La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 janvier 1923, Janvier
[" soémemiftene .Lo ; > CU ne ; BS RX 4 RAS fe, Là Vol.16, No 1 CYUC l'opulaire Montréal, janvier 1923 ABONNEMENT \\ Canada et Etats-Unis : Un An: 81,50 \u2014 Six Mois: - - - - 75 Montréal et banlieues excepté Paraît tous 21 rue Cadieux, les mois POIRIER, BESSETTE & CIE, Edtieurs-Propriétaires, MONTREAL La REVUE POPULAIRE est e 1ée par la poste entre le lor et le 5.de chaque mo .Tout renouvellement d'abonnement doit nous parvenir dans le mois même où il se termine.Nous ne garantissons pas l'envoi des numéros antérieurs.LE JOUR DE L\u2019AN ET LES RESOLUTIONS Il est d'usage depuis les temps les plus reculés de l'antiquité de prendre de bonnes résolutions au premier de l\u2019an.Chacun fait un examen de con- cience, voit les fautes commises et se promet bien de ne les plus recommencer.~* Autant en emporte le vent; cependant, chaque année, nous recommençons la même comédie des bonnes résolutions à prendre.En voici quelques-unes que je pourrais suggérer aux aimables lecteurs et aux gentilles lectrices de notre si populaire \u2018Revue Populaire\u201d Ces réflexions me sont venues alors que j'attendais un tramway depuis quarante-cinq minutes et quelques secondes exactement.Je vous les jette en pâture, sans ordre.comme elle me sont arrivées.\u2014Je ne paierai pas plus de cinquante dollars pour un chapeau\u201d.La femme mariée.\u2014Je resterai à la maison tous les - soirs\u2019, L'homme marié, \u2014Je n\u2019écrirai plus pour faire de l'argent, mais pour faire de l\u2019art\u201d.L'auteur favori.\u2014Je ne flirterai plus avec le petit jeune homme qui passe devant ma fenêtre\u2019\u2019.La jeune fille.\u2014\u2014 D \u2014 \u2014 Je baisserai le prix de mes loyers\u2019.Le propriétaire.\u2014Je paierai mon loyer sans murmurer\u2019\u2019.Le locataire.\u2014Je me laisserai attendrir et je me marierai\u2019\u2019.Le célibataire endurci.\u2014Nous ne nous disputerons plus\u2019.Le ménage.\u2014Nous ne déposerons plus l'\u2019assiette de soupe sur 1'habit de nos clients\u2019.Les jeunes filles de restaurant.\u2014Nous ne nous occuperons plus de nos ennuis, nous ne verrons que ceux des autres\u2019.Les égoistes.\u2014Je ne donnerai plus de conseils à ma fille, car elle ne les suit pas\u2019.La maman.\u2014Je donnerai davantage d'argent à mon fils qui est étudiant\u201d.Le père.\u2014Je ne discuterai plus de relativité excepté avec Einstein lui- même\u2019.Le philosophe.\u2014L'\u2019artiste apprendra ses rôles avant d'entrer en,peène \u201d.Le directeur du théâtre.\u2019 \\ \u2014J'augmenterai les gages de mes employés\u2019.Le patron.\u2014Je n\u2019emploierai plus de rouge carmin ni de fard'.L\u2019ensorceleuse, (Suite à la page 10) JA PCR RE Ie ONE ER RE fad kudos oH GHEE aH rejets alate Fhdaciac 300) dada.aats ndiidaiitaiatataialeiadaladelal of stated altItY Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 BEAUTE, FERMETE DE LA POITRINE Disparition des Creux des Epaules et de la Gorge par l\u2019emploi du Traitement DENISE ROY en 30 jours.Le Traitement Denise Roy, réalisant les plus récents progrès, garanti absolument sans danger, approuvé par les sommités médicales, développe et raffermit très rapidement la poitrine.D'une efficacité remarquable, il exerce une action reconstituante certaine et durable sur le buste, sans faire grossir les autres parties du corps.Sata Très bon pour les personnes maigres et nerveuses, Bienfaisant pour la santé comme tonique pour renfarcir, facile à prendre, il convient aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme faite.Prix dy TRAITEMENT DENISE ROY, (de 30 jours) au compet: $1.00 | Renseignements gratuits donnés sur réception de 3 sous en timbres.Mme DENISE ROY, Dépt.5 Boîte postale 2740, MONTREAL \u2014 re \u2014\u2014 ==\" _\u2014 \u2014 \"ge\" 2 \u2014\u2014\u2014 spa NE SOUFFREZ PLUS! 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Vol.16, No 1 4 e Un jeune Grec de vingt-deux ans ac= ville.située & soixante milles d\u2019Athès complit des tours de force d\u2019une nes.ll pèse 185 livres.audace inouïe.\u2014 Il se fait casser Sa force est telle qu'elle a épastou- sur la poitrine une roche lourde fé tous nos champions canadiens et d\u2019une tonne, s\u2019enroule autour du tout ce que les Etats-Unis, pays d'alh- cou des tiges de fer, soulève six lètes, comptent de mastocs.{ personnes avec ses dents, et bien Voulez-vous connaître quelques- 1 d\u2019autres choses encore.\u2014 Comment uns de ses exploits.Nous vous en -daire.il terrassa de ses mains un ours de forte encolure.Il est convenu de nos jours de dire d'un homme d\u2019une belle force.d\u2019une force peu commune; c'est un Hercule, ou plus souvent, c'est un Turc.Fort comme un Turc.cela veut tout dire, Mais voilà qu'un jeune Saffrson.encore un autre titre qui ne va pas mal à un homme fort, vient de contester aux Ottomans leur force légen- Et eet homme est un Gree.Dommage qu\u2019il n'ait pas employé contre ses ennemis d'hier la vigueur ex- \u2018loin de New-York, avec énumérerons toute une série, tout à l'heure.I convient de vous faire remarquer.cher lecteur.que tous les tours de force de ce monsieur ont été répétés devant des juges impartiaux et qu\u2019aucun d\u2019eux n\u2019est truqué.Nous aurons peut-être d'ailleurs le plaisir de le voir & Montréal.Vous en jugerez par vous-méme, Par une belle après-midi de l'été dernier.il se relira dans un coin peu fréquenté de la plage Brighton, non quelques amis et trois journalistes, dans le but d'accomplir son premier exploit.On traordinaire qu\u2019on lui prête, car alors, lui mit sur la poitrine une roche lour- E les compatriotes de nos nombreux\u2019 de d'une tonne et iil se ta ft casser en 4 IN marchands de bonbons et de créme\u2019 miettes par un duyrier qui frappait glacée de Montréal ne se seraient: dessus a coups de marteau de forge- peut-être pas fait flanquer la dégelée que les Tures leur ont administrée en octobre dernier.Cet hellène a nom Gust Lessis.Gust?est-ce l'abréviation de Gustave, nous ne savons pas ?Il a vingt- ron.Lessis, pendant cette opération, se tenait soulevé d\u2019un pied au-dessus du sol par ses mains et ses pieds, Dix hommés posèrent la pierre sur lui comme s'ils l\u2019eussent jeté sur une table massive.Il ne bougea pas une mi- deux ans et est né dans une petite nute, pendant tout le temps que le i NET RE a » od bs M Vol, 16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 lourd marteau frappait sur lui comme sur une enclume, faisant voler en éclats les fragments de roche qui lui rejaillissaient dans la figure.Il fallut dix minutes pour briser complètement cette roche.Quand il se releva, il ne montfait aucun signe de fatigue.Mieux encore, Lessis n'avait rien mis pour se protéger la peau contre ce roc raboteux.La fois suivante, il fit un tour de force qui eût brisé le bras de quiconque, à l\u2019exception de Lessis.Il se servit d\u2019une barre de fer du même diamètre et de la même longueur que la première et étendant son bras gauche, il prit la barre dans sa main droite et la frappa par trois fois sur son bras étendu jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se pliât en un V parfait.Sa peau après cela n\u2019é- a .Le colosse grec supportant facilement aur ses épaules une poutre d'acier d\u2019une tonne, Le second exploit qu\u2019il accomplit fut d\u2019enrouler deux fois autour de son cou une barre de fer de trois quarts de pouce de diamètre.Il en prit une seconde, deux fois plus large.et en fit un immense U qu'il jeta par terre, demandant aux deux ou trois cents ouvriers qui le regardaient faire d\u2019essayer seulement d\u2019écarter d'un demi- pouce l\u2019une des branches de la lettre ainsi formée.tait rayée que de quelques petites bandes rouges et naturellement pas le moindre de ses os n\u2019était brisé! Comme la première fois aussi, aucun des assistants ne put redresser cette barre de fer.Mais ce n'est pas tout.I1 y a plus extraordinaire encore.Une autre fois, il prit un morceau de fer d'un demi- pouce d'épaisseur, d'un pouce de largeur et de dix pieds de longueur.Il \u201dy Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 en placa une extrémité sous son bras gauche et de sa main droite il l'enroula autour de son bras gauche.comme il aurait fait d'un simple fil de cuivre.Un ouvrier présent enfonça une cheville de méta} dans le bois de charpente très épais et très dur.Cette cheville avait six pouces de long et il l'enfonca à quatre pouces.Lessis prit avec ses dents la tête de cette cheville et la sortit de cetle manière.C'est tout?Jamais de la vie.Quelques jours plus tard, le jeune Gree mit entre ses denis un longue lige de fer de 20 nieds de tongueur el six jeuue- filles se suspendirent après, trois de chaque côté de lui.La tige se courba en deux sous le poids des six jeunes parsonnes.mais Lessis ne broncha pas.La force de cet homme commonea à se faire connaître un jour qu'il travaillait dans un chantier de couwstrue- fon.I s'agi-saif de sonlever une poutre d'acter pesant une tonne.Les ouvriers s'acharnaient denuis une de- mi-jourré> à Ja soulever pour la faire passer dans nn étroit couloir.Mais dans ce passage.deux hommes de front ne pouvaient avancer.avec la pout*e entre ceux.Lessie s'approcha, souleva la poutre.la posa sur ses épaules ef la norta ainsi à destination.aussi facilement qu'un fétu de paille.La nouvelle de cet exploit se répandit rapidement dans Fusine où l'on ne s'entretenait plus que la force herculéenne de ce jeune homme.A l'heure du déjeuner.les quatre cents ouvriers sa rassemblaient autour de lui et le suppliaient d\u2019accomplir pour eux des tours de force.C'était pour les amuser qu'il s\u2019enroulait ainsi des tiges de fer autour du cou.des bras, des poignets et des jambes., Lorsque Lessis débarqua aux Ftals- Unis, en l'an 1919, il treversa une petite ville où un cirque couvrait de ses fentes la place publique.Le nropriélaire de cette foire annonçait qu'il donnerait $25 à quiconque aurait l'audace de pénétrer dans la Cage de l'ours et de le jeter par lerre.Au moment où le propriétaire allait se moquer de la foule, un jeune homme la traversa en vitesse, en jouant des coudes, et se disant prêt à se rencontrer avee l'ours.La porte de la cage s'ouvrit; l'hom= me enleva son veston, prit l\u2019ours par une patle et Je renversa.Furieux de se voir traité de la sorte, l'animal se mit sur l'offensive et fonça sur Les- sis.Ce dernier ce retourna, lui administra sur le nez quelques coups de poing formidables et 1étendit par terre.Mais on refusa de lui remettre l'argent promis.Tl assomma le proprié- [aire du cirque cl quelques-uns de ses serviteurs venus à la rescousse.Le léndemain.l'affaire se plaida, devant le magistrat qui fit remettre la somme de 825 à Lessis, lequel jugeait l\u2019avoir bien gagnée.Quelque temps avant de venir habiter l'Amérique.Lessis avait eu une bataille avec l'iiomme fort de son village natal, Levadias.11 souleva le gros homme dans ses bras.l'étendit sur le parquet de sa maison, Ini donna de vigoureuses fapes dans la figure, sortit de la maison, ferma la porte et alla porter la nouvelle dans tous les coïns de l'endroit, disant que c'était lui le maître maintenant.Lessis, à ce qu'on raconte, appartient à une bonne famille.Son père, Vasilios, fut gouverneur de la province de Dimos Petras et son frère aîné est officier dans l\u2019armée grecque.Les- sis a de l'instruction, pouvant parler et écrire.en plus de l\u2019anglais et du grec, l'italien et le français, RG fi 4 Ai TRS CITES LR Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 \u201cNous sommes tous trés forts, du côté de mon père, dit-il\u2019.Il s\u2019entretenait avec un représentant de la presse canadienne qu\u2019il avait invité à souper.Lessis avait devant lui une omelette de douze oeufs, que le journaliste ne pouvait cesser de regarder d\u2019une curieuse façon.Le Samson le remarqua.\u2018\u2018 Ma force, lui dit-il, ne m'est pas venue en mangeant, croyez- le bien.Elle est naturelle.Mais je la conserve en mangeant beaucoup.Si je mange beaucoup, je ne la perdrai qu\u2019à un âge très avancé.\u201d Ses repas se composent à peu près des mets suivants.Pour le petit déjeuner, un melon cantaloup, quelques fruits, une douzaine d'oeufs frais, six tasses de café, six petits pains.Pour le diner, un grand bol de riz.apprêté à la grecque, représentant à peu près quatre pintes; deux pintes de lait.} Pour le souper, deux livres de bifteck ou un poulet entier, douze morceaux de pain, plusieurs pintes de lait, quatre portions de fruits et six tasses de café.T1 boit aussi chaque jour environ une chopîne d'huile d\u2019olive que lui envoie son père de Grèce.Lessis n'a pas du tout un physique de géant.Il est naturellement bien charpenté, mais aussi bien balancé.Il a beaucoup d'élégance et une allure des plus aristocratiques.Détaïl assez curieux, il lui importe peu de supporter sur sa peau une roche lourde d'une tonne, mais il ne peut endurer que les sous-vêtements de soie.De plus, il lui faut pour bien dormir des draps soyeux et des couvertures douces au toucher.| 0 L\u2019amitié la plus forte vient des ressemblances; l'amour le plus violent vient des contraires.LES JURONS INCONSCIENTS \u201cOn m\u2019affirme qu\u2019une ligue vient de se constituer contre le juron.Je ne sais s\u2019il faut en attendre des résultats satisfaisants.Dans certaines contrées.on jure sans penser à mal, par atavisme, par délassement.Le juron coule des lèvres.comme l\u2019eau d\u2019un robinet.Et cette déplorable habitude remonte à des temps très anciens.Le pieux chroniqueur Etienne de Bourbon raconte qu\u2019un jour, rencontrant un bouvier qui mangeait des poires, de grand matin, il lui demanda s\u2019il avait d\u2019abord nourri son âme par la prière comme il nourrissait son corps dès la première heure: \u2014Âvez-vous aù moins récité l\u2019oraison dominicale?Get articulet est tiré de la revue francaise \u2018\u2018Les Annales\u2019.Comme on peut le voir, l\u2019habitude des jurons est plus ou moins commune à tous les pays.Mais nous avons beaucoup à faire sur ce sujet.Nos jurons sont d'importance | \u2014\u20140 LE JOUR DE L\u2019AN ET LES RESOLUTIONS (Suite de la 5e page) \u2014Je m\u2019occuperai de choses sérieuses.\u201d\u2019 Le fils à papa.\u2014Je n\u2019écrirai plus d'articles à sensation\u2019.Le journaliste.\u2014Je me laisserai vieillir bien doucement\u2019.La vieille fille.\u2014Je ne prononcerai pas plus dé deux cents discours par session\u2019\u2019.Le député.\u2014Je donnerai tout mon coeur, et je consacrerai tous mes moments à plaire aux jolies lectrices de \u201cLa Revue Populaire\u201d.Paul COUTLEE.we {0 oe PPS ENT RETIENS IE NRC EE \\ ac Fe 5 : DR A dt v ne CHR OS +8 Vol.16, No 1 * LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 La lugubre association du Ku Klux Klan fait encore des siennes dans la libre république américaine.Un groupe de femmes de cette société secrète anti-catholique s\u2019emparent d\u2019une jeune fille de dix-huit ans et la jettent dans une cage rem=- plie de vers, de grenouilles, de couleuvres, de colimaçons et de tortues jusqu\u2019à ce que le froid et l\u2019horreur lui fassent perdre connaissance.Nos lecteurs se souviennent de l\u2019histoire que nous leur avons déjà racontée sur cette lugubre association secrète qui exerce ses ravages dans tous les Etats-Unis.association composée de gens, hommes et femmes qui s'intitulent justiciers extra-judiciai- res.Le Ku Klux Klan compte des milliers d\u2019affiliés et est partout redouté.Quelqu'un, homme ou femme, se rend-il coupable de, quelque action repréhensible que la justice ne peut punir à cause des caractères intimes et absolument particuliers de la faute.voilà que surgissent ces justiciers.montés quelquefois sur des chevaux.couverts d\u2019une cagoule blanche, bien encapuchonnés.Cette association est surtout composée de certains sectateurs protestants fanatiques qui veulent réduire la puissance de la Papauté et de la Catholicité et s\u2019en prennent spécialement à cause de cela aux Chevaliers de Colomb.Le plus souvent, les membres du Ku Klux Klan.pour châtier les coupables, se servent de certains instru- we 11 oe ments qui les particularisent, & savoir le fouet, le goudron et la plume.Ils enduisent leurs victimes, les roulent ensuite dans la plume, aprés les avoir vertement battus au préalable.Mais ils connaissent d\u2019autres châtiments.C\u2019est d\u2019un des plus récents que nous voulons parler.Des femmes seules, 11 nous semble, ont pu imaginer pareille chose ; parce que le châtiment fut donné à une femme par des femmes et qu'il est tel qu\u2019il fallait connat- tre à fond le caractère de la femme pour l\u2019imaginer.Supposez un instant.ô lectrice confortablement assise dans un bon fauteuil, sous votre lampe rose, au coin du feu.qu\u2019on viendrait par une nuit glacée vous sortir du lit et vous trat- ner, mourante de peur et de froid, dans un champ perdu; supposez que vos ravisseurs sont couverts de oa- goules.pareilles aux linceuls que portent les fantômes de notre imagination ou de nos cauchemars.On vous jette, à peine recouverte de votre chemise de nuit dans une étroite et malcommode cage de poules et là des femmes diaboliques vous couvrent tout entière de grenouilles, de vers, de colimaçons, de tortues et de toutes sortes d\u2019autres.horreurs dont les poules se nourrissent mais qui répugnent particulièrement aux femmes! Tel est le nouveau supplice imaginé par les prudes fanatiques du Ku Klux Klan.- Ceci se passe naturellement dans ün village américain, notre pays, grâ- ce-à Dieu, n\u2019étant infesté ni par la prohibition, ni par les lois bleues ni LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 -\u2014+ es eee eme er Et dans la cage remplie déjà d'immondices tombèrent pur milliers sur la malheureuse des grenouilles, des vers, des couleuvres, des tortues, des punudises, des cloportes\u2026 4 par le Ku Klux Klan.Quand nous parlons de notre pays, nous sous-enlen- dons naturellement notre province.puisque de ces trois maux, deux sévissent en dehors du Québec.Une petite jeune fille de dix-huit ans y tenait une conduite plutôt lége- re, non pas qu\u2019elle commit des fautes très graves.mais enfin elle donnait à bavasser aux vieilles femmes.Aux yeux des commères, elle avait surtout un grand tort.celui d'être d'une beau- lé exquise.Une femme laide ne pardonne pas facilement ce péché chez une compagne.Done, on cria haro sur la pauvre enfant et toutes les dames e\u2014 12 \u2014 Vol.16, No Î LA REVUE POPULAIRE ce + ges - 0 Cl a Seg i fatal a Cb Catt Ce te Montréal, janvier 1028 bien vues de l\u2019endroit qui naturellement faisaient partie de l'association décidèrent pour la corriger de sa coquetterie inhérente à sa beauté (?) de lui faire subir l\u2019un des châtiments prévus par les statuts de la confrérie.Une nuit que cette chère petite faisait des rêves dorés sur son oreiller de dentelles, un bruit de pas dans le corridor la sortit de son profond sommeil, puis au moment où elle ouvrait les yeux.elle fut saisie par des bras vigoureux, bâillonnée et tirée hors de la maison dans sa mince chemise de nuit.Ses ravisseurs étaient couverts de cagoules, mais elle reconnut facilement en eux des femmes.On la jeta dans une automobile qui sortit du village à toute vitesse.Elle stoppa dans une ferme où une cinquantaine d'autres sinistres individus vêtus du même costume étaient réunis, des torches à la main, chantant des espèces.de cantiques dont elle ne put saisir les paroles.| Tremblante de peur et de froid, ne sachant ce que tous ces gens voulaient d'elle, \u2018 certaine que sa mort était proche, elle poussait des cris déchirants dont toute l'assistance s'amusait.On la jeta dans une cage de poules, si petite qu\u2019elle était forcée de se tenir courbée et si boueuse, si sale qu\u2019elle fut en quelques secondes couverte d\u2019immondices.Mais elle n\u2019en était qu\u2019au prélude de son supplice.Les justiciers s\u2019ap- prochérent et lurent a haute voix, a la lueur des torches, sa condamnation pour coquetterie, mauvaise conduite, etc., autant de griefs qui n'existaient que dans l\u2019imagination de ces vilaines.Tout est pur pour qui a le coeur pur.Toutes ces soi-disant honnêtes femmes qui l\u2019accablaient ainsi avaient \u2014 13 \u2014 bien plus de méfaits sur la conscience qu'elle-même.La médisance, la calomnie, dont elles usaient comme d\u2019armes ordinaires étaient bien plus répréhensibles que la coquetterie de cette enfant.\u201cCasta quam nemo roga- vit\u201d, dit Ovide, çe qui peut se traduire \u2018par ceci: laiderons qui sont chastes parce que personne ne leur a fait la cour.Tels étaient les bourreaux de cette victime innocente.Inutile de rappeler dans tous ses horribles détails le châtiment qu\u2019on lui infligea.À peine était-elle enfermée dans cette cage que ces furies s approchèrent avec des sacs gonflés dont elles lui déversèrent le contenu sur tout le corps.Et quel contenu ! des grenouilles, des vers, des couleuvres, des colimaçons, des tortues, des punaises par milliers.Oui, des punaises que toutes ces méchantes femmes avaient sans doute prises dans leur lit! Imaginez un peu son supplice.Pendant trois heures qui lui parurent longues comme l\u2019éternité, elle fut salie, piquée, empestée par toutes ces immondes et repoussantes petites bô- tes.Puis, elle perdit connaissance.La Vertu était vengée par le Crime! \u20140 UNE MODE CURIEUSE Dans les antiques famiues Cgyp- tiennes, les parents pratiquaient une drôle de manière de donner un nom à leurs enfants.Ils allumaient trois flambeaux ou trois torches.Ils donnaient à chacun le nom d\u2019un grand personnage.Le flambeau qui brûlait le plus longtemps déterminait le nom à donner à l\u2019enfant. * 7) Vol.18, No 1 Ds) Q) LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 J : Un aventurier canadien, après avoir cherché au Canada et aux Etats\" Unis à faire rapidement fortune, s\u2019attaque seul à un convoi de 250 voyageurs, les dépoullle et s\u2019enfuit avec $8,000.\u2014 Trois fois emprisonné, revenu à une vie meilleure, Il vend une invention qui allait le rendre très riche, par des moyens honnêtes, quand il meurt.Il y à un Canadien partout.disait avec raison pendant la guerre l'un de nos plus agréables conférenciers.Naturellement, il en est de bons et de mauvais: il en est aussi de bons et de mauvais tout à la fois.Eussiez-vous pensé que le plus grand bandit de ces \u2018temps modernes fût un Canadien ?C\u2019est pourtant vrai.Un nommé Edwin B.Trafton, nous apprennent les journaux.vient de mourir à Los Angeles.Son histoire en résumé est celle-ci: Après avoir été le plus extraordinaire, le plus mystérieux et le plus audacieux soldat de fortune de tout l'Ouest canadien, de tout l'Ouest américain et de la Californie même, il fut emprisonné à la suite d\u2019un vol remarquable qu\u2019il accomplit seul, tenant en joue à la pointe de son mousqueton des soldats américains et-les voyageurs de dix-neuf diligences qu'il dépouilla de tous leurs biens.Une fois dans sa cel- ÿ LE BANDIT CONVERTIŸ lule, il inventa une roue d'automobile d\u2019un genre plus durable et plus économique.fut libéré pour sa bonne conduite.se mit au travail avec acharnement, fit de l\u2019argent et mourut au moment où il allait peut-être devenir millionnaire après avoir racheté ses fautes par des aumônes et des bonnes actions de toutes sortes.En somme, malgré ses fautes, le défunt Trafton laisse une excellente réputation dans tous les Etats-Unis où on déplore amèrement sa perte.Pourquoi ne par- lerions-nous pas de lui avec sympathie?Trafton naquit sur une ferme de l'ouest canadien.il y a soixante-dix ans.Il émigra aux Etats-Unis vers sa vingt-cinquième année.C'\u2019était dans le but d\u2019aller à la recherche de l\u2019or et lors de la célèbre exploitation des mines d'or de Black Hills, vers l'année 1875.on le trouve parmi les premiers prospecteurs.Mais la chance ne le favorise pas.H gagna d\u2019abord quelque argent qu\u2019il perdit ensuite jusqu'à son dernier sou.C\u2019est alors que pour se refaire, il prit la mauvaise voie, celle du vol.| De Black Hills, il passe dans le Wyoming.Cheyenne, la capitale actuelle de cet état, fut pendant un certain temps l'endroit ou il exerca ses ravages.in 1880, Trafton transféra Vol, 16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 sa base d'opération à Jackon\u2019s Hole, au coeur des montagnes.Il y construisit la première hutte de l\u2019endroit qui depuis est devenu le refuge en même temps que le rendez-vous des meurtriers, des pilleurs de trains.des voleurs de grands chemins et des brigands de tout acabit.\u201d À cette époque.cette contrée était l'une des plus difficiles et des plus dangereuses à traverser.Quand il ne volait pas les chevaux et les bestiaux des fermiers des environs, comme il le raconte lui-même dans les mémoires qu\u2019il écrivit plus tard en prison.il faisait la chasse ou servait de guide aux explorateurs et aux colons.Il perça une route a travers ses montagnes, route à laquelle on donna plus tard le nom de la \u2018\u2018piste du voleur de chevaux\u2019.Ce n'est d'ailleurs pas sans raison que cette route reçut un tel nom.En effet, elle conduisait directement.à travers des centaines d'embûches disposées par Trafton.aux plus riches pâturages du Wyoming.Les incursions que Trafton et ses comparses faisaient dans les enclos des fermiers leur rapportèrent .des sommes considérables et aussi quelques coups de fusil.Durant l\u2019un le ces raids, il reçut un coup de fusil à l'épaule droite et tomba aux mains de la police fédérale.Il fut condamné à \u2018cinq ans de travaux forcés.Il se moqua de ses juges et quand son terme fut expiré, il retourna tout simplement dans ses montagnes reprendre ses vieilles randonnées et ses anciennes habitudes, plus enragé que jamais.Il faut noter ici que le coup de feu qu\u2019il avait reçu cinq ans auparavant lui avait en quelque sorte descendu l'épaule et que c\u2019est par ce signe par- 4 ticulier que lors de sa seconde arrestation on put l'identifier.Mais n'anticipons pas.Trafton, con.tentons-nous de dire, était depuis huit ans en liberté quand il y retourna pour un second terme de dix ans, et cela pour un crimé semblable à son premier.C\u2019est dans l\u2019intervalle entre ces deux internements qu'il tua un hors la loi.Mais.ayant été de nouveau pris à voler des chevaux et des bêtes à cornes à pleins enclos, il fut condamné, comme nous l'avons dit quelques lignes plus haut, à dix ans de détention.Il se conduisit si bien en prison qu\u2019on le relâcha en liberté provisoire, c'est-à-dire sur parole, au mois de janvier de l\u2019an 1914.En sortant de prison, il déclara que désormais il marcherait dans le droit sentier.Mais, il ne tint pas longtemps sa promesse, car au mois de juillet suivant.alors qu'il était âgé de cinquante-huit ans, il accomplissait l\u2019exploit le plus remarquable de sa carrière et le plus audacieux que l\u2019on connaisse, soit le cambriolage des diligences de Yellowstone Park.Dix-neuf diligences s\u2019avancaient & -une distance de quinze minutes environ.Les voyageurs étaient au nombre de 250 environ et en plus le convoi était escorté de dix soldats, quatre marchant à cheval en tête du convoi et deux après la dernière diligence, fermant la marche.Trafton était tout seul, mais il dépouilla quand même les voyageurs de chacune des ditigences en même temps que les soldats et son coup fait, réussit à s'échapper et à tromper pendant un an toutes les poursuites qui furent faites pour mettre la main dessus.Il fallait pour cela qu\u2019il connût la contrée sur le bout de ses doigts.TE RR = Vol.16, No 1 Jusqu'ici les plus vaillants bandits de grands chemins avaient manoeuvré à deux ou trois; le célèbre Trafton répéta seul leurs exploits.Il réussit ce coup d\u2019audace inouie parce qu\u2019il n\u2019avait peur de rien, premièrement, ensuite parce qu'il connaissait à fond la contrée et troisièmement parce que les personnes qui voyagent dans le parc de ce nom (Yellowstone) n\u2019ont pas le droit de porter d\u2019armes.Trafton savait cela et sut en profiter.Il s'installa derrière un arbre, à un tournant de la route.Il se dit LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 Ny a d | Ea ais TYTN i Hui \u201cge Seul, il se rendit maître de dix-neuf diligences et dévalisa 250 voyageurs.qu'ainsi il arrêterait les diligences au fur et à mesure qu\u2019elles se présenteraient et que de la sorte la diligence qui suivrait ignorerait le sort de la précédente.Une clairière à sa droite lui permettait de faire entrer là les diligences au fur à mesure qu'elles seraient vidées.Derrière cette clairière était un précipice; donc impossible de se sauver.Pour ce qui est du butin, ce n\u2019est pas cela qui l\u2019embétait, car il avait sur sa route une dizaine de ca- = me.= TTS tL [3 Vol.16.No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1923 chettes pour s'en débarrasser au besoin.Ce qui l\u2019ennuyait le plus était bien plutôt les soldats! Je les savais bien armés.raconte-t-il dans ses mémoires.Mais.j'avais tort de tant me tracasser.car ils se rendirent assez facilement.: Ce n'est pas sans raison que les soldats se rendirent ainsi.tellement peu ils s'attendaient à semblable réception.Lorsque Trafton leur eut fait jeter leurs revolvers par terre à ses pieds et leur eut fait attacher leurs chevaux a un arbre.il attendit la première diligence.Les quatre chevaux avançaient péniblement, à, cause des mauvais chemins et du tournant difficile.Quelle ne fut pas la surprise du cocher et de la femme assise à ses côtés sur le devant de la voiture de voir tout à coup à ce tournant un homme masqué.le fusil à l'épaule, une couverture de cheval à ses pieds, les attendre tranquillement en bordure de la route.Il ne dil pas un mot, mais son fusil et les quatre soldats impuissants à ses côtés parlaient assez éloquemment pour que les voyageurs comprissent dans quelle situation ils se trouvaient.\u201cTout le monde en bas!\u2019 cria-t-il simplement.Quand tous les voyageurs furent sortis et se tinrent sur*le long de la route en une seule ligne.Trafton fit signe au cocher de conduire sa voi-, ture dans la clairière.| \u201cMaintenant que {out le monde défile devant ma couverture et y jette sa contribution.Je ne veux pas autre chose que de l'argent, mais foul votre argent!\u201d La chose se fit si rapidement que quand la seconde diligence arriva a sa hauteur.+ Jackson's d'un joli tas de pièces d'or.| Avec quelques petites variantes.il répéta la même opération sur la seconde diligence, montrant assez de complaisance pour permettre à deux jeunes femmes de le photographier tout a leur aise.Quand la derniére diligence fut vidée et que les deux soldats qui l\u2019es- corlaient furent à sa merci.il fit un petit discours très amical à ses vie .times.referma sa couverture et remettant son fusil à l'épaule rebroussa chemin, en les tenant en joue, par où élaient venues les diligences.ll avait recueilli de la sorte la somme de $8.000.c'est-à-dire une contribution individuelle de trente dollars.Travaillant à son invention dans su cellule, Le caravansérail le plus rapproché des diligences se trouvait à huit milles.de sorte que quand la première voiture y arriva, Trafton.monté sur un petit coursier, était déjà rendu à Hole.Les agents qui firent la cause dans le but de mettre la main sur 'Trafton, apprirent quetques mois plus tard d'un-gardeur de vaches mexicain que le lendemain du coup de Yellowstone Park.il avait été dépouilté de tout son argent par un brigand masqué dont le signalement correspondait a celui que \u2018 Ce Er ae at tarte ge \u2018 Cg AS Ca by tet sa couverture brillait déjà lm vs Sx gh i og fi {tals iat RRL a toa Gl LR al af sia ba at ila ih Vol.16, No 1 la police possédait depuis longtemps de Trafton.Ce n'est qu\u2019un an après.en l'an 1915, qu\u2019un agent surprit Trafton en train de jouir largement de l\u2019argent que lui avaient rapporté tous ses vols et surtout.le plus important, celui que nous venons de raconter.Déclaré coupable de vol de grands chemins.il fut condamné à cinq ans de prison.Comme les deux premières fois qu\u2019il goûta de la prison.il se montra un prisonnier modèle et fut relä- ché au bout de trois ans.Il se rendit à Denver où il déman- da à l'agent qui l\u2019avait arrêté son assistance pour faire accepter une invention qu'il avait imaginée dans sa prison.et qui consistait en un nouveau modèle de roue d'automobile.Une compagnie manufacturière acheta son brevet, en lui promettant de lui payer $8,000 par année.jusqu\u2019à ce qu\u2019elle l\u2019intéressât dans la compagnie.Trafton vécut ainsi la plus honorable vie, donna de fortes sommes aux institutions de charité.fit beaucoup de bien autour de lui et allait devenir très riche quand la mort vint le toucher de son aile.\u2014\u20140 LES TURCS SONT DE BRAVES GENS.| Lorsque les Turcs étaient les mai- tres à Constantinople, leur administration avait des avantages ignorés de notre bureaucratie occidentale.En voici une preuve authentique.Un Français se rendant à Stamboul en bateau fit la connaissance, au cours de la traversée.du directeur des douanes.C\u2019était un vieux Ture.très courtois et très fin.Les deux hommes se lièrent d\u2019amitié et le Français.en débarquant sur le Bosphore, songea à LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 en tirer parti.Il dit done à son compagnon: \u2014J\u2019ai des bagages que je ne voudrais pas voir s'égarer à la douane, ni fouiller par vos employés.\u2014Ne vous inquiétez pas, répondit l'autre.et suivez-moi! Ils descendirent à terre.L\u2019Ottoman emmena son ami dans un pavillon qui semblait être le bureau directorial.C'était une grande pièce meublée à la turque.Les deux compagnons s\u2019assirent sur un divan.Des domestiques leur apportèrent l'inévitable café et des cigarottes.Un employé traversait parfois le pavillon sans dire un mot.Une demi-hrure s'écoula.Le Français s'écria enfin: ) \u2014 Vous s°riez bien aimable de donner des ordres pour mes malles! \u2014 Vos molles ?répliqua l\u2019autre.Mais elles sonl rendues à votre hôtel ct.sevez-n sir.p >ronne ne s\u2019est avisé de les ivoire, \u2014 {Corn re cela?\u2014 Rin nest plus simnte! Mes em- playvés rovs \u2018nt vu fumer ensemble.Ms en cnt ccvou que vens êtes de mes amis e!.\u201cns rien demander.ils ont fait le néc-ssaire pour que vous ayez satisfaction.Le Francais se rendil à l'hôtel.En effet.ses bagages l'y attendaient.in- deinnes.Avouez que notre civilisation n'aurait pas montré tant de perspicacité délicale! 0 | L\u2019INDE ACHETE SES AUTOS AU CANADA Environ trente-quatre pour oent des automobiles employés dans.l\u2019Inde.sont fabriqués au Canada, d\u2019après un rapport de H.A.Chisholm, commissaire du commerce canadien à Calcutta.es 18 \u2014 Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréa!, janvier 1928 UNE VICTIME MALCOMMODE à iL ie mm : Après avoir été volé de $25,000 dans une chambre d\u2019hétel par de faux amis de rencontre, un franco-amé- ricain consacre sa vie à poursuivre ses voleurs et à les confier à la justice.\u2014I1 les rattrape tous après de longues randonnées aux Etats- Unis, au Canada et dans plusieurs pays d\u2019Europe.Si toutes les victimes des brigants pouvaient tirer d\u2019eux la méme vengeance qu un nommé Frank T'aillefer.lequel après avoir été lesté d'une somme de $25.000 par cinq faux amis, bandits à toute épreuve qui agissent de concert et que dans les milieux policiers on appelie des \u2018confidence men\u2019\u2019, se mit a leur poursuite et les fit jeter en prison.ces sortes de gens auraient moins d'auilace.Nous parlons de cette affaire foul particulièrement parce que s° colle à pris naissance aux Etats-Unis.l'un de ses principaux épisodes se déroula l'an dernier à Montréal.Taillefer était un riche fermier farnco-américain.établi depuis de nombreuses années avec toute sa.fa- mile dans le Texas.Jusqu'en l'an 1919.il avait vécu très heureux sur ses terres et ses affaires allaient rondement.Ses bêtes à cornes et ses chevaux étaient en nombre et ses récoltes avaient toujours été bonnes.Quatre grands garçons l\u2019assistaient dans sa tâche, une épouse vaillante et trois filles s\u2019occupaient des soins de la maison.Il avait quitté asssez jeune, = 19 \u2014 RÉ OEUF OUEN NT memes avec son défunt père.son village natal de Québec.mais il ne le regrettait guère.la fortune lui ayanl si rapidement souri là-bas.Cependant en cette année-là.il ful soudainoiment pris du mal du pays.de la nostalgie du clocher.Bien que sa femmi el ses enfants lui représentassen! qu'il valait mieux altendre encore quelque temps avant d'entreprendre un si long voyage.11 ne voulut pas reculer son départ d'un seul jour.Tout en retournant au berceau même de sa famille.il avait une autre intention derrière la tête, celle de {trouver acheteur pour l'une de ses terres.Mais il eut garde de parler de ce détail aux siens.En route.à New-York ou à Boston, il devait aussi vendre une centaine de bêtes à cornes.marché qui se fit rapidement.On lui paya ses bêtes comptant et quelques jours plus tard.un acheteur se présentait.Avant en poches.quelle imprudence! l'argent de sa ferme plus celui de ses bêtes.soit près de 430.000.il s'offrit une petite promenade dans la grands ville de New-York avant de prendre le train du soir pour le Canada.Il saperçut au cours de sa promenade qu'il était suivi par cinq individus très bien mis.Ils pouvaient bien avoir la mine quelque peu rébarbative.mais combien de gens passeraient pour des bandits si on ne les jugeait que sur la mine! Il ne prit pas garde à eux mais fut tout de méme assez étonné de les retrouver au même hôtel que lui à l\u2019heure du souper.lls prirent place comme bit 9 3 8 P.+ ol 8 1 A fi pe i: fh \"re | A ig ; Ii Ki 4 i \u201cde cet ami de renconlre rbaaiatalatiiatiibits yataalaiat al RIER LE Vol.16, No 1 \u2014 par hasard à la même table que lui.On parla beaucoup et le bon fermier, peu soupconneux.entraîné au chapitre.dangereux des confidences leur avoua les marchés splendides qu'il avait faits.Le repas terminé.ces messieurs passèrent au fumoir, puis l'un d'eux proposa un coup de \u2018fort\u2019 obtenu en contrebande.Il en avait \u201cquantité à la Ÿ ~\u2014 heb NF ERATE LA REVUE POPULAIRE \\ ns OR a EE RARE - Montréal, janvier 1923 rent une drogue quelconque dans son verre el mon brave homme s\u2019endormit d'un sommeil profond.- \u2026 Quand il se réveilla Te lendemain.matin.il fut tout étonné de se retrouver tout seul dans la même chambre.Plus d'amis; il ies appela.mais personne ne répondit.Puis, tout en se palpant pour voir s\u2019il était bien réveillé, il vit que ses poches avaient La foule, vue Sainte-Catherine est, en se jetant sur lui, r'empécha de s'emparer du quatrième bandit.chambre.Le brave Taillefer qui n\u2019avait nas bu un seul coup depuis de nombreuses années, à cause du stupide régime sec américain, n'eut pas le courage de décliner cette alléchante invitation et monta à la chambre donl il ne connaissait pas méme le nom.Mal lui en prit de cet accès de confiance.Les cinq comparses lui jetè- > \u2018 êté retournées.La fomme de $25,009 avail disparu.ÿ.Sg nutile de faire ici la \u2018description classique de son désespoir, Il maudit son sort.s'arracha les cheveux, mordit son mouchoir, comme cela se passe au cinéma, mais au lieu de se laisser abattre.il se rendit tout droit aux quartiers-généraux de la police où il donna 1s signalement de ses cing vo- \u2014 20 \u2014 \u2018i er ot re ede MN dee se Jade A ga 4 ht lL Pll hi i Vol 16, No ~~ Montréal, janvier 1923 LA REVUE POPULAIRE rr = = e_e-mvb ! ge | fe td Bes A ole pit i pastet 3, | : I ; oe nA a.er 1163 no j EN ; : Wh : ; ee : : : > $l R hE b A Z % Wh | : 7 4 ; x pb: 4 ; À av « ; : ; / ; ; te gt i f i i 1 .ib | fo i yh D dr Ne i pe fi & A (ts his fill, | Rot.si Wo off ES fi Wo x : in Di, À Te i te 1 0 poh : eu : qi 4 IE Puli x hl Af qu tad i qu Un très grand nombre de dangereux maraudeurs furent par SN és ce détective iniprorisé confiés à la justice, En Li hii IY pt 1208 Au Kis dt # 0x hie 4 wn ht IN hie.tli.Lu a sx AERIRAIE RN Ha Hp, RT Tr TUTTI) \\ Li 20 ï We iH NE) qi Tu tre A a att 00 Vol.1%, Na 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 leurs.On lui permit de consulter l\u2019album des photographies des criminels et voleurs connus de la police et ii reconnut facilément ses cing hommes.La police promii de s'occuper de l'affaire.d'autant plus que ses cinq individus étaient recherchés pour différents vols variant de $45.000 à $200.000.Mais it répondit au chef qu'il n'avait pas besoin de ses services pour l'affaire qui le touchait.qu'il ne hit demandait que la permission de s'armer el de se meltre lui-même à leur stile li paraissait si décidé que cette autorisation lui fut accordée.1! retourna sur sa ferme raconter la chose à sa femme et lui faire part de Ja résolution qu'il avait prise de sc venger lui-même en confiant ses voleurs à la police.Elle lui souhaita bonne chance.tout en ne comprenant pas très bien pourquoi il ne laissait pas simplement la police tirer l\u2019affaire au clair.Un mois après seulement.deux de ces faux amis.Gerbier et Ward.prenaient la route du pénitencier.conduits par Taillefer lui-méme.Le premier fut condamné a dix ans de travaux forcés el le seeond se suicida dans la voiture cellulaire.Un troisième, du nom de Foley.dépensa $17.000 en cherchant à échapper à son justicier.Mais ce dernier réussit toul de même à l'attraper et à le faire condamner à vingt ans de détention.- | Le quatrième, un nommé Hamelin, eut plus de chance.Taillefer l\u2019assomma à coups de crossé de revolver, mais le tribunal eut le tort de le re- Jaxer sur cautionnement de $20.000.Hamelin en profita pour traverser la frontière, suivi de près par T'aillefer qui le rejoignit à Montréal.Il s'en empara alors que le bandit était au mi- À lieu d\u2019une foule regardant un homme- oiseau grimper après un immeuble de dix étages de la rue Ste-Catherine.Se voyant pris, l'homme eut recours à uri truc qui réussit très souvent.Il se mit à crier: Au voleur, au voleur! en désignant T'aillefer.La foule obligea Taillefer à relâcher son prisonnier et appela la police, malgré toutes les explications de celui-ci.Mais cet échec ne le découragea pas.Il continua a filer son homme et fit la France, l'Angleterre, l'Allemagne et la Hollande à sa poursuite.C'est 1a qu\u2019il eut le bonheur de mettre enfin la main dessus ainsi que sur -le cinquième.Aujourd'hui qu'il est bien vengé, Taillefer est tranquillement retourné sur sa ferme.Cette chasse à l\u2019homme lui a permis de visiter des pays nouveaux et de faire le voyage qu\u2019il projetait au Canada.0\u2014\u2014 LA TOURBE Le ministre de l'Intérieur.M.Stewart.a visité dernièrement les fabriques d'Alfred, Ontario.où l\u2019on produit du charbon de tourbe qui brûle bien.-Le gouvérnement fédéral exploite\u2019 cet établissement en collaboration avec les gouvernements provinciaux.Ce combustible se vend 5 dollars la tonne en gare d'Alfred, On croit que le rendement de cette fabrique sera de 5,000 tonnes, cette année.| II y a au Canada 37,000 milles carrés de territoire pouvant fouræir de la tourbe à charbon.Si l'expérience d'Alfred réussit, l'industrie du charbon de tourbe deviendra une importante affaire au Canada.\u2018 oe 22 Vol.16, No 1 Deux cents pompiers sacrifient chacun un peu de leur peau pour qu\u2019elle soit greffée sur le corps d\u2019une petite fille qui avait été vic- \u2018time d\u2019un incendie après avoir participé à une fête de charité au bénéfice de l\u2019œuvre des pompiers.Un service généreusement consenti est toujours récompensé; nous pourrions ajouter que toujours le prix d'un service revient à son maître.Une jeune fille de Montréal, il y a de celà de nombreuses années, en fit l\u2019expérience réconfortante.Gécile X., une blonde enfant de dix-huit ans avait une voix charmante qui faisait les délices de tous ceux qui avaient le rare bonheur de l\u2019en- téndre.Cécile était une jeune fille bien sage qui vivait avec deux frères et sa vieille mère.Ses deux frères étaient pompiers.Quant à sa mère, son grand âge l\u2019em- péchait de s'occuper des affaires de la maison, de sorte que c\u2019est elle qui administrait le foyer.Elle était d\u2019une activité extraordinaire et ses frères, pleins d\u2019admiration pour elle.lui avaient voué un culte.Ils l'aimaient autant qu\u2019ils l\u2019admiraient.Sans elle, en effet, que seraient-ils devenus?C\u2019en était fini de la bonne vie de famille.Ils eussent été obligés de placer leur vieillé mere dans une hospice et d\u2019aller vivre au hasard des pensions et des malheureux garnis, au hasard des petits restaurants.Ils filaient tous les quatre des jours parfaitement heureux que vinrent encore égayer les préparatifs d'une fête \u2014 23 ee de charité dont Cécile s occupa activement et à laquelle elle devait danser et chanter.Cetle fête de charité au profit de l'Association des pompiers devait durer toute une semaine et pendant toute une semaine.il n\u2019y eut personne de plus active qu'elle.À chaque soirée, elle était récompensée de sa peine par les applaudissements qu'elle soulevail.Les pompiers en bénéficiérent largement, mais ce fut aussi son triomphe.Désormais, au poste de ses deux frères comme dans tous les postes de la ville, elle était connue et aimée.Mais voila qu'une catastrophe vint assombrir son existence et jeter sa famille et ses nombreux amis dans le désespoir.Un matin que Cécile s'était réveillée plus fatiguée que d\u2019habitude pour faire le petit déjeuner de ses frères qui rentraient à leur poste, elle eut le malheur de s'assoupir à côté du poêle à gaz pendant que se faisait le café.Un coup de vent entra dans la cuisine et souffla sur le gaz qui toucha de ses languettes bleues le kimono de la jeune fille et l\u2019enflamma.Quand elle se réveilla sous l'effet des vives douleurs que déjà celle sentait sur tout son corps, tout son déshabillé flambait.Elle poussa des cris déchirants auxquels répondirent aussitôt ses frères, Ils lui arrachèrent rapidement les lambeaux de sa robe légère et l\u2019 enroulèrent dans une couverture.Quelques minutes plus tard.le feu était éteint, mais la pauvre jeune fille était marquée d\u2019épouvantables brûlures.Quand le médecin se présenta, il conslata qu\u2019elle était alroces Rdadaiacaibdataatacacat rita Nol.10, No 1 ment brûlée de la ceinture aux pieds, sur tout le côté droit.Il déclara que la guérison serait longue, qu'elle pourrait bien prendre deux ntois à se faire complète et que la rsalheureuse enfant souffrirait beaucoup.Les deux frères alors dirent au médecin: \u2018\u2018Docteur, ne vous gênez pas, si vous avez besoin de nous en quelque sorte pour LA REVUE POPULAIRE soulager notre soeur ou hâter sa guérison, allez-y, nous sommes à vos ordres.\u201d ~\u2014\u201cJ'aurai besoin de vous plus que vous ne pensez, leur répondit-il, et bientôt même, sitôt que ses blessures ge seront cicatrisées.Cette enfant aura besoin de beaucoup de peau étrangère si vous tenez à ce qu'elle revienne à l\u2019état absolu normal.Cette peau, il me faudra la prendre sur des êtres forts et bien constitués et lui greffer par petit morceaux.Feriez-vous cela pour votre soeur?\u201d \u2014\u2014\u2018\u2018Allez-y, nous n\u2019 avons jamais eu peur de risquer notre peau pour des indifférents, de parfaits étrangers dans les incendies; nous ne voyons pas pourquoi nous la ménagerions à notre petite soeur!\u201d ! Montréal, janvier 1923 Puis, ils s'en retournèrent au poste, pendant que Cécile restait sous les soins du docteur et de sa mère.Au poste, ils racontèrent la triste histoire à tous leurs camarades et cette histoire tragique fut bientôt connue de tous les pompiers de la ville.Entendant dire que les deux frères de Cécile allaient sacrifier une bonne surface de leur peau pour la rétablissement complet de leur soeur, deux cents d entre eux s\u2019entendirent pour faire une surprise à leurs deux camarades, en reconnaissance de ce que leur soeur Cécile avait fait pour eux lors de la'fête de charité.Le médecin quelques semaines plus tard, prévint les deux frères que s\u2019ils voulaient tenir leur promesse, ils devaient se trouver, le samedi suivant à son bureau où Cécile avait été transportée.Mais quelle ne fut pas la surprise des deux frères de voir à la porte du cabinet du médecin une file de deux cents pompiers.\u2018\u2018Que venez-vous faire ici, leur dit l\u2019un d'eux?\u2019\u2014\u2019\u2019La même chose que vous deux, leur fut-il répondul\u201d vo C4 \u2014 æ Vol.16, Né 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 Tous les pompiers que Cécile avait aidés avaient en effel décidé de sacrifier chacun un peu de leur peau de façon à ce que les deux frères en cus- sent moins a donner.Ce sacrifice si généreusement con- .senti fit l'admiration du docteur.de ses assistants et de toute la population.On greffa sur la jeune fille 340 mor- ccaux de peau, ce qui prit deux mois environ.Elle fut guérie et devint en quelque sorte la \u2018\u201cmascotte \u201d des postes de pompiers où se trouvaient les pompiers qui l'avaient si chevaleresque- ment aidée.LA MODE DES ALBUMS C\u2019est une mode qui se perd que celle des \u2018Keepsakes\u2019 tendremeiit enrichis par les jeunes filles.des recueils d\u2019autographas pltis ou moins célèbres lentement augmentés par les maîtresses de.maison \u2018amiés des réceptions nombreuses.Aujeurd'hui.ce n'est plus aûx convives d\u2019un dîner que l\u2019on demande leurs\u201d signatures: c'est aux per sonnalités à la mode.quelles qu'elles soient, et pour Jes obtenir, on traite cette\u201d chasse gémime- un sport.Actuellement.le plys grand chasseur d'autographes est un Hongrois.M.Ludwig Barth.Depuis dix-sept ans, il a obtenu la signature de tous\u201d.les rois, y compris le shah de Perse et le mikado, du pape Pie X.des hommes politiques en renom dans tous les pays.ainsi que des grands savants.Sa collection comprend deux mille autographes et 4OU dessins ou croquis.Pierpont Morgan voulut la lui acheler 500.000 dollars.T1 refusa.T1 compte bien l'enrichir encore.I] faut avouer cepeuidant qu'une simple signature.fât-elle d'un homme lustre, a quelque chose de froid et de mort, Cela ressemble à un papillon piqué sur un bouchon avec une épingle.Les \u201cKeepsakes d\u2019autrefois renfermaient plus de vie.plus de mouvement.On y trouvait de tout.de l'esprit.de la naïveté.de la modestie.\u2018 et du ridicule.Rien n'était plus amusant que de les feuilleter.Sur l'un deux.M.Fernand Vanderem écrivit un jour: \u2018\u2019Je comprends maintenant l'attitude angoissée du \u2018Penseur\u201d de Rodin: on lui a confié un album et il cherche quoi meltre desuss\u201d.C'est la vérité.Les hommes les plus intelligents sonf parfois ceux qui écrivent, en ce cas.le plus de banalités.ou le sottises.Ainsi le peintre Puvis de Chavannes ne craignail pas de tracer \u201cces mots : \u2018Les meilleurs ehoucolais sont ceux que je préfère\u2019.Mais rien ne vaut sans doute ces deux quatrains calligraphiés à Nice.il y a quelque quarante ans.Mouselet, à court d'i- maginalion, avant mis sur cet album: Ecrit le deux janvier.À l'ombre d'un palmier.En mangeant une orange.Etrange! Etrange! Etrange! Scholl vint derrière lui et poursui- vil: { | ° Ecrit le deux janvier, A l'ombré d\u2019une orange, En mangeant un palmier, Encore plus étrange! Il y ala de quoi vous rendre rêveur, en effet! aie 4 : > GEA de SI te fib, te BERR Pel.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 LAIR DU CHAT Les chats, élolgnés volontairement de leur maison adoptive, la retrouvent aussi facilement qu\u2019un pigeon retrouve son pigeonnier et un tigre son antre.\u2014ll est Impossible d\u2019é- carter un chat.Résultats des ex- pérlences qui ont été faites à ce sujet.Nl est difficile de s\u2019expliquer comment la fameuse Mére Michel perdit son chat, depuis que la science nous prouve qu\u2019un chat ne se perd pas, que tôt ou tard, il retrouve sa maison.D'ailleurs, le chat de la Mère Michel n\u2019était pas perdu, tout à fait.Voyons les couplets les plus connus de cette chanson : C\u2019est la mère Michel qui a perdu som chat.Qui ori\u2019 par la fendtr\u2019 qui eut-c\u2019 qui lui rendre, Bt Ycompar Lustaieeu qui uf a répondu.\u2018Allez, la mère Michel, vot\u2019 chat m'est pas perdu.\u201d .e .+ .) Mais, la mère Michel, qui vivait à une époque où la science n'avait pas fait les progrès que nous lui connaissons, doutait que son chat lui revint.Elle avait raison en cela, non pas parce qu\u2019il s\u2019était égaré, mais.Et la mère Michel lui dit: \u201cCrest décidé\" Si vous rendez mon chat, vous aurez um baiser.\u2019 L\u2019 compèr\u2019 Lustucmu, qui n\u2019en a pas voulu, fat dit: \u2018Pour un lapin votre chat est vendu\u201d.chat, l\u2019un des plus nobles animaux de On connaît bieu peu de chose du la création.Les poëtes, les philosophes et les amoureux seuls savent comprendre le chat et l\u2019aimer.Le chiat est pour eux l\u2019orgueil de la maison.Ft à cette maison, il est très attaché, si attaché qu\u2019il la retrouve tou- - jours, aussi loin que vous l'en éloignez.° Cela semble être une chose bien cruelle que de perdre un chat volontairement.Mais faites cette expérience, pour éprouver la véracité de nos avancés.Tous ceux qui ont essayé jusqu\u2019ici d\u2019égarer leur chat l'ont vu revenir au coin du feu ou devant son bol de lait, à moins qu\u2019il n\u2019ait été étouffé par un chien, son brutal ennemi de tous les temps.Cette étrange faculté que posséde le chat de retrouver le chemin qui conduit à la maison à travers des plays inconnus et qui doivent lui sembler vastes comme le monde a inspiré à un chansonnier populaire cette chanson, d\u2019origine anglaise, très peu connue ici, que nous traduisons en vers blancs : J Vol.16, No 1 Mais Le bon chat revint, Ramené par ennui ; Oui, le vieux chat revint, Le lendemain matin.Et la chanson contiue sur ce ton.Mais cette chanson, voyons mrainte- nant comment elle est appuyée et confirmée par les savants.Indépendamment de l'action de tout autre sens, un chat est ramené, pour ainsi dire de force, à la maison par une puissance étrange et mysté- Le chat a sur le corps comme des rubans en caoutehoue dune élasticité illimitée qui partent de ses nutseles et le relient à sa maison.rieuse de la mémoire des muscles ; oui, c\u2019est bien cela, la mémoire des muscles.Une sorte d'affinité, de parenté, entre ses muscles et la maison qu\u2019il habite le ramène là.C\u2019est ce sens du mouvement musculaire qui explique aussi comment les pigeons, au retour d\u2019un long voyage, retrouvent leur pigeonier et les tigres leur antre.LA REVUE POPULAIRE Grâce à ce sens, un chat transporté de chez lui au loin enregistre involontairement dans ses muscles toutes les étapes du voyage.C'est comme s\u2019il y avait dans les muscles du chat un compas dont l\u2019une des branches resterait dirigée vers la maison, indépendamment de tous les détours que fait l'animal.C\u2019est encore comme si le chat avait des rubans en caoutchoue d'une élasticité illimitée qui partiraient de ses muscles et le relieraient à sa maison.Plus le chat avance et plus ces rubans s\u2019étirent et pour revenir.le chat n'a qu'à suivre ces rubans détendus en sens inverse.Rendu à la maison, ces rubans reprennent leur position normale.Le dessin représentent un chat blane et noir attiré par des fibres vers une maison située au centre illustre parfaitement ce que nous venons de dire.| Le premier chat sur lequel on a éprouvé cette attirance extraordinaire était une magnifique bête de quinze mois qui \u2018\u2018collait\u2019\u201d\u2019 à la maison, faisait de belles \u2018caresses à ses maîtres, mais avait la sale habitude de taquiner le serin.La maîtresse de logis voulut pour cette raison qu\u2019on l\u2019égarât.Le maître mit le chat dans un sac, prit le tramway et le transporta de l\u2019autre Montréal, janvier 19238 Vol.16, No 1 côté de la montagne.une affaire de cing miiles à peu près.Il le laissa dans uñe maison en construction, un bol de lait devant lui et partit.C'était un lundi matin.Le m'ercredi suivant, soit quarante heures plus tard.le chat pénétrait par une fenêtre ouverte de la maison d'où on l'avait chassé.TE SU.aed Pour revenir ainsi à sa maison, le chat avait eu à traverser un pays tout à fait nouveau pour lui, des rues suburbaines, des rues fréquentées où passent les tramways.des boulevards et le reste.Son propriétaire trouva le fait si remarquable qu'il força sa fem - me à garder le chat.* LA REVUE POPULAIRE Montréal, jaïwier 1923 D'ailleurs, l'expérience était cun- cluante.Le même homme.voulant s'assurer si ce retour n'était pas seulement dû à un heureux hasard, se procura un autre chat.une femelle.cettesfois qui venait d'avoir des petits.C'était un animal puissant et fort.capable done de tenter un long voyage.\u2018Sept fois Poo C'est la mére Michel qui a perdu son chat.de suite, la chatte retrouva sa maison et ses petits apres qu'on l'en eût éloignée de distances variant de trols a quatre mille.Une huitième fois.on la mit dans un sac au travers duquel elle ne pouvait voir et on la porta dans un automobile à un endroit quelconque à deux milles de là.On la mit 0 .La fan\u201d \u2014 FIN NSS pi tout taché de terre rouge, Voi, 16, No 1 sous une boîte de bois que le maître, cæché à cent pieds de là, pouvait soulever au moyen d'une corde.Il voulait savoir : 10.Si la chatte continuerait à retourner à la maison, en la plaçant à différents endroits; Zo.si dans de telles conditions, elle pourrait s\u2019orienter, c\u2019est-à-dire se tourner dans la direction de la maison ; 30.si, après s'être arientée, elle foncerait tout droit sur la maison et poursuivrait ainsi sa course sans déviation sérieuse.Chaque fois, la chatte-sortit victorieuse de ces épreuves.Si loin qu'il la plaçait, la mère chatte revenait infailliblement à ses petits, et cela en moins de deux ou trois jours.Le grand naturaliste français, J.-H.Fabre, tenta la méme expérience sur un chat.Cet auteur dit que d'Orange à Seri- gnan, une distance de quatre milles,-il .porta sa vieille chatte dans un panier et qu'arrivé 4 destination, il la garda pendant toute une semaine dans une maison qui lui était étrangère, voulant voir si elle s'y habituerait.Mais, cela ne servit de rien, car sitôt qu'il lui rendit la liberté, la chatte retourna toute seule à Orange.Quand l'écrivain la retrouva ?% WN maison, son poil était tout humide et qu\u2019elle avait traversé la rivière Aygues et s\u2019était fait, sécher sur ses\u2019 bords, Deux ponts - traversent cette rivière, mais elle ne voulut pas s\u2019en servir, parce que c\u2019était s\u2019éloigner de la ligne droite.Cette chatte préféra surmonter la répugnance que l\u2019eau inspire à tous les chats et se jeter à la nage que de passer sur l\u2019un des ponts, situés un peu plus haut.dans le but d'arriver plus tôt chez elle.0 Le possé est comme une lampe placée à l'entrée de l'avenir.\u201d- 29 \u2014 LA REVUE POPULATRE preuve .Ce es et dec Ed Li (Ms ene CL de ad tidditehd oo ititintaa dad dated etic ith tidus ha gE St tee tReet rd Montréal, janvier 1928 au FORD EST PLUS RICHE QUE | ROCKFELLER Quel est l\u2019homme le plus riche du monde?Grâce aux documents publiés récemment par l'administration américaine, nous savons son nom.C\u2019est M.Henry Ford.le fameux construc- _ teur d'automobiles.La fortune de ce Crésus moderne est évaluée à 2?milliards de dollars.La somme a déjà de quoi nous éberluer, mais elle semble plus prodigieuse encore quand on la traduit sous des formes plus accessibles à notre habituelle façon de compter.Enfoncé M.Rockefeller qui ne possède que la moitié de cette somme ! Enfoncés également les Vanderbilt, les Carnegie, les Pierpont-Morgan et les russel Sage! Mais pourrait-on en dire autant de M.Hugo Stinnes, le milliardaire allemand?Gelui-ci, on ne l\u2019ignore pas, après des débuts modestes (il fut même, à une certaine époque, ouvrier mineur), édifia du temps du Kaiser, une fortune rondelette dans le commerce et l'industrie.Mais on ne le connaissait pas encore.Avec la guerre, son ambition, comme son influence, s'étend.Il devient le plus gros fournisseur de l'armée et de l'Etat.Depuis l'armistice, sa fortune croit de plus belle.Hugo Stinnes truste les usines, les mines, les sociétés de transport et de navigation.Il met peu à peu la main sur l'Allemagne entière et, tandis que les grands industriels s\u2019effondrent autour de lui, il devient une sorte de souverain omnipotent.Seulement, personne n'ose dire le chiffre de sa fortune.Peut-être est-il plus riche qu'Henry Ford.mais il ne se trouvera pas un seul Allemand assez imprudent pour nous en faire'la confldence, Re ; Be.BH, Re \u201cA K Sr le pe pe.- i 4) Hi, 1 a EE SRN a A an i faa bait OSRKI Lb alatateiatalafalataty ts: coadada ba atte EAA HI Vol.16, No 1 Montréal, janvier 1923 Le dernier des bourreaux d\u2019Arménie tombe sous les coups d'un meurs trier, affillé à l\u2019association secrète des Dasnakists.\u2014Le triumvirat qui décréta pendant de nombreuses an= nées les massacres arméniens a vécu.\u2014Comment furent tués Ta- laat pacha, DJemal-pacha et Enver- pacha.Les cinq cent mille Arméniens, victimes de la cruauté turque, sont vengés, Le dernier de leurs bourreaux vient de tomber sous les coups des Dashnakists, société secrète qui travaille depuis de nombreuses années à la cause de l'indépendance arménienne.Le \u2018triumvirat de Talaat-pacha, Djemal-pacha et Enver-pacha a vécu.Ce sont ces trois Turcs sanguinaires, tous les trois ministres pendant la guerre qui organisèrent pendant dix années les boucheries arméniennes dont hordes de Kurdes qui sc et l'Asie Mineure.Nous avons raconté dans un numéro de La Revue Populaire, l\u2019an dernier, l'assassinat du plus irréductible de ces bourreaux, Talaat-pacha, survenu à Berlin dans dps: irconstances nous décrironside a ques mots, à bitention dé ceux qui ne connaissent pas encore cette histoire.Talaat-pacha.après avoit été cinq ans ministre de la guerre dans le ca- hinet ture, ful mis à la retraite après In fin de la guerre.Pour échapper à ges ennemis, pour tromper les zéla- ils confièrent l'exécution aux infestent le Kurdistan, pays partagé entre la Per-.que: uveau en quel- teurs arméniens qui avaient juré sa perte, il alla chercher un refuge qu'il croyait inviolable dans la banlieue de Berlin.La, il vivait très simplement depuis quelques mois, quand f! s'avisa un jour de sortir pour aller visiter un musée de la capitale allemande.I était accompagné d\u2019une dame et de quelques amis fidèles et sûrs, rencontrés à Berlin.Comme il se promenait dans les galeries, il croisa un jeune homme qui le fixa attentivement.Un frisson lui passa sur la chair.Pourquoi ce regard obstiné?Qu\u2019y avait-il dans ces yeux, sinon de la haine ?Mais il ne pensa pas un instant que ce pouvait être là l'instrument de vengeance du peuple arménien.Talaat s\u2019en retourna èt le jeune homme le suivit de loin pour surprendre sa cachette.C\u2019était un artiste arménien, âgé de vingt ans, échappé au massacre de toute sa famille et qui avait juré sur les cadavr sde son père, de sa mere et de ses sopurs de venger leur mort.Pour cela; -il \u2018avait suivi \u2018Talaat, responsable.de ces massacres, \u2018de pays en pays.Sa fortune y avait passé et il fallait abandonner sa poursuite quand le Hasard ävait voulu qu'il le rencontrât d\u2019 une fagon.aussi inat- \u201ctendue.a.Un matin, il se posta \u2018devant sa porte et quand Talaat-pacha sortit.accompagné de sa femme, il lui tira une halle de revolver, en lui criant \u201cMeurs, chien.que mon pays soit vengé dans ton sang\u2019.Mais la première balle atteignit la femme à l\u2019épaule.Talaat ayant été assez lâche pour se cacher derrière elle.Le jeune Armé- ° PRY RTI HAT se A Lata EAA ti tg ot Rte PR re Vol.16, No 1 Montréal, janvier 1928 Les Dashnakistes jurèrent sur les cadavres de leurs frères - de venger l\u2019Arménie, nien leva son arme une seconde fois et là le toucha au coeur.L'homme tomba raide mort pendant que les passants accouraient en foule et se précipitaient sur l'assassin.H fut jugé à Berlin et acquitté, après uIT procès fameux.Quelque temps après Ce meurtre, les jeunes.hommes d\u2019Arménie qui avaient survéeu aux massacres des Vol.18, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 Kurdes se groupérent en une association secréte et se donnérent le nom de Dashnakists.nellement de rechercher les deux autres complices de Talaat et de les tuer, en quelque lieu, et quelque circonstance que ce fût.He ace ee J on mis 7) rg $ ss >} LA REVUE POPULAIRE \u2014 59 \u2014 Montréal, janvier 1928 saire de police, il se remit el 1n iarge sourire illumina sa face vulgaire de bon vivant.\u2014Ah! bonjour, messieurs.fit-il en saluant.est-ce que vous venez pour voir Madame?Déjà le chimiste, mécontent d\u2019avoir été vu rôdant autour de la villa, esquissait un geste de dénégation.mais Mathieu, sans y prendre garde, poursuivait.visiblement heureux de irou- ver des gens près desquels il pût s\u2019épancher: | \u2014C'est que vous auriez pu sonner longtemps à la grande grille.Le père Joachim a, maintenant.bien d\u2019autres choses à faire qu\u2019à attendre les visiteurs.Vrai, je ne sais pas ce qu\u2019a Madame depuis cette nuit, mais je parierais, presque, que tout cela lui a dérangé l\u2019esprit.\u2014Comment?fit Richardson, cependant que Gerbier, dont la curiosité était vivement excitée, affectait de regarder d\u2019un autre côté.\u2014 Certes, reprit le maître d\u2019hôtel, satisfait de son succès, figurez-vous que Mme la princesse a abandonné la villa pour aller s'installer à la tour d\u2019Anflouss ! Malgré lui.Gerbier laiss- \u201cchapper un mouvement de stupcur «A cette question jaillit de ses lèvres: \u2014Vous plaisantez.Mathieu! \u2014Dieu m\u2019est témoin qu> nan.monsieur Gerbier.Madanmi< + décidé que, dorénavant, elle habitérait la tour avec Cécile et le vieux Joachim, Quant à Marie.la cuisinière.qui est ma femme, comme Monsieur lv sait sans doute, el à moi.nous devoirs rester aux Mimosas\u201d.Marie y fera la enisine qu'à chaque repas j'irai porter à ln lour!.Vous voyez ça d\u2019ici!.Quel service!.Si cela a le sens commun! Ah! quand j'ai su que, ce Vol.16, Na 1 matin, Madame avait refusé de recevoir Monsi eur, j'ai pensé tout de suite qu'elle avait quelque chose de dérange dans la cervello!.Oh! faut pas que Monsieur «eo formalise, ajouta le domestique, comprenant par un geste de Grbier qu'il avait consigne-là est pour tout le monde ! Même si le june d'instruction qui va biau sûr diriger l'enquête au sujet du vol, se présente, je ne sais point si on le reenvra.Le brave homme aurait pu continuer longtemps ainsi.A présent, Marcel Gerbier ne l'é- coutaii plus.\u2014À la tour d'Anflouss! répétait-il.comme se parlant à lui-même, elle esl dans la tour d'Anflouss! Mais qu'est- Ce que cela signifie?.Le- main de Richardson, en se posant doucement sur son bras.l\u2019arracha à sa stupeur.C'est que.pour le brave docteur, ces mots, la tour d\u2019Anflouss, n\u2019évoquaient rien de précis.\u2014 Cher monsieur.fit-il à mi-voix, qu'est-ce au juste que cette fameuse tour?\u2014Ah! c'est vrai, vous ne la con- naissoz pas?fit le chimiste.\u2014Je n'étais jamais venu à la villa avant cette nuit et.\u2026.\u2014Exceusez-moi, je l'oubliais.\u2026.\u2014 Vous ne savez point ce qu\u2019est ce nid de hiboux, monsieur, intervint Mathieu; eh bien: entrez donc un peu: \u201cde l\u2019allée voisine on l\u2019aperçoit.Et\" côfrme Marcel \u2018Gerbier-se disposait à décliner l'offre du valet, ne so souciant pas de forcer ainsi la porte de la princesse, celui-ci ajouta vivement : | \u2014Je sais bien que je n\u2019ai nullement le droit d\u2019agir ainsi et que ce ne serait guère le rôle de messieurs tels que LA REVUE POPULAIRE été trop loin.cette.Montréal, janvier 1923 vous d'accepter ma proposition; mais nous ne sommes pas en temps ordinaire: Madame est sans famille; Vous, monsieur Gerbier, êtes Je seul ami en qui elle avait confiance.ça se voyait bien.Alors il ne faut point l'abandonner.pour des raisons de correction, pas vrai.\u2014 Mathieu.vous avez raison et vous êtes un brave homme! déclara Richardson qui, se tournant vers le chimiste, reprit: \u2018 \u2014 Tout ceci est tellement bizabre, pour ne pas dire plus, qu'il me semble que nous pouvons, en la circonstance, donner une légère entorse aux convenances.Ce \u2014Soit, convini Marcel qui sentait bien que ses deux interlocuteurs avaient raison.| GHAPTRE V Derrière Mathieu qui les précédait, les deux visiteurs pénétrerent alors dans la propriété.De ce côté, que dominaient les terrasses bordant la maison d'habitation.le jardin avait des allures de petit parc; les arbres touffus.y pullulaient formant des voûtes de verdure au- dessus des sentiers.Bientôt.le maître d'hôtel tourna à gauche, dans une allée déclive.Ç \u2014 Mais enfin.murmura Richardson en se penchant à l'oreille de Gerbier qui marchait, sombre et silencieux, me direz-vous ce qu'est cette, tayr d\u2019Anflouss?Cite \u2014Vous allez voir, répondit brièvement le chimiste.À ce moment, l'allée, après un coude brusque, débouchait sur une vaste pelouse baignée de clarté et descendant en pente douce jusqu\u2019 au bord de la 23370 \u2014 60 \u2014 nt Ad ea A A PRE CE ERA D REP RE re \u2018 .\u2014- Vol.16, No 1 De ce point le coup d'oeil était merveilleux.Par delà un petit cap supportant des ruines basses, sorte de promontoire rocheux fort élevé, s'enfonçant dans les flots à la facon de l'éperon de quelque monstrueux navire.le regard se perdait dans l'immensité du large.Durant quelques secondes, les trois hommes demeurèrent immobiles, subjugués malgré eux par la magnificence du spectacle qui s'offrait à leurs yeux.Au cours de la promenade qu\u2019il avait faite dans le jardin, au petit jour, le docteur n\u2019était pas venu de ce côté.Il s'était contenté d'examiner la partie opposée, celle que le mystérieux Boris avait dû traverser pour entrer et sortir de la villa.\u2014 Admirable! murmura-t-il enfin.comme se parlant à lui-même.En virant doucement sur ses talons, il considérait tout à l\u2019entour.En arrière.dressée au sommet d'un mouvement de terrain et dominant ses deux terrasses qui, elles-mêmes, commandaient les pelouses, la villa apparaissait toute blanche sur le ciel d'un bleu intense et profond.Comme les regards de l\u2019Anglais revenaient à la mer invinciblement, Marcel dit à voix basse en étendant le bras: \u2014La tour!.Suivant la direction indiquée par ce geste, Richardson porta ses yeux sur le petit promontoire dont nous avons parlé.Il y avait là un entassement chaotique de roches rougeâtres.Au sommet, ce que tout d\u2019abord le \u2018docteur avait pris pour des ruines, c'était la tour d\u2019Anffouss! Au delà d\u2019un mur bas.élevé à hauteur d\u2019appui, que précédait un fossé FES LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 et qui fermait le promontoire du côté de la terre.on distinguait unc construction do forme ronde.d'aspect moyenageux.Elevée jadis en ce !ieu par des côr- saires sarrasins dant les barques parties d'Espagne écumaient les mers on- vironnantes, elle avait ét Innetomps la terreur de la rég'On quié s°2 poss78- seurs rançonnatier(.Plus tard.d< h-+- 1 dentazgue y avaien' suceu:|* a « Cris.à ce changement d- maiip = \u2018eo sinisire repaire n'avait pas gagué une meilleure rrnomméa.Enfin.la Révointion é\u2018ail survnne.balavant les mille fortores épria-t-il.Mais Gerbier of Mathieu disparaissaient déjà en haut des pelouses.Richardson_comprenant que ce n'é- tail pas le moment de laisser seul le chimisté, fil un signe d'adieu à Joa- chim: puis.il sempressa de rejoindre ses compagnons, M les trouva à l'entrée de l'allée par laquelle toux trois élaient arrivés quelques instants auparavant.Appuvé au frone d'un chène-liège.Marcel les bras eroisés.la face dure et contraclée considérait la tour qui se (Jressait.énigmatique.au boul de osn promontoire de rochers.11, comme l'Anglais l'abordait.le jeune homme prononça d'une voix sifflante.en étendanl Je bras: -\u2014Voyez, docteur, vovez, elle est lal.Vivement, Richardson se retourna.Déjà, le vienx Joachim avait retiré la planche, coupant ainsi toule çom- Vol.16, No 1 \u2014\u2014 municalion entre les habitants de la tour d'Anflouss el la terre ferme.Mais, en levant les yeux, le méde- sin aperçut sur l\u2019étroite plate-forme couronnant le sommet de l\u2019ancienne forteresse mauresque une silhouette blanche.celle d\u2019une femme.Elle se tenait loute droite, les mains posées sur la balustrade de fer, se découpant en plein ciel.On sentait qu\u2019elle regardait du côté de la terre, mais l\u2019éloignement empê- chaii de distinguer son visage.\u2014\u2014C\u2019est elle, c\u2019est la princesse! ré- péla Marcel.\u2014Parbleu, elle vient s\u2019assurer si nous avons bien décampé! grommela Mathieu.+ Et, comme personne ne lui répondait, le maître d'hôtel ajouta, se par- Jant à lui-même: \u2014Oh je commence à en avoir assez de cette boîte-là: je vais me faire régler et demain j'aurai filé.J\u2019ai pas envie de vivre plus longtemps avec des fous! Durant quelques minutes, les trois hommes demeurèrent encore là, contemplant et la tour et son étrange habitante; puis, Richardson.posant doucement la main sur l\u2019épaule de Marcel, murmura: \u2014Partons, mon ami; nous n\u2019avons plus rien à faire ici.Le chimiste hocha la tête approbativement: puis, sans mot dire, il suivit ses compagnons.Mathieu reconduisit les visiteurs jusqu'à la petite grille de service par laquelle ils étaient entrés.Richardson lui glissa un billet de cent francs dans les doigts et comme le domestique, surpris, protestait: \u2014Si fait, Mon garçon, prenez, coupa l'Anglais, nous vous devons bien ce LA REVUE POPULAIRE dédommagement pour vous avoir fait perdre probablement votre place.Puis.sans attendre les remerciements du maître d\u2019hôtel, il rejoignit Gerbier qui s\u2019éloignait à grands pas.Durant près d\u2019un quart d\u2019heure, ils cheminèrent, côte à côte, absorbés en leurs réflexions.Alentour.c\u2019était toujours le même calme absolu et profond que trou- bläient parfois le cri d\u2019un oiseau s\u2019envolant de dessus un mur, ou les rires perlés d'enfants jouant sur une pelouse.Au loin, vers la grande route.on percevait des grondements de moteurs, des appels stridents de corne lancés par les autos qui, \u2018de tous les points de la côte, transportaient vers Nice les heureux habitants de cette terre bénie.A la fin, Marcel Gerbier s'arrêta brusquement et,les bras croisés.fixant sur son compagnon un regard étincelant.il questionna, la voix brève: \u2014 Eh bien, docteur, qu\u2019en dites- vous?.\u2014Ma foi, cher monsieur, : j'avoue que tout ceci me paraît pour le moins bizarre.: Le chimiste eut un rire amer.\u2014Bizarre, certes, et le qualificatif que vous employez en la circonstance est des plus modérés!.Je serais ce Boris, ce misérable qui, \u2018cette nuit, s\u2019est introduit aux \u2018Mimosas\u2019 et y a volé douze mille francs, que la princesse Tchermazoff ne me traiterait pas autrement.\u2014Permettez-moi de vous faire observer que je ne suis pas\u201cplus favorisé que vous! repartit le médecin d\u2019un ton conciliant.Gerbier eut un haussement d\u2019épau- Ve on a.\\ we 06 wea A FR LT STO IT rT Ts TS I IN TRI NL SRS LR IN rr Montréal, janvier 1923 { Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1928 \u2014 Docteur, c'est très gentil à vous de vouloir me masquer la vérité.mais cela ne m\u2019empéche pas de la voir.\u2014~Cependant.\u2014 Que Mme Tchermazoff ne vous recoive point, qu'elle vous fasse fermer sa porte et, au besoin, donne 1\u2019ordre à ses domestiques de vous jeter dehors si vous insistez, cela n'a qu'une importance relative.\u2014 Vous trouvez?.\u2014Comprenez-moi, docteur, je dis importance relative, il n\u2019y aurait là qu\u2019un manque de correction.la princesse ne vous ayant jamais vu avant cette nuit!.\u2014C'est.vrai.\u2014Pour moi, il n\u2019en va pas de même; songez que j'étais un des amis les plus fidèles de la maison, que, de l'aveu général.je jouissais de la confiance de cette femme.Il s\u2019interrompit, serrant les poings, le regard fixe.\u2014Flle n\u2019a rien à me reprocher, gronda-t-il d\u2019une voix rauque, rien, je vous en donne ma parole.\u2014Parbleu, j'en suis bien sûr, fit Richardson d\u2019un ton amical; calmez- vous, mon cher ami, nul ne vous soupçonne pour l'affaire de cette nuit.Marcel ouvrit la bouche pour dire quelque ohose, mais se ravisant, il se tut.Cependant, le docteur poursuivait : \u2014Mme Tchermazoff elle-même est parfaitement certaine de votre innocence et, j'irai plus loin, elle n\u2019a jamais cessé de vous garder toute son amitié.\u2014 Cette fois.vous vous avancez peut-être beaucoup! s\u2019expliqua ironiquement Gerbier \u2014Nullement.En ce cas, elle a une singuliére façon de me la prouver, cette amitié, permettez-moi de vous le dire.\u2014Pourtant, ce matin encore, elle vous en a donné une preuve indiscutable.\u2014Laquelle?.Je serais curieux de la connaître!.; \u2014Avez-vous oublié cette dépêche que vous reçûtes en ma présence of qui vous recommandait de veiller sur vous.comme si quelque péril vous menacait?\u2014Oui\u2026 Th bien.cette dépêche.c\u2019est Mme Tchermazoff qui vous l\u2019a expédiée, n\u2019en doutez pas.Et, comme son interlocuteur le regardait, dissimulant mal son incrédulité, l\u2019Anglais demanda : \u2014 Vous ne me croyez point?.\u2014J\u2019avoue que cela m'est difficile !.\u2026 J'aimerais assez à voir la preuve de.\u2014Oh! rien de plus simple.\u2014Vraiment.| \u2014Ecoutez: tout à l'heure, comme vous vous éloigniez, Joachim m'a con= fié que sa maîtresse était allée, ce ma= tin, à Nice, acheter un revolver pour elle et un fusil] pour lui.Or, le télégramme anonyme fut mis au bureau central de la ville, à 7 h.45.je vous laisse le soin de conclure.Marcel Gerbier avait tressailli.Evi- demment la coïncidence le frappait comme elle avait frappé son interlocuteur.A la fin.il] prononça, avec un geste découragé : \u2014Mais alors, comment expliquez- vous son attitude de ce matin et surtout de tout à l\u2019heure ?Donnez-moi une raison, un motif plausible.Richardson riposta: \u2014Vous m\u2019en demandez trop, à présent! Je vous dis ce que je sais; pour a PET PI TEE TE Ey AE Socal PE A 1 Vol.18, Na 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 le reste, je partage entièrement votre ignorance! \u2014Mon Dieu.mais c\u2019est à en devenir fou! s\u2019exclama le jeune homme.Ft il pressait sa tête à deux mains comme pour l'empêcher d\u2019éclater.Il paraissait si navré.si éperdu que Richardson en eut pitié.\u2014Courage.mon ami, courage.lui dit-il, se départant d\u2019un ton glacial qui était ordinairement le sien ; le temps travaille pour nous, c'est un grand maître qui arrange bien des choses et se charge de dénouer les situations en apparence les plus compliquées.\u2014Ah! docteur! murmura Marcel en serrant avec force les mains du praticien, qu'il avait saisies entre les siennes, que Dieu vous entende et fasse que vous ne vous trompiez pas! CHAPITRE IV À la même heure.la princesse Tcher.mazoff, debout sur la terrasse couronnant la tour d'Anflouss, regardait le soleil disparaître lentement dans la mer, au milieu d'un rougeoiemetn d'incendie.A l\u2019entour, tout paraissait être de pourpre.depuis les flots de la Méditerranée jtisqu\u2019aux rochers, formidablement entassés au pied d'un promontoire qu\u2019ils rendaient inaccessible.- Pourtant Nadia ne semblait.rien voir, ses yeux fixes demeuraient.sans expression.te) w= so Enfin, I'astre du jour s\u2019 \u2018abîma définitivement dans les vagues et un coup de vent frais, courbant la cime des arbres du jardin, fit frissonner la grande dame.Brusquement rappelée au sentiment de la réalité, elle passa sur son front une main fine et blanche, aux doigts de laquelle plusieurs bagues garnies de merveilleuses pierres étincelaient de mille feux; puis.se tournant une dernière fois du côté de la villa qui n'était déjà plus qu\u2019une tache grise au milieu de l'obscurité montant du sol.elle murmura, très bas, quelques mots.Après quoi.l'étrange femme redescendit dans la tour par l'escalier intérieur.Celui-ci débouchait au fond d'un couloir coupant l'édifice en deux parties, A l'autre extrémité.s\u2019ouvrait la porte donnant sur 'extérieur.Le rez- de-chaussée de la tour avait été divisé en quatre pieces.Les deux premiéres constituaient : l\u2019une.le logement de Joachim ; l\u2019autre, la salle à manger.Les dernières, situées plus au fond.près de l'escalier.avaient été aménagées en chambre à coucher pour la princesse et en cabinet de toilette où.chaque soir, on tendait un lit pliant destiné à Cécile.Celle-ci.un flambeau à la main.attendait sa maîtresse au bas des marches.\u2014 J'allais monter vous prévenir, Madame.prononça-t-elle.ear voici Mathieu qui arrive avec le dîner.\u2014Bien.merci, murmura Nadia en inclinant la téte.Et, légère comme un fantôme.elle gagna la salle à manger.so Avec-sa longue robe d'intérieur en satin blanc, ses magnifiques cheveux blonds tressés en deux nattes tombant sur les épaules, la princesse Tcherma- zoff avait plus l'air d\u2019une châtelaine d'autrefois, revenue en sa tour féodale, que d\u2019une femme élégante de notre siecle.| Ce fut ce que se dit Cécile. Vol.16, Na 1 Pourtant comme bien on pense, la camériste garda cette réflexion pour elle et suivit sa maîtresse.La salle à manger, de même que toutes les pièces de la tour, était vaste et haute.Un are de centre formait l\u2019un des côtés et.en dépit des tentures suspendues en hâte le long des murailles, une humidité y régnait.Une table de chêne, un dressoir et quelques sièges apportés de la villa en composaient tout l\u2019ameublement.Cependant, Cécile avait allumé une lampe à colonne garnie d\u2019un abat-jour de soie rose, qui, entre parenthèses, faisait le plus singulier effet en ce décor, et une clarté douce éclaira la nappe blanche sur laquelle un couvert était disposé.LA REVUE POPULAIRE A ce moment, Mathieu entrait, portant un panier contenant le diner.Le maitre d'hôtel s'attendait à des reproches, à quelque sévère admonestation pour avoir laissé pénétrer, dans \u2018e jardin, Marcel Gerbier et Richardson.Mais, comme il l'avait dit à l\u2019An- rlais, il commençait à en avoir assez le cette étrange maison, dans laquelle le service se compliquait, à présent, de façon aussi singulière qu\u2019anormale.I] n\u2019attendait qu\u2019un mot pour demander à la princesse de lui régler -son compte, ainsi que celui de sa femme.« À sa grande surprise, l'observation \u201cprévue ne vint pas, Mme Tchermazoftf ne fit aucune allusion aux événements de la journee.Elle avait l\u2019air lointain, absent, et ce fut à peine si elle toucha aux plats qu'on lui servit.Mathieu la considérait en dessous, à la dérobée, IRAN ORR NAN Co I CTR ARAN] 1 A Montréal, janvier 1928 Jamais il ne l\u2019avait vue si pâle, une expression d'indicible tristesse était répandue sur tout son visage.Visiblement elle souffrait.Bien qu'il ne se piquât pas de sensiblerie, le maître d'hôtel se sentit remué par cette détresse et il allait se retirer, une fois son service terminé, sans avoir osé annoncer sa décision de partir, lorsque la princesse, sortant de sa torpeur, l\u2019arrêta d'un mot.\u2014Mon pauvre Mathieu, tout ceol vous donne bien du mal, fit-elle avec douceur.Pour le coup, le domestique faillit lâcher le panier qu'il avait repris.Quoi, la princesse, maintenant, se préoccupait de la peine que sa fantaisie pouvait occasionner à ses gens.C\u2019était bien la première fois de sa vie que cela lui arrivait! Décidément, ce n'était plus la mé- me | \u201cC\u2019est à croire qu'on l'a changée!\u201d songea Mathieu tout en répondant: \u2014 Mais non, Madame est trop bonne, le service s'en trouve bien un peu plus difficile, certes, mais la chose n\u2019a pas d'importance si Madame est contente ainsi.Dans son trouble il oubliait ses belles résolutions de départ.Cependant, Mme Tchermazoff répliquait avec sou inaltérable douceur: \u2014Je vous remercie, Mathieu, de même que votre femme.Vous pourrez lui annoncer que vos gages,à \u2018tous deux, sont doublés à partir: d'aujour- d\u2019 hui.\u2018 Et sans attendre les remerciements du maître d'hôtel, ébaubi de l'\u2019aventure la princesse le congédia d\u2019un ges= te.Dans le couloir, Mathieu rencontra Cécile et Joachim qui prenaient le frais au seuil de la tour.\u2018 LRN Vol.16, Na 1 \\ \u2014Eh bien! vous savez, leur dit-il à mi-voix, ça lui réussit plutôt à la patronne d'avoir eu peur!.Elle qui, avant, n\u2019était rien moins que commode et qui vous aurait fait crever à la .peine sans vous dire seulement un mot, voilà qu\u2019elle se préoccupe du mal qu'elle me donne et qu\u2019elle nous augmente!.\u201cVrai, si je connaissais le loustic qui, cette nuit, l'a ficelée, je lui ferais tous mes compliments! \u2014Vous avez tort de plaisanter avec ces choses-là.riposta Cécile: Madame devient meilleure, c\u2019est certain, mais c'est parce qu'elle a de la peine, beaucoup de peine! \u2014De la peine ?répéta le maître d'hôtel étonné.\u2014Oh! je sais ce que je dis! Toute la journée, je l'ai entendue pleurer dang sa chambre.\u2014Le fait est qu\u2019elle avait les yeux rouges! fit Mathieu.\u2014Et puis, reprit lentement le vieux Joachim en retirant de sa bouche le tuyau de sa courte pipe, vous ne m'ôterez pas de l'idée qué si une dame, jolie et élégante comme elle, vient s'enfermer en ce nid bon pour des mouettes ou des courlis, c\u2019est qu'elle a tant de chagrin qu\u2019elle ne s'intéresse plus à rien, Y en a qui font pénitence de cette façon.quoi! \u2014 Soit; après tout, c'est bien possible, concéda le maître d'hôtel; sur ce, bonsoir, vous autres, je m'en retourne à la: villa, .A ce moment, la silhouette blanche et fantômatique de la princesse Tcher.mazoff apparut au seuil de la salle à manger.\u2014Joachim! fit-elle en élevant la voix, Joachim! : \u2014Madame?.\u2026\u2026 ; LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1922 \u2014Reconduisez Mathieu et rentrez bien la planche servant a franchir le fossé.\u2014Qui, Madame.\u2014A ce propos, je voulais vous dire: quand vous sortez l'après-midi.il ne faut pas laisser cette passerelle en place, mais prévenir Cécile afin qu'\u2019elle la rentre en votre absence.De plus je désire qué la porte de la tour demeure constamment close.Sur ce, la jeune femme gagna sa chambre où on l\u2019entendit s\u2019enfermer.Ce fut la seule allusion qu'elle devait faire aux événements de la journée.Lorsque, quelques minutes plus tard, Cécile ayant souhaité le bonsoir au vieux jardinier, pénétra à son tour dans le cabinet de toilette devant lui servir de chambre à coucher, elle constata que la porte permettant de communiquer avec la pièce où se trouvait la princesse était exactement close.) Evidemment, Mme Tchermazoff se barricadait chez elle comme si elle eût redouté une attaque semblable à celle de la nuit précédente.\u2014Pauvre femme! murmura la camériste en jetant sur cette porte un regard empreint de commisération.La journée du lendemain commen - ca, terne et monotone, On eût dit que l'ennui suintait des sombres murailles\u201d de la tour avec l'humidité et s\u2019abattant sur les habitants, les glaçait jusqu'au fond de l'À- me, quoi qu\u2019ils fissent pour réagir.Joachim, lui-même, n \u2018échappait pas à la contagion.Bien que sa vie de matelot l\u2019eût habitué à la solitude, aux contemplations du large, loin de tout bruit ter- A restre, le jardinier se sentait mal à a [PE RT VET EIST RII J sd re HH TY SR ERSTE à A \u2018 Vol.16.No 1 so \"3 l'aise en cette tour noire, plus semblable à une prison qu\u2019à autre chose.C'est ge qu'il confiait à Mathieu venu pour rendre les ordres de la princesse et qui, celle-ci n'ayant pas encore sonné, attendait philosophiquement tout en bavardant avec le brave homme.maître .d'hôte], quand vous naviguiez.père Joachim.cela devait manquer d'animation, à ce que je pense!.\u2026.Le vieux jardinier hocha la tête.\u2014 C'est si différent! soupira-t-il.\u2014Figurez-vous qu'ici vous vous trauvez sur un bateau qui aurait jeté l'ancre.\u2014 Oui, je sais, pour un terrien.cela paraît tout comme: mais pour mai.\u201cVoyez-vous, mon cher - Mathieu, vous étes un bon garçon.toujours prêt à rendre service, vous connaissez parfaitement ce que vous avez à faire dans votre partie.mais pour ce qui est des choses de la marine.un mousse vous en remontrerait! \u2014 Dh! je ne dis pas non! sourit le maître d'hôtel bon enfant.De l'altercation de la veille, pas le moindre souvenir de rancune ne demeurait entre les deux hommes.Obscurément, tout l'étrange de la situation qui leur était faite.de par la, fantaisie inexplicable de la princesse, les impressionnait, achevait de les \u2018rapprocher.- + Aussi, fût-ce d'un ton parfaitement \u201camical que Joachim poursuivait.essayant de définir sa pensée: \u2014 Quand on est au large, en croisière, que de tous les côtés où l\u2019on se tourne, on n\u2019aperçoit que le ciel et l'eau.on a un sentiment de tranquillité, de parfaite sécurité, qu'on ne ressent pas ici!l.LA REVUE POPULAIRE \u201cAh! certes, je ne suis pas-poltron, vous pouvez m'en croire et, au cours de mon existence, je me suis trouvé plus d\u2019une fois en de sales passes, comme l'on dit.mais c\u2019est bien la première circonstance où j'éprouve une pareille impression de malaise.\u201cIl me semble que j'ai toujours quelqu'un derrière moi, là.comme pour surveiller ce que je fais ou ne fais pas.\u201cJe n'ai jamais vu de fantômes, mais bien sûr.s\u2019il en existe.si ce ne sont point là des contes de bonnes femmes.je parie que les endroits où ils reviennent doivent être dans le genre de cette tour maudite.-+-Le fait est!.approuva Mathieu avec conviction, \u2014FEt puis.reprenait le vieux loup de mer, je ne sais que faire de mon temps, à présent que je n\u2019ai plus le jardin pour m'occuper.me distraire.\u2014 Madame veut le laisser en frites \u2014Non pas, mais c'est tout comme! Je ne puis m'éloigner sans prévenir, afin que, derrière moi, Cécile retire la planche jetée sur le fossé.Pour rentrer à la tour.même comédie.Il me faudra appeler, attendre qu\u2019on vienne rétablir la passerelle ; bref, un tas d'histoires et de complications ! Autant rester là à bayer aux corneilles et à regarder de quel côté souffle le mistraïM.Et le\u2019 jardinier.levant vers le ciel ses veux désolés, s'éloigna en grommelant tandis que- Mathieu allait re- joindre-la femme de chambre qui l\u2019appelait, afin de lui transmettre les ordres de sa maîtresse pour le déjeuner.Cependant.Mme \"Tchermazoff ne semblait point prendre garde à ce que sa conduite, pour le moins bizarre, pouvait faire penser à son entourage, Montréal, janvier 1928 INC Br SIE nn aE i A Ts Xe si EEE AM ES Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 Vers dix heures, ayant quitté sa chambre, elle était montée sur la terrasse et, de même que la veille, avait paru s'absorber dans la contemplation de l'horizon.Le soleil inondant la plate-forme de ses rayons ardents, Cécile lui avait apporté une ombrelle.La princesse l'avait prise, se contentant de remercir d\u2019une inclinaison de tête; aussi, la camériste s\u2019était-elle basardée à dire à mi-voix: \u2014Madame devrait rentrer, elle risque de prendre mal!.\u2014 Merci, Cécile, vous êtes bonne, \u2018avait murmuré la princesse sans détourner les yeux vers sa suivante, mais je reste ici, car j'ai pour cela d'impérieuses raisons.| Elle s'était soudainement interrompu comme craignant d'en dire trop et la camériste, n'osant insister, s'était retirée, en poussant un soupir.1 allait être cinq heures.De nouveau, Mme Tchermazoff sc trouvait sur la terrasse qu\u2019elle avait \u2018juste désertée le temps de déjeuner.De rares barques de pêche, rentrant & Nice, passaient au loin, les voiles gonflées par la brise, semblables à de grands oiseaux se balançant à la crête des vagues.Le long de la côte pittoresquement découpée de petites baies, et que do- -minaient de hautes falaises, pas la moindre silhouette humaine n'cppa- raissait.: : C'était le désert, Ja solitude la plus complète.En bas, au pied de la tour, Cécile, un ouvrage de broderie aux doigts, se tenait assise sur un pliant; à quelques pas de là, maître Joachim fumait, l'air ennuyé, son éternelle pipe.Tout à coup,\u2018la porte massive de la mere 72 tour d'Anflouss tourna sur ses gonds et Mme Tchermazoff parut.Son visage avait cette rigidité marmoréenne qui semblait être devenue son expression habituelle depuis la nuit tragique qui avait si singulièrement bouleversé sa vie.Sur sa robe blanche, elle avait jeté une longue cape sombre; un chapeau de paille sans aucun ornement couvrait sa tête mignonne et fière sous le casque opulent et somptueux de sa chevelure d\u2019or, \u2014Joachim, fit-elle de sa voix calme, ne m'avez-vous point dit hier, qu'une grotte existait sous la face ouest du promontoire et qu'un canot s'y trouvait remisé?\u2014Si fait, Madame, ment Joachim.\u2014Je désirerais aller visiter cette grotte et, au besoin, me promener un peu sur la mer.\u2014Rien de plus facile.duire Madame, L'instant d'après, la jeune femme et l'ancien matelot gagnaient l'extrémité de l'espèce de terre-plein précédant la tour, la séparant ainsi de la muraille bordant le fossé.Il y avait là, creusé dans le roe, une sorte d'escalier aux marches grossièrement façonnées permettant de descendre jusqu au niveau de l\u2019eau ou, plutôt, jusqu\u2019à une étroite corniche surplombant, de peu, celle-ci.\u2014Prenez bien garde, Madame, recommanda Joachim en devançant sa maîtresse, l'humidité de l'air rend la roche glissante et, comme il n\u2019y a pas de garde-fou.\u2014\u2014Soyez sans crainte, je fais attention ! Sans trop de peine, Nadia Tcher- mazoft et son guide atteignirent la corniche.répliqua vive- je vais con- \u2014 - «lee of A \u2014-.\u2014 Vol.16.No 1 Celle-ci large d'un mètre au plus n\u2019en mesurait guère que deux de long.Des blocs énormes.assises du promontoire supportant la tour.la fermaient sur trois côtés et.déjà.la princesse cherchait des yeux la grotte dont le marin lui avait parlé.quand celui-ci, tournant à l'angle d'une roche faisant saillie.l'invita à le suivre.Au delà, une ouverture sombre et basse se creusait.s'enfonçant dans les profondeurs de la falaise.\u2014 C\u2019est ici.déclara le matelot.baissez-vous.Madame, vous pouvez entrer.La princese Nadia ayant obéi a cette invitation se trouva, après avoir franchi une sorte de porche rustique évidemment creusé de main d'homme.dans une grotte du genre de celles que l\u2019on voit au fond de certains parcs aménagés par des amateurs de rocaille.Une couche de sable fin en recouvrait le sol el dans un coin un léger canot.dont la peinture blanche s'écaillait par places, gisait sur le flanc.Cependant.Joachim expliquait: ie lieu avail été aménagé par le précédent propriélaire de la villa, un original.qui passait la majeure partie de son temps en mer.C'était là un coin à lui où nul ne venait jamais le relancer.car il l'avait formellement interdit.: Lorsqu\u2019il avait quitté les \u2018\u2019Mimo- - sas\u201d, sept ou huit années auparavant.les choses étaient demeurées en l'état.Nul, si ce n'est Joachim, ne ='était servi du canot.\u2014FEt qu'est devenu ce monsieur ?interrogea la princesse.\u2014Ma foi, je ne saurais dire à Madame; il est, je pense.retourné en son pays, en Espagne.m'\u2019a-t-on dit à l'époque, répliqua l\u2019ancien matelo!.LA REVUE POPULAIRE - 2 Montréal, janvier 1923 \u2014Ah!.\u2014Quant à l\u2019embarcation, elle est en parfait état.j'en réponds à Madame et si Madame veut se promener.\u2014 Mais certes! coupa Mme Tcher- mazoff qui regardait autour d\u2019elle avec une attention extrême.\u2014 Alors ce sera l'affaire de deux minutes.le temps de mettre le canot a l'eau.Ce disant, Joachim soulevait le léger esquif.le redressait.puis le trai- nant sur le sable, le faisait glisser jusqu'à la mer.Là.il l'amarra solidement par une corde à un anneau fixé dans la muraille rocheuse.à l'intérieur de la grotie.Dans un coin.une paire \u2018+ avirons se trouvait debout.accotée à la paroi.Le jardinier s'en saisit et l'instant d'après.sautant dans l'embarcation, il tendait la main à la princesse afin te l'aider à y descendre.La princesse Nadia remercia d'un signe de tête el.sans aucun secours, elle s'élanca sur l'avant du canot que le flot balançail mollement.\u2014Vous avez le pied marin! remarqua avec plaisir le vieux loup de mer, lequel n'ayant jamais pu se plier au parler respectueux et gourmé des autres domestiques.n'hésitait pas à formuler sa pensée de façon queldue peu familiere.Mais Mme Tehermazofl .ne | parut point avoir entendu et.s \u2018élant assise, elle laissa tomber ce: seul mot: \u2014Allez! Les avirons vigoureusement maniés par le père Joachim battirent l\u2019eau et I'esqu.l fila rapidement sur le sommet des vagues courtes, -\u2014De quel côlé faut-il promenade de'Madame ?l'ancien matelot.diriger la questionna Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 \u2014Ah! c\u2019est vrai, j'oubliais de vous dire, fit la princesse en tressaillant \u2018comme si ces simples paroles l\u2019avait arrachée à son rêve, eh bien, faites d\u2019abord le tour du promontoire.mais doucement, très doucement, nous verrons ensuite.Cependant.là-haut, sur le terre- plein, Cécile.lasse de broder s'était avancée jusqu\u2019à l'extrême bord pour suivre la barque légère qui.maintenant, évoluait lentement autour du cap.Tout à coup.la camériste aperçut un canot automobile, lequel brusquement venait de surgir de l\u2019une des criques de la côte.L'appareil, de petites dimensions, mais vraisemblabiement pourvu d'un moteur puissant, filait avec la rapidité d\u2019une flèche, Jaissant derrière lui un long sillage d\u2019écume argentée et emplissant l\u2019air frais du fracas de ses explosions.La chambrière le regardait à présent, non sans surprise.car il lui semblait se diriger tout droit vers la tour d\u2019Anflouss.\u2014Des promeneurs.sans doute.qui viennent contempler l'édifice de près, songea-t-elle.: Et elle allait reporter son attention du côté de la barque de la princesse, lorsqu\u2019un cri faillit lui échapper.Maintenant, la distance diminuant de seconde en seconde, elle distinguait l\u2019unique passager montant le canot.LS C\u2019était un homme aux cheveux blonds, à la face dure et volontaire.\u2014Boris! s\u2019exclama Cécile épouvantée, Boris! En effet, elle ne pouvait plus s\u2019y tromper.L\u2019individu qui s\u2019approchait dans cette embarcation se déplaçant avec la vitesse de l\u2019éclair, c'était bien l\u2019étrange cambrioleur de la villa.le hardi malfaiteur qui.deux nuits auparavant.avait ligoté la princesse et s\u2019était enfui par la fenêtre.Cécile, les prunelles dilatées par l'épouvante, ne pouvait en détacher ses regards et, comme fascinée, elle restait là.pressentant obscurément le drame qui allait s'accomplir.Le canot automobile n\u2019était plus qu'à cinq ou six mètres de l\u2019embarcation montée par Mme Tchermazoff et par Joachim.Alors, le mystérieux Boris partit d'un formidable éclat de rire.La chambrière ne l'entendit point, ses oreilles étant assourdies par les explosions répétées du moteur, mais elle vit sa bouche s\u2019entrouvrir.cependant qu\u2019une expression sardonique, impossible à rendre.passait sur son visage.\u2014 Maintenant le plan du forban apparaissait nettement.I1 était des plus simples.Aborder par\u2019 le travers la légère yole pilotée par le vieux Joachim et la couper.précipitant ainsi à la mer ceux qui la montaient.À la vitesse folle à laquelle il marchait.la chose ne faisait pas le moindre doute!.Les malheureux promeneurs ne pouvaient lui échapper.Quant à chercher un refuge le long de la côte, ils en étaient trop éloignés.de même pour la gagner à la nage, apres la collision.Leur yole se trouvait au delà de l'extrême pointe du promontoire portant la tour d\u2019Anflouss lequel, de ce côté, dressait ses entassements de blocs tombant directement dans la mer et absolument inaccessibles mê- pa Vol.18, No 1 LA REVTE POPULATRE Montréal, janvier 1928 \u2014 me pour des êtres robustes et en pleine jeunesse, La princesse Nadia et son vieux compagnon ne pouvaient donc, à plus forte raison.espérer trouver le salut de ce côté.| \u2014Les malheureux, ils sont perdus! murmura Cécile.Incapable de contempler le spectacle que son imagination lui montrait par avance, elle ferma les yeux en jetant un faible cri d\u2019angoisse.Lorsque, l'instant d\u2019après.la camériste se hasarda à regarder vers la Méditerranée, elle fut toute stupéfaite d'apercevoir la yole flottant tranquillement à la surface des eaux.Là-bas.dans l'est.à plus de trois cents mètres.le canot automobile du bandit s'éloignait, continuant sa course folle.\u2014\u2014Mon Dieu.que s'est-il donc passé?s'écria Cécile.Et au risque de choir dans le vide.d'aller s'écraser sur les roches de la corniche conduisant à la grotte.elle se penchait.appelant du geste la barque de Joachim.Voici ce qui était arrivé: De même que Cécile.la princesse Nadia et son guide avaient été surpris par la brusque apparition du canot automobile.\u2014En voilà un qui va bon train ! n'avait pu s'empêcher de constater l\u2019ancien matelot.Et, avec un dédaigneux haussement d\u2019épaules, il ajouta: \u2014Tout de même ça ne s'appelle pas naviguer ! Ce ne sont point des bateaux que leurs sacrées boîtes de tôle qui empoisonnent le pétrole! Y a qu\u2019à voir dès qu\u2019il fait un peu de houle; ah! ils ne sont pas longs à être retournés, quille en l'airl.+ \u2014 75 \u2014 Un formidable juron acheva la phrase du brave homme.\u2014Tonnerre!.Mais ce bougre-là est fou, il va passer dessus, ma parole, si nous n\u2019y prenons pas garde!.Une main fine et nerveuse s'\u2019appuyant sur son bras lui fit tourner la tête.Il reconnut alors que c'était celle de la princesse 'Tchermazoff.La jeune femme était plus pâle qu'à l'ordinaire, pourtant, elle ne manifestait aucune frayeur; au contraire, ses sourcils dorés s'étaient froncés accentuant leur arc volontaire et ce fut d'une voix basse, mais parfaitement calme, qu\u2019elle prononça: \u2014Joachim, croyez-vous nous tirer de là?\u2014Parbleu, on va toujours essayer | répliqua brièvement le vieux matelot.Sans qu\u2019un mot d'explication lui eût été donné, Joachim avait compris que ce qui se passait n\u2019était pas le fait du hasard ou de la maladresse du pilote du canot automobile, mais le résultat voulu, calculé, d\u2019une manoeuvre criminelle! pouvoir M ne pouvait.comme Cécile.reconnaître le bandit, ne l\u2019ayant pas vu lors de sa visite nooturne à la villa, mais un secret instinct lui disait que c\u2019était luil.Son bras qui, déjà.se levait, esquissant un geste pour indiquer à son adversaire de donner un coup de barre à gauche retomba et, solidement, le vieux Mathurin empoigna ses avirons.\u2014N\u2019ayez pas peur, Madame, lan- ça-t-il à la princesse sans même la regarder.je suis bon nageur et, au cas où le failli chien nous couperait en deux.je vous tirerais facilement de I'eaul.RRR TI HT RRR, s iS A sa Ri + AA AHR AE SIR AR La voix calme de la princesse répondit: | \u2014Je n'ai pas peur.Joachim.ne vous occupez point de moi!.* Cependant le canot naufrageûr n\u2019était plus qu'à quelques mètres.Il arrivait.rebroussant la vague de son avant effilé comme un éperon.\u2014Pirate! grommela le matelot dont les veux ne se détachaient pas de ceux du sinistre pilote.attends un peu, je vas t'apprendre à manoeuvrer proprement!.La vole maintenant flottait.bile ou à peu près.entraîné immo- vers l'ouest par le courant, très faible à la.vérité.Sans doute le bandit crut-il que la terreur paralysail ses adversaires.car ce fut à ce moment qu'il jeta son éclat de rire démoniaque et triomphal.Pourtant celui-ci sacheva en une malédiction.En effet.à l'instant précis où l'éperon du naufrageur allait défoncer le flanc de son embarcation, Joachim avec une admirable présence d'esprit.donna un vigoureux coup de rame à gauche., Aussitôt la yole, obéissant à cette impulsion.décrivit un are de cercles'écartant ainsi de la ligne suivie par le bandit.Cela fut exécuté avec une telle précision que les plats-bords des deux esquifs se frôlèrent en grinçant, s'éraillant l\u2019un contre l\u2019autre.\u2018Durant'l\u2019espèce d'un, éclair, Joa- chim vib, 4.quelques .centimétres de son visage, la physionomie, convulsée par la rage, de l'homme blond.\u2014Gueux, canaille! gronda le matelot.Et il levait son aviron pour en assommer le misérable.LA REVUE POPULAIRE Montréal.j anvier 1923 \u2014\u2014 Mais celui-ci.se de sa barque.vole.La rame brandie par le marin retomba dans l'eau.faisant jaillir une gerbe de goutteletles.À la même seconde.un coup de feu claqua net et clair dans l'air calme du soir: Joachim sentit le vent de la balle le long de sa joue.\u2014Ah! nom de nom! clama-t-il en se retournant.La princesse était là.ramassée sur elle-même.un élégant revolver au poing.C'était elle qui venait de tirer.non pas sur son compagnon, mais sur le forban.Malheureusement le coup de rame donné si à propos par Joachim.et auquel elle était loir de s'attendre.avait dérangé son lirasi bien qu'elle avait laissé passer.sans en profiter.le cinquième de seconde.peut-être.où Bo- vis aurait pu être abattu à bout portant.Maintenant il était trop tard! Le projectile de la princesse se perdit dans l'espace de même qu'une deuxième balle qu'elle tira presque emporté par la viles- avait déjà dépassé la \u201cimmédiatement.\u2014Ah! dommage que nous l'ayons manqué! s'écria Joachim hors de lui: vite.Madame.ne perdons pas une minute et regagnons la terre! Le forban ne va pas tarder à nous charger à nouveau.| \u2014Vous crovez?.\u2014J en suis sur, riposta le marin.Puis.avec un hochement de téte, il ajouta: \u2014Qu est-ce que je vous disais!.CHAPITRE VII En effet.le canot automobile décrivant un vaste demi-cercle avait vi- Vol.16, Nao 1 ré de bord et, à toute viteyse, revenait sur la yole.Joachim se courba sur ses avirons et la légère embarcation fila rondement.Le vieux matelot semblait avoir retrouvé la vigueur de sa vingtième année.| Jamais.même au temps où il naviguait à bord des bâtiments de l'Etat.il n'avait ramé avec plus d'enlrain.\u2014(Ça me rappelle l'époque où jc faisais partie de l'équipage du canot- major de l\u2019amiral de Prémesnil sur le \u2018\u201cHoche\u2019\u2019, songeait-il à part lui.Il n'avait nullement l'intention d'essayer de lutter de vitesse avec l'esquif piloté par Boris ; non, son but était simplement de gagner l'angle formé par la côte et le promontoire.S\u2019il y parvenait, la situation se trouverait grandement améliorée.En effet.le canot automobile ne pourrait plus alors atlaquer que du côté de la haute mer.D'autre part, en cas d'abordage, les naufragés auraient moins de peine à atteindre l'embarcadère d\u2019où ils étaient partis pour cette malencontreuse promenade.Aussi, le vieux marin s\u2019escrimait-il \u2018avec entrain, se retournant de temps à autre pour jeter un regard en arrie- re, du côté du forban qui accourait avec la rapidité d\u2019une flèche.Bientôt, il fut évident que Boris rejoindrait ses victimes avant que celles-ci eussent réalisé leur dessein.A demi dressé à son banc, la main erispée sur le gouvernail, l'étrange malfaiteur fonçait droit sur la yole, parfaitement décidé à ne pas la manquer cette fois.De chaque côté de l\u2019étrave, la houle s'allongeait en deux sillons qui allaient se perdre au loin, w LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 Machinalement, par-dessus son épaule, Joachim examina la princesse.Elle avait repris sa place et, tranquille comme si elle se fût trouvée dans son salon, au milieu d\u2019une réunion mondaine.elle contemplait la mer d\u2019un regard vague, indifférent.Mais, au bout de son bras droit tombé le long de son corps.on pouvait voir le petit revolver dont.toul à I'heure, elle n'avait point hésité à se servir.Bien certainement, elle attendait que l'ennemi fût à sa portée pour tirer à nouveau.- \u2014N'importe, nous filons un mauvais coton, comme l'on dit! maugréa le matelot.Cette canaille est sur ses gardes à présent, et ce sera dur de l'éviter! Je ne donnerais pas cher, à cette heure, de notre coquille de noix et même de notre existence par-dessus le marché, car'si ce gueux-là prend autant de peine pour nous couler, c\u2019est qu\u2019il est tout à fait résolu à nous supprimer! \u2018En cas de plongeon, nous pouvons nous attendre à ce qu\u2019il cherche à nous passer sa barque maudite sur la tête, afin que nous n\u2019allions point raconter comment il nous fait boire notre dernière goutte!.\u201cSi encore il y avait des douaniers sur la cote, ils pourraient venir a notre secours! Mais va-t'en voir s\u2019ils viennent.Jean, ces bougres-là ne sont Jamais où il faudrait qu\u2019ils soient!.\u2026.Ces réflexions se 'succédaiént ins- {antanément dans la cervelle du bon Joachim.\u2014 Attention! prononça tout à coup la princesse Nadia sans que, pour cela, sa voix se füt élevée d\u2019un ton; attention, il est sur nous| Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIR\" Montréal.janvier 1923 L'ex-canotier de l\u2019amiral de Pré- mesnil n\u2019avait pas besoin de cet avertissement.Depuis quelques secondes.il ramait &vec moins de force, concentrant toute sa vigueur.\u2014-Je l'ai à l'oeil! grogna-t-il.tout ne tirez pas pour l'instant! Ce disant, d\u2019un élan désespéré, il jeta sa yole de côté, renouvelant la manoeuvre qui lui avait si bien réussi pour la première fois.\u2018Mais Boris, lui aussi, était sur ses gares.À pcine le bateau eut-il changé de direction.que lui-même modifia la sienne d'un coup de manette.C'est ce qu'atiendait Joachim.Brusquement, il plongea sa rame gauche dans la mer, tournant ainsi sur place.puis, leste comme un jeune homme, il se dressa de toute sa hauteur et de son second aviron, qu'il poussa droit devant lui à la façon d'une lance, il porta un furieux coup à son adversaire.Ce dernier, à cet instant, était occupé à changer encore une fois de direction.Il voulut se pencher, éviter le choc.mais il s'y prit trop tard.Le lourd morceau de bois vint le frapper si rudement à l\u2019épaule qu'il jeta un strident coup de douleur ct se renversa & demi sur son banc.Tout cela s\u2019était déroulé en moins d'une seconde!.Déjà, le canot automobile poursuivait sa course, emporté dans une direction.oblique.\u2014Hourra !-hourra ! cria soudain Joachim enthousiasmé.En effet, le naufrageur piquait droit sur la base rocheuse du promontoire.\u2018Encore quelques brasses et il s'y briserait comme verre.sur- Un peu pâle.la bouche crispée.par un riclus, Nadia Tchermazoff suivait d'un oeil ardent les péripéties de cette dramatique course à la mort.| Tout à coup.on vit Boris se redresser péniblement.De suite.il comprit que s'il lergi- versait c'en était fait de lui.car, empoignant sa marielte de direction, il lui imprima une violente secousse.Le canot frémit dans toute sa membrure, frissonnant comme un cheval pur sang auquel un cavalier brutal scie .rudement la bouche avec le mors, puis.obéissant à l'impulsion donnée, il s'infléchit à droite, tout d\u2019une pièce et, sans ralentir sa vitesse, fila vers la haute mer.* La minute d'après, il disparaissait à l'horizon.Alors la princesse laissa échapper un soupir.On eût dit qu'elle venait d\u2019être soulagée d\u2019un poids énorme qui lui écrasait la poitrine.Mais Joachim n\u2019y prit pas garde.Visiblement, le marin était déçu.\u2014Décidément, on a bien raison de dire qu'il ny a de la chance que pour la canaille! maugréa-t-il avec humeur: cent fois pour une sur la côte, tandis que ce sacripant-là s\u2019en tire avec un simple coup de bâton!.N'importe.je l'ai sérieusement touché, je crois.et à l'avenir, il se garera de passer à ma portée!.« Puiæ.sans attendre d'ordre, le matelot mit le cap sur l\u2019emibarcadère.Quelques minutes plus tard.les promeneurs y prenaient pied sans nous - veaux incidents.Cécile les y rejoi- grit presque aussitot.La femme de chambre était blême, un souffle haletant s'échappait de ses lèvres tant elle avait descendu avec un honnête gars se fut brisé.v - Vol, 18, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1028 rapidité le raide escalier creusé dans la roche.\u2014Ah! Maame ! balbutia- t- elle en abordant sa maîtresse.Ah! Madame, que j'ai eu peur pour vous!.La princesse haussa imperceptiblement ses belles épaules puis, sans répondre à la camériste, elle dit simplement: \u2014Venez, Cécile, rentrons a la tour! \u2014Bien, Madame.Déjà Mme Tchermazoff s'éloignait, suivie de la domestique, lorsque, se ravisant, elle revint sur ses pas.\u2014Joachim, fit-elle au matelot qui rentrait la yole à l\u2019intérieur de la grotte.quand vous aurez fini ce que vous faites.vous viendrez immédiatement me trouver,.Sur ce, elle quitta définitivement la corniche.A peine Mme Tchermazoff avait- elle disparu au sommet de l'escalier permettant d'accéder au terre-plein qu'une tête d'homme se montra au milieu des broussailles couronnant la falaise, là-bas, à l\u2019extrémité du parc de la villa.lequel se prolongeait jusqu'à la côte.Cet homme.c'était Ie docteur Richardson ! Allongé parmi les hautes herbes, il avait suivi de loin les divers incidents nautiques que nous venons de narrer, car un observateur aurait pu l\u2019entendre murmurer: \u2014Décidément.quoi qu'en dise la princesse, ce Boris existe! Autant que j'ai pu en juger, malgré la distance, le signalement du bandit que je viens de voir à l\u2019oeuvre correspond parfaitement à celui que la chambrière Cécile a donné de l'agresseur de sa mai- tresse! - \u201cCe gaillard-là m'a l'air des plus dangereux, pourquoi donc Madame Tchermazoff feint-elle de ne pas le connaître?.Evidemment, il la tient par quelque secret; c\u2019est la seule explication logique que l\u2019on puisse trouver à la conduite, pour le moins étrange, de cette femme! \u201cIl est vrai qu'avant-hier Boris n'a pas attenté à sa vie, mais, aujour- d'hui, il n\u2019en va point de même! \u201cLe princesse ne paut plus avoir le moindre doute à cet égard, et.peut- être cela modifiera-t-il son attitude à l\u2019instruction?\u201cCependant-un point restait obseur.\u2018D'où provenait ce changement de tactique du forban?\u201cL'autre nuit, alors qu'il eût pu, si facilement, se défaire de sa victime, il ne l'avait pas tenté.tandis qu\u2019à cette heure, il paraissait fermement résolu à la supprimer, bien que la chose fit, de beaucoup moins facile.\u2018Evidemment.un fait nouveau avait dû se produire qui poussait Boris à agir sans garder le moindre ménagement.\u201cMais ce fait, quel était-il?\u201c\u201cEnfermée comme elle I'était dans la tour d'Anflouss qu'elle n'avait point quittée depuis la veille, \u2014 de cela le docteur était sûr ayant passé la plus grande partie de son temps caché dans la villa où le brave maître d'hôtel Mathieu lui avait offert asile \u2014enfer- méée, dis-je, en la tour d\u2019Anflouss, la princesse n'avait rien pu exécuter de menaçant pour la sécurité de son ennemi.\u201cAlors ?.\u2014Le diable emporte ces Slaves énigmatiques et compliquést bougen- nait le praticien dépité.Avec eux, on ne sait jamais sur quel pied danser, ainsi que disent les Français! En effet.les faits nouveaux recueil - lis par Richarson n\u2019éclairaient nulle- \u2014 79 \u2014 Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Ï Montréal, janvier 1928 ment la situation, bien au contraire! Celle-ci demeurait entière.Rien n\u2019était expliqué des problèmes posés.Richardson continuait à ignorer non seulement pourquoi Boris s'était introduit dans la villa et pourquoi la princesse s'obstinait à le couvrir; mais encore, en vertu de quelles raisons, l\u2019étrange femme s'était réfugiée à la tour d'Anflouss.fermant impitoyablement sa porte à son ami Marcel Gerbier! Elle ne soupçonnait certainement pas celui-ci d\u2019être de connivence avec son adversaire, à preuve cette dépêche prévenant le chimiste d\u2019avoir à se tenir sur ses gardes, dépêche que Richardson continuait à lui attribuer.\u2014Enfin, avec du temps et de la patience, nous viendrons peut-être à bout de débrouiller cet écheveau passablement emméêlé ! La vue de Joachim.sortant de la grotte où il venait de ranger la yole, le fit brusquement replonger au milieu.des broussailles.En effet, mieux valait, pour le moment du moins, que la princesse ne sût pas qu'elle était étroitement sur- Veillée.Richardson se contenta donc de guetter de loin le vieux matelot.Celui-ci, sa besogne terminée, se dirigea vers l\u2019escalier qu\u2019il se mit à gravir lentement.Bien certainement, les successifs et dramatiques événements auxquels il était mêlé à son corps défendant, devaient tracasser le brave homme, car il paraissait préoccupé.Parvenu sur le terre-plein précédant la tour, il se retourna vers la haute mer, cherchant sans doute le canot automobile monté par Boris.Mais il eut beau fouiller du regard I'immensité bleue, il ne Papergut point.A perte de vue, la Méditerranée s'étendait, calme et.déserte ; pas une voile, pas une embarcation ne se montrait à l'horizon.Le jardinier eut un hochement de tête plein d\u2019inquiétude; puis, de.ce pas spécial aux matelots, il gagna la tour.à l\u2019intérieur de laquelle il disparut.A ce moment, Richardson, ayant levé les yeux vers le sommet du sombre édifice, distingua la silhouette fine et élégante de la princesse debout sur la plate-forme supérieure.Ses mains s\u2019appuyaient à la balustrade, cependant que son regard explorait le large.Elle aussi s \u2018inquiétait de savoir ce qu'était devenu le bateau de Boris.Presqu\u2019aussitôt, elle abandonna son observatoire.\u2014Femme étrange, murmura le docteur comme se parlant à lui-même, qui dira jamais les pensées qui, à cette heure, hantent son cerveau!.Allons, allons.en voilà assez pour un jour.sachons ce que devient cet aimable Marcel Gerbier, lequel m'est tout à fait sympathique! La-dessus, se coulant parmi les buissons, Richardson regagna une allée voisine qui devait la ramener à la villa sans toutefois qu'on pdt l\u2019apercevoir de la tour.\u2014Une riche idée que j'ai eue de garder un rigoureux incognito, son- geait-il tout en cheminant, car il est bien certain que si Boris ou même la princesse soupgonnaient ma, présence à Nice, la tâche de voir clair en leurs affaires, tächedéjà tant soit peù complexe, deviendrait encore plus difficile!.| \u2014 80 \u2014 Vol.16, No 1 Mais revenons à Joachim que nous avons vu pénétrer dans le vestibule de la tour.Cécile l'y attendait.Depuis que.sur l\u2019ordre de la princesse.on tenait exactement close la porte ouvrant sur l'extérieur, ce vestibule était à peu près obscur.Malgré cela.Joachim s'aperçut vite du trouble de la camériste.\u2014Alors.petite, vous voila retournée.a ce que je vois?fit & mi-voix le marin du ton bonhomme qui lui était habituel.\u2014Je pense qu\u2019il y a de quoi! repartit Cécile qui s'empressa d'ajouter: Madame est montée sur la terrasse: je dois la prévenir de votre arrivée.attendez-moi donc un instant.\u2014Soit.Et tandis que la femme de chambre s'élançait dans l'escalier en pas de vis.Joachim s'assit tranquillement sur la dernière marche.Un froufrou de soie le fit bientôt se redresser.\u2019 Les deux femmes redescendaient, l'une suivant l\u2019autre.Silencieusement, la \u2018princesse Tchermazoff fit signe à ses serviteurs de l'aécompagner dans la salle à manger.Un peu surpris, Cécile et le jardinier obéirent.Maintenant.la jeune femme allait et venait par la vaste pièee.semblant avoir complètement oublié la présence de ses gens.A la grande clarté entrant par la meürtrière servant de fenêtre à cette salle et par laquelle le soleil, près de disparaître.projetait des rayons horizontaux.il parut à Joachim que Mme Tchermazoff était en proie à une profonde agitation.De courts frémissements faisaient remuer es lèvres sans qu'elle parlat LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 et, en son visage dune pâleur de marbre, ses yeux brillaient de fièvre, enfoncés au fond des orbites.A la fin, elle prit un parti et s'arré- tant devant les deux domestiques: \u2014CGécile, Joachim, j'ai un service à vous demander, prononça-t-elle aveo un visible effort.\u2014De quoi est-ii question?répliqua le matelot.\u2014\u2014Oh! Madame sait bien que pour mon compte, je lui suis toute dévouée ! fit la camériste.Mme Tchermazoff remercia d'un bref signe de tête.Pourtant.comme elle ne parlait point, Joachim s'enhardissant, interrogea.\u2014Est-ce au sujet de l\u2019affaire de tantôt?\u2014Oui.articula la princesse, je voudrais que vous me fissiez la promesse de n'en souffler mot à âme qui vive.Cécile et son compagnon se regardèrent, stupéfails.Leur maîtresse devenait-elle folle ?Que signifiait cet inconcevable désir?La camériste.joignant les mains en un geste de supplication, balbutia : \u2014Madame!.Madame!.\u2014Voyons, Madame, vous n'y pensez pas! coupa Joachim avec sa franchise pleine de rudesse.La princesse garda le silence.Les yeux tournés vers la fenêtre, elle attendait la réponse réclamée par elle, sans paraître entendre\u2019 les\u2019 respectueuses obseryations de \u201csed g gens.Vous désirez que nous nous taisions, soit.fit I'ex-malelot, mais encore faudrait-il s'entendre! Vis-à-vis de qui devons-nous.\u2014Vous devez vous {aire.ne confier à personne le récit de ce que vous \u2014 81 \u2014 RATES it Re vit nil fi doi \" Vol.16.No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 avez vu! interrompit vivement la princesse Nadia.\u2014Nous taire même vis-à-vis de la justice?reprit Joachim.\u2014Même vis-à-vis d\u2019elle! \u2014Alors.Madame, je ne comprends plus, articula-t-il nettement cependant qu\u2019il essayait de déchiffrer la pensée de cette étrange femme.\u2014Croyez-vous que cela soit absolument nécessaire?se contenta-t-elle de répondre sans rien perdre de son impassibilité.Comme il se taisait.décontenancé par cet indiscret mais formel aveu qu\u2019un mystère dont la princesse entendait garder la clef pour elle seu.c planait sur tout ceci, elle poursuivit.la voix nuancée d'un infaillible accent de mélancolie: \u2014Oui, je sais que c\u2019est là beaucoup réclamer de vous, de vous tout particulièrement, mon pauvre Joachim.qui, il y a moins d\u2019une heure, avez failli payer de votre vie votre dévouement! Aussi.si vous voulez vous éloigner.quitter un service devenu par trop dangereux, je ne vous en gerdrai aucunement rancune.~\u2014Madame.\u2014Je ne puis exiger que vous vous exposiez pour moi.Partez done.si c\u2019est là votre désir, mais, auparavant.faites-moi la promesse que je réclame.Cela ne peut vous attirer Je moindre désagrément de la part de mon ennemi non plus que de la justice.Le premier n'a aucun motif pour vous en vouloir: quant aux magistrats du parquet de Nice.comme cette scène n\u2019a pas eu de témoins, ils l\u2019ignoreront toujours.\u2014 Mais vous.Madame.qu\u2019allez-vous faire?Vous ne pouvez demeurer ici en butte aux conslantes attaques de ce misérable! fit le vieux matelo!.Nadia Tchermazoff eut un geste qui semblait dire: \u2018Je suis mon destin!\u2026 On n'échappe pas à la fatalité!\u201d \u2014Ainsi.vous restez à la tour d'An- flouss?insista Joachim.\u2014 Oui.\u2014Eh bien! Madame.j'ai navigué pendant plus de trente ans.exposant ma vie dans bien des aventures, et ce n'est point à présent que je ne suis plus qu'une vieille carcasse que je vais commencer à avoir peur ! Ah! pour cela.non! Ce que j'en ai dit tout à l'heure.c'était parce que cela me paraissait raisonnable et conforme à l'intérêt de tout le monde.Puisque vous n'êtes point de mon avis, je ne discuterai pas plus longtemps: après tout.il n\u2019arrivera que ce qui doit se produire.pas vrei! Donc.je resterai ici tant que vous v resterez vous-même.Il ferait beau voir qu'un vieux mathurin tel que moi a'handonnât, pour sauver sa peau.une femme en péril.En prononçant ces paroles.le mavin s était redressé.Oui.la princesse Tchermazoff.toute fière qu\u2019elle fût.était - us sa protee- tion et il lui montrait clairement qu\u2019il entendait user de ce droit.même au péril de sa vie.Malgré elle.la hautaine et dédaigneuse Slave entichée d'aristocratie avait eu un mouvement de révolte en entendant cette déclaration.Mais elle le réprima vite.Après tout.son interlocuteur ne faisait que constater une évidente vérité.Tout à l\u2019heure.dans la vole, le marin l'avait sauvée à deux reprises, évitant avec une adresse et un sang-froid remarquables l\u2019abordage dont les me- naçail le canot automobile de Boris, pi A THe BRI an) 2e 3 Vol.16, No 1 Bien avant de revendiquer ce droit de protection qui choquait ses instincts de femme noble, habituée à être obéie.à commander sans subir le moindre contrôle, Joachim l'avait exercé de par la force même des choses | Ce qu'elle pourrait dire n\u2019y changerait rien! i Nadia Tchermazoff était trop intelligente pour ne pas s'incliner devant l\u2019implacable logique des faits.\u2014 Merci.mor ami.fit-elle sans chercher à cacher son émotion, merci, vous êtes un brave coeur!.Ce fut au tour de l\u2019excellent homme de balbutier cependant que son teint de brique semblait se foncer davantage.chose que l'on eût cru impossible.Je ne fais que mon devoir, et rien de plus!.\u2014Si vous voulez.Mais à votre place.combien n\u2019accompliraient point ce devoir.Durant un instant.les trois interlocuteurs demeurérent silencieux.absorbés en leurs pensées.Ce fut Mme Tchermazoff qui, la première.reprit la parole.\u2014Ainsi.c\u2019est entendu.j'ai votre promesse que vous ne direz rien de ce que vous avez vu! \u2014Oui.Madame.fit Joachim, pourtant entendons-nous bien: je ne dirai rien de moi-même, mais si l\u2019on m'interroge, si la vérité.étant connue en dehors de moi, on me questionnait à ée sujet.je préviens Madame que je ne ferai point un mensonge! D'abord, cela n\u2019avancerait pas à grand\u2019chose, je mens si mal!.Témoin l\u2019histoire que, l\u2019autre jour.j'ai sur votre ordre conté à ce pauvre M.Gerbier, il n'en a rien cru.LA REVUE POPUT.ATRE \u2014 83 \u2014 Montrsal, janvier 1023 Au nom de l'ingénieur.Nadia evail légèrement tressailli et une fugilive rougeur coiora ses pommeltes Mais.presqu aussitôt, ces indices de son trouble tnlérieur s'effacHreit.disparurent.su physionomie reprit tout son calme jiopénétrable et.comprenant qu'elie n'obttendrait pas p'us de Joachim.celle répliqua: \u2014Geci me suffil.+ ne veu- cn demande pas davantage! \u2014Madame.fo pense comme Jon- chim.disait en mène lonps Cécil à a done parlé pour nous deux.\u2014Je vous rimercie, murmi» la princesse, malntenart.faissez-moi, Le jardinier ol \"a ferme de eltann- bre so retirérent, Alors \u2018a prine saffaissont sur un siège comme ur-moi-onnt à bout de forces.terdil ses Doiles Inalns en un geste d'intini désespoir.Un instant ss veux + loves ut, cherchant 1+ ciel commise poor \u2018rapio- Per sot © Les Chinois sont des artistes en cruauté.\u2014 L\u2019Europe, à ses âges les plus barbares, n\u2019a jamais mis pareil raffinement dans ses tortures.\u2014 Les différents supplices chinois.\u2014 Les Instruments dont on se sert.Nous avons quelque peu parlé de supplices à nos lecteurs, depuis deux mois, nous contentant, pour procéder graduellement, de ne citer que les supplices usités en Europe jusqu'à la Révolution française qui les abolit.en France, du moins.Mais la Chine est le vrai Jardin des Supplices, pour nous servir du titre odieux d\u2019un tristement célèbre roman français.Les Chinois sont des artistes en cruauté.Ils savent donner la mort et prolonger l'agonie avec un raffinement épouvantable et quelles combinaisons savantes et graduées de douleurs et d\u2019angoisses! Les principaux instruments de torture sont: la Cangue, la Cage, les Ceps, les Chaînes, la Bastonnade, le Lit de torture.la Machine à couper en deux, le Rotin.les Cordes, le Supplice des Cent plaies et autres.La Cangue est La Cangue (fig.1) une sorte d\u2019échelle dont les lourds montants en bois sont réunis a leurs extrémités par des planchettes.Au milieu, deux échelons sont espacés de manière à permettre l'introduction de la tête.L'\u2019échelle est posée sur les épaules du patient.et emprisonne son cou.Le supplicié ne peut lui-même porter à la bouche les aliments dont il a besoin.il souffre atrocement quand il est couché; il doit néanmoins gar- Fig.1.\u2014 La Cangue.der jour et nuit.et pendant des mois, cet instrument de supplice.Un autre genre de cangue se compose de deux planches larges et très épaisses échancrées au milieu.et sur lesquelles on inscrit le nom et le délit du patient.La chaîne à trois branches: la première enserre le cou par un anneau assez large, les Les Chaînes.\u2014 114 \u2014 LEIA RR SRI SI, Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE de EEE Montréal, jauvier 193 deux autres sont fixées au bas des jambes, par des anneaux plus petits.Elle pèse de dix-huit à vingt-cinq livres.Si elle est trop longue.il faut la tenir à la main pour marcher.Si elle est trop courte, on doit se tenir constamment courbé.La cage est une rade boile carrée, dont le dessus ess percé d'un trou assez large pour y laisser passer le cou du patient qui reste ainsi suspendu.souffrant les tourments d'une strangulation lente.La cage est en effet trop haute pour qu'il puisse poser les pieds pa\u201d terre.Le père Chapdelaine.des Missions étrangères.fut condamné au supplice de la cage.La Cage.Le sabre.le couteau.le coutelas sont les instruments ordinaires de la décapitation.La Décapitation : Les têtes des décapités sont parfois placées dans des cages.sortes de coffres ou grandes boîtes rectangulaires.| Le patient a les Le lit de torture (f.2) mains et les pieds emprisonnés dans deux planches échancrées à cel cff'et et ne peut faire aucun mouvement.Fig.2.\u2014 Le lit de torture.On l'y laisse pendant des semaines entières.Cet horrible «1.- pice n'a pas be- in de description.Qu'on regarde sci - lement une seconde notre vignette qui La machine à couper (fig.3) en deux.> a ee \u2014 Ph LA = = Neate > \u2018 Fig.3.\u2014 Patient corpé en deux an moyen d'une machine spéciale.représente un patient coupé en deux au moyen (Fune machine spéciale.Elle s'administre avec un bambou.Le patient est étendu la face contre terre.un des bourreaux frappe sur les reins le nombre de coups ordonné par le mandarin.La Bastonnade.Le rotin est une erge flexible dont 2 Vextrémité est gar- On fait coucher par- Le Rotin.nie de plomb.fois plusieurs condammés face contre terre.on attache les pieds des uns aux mains des autres.de telle sorte que les coups donnés aux premiers impriment à tous un tressaillement très douloureux.Les cordes servent a la strangulation.C'est-à-dire qu'on s'en sert pour étouffer le patient comme oh le ferait duu petit Les Cordes.chat.ms 115 \u2014 gE J pi \\ 4 1 E R.A Vol.16, No 1 Le père Marchand subit en Chine le supplice des cent plaies, le plus horrible, sais Cuntredit.Le patient est attaché à un poteau.Trois ou qualre bourreaux sont là, armés de couteaux.de pinces.de crochets.Ils {aillent.ils arrachent ca et la cent grands lambeaux de chair sur le corps du malheureux qui a déjà été entaillé au nioyen «le fers rougies au feu.Ils ont bicu soin de n'attaquer aucun organe essentiel, de ne couper aucune grosse veine, afir que le supplice dure plus longtemps.Devant.à genoux.le dernier bourreau attend la fin de 1'horrible torture.qui dure parfois des heures pour couper la tête au condamné.ie sont deux piè- Ceps ou entraves (f.4) ces de bois échancrées, fixées en terre ou attachées à un poteau et qui enferment dans leur échancrure les pieds Le Suppiice des Cent plaics.Fig.4.\u2014 Les L'eps.= Sh x \u201cÀ Lei Th au-dessus.de la.\u2018gheville.quelquefois lès ceps se continuent avec la chaîne.Elle serait lon- Autres supplices.gue la liste des supplices qu'ont inventés les chinois.Des 233 étrangers massacrés en 1901, lors de l'insurrection des Boxers, combien furent tor- LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 turés pendant des journées entières, sous les yeux d\u2019une foule cynique et féroce.combien implorèrent comme une délivrance la mort,- sictente : à venir! FI Le r Le correspondant du \u2018 Temps\u2019.\u201cde Paris.a recueilli de témoins oculaires des détails sur les tortures infligées à quelques-uns des Européens faits prisonniers.Cd Deux missionnair Mer Fantossati et le père Joseph, sont capturés, dépouillés de leurs vêtements, frappés.Ensuite on les jette à terre, on les cloue au sol au moyen d\u2019un épieu qui leur traverse le ventre.\u2018Pendant cinq , heures.ils restèrent là.vivants quand même 5 heures priant, s\u2019encourageant au martyre! Bientôt ils ne purent plus se voir.on leur arracha les veux; ils ne purent plus s'entendre, on leur perça les oreilles.Et ils vécurent encore! Chair encore frissonnante dans une mare de sang.Enfin.le soir venu.enfin morts, les bourreaux leur attachèrent une corde au cou et les traînérent jusqu'à Yang- \u201cling-Miao.Les deux cadavres furent placés.dans la même fosse.on y mit le feu et.le lendemain.les cendres étaient jetées à la rivière.Il y aurait encore plusieurs.autres histoires rbuges à raconter.Entre autres celle de celte malheureuse famille Kay: la mère vidée de ses entrailles.la petite fille fendug-en deux.des reins à la nuque.et le père forcé d'assister à la scène dans un fauteuil d'honneur prêté, pour la circonstance PAT, un mandarin facétieux.Ft eee () ree ene .I'amour ressemble a un, excellent plat, c'est très bon.mais il ne faut pas en abuser de crainte d\u2019'indigestion.\u2014 116 \u2014 Vol.16, No à LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1925 Tout ce qui intéresse l\u2019Afrique ne peut être indifférent à nos lecteurs.Nous croyons donc leur être agréable, en relatant le passage suivant du voyage accompli par le docteur Oscar Lenz: | Le Sahara, que les Arabes nomment le pays de la Soif, forme un plateau de trois cents mètres environ d'\u2019altitude.Nulle part ne se trouve cette dépression au-dessous du niveau de ! 'Océan que certains géographes signalaient sur les carles.La partie la plus basse qu'ait rencontrée le Dr Lenz se trouve dans la région d'El Dschuf et est à cent cinquante mètres au- dessus dù niveau de l\u2019Atlantique.L'aspect du Sahara est également varié.Aux rochers succèdent les plaines de sable, çà et là des oasis couvertes d'alfas, des nappes stagnantes ou peu profondes, que l\u2019on peut capter bien facilement; les \u2018fossiles d'eau douce que l\u2019on rencontre en plusieurs points montrent que le Sahara n\u2019est pas, comme on l\u2019a dit, le fond d\u2019une mer desséehée.ar 0 | La température n\u2019est pas si chaude qu'on veut bien le dire; au mois de juillet.le thermomètre marquait seulement 95 degrés.Dans les Aregs, il s'élève quelquefois à 120 degrés, mais c'est une chaleur exceptionnelle.Dans le nord du Sahara souffle, surtout la nuit, un vent du nord-ouest relativement froid.Partout ailleurs, l\u2019harmatl- tan.le simoun brûle tout de son souffle enpesté.En somme, le Sahara vaut mieux que sa vieille renommée ; quant aux bêtes féroces, sans aller jusqu'à dire qu'elles n'existent que dans les ménageries.elles s\u2019y montrent rarement.Mais des tribus de Touaregs nomades et inhospitalières parcourent le pays en tous sens.Un des serviteurs du docteur.qui avait eu l'imprudence de s'écarter de la caravane.a élé sans doute fait prisonnier par ces bandes pillardes.A-t-il été assassiné?S'est- il égaré et est-il mort de faim ou de soif?Le fait est qu'il n'a plus reparu Six jours après être arrivée à Ar- raouan, la caravane parvint à Tom- bouctou.Cette ville, située à neuf kilomètres de la rive gauche du Niger.a beaucoup perdu de son importance depuis le seizième siècle.C'est une cité de vingt mille habitants seulement, aux maisons grandes, peu élevées, construites eh Briques;\u2014la piers re et le bois y sont inconnus.Pour arriver dans son enceinte, il faut franchir un immense espace couvert de ruines.On y remarque trois grandes mosquées surmontées de minarets piltoresques.Les écoles y sonk nom- \u2014 117 \u2014 qq Vol.16, No 1 breuses.les bibliothèques riches, mais ce n\u2019en est pas moins une ville en décadence.Tombonetou n\u2019est.au fond.qu'un grand entrepôt do commerce.au débouché de nombreuses routes du désert.au poinl de contact du Soudan et du Sahara: il s\u2019y fait des affaires.en esclaves.en plumes d'autruche.gomme.or.ivoire.M.Lenz el ses compagnons ont re- cu dans cetle ville légendaire le plus cordial accueil de la part.des habi- {ants el du maire de la ville, le \u201cche- likh™ te la familie El Bakheir, appelé Kahia.Aujourd'hui ce soul les Touaregs qui sunt les maîtres à Tombouctou: du temps de Barth.c'élaient les Peuls ou Fellalah qui avaienl la prépondérance.Le docteur Lenz a séjourné vingt jours dens celle cité si peu connue.Tous les soirs il assistait aux conférences religicuses que les lettrés avaient avec son interprète: les commentaires du Coran faisaient unique- mont les frais de la conversation.Tombouctou n'est pas situé sur le Niger.Son porl est Kabara.mais cette ville communique avec le flenve par de petits lacs que relient des canaux naturels.H se fait un grand commerce le long du Niger.que les Arabes appellent du nom de Nil.persuadés par la direcfion qu'il prend.qu'il n'est autre que le grand Ifeuve égyptien.-0\u2014\u2014\u2014\u2014 LE CANADA EST LA TERRE PRO- y, MISE DES ANGLAISES On dirait bien\u2018'que ça manque de femmes au Canada ou que les hommes se sont plaints à l'étranger de l'insuffisance ou de la qualité médiocre de nos femmes.puisque des statistiques indiscutables nous apprennent que LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 62.000 anglaises sont débarquées depuis deux ans d'Angleterre el ont trouvé mari au Canada.Honte surf CEUX qui ne sauraient reconnaître\u201d en Ja canadienne l'épouse idéale! Mais c'est sur- {out dans l\u2019ouest canadien que ces femimes trouvent chaussure à leur - pied.mari à leur goût.Le gouvernement fédéral servit d'entremelleur ou de Cupidon en celte affaire el altira les femmies anglaises dais:\u201cnodre pays.Depuis deux ahs.c'esh-à=dire-jusqu'au ler avril 1922.62.108 femmes sont venues de Grande-Bretagne en Canada avec la mentiou \u2018femmes seules\u201d On estime qu'un an après leur arrivée, pas une de celles qui composérent les premiers contingents n'était marice.Il faut dire aussi que la plupart de ces femmes émigrent.non seulement dans le but de se fixer à demeure au Canada.mais pour y trouver des positions.Le ministère de l'immigration à Ottawa comprend un bureau des femmes où les demandes d'emploi sont reçues et où s'adressent les émigrées en arrivant au pays pour prendre charge de leur position.Ges jeunes anglaises sonl chaperonnées durant leur voyage et confiées à leur arrivée à des agents d immigration provinciaux.La demande de domestiques anglaises est lrés forte au Canada.depuis quelques années.parce que celles qui ont été mises à l'épreuve ont grandement satisfait leurs patrons.Mais elles niauquent de constance et ont vite fait de quitter leur besogne pour entretenir la maison d'un mark.ensquoi d ailleurs elles ne peuvent être blämées.[1 y a un surp:us de femmes, une surabondance de femmes en Angleterre qui ne servent de rien.Nous en rranquous ici.surtout dans les pro- l'Ouest.vito es de \u2014 118 \u2014 Vol.16, No 1 dus AR et Lats LCE tee bi vy OS tee i fdditiittaideesc iit aRantutiBuS itd diddotanint i La) In JEL 0 A A IRAN BTR COMTI HATE, V4 adie £3 Guat MITRE Un AL pm I drama ç Montréal est de toutes les villes du continent celle qui contient le plus grand nombre de champs de cour= se.\u2014Pendant les 98 jours des deux saisons de course, il se parie environ $180,000 par jour.\u2014 Renseignements nouveaux et très intéressants sur le pari mutuel à Monréal et à New-York.Nous n\u2019exagérons en rien en disant que Montréal est de toutes les cités du continent américain celle qui compte le plus grand nombre de pistes et celle où proportionneliement à la population et à la richesse de la population se font les plus gros paris.Comptez avec nous.Comme champs de courses de chevaux ou pistes, qu'avons-nous?.Blue Bonnets.1 mille, Dorval, | mille.Mont-Royal.1 mille.Delorimier.un demi-mille.Maisonneuve.un demi-mille.King Edward (lle Gros Bois), un demi-mille.Kempton /Laprairie), un mille, \u2019 Au total.sept pistes.dont trois d'un -mille et quatre d'un demi-mille.Il y a \u2018deux saisons de courses.l\u2019une au printemps et la seconde: à-l\u2019automne.-Chacune des sept pistes a 14 jours de course par\u2019 armée.7 & chaque saison.Ce qui«fait' au total pour la ville de Montréal seule.98 jours de course par année.On comple à Montréal, et nous donnons ces chiffres pour montrer combien les courses de chevaux sont te- demi- nues cn grande faveur par une (res forte partie de notre population.200 agences de paris ou \u2018handbouks\u2019\u2019.le mot anglais étanl le seul usilé chez ls fervents de ce sport.Chacune de ess agences reçoit à placer $500 par jour environ.ce qui fait.en multipliant $500 par 200.qui est le nombre des agents, la somme de $100.000 risquée journellement suv les chevaux.Nous avons naturellement adopté le système français du pavi mutuel el le gouvernement de Québec perçoil sur toutes les pistes une double luxe.individuelle et collective.C'est-à-dira qu'il prélève une taxe de 10% sur chaque entrée et en plus une faxe de $500 par jour sur lés pistes d'un de- mi-mille et de $1.000 par jour sur les pistes d\u2019un mille.Ce chiffre d'argent mis en jeu chaque jour sur les jockeys est peut-éire au-dessous de la vérité.Des gens Uris versés en ce sport nous ont déclaré que les trois pistes d'un mille devaient certainement faire courir quotidiennement leurs chevaux pour des enjeux de $150.000 et les quatre autres pour des mises de 520,000.Après Montréal, passous à New- York.Les renseignements extsabfdinairéd que nous avons obtemmfisä#iie pari mutuel aux Etats-Unis et sur les pertes aux courses de chevaux.a Nev - York particulièrement.sont de nature à intéresser vivement tous nus lee- teurs de la ville ou de la campagne qui, en amateur ou en professionnel, s'uc- cupent de chevaux et de paris sur les \u2014 119 \u2014 RTE TT MIT Ut (OEE TT YT NTH TTT RRS ARI rr IA CLEA DE 0060 : SALUTES GER RME : Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 192 Un agent dc puris de l'ancien temps, en Nouvelle-Angleterre.chevaux.La législation est à peu près la inême à New-York qu'ici, où existe le pari mutuel.\u2018Nous pourrions même dire que les réglements de l'Etat de New-York sont plus sévères que les nôtres.mais tellement mal appliqués que ça revient à peu près au même.Le vieux \u201c\u2018turfman\u2019 inlerrogé, : CEA AT TIR IE INR \u201cAR FARTIRIN oy, SRR ih ' os a Gat i dirs Cig i HI que nous av ons un véléran des courses de chevaux que nous-représentons dans notre vignette en tin costume historique dont il aime & s'affubler dans l\u2019intimité, costume qui a appartenu a un propriétaire de chevaux de courses au XVIIIe siècle, suit toutes les pistes de New-York depuis quarante ans cnvi- ror.RER TE A IID PIT PRIE SERRE PER PTE \\ J Vol.16, No 1 Ce qui est bizarre, ce qui montre bien en même temps l\u2019illogisme sn- préme de nombreuses lois aux Etats- Uni.c'est que le pari sur les chevaux yesta peu près défendu.que ls gouvernement malgré cela laissse parier les favoris de ce sport à leur disérétion et ne retire aucun revenu des champs de course.tandis que le Maryland impose une taxe de 56,000 par jour sur toutes les pistes de son territoire.Le pari n'existe dans l'État de New-York tés.: ll y à plus de parieurs et d'agences de paris à New-York aujourd'hui qu'il n'y en eut aux plus beaux jours des courses libres.alors que n'importe qui avait le droit de faire courir des cheveux et que, les sportsmen Tiou- \u201c vaient faire sur eux des sommes \u2018alli- mitées.Aussi, jamais aütant d' argent l'a élè jeté dans ce gouffre.Les homines: les \u2019emmes et \u2018es enfants pavient el il y à certaines cbts- ses de !a Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE CEA RAR Montréal, janvier 1923 cer un métier (cela ne veut pas dire qu\u2019il le doive).11 n'y a qu'un seul métier qui soit néfaste à la littérature : c\u2019est le \u2018\u2018métier littéraire\u2019.Polir des verres de lunettes comme Spinoza, copier de la musique comme Rousseau, être officier de marine comme Loti.rond-de-cuir comme Samain ou Huys.mans, secrétaire d'ambassade comme Giraudoux.cela nuit moins à un artiste que de \u2018faire des lignes\u2019 dans un journal.de composer des vaudevilles.ou d'écrire des romans en pensant à leur chiffre de tirage.M.J.Ernest Charles Le littérateur ne peut que trouver avantage à étendre son expérience par d\u2019autres occupations.Faites une promenade dans la littérature.vous aurez le choix et trouverez sans peine d\u2019illustres exemples d'écrivains qui firent d\u2019autres métiers.Dans nos histoires littéraires.on isole trop nos grands littérateurs des professions qui.pour eux, complaient beaucoup dans la vie.Aujourd hui.il n'y aurait que grande utilité pour un homme de lettres a exercer un autrc métier.utilité pour lui et les autres.1] pourrait découvrir dans cette activité double des sources nouvelles d\u2019imagination et d\u2019observation.Le commerce a sa poésie; l'industrie a ses tragédies, ses comédies.Tout,un immense champ de l\u2019activité humaine lui est trop souvent fermé.N\u2019oubliez pas que Beaumarchais fut un homme d'affaires prodigieux.Il n\u2019en créa pas moins l\u2019inoubliable Figaro.Vous mentiriez à votre titre et à votre inventeur si votre enquête coôn- cluait contre l\u2019homme de lettres exerçant un autre métier que celui d\u2019écrivain.Francis Jammes Je crois que l\u2019homme vraiment inspiré.qui veut son oeuvre digne et pure, doit assurer tout d'abord sa vie matérielle.mais de telle façon que les moyens qu'il emploiera pour se la procurer ne viennent pas à l'encontre de cette oeuvre.Il ne faut.pour rien au monde.qu'un noble écrivain attende de sa plume son pain et son vêtement.I] faut une profession, en dehors des lettres.au poète sans fortune, dût-il ne disposer que d\u2019un moment chaque jour pour se donner tout entier à l\u2019art pur.Ce moment sera d\u2019autant plus favorable à l'inspiration que celle-ci aura été plus longuement réprimée par un élément étranger, qu\u2019elle franchira comme une onde déborde sa digue.Que vienne une époque où l'auteur, ayant conquis un large pubile, puisse, grâce à son oeuvre écrite sans compromission.assurer sa vie matérielle, tant mieux.Mais alors même un réducteur est indispensable à la réalisation de l'oeuvre.M.Léon Frapié Le métier d'écrivain est-il tel que, pour garder toute sa qualité.toute sa valeur et sa vertu, il ne supporte pas l\u2019adjonction d'un autre métier?T! faut répondre non.L'écrivain gardera plutôt sa qualification en cherchant un revenu d'appoint dans un second métier qu'en forçant sa production.Combien d'exemples avons-nous d\u2019écrivains qui font un second métier et qui sont bien plus des professionnels que certains littéralurs exclusifs! Puisque les écrivains \u2018\u2018sont trop\u2019.tant mieux si l\u2019obligation de faire un second mé- lier devient une épreuve éliminatoire, tant mieux si cette obligation donne PESTE CEE RSS) R TO RRR EE CENT kh HY Vol.16.No 1 | L'A REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1927 un avantage a ceux qui ont le plus de tempérament et ie plus de volonté.Peut-être la société sera-t-elle moins encombrée d'aspirants artistes quand i] sera avéré que.pour devenir un ar- \u201ctiste fécond.la première condition est d'être un bon ouvrier ou un bon bourgeois laborieux et persévérant.M.Ernest Pérochon L'immense majorité des écrivains ne peuvent compiler que sur leur travail pour vivre et faire vivre les leurs.Je ne dis pas qu'ils \u2018doivent exercer un autre métier: mais j'incline à penser qu'ils ont le plus souvent raison de le faire.Mais il y à métiers et métiers.I] y a pour les écrivairis de sots métiers: ce sont ceux qui exigent une trop grande dépense intellectuelle ou nerveuse.Il vaut mieux être garcon de salle que caissier.manoeuvre que professeur.Un poète sans fortune.mais pourvu d'un bon métier manuel.aura la possibilité de toujours rimer: il acceptera avec la philosophie, qui convient les comptes de son libraire.car il dira.comme le bonhomme de Florian: \u2018Je n'ai besoin de rien avec mon atelier!\u201d M.Maurice Levaillant Notre société est impitoyable pour les écrivains.Notre siècle de fer et de \u2018papier-monnaie s'imagine qu'il pour- -rait fort bien, se passer d\u2019eux: \u2018Ils sont.malheureux * Bah! les meilleurs s\u2019en tireront toujours!\u201d Et pour les meilleurs mêmes, il n'a que le sourire qu'on donne aux baladins.Eux.dès lors.que feront-ils?Point de doute.ils prendront un \u2018\u2019autre métier\u2019: car ils sont enfermés dans cette alternative : quitter la vie, comme firent Chatterton et le pauvre Deube] (mais c\u2019est dément) ; ou bien travailler pour vivre en attendant que l'aisance.rarement Ja fortune.leur vienne avec le succès.\u2014Alors ils se fatigueront \u201cdouble.puisqu'ils travailleront double 2\u2014Oui.\u20141Ils sacrifieront * bien des oeuvres qu'ils auront à peine le temps de rêver.et point le temps d'écrire ?\u2014D'accord: mais celles qu'ils écriront seront plus fortes et plus M.U.-H.DANDURAND, le parrain de l\u2019automobile à Montréal.ingénieur du nom de Cugnot construisit une voiture à vapeur à haute pression à laquelle il donna le nom de \u201ccabriot\u2019\u201d.Mais personne ne vit là- dedans le germe d\u2019une industrie profitable.Cugnot, naturellement, mourut pauvre et ignoré.Les Européens wm 180 \u2014 Vol.16, No 1 LA REVUE POPYLAIRE Montréa!.janvier 1923 prirent cinquante ans à \u2018encaisser\u2019 le chemin de fer: ils n\u2019étaient pas prêls à accepter l'automobile.Gependant.les Américains et les Anglais pensaient tout autrement.Moins de dix ans plus tard.on signalait en Angleterre et aux Etats-Unis des machines à vapeur construites d\u2019après les mêmes principes que celle de Cugnot.- Puis.l'Angleterre prend de l'avant.Des ingénieurs tels que Trévichick.Vivian, Garney.perfectionnent de plus en plus cette voiture jusqu'à ce qu'en 1827.elle fit trois lieues à l'heure.De 1830 à 1835.plusieurs voitures se mirent à sillonner les routes anglaises.L'automobile allait s'affirmer quand intervint le chemin de fer.Le rail eul tant de succès qu'il qu'il laissa bien loin derrière lui la voiture sans chevaux.One ne pouvait concevoir qu il fût nécessaire de faire marcher les deux inventions de front.C'était déjà assez d'une pour inquiéter les poètes, les savants et les vieilles femmes! Un demi-siècle se passa et après 1870.en France.on revint à l'automobilisme.Cette fois, ce fut pour tout de bon.En 1873, M.Amédée Bollée.du Mans.produit sa machine qui encore ne pouvait pas voyager dans toutes les conditions.T lui fallait de bonnes routes et une température clémente! | Au mois d'avril 1981.Serpollet obtient de la préfeciure de police I'autorisation de faire cireuler sa voiture automobile dans Paris.C\u2019est en 1894 que remonte la première course d'automobiles.organisée par le \u201cPetit Journal\u201d de Paris.Le plus grand nombre de véhicules concurrents avaient des moteurs à pétrole, bien qu'on y vit cependant quelques voitures à vapeur et d'autres actionnées par des moteurs électriques.Les véhicules munis de moteurs à pétrole marquérent leur supériorité.D'autres courses.tenues en 1895 et 1896.affirment encure davantage la supériorité de ces moteurs.Puis vinrent.grâce à des ingénieurs français.les moteurs polreylindriques et les bandages pneumatiques.L'automobile était lancée.Mais depuis 1914.l'industrie de l'automobile se développe si puissamment aux Etats-Unis que ce pars et le Canada deviennent ceux où l'on compte le plus de véhicules moteurs.En un seul mois.l'industrie américaine construil 250.0U0 voitures.Ce qui fait que la France est quelque peu en retard.c'est que l'auto.s'il est de fa- bricalion solide et suprèmement élégante.coûte trop cher.\u2014\u20140 REFLEXIONS Une jeune fille commence à vieillir lorsqu'au lieu de souhaiter avoir deux anniversaires de naissance par an.elle n'en souhaite plus avoir qu'un tous les deux ans.| ot ats ats hd LOS cs Une femme folle croit tout ce que son mari lui dit, une femme sage fait semblant de croire tout ce que son mari lui raconte.xx % Le mariage est le seul piège où celui qui s'y est laissé prendre une fois s y laisse reprendre une deuxième fois.LE Si l'amour se laisse conduire par les sens seulement le plaisir que l\u2019on éprouve ne vaut pas les peines qu\u2019il apportera.e\u2014 140 \u2014 Vol, 16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 1 TE GIE CHRONIQUE FEMININE par FRANCINE 2 Pour satisfaire les justes et opportunes demandes de nombreuses lectrices de la \u2018Revue Populaire\u201d, je donnerai dorénavant aux chères compagnes que je ne connais pas mais pour lesquelles je tiens à rendre la \u2018\u201cRevue\u2019\u2019 plus intérssante encore pour elles, en leur faisant goûter chaque mois des nouvelles et conseils qui leur plairont tout particulièrement.Nous parlerons cette fois de diverses petites choses d'actualité.-comme par exemple de la célébration des soixante-dix ans de M.Marcel, l\u2019illustre créateur de l'ondulation qui porte son nom; d'une question qui, pour n'être pas précisément d'actualité, garde un caractère d'intérêt permanent.la protection contre le tonnerre et finalement, la célébration du mariage dans les pays étrangers.L\u2019ondulation Marcel Inutile de s\u2019y entendre beaucoup dans l'art difficile de la coiffure pour connaître l'ondulation Marcel.Elle est de mode au Canada comme en Europe et toutes nos lectrices s'uniront aux femmes de France pour faire des voeux de bonheur et de longévité à l'adresse de son inventeur.Il peut sembler ridicule d\u2019 accorder tant d'importance à un pareil créateur, au détriment dé grands artistes et de nobles savants qui servirent autrement mieux l'humanité, mais gardons la mesure en n'accordant à M.Marcel] que l'importance qu'il mérite.Cette importance est d'ailleurs toute relative.Pour nous.femmes, elle est très grande; pour les grands artistes, les philosophes, les mathématiciens, elle est nulle.Ainsi est faite la vie.Nous détachons d\u2019un journal] français un article écrit à la veille de cette fête.On verra par là combien est répandue la réputation de ce bienfaiteur de la femme, de cet artisan de la beauté et de la grâce féminine, et combien aussi est sensible l\u2019'admiration qu\u2019on lui porte: Pas une seule fausse note dans le concert unanime d\u2019hommages qui entoure le glorieux septuagénaire.\u2018\u2018 Le Gapilartiste \u2019, organe exclusivement réservé aux coifl'eurs, aux posticheurs et aux parfumeurs, lui fait les hon- ° RRs RER RE ONE CEE EEE AL Ty pete al PME OC RON TCU (ANY RRR TINT Ri KY if i EB A Er J À ! % Vol.18, No 1 neurs d\u2019un numéro spécial.Au récent Congrès de Saint-Louis, les coiffeurs de dames américains l'ont proclamé membre honoraire de leur \u2018\u2018National Hair-dresser\u2019s Association, Inc.\u2019\u2019; ils ont reconnu en lui le plus grand bienfaiteur, actuellement vivant, de la profession de la Coiffure.Les maîtres-coiffeurs de Suisse sont aussi enthousiastes.\u201cC\u2019est grâce, disent-ils textuellement, au génie de M.Marcel, qui, de nôtre ancien petit métier, a fait une grande et belle profession commerciale, que tout caiffeur, et toute coiffeuse du globe ont vécu de sa précieuse découverte.\u201d \u201cLa Revue de la Coiffure\u2019, de Bruxelles, publie cet éloge sincère: \u2018De même que Léonard, au XVIIIe siècle, avec ses audaces, marque de son empreinte l'esthétique de la coif- LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 / fure.Marcel, avec le recul des ans.mettra sa griffe sur une autre époque: celle du XXe siecle.Il symbolisera notre génération, et sa réputation et sa popularité dépasseront de loin tous les artistes du peigne.\u201d M.Marcel n'a pas, hélas! encore reçu la croix que tous ses admirateurs ont sollicité pour lui, mais l\u2019Institut des Coiffeurs de Dames de France a donné, dans ses séances du 31 octobre ct 19 décembre 1907, un témoignage officiel de gratitude, à l'homme \u2018dont la géniale création a transformé nos méthodes professionnelles, servi nos intérêts commerciaux en revivi- flant la coiffure féminine, contribué à affirmer dans le monde entier le prestige de nos spécialités et la suprématie de la coiffure française .* B * Quels sont exactement les dangers qu'offre l'éclair ?Combien de chances avons-nous d\u2019être victimes de ce météore?Où chercher un abri sûr pendant un orage?Tous les gens.les femmes surtout, avouons-le sans fausse honte.se sont posé ces trois questions et ont aitendu avee impatience qu'on leur en apporte les réponses.| Ecoutons d\u2019abord ce que dit sur ce sujet un grand savant : \u2019 Les écläirs nous effraient sans raison.De toutes ces lueurs produites par une détharge électrique, lors de la rencontre de deux nuages dans uu ciel d'orage, moins qu'une sur cent frappe la terre.Les autres s\u2019épandent dans l\u2019atmosphère qui les produit.Les chances que vous avéz d\u2019être frappée par une brique ou par une tuile tambant d'un toit ou d'être mordu par un chien enragé sont encore plus grandes que d\u2019être \u2014 142 \u2014 np Vol, 14, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1928 touchée à mort par une éclair.Supposons par exemple que 40 personnes soient tuées chaque année par l\u2019éclair dans tout le Canada.Si ces chiffres sont exacts, vous avez conséquemment une chance contre 240,- 000 d\u2019être frappée.\u201d | Donc, les dangers ne sont pas grands; mais cela ne doit pas vous empêcher de vous armer autant que possible contre l'éclair.Les moyens à prendre sont nombreux.Quelques-uns sont basés sur de sérieuses considérations et d\u2019autres ne tiennent qu'à d'enfantines superstitions.Il y a au mains trois endroits dans lesquels vous n'avez rien à craindre pendant un orage, à savoir: une cave, une pièce complètement entourée de réseaux métalliques et troisièmement.dans un immeuble dont la charpente est en acier.Durant un orage, vous êtes également en sûreté dans chacune des pièces de votre maison, c'est-à-dire qu'il n'y a dans aucune maison une chambre qui soit plus recommandable que les autres.Les gens qui croient s\u2019isoler en s\u2019enroulant dans les draps d\u2019un lit de plumes prennent là des précau- .tions inutiles \u2018et insensées.Si vous vous trouvez par exemple dans l'axe, c\u2019est-à-dire dans la ligne de deux objets métalliques, tels qu\u2019un radiateur et un évier en fer, vous risquez d\u2019être frappée par l'éclair.\u201d Il faut donc éviter d\u2019abord de se trouver dans l\u2019axe de deux objets métalliques #t aussi de se tenir sous une suspension électrique, sous une lampe suspendue au plafond par une chaine, L\u2019éclair peut suivre la chaîne et de là vous atteindre.L\u2019endroit où pénètrent dans les maisons ces gros flls électriques recouverts de gutta- percha, gros comme des cordes à linge, n\u2019est pas non plus recommandable mais on a exagéré beaucoup, je pense, ses dangers.La plupart des femmes redoutent pendant un orage portes et fenêtres.Cependant.vous n'avez pas plus à craindre l'éclair à une fenêtre et dans une porte qu'à l'intérieur de votre maison.Ce qu'il faut surtout éviter, par exemple, c'est de se tenir sous un arbre isolé.Dc tels arbres servent de cibles aux éclairs.Couchez-vous non loin de l'arbre isolé.si vous voulez, mais jamais sous lui.Le mariage & travers les Ages Les formalités du mariage diff- ren! avec chaque pays comme aveo chaque dénomination religieuse.Nous \u2018apprendrons chaque mois à nos lectrices comment s'unissaient les époux chez les peuples les plus intéressants de l\u2019antiquité el comment se célèbrent les mariages dans certains pays modernes très éloignés du nôtre par la situation géographique, la langue, la religion et les coutumes.Chez les Grecs.le mariage avait un double objet: religieux et politique.ll devait surtout continuer la famille \u2014 143 \u2014 Vol, 18, No 1 LA REVUE POPULAIRL Montréal, janvier 1923 et assurer le maintien du culte domestique.Aussi les lois grecques; en beaucoup de pays, faisaient du mariage une obligation ; et elles autorisaient, méme elles ordonnaient, en certains cas, l'union entre proches parents.Aux temps héroïques, le futur donnait au père de la future des présents qui étaient comme un prix d\u2019achat; il offrait aussi des cadeaux à sa fiancée.La noce consistait en un sacrifice et un banquet offerts par le a J AN père de la mariée dans son nouveau logis, au milieu des danses et des chants d\u2019épithalame.À l\u2019époque historique, le mariage ne pouvait être conclus qu\u2019entre un homme et une femine ayant tous deux le droit de cité dans la même ville ou dans deux villes différentes unies par un contrat spécial à cet effet: appelé contrat d\u2019épigamie.Le fils majeur pouvait se marier sans le consentement de son père, mais jamais la fille.Les cérémonies du mariage comprenaient: 10, des sacrifices aux dieux de l\u2019union conjugale; 20, un grand sacrifice et un festin chez le père de la fiancée; 30, un cortège qui conduisait la mariée chez elle, sur un char, avec accompagnement du chant nuptial; 40 des cérémonies au nouveau logis des mariés, Le lendemain.arrivaient les cadeaux des parents et amis.Passons maintenant à l\u2019époque moderne.Aujourd'hui, c\u2019est aux héros seulement que nous donnons des médailles, mais il fut un temps en France, où suivant une vieille coutume, on donnait une médaille.à tous les invi- \u2018tés d\u2019une noce.Ces médailles avaient été spécialement frappées pour la circonstance; elles étaient en bronze et portaient l'effigie de la mariée.En Allemagne, c'est-à-dire dans \u2018Certaines contrées de l'Allemagne, il est encore de mode de placer sur la table dif banquet de noce, devant les \u2014 144 \u2014 PER O0 RE Vol.16, No 1 nouveaux mariés.un bassin d'argent dans lequel tous les invités déposent de l\u2019argent ou des bijoux.En Hollande, quand on organise le festin des noces, on prend toujours soin de placer -un célibataire ou une femme non mariée entre un couple.Une vieille superstition veut que ces personnes ainsi encadrées par des gens mariés entrent dans le conjungo l'année même.Cetle coutume correspond exactement à l\u2019une des nôtres au Canada.Ici.le bouquet de la mariée possède ce don.La personne qui l'attrape au vol se marie dans l'année.Nous avons mieux encore, chez nous.La jeune fille qui se marie porte à la messe les jarretières de sa meilleure amie ou de ses meilleures amies et celles-là en retirent du bonheur ou un mariage.C'est ainsi qu'il arrive que la mariée ait souvent trois.quatre et cing jarretiéres pour tenir ses bas.Dans la campagne anglaise.la bénédiction nuptiaie se donne a la porte de l\u2019église; puis.ensuite, les mariés entrent dans le sanctuaire pour entendre la musique et les chants.ETES-VOUS CONNU A LA POSTE ?Une lettre portant.comme adresse.ces simples mots: A l'auteur de A l'ombre des jeunes filles en fleurs .est parvenue récemment à son destinataire, c\u2019est-à-dire entre les mains d M.Marcel Proust.Il ne faut pas s'en étonner.Le courrier des écrivains est soigneusement transporté par les facteurs.On se doit cela entre gens de lettres.Je vous ai conté ici même l'histoire de cette missive du siècle dernier, qui était adressée simplement \u2018Au plus LA REVUE POPULAIRE dite ia isade trs BRATS Montréal, janvier 1928 grand poète, à Paris\u201d.Déposée chez Victor Hugo, celui-ci la retourna à Lamartine, puis, après un échange de politesse, les deux illustres confrères convinrent de l\u2019ouvrir ensemble.La lettre était d\u2019Alexandre Dumas et adressée.à Musset.On en cite d\u2019autres, arrivées à bon port malgré le libellé étrange de leur enveloppe.Ainsi, en 1907.le docteur Charcot.alors en expédition sur les banquises du pôle Sud, reçut un pli qui portait cette suscription: \u2018M.le commandant Charcot.à bord du \u2018\u2018Français\u2019\u2019, dans les glaces (Antaro- tique) .\u201d Il y a, il est vrai, des contre-par- ties.En 1906, M.Paul Deschanel était complètèment ignoré du service des postes.En effet, une lettré portant son nom et, de plus, ces mots: \u2018député, Paris\u2019*\u2019\u2014la reproduction photographique en a été donnée par les journaux \u2014erra de maison en maison et fut surchargée trois fois du fatidique \u201cinconnu\u2019\u2019 avant de parvehir au destinataire.Mais il y a peut-être mieux encore.Dans une boîte de Paris fut jetée un jour une enveloppe où cette adresse était calligraphiée: \u2018M.le gouverneur de la Guyane francaise.à Cayenne\u201d .Un employé des postes (pourquoi?on ne le saura jamais) raya le mot : \u2018Cayenne\u2019 et mit \u2018voir Cayveux, Som= me.\u2019 De Cayeux.où naturellement le gouverneur de la Guyane était inconnu, le pli fut relourné à Amiens pour complément d\u2019information.Là, on consulta un fonctionnaire des colonies en retraité et celui-éi écrivit de sa main sur l'enveloppe: \u201cA expédier à (ayenne, par paquebot, via Saint-Na- zaire\u2019.Sans cet aimable ciloyen, la lettre ne serait jamais arrivée à destination.e\u2014 145 \u2014 se See Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1923 ne TY) Du CU TE I FETE TL: FOR Tria ce Im VOTE LE TA pT y = L'EDUCATION CHEZ LES INDIENS | TEEN AE LF TR EE SE a EC eT ST ea SOT BC TE TC IT YE (Préparé sous la direction du docteur Duncan C.Scott, adjoint du Surintendant général des Affaires indien= nes, par M.Russell T.Ferrier, Surintendant de l\u2019Instruction des Sauvages.) Le populaire \u2018 peau-rouge\u2019 de Phistoire et de la légende devient rapidement une figure du passé.L'Indien d'aujourd'hui le remplace.redevenu un type viril et fort qui s\u2019assimile facilement aux Canadiens de races diverses.Ses rapports avec les blancs lui ont valu une certaine immunité contre les maladies qui causaient tant de ravages parmi ses congénères au temps de leur premier contact.La population indienne a quelque peu augmenté depuis quelque temps et dans certaines parties du Canada nous avons des groupements florissants d'aborigènes adoptant nos méthodes pour gagner leur vie et demandant l'éducation à grands cris.Le gouvernement fédéral se rend compte de l\u2019importance qu'il y a de donner à ses pupilles les facilités d\u2019éducation et des allocations d'argent pour l\u2019éducation des Indiens sont fai- \u2018es d'année en année.Le département des Affaires indiennes.dont l 'honorable Charles Stewart est le Surintendant général, a pris à ses charges ou participe à l\u2019entretien de près de 780 éducateurs de jeunes Indiens.La plupart d\u2019entre eux sont des missionnaires; l\u2019Eglise et l\u2019Etat traveillent done côte à côte à faire de la jeune génération d'Indiens et d\u2019Indiennes des citoyens dans toute l\u2019acception du mot.Près de 12.900 jeunes Indiens sont inscrits aux registres des 330 écoles et pensionnats.Ces institutions ne sont pas sous le contrôle des ministère provinciaux de l\u2019Education.mais elles sont financées et administrées conjointement par le département des Affaires indiennes et pat les diverses Eglises qui en ont, la charge.Dans chaque province.les écoles indiennes sont inspoctées régulièrement par des inspec{eurs quaiifiés el le travail accompli par les élèves indiens, peut aisément être comparé à celui des élèves b'ancs de la même localité.Dans 1-= externats.outre le pro- gramm- crdinaire.on attache une impor tenee considérable aux travaux manuels.au jardinage.à l'hygiène et aux jeux l'ensemble.Les pensionnats donnent une formation plus complète dans les arts manuels qui serviront plus tard aux élèves.Les garcons re- çoivenl une instruction dans l\u2019agriculture.le jardinage et l'élevage du bétail: les filles apprennent les travaux du ménage.Le parlement vote des crédits annuels \u2014 se montant à $1.363.420.45 l'an deirnier\u2014sur lesquels on prélève les dépenses nécessaires à l'entretien des diverses institutions.Les Eglises qui coopèrent à cette oeuvre.s'occupent aussi de trouver des fonds.À ces allocations s\u2019ajoutent des fonds de dotation lorsqu'il v en a de disponibles.Il est'offert aux diplômés des écoles et des pensionnats l'occasion de pour- .Voi.16, Na 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 suivre leurs études, ou de l\u2019aide pécuniaire à cette fin.Environ 90 Indiens.garcons et filles, fréquentent les \u2018high schools\u2019\u2019 (écoles primaires supérieures) et les collèges du Canada.L'aide financière et la surveillance attentive de ces élèves sont du ressort du département des Affaires indiennes.D\u2019autres diplômés qui manifestent de l\u2019initiative reçoivent des octrois pour l\u2019achat de bétail, d\u2019instruments aratoires, de mobilier ou de matériaux de construction.Tous ces moyens ont stimulé l'ardeur au travail et ont eu pour résultat de rendre rapidement les Indiens capables de se suffire à eux- mêmes.Un facteur important du progrès est le travail entrepris parmi les Indiens eux-mêmes.Outre près de 40 gouvernantes et gardes-malades diplômées.les instituteurs, des agents du gouvernement.des missionnaires et des instructeurs agricoles prennent une part active aux affaires des Indiens dans leur propre milieu.Les ménagères et les mères de famille re- coivent une instruction spéciale et on leur apprend à mener une vie honnête.Bien que le travail soit lent, l'Eglise et l\u2019Etat agissent de conceirt.ce qui permet de réaliser des progrès constants.\u2014\u2014-0 PAS DE MOUCHES EN ALASKA \u2014\u2014 Bien que toutes les contrées de l\u2019Alaska soient réputées pour les myriades de maringouins qui les infestent durant la chaude saison, il est curieux de noter que la mouche ordinaire, la mouche vorace qui s'implante dans nos maisons à nous, y est complètement inconnue.EST-CE UN SAUVAGE OU UN HOMME PRIMITIF ?En l'an 1900.un prafesseur à l'Université de Genève piqua vivement la curiosité des élèves de son cours d\u2019anatomie en leur annonçant qu\u2019il allait mettre sous leurs yeux un cas de ptlosisme \u2018développement anormal des poils\\ d'autant plus extraordinaire qu'il y avait chez le sujet.arrêt du développement complet de l\u2019intelligence et de ja faculté du langage ar- ficulé.sans le moindre symptôme de crétinisme ou d'idiotie.Au jour dil.la professeur fit installer sur une table tournante le nommé Rham-a-Sama qu'un Barnum montrait dans une baraque foraine.Cet homme-phénomène.âgé d\u2019une cinquantaine d'années.est velu comme un ours.Son corps, surtout ie tronc et les membres supérieurs.sont en- lièrement recouverts d'une toison soyeuse et grisonnante.longue de 3 pouces sur le dus et les reins, et de 1 pouce et denii sur les épaules.Sa chevelure retombe en abondante crinière.Sur les bras.les poils descendent de haul en bas et sur ses jambes.jusqu'à ses pieds, sans toutelfois cir la p'ante des pieds ni la paume de !à main présentent les traces de villesités (assemblage de poils couchés).La tête de ce curieux homme es! nornule.le front découvert, les veux bruns.le nez droit et fort.!a bouche grande et les lèvres épaisses: les oreilles sont également développées.Rham-a-Sama possède presque toutes ses denis et le fait est d\u2019'autani plus curieux que chez tous les individus atteints d'un pilosisme exagéré.on observe généralement des anomalies du système dentaire.MA] .« lis Vol \u2014 147 \u2014 a A M PTE EN SR CO OR IE RIRE TETE RATNER Û Hans rl RR GRR TT ET RCN TT CER Vol.16, No 1 nt moan ama cme cm gam 2000 me Lorsqu'il esl contrarié ou qu'il a peur, cet homme se sauve en poussant des cris gutturaux.Il n\u2019a pas la moindre sensation du froid.1} semble plongé dans une torpeur intellectuelle complète.Ii est intéressant à plusieurs points de vue parce que ce n\u2019est pas un simple phénome- ne d\u2019homme velu comme on en a dé- ji observé fréqu®rament; Rham-a-Sa- ma présenierait un cas excessivement rare de régression et d'atavisme \u2014\u201cn typs d'oublié ds la civilisation se rappcrochant du type de l'homme primitif.de l'homme en dehors de toute civilisation.D'où vient Rham-a-Sama?Il est bien difficile de savoir quelque chose de positif sur l\u2019origine de cet homme sauvage.Le Barnum qui, en 1900, l'avait en sa possession depuis cing ans, prétend au'il a été capturé dans les immenses \u2018forêts qui s'étendent au pied de l'Himalaya.Rham-a-Sama qui ne mange que des légumes et des fruits devait y mener une existence singulièrement primitive et misérable, car il n\u2019est pas taillé pour lutter contre les fauves, et sous ce rapport, il ne se rapproche guère des premiers hommes, La science en eat donc réduits à des hypothèses.0- 11! y à peu de différence entre le médisant et le malfaisant, ils attendent tous deux i Tes pocagions.SR.en La sincérité ne doit jamais dégénérer en simplie ité et la sagacité e finesse.\u2014O\u2014 Rien ne suffit à l'homme dans cette vie: c\u2019est là sa grandeur et sa misère.G.Sand.LA REVTE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 \\ LES PROGRES DE LA T:8.F;\"\" : La radiotélégraphie.cette science née de la découverte d'un grand Français, le professeur Edouard Branly.n'& pas plus de trente ans d'existence.Elle date exactement de 1890.\u2019 Dans ses expériences du début.Branly obtenait des effets qui se \u2018produisaient entre deux postes à une distancé de vingt mètres à travers des murailles.À l'air libre, ces effets se produisaient à plus de cent mètres.Ces distances.grâce aux progrès accomplis dans le domaine-de l\u2019utilisation pratique, sont aujourd hui portées à l'infini.Pere à Les premières e£périences-impor- tantes, tentées par l'ingénieur italien Marconi, se firent entre l'Angleterre et la France en 1899.En 1901.des radiogramimes étaient transmis de France en Corse.muniquait d'Angleterre en Amérique.Chez nous, en 1904, le capitaine Ferrié organisait la station de la Tour Fiffel.Deux ans plus tard, Paris communiquait avec les vaisseaux français en rade de Casablanca.\u201d Depuis lors, la France.soucieuse de geler la suprématie dans cette scien- ¢e née chez elle.n'a point cessé de favoirser ses progrès.En 1915, une seconde station importante: fut créée près de Lyon; en 1918.une autre, plus forte encore, à La.Groix d 1 Hins, de Bordeaux.\u2018 we Enfin, cette semaine.vient d'être \u2018inaugurée à Sainte-Assise.près de Melun.une quatrième station qui est, de beaucoup.la plus puissante du monde.La France se trouve reliée par elle à l'univers entier.\u2014 148 \u2014 En 1906.on com-.près \u2014 amen.Vol.16, No .peiciricieh et AL a MAMA ES C\u2019est encore le bonhomme Noël qui .revient dans la nuit du pren.ier de l\u2019An déposer les cadeaux dans la cheminée.\u2014Histoire de deux petl- tes filles bien sages et d\u2019un monstre dément.Il y & des Noéls gais et des Noëls tragiques; il y a de même des Jours de l\u2019An de toutes sortes.Naturellement, le lecteur préfère qu\u2019on l\u2019amuse.Ces fêtes sont marquées au coin de la gaieté, et il n'appartient pas à de lugubres récits de les assombrir.Mais qu'on nous permette.Rose et Alice s\u2019étaient couchées fort joyeuses, le soir de la Saint-Syl- vestre, vigile du premier de l\u2019An, et elles avaient longtemps devisé dans leur petit lit blanc sur les joies du lendemain.Au pied de l'arbre de Noël qui avait été dressé dans le salon, durant la divine nuit, seraient entassés les paquets de cadeaux, ficelés de faveurs multicolores.Rose et Alice, en petites filles sages qu\u2019elles étaient, âgées à peine de quatorze et de quinze ans, s\u2019endormirent tout de même assez tôt pour ne pas ennuyer leurs bons parents et se retrouver bien disposes, le lendemain matin.\u201cD\u2019ailteurs pas un bruit ne troublait plus déjà le silence de la nuit qui tombait.Les parents eux-mêmes avaient dû se mettre au lit de très bonne heure.\u201c La chambre des petites se trouvait tout à fait à l\u2019arrière de la maison, alors que celle du père et de la mère était en avant, derrière le salon.C'était au rez-de-chaussée et la fenêtre de la chambre des enfants donnait sur une impasse.Mais jamais, depuis cinq ans qu'ils occupaient cette maison, très recomimandable par cestemps de vie chère où les loyers coûtent des prix impossibles, à cause de la dimension et du nombre de ses pièces, cela pour un prix très modéré, jamais les voleurs ni les maraudeurs ne les avaient inquiétés.Leur sommeil n'avait jamais été troublé non plus par lc bruit et étant à l\u2019âge des rêves dorés, elles dormaient tout d'une traite.Aussi quelle ne fut pas leur surprise de se réveiller tout à coup, en même temps, toutes deux.Leur première pensée fut pour lai fête du jour.Comme un filet de lumière, entré par l\u2019écartement des tentures, barrait leur petit lit blanc d\u2019une raie jaune, elles se dirent tout d\u2019abord que leurs parents devaient être sur pied pour mettre la dernière main aux préparatifs de la distribution des jouets.Mais, chose étrange, ce bruit insolite venait du dehors, de la rue.Puis, une vitre vola en éclats.Plus mortes que vives, elles se jetèrent dans les bras l\u2019un de l\u2019autre, la terreur dans les yeux, incapables de prononcer une parole.Une grosse main velue, pareille à une patte d'ours, passa au travers de l\u2019ouverture faite dans la vitre et fit tourner l\u2019espagnolette.La fenêtre s'ouvrit et un monstre entra dans la chambre.Rose et Alice se blottirent tout contre le mur et l\u2019on ne voyait dans la chambre que leur groupe blanc d\u2019un côté et une silhouette noire de l\u2019autre.\u2014 149 \u2014 AE RAMMR HE sy ae En dar Vol, 108, No Ÿ LA REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1923 Ce lugubre visiteur était bâti de telle sorte qu'on pouvail le prendre d'abord pour un énorme orang-outang.Le fait est que les petites filles le pensé-.rent lout d'abord et qu'elles en furent plus effrayées encore.car s'il est pos- Et la silhouette du monstre se profila sur le mur, jetant les deux petites soeurs Cy, dans la plus grande terreur.sible d'adoucir le coeur le plus dur d\u2019un homme, il n\u2018y à pas d'arguments capables de fléchir un singe de cette grande espèce.L'homme ne parlait pas cependant.Il s'approcha lentement.à pas comptés.et toucha la robe de l'une d'elles = de sa grosse main.Elle poussa un tel cri que le monstre parut se réveilles d\u2019un rêve et bousculant tout sur sèn passage sortit par la fenêtre en grande hâte.Revenues de leur frayeur, les peti- tos ge précipitèrent dans la chambre \u2014 150 \u2014 TERRE \u2014 Ce Vol, 16,No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1023 de leurs parents qui n'ayaient rien entendu de toute cette scène, ni le bruit de la vitre brisée, ni le cri de Rose.En se frottant les yeux, la mère dit simplement aux petites filles.avant d\u2019avoir remarqué la pâleur de leur visage: \u201cVous venez bien tôt, mes pè- tites filles.Je comprends votre ém- préssement.votre hâte à voir Vos cadeaux et à nous faire vos voeux de bonne année, mais il n'est encore (ite ving heures.Allez dormir encore un peu, mes mignonnes, je vous réveillerai & sept heures.\u201d \u2014Mais, maman.excusez-nous,vous ne comprenez pas.il nous est arrivé quelque chose d'épouvantable., .Et c'est des sanglots dans la voix, dès coupurés à chaque mot.que les deux petites racontérent ce qui leur était arrivé.Le Jour de l\u2019An en fut gâté, disons jusqu\u2019au midi, alors que la police à laquelle le père avait fait rapport de l'aventure.vint apprendre à la famille que l'homme avait été coffré.Le pauvre bougre s'était échappé de l'asile.ou il était dctenu depuis de nombreuses années.ll n'était pas fou furieux, heureusement et c'est bien vour cela que les enfants avaient été Gpar- gnés.C'était une sorte de monstre qu'on montrait dans un cirque et qui s'en échappa pour être interné dans une asile d'aliénés.; Rose et Alice, sachant l'homme bien enfermé, oublièrent le reste du jour la terrible visite nocteurne et s'en donnèrent à coeur joie.Mais jamais plus elles ne voulurent coucher dans la même chambre.On bloqua la fenêtre pour les rassurer.D'ailleurs la chose était bien inutile, les voleurs n\u2019étant pas si nombreux et si audé- cieux dans nos bons quartiers.LA CIGARETTE ET LA FEMME Dans le pays où la cigarette est le plus en faveur chez les femmes.voilà que les médecins.réunis en congrès, la condamnent comme très nuisible à la santé et taxenl du titre de vicieuses celles qui en usent.Bang! Ces médecins prétendent que les femmes ne peuvent d'ailleurs fumer longtemps comme elles le font ef que leurs nerfs cutreront bientôt en révoile contre elles.Les femmes à Londres \u2018d'après ce que nous en savoirs ici.naturellement) fument autant que les hommes.On les voit, la cigarette aux lèvres.dans les cafés, les trains.les taxi-antos, Si elles fument ainsi.ce n'est pas nécessairement pour suivre tne mode.La plupart en agissent ainsi par la force de l'habitude et bien parce que leur système réclame cette empoisonnante nourriture.Le système nerveux de la lemme, déclare entre autres médecins le doc.leur Octavia Loin.est déjà assez surexcité par la tenue de maison et le snin des enfants, sans risquer de se détraquer complètement par lu faute de la nicotine.Ge médecin va jusqu'à dire que l'abus de la cigarette peut.de même que l'abus des sports.nuire à la plus importante fonction naturelle de la femme, qui est la maternité.Les mêmes conseils peuvent parfaitement convenir à l\u2019homme.presque autant qu\u2019à la femme.L'abus des clous \u2018de cercueil conduit où l'on sail.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 0 \u2014\u2014 ace Pardonner sincèrement et de bonne foi, pardonner sans réserve.voilà la plus dure épreuve de la charité.Bourdaloue, \u2014 1651 \u2014 RDS OT TETE Ho dria itive TAC RE It SORTER SET FE OT 8 RIT COTE QE me NI nt Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janwier 1923 Les grandes dames d\u2019hier sur le passage desquelles se découvrait la foule sont devenues les pauvresses de Vienne.\u2014 L'ancienne épouse morganatique de l\u2019empereur Fran- coic=Joseph mendie son pain de tous les jours.Nous ne manquons pas, chaque mois.d'instruire nos lecteurs sur quelqu'un des incidents piquants qui se nasse à Vienne.l'ancienne capitale de l'immense et du puissant empire magyar, parce que l'Autriche est certainement de tous les pays du monde que la guerre a bouleversés le plus radicalement métamorphosé.Nous expliquions ailleurs comment apres la guerre.apres le démembrement de ce pays.après la chute de la monarchie.après que les riches d'hier fussent devenus pauvres et les pauvres riches, des scendales comme nulle part au monde il ne s'en est vu avaient fini de jeter ce pays dans la plus inextricable anarchie.Une misère noire y fait chaque jour des centaines de victimes et tout le ravitaillement en vivres et en bois sur lequel compte pour vivre une population aux abois est monopolisé par une clique de noyveaux riches.de honteux exploiteurs qui tablent sur la famine pour se livrer à la débauche.Oui.la débauche co, je, la misère la plus noire.Les cafés regorgent de danseurs et de danseuses.et les vins les plus énervants coulent à flots.Les bijoux que portaient les princesses d'antan ornent maintenant les courtisanes, les actrices et les danseu- > ses en renom.Des lois viennent de temps en temps essayer.de réprimer ces abus, comme celle dont nous parlions dans notre dernier numéro- de La Revue et qui ordonne à toutes les femmes sans emploi reconnu de collaborer à l'oeuvre commune de rétablissement, soit dans les usines, soit dans les fermes, mais ces lois sont appliquées avec mollesse et les troubles continuent.Parmi la horde des miséreux qui recrute ses membres dans toutes les classes de la société, parmi les anciens nobles, les anciens rois de la finance, les anciens professionnels riches, les anciens artistes en vogue qui vont chaque jour faire la queue aux soupes populaires, nous voyons des figures autrefois connues dans tous les mondes, nous entendons des noms qui eussent soulevé l\u2019admiration.Au hasard, parmi cette foule, s'avance une petite vieille en \u2018guenilles, l'air affreusement misérable quf vient.chercher sa maigre pitance \u2018de chaque jour.Elle s\u2019avance a pas lents et tend la main au distributeur, les yeux baissés, comme si par un reste d'orgueil bien compréhensible elle voulut cacher sa honte.Cette vieille femme fut un jour le femme la plus enviée dans Vienne.Sa popularité fut telle que des légendes se formèrent autour de son nom.Personne ne pouvait dire d\u2019où elle venait et comment elle avait pu s'attacher la personne de l'Empereur.En effet.cette femme avait été l'épouse secrète de l\u2019empereur François- Joseph.La belle Catherine Schratt et \u2014\u2014 152 \u2014e 1 fH 11 7/4 lait Ar CCD ! | .Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIR:.Montréal, janvier 1923 \u201cUN BON REMEDE EST UNE j CHOSE.TRES RARE | POUR CEUX QUI LE CONNAISSENT ET | 1 S\u2019EN SERVENT BIEN, C\u2019EST PLUS QU\u2019UNE FORTUNE Avec un bon remède on revient en santé et heureux, on conserve sa vid, bien le plus précieux.Aver des richesses.des honneurs, sans santé tout paraît maussade.aucuu bonheur réel; on lun- suit et on meurt sans avoir joui de ses biens.MES REMEDES VEGETAUX SONT DE | BONS REMEDES | Donc écrivez-moi, Je répondrai gratis Bien lire ce qui suit\u2014 Adresse postale: ~ Adresse, M.F.X.LACROIX, herboriste, 438 St-Joseph, Québec, Can.; (Lorsque vous écrivez: meniionnez \u201cLa Revuc Populeire\u201d.) : ACHETEZ MAINTENANT A Ë .9 .3 : IE | \u2018 I M 10 cents l\u2019exemplaire j ; |E, = À _ DANS TOUS LES DEPOTS ; P Spécialiste BEAUMIER Opticien a | DEMENAGE AV i od E i No 266 rue Sainte-Catherine Est ae WL E 1 EXAMEN GRATIS E | Avis.\u2014Cette annonce rapportée vaut 15 cents par dollar sur tout achat en lunetterie.3 Spécialité: Yeux artificiels.N\u2019achetez jamais des peddlers ni aux magasins a tout faire ] és si vous tenez à vos yeux.hi se) | ; = \u2014 153 \u2014 Vol.18, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 fi - LE i La veuve de Uemperewr Framgois-Joseph mendie son pain quotidien.l\u2019empereur s\u2019étaient mariés clandesti- femme légitime à la cour et lui donna ' nement et ils cachérent leur mariage un palais non loin du sien.| , pendant de nombreuses années, jus- Tous les honneurs rendus a la per- « qu\u2019au jour où l'Empereur amena sa sonne de l'Empereur rejaillirent dé- : \u2018 i k } ee ts A et ETI ] I À PO ER EE ER PE T1 aa, PCR PIE RN RR WW TP REY REP RR TRA ES ARE PRR XRT RN) SH FRR ç ÿ .FÉVR p cas ARE ts) IRA REN 3 i gy! 4 d ry pi fi 0 3 PRIE sr CEE 7 PSS + i oo on : + 4 K T + sf re Des POSTÉ AW - AREER RRR REY RR at ey bhp TRI EIRE ! ! hE VA 5 Ea - == a \u2014\u2014,gpe\"\"\" Re iT re Vol.16, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 UNE GRANDE OFFRE AUX HERNIEUX 10,000 PERSONNES QUI SOUFFRENT DE LA HERNIE RECEVRONT PLAPAO A L\u2019ESSAI ET LE LIVRE DE Ni.STUART SUR LA HERNIE ABSOLUMENT GRATIS.- Cette offre généreuse est faite par l'inventeur d'une merveilleuse méthode opérant \u2018puit et jour\u201d qui rétablit et fortifie les muscles relâchés et ensuite supprime tout à fait les bundages douloureux et la nécessité de dangereuses opérations.RIEN A PAYER 7 Pour 10,000 malades qu écrivent \u2014 M.Stuart enverra une quantité suffisante de Plapa sans frais pour vous permettre d'en faire l\u2019essai.Vous ne payez rien pour cet essai de Plapao.JETEZ VOTRE BANDAGE Vcus savez par votre propre expérience, que 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Vol.16, No 1 sorivais sur elle.Elle ful de loutes les fêtes et de toutes les réceptions.sa beauté et sa grâce étaient telles qu'en peu de temps elles désarmérent les princesses et les nobles dames qui lui avaient juré une haine implacable à cause :le son ascension trop rapide et.& ce qu'elles prétendaient.injusli- fiable.Mais comme ces rivales sont vengées aujourd'hui ! Que reste-t-il de cette grande princesse ?une loque.En mourant, l'empereur lui avait laissé une fortune de près d'un million, dont l'Etat, le nouvel état s'empara.Ses bifoux ent été vendus un à un.ses propriétés ont été brûlées par la foule ameutée.Elle perdit beaucoup à la Bourse et.au jeu et ajoutons à sa décharge et à son honneur qu'elle serait encore riche si elle pouvait récupérer tout l'argent qu'elle jeta aux pauvres à pleines poignées.Et c'est une danseuse de renom, célèbre en Allemagne aussi bien qu'en Autriche, la belle et séduisante Eudja Mogou!, qui porte aujourd'hui les bijoux qui lui venaient de l\u2019Empereur lui-même.LES TRESORS DES MERS \u2014 Après trois siècles passés, voici que l'on s\u2019acharne à reprendre à la mer les trésorg qu'elle a engloulis lors de la destruction de \u201cL\u2019'Invineible Armada\u2019.À la Société qui s'occupe de ces recherches.tous les espoirs sont permis.Une jeude scaphandrière vient.paraît-il, de rédiontez à à surface un plat d'argent de \u2018quatre- vingt- dix centimètres de tour, dont la valeur est estimée à plus de vingt mille dollars.Et il y a sepl cent cinquante millions enfouis dans les flancs du vaisseau-ami- ral qui, s'ils sont découverts, paieront ampiement les frais\u2019 de Æaudacieuse entreprise.So M TOI AR ET TERRE EE TT Tr TTT Tr Lo TE SAN SRSA RTT su ats TLE TH HTN ead i PR ; Co OT I TR PER CS OIL ARR RE SR RER SEC LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 re Ca es === La mer est pleine de trésors.plus que le Transvaal et le Klondyke; elle recèle dans ses profondeurs des lin- zots d'or et d'argent.des monnaies de innte espèce et de toute époque.des pierreries.des gemmes, des oeuvres d'art.Le fond de la Méditerranée.ce lac gréco-latin.est couvert de navires perdus corps et biens.Et les sepl cents millions de la baie de Vigo ?Et les trente millions (un \u2018Lutin\u2019, vaisseau anglais qui sombra dans le Zuyderzéo?Et la cargaison fabuleuse d'or et de pierreries du briek- goélelte.\u2018Le Jeune-Henri, qui dort dans le pertuis d\"Antioche?Et le trésor de la flotte anglo-égyptienne à Navarin?Et les cinq millions du vaisseau anglais.coulé pendant la guerre de Crimée, dans la baie de Balaklava?Êt la fortune du président Krüger.qui repose sous-les côtes du Zoulouland?Ft les innombrables navires torpillés au cours de la dernière guerre?Combien d'autres encore ! La mer garde jalousement ses trésors.Les bois restent et les mâts se dressent parfois.visibles à marée basse.comme les clochers fantomatiques d'une ville dispa- \u2018rue.Les canons de fer sont ceux qui résistent le mieux à l\u2019action de la mer, les canons de bronze se désagrègent lentement.Mais les poids lourds com me ces métaux.l'or et l'argent.ten- «lent à s'enliser dans les sables.C'est ce qui explique ia difficulté qu'il y de les conquérir.| : Néanmoins.il est permis de penser que.plus nous irons.plus il deviendra aisé de mener à bien ces hardies explorations.Et peut-être nos arrière- petits-neveux toucheront-ils de beaux dividendes s'ils font confiance aux puissantes Compagnies qui oblien- dront l'adjudication des fonds sous=- marins.Le LL Le 0e ot \u2014 \u2014 8e = \u2014> \u2014 \u2018il insista pour que j'en fasse l'essai.Au Vol.18, No 1 LA REVUE POPULAIRE Montréal, janvier 1923 JE REGAGNAI 65 LIVRES \u201cDans les premiers temps de mon mariage il y a cinq ans, j'avais une énergie merveilleuse.Je pouvais aller toute la journée sans ressentir la moindre fatigue.J'avais un bon appétit et je pouvais manger n'importe quoi.Je pesais 147 livres.J'étais très occupée toute la journée et lorsque le soir arrivait je me mettais au lit'et je ne me réveillais pas une seule fois dans la nuit.Il y a treize mois mon premier bébé naquit et aussitôt après, Mon énergie sembla m\u2019abandonner.J'étais continuellement fatiguée et j'étais obligée de me forcer pour exécuter les travaux du ménage.Au lieu d'être un plaisir comme avant, ces travaux étaient pour moi une corvée.Je perdis tout appétit et rien ne me tentait, j'étais obligée de me forcer pour manger.Le soir je me mettais au lit et me tournais et me retournais pendant des heures.Enfin je finissais par m\u2019endormir mais pour me réveiller dix ou quinze minutes après.Naturellement lorsque le jour arrivait, n'ayant pas dormi, je commen - çais la journée avec une fatigue complète.J'étais agitée et nerveuse.Le moindre bruit m'effrayait et me faisait battre le cœur.Je voyais que mon mari était très anxieux.Je perdais du poids toutes les semaines et déjà j avais perdu 54 livres.J'essayai toutes sortes de toniques mais ils ne me firent aucun effet.Un soir que je n'oublierai jamais, parce que c'est à ce moment que je retrouvai le chemin de la santé et du bonheur \u2014 mon mari m\u2019apporta une bouteille de Carnol.Un ami lui avait dit que le Carnol avait sauvé sa femme, et bout de six semaines mon poids augmentait et de 93 livres passait à 158, une augmentation de 65 livres.Aujourd hui je suis très bien.je saute allègrement du lit prête à faire n'importe quel travail et aujourd\u2019hui chaque minute de la journée est pour moi une minute de bonheur.\u201d | Le Carnol est en vente chez votre pharmacien.Si après en avoir fait l\u2019es- Beef, Cod Liver Oil end Glycerophorphares | Im the soluble nutntive pre pevies of toe ances of iresh Beel, the alkaloids §' of enw 'ouricy ob Cad Liver OU and ten grains Qlycerophia phete Salts m propurtirats sai pour pouvez affirmer en toute cons- combination cience qu'il ne vous a fait aucun bien, renvoyez la bouteille vide à votre pharmacien et il vous remettra votre argent.8-622 DOSE \u2014 For adulte, one table .pooniui before each | mes) and at bedtime.Chiléren, one sapoun ad, er according © age se.9607 \u2018de 200005 © Paur« eme man SM NSD Ar J RANK wHORMER uns | MONTREAL i.-50 it ig fd Ep ee fit le: i: LA REVUE POPULAIRE Montréal.janvier 1923 IE CT IDE IC WERE ST RE TRE DE DE Un artiste de cinéma n\u2019est jamais \u201c1 principe satisfait de ses traitements.si importants soient-ils.Ainsi, il mme semble qu'aucun de nous ne se plaindrait de toucher par exemple la somme plutôt intéressante de $1,250 par semaine.mes, le bean Rodolph Valentino, ne ponse pas comme nous: pour lui, mille deux cenl cinquante dollars par se- naine représentent un traitement ri- Mais l'ami de ces da- ans, qui déharqua au pays il y a huit ans, sans un sou dans sa poche ef incapable de prononcer un fraître mot d'anglais.se plaindre aujourd\u2019hui de ne gagner que $1,250 par semaine ! Si ce n\u2019est pas une pitié! \u201cSans doute,\u2019 pour certaines gens, mon salaire semble énorme.mais pour le héros à larbrillantine qui fit frisson- her toutes ies femmes du continent dans les Quatre Cavaliers, le Cheik et 1.Vu même au télescope.gnu salaire de 81250 par semaine lui paraît bien petit.2.3.dicule et indigne de lui, G'est pourquoi il signifin à ses patrons qu'il se mettrait en grève s'ils ne consentaient à relever quelque peu son salaire.C\u2019est dans son somptueux apparte- nent de l'hôtel Waldonf-Astoria que Valentino raconta ses malheurs au cé- léhre humoriste Karl K.Kitchen.de gui nous tenons ces renseignements.\u2018Ge journaliste fut taut ému de voir un beau jeune homme de vingt-six d'odolph ne trouve même pas assez d'argent pour se payer une femme de journée.fodoluh, tel que le connaissent les dames.~ Sang et Sable.c'est une hagatelle.\u201d \u2014Une bagatelle ?\u2014Oui, je dis bien, une bagatelle, et voici pourquoi.Pour avoir la paix avec ma première femme, ça me coûte $250 par semaine.Une maison que j'ai achetée en Californie me prend un autre $250 par semaine.Et en plus, je rends chaque semaine à la banque un montant de $250 que j'ai emprunté pour payer les frais de mon \u2014 158 \u2014 A er nist le ts $ \u201cLb arty 5 10 } \\ | Vol.16, No 1 LA REVUE &# OPULAIRE Montréal, janvier 1923 a tent \u2014 Pm .pa er - = ae = I ne ii le x eve papes ; : > 4 ' ; Fes 7 = \u2019 < _ | REGARDE, MAMAN, VOILA TON REMEDE $12 : - , » \u201coO chère, voilà le remède , Nerfs, ces chases sont passées .qui a remis maman en et je sais ce one c'est que d'être santé ét je suis certaine qu'au- en sanlé et heureuse\u201d.cune de vous ne l'oubliera .\u201cPourquoi fous ceux qui sont ON 9., | Es-tu pour en acheter: | malades ne prennent-ils pas | \u201cNan, chère, je n'en ai plus tan remède?\u201d besoin.Tu sais comme je dors ~~ und q bien, que ces terribles migrai- Beatieoup ( entre EUX Je nes ne m'incommodent plus, et prendraient ce remède, s'ils que nous sommes capables de connatssalent \u201ceulement le bien faire nos belles longues pro- \u2018It il leur ferait.J en al parlé à menades quotidiennes\u201d.nombre le Mes amies et elles \u201cVous n\u2019aviez pas coutume ON ont retiré autant de bien que de sortir, n'est-ce pas?\u201d MOI-MÉME | \u201cNon depuis longtemps.Mes Un cerveau lucide, une, meilleure p ircylation du sang, un bon teint, un àtai i dé bs circulatic ng, un nt, ul nerfs étaient 51 dela brés que sommeil paisible.réparateur, une bonne je ne pouvais rien faire, j'avals digestion.une plus grande force men- 4, 44 \u2018étais très irri- tale et corporelle et une meilleure san- toujours peur, J étais très rr té, sont les résultats de l'emploi de table et morose avec ton père la Nourriture du Dr Chase pour les 1 is orâce © Nourri- Nerfs, 50 cents la boîte, chez tous les d ot toi, mals grace à la marchands ou d'Edmanson.Bates & (lo.ture du Dr Chase pour les rid Toronto, 19 me \u2014 159 \u2014 5 4 + 1 i Er i 5 Vol.16, No 1 LA REVUE poPULAIRE Montréal, janvier 1923 dernier procès avec Jean Acker.En plus, je donne $200 par semaine à la Famous Players pour que ces messieurs répondent en mon nom à toutes l2s lettres que je reçois de mes admiratrices; de sorte qu'à la fin du compte, il me reste environ $50 en poche pour acheter mes cigarettes.Vous devez comprendre qu\u2019il me faut vivre sur un haut pied, comme tout grand artiste doit faire.Mais, si j'attaque le contrat qui me lie avec mes patrons, ce n\u2019est pas tant pour faire augmenter mon traitement que pour défendre un principe.En ce moment, la loi m'oblige à ne travailler que pour la Famous Players, mais comme mon contrat est injuste, je ne travaillerai pas pour eux; je ne travaillerai pas du tout.Je suis convaincu que les tribunaux me donneront raison, quand ils auront à entendre ma cause.Je vais continuer à lutter, à combattre.J'appartiens d\u2019ailleurs à une race combative.Je suis un romain et mon sang latin bouillonne dans mes veines.\u2014 Mais, lui dépondit le journaliste.votre contrat vous assure de $2,000 et de 83,000 par semaine, l\u2019an prochain.\u2014\u2014Je sais, répliqua Rodolph, mais que m'importe, puisque je pourrais en faire $7,000 a la téte de ma propre compagnie.D'ailleurs, je le répète, ce n'est pas la question d'argent qui m'embête.Je combats pour un principe.Je n\u2019entends pas que mes directeurs se moquent de moi et me maltraitent, pour se débarrasser de moi, ensuite, quand le goût leur en viendra.J'ai une femme et de lourdes responsabilités et je me dois de tenir mon rang.Mais, pour le moment, Valentino est lié par un terrible contrat.Nous comprenons très bien sa dou- 28 celle de tous les autres leur.C'est embétant de ne gagner que $60,000 par année, alors que seul, avec sa propre compagnie, il chiffrerait peut-être ses bénéfices dans les millions, comme l'heureux couple Pickford-Fairbanks.- : 0 L\u2019ALSACE ET LA LORRAINE DEVIENDRONT DES DEPARTE- MENTS On s\u2019attend à ce que le régime administratif qui existe encore en Alsa- ce-Lorraine, provinces redevenues françaises à la suite de la guerre, disparaisse ce mois-ci.Dans les premières semaines de l\u2019année nouvelle, ces deux provinces seront divisées en départements et réunies graduellement à la mère patrie.L'administration de ces départements ressemblera ; s départements de France.La séparation de l'Eglise et de l\u2019Etat, tolérée sous le présent régime, sera abolie.Cette mesure n\u2019est pas sans susciter de vifs commentaires dans cer- lains cercles conservateurs d'Alsace et de Lorraine.Par contre, les Alsaciens et Lorrains libéraux se réjouissent de ce rapprochement.Toutes les choses.d'administration et de législation seront remises aux mains du ministre de l'Intérieur.Le système qui existe là depuis l'armistice rappelle trop bien aux habitants de ces provinces l'ancien régime allemand, c\u2019est pourquoi grande faveur.Les citoyens d'origine allemande\u2019 seront tolérés dans ces deux nouveaux départements, mais ils n'auront accès à aucune charge of ficieaia, \u2014 160 \u2014 DR ETT SR RT TE EoD ITT TI TP RP AB EP THIRTY.(hs tit ; bt ?OR et CLT EARN .il ne fut jamais tenu en\u2019 Ya + me - > - Vol.18, No 1, LA REVUE POPULAIRE Montréai, janvier 1928 agus a we an \u2014 0e mass 4; rea va EST: Sm SEE ain apte Tr ee Pr a Afin de répondre à la demande de nombreux lecteurs, noug nievrens in noureut département sous la rubrique: que La Revue Populaire\u2019 \u2018est la scule revie avec tenant avait tout a les oblige de toutes façons.DISQUE-O- PHONIE.dans lequel sera publié chavee uuris le texte français -des beytitions- d'opéra et mélodies enregistrées sus le grauutoyhoane, Ou condra bign remarquer \u201cJe Named?gud rend «© service à ses Lecteurs, Nous consciilans à tits nos Tecteurs de détacher , > FEnregisiré sous \u2018e Nn Ti, digue Un sceptre d'or digne des dieux i + 161 \u2014 Lucie de Lammermoor ( Donizetti) \u201cfo voix de son Maftre\u201d.par Ameiita Gallt-Curet, SCENF.DE LA FOLIE Mon nor s\u2019est fait en\u2018endre au milieu de vos {chants ! C'était sa voix s! chère et si connue.Edgard! je te suis rendue.\u2014 Viens, je me suis soustraite au pouvoir des [méchants.Auprès de la fontaine Viens t'assevir à l'écart.O ciel! la-bas.la.I] nous sépare! hélas! Fuyons, fuyons, Edgard Le chant de la fanvettéiatu fond des bois Che a ey [résonnel.Tressods \u2018fio\u2019 demi nee Quelle doute harmonie! elle descenc du ciel\u2026 C\u2019est l'hymne des noces\u2026 L'\u2019autel Pour nous s'apprête O délice! Le bonheur dans mon âme a versé son calice L'autel rayonne\u2026 un doux parfum dans l\u2019ait Se respire.Voici le prêtre.\u2018 A toi ma vie, et tout mon être.Conduis-moi par la main, 6 mon Edgard si ches.quel spectre se trainel Vol.16, No 1 Magazine hebdomadaire illustré Humoristique et sentimental 1} CENTS L'EXEMPLAIRE | COUPON D'ABONNEMENT Ca-incius veuillez trouver la somme de >3.C0 pour | an ou $2.50 pour 6 mois (excepté Montréal ct banlieue) d'abon- -emient au SAMEDI.Ml EE 00 004000200040 600 0000000 tre c0H4000RU000000200 000 2u.000 011000100603 9006000 20600 score 0000.0000a0.can0n 000 san c0nu0u 11 50GGAG0000 Adressez comme suit : \u2018 VUIRIER, BESSET IE & CIE 131, rue Cadieux, Montréal LA REVUE POPULAIRE AEFI Journal officiel des grandes compagnies de cinéma i0 CENTS L\u2019'EXEMPLAIRE meme COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $1.00 pour un an ou 50 cents pour 6 mois (excepté Montréal et banlieue) d'abonne- went au FILM.Nom von c 0e 00001 00000 800000600000 00OU 0100000000 2MA 50000 ta00e000ee 100000000000.0000C0U002C020000 002060201000 1 0Ot 1203500000 0000C0ON 000000000800 eu 003 C0 00230000 Adressez comme suit : rOIRIER, BESSETTE & CIE 131, rue Cadieux, Montréal Montréal, janvier 1928 \u2014 Ne manquez pas de lire dans notre NUMERO DE FEVRIER LE ROMAN COMPLET | qui a pour titre : | LE BAISER MORTEL par PAUL DE GARROS Retenez d'avance votre prochain numéro.La Revue Populaire Magazine mensuel illustré 15 CENTS L'EXEMPLAIRE Magazine de famille COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (excepté Montréal et banlieue) d'abonnement à la REVUE POPULAIRE.(M., Mme ou Mile, Spéoifies votre qualité.) RUE \u2026.\u2026.\u2026rrorreconerrensersassnassansensessenecn se Localité ; POIRIER, BESSETTE & CIE 131, rue Cadieux, Montréal (Ee Gi Gir GFR GFE: Git GR GY RAS e CH oy LA REVUE POPULAIRE ENVOYES GRATUITEMENT SUR DEMANDE Albums,.Cartes postales, Articles en NOUVEAUX CATALOGUES 15 SDMOND-S MAS COTTR \u2014 8 ww cuir (illustré) \u2026.ncccccssrrcnces 32 pages Articles en papier et autres pour table et maison (illustré) .cooooeens 24 \u201c\u201c Cartes, Cartons et Papier de fantaisie (illustré) \u2026.cnrcsssecrnsssaraunse 32 Décorations en papier, Drapeaux, Lanternes, Fleurs (illustré) .32 = Jeux de Société (illustré) 36 \u201c Articles de Bureau esse 80 \u201c Articles Religieux .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.20 \u201c Bijouterie Religieuse .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.12 Livres de Prières .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.rssreccce 20 \u201c Livres Religieux (6 parties) .152 * Littérature Française 48 * Livres Classiques Canadiens .16 * Articles de Classe (illustré) .120 * GRANGER FRERES Libraires.Papeliers.Importaleurs 43 Notre Dame0uest, Montréal La plus , Papeterie importante Francaise Librairie et du Canada.(4 % 24 Montréal, février 1928 1 ORE OE ORE OE y AX (UES EEE Vol.16, No 2 | LA REVUE POPULAIRE = Montréal, février 1923 Puisque j'ai mis mes lévres.Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine; Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli; Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli; Puisqu\u2019il me fut donné de l'entendre me dire Les mots où se répand le coeur mystérieux; Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire \\ Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux: Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours; Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie Une feuille de rose arrachée à tes jours; .Je puis maintenant dire aux rapides années: \u2018Passez! passez toujours, je n\u2019ai plus à vieillir! A Allez-vous en avec vos fleurs toutes fanées; 4 J'ai dans l\u2019âme une fleur que nul ne peut cueillir! Ÿ \u201cVotre aile en le heurtant ne fera rien répondre : à Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.à Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre! A Mon coeur a plus d\u2019 amour que vous n'avez d\u2019oubli!\u201d 4 | Victor Huco ber "]
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