas.Chaque fois done qu\u2019elle se remonte il pour se remonter, mais c\u2019est une dépense à laquelle elle fournit tant qu\u2019elle veut ; elle a en elle-même la source de la matière nécessaire à la composition du fil, et c\u2019est une source où ce qui en a été tiré se répare continuellement.D'ailleurs la façon du fil lui coûte peu; aussi avons-nous vu que les Arpenteuses sont si peu ménagères de ce fil que la plupart en laissent tomber sux tous les lui en coûte la corde dont elle s\u2019est servie chemins qu\u2019elles parcourent.ORGUEIL Parce que je vous aime, et que vous êtes blon- [ de, Il ne faut pourtant pas me regarder ainsi, Avec cet air hautain qui dit à tout le monde: \u2018\u201cCelui-là n\u2019a que moi pour joie et pour sou- [ci.\u201d\u201d Vous avez votre orgueil?J'ai mes fiertés [aussi; Le poète, un peu femme et changeant comme [l\u2019onde, Ne saurait bien longtemps vivre à votre merci: N\u2019impatientez pas son âme vagabonde! De peur que brusquement échappée à vos rêts, Pour retrouver l\u2019air libre et l\u2019ombre des fo- [rêts Elle n\u2019aille ,en des chants que l'avenir écoute, Dire que vous.n\u2019aviez pour 1\u2019 art que des mé- 2 [pris, 4 Et que,-fière beauté qu\u2019on vantait trop sans.| [doute, ig A ce qu\u2019on aime en vous, vous n\u2019avez rien com- [ pris! 100 Quoiqu\u2019elle soit bien connue de tous, comment ne-pas donner au moins une petite place, dans notre galerie d\u2019animaux bizarres, à la Girafe, peut-être le plus étrange produit de la création.N'est-ce pas, comme l\u2019a fort bien dit un naturaliste, \u2018\u201c\u2018le chef-d\u2019oeuvre de l\u2019incohérence apparente\u201d.Prenez les parties distinctes des animaux les plus dissemblables: têtes et corps du cheval, cou du chameau, jambes de l\u2019antilope, pelage de la panthère, oreilles du boeuf, queue de l\u2019âne.L\u2019animal, ainsi composé de parties rapportées ne peut, direz-vous, manquer d\u2019ê- tre un monstre incapable de vivre.Or, l\u2019être formé ainsi d\u2019une mosaïque d\u2019animaux divers n\u2019est autre que la Girafe, ce géant des animaux terrestres qui le cou dressé, atteint 18 pieds de haut.Et, non seulement la Girafe peut vivre, puisqu\u2019elle vit, mais ces organes, qui nous paraissent extraordinaires et démesurés, contribuent tous à assurer sa sécurité et son existence Habitante des vastes contrées du centre de l\u2019Afrique, grâce à ses jambes d\u2019antilope, elle défie tous les animaux à la course : elle court si vite, qu\u2019un cheval au galop ne peut l\u2019atteindre.Son long cou flexible lui sert pour brouter les feuilles des arbres: il lui sert aussi inversement pour boire sans être obligée de ployer ses longues jambes.Les Anciens, qui connaissaient ice grand LES ANIMAUX BIZARRES La Girafe 101 quadrupède africain, l\u2019appelaient fort justement, d\u2019après sa forme et la couleur de sa robe, le Caméléopard, d\u2019où sa désignation scientifique actuelle de \u2018\u2018Girafla Camelopardalis.\u201d\u201d Pour les savants, la Girafe \u2018constitue à elle seule la classe des \u2018\u201c\u201cRuminants à cornes velues et persistantes\u2019.En effet, comme tout est bizarre chez elle, sa tête, longue, effilée et éclairée de deux grands yeux d\u2019un éclat admirable, est ornée de deux cornes, courtes, tronquées et revêtues de poils ; enfin, au milieu du front se dresse une troisième corne, plus large et plus courte.Ajoutons à ce tableau quelques traits qui ont chacun leur originalité : \u2018\u2018 Les oreilles sont membraneuses, en forme de cornet et rejetées en arrière.Les narines ne sont point percées dans un mufle, c\u2019est- à-dire que la peau qui les environne n\u2019est point dénudée comme celle des boeufs, par exemple.La bouche a des lèvres longues et mobiles, mais la lèvre supérieure n\u2019est point fendue comme celle des chameaux ; elle laisse à chaque instant sortir une langue noirâtre, longue et flexible avec laquelle l\u2019animal saisit sa nourriture, et dont il aime à enfoncer la pointe effilée dans ses narines.\u2019\u2019 La premiére Girafe qui parvint en Europe fut adressée en 1827 à Charles X par le pacha d\u2019Egypte Méhemet-Ali.L\u2019illustre naturaliste Geoffroy-Saint- Hilaire rédigea tout un programme de La Revue Populaire précautions pour son voyage, qui, de Marseille à Paris, s\u2019accomplit par petites journées.Le grand Cuvier alla l\u2019attendre à la barrière et la conduisit à l\u2019Orangerie, Une famille de girafes.transformée en provisoire écurie, car on n\u2019en avait point trouvé d\u2019asez haute pour abriter le gigantesque ruminant.Le 9 juillet, la Girafe.fut présentée officiellement au roi, à Saint-Cloud, et Sa Majesté daigna lui tendre des feuilles de rose.Tout.Paris se passionna pour l\u2019étrange bête.La Mode créa des chapeaux, des cols, robes, souliers, manches, une couleur à la Girafe.Depuis, un peu partout ,on possède des girafes dans les établissements géologiques où on les fait venir a grands frais.Ce n\u2019est pas une petite affaire que de transporter et d\u2019embarquer une Girafe de 12 ou 18 pieds de haut qui pèse, avec la caisse capitonnée qui la renferme, plus d\u2019une tonne.Cette caisse a, au départ, toute la hauteur de l\u2019animal et est assez large pour lui permettre.de se retourner complètement.Mais parfois, il faut réduire la hauteur de cette caisse de près de 6 pieds pour la faire passer sous les ponts de la ligne du chemin de fer, de telle sorte que, pendant ce long voyage, la Girafe doit constamment garder le cou baissé.C\u2019est un trajet au cours duquel elle doit souvent regretter le charme de la liberté perdue ; en récompense, à l\u2019arrivée, l\u2019animal est choyé, bien nourri et bien soigné pour la plus grande satisfaction des curieux qui viendront le voir ensuite.C\u2019est toujours une compensation ! vo 102 La paresse se manifeste de différentes façons chez les animaux, et se rencontre pour ainsi dire dans tous les groupes.Le plus connu, à cet égard, est le Paresseux, qui passe presque toute son existence, immobile accroché par les quatre pattes à une branche d\u2019arbre.Il arrive quelquefois que des oiseaux, Par trop paresseux pour construire eux- mêmes, s\u2019emparent, pour nicher, du nid de leurs congénères ou de celui d\u2019autres espèces.Ce cas n\u2019est pas régulier, mais, quoique accidentel, il se rencontre fréquemment.C\u2019est ainsi que les Moineaux volent les nids des Hirondelles, et les Casse-noix nichent dans les nids d\u2019Ecureuils, après en avoir chassé les légitimes propriétaires.A signaler encore un rapace, le Kobez vespéral, qui s\u2019empare souvent des nids de Pie et le Milan royal qui vole quand il le peut un nid de Corneille ou une aire de Faucon abandonnée.Un des oiseaux les plus voleurs de nids est le Martinet, qui malgré son aspect n\u2019a pas du tout les mêmes moeurs que les Hirondelles.Il niche dans les crevasses des murs et des clochers.Le plus souvent il chasse les Moineaux et les Etourneaux de leurs nids pour s\u2019en emparer : s\u2019il ne peut obtenir la demeure ensuite, il tourmente tellement la couveuse que finalement elle est obligée de lui céder la place.D init a tin Lit A OT ES LEE EU £ Sade épée épées Les Animaux Paresseux et Cambrioleurs \u2014\u2014 0 \u2014\u2014 103 Même quand il est obligé de construire son nid lui-même, le Martinet en emprunte les matériaux à un autre nid, de Moineau par exemple, ou bien les saisit au vol.Il les réunit ensuite grossièrement en les agglomérant avec sa salive visqueuse, D\u2019autres oiseaux montrent leur paresse en ne faisant que des nids informes ou mal établis.Parmi les nids informes, il faut compter ceux de l\u2019Etourneau qui ne consistent qu\u2019en brins de paille et d\u2019herbe déposés pêle-mêle dans le creux d\u2019un arbre.Les Pyranguas de l\u2019Aférique comptent parmi les oiseaux dont le nid est mal établi à la branche qui le supporte : il suffit d'une secousse pour le faire tomber.Ce nid est formé en dehors de chaumes et de RAAT! eT er an rio 4 RATA SELIREAREGERE ER SRIRaR EE DG SI La Revue Populaire racines, en dedans d\u2019herbes tendres.Certains oiseaux même ne font pas de nids du tout.La Chevêche commune et autres espèces voisines ne construisent pas de nids, elles se bornent à choisir une cavité convenable sous des pierres, dans un rocher, un vieux mur, le trone d\u2019fin arbre vermoulu et à y déposer leurs oeufs sans y mettre le moindre objet étranger.De même le Scops se contente de déposer ses oeufs dans les trous des murs, les creux des vieux arbres, ou encore sous le toît des maisons.L\u2019Effraye ne se donne pas non plus la peine de construire un nid : elle pond ses oeufs dans un coin, sur un tas de platras.Les Engoulevents, de méme que les oiseaux de la même famille, pondent leurs oeufs sur le sol, dans un endroit caché, mais sans creuser le sol pour le recevoir, ni approprier un peu la couche sur laquelle ils reposent.Les Lummes pondent leurs oeufs sur la pierre nue, au milieu des cailloux, qu\u2019ils ne se donnent même pas la peine d\u2019enlever, % % x Ainsi, le Coucou ne fait pas de nids et est, au point de vue de la reproduction, un véritable parasite.Il effraye les autres olseaux au moment ou ils couvent et, quand ils sont partis, s\u2019empresse de déposer un oeuf dans le nid et d\u2019en faire tomber un ou deux de ceux qui y sont déja.Quand le légitime propriétaire revient, il se met à couver l\u2019oeuf du Coucou, conjointement avec les siens.\u2019 Comment se fait-il qu\u2019il ne rejette pas l\u2019oeuf étranger, très facilement reconnaissable ?On a émis l'hypothèse qu\u2019il agit ainsi dans la crainte du Coucou qui reste dans le voisinage.Le Coucou pond ainsi dans les nids de la plupart des oiseaux, plus d\u2019une cinquantaine d\u2019espèces.Quand le petit naît, il est fort méchant et rejette bientôt au dehors ses frères de lait.Si bien qu'à la fin il reste seul : les parents forcément adoptifs continuent néanmoins à lui donner la becquée.Le Geai pond de même ses oeuÏs dans les nids des Corneilles et des Pies.De même que le Coucou, le Molothre des troupeaux pond ses oeufs dans le nid d\u2019autres oiseaux.On sait que ces oiseaux vivent dans !\u2019Amérique du Nord en bandes très nombreuses, toujours au voisinage des Boeufs et des Chevaux.\u201cUn jour, raconte un touriste, je vis une femelle s\u2019éloigner ainsi en cherchant ; curieux de savoir ce qu\u2019elle allait faire, je montai à cheval et la suivis.\u2018\u201c De temps en temps, je la perdais de vue ; cependant elle revenait toujours s\u2019offrir à mes regards.Elle volait vers tous les bouquets d\u2019arbres, les fouillait attentivement, portait surtout ses recher- \u2014 ches 13 ou les petits oiseaux ont 1\u2019habitude de nicher ; à la fin, elle se précipita dans un épais buisson d\u2019aulnes et de ron- 104 se Certains oiseaux pondent même leurs oeufs dans les nids d\u2019autres oiseaux.SEISISDES Les Animaux Paresseux et Cambrioleurs ces, y resta cinq ou six minutes, puis retourna vers ses compagnons.\u2018\u201c Dans le buisson, je trouvai le nid d\u2019un Gorge-jaune renfermant un oeuf de cette espèce, à côté duquel était un oeuf de Molothre des troupeaux.En volant çà et là, cette feme!le se dirigea encore vers un cèdre, disparut à plusieurs reprises au milieu des branches, avant de se décider à s\u2019en éloigner.\u2018\u201c Là, je trouvai un Moineau dans son nid ; le Molothre y aurait certainement pondu un oeuf si le propriétaire légitime avait été absent.\u2018\u201c Je crois que le parasite s\u2019introduit quelquefois dans un nid en employant la force, en en dépossédant violemment les premiers occupants.Au besoin, il emporte par la ruse ce qu\u2019il ne peut obtenir de force.La femelle de Gorge-jaune arriva pendant que j\u2019étais encore près de son nid.Incontinent elle se sauva pour revenir bientôt après accompagnée de son mâle.Tous deux gazouillaient avec énergie comme s\u2019ils parlaient avec animation et se consultaïent au sujet de l\u2019insulte qui venait de leur être faite.\u201d 4 Epp oi wo, wen dub init RTE CAF + oa Gaede a 4 pr ay cnt ga .ETI 157 AI , I1 est bon nombre d\u2019oiseaux qui, trop paresseux pour se fabriquer un nid, se contentent d\u2019une cavité naturelle.Les Perroquets préfèrent parfois aux En Egypte, elle construit presque toujours son nid dans les trous des murs, souvent même des maisons habitées.Elle n\u2019est d\u2019ailleurs pas fort difficile quant à l\u2019emplacement de son nid.Elle l\u2019établit au besoin sur le sol, dans un endroit un peu abrité ; dans les steppes, elle le cache parfois dans les carcasses des animaux : on a trouvé un nid, avec sept petits, dans la cage thoracique d\u2019un squelette humain.D\u2019ordinaire, elle ne se donne même pas la peine de tapisser l\u2019intérieur de la cavité de l\u2019arbre où elle a fixé sa demeure ; quelquefois, elle y dé- Une Huppe et son nid.pose quelques brins d'herbe, quelques racines ou un peu de bouse de Vache.Quand elle niche à terre, elle construit un nid avec des herbes desséchées, des racines et du fumier.Chaque couvée est de quatre à sept oeufs relativement pe- tits, allongés, d\u2019un verdâtre sale ou d\u2019un gris jaunâtre, semés de points blancs très petits ; d\u2019autres sont complètement unicolores ; du reste ils varient énormément.À.propos de la Huppe, on peut faire une remarque au sujet de la propreté des pi nids.| hi La trés grande majorité de ces oiseaux E; prennent grand soin de la propreté de leur nid > les parants notamment vont tou- E 107 fi creux des arbres, \u2014 leurs nids habituels, = les cavités naturelles_des rochers.Si la nature de ceux-ci est tendre, ils vont même jusqu\u2019à creuser le trou eux-mêmes.Beaucoup d\u2019autres oiseaux nichent dans les creux des troncs d'arbres vermoulus.Ainsi fait la Huppe.En Europe, la Huppe niche de préférence dans lé creux d\u2019un tfoné d\u2019arbre, quelquefois dans un trou de mur, où dans une crevasse de rocher.PRE RTE EEE CO POTTER EE ONE PO TOUTES RIAN CESSE URE TRS RE SEE EEE OU La Revue Populaire jours fienter au dehors et les petits, dès leur naissance, ont l\u2019instinet de faire tomber leurs déjections à l\u2019extérieur.Si, d\u2019aventure, la cavité du nid, est souillée, la femelle enlève les taches avec son bec ou en grattant avec ses pattes.Les parents enlèvent aussi avec soin les restes du déjeuner des petits.La Huppe fait exception à la règle.Elle laisse accumuler dans le nid les déjections des petits (non les siennes), de sorte que ceux-ci y sont littéralement enfouïs jusqu\u2019au cou.Le nid exhale une puanteur insupportable et les jeunes Huppes la conservent pendant longtemps.Leur chair la garde méme indéfiniment au point qu\u2019elle est immangeable, Le Rollier vulgaire n\u2019est pas plus propre.Comme les parents n\u2019ont aucun souci d\u2019enlever les ordures, {it Naumann, les jeunes finissent par se trouver enfouis dans un monceau d\u2019excréments et de débris de toute espèce.et le nid exhale une odeur repoussante.& #%* x Peuvent être aussi considérés comme paresseux, les Bernards l\u2019Ermite, qui, au lieu de se fabriquer une demeure, se contentent de- la coquille vide d\u2019un mol lusque.C\u2019est un bien singulier animal que le Bernard l'Ermite, et, au premier abord incompréhensible, même pour les personnes ayant déjà des notions d'histoire naturelle.Quand sur la plage, on retourne une de ces grosses pierres, de ces blocs de rochers si communs à la grève, il n\u2019est pas rare de trouver de petites coquilles turbinées de mollusques donnant asile à un animal qui rentre immédiatement dans son logis et disp#rait bientôt à la vue.Qu\u2019est- ce.à dire?Voilà tout à côté une coquille abso'ument semblable, de iaquelle on voit sortir un animal au corps mou qui a l\u2019air de se préoceuper fort peu de notre présence et qui ne se presse guère de rentrer chez lui quand nous l\u2019excitons quelque peu.Voilà qui est vraiment extraordinaire : la même coquille pourrait done contenir deux animaux très différents et dont l\u2019un même, le premier, nous a paru posséder des pattes et des antennes?Ceci mérite d\u2019être examiné de plus près.Rapportons quelques échantillons à la maison et mettons-les dans une cuvette remplie d\u2019eau de mer.Nous ne tarderons pas à voir sortir de certaines coquilles un animal mou qui, à n\u2019en pas douter, est un mollusque.Si nous l\u2019excitons, il rentre dans la coquille, dont l\u2019orifice se trouve dès lors bouché par une petite plaque cornée, l\u2019opercule.En cassant la coquille avee un marteau, nous pourrons voir que le mollusque est réuni très intimement à la coquille par un muscle puissant qui, en quelque sorte, fait corps avec elle : coquille et mollusque sont un seul et même animal.En est-il de même pour l\u2019autre animal?À peine l\u2019aurons-nous mis dans notre aquarium que nous verrons sortir une tête énorme avec de gros yeux supportés par des pédoncules, des antennes, des pinces, des pattes, ete.Toutes ces parties sont recouvertes par une carapace calcaire qui nous indique immédiatement que notre animal est un erustacé, comme le Homard, la Langouste, le Crabe, ete.Cassons la coquille et nous verrons que, le Bernard l\u2019Ermite est simplement cramponné à son habitation, mais qu'il n\u2019y adhère intimement en queun point.Nous pouvons déduire de ]à que le Bernard est un crustacé qui s\u2019est logé dans une coquille de mollusque.Ici une nou- yr ce A Frais \u2018 : t RRR RRR | a Les Animaux Parcsseux et Cambrioleurs velle question se pose : comment le Bernard se trouve-tril ainsi dans une coquille, et comment s\u2019est-il emparé de celle-ci?Lorsque les mollusques meurent, leur corps se décompose et disparait, tandis que leur coquille, vide dès lors, subsiste et devient le jouet des flots.Beaucoup de naturalistes pensent que le Bernard s\u2019empare seulement de coquilles vides.Il est cependant remarquable que celles- ci sont toujours d\u2019une grande fraîcheur, au lieu d\u2019être usées et cassées, comme cela devrait être si elles avaient été roulées par les vagues.Peut-être le Bernard commence-t-i] par tuer le mollusque.pour le dévorer, et s\u2019emparer ensuite de son domicile?Les Bernards l\u2019Ermite sont souvent désignés scientifiquement sous le nom de Pagures.En Angleterre, on les\u2018appelle \u2018\u2018Soldier- erabe,\u2019\u2019 c\u2019est-à-dire \u201cCrabes soldats,\u2019\u2019 allusion, sans doute, à leur livrée rouge et à leur humeur batailleuse.Sur beaucoup des côtes françaises, en Normandie par exemple.on les appelle aussi des \u2018\u2018soldats.\u201d Au Portel, ce sont les \u2018\u2018Consi- lieux,\u201d (mot venant de \u2018\u2018conseilleur\u2019\u2019?.Quand ils sont jeunes et de petite taille, ils vivent sur les côtes, mais quand ils deviennent plus vieux, ils se réfugient au sein de la mer, d\u2019où les pêcheurs les ramènent en grand nombre dans:la pêche au chalut ou à la drague.Quand un Bernard change de coquille, il a soin d\u2019en choisir une trop volumineuse pour lui : il peut ainsi grandir pendant quelque temps sans être obligé de changer continuellement de domicile.La partie antérieure seule de l\u2019animal est recouverte d\u2019une carapace.La partie postérieure.l\u2019abdomen, est molle et entièrement cachée par la coquille.À signaler qu\u2019une des pinces est-beaucoup plus grosse que L'autre.Les Bernards sont des bêtes batailleuses, ne demandant qu\u2019à faire un mauvais coup : quand on en met plusieurs dans un même aquarium, ils se livrent des comz bats acharnés, des plus amusants, et à la suite desquels l\u2019un des deux adversaires reste souvent sur le carreau.Sur nos cô- \u201cAppendices du NN - IE Bernard A'ernute Le Paqure ou Bernard l'Ermite tes, les pêcheurs mangent volontiers les nombreux \u2018\u2018soldats\u2019\u2019 qu\u2019ils ramènent accidentellement dans leurs chaluts.On les met tout près du feu, à sec, ou encore sur une plaque de fer chauffée.Ils cuisent ainsi lentement: On les fait cuire aussi dans de l\u2019eau comme les Crabes, on mange la grosse pinee, qui a le même goût que celles des Crabes ou des Ecrevisses, Mais c\u2019est surtout l\u2018abdomen qui constitue le régal des marins : le foie et les muscles qu'il contient sont pour eux un met \u2018\u2018select.\u2019\u2019 DCE COT RE ESS EE ECRITURE TT CETTE RE TE EG NOT AN LOT RO HW ha ETE SGA Wk LE ROYAUME DU SEL La mine de sel gemme de Wieliczka, dans la Pologne autrichienne, est certainement de beaucoup la plus considérable du globe, sa production annuelle est, en effet, d\u2019un million de quintaux.Une légende locale en attribue la découverte à sainte Cunégonde, femme du duc Boleslas V, lequel régnait sur Craco- vie vers 1250.À la vérité, les plus anciens puits de la célèbre mine paraissent remonter au douzième, sinon même au onzième siècle.Le conduit principal, muni aujourd\u2019hui d\u2019une benne semblable à celles de nos mi nes de houille, descend jusqu\u2019à l\u2019érorme me profondeur de 1100 pieds, c\u2019est-à-dire à plus de 180 pieds au-dessous du niveau de la mer.Il donne accès à d\u2019innombrables galeries disposées en trois étages, dont chacun correspond à une qualité de sel et a son exploitation propre.Le premier étage, c\u2019està-dire le moins profond, donne un sel fortement coloré en vert et qui, mélangé de sable et d\u2019argile, a besoin d\u2019une épuration avant d\u2019être livré au commerce ; le second donne le \u2018\u2018spiza\u2019\u2019, déjà beaucoup plus pur, mais teinté de gris.Le troisième étage enfin, produit ce qu\u2019on nomme dans la langue du pays : le \u2018\u201ctzibik\u2019\u2019; c\u2019est un sel absolument pur, d'une blancheur éclatante, dont une certaine quantité, soigneusement choisie, inutile de le dire, est envoyée, chaque année, aux empereurs de Russie, d\u2019Autriche et d\u2019Allemagne, chefs des trois puissances qui se partagent la Pologne.La mine de Wieliezka, outre son intérêt économique considérable, présente des curiosités nombreuses : tout d\u2019abord, la \u2018\u201csalle du lustre,\u201d\u2019 ainsi nommée à cause d\u2019un pendentif colossal descendant du plafond et sculpté à même le sel.Les ornements, les colonnes, la chaire et l\u2019autel, les statues même d\u2019une autre salle nommée \u2018\u2018chapelle de Saint-An- toine,\u201d\u2019 sont sculptés également à même les parois ou taillés dans des blocs presque transparents.Vient ensuite comme curiosité naturelle : \u201cLe lac\u2019\u2019 (d\u2019eau salée, naturellement), dont les eaux ne renferment aucun être animé, pas même de microbes, dit-on ; et, enfin, la \u2018\u2018salle Poniatowsky,\u201d\u2019 la plus grande de la mine, ainsi appelée en souvenir du bal qu'y donnait, en 1813, le célèbre général, peu de temrs avant sa mort dans les flots de l\u2019Elster.Une petite ville est bâtie sur la mine même, dont elle porte d\u2019ailleurs le nom, qui compte parmi ses six mille habitants, près de 1,500 mineurs, c\u2019est-à-dire la presque tota'ité de sa population mâle adulte, car les femmes ne travaillent pas à Wie- liczka et les hommes, depuis fort longtemps, jouissent de la journée de huit heures ; c\u2019est le socialisme avant la lettre. acti ae dut HH a al ue, GA LA A CUA EE LE LA A UE AE Accidents Bizarres \u2014\u2014 0 \u2014\u2014 N ouvrier, perdant l\u2019équilibre, dégringole du toit sur lequel il exécute des réparations.En bas, dans la rue, un marchand a posé devant lui sa hotte chargée de primeurs et s\u2019est arrêté pour allumer sa pipe.Il s\u2019apprête à frotter son allumette.Cette peine lui sera épargnée: dans sa chute, le couvreur frole le bras du colporteur et, 6 miracle!.1\u2019allumette s\u2019enflamme sous cette commotion inattendue, tandis que le couvreur, qui s\u2019est abattu sur la hotte, se relève sans aucun mal.Voilà un accident bizarre.Peut-être est-ce simplement une anecdote?.\u2026.On peut tout imaginer dans le domaine de la singularité.il serait aisé de créer de toutes pièces des enchaînements de circonstances plus extraordinaires encore.\u2018Auront-ils toujours l\u2019apparence de la réalité?.Nous en doutons.Le vrai lui- même paraît souvent invraisemblable.A l\u2019appui de cette assertion, nous \u2018allons faire défiler sous vos yeux quelques faits authentiques et assez extraordinaires.Hâ- tons-nous d\u2019ajouter que cette énumération, qui n\u2019a d\u2019autre but que de justifier son titre, ne comporte aucun enseignement et nulle conclusion philosophique.Il y \u2018a quelque temps, le \u2018\u201cManchester Guardian\u2019 reproduisait le câblogramme suivant que lui adressait son représentant de New-York: Pendant une représentation de \u2018\u2018Nuits Arabes\u2019\u2019, un grand opéra de Hamilton, un accident extraordinaire vient de se produire.Durant la scène du duel, où figurent les danseurs russes 'Mordkin et Pavlowa, Mordkin brandissait un sabre au-dessus de sa tête, faisant de terribles moulinets, lorsque la lame s\u2019en détacha et, volant avec la force d\u2019une flèche, alla frapper, dans le publie, M.Robert Shiverick, et s\u2019y fixa un instant ainsi qu\u2019un javelot.Un grand tumulte se produisit dans la salle, tandis que Mordkin, poignée en main, cherchait, ahuri, la lame de son sabre.Deux mois plus tard, à Chicago, au MeVicker\u2019s Theatre, une des scènes les plus réputées de cette cité, se produisait un incident non moins \u2018curieux.Au cours d\u2019une piéce, \u201cThe Round Up\u2019\u2019, drame de la vie des cowboys, on assistait a 1\u2019exécution sommaire de deux Indiens.Or, par une fatalité inexplicable, un des fusils était chargé.L\u2019arme part au commandement: \u2018\u201cfeu!\u2019\u2019 et la balle, traversant la salle du spectacle, va jusqu\u2019à la buvette des deuxièmes galeries où ella fracasse une bouteille d\u2019eau gazeuse entre les mains de la barmaïd qui s\u2019apprêtait à servir un Whisky soda.Les cambrioleurs modernes qui, dans leurs opérations nocturnes, se flattent de ne rien livrer au hasard et de procéder \u2018\u2018scientifiquement\u2019\u2019, doivent aussi se méfier des accidents bizarres.Un raid accompli le mois dernier à 109 art, Rat NIUE» La Revue Populaire Stockwell, un faubourg de Londres, et au cours duquel 30 maisons furent suec- cessivement dévalisées par une bande, montre à point l\u2019intervention de l\u201d\u2018inattendu\u2019\u2019 dansles coups les mieux combinés.Les bandits chargés de butin visitaient la dernière maison inscrite sur leur carnet d\u2019opérations.Partout, ils avaient \u2018\u2018travaillé\u201d\u201d sans encombre.Or, en fouillant dans le tiroir d\u2019une commode, un des apaches met, par mégarde, la main entre les mâchoires d\u2019acier d\u2019une ratière.Sous l\u2019effet de la douleur et de l\u2019émotion, il ne peut retenir un cri: c\u2019en est fait, l\u2019alarme est donnée, la police accourt, les hommes sont conduits au poste.Les médecins légistes, bien souvent, voient leur perspicacité aux prises avec les plus délicats problèmes.La mort est- + 110 elle naturelle ou non?.Y a-t-il eu eri- me ou suicide ou accident?Il faut, pour terminer, dire aussi deux mots de ces accidents étranges, bien faits pour frapper l\u2019imagination, et qui semblent l\u2019effet d\u2019une fatalité maligne en raison des circonstances curieuses qui les entourent.Le monde du turf, voici quelques années, s\u2019endeuillait de la mort du jockey Boon, qui se tua en steeple le 15 décembre 1901.Il avait décidé de renoncer à monter en courses pour devenir entraîneur.Il clôtu- riat sa dangereuse carrière ce jour-là.C\u2019était son dernier acte de jockey.Or ce fut le dernier jour des \u2018courses, la sixième, et au dernier obstacle, la haie qui précède le poteau, que le malheureux garcon tomba et se tua net. fs, DAME ; Ho DIRE dlls 4 EAA UH A LA REVELATION DU MORT Parmi les négres des tribus du Soudan on croit fermement que le chef ne peut mourir que dans un combat ; s\u2019il est emporté par ce que nous appelons, nous.sa Mort naturelle, les sorciers expliquent cette fin scandaleuse par l'intervention des maléfices, et ils se chargent de demander aux Esprits le nom du traître qui a causé cet irréparable malheur.Avee un appareil solennel, le mort est rorté devant les fétiches sacrés.dans la mystérieuse retraite de la forêt qui sert de sanctuaire aux dieux bons*e\u2019 mauvais.Le chef, serré dans des feuilles d\u2019arbres et des lianes, est dressé contre un arbre.toute la tribu fait cercle, exaspérée de cette mort anormale, haletante de terreur superstitueuse, se demandant sur qui va tomber la désignation redoutable des dieux, car la plupart des assistants ont déjà vu des scènes pareilles et savent comment elles se terminent ; sans doute, cha- £un se sent innocent de sortilèges et maléfices, mais qui sait?.L\u2019Esprit, souvent, est partial!.Le chef des sorciers interpelle le défunt, l\u2019interroge longuement : \u2018\u2018 Pourquoi es-tu parti?Pourquoi nous as-tu abandonnés?Etais-tu mécontert de tes guerriers, de tes femmes, de tes enfants?Crai- gnais-tu tes ennemis des autres tribus?Voyais-tu des traîtres autour de toi?\u201d etc, ete.; 11 l\u2019adjure de dire la vérité.de désigner le coupable, maintenant que, réfugié auprès du Dieu, il n\u2019a plus à craindre les humains.Après chaque incantation, le sorcier se tait, il tend le cou pendant un instant, comme pour saisir dans l\u2019air la fugitive réponse ; la foule frissonne, les malheureux se regardent, se soupconnant les uns les autres.\u2019.mais rien encore.le griot recommence sur un ton tantôt pleurard, tantôt impératif, il gesticule, il supplie, il menace.Enfin, le mort a parlé avec la permission de l\u2019Esprit.La figure du sorcier prend une expression grimacante et exprime toute l\u2019horreur ressentie pour un crime si abominable, ses yeux cherchent dans la foule et se fixent enfin sur une vie- time qu\u2019ils désignent.de cette façon muette, et condamnent sans appel.Aussitôt, des hurlements éclatent, chaque individu est heureux de se sentir délivré du cauchemar qui pesait sur lui, et, sans pitié, se jette sur le malheureux qui, paralysé par la crainte, étourdi d\u2019une accusation contre laquelle il ne saurait fournir aucune preuve, ne tente même pas de se défendre ; il est traîné devant le chef défunt et immolé à ses pieds.Autour des deux cadavres, les nègres de la tribu.rendus à la joie, dansent avec des cris farouches.D\u2019après les coutumes de ce pays, les biens de celui qui est ainsi sacrifié, appartiennent aux sorciers ; c\u2019est assez dire que toujours la désignation fatale atteint un homme riche.SI, parmi les premiers de la tribu, quelque imprudent s\u2019est attiré la haine des féticheurs par un abus d\u2019autorité ou un acte injurieux, il peut être certain qu\u2019à la mort du chef on lui fera payer cher l\u2019offense restée sans vengeance, et c\u2019est lui qu\u2019atteindra la suprême révé'ation d\u2019outre-tombe, que seule l\u2019oreille du sorcier peut saisir au passage.ll on ® 4 SEA À 111 ï La Revue Populaire La Revue Populaire _ Magazine mensuel illustré de 132 pages pour $1.00 par an, ou 50 cents pour 6 mois \u2014\u2014 Poirier, Bessette & Cie, Editeurs-Props., 200, Bld St-Laurent, Montréal.\u2014_\u2014\u2014 Chaque numiéro contient d\u2019intéressants articles très documentés sur les moeurs \u2018des peuples peu connus, les animaux étranges, les monuments remarquables ou les faits Curieux du monde entier.Vous y trouvez également des nouvelles sentimentales et humoristiques choisies avec soin.A chaque fois, également, un beau roman conrplet et qu\u2019il serait souvent difficile de se procurer ailleurs.Le tout, dû à une collaboration choisie, est illustré de mom'breuses et superbes gravures.L'abonnement pour un an est le plus avantageux pour vous, il vous fait gagner deux numéros puisque pour un dollar vous recevez douze numéros à dix cents.N\u2019hésitez pas à 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trépang, ou limace de mer.° Le trépang arpartient à la famille des holothuries.sorte de vers répandus dans toutes les mers du g'obe.Dans nos régions, l\u2019holothurie commune ou \u2018\u2018concombre de mer,\u201d présente la forme d\u2019un ey- lindre allongé et vermiforme.mesurant une longueur de quelques pouces.L\u2019espèce du Pacifique, qui fournit le trépang, rappelle au contraire par son aspect la limace des jardins.1] existe quatre variétés principales de ces holothuries, désignées dans le commerce oriental sous le terme général de \u201c\u2018gsea slug\u2019 (limace de mer), ou de \u2018\u201cbech- di-mar\u2019\u2019 (corruption du mot francais loche de mer).Ce sont le \u2018\u2018tit fish,\u201d\u201d le \u201cpink fish\u2019\u2019 ou trépang rose, le trépang rouge et le noir.De ces quatre variétés, les deux plus estimées, le tit et le pink, se trouvent dans les baies de l\u2019archipel Malais et les Îles de la Mélanaisie.Des milliers de jonques sont équipées tous les ans pour la pêche du trépang.Les pêcheurs malais apportent à cette y:ê- che une patience et une dextérité remarquables.Penchés sur l\u2019avant de leurs embarcations, ils tiennent à la main de longs bambous, terminés par un crochet acéré.Leurs yeux, exercés à cette pêche, distinguent à une distance qui souvent n\u2019est pas moindre de 30 verges, les holothuries qui rampent sur les rochers sous-marins ou les coraux.Le pêcheur lance son har- yon de cette énorme distance, et il manque rarement sa proie.Pour s'emparer de ces monstres culinaires, qnand les eaux sont peu profondes, c\u2019est-à-dire quand elles n'ont que quatre à cinq brasses, on se contentt d\u2019envoyer des p'ongeurs, qui les saisissent à la main, et peuvent de cette manière en ramasser cinq ou six à la fcia.Mais ces eaux sont infestées de grandes pieuvres fort dangereuses et qui parfois, saisissant le plongeur avee leurs longs 115 La Revue Populaire + tentacules, le retiennent sous l\u2019eau et le noient avant de le dévorer.Quand il s\u2019agit de préparer l\u2019holothurie pour son transport sur les marchés et pour sa eonservation, les pêcheurs malais ou chinois la font bouillir dans l\u2019eau et l\u2019aplat'ssent avec des pierres.Ensuite on l\u2019étend sur des cordes de bambou, pour la faire sécher, d\u2019abord au soleil, puis à la fumée.Ainsi préparées, on les enferme dans des sacs, et on en charge des jonques, qui vont les vendre dans les ports du Céleste Empire.Cette pêche se fait aux mois d\u2019avril et de mai.Le célèbre navigateur Dumont d\u2019Ur ville nous a donné dans son journal de voyage une pittoresque description de cette pêche au trépang.qui se pratique aujourd\u2019hui même d\u2019une façon identique.Son navire était alors ancré dans la baie Rafles, sur les côtes de la Nouvelle-Guinée, dont i} explorait les rives.\u2018\u201c Souvent dans mes eourses, dit-il, j\u2019avais remarqué aur divers points, de petits murs construits en pierres sèches, et af- feetant la forme de plusieurs demi-cer- eles aceolés les uns aux autres.Vainement Yavaig eherehé a me rendre compte de l\u2019usage auquel étaient destinées ees petites construetions, lorsque les pêcheurs malais arrivèrent.À peine leurs bateaux étaientrils ancrés, qu\u2019i\u2019s se hâtèrent de deseendre dams l\u2019ile plusieurs grandes chaudières en fonte affeetant la forme d\u2019une demt-sphère, dont le diamètre atteignait souvent la longueur de 3 p eds ; ils les plaeèrent sur les petits murs en rierre dont j'ai parlé et qui leur servent de foyers.\u2018\u2018 Près de ces fourneaux improvisés, ils élevèrent ensuite des hangars en bambous, eomposés de quatre forts piquets fi- ehés em terre, suppertant une toiture qui recouvrait des elaies destinées prohable- ment à faire sécher le poisson lorsque le temps est à l\u2019orage.Pendant leur séjour sur cette rade, ces pêcheurs, servis par un temps favorable, ne firent aucun usage de ces hangars, qu\u2019ils avaient mis en état, Je présume, par mesure de précaution.\u2018* Cette foule d\u2019hommes travaillant avec activité à établir !eurs laboratoires, avait donné à cette partie dt la baie un aspect inaccoutumé qui ne pouvait tarder d\u2019attirer vers ce point les sauvages habitants de la Grande-Terre.Bientôt, en effet, ils accoururent de tous côtés ; presque tous atte gnirent la petite îl> soit à la nage, soit en travvrsant à gué la nappe d\u2019eau peu profonde qui 'a sépare de la Grande- Terre.Je n\u2019aperçus qu\u2019une seule pirogue en écorce d'arbre mal assemblée, et qui avait donné passage à trois de ces visiteurs.Lorsque la nuit arriva, les Malais avaient terminé tous leurs apprêts ; quelques-uns d'entre eux seulement restèrent à la garde des objets déposés à terre, tous les autres regagnerent leur bateau.\u2018\u201c Sur ees entrefaites, un canot étant venu porter quelques visiteurs sur l\u2019île, j\u2019en profitai pour aller visiter un des \u2018\u2018praos\u2019\u2019 les plus proches, où nous fûmes recus avec politesse, et même avee cordialité par le patron ou le capitaine du bateau ; il nous fit rarcourir son petit navire, dont nous pûmes examiner tous les détails.La eca- rène nous parut solidement établie, les formes même ne manquaient pas d\u2019élégance ; mais le plus grand déserdre semblait régner dans l\u2019arrimage ; au-dessus d\u2019une esyèce de pont formé par des bambous et des elaies en jone, en voyait au.mil'eu des cabines.ressemblant à des cages à poules, une infinité de paquets, des sacs de riz, des coffres, ete, ete.En dessous se trouvaient la cale à eau, la soute du trépang et le logement des matelots.\u2018\u2018 Chaeun de ces bateaux est muni de 116
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