L'union médicale du Canada, 1 avril 1921, Avril
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.= pa PUBLIEE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN.Tout ce qui concerne la rédaction duit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Square Saint-Louis, Montréal, .Rédacteur en chef Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé à M.T.VALIQUETTE, 2784 Christophe-Colomb ou Boite Postale No 3026.Téléphone Calumet 84.{CC Vol.XLXI AVRIL 1921 No 4 BULLETIN LE CONSEIL DE DISCIPLINE Nous publions plus loin le rapport de la dernière séance du Conseil de (discipline du Collège des médecins.\u2018Ce rapport comporte | lusieurs enseignements rigoureux qu\u2019il importe de noter.Au mois de janvier dernier, nous écrivions ici-méme: \u201cLes médecins imposteurs qui trafiquent de leur diplôme pour faire le commerce illicite de la morphine et de la cocaïne seront impitoyablement jugés et punis.\u201d Pour quelques-uns du moins, voilà qui est fait.Le Conseil de discipline n\u2019a pas jugé à propos d\u2019être très sévère encore cette fois, même pour les récidivistes.Pourvu que cette clémence soit doublée de constance dans la poursuite des coupables, nous en sommes.Il ne convient pas\u201c de pousser la sévérité jusqu\u2019à la suppression sine die de la licence, dès la première offense.Il faudra en venir là pourtant avec les récidivistes, ou même dès l\u2019apparition d\u2019un cas de brutale exploitation.Le temps est venu de mettre au coeur de notre profession le souci de l'honneur.L\u2019on s\u2019est peut-être trop fié jusqu\u2019ici à notre loi inopérante.Pour qu\u2019elle fonctionne comme elle fonctionne actuellement, au profit de notre régie interne, 1l a fallu dix années de constance et d'efforts.2 Monsieur le docteur Normand, Président du Collège à l'époque tle l\u2019organisation du Conseil de discipline, voit aujourd'hui ses espérances réalisées.Nous l\u2019en félicitons. 164 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La profession tout entière doit se réjouir de constater que cet organisme du Conseil de discipline n\u2019est plus simplement un article de la loi.Pour la sauvegarde individuelle et l\u2019honneur de tous, ce Conseil siègera maintenant en permanence.Souhaitons qu\u2019aucun d\u2019entre nous n\u2019y soit appelé.Souhaitons également qu'aucun de ceux qui trahiront leurs devoirs ne manque d\u2019y être sévèrement jugé.Il est de notre devoir cependant d\u2019attirer l\u2019attention de nos confrères sur la façon dont s\u2019y prend actuellement le ministère de la Santé d'Ottawa pour obtenir les preuves et comment il paye ses agents enquêteurs.Le Collège des médecins consent à appliquer la loi du Conseil de discipline dès qu\u2019un jugement intervient.Il ne consent plus à procéder à des enquêtes longues et minutieuses sur un seul soupçon.Le Département de la Santé délègue donc ses détectives auxquels 11 promet et donne Ja moitié de l\u2019amende payée par les médecins condamnés en cour criminelle.Pas n\u2019est besoin d\u2019ergoter longuement pour saisir le défectueux de cette manoeuvre, dont la moindre des conséquences est que des tentatives sont faites auprès de tous les médecins pour leur faire prescrire ou donner personnellement des narcotiques.Nous savons que l\u2019attention du Département de la Santé a été attirée sur ces faits La loi de l\u2019opium et des narcotiques est de date récente.Son application en montre les défectuosités.Nous espérons que le temps remédiera à ce qu\u2019elle comporte d\u2019inopportun. Le pronostic et le traitement des néphrites chroniques (1) Par Albert LeSage, Professeur à l\u2019Université de Montréal.La classification des néphrites chroniques, grâce aux travaux de l\u2019école française, est\u2019 basée sur le fonctionnement de l\u2019organe plutôt.que sur !a lésion anatomique.Celle-ci provoque des troubles particuliers que ia clinique peut dépister au début, grâce à des procédés de recherches que nous étudions dans notre rapport, selon le siège que cette lésion occupe.\u2018Ces troubles dépendent, soit de la rétention du sel soit de l\u2019urée alternativement ou des deux.à la fois.On a donc classifié les néphrites chroniques en (a) azotémiques (urée) (D) chlorurémiques (chlore de sodium nacl) -(¢) hypertensives (artérite des capillaires) (d) albumineuses simples (présence d\u2019albumine sans sutres troubles fonctionnels).Nous devons bannir de notre nomenclature, du point de vue clinique, les noms de néphrite parenchymateuse et interstitielle ainsi que celui de \u201cMal de Bright\u201d qui n\u2019a plus de signification avec les idées actue:les.' Le pronostic des néphrites chroniques dépend donc de la valeur fonctionnelle des reins.De nos jours, il ne s'agit plus de troubles mécaniques.Les glomérules filtrants et les épithéliums sécréteurs sont chargés, respectivement, d'opérer le triage nécessaire au maintien de ln vie, parmi les matériaux si nombreux que le sang leur aprorte, et c\u2019est par des processus chimiques, physiques et biologiques qu\u2019ils onèrent cette sélection rigoureuse.L\u2019anatomie est insuffisante à nous révéler les 3ecrets de ces opérations compliquées.Le moindre fléchissement, dans ces constructions délicates, nous conduit bien au-de:à de la cellule, jusque dans le domaine des actes moléculaires.L'étude du pronostic nous en fournira des preuves éclatantes.NEPHRITE AZOTEMIQUE ; Le pronostic de la néphrite azotémique repose tout entier sur le débit de l'urée dans l\u2019urîne des sujets atteints de cette forme de néphrite chronique.a (1) Rapport général lu au Congrès de Québec, Sept.1920. 166 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Deux méthodes sûres, qui se complètent l\u2019une et l\u2019autre, nous permettent d\u2019obtenir des précisions sur ces deux points.1° La Constante d\u2019Ambard.2° ILe dosage de l\u2019urée dans le sang.* +* Xx 1\u2014CONSTANTE D\u2019AMBARD : Un sujet normal, de poids moyen, soumis à une diète ordinaire élimine l\u2019urée du sang à un taux constant de 0.07 environ: (K).Cette méthode nous permet de préciser le fonctionnement du rein, et de lire le baromètre de l\u2019urée dans le sang, si on fait l\u2019épreuve durant une période de temps connue et selon des règles bien déterminées.| Pour tenter l'épreuve avec succès, nous devons procéder de la façon suivante : 1° Faire uriner le sujet à 8 heures du matin.2° Jeter ces urines.3° Une heure après prélever du sang (ponction de la veine du bras ou ventouses scarifiées).4° Aussitôt après, on lui demande de vider sa vessie à fond.On compare ces deux échantillons: sauf cette urine, en procédant comme il convient.| La constante (K) varie entre 0.07 et 0.09.De là la loi d\u2019Am- bard : 1ère loi: Le taux de l\u2019urée dans l'urine varie comme le carré du taux de l\u2019urée dans le sang.[ * + + 2°\u2014DOSAGE DE L\u2019UREE DANS LE SANG: Un sujet normal, de poids moyen, soumis à une diète ordinaire possède une concentration d\u2019urée dans le sang d\u2019environ 0.25 0/00.Le dosage de l\u2019urée nous permet de préciser si cette concentration varie et dans quelle proportion.Elle nous permet de constater quel est le degré d\u2019intoxication dw sang par l\u2019urée, quelle en est la rrogression, et, par conséquent, quand arrivera l\u2019échéance fatale.De là la seconde loi d\u2019Ambard: : 2ème loi: Le taux de l'urée dans le sang varie comme la racine carrée du taux de l\u2019urée dans l'urine.* + x Comment, avec le secours de ces deux méthodes, pouvons-nous porter un pronostic dans la néphrite azotémique ? L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 167 Quelle est la valeur respective de chacune d\u2019elles ?I\u2014Ja constante uréo-sécrétoire (K) nous fixe sur la valeur fonctionnelle des reins malades en répérant au début le moindre trouble inappréciable autrement.Ainsi, chez 72 malades observés par le professeur Widal, de Paris, et dont le sang contenait moins de 50,0/00 d\u2019urée, chiffre normal de concentration en tenant compte de l\u2019âge et autres circonstances, 55 avaient une constante (K) qui variait de 0.09 à 0.16, sans présenter le moindre signe clinique indiquant un trouble fonctionnel du rein.Donc, cette seule constatation indiquait que 76% d\u2019entre eux étaient des malades frustres.Entendons-nous: si, chez un sujet normal, le débit uréique est représenté par le chiffre 100, à une concentration de 25 0/00 dans le sang; chez un rénal, au contraire, il pourra diminuer à 50, 25 ou 10 grammes d'urée à 25 0/00.Le fonctionnement de ces reins est donc récuit à 1/5, 14, 1/10 de sa valeur normale.Il ne leur reste donc plus que 50, 25 ou 10% de leur activité primitive.Le petit tableau que nous publions ci-dessous synthétise l\u2019expérience clinique sur ce point car il est véridique.Il nous fait saisir l\u2019importance des remarques précédentes.Ainsi, une K de 0.07 à 0.09 équivaut à 100/100\u2014rein sain.\u2014 \u2014 0.15 équivaut à 25% de rein sain.\u2014 \u2014 0.25 \u2014 10% de rein sain.\u2014 \u2014_\u2014 0.50 \u2014 2% de rein sain.\u2014 \u2014 0.70 \u2014 1% de rein sain, (Widal) Donc la constante (K) est précieuse pour évaluer la quantité de parenchyme rénal qualitativement sain qui correspond au chiffre du débit uréique.| Cependant, le coèfficient qu\u2019elle nous donne constamment chez l\u2019homme normal n\u2019a plus la même fixité chez le rénal, surtout lorsque la concentration uréique dans le sang dépasse 0.60 à 70 0/00 d\u2019urée.Ainsi, en variant les quantités d\u2019albumine ingérée par un ma lade, l\u2019urée dans le sang varie, mais la K, ne varie guère.Alb.par jour Urée dans le sang K ler malade (a) 170 grammes 0.80 0/00 1 (b) 30 grammes 0.30 0/00 , 12 (Ambard) Malgré la diminution de l'urée à 0.30 0/00; la K a monté à 12 chez ce rénal. 168 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Voici un autre cas semblable observé par Widal : Alb.par jour Urée dans le sang K 2e malade (a) 150 grammes 0.84 0/00 0.24 (b) 25 grammes 0.50 0/00 0.24 (c) 65 gr.au bout de 8 jrs 0.35 0/00 0.25 La K nous induit en erreur car elle indiquait une aggravation, tandis qu\u2019en réalité il y avait amélioration à cause de l\u2019abaissement du taux de l'urée dans le sang.Cependant dans la plupart des cas, la K suit l'évolution de l\u2019urée dans le sang mais elle est insuffisante pour nous renseigner sur le degré d\u2019intoxidation du sang incompatible avec une survie plus ou moins prolongée.Elle nous fait constater un déficit des 34 de l\u2019activité rénale avant même que l\u2019azotémie existe, mais le pronostic dépend uniquement de la concentration progressive de l'urée dans le sang.Si celle- ci atteint 0.80 à 1 gr.0/00 dans le sang, la K offre guère d'intérêt car, à ce tavx, le sujet ne possède plus que 5% de son activité rénale primitive.Nous devrons recourir à une méthode de dosage direct.* #* * R° Le dosuge de l\u2019urée dans le sang précise, seul, le pronostic lorsque le taux de concentration de l'urée dépasse 0.70 centig.ou 1 gr.par litre de sang, car l\u2019urémie dans la néphrite chronique est un phénomène de compensation.En effet, pour triompher de la résistance que les reins opposent au passage de l\u2019urée, le sang se surchage de plus en plus d'une certaine quantité de cette substance.Par une adaptation automatique, il se met à un état de pression uréique dont le taux varie suivant le degré de la lésion rénale et la quantité d\u2019albumine ingérée.Plus\u2019le rein est insuffisant, plus la concentration d'urée s\u2019élève afin de vain- ere la résistance \u2018par une \u2018pression plus élevée.L\u2019école française (Widal, Ambard) a donné des chiffres que nous avons vérifiés chez tous nos malades de cette catégorie: ces petits tableaux serviront à nous guider, lorsque nous devrons interpréter les chiffres de nos analyses.Urée 0.50 à 1 gramme 0/00 de sang\u2014survie variable.gramme à 2 graîinmes 0/00 de sang=1 an.grammes à 3 grammes 0/00 de sang=quelques mois.grammes à 4 grammes 0/00 de sang=quelques semaines, grammes 0/00 de sang=quelques jours.50 grammes 0/00 de sang=3 jours.CW UV H L'UNION MÉDICALE DU CANADA 169 Mais nous n'obtenons pas toujours ces chiffres d\u2019emblée.Ils peuvent osciller sous l\u2019influence du traitement.Il faut en suivre la marche par des analyses répétées afin d\u2019établir le pronostic.Voici quelques chiffres éloquents : Ainsi un dosage du ang lonne : 1°\u20140.60 0/00, le taux devient plus tard normal=pronostic bon.2°\u20140.60 0/00, le taux s\u2019y maintient\u2014pronostic réservé.3°\u20140.60 0/00 à 72, 76, 1, 2, 3 0/00\u2014survie de 18 mois ou moins.4°\u20142 gr.0/00==survie de 9 mois.C\u2019est du progression constante de la concentration uréique mal- yré le traitement qua aggrave le pronostic.Voici douze observations personnelles de malades qui ont succombé où les chiffres varient de 2 a 3 0/00 d'urée au litre de sang.cas morts au bout d\u2019une semaine.\u2014 de semaines.Mois.Mois.mois.mois.jours a 5 gr.500/00.bed pd DO pe Ha 29 | | ; | l O1 Ut 6 9 9 Ur Plus la concentration de l'urée dans le sang est élevée, plus la période terminale se précipite ; le ma:ade brûle les étapes.Ainsi, un azotémique qui a ?grammes d'urée pour un litre de sang franchit l\u2019étape finale en moins de 6 mois, tandis qu\u2019 il a mis des années à y parvenir, quelquefois, Pourquoi ?Parce qu\u2019une azotémie de 1 à ?grammes indique que les 9/10 de l'évolution de la néphrite sont déjà accomplis.Le chemin à parcourir sera 10 fois moins long que celui d\u2019une azotémie normale à celle de 1 gramme.Comme l\u2019activité fonctionnelle du rein a déjà perdu, à ce taux, plus de 98% de son pouvoir d\u2019élimination, ce malade devra concentrer 30/00 d\u2019urée\u2014en vertu du principe d\u2019adaptation énoncé plus haut\u2014pour éliminer une quantité moyenne d\u2019urée.Bientôt il'lui faudra en concentrer 4 à 5 grammes, soit, la perte fonctionnelle totale du rein, c'est-à-dire la mort.D\u2019autres causes accidentelles telles que oligurie post-opératoire ou au cours d\u2019une maladie infectieuse précipitent la marche de l\u2019urémie.Dans certains cas, comme l\u2019ont bien observé Widal, Legueu et Ambard, le volume des urines peut descendre à 700 ce.par 24 hrs. 170 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Or, le taux de concentration de l\u2019urée dans l'urine normale est de 15 0/00, le malade éliminera donc: 15x0.700==10 gr.50 centig.d\u2019urée.Mais comme, d\u2019autre part, il en fabrique 20 grammes par 24 heures nous aurons: 20 grammes\u201410 gr.50==9 gr.50 d\u2019urée non éliminée.Si l\u2019oligurie se prolonge durant 10 jours nous aurons 9 gr.30 A 10\u201495 grammes d'urée, Or, chez un homme de poids moyen, ce chffre correspond à l'accumulation de 3 gr.d\u2019urée 0/00 grammes du sang.Ajoutez ce chiffre aux 2 grammes antérieurs: soit 5 grammes durée au litre de sang, et vous comprendrez pourquoi cet azotémique meurt plus rapidement que son voisin, identique, mais indemne de cette pyréxie.(CONCLUSIONS : 1°\u2014Dans les azotémies inférieures à Ô gr.75 0/00 de sang, la K.nous renseigne sur la valeur fonctionnelle du iparen- chyme rénal.A cette période de l\u2019évolution de la maladie, elle est supérieure à toute autre méthode.2°\u2014 Au-dessus de ces chiffres, seul le dosage de l'urée dans le £NZ peut nous fixer sur le pronostic de l\u2019azotémie.TRAITEMENT I\u2014LA DIETE: c\u2019est le point essentiel.Nous devons prescrire &ux urémiques une diète qui, tout en réduisant les déchets au minimum, leur apporte le calorique indispensable à leur entretien.| (a) Aliments permis: le riz cuit, les pommes de terre, le beurre, l'huile, sucre, topioca, nouilles, macaroni, carottes, navets, céleri, poireau, confitures, un oeuf, un peu de fromagé, arrow-root, soupane, shreadded wheat, le pain, les fruits, le raisin vert, tous les légumes \u2018herbacés: endives chicorée, épinards, laitue, rhubarbe, le jus de citron, le persil, l'oignon, l\u2019eau.Le lait sera permis ipour assaisonner les aliments, mais on ne doit pas le prescrire à dose intense et prolongée.La caséine conte- : ue dans le caillot peut augmenter l'azotémie dans certains cas.(b) Aliments défendus: la viande, les poissons, les légumes secs (qui renferment beaucoup d\u2019azote) le sel en excès, les ælcools (bière, malt, etc.), les noix de toutes sortes, les tomates, les acides.Règle générale, on procède de la façon suivante avec un urémique classique dont la pression artérielle est élevée et dont le taux d'urée dans le sang dépasse 60 0/00.1° diète hydrique durant un ou deux jours si possible (eau, ou bien eau d'Evian (2 litres (2 pintes) avec 100 grammes de lactose.) L'UNION MÉDICALE DU CANADA 171 2° Le deuxième ou le troisième jour, ajouter, si possible, du raisin vert, 5 à 6 livres par jour, avec ou sans les peaux selon qu\u2019on désire ou non accélérer le mouvement de l\u2019intestin.Cette cure exerce une influence souvent décisive sur la diurèse : les œdèmes disparaissent, grâce à l\u2019élimination des chlorures, les urines augmentent, le pourcentage d\u2019urée baisse.3° On conseille alors la diète hypoazotée proprement dite en faisant une distribution judicieuse des aliments au goût des malades.Dans les rétentions uréiques, cette dite glyco-amylacée met les reins au repos, car il ressort, de l\u2019étude comparative du travail qu\u2019imposent au filtre rénal les différentes catégories d\u2019aliments, que les graisses et les hydrates de farbone, à valeur calorique égale, exigent un travail d\u2019excrétion moléculaire inférieur aux autres aliments.1I.MEDICATION : La médication azotémique doit poursuivre trois buts: i° favoriser l'élimination de l\u2019urée, 2° abaisser la pression artérielle, 3° soutenir l\u2019effort du coeur.1° Pour favoriser l'élimination de l\u2019urée, on a beaucoup vanté l\u2019action quasi spécifique de la scille.On la prescrit sous différentes formes: (a) Poudre de scille Extrait de scille Jou ! gramme (15 grains).pour faire 20 pilules (Castaigne).Dose: 3 à 5 par jour avec périodes de repos.ou bien: 2° Poudre de scille 0 gr.15 centig.Lactose 0 gr.50 centig.pour un cachet No 30.Un trois fois par jour.ou bien: 3° Poudre de scille Poudre scammonnée la 0 gr.05 centig.Poudre de digitale pour un cachet no 20.Un a quatre par jour (Pil.Lancereaux).ou bien : 4° Poudre de scille 0 gr.10 centig.Colomel à la vapeur 0 gr.02 centig.pour un cachet, Trois à cinq par jour durant 3 à 4 jours.(C).La scille doit être rangée, aujourd\u2019hui, parmi les diurétiques qui exercent une action élective.sur l'élimination de l\u2019urée par la 172 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ce.lule rénale.Chez les azotémiques, elle augmente nettement la diurèse, surtout le pourcentage de l\u2019urée.Elle produit un effet équivalent chez l\u2019homme normal.Ce médicament ne doit plus être employé empiriquement dans les hydropisies, son usage est réservé aux rétentions azotées.Les tisanes produisent aussi un excellent effet: tisanes de chiendent, d'oignons, des cinq racines, etc.* + x 2° Pour ablusser la pression artérielle, on doit s'adresser aux purgatifs et à la saignée.Parmi les purgatifs d\u2019un usage courant, nous avons l\u2019eau de vie allemande que l\u2019on prescrit comme suit : : Eau de vie allemande 30 grammes.Sirop de Nerprun 15 grammes.A prendre en une seule dose une fois la semaine au besoin, à jeun, ou bien : | Calomel Scammonée {a.a.0 gr.50 centig.Pour un cachet le soir au coucher, suivi d\u2019une dose d\u2019huile de ricin le lendemain matin ou d'une Sediitz.Les purgatifs drastiques produisent l\u2019effet d\u2019une véritable saignée blanche et entraînent avec eux des quantités importantes de poisons accumulés dans le foie, l\u2019intestin et le rein.LA SAIGNEE fait double emploi: elle abaisse directement la pression en soutirant une masse considérable de sang, et elle évacue un chiffre important d\u2019urée qui circule dans le sang.Elle favorise la rentrée des œdèmes viscéraux et elle soulage l\u2019effort du coeur.Elle est indiquée chez :es hynertendus urémiques qui accusent les symptômes suivants: insomnie, céphalée, oligurie, dyspnée d\u2019effort, œdèmes fugaces aux membres, œdèmes viscéraux, râles, etc.Une ponction de 400 à 500 c.c.fait disparaître la plupart de ces malaises.On peut la répéter de temps en temps selon les cas.Les bains chauds accompagnés de transpirations exercent une action bienfaisante sur les mêmes malaises.Il faut avoir soin d\u2019envelopper la tête du malade de compresses froides durant son séjour dans le bain.Les ventouses sèches sur la nuque et le thorax décongestionnent.C'est un traitement anodin et très efficace. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 173 3° Pour soutenir l\u2019effort du coeur, nous avons tous les toniques cardiaques connus.La digitaline en solution \u2018alcoolique au millième ( Mialhe-Petit, Nativelle, ou Digitatol Desautels) est un médicament précieux.On hésite quelquefois à la prescrire dans l\u2019azotémie, avec hypertension.Un simple raisonnement nous éclaire sur ce point.Elle est indiquée dans l\u2019azotémie avec hypertension, chaque fois que le coeur fait de l\u2019arythmie.La pression dans les artères exige un effort anormal et prolongé du coeur gauche.Il s\u2019hypertrophie, mais peu à peu sa fibre dégénère: il faiblit, l\u2019arythmie apparaît à des intervalles plus ou moins rapprochées, soit à la suite d\u2019un effort inaccoutumé, soit à propos d\u2019une émotion.La digitaline rétablit momentanément l\u2019équilibre.Une autre indication plus impérieuse encore, c\u2019est la baisse de la F.À.maxima sans changement de la minima.C\u2019est l\u2019indice certain que le coeur gauche cède.L\u2019œdème aigu du poumon peut apparaître soudainement.La dose que l\u2019on prescrit est de 50 gouttes.Il est rare qu\u2019on \u2018a fasse absorber en une seule fois.Il vaut mieux la fractionner et la donner à la dose de 10 gouttes par jour dans 14 verre d\u2019eau le main à jeun durant cinq jours consécutifs.On peut répéter au bont Ge huit jours si c\u2019est nécessaire.On doit se guider sur le rytinne, la pression artérielle et le volume des urines, Enfin, chez les azotémiques hypotendus \u2014 il y en a\u2014 on peut donner l\u2019adrénaline, sol.au millième à la dose de 10 gouttes 2 à 3 fois par jour selon les cas durant 10 à 12 jours.On ajoute tous les autres toniques cardiaques: huile camphrée, spartéine, strychnine, que l\u2019on prescrit à tour de rôle avec discernement.Telles sont, actuellement, les grandes lignes du pronostic et du traitement des nénhrites azotémiques.(La suite au prochain numéro). La tuberculose bovine dans la province de Québec Par L.-J.-O.Sirois, de Saint-Ferdinand d'Halifax.(1) Travail pour le Congrés de Québec, Septembre 1920.Aux congrès de la tuberculose de Londres et de Washington en 1901 et 1908, Robert Koch proclamait comme dogme scientifique \u201cla dualité des tuberculoses humaine et bovine.\u201d Se rappelant, sans doute, la parole de E.Gaucher \u201cDerrière toute découverte scientifique allemande, il y à une entreprise comm merciale\u201d\u2014quelques esprits chagrins insinuèrent, dans le temps, que le grand savant n\u2019ignorait pas que 25% des troupeaux boches étaient infestés de tuberculose.Quoi qu\u2019il en soit, les études, les expériences et les recherches de ces dernières années ne nous permettent plus d\u2019être aussi positifs.\u201cIl a été démontré par de multiples expériences que des pro- \u201cduits tuberculeux provenant de l'homme ou que des bacilles isolés \u201cde ces produits et présentant tous les caractères morphologiques et \u201cculturaux qu\u2019on s\u2019accorde à attribuer au type humain, manifestent: \u201cparfois pour les bovidés une virulence sensiblement égale à celle des \u201ctypes bovins les plus authentiques.\u201d (Calmette).Pluieurs auteurs allemands (Orth, Esser, Fibiger et Gennen, etc) admettent aujourd\u2019hui que les caractères différenciels des bacilles humains et bovins \u201csont encore incertains ou qu\u2019entre les types hu- \u201cmain et bovin, tels qu\u2019on les définit, il existe toute une série d\u2019in- \u201ctermédiaïres plus ou moins rapprochés de l\u2019un ou de l\u2019autre.\u201d \u201cIL s\u2019ensuit, écrit A.Calmette, dans son superbe ouvrage \u201cL\u2019Iu- \u201cfection bacillaire et la tuberculose\u201d que nous ne sommes pas fondés \u201cà conclure, comme le voulait R.Koch à la dualité des virus tuber- \u201cculeux humain et bovin.Ces virus ne diffèrent entre eux que parce \u201cqu\u2019ils sont plus ou moins adaptés par des séries de cultures en géné- \u201crations successives au milieu humain ou bovin, atténuées par un sé- \u201cjour prolongé dans les milieux artificiels de laboratoire et devenus \u201cplus ou moins avirulents, constituent \u2018des types spéciaux.Il s\u2019agit \u201cdans tous Îles \u2018cas du même bacille.\u201d Personne ne conteste plus aujourd\u2019hui que les bacilles d\u2019origine L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2018 175 bovine soient susceptibles d\u2019infecter l\u2019homme et particulièrement l\u2019enfant, puisque 6 à 10% des cas de tuberculose mortelle dans le jeune âge, au-dessous de 5 ans sont, d\u2019après les statistiques de W.Park, de New-York, attribuables au bacille bovin.L'infection bovine chez l'enfant se localise surtout dans le système ganglionnaire: ganglions cervicaux, axilllaires, bronchiques et les ganglions mésentériques produisant la tuberculose intestinale si fréquente dans le jeune âge.\u201cD\u2019après Kossel, cité par Calmette, on \u201ctrouve le bacille bovin dans 4.3% seulement des cas de tuberculose \u201cosseuse, tandis qu\u2019il est beaucoup plus fréquent dans la méningite \u201c(10.7%), dans la tuberculose généralisée (238%) et bien plus \u2018encore dans les adénites cervicales (40% ), et dans la tuberculose \u201cabdominale (49% ) .\u201d J.H.Elliot, de Toronto, compilant les statistiques de plusieurs investigateurs anglais, français et américains obtient le tableau suivant: % D'INFECTION RECONNUE D\u2019ORIGINE BOVINE Adultes 5416 ans Au-dessous de 5 ans.Adénite de la gorge .3.6 36 58 Tuberculose abdominale.2.2 46 59 Et se basant sur les chiffres de Park et le recensement fédéral de 1911, Elliot arrive encore à cette conclusion: Que sur un total de 1952 décès causés par la tuberculose chez les enfants, 292 sont attribuables à l\u2019infection bovine.Considédant l'augmentation de la population, nous devons avoir au Canada, chaque année, plus de quatre cents décès cauisés par le bacille bovin, sans parler des infirmités, des difformités et des cicatrices disgracieuses qui sont la signature indé- lébite de la tuberculose infantile.; La transmission du bacille bovin peut se faire par le lait, la crême, le beurre, le fromage et la viande.La cuisson détruit les germes, mais, règle générale, la viande des animaux porteurs de lésions généralisées doit être conlamnée tandis qu\u2019on permettra tout au plus l\u2019usage de la viande d\u2019animaux souffrant de lésions localisées.Les produits laitiers: crême, beurre et fromage contiennent souvent des bacilles.Broers a trouvé des bacilles vivants et virulen®s dans le beurre trois semaines après sa confection et un autre observateur a pu retracer ces mêmes bacilles dans des fromages fabriqués depuis deux cents jours.Le lait joue cependant le rôle capital dans la propagation des bacilles tuberculeux.Non seulement le lait des vaches atteintes de 176 L'UNION MÉDICALE DU CANADA mammite tuberculeuse peut être extrêmement riche en bacilles, l\u2019ingestion de ce lait possédant un pouvoir hautement infectant, mais \u201cil est de plus prouvé que des vaches en apparence saines, sans lé- \u201csions mammaires, mais réagissant à la tuberculine, éliminent par \u201cintermibtence des bacilles tuberculeux virulents, soit avec leurs dé- \u201cjections, soit dans leur lait.\u201d (Calmette).Ainsi s'explique comment s'effectue la contamination dans les étables, même le lait des vaches saines pouvant être infecté par des parcelles ou des poussières (de matières fécales au cours de la traite.La tuberculose bovine se communiquant à l\u2019enfant par l\u2019intermédiaire d\u2019un lait contaminé, voilà un fait indiscutable.Mais, s.l'enfant guérit ou survit à cette première atteinte est-il à l'abri de toute \u2018infection ultérieure?\u201d Malheureusement non.D\u2019après Cal- mette qui a fouillé profondément ce sujet, on rencontre \u201cune septi- \u201ccémie bacillaire dont la gravité est en rapport direct avec la pro- \u201cvenance, la virulence et le nombre des éléments microbiens infec- \u201ctants.Elle passe souvent inapergue tant elle est bénigne, surtout \u201cchez les jeunes sujets; elle aboutit à l\u2019infection bacillaire occulte \u201c(sans fol'icules tuberculeux) ou à la tuberculisation latente d\u2019un ou \u201cplusieurs ganglions lymphatiques ou bien, après s\u2019être manifestée \u201cpar une maladie inflammatoire à allure typhoïde (typhobacillose), \u201celle se localise dans un groupe ganglionnaire et y crée des lésions \u201ctuberculeuses évolutives qui vont ensuite essaimer dans d\u2019autres \u2018organes, plus particulièrement dans les poumons.C\u2019est ainsi qu\u2019une \u201cinfection bacillaire, contractée dans le jeune âge, peut conduire plus \u201cou moins tardivement le sujet -qui en a été victime aux diverses \u201cformes chroniques de la tuberculose et à la phtisie.\u201d Cette théorie des infections latentes se réveillant chez l\u2019adulte sous l\u2019influence de maladies aigues, de surmenage, de dépression morale est, aujourd\u2019hui, généralement admise par tous ceux qui s'occupent de phtisiothérapie.Elle démontre quelle large place doit tenir ia destruction du bacille bovin dans la prophylaxie de la tuberculose humaine.C'onnaissant les caractères et les dangers de la tuberculose ho- vine, nous nous demandons à quel point elle est répandue dans le Dominion et, en particulier, dans la province de Québec. L\u2019UNIUN MÉDICALE DU CANADA 177 L'organisation fédérale et provinciale contre la tuberculose bovine est de date trop récente pour nous donner une vue d\u2019ensemble des conditions de nos bovidés canadiens.Jusqu\u2019ici le Gouvernement Fédéral, sur demande de toute municipalité qui \u2018requiert son assistance pour le controle des vaches lai- tieres, fait faire l\u2019inspection des troupeaux et l\u2019épreuve à la tuberculine par ses vétérinaires officiels.Si un animal réagit il est abattu et le propriétaire reçoit à titre d\u2019indemnité une somme n\u2019excédant duS $53.33 pour une vache croisée ou $166.66 pour une vache de race pure.De plus, en vertu d\u2019un règlement approuvé le 20ème jour de septembre 1919, pour\u2014nous utilisons le langage officiel\u2014\u201cl\u2019établissement et le maintien de troupeaux accrédités sans tuberculose\u201d\u2014 *ont propriétaire peut faire examiner son troupeau par les vété:i naires du département d\u2019Agriculture, et il reçoit la même indemnit: que dans l'examen pour le contrôle des vaches laitières, si quelques- unes de ses bêtes à cornes réagissent à la tuberculine.Quatre villes seulement ayant demandé l\u2019aide gouvernementale en 1917-18, date du dernier rapport du Directeur-Général vétérinaire, 15,803 épreuves à la tuberculine ont été faites avec 705 réactions, soit 4.46%.Pour les troupeaux indemnes \u2018de bacillose, 7,607 bovins ont été soumis à l'épreuve: 728 ont réagi; 158 ont été déclarés douteux, ce qui donne en chiffres ronds, un pourcentage de 10%.Le rapport de l\u2019inspecteur-en-chef pour l\u2019application de \u201cla loi des viandes et conserves\u201d\u2014pour la même année 1917-18, soulève un autre coin du voile.7,925 carcasses ont été condamnées dans les abattoirs comme étantt impropres à la consommation et sur ce nombre 4,630 étaient affectées de tuberculose.De création récente, le Bureau des Statistiques de la Province de Québec ne possède aucun renseignement sur la tuberculose bovine.Nous avons pu, cependant, nous procurer quelques chiffres qui nous permettront d'arriver à une moyenne approximative.Ainsi le médecin vétérinaire municipal de la cité de Québec, M.Ferdinand Bédard, nous a très obligeamment \u2018donné le tableau suivant :\u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA TABLEAU DU RESULTAT DES EXAMENS FAITS PAR LE Dr.FERDINAND BEDARD, MEDECIN-VETERINAIRE MUNICIPAL DE QUEBEC.(Epreuve de la Tuberculine).Année Vaches saines Vaches malades Total 1915 3,780 253 :\u20146.27% 4,033 1916 3,700 268 :\u20146.75% 3,968 1917 3,987 180 :\u20144.31% 4,167 Du ler janvier 1918 5,424 234 :\u20144.12% 5,668 au 31 avril 1919 Du ler mai 1919 4,146 163 :\u20143.92% 4,309 au ler mai 1920 Ces épreuves ont été faites parmi les vaches laitières de la région de Québec.Québec, le 15 juillet 1920.Le Dr.John D.Duchène, vétérinaire officiel du Gouvernement provincial, officier d\u2019une compétence reconnue, a bien voulu nous donner les résultats de son expérience condensés dans ce second tableau :\u2014 MINISTERE DE L'AGRICULTURE PROVINCE DE QUEBEC Epreuves de la Tuberculine.Année Bêtes éprouvées Tuberculeuses Pourcentage 1898 400 8 2% 1908 190 3 1% Fraction 1915 421 48 9% 1916 _ 1141 86 7% 1917 730 30 4% 1918 \u2018 1035 61 5% 1919 495 69 13% En 1898 et en 1908 je faisais moi-même ces épreuves pour mon information personnelle.Les années suivantes, jai fait ces épreuves à la demande du Département de l\u2019Agrioulture de Québec.JOHN D.DUCHENE, D.V.L.Nous regrettons de ne pas avoir de renseignements pour le district de Montréal.Un des inspecteurs, M.Grothé, nous écrit, cependant, que sur 118 épreuves faites dans les comtés d\u2019Iberville et de Chambly, 54 vaches laitières ont réagi.Il est évidemment tombé sur une mauvaise série, car dans un troupeau: de 23 vaches, 23 étaient tuberculeuses et 22 dans un autre troupeau de 28.Les chiffres de M.Bédard donnent une moyenne de près de 5% (4.89) et ceux de M.Duc 7.6%.Mais il ne faut pas oublier que les troupeaux soumis à la survèillance du vétérinaire de la citéà de Québec sont composés de vaches laitières choisies avec soin, dont le L'UNION MÉDICALE DU CANADA «179 propriétaire a un intérêt primordial d\u2019 éliminer les bêtes suspectes, tandis que le vétérinaire provincial fait ses inspections à la requé- sition du Département de 1\u2019Agriculture et sur demande des propriétaires eux-mêmes, par conséquent, ses chiffres doivent représenter essez exactement la situation générale.D'ailleurs, les médecins\u2019 des districts ruraux savent que la tuberculose bovine se répand de plus en plus dans nos campagnes.La visite occasionnelle du vétérinaire, quelques épreuves à la tuberculine, ont permis, en beaucoup d\u2019endroits, d\u2019expliquer autrement que par les refroidissements, les herbes vénéneuses, la fatalité ou les sortilèges.ces petites épidémies récurrentes localisées dans certaines étables ou certains cantons qui\u2019déciment les troupeaux de vaches laitières et les veaux d\u2019élevage.= Nous n\u2019hésitons donc pas à croire que le pourcentage constaté par le Dr.J.D.Duchêne peut s\u2019appliquer à tous les bovins de la province; et, comme nos troupeaux se composaient en 1918 de 1,163,865 vaches et 1,245,819 autres bêtes à cornes, nous arriverions zu joli chiffre de 150,000 bovidés tuberculeux dans la province de Québec.: On s\u2019est demandé \u201csil n\u2019existe pas en réalité de race bovine par- \u201cticulièrement sensible ou particulièrement réfractaire à la tuber- \u201cculose.Tous les bovidés se montrent aptes à contracter la tuber- \u201c\u2018eulose lorsqu'ils se trouvent placés dans les mêmes conditions d\u2019ex- \u201cistenice et exposés aux mêmes facteurs de contamination.\u201d (Cal- mette).Toutefois on a cru observer une sensibilité plus grande chez certaines races, v.g.la race tarentaise ou lourdaise en France et la Durham en Angleterre.Remarquons que cette dernière est des plus répandue dans la province, surtout dans les Cantons de l\u2019Est.\u201cLa tuberculose est un mal de misère et d\u2019ignorance\u201d disait Landouzy.La tuberculose bovine se propage parce que nos cultivateurs ignorent son existence, ses dangers et ses modes de déve- inppement.Pour tarir cette source d\u2019infection il faut en premier lieu convaincre les éleveurs de sa gravité et de ses conséquenies; car cette question d'hygiène préventive se double d\u2019un problème économique.En effet, à cette époque de production déficitaire, il importe de veiller non seulement 4 la qualité mais aussi à la quantité des pr\u201d- duits alimentaires.Seuls des troupeaux sains, indemnes de tout: tare assureront au pays la production du lait, de la crême, du beurre, 180 | L'UNION MÉDICALE DU CANADA du fromage et des viandes requises pour l\u2019alimentetion de sa population et le développement de son commerce extérieur.Quelles sont les mesures prophylactiques requises pour faire face à gette situation ?La pasteurisation du lait, de la crême et du beurre sont des imoyens connus et préconisés pour empêcher la dissémination de la tuberculose bovine chez l\u2019homme et en particulier chez l\u2019enfant.Ils devraient être d\u2019une application plus générale si quelques indices lui \u201c laissaient soupçconner la possibilité de l\u2019infection chez la vache laitière.Quant aux méthodes nécessaires pour contrôler et faire dispa- raitre les éléments de contage des troupeaux, elles relèvent de l\u2019action Gouvernementale et de la médecine vétérinaire.Cette lutte demandera beaucoup de patience, de persévérance et même d\u2019argent.Mais, le but à atteindre mérite de concentrer les efforts les plus généreux, y compris ceux de la profession médicale. \u2018\u2018L\u2019âme du tuberculeux\u2019 (1) Un plaidoyer de justice.Par le Professeur Knopf, de New-York.N.B.\u2014\u201cL\u2019Ame du phtisique\u201d, tel est le titre d\u2019une communica- ron a la fois intéressante et juste, due à la plume du distingué et savant président honoraire de cette institution, le Dr S.A.Knopf.Cette magnifique analyse de sentiments intimes, parue dans quelques revues américaines de février et mars derniers, nous laisse voir le grand esprit d\u2019observation de son auteur en même temps qu\u2019un coin \u2018de cette âme vraiment médicale où se reflètent les souffrances et les misères de ses pauvres malades.À la demande d\u2019un ancien professeur, je me suis fait un plaisir de vous traduire ici cette communication que plusieurs d\u2019entre-vous ont déjà lue peut-être, mais qui, à cause des sentiments de noblesse et de justice pour la cause du pauvre tuberculeux, mérite bien d\u2019être entendue encore une fois.J\u2019implore d\u2019avance le pardon de l\u2019auteur si par hasard, dans cette traduction, en dépit de tous mes soins, j'ai pu ne pas rendre sa pensée dans son exactitude la plus complète.Nous connaissons tous quelque chose des souffrances physiques du tuberculeux, causées soit par ses poumons, sa gorge ou autres organes atteints par le germe de cette maladie.Nous avons entendu sa toux énervante, sa voix rauque, souvent même à peine perceptible.Observez sa respiration difficile et nous savons que sa poitrine le fait souffrir, même au repos, ou en avalant sa nourriture, si sa gorge est envahie.[Nous avons senti ses mains fiévreuses, remarqué sa langue sèche, et sympathisé avec lui à cause de tous ces symptômes et bien d\u2019autres encore, indiquant un physique endolori.Je me demande, cependant, si plusieurs d\u2019entre nous réalisent absolument ce que le tuberculeux, riche ou pauvre, jeune ou vieux, souffre dans son esprit ou dans son âme, en plus de ses douleurs physiques.On assure que la tuberculose, autrement dit consomption, est une maladie qu\u2019on peut prévenir.Feu Edouard VII, roi d\u2019Angle- (1) Traduit du New York Medical Journal, par le Dr A.M.Cholette et lu à une conférence du Dimanche à l\u2019Institut Bruchési. 182 L'UNION MÉDICALE DU CANADA terre, disait un jour à une délégation anti-tuberculeuse: \u201cSi vous dites que la tuberculose est une maladie qu\u2019on peut prévenir, pourquoi ne la prévenez-vous pas?\u201d Cette même question, le tuberculeux riche ou à l\u2019aise doït se l\u2019être demandée ou la pose encore.Avant de répondre cependant, j'aimerais à lui dememder à mon tour gi jamais il a fait quelque chose pour prévenir la maladie chez les autres, avant de devenir malade lui-même.Peut-être n\u2019a-t-il jamais pensé à ses employés, à des milliers de tant d\u2019autres qui travaillent dans des ateliers mal ventilés, sans aucun moyen pour empêcher les poussières de toutes sortes; qui vivent dans des appartements sombres et lugubres, ou dans des logegments insolubres où la tuberculose est devenue une \u201cmaladie de l\u2019habitation\u201d.Peut-être n\u2019a-t-il jamais pensé'à faire examiner hommes et femmes à son emploi et ceci régulièrement afin de découvrir tout cas de tuberculose au milieu d\u2019eux, et d\u2019empêcher ceux qui sont en santé d'être ainsi infectés.Le riche patron, maintenant tuberculeux, n\u2019a peut-être jamais pensé qu\u2019il aurait dû, quand il était à la tête de ses affaires, voir à ice que chacun de ses employés, atteint, soit traité et guéri au bon moment et au bon endroit: non pas, comme le Dr Pryar l\u2019a si bien dit \u201cdans le mauvais temps, au mauvais endroit et trop tard pour obtenir une guérison.\u201d De telles pensées causeront certainement au tuberculeux riche des souffrances bien difficiles à décrire.Tandis que ses souffrances physiques et sa désolation, grâce à sa richesse, veuvent être soulagées, cette douleur de l\u2019âÂme, pour avoir manqué d'accomplir son devoir envers ses compagnons, maintenant compagnons de souffrance, grandit à mesure que sa maladie avance.Cette triste pensée hante davantage son cerveau, \u2018parce qu\u2019il sait que chez le tuberculeux pauvre, ces souffrances à la fois du corps et de l\u2019esprit, sont mille fois pires que les siennes.Les souffrances physiques sont soulagées, dans son cas par le séjour dans un milieu hygiénique, un sematorium privé dispendieux, ou un chez-soi luxueux où il est possible d\u2019entreprendre un traitement de sanatorium sous les soins vigilants d\u2019un médecin habile; le tuberculeux pauvre, d\u2019un autre côté, à cause du manque, pour lui, des avantages du sanatorium, doit rester chez lui, et là, faute de moyens il privé, sinon totalement, du moins largement, de l\u2019aisemce et des facilités qui aident la guérison.Le tuberculeux riche peut avoir l\u2019assurance d\u2019une guérison après un temps raisonnable, mais le pauvre tuberculeux est loin d\u2019une semblable certitude.Il compte les jours jusqu\u2019au moment où il espère pouvoir reprendre L'UNION MÉDICALE DU CANADA 183 | l\u2019ouvrage et n\u2019être plus davantage un fardeau pour sa famille et son entourage.Je suis heureux de dire que je ne partage nullement l\u2019opinion d\u2019un certain spécialiste et auteur en matière de tuberculose qui, dans un récent ouvrage, caractérise ainsi le malade tuberculeux: \u201cLe tuberculeux devient égoïste et excentrique.Il n\u2019est intéressé dans le bien-être que d\u2019une personne: lui-même, \u2014 à l\u2019exclusion de tous ceux qui dépendaient de lui avant.I] mangera une nourriture dispendieuse pendant que ses enfants souffrent de la faiüm, il demandera à ses proches et amig des choses impossibles et ne manifestera aucune reconnaissance, l\u2019égoïsme le plus complet joue le rôle le plus important dans la tournure d\u2019esprit du tuberculeux.\u201d Je considère cet énoncé comme une véritable diffamation de caractère du tuberculeux si réellement 1l faut le ranger à part pour des traits caractéristiques que lui cause sa maladie.Une expérience d\u2019au-delà de 25 ans au milieu de tuberculeux pauvres, dans (d\u2019humbles chaumières ou de sombres logements, dans les sanatoriums publics ou dans les hôpitaux a suffi pour me convaincre que le contraire, tout à fait, caractérise l\u2019état d\u2019âme, d\u2019esprit et de coeur du tuberculeux.Combien de fois n\u2019ai-je pas entendu plusieurs d\u2019entre eux dire: \u201cSi j'étais riche, docteur, je saurais bien comment résoudre le pro- bléme anti-tuberculeux.\u201d Je n\u2019ai jamais refusé d\u2019écouter leurs plans qui bien que souvent fantastiques, ne m\u2019ont jamais paru entachés du moindre égoïsme.Ils pensent à sauver les autres alors même qu\u2019ils constatent qu\u2019ils ne peuvent se searver eux-mêmes, La tuberculose, surtout la tuberculose pulmonaire, s\u2019aitaque principalement aux hommes et aux femmes entre les âges de 18 et 25 ans, l\u2019âge d\u2019or de la jeunesse, de l\u2019amour, \u2018des espérances et des rêves.Les évènements les plus importants souvent se suivent pendant ces quinze ou vingt ans, généralement reconnus comme étant le meilleur de la vie.Pour comprendre leurs sentiments, il faut avoir été dems la triste obligation \u2018d\u2019avertir une jeune personne, ayant tout un avenir devant elle, du fait qu\u2019elle est tuiberculeuse, qu\u2019elle doit tout abandonner pour consacrer quelques années au rétablissement parfait de sa santé.Le jeune homme ou la jeune fille à qui pareille déclaration vient d\u2019être faite laisse voir apparemment toute su con- flance dans la promesse de guérison faite par le médecin, mais la vieille idée de: tuberculose, maladie incurable, hante encore l\u2019esprit du peuple et en dépit des promesses de guérison du médecin, des loutes sérieux surgissent dans l'esprit du malade ainsi déclaré tuber- \u2014 184 L'UNION MÉDICALE DU CANADA culeux.Mais même alors dans de très bonnes dispositions, croyant fermement dans le pronostic favorable de son cas, s\u2019il est pauvre ou avec de modestes revenus, s\u2019il pense à gon vieux père ou à sa vieille mère, à son frère ou à sa soeur infirmes, ou enfin à sa femme et à ses enfants dont il est le seul gagne-pain, oh! alors, commencent les tor- lures de son âme! Déjà l'idée de ne plus pourvoir à leurs besoins le tourmente, non-seulement se femme et ses enfants pourront manquer de nourriture, de vêtements et même d\u2019abri, mais en plus le taberculeux consciencieux a toujours présent à l'esprit le grave danger de contagionner quelques-uns de ceux qui lui sont chers, et ce, en dépit de toutes les précautions qu\u2019il pourra prendre.La mère tuberculeuse souffrira tout ceci tout aussi bien que le père, mais son anxiété augmentera à la seule pensée de n\u2019être plus là pour a-corder à ces petits enfants sa tendresse et ses soïns maternels dont ils ont tant besoin ! * x Soulager, autant que possible, toutes les inquiétudes des malades, surtout pourvoir aux besoins physiques des familles telle est la tâche la plus importante des groupes qui font la lutte anti-tuberculeuse.La peur du tuberculeux, d\u2019être une source de contagion, ne peut être combattue que par une éducation faite pex le médecin et la garde-malade.Ainsi, nous constatons que les souffrances du tuberculeux, riche ou pauvre, homme ou femme, ne sont pas restreintes au corps seulement, et hélas! ceci est vrai même pour les enfants.La tuberculose chez les enfants est fréquemment localisée dans les jointures et les os longs, le repos absolu du membre atteint et même du corps souvent, devient une nécessité urgente ; autrement dit, l\u2019enfant est forcé à la tranquillité et quelquefois même au repos au lit.Il ne peut pas jouer comme les autres enfants, tandis que ses petits compagnons gambadent dans les champs, les jardins ou les rues, comme cela arrive dans nos grandes villes faute de terrains de jeux, lui, ne peut que les regarder faire.Il est même possible qu\u2019il ne puisse pas jouir de la vie d\u2019écolier tout comme les autres et il manque alors de cette bonne camaraderie qui rend la vie de l\u2019enfant si charmante et si henreuse.Cet enfant tuberculeux souffre autant dans son esprit et son âme, même peut-être plus que dems son corps.Enfin, il y a cette étrange maladie connue sous le nom de \u201cPhtysiophobie\u201d, qui atteint non pas le tuberculeux, mais le non- tuberculeux, c\u2019est une peur exaspérée qu\u2019on a d\u2019être atteint de tuberculose pulmonaire.Cette peur de la tuberculose ou \u201cphtisiophobie\u201d L'UNION MEDICALE DU CANADA 185 a causé et cause encore plus de souffrances au tubercuieux qu'il est possible de se l\u2019imaginer.Ces gens s\u2019opposent même à la présence de sanatoriums ou hôpitaux pour tuberculeux malgré que la place la pius sûre contre la tuberculose est bien justement dans ces sortes d\u2019institutions où on surveille le plus possible l\u2019expectoration qui est virtuellement la seule source de contagion.On a peur des services d\u2019un tuberculeux guéri, on craint même de s\u2019y associer ou d\u2019y toucher.iLa tuberculose est réellement une menace publique et avec la dissémination de cette maladie, nous ne sommes pas certains qu\u2019un jour ou l\u2019autre nous-mêmes ou quelques-uns de nos proches n\u2019en seront pas atteints.Pourtant il n\u2019y a pas plus de danger dang la société de tout tuberculeux soucieux de ses crachats que dans celle de toute autre personne ; alors pourquoi ne pas le traiter avec bonté et considération ?En parlent du tuberculeux riche comme peu soucieux de ses devoirs envers ses compagnons d\u2019infortune ou autres en général, je ne veux pas dire par là que ceci est toujours le cas.Il y a maintenant, tieureusement, un bon nombre de sociétés ou de compagnies où traval- lent quantité d'hommes et de femmes qui prennent soin de la santé de leurs employés, et ça été un de mes rares privilèges de traiter quelques riches tuberculeux qui, le coeur meurtri par les souffrances des moins fortunés qu'eux, ont donné généreusement leur linge, bijoux ou eutres articles de mondanité.J\u2019en connais même plusieurs d\u2019entre eux qui, malades et sans espoir de guérison, ont laissé une large part et même quelquefois leur fortune complète pour le soulagement du tuberculeux pauvre.Souvent ils souffrent dans leur âme de ne pouvoir faire davantage, sachant par leur propre expérience, combien il en faut à un pauvre ou peu fortuné pour combattre cette triste maladie.Maintenant, après avoir dit toutes les souffrances morales du tuberculeux riche et pauvre, jeune et vieux, je viens plaider pour eux, non par esprit de pitié ou dg charité, mais par esprit de justice.Que le patron rende justice à ses employés par des examens périodiques faits dans le but de déceler la tuberculose, par l'entretien hygiénique de sa manufacture, de son atelier, de son bureau ou de son magasin.Qu\u2019il voit à ce que l\u2019ouvrier trouvé tuberculeux reçoive en temps et lieu le traitement convenable.Que les municipalités, les villes et les villages voient à ce qu\u2019il n'existe pas de logements insalubres et que toutes autres mauvaises conditions hygiéniques soient bannies de la société.Que les municipalités après avoir construit des écoles hygiéniques, 186 L'UNION MÉDICALE DU CANADA voient à ce que le cours d\u2019études ne produise pas chez l\u2019enfant le développement intellectuel au détriment du développement physique.Les associations anti-tuberculeuses des grands centres tels que New-York et Montréal, de concert avec les départements sanitaires d.ces villes par un magnifique travail d\u2019éducation populaire enseignent tout ceci aux municipalités environnantes, elles essayent de prouver aux commissions scolaires pourquoi il ne devrait jamais exister d\u2019école publique ou privée d\u2019aucune dimension, sans au moins quelques classes \u201cen plein air\u201d.Ce sont ces associations qui enseignent au peuple en général que la tuberculose est une maladie qu\u2019on peut prévenir et guérir.Dans leurs différents dispensaires des milliers d\u2019hommes, femmes et enfants sont examinés chaque année\u2014et ainsi quantité de cas de tuberculose sont découverts à temps et traités en conséquence.Par des organisations auxiliaires, ces dispensaires trouvent quelquefois mêmes des fonds suffisants pour venir au secours des familles tuberculeuses en \u2018détresse.Ce sont encore ces associations qui, par des plans d\u2019ateliers hygiéniques, ou des bureaux de placement rendront le tuberculeux invalide ou guéri, capable de gagner honnêtement sa vie sans être exposés à des rechutes.Se rappelant bien que la protection de l'enfant contre la tuber- eulose est, après tout, l\u2019essence même de la solution du problème antituberculeux, ces associations sont allées jusqu'à instituer des préven- toria pour enfants fortement prédisposés à la tuberculose, même des centres de santé où l\u2019enfant, durant l\u2019âge pré-scolaire trouve tous les amusements hygiéniques et ce, sous la surveillance même de ses parents.En un mot, tout ce qui est humainement possible de faire pour prévenir la tuberculose et guérir ceux qui en sont affligés, ces asso- clations l\u2019ont tenté.Aussi elles ont besoin de finances et d\u2019encouragements, elles font un appel à tous ceux qui sont capables d\u2019aider dans cette grande croisade dont le noble bul est de soulager les souffrances du corps, de l'esprit et du coeur, et de rendre heureux, bien portants et utiles, des milliers de vies destinées autrement à devenir un fardeau à la société et vouées à une mort lente au milieu d\u2019indicibles souffrances.Ces associations font un appel en justice pour la cause des tuberculeux souffrants, innocentes victimes de leur mal, c\u2019est notre devoir de les aider, hâtons-nous de saisir cette occasion pour servir nos semblables, Dieu et la Patrie. intérêts professionnels RAPPORT DU CONSEIL DE DISCIPLINE SEANCE DU 15 MARS 1921 * Le 15 mars 1921, à Montréal, dans nos bureaux, chambre 90, Edifice Dandurand, 294 est, rue Sainte-Catherine, siège le Conseil de discipline régulièrement convoqué, par ordre du Président, pour considérer l\u2019ordre du jour.Sont présents messieurs les docteurs Ls-Philippe Normand.Président pro tempore, E.-G.Asselin, H.-M.Pontbriand et J oseph Gau- vreau.ORDRE DU JOUR Affaire J.-A.Bigonesse.\u2014 J.-A.Turgeon.\u2014 Robert St-Jacques.\u2014 J.-A.Guenette.\u2014 Oscar LeRiche.\u2014 A.J.Millier.\u2014 Lucien Roch.\u2014 W.-E.Rouillard.® So Pw ww AFFAIRE J.-A.BIGONESSE 2216, St-Denis, Appelé devant le Conseil de discipline, le docteur J.-A.Bigonesse reconnaît qu\u2019il a été accusé de vente illicite de drogues, qu\u2019il a plaidé coupable, et qu\u2019il a été condamné pour ce fait, le 19 janvier 1921, à $200.00 d\u2019amende ou à trois mois de prison.Il explique ou Conseil comment sa bonne foi a été surprise et se recommande à sa clémence.Le Conseil constatant que le dossier du docteur J.-A.Bigonesse n\u2019est chargé que de cette unique offense, ne le condamne qu\u2019a $25.pour les frais du Conseil et d\u2019enquéte. \u2018\u201c 188 L'UNION MÉDICALE DU CANADA AFFAIRE J.-A.TURGEON Sherbrooke, P.Q.Le docteur J.-A.Turgeon, de Sherbrooke, reconnaît que le 16 février 1921, il a plaidé coupable à l'accusation portée contre lui par le ministère de la Santé d'Ottawa d\u2019avoir vendu illégalement de la morphine et de la cocaïne et qu\u2019il a été condamné à $200.00 d\u2019amende et les frais, ou à trois mois de prison.Tes explications que donne le docteur Turgeon ne s'accordent pas avec les renseignements que possède le Collège.Le Conseil est informé que, le 14 février 1921, le docteur J.-A.Turgeon a vendu un once de cocaïne et un once de morphine $160.00, réalisant pour cette vente un profit net de $120.00 et que c\u2019est pour cette transaction qu\u2019il a été poursuivi par le ministère de la Santé du gouvernement fédéral.Le (Conseil considère l\u2019offense du docteur Turgeon d\u2019une gravité exceptionnelle attendu qu\u2019un médecin ne seurait, pour aucune considération légitime, vendre à un client quelconque une quantité aussi considérable de narcotiques.Le Conseil condamne le docteur J.-À.Turgeon à ue amende de $200.00 et lui enlève son droït de pratique pour une période de six mois à partir du 15 mars courant.Si à l\u2019expiration de ces six mois, le docteur Turgeon ne s\u2019est pas conformé aux ordonnances du Conseil de discipline il sera de nouveau traduit devant le Conseil.AFFAIRE ROBERT SAINT-JACQUES 348, rue St-André.Le docteur Robert St-Jacques reconnaît que le 15 septembre 1920, il a plaidé coupable à l\u2019accusation portée contre lui par le ministère de la Santé d\u2019Ottawa, d\u2019avoir vendu illégalement des narcotiques, et que, pour cette offense il a été condamné à $500.00 d\u2019amende ou à 3 mois de prison.Le docteur dépose devant le Conseil de discipline la défense personnelle que voici: Défense du Dr St-Jacques.Messieurs, Je sens comme parfeitement légitime, la demande d\u2019explications que m\u2019a faite le Conseil de discipline du Collège des médecins en cette L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 189 affaire, et je sais gré à mes confrères de bien vouloir me permettre de les fournir.Le jugement du 15 septembre 1920 ne me condamne pas pour avoir \u201cvendu illicitement des drogues\u201d; il témoigne seulement du fait que j'ai plaidé coupable à cette accusation.Je n'ai jamais été coupable de \u2018\u201cvente illicite de drogues\u201d, je n\u2019ai à me reprocher qu'une maladresse, explicable d\u2019ailleurs.Voici les faits: Je fus accusé dans les termes suivants: \u201cD\u2019avoir, le 30 aolit 1920, sans excuse légitime et raisonnable, illégalement vendu des drogues, savoir: cocaïne et morphine, pour autres fins qu\u2019un but scientifique ou médicinal.\u201d À la dite date, un homme se présenta à mon bureau, vers 8.30 du soir; je venais de terminer une journée lourde de travail.Je reconnus l'individu comme un homme que j'avais soigné pour abus de drogues à une date antérieure.Je n\u2019aurais su dire son nom, mais J'étais sûr de l'avoir déjà soigné.: Il me dit d\u2019ailleurs sans détours: \u201cDocteur, j'avais commencé un traitement avec vous, j\u2019achevais, mais j\u2019ai dû quitter la ville depuis deux mois, et jai repris.\u201d L'homme était d\u2019ailleurs un habitué des drogues, et cela paraissait à ne s\u2019y pas tromper.Il me demanda si je voulaïs recommencer le traitement.Aprés examen je lui remis une dose minime sur laquelle il protesta.Je lui fixai sa prochaine visite et le visiteur partit avec l\u2019air le plus naturel.Deux minutes plus tard les officiers étaient chez moi.J\u2019admis avoir rem'is une dose de cocaïne et de morphine, et la plainte fut portée.Il peut y avoir eu erreur de ma part dans l\u2019appréciation de l\u2019état du visiteur, le 30 août au soir, mais je suis certain que je l'avais traité auparavant pour cette habitude.Je comparus le 8 septembre 1920 et plaidai non-coupable.Le procès fut fixé au 15 septembre 1920.Le 15 septembre j'étais en cour, prêt à procéder.Mes procureurs, Mes Bérard, Beaulieu et Sénécal, comparurent, et, voyant la congestion à cette heure en cour criminelle et le rôle chargé du jour, de- niandèrent la remise à huitaine.Ce qui fut immédiatement accordé.J\u2019avoue que je commis alors une maladresse fort regrettable.Dégoûté par deux comparutions en cour criminelle déjà faites en cette affaire, forcé de comparaître le lendemain, per la plus malen- 190 J UNION MEDICALE DU CANADA contreuse des coincidences, devant le coroner, au sujet d\u2019une autre affaire où j'étais manifestement la victime d'une erreur, tel que le juge Cusson l\u2019a déclaré lui-même, énervé mar ces démarches inusitées depuis quelques jours, et rendu à bout par des tracas d\u2019un ordre plus intime mais tout emtant pénibles, je caleulai mal.Je m\u2019informai du montant de l'amende Imyposée sur ces cas.Et malgré les protestations de mes procureurs qui voulurent s\u2019interposer même malgré moi devant le juge.en chambre privée, pour en finir avec cette affaire, je déclarai au juge que je plaidais coupable.L\u2019amende me fut \u2018imposée et cette préoccupation disparut pour le moment.Quand je réalisai que j'avais un jugement rendu contre moi, je regrettai cette démarche trop impatiente, mais il était trop tard.Je me permets d'ajouter que ma\u2019défense à l'accusation était parfaitement fondée si j\u2019avaïs surmonté le moment d\u2019épuisement nerveux que je traversai alors Je prétendais avoir agi avec raison et motif suffisant et dans un but purement médecinal, ce que d\u2019ailleurs je prétends encore.J\u2019ajoute: 10.Qu\u2019aucun témoignage n\u2019a été entendu en cette affaire de nature à prouver ma mauvaise foi; 20.Que les mêmes officiers qui firent la cause contre moi, le 30 août 1920, ont, de leur propre aveu essayé maintes fois depuis à profiter d\u2019un doute ou d\u2019une occasion pour faire une seconde cause contre moi; que jamais ils n\u2019ont eu le moindre reproche à me faire dans ces six derniers mois écoulés.Le Heutenant Fafard de ce service spécial est prêt à certifier mes dires.Messieurs, J\u2019ai résumé (dans ces quelques lignes les principaux points de cette malheureuse affaire.Je n\u2019ai pas voulu abuser de votre temps ni de votre patience.Je suis cependant à votre entière disposition- pour fournir tout détail qui me serait demandé.L'on peut peut-être me reprocher de n\u2019avoir pa agi au meilleur de mes intérêts, l\u2019on ne peut certes pas m\u2019accuser d\u2019avoir agi d\u2019une façon dérogatoire à l\u2019honneur professionnel.Le jugement rendu contre moi fait preuve que j'ai consenti à payer l\u2019amende pour m'\u2019éviter les lenteurs et les désagréments des stages dans les couloirs d\u2019un prétoire, il ne prouvera jamais que je n\u2019ai pas été médecin honnête et respectueux de la mission qui lui est confiée.C'est mon ferme espoir que mes confrères me donneront crédit sur ce point, et me pardonneront L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 191 / la fausse manoeuvre que j'ai pu faire, en tenant compte des difficultés qui a cette date me harcelaient sans cesse, et qui sont en somme l\u2019explication vrede et juste de mon erreur d\u2019un moment, Croyez-moi, Messieurs les membres du Conseil, Votre très respectueux, (Signé) ROBERT ST-JACQUES, M.D.Montréal, mars le 15, 1921.(Considérant les allégués de cette défense, le Conseil condamne le docteur Robert St-Jacques à payer au Bureau la somme de $100.AFFAIRE J.-A.GUENETTE Ste-Anne de Bellevue Le docteur J.-A.Guenette est a la fois pharmacien et médecin pratiquant à Ste-Anne-de-Bellevue.I reconnaît que le 25 septembre 1920 il a plaidé coupable à l'accusetion portée contre lui, par le Ministre de la Santé d\u2019Ottawa, d\u2019avoir vendu illégalement des narcotiques et qu\u2019il a été condamné à $300.00 d\u2019amende ou à trois mois d \u201c prison.Le docteur Guenette dont le dossier est intact, à notre Bureau, explique la surprise de sa bonne foi en cette affaire et se recommande à la clémence du Conseil.Le (Conseil de condamne à $25.00 pour couvrir les frais.AFFATRE OSCAR LERICHE 26 \u2018ouest, Ste-Catherine.Le docteur Oscar LeRiche reconnaît que le 26 avril 1920 il a plaidé coupable à l'accusation portée contre lui par le ministère de la Santé d\u2019Ottawa \u2018d\u2019avoir vendu illégalement divers narcotiques et qu\u2019il a été pour cette offense, condemné à $500.00 d'amende ou à un mois de prison.Le docteur LeRiche reconnait de plus qu\u2019il a déja été cité devant le Conseil de discipline pour de semblables offenses, antérieurement au jugement prononcé contre lui le 26 août 1921 et qu\u2019il avait promis de s\u2019amender.Le Conseil le condamne à payer $50.00 d\u2019amende et lui enlève son droit de pratique pour l\u2019espace de 6 mois, à partir du 15 mars cou- 192 L'UNION MÉDICALE DU CANADA rant.À l'expiration de ces six mois, si le docteur LeRiche ne s\u2019est pas conformé au jugement du Conseil il sera de nouveau sommé de comparaître devant lui.AFFAIRE A.-J.MILLIER 385, 6eme Avenue, Rosemont.Le docteur A.-J.Millier reconnait, que le 22 novembre 1920, il a plaidé coupable à l'accusation portée contre lui, par le ministère de la Santé d'Ottawa, d\u2019avoir vendu illégalement des narcotiques et qu\u2019il a été, pour cette offense, condamné à $500.00 d\u2019amende ou 3 mois de prison.Le docteur Millier explique qu\u2019il est le propriétaire de la pharmacie qui a vendu ces narcotiques, que cette pharmacie est tenue par un commis, que c\u2019est le commis qui a vendu les narcotiques, en dépit de ses défences réitérées et qu\u2019il a été poursuivi pour une offense dont il est légalement responsable mais dont il n\u2019est pas moralement responsable.Le Conseil accepte ces explications et acquitte honorablement le Dr Millier.AFFAIRE LUCIEN ROCH 348 est, Ste-Catherine.Le docteur Lucien Roch reconnaît que le 20 octobre 1920 il a plaidé coupable à l\u2019accusation portée contre lui par le Ministère de la Santé d\u2019Ottawa d\u2019avoir vendu illégalement des narcotiques et qu\u2019il a été, pour cette offense, condamné à $500.00 d'amende ou un mois de prison.Il se recommande à la clémence du Conseil.La dose vendue était unique et relativement minime, le Conseil qualifie d\u2019acte répréhensible l\u2019acte du docteur Lucien Roch.AFFAIRE W.-E.ROUILLARD 348 est, Ste-Catherine Appelé, le docteur Rouillard ne répond pas.Son avocat dépose devant le Conseil la défence que voici.Monsieur le président, 3 En réponse à la sommation faite au Dr W.-E.Rouillard de comparaître le 15 mars courant, en rapport à une condamnation d\u2019un mois L'UNION MÉDICALE DU CANADA 193 de \u2018prison, etc., prononcée par le juge Monet, j'ai l\u2019honneur d\u2019attirer respectueusement votre bienveillante attention sur l\u2019illégalité de cette copie de jugement, en autant qu\u2019elle n\u2019est pas certifiée par un officier compétent, viz: par un greffier ou un député-greffier de la couronne ; le dit Monsieur Martineau en sa qualité de député-greffier de la paix n\u2019avait pas ce pouvoir.En conséquence le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, d\u2019après mon humble opinion, serait sans juridiction soit pour destituer ou suspendre le dit docteur.J\u2019ai l'honneur d\u2019être, Monsieur le Président,, Votre très humble serviteur.(Signé) LEOPOLD HOULE, avocat.Le Conseil ordonne au Registraire de se procurer la copie du jugement en appel dans cette cause du département de la santé contre W.-E.Rouillard et de procéder ultérieurement, s\u2019il y a lieu.Certifié conforme : Le PRESIDENT du Conseil de discipline: (Signé) LS.PH.NORMAND.Le SECRETAIRE du Conseil de discipline : (Signé) JOSEPH GAUVREAU. Société médicale du district d\u2019Iberville Les membres de la société médicale du district d\u2019Iberville se sont réunis récemment, dans le but de traiter certaines questions relatives à l\u2019intérêt professionnel.Une autre raison qui motiva aussi cette assemblée, est l'époque des élections annuelles.La séance fut tenue à l Hôpital Chevalier et Sabourin, rue Richelieu, à St-Jean, P.Q.L'hôte d'honneur était le gouverneur du Collège des Médecins et Chirurgiens pour le district, M.le docteur J.M.Longtin, de La- prairie.Les docteurs Chevalier et Sabourin eurent l\u2019amabilité de convier leurs confrères à un banquet intime, qui fut servi dans l'hôpita} même.Le secrétaire de la société, M.le Dr Oscar Laberge, proposa la santé de M.le gouverneur Longtin.M.le Dr Longtin répondit cu termes très heureux.M.le Dr Alexis Bouthillier proposa la santé des autorités de l\u2019hôpital.Il en profita pour inviter les confrères à s'entendre davantage et à s\u2019unir plus fortement, quand il s\u2019agit de la revendication des droits professionnels.M.le Dr T.-N.Chevalier remercia M.le Dr Bouthillier ainsi que tous les autres confrères, qui avaient répondu à l\u2019appel.Ont aussi pris la parole, MM.les docteurs Sabourin, Gaudreau, de Lacolle, Arsène Godin et J.-A.Daigneault.Environ une demi-heure avant l\u2019ouverture de l\u2019assemblée, le gouverneur, M.le Dr J.-M.Longtin et tous les médecins présents firent la visite de l'institution.Le Dr J.-M.Longtin a félicité les autorités de l'hôpital de leur grande initiative, et il espère que les efforts notables qu\u2019ils accor- plissent pour le bien du\u2019public seront appréciés à leur juste valeur.Il était trois heures, quand la séance s\u2019ouvrit.Le Dr George Phénix donna lecture des minutes de la dernière assemblée, puis l'on procéda aussitôt aux élections annuelles, qui enrent lieu sous la présidence de M.le Dr H.Gaudreau, de Lacolle.M.le Dr Oscar Laberge agissait comme secrétaire.Voici le résultat du scrutin: Président d'honneur, le gouverneur du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, pour le district d\u2019Iberville, Mie Dr J.-M.Longtin; président, M.le Dr T.-N.Chevalier; vice- président, le Dr H., Gaudreau, de Lacolle; secrétaire-trésorier, M.le Dr Oscar Laberge, réélu pour un deuxième terme.Directeurs: MM.les Drs Arsène Godin, Avila Boivin, de St-Alexandre, le Dr George ä L'UNION MÉDICALE DU CANABA 195 Phénix, J.-A.Daigneault et Dr Avila Hébert, de Saint-Paul (Ile- aux-Noix).; On traita ensuite maintes questions professionnelles, principalement celles qui ont rapport au tarif.Le Dr J.-M.Longtin fit un long exposé du travail accompli par les membres du collège, en vue d'améliorer la situation du médecin dans cette province.Il cita plusieurs faits, démontrant l'activité réelle de l'institution dont il a l'honneur d\u2019être l\u2019un des membres.Il affirme que le manque d\u2019entente et la désunion entre les médecins de chaque ville et de chaque paroisse est la source de tous leurs maux.Plus que jamais il est temps de réagir.Il constate avec joie que les médecins du district d\u2019Iberville en sont arrivés à une union quasi complète.Il formule ccla dans le plus court délai possible.\u201d Plusieurs suggestions sont apportées de part et d\u2019autre.des voeux pour que les quelques dissidents se joignent au groupe, et Après un vote de remerciement adressé aux autorités de l\u2019hôpital, on se retire emportant de cette fête un souvenir inoubliable.Les médecins présents étaient: Le gouverneur du Collège des Médecins et Chirurgiens, M.le Dr J.-M.Longtin, de Laprairie; le Dr Alexis Bouthillier, M.P.P.et maire de St-Jean; les Drs T.-N.Chevalier, N.-A.Sabourin, H.Gaudreau, de Lacolle, Jules Lafleur, George Phénix, Oscar Laberge, J.-A.Daigneault, Arséne Godin, Emile Phaneuf, Avila Boivin, de St-Alexandre, J.-H.Maynard et P.-A.L\u2019Ecuyer, de L\u2019Acadie.OSCAR LABERGE, M.D.Secrétaire.SOCIETE MEDICALE DES TROIS-RIVIERES Séance du 14 junvier 1921 Le Dr Beaulac donne lecture d\u2019un travail sur l\u2019Eclampsie.Quelques médecins donnent des explications et font des commentaires qui complètent le tableau fait par le conférencier.Le Dr Achpsise traite: 1° de l\u2019anesthésie au protoxyde d'azote, et 2° de la théorie de la corde mésentérique dans la dilatation aiguë de l'estomac.\u2018Ces deux travaux suscitent une très intéressante discussion.Tout le monde admet les réels avantages de l\u2019anesthésie par le protoxyde d\u2019azote; mais on regrette en même temps qu\u2019en l\u2019état actuel des choses, le prix de revient de cet agent le rende peu pratique.La théorie de la corde mésentérique est vivement discutée par plusieurs membres.Le secrétaire donne lecture de la lettre du Registraire deman- 196 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dant une copie du tarif médical de chaque Société.Le Dr Desjardins soumet que des modifications soient apportées au tarif actuel avant c\u2019en envoyer une copie au Registraire.Le Dr Normand suggère que la réponse du secrétaire soit remise à plus tard et qu'entre temps ceux qui s\u2019occupent de la question se procurent les renseignements voulus.Séance du 11 février 1921.Le Dr Beaudry parle des Rayons X et des fractures.Dans la discussion qui suit on élargit quelque peu le cadre du sujet pour faire voir les applications de la radiologie dans les plaies de l\u2019abdomen.Le Dr Tourigny, a titre de Président de la Société, fait une revue des différents travaux présentés à la Société depuis sa réorganisation; une note humoristique caractérise chacun d\u2019eux.Puis il traite de la neurasthénie, mais sous un \u2018angle spécial.Ce travail eut l\u2019avantage de provoquer une réplique très au point de la part du Dr DeBlois.Relativement à la demande de modifier le tarif actuel avant d'en envoyer une copie au Registraire, il est nommé un comité pour étude complémentaire.La Société s'occupe de nouveau de la question de l\u2019approvisionnement de l\u2019eau aux Trois-Rivières et le secrétaire est autorisé à 1épondre aux communications venues des autorités civiques.Séance du 11 mars 1921.Le Dr Auguste Panneton traite de la prophylaxie de l\u2019ophtalmie purulente des nouveaux-nés.Le conférencier fait voir la réelle importance de cette prophylaxie, vu la grande généralisation des maladies vénériennes.Le Dr Bouchard parle de \u201cl\u2019Hypertrophie de la Prostate\u201d au point de vue de la pratique courante.Une très intéressante discussion suivit ces deux conférences et plusieurs confrères émettent leurs opinions.Au nom du comité nommé à la dernière réunion, le Dr Desjardins soumet le rapport auquel on s\u2019est arrêté.Su suggestion du Pré- srdent, la discussion est remise à la prochaine réunion.De nouveau la question de l\u2019approvisionnement de l\u2019eau est amenée devant la Société et le comité nommé pour étudier cette question devra continuer son travail dans le sens des meilleurs intérêts des contribuables de la ville des Trois-Rivières.Dr C.-A.BOUCHARD.Secrétaire. .BIBLIOGRAPHIE RADIOSCOPIE CHIRURGICALE chez J.-B.Baillière et Fils, 19, rue Hautefeuille, Paris.Les opérations chirurgicales pratiquées sous le contrôle radios- copique, par Ph.MAUCLAIRE, Professeur Agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, e¢ BOUCHACOURT, Ancien Chef de Clinique de la Faculté de Médecine de Paris, Electro-radiologiste de la Maison Municipale de Santé (Dubois).Préfac de M.BERGONIE, Professeur a la Faculté de Médecine de Bordeaux, Membre correspondant \u2019e l\u2019Académie de Médecine, 1921, un volume in-16, de 124 pages, avec 22 figures, 4 francs 50.Dans ce petit volume, MM.Mauclaire et Bouchacourt étudient surtout les opérations pouvant être faites sous l\u2019écran et elles sont nombreuses: extraction de projectiles, d\u2019aiguilles, de calculs, réduction et contrôle de la réduction des fractures et des luxations sur la table radio-opératoire, dans des salles opératoires appropriées, et dans \u2018es salles au lit du malade sans le déranger.Tout cela exige des ins- iallations spéciales aujourd\u2019hui indispensables et dont l\u2019utilité a été démontrée pendant la guerre.Pour opérer sous l\u2019écran, le blessé, le radiographe et le chirurgien doivent être bien protégés contre les Rayons X aussi les appareils et précautions de projection sont bien décrits par les auteurs de ce petit volume qui intéresera beaucoup les radiologues et les chirurgiens.\u201cLA QUESTION DES VITAMINES\u201d par le Dr G.HOULBERT, Librairie Ls ARNETTE, 2, rue Casimir-Delavigne \u2014 Paris 6e) Le Dr G.Houlbert, de Vichy, l'auteur de la thèse Contribution à l'étude des Vitamines (Médaille d'argent de la Faculté) commence par résumer très brièvement l\u2019histoire des Vitamines; il expose ensuite la question sous son jour actuel: division des Vitamines en irois classes, anti-scorbutiques, solubles dans l\u2019eau, solubles dans les 198 L'UNION MÉDICALE DU CANADA graisses, Ce ne sont là pour l\u2019auteur que des points de repère.Ii est vraisemblable d'admettre que dans chacun des groupes précédemment décrit, il existe des subdivisions nombreuses.les procédés d\u2019extraction, surtout si l\u2019on veut pousser très loin la purification, Goivent détruire des éléments fragiles, peut-être modifier assez profondément certains autres.il n'est pas étonnant dès lors que l'on trouve dans les comptes-rendus d\u2019expériences, des divergences de résultats et parfois même des contradictions.L'auteur se demande dans un autre chapitre comment agissent ies Vitamines et 1l étudie les différentes opinions émises à ce sujet.Il admet volontiers une sorte de parenté entre les Vitamines et les ferments, elles joueraient près d\u2019ux un rôle d\u2019excitation.De, ses apériences personnelles (dont il rapporte longuement les très intéressants résultats) 1l ressort nettement que les Vitamines jouent un role considérable sur le développement et le fonctionnement des glandes à sécrétion INTERNES.D'autre part l\u2019auteur rappelle les résultats publiés par M.A.Lumière sur l'action des Vitamines sur les glandes à\u2019 sécrétion EXTERNES de l\u2019intestin.Généralisant, l\u2019auteur admet que les Vitamines jouent un rôle d\u2019excitation \u2018près des glandes à secrétion externe et interne de l\u2019organisme et aussi sur les diastases.De là leur rôle extrêmement important puisque leur action s'étend à tout le fonctionnement glandulaire externe et interne.De cette notion découle l\u2019importance des Vitamines dans la croissance normale et anormale de la nutrition et de tous les tissus.Le Dr Houlbert étudie alors le rôle des Vitamines en pathologie infantile: croissance, maladie de Barlow, phénomènes frustres et mal catalogués des \u201cmaladies de croissance\u201d.Il insiste longuement sur l\u2019action des Vitamines dans le rachitisme et à ce point de vue il attire l\u2019attention sur l'alimentation non seulement du nourrisson et du jeune enfant mais aussi de la femme enceinte et de la nourrice.Dans un autre chapitre, l\u2019auteur étudie les états de carence alimentaire chez l\u2019adulte, délaissant la pellagre, scorbut, béri-béri, il s'attache surtout à l\u2019étude des régimes des dyspeptiques.Il faut, dit l\u2019auteur, s\u2019inspirer constamment de la notion nouvelle des Vitamines et grâce à cela on empêchera l\u2019apparition de certaines maladies on rendra les enfants plus résistants, plus forts, plus aptes à se défendre contre les infections qui les guettent; on dimi- nnera ces états de moindre résistance qui font les candidats à la tuberculose. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 199 TRAITE DE PATHOLOGIE MEDICALE et de THERAPEUTIQUE APPLIQUEE publié sous lu direction de EMILE SERGENT Membre de l'Académie «le médecine, médecin de la Charité I.RIBADEAU-DUMAS L.BABONNEIX Médecin des hôpitaux Médecin des hôpitaux A.MALOINE & FILS, Editeurs PARIS \u2014 27, Rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, 27 \u2014 PARIS Tome IX GLANDES ENDOCURINES ET SYMPATHIQUES par MM.LEREBOULLET, HARVIER, GUILLAUME, CARRION In-8°, 1921, 31 figures.18 fr.Traité Sergent, Ribadeau-Dunras, Babonneix Le Traité de Pathologie médicale ct de Thérapeutique appliquée Je SERGENT, RIBADEAU-DUMAS et BABONNEIX vient de Quand vous prescrivez L'exercice Physique, Recommandez TIO \\&X \u201can LA BICYCLETTE CHARTE EE LJ .Rien n\u2019est meilleur, plus complet, plus agréable, plus facile PLUS SUR D\u2019ETRE EXECUTE.: : Nous en avons a tous les prix.\u2014 Le plus grand sssortiment, AU SSI tout autre article de culture physique et d\u2019hygiene physique, SUSPENSOIRS, etc.Articles de Chasse et de Pêche.BREGENT, 208, rue STE-CATHERINE EST.Plusieurs autres renseignements et détails vous seront fournis par lettre.\u2014 PRIERE DE NOUS ECRIRE. 200 L'UNION MÉDICALE DU CANADA faire paraître un nouveau volume consacré aux glandes endocrines et au sympathique.Ce volume, conçu dans l\u2019esprit général de cette pu- liration, contribuera largement à nssurer la faveur dont elle jouit déjà.Il a le grand mérite d\u2019être court, tout en étant complet, et d'exposer avec clarté les notions, actuellement établies.Le groupement, dans un même volume, de l'étude des syndrô- mes endocriniens et de la pathologie du sympathique procède de la conception qui fait de l\u2019ensemble des diverses glandes endocrines un véritable système dont les synergies et antagonismes fonctionnels sont réglés par l\u2019innervation sympathique qui relie ces glandes entre elles.Cette conception, établie sur les données expérimentales et cliniques, introduit en physiologie et en médecine la notion de l\u2019existence d'un organe complexe qu\u2019on pourrait appeler l\u2019appareil sympathico-endo- crinien.La charpente générale du volume est construite sur cette notion.Elle est magistralement tracée dans une Introduction, die a la plume de M.LEREBOULLET.Les différents syndrômes endocriniens et is principaux syndrômes sympathiques actuellement classés sont décrits avec une précision éclairée par M.HARVIER, tandis que M.GUILLAUME donne une fort intéressante synthèse de ses études sur l\u2019anatomie et la phyiologie du sympathique.Les notions de pharmacologie, indispensables à tout nrédecin qui veut se familiariser avec le maniement de l\u2019opothérapie, sont résumées par M.CARRION en _ quelques pages fort instructives.* # Tome XXVIII HYGIENE ET REGIMES Par MM.G.-H.LEMOINE F.RATHERY | Médecin Inspr général.Prof.agrégé à la Faculté de Médecine In-8, 1921, 24 figures.28 fr.Le Traité de Pathologie Médicale et de Thérapeutique appliquée devait consacrer un de ses tomes à l\u2019Hygiène et aux Régimes.La guerre récente en mettant en mouvement d\u2019importantes masses humaines a montré le rôle considérable pour la préservation des effectifs des mesures de prophylaxie et d\u2019hygiène qui ont assuré le minimum de pertes par maladies.Elle a également montré l'importance de l\u2019hygiène de l\u2019habitation, d\u2019une bonne alimentation, de la L'UNION MÉDICALE DU CANADA 201 1! \u2018 destruction des matiéres usées ou souillées.Les bons résultats ont été obtenus par des moyens simples et efficaces.C\u2019est qu'en effet les pouvoirs publics s\u2019étaient rendus compte de l\u2019utilité de services que pouvait rendre un médecin au courant de la technique sanitaire.L\u2019hy- giéne est plus souvent soumise aux caprices d\u2019autorités locales nullement compétentes, qui ne s\u2019émeuvent qu\u2019au moment où apparaissent des épidémies meurtrières.Il apparaît actuellement comme indispensable que le médecin prenne dans la direction de la santé des habitants des villes et de la campagne la place qui doit lui revenir.Le temps n'est plus où l'hygiène faisait l\u2019objet de dissertations réservées aux philosophes.La médecine est entrée dans une voie précise; la connaissance plus approfondie des maladies, en faisant toucher du doigt les causes des infections et (des intoxications a permis d\u2019édicter de véritables lois qui s'opposent à l\u2019extension de fléaux qui sévissaient dans l\u2019antiquité et qui sévissent encore en Orient.À vrai dire les Directeurs de cette collection n\u2019ont pas voulu éditer un traité d\u2019hygiène.Pareille conception aurait dépassé le cadre qu\u2019ils s'étaient tracés.Ils ont simplement voulu offrir aux lecteurs une oeuvre qui pût leur être utile dans leur pratique quotidienne.Dans ce but, ils se sont assurés la collaboration de Monsieur le Médecin général LEMOINE, qui était qualifié plus que tout autre, par ses importantes fonctions du temps de paix et du temps de guerre, tt par ses travaux qui lui ont donné une autorité reconnue, pour Écrire les quelques pages résumant les notions nécessaires à la lutte contre les maladies infectieuses.Cet auteur a envisagé l\u2019hygiène comme un chapitre de thérapeutique prophylactique poursuivant deux objectifs: prévenir la maladie, supprimer les maladies contagieuses.On trouvera donc exposées dans ce livre, sous une forme claire et alerte, les mesures qui sont la base de la prophylaxie moderne: indi- ca'lons concernant la salubrité de l\u2019habitation, l\u2019épuration de l\u2019eau de boisson, les moyens de destruction des matières usées, questions touchant aux qualités des substances alimentaires, lutte contre les mala- lies infectieuses, désinfection, vaccinations et sérothérapie préventives, règles de la prophylaxie internationale, organisation d\u2019un hôpi- tai.'Ce programme a été rempli au mieux et il semble que l\u2019oeuvre que nous présentons a une portée réellement pratique.Armé des con- tiaissances \u2018développées dans ce livre, nous ne doutons pas que le mé- lecin, quelle que soit la situation où il se trouve, puisse contribuer au bien général et rendre à la collectivité les services que l\u2019on attend de sa compétence. 209 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019étudie de l\u2019alimentation et des régimes complète tout naturellement le volume réservé à l\u2019Hygiène.Il est superflu d\u2019insister sur l'importance de l'alimentation de l'homme sain ou malade dans la médecine moderne.Ce sont là des questions de pratique immédiate, qui se posent journellement et que l'on trouvera traitées de main de maître par M.RATHERY dont on connaît les belles recherches sur ies maladies de la nutrition.M.RATHERY s'est bien gardé d'enfermer dans les règles d\u2019un dogmatisme étroit les applications de la diététique actuelle.Il a fait oeuvre française en évitant de plier la maladie et les malades aux règles souvent trompeuses et douteuses «le tart médical! Il a su montrer les écueils d\u2019une application étroite l\u2019un régime qui parfois au lieu de guérir, aggrave l\u2019état de celui qui le suit.Si pour établin les données d\u2019une bonne diététique, il a su prendre de la science ce qui est bien établi, il en a évité les excès et se garde aussi de l'empirisme.Dans ces idées, il a développé les principes de l\u2019alimentation du sujet sain, l\u2019influence qu'exercent sur les tissus les différentes substances alimentaires, leur rendement calorique, le rôle des vitamines, le loi de l'équilibre nutritif, l\u2019établissement de la ration alimentaire pratique, les manières d\u2019accommoder les aliments.Puis l\u2019auteur donne des indications sur les différents régimes usités, régimes restrictifs, les diètes hydriques, hydro-carbo- née, lactée, les régimes restrictils généraux, les régimes de suralimentation, les régimes exclusifs, l'alimentation par voies anormries (par la sonde, le gavage, l'alimentation sous-cutanée, rectale).Il passe en revue le régime des affections aiguëes, de la convalescence, les régimes post-opératoires, les régimes des maladies infectieuses chroniques, des affections digestives, des majadies du foie, des néphrites, des cardiopathies, de la goutte, des diabètes, de l\u2019obésité.Bref, l\u2019auteur a eu le souci d'être complet, envisageant autant que possible les cas parti- \u2018\u201culiers tels qu'ils se présentent au cours de l\u2019exercice profesionnel, mais il a évité les longueurs, les dissertations inutiles, de telle sorte que les articles qu\u2019il a donnés à ce traité auront un succès mérité."]
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