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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Mai
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1923-05, Collections de BAnQ.

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Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 | (THEO QEFIES EDMOND-I MASSICOTTE î y NG | Première Communion, Anniversaires, Ni | Mariages, Ordinations et Pro- D A ;Ç fessions Religieuses 4 Livres de Prières, reliures artistiques, \u2018très i 1 élégantes nouveautés.i Livres de Méditations, Prédications, Bréviaires, 2 ; Missels.; Médailles en or, sujets variés avec chaînettes très 4 appréciables.É Statues, or nouveau, or vert et or mat, tous les E sujets et grandeurs.Croix, palissandre et acajou avec Christ vied E ivoire, bronze doré et artistique.; | ¢ | Chapelets, roulés or, alliage d\u2019or et or solide, pierres véritables.E Images, assorties pour toutes les occasions.Ç bE Se Nous accordons une attention toute spéciale aux NE À commandes par la poste.3 (¢ Un personnel compétent et courtois est à la 1 disposition des visiteurs.à 7 _ GRANGER FRERES + & \u201c Libraires.Papeliers, Imporlaleurs ) i 43 Notre-Dame Ouest, Montréal E \u2018 | \\.7 J E ( La plus Papeterie i] importante Française E.4 Librairie et du Canada.G SH CH >) E 1 4 3 À 1 AH in BH Bh! i Bt! + ht, Es 5 2 in or ! FRY ide ie todo CRC EAST CE PE RUE RER Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 BEAUTE ET FERMETE DE LA POITRINE [ DISPARITION DES CREUX DES EPAULES ET DE LA \u2018 GORGE PAR L'EMPLOI BU TRAITEMENT DENISE ROY EN 30 JOURS Le Traitement Denise Roy, réalisant les plus récents progrès, garanti absolument sans danger, approuvé par les sommités médicales, développe et rafermit très rapiderpent la poitrine.D'une efficacité remarquable, il exerce une action reconstituante, certaine et durable sur le buste, sans faire grossir les autres parties du corps.Très bon pour les personnes maigres et nerveuses.- Bienfaisant pour la santé comme tonique pour renforcir; facile à prendre, il convient aussi bien à la jeung fille qu'à la femme faite.Prix pu TRAITEMENT DENISE ROY (de 30 jaurs) AU COMPLET: $1.00 | (Renseignements gratuits donnés sur réception de trois sous en timbres.) Mme DENISE ROY, DEPT.5, BOITE POSTALE 2740, MONTREAL - NE SOUFFREZ PLUS! Pourquoi rester une malade langujssante quand il ne tient qu'à vous d'être bien portante ?La guérigen est assprée aves =\u2014 LE TRAITEMENT MEDICAL GUY C'est le meilleur remède connu contre les maladies féminines; des milliers de femmes ont, grâce à lui, b victorieysement combattu le beau mal, les déplacements, inflammations, tumeurs, ulcères, périodes daulpureuses, douleurs dans la, tête, les reins ou les aines.Avec ce merveilleux traitement, plus de constipation, palpitation, alourd'sserhénts, bouffées de chaleur, faiblesse nerveuse, besoin\u2018 irfaisobnd de pleurer, brilements d estomac, maux de coeur, retards, pertes etc, etc.: Veillez à votre santé surtout si vous vous préparez à devenir mère ou si le retour d\u2019â âge est proche.Envoyez, cinq cents en timbres et nous vous enperrons 1 {| CR4 TIS une brochyre illustrée de 32 pages avec échantillan du Traitement F.Guy.| sn Cansultatign: Jeudi et Samedi, de 2 hrs à 5 hrs p.m.7 » MME MYRIAM DUBREUIL, 320 PARC LAFONTAINE, MONTREAL, QUE.À | Boîte Postale 2353 \u2014 Dépt.25 «a À : .cb « *, + CA = 4 \u2014 > 43 ABONNEMENT Canada et Etats-Unis: Un.An .81.50 | Six Mois.75e Montréal et banlieue exceptés PARAIT TOUS LES MOIS Vol, 16, No 5 Tout renouvellement d'abonnement doit nous parvenir dans le mois même ol il se termine, Nous ne garan- , ue p lo 8 LI POIRIER, hy BN BESSETTE hi \u201c .& CIE, La REVUE POPULAIRE est ox- pédiée par la poste entre le 1er et © le 5 de chaque 7 \" Edits.-Props., 181, rue Cadleux, Montréal.Montréal, mai 1923 tissons pas l'envoi des numéros antérieurs.LES FEMMES SONT-ELLES D'AFFAIRES ?La femme moderne est-elle une femme d\u2019affaires?Certains représentants du sexe fort prétendent que non, d\u2019autres prétendent le contraire.Lesquels ont raison et lesquels ont tort?La femme moderne cherche les occasions, peu importe qu'elle ait un besoin immédiat de ce qu\u2019elle achète, pourvu que ce soit une occasion.Une femme part pour acheter une paire de gants de suède et reviendra \u2018 \u2018immanquablement avec un chapeau, deux candélabres, une nouvelle mar- \u201c que de poudre de riz, deux petits souliers vernis pour chausser ses petits pieds mignons et une robe légère qui moulera sa taille de déesse.Il existe des femmes qui trouveront cata ., Th a.utjsilis-\"< io .moyen de dépenser dans leur, samedi : après-midi toute la.pagyesde-leur-mari en occasions \u2018\u2018 uniques\u201d de toutes sortes.Par contre la femme moderne n\u2019a pas peur de marchander dans un magasin, et, elle n\u2019achétera que ce qu\u2019elle veut bien acheter et rien autre.Il n\u2019en est pas toujours de même de l'homme \u2014 le roi de la création, \u2014 l\u2019homme sera alléché par une annohce d\u2019une chemise, dans une vitrine, marquée à $2.95, il entrera au magasin et achètera une chemise de $12.98.La femme sait refuser lorsque la marchandise n\u2019est pas \u2018celle qu\u2019elle veut avoir; l\u2019homme ne sait pas.Tout en dépensant beaucoup la femme dépense encore moins que l'homme cet, de plus, elle sait donner au foyer un confort que l\u2019homme seul ne peut donner.0 La femme saura toujours .se tirer d'affaire avec la paye de son mati, mais le mari, laissé à lui-même, auta toujours besoin du secours d\u2019un ami pour se rendre au bout de sa semaine, Allons, laissons les femmes conduire nos foyers et nous nous en trouverons beaucoup mieux.Paul COUTLEE.v \u2014 5 \u2014 Bb mn TRE TIRE RATER HTT we HRA PE COUT OC CPI REC SO NARI rE Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai-1923 La Ieçon d\u2019histoire et d'archéologie qui se dégage de la découverte du tombeau d\u2019un Pharaon de la Haute- Egypte.\u2014Les richesses incommen-=- surables qu\u2019il contenait.\u2014 Ce pharaon de la XVille dynastie fut-il le grand ennemi du peuple hébreu ?Un contemporain de Moïse, quinze * Slècles avant Jésus-Christ.4 * Depuis le mois de février dernier, fl n'est question dans tous les pays du monde que de la découverte, en Hau- te-Egypte, du tombeau de Tout-Ank- Ammon, Pharaon de la\u201d dix-huitième dynastie.L\u2019exhumation des trésors incalculables découverts dans le tombeau de Tout-Ankh-Ammon a passion né non pas seulement l'Angleterre, mais aussi la l\u2019rance qui fut la première nation à étudier savamment l'égyptologie, l\u2019un de ses enfants, Champollion, ayant découvert l'alphabet égyptien, l'Amérique, en un mot tous les pays.Les colonnes des journaux furent remplies de cette affaire; les magazines lui consacrèrent et lui consacrent encore des pages entières.La \u2018Revue Populaire\u201d n\u2019est pas restée en arrière de ses confrères et a déjà parlé de la merveilleuse aventure de ce Pharaon qui revient à notre civilisation après être resté 3,000 ans oublié dans son sarcophage.Jamais le public ne s\u2019est intéressé aussi vivement à une découverte his- - torique.Ce n\u2019est pas seulement le monde savant qui en fut le plus stupéfait, mais le peuple pour qui elle fut tout un cours d\u2019histoire.Sur Dans la première salle de Phynogée on a trouvé un lit de parade entièrement doré soutenu par des boeufs sacrés.C\u2019est un archologue britannique, M.Howard, Carter, encouragé par lord Carparvon, qui euf la chance unique de mettre an jour, le 5 novembre de l'année dernière, dans la fameuse Vallée des Rois, près de Lougsor, une crypte insoupçonnée, emplie d'un amoncellement de trésors les plus merveilleux, que trente siècles écoulés avaient laissés intacts.De toutes les villes de l'Egypte, des caravanes de = 0 ea TE.a A / is Vol, 16, No 5 touristes ne cessèrent de se diriger vers le tombeau.| Plusieurs mois de travaux furent nécessaires pour dégager le caveau et accéder à toutes les chambres, surtout à la dernière où se trouvait la momie royale, On peut dire à cette heure que ce tombeau contenait en notre monnaie pour près de cinquante millions de dollars.Comment, se demande-t-on, les voleurs et profanateurs de tombes ont-ils épargné celle-là ?Vers l'an 1500 avant J,-C., il n\u2019y avait pas en us Trône royal en ébène et ivotre.Les pieds de devant sont surmontés dg têtes de lion.En arrière des brag sont flgurés deux serpents sacrés.\u2019 effet de besogne plus lucrative que celle-là.Des bandes organisées, puissamment armées, violaient les tombeaux des Pharaons aussi facilement qu\u2019on fait aujourd\u2019hui de la contrebande.C\u2019est que personne ne pouvait parvenir aux chambres contenant les plus grandes richesses.D'ailleurs, à cette époque, on prenait des précaulins inouïes pour camoufler les tombeaux et les défendre des profanateurs.C\u2019est ainsi que fiha- lement on décida de faire les tom- LA REVUE POPULAIRE ANT * Montréal, mai 1928 beaux des rois loin *de leur temple dans une vallée perdue et de les en- ; fouir dans la terre le plus profondément possible.Gette vallée prit le nom de Vallée des Rois.Le Pharaon Tout-Ankh-Ammon ne laissa pas d\u2019héritier, paraît-il, et c'est pourquoi, sa dynastie en s\u2019éteignant, - on enfouit avec son corps toutes ses richesses, tout l'ameublement de son palais, tout ce qu'il possédait enfin -6t Eo qui lui avait servi de son vivant./-Et - les chambres dans lesquelles on dis- E posa ces trésors furent si bien closes | qu\u2019il fallait nos instruments modernes pour en violer l'entrée.Les tombes royales étaient toutes , des palais souterrains pleins d\u2019incom- mensnurables richesses ; il faut en chercher la raison dans l'idôlatrie que le À Vol.16, No 5 LA REVUE - peuple égyptien tout entier avait pour la personne royale.Un Pharaon n\u2019est pas en effet un simple chef politique, auquel la loi du pays ordonne d'obéir, il est de tous points assimilé à la divinité et reçoit un véritable culte.Pour les Egyptiens, ce qui se passe sur la POPULAIRE Montréal, mai 1923 raison que le roi est appelé fils d'Am- mon, qui est le Soleil.Quand Alexandre traversa le désert pour aller dans le temple d\u2019Ammon se faire proclamer dieu et fils d'Ammon, il ne fit qu\u2019accomplir une cérémonie qui, aux yeux des Egyptiens, légitimait La momification d\u2019un pharaon, avant Ya \u2018inise au sarcophage.Lots ct terre n\u2019est que la reproduction exacte des phénomènes célestes.Par cela seul qu\u2019un Pharaon monte sur le trône, il est assimilé au soleil levant, personnifié dans Horus.Aussi l\u2019épervier, oiseau consacré à Horus, figure sur la bannière royale, et c\u2019est pour la même son droit & porter la couronne.Diodo- re de Sicile a raconté l'entrevue du roi avec le chef des prêtres d'Ammon.Lorsque Alexandre dut introduit dans le temple et qu\u2019il aperçut la statue du dieu, le prophète, homme très âgé, s\u2019avança vers lui &t lui dit: \u201cSalut, Ô e\u2014 B \u2014 .prouvé Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mat 1923 mon fils, recevez ce nom de la part du dieu.\u2014Je l'agcepte, Ô mon père, répondit Alexandre, et désormais je me ferai appeler ton fils si tu me donnes l'empire de toute la terre.\u201d Le prêtre entra alors dans le sanctuaire et il assura Alexandre que le dieu lui accar- dait sa demande.\u201d Les monuments figurés sant d'ae- cord avee \u2018les textes pour nous montrer le Phargon avec les at- tributs- divins.Le (Çaractère de divinité attribué au Pharaon est tes, quels qu\u2019ils soient, sont en dehors ed toui contrâle, par la raison que le Pharaon résume en sa personne l'idée de suprême justice, en même temps que l\u2019idée de suprême puissance.Les Pharaans portent en général les mêmes attributs que la divinité.L\u2019em- blême propre du Pharaon est le sphinx, el les avenues de sphinx, qui précédent le temple représentent 1'image des rois qui ont exercé le poy- voir, au nom de la divinité dont ils sont fils et à laquelle ils sont assimilés.Le 45 environ SO pieds eit Carres : 7 j \u20ac fatuss, de futankham \u20ac erdant lentréé ê des tom BE > 2e enviren 20x18 pieds ES a er ep STR RY NA SIT ESA CENT TE re croit qi 7 autres\u201d Defrag EN ssalles eaistent joi \u2014wj hf aie res dan.lesquelles on = * La progression des fouilles depuis l'entrée où se trouvaient les statuez ay pharaon Tout-Ankh-Amen par les inscriptions et réconnn par lous tes égyplolo- gues.La divinité du.rei commence sur la terre et se perpétue au dela du tombeau.Ghaque fois qu'un Pharaon meurt, le panthéon égyptien s'enrichit d\u2019une divinité nouvelle a laquelle ses successeurs offriront des sacrifices.Diodore de Sicile a parlé d'un prétendu jugement que le peuple prononçait sur les actes du roi défunt.C'est faux, car quand il s'agit d'un véritable Pharaon, et non d'usurpateurs, ses ac- \u2014 9 sphinx, c\u2019est-à-dire l'animal qui est.pouryu d\u2019un corps de lion uni à une tête d'homme, était aux yeux des ligyntiens le symhaols de la force unie a intelligence; c'est pour cela gus ie sphinx est consaeré à la représentation des rois.Quelquefois la tête nu- maine est remplacée dans les sphinx par une tête de bélier, emblême du dieu Ammon.Le lion a été, en même temps que le sphinx, adopté comme emblême royal.C'est surtout vers la \u2014 Sal Se RP PTE AR Vol.16, No 5 XVIIIe dynastie que cet emblême aurait été fréquent.D'après les égyptologues, l\u2019ouverture de la tombe de ce prince de la XVIIIe dynastie dont le nom s\u2019écrit tout-Ankh-Ammon (du dieu Am- mon) a été de beaucoup la plus riche trouvaille faite dans la nécropole de l'ancienne Thèbes.On a pour ainsi dire découvert toutes les tombes des anciens rois d'Egypte, dont le plus grand nombre avaient été pillées par les profanateurs de tombes du pays.Il ne reste plus que trois tombes roya- els à découvrir au plus et ce sont celles de rois de moindre importance, par exemple celle de Semenkhare et d'Ay, qui ont régné avant et après Tout- Ankh-Ammon.Toutes les autres tombes de la Vallée des Rois ont été ouvertes et par les archéolcgues et surtout par des brigands.On a déja trouvé dans la tombe du pharaon dont il s\u2019agit des meubles royaux en très grande quantité, des vêtements, des lits d\u2019or, des charriots, des sièges incrustés de pierreries, des oeuvres d'art d'un travail exquis, en quantité extraordinaire.Les orne- menas funéraires seuls tout incrustés de pierres précieuses ont une valeur de plusieurs millions.Mais on espère trouver surtout des documents historiques datant de quinze siècles avant le Christ.Une des plus intéressantes théories que les documents pourraient prouver ou détruire est celle qui a été avancée par M.Arthur Wiegall, ancien inspecteur général des antiquités auprès du gouvernement égyptien est un des meilleurs égyptologues.Il avait avancé l\u2019opinion que Tout-Ankh-Am- mon était le pharaon qui avait opprimé les enfants d'Israël et wy 10 == LA REVUE POPULAIRE Montréal.mai 1923 dont l\u2019armée poursuivant les Israélites au moment de leur sortie d'Egypte, avait été, d\u2019après la Bible, engloutie dans la Mer Rouge.De nombreux documents soutiennent le contraire ou du moins nous empêchent de chercher en Tutankhamen le pharaon qui restaura le culte d\u2019'Ammon abandonné par quelques princes d\u2019une dv- nastie précédente et fit la Znerr\u201d aux Hébreux.Le culte d\u2019Amon fut en effet restauré par Armais.Ce qui est certain, c\u2019est que l\u2019'Exnde eut lieu dans les dernières anné s de la dix-huitième dynastie, 15 se èci>s avant la na\u2018ssance du Christ.Quant à la dix-Fu'\u2018i-me dynastie, elle commença 1.703 ars avant notre ere pou finir 24! ans ius tad.soit en lin 1,462.Ct> dvnastia fut la prer > du Nouvel Erepre et eut pour ce: = Thèbes.\u2014 Quant aux révolut'ers ro\" > us qui éclal\u2019ér nt alors.nous r polui- sons ce qu'en disent René Ménard el Claude Sauvageot dans leur grande hisloirs des peuples de l'antiquilé \u2018Une révolution religieuse vint troubler l'Egvpte et le fanatisme effaca partout le nom du dieu Ammon, la grande divinité de Thèbes.Une multitude de monuments nous montrent en effet ce nom mutilé\u2019.\u2014\u2014\u20140 Quand l\u2019ascension des gens du peuple n\u2019en est encore qu\u2019à ses débuts un de ses traits typiques c'est que les hommes se trompent dans le choix des livres et les femmes dans le choix des parfums.\u2014 De même que l\u2019aimant attire la limaille de fer, l'homme énergique attire la limaille humaine, fi. meses Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mal 1923 Le plus vieux rm deg rep \"res ancre reparer p E pa JE CY cme: oe! { SL ; le (= > {piles < Qn \u2018» trouvé, paraît-il, en Patago- nie La découverte d\u2019un crâne humain fossile de la période tertiaire a oH annoncée aujourd\u2019hui par le Dr J.G.Wolf.qui vient d'arriver d\u2019un voyage d'exploration de deux ans dans la Pa- tagonie pour le compte du musée de La Plata.| : Le Dr Wolf a déclaré que la pétrification était celle de la période tertiaire et qu\u2019il n\u2019y avait aucun doute que ce fut autrefois le crâne d\u2019un être humain et non une formation accidentelle.La mâchoire inférieure manque, mais le reste du crâne est presque parfait.L'oeil, et ce qui convaine davantage.les alvéoles des dents dans la ma- choire supérieure sont nettement définies.Le crane est long et oval et le front est trés bas et fuyant.Le Dr Wolf, autrefois, était attaché à la division d\u2019anthropologie du bureau de géographie canadienne.Il se rendit en Patagonie d\u2019abord pour étudier le langage et la mythologie des indiens et il trouva le crâne en possession d\u2019un colon blanc sur le versant des Andes.Gelui-ci l\u2019ayant ramassé il y a quelques années et l\u2019avait gardé comme une curiosité, ne réalisant pas sa valeur scientifique.ZZ PES) | 0) Xx 3 551 VS SY ria crane humai NENT Le Dr Wolf a dit qu\u2019il avait laissé le fossile en la possession du colon dont c\u2019est la propriété et qu\u2019il avait soumis un mémoireau musée de La Plata, afin que le musée fasse ce qu\u2019il jugera bon de faire pour l\u2019obtenir.Le savant a aussi annoncé la découverte des ruines d\u2019une ancienne ville fortifiée dans la région jusqu'ici inexplorée au-nord du lao Cardiel dans le territoire de Santa Cruz, qu\u2019il croit être les restes d\u2019une civilisation antérieure probablement à celle des Inoas du Pérou.Des parties de murailles de 45 pieds de haut, construites en bloc de pierre taillée de trois pieds cubes chacun, sont encore debout.Les murs s\u2019étendent sur une distance de 150 verges entre des collines qui servent d\u2019ares- boutants.À l\u2019intérieur se trouvent les ruines des habitations.Le Dr Wolf dit que le fait que les murs contiennent des arches indiquent que leurs constructeurs avaient atteint un degré relativement avancé de civilisation et de développement im tellectuel.Les murs sont aussi sculptés avec des inscriptions sacrées étran- g« qui diffèrent de celles des Aztèques.des Incas, ou des Chibchas de la Colombia \u2014 11 \u2014 Vol.16, No 5 LA Il a remarqué une sculpture qui semble représenter un animal ressemblant au glyptodon, aujourd\u2019hui disparu.II calcule que les ruines doivent avoir deux à trois mille ans d\u2019existence, mais il croit que des fouilles ai- deraierit à déterminer leur âge d\u2019une maniêfe plus définitives LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 sont couverts d'inscriptions semblables.Après avoir laissé son mémoire au musée, le Dr Wolff projette de relour- ner le mois prochain dans la Patagonie pout rechercher la cité enchantée de la mythologie des Patagoniens et qui est supposée être située dans les An- Une cürtoature de l'ikomme primitif.Il y & d\u2019autres vestiges d\u2019une antienne civilisation dans la Patagonie, mais ceci, dit-il, est la première découverte de ruines existatites.A quelque distance plus au sud il a trouvé cé qui était peut-être un ancien chemin publie le long duquel, sur plus d'un d\u2019un mille de distance, les rochers \u2018des.H æroit que l'endroit dont les Indiens\u2018pdif«nt connte de la demeure de leur Hien sea Tes ruines d\u2019une auûtre ancienne ville.Le crâne pétrifié est celui d'un hom: me qui a vécu il y a quelques milliona d'années, dit le Dr Wolf.Les peuples qui viveut dans des villes fortifiées e\u2014 12 \u2014 \u20ac TI» Ex: > ex Jif.= a A, \"hn ip 2 : iP Qi Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE e sont relativement modernes si lon compté par l\u2019âge de l\u2019humanité.Le crâne humain pétrifié que l\u2019on croit être de la période tertiaire, qui a été découvert par le Dr Wolf et annoncé à Buenos-Ayres, aujourd\u2019hui, est antérieur, s\u2019il est prouvé authentique, à toute relique humaine trouvée jusqu\u2019ici, a déclaré ce soir le Dr Franz Beas, ethnologue de l\u2019université de Colombia et savant renommé dans le monde entier.Le crane serait méme plu vieux peut-être, dit le Dr Boas, que le crâne de l'homme, singe connu sous le nom \u201c de pithecanthrope, vieux lui-même de 500,000 ans, qui a été trouvé il y a 29 ans à Java.Cette découverte qui semble trop merveilleuse pour être vraie jettera - dela lumière sur une période jusqu ici inconnüé, dit le Dr Boas.Jusqu'ici les savants ont simplement spéculé sur l\u2019existence possible de l\u2019homme pendant ta période tertiaire quoique des vestiges montrant l'existence d\u2019un animal ressemblant à l\u2019homme aient été trouvés sur différents rochers.ax 0 LE TIR CONTRE LA GRELE.\u2026 LY A175 ANS Tous les agriculteurs connaissent les controverses tres vives qui se sont élevées entre les partisans et les détracteurs de la méthode qui consiste à attaquer à coups de canons les nuages de grêle.cienne, qu\u2019elle fut couramment employée, il y a 150 ans, en Allemagne et en Styrie, et que même sa pratique fut officiellement réglementée.Le document ci-après en est la preuve.Ce que l\u2019on.saitipeutrêtre .moins, c\u2019est que cette méthode est'an- \u201cNous, Marie-Thérèse, par la gtâce de Dieu, impératrice romaine, reine d'Allemagne, de Hongrie, de Bohème, de Dalmatite, de Croutie, d'Esclavo- nie, etc.| \u201cNous faisons savoir ce qui suit à: tous nos Etats, autorités, sujets et communes établis dans notre grand- duché de Styrie: \u201cNos autorités nous ont représenté l\u2019abus qui résulterait du tir contre la grêle pratiqué sur une grande échelle dans tout le pays, ce qui, l'expérience l\u2019a démontré, irrite encore plus le nuage, qui est poussé chez le voisin avec une force plus grande, tandis que sans cela il se serait dissipé ou tout \u2018au moins n\u2019aurait pas crevé avec une aussi grande violence, et, dans tous les cas, n'aurait atteint que ceux que le sort et le malheur auraient désignés, si on avait laissé à la Nature son libre cours.\u201cNous voulons réprimer sérieusement ces agissements nuisibles.Nous ordonnons donc par les présentes, que le tir contr la grêle soit interdit à tout le monde, dans tout le pays, sans distinction de personne et de situation.\u2018Toute contravention sera\u2019 passible de 12 thalers pour chaque coup irrémissiblement; en cas de récidive, la peine sera doublée, avec faculté, pour les endurcis, d'augmenter encore 1'amende.Ceux qui ne pourront pas payer l'amende seront, suivant les circonstances de personne et de fait, punis corporellement.\u2018\u2018\u201cCeci est sérieux.\u201cDonné en notre palais impérial, royal et princier de Graetz le 1er avril 1747.Lisez aussi l'article que nous avons sur\u201cce sujet, intitulé : \u201cL'avion fait tomber la pluie!\u201d , Montréal, mal 1023 POP ER PPT RTE TE TTC RTT TT IT TTT Tey OH ?EARN PPT EE CERT i ! .; i Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 Dans la cité sainte de Kalrouan, en Tunisle, ainsi qu\u2019à Constantine, en Algérie, de fanatiques musulmans, enfants et hommes mûrs, avalent des scorpions mortels, s\u2019enfoncent des couteaux dans !\u2019estomac, se traversent de longues broches dans la gorge, les bras et les joues sans éprouver la moindre douleur et sans mettre leur vie en danger.\u2014Autres tortures.Il existe à cent milles de Tunis, en Algérie, à Kairouan exactement, une secte d'Arabes fanatiques qui dans teurs cérémonies religieuses, avalent des scorpions et s\u2019enfoncent des couteaux dans l\u2019estomac sans se tuer.Bâtie dans une'plaine dénudée, la ville de Kairouan, la cité sainte, est entourée de hautes murailles dentelées, percée de cinq portes principales.Ce qui fait l'originalité de la ville ce sont ses édifices religieux.De ces dernières, la plus célèbre est la Grande Mosquée, dont la grande salle est goutenue par une forêt de colonnes et prend jour sur une immense ceur, entourée d'une double colonnade où se pratiquent les rites étranges dont nous allons parler dans un instant.Les prêtres de cette secte mahométane pénètrent les premiers danw la mosquée les jours de grandes réjouissances, alors que les enfants choisis parmi les plus beaux et les plus vigoureux auront l\u2019insigne honneur d'avalèr des scorpions mortels et de se faire enfoncer des couteaux dans le corps, pour attirer sur toute la population les bénédictions du dieu.Ils enlèvent leurs sandales couvertes de poussière etun serviteur leur donne des babouches neuves et indique à chacun une natte où il doit prendre place.Les musiciens arrivent ensuite, par groupes de douze, avec des flûtes, des haut-bois, des tam-tams qu\u2019ils font résonner à tour de rôle en dansant autour d'un feu de bois.Les petits garçons qui doivent servir aux sacrifices se tionnent derrière eux, le corps presque complètement nu.Les vieillards des deux sexes sont rangés tout autour de la cour intérieure.Ils doivent chanterset crier avec la musique.La cérémonie commence.L'Iman ou grand prêtre jette d\u2019abord par terre d\u2019érformes feuilles de cactus, vertes et armées de pointes aigues, et deux garçons nus,se jettent et se roulent dessus comme sur le tapis le plus moelleux, s\u2019enfonçant dans la chair ces milliers de dards.Ils poussent des cris d\u2019une joie hystérique pendant qu\u2019un troisième saisit une large feuille épineuse c{ mord dedans à pleines bou- \u2014 14 \u2014 ss & Cr À mOOU LL rer wn aes ie yan) Vol, 16, No 5 chées, pendant que sa bouche, s& figure puis tout son corps sé couvrent de sang.La musique, qui jusque-là n\u2019avait joué qu\u2019en sourdine, éclate.D'autres garçons, nus eux aussi, se précipitent à ce moment au milieu de la cour en - LA REVUE POPULAIRE se sciant la poitrine avec de grands 1 Montréal, mai 1928 (= - Les yeux fous, la bouche baveuse, les jambes tremblantes, le petit mumiman attrapa _ le scorpion, le mâcha ei l\u2019avala en se tordant de douleur.i couteaux.Ils s\u2019arrachent ce coutedu et se jetant aux pieds de l\u2019Iman lui indiquent l\u2019endroit où il doit l\u2019enfoncer de nouveau.Dans la vignette que vous avez sous les yeux, vous voyez au second plan I'Iman en train de faire pénétrer un couteau dans les chairs d\u2019un petit garçon -prostré devant lui.\u2014 15 \u2014 i \u2019 ./ g hi Æ 4 \u201cot BS A .Eg = i 4 Et \u2019 A M M BY: it Iai! ' kK: : fh : BE * Ks a At.be! = Hi A fe \u2018 it \u2018 be: i five jr it {3 ' KE: + Bi de br » : \u201c Kk 7 2 ps \u2018 i .Sof i! BY .fi F 3 | ps.+ by i i.I Er 1 or | or Be i qt i, hy ' a 4 pt f I 4 ; 3 .{ ! t , + da 2e ou i ; A Me ¢ Ki AN \u2018 Gi + 5 = i .he \u201c ; A 0 4 4 se \\ ot \u2018 \u2018 a od \u2018 ~ Vol, 16, No 5 .LA REVUE La foule des vieillards hurle, se lamente, gémit et pleure.C\u2019est maintenant au tour des mangeurs de scorpions, les victimes privilégiées, le scorpion étant considéré par ces fanatiques comme un animal purificateur.Un petit garçon, la figure toute ravagée par la multiplicité des émotions qu\u2019il éprouve, la bouche baveuse, se tient péniblement sur ses deux jambes devant l\u2019'Iman.L\u2019Iman tient dans sa main droite au-dessus de sa tête quelque chose d'immonde, vivant et frétillant.C\u2019est un scorpion que les yeux du garçon suivent avec une fixité douloureuse.Lentement, très lentement, I'Iman approche le scorpion de la bouche de l\u2019enfant; celui-ci le happe au passage en fermant les yeux puis le mâche et l\u2019avale en faisant une grimace affreuse.La douleur est si vive qu\u2019il éclate en sanglots pendant que de sa bouche coule un filet de sang noir.Cinq fois, il répète ce sacrifice, cinq fois il avale ainsi le scorpion susceptible de lui donner la mort.L\u2019affolement est à ce moment si grand que les assistants se dévorent les mains et que quelques autres garcons, les mêmes qui s'étaient roulés sur les feuilles de cactus, brisent par terre des bouteilles et en avalent les tessons.Ils mangent des débris 1g bouteilles! Cet exemple soulève d'enthousiasme la foule des assistants qui viennent tous se rouler dans les morceaux de-verre cherchant à se faire les bles- gures les plus douloureuses.\u201cA Constantinople, en Algérie, il se pratique encore des cérémonies de ce genre, les scorpions en moins toutefois.Là ce sont des petits garçons et des petites filles qui se percent les joues de broches de fer de façon à ce que les deux extrémités de la broche ressortent de chaque côté de la figure.POPULAIRE Montréal, mai 1923 Ils se percent aussi avec des broches la gorge et les bras, et ce qu\u2019il y a de plus étrange, en ceci, c\u2019est que, affirment tous les voyageurs, il n\u2019en reste aucune trace sur la peau.Ni cicatrices, ni entailles, ni balafres, ni coupures.Ces enfants enlèvent la broche et rien n\u2019y paraît plus sur la peau.Des hommes se passent de même des épées dans l\u2019estomao jusqu\u2019à ce que la pointe ressorte dans le dos.Ils s'arrachent ainsi l\u2019épée les uns aux autres et se l\u2019enfoncent tour à tour dans le corps en poussant des cris de joie! Qu'est-ce que sont les avaleurs de sabres à côté de ces fanatiques religieux?Il ne faudrait pas croire qu\u2019il y eût là-dedans du truquage, du *\u2018fake\u2019, comme on dit communément.Ces fails sont attestés par tous les voyageurs et sont connus des autorités françaises.D'autres ont la spécialité d\u2019avaler des clous de quatre et six pouces à la douzaine.Mieux encore.à Constantine on rapporte qu\u2019un individu s\u2019enfonça une broche de dix-huit pouces dans la prunelle de l'oeil.Et il est excessivement rare ques ces tortures fassent des victimes.C\u2019est à peine si un homme sur cinq cents en meurt.: Oo * Combien exquis sont ces couples de flancés qui se disent encore.\u201cyous, des.Jove el se disent déjà \u201ctas des yeux! \u201cWel Toufis caf db x -\u20140\u2014 (a ty tiangz an CTs 9 En dépit de ses éternelles jérémiades, l'humanité n\u2019a pas à maudire son destin: car, d\u2019une façon générale, si es gens sont moins heureux qu\u2019ils ne désirent, ils sont encore plus heureux - qu'ils ne méritent.es 16 \u2014 D PE RMI IA | La! FE - \u2014 \u2014 en 1 \u201ctes n À aR Vol.16, No 5 NES ° LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 NS : Ye « SN e Le récit d\u2019un des drames de farfilite les plus douloureux de touté la guerre civile américaine.\u2014 Come ment une mère fut privée de son enfant après avoir vüi son mari tué sous ses yeux paf son propre frère.\u2014L\u2019enfant est confié à une né- gressu.Quoi de plus touchant, de plus étrange aussi que ces idylles de guerre dont les dénouements ne nous sont connus qu\u2019au boui de longues années?Combien de mystères sur la dernière grande guerre seront éclaircis dans vingt-cinq ans et comme alors le récit de ces drames intimes qui se sont déroulés én théme temps que le drame principal qui coûta tant de larmes aux mères remitera le coeur de nos enfants.Il s\u2019agit ici d'un drame de famille que provoqua la célèbre guerfe de Sécession.guette fratricide que se livrè- - _ rent pendant de nombreuses années les habitants du Nord et du Sud\u2019 dés Etats-Unis.Pour bien situer l\u2019action : de ce drame, peut-être serait-il bon de faire en quelques mots l'historique de cette guerre pour nos petits lecteurs qui n\u2019en.sont pas encore 1a! C\u2019est la question de l'esclavage qui sépara ie pays en deux fractions enne- LE MARTYRE.D'UNE MERE mies: Etats du Sud, partisans de l\u2019esclavage, et Etats du Nord, partisans de l'abolition.Abraham Lincoln, abolitionniste, fut élu président en 1861, ce qui délermina ld scission.Une confédération fut créée entre tous les Etats du Sud.Les confédérés eurent une capitale à part, Richmond ; un président, Jefferson Davis; une armée.Les deux armées, du nord et du sud, se livrèrent de sanglantes batailles où ge distinguèrent, du côté des fédéraux, les généraux Scott, Sherman, Grant; du côté des confédérés, les généraux Beauregard, Jaclson, Lee.La victoire définitive, âprement disputée, fut gagnée par l'Union (1865), c'est- à-dire par les parlisan.de Lincoln qui abolirent l'esclavage.Le pays fut long à se remotlre d'une crise aussi grave et l'apaisement définitif et complet ne se fit guère qu\u2019en 1877.L\u2019Angleterre, dans cette guerre, avait soutenu les confédürés, c'est-à-dire les partisans de l\u2019escka-.vage.\u201cCALE : Nous voilà fixés sur la guerre Me Sécession.Rex nons à notre histoire, en comprenant bien l'animosité.la haine même qui existaient entre les gens du Nord el les gens du Sud.Ces sentiments ne se sont guère adoucis d'ailleurs, car pour les Amé- - we 17 \u2014 tie Act AMEL Le tt Mt. Zn an Les adieuæ déchirants d\u2019une mère à l\u2019enfant qu'on Jui arnache brutalement pour le confier à une esclave noire.DIOUF G%3 15 à ricains du Sud.leurs compatriotes du Nord, désignés dérisoirement sous le nom de Yankees, restent toujours plus ou moins les frères.ennemis, ou si l\u2019on veut, les frères antipathiques.Il y a deux ans, un certain Frank \u201cHill\u201d réclama devant les tribunaux de la\u201cCaliloFhie l'héritage laissé par Anna Amélie Kyle, morte \u2018\u201c\u2018ab intestat\u201d, au mois d\u2019avril de année 1921.Les Kyles avaient vécu & Oakland, lieu où mourut Anna, quarante ans auparavant.Ils étaient quatre à cette époque-\u2014la mère, le père, Anna et un \u2014 18 \u2014 Montréal, mai 1923 go feux der y is que ay Vol.16, No 5 \u2019 frère, Robert Bruce Kyle.Ils étaient, avant la guerre de Sécession, connus comme les plus aristocrates et les plus riches des habitants du Sud.Tous moururent ou disparurent, Anna habita seule la maison ancestrale jusqu\u2019à sa mort.Personne ne la fréquentait et elle ne recevait personne.Sa maison était la \u2018Maison du Mystère\u201d et on la désignait simplement sous le nom de Vieille Fille.Mais quel ne fut pas l\u2019étonnement de la population quand, au jour de sa mort, on retrouva sous ses oreillers deux petits souliers d'enfant! On se demanda comment une vieille fille avait pu s'attacher à de pareilles petites choses.Puis l\u2019on comprit que son coeur avait eu son secret, sa vie son mystére.Quand Frank \u2018Hill\u2019 réclama son héritage, l\u2019on comprit que les petits \u2018souliers avaient dû lui appartenir et que cet homme ne pouvait être que son fils.Pendant cinquante ans, ces souliers d'enfant avaient été son unique consolation et le seul souvenir conservé d\u2019un enfant de sa chair! Et cet enfant, issu d\u2019une des plus vieilles familles de Kentucky, avait grandi chez une ancienne esclave noire, avec la conviction qu'il avait du sang noir dans les veines.Jusqu'à l\u2019âge de quarante ans, il \u2018avait considéré comme sa mère la vieille négresse qui l'avait élevé et choyé comme son propre fils et à laquelle il s'était profondément attaché.Cependant, parvenu à l\u2019âge d\u2019'homme, son instinct de blanc avait réagi.Se croyant encore cependant en partie noir, il ne pouvait malgré tout frayer avec les nègres.Leur voisinage le faisait souffrir; il ne pouvait non plus se mêler aux blancs qui, de leur côté, le prenaient pour un métis, bien LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 que sa peau fût tout à fait blanche et qu\u2019il n\u2019eût aucune des caractéristiques des hommes de couleur.Et c'est ainsi qu\u2019il traversa une partie de sa vie, plus malheureux encore que l'homme sans pays.Lui, il était l'homme sans race.Enfin.la mori de sa mère délia la vieille négresse de sa promesse et elle put confesser son secret au fils adoptif.Elle avait quatre-vingt-dix ans alors et sentait venir la mort.Cette promesse, c\u2019est celle qu'elle avait faite à la famille Kyle, où elle avait servi jusqu\u2019à leur départ pour le Mexique, de garder secrète la naissance de l\u2019enfant et de l\u2019élever comme s\u2019il lui appartenait.\u2014Tu n'es pas mon enfant, mon chéri, lui dit-elle.Dieu sait pourtant que je t'ai aimé comme si tu m'avais appartenu.Tu n\u2019es pas de ma race non plus.Tu es un homme blanc.Et alors, elle fit a \u201cHill\u201d le récit de sa naissance et du martyre de sa mère.Elle ne voulut pas lui dire où vivait son oncle, le frère de sa mère, craignant qu\u2019il ne le mit à mort.Lui, pourtant, le rechercha longtemps.et le hasard voulut qu\u2019il arrivât à Oakland pour recueillir son héritage juste le lendemain de la mort de son oncle, Robert Bruce Kyle, l'auteur de tous ses maux et des souffrances de sa pauvre mère.Il eut l'héritage et se fit reconnat- tre.Le notaire, s'aidant de tous lés papiers de famille et des choses qu\u2019il avait apprises, lui refit le dramatique récit du mariage de sa mère, de sa naissance, du meurtre de son père et de la dispersion des siens\u2014ainsi que de son abandon à lui.Ceci se passait en 1865, dans les derniers mois de la guerre de Sécession.Un jeune officier de l\u2019armée du \u2014 40 = RY RT VP HTH Je Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 Noid.beau et intelligent, Lôvisville.C\u2019était Spofford.Il avait été colonel de éavu- lerie durant toute la guerre civile et avait acquis par son courage uné rés putation des plus flatteuses.Né à New- Ybrk de parants tres honarables, c\u2019é- arriva.a :\u2014 20 \u2014 John Pembroke.# - ar , La vieille négéresse \u2018fat \u201cà son fils adoptif le récit de sa nuissance et lui apprend.que: \u2018ap .mêre vient de mourir, après quaraitte aititées de martyre.tait, GY, YEUX des parents Kyle,un jour Y ankec, ment détosté.La = Spofford, durant ses campganes, avait pris le gout du Sud: A tel point .d avait vendu son éommérce du Nu: pour venir s'établir à Lojsvilig., .Grest-à- -dire l'être Suprême. Wy Vol.16, No 5 LA REVUE La paix signée, il put se faire des amis parmi les gens du Sud et fut bientôt hautement considéré dans cette ville.Mais, tous ne l\u2019entendaient pas \u201cainsi \u2014et il restait dans la ville un fort parti d\u2019irréconciliables.qu Anspirait le père Kyle.150 = Robert Kyle; Te père d'Anna, était un richissime manufacturier.Les an- ' cêtres des Kyles, nous l'avons dit, avaient êté les pionniers du Kentucky.Son fils, Robert Bruce, avail.fait toute la guerre\u2019 civile contre les gens \u201cdu Nord.Quant à Anna, pour présenter régulièrement tous les membres \u2018 de cette famille, \u2018elle était l\u2019une des plus belles filles du Kentucky et le \u2018plus bau parti aussi, sans contredit.Spof- ford he fut pas- admis chez les Kyle, - bien entendu, mais lui et Anna se connurent dans d\u2019autres \u2018grandes maisons et devinrent vite amoureux l\u2019un de l\u2019autre.Une nuit, au milieu d\u2019un bal, ils se jurérent de s\u2019aimer toute la vie, en dépit des obstacles que l\u2019un et l'autre s'attendaient à trouver sur leur chemin.Elle -conservait, malgré la haine que son père ressentait pour tous les gens du Nord, l\u2019espoir qu\u2019il fléchirait devant leur amour.Mais il fut impitoyable et lui dit qu'il la tuerait plutôt que de lui laisser épouser un Yankeg.\u201cJe te donnerais à un noir plutôt que de te permettre d'unir ta vie à un Yankee\u2019, lui orig-t-il, bléme de co- lére.cipes, aux considérations ou empéche- ments de race; l\u2019amour est violent et aveugle.Ils se marièrent en secret et continuèrent de vivre chacun de leur qote.Ils projetaient, quand elle aurait vingt et un ans, de s'échapper avec lui POPULAIRE Montréal, mai 1923 et d'aller vivre dans un Etat du Nord.Mais Anna mit au monde un enfant.Le père l\u2019apprenant décida de confier l'enfant à sa plus vieille servante qu\u2019il avait été obligé d\u2019affranchir et de faire tuer le mari de sa fille par son fils à lui, Robert Bruce.La mère et son enfant, lequel prit tout de suite le nom de la vieille négresse, Frank Hill, furent enfermés dans la cabane de cette dernière.Le père fit savoir au mari que son épouse l\u2019attendait là.Au jour dit, le fils Robert Bruce Kyle se posta & la porte et attendit son beau-frère.Quand celui- ci se présenta, il lui déchargea son fusil en plein coeur.La mère entendit le coup de feu, perdit connaissance et pendant plusieurs semaines resta elle-même entre la vie et la mort.Quand elle fut rétablie, le père, la mère et le frère se sauvèrent au Mexique, la laissant seule dans la maison ancestrale et remi- rent-le nouveau-né à la négresse avec une forte somme d'argent pour l\u2019élever.La négresse dut se sauver dans une petile ville éloignée et la mère de Frank, la malheureuse Anna Spofforä, du nom de son mari, ne sut jamais si son enfant avait été aussi tué dans la même nuit que son mari.O - Un trait touchant des gens pauvres, c\u2019est que l\u2019objet le plus insignifiant _ possédé par un riche leur semble un.Mais l\u2019amour est plus fort -qù e \u201cda mort; l\u2019amour n\u2019entend rien aux prin- objet précieux, car il reflète à leurs yeux toute la fortune de son propriétaire.\u2014-0\u2014-e Pour un écrivain, il est beau de se survivre =\u2014 mais seulement après sa mort ame) \u2014 21 ot t it si of ee _ a \u201c4 \u2018 st { t cd i ste Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 ~~ / ~~ OD Ba LA F IANCEE.DU COMITADJ {ed Le chef des Comitadjis, redoutable as- .sociation de bandits macédoniens, s\u2019empare d\u2019une jeune Anglaise qui s\u2019étalt enfoncée dans ce pays sauvage pour aller prier sur la tombe de son frère, tué.en Macédoine pendant la guerre.Comment elle tomba aux mains de ces brigands .et quel fut son sort.- Les artistes du cinéma ne sant pas les seu!ls à courir des dangers inouis dont ils sortent toujours Indemnes et à se trouver dans des situations si périlleuses, en pays lointains et inconnus, qu\u2019elles nous font dresser les cheveux sur la tête.Mais, il y a aussi des drames dans la vie réelle qui valent bien tous ceux de l\u2019écran et dont les héros ne s'en tirent ps toujours Ainsi, l\u2019a-.avec tous leurs membres.venture que vient de traverser une jeune anglaise, en Macédoine.La Macédoine, comme on sait, n\u2019est pas à la.porte.C\u2019est aujourd'hui une province de l'empire ottoman, comprise entre l'Albanie et la Thrace.La population, d'environ 2 millions d'habitants, diffère beaucoup de races, de religions et de langues.Elle compte des Grecs, des Slaves et des Albanais.C\u2019est le principal foyer d\u2019agitation de toute la péninsule dès Balkans.Dans la partie la plus déserte et la plus thontagneuse .du pays vivent des bandes organisées de brigands qui pillent les voyageurs.La bande la plus redoutable est celle des.Comitadjis.C\u2019est dans ce décor que se passera le: drame.Or, une jeune anglaise du nom de Dorothy Robinson, voulut un jour aller priér sur la tombe de ses deux fréres tués pendant la guerre, l\u2019un en France et l\u2019autre en Macédoine.La visite en France fut vite faite, sans encombre, mais il n\u2019en alla pas de même pour l\u2019autre voyage.Malgré les conseils de ses parents et amis, elle ne voulut pas d'escorte et, entendit faire seule ce pieux pèlerinage à l\u2019endroit où son frère bien- aimé avait rencontré ia mort.Elle débaïqua à Salonique et là, pour s \u2018enfoncer à l\u2019intérieur jusqu\u2019au cimetière britannique dont l\u2019emplacement était porté sur sa carte routière, elle prit les services d\u2019un charretier Levée, qui Jui promit de faire le voyage en trois jours.La charrette était tirée par deux boeufs.A la seconde journée, la fémme était brisée de fatigue.Ils étaient maintenant tous les deux dans la zône dangereuse où vraisenr- blablement se tenaient les brigands Gomitadjis.Au milieu de la nuit, elle s'endormit.C\u2019est alors qu\u2019un Comi-4 ap pate OURS _ \u2026 7 er »à _- as Vol.168, No 5 Le chef la pousac brutalement à Pintérienr d'une caverne, oreusée \u2018dans le roo, où elle: tomba sur une couche faite de quelques guanilles.\u201c+ 17 \u2019 Loe tadji, caché derriére une roche élevée : sur le bord de la route, se jeta sur elle et l\u2019emporta dans ses bras puissants en maintenant une main sur sa bouche pour l'empêcher de crier et d'attirer ainsi l\u2019attention du charre- - tier qui continuait paisiblement sa route sans soupçonner un instant le drame qui se déroulait derriére lui.Elle perdit connaissance et ne revint à elle que quelques heures plus tard.Une dizaine d\u2019hommes habillés \u2014 28 \u2014 Lette A AR UE Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 de Joques mais armés de pied en cap me, qu'il s\u2019effondra.En un tour dp la dévisageaient d\u2019un air méchant.Le main, elle lui enieva ses vêtements et chef de la bande s\u2019avanca vers elle et s\u2019en revêtit.Puis.elle sortit de la ca- lui fit comprendre qu'elle deviendrait bane, sauta sur une mule et gagna le sa femme.Les bandits montèrent sur large.I! y avait une sentinelle eneore de méchantes mules, la femme sur à tromper, mais elle avait entendu en- celle du chef, et le cortège s'achemina core ce jour-là les hommes se trans- vers le repaire de ces desperados.| mettre le mot de passe.S'il n'avait pas Les habitations de ces hommes été changé, son salut était assuré.Elle étaient creusées à même le roc escar- Je jeta à l\u2019homme qui lui barra la rou- pé.C'étaient des carrières aménagées te: celui-ci releva son arme et la laissa.en habitations qui rappelèrent vague- fuir n\u2019ayant pu sous son déguisement ment à la jeune femme des troglody- deviner que c\u2019était la fiancée du chef tes vus en Touraine.qui-se sauvait ainsi.3 + © Le chef.à l\u2019entrée de l\u2019une de ces Quelques heures plus\u2018tard; l\u2019alerte cavernes qui semblait la plus impor- était donnée dans le camp, mais il tante.mit la main à l'épaule de la était trop tard \u2014 la jeune Anglaise ma!heureuse et après lui avoir rappelé ayant rencontré une caravaQe grecque que dans quelques jours, il I'épouse- bien escortée qui la conduisit jusqu\u2019 à rait suivant la coutume du pays.la Salonique.poussa brutalement à l\u2019intérieur.lle tomba sur une couche faite de quel- # ques guenilles et écilata en sang'ois, en songeant au sort terrible qui alla! SURTILITES DIPLOMATIQUES lui échoir, à la vie qu\u2019il lui faudra:t mener auprès de cet homme barbare Oo dont la scule vue la faisait frissonner On sait ou on doit savoir qu\u2019un procès, vient au de peur et de dégoût.Avisant une ar- tribunal, pu's va à la Oour d'appel.Mais beaucoup me oubliée dans cette caverne.sa pre- de gens instruits ignorent la hiérarchie des entre- ~ : - 9 mière idée fut de s\u2019en servir pour se vues diplomatiques.\u2019 p y Quelle différence y a- £41 entre une conférence, donner la mort, mais très chrétienne, unc conversation, un $change de, vues et un con- elle eul honte de ce geste et se remit seil?Lo entre les mains de la Providence, cer-, Renseignements pris dans les milieux bien in- taine que Dieu écouterait sa prière.formés, voici ce que nous croyons pouvoir faire | J © connaître sur cette question, sans dépasser la ré- Le jour du mariage approchait, jour serve qui s'impose : néfaste qui devait unir un chef bar- L'\u201céchange de vues\u201d rapproche les manières de bare à une belle jeune femme civili- vos.; , sée, pour faire d\u2019elle une véritable es- y L'entection laieso les interlocuteurs contents ; 2.; u i clave.La veille de la cérémonie, les .Elent rote prépa les plus heu res solu hommes chargés de la garder se tin- tions, + rar 1 rent dans sa cabane et jouèrent aux La \u201cconversation\u201d permet do concevoir.les plus cartes et burent abondamment, tard grands espoirs.dans la nuit.Ils regagnèrent aux pe- Et la \u201cconférence\u201d ajourne & une rencontre ul- tites heures leurs huttes et Dorothy M ous les diplomates pleinement satisfaits.ous ne croyons pat, quant à présent, pouvoir resta seule avec une sentinelle.Elle en dire davantage, et cela dans an intérêt supé- de fit boire-tellement, ce pauvre hom- rieur nue tout ls monde comprendra, » RE ie as at a Sd a ag =e = += \\ = = ai of OL {ont XR wr f er 4 Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 ise SF E | a .Beaucoup d\u2019étrarñgérs ne éennaissent barets & la mode.C'est vingt franody: E de Paris que tes apaohes et rien de soit deux dollars.au tatix du chang@&yree i sès musées et de ses magnifiques pour danser avec Çes imbrsieuts.7 Lab É monuments historiques.Dans les Ils ont cette qualité.d\u2019êfre de par- grands cafés de Montmartre, les faits danseurs.C\u2019est pourquoi ils ses.apaches qui ent des manières se font vite loute tine riche clientèle; déguisent en professeurs de danse.gagnant jusqu'à (tente ci quarante .- \u2014 Comment une mi!ionñalire se dollars par jour.fait voier des bijoux de $500,000 H arriva bien quelquefois qu'une.» i par Pun de ces danseurs.femme, dans quelqu'un de ces taba< pi rets, se plaignit d'avoir perdu sa bourse ou d'avoir égaré un collier.mais; Les étrangers à Paris, les Améri- personne né s'était plaint encore d'un cains süftout, perdent toule retetiue vol certaln dont seuls ces beaux dan- \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 et ont une dudece folle, Il n'est pas seufs inéonnus euasdnt pu étre les au=- Es d\u2019entiroit dangereux et louche qu\u2019ils teurs.Co 5 E n'affrontenti les épouses y vont avec Mais voilà que tout à coup un fa- 2 leur mari, les mères avec leurs filles.meux scandale éclata qui mit en dan- Et c\u2019est ensuite tout un scatidale ger la répulation de ces peu inléres- - quand éuelqu\u2019un d'eux se fait voler ou sants ililividus.de ces sortes d\u2019apa=- : reçoit un mauvais coup de poing.De- ches déguisés qui vivent des étrangers\u201d puis quelque temps, dans les cercles\u2019 parce que les élrangers sont assez stu- = d\u2019étrangors les plus riches.la mode pides\u2014disons le mot\u2014pour aller sé: À était de descendre à Montmartre le fourret dans leurs quartiers.E soir et ia d\u2019V dansér le tango avec ce Une milllonnaire américaine, Mme - pi qu\u2019on est convent d'appeler les gigo- Benjamin Thaw, femme du demi-fré- « E los, jéunas gens à la mine pâle.; aix re de Harry Kendall Thaw.le meurs: 4 p allures tinnchalantes.- Gui Monti-pag trier de Stanford White, se passa ain.\u2019?E .dans 1a vie de besognes bien précises si pendant quelques semaifies la fan- ; 8 & remplir.\"Il v-.8 parmi ces individus taisio d'un danseur.Son mari trouvait P sans aveu dés gigolos bien mis, à peu la chose d'abord {très atnusante, ne E près bien élévés, et d\u2019autres absolu- Voyant rien de Mal à ce tjue sa femme 4 ment viilgaires.Les plus frusdliés; les dansât sous 88s yeux avec un véritable E plus élégants, se tiennent dañs les ca- artiste du tango, mais & la suite de co 8 \u2014- 25 \u2014 Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE scandale, il trouva bon de lui défendre à l'avenir ces distractions.Or.un soir, Mme Thaw était à danser et à bavarder aveo son danseur \u201c quand celui-ci, sous couleur qu\u2019on crevait de chaleur dans la salle, l\u2019invita à aller prendre une légère consommation sous une tonnelle.Là, il versa dans son verre un soporifique et pendant son inconscience, lui vola tous ses bijoux, puis quitta le cabaret avec l\u2019allure d\u2019un homme dont la conscience est tranquille.On ne s\u2019aper- out du vol que quelques minutes plus tard, alors que le bandit était déja hors de portée.Il n\u2019y était pas allé de main CARN morte, ayant emporté dans sa fuite pour près de cinq cent mille dollars de bijoux.C\u2019est effrayant, direz-vous, que de porter un demi-million de bijoux dans de pareils endroits! En effet, c\u2019est effrayant, mais qu'est-ce que cela peut bien faire à une femme qui jouit d\u2019un revenu de quelques milliers de dollars par semaine.Son mari, Benjamin Thaw, a hérité de presque tous les millions de cette richissime famille, et l\u2019on dit qu\u2019il Montréal, mai 1928 B fait encore profiter à vue d\u2019oeil sa co- joi lossale fortune, étant l\u2019un des meil- |; leurs hommes d\u2019affaires de toute l\u2019A- | mérique.Or donc, cette femme, d'une réputation à l\u2019abri de tout blâme, d\u2019une fortune, comme nous venons de le voir, très respectable, se fit voler des pu bijoux évalués à la bagatelle de cing cent mille dollars?Que fit-elle?Por- ta-t-elle plainte à la préfecture de y police, chose que tout autre eût fait à fa?sa place?Pas du tout, en parfaite j 2 ER 7 Ere, À AN £ D Américaine qu\u2019elle est, elle résolut de recouvrer elle-même son collier, ses bagues, ses épingles, et tout le reste.Elle fit part de sa résolution à son mari et à quelques intimes qui l\u2019approuvèrent.Pour bien réussir, ils se remirent de concert à parcourir tous les cabarets et les boites de nuit que le voleur, que tous reconnaîtraient facilement, avait l\u2019habitude de fréquenter avant son coup.Naturelle- went, ils ne purent le revoir de sitôt.Car notre bonhomme fut assez pru- \u2014 20 \u2014 akin stig the \u201cA de l'A, t MDL.Tang \u2018LE Ag \u201cinit Pil - aS | SNS .xX : a A ss >= Cid Ea LE Sr x a! 5% tll : m2 que a9.el Ap fp \"amant = ail as IV Æ Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 dent pour ne pas se remontrer tout de suite.Mais, par contre, ils firent la connaissance d\u2019autres gigolos qui le tenaient en haute estime, l\u2019appelaient Cho-Cho et apprirent à cette dame et aux messieurs qui l\u2019accompagnaient qu\u2019ils leur révèleraient la cachette du danseur pour un billet de mille francs.Plus encore, pour un billet de cinq mille, ils prendraient rendez-vous avec lui el l\u2019amèneraient sous un prétexte quelconque à l'hôtel où logeait le couple Thaw.Ce qui fut convenu fut fait.Et un jour, Mme Thaw vit entrer dans le vestibule du magnifique hôtel des Champs- Elysées son danseur avec l\u2019un des individus qu\u2019ils avaient connu dans un cabaret de Montmartre, la veille.Mine Thaw fit un signe au mai- tre d'hôtel et à trois chasseurs qui \u2018entourèront les deux nouveaux venus: Quant & elle, elle pointa son revolver sur son ancien tangoteur.pendant que les domestiques le ligotaient.On retrouva sûr lui une partie des bijoux, pendant que les autres tombaient en possession des agents qui avaient été faire des perquisitions dans les trois ou quatre garnis dont l'escroc se servait comme de magasins pour réceler les objets volés par lui ou par ses camarades.Inutile de dire que ces célebres danseurs inconnus ont bien perdu de leur vogue, depuis cette affaire, dans les cercles d\u2019étrangers.i \u2014_ Ro QUI A INVENTE LE STYLO ?Les Anglais ont réclamé récemment la paternité d\u2019une invention, celle du stylo, et ils en font remonter l'origine chez eux à l\u2019année 1754.Eh bien! il faut le dire, ils ont tort\u2014comme par hasard.\u201c C\u2019est en France que l\u2019idée de la plu- me-réservoir a vu le jour.Ori lit, en effet, dans le Journal d'un voyage à Paris en 1657-1658.publié par M.Faugère, cette curieuse remarque: \u201cNous fûmes voir un homme qui a trouvé une merveilleuse invention pour écrire commodément.Il fait des plumes d\u2019argent, où il met de l\u2019encre qui ne sèche point et.sans en prendre, on peut écrire de suite une demi-main de papier.Si son secret a vogue, il se fera riche en peu de temps.car il n\u2019y à personne qui n'en veuille avoir.Nous lui en avons aussi commandé quelques-unes.Il les vend dix et douze francs A ceux qu'il sait avoir fort envie d'en avoir.\u201d Mais ce n\u2019est pas tout.Le porte- plume réservoir est décrit, avec flgu- res à l'appui, dans un ouvrage publié en 1723 et dont voici le titre: \u2018Traité de la construction et des usages principaux des instruments de mathématique, par N.Bion, ingénieur du Roi.\u201d Enfin, toujours au XVIIIe siècle, Leibnitz faisait déjà usage d\u2019un de ces appareils, qu'il nommait une \u2018plume sans fin\u2019\u201d\u2019.Le philosophe en parle.dans une de ses lettres, comme étant \u2018\u2018d\u2019une curicsité et d\u2019une commodité extraordinaires\u2019\u201d\u2019 Le stylo existait, on le voit, bien avant qu\u2019on eût songé, de l\u2019autre côté de la Manche, à l'imaginer.Quant à la plume d\u2019or qui termine, de nos jours, nos appareils modernes, elle était en usage depuis longtemps.Voltaire s\u2019en faisait expédier de Paris à Cirey, ainsi qu\u2019en iémoigne cette lettre qu\u2019il adressait à Thiriot, le 24 novembre 1734 \u2018Envoyez-moi des plumes d\u2019or, si vous avez de la monnaie.Je suis las de ne vous écrire qu\u2019aveo des plumes d\u2019oison.\u201d\u2019 coetot MU A A AA ARIA Ne: re aan oneunotee on oc dance aa AR CO DOS OO A a a TE A FC A Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Depuis l'antiquité la plus reculée, les hommes cherchent à tenir un moyen do faire tomber la pluie à leur seul commandement.\u2014Le sable électrisé déchargé d\u2019un canon en aérapla- ne aurait eet effet.\u2014 Quelque chose pour plaire aux cultivateurs.L'aéropiane n\u2019est pas qu'un instrument de mort.En temps de guerre, son rôle est horrible; c'est lui qui de quelques torpiiles massaere les femmes et les enfanis des villes de l'arrière, détruit les plus vieux monuments de l\u2019histoire et jette partout la consternation.C\u2019est un objet de répul sion ei d'horreur.Mais en temps de paix, l'aéroplane s'ennoblit ; il fait oeuvre de civilisé, i] fait oeuvre de savant.Il aura bientôt une nouvelle besogne, très curieuse et très inattendue celle-là, qui consistera ni plus ni moins qu\u2019à faire tomber la pluie et à disperser les brouillards.En épandant dans l'espace du sable électrisé.il crèvera les nuages et ainsi dispersera les brouillards et obligera la pluie à.tomber.Cette idée.prétend l'inven- teur, sera bientôt réalisable.Il se peut Spl Iu qu\u2019ainsi Londres devienne une ville deg\u201d Hug X a il se peut que les clarté et de soleil; sécheresses.deviennent de plus en plus rares et qu'ainsi la vie soit moins chère.Nous aurions enfin le scientifique Tombeur de pluie que réclament depuis plusieurs années les infortunés \u201d cultivateurs.Depuis cette époque re- eulée où les thérapeutes ou médecins 4 Ra ET TE EK AUT Xi] Ee ES saerifiaient de jeunes chèvres pour adoueir les dieux courroucés et les supplier de donner de la pluie aux pauvres hommes, l'humanité n\u2019a cessé de trouver une façon à elle d'ouvrir à sa commande Ies écluses du ciel.Le guerrier sauvage lançait sa flèche le plis haut qu'il pouvait dans les airs pour percer les ballons nuageux.L\u2019Hindou mettait dans les cassolettes qui fumaient devant l\u2019idole un encens particulier qui avait la vertu, à ce qu'il pensait.«de briser les barrages qui tenaient les eaux dans l'atmosphère.Mais, cetie fois, c'est la science qui intervint, en notre siècle, pour domp- \u2018ter les éléments.La Science ne doute de rien.Deux aviateurs.deux savants, ont fail l\u2019an dernier une expérience décisive.Ils bombardèrent les airs de sable , électrisé et firent réellement tomber de la belle pluie en même temps qu'ils dissipaient des brouillards.Est-ce coincidence ?Est-ce l\u2019effet immédiat du sable sur les nuages.I! faudrait que toute une série d\u2019expériences je démontrât de façon catégorique.Si les mêmes causes en- drainent infailliblement |es mêmes ef- ; is serons forcés de convenir | ; savants ont inventé quelque chose de réellement merveilleux.lomment.maintenant, expliquer ce phénomène?Nous allons essayer, avec nos faibies moyens, de le faire.Electrisée ou chargée d'électricité, une pareelie de poussière constitue un aimant des plus invitants pour l'humidité.À laWérité, beaucoup de gouttes | dans les nuages pluvieux sont chargés \u2014 28 \u2014 tt rite dde aed pt ce f fe | Vol.16, No 5 4 \\ 4 7 ~~ / {r \\ S iit dd» : ; 7, Su v » ar ; 3 ; ify Xe / 7.ÿ : / À « +f \u201cdu les = a AN gi hie se 4 7a EAN pe \"on 7 57 7 7 + 77 td Tv WZ à SL CN NS vo X35 Les > L - 7 ! ES) i \u201cÀ uv fl 6 = I 4 vf = 3 À Cl Al hy 4 { 7 1, y LS A | ÿ 34 37 0 /, 7 CS eres memes, A «cut / Va Fe 0} / ff Re TE ; Z D deg 9 Y/ JT fi Yh {op - Jan 3 / 7 Lu kK 7 it oh A m bY Ei {à 2 .pet EI La Le GA \u2018 / 7 ke à \u201d 8 45 FE AM sq ple Ps TA dud ag a, Jr > 53 wd 4 a ARH \u2018 | LA Fy key \u20ac fill a hE \\ PY = 4) J 3 RL : 5 : Pa cy) J il IA des tt\u201d Lea J 04 + Gr 7 { te 7 LH ; er ] Ts (J an ~ Mens 6 ps TA NYS we \u201ca a (à aie has = y = Ds RA 7 RE I è GTA ® (8 J Xin ! g Te : tt 4 Fy 2 > 44 \"il (4 ii pe cad 7 9 #4 Ù ; an?a Ne) Nar J \u201cal Ley À / n À an fl 3X BT fuk QF Z } ox # g.2 d { av J's NE à Jide! He A 4 en 00) [> LJ Q \u2018 {à EN a £3 Es Lu ca ai 5s rts 0 (Je Soy Cad = eT za ur LI 4 nd.Lee rosa =e ra == Br Beh 3a ul gr La t L'avion en temps de guerre.sb \"03 Li v ; \u2014 29 \u2014 i pe ih I (iy) sh hil dy Der ; ve | i Ghia i H ii Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 = d'électricité, positivement ou négativement.Et chaque nuage pourrait être marqué d'un signe de plus ou de moins, suivant que ses parcelles sont positives ou négatives.; Si un nuage pluvieux est arrosé de milliards de parcelles électrisées, il y aura énormément plus de centres de condensation.De là, on déduit que la condensation sera plus grande dans le nuage ou le brouillard.Le nuage ou le - brouillard orèvera.La vapeur, se con- -densant autour de ces millions de parcelles, tombera vers la terre.Si I'air entre la terre et le nuage s\u2019y prête, la vapeur fombera en pluie sur la terre et si le nuage s\u2019y rpéte, la vapeur tom- -bera en pluie sur la terre.Sinon, elle - -flottera quelque temps et disparaîtra.C'est pourquoi les aviateurs dont il s'agit montèrent dans des appareils très rapides munis de canons destinés à bombarder l'atmosphère de sable électrisé.Ils mirent à la gueule des ca- -nons des tuyaux chargés d'électriser le sable au fur et à mesure qu'il sortait.Le pouvoir ou l\u2019habileté de disperser des nuages s&rait pour le commer- oe d'une valeur inestimable.Ce sont les compagnies maritimes qui en bénéficieraient surtout.Des cités comme Londres par exemple seraient toutes changées par l\u2019emploi de cette invention.On ne parlerait plug de la ca- -pitale anglaise comme de la ville du brouillard et de la suie; elle ne serait \u201cque la ville de la pluie.Tous les pays deviendront fertiles; ce sera l\u2019âge d\u2019or du oultivateur.Si un homme pouvait à sa guise faire tomber la pluie, il deviendrait certainement l\u2019auteur de la découverte la plus sensationnelle du siècle.La face de la terre en serait toute transformée.Jusqu'ici, la chose, au moyen de l'aviation, n'est possible que là où se rassemblent des nuages chargées de pluie.Mais il faudrait qu'on en arrivât à faire tomber de la pluie dans le désert pour que l'invention fût complète.Naturellement le monde savant à avalé cette invention avec une pincée de sel! Elle rencontra beaucoup de sceptiques.Voilà exactement ce que L'avion en temps de paix.l'inventeur de cette méthode pour faire tomber la pluie prétend pouvoir faire et avoir fait: \u2014Je puis, dit-il, dissiper les brouillards.-\u2014Je puis crever des rideaux de fumé * et éclaircir ainsi le temps.\u2014 80 \u2014 on ern oN \\ a Bom 44 3 ea > a ETS .5.a YA PU Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAÏRE Montréal, mai 1523 \u2014Je puis faire éclater les nimbus ou nuages pluvieux.La pluie tombera sur la terre si la surface de la terre remplit les conditions nécessaires; si- ron, l\u2019humidité précipitée des nuages s\u2019évaporera dans l\u2019air entre ces nuages.et la terre.On ne peut assurer que tous les nuages renferment de grandes quantités potentielles d\u2019humidité.D\u2019un autre côté, peu de nuages contiennent assez donner une bonne averse, ou, si vous préférez, une bonne ondée.Nous parlions tout à l'heure de Londres et disions combien \u2018 cette ville bénéficierait de cette invention.Et ce n'est pas sans raison, car le brouillard et la suie gâtent les plus beaux monuments.Les visiteurs qui admirent les magnifiques constructions gothiques qui s'élèvent sur les bords de la Tamise, remarquent combien souvent ces édifices sont emprisonnés dans des échafaudages.C\u2019est que l'atmosphère de Londres chargée du débit de ses milliers de cheminées, grandes et petites, qui exhalent tout le jour de la suie ét des gaz, fait s'écrouler les murs de ces antiques monuments.On estimé que les dégâts que l'atmosphère cause aux monuments se chiffrent à près de $20, 000, 000 par année.te Ce Pe.i PrN PUBLICATION D'UNE ARTISTIQUE BROCHURETTE Nous signalons avec plaisir la publication récente par le département de la Publicité du Pacifique Canadien, \u2018d\u2019une magnifique brochurette illustrant d\u2019une façon tout à fait artisti- d'humidité pour que, les luxueux services transatlantiques offerts au publie voyageur par Empress of Sootland, l\u2019Empress\u201d0f France et l'Empress of Britain.Ces trois paquebots, qui sont classés päs- .mi les plus belles unités de la flotte de la grande organisation de transpott canadienne, font durant la saison d\u2019été, la navette entre Québec, Chér- bourg, Southampton et Hambourg.\u201d Gette brochurette, qui est publiée en français, porte le titre \u201cLes Exp- presses de I\u2019Atlantique\u2019\u2019.Elle est abondamment illustrée de reproductions en couleurs d\u2019aquarelles par l\u2019artiste montréalais bien connu, Chs Simpson, dont on put souvent admirer les oeuvres au Salon.Quelques scènes.du vieux Québec et des villages situés le long du fleuve, en descendant vers le golfe, sont de vrais petits tableaux d'une grande perfection d'exécution, qui dénots de la part de l'artiste, un goût sûr et une parfaite compréhension de ce caractère si spécial des\u2019 lieux et des choses du Canada français.Une étude représentant l\u2019imposante cathédrale de Notre-Dame de Paris la nuit, mérite aussi d\u2019être signalée.D'autres illustrations repro- _ duisent des scènes de la vie à bord des ae luxueux Empresses de I'Atlantique et font voir le confort dont jouissent ceux qui prennent passage sur ces paquebots.En publiant en langue francaige eette coûteuse.plaquette, la (ie du Pacifique Canadien donne une preuve de l'intérêt qu\u2019elle porte à sa clientèle canadienne-française, laquelle n\u2019est pas à négliger lorsqu'il s\u2019agit de trafic maritime transatlantique.On sait en effet qu'un grand nambre de nos con- Citoyens font chaque année le voyage d\u2019Europe.es 31 \u2014 aye Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, maf 1923 Les races d\u2019animaux géants qui peu= * plaient la terre aux âges préhistoriques.\u2014 On découvre en Patagonie le fossile d\u2019un dinosaurien qui me= sure 130 pieds.\u2014 Quels animaux vivaient sur notre planète avant l\u2019é= poque quaternaire?Petit cours de \u201c paléontologie à l\u2019usage de tout le monde.Nous avons \u2014 quand je dis, nous avons, c\u2019est au nom de toute l\u2019huma- nité\u2014été bien près, à ce que racontent certains savants, d\u2019être menacés dans notre existence par une race de géants aussi hauts de taille que sanguinaires.Tout le monde connaît ces histoires fantastiques que diverses traditions nous ont léguées et qui veulent que des races de géants aient existé dans une antiquité très éloignée.Les légendes sur lesquelles reposent cette croyance universellement répandue viennent d'avoir un semblant de confirmation.La découverte dans la Patagonie d\u2019un monstre préhistorique marchant sur ses deux pieds comme un homme et mesurant 1830 pieds du talon au sommet de sa tête repoussante de laideur, a fait dire à quelques savants que nous avions -échappé à une race de géants-ani- -maux.Le fossile patagonien appartenait à la famille des dinosauriens, ordre de reptiles qui, suivant les paléontologues, avaient pour caractères : dents à couronne comprimée, implantées dans des alvéoles; membres allongés, os longs, peau nue ou couverte de plaques osseuses.Les dinosauriens étaient des animaux lourds et puissants carnassiers, qui atteignaient et dépassaient même, comme dans le cas du monstre patagonien, cent pieds de hauteur.C\u2019est dans l\u2019étage géologique de la Patagonie, nous l'avons déjà dit, que fut découvert ce fossile qui inté- Tesse présentement le monde savant.La Patagonie forme la partie méridionale de l\u2019Argentine, dans l'Amérique du Sud.C'est certainement le premier dinosaurien du type marcheur qui ait été découvert.Ces animaux devaient se tenir sur leurs pattes de derrière, en s'appuyant sur leur queue.Dans l'antiquité, les reptiles commandaient ; les singes les ont remplacés; il y avait alors des sur-repliles, d\u2019une taille élevée qui marchaient, tel le nôtre, sur leurs pattes de derrière; tous ont disparu et les grands singes les ont remplacés.Les géants dinosauriens ont bien changé! Ils ont disparu petit à petit, sous l'influence des climats, et sont devenus les simples petits lézards d\u2019aujourd\u2019hui qui mesurent difficilement dix pouces] En effet, d'après un professeur de paléontologie australien, le lézard est -ûn véritable dinosaurien.Il marche et -ddtsft-comme faisaient ses ancêtres et _ Sa structure est là même en miniature.Aussi redoutable que le dinosaurien patagonien était le iguanodon.Les iguanodons paraissent eux aussi avoir marché.C\u2019étaient de lourds animaux herbivores qui marchaient, comme les kongourous, sur Jeurs pieds de derrière en se servant de leur queue com- \u2014 82 La Vol.16, No 5 LA REVUE me contrepeids; leurs membres anté- Pieurs étaient trés courts.Leur taille abeignait jusqu\u2019 à einquante pieds.G'est dans l'étude de la paléontalo- gie que naus trouvons l\u2019histoire de l\u2019é- volution- de ces animaux préhistori- \u2018ques.\"Eæ paléonlologie est la science \u2018qui traite des fossiles, c\u2019ast-à-dire des animaux et végétaux eanservés sous forme ds débris ou d'empreintes dans \u201cles eouches géplagiques.Il est raison\u201d \u2018Hable\u2019 \u2018da Considérer-Cuvier comme le \u2018fondateur.de cette science, mais elle 8 \u2018eu ses précurseurs; s\u2019il faut en croi- se o ;æe Hérodote, la connaissance de l'a- : rigine_ marine de ecrtaines -poquiligs fossilesæemonterait aux-prêtres;égrp- tiens.Mais la plupart:des-farants glu \u201cmoyen âge -énfanlaignt- les: \u2018histeires :les plus,extraordinaires.pour expliquer la présence des restes organi- \u201cques dans-les terrains.Seul, vers la \u2018fin du XVe sièele.-de*, plus puissant Léonard de Vinci, cerveau humain, Fromme qui A lui seul ingarns tout le génie de la Renaissance, l\u2019 homme à qui aucune connaissance n\u2019a été étran- POPULAIRE \u2018et établir la filiation des genres Ce Que devaient être, d\u2019après une recanstilutign palégntalogique, leg » r, Natalia surtout la zoutenait, iné- brar!al!o dans za 10, XXII Enfn, lo grand jour s\u2019est levé.Dès une heure, la salle de l\u2019Eden est pleine.Tiomanel.cc nom court sar toutes les lèvres A lui seul, il semble absorber le programme, On s'agite, on bavards, dans les «talles et dans les loges.Ghaoun apporte son renseignement personnel, quelquo racontar des répétitions.L'élève de Desgoffes est une grande artiste.Ells a émerveillé tous ceux qui ont pu l\u2019entendre, Les mus\u2019ciens sont mlactz, Un'grand gilenca s'établit, comme dans l'attente d\u2019un événement.Cn, une porte lu'fond dc la scène s'ouvre.; Toutes td Toren tes sa braquent\u2026 Ua murmurs parcourt la scile\u2026 C'ast elle! c'est Tiemansh.A [NRE Shs 3a robé ls ¢asliam'ro blane,.15 robs tradi- tionnells de \u201cMarguerite\u201d, la débutante s\u2019avance, un peu pâle, le regard mal assuré.\u2014On la trouve jolie, très jolie, l\u2019air distingué, très jeune, d'une élégance enprême dans ga taille haute et si bien prise, 293 beanx chevezx blonds tombant en deux longues nattes vraies.C\u2019est bien la figare idéale du rôle, éclatante de jeunesse et de fraicheur, blanche et blonde, d'une beauté noble et harmonieuse.\u2014Elle a gagné lc devant de la rampe entre les deux autres interprètes, son cahier de musique tremblant dans ses mains.Elle est ravissante de grâce modeste, et le courant sympathique achève de s\u2019établir.Ses yeux se sont portés vers la baignoire d\u2019avant-scène, où elle sent les coeurs palpiter avec le sien.Mais ses yeux ne voient pas; e sorte de voile les couvre\u2014A cet instant, la pauvre enfant oroit mourir d'émotion.L'orohestre a attaqué l'ouverture.C\u2019est le tour de \u201cMarguerite\u201d; tous les souffles semblent suspendus à ses lèvres.Aux premiers sons hésitants, étouffés, succèdent des notes pures, vibrantez, d\u2019une qualité de oristal, si l\u2019on peut dire, Peu à peu la voix a\u2019élance, s'élève, pénétrante, envelopronte, remuant toutes les âmes.La dintion est d'une soience rare, en même temps que l'instrument magnifique allie la puissance à un charme ncomparable.La salle content difficilement son admiration.À chaque chute de phrase, les bravos menacent d'éclater.Enfin, ls premier couplet terminé, l\u2019enthousiasme déborde, \u2018\u2019Marguerite\u2019\u2019 s'incline, toute frissonnante, eflarée de l\u2019ovation, tournant involontairement son regard vers la baignoire du rez-de-chaussée, comma pour y offrir cette gloire: ils sont debout, les aimés, battant des mains aveo ardeur, les physicnom'es transportées.Bis! bis!'.\u2026 C\u2019est do tous les po'nts de la salle que part oe cri.Le chef d'orchestre a fait un signe à la chan- trrge; il 1eprend les premières mesures de lair.File recommence.Et, cette fois, avec quelle rer- fection! Enhardie par la réussite, elle a'abandonne, se retronve tout entière.Sa belle voix a recouvré ra sûreté, son amplitude, ses délicatesses naturelles et acquises.C'est la perfeotion de la nature et do l\u2019art, Durant les arrêts de £a partie, Tiomane, assise, ne peut détacher ses yeux de la baignoire du rez- de-chaussée.Elle sourit aux chers visages rayonnants, Le regard de Guillaume surtout étincelle, et le petit mouchoir da Natalia s\u2019agite au fond de la loge, comme pour exprimer l\u2019allégresse de tous.L'oeuvra magnifique est achevée.Tiomane s'est soutenue jusqu\u2019à la fin.Jamais cantatrice ne s\u2019est.imposée plus pleinement, plus irrésistiblement, - - - - - - - - - - - » - [LT] Mais ga vrale fête, à elle, l'attendait de l\u2019autre côté du rideau.Le premier, Desgoffes s\u2019élança.La victoire dépazait encore son attente.Il lui promettait une fortune, une réputation européenne, universelle, Mme do Sorgues l'embrassa chaleureusement, puis Maritza et Natalia, toutes les e\u2014 77 \u2014 MS) Vol, 16, No 5 LA REVUE trois à la fois.\u2014Guillaume, interdit, ogait à peine s'approcher.\u2014Eh quoi?lui demanda-t-elle en riant, tu ne me dis rien, toi?\u2014J@ ne trouve rien.tu es si grande, si admirable! \u2019 Sanodde ent um mouvement charmant.Il maisit ses deux maina qu'il baisa l\u2019une après l'autre.\u2014Vouz m'avez enlevé jusqu'au paradis.\u2014Aves Maritza, par exemple, On dinait chez les Desgofles.Natalia avait imaginé une sorte de festin, la table couverte de marguerites.Elle avait cédé sa place a Tiomane, en face de son père.Le repaa fut étincelant de gaieté.Le maître rayonnait.Il ne se lassait pas de féliciter oelle qu'il nommait: sa diva! Quant à elle, revenue à peine de son étourdizzement, de tant d'émotions, de contrainte, d'efforts, elle commençait seulement à jouir de son triomphe.XXIV Tiomane était lancée.Les directeurs de concerts se la disputèrent, et Desgoffes pût imposer ses conditions.Devant le auocès grandissant de la chanteuse, le maître fit aote de générosité, sir déjà de bénéfices superbes.Il exigea que son \u201cétoile\u201d abandonna sa mansarde, descendit d\u2019un étage pour élire domicile dans un appartement vacant du quatrière: un loyer de mille francs qu'il payerait, bien entendu.Du coup, une servante remplaça la vieille femme de ménage, en même temps que le nouveau logis s'augmentait d\u2019un salon et d\u2019une petite salle à manger.L'hiver fut pour la jeune artiste une longue ovation.Son nom sur une affiche attirait la foule, Elle chanta un peu partout, dans les salles à la mode.Desgoffes la produisit même à quelques soirées du monde dont chacune lui rapportait, à lui, un cachet de cinquante louis.Pour Ticmane, elle vivait dans le ravissement.Libérée envers son maître, l\u2019aisance ramenée dans la maison, l'avenir offrant la perspective d\u2019une fortune qu\u2019elle serait si heureuse d'offrir, elle jouissait do sa gloire, émerveillée de son magnifique bonheur, Chose étrange! Guillaume semblait échanper à l'impression de bien-être, de satisfaction de tous.A mesure que leur fortune grandissait, le joyeux garçon paraiseait s'assombrir; son bon rire #'éteignait.Silencieux contre aa nature, presque pensif, on eût dit qu'il dérobait quelque souci, \u2014Prends garde, tu tournes au beau ténébreux, lui disait parfois Tiomane en riant, POPULAIRE Montréal, mai 1928 Un dimanche matin, tous les deux étaient seuls au salon; lui nonchalamment accoudé au piano, tandis qu'elle étudiait ses vocalises.Tout à coup elle s\u2019interrompit au milieu d'une gamme, et le regardant avec quelque malice : \u2014A quoi songez-tu si profondément ?Il tressaillit.Ja t'dooute, répondit-il.\u2014Oh! pas le moins du monde, \u2014Mais si.\u2014Mais non.Ton esprit galope à travers les nuages.\u2014 Voyons ! confesse-toi, poursuivit-elle avec son fin sourire retroussé, tu rêves w= peu de liberté, hein?Aussi, tu exagères par trop = sagesse.pas le plus petit bout de promenade sans l'égide de notre tutelle.Et pourtant, n'as-tx pas suffisamment fait tes preuves pour qu\u2019 te livre un peu la clef des champs?Après tout, - n\u2019a pas ici, comme Sancède, pour te retenir chaque minute à l'attache, un regard et des oho.mélangés d\u2019or\u2026 Sans savoir pourquoi, elle z'arréta court sur oette parole, et tous deux rougirent légèrement.- Elle reprit avec précipitation : \u2014Plaisanteris à part, ces longs dimanches en famille doivent te paraître bien lourds.un grand garçon comme toi a besoin d'autres distractions que d'entendre reseasser les airs d\u2019une cantatrice, : \u2014Mon Dieu! comme tu te trompes, Tiomane! répliqua-t-il doucement; comment ne vois-tu pas qu\u2019il n\u2019est pour moi d'autre bonheur que celui que je goûte dans cet intérieur charmant que tu nous as créé.\u2014 Ah! par exemple, interrompit-elle en riant ; sans reproche, il n\u2019y parait guère.| \u2014Que veux-tu?ripesta-t-il presque doulourau- sement, puis-àe m'empêcher de souffrir de mon impuissance, de mon infériorité devant toi, si grande, si admirable, si au-dessus de moi qui me sens doublement petit à tes côtés?\u2026 toi, admirée, adulée, richs par ton talent\u2026 \u2014Bon, tu me jalonses à présent.\u2014Je te rends justice, voilà tout.Enfin, comprends donc mon supplice\u2026 J'ai beau m\u2019ingénier, m'acharner au travail, je n'ai pu ençore te rembourser entièrement cette malheureuse dette.- \u2014\u2014Grand hêta, interrompit-elle avec sa généro- sitd exquise, n'est-ce pas à toi que je la dois, ma situation actuelle?À cet égard, je reste ton obligée.En somme, il semblait dire vrai, à en juger par 3a hâte, chaque dimanche, d\u2019arriver dès le matin et d'attendre jusqu'à 1x dernière minute pour le départ.Sancède lui-même, qui, grâce peut-être à certains aveux, avait obtenu de son onole la pers LE = T + \\ a 3 = B® \u201cA NPL AW 123 2, oo.2% y F5 = AN a.a SEE [5 Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 mission d'accompagner Guillaume toutes les semaines à Paris, assurait que le frère de Maritza outrepassait la zèle, \u2014Il n\u2019en dort pas, ajoutait-il, de peur de manquer la train.Le Seule l'irrésistible verve de Natalia l\u2019emportait sur cette taciturnitd, Ce méme dimanche, justement, ells était conviée à dîner.Tiomane observa que la camaraderie de son amie aveo Guillaume r\u2019avait subi nulle atteinte; elle semblait même s'être augmentée d\u2019un petit ton de confidence.À l'issue du repas, ils s\u2019installèrent tous deux dans un coin et se mirent à causer avec animation.Tiomane ne put se défendre d\u2019un léger pincement au coeur, qui ressemblait fort à une morsure de la jalousie.Aussitôt, comme dans un éclair, elle erut avoir tout compris: la raison des assiduités de Guillaume à la maison, acn humeur mélancolique, inquiète; ses regrets de médioorité: Natalia était richel\u2014Atterrée, elle se demandait comment elle n'avait rien vu jusqu'alors de ce sentiment né à «es côtés, se développant jour à jour sous ses yeux, Et pourtant, n'était-ce pas naturel?Durant cetts dernière annéc, le travail l'avait absorbée au point d'annuler toute préoccupation étrangère.Le reste de la soirée, elle demeura vaguement songeure.Quand Guillauma pr\u2018& congs, ella remarqua encore la forte poignée de main qu\u2019ils échangèrent, et, de nouveau, elle sentit la même Morsure au.Coeur, Tiomane éprouva soudain cemme un vido affreux dans son existence s! brillante, Cependant, elle essaya de raisonner cc qu\u2019elle nomma\u2018t za sottise, Après tout, quoi de plzz simple?Natalia pouvait raraitre charmaîte avec sa mine de gamin, et clle cachait de solides qual'tés sous ses façons d'évaporée.Pleine d'esprit et de talent, sa généresité l\u2019emportait sur za richesse.Sa nature si vivé, si étincslante, répondait particulièrement à cells de Guillaume; leurs caractères semblaient faits l\u2019un pour l'aatre.Bref, si c'était là vraiment un bonheur pour lui, ne devait-elle pas s\u2019y : asco'or de toute son âme ?Enfin, n\u2019était-il pas sop freed orn L'été; intourempant à Paris tout mouvement mondain, Desgeffez, qui n\u2019entendait pas laisser chômer son \u201c\u2018étoile\u2019\u2019, eut l\u2019idée de profiter de la saison de Londres pour aller y donner une série de concerts.Il avertit dono Tiomane qu\u2019il comptait l'emmener prochainement avec Natalia, chargée da la partie musicale, Sur ces entrefaites, un événement prévu, du reste, apporta à tous une satisfaction très vive.Sancède, que son oncle venait d\u2019élever en grade avec un appointement annuel de douze mille francs se voyant ainsi muni d\u2019une situation, osa risquer sa demande.La grande affaire, c'est que Mlle de Sorgues devrait habiter Blinville A la vérité, Sancède promettait une petite voiture qui promènerait sa femme à travers le pays assez agréable.Il avait à l\u2019usine la jouissance d\u2019un cheval et sa nourriture.De plus, l\u2019enfant gâtée garderait sa chambre au logis maternel, ce qui lui \u2018assurerait un pied-à-terre à Paris.\u2014Tu auras un bon mari, intelligent et aimable, dit Tiomane à Maritza, Une dernière bouffée d'orgueil monta à cette jolie tête de linotte.\u2014J\u2019étais née pour être princesse! murmura la fille du consul.\u2014Tu ex née pour être heureuse, 0e qui vaut mieux, répliqua Tiomane en étouffant un soupir.Au fond, d'ailleurs, Maritza était décidée, Il fut convenu que la noce aurait lieu à l'automne, XXV Associé aveo le direoteur de \u201cOovent Garden \u201d pour une série de dix concerts, Desgoffes posait tous ses jalons à distance, piochant ferme la réclame, usant de tous les journaux de Londres, enfin préparant habilement le terrain, comme à son ordinaire, I] partit un soir aveo les deux jeunes filles et la gouvernante de Natalia.On avait choisi le dimanche, afin que la famille au complet pût accompagner à la gare.Guillaume ge montrait particaliè- rement morose, faisant ainsi opposition plus vive à la gaieté dez fiancés.\u2014\u2014Soyez tranquille, lui dit Natalia comme ls train a\u2019ébranlait et lui serrant une dernière fois la main par la portière, vous aurez bientôt des nouvelles.En dépit de sa volonté, il semblait à Tiomane qu\u2019une altération soudaine s'était glissée dans son amitié si tendre aveo la fille de son maître, Elle avait beau ne défendre, elle était jalouse, et il lui fallait des efforts constants pour dissimuler son irritation toujours prête à percer, \u2014Hein! devine.dit Natalia, en mettant pied hors du batæau et retrouvant d'emblée tout son entrain gâté par le malaise de la traversés, lequel des Parisiens déplore la plus notre abzence?\u2014Je suis sûre que tu manques à tous, répliqua raillensement Tiomane.\u2014Je l\u2019espère bien.Il s'agissait d\u2019un séjour de plusieurs semaines, En conséquence, on s'installa dans un \u2018\u201clodging\u201d\u201d, Les répétitions commencèrent dès le lendemain, \u2014 79 \u2014 < .Le Be ¢ pt be oe f tr a Kt À E ji 4 i Vol, 18, No 5 LA REVUE Le premier concert se donnait huit jours plus tard.Les billets s\u2019étaient d'autant mieux enlevés qu'on avait doublé le prix des places.Bien que Desgofies eût engagé pour la circonstance plusieurs artistes de valeur, Tiomane demeurait la \u2018great attraction\u201d; tous autres noms servaient surtout à encadrer le sien.Son succès dépassa encore les précédents.Auprès d'elle, pourtant, Natalia, qui exécuta aveo orchestre un concerto de Beethoven et \u2018an trio de ga composition, recueillit de zincères applaudissements, \u2014Te voila une fameuse narration sur les braz, dit-elle à Tiomano dans la voiture qui les ramenait; tu saia que l\u2019ami Guillaume attend le récit de nox triomphes.d'abord, j'ai engagé ma parole.\u2014Et tu feras bien de la tenir, ma chère, ri- pesta Tiomane presque séchement.En dehors des heures d'étude et des répétitions, tandis que le maître donnait quelques leçons à des prix fabuleux, les jeunes filles, chaperonnées par la gouvernante de Natalia, couraient la ville et ses alentours, Tiomane enchantée de diversions qui lui fournissaient des sujets d'entretien, en même temps que des occupations d'esprit.Na gaieté un peu fébrile abusait complètement Natal'a, qui l'acousait en riant d'avoir l'humeur voyageuse, \u2014Sois tranquille, ajoutait-elle, tu connaîtras le Midi après le Nord.Pendant plus d\u2019une année encore, tu appartiens à papa; il aura le temps de te montrer au moins à toute l'Europe.Les concerts ayant lieu deux fois par semaine, Desgofies profitait à Londres comme à Paris, des soirées du monde où l'on s\u2019arrachait son élève.Il touchait un double cachet pour Tiomane ct pour Natalia, dont l\u2019étonnante virtuosité trouvait aussi ses fanatiques.Sur oos entrefaites, une aventure amusa fort les jeunes filles, Un matin, Deagoffes requt la visite d\u2019an Irlandais, fils d'un riche brasseur de Dublin, presque un \u201cgentleman\u201d.Il avait vu, entendu Tiomane, et il la demandait cn mariage; \u201cans plus d\u2019information \u2014Desgoffes, ayant présenté la regnête à qui de droit, ajoutant que le soupirant n\u2019était pas mal toüirné malgré sa gresse bourse, fat acablé sous les lazzi et les éclats \u2018de rire.\u2014C'est égal! Tiomane, à ta place, je serais très fière, conolut Natalia.\u2014A ma place, diz-tu, répliqua Tiomane subitement agressive; je t'asaure que tu n'as pas a me l\u2019envier\u2026 Ohez moi, c\u2019est la chanteuse seule qui séduit.et à distance, comme tu vois.~ , Le'surlendemain même de l'incident, T'omane POPULAIRE Montréal, mai 1923 recat uno lettre de Guillaume, la seconde geule- ment depuis l\u2019arrivée en Angleterre, car elle n\u2019avait pas daigné répondre à la première, Il se plaignait longuement de leur absence.Les comptes rendus des journaux lui apportaent l'écho de leur double sucoèz.Avco tristesse, il enviait ce publio privilégié, lui, si durement privé.Il retrouva son ton de plaisanterie pour parler de cette brillante proposition de mariage.Un fier coup de soleil à la patrie des brumes éternelles! Comment avait-elle résisté ?.\u2026 Ce badinage, bien innocent, la froissa, Il lui parut que Natalia s'était égayée à ses dépens, et que Guillaume s'\u2019associait aux farces de cette toquée.Loin de savoir gré à l'absent de ses paroles aimables, elle s'exaspérait en relisant cette lettre, pourtant si pleine d\u2019affectueux regrets.Mais quelle part lui revenait, à elle, dans ces protestations amicales?En réalité, ne s'adressait-il pas à Natalia, à laquelle il pouvait ainsi exprimer librement sa pensée en l'asociant à celle qu\u2019il nommait sa soeur?Et, d'ailleurs, quel besoin de chercher davantaga?N'\u2019avait-elle pas vu?\u2014Toutefo:s, elle prétendait demeurer en dehors de leurs petits complots, indignée oontre ce rôle de complica qu\u2019on lui impozait, malgré sa volonté.\u2014Quelle bavarde tu es! dit-elle au diner à Natal'a; c'est donc un journal de nos faits et gestes que ta adresses a Paris?\u2014A You près, ma chère: Notre pauvre \u2018abandonné vis tontes nos impressions.jo lea lui envoie telles quelles, et à mesure.\u2014Parle donc des tiennes, alors, si bon te zem- ble, reprit Tiomane séchement.Quant & moi, je veux garder les miennes, et, à l'aven:r, tu m'o- bl\u2018geras en te bornant à la gazctte de tes affaires personnelles.Il parut à Tiomane que Natalia souriait narquoisement, de ce sourire de son pèro qui prétendait percer les gens, jusqu\u2019au fond.Son humeur redoubla de cette raillerie muette.A quelques jours de là, un samedi, les jeunes filles rentraient d\u2019une promenade à \u201cKew, \u201cBae pénétrant dans le salon da \u201clodging\u201d, un\u2019 tema cri de surprise leur échappa.wo Bg Us Guillaume! s'éoria étourdmsny Waal, on.bliant le \u2018\u2018monsieur\u2019 dont elle avait coute\" de faire précéds: le nom, Octo appellation familière frabp a Tiomans comma una preuvo nouvelle.Il s'était levé, un peu embarrassé, mais ls vi- sag1 rayonnant, \u2014Noen, décidément, ce n'est pas une ombre, reprit ga coment Natalia; que diaklo êtes-vous venu fairo 10170 CC \u2014 80 \u2014 HSE ss Bf BB a ii ai oh HTE Le LS 5 8 ti 13 6 O1 Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal.mai 1923 \u2018 = \u2014Tout simplement vous voir, répliqua-+-il en prénant afféotuesement la main qu'elle lui tendait; savez-vous que la maison est affreusement vide et triste depuis votre départ.attendre encore un long mois pour vous retrouver, c'était impossible.je n'ai pu y tenir; j'ai obtenu quarante-huit heures de liberté.je repars demain.Il avait hésité devant Tiomane, embarrassé de 3à contcnanoë, n'osant risquer son baiser fraternel.Comme pour contenir l\u2019élan du jeune homme, elle avança la main d\u2019un geste froid.\u2014-En vérité, tu ne marchañdes pas ta peine, dit-éllo d'un ton de pérsiflage) c'est vraiment estimer bien élier le faveur de hous contempler! \u2014Je né trouvé pat, riposta Natalia.Puis, quand il eut expliqué ses cfforts pour obtenir ce congé si court, et les objections de sa mère; celles de Sancède qui criait au gaspillage et à la fatigue, jusqu'aux remontrances de Maritza appuyant en tout son fiancé, Tiomane s'abandonna à un mouvement méchant, \u2014Tls avaient tôus raison, dit-elle; c\u2019est absurde, 0?voyage).Elle ne vit pas lea larmes qui montèrent aux yeux de Guillaume à cette dure parole.Mais Natalie s'était rapprochée du jeune homme: \u2014Eh bien! à moi, vous avez fat un très grand plaisir.c\u2019est toujours ¢a.| Deagoffes avait pour principe de ne s'intéresser qu\u2019à ses affaires, et s'abstenait méme de réflexioñs sur celles d\u2019autrui.La prdzence de Guillaume au concert du moir ne le géna't nullement; aussi fit-il bon aocueil au voyageur, lui octroyant une place dans la haïgnoire de la direction.Au souper qui suiv:t, le jeune homme, rabroué plusieurs fois par Ticmane, finit par s\u2019en ten\u2019r à la cauzerio de Natalia, toujours ui pleine d'entrain.La pianiste avait pris à partie la dissimulation féminine qui croit cachèr le désarroi des zénti- ments, A ron avis rien n\u2019était de meilleur augare que les dépite, les bonderies, les querelles.\u2014\u2014Allez, je m'y conna\u2018s, ajouta-t-ella plaisamment, un garçon comme moil.Tiomane-ge prétendit, fatiguée et se retira.de boro hurt, ioe : ; Le lendemain matin, comme elle entrait au #a- lon, l\u2019élève de Dezgoffes surprit Guillaume ct Natalia on tête-à-tête, À 2a vue, ils firent s'lence.\u2014 Bon! je vous dérangé, #'éotiset-clle aigrement, sovéz tranquille.jà Me sauvé.Mais Natalia s'était déjà levée.«Non, tiene compagnie à notre hôte\u2026 jo vais tn\u2019habillez pour le déjeuner.Sans prendre garde à la présence de Guillaume, Tiomane avait ouvert le piano.Il se rapprocha vivement.| \u2014Tiomane, dit-il d'un ton très doux, que d'ai- je donc fait?_ \u2014A moi?.\u2026 répliqua-t-elle d'une voix brève, et que pourrais-tu bien m'avoir fait?\u2014Je n'en pais absolument rien, et je m'inter- rogo vainoment\u2026.D'où vient ton changement à mon égard?.Déjà, à Paris, oes derniers temps, j'avais oru vemarquer- chez toi quelques signes d'éloignement.Ioi, tu es presque dure.Voyons! parle.\u2026, exprime-moi tes reproches.j'aime mieux ça, jo tamsurd.\u2019 \u2014Et moi, jo t'assure que je n'al aucun repro- cho à t'adresser, répondit-clle d'un ten glace; tu te mépronds absolument.je suis très ocoupee, absorbée par mon art.Si j'ai eu quelque mouvement d'humeur, à mon insu, il faut en accuser la ° surexcitation de ma vie actuelle.le métier d\u2019art'sto ext parfois très dur, crois-le.\u2026 Après tout, l\u2019excuse semblait plausible.I hé- $'ta quelques minutes, pendant qu'elle feuilletait ses cahiers, \u2014Ainsi, reprit-il -tout timide, cette brillante demande en mariage né t'a pas tentéc?\u2014 Paz le moins du monde.Et pourquoi?\u2014 Pourquoi ?repritil, comme: s'il cherchait anxieusemcni quelque éclaircissemens ; mais la fortune, Vindépendance.\u2014 Mon cher, interrompit-elle d'un ton tranchant, mon indépendance d'artiste me suffit.clle vaut toutes les fortunes, sacho-le.Maintenant, ajouta- : t-elle en s'asseyant devant son piano, jo te serai très obliséa de me permettre de travaillr, et, pour cela, j'ai brsoin d'être seule.> Profondément blessé de cette froideur okztinée, Gailalume quitta la piève, sans un mot.\u201d Ils ae retrouvèrent au déjeuner, chacun marquant à l'autre une sorte de dépit, dé rancune, l'ingénieur nartait presque auzsaitôt.En prenant congé do Tiomane, il sentit se fondre son rezsen- timenb, \u2014Reviens vite, lui dit-il avec sen bon sourire; sens quoi, je me sens capable de recommencer.ge voyage.absurde.comme tu l\u2019appellez\u2026 - bio Malgré elle, l'attendritsement alla\u2019 la saisir, peut-être, lorzqu\u2019ellà sgurprit l'échange d\u2019un coup d'oeil entre Guillaume et Natalla.Aussitôt ells se rodit, ot de son accent la plus esc: \u2014C'est asses d'una fois, j'espère.XXVI En quittant l'Angleterre, Desgoffes et lez jeu- nee filles touchdrent à peine Paris, Ils y.passé- \u2014 81 \u2014 Voi.16, No 5 LA REVUE rent trois fonrs au milieu de la semaine.Tiomane marquait une hâte très vive de commencer la tournée de concerts organisée, pour le reste de l\u2019été, en province et dans les villes d'eaux.\u2014A la bonne heure! quelle flamme! Quel fea sacré! disait le maître, Natalia essaya vainement d'allonger l'étape | jusqu\u2019au dimanche.Son père et Tomane se ligue- rent pour activer le nouveau départ, On ne vit pas Guillaume.La jalousie obélsalt à un sentiment bisarre et très humain.Elle goûtait une satisfaction âpre à les séparer, à empêcher, à entraver leurs réunions.Par instants, il lui semblait que Natalia, si fine, si avisée, la devinait, et elle en ressentait une humiliation poignante.Un matin, à Aix-les- Bains, au lendemain d'une de ses plus chaleureuses ovations, comme elle s'était laissée aller à pleurer longtemps dans sa chambre, elle parut au déjeuner les yeux rougis.\u2014Eh! Seigneur! qu\u2019as-tu donc?lui demanda Natal'a; screiz-tu souffrante?Elle prétexta une affreuse migraine.Mais en sortant de table, Natalia glissa son bras sous le sien.\u2014Voyons! aurals-ta quelque chagrin, par hagard?Ce mouvement de pitié la révolta.Elle se redressa fièrement.\u2014Un chagrin, moi?\u2014Ecoute, reprit Natalia en lui pressant doucement le bras, j'ai peur, ma grands raisonnable, que tu n\u2019extravagues un peu, a tes heures.Tiomane se dégagca brusquement, \u2014Ma chère, tu plaisantes agréablement: mais Je ne suis pas l'humeur aujourd'hui à te répondre.Exonse-moi: je suis très nerveuse, oe qui est parfaitement ridicule, ja le sais.Natalia la suivit dans sa chambre et, sans prendre garde à à l'air mauszade de son ls, prit place auprès d'elle sur le cazapé.\u2014\u2014Gageons que je connais ton souci, s'éoria-t- ell tout à ooup; tu pleures ta conquéte irlandaf- .tu regrettes ta rigueur envers ce roi du \u2018\u2018pal ao.une boisson qui a ses mérites.En asom- me, ma très chère, nous autres femmes, nous rêvons volontiers des absents.\u2014T'ais-toi, interrompit brusquement Tiomane.\u2014Non, mille fois non, poursuivit Natalia, je parlerai, malgré toi, malgré tout.C'est que je fais mes remarques sans avoir l'air d\u2019y toucher.Eh bien! ma chère, tu sembles hantée par quelque lutin que ton John Bull appellerait: un \u2018blue POPU Montréal, mal 1923 LAIRE devil\u201d.Tu es rarfois d\u2019une humeur masacrante, sans te le reprocher.\u2014Je suis de l'humeur qui me convient, voilà tout.\u2014Sans doute.Tu as des nerfs, comme tu dis; ce qui est un indice grave.Enfin.tv serbles avoir pris en grippe toute la gent mortelle, jusqu\u2019à tes meilleurs amis.que tu éloigaes.que tu fuie.Tiomane tressaillit à cette attaque si directe.\u2014Quel conte à dormir debout! dit-elle en haussant les épaules; après cela, je suis peut-être très capricieuss.\u2026.et puis, je hais les dérangements.\u2026 Que sais-je encoreŸ\u2026 Je deviens volontiers autoritaire, maniaque.\u2014Eh bien! un vrai conseil, ma chérie, qui sera le résumé de toute ma sagesse.Ne deviens paz vieille fille.et si quelque nouveau brasseur.ou autre.e8 présentait.A ce qu'elle prit pour une ironie sanglante, Tiomane voulut répondre par la plus orgueilleuse des barvades.\u2014Mon Dieu! que nous sommes -loin de compte! dit-elle, éclatant d'un rire nerveux; comme tu juges à côté, malgré ta fameuse science de pénétration! Ecor*n, Natalia, veux-tu que je me confesse, sincèrement?\u2014Ali = dene! tu y arrives enfin.dit Natalia d'un air ->emprant, \u2014\u2014Voici.Certes, oui je me suis transformée.de façon excessive.Vois-tu, les gucoès m'ont grl- sée\u2026 Tel cst l'effet sur mo.des anplaudissements.Je m\u2019imagine que je su\u2018s une petite personne pê- trie d\u2019une autre pâte que le bon vulgaire.je crois à mon avenir, à ma fortune.{À des millions dans le gosier, comme d't ton père Pour tout avouer, je suis devenue très, trés am\u201d tieuse.J'ai des visées de grande dame\u2026 Et pu's, j'adore mon indépendance d'artiste.Pour l'al'éner, en- tends-tu?il me faut m'eux qu\u2019un brasseur, quelque riche soit-il.Ma chère, on a vu des rois épouser des bergères.\u2026 qui vont en carrosse armorié\u2026 oui j'en suis Li.Natalia éooutat; abasourdie.\u201cLe ton était sl ferms, Tiomane jouait son: role aves tant d'émer- gie qu\u2019ello en arrivait réellement à pouvoir dom- ner le change.\u2014Que tu es étrange! murmura la fille de Des- goffes, confondue par la surprise, Enfin, il n\u2019y a rien à faire contre tes idées arrêtées.Après tout, chacun est libre d'envisager les choses à son gré.O'est égal! qui se füt douté d\u2019un =i prompt et gi complet changement.Ah! les femmes ! quelles terribles girouettesl.\u2026 = 82 \u2014 PEER PRE TR Je connais des cantatrices J - i = &\u20ac =F \u20ac = FE #5 x & - ed «= Vol 16, No 5 LA REVUE POPULAIRB Montréal, mai 1938 XXVII Quinze jours avant le mariage de Maritza, au milieu de septembre, Desgoffes et les jeunes filles avaient regagné la rue d'Assas.Tiomane se chargeait des préparatifs de la noce.Elle entendit céder sa place de demoiselle d'honneur à Natalia, Guillaume se trouvant forcément ls gargon d'hon- .neur de sa soeur, \u2014Oe n'est pas gentil pour mon frère, lui avait dit Maritza.\u2014Bah! ils s'entendent #i bien, avait répliqué Tiomane; c'est leur laisser un double plaisir.Natalia, d'ailleurs, commençait à espacer ses visites.Rebutée, sans doute, par l'humeur farouche de \u2018\u2018l\u2019étoile\u2019\u2019, depuis cette scène qui avait précédé le retour de Londres, la pianiste semblait s'être subitement détachée de sa compagne, ne prenant même pas garde de voiler son refroidissement et décochant volontiers quelque trait à l'ambitieuse.; ; \u2014Un palais.sans le ooeur\u2026 dit-elle un soir, bah! ça dépend des goûts.Mais ça peut bien finir par être assommant.Une aatre fois, elle raconta des prouesses de brutalité à l'actif de nobles étrangers, en \u201cof\u201d et en \u2018\u2018ki\u2019\u2019, mariés à des artistes.\u2014(ar ce sont surtout ces Oosaques-là qui s\u2019éprennent de belles voix, ajouta-t-elle railleusement, et ils traitent leurs femmes comme leurs serfs\u2026 à l\u2019ocasion, ils tapent\u2026 mais, dame! c'est bien fait prur les vaniteuses.Loin de s'offenser, Tiomane se réjouissait de la méprise.Elle semblait ainsi rendre dédain pour dédain.Pour la circonstance solennelle, l'oncle de San- odde avait octroyé trois jours de congé à ses ingénieurs.Gnillaume, très attr'eté, très algri, lui aussi, les passa loin de la maison.Tiomane rapporta oet éloignement à l'absence de Natalia qui finissait par ne plus paraitre.« dant, la veille de la cérémonie, le diner achevé, Guillaume était resté au salon avec les flanoés et Mme de Sorgues.Dans la salle à mangez; Tiemane arrangoait des vases de fleurs pour le lendemain.Paz la porte de communication grande ouverte, le jeune homme la regardait aller et venir.A un moment, oomme saisi d\u2019une irrészisti- ble tentation.il se leva et se glissa dans la pièce voisine, dont il referms doucement la porte sur lui.* Debout devant la table où s\u2019évarpilla\u2018ent des bottes de chrysanthèmes, des glaïeuls et des roses, elle gazmissait une corbeille.L'avait-elle entendu?.Ses yeux ne se leverent pas; aucun mus- ole de son visage ne bougea.Lui continuait à la sontemçler, très ému.\u2014Lez belles fleurs! d't-l, essayant de rompre.ce silence pén Tle.[ Elle ne répendit ren.On ot pu oroire qu'elle ignorait sa présence.| \u2014Oela fait du bien, la von d'rme tonhour! va= prit-il en s'apprechant.N'est-ce pa:, T omanz, que oe mariage est notre fête à tous?> \u2014Sans doute, repart t-elle, toujours sans lover les yeux, et affectant son ton lr plrs indifférent.\u2014Oui, poursuivit-il, z'efforcant de dominer son embarras, c'est un beau rêve réal'zé! Ostte petite gâtée de Maritza pourrait hien faire la meilleure des femmes.Je crois, ma parole! qu\u2019elle ainis trèæ sérieusement son.Caten.et tei?\u2014Assarément, c'est bien ruon avis; Maritza a du cour, et une affection si rare ne pouva t manquer de la toucher.\u2014Et qu'il est heurevx, ce Sancide! repr Guillaume en lui tendant, presque tremblant, quelqacæ brins de fougère dont elle parsemait see bouquets, \u2014tout offrir à sa femme! la prendre pauvre, dénuée.la prendre pour elle seule, ot lui apporter l\u2019aisance.\u2026 pnurvoir a cette ex steve qr'elle vois accorde.fournir à tout ce ani est elle.assumer pour soi, enfin, toutes les charge dune ve sf ohére.\u2014Dame! n'est-ce pas ua pen le réle de l'hom-, me?ripcsta narguoisement Ticmanc, \u2014Eh! oui.tu ms raison, cont nua-t-il en s\u2019animant, 2'ozt bien là le rôle de l'homme ; mais qu\u2019ils sont \u2018avor'sés.ceux que les ciroonstanows servent en lerr nerme*ttant de remrlir cette obligation de nat*:2 \u2018+ de cce-r' Aimer rna femme plus riche que io, c'est un effreux malheur, Tio- mane, ajonta-t-il \u2014Je la croz, dit-elle sèchement.E De nouvra».I» «lance les enveloppa.Ells oon- tinuait à cbr\" vormi les tiges étaléez devant elle, très x >\" a-\"5 à parfaire son élégante besogne.Il renr*, \u201c773 voix pressante: \u2014Ainsiy c\u2019est égalèrment ton avis, Tu n'admets pas que, malgré la force, la sincérité, l'irrésistible, si l'on peut d re, dr son attachement, UM homme oze prétendre à tnr -nion disproport one née.puisque la situation à: 1.L'irime l\u2019esnporte- rait sur la clenne.Tu n\u2019alniets pas qu'il espère en l'avenir pour prendre ça revarche de son \u2018ufé- riorité, qu\u2019 l ait presque l- drei* d'avoir confiance en ses effoits, én son course> tenace, certain de soutenir \u2018toutes les Inttes, d affronter toutes les difficultés, animé de cette fièvr: de réussite née de la plus noble des ambitions: s'élever jusqu\u2019à elle! Tu n'admets paz, non plus, que la femme trouve peut-être quelque dédommagement dans la puis- \u2014 83 \u2014 A EN TIN Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 sance, l'absolu de ce sentiment qu\u2019elle inspire; que ques jours auprès de ses enfants, le surcroit d\u2019oc- À; apr\u201d la grandeur de l'affection \u2018lui semble suppléer la cupations de Sancède entravant souvent le voyage Le a médiocrité de la position; enfin, qu\u2019elle puisse avoir du dimanche à Paris, La chanteuse, retenue par pF pitié.\u2026 son engagement, se trouvait naturellement dis- uw _\u2014Non, interrompit-éfle durement, impatientée pensée d'acvompagner ga marraine.Lo par les affirmations ds cette tendresse qu\u2019elle rap- Ie temps #'éooulals et, comma toujours, fai- Wo portait à une autre, et goûtant un âpre plaisir à seit son oeuvre.Bi Tiémanc gardait, av fond de po enfencer le poignard jnsqu'au fond; si j'étais cette son coeur, le plus amer des regrets, ful n'en avait (gm femme, il me viendrait à la pensée qué ma misère soupçon, et vetde confiancs ameurait au meind une _fu éût- été moins recherchée, sans douté, que ma ri- consolation à son orguei ~~ a} chesse\u2026 malgré moi, je douterais de la dignité de \u201cea l\u2019homme qui condescendrait à ce rang sabalterne XXVIII pu dans le ménage.j'estimerais peut-être qu\u2019il eût | | Aie dûxwefréner un sentiment, après tout, profitable.Le ptintemps revénait, Un dimanché, les Saï- \u201ccpl qu\u2019il eût été plus grand à lui de le taire, de le odo et Gnillaume avaient déjeund & la rus d'As- \"Te voilrr.d'attendre, au besoin, qu\u2019il eût conquis sas, Au cours du fepas, il avait été quéstion d'u- 5 une situation égale, supérieure.à la mienne.ne grande affaire, une proposition magnifique de |, x bref, mon impression, la voici résumée en quelques M.de Riez.Il s'agitsait, à Smyre, d\u2019une im- = ; mata: un homme de coeur ne se met jamais sous portante concession de chemin de fer acoordde A ot?laj:dépendance d'une femme.une Compagnie france-turque © dent le\u201d chaboclier |.«À ces paroles implavables;\u201d Guillaume avait serait l'administrateur anonÿtne Ud comité de\u2019 |\u201d RE blémi, Soudain, il se redreésa, l\u2019ôeil brillant de ra- | banquiers grecs fournissait les fonds.Ces anciens PE ge et de douleur.; amis de M.de Sorgue: w'étaient entendus pour | .\u2018æ\u2014Soit, dit-il: Tu es devenue cruellement sé- reconstituer ume situation à son fils, Ils lui of- ve vèra\u2026.Je veux espérer que, toutes, vous ne pro- fraient an des postes d'ingénieur asous-directéur .featez pas une si inexorable rigueur.des travhug, aux sppointements de vingt mille i _a=Je ta Je souhaite, répondit-clle aveo ironie.francs pat an, aves participation aux bénéfices | Le lendmrain, Guillaume avait recouvré pour futurs.« las aolennité de famille son entrain des meilleurs Cette aubaine zemblait vraiment à Mme de x temps.Il outrait peut-être un peu la joie, comme, Sorgues ls retour définitif de la fortune.Elle sé ee s\u2019il eût cherché à s\u2019étourdir, à vainerc quelque voyait déjà rentrant en son pays au bras & BE pensée importune, Il donnait brillamment la répli- Guillaume, L'hiver, là-bas, sous soni beau Gel, |.que à Natalia, tous deux étourdissants de saillieset ionien, respirant le parfum chéri de ses erangére, és de gaieté \u2014 En ce jour de bonheur, Tiomane souf- voguant eur la mer tiède et bleue} \u2014 l\u2019été, en a frié mille morts.Il Ini semblat assister d'avance France, dane le village où Maritsa possédait une à-une autre usion.Mais elle fuirait au bout du coquette maisonnette, entre ses deux filles.to mende pour n\u2019en pas supporter la vuel.Mais Uingénient agrénit assez.froidemént sa -Mme de Sorgues se trouva bien un peu seule chance.A uh moment, cemme agacd de l'enthen- n après le départ de sa fille, qui avait dû suivre son siasme des ziens: | ¢ mari à Blinville.Pour la distrairc, Tiomane s'a- \u2014Â'est remprè avec toutes mea habitudes, dit- hy charna à dompter scs soucis.Les efforts zincères il brusquement; je suis fait à Paris.j'y suid at- nm et-tenaces ne sont jamais vaina.La jalousie com- | taché\u2026.que ne\u2019me laisse-t-on brouter paisible- f méncait vn peu à s\u2019engourdir sous l'Action sou- - ment od je wuis.LS 1 temue de la volonté persévérante.Elle s\u2019accontu- Oette après-midi-là, il sogompagne la famille \u2019 mait à l'acceptation de ga vie brisée et se repre- au -concerb de l\u2019Éden:.A la Sortie, leg, Sançède ni 5 naît % la passion de son art.Engagée à l\u2019Éden .ayant parlé d'une visite boulevaid.Haussmann, 17 \" , ., CYTE RIEL Sn ) pour touts la saison, elle allait surtout incarner emmena en voiture 33 .mere ef Tomane, Rentrés 7 ges grandes héroïnes de Wagner, qui semblent dé- & la maison, pendant que Mme de Sorgues se- |, passer toutss conceptions humaines.| défaisait dans sa thambhre, il suivit bravement la 3 D'autre part, un certain calme s\u2019établissait.Na- jeune fille nhes elle.Etonnée de cette sorte d'in- | talla né 30 montrait plus.Guillaume paraissait le *ruslon, elle demeura debout, sans quitter son cha- , moins possible à la maison, esquivant ces entre- peau._ _ \u2018 vues, qui semblaient devenues une égale con- \u2014Pardonne-moi, Tiomane, dit-il d'un ton réss- & trainte pour tous deux.D'ailleurs, Mme de Bor lu, si jo te suis importun, En cette circonstancs gue allalt volontiers passer de temps & autrc quel- grave de ma vie, je sens le besoin do tes conseils, | .\u2014 84 \u2014 iat ea CE Ln PRIVEE iy 3k Ting Wy 3 8 ef di, = = #4 FE 7 = Vol.16, No § LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 et, comme autrefois, c\u2019est toi que je supnlia de me guider.dis, me refuseras-tu?.Ainsi prise au dépourvu, elle resta quelques secondes tout indécisc.\u2014En quoi puis-je bien t'étre utile?.balbutia- t-elle.; \u2014Ïe te le répète: en me conseillant.\u2014Oomment ?\u2014 Voilà, répliqua-t-il en s\u2019accoudant à la cheminée, Je me trouve plaoé dans oette alternative diffioile: chéir & mon coeur ou à mon devoir.Je ne puis mo dissimuler, n'est-ce pas, que mon devoir d'homme, de chef de famille, m\u2019impese cet éloignement qui assure l\u2019aisanos da ma mère?\u2014Sans doute, - : \u2014Eh bien! c\u2019est oet élognement qui m\u2019épouvante, reprit-il, ses yeux ardemment fixés sur les siens; d\u2019un autre côté, je me dis aussi que la fortune s'offre à moi, qu\u2019il m'est donné de gravir le premier échelon qui moe mènera haut.je lo veux.qu'une fois arrivé là, peut-être aurals-je mérité octe considération, cette pitié que tu m'as dénise gi sévèrement un jour.Sans qu\u2019elle pût s'en déferdre, oes paroles la troublaient.Devant cette attitude de prière tendre, devant ce regard qui semblait l\u2019implorer, une étrange émotion la surpremait.\u2014Voyons, dit-il doucement, redevlens mon amie, ma sceur\u2026 comme autrefois.veux-tu ?.Elle sourit tristement.\u2014Je suis toute prête à te servir, répliqua-t- elle en so faisant une impérieuse violence pour asurer ga contenanse et sa voix, tu me demandes un avis.le voici sans ambages\u2026.Quelque inté- rét.de coeur.comme tu diz, qui tc retienne a Paris.quelque arrachement que ce départ :o* pour toi.quelque douleur, quelque désestoir qu'il te faille t'imposer.\u2026.tu n'as pas ls droit de to dérober aux charges de ta situation.& la tâche du fils.Et puis, pour toi-même, orois-moi, conqu'ers ton indépendance.avant tout.malgrd tout.Elle était douloureusement sincère, essayant, à cet instant, de ne considérer que le frère, et ré- ondant loyalement \u2018&'de qu\u2019il attendait d\u2019 ells, {Eh high! c'est dit! je t'obéirai, répliqua-t-il gravement, L'aceptation officielle de Guillaume ayant suivi ga décision, une nouvelle lettre da M.de Riez lai adressa le contrat signé, et l'avis qu'il était attendu à Smyrne dans un mo.Tiomane s'était crue plus forte.En face de la séparation irrévocable.une mélancolie l\u2019envahis- iy une angoisse nouvelle qui fondait tout zon Je Dart SH qfu*il fre Pat \u2018contenir, il tendit sa main,\u201d Cr courage.Oe dernier entretien avat dissipé leur froideur, ramené quelque chose des bonnes relä-' tions de jadis.Pourtant, elle voyait peu Cuillätis.| L'émotion les paralysait.T+'g pêl : * \"4 Îcg + Ceux, évitant de se regarder, ils restaient I, oi, face l'on de l\u2019autre, immobiles, ne trouvant pas \u2014 85 \u2014 EN SAC a Vol.16, No 5 LA REVUE une parole quand leurs ooeurs étaient si pleine! Et à mesure qu'il se prolongeait, ce malxiss âcvenait pls oppressif encore, plus difficile & s2couer.Les minutes \u2019écoulaient,, lourdes, zolennelles dolinant uné éloquence poignante à ce mud sme.Guillaume, les yeux baissés, paraisait suivre ma- chftalement les dessins du tapis, tandis que Tio- mane garlsit obstinément son regard fixé sur le grand jardin désert, ; \u201cPeat à coup, un sanglot retentit.Elle tourna vivement la tête.Il avait caché son visage dans Sca mains.1% Quillanme?qu'as-tu?\u2026 s\u2019écria-t-elle.Mais l\u2019un mouvement rapide il s'était levé, saisi de dépit contre lui-même.\u2014Je t'en conjure, reprit-elle, agitée d'un trouble inexprimable, réponds-moi.qu'as-tu 7.es-tu?poftement, toi! toi! Mais ne comprends-tu dono que le sacrifice est au-dessus de mon ooura- 9.Eh bien! oui.au dernier moment.malgré mes résolutions.je me puis pas.non.je nefpuis pas te quitter.Moi?.moi?.balbutia-t-elle éperdue, que Aocuse-moi, moque-toi, poursuivit-il &pre- mdnt; je suis faible, lâche, tout ce que tu vou- ds.mais la souffrance est la\u2019 plus forte, à l'heure venue de cette séparation.éternelle peut- et.Que veux-tu?Ces dernières semaines, un esjjoir m'avait presque repris.jo me sentais la puissance de conquérir une fortune, une renommé, pour venir te les offrir en te demandant d'a- vog pitié.Mais j'étais fou, stupide.Pourquoi te fretrouverais-je?Pourquoi m'\u2019attendrais-t17 toi, ei focherchée, ei aduléel.Et, d'ailleurs, ne l\u2019as-tu pad déclaré assez nettement, assez irrévocable- mept.Oui, va, jo sais tout.tu veux un nom.ung opulence.Natalia m'a tout répété, entends- t1Ÿ de crite déclaration que ta lui as faite à Londres, si nette, si décisive.Ah! Tiomane, combien tusas été (lure, impitoyable, et quelle âme dévouée, toute à toi, a torturée, broyée.£ | Elle écountait, étourdfe; foudroyée sous la\u2019révé- laffon, osant à peine comrrendre.Que.disait-il, grind Dieu.Toute chancelante, elle s'étéit' ap- payée à un fauteuil.*\u2014(Jommentl\u2026.que signifie?.balbutia-t-elle.Est-il possible?\u2026 Tu n\u2019aimes pas Natalia?\u2026 Il la regarda aveo une telle surprise que la vé- ritd lui apparut tout entière.\u2014Non.\u2026 je me suis dono trompée! Et son ooeur se dégonflant enfin, des pleurs rujpoélérent eur ses joues.Ta ms le demandes! répliqua-t-il aves em- _ $ POPULAIRE \u201cMontréal, mai 1923 ps\u201d \u2014Guillaume, mon frère, pardonne-moi, mur- paf mura-t-elle, pi we Pi ir Il commençait à comprendre, lui aussi.Ce cri de [§8\" son âme acheva de l\u2019éclairer.Transports, il saisit [ei \u201d za main.Le : pa} \u2014Dis-moi que je ne rêve pas.dis-moi que tu |ie# ne me chassais pas.que tu ne me haïssais pas\u2026|ye#\" que ta ne me méprisais pas., oh! dis-le, je t'en | conjure.( 1 Je Le bonheur acablait la pauvre .abuség, avec ce ju sentiment de repentir de s'être montrée si inexo- pur rable.Il l'avait forcée à se rasseoir, lui presque |y:** à ses genonx, gardant ses mains dans les siennes, es ™ et la contemplant avec un bonheur fou.Oette fois J\u201d leurs yeux ne se fuyaient plas, Chaoun pénétrait |jeid: le secret maladroitement ignoré jusqu'alors.Ils lisaient clairement dans leurs deux.âmes.~~ La nuit étant venue, l'entrée de là servante qui \u2014 apportait la lampe les arracha à leur extase.Dès qu'elle fut sortie, Guillaume entraîna Tiomans sur | un canapé, bien gous la lumière, et s'asseyant auprès d'elle: \u2014Maintenant, que je te regarde.longtemps.longtemps.j'ai besoin de retrouver tes bons | grands yeux si bleus.ten cher sourire à tol.ton sourire si joli et si tendre.Oh! oui, elle lai souriait\u2026 comme au sortir d\u2019un affreux, songc\u2026 plongée dans une joie si intense qu\u2019elle effaçait presque le souvenir.\u2014Ainsi, dit-il, méchante! cruellel.tu as pu douter de moi.tu as pu m\u2019accuser.m'en vouloir\u2026 tu as pu nourrir une rancune si longue.ne voulant rien voir\u2026 quand la vérité aurait dû s'imposer, \u2014J\u2019étais jalouse à en mourir.répondit-elle, je oroyas que vous vous recherchiez, Natalla et toi vous me paraissiez si bien d'accord, gi enchantés d'être ensemble.\u2026 \u2014Folle! chère folle adorée!\u2026 Natalia était ma confidente; elle m'avait deviné avant que j'eusse - parlé, et croyant me servir, travailler à notre bonheur à tous deux.Aussi, comma elle t'en a vouly de tes vilaines paroles, t'accusant «de manquer\u2018 dé coeur.Ne s'est-elle.pas, éloignée depuis lors?§ .a donhle confession fut complète.Comme qu \u2018tfefols,\u201d dans leur chère intimité d'enfance, fe aveux montèrent à leurs lèvres, simples, entidrs sans le moindre détour.Ohacun reprit, avec lé longs détails, l'histoire de sa douloureuse méprise.\u2014Voycns! conclut-elle, son joli sourira plus gracieusement retroussé que jamais, n'es-tu pas coupable, toi aussi?\u2026.N'as-tu pas cra a mon am- bitica féroce?.à mon détachement, bien défini- til 7. BIE Ce Td Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRL Montréal, mai 1928 Ils se séparèrent à minuit sonné, Guillaume 16- geait dans un hôtel de l'autre côte des ponts, : Quand il prit congé, un pacte avait été conclu.Le lendemain matin, il enverrait un télégramme à |Ms de Riez et ne quitterait Paris qu\u2019avec sa femme.Désormais, Tiomane ne chanterait plus que \"|pour les siens, _ Oomme on sait, les bonheurs viennent par série, M.de Ries avait répondu par l\u2019aoeptation d'un sursis de plusieurs semaines.De son oôté, Desgoffes avait gagné tant d'argent aveo son élève qu'il ne pouvait guère ne pas la libérer de son dernier trimestre d'engagement.Donc, vers la mi-juin, un grand départ avait lieu à la rue d\u2019Apsas, Le jeune ménage de Sorgues abandonnait Paris pour l'Orient.Tiomane emmenait sa chère marraine.De plus, l'usine de Blinville ayant obtenu la fourniture du matériel - de la nouvells entreprise, les Sancède se trouvaient du voyage, On peut imaginer la joie de tous ly Seule, Natalia faisait effort pour dissimuler son chagrin, 101 Quelques jours avant son mariage, Tiomane avait tout avoué à la confidente peu habile, mais si bien intentionnée.ÿ \u2014Ûe n\u2019est pas possible! s'était écriée la fille de Desgoffes, confondue d\u2019une si étonnantà pensée; jalouse de moil est-ce que je suis une femme?FIN ~ : .tre, DANS LE NUMERO DE JUIN DE fohevae Populaire NOUS DONNERONS UN ROMAN COMPLET : LA MEPRISE DE COLETTE PAR EVELINE LE MAIRE ainsi que la fin de © MA CONSCIENCE EN ROBE ROSE.PAR CHANTEPLEURE AYEZ SOIN DE RETENIR VOTRE NUMERO ee Vol, 18, No 5 LA REVUE POPULAIRE x Montréat, mai 1923 Oy O EXO EI OS O EX O Ee 0 EY O m0 Emm O ERO En 0 UN ROMAN COMPLET F r , * A Ayant posé sur le bureau l\u2019écrin où - les pistolets dormaient encore, enfoncés dans le velours, Bernard de Nohel \u2014 en littérature Jacques Chépart \u2014 8 \u2019approcha de la glace pour déterminer le point exact où la balle trouerait sa tempe., Ennemi de l'allure débraillée des bohèmes.toujours élégant, correct en costumé de sport et en veste de chambre comme en habit noir, que de fois.depuis dix ans, il s'était vu dans cette même glace!.Mais, un matin, n\u2019ayant rien à faire, il y avait détaillé son visage fatigué d'homme de trente ans, le front déjà trop haut où les che, veux s'éclaircissaient, le pli amer de la bouche, l'expression désabusée des yeux.et il avait dit: \u201cFinissons-en.\u201d Bernard avait ce qu\u2019on est convenu d'appeler de la fortune; très apprécié , comme romancier, très recherché comme homme du monde, très adulé | partout, il s\u2019étail toujours gardé, a.travers la vie\u201d de jouer son coeur ou son nom, sachanl bien qu'il faut peu de chose pour briser l\u2019un ou pour ta- chrer l\u2019autre.Ce n'était donc ni la misère, ni l'insuccès, ni les affres d\u2019un désespoir à la Werther, ni les dernières exigences.d\u2019une réputation compromise, qui le décidaient au suicide.Ma Conscience en Robe Rose | Par GUY CHANTEPLEURE rrr OF © EE 62 O EI O Ene oo cr O EI O En O ; PE.ese Non.Le dégoût, un découragement irrémédiable, tcl était son mal mortel.Depuis quelque temps déja, il ne marchait plus qu\u2019entraîné par la force de l\u2019habitude, dans l\u2019existence enfiévrée qu\u2019il avait constamment menée et qui, bien qu\u2019il n\u2019en sût concevoir aucune autre, l\u2019écoeurait maintenant.Là où, jadis, il avait trouvé des jouissances sinon le bonheur, il ne rencontrait plus qu\u2019un étourdissement factice.Il avait perdu toute illusion, toute croyance; il était las des autres et las de lui-même; las du plaisir, las du travail.I] écrivait cependant et sa manière était en grande vogue, le moindre mot de sa plume était attendu par un public de délicats aux aspirations duquel répondaient ses fines études.Mais, comme il déversait sur les pages blanches le fiel de son coeur, la genèse de toute oeuvre issue de son cerveau surchauffé, Jui était presque dou- 5 aire loureuse.0.i ii ie rie © attirer semi in piler Himes abe BN rate ent: : fase Bele, pour Bois frs kr ace 13 de AIT Chine Psychologue äverli, \u2018\u2019adéforiste dou cement cruel, ouvait une goissante volupté à glisser lentement son scalpel dans les chairs vives.Comme ces montreurs dont le métier est d\u2019exhiber des exagérations de la nature normale il s\u2019appliquait à recueillir les cas étranges, phénomènes psychiques, curiosités du domaine \u2014 88 \u2014 il épronveit une ait Are - pren Ro 4 Un [=F = \u2014 Fie ¢ SE ler se déroulait dans ol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 _ poral qu'il savait démêler sous le ernis banal et uniforme de la mon- anité.D'ailleurs, il méprisait les ori- eaux et le clinquant, les grands faits t les grandes phrases.La vie réelle, h vie parisiepne surtout, offrait un hamp assez vaste & son imagination ui, plus subtile que brillante, se dé- erlsait moins a resserrer les noeuds \u2018une intrigue compliquée, qu'à sai* ir les nuances infinies d\u2019un caractère u d'un sentiment, Le drame tout en- un coeur \"homme ou, plus souvent, dans un oeur de femme; car Jacques Ché- \u2018Jark connaissail ou croyait connaîtré In maître \u2018I éternel féminin\u2019.La touche \u201cviolente des réalistes lessait son goût délicat.Il affection- \u201c fait les demi-teintes, et ses livres, crits dans un siyle délicieux avaient \u2018attirancè de ces fleurs exotiques dont R senteur, trop longtemps respirée, st un poison.On les lisait a la iueur nystéricuse des lampes intimes, dans \u2018atmosphère parfumeée des boudoirs.)\u2019abord, on les traitait de livres uti-« ies, puis de livres dangereux; mais on - revenait sans cesse, comme on re- ent à _éther, à la morphine.à tous es endormeurs perfides qu'on appelle, d\u2019abord pour sé guérir, ensuite jour s\u2019enivrer.Aussi quelles tenta- ions avaient pu éveiller à l\u2019âÂme des _ptres inquiets qui errent souvent de ar le monde, minés par la désespé- : ance et l\u2019inaction, ces oeuvres infi- | iment §éduisantes avec leurs sophis- zljit nés enchanteurs:, de quelles défaillances elles avaient pu être la cause \u2018première et insoupçonnée avec leur roublant parfum de perversité ! Cependant.même à l'heure suprême, Bernard de Nohel ne pensait gué- re aux victimes possibles de son ta- ent fascinateur: il ne songeait pas davantage aux femmes qui.après avoir admiré le romancier, avaient ai-78 mé l\u2019homme; celle-ci par une sorte | de curiosité, pour pénétrer le mystère que recélai! ses yeux d'acier aux profondeurs d'abime celle-là par une sorte d\u2019ambition.pour être l'ins- quelque autre, par un sentiment mal définissable, pour être étudiée et coms prise par un artiste, ads de compliqué.| ed = Oui, elles étaient oubliées toutes, les curieuses, les ambitieuses, ct mé- me les sincères! Rien des années qui venaient de s'écouler, n'élevait plus la voix dans! l\u2019esprit surexcilé du jéuiie\u2019 homme.33 Ce qu'il revoyait seulement.c'éfait une figure très pâle.aux lignes indé 2 cises, celle de sa mère qu\u2019il avait Aix peine connue : c'élait la silhouetted.d\u2019un château, perché sur les rochers de la côte bretonne, celle du chèteau.: de Nohel, qu'il ovait quitté à sa majos- rité, et que, maître de son patrimoine,\u2018 il avait fait vendre.35 Se Ge visage emacié s'élait penché sup piratrice d\u2019un écrivain à la mode ; | 9 son berceau, crite vieille demeure avait été l\u2019impassib'e témoin de son.z enfance, de sa prentière jeunesse.agp Lentement, Bernard s'éloigna de la x glace et s\u2019assit, repoussant l\u2019écrin des 7 pistolets, pour s'accouder à la table.Maintenant, des souvenirs affluaient dans sa mémoire, tristes et doux com- ,) me le parfum des fleurs séchées qu\u2019on» retrouve au fond des tiroirs, entre logon feuille(s des lettres jaunies.af Il se rappelait ses rêveries dans la solitude des plages.rêveries que ber-> çait la voix continue et solennelle des\u2019 ° flots: il se rappelait les bois pleins de\u2019 légendes, où il avait peur quand le soir tombait, et les arbres séculaires © du parc embroussaillé, auxquels il ra«:\u201d \u2014 89 \u2014 Vel.18, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréel, mai 1923 contait ses projets d\u2019avenir en bégayant des vers.Elevé par son père, un ancien viveur devenu misanthrope, et son pre- cepteu».un vieux prêtre plus familiarisé avec les Pères de l\u2019Eglise qu'avec les hommes de sa génération, il avait souffert parfois de son isolement.Alors, il avait lu beaucoup, n\u2019importe quel livre.et il avait trop songé, bâtissant dans sa tête d\u2019enfant ardent et impressionnable plus de romans que Jacques Chépart n\u2019en aurait jamais écrit.Ni M.de Nohel.sombre et indiffé- rent.ni le bon abbé, toujours absorbé par d\u2019étroits et interminables travaux d\u2019exégèse, n\u2019avaient su diriger l\u2019intelligence et le coeur de ce petit être à l\u2019imagination malade, puis, de cet adolescent, occupé déjà à s\u2019écouter sentir, à rechercher l\u2019abstraction en toute chose, à juger spontanément et selon ses instincts, ce qu\u2019il voyait, entendait, ou devinait par une intuition étrange.Bernard s\u2019était fait lui-même, puis Al avait fait sa vie, d'après le type très faux qu'il s\u2019était créé du bonheur: vie et bonheur artificiels, les seuls peut- être que pût concevoir un enfant de oe caractère, sevré d\u2019affeotion et livré à sa propre initiative.On jui avait enseigné l'honneur, le respect du nom, l\u2019amour filial dans ce qu\u2019il y a d\u2019austère, et ces différents devoirs lui étaient toujours apparus comme des lois inviolables; mais les joies du coeur étaient restées pour lui tettres mortes, et le mot de foyer n\u2019évoquait à son esprit que les tristesses d\u2019une maison silencieuse d\u2019où les baisers étaient absents.Il ignorait l\u2019abandon des confidences.les conseils donnés entre deux earesses; il ignorait surtout l\u2019influence bénie, le rôle sérieux et charmant à de la femme dans la famille, la femme épouse et mère,la femme tendre et chaste, adorée et respectée.Cependant, une personne avait dis- M, puté à l\u2019ivraie les sentiments généreux et aimants qui naissaient, malgré tout, dans le coeur du futur écrivain.: C'était Loyse, la nourrice de Ber- nard\u2014morte maintenant, comme l\u2019abbé, comme le père.Tandis que M.de Nohel, grave faiseur de formules, énonçait, le sarcasme aux lèvres, les conclusions sceptiques de ses médcitations; tandis que l'abbé, trop dogmatique au contraire, citait les textes sacrés, la bonne Loyse parlait simplement et sans détour.\u2018\u2018Fais ceci, parce que c\u2019est bien ! Ne fais pas cela, parce que c\u2019est mal!\u201d Telle était sa morale philosophique, et sa morale religieuse était plus rudimentaire encore: \u2018Mon petit enfant, disait-elle, ne chagrine jamais ni le bon Dieu qui est au ciel, ni ta mère qui est auprès de lui.\u201d Bernard se souvenait de ces paroles ingénues, il entendait encore la voix franche de la paysanne.Dans la chambre de l\u2019enfant, en face de son petit lit, un portrait au pastel avait été placé, celui d\u2019une aïeule, peinte toute jeune et très jolie, au temps de la reine Hortense.Cette .@rand'mère ' de seize ans, si fraiche dans sa robe de gaze rose à rubans vert pâle observait soi-disant et ju-\u2018 geait ensuite les faits et gestes de son petit descendant.\u201cVois-tu, Bernard, tu as été mé-! chant; la mère-grand est fâchée!\u201d grondait Loyse, en montrant au petit garçon la bouche sérieuse du portrait.Mais quand la journée avait été borne, quand l\u2019obéissance et l\u2019appli- \u2014 90 \u2014 a dti er tg hiv w' dan dre; LU, ÿ De 8 li ant ale \u201cTieN IVol.16, No 5 I LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 jcation n\u2019avaient rien laissé à désirer, c\u2019était une fête: \u201cLa mère-grand est bien contente !\u201d Is\u2019écriait la nourrice.Et Bernard, tout fier, regardait les yeux de l\u2019aïéule, qui {riaient toujours, doux et malicieux {sous leurs cils bruns.Des puérilités qui vous font sourire!.Elles faisaient pleurer Jacques Chépart, qui n\u2019était pas un naïf pourtant.Le romancier s\u2019attendrissait sur les enfantillages du petit Bernard, et il pensait: \u2018\u2018Personne, depuis ce temps-là, ne m'a grondé quand j'étais méchant, ou encouragé quand j'aurais voulu être sage.J\u2019aurais dû l\u2019emporter à Paris, le portrait de ma petite mère-grand.\u201d Et il lui revenait encore d'autres réminiscences: des images falotes et comme effacées, ratatinées par les siècles, passaient.C\u2019était l'image de Jean-Marc, le jardinier de Nohel.qui souvent avait porté Bernard sur ses épaules, le haussant jusqu\u2019à l\u2019arbre où les cerises se balançaient à l\u2019extrémité des bouquets de feuilles, tentantes dans leur chair rouge et parfumée.Brave Jean- Marc! quand son jeune maître était parti, il avait hoché la tête avec des larmes.Maintenant, il n\u2019était plus, sans doute.C\u2019était l'image de \u2018tante Armelle\u201d, une cousine de Vannes presque âgée déjà, à laquelle M.de Nohel avait un jour conduit son fils, et qui avait conté au petit cousin de si merveilleuses histoirest * 5 \u201c \u2018\u2019Mante\u2018 Armelle, avait dit Bernard \u2018dans un bel élan, quand vous viendrez à Nohel, j'irai vous cueillir un bouquet d'algues au fond de la mer.\u201d Bernard n\u2019avait pas cueilli le bouquet d\u2019algues, et mademoiselle Armelle n\u2019avait passé à Nohel que quelques jours.Puis, elle s\u2019en était allée à Lille, pour rejoindre sa soeur dont le mari était mort et Bernard ne Favait plus revue.Bonne tante Armelle! où vis vait-elle à présent?À Lille ou à Vannes?Vivait-elle encare seulement?\u201cOù sont-ils tous ceux qui m\u2019ont aimé, les plus humbles, les meilleurs peut-être?\" répétait amèrement le jeune homme.Toujours appuyé au bureau, la tête cachée dans ses mains brûlantes, il songeait.avant au coeur le poignant regret de ceux qui disent: \u201cJ\u2019ai manqué ma vie\u2019.et se figurent qu\u2019il est trop tard pour la recommencer.Il était décidé.oh ! bien décidé à mourir, car rien ne le rattachait à la terre.Des parents?T] n'en connaissait plus.Des amis?Il n\u2019y croyait pas.Des amours?Il en était dégoûté.Le bonheur, selon l\u2019un de nos philosophes modernes.c\u2019est \u2018le dévouement à un rêve ou à un devoir.\u201d Des devoirs obligatoires, ceci manquait encore à Jacques Chépart, et il était incapable de s\u2019en créer de facultatifs.Quant au \u2018\u2018rêve\u2019\u2019.quelle dérision! Non, vraiment.il en avait assez des êtres et des choses du monde, il était tout prêt à dire.comme Byron dans une heure mauvaise \u2018\u2018 Maintenant, j'ai vécu, bonsoir!.\u2019 Mais avant de presser la gâchette de l\u2019arme qui reposait là dans le velours à la couleur sinistre, il voulait revoir les vieilles pierres de la \u2018côte bretonne et la grève et la mer chantante, et, dans la chambre de la tourelle.le portrait de la petite mère- grand.| Le château, vendu une seconde fois, était habité par des étrangers, Bernard demanderait aux nouveaux possesseurs la faveur de le visiter encore.\u2026, , \u2014 Qi \u2014 A mat Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 ~ iif Puis, quand il anrait remué les souve- ii nirs trop Tongteraps assoupis, quand il -irAUurait dit adieu au seul coin de terre oj:aUquel il devait des impressions sai- -; hes et réconforlantes, il rouvrirait la s'\u2018hoîte aux pistolets.bi Ni -âne C\u2019était le soir.presque la nuit, une vi \u2014 que n'aurait pas donné Jacques Ché- part pour la savourer une fois! Mais la Grande Cruelle lui avait refusé même cette lubur trop tôt pâlie, même cet instant de paradis edt pu emporter le reflet en retombant = dont il} .sur terre.Allait-il la prier encore?Af quoi bon! puisqu\u2019il ne.lui était pas permis de reprendre la livre à la première page.de retrouver, en naissant à nouveau par un prodige.la confian- | ce et l'ardeur d\u2019autrefois.À cette idée | d'un prodige.Bernard avait souri.Sur} sv les mousses des bois de Nohel, un filet d'eau pleurait, que les paysans avaient nommé la \u201cFontaine de\u2019 madame Ma- } rie.\u201d trent, déplorant la mort tragique du romancier, relatant ses débuts et sa |: Dans le vieux temps, disait la} iæt tradition populaire, une goutte de} lit cette eau donnait la jeunesse à qui] st s\u2019en mouillait en état de grâce.Maig| [ il était bien ioin le vieux temps! En ce \"Tu sièele de \u2018\u2018struggle for life\u2019, il n'exis- | mer te plus d\u2019eau de Jouvence.dis A la station de Plourné, Nohel est] pe: descendu du train, et, machinalement,| X il a marché jusqu'au château.k Maintenant.devant la demeure qui} wm a'été sienne.il ressasse encore son} an existence perdue, l'isolement dans le- py quel il a vécu parmi la foule de ceux ü: qui s'aiment.Et peu à peu une tris- Ij tesse pesante l'écrase.L Quand on l'aura trouvé, affaissé tm dans une mare de sang, la tête misé- y rablement fracassée, le corps déjà ri- | x :-gide, qui done pleurera?+ - JU Oh! certes.ce siuieide-là;ne: pagsera - point inaperçu.Quelle ogoasion de |v faire de la réelumne.- ot de nojreir du fy papier! | S I La photographie de Jacques Ché- « part, exposée aux vitrines des pape- |.i tiers, se vendra couramment, et.dans A les journaux.des chroniques parai- 1 11e ul Lg or ug Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 iy brillante carrière, analysant son talent | \u201csi finement réaliste, si essenticlle- ment moderne\u201d, à w Ce tapage durera quelques jours.vu Puis on s\u2019empressera de lancer de de nouvelles éditions des oeuvres de Jac- | ques Chépart, avec un portrait de l\u2019au- , | teur.| \"© Un certain monde les relira pas- \"1 sionnément, et on les discutera en pa- \u201cI potant, au \u201ccinq à sept\u201d de madame \u201cif X.ou à la quinzaine de madame Z.ly Cet enthousiasme durera quelques Ju - semaines.1 Mais après?bu Ce portrait, acheté curieusement, le ; un regard humide le contemplera-t-il hk jamais, dans ces extases muettes onl \u201ci Tame s'absorbe, revivant, seconde a 1 seconde, les bonheurs inoubliés?Yai Cette tombe, saluée un jour par le Loy \u201cTout-Paris\u2019\u2019 des grandes premieres, \u201ctf une main l\u2019embaumera-t-elle, choisissant, par une coquetterie, les fleurs 1 préférées du cher disparu?LA #0, Non, cent fois non! Après ce bruit, après ces regrets de Eq commande, le silence planera profond sin sur cette mort mystérieuse dont le dé- ee but d\u2019un acteur ou le procès.à scan- seu dale d\u2019un financier aura détruit déjà t#- l'actualité poignante.Le nom de Jacques Chépart subsis- S tera peut-être.celui de Bernard de Le \u2018Nohel, personne ne le prononcera afi plus! i]sb dansune révolte.115 ei LS 4 ujuh + Non), il n\u2019avait-jamais été méchant; mais jamais non plus il n\u2019avait livré hi} son coeur ef sa pensée; jamais il ne #{- s\u2019était donné tout entier, lui tel que la ais nature l\u2019avait formé, faible, imparfait, i mais bon, mais sincère!.Sans être fi aucunement comédien, il avait, pres- \u2014\u2018\u201cEt je nai.jamais été méchant,.aes sspourtantil bus\u2019 éeria-t- i tout à coup, que inconsciemment, joué un personnage dans le monde.Insouciant et fier, un sourire sceptique aux lèvres, il avait passé.n\u2019inspirant, en fait d\u2019amitiés, que des engouéments, flalterie qui ne le trompait guère; en fait-d'amour, que des passions, feux de paille auxquels il ne se brûlait pas.Hommes et femmes n\u2019avaient été pour lui que res sujets.La grande loi qu'il s'était imporée et qu'il avait prêchée aux autres.l\u2019indifférénce, érigée par lui en principe initial do toute existence raisonnable.le punissait maintenani par où il avait péché.Ah! poser sa tête incendiée par la fièvre sur un cceur qui battrait pour Hit \u2018Sentir surises \u2018veux des lèvres at- \u2018 vdries qui y boiraient ses larmés |! \u201cnvoir se dire surtout: \u201cJe n'ai pas 1 droit de mourir; une vie dépend de ma viel\u201d Les mains de Bernard s\u2019agitaient d\u2019un mouvement convulsif qu'il ne sa\u2026 vait plus maîtriser; les pensées qui se heurtaient dans son esprit, lui cau= saient un mal presque physique.Et il regrettait maintenant d'être venu à Nohel.Faible, incertain, il en arrivait à douter de la résolution que, d\u2019abord, il avail.si fermement ema« brassée./ :\u2014Je ne vois pas quelle serait l\u2019horreur d\u2019un sommeil sans rêves! se ré« pétait-il.0 5 Mais toute réflexion philosophiqua sur la mort qui -en elle-même n\u2019efs frayait pas Bernard, ou sur l'immors talité à laquelle il-ne croyait pas,-res« tait stérile.Follement, dans un rêve de poète, il se prit à souhaiter un avertissement surnaturel, une voix qui s'élèverait dans la nuit pour lui diret \u2018\u201cMeurs!\u2019\u201d ou: \u201cVis!\u201d.La voix de sa mère, la voix de la petite mère-grand, \u2014 98 \u2014 Vo 16, Ne 5 et Du haut des étoiles qui riaient si claires dans le ciel, toutes deux, la mère et l\u2019aïeule, plaignaient-elles leur \u2018pauvre enfant?°- Hélas!-tout se taisait.même les \u201coiseaux qui dormaient, alanguis de chaleur sous la feuillée, même la brise qui s\u2019était évanouie dans un dernier souffle, aux approches du soir.Seul, l\u2019Océan, qu'on ne pouvait voir, gémis- \u201csait eux pieds des falaises, et c'était Jugubre comme un \u201cDe profundis!\u201d Jacques Chépart écoutait en vain ce \u201ctalme oppressant.\u201cSes yeux se troublaient, ses jambes fléchissaient; il iui semblait que sa tê- te trop remplie devenait lourde pour ses épaules.\u2018 Il savait que.bientôt, il allait tomber à terre, et ii n'avait pas la force de lutter contre l\u2019anéantissement qui l\u2019engourdissait peu à peu.Ah! si ç'avait été la mort au moins!._\u2026 Brusquement, un vide se creusa dans son cerveau et sous ses pieds.Alors, il éprouva la sensation vague d'un choc de tout son corps.puis une souffrance trés vive, puis.plus rien.Depuis quelques minutes déja, Bernard gisait inerte au pied des acacias en fleurs.La porte du château s\u2019ouvrit et se referma pour laisser passer quelqu'un qui descendit prestement les cinq marches du perron.Le nouveau venu était un petit homme d\u2019une soixantaine d'années, vêtu d\u2019une redingote assez longue et - ooiffé d\u2019un large chapeau de paille.Dans la main droite, il serrait une canne dent la pomme brillait aux rayons de la lune qui éclairaient pres- tigleusement la grande place sablée et donnaient à la pelouse des reflets de neige, LA REVUE POPULAIRE Il fit quelques pas rapides et, presque aussitôt, une exclamation lui échappa.Il avait aperçu, au bord du gazon; le corps de Bernard, effrayant sous la clarté blafärde qui le baignait.Il se pencha vivement, appuya son oreille sur la poitrine du jeune homme, puis se redressa avec un soupir de soulagement.Un pas se faisait entendre du fond des allées, le pas de deux sabots qui éorasaient pesamment le gravier.Le petit homme se releva et d\u2019une voix vibrante, la voix du maître ou d\u2019un ami bien intime de la maison: \u2014Hé! Jean-Marc! eria-t-il.On répondit de loin encore, puis le pas se rapprocha peu à peu en se .pressant, et Jean-Marc parut dans l'encadrement des arbres, une lanterne à la main.Ses yeux effarés allèrent du corps affalé sur le sul, au personnage qui l\u2019avait hélé.\u2014Ce n\u2019est qu\u2019un malade, fit ce dernier répondant au regard anxieux du jardinier, mais du diable si je sais comment il est arrivé là.Nous allons le porter au château; seulement, je crois utile de prévenir mademoiselle de Kérigan qui va se mettre l\u2019âme à l'envers.\u2014Voyez done, monsieur le docteur, dit Jean-Marc, c\u2019est un monsieur, un jeune monsieur.comme il est pâle! Le vieil homme se baissait un peu, inclinant sa lanterne pour mieux distinguer les traits de l'inconnu.Tout .à coup, sa main lächa l\u2019anse de fer et il se mit à trembler sur ses jambes affaiblies.\u2014Mon Dieu, balbutia-t-il, est-il possible que ce soit iui! \u2014Qui, lui, imbécile?s\u2019écria le docteur avec une impatience inquiète, vat Db ou Montreal, mal 1923 | REIN Te qu; gppule iter bres n { bes.he.A contin Eh Par qu.Wa lei IR: Tne qe | IP \u2018mel bien ot de 1 de dere ; ie! WY i Vol.18, No 5.LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 \u2014 Monsieur Bernard.Monsieur Bernard de Nohel.Ah! Sainte- Anne, conservez-le- nous! \\ ITI Bernard de Nohel est bien malade.Depuis huit jours, il n\u2019a conscience ni du lieu où il se trouve, ni des soins qu\u2019il reçoit.Dans l\u2019exacerbation \u2018du délire, il attribue une cause tout extérieure aux douleurs aiguës qui lui traversent la tête.I] croit qu\u2019un ouvrier invisible enfonce, à coups espacés, un long clou dans sa tempe gauche.La pointe pénètre lentement, déchirant les chairs, fendant les os \u201cavec des craquements.C\u2019est atroce! Puis, d\u2019inquiétantes visions l\u2019obsèdent qui maintiennent son esprit dans une surexcitation dangereuse.Tantôt, c\u2019est l\u2019écrin aux pistolets qu\u2019un être fantastique et hideux lui appuie sur la poitrine, en ricanant sinistrement; tantôt, ce sont des ombres noires qui passent dans la chambre silencieuse, un doigt sur la bouche.Il veut les interroger, elles le\u2019 regardent fixement sans répondre, et continuent, toujours muettes, leur mystérieuse promenade.Parfois enfin c\u2019est sa propre image qu'il aperçoit, navrante telle qu'elle lui est apparue à Paris, dans la glace, le jour où il a résolu de se tuer.Alors, \u2018réclamé à grands cris l\u2019eau de Jouvence:de:la \u201cFontaine de Marie\u201d ou, -pèr umsrevimement subit, il supplie:la mort dettendarmir>ezfin, de ce-spni- *meil sans rêves\u201d qui serait le suprême bien.- \u2014Je veux mourir.Ce_sera bientôt fini.mais, ôtez-moi cette image, ôtez-la! sanglote-t-il.Une nuit, un peu calmé par une dose de morphine, il venait de s\u2019assoupir, quand soudain il crut s\u2019éveiller entre les quatre planches d\u2019un cercueil.Ses yeux, agrandis par la peur, s\u2019ouvrirent eperdument, fouillant I\u2019obseu- rité.Il vit qu\u2019il se trouvait dans, la chambre de la tourelle.ol Les meubles du style Empire avaient presque tous gardé leur ancienne place, et l\u2019on eût dit que, da- puis dix ans, les rideaux de la fenêtre n\u2019avaient pas été changés, tant c\u2019 taient encore les plis un peu raides, la teinte un peu terne de jadis.En face du lit, le portrait de la petite mère- grand, éclairé par la veilleuse, se détachait, frais ei lumineux, sur ia boiserie sombre.; Etait-ce encore une illusion?Bernard ne se le demanda pas.Chimége ou réalité, la présence du riant pastel lui était bienfaisante.Il souffrait moins.; -La nuit s \u2018\u2019acheva paisible : la fièvre était prête à s\u2019éteindre.puis, dans \u201ca journée, le jeune homme retomba dans les mêmes divagations où revenaient obstinément los n,- Oh! ce clou, ce cle: son front! \u2014Je veux mourir., Et, avec ûne donceur déchirante, il s\u2019adressait au portrait de l'aïeule ~\u2014C\u2019est mal, oh! je sais bien afje c\u2019est mal.mais -je.suis:si malheu- \u2018reux.J\u2019espéraisique vous n'appren- dries Jamal que jæétais mort ainsi.Comment m\u2019avez-veus reconnu: Pai tant changé!.Pardonnez-moi.tea disparition ne chagcinera personne au monde.Jde n'ai-pius de farce pour vivre, oh! laissez-moi mourir!.La voix sifflante, saccadée, s s'évi- nouit brusquement dans un soupir qui ressemblait à un râle.VB sib tariurait n° NE Det ait-il, \u2018 1405 Hi {Ld wid dina + i} Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréet, mai 1923 Assis tout droit sur son lit, les mains crispées, les yeux hagards, No- hel regardait, affolé, dans toute la ut Il eut une haliucination étrange.\u201cDans la trainée du jour pâle qui glissait sur le tapis par l\u2019entre-bâille- ment des rideaux croisés, la petite mère-erand, descendue de son cadre, 8, \u2018avançait à pas légers.\u201d Oui, c'éiait bien elle! C\u2019était la robe \u201crose à rubans vert pâle; c\u2019étaient les \u2018Cheveux blonds et crêpelés relevés en boucles sur la tête ; c'étaient la bouche sérieuse et le petit cou blanc, souligné d'un velours noir.| Seulement, le gracieux visage avait perdu son incarnat et les yeux bleus s'étaient voilés.\u201cLe jeune homme contemplait le fantôme.\u201c Maintenant l\u2019aïeule jolie était près du lit, relevant les oreillers affaissés \u2018et disant, de cette manière tendre qu\u2019on prend pour consoler les enfants: -**\u2014Non, vous ne mourrez pas.Je ne veux pas que vous mouriez.J'en \u2018aurais beaucoup de chagrin, moi.Ne parlez pas, essayez de dormir.Il répondit faiblement, d\u2019une voix gémissante de malade, en s\u2019abandon- \u2018nant sur la toile rafraîchie.© \u2014J'ai si mal, ma tête est si chaude, grand\u2019mère ! \"A ces mols, un tout petit sourire éclaira les lèvres de la mère- grand, sourire si tôt né, si tôt disparu, qu\u2019 en le saisissant au passage, Bernard pen.\u2018sa soudain à ces étoiles filantes qu'on voit d\u2019un seul regard scintiller, puis s'évanouir dans l'azur des soirs d été.\u2014Pauvre enfant! murmura maternellement et sans raillerie l'organe \u2018musicale de l\u2019aïeule, tandis qu\u2019une \u201cmain veloutée se posait sur le front \u2018brûlant de Nohel.\u2014 Merci.balbutia-t-il, délicien- sement soulagé.Et, sous ce contact caressant, ses paupières s\u2019abaissaient comme magnétisées.Une impression de bien- être l\u2019envahissait, délassant son corps brisé par l\u2019insomnie ; un sentiment d\u2019ineffable quiétude se fondait dans son coeur.- Que pouvait-il redouter encore, protégé par cette main compatissanie ?L\u2019ouvrier avait cessé son horrible travail, l\u2019image terrifiante, les ombres avaient fui.Bernard se sentait fort, Bernard se sentait sage!.Mais il avait peur qu'elle ne le quittât, la chère consolatrice.À l\u2019idée que, peut- être, elle remonterait,.immobile ,et muette, dans le cadre, il éprouvait une de ces angoisses exagérées que les moindres préoccupations causent aux malades.Ne partez pas.ne partez pas.implora-t-il, se décidant à parler.\u2014Je resterai si vous dormez, répondit le fantôme, avec son autorité de mère.\u2014Je vais dormir, soupira Bernard tranquillisé.Et, presque aussitôt, ses yeux se fermèrent.Une respiration plus régulière souleva sa poitrine.Une détente salutaire\u2019 s\u2019était produite; il était sauvé.Le lendemain soif, il crut sortir d'un long rêve, tant sa tête était pleine de souvenirs bizarres et confus, lorsqu\u2019il s'éveilla.D\u2019un coup d'oeil cireulaire, i\u2019 embrassa la chambre que ne hanfaient plus les épouvantements de la fidvre: une lampe coiffée d\u2019un abat-jour bleu l\u2019éclairait discrètement.Près de la porte, un vieux monsieur à lunettes d\u2019or \u2014 des lunettes d\u2019or qui avaient l\u2019air bon enfant \u2014 causait avec une \u2026 05 \u2014 Vars él n De | i ire (y i im er d M) Vol.16,-Ne 5 à 0 ta Et s\u2014 A vieille dame en bonnet de dentelles\u2014 des dentelles qui avaient un air évaporé.\u2014Maintenant, mademoiselie.,.je réponds de lui, Le pouls est excellent, la température normale.J'\u2019avais toujours espéré cette brusque amélioration.Avec ces natures-là, c'est sur les coups de foudre qu\u2019il faut compter.\u2014Quel bonheur, mon Dieu! Ge pauvre Bernard! Ge cher petit! Et, voyant que le vieux monsieur riait: \u2014FEh bien! quoi, docteur?Il avait dix ans quand je l'ai connu!.Certes, il a grandi depuis lors, mais il a gardé sa jalie tête fine, qui vous charme bon gré mal gré, aujourd\u2019hui comme autrefois.\u2014Une jolie tête pas trop bien équilibrée, je le crains fort.\u2014Voulez-vous insinuer par 1a qu\u2019il soit atteint de folie?\u2014Atteint de folie, je ne dis pas cela.mais un peu fou.cane m\u2019étonnerait guère.\u2014Tl vous a donc raconté de .bien étranges choses, quand il avait le délire et qu\u2019il prenait cette voix d'outre- tombe qui m\u2019a toujours fait fuir à l\u2019autre bout de la maison.\u2014Non, non.c'est une simpie snpposition de ma part.Le jeune homme écoutait cette can- \u2018vorsation qui\u2018avait lieu à voix basse ét ne \u201cle\u2018 renseignait qu 'imparfaito- BY isi lüneltes, \u20ac c'étaif.Je \u2018docteur, rien de plus aisé à éompren- dre; mais qui était la vieille demaisel- le?Où Bernard avait-il déjà vu, moins ridé, ce visage aux traits mignards, moins blancs ces bandeaux ondulés couvrant une oreille menue?Où avait il entendu, plus claire, cette voix blan- LA REVUE POPULAIRE LOGE wd Montréal, maj 1923 che, aimable dans sa monotone douceur?Son cerveau, lucide maintenant, Ye parvenait pas cependant à résoudre le problème.II murmura, un peu énervé par une tension d'esprit trop fatigante pour lui: 4 à, où suis-je?_ y.| vy Vive comme la poudre.la demoiselle au bonnet de dentelles se préei- pita vers le lit.mais le docteur l\u2019arrêta d\u2019un geste caime, en passant 4 vant elle.\u2014Où suis-je ?redisait Bertard avec une insistance fiévreuse.| \u2014Ne vous agitez pas, mon cher monsieur, lui fut-il répondu trés amicalement.Vous êtés au château.\u201cde Nohel.chez votre cousine.mademoiselle Armelle de Kérigan.pt \u2014Mademoiselle de Kérigan.Armelle.répéta Nohel d'une voix x pensive et comme s il était frappé d'un souvenir.| sp \u2014Il y a dix jours.comme je sortais du château où j'avais dîné, continua le docteur, je vous ai trouvé dans le jardin.terrassé par une syncopes.mademoiselle Armelle.aussitôt avertie, s'est empressée d'ouvrir sa maj son au cher malade qui lui tombait ainsi du ciel et que Jean-Marc, le, vieux jardinier, avait déjà reconnu, \u2014Jean-Mare?.mais Je rêve , je rêve.\u2014.Puis vous avez été très souffrant, nous avons tous plus on moins trémblé pour vous.et grâce à Dign vous voila conve éscent.Cl \u2014Grâce à Dieü et aussi un pet à vous, docteur.\u2018répondit lenguissam- ment Bernard._ Puis soudain i; tourna la têle vers mademoiselle de Kérigañ qui ne le quittait pas des yeux et son visage s'illumina.\\ \u2014 97 \u2014 DORE Vel.16, No 5 LA REVUE \u2014 Tante Armelle.balbutia-t-il, tante Armelle.est-ce bien vous?\u2014Oui, c\u2019est bien moi.répéta tante iArmelle.c\u2019est bien moi.Bernard ; vous vous souvenez de votre cousine?«Quelle gentille mémoire vous avez! Il reprit: ;: \u2014 Vous avez éié une des bonnes fées de mon enfance.Ah! si j'avais puime douter!.j'ai pénétré dans d'enceinte du château comme un malfaiteur, figurez-vous! Une soif m\u2019a- ,vait pris de revoir mon vieux Nohel\u2026 Ak! si j'avais su.si j'avais su.| La physionomie de mademoiselle de Kérigan rayonnait.\u2014Quelle aventure! dit-elle.mais \u201coui, je l\u2019ai toujours adoré votre château, il est si romantique! Cependant on m\u2019aurait bien surprise, en m\u2019annonçant qu\u2019un jour il cesserait d\u2019appartenir aux Nohel.qu\u2019il m'appartiendrait surtout.\u201c = pi T\u2014u> 4 aurait fait à ma place, mon brave N Jean-Marc; si tu m'en aimes un peu .plus.tant mieux, mais n\u2019en parlons pas davantage.Est-ce que mademoiselle de Thiaz a déjà arrosé ses fleurs?\u2014Mademoiselle Janik, oh! elle est matineuse.il y a longtemps que ses, plantes ont à boire.elle arrange des fleurs dans le salon.méme qu'elle n'avait pas trop bonne mine, > ajouta le bonhomme d'un ton mécon- + tent.> | Bernard tressaillit.i \u2014\u2014Est-ce' qu'elle avait l'air malade ! 3 \u2014=Pas malade.non., mais les jey- 3 nes filles c\u2019êst si délicat, \u201c est-Ce qu\u2019on sait jamais?\u2026 ah! elle est mignonne celle-là! MS LL AL: .r \u2014 125 \u2014 | \u2018 a BE Vol.16, Ne 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mal 1923 \u2014~Qu\u2019'est-ce que je vais devenir, maintenant?I] ne savait plus s'il en voulait encore à Janik; il ne doutait pas d'elle; quelque chose de tout-puissant sanctifiait sur le front de cette enfant les paroles que prononçait sa bouche.Elle avait dit: \u2018Non.je n\u2019avais pas pensé que vous eussiez pu m\u2019aimer.\u201d Il la croyait.Et il se figurait les fiançailles de cette innocente qui, sans rien connaître de la vie, avait engagé sa vie.La coupable, c'était mademoiselle Armelle qui, naïvement, avait paré la réalité d'un reflet des romans idylliques de son imagination sentimentale.\u2014 Pauvre Janik! pensait le jeune homme.Mais il pensait aussi et surtout: \u2014Pauvre Bernard! Car il se disait que Jeanne était feune, qu\u2019il y avait en elle une frai- cheur d\u2019impressions, une volonté da bonheur qui triompheraient d\u2019une premiére déception.L'avait-elle aimé, lui, Nohel?Non, mais, vaguement, senti qu\u2019il l\u2019aimait et son coeur vierge en avait battu un peu plus vite.La révélation d\u2019une passion jusque-là inconnue l'avait un instant troublée ; pendant cet instant, elle avait aimé l'amour.Ce n\u2019était pas Bernard qu\u2019elle avait aimné.Et elle aimerait son mari, franchement, sincèrement, parce qu'une fem - me \u2018\u2018doit\u2019\u2019 aimer son mari, et aussi, parce qu\u2019il y avait en elle un grand \u2018besoin d'aimer, qui chercherait fatalement sa satisfaction.Maintenant, Nohel raisonnait froidement et logiquement, comme s\u2019il se fût agi de la destinée fictive d\u2019un per- gonnage de roman.Mais soudain,\u2014 ce fut une sensa- \u2018tion étrange, poignante,\u2014il se rappe- elle avait .la que cet homme à qui on allait arracher sa dernière chance de bonheur, un faible petit coeur de femme sur lequel il avait concentré toutes ses espérances, que cet homme qui souffrait tant: c\u2019était lui! Et il entrevit qu\u2019il serait au-dessus de sa force -de supporter que Janik, sa Janik, appartint à un autre! L\u2019idée seule de cette monstruosité le brûla comme un fer rouge, il crut qu\u2019il allait devenir fou.Alors une lumière se fit dans son esprit.le sourire d'autrefois, le sourire de Jacques Chépart, tordit sa lèvre.quelque chose de sombre brilla dans son regard empreint, tout à coup, d\u2019une sérénité terrible et il se dit: \u2014Je peux mourir! Au même instant un cri jaillit, éperdu.\u2014Bernard, vous pensez encore à vous tuer?.Devant le jeune homme, Janik était là, très pâle.T balbutia: \u2014(Comment savez-vous que j'aie jamais songé à me tuer?Elle suffoquait.\u2014Je le sais.vous l'avez dit pendant votre maladie.dans votre délire.Je le sais.et quand vous parliez de mourir, vous aviez ces yeux-là.vous aviez \u2018ce sourire-là! Oh: Bernard, que ¢\u2019est mall.Elle joignait les mains.Mais lui n\u2019était pas touché de cette supplication.Il se révoltait plutôt, eaz il n'admettait pas qu\u2019on devinât ainsi ses pensées, ni qu'on plaignit son déchirement.Dur, amer, il s\u2019écria: \u2014J\u2019ignorais que vous fussiez si bien renseignée.Cependant, vous vous êtes trompée, si vous avez jamais trtu que j'abandonnais le désir et la \u2018résolution d\u2019en finir avec la vie, \u2014 126 \u2014 { bi à - Vol, 16, No 5 LA REVUE indiens rite) POPULAIRE >, Montréal, mai 1923 Elle essaya de protester, il l\u2019interrompit.s allez dire: le suicide est une lâcheté morale que l\u2019homme n\u2019a pas le droit de commettre.C\u2019est votre opinion, ce n'est pas la mienne.Vous n\u2019êtes pas - sans avoir lu Werther, vous qui avez tani lu?Je crois me rappeler que ce héros déraisonnable fait, en certain passage, le plus juste des raisonnements: \u2018Personne, dit-il, ne conteste à l'homme qui souffre par la maladie, le droit de prendre le remède qui lui donnera la guérison; donc, personne ne devrait contester à celui qui souffre par la vie, le droit d\u2019avoir recours au seul remède capable d'enrayer son mal : la mort.\u201d > \u2014Si vous voulez comparer la mort à un remède, Bernard, il faut la comparer aux remèdes des êtres sans cou- \u2018rage, à l\u2019opium, à l\u2019absinthe, à ceux qui donnent l'oubli des douleurs et non pas la guérison.\u2014TL\u2019oubli! Mais, ma pauvre enfant, pu concevoir, c\u2019est le découragement d\u2019un être qui sc sent fatfalement poussé à agir mal e! qui n'a pas la forge de lutter: c'est la désespérance de çe- lui qui n\u2019a même plus l\u2019intérêt, je, diras presque, la consolation du doute! l\u2019oubli, c\u2019est le suprême bien! L'oubli profond, complét.mais c\u2019est le plus enviable des bonheurs négatifs.qui sont eux-mêmes les seuls que l\u2019homme puisse sagement chercher.- Nohel s\u2019arrêta, essayant en vain de se calmer, puis il reprit: \u2014 Vous ne me connaissez pas, Ja- nik, non, vous he me connaissez pas.Hies,- nous avons parlé d'un roman- cier-doutte talent, selon vous, a beau- + Goifphd,; \u201celi ébaparit méehamment les aires titre jtRrsièms- lesiplus saintes: .Moi, jé vous'@i dit \u201c\u201cPardonnez à \u2018cel homme, ce n\u2019est pus un mauvais cœur, \u2018c\u2019est un esprit mal fait à qui le sens vrai de la vie a manqué\u2019\u2019.Alors, vous avez plaint Jacques Chépart et vous avez saisi quelque chose de ses tristesses, meis.ce que votre candeur n\u2019a Eh bien, ce Jacques Ghépart.ce personnage maifaisant, cet heureux mog- tel plus misérable avec sa fortune et sa brillante notoriété que le plus Pay- vre des ouvriers (ravailant, au jour je jour, pour sa femme et ses enfants, ce pessimiste, ce cruei, ce destfucteur, de rêves; c\u2019est moi! LA \u2014Je le savais, Bernard.je l\u2019ai deviné.quand vous m'\u2019avez demandé cette fleur, répondit mademoiselle, ce Thiaz.Et.affermissænt sä-voix brisée.elle continua: \u2014Si le devoir de la vie n'était pas imposé également à tous les hommes, je vous dirais encore: Jacques Chg- part est tenu dc vivre, car son intelligence est un bienfait dont il doit compte, car son talent.puissant pour faire le mal.le serait aussi pour.faire ie bien! yp à \u2014Je vous remercie pour Jacques Chépart et je vous envie ce jugement impeccable.cette rectitude absolue d'idées qui vous fait néglige\u201d les exceptions.ct passer sous silence les conjectures oli le devoir de ceriain homme pourrait ne pas être rigoureusement semblable au devoir de tel autre!.« Mais, ne pensez-vous pas que ia femmes elle aussi, doit accomplir sa«mission sur terre, et:cette mission n'est-elle pas de consôler les malheureux, de ramenr dans le droit chemin ceux qui s\u2019en sont écartés?| - \u2014Le devoir d'une femme, c\u2019est, avant tout, de se dévouer & son mari, d\u2019élever ses enfants, de faire de ses fils des hommes, et.de leur.\u2018apprendre \u2014 127 \u2014 alu \"le Camps FTE TO RR RL * Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 qu il y a contre la douleur d'autre recours qu\u2019un coup de pistolet.Bernard n\u2019eut pas l\u2019air de com- prondre.x \u2014Voilà, répliqua-t-il toujours iro- *.nique, un devoir qui ressemble singulièrement au bonheur! y \u2014Vous ne croyiez pas si bien dire, Bernard, répondit Janik avec un sourire triste.Oui, le bonheur est quel- + quefois un devoir.le devoir des femmes justement.car, presque toujours, le bonheur de ceux qui nous entourent dépend du nôtre.\u2014Soyez donc heureuse, ma cousine.et que Dieu vous protège! Nohel eut un mauvais rire, puis il sortit de la pièce.Au déjeuner, il parla de son départ très prochain, en s'excusant d\u2019avoir déjà trop abusé de l'hospitalité cordiale de mademoiselle Armelle.L\u2019excellente personne protesta vivement.| Encore une semaine au moins, : Bernard, ou je douterai de votre ami- 2 dé | Il allait résister, mais elle ajouta: \u2026 \u2014Janik a dû vous parler de ses flan- .ailles, que nous allons pouvoir an- : noncer à tous nos amis.Je désire- -:rais que vous connussiez Pierre Le -Jariel.\u2026 Il s\u2019écria dans une bravade : ai, : \u2014Je resterai, ma cousine,:je resterai.ma seule crainte était de trou- .bler une réunion de famille; mais je sserai trop heureux de prendre:ma part : de votre joie.+.Il parla beaucoup, déploya une ver- \u201cve qui émerveilla la vieille demoisel- -da, puis, quand on fut sorti de table, il -sbonta dans la chambre de la tourelle, -et, mordant son oreiller pour ne pas être entendu, il sanglota.VIII Bernard pensait: \u201cSi 'enfer .n\u2019est pas un mythe, on doit y souffrir ce que je souffre!\u201d Mais il avait l'orgueil de sa douleur, il voulait qu\u2019elle restât insoupçonnée de mademoiselle Armelle, il voulait que Janik n\u2019en pût mesurer l\u2019éteñdue.Pour dérober aux deux femmes son visage décomposé, son front creusé d\u2019un pli, ses yeux pleins d\u2019une sorte d\u2019éperdument, il s'enfuit, loin dans la campagne, demandant & la brise de mer un peu de fraîcheur, à la paix des champs une accalmie passagère.Il refit ainsi sa promenade du matin, sans en avoir la notion exacte, car les ' choses \u2018qu\u2019il voyait maintenant ne ressemblaient plus guère à celles que son ivresse avait embellies d\u2019un tel éclat.Tout à l\u2019heure encore, dans la tourelle où il cachait ses larmes, il s\u2019était juré de lutter, de disputer Janik à l\u2019homme dont on lui imposait l'amour.À moitié fou, il s'était dit: , \u2014Pierre Le Jariel ne l\u2019aime pas.Est-ce que j'aurais pu vivre trois ans sans elle, moi?Est-ce que j'aurais pu renoncer à la voir, à l\u2019entendre, à respirer le même air qu\u2019elle?.Non, il ne l\u2019aime pas, moi seul je l'aime.Et malgré ce sentiment fraternel qui l\u2019a un instant abusée, malgré ce préjugé de conscience qui:la lie au flancé de son enfance, celle m\u2019aimera parce que je veux qu\u2019elle m'aime, parce que la puissance de cette volenté dæstout mon être fera passer:en; ellé;quélque chose de l'amour qui -m\u2019asbrisézspdus fort que la raison,'que le devoir,\u2019 que tout.Alors, oh! alors, je défierai l\u2019univers entier, et personne ne pourra \u201cme la prendre.Mais, avec la fièvre du désespoir, cotte exaltation était tombée, remplacée par le mal sourd d'une.tristesse, \u2014 128 \u2014 seu = ay + +=. mn ja le dE sh nm cul 8 : nt se LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 .Vol, 16, No 5.{ sans violences, comme sans espoirs.Nohel savait que Janik n\u2019était pas femme à s\u2019étourdir de sophismes.Elle aimerait peut-êt-e celui qui l\u2019aimait tant, mais, si elle se considérait comme engagée à Pierre Le Jariel, rien ne le lui ferait oublier, Le sentiment du devoir, dy devoir \u2018quand même\u201d inhérent à sa nature, la défendrait victorieusement contre les arguments spécieux, Alors, elle souffrirait et sans se plaindre pour ne pas attrister les heureux.: \u2014Non, je ne veux pas, ma pauvre enfant, ma pauvre Janik! Bernard croyait presque parler tant sa pensée élait intense, et.dans ce langage muet, il disait: \u2014Non, je ne veux pas que tu m\u2019aimes! Mon amour est funeste, et je ne veux pas ton malheur.Ton fiancé est jeune comme toi: comme toi il a la jeunesse du coeur, La grande existence des marins, l\u2019éternelle contempla- \u2018tion d\u2019un spectacle sublime, un contact fréquent et toujours attendu de la vie, de la pleine santé avec la mort, épure- l'âme, Rien n\u2019a pu enlever à l\u2019ami de ton enfance ces candeurs que tu aimes tant.ei qu\u2019on perd toujours, et qu\u2019on ne retrouve jamais, quand on a connu la vie sous certains aspects décevants.Mieux que moi sans doute il comprendra tes enthousiasmes de réveuse un peu mystique, mieux que:moi il te parlera de \u2018\u2018l\u2019I- -déa}?, 1! ppononçera ce mot au sens ir 3ifpib/qu'atr peutrcencevoir, mais qu'on .=vivlexphquespas lun Ouiyil vous aimera \u201c~\u2018mietx que moi,\"Janik; car il vous ai- \u201c mera pour vous, tandis que je vous aurais aimée pour moi; et son amour, paisible et serein, vous donnera un bonheur que ma passion inquiète vous aurait peut-être refusé toujours.Moi, -je disparaîtrai.et, près de votre mari, vous nè songerez pas à me pleurer.Fan Mourir, enfin mourir! : L'idée avait repris Jacques Ghé- part, et, maintenant.ni vains regrets, ni fugitifs espoirs, ne la chasserajent plus! cm En méditant ainsi, il avalt beaucoup marché.Les paysans.occupés\u2019 dûx champs.s'étonnaient de voir passer, pâle et furtif comme une ombrés:sget homme jeune et élégant qui ne remai- quait pas leur salut.iso Où allait-i1?Lui-môme l'ignotait.Et d'ailleurs que lui importait?Le soir tombait déjà trés bas sunla plaine.les contours des objets commençaient à se perdre dans la brume, Pair était d'un calme oppressant.Soudain, Nohel se trouva devant la Fpn- taine de madame Marie.qui pleurait toujours de sa petite voix douce,/ .Et Janik aussi était venue là.Fatiguée par l\u2019insomnie de la nuit précédente, elle s'était assise à terre, près de:ila source et.tandis que sa tête alanguie s'appuyait à la margelle de mousse et de gazon, le sommeil l'avait prise.Elle dorinait encore, avec des larmes au bord des yeux.Bernard s'arré- ta.a peine surpris, car, pour lui, Janik était partout, et il la contempla à langs regards: dans cet abandon de son être lassé, elle semblait plus délicate et plus faible; si délicate et si faible que -le coeur du jeune homme se fondit, ému de cette pitié attendrie qu'on ressent à voir souffrir un enfant.i: jt.Il eût tout donné pour essuyer \u201ctes larmes dont il voyait la trace.Pourquoi avait-il effrayé cette sensitive, pourquoi avait-il rudement évoqué à ses yeux le spectre du suicide?Maintenant, un désir le tourmentait de demander pardon, de s\u2019agenouiller près de sa petite cousine et de baiser, t4à, \u2014 129 \u2014 Vol.16, No 8 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 dans l'herbe humide.lourlet de s& ( robe ou les rubans de son soulier.\u2014 Ah! si vous m\u2019aviez aimé, pourtant! Si vous m\u2019aviez aimé, Janik! Et il enveloppait la jeune îlle d\u2019un regard fou où il y avait de l\u2019amour et surtout de la douleur.Un espoir suprême le grisait: soudain il lui semblait qu\u2019entre les lèvres entr\u2019ouvertes de Janik, un nom allait glisser, et que ce nom serait le sien.Il n\u2019osait plus respirer, son coeur battait à se rompre.: Mademoiselle de Thiaz ébaucha un mouvement, puis.ce fut à peine un mot, mais Bernard l\u2019entendit: \u2018\u2018Pierre.\u2019 murmura-t-elle, et elle ouvrit les yeux.: Lui restait sans force.Tout était dono bien fini cette fois! C'était donc vrei, qu\u2019il n\u2019avait plus qu'un recours: le néant.: A la vue de Nohel, Janik avait tres- peilli.\u2014Vous! fit-elle.Il expliqua hamblement: ~ \u2014~C\u2019est le hasard qui m\u2019a conduit toi.et j'allais vous réveiller.Comme vous êtes imprudente! | \u2014Je me suis endormie sans le savoir, dit-elle, en se levant toute frissonnante.Et elle ajouta avec un sourire forcé: \u2014Je suis un peu folle.\u2014 (C\u2019est la joie! Bernard avait parlé avec une ironie malveillante.mais il regretta vite son sarcasme, et se baissant précipitamment, il ramassa l\u2019écharpe blanche qui gisait aux pieds de Janik.La jeune fille se laissa passivement envelopper dans les plis de 1'étoffe soyeuse.\u2014Je ne veux pas que vous ayez froid, je ne veux pas que vous preniez du mal, disait Bernard d'une voix sans expression, comme s\u2019il n'eût pas eu conscience du sens de ses paroles.Venez maintenant.bien vite.tante Armelle va vous gronder.Pendant quelques minutes, ils marchèrent sous bois, se taisant instinctivement dans cette obscurité, puis ils débouchèrent dans la plaine; le ciel leur apparut tout à coup, comme un dôme magnifique, constellé de points d'or, et Bernard murmura: \u2014Je vais bientôt partir.Qui sait si nous nous rever ons jamais?\u2026 Vous ne m\u2019oublierez pas tout à \u2018fait, dites.Janik?Quelquefois.quand vous serez seule.quanc vous lirez un des livres que nous avons lus ensemble, quand vous entendrez le chant clair de la Fontaine de Marie.vous me donnerez une pensée, n'est-ce pas?Elle balbutia: \u2014Je ne vous oublierai pas.Je.Mais elle sentit que la voix lui manquait, elle se tut.Ils avaient franchi la grille du château, qui se détachait en grandes lignes dans la nuit bleue.Un parfum étrange, fait de mille parfums qui se confondaient dans les mêmes effluves, montait des plates-bandes ou tombait des arbres en fleurs.Bernard se rappela son arrivés à Nohel et cet instant de délire où, seul sous le ciel radieux d\u2019étoiles, il avait appelé l\u2019âÂme de la mère-grand.Elle était venue, la bénie consolatrice et la vie du jeune homme, soudain rassérénée, avait changé.Par les yeux doux et gais qui lui avaient si souri, il avait appris l'espérance, presque le bonheur.Tout ce passé encore si proche, tous ces efforts, tous ces rêves, pour que Jacques Chépart se retrouvât, un soir, le même homme, à la même place, avec la mort dans le coeur.(SUL'E ET FIN AT PROOHAIN NUMERO) \u2014 180 \u2014 Es EF = = =a To = = a= æ = ERE - vail (4 sil à Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1928 LE GRENUL LES CHIENS BRIQUETS D\u2019ARTOIS Les Races Françaises les plus popu- jaires Le chien d'Artois proprement dit, ayant disparu depuis déjà très longtemps, on a, par l'introduction du sang étranger, constitué la race qu'on CHIEN BRIQUET D'ARTOIS _ Race française la plus populaire.désigne aujourd'hui sous le nom de Briquet d'Artois.Cette race ne le cède en rien à l\u2019ancienne, elle possède un nez exquis, une gorge superbe, et une intelligence supérieure.À la piste elle n\u2019a pas son égale.Ces chiens fort appréciés par les chasseurs d'expérience devraient se trouver dans tous nos chenils canadiens qui s'occupent de la Le Briquet d'Artois est donc un beau et bon chien ; il est de taille moyenne, sa tête est courte, large en haut, avec la peau plissee; elle est assez carrée, avec le nez un peu court et légérement retroussé; les yeux sont saillants, l\u2019oreille épaisse, pas trop longue, tournée en dedans vers le bout.Cette tête rappelle celle du chien Normand.Le rein est large, sos lide, la queue basse, d - ndant un peu plus bas que le jarre., fortes ossatures des membres, aveo de grosses pattes.Leur robe est le plus souvent blanche, à manteau noir marqué de feu aux pattes, au museau et au-dessus des yeux.: Le Briquet d'Artois est, sans contredit, un des meilleurs chiens de chasse français, il est supérieur à es 181 \u2014 Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 beaucoup de chiens de chasse de race étrangère.LE BRAQUE DUPUY Chien d\u2019arrêt Français Le Braque Dupuy.est d'une ancienne race de Braques Francais blancs a taches marron.D'après M.de la Rue, cette race aurait été, depuis près de deux cents ans, conservée pure chez les marquis (le la Rochelambert.M.Dupuy y aurait retrouvé la race qu'il croyait perdue, et qu'il a perfec- assez long, épaule oblique, musculeuse.Poitrine assez large, profonde, le coude atteignant le bas du corsage.côtes légèrement arrondies, reins 80- lides, ventre un peu lenetté, pattes longues, sèches, fines et nerveuses, la cuisse bien musclée, quoique peu gi- gotée, pied allongé, fouet attaché très bas, très fin, cuuleur blanche, avec grandes taches marron, poil fin, taille 28 à 26 pouces, apparence générale chien léger et gracieux.Ce chien possède une finesse de nez extraordinaire, çe qui en fait un chien _ \u2018 LE BRAQUE DUPUY Chien d'arrêt français.tionnée avec une rare intelligence.Certains auteurs prétendent qu\u2019il a du sang du Levrier, d'autres disent que non.ll est donc probable que cette question ne sera jamais résolue.Ce chien est originaire du Poitou.D'après M.Mégnin à qui nous empruntons cette description, le Braque Dupuy a la tête fine, longue et sèche, le museau long et fuyant; les oreilles de moyenne longueur, fines, un peu plissées, se détachant bien de la tête, oeil un peu petit, brun, nez brun, cou d\u2019arrêt sans reproche, et très populaire.Il est très en vogue en France, même à l'étranger.LE CHIEN BLEU DE GASCOGNE 53 earth eres af eT Le chien Bleu de Gascogne est un des plus grands des chiens de meute, sa taille allant jusqu\u2019à atteindre 27 pouces, à l'épaule.C\u2019est un animal magnifique, d\u2019apparence un peu o0s- seuse, mais d'un grand caractère, Il est un peu plus massif que le fox em 182 \u2014 gi hg se A Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 hound, il n\u2019est pas très rapide, mais en revanche il & un odorat exquis et un fond de premier ordre.Il a la tête forte, un peu longue, le nez extrêmement large, les oreilles très longues, fines et très papillottées, le rein long, la côte bien faite, la poitrine profon- Quelques auteurs la font descendre de la race de Saint-Hubert (Bloodhound) dont les chiens blancs croisés avec les noirs auraient donné cette belle couleur bleue.+ Albert PLEAU, LE CHIEN BLEU DE GASCOGNE Chien de meute.de, le fanon épais et tombant, le pied ferme ct bien fait.Son poil est d\u2019un gris bleu ou blanc moucheté de noir, avec de grandes faches noires, très souvent marqué de feu au-dessus des yeux ou aux paites.On en voit, aussi.qui ont des taches de lie de vin.Cette race est très ancienne, Henri IV avait une meute de ces excellents chiens, HUMOUR és3arst 30 UZ:- Voici le sens d'une des dernières chansonnettes en vogue dans les cabarets chics de Berlin.Un viveur arrive à son bar préféré, et en réglant son chauffeur, i! laisse tomber un billet de 100 marks sur la chaussée.Un mendiant passe sans le ramasser, malgré le signe l'y invitant, Un deuxième mizéreux dédaigne à zon tour le banknote, puis un troisième.* 4 sais \u2014 Vient de paraître, \u2018LE CHIEN\u2019, Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque, de défense et de Police, en- trainement pour Exposition et traitement de ses maladies.Beau volume de 200 pages.Nombreuses illustrations.Prix: $1.25.En vente dans toutes les librairies ou chez l\u2019auteur, Albert Pleau, 1066 rue Saint-Hubert, Montréal.-0 ; SL.BERLINOIS Soles .at ?=.Impatlenté, le dandy interpelle cot homme\u2014 qui répond placidement: \u201cMo baisser pour prendre ce chiffon ?Je n'y renss guère! J'ai fait cette sottise avant-hier et, de la sorte, un bouton s'est détaché de mon pantalon.Pour le remplacer, il m'a fallu payer 200 marks.\u201d v\u2014 4133 spon Gt Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 ARSE EE NA ENS TI | [ \\ Crea lpemmi PT F\u2014\u2014+ \u201c4 \u2019 = alk i oS ar as 35 EL P= = Pr 4 a EF } Une femme perdra un temps infini à rêver à une vieille flamme.durant ce temps un homme aura fait une demi douzaine de nouveaux flirts.\u201c * x { Une femme d'esprit met un grain de sucre dans tous les compliments qu'elle adresse à un homme et un grain de sel dans tous les compliments qu'un homme lui adresse.% * * Il faut qu\u2019une femme soit la bonne étoile d\u2019un homme.mais il ne faut pas qu'elle soit tout son système solaire.® ok Kk La femme n\u2019a pas de plus mortelle ennemie qu\u2019une autre femme.x x \u201cUne fenime préférera un voyou qui lui fera la cour à un homme du monde qui ne la lui fera pas.%* + % La femme est née pour aimer et clle ne peut rien faire de mieux.CARNET DE FEMMES TRES GORDON AA A TS ESE Combien de jeunes filles rejetteraient leur cavalier si elles savaient qu\u2019une de ieurs amies ne le prendrait pas.L'amour a 60 ans c'est comme un rhumatisme: rien ne le guérit.On demande: une femme pouvant faire un steak d'une main, se poudrer le museau de l\u2019autre et bercer lo bébé avec son pied pendant qu'elle s'accompagne sur une harpe.Xe x % À son deuxième mariage, une femme ne porte pas de voile.Elle veut voir ce qu\u2019eile prend.Lorsqu'une femme a expliqué à une autre femme que son mari ne peut pas la comprendre, elle commence à croire que c\u2019est vrai, xk x Les célibataires ressemblent à des bas de soie.Onn'\u2019a jamais les moyens d\u2019avoir les plus beaux.wo Une femme n'est jamais aussi tendre avec son mari qi\u2019'aprés que celui- ci l\u2019a trompée.» = * La femme est le miroir qui doit refléter le bonheur du \u2018mari.\u201cgota 134 \u2014 Ni NA ~~ >» = / ni £ 1-1 ll Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 VAE A TE CELIBATAIRES HOMMES TE LEO D OEIL EU LL £5 = Un rêva et une jolie fille ne se caressent pas de la même façon.% w % Le Vampire est un débiteur qui nous promet toujours mais qui nous ren- voit toujours à plus tard.% % Lorsqu'on dit à une femme qu\u2019elle est jolie.la femme nous croit lou- jours, même lorsqu'elle sait que nous mentons.kk Lorsqu'un célibataire parle amour à une jeune fille.la jeune fille comprendra plus rapidement que le célibataire ne pourra parler.x Kk # Il n'existe pas d\u2019homme assez myope pour ne pas voir l\u2019admiration qu\u2019une femme peut avoir pour lui.* ok # On demande toujours un baiser, un seul, on sait que tous les autres viendront sans même qu\u2019on les demande.\u201c+ * Adam fut le premier mari à ne pas comprendre sa femme.% kx Il faut qu\u2019un célibataire aime plusieurs femmes à la fois, s'il veut rester cédihataire,.:.; Ck kk Le mariage ressemble & une maison illuminée que l\u2019on aperçoit au bout d\u2019un chemin après une longue route.C\u2019est beaucoup plus joli du dehors qu'à l\u2019intérieur Un mari ingénu est un monsieur qui croit encore sa femme jolie après l'avoir vue faire sa toilette.\u201c de ue ok Il existe deux âges où un homme ne craint pas le mariage; à vingt ans lorsqu'il ne sait pas ce qui l\u2019attend, et à quatre-vingts ans lorsqu'il se fiche de tout ce qui peut lui arriver, % x + Lorsau\u2019une femme nous demande notre opinion sur elle, elle est toujours désappointée si nous sommes francs.# * ok Il existe des jeunes filles si jolies qu'on leur accorde de l'esprit avant même qu\u2019elles aient ouvert la bouche, x #4 ok I] y a plus de gens qui veulent ftre aimés qu\u2019il en existe qui veulent aimer.x kB» En ménage il n\u2019y a que deux maris qui sont aimés de leur femme: le mari qui est mort et celui qui fait le mort, = 135 \u2014 Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 192: \u2014_\u2014_ uns + - PAGES CANADIEMNES M.ALBERT THOMAS AU CANADA Le voyage de M.Albert Thomas au Canada lui aura, malgré sa brièveté, rapporté plus d\u2019une forte impression.Il n\u2019a fait que traverser les principales villes de l\u2019i£st: Cltawa, Montréal, Québec et Toronto.Mais, dans ses conversations avec les principaux personnages politiques, avec les propriétaires ou rédacteurs des grands journaux.avec les chafs des organisations patronales et ouvrières, il a pu apprendre cn quelques jours la matière de bien des livres.Parmi les impressions qu\u2019il a rapportées, je n\u2019en retiendrai, pour les lecteurs français, que quelques-unes.De son séjour à Ottawa, il gardera particulièrement le souvénir de sa conversation avec le premier ministre fédéral, M.Mackenzie King.M.Mackenzie King est un homme jeune.Sa physionomie énergique donne l\u2019impression d'un chef, et c\u2019est un chef qui a pu dire: \u201cDans les affaires humaines comme dans celles des nations, c\u2019est l\u2019exemple qui a toujours eu le plus d'influence.\u201d Son autorité s\u2019est affirmée rapidement dans ces dernières années.Sa philosophie, route d'action réfléchie et résolue, est celle de la majorité de l'élite canadienne.Il l'a exprimée dans ses ouvrages, et en particulier dans son livre \u201cIndus: try and Humanity\u201d.Il s\u2019est prononcé pour une politique de collaboration entre tous les éléments de la production, coliaboration non pas théorique et lointaine, mais directe, permanente.\u201cLes relations industrielles, a-t-il écrit, ont, comme les relations internationales, leur origine dans des contacts de personne à personne.\u201d Les réformes sociales lui apparaissent comme le corollaire nécesaire de la prospérité économique.\u2018Les revendications humaines sont supérieures aux exigences du gain national\u201d, dit-il\u2014 et ailleurs: \u201cLa paix dans l'industrie ne peut être fondée que sur la justice.\u201d Or, le Canada est le pays du monde, proportionnellement, le plus riche.Il a d\u2019immenses ressources en plein développement.Ses chemins de fer, son industrie, sa production agricole, en font aujourd'hui un des pays industriels las plus importants du globe.M.Mackenzie King s'est donné pour tâche d\u2019accroître, au bénéfice de tous, la prospérité du Canada.Ses compatriotes lui sont reconnaissants d\u2019y avoir jusqu\u2019ici réussi.Aussi bien, dans ses conversations avec ses divers interlocuteurs, le directeur du bureau international du travail aura pu se cohvaincre que les questions sociales ne se posent guere au Canada.Ouvriers et patrons sont animés du méme désir: \u2018To get money\u2019.Les salaires sont élevés.L'industrie ne conaît guère de chomage.A Toronio, beaucoup d'ouvriers pos- =\u2014 136 \u2014 Lutte Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 sédent leur maison, et le nombre des Ford est tel que l'on arrive à croire que l'on en use comme en Europe d'u> ne bicyclette.Toutefois, le manque de main-d'oeuvre et le dissentiment latent entre les intérêts des cultivateurs et des industriels constituent une menace pour l'avenir du Canada.Je suis peu tenté d'évoquer ici le premier de ces deux problèmes, il Est trop compliqué pour un profane.Du second.je ne dirai, pour des raisons semblables, que quelques mots.A Toronto, dans la capitale d\u2019 Onta- \u201c rio, la lutle entre fermiers et industriels prend autant d'importance que les discussions iraditionnelles entre Canadiens français et Canadiens anglais.Il scrait intéressant de revenir sur le passé, et de rapporter comment les fermiers canailiens\u2014dont la situation sociale rappelle par tant de côtés celle de nos paysans français \u2014 ont réussi à s'organiser en coopératives d\u2019achat et de vente: puis comment ils se sont groupés en un parti polilique, pour arracher au gouvernement jusque-là trop peu soucieux de leurs revendications.l\u2019abdissement des tarifs douaniers, dont ils ont besoin pour pouvoir exporter leurs produits sans courir le risque de représailles.Au \u2018Farmer Sun\u2019, l'organe des fermiers d'Ontario, le rédacteur en chef m'a raconté cetie épopée moderne, bien plus passionnante à ses yeux que les plus belles conquêtes du prolétariat romain.Il m'a décrit la détresse d\u2019autrefois, les durs travaux du défrichement, puis.après la joie des premières récoltes, l\u2019oppression des \u201ccompagnies\u2019\u201d.Le fermier devait vendre son blé aux conditions fixées par \u2018l\u2019élévateur\u201d le plus proche, et s'il se révoltait, il lui était impossible de trouver un wagon pour transporter ses produits à la ville la plus voisine.Au- jourd\u2019hui, les fermiers sont les mai- tres.Les dernières élections pour lesquelles ils s\u2019étaient enfin organisés, leur ont valu plus de sièges au Parle= ment provincial qu\u2019ils ne l\u2019espéraient.Ces sortes de soudaines conquêtes sont périlleuses.Obligés de partager avec le \u2018labour\u2019, les responsabilités du pouvoir, les fermiers n\u2019ont pas pu, faute de chefs expérimentés, réaliser toutes ieurs ambitions.Ils font néanmoins de leur mieux, et ne se sont pas monfrés inférieurs à leurs prédécesseurs dans l'exercice du gouvernement.Di intéressantes que soient les constatations d\u2019un Français curieux d\u2019étudier les mouvements politiques et sociaux d'un pays si jeune et déjà si vigoureux, celles n'ont pas cependant pour lui l'intérêt de la découverte qu\u2019il est amené & faire des Francais du Canada.On avait dit un peu rapidement à M.Albert Thomas qu'il risquerait d\u2019entendre, en ailant dans la province de Québec, un langage éloigné du nôtre, et qu'il pourrait lui arriver de ne pas toujours bien comprendre.Mais ni lui ni les siens n'ont eu d'effort à , faire pour goûter la langue savoureuse qu'on parle à Montréal ou à Québec.Le français du Canada n\u2019a rien d\u2019étrange pour qui a véci quelques années de sa vie dans ufie de.nas provinces de 1'Ouest.\u201d ~~ ; Il en est des esprits et des coeurs, au Canada français.comme du langage.Peut-être, au premier abord, est- An frappé de la vivacité de certains sentiments, peut-être même a-t-on peine à comprendre certains des arguments mis en avant par les plus com-' batifs parmi ceux qui luttent pour le = 187 \u2014 .Se a ee SE CRE OT EE Hen HEC EHTEL TERR .vo RESTE TETE TETE CRIS CE, ; .\u2018AINE CEE Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 maintien et la diffusion de leur race et de leur religion, mais l\u2019esprit de mesure et de modération, de bon sens et de gaieté de notre pays, se retrouve et nous enchante dans ce pittoresque Québec, où les Américains, lassés de leurs villes trop modernes, vont chercher un reflet de notre vieille Europe.Car, s\u2019ils viennent en touristes nombreux passer l\u2019été sur les bords du St- Laurent, ce n\u2019est pas seulement pour admirer le paysage dont je n\u2019ai pu goûter le charme estival, mais dont j'ai compris l\u2019austère beauté, sous la neige: c'est aussi pour se délivrer de ce que le matérialisme américain doit avoir, à la longue, de pesant, dans un pays où les forces de l\u2019idéalisme et du\u2019 sentiment discipliné ont subsisté dans la fraîcheur de notre dix-huitième siè- .cle français.Un dimanche matin, nous avons quitté Québec, en laissant derière nous s'égremer le son des cloches des églises, pour aller dans la campagne silencieuse et déserte entendre la le- gon de ce peuple qui voulut rester fidèle à son passé.Leschamps, sousla neige, n'étaient marqués que par des pieux reliés de fils de fer qui rappelaient, sous le ciel bas, les champs de bataille de l'Artois pendant l'hiver.Nous arrivâmes, à trois liewes de la ville, dans une maison du pays angevin, aux murs solides comme ceux d\u2019une forteresse, et qu\u2019habitait, avec le souvenir des visites de Montcalm, celui de plus d\u2019un combat entre Français et Anglais.fa Ayant franchi la porte ouverte par un vieillard & la peau tannée.nous avons vu.bergant un bébé posé sur ses genoux, Maria Chapdelaine, qui s\u2019est levée, un peu confuse, & notre entrée.Puis visitant la maison peuplée d\u2019enfants et d\u2019images de piété, nous avons pensé que là même avait vécu l\u2019un des soixante mille paysans de France laissés à leur sort par leur roi.Et songeant que de ce toit étaient partis tant de gars depuis des générations, fidèles à leur parler et à leur religion, songeant au dur travail de l'été trop court, à la vie immobile des hivers trop longs, nous n\u2019avons pu qu\u2019admirer la noblesse de nos frères abandonnés, et les remercier d\u2019être restés si près de nous malgré l\u2019espace et malgré l'absence: Tandis que nous revenions, remués par cette visite qui nous laissait un peu la tristesse d\u2019un remords, le souvenir me revenait des vers de Paul Morin, le poète canadien, et de la visite que lui recommandait de faire son père, à l\u2019inverse de la nôtre: Mon fils, je veax qu\u2019un jour, frém'ssant et pieux, Dans l\u2019ombre froide des grands hêtres, Tu ailles au cimetière silencieux Ecouter la voix des ancêtres, Tu leur diras, lisant les noms que le soleil À ternis sur les croix austères, Que nous gardons oe sang, durant leur long sommeil.Pur, e* sans tare, et sans mystère; Que je fus toujours droit, et mon père avant moi, Et tendre à l\u2019humaine souffrance, Et que j'ai mis en toi le travail et la foi, Et l'amour sacré de la France.con ak De , Joutes ses impressions canadiennes.M.Albert Thomas n\u2019en a pas rapporté de plus forte, sans doute, que celle de sa promenade, un dimanche.aux environs de Québec.(Le Figaro) Jacques PREGNY.\u2014 188 \u2014 Vol.18, No 5 LA RFYVTT \u201d\"TTATRH Montréal, mai 1928 CLOCHE D\u2019ALARME POUR CASSEROLE Si l\u2019on pouvait là-dessus dresser des statistiques, il serait curieux, stupéfiant peut-être, de constater la quantité de lait qui se perd, se gâte ou se brûle en !e faisant bouillir plus longtemps qu\u2019il ne faut.La cloche à lait que vous avez sous les yeux vous sera par conséquent d\u2019une grande utilité.L'instrument comprend une cloche ordinaire fixée au bout d\u2019un tube lequel contient une composition fusible qui passe de l\u2019état solide à l\u2019état liquide à une température égale au point bouillant du lait, soit 154 degrés Fah- CHOSES EY INVENTIONS NODVELLES renheit.Cette composition consiste en un mélange de bismuth, de plomb, d\u2019étain ct de cadmium dans la proportion de 50, 24, 14 et 12.Le tube est placé dans une casserole contenant du jlait froid, suspendu sur le bord de la casserole au moyen de deux crochets, comme vous le voyez dans la vignette, puis la casserole est placée sur le feu.Aussitôt que le lait se met à bouillir ou a atteint son plus haut point d\u2019ébullition, la composition fusible passe à l\u2019état liquide et permet à la roue d\u2019engrenage de la montre de marcher.Un ressort tire alors le frappeur le faisant ainsi frapper la cloche.Le cuisinier n\u2019a plus qu\u2019à retirer sa casserole.UN SIMPLE INCIDENT DE VUES ANIMEES Les artistes de l'évran qui interprètent les rôles de ces grands films à épisodes où fourmille l\u2019action et où des aventures toutes plus risquées les unes que les autres s\u2019enchaînent pendant des heures entières, ont besoin d\u2019avoir une bonne dose de courage et d'audace.Il fallait être audacieux en diable pour accepter, comme l\u2019a fait Miss Marvin, dans un film prodigieux, d\u2019entreprendre l'ascension du Mont Hood et de se laisser tomber du som- \u2014 189 \u2014 Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal.mai 1923 met dans une crevasse, fermée naturellement par un filet que tenaient dix hommes solides.Mais, elle eut tout de même à faire une chute de près da 100 pieds risquant avant de tomber dans le filet de se briser la tête contre le roc de glace.Avant que la prise de vues fut parfaite et donnât pleine satisfaction au metteur en scène et au directeur, eile dut accomplir cet exploit trois fois de suite.| LE BADICEONNAGE DES MURS C\u2019est à l'automne tout particulière - ment que doivent être badigeonnés ou blanchis à la chaux les murs des cours.des bâtiments et des sous-sols.Le blanchissage à la chaux n'est pas dispendieux.Tout ce qu\u2019il requiert se résume à du lait de chaux, à un sceau \u2014Je plus grand possible \u2014et à un gros pinceau.Les murs ainsi blanchis reilé- teront la l1umière au lieu de l\u2019absorber.Quant à la chaux, vous l\u2019obtiendrez d\u2019un entrepreneur, d'un quincaillier ou d\u2019un peintre en bâtiments.On sait que dans les maisons la chaux fait beaucoup de dégâts, mais facilement réparables.POUR EPARGNER LA VAISSELLE ) Il arrive chaque jour que des ménagères brisent de la vaisselle en la frappant contre le robinet en métal sous lequel se trouve la cuvette.L'un des moyens lgs plus simples de prévenir cette casse est de protéger la bouche du robinet avec un tampon fait d'une balle en caoutchouc ordinaire.Ce tampon est simplement passé dans l'extrémilé du robinet à peu près de la même manière qu'on adapte un-boyau d'arrosage à une chantepleure.Coupez en deux môrceaux une balle de caouichouc.En percent un trou dans le centre de l'une des demi- sphères obtenues, le caoutchouc est renversé et enfilé dans le robinet.Ayez soin cependant de bien renverser le caoutchouc.comme il est montré dans notre dessin.=\u2014 140 \u2014 PTE SE ER OO RO rion \\ \u2014 \"EE TWF aA wv 1.> Vol, 16, No 5 BER Que LA REVUE POPULAIRE Montréal, mal 1928 PERSONNAGES Monsieur Pierre de Val Brillant L.-.- 35 ans Madame Gilherthe de Val Brillant .- 30 ans Jean, domestique des de Val Brillant .-40 ans Le décor représente un salon ultra-moderne chez un jeune ménage dont les pers ct mere se sont enrichis trop vite.Large canapé, fauteuils et chaises, clavecin, table, bibelots ici ct là, tout le salon est encombré dans un saperbe mauvais goût.lever du rideau, madame de Val Brillant, gentille pourde blonde, lymphatique, mollement étendue sur une chaise longue près d'uns petite table prend une tasse de thé.Ells ost vêtue d\u2019une magnifique toilette d'intérieur sur lagnoils 1s sole! vient se jouer, Elle est seule cn soèna lorsque la toile se lève.Au SCENE I MADAME DT VAI, BRILLANT, (rejetant au loin un mavaz'ne.) Coirms c'est ennuyeux d'être seule.Vo'là une demi-heure que personne n'est venu, Pierrs devrait être ici; que fait-il dome à son bureau à cette heure.Ah! Comme les maris sont oublienz après dix ans de mariage.Ah! D'eu.(Ells pousse un long soupir.) SOENE II JEAN, MADAME DE VAL BRILLANT (Jean est d\u2019une tenue impeccable.Rien ne cloche chez lui, C\u2019est le: bon domestique de grande maison qui.se rappelle encore les bonnes ma- mières d'autrefois que ses maîtres ont, cu- blides.) MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014Ah! Jean, quelle heure est-il?JEAN \u2014TI est exactement «six heures mons vingt-trois minutes et demi, madame.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Alors, je n'ai plus besoin d'attendre, il ne viendra plus personne, n'est-ce pas, Jean?JEAN VEUT PARTIR SKETCH INEDIT EN esus UN ACTE JEAN \u2014-Hum.Peut-être vaudrait-il mieux patienter encore quelques instants.Jeudi dernier, Madame se rappelle: madame du Tremblant.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Oui, elle est venue à six heures.Vous avez raison, Jean.Cependant, je suis horriblement fatiguée.Oom- bien de dames sont venues me rendre visite au- jourd\u2019hai?JEAN.\u2014Vingt-oing, madame, plus madame Oasavant.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Pourquoi la comptez-vous à part les autres?JEAN.\u2014 Mais.elle no fait pas partie du monde da Madame, MADAME DE VAI BRILLANT.\u2014 Non, évidemment, mais ellc est déterminée à en faire partie un jour.Ÿ a-t-il quelque chose de particulier que vous ayez à me dire, Jean?JEAN.\u2014 Madame aimerait-elle à voir le mena pour le diner de demain soir?MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014Vous zavcs bien, Jean, que je ne me fatiguc jamais la téte avec ces chozes-là, JEAN \u2014La oarte des vins ne vous intéresse pas non plus?\" MADAME DE VAL PRILLANT.\u2014Pas davantage.Pourquoi venez-vous ire demander tout cela?Vous savez quo vous avez la liberté la plus absolue sur ces questions-là.Depuis dix ans, c\u2019est vous qui veillez à ce que nous nous retirions tou- : jours à la même heure, le soir, vous voyez également à notre réveil le matin.Vous choisissez vous-même notre nourriture.Vous dirigez notre existence.Lt voilà près da dix ena que vous étes avec nous, n'est-ce pas, Jean ms.JEAN.\u2014Onui, madems, il y a en dix ans, oe matin a dix heures et douze minutes.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014I1 {faudra que je parle dc cela & mon mari lorsqu'il entrera, JEAN.\u2014Ah, je n\u2019ai pas dit cela dans ce but, madame.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Evidem- ment, Jean, ma\u2019s lorsqn'un domestique a servi une famille pandant dix ans aussi fidèlement que vous l'avez fais, lorsqu\u2019un domestique est devenu, si j'ose m'\u2019exprimer ainsi, un membre de cette fae \u2014 141 \u2014 grit abe tT oT Is Or HT Hn Cr OUR HA ; SE ilk fi di, A At ROLE EE EE ; DO Ds gi Bo Vo!.16, = \u2026.: LA REVUE mill-, il n'est que juste que l\u2019on récompense son dévcuement et nue l'on reconnaisze ses services.JEAN.\u2014-Madame est trop obl'geante.Mais peut-être.' MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Qu\u2019 est-c3 que c'est, Jean?JHAN,-\u2014I! nn faut pas que madame me con- &idère comme un 'ngrat, mais, je.c'est cxcessi- verrent difficile a dire a madame.MADAME DF VAL BRILLANT.\u2014Quc¢ crai- gnez-veus?Vous savez que nous n'avons que de l'estime pour vous, TEAN \u2014-Préc'tément: voilà ©, qui conrlique la diffoslts Vælà cz nie j'ai à dre à madame.hum.io sais fered de vous faire part de mon intention de.SCINE ITT M.DE VAI, PUITI-ANT.JEAN, MADAME DE VAI BRILLANT (K:rciorr da Va! Br Laat entre, Iezt grand, él # trig Lien mis Jeon fait za gosto do d'os rarement et oe rete) SCEIE IV M.DE VAI BRITTANT, MADANF DE VAI ERITLANT MIDAME DU VAT DRITIANT \u2014\u2014/ 1, Pere, enfin t- va, Carmie ty az en por, Axzs'odg-toi et rovl our bon De Re avre moi, (Es voyant que sen val ne Dep ype ner) Bonjour.toi, MONT THEN?DO-TAT.BRU TANT \u2014A\"! Ex- ou: 3-ret, coment a-is vu ontler?(I emora:ze go, crime.) MADAME DE VAI.BRILLANT.\u2014E* main- terra mronT: rnc tase de th eb cuzzons gonti- ment, MCHSIEUR DZ VAT PRIITANT\u2014 Non, merci, pas do thé pour mo.c3 cor, Nors sommes tro rss da \u201c me Da ples, je cus haro-cê: un #rovail 4 chien au barcau, 15 vais m hablo pour le diner.HADAMT DT TAT BRITTAINX -\u2014Mois ponr- que: t- avails pate ot ft?9e t'aruree, tu a po gs dere qr'à tel.Ah! Leon bomumos snns ipgra ve MATAMTY DE VAL LL ART Ce ot lorsqu'ils Fr vaillent peur queliren qu ils ire, Mais, in croya's que fu n'ava Jules \u2018g d'étrn uns ~ pe\u2019 ite {enmane kEyevse, TRA yuan a MADANT DF VAT PRIT.AT, \u2014 m1 8 ces ta acts Au lez de prend>s 15 tanvvay pour POPULAIRE Montréal, mai 1923 étre plus rapidement rendu au foyer conjugal, tu marches comme un pauvre diable, et\u2026 j'ai tant de choses À te dire, MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014Que veu- laie-tu que je vionne faire ici, aujourd hui que tu avais tan jour et que tu recèvais tez \u2018harhes\u2019\u201d, MADAME DE VAI BRILLANT.\u2014\u2014Oh n° sois pas méchant pour ces pauvres femme: Apres avo'r fêté nes ncos d'aluminium il y a d'x jours.MONSIEUR DE VAI, BRILLANT \u2014Nes noces d'alitiriniri: do fer-Fiane, veux-tu dire?.MADAME DF VAT BRILLAKT.\u2014\u2014Cemme tu es vicex jeu, O5, weiz ola me rappells\u2026 Voilà dix an\u201d Sm'tonrd k vi eve Joan est À notre carvice, MONSIEUR DE JAY BRILLANT.\u2014Cc n'est pas pees 113?Ce brave: g2an, J3 mo demande cs que nous rer'ers devenvs 2 nous n'avions pas eu Joan aveo nove?MADAMT DI VAT BRILLANT.\u2014de me le demanda arrsi, MONSIEUR DFE VAI BRILLANT \u2014Nous ne gorriors pas qu invitor et ax na jar inviter, MONSITUR DE VAI BRILLANT \u2014Où alle en éé, où nn par elle\" er h'var, MADAME DE VAT DRILTAËT \u2014 Quels romptes paye\u201d \u20ac# oveis comotrs 71 pan payer.MONSIFUR DE VAT, BRILLANT\u2014£i nous le perdicze, la nerto ecrais \u2018rrépararle, BDan'rzene le c'el avi] + \u2018ait pes plra l'intention d3 nove guit- r que nos de ls ruveyer.p SCERE V JEAN, M.Dn VAT BRILTANT.MADAME DE VAI BRILLANT JEAN -\u2014 Madame à ronné?MADAME DE VAL BRILLANT,\u2014Hon, Jean, cependant, je sus hevrerss que vous soyez venu, Je diras is *toment à rensierr de Val Brillant qu\u2019aujourd'hn: so trouve être lo dixifmo anniver- cairs de votre entrée à notre service, MON Po DH VAT, BRILLANY.\u2014C'act avec plaisir, Jean, que je vous siguera! un chèque ce JEAN Jv, Monsieur, #7 vere voulez me permettre Tereque vour Clar arrivé j'etais sur la : 3 dir à madame.MONSIEUR DE VAI DRILLANT \u2014 Quoi lone, dan?JFAH \u2014536 vorlai- l'informor de mon des r de vous OU ter, LE DEUX, (anfantis).\u2014Nous ouitter?IFAN \u2014° ragrelt- d'avoir & vour dire, mon- choux, quil rs ixcé va changement.r Vol.16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréaï, ze} 1923 MADAME DE VAL BRILLANT-\u2014Vous ne nous direz pas qua vous avez l'intention de quitter notre service?JEAN.\u2014Je regretté, madame, mais je le dis.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014 Maïs pourquoi ?Pourquoi ?N'avez-vous pas toujours été traité avec considération ?JEAN \u2014Oh, certes, oui, madame, MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014Vos gages ne vous sat'sfont pas?| JEAN.\u2014Oh, monsieur, ma conscicncs m'inber- d'rait d'accenter un zou de plus.MADAME DE VAT BRILLANT.\u2014 L'un de nous vous anvait-il freiseé par inadvertance?JEAN, \u2014Tion, madame.MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014 La li- herté qné nous vous avons donnée vous a-t-elle été retirée ?JEAN.\u2014Pas un instant, monsicur.MADAME DE VAL BRIT.LANT \u2014Alors, pour- quei ?MONSTEUR DE VAL ERILLANT.\u2014Oui, pourquoi novs quitter?JEAN.\u2014& vous le permettez, j préfère ne pas le d're, Ka pas vors donner la raison, MONSIEUR DE VAL j'insiste.MADAME DE VAL BRILLANT\u2014 Nous insistons.JEAN \u2014Je crains do froisser madame.MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014Me fro's- ser ?JEAN.-\u2014Oui, madame.Mais puisque monsieur inz'ste\u2026.MONSIEUR DF VAI, BRILLANT.\u2014Oui, j'in- sirte, Parlaz.Porrauci voulez-vous part 1?JEAN \u2014de regrette, monsieur, mais je sus fatigué de veir la figure do madame, MADAME DE VAI BRILLANT.\u2014 Comment.Voys ditra?JFAN.-\u2014\u2014J'era cro'va qua madamn ma jardon- nera, mais j0 suis fat g3é de voir on figure.MADAWF DE VA, BRITLANT.\u2014 Comment osez-veus dirs?.MOFSIEIR DE VAIL BRITI/ T.Jean, explinnez-vors.JEAN.-\u2014Pardernes-voi.rcra'enr, * Le figure da madame er jolic, trés jol'e même; mais apres dix ang, ln nls jelin frm © vors me Gcomprs- r vers ari êtes mort \u2014 Âllors, on & a \u201cpr mate ven TET, mora \u2019 in MONSIEUR DF VAI BRILLANT\u2014 1 Hun.Hem.Continues, Joan.MA D'ART DE Var Pare, ta me lagres icouiter ™ + cr [a etn BRE-LANT,-Gommact, q ; pet Ge la certe meer 208 BRILLANT \u2014 Mais\u201d JEAN.\u2014Pardannez-moi, madame, mais je parle aveo tout le respect qui vous est dil MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014 eal, 6X= pliquez-vous, encore une fois, JEAN, \u2014Depuis dix ans que je, suis à votre service, Monsieur, je me suis toujours tenu debout derrière votre chaise, à table et je n'ai eu devant moi que madame, madame et toujours mas dame, et, soit dit sans vouloir oflenser personne, j'ai besoin d\u2019un changement.MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014Et voila la raison pour laquelle vous voulez nous quitter.JEAN.\u2014A titre de domestique je crois qu'il est de mou devoir de quitter una maison lorsque je suis fat\u2018guié de voir la figure da ma patronne.Mettoz-vous à ma place, monsieur.MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014 Hum, Hum.MADAME DE VAL BRILLANT, (en pleurs).\u2014Picrre, tn vas renvoyer Jean à l'instant.MONSIEUR DE VAL BRILLANT.\u2014Un ins- Gilbzrthe, MADAME DE VAL BRILLANT.\u2014\u2014Pierrs, je croyais qua ta m \u2019aimais un peu, mais je constate que je me trompais.Peut-être aimera\u2018s-tu mêmes que je quittera ais la maison aussi?MONSIEUR DE VAN BRILLANT.\u2014 Allons, allers, ma chérie, tu n'as pas l'air de comprendre la d'férencz entro un mari et un domestique.(À Jean.) Avez-vous une autre place en vue?JEAN, (hésitant) \u2014Oui, mons'eur.MADAME DE -VAI, BRILLANT \u2014Ohez qui?JEAN.\u2014Chez madame Casavant, MADAMT DI VAT, BRILLANT.-Ah, la vipère.Elle cet venue cette après-midi.Si j'avais su.tant ta ~als MONSIEUR DR VAI BRILE ANT \u2014 Es vous croyez.que vous re vous fasignerez pas do la figure do madame Crgavant?JEAN.-\u2014 Non, mensiour, mz pou quelque temps dn mens, MONSIEUR DE VAL BRILLAKT.\u2014 Ah, je comprends, FADAITE DE VAI, BRILLATT -Dicyre, tu er une hruto, | | MONSILUT, DEF VAI: BRILT ANT.\u2014 Voyons, ma ch\u2018rie, ois ra gormanle et COTRPEORE bien la situatior.(4 Jan.) Et c'est votre soul grief pour rous nriste ex?Ii n'y a rien autra choso, Jean?JEAY, en, morsieur, rien autre on \u201cA, MONETIUR DE VAI, BRITLANT vers 7 êtes por fatiqus de ma figure, JRAU - tabiit tout à fait les bandages douloureux ot la nécessité de dangereuses opérations.RIEN A PAYER Pour 10,000 malades qui écrivent \u2014 M.Stuart enverra une quantité suffisante de Plapao ci Lu HRI ans frais pour vous permettre Wn d'en faire l\u2019essai.Vous ne payez li nm | a rien pour cet essai de Plapao.Phi oa HES JETEZ VOTRE BANDAGE il i | ih Vous savez par votre propre ii! expérience, que c'est seulement un faux soutien contre un mur tombant et que cela affaiblit votre santé, parce que cela retarde la circulation du sang.Pourquoi donc continuer à le porter ?Voici un meilleur procédé dont vous i qui est de nature contractive, et dont le but à l\u2019aide des ingrédients de la masse médicamenteuse ast d\u2019augmenter la circulation du sang afin de revivifier les muscles.Deuxièmement: Adhérant de lui-même dans le but id\u2019empêcher le tampon de glisser, c\u2019eat une aide importante pour maintenir la hernie qui ne peut être contenue par un bandage.Des centaines de gens, vieux et jeunes, ont affirmé [sous serment devant un officier qualifié, que le PLA- PAO-PAD a guéri leur hernie\u2014certains cas étant des plus graves et des plus anciens.ACTION CONTINUELLE NUIT ET JOUR Une condition frappante du traitement PLAPAO- PAD est le temps relativement court pour en obtenir des résultats - i C'est parce que son action est continuelle\u2014nuit et jour pendant les 24 heures entières.Il my à pas d\u2019inconvénient, pas de gêne, pas de douleur, Cependant minute par ininute-\u2014pendant votre travail quotidien\u2014même pendant votre sommeil \u2014 ce merveilleux remède infuse invisiblement une nouvelle vie et une nouvelle force dans vos muscles et les met n état de maintenir les intestins en place sans le sup- artificiel d'un bandage ou de tout autre procédé.LE PLAPAO-PAD EXPLIQUE Le principe d\u2019après lequel le Plapao-Pad fonctionne peut être facilement démontré par Mu gravure ci-jointe et la lecture de explication suivante: Le PLAPAO-PAD est fait d'une partie forte et exible \u201cE\u201d qui s'adapte aux mouvements du corps et est parfaitement confortable à porter.Sa surface intérieure est adhésive (comme un emplâtre adhésif, bien que complètement différente) pour empêcher ie tampon \u201cB\u201d de glisser et de se déplacer.\u201cA\u201d est une extrémité élargie du PLAPAO-PAD qui couvre les muscles atrophiés et affaiblis et les empê- he de =~ déplacer plus loin, \u201cpr un tampon convenablement fait pour fer- er le.crture herniaire et empêcher la saillie des tins.En même temps, ce tampon forme réser- \u2014 4 LR SURFACE M- TERIEURE EST FAITE ADHESIVE POUR MAINTENIR LE PLAPROYAD FER.NEMENT AU CORPS CE QUI TIENT LE PLAPAO CONSTAMMENT APPLIQUÉ ET EMPÊCHE E OFFRE AUX HERMIEUX \u2014 RENT DE LA HERNIE RÉCEVRONT PLAPAO A L\u2019ESSAI ET LE LIVRE DE M.STUART SUR LA HERNIE ABSOLUMENT GRATIS.voir.Dans ce réservoir est placé le merveilleux mède absorbant-astringent Plapao.Dès que le remède est échauffé par la chaleur du corps, il devient soluble et s\u2019échaippe à travers la petite ouverture marquée \u201cC\u201d\u2019 et est absorbé par les pores de la peau pour fortifier les muscles affaiblis et .ps Ah sffautuer la fermeture de la her- [BA Ne i } e.(ESS I \u201cFest l'extrémité du PLA- \u2018don res I PAO-PAD qui! applique sur les oi M 0s des hanches\u2014partie du sque- Vi f lette qui domine la solidité et le support nécessaire au PLAPAO- AH | .FAITES LA PREUVE A MES FRAIL i ; CONTIENT CEST AMAR N'envoyez pas d'argent.Je TR (APIISIMPORTANTE VEUX VOUS prouver à mes freds ) que Vous pouvez guérir votre here nie et quand les muscles affaiblts auront recouvré leur élasticité et leur force, et quand l\u2019horrible pouvez vous assurer sans frais.LE COUSSIN D sensation de \u2018\u201c pesanteur\u201d sera - GLISSER.bannie sans retour, alors vous EMPLOYE DANS UN DOUBLE connaîtrez que votre hernie est BUT guérie \u2014 et vous me remercleres sincèrement pour vous avoir cone Premidrement: Le plus important : seillé sl fortement d'accepter objet du PLAPAO-PAD est de conserver toujours ap- MAINTENANT le merveilleux remède gratuit.Ht pliqué aux muscles relâchés le remède appelé Plapao \u201c GRATUIT \u201d signifie GRATUIT \u2014 c n\u2019est pas um envoi \u2018\u201cC.O.D.\u201d ou un essai douteux ECRIVEZ AUJOURD'HUI POUR L'ESSAI GRATUIT Acceptez cet \u201cEssai\u201d gratuit aujourd'hui et vous serez heureux pendant votre vie d\u2019avoir profité de cette opportunité.Ecrivez une carte postale ou remplissez le coupon aujourd\u2019hui et par le retour de la malle, vous recevrez l\u2019essai gratuit du Plapao avec un livre de M.Stuart sur la hernie contenant toute Information au sujet de la méthode qui a eu un die plôme avec médaille d\u2019or à Rnme ot un diplôme aves Grand Prix à Paris.Ce livre devrait être dans les mains de tous les hernieux.Si vrnc avez des amis dans ce cas, parlez-leur de cette \u201cfra * vnrtante.10,000 lecteurs peuvent .u.raitement grê tuit.Les réponses sSeron: sert: - vint ronsidérab Pour éviter un désappoin:eturn: \u201ccivez MAINT NANT.rr : = meute ra BAS pe.Ama - COL PON PLAPAO LABORATORI'S, Ine.2667 Stuart Bldg., St-Louis, Missouri, U.8.A.Monsieur.\u2014Veulillez m\u2019envoyer Plapao A l\u2019essail et le livre de M.Stuart absolument gratis rsa.ee.000600000020 C0 00000060 00e 0.- Adresse -.Le retour de la malle apportera l'essai gratuit de Plapao.y \\.55 \u2014 D ; 3 Vol, 16, No 5 LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 La plupart des grosses personnes, hommes ou femmes, se servent de leur poids extragrdinaire pour faire fortune.-\u2014 Comblen d\u2019artistes de théâtre, de cinéma et de cirque doivent tout leur talent à leurs 3C0 livres.Mais, par côntre, l\u2019obésité à ses inconvénients.\u2014 Les gens démesurément gros ont bon caractère.Toutes les femmes extraordinairement grandes ei grosses ne sont pas dans les cirques, La plus forte de toutes les femmes d'Amérique et peut- être du monde est au théâtre, là où sans doute on s'attend le moins à la trouver.Et, ce qu\u2019il y a de plus étrange, c'est dans un théâtre sérieux du Broadway que joue Florence Morris- son.Cependant, il! n\u2019y a pas de chal- ses, pas de fauteuils, pas de tables ordinaires qui puissent lui convenir.Elle écrase les hommes de sa hauteur; à côté de cette colossale Amazone, ils ont l'air de pygmés.Impossible pour elle aussi.ou à peu près, de se servir de taxizauto.C\u2019est chaque fois toute une sensation dans la rue et lés chauffeurs donnent toute sorte de prétextes pour ne pas l'avoir pour cliente en dépit des généreux pourboires qu'elle offre, «i,» = Mesurant près de six pieds, pesant \u2018300 livres.parfaitement proportionnée, Mile Morrisson n'a besoin ni de chaperon, ni de chevalier servant ; elle peut se débrouiller toute seule dans n'importe quelle circonstance.Elle peut se dire que pas un seul jeune blanc-bec ou un vieux monsieur RX ie DR ne l'embêtera\u2014du moins deux fois.Beaucoup de petites femmes se diront sans doute que ce doit être très agréable d'avoir une pareille taille et une pareille assurance.Mais, cette artiste ne pense nas tout à fait de même.Sa taille fait sa fortune au théâtre, sans doute, mnis à part cela.\u201cUn matin, nous a-t-elle raconté.un taxi-auto que j'avais commandé m'attendoit à la porte de mon hôtel.C\u2019était un matin froid, très froid, du mois de février dernier.Le trottoir et la chaussée étaient glissants comme une patinoire.Le chauffeur, après avoir jeté sur ma personne un regard oblique, ouvrit la porte de sa voiiure.Comme j'allais poser le pied sur le marche -pied de l'auto, l'autre pied me glissa.Pour me garer.je me cramponnai désespérément au taxi.Le chauffeur, comme mûù par un ressort, bondit de son siège, et je sentis que la voiture cédait sous mon poids, Elle inclinait de mon côté.J'eus à peine le temps de lâcher prise.L'auto capola et il-s\u2019en fallut de quelques minutes qu\u2019il ns m'écrasâl.Une foule énorme de badauds s'était rassemblée et chacun, en riant aux éclats, me demandait si j'avais eu du mal, Tout le monde se moque des grosses personnes comme moi!\u201d Mais Mlle Morrisson a ben caractère et elle ne fait pas beaucoup de cas de ce qu'on peut dire d\u2019elle.\u201cPlus que ça, nous dit-elle encore, ma taille fut cause un jour que je fus soupconnée de tentative de meurtre.Cela se passa dans le tournage d\u2019un flimx où je jouais avec un certain Ed- ML A ES avt um a 0: LA REVUE POPULAIRE Montréal, maj 1923 \u201cIL Y A SIX MOIS\u201d - Vol.16, No 5 PERSONNE NE CROIRAIT A ME VOIR Si BIEN, QUIL Y A SIX MOIS JE POUVAIS A PEINE MARCHER t \u201cJe n\u2019ai jamais été très forte, et la grande chaleur l\u2019été dernier, m'a beaucoup fatiguée.Ceci ajouté à ce que mon mari était sans travail me forçant à travailler moi-même jour et nuit pour vivre avait ruiné ma santé.Par bonheur mon mari put trouver une bonne place le jour même où je dûs me mettre au lit.J'essayai tout pour rattraper mes forces, mais il semblait au contraire que je m\u2019affaiblissais tous les jours.Je n'étais plus qu'un squelette.Je ne pouvais plus ni manger ni dormir, et ma faiblesse était telle qu'un jour en voulant marcher, je tombai sur le plancher.J'étais si malade et si faible, que je ne m\u2019inquiétais plus de savoir si j'allais vivre ou mourir.C'est alors que j\u2019entendis parler de cette préparation : Le Carnol ! Une de mes amies l'avait employé et en avait obtenu des résultats merveilleux.Puisqu\u2019il lui avait fait tant de bien, je décidai de l'essayer à mon tour.Les résultats furent vraiment miraculeux.Au bout de deux semuines j'étais capable de me lever et de me promener dans la maison.Mon appétit était revenu et je mangeais de bon cœur, pouvais dormir quand je me mettais au lit, ce qui m'a été impossible pendant des mois.J'ai déjà pris six bouteilles de Carnol et je continue à en prendre.Je pèse aujourd\u2019hui plus que je n\u2019ai jamais pesé dans ma vie.Je dors comme un enfant.Je ne me fatigue pas sans raison, et mon teint est aussi clair et mes joues aussi roses que ceux d\u2019une jeune fille.Je bénis le jour ou j'ai connu Carnol.\u201d A GARNOL}) | Beel, Cod Liver Oit pr; and Glyceruphosphates El\" Each fluid ounce conteine the soluble nutnnve pro- M certies of two exes of Mme K., de Toronto.Le Carnol est en vente chez votre phar- ven.Si vous pauvez affirmer en toute - v«p 9 chands ou d\u2019Edmanson, Bates & Ce.est approvisionné de beaucoup de sang Ltd, Toronto.15 J \u2018HE Lr AY She WPF ae fT TT ge ES EL RSE a .poids apporie à cette femme.Tr ie ED A ci BA AR aT ell Es LA REVUE POPULAIRE Montréal, mai 1923 Vol, 16, No 5 même temps.La petite femme se fà- cha et inferpella l\u2019artiste.C\u2019était en pzus petit l\u2019histoiro que tout le monde cpnraît ct qu'on raconte sur l'entrée de l\u2019éléphant et de la puce dans l'Arche de Noé, alors que la puce furieuse apostropha l'éléphant en le priant'de ns pas tant pousser! \u2018 Agacéo 2 à la fin et voulant mettre un terme à cottàé scène disgracieuse, Florence Morrisson empoigna la petite femmo et l\u2019élevant au-dessus des autres voyageurs, la sortit en même temps qu\u2019elle dans la rue où toutes les deux voulaient descendre.La petite darne prit très bien la chose et comprit que ce n\u2019était là que le seul moyen d\u2019en sortir.Nous n\u2019en finirions pas d'ailleurs d\u2019énumérer les embêtements que son Mais tout cela ne lui importe que tres peu, car, c\u2019est grâce à lui qu\u2019elle mène une vie facile.0 MURAT A DUSSELDORF rps A Dusseldorf, I'autre jour, ily a eu de violentes manifestations aux cris de \u201cA bas la France! Mort aux Français!\u2019 Et, peurtant, Murat fut jadis grand- duc de Clèves-Berg et régna \u2014 ou presque-\u2014sur Dusseldorf.Les habitant 'adgraient, pour sa fière allure autänt\" {iit polit sa bonté.Quand il artit ,toute la ville se mit en deuil.Mais on oublie vite, surtout en Allemagne.Et quand, au retour de la campagne de la Russie, les survivants de la Grande-Armée traversèrent Dusseldorf, une seule voix osa crier: \u2018\u201cVive la France!\u201d C\u2019était celle d\u2019un enfant qui s\u2019appelait Henri Heine.\u2014 160 \u2014_ | + POUR QUE LES AVEUGLES LISENT Il n\u2019est bruit dans le monde scientifique que de l\u2019optophone, une nouvelle machine inventée par un médecin de Londres, et qui a pour objet de permettre aux aveugles de lire sans avoir recours aux méthodes Braille ou Moon, basées sur le principe des Iet- tres en relief.Il suffit d'adapter un livre ou un journal à l\u2019appateil, suivant une position donnée, et de placer un récepteur contre l'oreille.La machine fait le reste.| Le principe- essentiel repose sur l\u2019emploi du sélénium, ce métalioïde dont la conductibilité électrique varie suivant 'intensité de la lumiére & laquelle il se trouve exposé.Les vibrations luniineuses d\u2019une petite ampoule placée sur un disque perforé et tournant, produisent des notes de modulation et \u2018le longueur variées, et ces notes sont transmises par le récepteur, au fur et à mesure que la lumière passe sur les lettres imprimées.Les séries de sons entendus par le lecteur- écouteur sont de l'échelle musicale ordinaire.À chaque lettre de l\u2019alphabet correspond un son déterminé, et lorsque l\u2019aveugle a appris le nouvel alphabet musical, il peut lire n\u2019importe quel texte.La lecture est susceptible d\u2019être accélérée ou ralentie, suivant l\u2019accoutumance du lecteur.Espérons que cette ingénieuse invention apportera un peu de bonheur à nos chers aveugles de guerre, et d\u2019une manière générale, assurera une vie intellectuelle plus ample à tous ceux que la fatalité a privés des bienfaits de la vue.O \\ Les faux malins excellent & gagner du temps-\u2014et à perdre le reste.AG.nay.ve nl \u2014 => [oy = 402 - 1 g\u2014\u2014 Vol.oa wa a
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