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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1947-03, Collections de BAnQ.

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[" Tome 76 \u2014 Numéro 3 Bulletin de l'Hssociation des (iDédecins de Langue Jfrançaise ou Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union \u2018Bédicale ou Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Centenaire du Collège des Médecins et Chirargiens de la Province de Québec Er ECRÉTARE ; SECRÉTARIAT =r Ss ! Montréal, le 10 et 11 326 est, boul.Saint-Joseph ontreai, le e 128, rue Sainte-Anne Montréal septembre 1947 Québec Tél.: LAncaster 9888 = EEE a wm Pour la Profession Médicale Une des fonctions les plus importantes des Laboratoires de Recherches Lilly consiste à convertir les découvertes scientifiques en agents utiles à la profession médicale.Là, les observations de laboratoire se développent et.deviennent des réalités pratiques.Les produits Lilly sont préparés à l'intention des ordonnances médicales et toute publicité à leur égard n\u2019est faite qu\u2019aux seules fins professionnelles.ELI LILLY AND COMPANY (CANADA) LIMITED © TORONTO, ONTARIO Le, MONTRÉAL, MARS 1947 Une solution pour vos malades .SOLUSEPTAZINEÉ avec ÉPHÉDRINE La Soluseptazine avec Ephédrine est présentée en flacons de 30 c.cet de 250 c.c.et s'administre à l'aide d'un vaporisateur, d'un compte-gouttes ou d'un tampon.+ X } br MIN ÉLESOQUES to Pour application locale, dans les infections du nez, de la gorge et des oreilles.Solution stable et non irritante du dérivé sulfamidé le moins toxique associé à l\u2019éphédrine.Son pH neutre prévient l\u2019irritation de la muqueuse la plus sensible.O Of dba 1775) DO OCOD LODO a CON CR D6 Ç = y = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Une nouvelle forme de \"Séminal\u201d \u201cBÉMINAL\u201d FORTE INJECTABLE (DESSÉCHÉ) No 495 Le \u2018\u2018Béminal\u2019\u2019 Forte remis en solution fournit, à une concentration élevée, les facteurs les plus importants de la vitamine B et constitue dès lors une médication intensive.Étant en poudre, il permet de préparer des solutions à des concentrations variables et conserve sa force indéfiniment.Préparation titrée dont chaque flacon renferme: Chlorure de thiamine.300 mg.Riboflavine.vere.30 mg.Niacinamide .cceeeeveeee.700 mg.Pyridoxine.50 mg.d-pantothénate de calcium.50 mg.VOIE INTRAMUSCULAIRE AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITEE Biologistes et Pharmaciens MONTREAL CANADA 454F SOMMAIRE e BULLETIN Roma AMYOT A propos du centenaire du College des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec .Co.2 2 247 © e e M.CHIRAY Les fausses cholécystites .25] Cap.Jean FORTIER Séquelles cardiaques de la malnutrition .259 De la Broquerie FORTIER et Paule LADOUCEUR-DUPUIS Les prématurés .LL LL LL LL 1 1 263 Raymend DARGET Traitement de la stérilité masculine .269 Marcel LANGLOIS, Roland THIBAUDEAU et Marie ROUSSEAU Broncho-pneumonie en milieu hospitalier .272 Le Collège Mopal des Médecins et Chirurgiens du Canada Avis CONCERNANT les EXAMENS EN 1947 ASSOCIÉ (FELLOW) EN MÉDECINE L\u2019examen peut être passé en MÉDECINE, ou en Médecine en accentuant sur l\u2019une des spécialités suivantes : Dermatologie et syphiligraphie Pédiatrie Neurologie et psychiatrie Radiologie ASSOCIÉ (FELLOW) EN CHIRURGIE L\u2019examen peut être passé en CHIRURGIE, ou en Chirurgie en accentuant sur l\u2019une des spécialités suivantes : Neuro-chirurgie Chirurgie orthopédique Obstétrique et/ou gynécologie Urologie CERTIFICATS EN SPÉCIALITÉS Les Spécialités approuvées pour le certificat sont les suivantes : Anesthésie Otolaryngologie Dermatologie et syphiligraphie Pédiatrie Chirurgie générale Pathologie et/ou bactériologie Médecine interne Médecine physique Neurologie et/ou psychiatrie Chirurgie plastique Neuro-chirurgie Radiologie: Diagnostique et/ou thérapeutique Obstétrique et/ou gynécologie Chirurgie thoracique Ophtalmologie Urologie Chirurgie orthopédique Les applications pour les examens qui auront lieu en octobre et novembre 1947 devront être recues avant le 30 juin.s Pour le titre d\u2019Associé (Fellow) aussi bien que pour l\u2019obtention du Certificat, tous les candidats doivent passer l\u2019examen écrit, oral et clinique sur toutes les parties de l\u2019examen.On peut obtenir des renseignements concernant les dates pour l\u2019obtention du titre d\u2019Associé et le Certificat pour examens, copies des règlements et formules d\u2019application en s\u2019adressant à : JOHN E.PLUNKETT, M.D., F.R.C.P.(C), Secrétaire honoraire, Le Collége Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada, 150, rue Metcalfe, Ottawa, Canada. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 TI Bien que le mode d'action de l'extrait de Marrons d'Inde ne soit pas encore complètement éclairci, les effets n\u2019en demeurent pas moins réels, et depuis très longtemps cet extrait a été employé en France et en Europe avec de bons résultats dans le traitement des Hémor- rhoïdes et Ulcères Variqueux.Dans la LOVARINE, son action est renforcée par l\u2019association d'éléments décongestifs.Les nombreux témoignages d\u2019appréciation de la LOVARINE qui nous parviennent tous les jours témoignent de la valeur indiscutable du produit dans le traitement des troubles veineux. SOMMAIRE (Suite) Jean SIROIS A propos de ponction lombaire et de lésions compressives intracérébrales 274 Cap.John O'NEIL Symptômes mentaux observés durant la campagne d'Europe .279 RECUEIL DE FAITS Albert BERTRAND Utilité de l'épreuve directe majeure comme contrôle avant toute transfusion .eee.oo.1 .283 Marcel VERSCHELDEN Troubles digestifs néfastes au cours de certains pneumothorax gauches 286 Lucien JULIEN | Rupture spontanée de lI'utérus .289 i REVUE GENERALE | Pierre MEUNIER Considérations sur I'hystérectomie totale .204 p II pp ° 2 Nivelle les Semmets \u201c de la po LA CLINIQUE\u201d douleur spastique \u201cEm, = CONFIRME PLEINEMENT , LES OBSERVATIONS EXPÉRIMENTALES i) OFENIL Wy U 4 got I 2 Wo i i A sir\u201d i.| en Comprimés dosés à 60 mar.du citrate P K Oo e ER B | Ampoules dosées à 45 mar.du chlorhydrate Adultes à 48 mar.l Suppositoires ule & 3 ma] de la base Bis-gamma-phénylpropyléthylamine ANTISPASMODIQUE SYNTHETIQUE NOUVEAU NON NARCOTIQUE Quelle que soit la thérapeutique employée dans les affections gastro-intes| tinales ou des voies biliaires, il est toujours avantageux d'utiliser le Profénil( pour relâcher le spasme de la musculature lisse.| * The Review of Gastroenterology, vol.12, number 6, pages 436-439, Nov.-Dec.1945, Medical Times, vol.74, No 11, pp.305, Nov.1946.1410, rue Wolfe, Montréal L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 pour une analgésie génito-urinaire efficace L'administration du Pyridium est suivie d\u2019une analgésie bien déterminée.Cette action apporte un soulagement rapide et efficace si réconfortant pour le malade souffrant de symptômes urinaires pénibles.L\u2019effet primordial du Pyridium est essentiellement local, puisqu\u2019il agit directement sur la muqueuse génito-urinaire.Il n\u2019est pas associé ou dû à une sédation de l'organisme ou à l\u2019action d\u2019un narcotique.Les doses thérapeutiques du Pyridium peuvent être administrées avec une sécurité quasi complète pendant toute la durée de la cystite, de la pyélo-néphrite, de la prostatite et de l\u2019urétrite.Documentation sur demande.Falvicants chine MONTREAL - TORONTO - es PYRIDIUM {(Phenylazo-alpha-alpha-diamino-pyridine mono-hydrochloride) MERCK & CO.LIMITED VALLEYFIELD SOMMAIRE (Suite) ÉDITORIAL Edouard DESJARDINS Progrès de l'esprit scientifique VARIÉTÉS Albert LeSAGE 75e anniversaire de la fondation de \"L'Union Médicale du Canada\u2018 (Les anciens et nous) MÉDECINE SOCIALE Gaston LAPIERRE Quinze années de B.C.G.à l'hôpital Sainte-Justine G.CHAREST : Epidémiologie des entérites estivales de la région de Montréal Adélard GROULX Le bilan-santé de Montréal en 1946 CORRESPONDANCE Claude BERTRAND Lettre d'Oxford Louis-Félix DUBÉ Centenaire de la médecine dans le Québec CHRONIQUE THÉRAPEUTIQUE Roger DUFRESNE Les vitamines MÉDECINE PRATIQUE Léo TASSÉ Un nouveau médicament en obstétrique © © © \u201cL'Union Médicale du Canada\u201d en 1878 ANALYSES 12 © MÉDECINE La Stilbamidine et la Pentamidine dans le traitement des myélomes multiples (348).NEURO-PSYCHIATRIE | Il faut employer avec prudence le curare dans la thérapie par le choc chez les patients atteints de troubles psychiatriques associés à la myasthénie grave (349).Héredite du rétinoblastome.Cas observés dans deux familles (349).ORTHOPÉDIE Les ostéoporoses aiguës: ostéoporose d\u2019immobilisation ou ostéoporose d'alarme (350).De l'usage des copeaux d'os spongieux pour fins de greffe osseuse (351).Une conception thérapeutique de l'ostéite chronique (351).Enclouage médullaire des fractures des os longs (352).La subluxation du pied bot (353).Résultats opératoires dans les disques intervertébraux (353).SOCIETES Société Médicale de Montréal: allocution du docteur Edouard Desjardins, président pour 1947 (355); séance du 3 décembre 1946 (357).Société Médicale de Québec: 296e réunion tenue à l'Ecole de Médecine (359).LIVRES REÇUS NOUVELLES 298 300 328 332 336 339 341 342 344 346 348 355 360 362 La dose moyenne de Navitol avec Viostérol pendant l\u2019enfance jusqu\u2019à l\u2019adolescence, est seulement de trois gouttes par jour.Cette dose moderne de trois gouttes protège l\u2019enfant normal! contre le rachitisme au cours de la période active de la croissance.Les teneurs maxima d\u2019Oléovitamines concentrées À et D, spécifiées par 'US.P.XII \u2014 5,000 U.I.de vitamine À et 1,000 U.I.de vitamine D \u2014 sont contenues dans ces trois gouttes.Le Navitol est savoureux et, si nécessaire, on peut le déposer sur la langue du bébé.Il est pour ainsi dire sans odeur, ce qui le rend très précieux pour les mamans.Et économique! Seulement un demi-sou par jour pour cette dose de trois gouttes! Documentation sur demande à: E.R.Squibb & Sons of Canada Limited, © | 36-48 Caledonia Road, Toronto.anal SQUIBB om doo AVEC VIOSTEROL E.R.SQUIBB &, SONS OF GANADA LIMJTED, 36-48 CALEDONIA ROAD, TORONTO. VIII L\u2019'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Bulletin de l\u2019Association des (Médecins de Langue Francaise du Canada Fondée à Québec en 1902 W' Union Adédicale ou Canada Fondée en 1872 ® DIRECTION SCIENTIFIQUE MEMBRES D'HONNEUR Professeur Maurice Roch, Genève.Professeur Pierre Masson Professeurs J.-A.Leduc, T.Parizeau, J.-N.Roy, | E.Saint-Jacques | (Montréal).Rédacteur en chef émérite: Albert LeSAGE.BUREAU DE DIRECTION MM.R.Amyot, Antonio Barbeau, Albert \u2018Bertrand, R.Boucher, A.Comtois, J.-A.Denoncourt, Edouard Desjardins, Edmond Dubé, Richard Gaudet, C.-A.Gauthier, L.Gérin-Lajoie, Albert Jutras, Renaud Lemieux, Albert LeSage, Paul Letondail, A.Marin, D.Marion, L.-P.Petitclerc, Jean Saucier, L.-C.Simard, Pierre Smith, Hermile Trudel, R.-E.Valin, J.-A.Vidal, Sénateur Lacasse.BUREAU DE REDACTION Rédacteur en chef Roma AMYOT Assistant-rédacteur en chef Secrétaire de la Rédaction Edouard Desjardins Pierre Smith Secrétaire adjoint à Montréal Secrétaire adjoint à Québec Roger Dufresne Maurice Beaudry 326 est, boulevard Saint-Joseph.128, rue Sainte-Anne.BUREAU DE COLLABORATION MM.P.-R.Archambault, Maurice Beaudry, P.Bourgeois, A.Cantero, Roland Cauchon, Fernand Charest, C.-E.Côté, René Dandurand, Paul David, F.-X.Demers, R.Doré, Guy Drouin, Paul Dumas, Origène Dufresne, Roger Dufresne, Roland Dussault, H.Gélinas, A.Gratton, Pierre Jobin, V.Latraverse, Rosaire Lauzer, Sylvio Leblond, J.LeSage, Léon Longtin, Emile Maranda, J.-P.Paquette, Antoine Pettigrew, Germain Pinsonneault, M.Plamondon, P.Poirier, J.-L.Riopelle, L.-P.Roy, Henri Smith, Félix Têtu, Malcolm Vachon, Norbert Vézina. PAR LES VITAMINES DU GROUPE B, OUTRE LES VITAMINES C ET D ps COMPRIMES INDICATIONS Dans les affections énumérées ci-dessous, il y a, ou il peut y avoir, dans la ration alimentaire, absence ou insuffisance des vitamines indispensables.Un complément est donc indiqué.ESTRICTIONS DU REGIME: ulcére simple de I'estomac, colite, diabéte sucré, alcoolisme chronique, pgimes irrationnels, anorexie nerveuse, cardiopathies, néphrite, sénescence.|BSORPTION ANORMALE: colite, maladie de Gee, dysenterie, cardiopathies avancées.{AS HORS DE L'ORDINAIRE: hyperthyroidie, infections aigués, avant et après une opération, rossesse et lactation, affections débilitantes (tuberculose, arthrite, asthme chronique, etc.).HAL DES RAYONS: Prophylaxie du mal des irradiations pénétrantes (Béclère) \u2014 commencer administration de comprimés de \u201cBeforte\u201d 3 ou 4 jours avant le traitement par les rayons X { .° 7\u2019 .vu par le radium, et la continuer pendant toute la durée de ce traitement.\u2018COMPRIMES DE \u201cBEFORTE\u201d S.C.T.No 360 \"Eros FORMULE \u201cBEFORTE\u201d LIQUIDE Un concentré de levure de bière - 150 mg.z x z Eau pS Vitamine B:1 (chlorhydrate de thiamine) 3 mg.Chaque cuillerée a fhe equivaut i (1000 unités int.) 1 comprimé de Be orte, moins la Riboflavine (vitamine B2) - - 2 mg.vitamine C.Niacinamide - - - - - 12% mg.\u2018Chlorhydrate de pyridoxine (vitamine Bg) 1 mg.Le \u201cBeforte\u201d liquide etles solutions sirupeuses 1)-pantothénate de calcium - 5 mg.étant compatibles, on peut l'employer com- Vitamine D_ - - - - 500 unités int.me véhicule (riche en vitamines et de goût Vitamine C (acide ascorbique) - - 25 mo.agréable) pour certains médicaments solubles dans le sirop simple \u2014 les bromures, «e rôle que ces vitamines (i.e., la pyridoxine et le d-pantothénate de calcium) jouent dans la nutrition humaine n'est pas encore déter- DOSE: de 1 à 2 cuillerées à thé par jour.iminée., PRESENTATION: flacons de 4 et 8 onces.par exemple.JOSE: de 1 a 3 comprimés par jour.RESENTATION: flacons de 30, 100 et 500 \"ALARINO\" TN RNIN NS + nee x NK iS a WT wit, Combinee avec aluminium, la glycine (un des .« 2 2 3.acides amines) nous apporte un nouveau medi- e e \u2019 ment, d\u2019une grande utilite C'est aux recherches de Krantz, Kibler et Bell que nous sommes redevables de l'Alamino.Ils ont constate qu'un sel d'aluminium d'un acide aminé (la glycine, par exemple) avait un double effet: (a) une combinaison immédiate avec un acide par le groupe des aminés de l'acide aminé, et (b) une action secondaire, anti-acide et prolongée, causée par la décomposition du sel d'aluminium, la concentration des ions acides H du contenu gastro-intestinal étant ainsi stabilisée entre pH4 et 5.L'effica- cacité de l'Alamino a été abondamment démontrée par des épreuves pharmacologiques et cliniques conduites au Canada et aux Etats-Unis. L'UNION MÉDICALE DU CANADA\u2014BurLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal mars 1947 \"ALAMINO OFFRE 5 AVANTAGES DISTINCTS: 1.Action thérapeutique rapide \u2014 prompt soulagement de la douleur dans les cas d'ulcère simple de l'estomac (sans complications).2.Action anti-acide prolongée, sans risque d'alcalose.3.Forte capacité déchlorhydrante avec teneur minimum en aluminium (40 p.100 de moins que l'hydroxide d'aluminium desséché), rendue possible par sa combinaison chimique (unique en son genre) avec la glycine.4.Désagrégation rapide et dispersion immédiate dans le contenu de l'estomac.5.Petits comprimés de goût agréable, pouvant être ingérés sans mastication préalable.Ils tiennent peu de place dans le gousset ou le sac à main.\u201d\u201d wr \u201cALAMINO C.T.No 381 \"érosst Chaque comprimé contient: Glycinate d'aluminium - - - - - - - - - - - 7.7 gr.(0.5 g) \u201cALAMINO\u201d\u2019 COMPOSE C.T.No 382 \"Shoot Chaque comprimé contient: Glycinate d'aluminium - - - - - - - - - - - 77 gr.(0.5 g) Sulfate d'atropine - - - - - - - - - - 1/500 gr.(0.13 mg) \u2018Noctinal\u2019 (Sodium ethyl sec.-butyl barbiturate \"Srosst\u2019) - 1/4 gr.( 16 mg) DOSE: 1 ou 2 comprimés, une ou deux heures aprés les repas et au coucher.PRESENTATION: flacons de 50, 100 et 500 comprimés.& Froost &Co. DOULEURS CARDIAQUES causées par ta STÉNOSE DES CORONAIRES, de l'ASTHME NON SPÉCIFIQUE, de la COLIQUE HÉPATIQUE COMPRIMÉS DE \u201cTHEOLAMINE\u201d \u201cThéolamine\u2019 et \u2018\u201cNoctinal\u201d\u2019 E.C.T.No 412 \"Son! (Enrobage entérique) Théolamine.3gr.(0.2 G.) *Noctinal .Va gr.(32 mg.) *Sodium ethyl sec.-butyl barbiturate \u201c&rossl\u2019 Un comprimé 3 fois par jour \u2018\u201cThéolamine\u201d C.C.T.No 313 \u2018Sos (Enrobage de chocolat) Ma gr.(0.1 G.) Théolamine.\u2018Théolamine\u2019\u2019 et Phénobarbital C.C.T.No 326 \"Sroos (Enrobage de chocolat) Théolamine.Ma gr.(0.1 G.) Phénobarbital.1/4 gr.(16 mg.) Dose: 1 ou 2 comprimés 3 fois par jour.100 et 500 Présentation: flacons de comprimés.AMPOULES DE \u201cTHEOLAMINE\u201d Ampoule No 541 \"Sos! Théolamine.71/2 grains Eau distillée .(0.59) q.s.pour obtenir 10 cc.Dose: injecter lentement (3-5 minutes) 10 cm3 par voie intraveineuse; répêter toutes les 6 heures au besoin.Présentation: boîtes de 6 et 25 ampoules.Envoi d\u2019une liste complète des formules à la demande des intéressés.LA DIAMINE ETHYLENIQUE DE THÉOPHYLLINE (AMINOPHYLLINE \"SFioagf\") $ LY oe & 1.L'administration de \u2018\u2018Théolamine\u201d a pour résultat de dilater les artères coronaires en augmentant le cours du sang à travers le muscle du coeur.L'hypémie cardiaque est ainsi soulagée et les limites de \u2018l'effort sans douleur\u201d conséquemment reculées.La \u2018Théolamine\u201d est promptement absorbée; son effet persiste pendant plusieurs heures.Outre qu'elle dilate les coronaires la \u201cThéolamine\u201d\u2019 est aussi un puissant divré- tique.Dans les cas d\u2019affaiblissement des battements cardiaques, la \u201cThéola- mine\u201d et la digitale activent la circulation dans les coronaires, favorisent l'économie de l'effort du muscle du coeur, et facilitent la sécrétion urinaire.Apparemment, cette combinaison de \u201cThéolamine\u201d et de petites quantités de digitale est plus efficace que l'un ou l'autre de ces médicaments administré seul.L'addition d'une faible dose de phénobarbital agit utilement en calmant le sujet anxieux et agité.La \u2018\u201cThéolamine\u201d additionnée de \u201cNoctinal\u201d\u2019 est particulièrement recommandée dans les cas où l\u2019on doit se méfier d'une sédation excessive.L'enrobage gastrique prévient toute irritation gastrique.2.La \u201cThéolamine\u201d est aussi un puissant dilatateur des petites bronches et des bronchioles.Une seule injection intraveineuse de 0.5 gramme de \u201cThéolamine\u201d procurera un soulagement remarquable, persistant jusquà six heures, dans les cas d'asthme réfractaire à l'épinéphrine.Dans les cas moins aigus, l\u2019administration régulière de \u2018\u2019Dilamine\u201d (E.C.T.No 414 \"&rost\") peut être prophylactique et calmer les crises de dyspnée paroxystique.3.L'injection intraveineuse de 0.5 gramme de \u201cThéolamine\u201d soulage la douleur de la colique hépatique plus efficacement que toute autre méthode employée jusqu'iciL On peut logiquement supposer que la \u201cThéolamine\u201d relâche les principales voies biliaires et le sphincter d'Oddi, ce qui facilite la migration du calcul dans le duodénum. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 XIII TRINITRINE, SCILLE, PHENYLETHYLMALONYLUREE CRISES d\u2019Angor, d\u2019Hypertension paroxystique, de Tachycardie paroxystique, d\u2019Asthme, d\u2019Aérogas- trie, d\u2019Aérocolie, des Faux Cardiaques, le Hoquet, les Quintes de Toux.Les dragées de SCILLITRINE renfermant un noyau mou l\u2019absorption a lieu instantanément à travers la muqueuse buccale et l\u2019action est immédiate lorsqu\u2019on les croque lentement. XIV L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Bulletin de l'Association des (Médecins de Langue Francaise du Canada Fondée à Québec en 1902 L'Union (Dédicale ou Canada ADMINISTRATION OFFICIERS Président: A.Bertrand Vice-présidents: Richard Gaudet et Jean Saucier Secrétaire-trésorier: J.-A.Vidal COMITÉ EXÉCUTIF MM.A.Bertrand, R.Amyot, J.-A.Vidal, D.Marion, Richard Gaudet.COMITE DE PUBLICITE MM.R.Amyot, D.Marion, J.-A.Vidal.CORRESPONDANTS MM.À.Plichet (Paris); L.-P.Phaneuf (Boston); Charles P.Mathé (San Francisco); A.Fontaine (Woonsocket); J.-H.Lapointe, J.-E.Gaulin, L.Mantha (Ottawa); .L.-F.Dubé (Notre-Daine-du-Lac); Eug.Tremblay (Chicoutimi); P.Bertrand, R.Gaudet (Sherbrooke); Aug.Panneton, J.-A.Denoncourt (Trois-Rivieres); D.Collin (Saint-Boniface); L.-P.Mousseau (Edmonton).Le Président, le Rédacteur en chef et le Secrétaire-trésorier sont, \"ex-officio\", membres de tous les comités.Publicité: Jacques D.Clerk, 326 est, blvd Saint-Joseph.LAncaster 9888.ea re a SHES LYITE Nom Déposé ACIDE FOLIQUE Lederle TRAITEMENT DES ANEMIES MEGALOCYTAIRES Cette substance extraordinaire dont l\u2019action sur la maturation des hématies est spécifique, est maintenant indiquée dans tous les cas de sprue et dans les anémies mégalocytaires de la grossesse, de l\u2019enfance et de la pellagre.Dans l\u2019anémie pernicieuse, l\u2019acide folique administré avec des extraits de foie peut se montrer supérieur à l\u2019un ou l\u2019autre de ces deux médicaments administré isolément.ADMINISTRATION PAR VOIE BUCCALE Adultes \u2014 5 à 20 mg.par jour, en doses fractionnées.Enfants (de tout âge) \u2014 5 à 10 mg.par jour.Les cas réfractaires peuvent réclamer des doses plus fortes.ADMINISTRATION PAR INJECTION On recommande cette forme d\u2019administration de l\u2019acide folique dans les anémies mégalocytaires si la maladie est grave et résiste au traitement, ou si l\u2019absorption gastro-intestinale est défectueuse.L\u2019administration de ce produit doit se faire par injection intramusculaire aux niveaux suivants: Adultes \u2014 15 mg.une fois par jour.Enfants (de tout âge) \u2014 15 mg.une fois par jour.DOSE D'ENTRETIEN Lorsque les symptômes cliniques sont disparus et que le tableau sanguin est redevenu normal, on recommande une dose d\u2019entretien égale à la moitié de la dose recommandée plus haut, mais toujours d\u2019au moins 5 mg.par jour.Les malades devraient être étroitement surveillés, et dans le cas de menace de rechute la dose d\u2019entretien devrait être ajustée.PRÉSENTATION COMPRIMÉS Tubes de 25 et flacons de 100 comprimés, 5 mg.chacun.SOLUTION Ampoules de 1 cc, 15 mg.par cc.LEDERLE LABORATORIES DIVISION NORTH AMERICAN CYANAMID LIMITED 1396, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST MONTREAL 25, P.Qué. XVI L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 OFFICIERS DE l'Association des (Médecins de Langue.Française ou Canada Fondée à Québec en 1902 e DIRECTEUR GÉNÉRAL HONORAIRE R.-E.VALIN 165 est, rue Laurier, Ottawa.DIRECTEUR GÉNÉRAL EXÉCUTIF DE L'ASSOCIATION Donatien MARION, Donatien MARION, Montréal.326 est, boul.StJoseph Hermile TRUDEL, Montréal Montréal.; \u2019 ° .Chs VEZINA, Québec.SECRETAIRE-TRESORIER GENERAL L-A.RICHARD, Ottawa Hermile TRUDEL, J.-A.VIDAL, Montréal.1990 est, rue Rachel J.-A.LECOURS, Ottawa Montréal.J.-E.PERRAS, Hull © COMITÉ DU XIXe CONGRÈS L.-A, RICHARD, président.J.-A.VIDAL, ler Vice-président.A.FONTAINE, 5e Vice-président.Richard GAUDET, 2e \" G.LACASSE, sen., be \" 1.-A.DENONCOURT, 3e \u201c J.-A.LECOURS, Secrétaire.J.-B.JOBIN, 4e \" J.-E.PERRAS, Trésorier.° ANCIENS PRÉSIDENTS Albert LeSAGE, Albert PAQUET, J.-A.JARRY, J.-H.LAPOINTE, Chs-N.DeBLOIS, Chs VEZINA.© MEMBRES DU CONSEIL AMYOT, Roma, 454 est, rue Sherbrooke, Montréal .1950 LACHARITE, nimes, St-Célestin, P.O.1948 ARCHAMBAULT, Gérard, Henryville, P.Q ee ee es 1948 LAFRAMBOISE, J.- 692, St-Patrice, Ottawa .1950 BAILLY, Roland, St-Pie de Bagot, P.Q.1948 LAROCHELLE, 1.IM Manchester, N.H.1948 BEAUCHEMIN, -0., Calgary, Alberta .1950 LEBEL, M.- 3646, Laval, Montréal .1948 BELIVEAU, , Méihsgan, N-E.1948 LEMIEUX, je 17, Ste-Ursule, Québec .1948 BIBAUD, B., P Valleyfield P .Q.2020 20 4444220 1948 MANSEAU, Cchrges, 244a, rue Principale, Ville St- BLAIN, Emile, 3464, St-Denis, Montréal .1948 Laurent, Bs Q.«oo 194 BLANCHET, Roméo, 54, avenue Laurier, Québec .1948 MICHAUD, R., Moose Jaw, Saskatchewan .1950 BOHEMIER.Anatole,\u201d 3425, rue St-Hubert, Montréal .1918 MILOT, J.-D., 1017, Stafford Road, Fall River .1948 BONIN, Wilbrod, 2620, boul.Pie IX, Montréal .1950 MORRISSETTE, Pierre, St-Georges, Beauce, P.Q.1948 BROUSSEAU, L.-P., Malartic, P.QO.1950 PELLETIER, A., Winchendon, Mass.1950 CARON, Sylvio, | Master Québec .1948 PERRON, Jos., Shawinigan Falls, P.Q.1950 CHOLETTE, A.145] est, boul.St- Joseph, Montréal .1950 PIETTE, Edmond, Joliette, P.Q.1950 COUTURIER, Alphonse Rivière-du- Loup, P.Q.195¢ POWERS, 11, Front, Hull, P.Q.1950 D'ARGENCOURT, Guy, Drummondville, P.O.! 1950 RIOUX, J.Erle, \u2018Ste-Anne-des-Monts, P.Q.1950 DESMEULES, Roland, 167, Grande- Allée, Québec .1048 SMITH.Pierre.300, carré St-Louis, Montréal 2120 1948 DOMINGUE, Albert, Granb by, P.DUBE, Edmond, 6055, St-Denis, Montréal .1950 TANGUAY, R., Sudbury, Ont.| 1950 GAUTHIER, C.-A., 531, St-Louis, Québec 11110 1950 TETRAULT, Adélard, 329, Laviolette, T.-Riviéres, P.Q 1950 GAUTHIER, Henri- E., Woonsocket, R.1959 THIBAULT, Eugène, \"4070, boul.Lasalle, Verdun, P.Q.1950 JOANNETTE, Albert, Ste- Agathe- des- Morits, P.0.1948 VIAU, Horace, 467, Rideau, Ottawa ee eee ee 1950 LACHANCE, Wilfrid, Chicoutimi, P.Q.1948 0.1.210 1948 SORMANY, Albert, Edmunston, N.-B.1950 117s PAS D'ÉPROUVETTES - PAS DE DOSAGE PAS D'ÉBULLITION Les diabétiques accueilleront avec plaisir l'épreuve \u2018\u2018Eclair\u201d (réactif sec prêt à utiliser), en raison de sa simplicité et de sa facilité d'emploi.Pas d'éprouvettes, pas d'ébullition, pas de dosage ; simplement un peu de poudre, un peu d\u2019urine \u2014 s\u2019il y a présence de sucre ou d\u2019acétone, la modification de couleur se produit à l'instant.Galatest Réactif à l'Acétone ve POUR LA RECHERCHE DU SUCRE POUR LA RECHERCHE DE L\u2019ACÉTONE DANS L\u2019URINE DANS L\u2019URINE LA MEME SIMPLE METHODE POUR LES DEUX EPREUVES 1.UN PEU DE POUDRE 2.UN PEU D'URINE MODIFICATION DE COULEUR INSTANTANÉE Nécessaire contenant une fiole de réactif d\u2019acétone (Denco) et une fiole de Calatest maintenant disponible.Très commode pour la trousse du médecin ou du diabétique.Le nécessaire contient aussi un stilligoutte médical et une échelle des couleurs.Ce nécessaire si commode ou les fioles de rechange sont en vente à toutes les pharmacies d'ordonnances et chez les marchands d'instruments chirurgicaux.Accepté pour publicité dans le \u201cJournal of the American Medical Association\u201d.NOTICES DESCRIPTIVES SUR DEMANDE 5) quelle est la preuve objective t de NN Co) A r 1.Steck, I.E.: Clinical Experience in the Treat- 3.Levinthal, D.H.and Logan, C.E.: The Or- IR ment of Arthritis with Massive Doses of Vita- thopedic and Medical Management of Arthri- ! min D, II.Med.J., 71:243 (March) 1937 tis, Journal Lancet, 63:48 (Feb.) 1943.: 2.Tracger, C.H., Squires, W.H.and Rudd, E.: 4.Horwitz, H.and Joseph, N.R.: Prolonged Therapeutic Value of Electrically Activated Youn 1zed Ergosterol, Indust.Med., 14:202 (March) 1945.|.Observation on a Group of Arthritic Patients, ) Indust.Med., 15:100 (Feb.) 1946. | la stéroïdothérapie dans l'arthrite Pour évaluer d\u2019une façon satisfaisante la réaction du malade à la stéroïdo- thérapie par l\u2019Ertron, les découvertes objectives des chercheurs offrent un grand intérêt.RÉSULTATS OBJECTIFS OBTENUS PAR L\u2019ERTRON Tuméfaction \u2014 Comme preuve de l'effet favorable de l'Ertron, on rapporta bientôt une diminution de la tuméfaction *.Les radiographies démontrèrent que ce résultat se manifestait par l'atténuation de l'épanchement?dans les articulations et la diminution de la tuméfaction des tissus mous 2.| Activité \u2014 L\u2019action générale de l\u2019Ertron se manifeste par l\u2019amélioration de la tonicité musculaire, constatée par la lecture * de l\u2019enregistrement par le test dynamométrique au cours du traitement.Mobilité \u2014 L'augmentation de la mobilité passive et active 5°\" des articulations atteintes est marquée chez les malades Ertronisés.| Poids \u2014 Chez les individus amaigris, asthéniques, l\u2019augmentation du poids accompagnée d\u2019un meilleur appétit constitue la preuve de l\u2019action générale de I'Ertron.\"ERTRON mm ten a oe AE et bas.te - 1 L\u2019action thérapeutique distinctive de I\u2019Ertron s'explique par sa composition chimique unique.La méthode d\u2019activation employée dans la préparation de l\u2019Ertron conduit à la formation d\u2019un complexe contenant des facteurs qui n\u2019avaient pas encore été reconnus et qui font partie du groupe des stéroïdes.La séparation de ces corps à l\u2019état pur et leur identification ont confirmé que l\u2019Ertron est unique au point de vue chimique et qu\u2019il est formé d\u2019un complexe stéroïde.Présenté en flacons de 50, 100 et 500 capsules.Chaque capsule contient cinq milligrammes de produits d'activation titrés biologiquement à une activité antirachitique de cinquante mille unités internationales.Aussi sous forme injectable, en boîtes de 6 ampoules de 1 cc.Publicité exclusivement médicale.Ertron est le nom déposé d\u2019un produit fabriqué par les Nutrition Research Laboratories, Chicago, U.S.A.Concessionnaires pour le Canada: LAURENTIAN AGENCIES, REG\u2019D., MONTREAL, P.Q.| Livingston, 8.K.: Vitamin D and Fever Therapy in Chronic Arthritis, Arch.Phys.Therapy, 17:704 (Nov.) 1936.7.Farley, R.T.: The Treatment of Arthritis with Massive Dosage Vitamin D, J.Am.Inst.Homeop., 31:405 (July) 1938.FPA { Snyder, R.G., Squires, W.H., Forster, J.W., 8.Snyder, R.G., Squires, W.H.and Forster, J.Traeger, C.H.and Wagner, L.C.: Treatment of Two Hundred Cases of Chronic Arthritis with Electrically Activated Vaporized Sterol, Indust.Med., 11:295 (July) 1942.W.: A Six-Year Study of Arthritis Therapy \u2014 with Special Reference to the Pharmacology, Toxicology and Therapeutics, Indust.Med., 12:291 (May) 1943. XX L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 TRAITEMENT DE LA TOUX SUPPOSITOIRES FORMULE: Carbonate de gaiacol Aminophilline Succinate de Benzyl et Sodium Sulfogaïacolate de Potassium Camphosulfonate de Sodium Vitamine B, Deux formules: Enfant \u2014 Adulte Présentation : Boîtes de 12 suppositoires Les suppositoires RECTOCRINE sont préparés sous la surveillance et le contrôle immédiat de: Charles Laurin, B.A., B.Ph., Léopold Bergeron, B.A., B.Ph., Assistant bactériologiste, Marcel Daoust, B.A., B.Ph., Jean-E.Perras, L.Sc., M.C.I.C., Pharmaciens, Chimistes, Analystes, et Biochimistes, Tous diplômés de l\u2019Université de Montréal.Echantillons sur demande à Messieurs les Médecins seulement.Spécialité du Laboratoire (ASGRAIN & [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MÉDICAL a \u2019 THERAVITE - pour l\u2019usage thérapeutique Doses massives de neuf différents facteurs vitaminiques pour traiter les carences aiguës.Les capsules de \u201cThéravite\u201d, No 238, sont présentées en bouteilles de 30 et de 100.\"SUPPLAVITE - pour compléter le régime Doses prophylactiques de six différents facteurs vitaminiques pour le traitement des carences légères ou lorsque les besoins augmentent.Les Comprimés de \u201cSupplavite\u201d, No 833, sont présentés en bouteilles de 36, 100 et 500; la \u201cSupplavite\u201d Liquide, No 950, en bouteilles de 2 et 8 onces.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE - BIOLOGISTES ET PHARMACIENS - MONTRÉAL, CANADA Cort XVIII L'UNION MEDICALE DU CANADA\u2014BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014Montréal, mars 1947 Fu UR\u201d ps Ag yENIR AIDE A pENTRIRE LA CAR ENFANTS R 512 QIENCE SU GE É E CENTE 74 5% UNE RE DANS ceux À cant nla 32% Le nom édi ation été d ycun ries co wy Vaud\u201d 15% calcv ent fluorur NZ\\ U priv que de Che z cev amin ate ne 92 mg: piné © tion à enta 30 mg.g'enziflur int.d \\le Chaque um 00 uv galet \\le la 00 post tamin® Oo e \\ salive Vitam! el \\les gact rs, ssou pe # des à 2183 rface d.45° 40 g\u20140 n doit ver wt New Y ' \\ State at ob ep ob 50 de fluor.a ne a a mpr peaudet: ++ pré Ie x + parer ae ge ES 3% : * Gyre 5 % 3 4 ta 3% ju ) 19 \\ A : » woe?LIMITE 3 A 1 en RRIS pharm?ANADA es © ENNA gist mck A % < Foo rn rr bs L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Ale) La roue a de nouveau tourné! Aujourd'hui, l'emploi du sel ferreux, longtemps dévalorisé dans le traitement d'anémies d'insuffisance de fer, est réapparu et accepté presqu'universellement.S'il y a une variante dans les principes émis et pratiqués par Blaud, Niemeyer, Immerman et Osler, c'est que l'inclination moderne est vers un plus haut dosage.La tendance du fer inorganique, donné seul et en doses massives, à produire de l'irritation gastro-intestinale, fut une des raisons qui lui fit perdre la faveur du XXIII médecin.C'est avec cela en vue que la formule 'FERAD' 'Tabloid\u2019 contient assez de carbonate de sodium pour améliorer sensiblement la tolérance gastrique pour le sulphate ferreux et permet au médecin d'employer une thérapie du fer adouci.© TROLOID\" Mo.'TERAD' Chaque produit dragéifié contient: Sulfate ferreux, anhydre 3 grs.(Equivalent à 514 grs.de sulfate ferreux) P.B., carbonate de sodium , anhydre, 2 grs.- Flacons de 100 et 500 À *Ferad\u2019 et \u2018Tabloid\u2019 x sont des marques enregistrées :BURROUGHS WELLCOME & CO.(The Wellcome Foundation Ltd.) MONTREAL AMINO-VITOL contient les ingrédients indispensables à être administrés dans les déficiences protéiniques, les anémies symptomatiques, l'éffiaigrissement, et la perte , d'appéfit ainsi que \u2018drant \u2018les diètes sévères.Z AMINO-VITOL, contenant 10% d'acides aminés, pourra i.étre prescrit dans l'hypoprotéinémie.L'extrait de foie et le fer combattront la déglobulisation et les vitamines B I i Ê à.AMINO-VITOL | I 4%, y Laboratoire MAROIS Montréal stimuleront l'appétit et arrêteront l'amaigrissement.CONTIENT PAR 100 C.C.: Acides Aminés avec Tryptophane Ce ee ee.- - 10 grms Extrait de fole .5.417 grms.Hémoglobine .2202 212122111111 1 1.296 grms: Glycérophosphate de soude .| 0.864 arms Peptone .2212212 2 1 1 2 1 0 221 0.434 grms Sérum frais de cheval .11111112 134 gouttes Chlorure de thiamine \"'B,\" parce.42.210 0.158 mgms Riboflavine \u2018\u2019B:\u201d par ce.1.120201 012211 0.062 mgms POSOLOGIE Deux cuillerées à thé, trois ou quatre fois par jour.OX YCHOLINE TROUVE SON CHAMP D'ACTION DANS L'ENGORGEMENT DU FOIE, LA CHOLÉCYSTITE, LA LITHIASE ET LA CIRRHOSE BILIAIRES Dans l'insuffisance hépatique, le déficit biliaire doit tre compensé a cause de l'indigestion des gras.J agen puissant qui servira à la transformation de ces jerniers sera l'acide déoxycholique qui augmentera la secret on biliaire sans nuire à la vésicule.Il entre dams la propo lo d'un cinquième dans la sécrétion quotidienne d'acide biliaire.Nous joignons à son action celle de l'extrait de foie indiquée dans toutes les formes d'insuffisance hépatique légère secondaires aux infections et aux intoxications aiguës ou chroniques.Ne devra pas être prescrit dans l'hépatite aiguë et l'obstruction complète des conduits.POSOLOGIE: Un à deux comprimés deux ou trois fois par jour, après Tag repas. DÉCONGESTIF SANS RÉFLEXE La Néo-Synéphrine favorise une décongestion nasale rapide et prolongée sans réflexe.Lorsque la cause de la congestion est enrayée, on peut discontinuer l\u2019 emploi de la Néo-Synéphrine sans aggravation des symptômes.| em 2 NP JCC VIET TT ©.C J I 1}; 9 1) ROCr bls KR Io F Chlorhydrate de hydroxy-méthylamino-3-hydroxy éthylbenzéne lévogyre POUR LA DECONGESTION NASALE Présentation: Solution à 4% et 1%, en flacons de 1 once, aussi en gelée à 4%, en tube applicateur.of Canada, LU.Ata I.impart ore An WINDSOR + ONTARIO NEW YORK KANSAS CITY SAN FRANCISCO DETROIT, MICH.SYDNEY, AUSTRALIE AUCKLAND, N.-ZFLANDE DES FAITS CONCERNANT LA NEO-SYNEPHRINE we Décongestion nasale rapide et queuse © nasale.Le \u201ccentral.PT?prolongée par suite de là vaso- L\u2019action des cils vibratiles n\u2019est Indications: Dans le soulagement constriction locale conséeutive à l\u2019application topique.Efficacité non diminuée par des applications répétées.Application locale bien tolérée \u2014 les solutions sont isotoniques et quasi non irritantes pour la mu- sensiblement pas gênée.L\u2019absence presque complète d\u2019cf- fets fâcheux sur l'organisme élargit le champ d\u2019utilisation de la Néo-Synéphrine \u2014 son application provoque rarement une stimulation du système nerveux symptomatique du rhume banal, de la sinusite, des manifestations allergiques nasales et autres affections semblables.Mode d\u2019emploi: Soit au moyen du compte-gouttes, du vaporisateur ou du tampon.D'AUTRES FAITS vous SERONT ENVOYES AVEC PLAISIR SUR DEMANDE rs tn IE ores SON VTC Néo- \u2018sy néphrine\u2014Nom déposé aux Etats- Unis XXVI L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 DANS L'HYPERTENSION ARTERIELLE Détente BIENFAISANTE Dans le traitement de l\u2019hypertension artérielle, enseigner au malade la facon de se reposer est une question primordiale.Dans bien des cas, la tâche n\u2019est pas facile, mais on peut la faciliter en ajoutant aux conseils d\u2019un jugement sain l'administration du Théominal.Ce sédatif vaso-dilatateur à action lente contribue à diminuer graduellement l'hypertension et à amener une détente plus complète grâce à son action légèrement sédative.La dose ordinaire du Théominal est de 1 comprimé deux ou trois fois par jour; la dose peut être diminuée dès que se manifeste une amélioration.Chaque comprimé contient 5 grains de théobromine et 15 grain de Luminal*.POSOLOGIE: * Luminal (marque de commerce enregistrée), Winthrop Chemical Company, Ine., marque du phénobarbital.THEOMINAL Marque de commerce enregistrée aux Etats-Unis et au Canada.i PRÉSENTÉ EN FLACONS DE 25, 100 ET 500 COMPRIMÉS : WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.Produits pharmaceutiques de qualité pour le médecin ; Succursale au service de Administration et laboratoires: | MM.les médecins du Québec: 1019 ouest, rue Elliott ! Immeuble \u2018\u2019Dominion Square\u201d Windsor, Ontario.| Montréal. rs Poudre De Saveur CYA Preparation concentrée a75% \u2014 ATA ITS les.Acides roue essentiels \u2014 ce | chad SEL J Ch EN itemenÿ ze Aki vi gastriques\u201d MSIE LOT Tor d SEL neh FD > TH A oh pox LACE san +.le frâiter ment d\u2019 une ING MT pi 4 en flacon de 13 A dC SE hopital) 9, 0% o.C'qst un ad- ri LM con- ML TT TR pA CIT «1 US patient pl +l sue CL a toutes les CC NY, pha $Y par Je PIMOS LUE .Présenté\u2019 en flacon dé 4 /®onces, de 12 onces et EU CE TY (PE.hopital).as XL a br i \u2018eur ER g 10 ETL .io : CA EY coir \u2014 C 3 et ae 14 onces.\u2014 sex sas UC F2 NE] s 2.2 , 3 .2 a , vs À > wo Boy By I LE 3% Pd A AY a er o - Se 2 sy.i Se % > 0 * pe 23 7 J, us Pe Za & od, , + 2 4, pa, pe XXX pe une chimiothérapie locale des plus \u201c > = z Pr % ps rod 22e s des wy je Lp 2 & » .ES L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 XXXI fficaces dans les infections de l'oreille 1.CHAMP D'ACTION: efficace dans les affections de =.l\u2019oreille TANT aiguës QUE chroniques.| 2.{ POUVOIR ANTIBACTERIEN: possède une action \\ antibactérienne très puissante.3.DIFFUSIBILITÉ: pénètre plus profondément dans les \\ tissus infectés.4.) DÉBRIDEMENT PHYSIOLOGIQUE PLUS COMPLET: { en raison de son action chimique sur les tissus né- Crosés.5,! ANALGÉSIQUE: sans affaiblissement de l\u2019action des { sulfamidés.6.pH PHYSIOLOGIQUE: action presque neutre \u2014 non { Irritante.7.; DÉSODORISANT: enraye rapidement toute odeur malsaine engendrée par l\u2019écoulement purulent.L'Otomide White est composé de 5 pour cent de sulfa- nilamide, 10 pour cent d\u2019urée (carbamide) et de 3 pour cent de chlorobutanol anhydre, dans un véhicule glycériné spécial, exceptionnellement hygroscopique.Se vend en flacons compte-gouttes d\u2019une demi-once | (15 cc.) \u2014 sur ordonnance seulement./ ng h dres, dle Use \u201cJELONET\u201d LE PANSEMENT DE GAZE \u201cGELÉE DE PÉTROLE\u201d EST INDIQUÉ pour les greffes épidermiques, les fractures compliquées, les brûlures, etc., comme pansement non adhésif, pour susciter la granulation.Les mèches ouvertes facilitent la suppuration, assurent la ventilation aux greffes épidermiques, et à épithélium jeune, tout en causant le moins de traumatisme possible aux granulations.La saturation uniforme avec de la Gelée de Pétrole empêche les hausses sérieuses de température causées par l\u2019absorption de toxiques.Elle prévient aussi la dermatite secondaire de la peau environnante, provenant de l\u2019écoulement, et permet de s\u2019enlever facilement dans les cas de blessures profondes.\u201cJelonet\u201d est une gaze à mailles ouvertes, saturée uniformément de Gelée de Pétrole et de Baume du Pérou.Elle est emballée dans des contenants scellés de 36 pansements, stérilisés, prêts à servir immédiatement.Paquet spécial pour les hôpitaux: Longueurs continues de 8 verges.SMITH & NEPHEW 378 ouest, St-Paul, Montréal, P.Q.Fait en Angleterre par les fabricants de \"Elastoplast\u201d et de \"Gypsona\u201d T.J.SMITH & NEPHEW LTD., HULL. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.-\u2014 Montréal.mars 1947 XXXIIL Par 7 em ] pe suo # sex vue décortiqu® sic Binary © CONTAINS: CEE CR con a Hytochionide ça £12 i Prnsdonine Sud 3 proches.3 Abang Fantethouate TE ACERS BION iF = Istsitat i Born Vicars, A Shon Santini siyailiosng nts ; Le fas pci a Prana in sie i pe Coin commas et Por 3 fi # ANADA tam NTR orson, SAL me ey Wa Le [re Les autres facteurs sont aussi importants p F / a a k 4 K, Az Les magnifiques résultats obtenus grâce à la thérapeutique de la vitamine B sont dus à l\u2019action combinée de nombreux constituants dont quelques-uns bien connus et d\u2019autres non encore identifiés.L\u2019engouement sans cesse croissant pour la thérapeutique par la vitamine naturelle B-complexe n\u2019a d\u2019égal que le principe de plus en plus admis que les carences en vitamine B sont d\u2019ordinaire multiples.B-PLEX Wyeth est un extrait aqueux de riz non décortiqué\u2014une des sources naturelles les plus riches du B-complexe \u2014Equilibré biologiquement! par l\u2019addition de facteurs B cristallisés.B-PLEX fournit le chlorhydrate de thiamine, la riboflavine et la niacine dans la proportion de 1:2:10° PLUS des quantités adéquates de pyridoxine, d\u2019acide pantothénique PLUS les facteurs non identifiés qui existent à l\u2019état naturel dans l\u2019extrait de riz non décortiqué.! L'évaluation des préparations de la vitamine B-com- Bureau de Pharmacie et de Chimie et Bureau des plexe.Mai, 1942.Aliments et de la Nutrition.J.A.M.A.119-12-948.Nom Déposé au Canada JOHN WYETH & BROTHER (CANADA) LIMITED e WALKERVILLE, ONTARIO CA A EAI pat a PENICILLINE DANS L'HUILE ET LA CIRE (ormure ve romansen Maintenant dans le commerce, le nécessaire sûr.commode pour injection avec la seringue Tubex » » * - e La plupart des cas de gonorrhée sont guéris par une injection unique, e Les injections à pneumocoques, à streptocoques et à « - .« v - staphylocoques cèdent d\u2019ordinaire à un ou deux Tubex par jour.e Les taux thérapeutiques dans le sang sont maintenus durant vingtquatre heures chez la plupart des patients.L'ensemble Tubex associe la commodité à la sécurité.Par le jeu d\u2019une pression négative (par aspirateur) il est facile de s'assurer avant l'injection qu\u2019on n\u2019a pas pénétré dans un vaisseau sanguin.Boîtes de 6 Tubex (1 cc.) avec seringue Tubex et 6 aiguilles Tubex.Chaque comprimé contient une dose unique de 300.000 unités internationale de péuicilline calcique desséchée dans de l\u2019huile d\u2019arachide avec 4.8% de cire d'abeille.On peut se procurer un seul Tubex avec une aiguille.5 : Mode d'emploi avec chaque emballage.Nom Déposé au Canada JOHN WYETH & BROTHER (CANADA) LIMITED,:s + WALKERVILLE, ONTARIO \u2014 \u2014 res = RIE SR AERA 7 5 oN = ; a - TW i = RN 2 NY 2 = Ge x SY = i = gr SL WY = Se RN a AR SH Sia = S se A SR S se = = se sn = x = RN = = a in 2 WR = = CE AR RN = cs Se = = 2X = 7 - Na i 2 Gi ii: ss % BN a = = = 3 Sy Ro EH A se see = en a = on se 2.Ro: Se 5 Ge a 2 5 RS ee.e E SE 7: AN a % 7 Ë = = x RN Sg 2 i %; - 2; = 2 2 G2 2 RN Be x su 2 %; AR XW oR SR 7% 2 7 A Sh se Sn 2 .i = = RS LA CR 2 ses es sx SNS se es \u201c oN i a & L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 Br - = Sa > dr = is Zi NS SE BE => a LLT 4 \u2018 x 5 = be 2 22 = SX =.=> x > a cs es AF eR == 4 se 2 es i 7 8 SR = a 8 Péri a 25m TIN A.M.L.F.C.Ea 5 x De se 4; 7 a 2 2 3 2 SE 2 4 = a Si 3% 2 see se = SN = SE: = es 2 GE a SE = 5 S = 2 : a & SE 2 a 5 po a i 35 x io: Montréal, mars 1947 = 5 ss 3 = 2 SE i | oo 2 A us ca 1XXXV LXXXVI L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AMLF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Spartoval Isovalerianate Neutre de Spartéine SEDATIF CARDIO .-VASCULAIRE ANTISPASMODIQUE Dragees de Spartoval (dosees a O gr, 05,) 2 à 6 par jour.7 Ethylphenylbarbiturate Neutre de Spartéine NEURO-SEDATIF & HYPNOGENE «EQUILIBRANT» du Système nerveux végetatif Dragées de Génistenal (0.035 d'éthylphenylmalonyluree et 0.015 de sparteine).\\ Adultes: 1 à 6 dragées par jour.\u2014 Enfants: 14 a 4 LABORATOIRES CLIN, COMAR & CIE, PARIS Agents.pour .le Canada: VINANT .Ltée\u201d 200, rue Vallée, MONTREAL -\u2014 Ty + «ev oe \u2019 CEE .a +\".» \u2018Pen as» .» . L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN PR Eee OUS LES MEDECINS EN PARLENT!.: La science médicale fait une autre avance considérable avec la mise au point de la THERAPEUTIQUE UL- CAP! .le nouveau traitement acide des ulcères peptiques.ULCAPS contiennent les principes actifs en vue du soulagement et de la cicatrisation de l\u2019ulcère peptique .ils ne gênent aucunement l\u2019action des glandes à sécrétion acide de l\u2019estomac, mais sont plutôt susceptibles de protéger et cicatriser, quel que soit le niveau d\u2019acidité de cet organe.Si vous désirez être au courant de la discussion soulevée par ULCAPS dans les cercles médicaux, demandez un exemplaire de la brochure de 36 pages intitulée « Traitement acide des ul- céres peptiques» .renfermant une étude tres élaborée de plus de 200 observations ainsi que des radiographies préparées par des radiologistes bien connus.Distributeurs pour la province de Québec: MILLET, ROUX & CIE LIMITÉE MONTRÉAL - P.Q.A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 XXXVII XXXVIII L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 1e |] RILODF a je \u201c ANTI-URIQUE TYPE\u201d CE Gé CC gi 2 à 4 cuillerées à caté par jour.LABORATOIRES DE LA PIPÉRAZINE MIDY - PARIS Agents pour le Canada: VINANT Ltée, 200, rue Vallée, MONTRÉAL RHINAMIDE Affections des Fosses Nasales du Rhino-Pharynx Composition: Sulfanilamide \u2014 Ephédrine \u2014 Ultracaine.Propriétés: Solution antiseptique et décongestive des fosses nasales du Rhino- Pharynx et de leurs annexes.Indications: Obstruction nasale, coryzas, rhinites simples et purulentes, pharynoites, écoulements d'oreilles, otites.sinusite (maxillaire et frontale).Mode d\u2019emploi: Instillations avec compte-gouttes cing & six fois par jour dans les narines, ainsi que dans le conduit auditif, suivant l'affection, à raison de 4 à 5 gouttes par instillation.Egalement en pulvérisations.Toujours suivre les indications du médecin.Présentation : Flacon compte-gouttes de 30 cc.Laboratoires A.BAILLY - Paris Agents pour le Canada: VINANT Limitée, 200, rue Vallée, MONTRÉAL.\u2014\u201c\u2014\u201d\u2014\u201c\u2014 WB NEW YORK F 3 \u2014\u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 + \u2014 .À ,.\"La déplétion des réserves de protéines offre une menace constante au cours d\u2019une fièvre et, dans plusieurs cas, l\u2019alimentation seule est insuffisante pour compenser la perte accrue des matières azotées.L'administration de la Parénamine par voie parentérale rétablit et maintient efficacement l\u2019équilibre des matières azotées dans la plupart des cas; ainsi, cette préparation accélère la guérison \u2014 contribue à bien préparer le malade à l'intervention chirurgicale et abrège la convalescence.l\u2019arenamme Acides Aminés INJECTABLES Stearns DANS LES ETATS DE CARENCE PROTEINIQUE frederick KANSAS CITY SAN FRAN CISCO PAREN : Li (AMINO ACIDS) | | ag sowtio 15% | Présentée en flacons de 100 cc.avec caPsule de caoutchouc.tea TN SS ou / of Canade, Lil WINDSOR * ONTARIO DE \u201cTROIT, MICH.te mtg ows ens DES FAITS CONCERNANT LA PARENAMINE ! La Parénamine est une \u2018solution stérile à 15% d\u2019un mélange de tous les acides aminés reconnus essentiels à la nutrition humaine.Administration: Par voies intraveineuse, sous-cutanée ou intra- sternale.La Parénamine est assidiment contrôlée par des expériences de SYDNEY, AUSTR ALIE se meme ee oa + pe ue me \u2014 laboratoire, des épreuves sur l\u2019animal et par l\u2019injection de doses thérapeutiques maxima pour s\u2019assurer de sa stéri ité et de l\u2019absence de pyrogènos.Indications: Dans les déficiences protéiniques et les cas de restriction alimentaire, les besoins accrus ou la perte excessive de protéines.Elle est particulièrement avantageuse dans le traitement pré et post-opératoire, dans la grossesse, les brûlures graves.la cicatrisation lente.les troubles gastro-intestinaux, la cirrhose, la néphrite.les états fébriles et autres cas de métabolisme excessif.Sorters AUTRES FAITS ET EXTRAITS \u201cDE TRAVAUX CLINIQUES ENVOYES SUR DEMANDE XXXIX QUAND LES FLAMMES D'UN MÉTABOLISME EXCESSIF S'ALIMENTENT AUX DÉPENS DES PROTÉINES -DE L'ORGANISME \u2026 AUCKLAND, N.-ZÉLANDE + 3 > Parenamine\u2014Nom \u201cdéposé aux Eta Etats-Unis XL L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 NOUS ANNONÇONS 2p name 3.4-bis-(m-méthyl-p-propionoxyphényl) hexane CSTROGÈNE SYNTHÉTIQUE ACTIF PAR VOIE BUCCALE Les médecins disposent maintenant d\u2019une œstrogénothérapie économique ne comportant pas de risque de gêner la malade ou de ne procurer qu\u2019un soulagement incomplet des symptômes ménopausiques.AVANTAGES MARQUANTS @ Soulage promptement les symptômes ménopausiques.Redonne une sensation de bien-être.@ N'occasionne virtuellement pas de réactions désagréables.@ Est exceptionnellement économique.Des études cliniques étendues dans des centres médicaux renommés attestent l'activité œstrogène et la sûreté clinique du Méprane.Dans un groupe de cas nombreux, on a rapporté un prompt soulagement des symptômes de la ménopause, et les malades éprouvaient généralement une rémission partielle de leurs symptômes dès les premiers jours du traitement.Les réactions désagréables étaient virtuellement inexistantes.PosoLOGIE: Dans la ménopause, traitement d'attaque\u20143 comprimés par jour; traitement d'entretien\u2014I à 2 comprimés par jour.PRÉSENTATION: Boîtes de 30 et de 100 comprimés de ! mg.(1/65 de grain), emballés individuellement.Notices et échantillons sur demande./ Lphane ®@ POUR LE BIEN-ÊTRE DURANT LA MÉNOPAUSE REED & CARNRICK (CANADA) LTD.TORONTO, ONTARIO, CANADA UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 40 Architecte Eminent.Il établit les plans des villes de demain .mais son alimentation n\u2019est pas affranchie des notions fausses d'hier.Tout comme d'innombrables autres gens affairés, son régime est dicté par la négligence, l'indifference et le choix de repas qui lui \u2018\u2019épargnent\u201d du temps.Il en résulte inévitablement qu'il va grossir les rangs de la foule de ceux qui contri- | buent à la fréquence, malheureusement beaucoup trop élevée, des hypovitaminoses subcliniques : | personnes hantées par des idées fantaisistes sur l'alimentation, gros fumeurs chez qui l'abus du tabac émousse l'appétit, individus qui ont des aversions très prononcées et déraisonnées pour certaines nourritures, personnes mal avisées qui s'imposent des régimes amaigrissants ou dits \u2018de beauté\u201d.sédentaires qui, à cause de leurs faibles besoins énergétiques et de leur manque d'appétit, ne mangent pas suffisamment.Dans les cas de ce genre, on pense naturellement en premier lieu à corriger l'alimentation, mais beaucoup de médecins prescrivent en outre une bonne préparation vitaminique .- un produit Abbott.Ils spécifient le nom Abbott afin d'être assurés que leurs malades regoivent bien les quantités voulues de vitamines.Voulez-vous la même $ assurance pour vos malades?Votre pharmacien tient le produit en stock et ne demande qu'à collaborer.LABORATOIRES ABBOTT LIMITÉE - MONTRÉAL 8 SURBEX NOM DEPOSE COMPRIMES A HAUTE TENEUR EN COMPLEXE VITAMINIQUE B ABBOTT Les petits enfants n'essaient jamais de se dérober ou de discuter lorsqu\u2019il s\u2019agit de prendre un liquide aussi bon au goût que le Vi-Daylin.Il est difficile pour la plupart des enfants d\u2019avaler des comprimés ou des capsules, et beaucoup d\u2019autres ne veulent pas prendre les émulsions épaisses employées anciennement, ou les produits à base de malt moins bons au goût.Le Vi-Daylin convient donc particulièrement bien pour l\u2019administration aux bébés et aux enfants des appoints vitaminiques journaliers.Le Vi-Daylin est un mélange homogénéisé stable de vitamines A et D, de chlorhydrate de thiamine, de riboflavine, d\u2019acide ascorbique et de nicotinamide.Il ne contient que des traces d\u2019alcool (au plus 0.5 pour cent), et une cuillerée à thé (5 cc.) fournit au moins deux fois les besoins minimum journaliers des bébés en vitamines À et D et en riboflavine, au moins trois fois ceux en vitamine B,, quatre fois ceux en vitamine C, et plus que l\u2019apport journalier de nicotinamide recommandé par les autorités compétentes.Le Vi-Daylin se mélange facilement aux céréales, au lait et aux jus, mais les enfants, ainsi que les adultes, en aiment le goût d\u2019agrumes quand ils le prennent directement à la cuillère.La teneur de chaque vitamine dans le Vi-Daylin est soigneusement contrôlée.Il se vend dans toutes les bonnes jy en flacons de 90 cc.RT ayn {Mélange homogénéisé de vitamines A, D, By, Bz, C et Nicotinamide, Abbott) L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal.mars 1947 Bulletin de l\u2019Association des (Médecins de Langue Francaise du Canada Fondée à Québec en 1902 L Union ADEdicale ou Canada Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872 ONT COLLABORÉ AU VOLUME 75: MM.Allard (Eugène) ; Amyot (Roma) ; Arcand (Arthur) ; Archambault (Jules); Archam- bault (Paul-René); Badeaux (Francois); Beaudoin (Hervé); Beaudry (Maurice) ; Beaulieu (Roger) ; Beauregard (Jean-Marie) ; Béclère (Claude) ; Bélisle (Maurice) ; Bé- lisle (Philippe) ; Bertrand (Albert); Bisson (Christophe) ; Blain (Emile) ; Blanchard (G.- A.) ; Boisvert (Raymond) ; Bombardier (J.- P.); Bonnier (Maurice) ; Boucher (Roméo) ; Boudreau (Marcel-A.); Bourgeois (Paul) ; Bousquet (Jean-Paul); Brodeur (Paul); Brun (José F.); Bruneau (Jacques) ; Cantero (Antonio) ; Cauchon (Roland) ; Cayer (Lo- mer) ; Champeau (Jean); Charbonneau (].- H.); Charest (F.); Charest (G.); Charpy (J.); Chicoine (Paul); Clermont (Moïse) ; Côté (G.-Léo); Courchesne (Ceorges-H.) ; Cousineau (Georges); Couture (Ernest) : Dandurand (René); David (Paul): Demers (F.-X.) ; Desjardins (Edouard) : Doré (Ré-I) : Duberger (R.-L.) Dufresne (Origène) ; Du- fresne (Roger-R.) ; Dumas (Paul) ; Dussault (Roland); Fauteux (Mercier) ; Finland (Maxwell); Fortier (de la Broquerie) ; Frappier (Armand) ; Frégault (Guy); Gagnon (Arthur) ; Gagnon (Jacques) ; Gariépy (J.-U.) ; Gariépy (L.-Henri); Gauthier (Fernand): Gauthier (P.); Gélinas (Henri); Gérin-La- joie (Léon); Gilbert (Jules): Gratton (Armand) ; Grégoire (Fernand) ; Grégoire (Georges) ; Groleau (Lionel); Groulx (Adélard) ; Houot (A.); Jobin (Pierre) ; Julien (P.-E.) ; Jutras (Albert) ; Laberge (Lasalle) ; Lacasse (Gustave); Lachance (Roger); Lacharité (Hervé) ; Laliberté (Henri); Lambert (A- drien) ; Laperrière (Vincent) ; Lapierre (Gaston) ; Larichellière (Raymond) ; Laroche (A.- G.) ; Latraverse (V.) ; Laurier (Yvon) ; Lau- zer (Rosaire); Leblond (Sylvio); Leblond (Wilfrid); Lefrançois (Charles); Legault (Jean-Paul); Léger (Jean-Louis); Lépine (Edgar) ; LeSage (Albert) ; LeSage (jean); L\u2019Espérance (A.); Lessard (Richard) ; Le- tendre (Paul); Letondal! (Paul); Longpré (Daniel); Longtin (Léon); P.L.; Maranda (E.); Marin (Albéric); Marion (Donatien); Marion (Pierre); Morin (Eustace); Morissette (Léo- pold); Noël (Victor); Panisset (Maurice); Paquet (Adrien); Paquette (J.-Philippe); Paré (Louis); Pesant (Laurent); Pettigrew (Ant.) ; Pichette (Henri); Pinsonneault (G.); Plamondon (Marcel); Plichet (André) ; Plouffe (Adrien) ; Poliquin (Paul-A.) Pouliot (Ant.); Prévost (Jules); Riopelle (Joseph-Luc); Rioux (Armand); Rochette (Roméo) ; Roy (Louis-Philippe) ; Saint-Martin (Maurice) ; Samson (].-Ed.); Sanche Hector) ; Saucier (Jean); Selye (Hans) : Simard (Raymond); Simonnet (Henri); Sirois (Jean); Smith (Henri) ; Smith (Pierre) ; St-Onge (Gérard) ; Sylvestre (J.-Ernest) ; Sylvestre (Lucien) ; Tagnon (Henri-J.) ; Tétreault (Adé- lard) ; Têtu (Félix) ; Thébaud (Jules) ; Thibault (Eugène) ; Tourangeau (F.-].) ; Tremblay (Jean); Turcotte (M.); Vachon (Malcolm) ; Vallée (Louis-Yvan): Valois (Antoine) ; Vézina (Norbert): Vidal (].-A.); Voyer (Victorin) ; Wallis (Robert).245 L'Association, pour un corps professionnel surtout, w\u2019est-ce pas une idée plus large de la vie intellectuelle?n\u2019est-ce pas le progrès de l\u2019esprit scientifique, le stimulant des hautes études et des patientes recherches pour atteindre les sommets les plus élevés de la science?L'association, c\u2019est aussi la satisfaction qui naît d\u2019une œuvre à faire en commun, la joie de sentir en des jours comme ceux-ci, l'union intime des cœurs, des intelligences et des volontés, la conscience de notre force pour entreprendre les luttes de l\u2019avenir, pour défendre nos privilèges et arriver à la réalisation des rêves ambitieux que nous formons pour l\u2019avenir d\u2019une race qui nous est chère.Et lorsque cette association se trouve basée non seulement sur la communauté des intérêts, sur les mêmes traditions et sur un même but dans l\u2019activité intellectuelle, mais aussi et surtout, sur la communauté de langue, elle établit encore je ne saws quels liens plus étroits et plus intimes qui font que les cœurs et les âmes se touchent de plus près.C\u2019est qu\u2019en effet, comme l\u2019a dit un brillant écrivain français, parler la même langue, c\u2019est nécessairement penser, c\u2019est combiner, associer ses idées de la même manière, c\u2019est sentir ensemble, c\u2019est éprouver des mêmes choses les mêmes impressions : et c\u2019est là, sans doute, la raison du culte que tous les grands peuples ont.professé pour leur littérature nationale.Mais, ce qui consacre le plus la valeur des œuvres littéraires et ce qui contribue le plus à en assurer la durée, ce west pas uniquement la beauté de la forme, la vérité du fond, mais ce qui les immortalise surtout c\u2019est ce qu\u2019elles contiennent de plus conforme aux qualités les plus antérieures de l\u2019âme nationale.Il me semble que l\u2019on pourrait dire avec vraisemblance qu\u2019il en sera de même pour notre jeune association, qui donne aujourd\u2019hui l\u2019exemple du plus beau ralliement qui se soit encore accompli parmi la nationalité franco-américaine.On pourra peut-être juger en certains endroits qu\u2019il lui manque encore quelques perfectionnements dans la forme; peut-être, même, quelques-uns iront-ils jusqu\u2019à mettre en doute la vérité du fond.Mais personne n\u2019osera contester qu\u2019elle ne soit entièrement conforme aux aspirations les plus intimes de tous les: médecins français et qu\u2019elle ne contienne quelque chose des qualités les plus intérieures de notre âme.nationale.Et cette âme nationale n\u2019est autre pour nous, descendants de la vieille France, que l\u2019« âme française », cette communauté héréditaire d\u2019idées et de sentiments, comme on l\u2019a si bien définie, qui a sa source dans les traditions et l\u2019histoire communes et qui puise sa force dans l\u2019idée d\u2019une même patrie d\u2019origine.Ne pouvons-nous pas espérer que ce sera là précisément, pour notre Association, comme pour les œuvres littéraires, \u2014 reflets de l\u2019âme des peuples à travers les générations: successives, \u2014 ce qui en consacrera le plus la valeur, et ce qui contribuera le plus à en assurer la durée et l\u2019avenir?(Brochu \u2014 1902) BULLETIN À PROPOS DU CENTENAIRE DU COLLÈGE DES MÉDECINS ET CHIRURGIENS DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Il y a 100 ans cette année a été institué le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.Certes, fait qui ne doit pas passer inaperçu et que l\u2019on désire, à très bon droit, mettre en lumière et porter à l\u2019attention des médecins et du public de cette Province, par des démonstrations sociales et scientifiques.Nous ne voulons pas anticiper sur les intentions et les projets du comité de publicité du Collège, mais nous croyons qu\u2019il est de notre devoir de souligner ces cent années d\u2019existence.Hiérarchiquement, de tous les organismes et sociétés médicales de notre Province, le Collège occupe la première place; 1l représente la corporation des médecins et constitue leur entité légale depuis 1847.C\u2019est par lui que l\u2019ordre et la cohésion peuvent se maintenir au sein de notre corps professionnel, c\u2019est par lui encore qu\u2019est conservée, reconnue et acceptée la tenue morale et scientifique du groupe médical de Québec.C\u2019est nous respecter nous-mêmes que respecter le Collège et lui manifester opportunément notre appréciation et notre loyalisme.Ce sera reconnaître sa nécessité et le rôle éminent qu\u2019il remplit parmi nous que de participer, au moins par la pensée et par un esprit d\u2019entière coopération, aux événements qui marqueront une si vénérable commémoration.Le Collège des Médecins a pour fonction de veiller aux intérêts de la profession: mais il y a plus, il est, par-dessus tout, une institution de sauvegarde sociale: 1l veille sur l\u2019exercice de la médecine auprès des citoyens, sur leur santé, leur assurant des soins appropriés à leurs maux, de la part de médecins dignes par la maîtrise, la science et la morale.de l\u2019entière confiance qu\u2019on place en eux. 248 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.LAF.E.\u2014\u2014 Montréal, mars 1947 Et ce fut précisément cette considération transcendante qui porta, par étapes, à la création du Collège; ce fut là le but qu\u2019on désira atteindre en fondant un organisme de vigilance, de gouverne et de discipline auprès de la profession, concernant aussi bien l\u2019enseignement et l'exercice de la médecine que la valeur des candidats à la licence.° Après la cession du Canada à l\u2019Angleterre, la médecine dans le Bas-Canada fut dans un état lamentable.Aucun contrôle, aucune surveillance n\u2019étaient opérés; le premier venu avec le moindre bagage de connaissances médicales pouvait s\u2019investir du titre de médecin ct en exercer la fonction.D\u2019autant plus que les médecins de la colonie sous le régime français avaient réintégré la France après la défaite.Il y avait bien les médecins anglophones des garnisons, des hôpitaux militaires qui offraient les garanties nécessaires de préparation, d\u2019expérience et de connaissance scientifiques, mais le petit peuple des villes et des campagnes ne pouvait arriver jusqu\u2019à eux et devait se contenter des besogneuses attentions de sages-femmes improvisées et de médecins sans formation.Deux enquêtes furent menées, en 1776 par Badelart et en 1785 par James Bowman (tous deux de Québec), sur le « mal de la Baie Saint-Paul » (qui couvrit la Province, dura une quinzaine d\u2019années, aurait touché environ 6,000 personnes, soit 5% de la population, et aurait été de la syphilis).Des rapports furent soumis aux gouverneurs Carleton et Haldimand.Bowman, dans le sien, affirmait sans ambages: « Dans peu de paroisses ai-Je trouvé les personnes qui pratiquent la médecine et la chirurgie, plus instruites sur ces matières que ne l\u2019étaient les curés; et où l\u2019on constatait le contraire, les curés pourraient facilement se rendre plus savants que leurs médecins.» Est-ce éloge aux curés ou apostrophe lapidaire aux pseudo-médecins du temps?En 1786, à la suite d\u2019une demande d\u2019enquête formulée par le gouverneur Lord Dorchester (second séjour de Carleton cette fois titré ct membre de la Chambre d\u2019Angleterre) et qui devait porter sur la population, la colonisation ct l\u2019agriculture, Fisher, chirurgien en chef de la garnison de Québec, rédigea un mémoire qui fut pris en très sérieuse considération.Ses observations étaient d\u2019une brutale franchise ct eurent pour effet d\u2019impressiônner profondément le gouverneur.Il soulignait le nombre important des médecins empiriques qui exerçaient sans aucun contrôle, autrement dit des charlatans.Ils les trouva sans instruction ni caractère, ne pensant qu\u2019à l\u2019argent et constituant un danger pour la santé et même la vie de la population.Il recommanda que soit constitué un Bureau Médical dont le rôle devrait être de faire subir un examen à tout candidat à Pexercice de la médecine.Lord Dorchester se rendit sans tarder au conseil de Fisher et établit en 1788, par une ordonnance, le Bureau Médical de Québec qui aura pour mission de recommander au gouverneur, pour la pratique de la médecine et de la chirurgie dans la Province et de l\u2019obstétrique dans les villes de Québec et de Montréal et leurs faubourgs, les candidats heureux aux examens. BULLETIN En fait, ce Bureau fonctionna tant bien que mal, mais il contribua sûrement au relèvement de la médecine dans la Province.Un premier pas avait été fait.En 1822, un groupe de médecins ct chirurgiens du « Montreal General Hospital », déjà établi en 1818, sollicitèrent du gouverneur Dalhousie l\u2019autorisation Je fonder et administrer un institut d\u2019enseignement de la médecine.Leur demande fut acceptée et ainsi fut créée en 1824 la première école d\u2019enseignement de la médecine au Canada, sous la dénomination de « Montreal Medical Institute».Elle était constituée de médecins et chirurgiens du « Montreal General Hospital ».C'est à la demande du même groupe de médecins également adressée au gouverneur, en 1822, que fut définitivement organisé en 1839 le Bureau Médical de Montréal auquel s\u2019adjoignirent les médecins du « Montreal General Hospital » et dont le rôle devait être le même que celui du Bureau de Québec.De la sorte, les candidats de Montréal pouvaient éviter le voyage à Québec et le prestige de la ville était reconnu, la légitime fierté de ses médecins, satisfaite.Les docteurs Holmes, Stephenson et Robertson tout particulièrement ont alors joué un rôle de première grandeur eu égard à l\u2019éclosion de l\u2019enseignement de la médecine au Canada, à la réglementation et au relèvement scientifique de la médecine en Québec et à Montréal.Ils rendirent un réel et très estimable service à toute la population.Mais la mission du groupe du « Montreal General Hospital » n\u2019était pas terminée.En effet, ce fut à l\u2019instigation du Bureau Médical de Montréal que fut fondé le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.Même plus, le projet dont s\u2019inspira la législation qui créa le Collège avait été préalablement étudié à fond par un comité de ce Bureau Médical, dont les membres étaient les docteurs Lebourdais, Arnoldi, Hall et Bruneau.Voilà, en quelques lignes et bien succinctement, les conjonctures qui ont préparé la création du Collège et les grandes avenues de sa genèse.Sans nul doute, on fera connaître à l\u2019occasion des fêtes du centenaire, avec beaucoup de détails, les événements qui préparèrent sa fondation et surtout son histoire, son évolution de sa fondation à nos jours.Il est indubitable qu\u2019aux médecins anglophones revient le crédit d\u2019avoir organisé, légalisé et rehaussé l\u2019exercice de la médecine en Québec, d\u2019avoir ainsi amélioré la santé de ses habitants et sauvegardé leur confiance.L'action des médecins francophones ne commencera de se manifester que quelques années plus tard, quand leur nombre se sera gross! et qu'aura grandi leur influence.249 250 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 À tout événement, on doit accorder à chacun des groupes la part des mérites qui lui revient et on doit estimer, à sa valeur de tout premier ordre, l'institution qui conserve à notre profession la tenue morale et scientifique à laquelle ont droit les profanes.Les humains donnent entière confiance à leurs médecins, ils leur livrent leur corps et bien souvent ce qui, joies ou souffrances, s\u2019agite au plus profond de leur être moral.Cela oblige à la compétence et à la probité; cela oblige aussi à la surveillance contre l\u2019imposture qui sait profiter de la suggestibilité, de l'ignorance et de la faiblesse qu\u2019apporte l\u2019affolement dans la souffrance.La seule existence du Collège est déjà un gage d\u2019ordre et de discipline; son activité plus agissante peut produire des effets plus profonds sur l\u2019enseignement et la pratique de la profession.Depuis 1847 des périodes de calme ont succédé à des périodes d'action.Certains bureaux se sont montrés plus zélés, d\u2019autres plus sages, d\u2019autres enfin moins opérants.Les archives et les documents ont enregistré ces diverses fluctuations.L'histoire jugera de l'honneur et du mérite qui reviennent à chacune des équipes qui ont présidé jusqu\u2019à maintenant à la destinée du Collège.Roma AMYOT. LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES ! Le professeur M.CHIRAY (Paris).Une pratique déjà longue de l\u2019hépatologie m\u2019a donné la conviction que de très nombreux malades sont traités à tort pour une cholécystite qu\u2019ils n\u2019ont pas et, de ce fait, ne retirent aucun soulagement, soit des cures médicales ou thermales, soit et encore moins des interventions opératoires basées sur un point de départ erroné.Souvent même, surtout dans le domaine chirurgical, l\u2019erreur engendre chez de tels malades une aggravation manifeste de l\u2019état antérieur.Il existe, en somme, au grand dam des malades, de fausses cholécystites presque aussi nombreuses que les fausses appendicites dont témoignent les doléances des balafrés du ventre dans les salons où fleurissent les conversations médico-mondaines.De ces fausses cholécystites, trois catégories principales peuvent être distinguées: 1) LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES LIÉES À DES TROUBLES OU LÉSIONS DES ORGANES VOISINS DE LA VÉSICULE.2) LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES ENGENDRÉES PAR LES ERREURS RADIOLOGIQUES.3) LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES ENGENDRÉES PAR DES SYNDROMES PHYSIO-PATHOLOGIQUES BILTAIRES NON LÉSIONNELS.* * * 1) LES FAUSSES CHOLECYSTITES LIKES A DES TROUBLES OU LESIONS DES ORGANES VOISINS DE LA VÉSICULE s\u2019observent dans deux catégories d\u2019affections différentes, les congestions hépatiques et les côlites spasmodiques.Elles constituent une catégorie d\u2019erreurs extraordinairement fréquentes et sur laquelle il est vraiment indispensable d\u2019attirer l\u2019attention.Les fausses cholécystites par congestion hépatique prennent leur origine dans le fait 1.Communication au XVIIIe Congrès de l\u2019A M.L.F.C., Québec, juin 1946.que pour beaucoup de malades, et malheureusement aussi de médecins, toute douleur sous les fausses côtes droites, qu\u2019elle soit seulement spontanée ou qu\u2019elle soit contresignée par l'exploration palpatoire, équivaut à une affection vésiculaire.C\u2019est que, et je m\u2019excuse d\u2019entrer dans ce détail de séméiologie clinique élémentaire, les méthodes d\u2019examen usuelles employées par les médecins dans ce domaine dissocient peu ou mal les douleurs hépatiques et les douleurs vésiculaires.Depuis de nombreuses années, nous nous sommes attachés avec mes collaborateurs À.Lomon, G.Albot et I.Pavel, de Bucarest, à perfectionner, à l\u2019aide de la clinique et de la radiologie, ce détail d\u2019examen, en apparence, rudimentaire.Nous examinons les malades en position assise, le corps passivement penché en avant, dans un relâchement aussi complet que possible.Nous plaçant derrière le sujet, nous explorons dans cette position toute la zone sous-costale droite, avec les doigts de la main droite recourbés en crochet, et nous étudions, d\u2019une part, la surface débordante du foie, d\u2019autre part, son bord inférieur en essayant d\u2019apprécier les variations d\u2019intensité douloureuse provoquée par le palper entre la ligne médiane et la verticale axillaire antérieure.Par cette méthode, en cas de cholécystite, la sensation la plus désagréable correspond au bas-fond vésiculaire.Elle va decrescendo à mesure qu\u2019on s\u2019éloigne de celui-ci en se déplaçant soit vers la ligne médiane, soit vers la verticale axillaire antérieure.En cas de congestion hépatique, il en va tout autrement, et la pression qui est également pénible tout le long de la zone sous-costale droite devient de moins en moins tolérable à mesure qu\u2019on évolue vers la ligne verticale axillaire droite pour atteindre son summum au niveau de la pointe du lobe droit.Un tel examen ne laisse pas de doute, sauf 252 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014- Montréal.mars 1947 dans les cas rares, mais réels, où sont conjuguées une congestion hépatique et une cholécystite.Par cette méthode on peut même, mails ceci n\u2019est plus dans notre sujet, assez aisément dissocier les points pyloriques et les points duodénaux, particulièrement ceux de l\u2019ulcus du bulbe duodénal.Les fausses cholécystites par congestion hépatique que grâce à cette méthode nous avons pu facilement repérer et ramener à un état satisfaisant après une thérapeutique rationnelle sont principalement les congestions hépatiques digestives et les congestions hépatiques de l\u2019amibiase chronique.Les congestions hépatiques digestives se rencontrent, soit chez de gros mangeurs, obèses ou non, soit et surtout chez les stasiques intestinaux, de toute provenance, dolichocô- lons, typhlectasiques et typhlatoniques avec ou sans pérityphlite, atoniques ou spasmodiques du sigmoïde.Combien n\u2019ai-je pas vu de ces malades abonnés depuis des années aux thérapeutiques vésiculaires les plus variées et les plus savantes ou condamnés, à une ou plusieurs reprises, & des cures de Vichy qu\u2019ils acceptalent avec répugnance parce que leur propre expérience la leur montrait inopérante.Et quelle était leur surprise et leur joie quand, à ces années de vie inconfortable, succédait un modus vivendi acceptable et même agréable sous l\u2019influence d\u2019une meilleure hygiène intestinale, d\u2019une diététique partiellement restrictive et de cures thermales telles que celle de Chatel Guyon, toutes prescriptions orientées sur l\u2019idée principale d\u2019une congestion hépatique d\u2019origine intestinale et complètement dissociée de la préoccupation vésiculaire antérieure.Les mêmes faits, je les ai retrouvés maintes et maintes fois au cours de la congestion amibienne chronique devenue si fréquente en France depuis la guerre 1914-1918.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019amibiase de guerre contractée sur les fronts d\u2019Orient, ou au contact des effectifs nord-africains, sénégalais ou hindous, pendant cette campagne, ou qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019amibiase de paix, séquelles d\u2019une vie coloniale quelconque, ou de voyages en pays infestés, on peut dire que presque tous les amibiens insuffisamment et surtout trop brièvement traités trai- nent, dans nos climats peu favorables à l\u2019ab- cédation, des congestions amibiennes chroniques presque toujours méconnues parce que non suppurées.Ce sont ces sujets chez lesquels l'infestation première est, soit ignorée.soit oubliée, qui fournissent le plus grand nombre de fausses cholécystites.Le diagnostic est basé sur la gêne douloureuse sous-costale droite d\u2019intensité variable, mais de persistance tenace, soit à l\u2019état spontané, soit après palpation appuyée.Les poussées intermittentes de subictère.les crises bilieuses revenant de temps à autre, semblent contresigner l\u2019atteinte vésiculaire.Et pourtant le palper du foie par notre méthode montre immédiatement qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une vésicule malade, mais d\u2019un foie congestionné.Alors, l\u2019alerte étant donnée, comme il devient facile de remonter à la cause! L\u2019enquête la plus sommaire apprend que ces sujets traînent depuis des années des accidents côli- tiques plus ou moins tenaces, soit sous forme de diarrhées récidivantes, soit sous forme de côlite spasmodique exceptionnellement intense.Une seule difficulté peut surgir, c\u2019est la coexistence d\u2019une hépatite amibienne chronique avec une vraie cholécystite, ces vieux colitiques ayant bien le droit d\u2019infecter un jour ou l\u2019autre leur vésicule au départ des ulcérations intestinales.Mais ici encore, avec notre méthode, on arrive à identifier le double point hépatique et vésiculaire.C\u2019est d\u2019ailleurs une conjonction plutôt rare et dont 11 est facile de sortir par un traitement en deux actes, le premier s\u2019adressant à la congestion amibienne du foie et le second à la cholécystite.Dans la majorité des cas, lorsque nous avons vu ces malades atteints de pseudo-cholécystite par congestion amibienne chronique, ils trai- naient de médecin en médecin depuis 5, 10, 15, 20 ans et plus avec cette malheureuse étiquette de cholécystite, quand ce n\u2019était pas celle, plus néfaste encore, d\u2019insuffisance hépatique! Presque toujours un traitement ami- CHIRAY : bien léger transformait en deux ou trois mois ces sujets et leur faisait oublier leurs longues années d\u2019accidents hépato-biliaires.On peut méme les guérir définitivement lorsqu\u2019ils ont la sagesse et la constance de persévérer pendant deux à trois ans dans leur lutte anti- amibienne.Sans cette précaution, ils sont irrémédiablement voués à des récidives indéfinies qui font quelquefois et à tort figure d\u2019atteintes nouvelles.À côté de cette première catégorie de fausses cholécystites par lésions des organes paravé- siculaires, il convient de faire une place tout aussi importante aux fausses cholécystites par spasme du côlon transverse, lesquelles constituent une cause d\u2019erreur presque aussi fréquente d\u2019après mon expérience personnelle.Dans sa forme banale, la côlite spasmodique se localise au côlon descendant et à l\u2019anse sigmoïde, déterminant, pour le médecin, dans le segment gauche de l\u2019abdomen la perception d\u2019un boudin dur, mobile et hypersensible et, pour le malade, une douleur plus ou moins vive, soit dans la fosse 1liaque gauche où réside le spasme intestinal, soit dans la région splénique sus-jacente par distension de l\u2019angle colique gauche sous la pression des gaz bloqués par le spasme sigmoïdien.Telle est la forme banale de la côlite spasmodique; mais, dans beaucoup de cas, le spasme colique se propage au côlon transverse ou même s\u2019y localise exclusivement.Il réalise alors dans la zone sous- hépatique un foyer de crises douloureuses intermittentes qui en imposent pour des coliques hépatiques et sont traitées comme telles sans succès indéfiniment.Certaines complications de ces côlites spasmodiques segmen- taires du transverse viennent parfois encore apporter une malencontreuse confirmation à l\u2019erreur initiale.C\u2019est ainsi que, chez ces grands spasmodiques du côlon, il arrive qu\u2019au spasme intestinal se surajoute un spasme biliaire de même pathogénie neuro-hormonale.Alors la crise douloureuse se conjugue ou se complète par des atteintes ictériques, généralement légères et passagères.Mais quel argument en apparence définitif que cette LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES 253 survenance d\u2019un ictère épisodique suivant la crise douloureuse réputée colique hépatique! Et l'erreur peut encore se trouver plus solidement scellée quand, comme le fait est fréquent, la crise de côlite spasmodique se termine par l\u2019émission de sable intestinal dans les selles.Alors de la triade: crise douloureuse sous- hépatique, subictère léger et passager, présence de sable soi-disant biliaire dans les selles, ressort un diagnostic cn apparence irrécusable de cholécystite lithiasique.Pour le mettre à mal, il suffirait cependant d\u2019un examen radiologique objectivant le spasme du côlon transverse ainsi que l\u2019imprégnation parfaite de la vésicule et d\u2019un examen chimique montrant que le soi-disant sable biliaire évacué par les selles est fait de phosphate de chaux et non de cholestérine, comme c\u2019est le devoir de tout vrai sable biliaire.2) LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES PAR ERREUR= RADIOLOGIQUES.La seconde catégorie de fausses cholécystites est fournie par les erreurs radiologiques que l\u2019on retrouve dans certains cas d\u2019ulcères duodénaux ou avec les vésicules a imprégnation retardée ou enfin avec les vésicules médianes.Il est classique de faire le diagnostic entre l\u2019ulcère duodénal et la cholécystite lithiasique et de nombreux signes cliniques ou radiologiques permettent en théorie une facile différenciation entre les deux affections.Nous n\u2019y insisterons pas ici.Soulignons seulement que, dans l\u2019ordre clinique, certaines crises douloureuses atypiques peuvent prendre la morphologie ulcéreuse dans la cholécystite et vice versa.Rappelons que le subictère passager, post-critique, appartient à l\u2019une ou l\u2019autre infection, que même les suintements sanguins, pour plus fréquents qu\u2019ils soient dans l\u2019ulcère.ne sont pas bannis du champ symptomatique de la cholécystite calculeuse.Signalons enfin que les examens radiologiques n\u2019objectivent pas toutes les vésicules calculeuses, ni tous les ulcères duodénaux.Nous voudrions surtout 254 insister ici sur une cause d\u2019erreur que nous avons très souvent rencontrée dans ces cas de diagnostic difficile au cours des examens radiologiques consacrés aux ulcères duodénaux, cause d\u2019erreur qui a parfois entraîné des décisions opératoires non complètement justifiées.Le fait en question sur lequel on ne saurait trop attirer l\u2019attention est le suivant.Dans l\u2019ulcère duodénal, sans aucune complication vésiculaire, la cholécystographie n\u2019aboutit le plus souvent pas à une imprégnation normale du cholécyste, même si celui-ci est complètement hors de cause, et c\u2019est là que réside le danger d\u2019erreur.Cette carence de l\u2019ombre vésiculaire tétraiodée implique en effet une forte suspicion de cholécystite, lorsque par ailleurs les signes cliniques ou radiologiques de la série ulcéreuse ne sont pas évidents.Comment expliquer cette dangereuse anomalie?À notre avis, elle tient à une exagération du réflexe duodéno-vésiculaire en vertu duquel, en physiologie normale, chaque bonchée du chyme gastrique qui transite à travers le duodénum entraîne une contraction vésiculaire avec éjaculation d\u2019une petite quantité de bile concentrée destinée à collaborer avec le suc pancréatique à la digestion des aliments.Dans l\u2019état pathologique que crée l\u2019ulcère duodénal, le réflexe duodéno-vésiculaire se trouve exalté.Avec ou sans provocation alimentaire la vésicule se contracte brusquement déversant dans le duodénum, non pas une partie mais la totalité de son contenu de bille tétraiodée, si bien qu\u2019au moment où le film est pris, l\u2019imprégnation vésiculaire a cessé d\u2019être perceptible et passe alors pour ne l\u2019avoir jamais été; absence d\u2019ombre vésiculaire égale pour beaucoup de médecins cholécystite.Les vésicules à imprégnation retardée cons tituent une seconde variété de fausses cholécystites et nous avons étudié ces cas avec mon collègue, le docteur Le Canuet.A plusieurs reprises dans l\u2019année, des malades nous ont été adressés par nos collègues chirurgiens avec le diagnostic probable de cholécystite basé sur quelque syndrome douloureux sous- hépatique et une absence d\u2019imprégnation vé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AMLF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 siculaire par le tétraiode employé suivant la méthode classique.Avec le docteur Le Canuet nous avons eu l\u2019idée de ne pas accepter comme définitive, en pareil cas, la première constatation négative et avons mis en œuvre la méthode dite de la surimprégnation dont la pratique est extrêmement simple.Le soir même du jour où a été constatée l\u2019absence d\u2019imprégnation vésiculaire, une nouvelle dose de 4 grammes de tétraiode est donnée au malade et le lendemain entre 11 heures et midi un second film de la région vésiculaire est tiré.Dans ces conditions nous avons eu, à diverses reprises, la surprise d\u2019obtenir une image vésiculaire parfaite alors que le premier examen n\u2019avait pas réalisé l\u2019imprégnation du cholécyste.Si ce retard anormal de l\u2019imprégnation ne peut être accepté sans l\u2019arrière- pensée d\u2019un état quelque peu anormal, il ne saurait toutefois pas être compatible avec une lésion grave du cholécyste.Tout au plus, s\u2019agirait-il d\u2019une cholécystite «en miniature » et encore la chose n\u2019est-elle pas certaine.En tout cas, cette méthode de la surimprégnation nous a permis de retenir sur le bord de la table opératoire un certain nombre de sujets que la primitive non-imprégnation semblait condamner au traitement chirurgical.Les vésicules médianes fournissent une autre variété de fausses cholécystites radiologiques.C\u2019est encore une erreur que nous observons plusieurs fois chaque année.Dans certains cas l\u2019ombre de la vésicule biliaire opacifiée se trouve placée sur la ligne médiane plus ou moins confondue avec la colonne vertébrale.A un examen rapide il semble que cette ombre n\u2019existe pas et, pour peu que quelques symp- tomes hépato-biliaires aient été accusés par le patient, on discute un traitement opératoire.Cette erreur ne peut d\u2019ailleurs se produire qu\u2019après des examens un peu légers ou trop rapides.Par une inspection méticuleuse du film on peut, en effet, toujours apercevoir entre deux vertèbres l\u2019ombre vésiculaire ou même voir plus largement l\u2019ombre du corps cholécystique débordant très légèrement sur le côté droit du profil vertébral.Dès que la CHIRAY: LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES suspicion d\u2019une vésicule médiane a pris corps, rien n\u2019est plus facile que d\u2019aboutir à un diagnostic précis.La radiographie en position oblique dite de Von Abreu, après absorption de tétraiode, objective, de façon indiscutable, un réservoir biliaire normalement imprégné.® # # 3) UNE TROISIÈME VARIÉTÉ DE FAUSSES CHOLÉCYSTITES EST RÉALISÉE PAR CERTAINS SYNDROMES PHYSIO-PATHOLOGIQUES QUI INTÉRESSENT LA TONICITÉ ET LA CONTRACTILITÉ DE L\u2019APPAREIL CHOLÉCYSTO-BILIAIRE, LES ATONIES VÉSICULAIRES ET LES HYPERTONIES BILIAIRES.L\u2019atonie vésiculaire ou cholécystatonie est un syndrome que j\u2019ai isolé puis étudié avec mes collaborateurs, en particulier A.Lomon, I.Pavel, de Bucarest, M.Milochevitch, de Belgrade, et Samuel Zitzermann?!.Cliniquement, on la rencontre sur des terrains vagotoniques avérés plus ou moins associée avec la dislocation gastrique, des ptoses viscérales et la côlite spasmodique.Les malades se plaignent, pendant des années, de gêne dans la région du foie habituellemnt sans grandes crises.Ils accusent des troubles dyspeptiques gastriques variés avec des signes de constipation spasmodique et des symptômes de la série hépato-biliaire.Ce sont des maigres, inquiets, avec mauvais état général.Deux ordres d\u2019accidents assez révélateurs peuvent orienter le diagnostic.Ce sont les vomissements et les migraines biliaires, parfois conjugués, parfois séparés.Les vomissements biliaires surviennent de temps à autre, en général très abondants, les malades remplissant des cuvettes entières de bile jaune ou verte au grand effarement de leur entourage.Avant la crise ils présentent souvent .des symptômes prémonitoires, par exemple un sub- ictère très léger; après la crise une grande sensation de bien-être.Les migraines biliaires, fréquentes chez ces sujets, se présentent avec 1.M.Chiray, I.Pavel et M.Milocheviteh: « La cholécystatonie.» Presse médicale, 18 sept.1925.255 tous les caractères de la migraine banale à ceci près qu\u2019elles sont calmées complètement par les grands vomissements bilieux.Ce ne sont pas les petits vomissements aqueux, muqueux ou à peine bilieux de la migraine banale, mais les grands débordements de bile jaune ou verte ci-dessus décrits.Et ce qui achève de montrer les rapports intimes entre la migraine et la stase biliaire, c\u2019est le fait qu\u2019on allège, qu\u2019on prévient et qu\u2019on supprime ces migraines biliaires par les tubages duodénaux et le drainage médical biliaire convenablement réglé réalisant par avance le vidage hépato-vésicu- laire comme le fait le grand vomissement biliaire.Chez ces sujets souvent considérés comme atteints de cholécystite ou d\u2019insuffisance hépatique, les examens radiologiques et biologiques peuvent, quand ils sont bien interprétés, éviter l\u2019erreur en démontrant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une cholécystatonie.Radiologique- ment, la vésicule après absorption de tétraiode se montre augmentée de volume descendant très bas avec son bas-fond mollement aplati sur le gros intestin.Elle donne ainsi l\u2019impression d\u2019un sac à parois molles sans tonicité.Son ombre est souvent anormalement pâle, quelquefois divisée en deux zones étagées, la zone inférieure plus sombre que la supérieure.Enfin la contractilité se montre atteinte parallèlement à la tonicité car le réservoir biliaire se vide peu et mal par le repas de Boyden.Il n\u2019est même pas rare que son ombre persiste pendant un ou deux jours après la cholécystographie, puisque la chasse biliaire est peu ou mal réalisée.Dans cet examen radiologique des cholécystatonies, il peut même arriver que l\u2019ombre vésiculaire reste complètement invisible donnant ainsi un argument au diagnostic de cholécystite.C\u2019est que, lorsque l\u2019atonie du réservoir biliaire est extrême, 1l se vide si peu et si mal que lors de l\u2019épreuve tétraiodée la bile qui sort du foie chargée de la substance de contraste ne peut pénétrer dans la vésicule complètement remplie d\u2019une bile non tétraiodée.On ne peut mettre du vin dans une bouteille remplie d\u2019eau si celle-ci n\u2019est pas préalablement évacuée.C'est dans 256 de telles conditions que l\u2019inprégnation vésiculaire ne se fait pas et que l'erreur peut être amorcée.Biologiquement, le drainage biliaire confirme aisément le diagnostic de cholécystatonie.Il extrait une bile B anormalement sombre et anormalement abondante objectivant ainsi la présence prolongée et, par voie de conséquence, l\u2019hyperconcentration de la bile dans une vésicule atone distenduc et privée de ses contractions normales.Quelquefois même, en pareil cas, les premiers tubages peuvent, eux aussi, orienter vers le diagnostie de cholécystite, parce qu\u2019ils ne ramènent aucune bile B et qu\u2019en apparence 11 n\u2019y a pas de réponse vésiculaire.Mais si on les répète, si, d\u2019autre part, on réalise une sommation d\u2019excitations vésiculaires en ajoutant par exemple, à -l\u2019huile chaude par la sonde, les injections intramusculaires d\u2019extrait hypophysaire, on obtient la contraction du réservoir biliaire et partant la bile sombre.D\u2019une séance à l\u2019autre, au fur et à mesure que s\u2019améliore la contractilité sous l\u2019influence des excitations multiples, cette sorte de culture physique vésiculaire donne de plus en plus facilement la bile sombre, puis progressivement apparaît une bile de moins en moins sombre parce que la stase vésiculaire est diminuée.Un point est intéressant à noter à propos de la bile sombre dans ces pseudo-cholécys- tites par atonie vésiculaire.Nous avons montré avec S.Zitzermann que, chez de tels malades, existent toujours des tendances mélancoliques.Ce sont des déprimés, des inquiets, voire même des anxieux, et les phénomènes de dépression mentale semblent évoluer en sens inverse de l\u2019hyperconcentration biliaire.Quand sous l\u2019influence de drainages biliaires en série la bile vésiculaire se fait plus claire, l\u2019horizon psy- chiqüe de ces sujets s\u2019éclaireit.Ils reprennent confiance en eux-mêmes et ils le disent.Ils cessent de voir la vie en noir.Par quel miracle de préscience nos devanciers ont-ils deviné en quelque sorte cette équation biopsychologi- que en attachant aux états dépressifs l\u2019étiquette de mélancolic (du gree péhav, noir, et L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 Brreeriy AALLE.CO\u2014 Montréal, mars 1947 yoMm, bile) ou d\u2019atrabile au NVIIIe siècle (atra, noire) ?Je laisse à mes auditeurs le soin de prospecter ce curieux problème.Un mot pour en terminer avce ces pseudo- cholécystites par atonie vésiculaire.Il ressort des récents travaux de l\u2019école lyonnaise ct, en particulier, de ceux de Mallet Guy et R.Guil- let?qu\u2019on améliore ct guérit ces états de choléeystatonie par la sympathectomie médicale (infiltration novocaïnique du splanchnique) ou chirurgicale.Ne pourrait-on valablement conclure de ces faits que derrière la perturbation anatomo-physiologique il y a un dérèglement de la commande nerveuse?Il faut même voir plus loin, car cette dysfonction nerveuse n\u2019est sans doute que la dernière étape d\u2019une chaîne pathogénique.Il en est une première, plus élevée, qui réside dans les déviations hormonales de nature souvent difficile à préciser, encore que leur existence soit certaine.Nous allons d\u2019ailleurs retrouver les divers anneaux de cette même chaîne patho- génique dans les états inverses des atonies vésiculaires, les hypertonies biliaires, autre aspect des pseudo-choléeystites.Avec les hypertonies biliaires nous entrons, en effet, dans le vif de notre sujet car ces hypertonies créent des syndromes douloureux sous-hépatiques qui, inmanquablement, évoquent le diagnostic de cholécystite.Ces syndromes s\u2019opposent à celui de l\u2019atonie vésiculaire, comme les spasmes gastriques s'opposent aux dilatations atoniques de l\u2019estomac.Ils constituent une des dernières acquisitions de la pathologie biliaire, encore que depuis longtemps les spécialistes du foie aient pu suspecter leur existence.La première notion du syndrome d\u2019hypertonie biliaire s\u2019est, en cffet, établie dans les conditions suivantes.Des malades présentant des crises douloureuses vésiculaires répétées sans qu\u2019aucun examen révélât l\u2019existence d\u2019une lithiase ou d\u2019une cholécystite étaient, finalement et de guerre lasse, 2.Mallet Guy et R.Guillet: «Innervation des voies biliaires et possibilités chirurgicales.» Presse médicale, no 33.p.483, 4 septembre 1943. CHIRAY: LES FAUSSES CHOLÉCYSTITES confiés au chirurgien à qui l\u2019on demandait de pratiquer une cholécystostomie.Après cette opération de nouveaux contrôles étaient faits, en particulier par angiocholégraphie et par étude histo-chimique de la bile fistulaire, sans fournir aucun argument de plus en faveur d\u2019une lésion quelconque des voies biliaires.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019avait fait prévoir l\u2019exploration préopératoire de celle-ci qui avait éliminé l\u2019existence de tout obstacle cholécys- tique ou cholédocien.A partir du moment où le chirurgien avait ouvert à la paroi une soupape de sûreté biliaire, toute crise douloureuse sous-hépatique, toute côlique hépatique, était et restait disparue.Mais, dès que la dite soupape cessait de fonctionner, soit que la sonde de drainage se bouchât, soit que la fistule vint à se fermer, le syndrome reparaissait dans son entier.Ainsi en arrivait-on à chercher et à trouver quelquefois, mais pas toujours, la solution du problème dans une dérivation interne, cholécystoduodénostomie ou cholécystogastrostomie.Tels sont les premiers fondements cliniques du syndrome d\u2019hypertonie biliaire.Celui-ci à pris une existence plus certaine depuis l\u2019a- 1 vénement de la radiomanométrie biliaire, nouvelle technique instaurée par Bergeret et Caroli, par Delouvry puis par P.Brocq, G.Albot, F.Poilleux et H.Libaude*.En uti- § lisant la fistule biliaire chirurgicale et grâce à un manomètre relié à la sonde introduite dans { la fistule, ces auteurs ont pu étudier la pression de franchissement du sphincter de la vésicule et celle du sphincter d\u2019Oddi.Ils ont constaté, ans les cas d\u2019hypertonie, une élévation anormale de cette pression et la production de douleurs à type de colique hépatique au moment du forcement du sphincter spasmé.Il ne me paraît pas douteux que, quand sera perfectionné le matériel instrumental employé dans 4 ces examens, des données plus précises seront { acquises qui donneront à ce syndrome d\u2019hyper- 3.P.Brocq, G.Albot.F.Poilleux et H.Libaude: \u20ac «L\u2019hypertonie biliaire réflexe.» Presse médicale, no 7.8 avril 1944, page 501, et Revue du foie, t.III, no 4.juillet-août 1944, page 193.257 tonie biliaire une objectivité de plus en plus solide.Il y a done des fausses choléceystites par hypertonie biliaire, comme il en est qui dérivent de l\u2019atonie vésiculaire et, au fond, il s\u2019agit d\u2019une même catégorie de phénomènes.En effet, si l\u2019hypertonie est de toute évidence un phénomène d\u2019excitation nerveuse, l\u2019atonie n\u2019est, au regard des lois physiologiques actuellement admises, pas davantage un phénomène passif que l'hypertonie.C\u2019est également un phéno- mene actif qui disparaît, quand on supprime l\u2019action nerveuse provocatrice.Il ne faut parler ni d\u2019atonie, ni d\u2019hypertonie, mais de dystonie, perturbation motrice de sens divers pouvant porter sur la vésicule biliaire comme sur l\u2019estomac, l\u2019intestin, les bronches et les artères, la localisation du trouble nerveux dépendant des causes les plus minimes, pointes de paratonnerre qui attirent la foudre.Dans ce mécanisme pathogénique la cause déclen- chante sera des plus variables, d\u2019ordre traumatique, climatique et électro-atmosphérique, psychique, toxique, anaphylactique.De cette dernière catégorie relèvent les coliques hépatiques de la sérothérapie.En dehors du facteur de localisation, en dehors de la cause dé- clenchante, il faut un terrain spécial de déséquilibre neuro-végétatif que commandent, dans presque tous les cas, certaines déficiences hormonales.Cette question a été longuement étudiée par nous *, non seulement dans le domaine de la vésicule, mais dans celui des spasmes et atonies, des hémorragies et même des ulcérations digestives.En pathologie vésiculaire elle était de longtemps connue et les anciens cliniciens n\u2019ignoraient pas les rapports possibles des coliques hépatiques chez la femme avec les phénomènes menstruels, la ménopause et les grossesses.Nous n\u2019en savons pas beaucoup plus qu\u2019eux, si ce n\u2019est que nous pouvons en pareil cas incriminer, souvent au hasard et rarement sur des bases solides, les 4.M.Chiray, H.Mollard et H.Maschas: Syndromes digestifs et perturbations neuro-hormonales.Un volume, 1945.\u2014 Maloine et Cle, éditeurs. 258 perturbations des hormones sexuelles, hyper ou hypofolliculinie, hyper ou hypolutéinie.Ce rôle des dysfonctions viscérales liées aux actions ovariennes ne se limite d\u2019ailleurs pas à la vésicule.Ne connaît-on pas, par exemple, dans un domaine parallèle, leur répercussion sur la côlite spasmodique, sur l\u2019asthme bronchique, sur les congestions pulmonaires et les hémophysies?Mais le retentissement des dysfonctions hormonales sur la physiologie vésiculaire ne se limite pas, d\u2019après mes observations et celles de mes collaborateurs, aux hormones sexuelles femelles.Nous croyons que, dans un certain nombre de cas observés par nous, pouvaient être incriminées l\u2019insuffisance de la sécrétion testiculaire interne, l\u2019hypotes- tostéronémie, et même, dans les cas plus rares, l\u2019hypertestostéronémie à laquelle nous avons essayé d\u2019esquisser une physionomie clinique.En dehors des glandes sexuelles, l\u2019insuffisance ou l\u2019hyperactivité de la plupart des glandes à sécrétion interne peut déclencher ou empêcher des spasmes vésiculaires générateurs de fausses cholécystites.Ainsi en est-il de l\u2019hormone parathyroïdienne qui, avec ou sans adjonction du calcium, exerce en thérapeutique un rôle sédatif indubitable, ce qui donne à penser que son insuffisance pourrait engendrer la tétanie vésiculaire.Les hormones hypophysaires jouent à n\u2019en pas douter un rôle inverse, puisque le simple extrait hypophysaire fait violemment contracter la vésicule.Nous pensons, pour notre part, que les coliques hépatiques de la grossesse, assez rarement apparentées à la lithiase, relèvent le plus souvent de l\u2019hypertrophie anatomique et de l\u2019hyperfonction phy- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AML.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 siologique de l\u2019hypophyse génératrices «in fine » des contractions utérines libératrices de l'accouchement.Et Pon peut également penser aux hormones cortico-surrénales qui, par action directe ou indirecte sur les autres glandes, doivent sans doute intervenir parfois dans la pathologie fonctionnelle des voies biliaires.Ces dystonies vésiculaires, causes d\u2019une certaine catégorie de fausses cholécystites, doivent, dans notre conception, cesser d\u2019appartenir à la pathologie biliaire, pour être rattachées aux syndromes neuro-hormonaux.C\u2019est là une évolution générale et nécessaire de la pathologie viscérale qui se détachera progressivement de l\u2019organicisme étroit dans lequel elle a été enfermée depuis que l\u2019anatomie pathologique codifiée par Laénnec et par Cruveilhier a fait prédominer les études statiques sur les conceptions dynamiques, cristallisant, par exemple, l\u2019attention des médecins sur la morpho- logle statique ou évolutive des ulcères d\u2019estomac ou sur les répercussions anatomiques des caleuls biliaires vis-à-vis de la vésicule.La pathologie fonctionnelle viscérale doit reprendre et reprendra de plus en plus d\u2019importance dans les années qui viennent.pourra-t-on mieux approfondir la genèse d\u2019affections, en apparence « sine materia », et, par conséquent, mieux les comprendre et mieux les traiter.Les fausses cholécystites par dystonie vésiculaire d\u2019origine neuro-endocrinienne nous paraissent être un des plus beaux exemples de cette pathologie nouvelle si riche d\u2019enseignements et de satisfactions pour les cliniciens.Ainsi- SÉQUELLES CARDIAQUES DE LA MALNUTRITION Capitaine Jean FORTIER, R.C.A.M.C.(Québec).Dans les pays orientaux où la diète est mal balancée et où la famine sévit périodiquement, on sait depuis longtemps que des troubles cardio-vasculaires peuvent résulter de la malnutrition.Dans nos régions, cependant, ce n\u2019est que depuis 1937, alors que Soma Weiss en présentait 67 cas, que l\u2019on a pensé à attribuer une étiologie alimentaire à certaines cardiopathies jusque-là considérées idiopathiques.En théorie, les déficiences alimentaires pouvant retentir sur l\u2019appareil cardio-vaseulaire sont les suivantes: 1.La déficience en vitamine B,.Elle entraîne le béribéri cardiaque, affection caractérisée par une infiltration œdéma- teuse du myocarde, surtout du ventricule droit, avec dilatation secondaire.Cliniquement, le béribéri cardiaque se manifeste au début par de la dyspnée, des palpitations et des précor- dialgies.À l\u2019examen, on note une coloration rouge violacée des téguments, un pouls rapide et claqué, une tension artérielle basse; le coeur apparaît augmenté de volume et très fréquemment, à l\u2019auscultation, on perçoit un souffle systolique d'insuffisance.À une phase plus avancée apparaissent les signes classiques de la défaillance ventriculaire qui sera le plus souvent droite mais parfois gauche ou même les deux à la fois.Alors que, dans les affections myocardiques ordinaires, il y a proportion entre le degré d\u2019insuffisance et le ralentissement circulatoire, dans le béribéri c\u2019est le contraire, il y a accélération.Cette différence est due au fait que la déficience en vitamine B, entraîne, en plus de la dilatation cardiaque, une dilatation des artérioles.Le traitement est également différent de celui que l\u2019on applique généralement à l'insuffisance cardiaque; en effet, la digitale et les diurétiques ici seront à peu près inefficaces, mais, par contre, la vitamine B, en !.Travail présenté au XVIIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Québec, juin 1946.injection fera souvent des merveilles.Elle entraînera une constriction des artérioles, d\u2019où ralentissement de la circulation en même temps qu\u2019un retour du cœur à des diamètres normaux.2.Déficience en vitamine Ba.D\u2019après certains auteurs, dans la pellagre il n\u2019y aurait pas de troubles cardiaques et, lorsqu\u2019il y en aurait, ces troubles seraient dus à une déficience associée de B,.D\u2019autres, au contraire, prétendent qu\u2019elle jouerait le même rôle en pathologie cardiaque que la vitamine B,.3.Déficience en vitamine C.Le scorbut peut retentir sur le cœur de la même façon que sur les autres organes, en provoquant des hémorragies dans le péricarde ou le myocarde avec établissement ultérieur de foyers de sclérose.4.Déficience en vitamine D.Dans le syndrome du rachitisme, on rencontre parfois des dilatations cardiaques avec insuffisance secondaire.Ce fait a été démontré par les Américains lors de l\u2019autopsie de 8 enfants rachitiques morts en état d\u2019asystolie et chez lesquels on n\u2019a pu trouver, pour expliquer la dilatation cardiaque qu\u2019ils pré- sentalent, aucune autre cause que la déficience en vitamine D.5.Déficience en protéines.Cette déficience ne retentit pas sur le cœur.lui-même, mais par suite d\u2019un trouble de la pression oncotique entraîne des œdèmes généralisés qui peuvent être confondus avec ceux que l\u2019on rencontre dans le syndrome de l\u2019insuffisance ventriculaire droite.On sait en effet que les œdèmes apparaissent lorsque le taux des protéines sanguines est inférieur à 4.5%. 260 La déficience en protéines n\u2019est donc pas un facteur étiologique de cardiopathie, mais elle agit comme facteur secondaire en contribuant à aggraver un syndrome cardiaque préexistant.Il serait peut-être intéressant, chez les cardiaques en état d\u2019asystolic depuis longtemps et soumis à un régime fructo-végétarien, de faire un dosage des protéines dans le sang.Peut-être scrions-nous surpris de trouver des chiffres inférieurs à la normale et parfois de voir les œdèmes régresser par l\u2019addition au régime d\u2019un certain taux de matières protéiques.N >, * * Tels sont en théorie les différents syndromes cardio-vasculaires observés au cours de la malnutrition.En pratique cependant, et surtout dans nos régions, ces syndromes seront rarement secondaires à une carence partieu- lière mais plutôt à une carence totale.En cffet, on les observera chez des gens dont la diète aura été déficiente totalement pendant longtemps, tels les alcooliques invétérés, les femmes enceintes présentant de graves désordres gastro-intestinaux ou certains psychopathes se refusant à toute alimentation.Au cours des six derniers mois, nous avons examiné à l\u2019hôpital militaire de Québec 350 soldats du régiment des Royal Riffles, récemment libérés des camps de concentration Japonais.Ces militaires avaient subi, avant leur départ pour l\u2019Orient, plusieurs examens médicaux et avaient été classés A 1.On peut done supposer qu\u2019ils étaient indemnes de toute cardiopathie.Pendant 4 ans ils furent soumis À des privations dépassant I'tmagina- tion, à tel point que chacun d\u2019entre eux perdit en moyenne de 40 à 50 livres.Leur alimentation était excessivement pauvre tant qualitativement que quantitativement.Elle se composait exclusivement de riz, de fèves soya et occasionnellement de poissons séchés ; c\u2019était donc une carence quasi totale.En plus, ils étaient soumis à un travail intense soit dans les mines, soit dans les chantiers maritimes.Ce qui s\u2019est passé dans les camps, nous ne le savons pas par expérience personnelle, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal.mars 1947 mais par l\u2019histoire des patients, par les documents médicaux réunis au cours de ces 4 ans ct par ce que nous ont raconté les médecins qui les accompagnaient, nous avons pu nous en faire une assez bonne idée.Pendant les premiers mois de leur captivité l\u2019état physique des prisonniers se maintint stationnaire.Peu à peu ils se mirent à maigrir et à perdre leurs forces.Ils devinrent dyspnéiques à l\u2019effort et des œdèmes apparurent aux parties déclives pour se généraliser ensuite rapidement.Lorsque le sujet devenait incapable de travailler, il était transporté à l'hôpital.Certains mouraient ainsi dans un état d\u2019anasarque.D\u2019autres s\u2019amélioraient assez pour retourner au travail.D'autres, au contraire, qui paraissaient peu atteints, mourraient subitement.A l'autopsie on aurait alors constaté une sclérose coronarienne avancée.Après 4 ans de cette vie de misère, ceux qui avaient survéeu furent finalement libérés et, aussitôt que leur état de santé le permit, ils furent renvoyés dans le district militaire d\u2019où ils étaient partis 4 ans auparavant en parfaite santé.Pendant le voyage de retour, grâce à une alimentation généreuse et à une thérapeutique vitaminée intense, les symptômes de malnutrition s\u2019améliorèrent rapidement à tel point que, lorsqu\u2019ils nous parvinrent, la plupart étaient convalescents et prêts à retourner chez eux en congé.Comme cependant environ 90% avaient présenté des symptômes rattachables à l\u2019appareil cardio-vaseulaire, nous avons été intéressés à savoir ce qu\u2019il en demeurait.En conséquence, nous avons pratiqué un examen aussi complet que possible de l\u2019appareil cardio-vasculaire comprenant un interrogatoire serré, un examen physique complet, une radiographie du cœur et un électrocardiogramme.À l\u2019interrogatoire, 70% des sujets examinés ont accusé les symptômes fonctionnels suivants: 1° dyspnée à l\u2019exercice, à la marche, à la montée des escaliers; 2° palpitations à l\u2019exercice et parfois au repos survenant de façon intermittente; 3° précordialgies; ces douleurs siégeaient à la pointe, ne s\u2019irradiaient pas et étaient en général peu intenses. FORTIER: SÉQUELLES CARDIAQUES DE LA MALNUTRITION De tous ces sujets ayant des troubles subjectifs, 20% ne présentaient aucun signe physique anormal et tous les autres examens étaient négatifs.Nous avons, alors, porté le diagnostic d\u2019asthénie neuro-circulatoire.A l\u2019examen physique, nous avons constaté que le pouls, d\u2019amplitude normale, battait à un rythme de plus de 90 par minute dans 50% des cas.La tension artérielle fut trouvée au- dessous de 100 maxima et 80 minima chez 70 sujets.Trois seulement avaient une pression de 150 systolique et 100 diastolique ou plus.Les autres avaient une pression normale.Plus de la moitié des patients examinés présentaient, à un degré variable, des œdèmes.Ces œdèmes étaient blancs, mous, laissant un godet, diminuant le matin pour réapparaître le soir après exercice, œdèmes siégeant exclusivement aux parties déclives.Aucun cas ne présentait de congestion des organes profonds; le foie et la rate sont toujours apparus de volume normal et nous n\u2019avons jamais constaté d\u2019épanchements dans la cavité abdominale ou pleurale.Chez tous ces sujets présentant des œdèmes, une protéinémie a été faite, mais aucun résultat ne nous est parvenu avec des chiffres inférieurs à 4.5 grammes %.Il semblerait donc que le facteur hypoprotéinémie ne serait pas intervenu dans le mécanisme de production de ces œdèmes.Cette constatation nous a un peu surpris et nous croyons, du moins dans certains cas, qu\u2019il peut s\u2019être agi d\u2019erreurs de laboratoire.À l\u2019auseultation du cœur, le signe rencontré \u201c le plus fréquemment était un assourdissement net des bruits cardiaques.Parfois un souffle systolique pouvait être décelé, mais ce souffle ne présentait pas les caractères de l'insuffisance fonctionnelle et toujours il a été classé comme physiologique.Radiographie.Croyant plus en la valeur de la téléradio à 6 pieds qu\u2019en un orthodia- gramme, nous nous sommes basé sur cet examen pour apprécier le volume de cœur.Seulement 11 cœurs apparurent augmentés en masse avec index cardio-thoracique de plus 261 de 50%.Trois cas présentaient une dilatation moyenne du cœur droit et un cas seulement, une hypertrophie du cœur gauche.Ce dernier cependant, âgé de 54 ans, avait en plus une pression artérielle élevée et un élargissement de l\u2019aorte ascendante; il avait probablement le même syndrome avant son départ.Electrocardiogramme.Les différents auteurs que nous avons consultés ne semblent pas s\u2019entendre au sujet des constatations électro- cardiographiques dans le béribéri.On admet cependant que les modifications surviennent tardivement, même parfois après le début du traitement, et qu\u2019elles ne disparaissent que longtemps après la disparition des autres symptômes.Aalsmeer et Wenckebach prétendent que dans le béribéri, même avancé, l\u2019électrocardiogramme est parfaitement normal sauf que l\u2019espace P-R serait parfois raccourci.Ils expliquent ceci par le fait que d\u2019après eux il n\u2019y aurait pas atteinte vraie du myocarde; l\u2019excitabilité et la conductibilité se feraient normalement même si la contractilité du muscle cardiaque était diminuée.Keefer, qui a étudié plusieurs cas de béribéri cardiaque en Chine, et Hashimoto, qui a fait la même étude au Japon, croient qu\u2019il n\u2019y a pas de changement caractéristique dans l\u2019électrocardiogramme.Les seules modifications qu\u2019ils ont observées étaient une accélération du rythme, une amplitude des complexes diminuée et parfois, mais très rarement, une élévation marquée de l\u2019onde T en deuxième dérivation.D\u2019après Scott et Hermann, médecins de la Louisiane, les complexes seraient aplatis, souvent épaissis, l\u2019onde T serait négative fréquemment en D 1 et D 3.Ils en concluent que dans le béribéri cardiaque il y aurait atteinte certaine du myocarde.Enfin Soma Weiss a constaté, dans 93% des électrocardiogrammes qu\u2019il avait pris chez des sujets présentant des manifestations cardiaques en rapport avec la malnutrition, des tracés anormaux.Les principales modifications consistalent en une prédominance ven- 262 triculaire droite, une prolongation de l\u2019espace Q-T, une diminution d\u2019amplitude des complexes, et dans 68% des cas une inversion de l\u2019onde T soit en D 1, D 2, D 3, D 4.Il aurait rencontré quelques cas d\u2019arythmie ex- trasystolique et trois cas de fibrillation auriculaire.Cependant les cas qu\u2019il a étudiés souffraient d\u2019une carence alimentaire totale et non pas exclusive vis-à-vis la vitamine Bs.C\u2019est pourquoi, probablement, nos constatations électrocardiographiques se rapprochent plus de celles de Weiss que de celles des autres auteurs.Voici les constatations électrocardiographi- ques que nous avons faites chez nos militaires: Tracés normaux 200 Tracés anormaux 100 Prédominance ventriculaire droite .28 Prédominance ventriculaire gauche 3 Espace P-R allongé à plus que 20 8 Espace P-R raccourei à moins que 10 2 Espace @-T allongé à plus que 40 5 Amplitude des complexes diminuée .25 Epaississement et encoches du Q-R-S dans plus d\u2019une dérivation .16 Segment S-T modifié, élevé .8 Segment S-T abaissé Co.0 Onde T inversée ou diaphasique ou négative dans une dérivation autre que la troisième .21 Onde T d\u2019amplitude marquée , dans les quatre dérivations .1 Au point de vue du rythme, nous avons constaté une tachycardie sinusale de plus de 90, en moyenne 102 dans 151 cas.Trois seulement avaient une bradycardie au-dessous de 50.Une arythmie extrasystolique ventriculaire était présente chez 3 sujets.Un seul cas de fibrillation auriculaire fut rencontré.Ce patient, âgé de 30 ans et autrefois en parfaite santé, présenta, après 6 mois d\u2019internement, du béribéri à forme cardiaque.Des crises intermittentes de fibrillation auriculaire survinrent et ont persisté depuis.Malgré tous les examens, aucune étiologie précise n\u2019a pu être attribuée à cette fibrillation.Tous les traitements essayés: vitamine B complexe, acide ni- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 cotinique, digitaline et quinidine ont été inefficaces, et le sujet est encore à l\u2019hôpital.Telles sont les constatations électrocardio- graphiques que nous avons faites chez nos malades.Après quatre mois, tous ont eu un contrôle, qui a montré une amélioration nette des tracés et chez plusieurs une disparition totale des symptômes anormaux précédemment constatés.Les anomalies du segment S-T et de l\u2019onde T ont disparu sauf dans deux cas.L'espace Q-T est revenu à la normale.La déviation de l\u2019axe vers la droite a persisté dans 8 cas, la tachycardie dans 12 cas, l\u2019espace P-R allongé dans 4 cas, l\u2019arythmie extrasystolique dans 2 cas.Il est possible que, chez ces sujets où il n\u2019y a pas eu de changement, le tracé élec- trocardiographique aurait été le même si on l\u2019avait fait avant leur départ pour Hong-Kong.Chez les autres, l\u2019épreuve du traitement semble \u2018prouver que les modifications étaient en rapport avec la malnutrition.Le traitement chez tous les militaires de retour des camps de concentration, quelle que soit la pathologie présentée, a été le même, c\u2019est-à-dire diète généreuse, riche en protéines et en hydrate de carbone, vitamines composées et acide nicotinique.Les sujets ayant des manifestations béribériques recevaient en plus 50 milligrammes de vitamine B, en injection, tous les jours.L'amélioration des signes subjectifs et objectifs du côté de l\u2019appareil cardio-vasculaire s\u2019est maintenue et, lorsqu'il y a 2 mois, à l\u2019occasion de leur libération de l\u2019armée nous avons réexaminé ces sujets, seulement 5% accusaient des signes subjectifs de déficience cardio-vasculaire.Aucun cas ne présente maintenant d\u2019œdème.Les bruits cardiaques sont bien frappés et à la radiographie le cœur est revenu à des diamètres normaux.Le pouls s\u2019est ralenti et la pression artérielle est remontée à des chiffres normaux.Ceci termine l\u2019étude des effets de la malnutrition sur l\u2019appareil cardio-vasculaire.* * 3 Trois conclusions s\u2019imposent : Premièrement, que la malnutrition joue un rôle indéniable en pathologie cardiaque. FORTIER: SEQUELLES CARDIAQUES DE LA MALNUTRITION 263 Deuxièmement, qu\u2019elle entraîne une atteinte du myocarde comme l\u2019ont démontré les anomalies constatées à l\u2019électrocardiogramme.Enfin, troisièmement, que cctte atteinte du myocarde n\u2019est pas permanente mais susceptible de disparaître complètement par une thérapeutique appropriée.En effet, nos malades, un mois après leur libération, ne présentaient plus que des symptômes atténués d\u2019insuffisance cardiaque, et 6 mois après pouvaient être considérés indemnes de toute affection cardio-vasculaire.LES PREMATURES' de la Broquerie FORTIER et Paule LADOUCEUR-DUPUIS, Service de Pédiatrie de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Résister au traumatisme de sa naissance est, pourrait-on dire, la première loi à laquelle doit se soumettre tout être humain.En aucun temps de sa vie, l'homme n\u2019aura peut-être à subir une compression généralisée aussi totale et prolongée que lors de sa naissance.Les forces de la nature, qui jusqu\u2019à ce moment s\u2019unissaient, s\u2019harmonisaient entre elles pour favoriser le développement embryonnaire et fœtal d\u2019un nouvel être humain, obéissent aveuglement tout à coup à une loi inéluctable qui conduit à une expulsion rapide, brutale parfois, du produit de la conception.La rapidité de cette expulsion entraîne des changements physico-chimiques importants, et pour peu que la compression se prolonge, les conséquences se produisent par des perturbations organiques d'intensité et de durée variable dont les plus fréquentes sont l\u2019asphyxie et l\u2019hémorragie cé- rébro-méningéc.De plus, le nouveau-né apporte avec lui tout un ensemble de caractéristiques morphologiques, physiologiques et pathologiques transmises par la fusion de deux êtres différents.Il subit l\u2019état physico-pathologique de ses ascendants et dès le moment dc sa naissance il vous révèle les manifestations.Nous assistons alors à l\u2019expulsion d\u2019un mort-né, d\u2019un prématuré, d\u2019un infirme, d\u2019un monstre ou d'un enfant en apparence sain.Toutes ces manifestations physiques inhérentes à l\u2019accouche- 1.Communication au XVIIIe Congres de l'A.M L.F.C., Québec, juin 1946.ment ou à l\u2019état pathologique des parents, de la mère surtout, se révèlent dans toute leur étonnante fréquence lorsque l'on envisage les statistiques d\u2019une pouponnière.Connaître leur fréquence et préciser leur importance respective comme facteur de mortalité fœtale et néo-natale nous conduiront à instituer une thérapeutique prophylactique susceptible de diminuer cette mortalité qui, chez nous, plus qu\u2019en toute autre province est encore très élevée.Voici un premier tableau indiquant, pour une période de dix ans, le nombre des naissances et des déeés a la pouponniére de 1'ho- pital de l\u2019Enfant-Jésus.Nous y remarquons, de 1934 à 1943 inclusivement, une progression constante du nombre des naissances.D'un minimum de 170 en 1935, nous atteignons 1,099 en 1942 et 1,084 en 1943.Nous devons également faire remarquer que le nombre total des décès, survenus pendant cette même période, à suivi une même progression ascendante: de 24 en 1934 à 120 en 1942 et 85 en 1943.La triste impression que pourrait laisser dans vos esprits ce nombre imposant de morts doit aussitôt être remplacée par une impression contraire à la vue du taux de mortalité.De 19.88% qu\u2019il était en 1934, 11 est tombé à 7.8% en 1943.Et, pour compléter ce premier tableau, si nous ajoutons 1,141 naissances en 1944 et 1,122 en 1945 avec 38 décès, nous obtenons un taux de mortalité réduit à 2.5% pour 1944 et 11% pour 1945.Je ne puis résister à sug- mous 264 L'UNION M ÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 HOPITAL DE L'ENFANT-JESUS.Tableau A POUPONNIERZ, I9 19.TUTA 1200 I30 18 5916 1100 120 17 il of Tob4 16 H 1499s- J000 II0 16 \\ JE 900 100 15 \\ 800 90 I4 JIN A 680 700 80 13 85 À 598 ,- 800 70 II \\/ I1.5 682 500 80 II \u2014 62 \u2014\u2014 471 ra Ir 60 108 1049 400 50 10 48 320 300 40 2c0 30 100 20 7.87 II 19 34 35 36 37 38 39 10 41 42 43 Naissances Dé cès Taux *% \u2014 HOPITAL DE L'ENFANT~JESUS.Tableau B POUPONNIERE, 120 60 IIO A 55 I00 50 I00 90 45 682 80 40 ot fs Le £ 7e (50% AC 70 35 72 52 7 60 30 28 fp 30 48 50 28 23 A 40 20 4 I5 55 so 36 30 IS Le I 33 AA - 24 20 | 10 ERS 270 I0 (394) 19 34 35 36 38 59 40 41 43 Total Décès Anonymes Normaux FORTIER rr LADOUCEUR-DUPUIS: LES PREMATURES HOPITAL DE L°ENFANT-JESUS.Tableau C.POUPONNIERE.| 120 IIO gérer que ce taux est tout à l'honneur de l\u2019hôpital.Dans un deuxième graphique, nous consignons le nombre total des décès, 682, mais nous divisons ce chiffre en deux parties: les « anonymes », enfants mort-nés, ou morts dans les quelques minutes qui suivirent l\u2019accouchement, et ceux qui ont survéeu plus de 24 heures à l\u2019accouchement, ont reçu les soins à la pouponnière, mais qui sont morts malgré ces soins.De ce total de 682, nous constatons que 412 n\u2019ont pas vécu plus de quelques heures, alors que 27 sont décédés dans les premiers jours et que, sur cette somme totale, 204 étaient des prématurés.La recherche des causes de mortalité fœtale ct néo-natale nous permet de dresser ici un tableau établissant avec une rigueur aussi absolue que possible l'importance relative de chacune de ces causes: 225 38% 179 36% .Prématurés .Asphyxie .Hémorragie .46 9% .Atélectasie .24 5% .Malformations .37 7% Pneumonie .36 7% .Traumatismes .17 .Syphilis .Ictère Diarrhée .Atrepsie .Septicémie 13.Inconnues .26 CONS TN WN \u2014 nN = La cause la plus importante est, sans contredit, la prématurité, comprenant la débilité.En raison de cette importance, il est du de- 266 voir de tout médecin de rechercher l\u2019étiologie de la prématurition qui peut se résumer en trois points principaux, soit: 1) les affections médicales des procréateurs: notamment la tuberculose, la syphilis, l\u2019alcoolisme, etc.2) les anomalies obstétricales, comme les hémorragies, les ruptures prématurées, placenta previa, surmenage physique, etc.3) l\u2019inobservance des règles essentielles de l\u2019hygiène de la gestation.Une fois né, certains soins spéciaux s\u2019imposent pour protéger le prématuré contre l\u2019atmosphère auquel 1l n\u2019est pas encore préparé.Aussi, chaque fois qu\u2019il sera possible, le prématuré devra être déposé dans un incubateur ou dans un panier chauffé et préparé à cet effet.Mais tous connaissent ces particularités; aussi envisageons dès maintenant le problème le plus important: celui de son alimentation.Tandis que les tout-petits d\u2019un kilo se contenteront d\u2019une solution glucosée pendant les premières heures, les autres plus vigoureux requerront une alimentation plus substantielle.De tous ceux qui apparaissent dans notre statistique, nous en avons choisi un certain nombre, treize exactement, qui nous permettaient de mieux étudier les réactions biologiques consécutives à l\u2019alimentation prescrite.Cette alimentation fut très variée, puisqu'elle comprend: l\u2019emploi du lait maternel, du lait éva- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 poré, du lait de beurre, du lait condensé sucré.du « Dryco », du « Frailac », ete.Dans l\u2019établissement du régime, nous avons conservé l'horaire habituel des petits repas répétés.Quant à la concentration calorique, l\u2019on sait que les opinions françaises et américaines semblent un peu diverger, les premières favorisant une haute teneur (110 à 160 C.par kilo), tandis que les secondes préconisent un régime à 80 calories par kilo.Quant à nous, nous avons conservé le «ain medio stat virtus » et nos concentrations caloriques oscillent entre 70 et 140 calories avec une moyenne habituelle de 95 calories par kilo de poids par 24 heures.Cette concentration nous a paru suffisante dans la majorité des cas; sur les 13 cas présents, 2 sont restés stationnaires, 6 ont fait une chute de poids dans les premiers jours, mais ont repris rapidement une croissance que l\u2019on peut considérer comme normale, et les 5 derniers ont progressé dès le début.Pour illustrer, nous avons tracé une planche générale, d\u2019où nous avons extrait deux tableaux, basés respectivement sur le poids et l\u2019âge de nos nouveau-nés.Comme vous voyez, nous n\u2019avons qu\u2019une faible proportion d\u2019enfants qui ont reçu du lait maternel.Ce dernier est certes l\u2019aliment de choix pour le petit; cependant, pour le prématuré qui requiert une haute valeur calorique, il n\u2019est pas toujours suffisant et il est préférable TABLEAU I L'alimentation du prématuré Poids Dossier Age Naissance 7 jours 2 mois Gain Régime 41139 61% 2.15 3.0 4.3 1.9 Babeurre \u2014 Lait évaporé.47468 7 3.0 2.12 4.0 13 Lait maternel et babeurre.53870 7 3.10 3.10 6.2 35 Babeurre.48956 7 46 46 712 210 Dryco.62674 7% 3.10 3.13 59 1.13 Frailac et lait condensé sucré.64498 7% 3.14 34 52 24 Babeurre et lait condensé sucré.38733 745 4.1 34 53 12 Dryco et lait pasteurisé.58191 \u201c4 4.5 49 76 2.11 Babeurre.42583 7% 4.6 4.3 6.6 20 Lait c.sucré et Dryco et lait évaporé.44840 7% 4.15 49 6.8 19 Babeurre.55553 7% 5.14 6.0 6.8 1 Babeurre et lait évaporé.58942 8 48 51 64 113 Lait pasteurisé.50875 8 5 4.13 7.0 2 Lait évaporé. FORTIER Er LADOUCEUR-DUPUIS: LES PRÉMATURÉS 267 TABLEAU II Dossier Poids Gain Régime 41139 2.15 1.9 Babeurre et lait évaporé.47468 3.0 13 Lait maternel et babeurre.53870 3.10 3.5 Babeurre.62674 3.10 1.14 Frailac et lait condensé sucré.64498 3.14 24 Babeurre et lait condensé sucré.38733 4.1 1.2 Dryco et lait pasteurisé.58191 4.5 2.11 Babeurre.42583 4.6 20 Lait c.sucré et Dryco et lait évaporé.48956 46 2.10 Dryco.58942 48 1.12 Lait pasteurisé.41840 4.15 1.9 Babeurre.50875 50 2 Lait évaporé.55553 5.14 1 Babeurre et lait évaporé.TABLEAU III Dossier Age Gain Régime 41139 6% 1.9 Babeurre et lait évaporé.47468 7 1.3 Lait maternel et babeurre.53870 7 35 Babeurre.48956 7 3.10 Dryco.48744 7% 12 Dryco et lait pasteurisé.44840 7% 1.9 Babeurre.62674 74 113 Frailac et lait condensé sucré.42583 74 2 Lait c.sucré et Dryco et lait évaporé.64498 742 24 Babeurre et lait condensé sucré.58191 74 2.11 Babeurre.55553 7% 1 Babeurre et lait évaporé.58942 8 1.12 Lait pasteurisé.50875 8 2 Lait évaporé.de lui ajouter un complément de lait de beurre ou de lait sec, ete.Pour nous, malheureusement, il nous fallut recourir le plus souvent à l\u2019alimentation artificielle.En suivant les trois tableaux, nous pouvons constater que, de façon générale, le lait de beurre donne les résultats les plus brillants chez les plus jeunes.Ce dernier nous est fourni par une laiterie locale et son acidité est de 0.7.Le lait de beurre est suivi de près par le lait condensé sucré et par le lait évaporé.Maintenant que nous avons envisagé le problème de l\u2019hygiène générale du prématuré, terminons par une note optimiste: celle de la prophylaxie et la thérapeutique.L\u2019assistance médicale joue un rôle primordial dans la préservation du foyer et de la race et une attention toute spéciale doit être réservée à la femme enceinte, à tous les temps de sa grossesse.Les visites à domicile par des infirmières spécialisées, la création d'institutions prénatales, intra-natales et post-natales, sous forme de consultations régulières et fréquentes sont des facteurs indispensables.Pour être réellement efficace, l\u2019assistance médicale doit être complétée par l\u2019assistance sociale, qui a pour but de procurer aux femmes, pendant la gestation et le post-partum, le repos nécessaire et l\u2019assistance matérielle, aussi bien pendant les derniers mois de la gestation que pendant les premiers mois qui suivent l\u2019accouchement.On contribue de cette manière à la réalisation de la puériculture in- tra et extra-utérine.Différentes organisations ont été créées à cet effet dans les pays d\u2019Europe et devraient être adoptées au pays, telles que 268 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 l\u2019assurance maternelle, la maison maternelle, où l\u2019on reçoit les femmes à l\u2019époque de la maternité, les mutualités maternelles, qui accordent, en échange d\u2019une cotisation minime, des secours lors de la grossesse, les cantines maternelles, où l\u2019on distribue une alimentation de bonne qualité aux femmes privées de moyens, et les institutions pour filles-mères.L'assistance sociale, qu\u2019elle soit collective ou particulière, est accomplie par des infirmières visiteuses.Dans ce but, il est nécessaire de fonder et de répandre les écoles d\u2019infirmières d'hygiène, qui jouent un rôle dominant dans l\u2019hvgiène préventive de la maternité.Il faut également parfaire l\u2019éducation dès l\u2019âge scolaire et la compléter dans les consultations prénatales, et après l'accouchement par la création de ligues des jeunes mères, de cours de protection maternelle et infantile, de conférences sur la nutrition, etc.La propagande représente également une méthode très efficace pour la diffusion des connaissances d'hygiène maternelle.Elle est utilisée dans une très grande mesure dans tous les pays et l\u2019on se sert généralement des moyens suivants: feuilles volantes, brochures éducatives, affiches, conférences, etc, etc.En somme, une prophylaxie préconception- nelle dirigée vers la suppression des maladies, dites sociales, une thérapeutique adéquate maternelle, une surveillance médicale périodique pendant toute la durée de la grossesse, et une technique éprouvée non interventionniste lors de l\u2019accouchement sont les moyens les plus sûrs de lutter contre l\u2019armée d\u2019anonymes qui peuple ou plutôt gêne notre statistique de mortalité néo-natale.Toutes ces mesures, le médecin se doit de les appliquer avec le plus de sévérité possible.Sa contribution précieuse et indispensable, celle qui à notre avis est la plus importante, s\u2019effectue cependant dans un rayon d\u2019activité limité.Le praticien joue le rôle qui lui appartient: mais, pour atteindre toute la collectivité.il nous faut faire appel à des organismes d\u2019hygiène maternelle et infantile.C\u2019est par eux seuls que nous parviendrons à diminuer notre taux de mortalité infantile.La lutte contre les maladies sociales ne peut être efficace si elle ne s\u2019appuic sur une organisation sociale complète, centrale, groupant toutes les œuvres de protection maternelle et infantile.Comment songer à faire l\u2019éducation médicale prophylactique des masses sans une œuvre centrale qui coordonne et suggère les moyens éducatifs les mieux adaptés?Ne croyez-vous pas que l\u2019on pourrait souscrire à ce que disait le Sénateur Paul Strauss.alors président du Congrès de Protection Maternelle et Infantile, en 1922: « Une part prépondérante doit être désormais réservée à la protection maternelle et infantile dans les préoccupations des pouvoirs publics et dans la conscience de tous les peuples civilisés.Aucune tâche n\u2019est à la fois plus haute, plus complexe et plus malaisée; elle est unie par lien étroit à tous les problèmes de la vie: travail des femmes, devoirs et droits des mères, protection des enfants à tous les ages, lutte contre les maladies évitables: tuberculose, syphilis, cancer, alcoolisme, ete., lutte contre le taudis, contre le paupérisme et l'ignorance.Les pouvoirs publics et les initiatives privées doivent collaborer constamment, coopérer cordialement, lutter ensemble en associant de plus en plus, de mieux en mieux, la maternité populaire et l'enfance, avant, pendant et après l\u2019accouchement. TRAITEMENT DE LA STÉRILITÉ MASCULINE ! Raymond DARGET (Bordeaux).Eile est depuis quelques années à l\u2019ordre du jour et le mérite bien quand on considère que dans cinquante à soixante pour cent des couples stériles c\u2019est l\u2019homme qu\u2019il faut incriminer.Cette stérilité masculine, si l\u2019on ne tient pas compte des troubles fonctionnels qui peuvent y présider, relève de la mauvaise qualité du sperme qui rend impossible la \u2018fécondation.Cette qualité défectueuse tient à 2 causes: des troubles sécrétoires, des troubles excrétoires.Les troubles sécrétoires traduisent une atteinte de la g'ande séminale, oreillons, pour ne citer que les causes les plus fréquentes.Ils entraînent: 1° une modification du nombre des spermatozoïdes avec oligospermie ou azoospermie totale; 2° une modification de la forme des spermatozoïdes; 3° une modification de la motilité qui peut être absente dans la nécrospermie.Toutes ces modifications pathologiques qui correspondent à des troubles sécrétoires influent profondément sur l\u2019aptitude à la fécondation et paraissent peut réversibles; ils sont d\u2019un pronostic fâcheux.À côté de ces troubles sécrétoires, par contre, les troubles excrétoires avec oblitération bilatérale des voies spermatiques se traduisant par une azoospermie totale comportent un pronostic plus favorable si l\u2019on conçoit que l\u2019obstacle mécanique qui préside à l\u2019azoospermie puisse être levé.C\u2019est à cet aspect particulier de la stérilité masculine, à la stérilité par obstruction des voies spermatiques que nous limitons notre étude pour montrer comment on doit essayer de restaurer la perméabilité perdue, comment on y parvient assez souvent.Cette question de l\u2019oblitération épididymaire est du reste bien française à l\u2019origine avec les travaux de Gosselin, d\u2019Humbert qui déjà, en 1891, réalise la première anastomose vaso- 1.Communication au XVIIIe Congrès de l\u2019AM.L.F.C, Québec.juin 1946.épididymaire, de Delbet et Chevassu enfin.Ces auteurs, en 1908, ont montré les premiers combien l\u2019oblitération du canal épididy- maire long de 5 à 6 em.et si délicat était facile à la suite d\u2019un traumatisme et surtout d\u2019une épididymite.C\u2019est essentiellement l\u2019épi- didymite blennorragique qui est en cause avec cette double particularité si intéressante: 1° l\u2019oblitération siège le plus souvent à la queue de l\u2019épididyme; 2° la glande testiculaire elle-même est habituellement respectée, des biopsies en font foi.Dans la tuberculose, au contraire, 1l n\u2019en est pas de même.Quant aux épididymites à colibacilles et à staphylocoques, il paraît résulter de nos premières recherches qu\u2019elles ne sont pas non plus limitées étroitement à l\u2019épididyme comme dans la blennorragie.En ce qui concerne ces épididymites blennorragiques qui nous intéressent particulièrement dans la stérilité masculine, Chevassu a montré en outre que la localisation de l\u2019inflammation au seul épididyme avait pour corollaire la présence de spermatozoïdes vivants dans la tête de l\u2019épididyme.Dans une observation restée classique, 13 ans après l\u2019atteinte épididymaire, l\u2019examen d\u2019une biopsie montrait une lignée sémanale normale, spermatozoïdes compris.Dans ces conditions il venait tout naturellement à l\u2019esprit d\u2019anastomoser la tête de l\u2019épididyme au canal déférent pour rendre libre la voie spermatique en évitant obstacle oblitérant et c\u2019est ainsi que Chevassu et Delbet après Humbert réalisèrent effectivement une anastomose en implantant le canal déférent sectionné et perméable dans la tête épididy- maire.Mais tout cela tomba dans l\u2019oubli.Puis en Amérique, Martin, de Philadelphie, réalisa la première anastomose logique par un abouchement latéral de la tête de l\u2019épididy- maire et du déférent: je dis logique car, le canal 270 déférent étant un conduit musculaire et contractile, il apparaît certain qu\u2019une anastomose latérale a moins de chance de troubler la contractilité qu\u2019une anastomose après section transversale.C\u2019est, pour ma part, à l\u2019anastomose latérale que je donne la préférence et la technique la plus souvent adoptée aujourd'hui en France connue en Amérique Chevassu, Bayle, Ha- gner, est à peu de choses près, celle que j'ai adoptée moi-même et dont vous verrez dans un instant les détails.Voyons maintenant comment cliniquement les choses se passent.Un homme, marié depuis plusieurs années, n\u2019a pas d\u2019enfant.Le premier réflexe est un examen souvent compliqué de sa femme, ce qui est peu logique si l\u2019on se rappelle que 50% des couples stériles le sont par la faute de l\u2019homme, ce dont un examen du sperme avertira si simplement.Commencez donc par examiner l\u2019homme.Il y a azoospermie confirmée et la question qui se pose est celle-ci: cette azoospermie est-elle liée à une oblitération bilatérale des voiles spermatiques?On peut l\u2019espérer si après contrôle préalable des voies séminales basses, des canaux éjacu- lateurs en particulier, le malade accuse une épididymite blennorragique bilatérale antérieure ou que l\u2019on perçoit au niveau de chaque queue épididymaire un nodule fibreux, cause de l\u2019oblitération.Mais les choses ne sont pas toujours ausst simples.Au lieu d\u2019une azoospermie totale, on peut avoir affaire à une oligospermie dans le cas complexe par exemple de l\u2019oblitération complète de l\u2019épididyme d\u2019un côté, le testicule susjacent étant sain coïncidant avec des lésions de tout autre ordre, ourliennes par exemple, du testicule congénère.Celui-ci malade mais libre élimine des spermatozoïdes rares et anormaux.Cette oligospermie qui entraîne la stérilité comme une oblitération bilatérale sera guérissable si l\u2019on peut libérer le testicule exclu.Par ailleurs une oblitération épididymaire ne se traduit pas toujours par des signes phy- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 siques évidents et la palpation fournit des signes incertains.Pour ces différentes raisons, dans les cas d\u2019azoospermie totale et dans certains cas d\u2019oli- gospermie, quand il n\u2019y a pas d\u2019atrophie ou de modification apparente des testicules, il est indiqué de recourir à une exploration directe, seul moyen de savoir avec certitude si les troubles sont d\u2019origine mécanique ou au contraire d\u2019ordre sécrétoire.La biopsie testiculaire, si en faveur aux Etats-Unis, permet de résoudre ce problème, avec ce renseignement précis complémentaire : la valeur réelle de la glande testiculaire et ce que l\u2019on peut en attendre au point de vue de son aptitude à la fécondation.Mais la fonction n\u2019est pas inoffensive et nous lui préférons l\u2019exploration directe de la tête de l\u2019épididyme après incision de celle-ci pour la recherche dans le liquide recueilli de spermatozoïdes vivants et nombreux dans les cas favorables, absents, si tout l\u2019_épididyme est sclérosé ou la glande sans fonction, rares et peu mobiles s\u2019il y a un certain degré d\u2019atteinte glandulaire.Dans ce dernier cas, disent certains auteurs américains, il est inutile d\u2019aller plus loin et de tenter une anastomose pour remédier à l\u2019oblitération épididymaire surajoutée: 1l n\u2019y a rien à en attendre au point de vue fécondation.Nous répondons: s\u2019il est évidemment souhaitable de rétablir le cours de spermatozoïdes vivants et fertiles, il ne nous paraît pas négligeable de le faire également pour les spermatozoïdes abatardés.Outre que l\u2019on ne puisse d\u2019une façon absolue engager l\u2019avenir en ce qui concerne l\u2019impossibilité d\u2019une fécondation dans ce cas, il est un avantage moral indiscutable: le retour en effet de spermatozoïdes, contrôlables, voire insuffisants, dans le sperme étant susceptible d\u2019avoir une répercussion heureuse, considérable sur l\u2019obsédé azoosper- mique auquel nous avons parfois affaire.Spermatozoïdes normaux ou anormaux étant constatés (il va sans dire que dans l\u2019azoospermie il est inutile d\u2019aller plus loin), si ces DARGET: TRAITEMENT DE LA STÉRILITÉ MASCULINE spermatozoïdes constatés à l\u2019origine du canal épididymaire n\u2019apparaissent pas dans le sperme éjaculé, c\u2019est qu\u2019ils sont arrêtés dans leur trajet.Pour nous assurer que l\u2019oblitération est bien épididymaire, explorez la perméabilité du canal déférent en injectant un liquide coloré après ponction avec un trocart de Belfield.Si la perméabilité existe, nous réalisons l\u2019anastomose.Y a-t-il au contraire oblitération du canal déférent, laissez les choses en l\u2019état, explorez le côté opposé où des lésions inverses pourront exister: absences ide spermatozoïdes, canal déférent libre, ce qui nous permettra d\u2019envisager l\u2019anastomose croisée de l\u2019épididyme d\u2019un côté avec le canal déférent de l\u2019autre.Quels ont été les résultats de cette opération?Ils concordent entre les mains de ceux qui en France comme en Amérique en ont l\u2019expérience, Hagner, Bayle et moi-même par exemple.50% des succès avec réapparition des sper- Rectification.271 matozoïdes vivants dans le sperme et grossesses consécutives: voilà les chiffres.Hagner aurait même obtenu 60% de réussite, ce qui, pour une opération inoffensive, est tout de même un très beau résultat.J\u2019insiste sur la nécessité d\u2019opérer avec unc précision d\u2019horlogerie dans la technique des sutures.Ne considérez pas un premier échec comme définitif: une première anastomose manquée pourra être réussie une deuxième fois et c\u2019est pourquoi j\u2019approuve absolument la technique de Bayle qui conseille de faire l\u2019incision épidi- dymaire en ménageant la place pour faire au- dessus une nouvelle anastomose en cas d\u2019échec de la première.Quant à la tentative de fécondation artificielle que je pratique systématiquement, si elle n\u2019a pas été jusqu\u2019ici couronnée de succes, je me refuse à penser que des spermatozoïdes bien vivants dilués dans un liquide vecteur favorable ne pourront jamais réaliser une insémination le jour où nous connaîtrons exactement le moment du cycle menstruel où l\u2019injection intra-utérine devra être pratiquée.Dans le travail intitulé: « L\u2019hyperparathyroïdie » paru dans la livraison de février 1947, lire au paragraphe commençant au bas de la page 185, au lieu de « Cope présente des statistiques à peu près l\u2019inverse de celle-ci », plutôt ce qua suit: « Cope présente des statistiques à peu près semblables.Par contre de nombreuses autres statistiques montrent une image à peu près l\u2019inverse de celle-ci.» BRONCHO-PNEUMONIE EN MILIEU HOSPITALIER (ler janvier 1930 - ler mars 1\u20ac46) Marcel LANGLOIS, Roland THIBAUDEAU, Marie ROUSSEAU, Hôpital du Saint-Sacrement (Québec).Du premier janvier 1930 au ler mars 1946, nous avons recueilli 529 cas de broncho-pneumonies dans le Service de Pédiatrie de l\u2019hôpital du Saint-Sacrement.385 de ces observations ont fait le sujet d\u2019une communication antérieure, * laissant 144 nouveaux cas ouverts à la discussion.Cette longue période d\u2019observation a posé un double problème: 1° un prob'ème diagnostique; 2° un problème thérapeutique.Le diagnostic de broncho-pneumonic a toujours exigé pour nous la constatation de signes auscultatoires habituels: lésions à foyers uniques ou multiples, avec présence de râles sous- crépitants en fin d'inspiration.Il a été appuyé concurremment sur un minimum de signes physiques dont le tirage, la toux, la pâleur toxique et par l\u2019autopsie lorsque ce fut possible.I] ne paraît pas superflu de mentionner que le diagnostie a toujours été posé ou contrôlé par le même clinicien, assurant ainsi l\u2019uniformité de conception.On s\u2019en est surtout tenu à l\u2019état clinique de la maladic plutôt qu\u2019à ses multiples modalités anatomiques.Le problème thérapeutique a été particulièrement modifié pendant ces années par l\u2019apparition successive des sulfamidés, de leurs dérivés et de la pénicilline.La phase première, qui a duré environ cinq ans, à consisté en des traitements symptomatiques.Après, est venue la phase seconde de 415 ans, où un effort thérapeutique a été tenté avec quelque amélioration grâce à un lysat-vaccin polyvalent (Propidon).Vers la fin de 1939, sont apparus le Dagenan et les autres sulfamidés.La sulfapyridine, malgré 1.Communication au XVIIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C, Québec, juin 1946.2.Laval Médical, vol.V, octobre 1940, page 34.quelque apparence de succès, dut être abandonnée à cause de sa haute toxicité.Les autres sulfamidés, particulièrement le sulfathiazole et le sulfadiazine, n\u2019ont pas donné les mêmes résultats et le taux de la mortalité s\u2019est accru.Depuis 1945, nous avons adopté la pénicilline associée ou non à la sulfadiazine, cette dernière n\u2019étant employée qu\u2019à défaut de l\u2019action de la pénicilline.TABLEAU À Nombre de cas de Taux de lu Années broncho-pneumonies Morts mortalité \u201c« 1930 16 14 87.5 1931 11 7 63.7 1932 19 13 68.4 1933 29 17 58.6 1934 42 22 52.3 1935 41 19 46.4 1936 46 23 50.0 1937 66 25 38.0 1938 71 28 40.0 1939 44 14 318 1940 41 16 39.0 1941 18 10 555 1942 20 10 50.0 1943 16 10 62.5 1944 12 9 75.0 1945 27 8 29.6 1946 janv.et fév.10 2 20.0 TOTAL 529 247 Moy.% 46.7 Ce tableau illustre la fluctuation annuelle du nombre de malades hospitalisés pour broncho-pneumonies en même temps que celle de la mortalité.Celle-ci présente une courbe nettement descendante de 87.55% à 20%.Sur les tableaux B et B-1, figure en opposition l\u2019incidence de la mortalité chez les moins et chez les plus de six mois.La statistique de tous les auteurs est en ce point conforme à la nôtre. mi rt as Did An sats des htm LANGLOIS ET CorrL.: BRONCIHO-PNEUMONIE EN MILIEU HOSPITALTER 273 TABLEAU B Cette étude de 16 années consécutives nous l'aux de la mortalité % Taux de la mortalité % a aussi permis de constater : chez les moins chez les plus Années de 6 mois de 6 mois TABLEAU C 1930 100 84.6 .4 oo 1931 87.5 39.9 fax nen MurAITE COMPRARIVEMENT À LA TNERAPEUT 14 46 EmpLoy BE.1932 91.0 50.0 1933 87.5 52.6 1934 75.0 46 4 1935 83.3 36.0 1936 63.2 44.0 1937 35.0 418 1938 52.7 28.4 1939 39.1 25.0 1940 72.7 26.6 1941 52.1 54.5 1942 60.0 40.0 1943 60.0 63.6 Sympramsl PROPIDON SuULFAMIDES 1944 75.0 75.0 ji A uel ve 1945 38.8 : 11.1 1946 40.0 0 1.que incidence broncho-pulmonaire variait d\u2019une année à l\u2019autre sans qu\u2019il soit possible d\u2019en déterminer la cause; La thérapeutique appliquée dans les deux groupes fut chronologiquement identique.Il faut donc de toute évidence concéder aux plus de six mois un meilleur pronostic.2.que la thérapeutique n\u2019est pas tout; La division graphique du tableau C en qua- 3.que la régression de la broncho-pneu- tre périodes est assez explicite par elle-même.monie est proportionnelle à la progression Si peu concluants que soient nos résultats, des mesures hygiéno-diététiques et à l\u2019ac- nous les croyons suffisants pour nous autoriser centuation de la prophylaxie des infec- À continuer le même traitement.tions des voies respiratoires supérieures.« 9 | .J | TABLE Au |B ° feo] | 90 5, patte -\" go N À, { A Zo \\ .2 0 éo * 2 4.» % S ; \\ : , 17 \\ So N Lu * + J 3 A ; ; Ho | NL 7 Ne \\ à eo 20 N / do .\\ \u2018' N wad 3b al 33) 34] 36 361 321 sel 39] 40 #7] #2) #3| 44) #5] #6 ecHEZ LES PLVS DE L mois ecHELr LES MoiNs DE b Mols fi .e .bo.-~ - fF p - - < 1\" Le pr A PROPOS DE PONCTION LOMBAIRE ET DE LÉSIONS COMPRESSIVES INTRACERÉBRALES ! Jean SIROIS, Neuro-chirurgien à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Il est établi en principe, dans notre enseignement médical, lorsqu\u2019on suspecte une lésion cérébrale, surtout une tumeur, de faire une ponction lombaire.L\u2019on recommande avee beaucoup d\u2019emphase: prenez la tension du liquide, faites l\u2019épreuve des compressions des jugulaires, faites la recherche de Palbumine dans le liquide, recherchez la dissociation al- bumino-cytologique.En vous basant sur le résultat de ces recherches, vous pouvez établir la possibilité ou la négativité de votre diagnostic.Les bouquins ont reproduit et reproduisent encore ces principes et, bien que l\u2019expérience ait prouvé leur valeur très très limitée, l\u2019on voit couramment des malades qui n\u2019ont pas manqué être ponctionnés avant même qu\u2019un examen neurologique sérieux et détaillé ait été fait.Je crois qu\u2019il est temps de faire le point à ce sujet et de faire éviter des tragédies regrettables malheureusement trop fréquentes.Il est de pratique courante de faire des ponctions lombaires à des malades suspects de lésion cérébrale.Très peu de malades, présentant de l\u2019hypertension intracrânienne, nous arrivent sans avoir eu une ponction.Ce que l\u2019expérience avait prouvé à mes maîtres en neuro-chirurgie qui nous enseignaient avec forte conviction, je l\u2019ai personnellement vérifié maintes fois depuis 6 ans ici à Québec.C\u2019est avec l\u2019appui de ces preuves concrètes que je me permets d\u2019affirmer ce qui suivra.Loin de nier la valeur de la ponction lombaire et de la recherche albuminorachique du 1.c.-r, Je voudrais vous montrer toutefois la non-importance d\u2019une telle ponction lombaire et surtout les graves dangers que l\u2019on fait courir au malade en la pratiquant sans discernement chez les sujets porteurs d\u2019une hyper- \u2014_\u2014 I.Communication au XVIIIe Congrès de IA.M.L.F.C., Québce, juin 1946.tension intracrânienne due à une lésion compressive localisée.Au cours de cet exposé, je vous présenterai 30 cas de malades chez qui une tumeur a été décelée soit à intervention soit à l\u2019autopsie et chez qui la ponction lombaire ne fut d\u2019aucune utilité quelconque.Je crois que nous devrions ériger en principe dans l\u2019enseignement neurologique que, lorsque nous avons lieu de suspecter le moindrement, soit par des signes objectifs, soit par des signes subjectifs, une hypertension intracrânienne par lésion compressive localisée, nous ne devons jamais pratiquer de ponction lombaire.La ponction lombaire ne doit être réservée qu\u2019aux cas d\u2019infection aiguë, suraiguë ou chronique, aux cas d\u2019'hypertension crânienne post-trau- matique mais au moins 48 heures après le traumatisme, a tous les cas d\u2019atteinte non compressive du systéme nerveux cérébro-spinal et enfin à tous les cas suspects de lésion médullaire quelle qu\u2019en soit la nature.Il est quelques grands principes qu\u2019il est bon d\u2019exposer.Pourquoi ne faut-il pas faire de ponction .lombaire dans les cas d\u2019hypertension intra- cranienne?Nous allons répondre en posant une autre question.Pourquoi veut-on faire une ponction lombaire?On nous dit qu\u2019il faut rechercher s\u2019il y a hypertension du liquide et s\u2019il y a une modification du |.c.-r.L\u2019hypertension du 1.c.-r.n\u2019existe pas tou-' jours, dans les cas de lésions compressives, puis apres la lecture du manometre nous concluons a l'existence de I\u2019hypertension.Par contre, nous ne sommes pas plus avancés au point de vue liagnostie précis et nous exposons le malade à de graves dangers si une hypertension existe.De plus, pourquoi exposer un malade à ces dangers qui seront énumérés SIROIS: PONCTION LOMBAIRE ET LÉSIONS COMPRESSIVES INTRACÉRÉBRALES plus bas, alors que nous avons des moyens bien précis de rechercher l\u2019hypertension intracrânienne tels que l\u2019examen du fond d\u2019œil, la radiographie simple du crâne, etc.Le |.c.-r.se modifie très peu dans les tumeurs cérébrales même si ces tumeurs sont situées à la corticalité ou aux cavités ventriculaires.Les nombres de cas rapportés sont, il me semble, une preuve suffisante pour se passer de commentaires supplémentaires.Sur 90 dossiers vérifiés, 1.5% seulement ont montré une albuminorachie, et encore n\u2019était-elle que très légèrement élevée.La ponction lombaire n\u2019est d\u2019aucune utilité dans 99% des cas de lésion compressive localisée.L\u2019observation bien faite et bien détaillée, l\u2019examen neurologique complet avec un examen du fond d\u2019œil même répété à intervalles fréquents dans les cas suspects et enfin une bonne radiographie du crâne avec recherche de tous les petits signes d\u2019hypertension intracränienne sont fortement suffisants pour faire porter le diagnostie d\u2019une hypertension intracranienne.Dès que ceci est dépisté, les autres recherches de la cause et de la localisation de cette étiologie hypertensive doivent être laissées à des mains exercées et surtout dans un milieu approprié et préparé à répondre à toutes les éventualités d\u2019urgence qui peuvent se présenter et se présentent fréquemment dans ces cas.Dès qu\u2019il existe une hypertension intracrânienne par lésion localisée, nous avons une perturbation dans la circulation du 1.c.-r.II existe alors une tension intraventriculaire positive augmentée à laquelle progressivement les parties cérébrales vitales se sont adaptées.Si nous pratiquons une ponction à la voie lombaire, la tension à cet endroit peut être augmentée et même une tension lombaire négative par rapport à la tension ventriculaire et intracérébrale positive augmentée; il se produit un appel du vide, un déplacement lent ou brusque et, lorsque la compression localisée se déplace ainsi, l\u2019ædème cérébral se produit avec rapidité et il faut avoir vu, lors d\u2019une inter- 275 vention, avec quelle rapidité l\u2019œdème progresse, ne trouvant pas d\u2019expansion en surface.Ce sont soit les amygdales cérébelleuses qui se glissent dans le trou occipital, soit le lobe temporal dans la fente cérébrale de Bichat.Le cône de pression ainsi subitement formé comprime le bulbe et la protubérance et nous assistons par inhibition bulbaire brusque à une mort subite.J\u2019ai vu de ces morts et elles sont tragiques et regrettables en général, à un point tel qu\u2019elles nous laissent par la suite bien perplexes quand il s\u2019agit de pratiquer une ponction lombaire chez un autre malade présentant une hypertension intracränienne.Il est tout à fait et toujours contre-indiqué, même si l\u2019on fait une ponction lombaire, de pratiquer une compression jugulaire à tout malade le moindrement suspect d\u2019hypertension intracrânienne.Nous n\u2019en retirons aucun renseignement quelconque.Nous n\u2019obtenons jamais la traduction d\u2019un blocage à moins que la tumeur ait obstrué complètement le 4ème ventricule ou l\u2019aqueduc de Sylvius, et dans ces cas, comme dans tous les autres présentant une lésion supra-tentoriale, une compression jugulaire, pour les mêmes raisons expliquées plus haut, expose considérablement la vie du malade en établissant très fréquemment un cône de pression amygdalien ou temporal.Et vous savez, par expérience, que l\u2019on ne manque pas de pratiquer une compression jugulaire chaque fois qu\u2019une ponction lombaire est pratiquée.Pourquoi?On ne le salt pas.; Que dire maintenant des malades présentant une hypertension post-infectieuse ou post-traumatique ?Dans les cas d\u2019infection, nous avons affaire à une hypertension généralisée le plus souvent due à une augmentation du volume du liquide lui-même.Alors la ponction décompressive pratiquée, en plus d\u2019avoir un but de diagnostic, servira sans doute à un but thérapeutique et il n\u2019existe pas de danger de déplacement brusque ou lent comme dans les cas de lésions localisées.C\u2019est donc dire que le cône de pression amygdalien ou temporal n\u2019est pas à 276 craindre.L\u2019on peut donc faire et souvent l\u2019on doit faire librement des ponctions lombaires dans ces cas.Quant aux traumatismes, si l\u2019on constate immédiatement après ce dernier une hypertension intracrânienne qui se manifestera par de l\u2019inconscience, du coma, des pupilles fixes, etc, l\u2019on ne doit pas faire de ponction lombaire avant au moins 36 à 48 heures du traumatisme.Pourquoi?Si le malade, en effet, avait une hémorragie intracranienne, quelle que soit sa localisation à l\u2019intérieur de la boîte crânienne, nous avons alors affaire à une compression localisée et pour les raisons déjà énumérées, surtout à cause du danger du cône de compression, la ponction met la vie du malade en danger.De plus, quels renseignements croit-on pouvoir retirer?Rechercher par la ponction s\u2019il y a hypertension intracrânienne?Mais l\u2019état du malade nous en fournit l'évidence même.Rechercher s\u2019il y a présence de sang dans le liquide?La moindre commotion cérébrale donnera du sang dans le liquide et, si le sang est constaté en plus ou moins grande abondance, nous ne pouvons en déduire qu\u2019il s\u2019agit nécessairement d\u2019une hémorragie compressive.Nous ne sommes donc pas plus avancés au point de vue diagnostic, que nous constations du sang ou non dans le liquide, immédiatement après un traumatisme, par ponction lombaire, et tel que mentionné, nous exposons inutilement la vie du malade.Il faut traiter ces traumatisés sans ponction et surveiller attentivement les manifestations cliniques neurologiques qui se développent dans les heures qui suivent le traumatisme, afin de pouvoir mieux orienter notre diagnostic précis et orienter notre thérapeutique médicale ou chirurgicale, si cette dernière éventualité devient indiquée.La ponction lombaire post-traumatique se fera avec avantage et sans danger pour le malade, si cliniquement, 36 ou 48 heures après ce traumatisme crânien important, nous n\u2019avons aucune manifestation clinique de compression localisée et que l\u2019hypertension généralisée persiste se manifestant par la progres- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 sion ou la continuation de l\u2019inconscience, l'agitation marquée du malade, ete.Alors seulement nous rendrons de grands services au malade en pratiquant une telle ponction.Quelles sont donc les conclusions que l\u2019on doit retenir de tout ceci?1.Dans les cas suspects de compressions cérébrales localisées, la ponction lombaire est contre-indiquée parce que dangereuse.2.La ponction lombaire dans les compressions par tumeur ne fournit pas de renseignements utiles dans 99% des cas.3.La ponction lombaire expose la vie du malade lors des lésions localisées et provoque un cône de compression amygdalien ou temporal.4.Dès qu\u2019il y à la moindre hypertension intracrânienne, ne jamais faire l\u2019épreuve de Queckenstead qui ne présente aucune utilité quelconque.5.La ponction lombaire peut se faire librement sans danger dans les infections qui causent de l\u2019hypertension intracrânienne constatée cliniquement.* #* * Voici un tableau synoptique de vingt cas de malades chez qui la présence d\u2019une lésion tumorale cérébrale a été vérifiée à l\u2019intervention et à l\u2019examen anatomo-pathologique et qui auparavant avaient subi une ponction lombaire dont la formule avait été essentiellement négative à ce sujet.1° No 46-023 \u2014 Lucien B.Diagnostic clinique: tumeur pariétale gauche.Intervention: le 24 août 1942.Diagnostic opératoire: anévrisme cirsoïde pariétal gauche.L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .18 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 2.0 p.mm/3 Monocytes: 0.8 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 A.Li SIROIS: PONCTION LOMBAIRE ET LÉSIONS COMPRESSIVES INTRACÉRÉBRALES 2° No 49,260 \u2014 Armande P.Diagnostic clinique: tumeur temporo-parié- tale droite.Intervention: le 8 mars 1943.Diagnostic pathologique: méningiome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .30 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 14 p.mm/3 Monocytes: 0.0 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 30 No 53,134 \u2014 Edgar B.Diagnostic clinique: tumeur de la poche de Rathké.Intervention: le 5 novembre 1943.Diagnostic pathologique: tumeur de la poche de Rathké.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .28 ctgrsp.1000 Lymphocytes: 1.9 p.mm/3 Monocytes: 0.9 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 4° No 54,189 \u2014 Daniel E.Diagnostic clinique: tumeur frontale gauche.Intervention: le 17 janvier 1944.Diagnostic pathologique: vieil hématome sous-duremérien.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .30 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 4.6 p.mm/3 Monocytes: 1.8 p.mm/3 Autres éléments 0.0 ( p.mm/3 5° No 56,745 \u2014 Arthur B.Diagnostic clinique: tumeur pariétale droite.Intervention: le 6 juillet 1944.Diagnostic pathologique: gliome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .28 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 4.0 p.mm/3 Monocytes: 0.9 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 277 6° No 56,878 \u2014 Marcel R.Diagnostic clinique: tumeur cérébelleuse gauche.Intervention: le 28 juillet 1944.Diagnostic pathologique: tuberculome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .18 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.4 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 7° No 58,132 \u2014 Mme Paul B.Diagnostic clinique: tumeur temporale droite.Intervention : le 25 septembre 1944.Diagnostic pathologique: glioblastome polymorphe.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .18 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 6.0 p.mm/3 Monocytes: 1.1 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 8° No 59.594 \u2014 Gilles G.Diagnostic clinique: tumeur du cervelet.Intervention: le 4 janvier 1945.Diagnostic pathologique: épendymo-gliome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .30 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 1.0 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 9° No 60,019 \u2014 Mme Rex R.Diagnostic clinique: tumeur pariétale gauche.Intervention: le 24 février 1945.Diagnostic pathologique: oligodendroglio- blastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .25 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 6.8 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 278 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BurLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 10° No 60,528 \u2014 Mme J.Pascal R.Diagnostic clinique: tumeur fronto-parié- tale gauche.Intervention: le 13 mars 1945.Diagnostic pathologique: méningoblastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .20 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 1.2 p.mm/3 Monocytes: 04 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 11° No 60,681 \u2014 Adrien M.Diagnostic clinique: tumeur frontale gauche.Intervention: le 10 avril 1945.Diagnostic pathologique: astroblastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .22 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 1.4 p.mm/3 Monocytes: 0.9 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 12° No 60,980 \u2014 Gertrude D.Diagnostic clinique: tumeur cérébelleuse gauche.Intervention: le 19 avril 1945.Diagnostic pathologique: tuberculome.(Dr L.Berger) Albumine: 0 gramme .28 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 2.3 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 Bactériologique : pas de microbes visibles 13° No 61,199 \u2014 Jeannine F.Diagnostic clinique: tumeur de la poche de Rathké.Intervention: le 3 mai 1945.Diagnostic opératoire: anévrisme de l\u2019artère cérébrale antérieure droite.L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .10 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 1.8 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 14° No 61,820 \u2014 Gérard T.Diagnostic clinique: tumeur cérébelleuse gauche.Intervention: le 4 juin 1945.Diagnostic pathologique: tuberculome.(Dr L.Berger) L.c-r.: Albumine: 0 gramme .25 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 14 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 15° No 61,884 \u2014 Mme John L.L.Diagnostic clinique: tumeur temporale gauche.Intervention: le 9 juin 1945.Diagnostic pathologique: gliome protoplas- mique.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .18 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 1.9 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 169 No 62,637 \u2014 Solange L.Diagnostic clinique: tumeur cérébelleuse gauche.Intervention: le 27 août 1945.Diagnostie pathologique: glioblastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: moins de 0 gr.05 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.0 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 17° No 63,361 \u2014 Léonard R.Diagnostic clinique: tumeur fronto-tempo- rale droite.Intervention: le 5 septembre 1945.Diagnostic pathologique: astroblastomc.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .10 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.8 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 SIROIS: PONCTION LOMBAIRE ET LÉSIONS COMPRESSIVES INTRACÉRÉBRALES 18° No 64,621 \u2014 Hector F.Diagnostic clinique: tumeur cérébelleuse droite.Intervention: le 26 novembre 1945.Diagnostic pathologique: astroblastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .10 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.9 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 18° No 65,166 \u2014 Jean Marc T.Diagnostic clinique: tumeur de la poche de Rathké.Intervention: le 3 janvier 1946.Diagnostic pathologique: gliome de l\u2019infundibulum.(Dr L.Berger) 279 L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .10 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.9 p.mm/3 Monocytes: 0.1 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 20° No 65,373 \u2014 Mme Origène P.Diagnostic clinique: tumeur pariétale gauche.Intervention: le 23 janvier 1946.Diagnostic pathologique: méningoblastome.(Dr L.Berger) L.c.-r.: Albumine: 0 gramme .18 ctgrs p.1000 Lymphocytes: 0.6 p.mm/3 Monocytes: 0.4 p.mm/3 Autres éléments: 0.0 p.mm/3 SYMPTÔMES MENTAUX OBSERVÉS DURANT LA CAMPAGNE D'EUROPE ! Capitaine John O\u2019NEIL (Québec).Plus de 60% des soldats examinés pendant la campagne d\u2019Europe l\u2019ont été à cause de troubles mentaux ou psychosomatiques.Les uns n\u2019avaient pas encore vu le feu, d\u2019autres peu, d\u2019autres avaient passé à travers des engagements violents; plusieurs étaient décorés, beaucoup avaient 8 à 10 mois d\u2019action à leur crédit.Un groupe important n\u2019a manifesté des signes de névrose qu\u2019après la victoire ou au moment du retour à la vie civile.Beaucoup ont été évacués à cause de troubles organiques et ont ensuite été vus par le psychiatre.Les réactions émotionnelles observées n\u2019ont pas différé beaucoup de celles qu\u2019on avait vues jusque là dans l\u2019armée.Si on considère le type d\u2019homme le plus exposé à manifester des symptômes à l\u2019action, on a: 1° le névropathe constitutionnel et Uhystérique; 2° le psychopathe criminel et le débile mental; 3° le blessé; 4° le vieux soldat après des mois d\u2019action.1.Communication au XVIIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C, Québec, juin 1946.1.Le mévropathe constitutionnel, pusillanime, appelé par les psychiatres anglais « psychopathic personality inadequate ».Souvent, il a flanché avant le débarquement.Bien que souvent réfugié dans une position de 2ème ligne, il a vite montré tous les signes de terreur qui l\u2019ont rendu invalide.2.L\u2019hystérique a réagi par des convulsions, des tics de la face, du torticolis, des spasmes, des monoplégies, ete.3.Le psychopathe criminel ou agressif n\u2019a été, en action comme durant la paix, qu\u2019une source d\u2019embarras et une cause de désordre.Un essai fait en Italie avec une unité de psychopathes agressifs ou criminels avait d\u2019ailleurs prouvé leur inutilité.Comme toujours, ils ont réagi en désertant ou en commettant des délits qui ont assuré leur internement et par suite leur éloignement du danger.4.Le débile mental s\u2019était assez bien comporté au régiment, parce qu\u2019on le ménageait. 280 Mais son manque d'imagination ne lui avait pas permis de prévoir ce que pouvait être un débarquement ou un embarquement.Il s\u2019est soudainement trouvé dans une situation nouvelle, qu\u2019il ne pouvait comprendre.Le tableau clinique était presque toujours le même: confusion avec hallucinations visuelles ou auditives passagères survenant dans un dur sommeil et suivie d\u2019une période d\u2019exaltation.C\u2019était presque toujours son père, sa mère ou un saint favori lui enjoignant de retourner chez lui.Le psychasthénique, le neurasthénique et l\u2019anxieux, s\u2019ils étaient d\u2019intelligence et de moral supérieurs, ont souvent enduré leurs symptômes pour des mois.Plusieurs n\u2019ont faibli qu\u2019après la paix ou au moment d\u2019une promotion.Ce sont là des recrues qu\u2019un psychiatre aurait rejetées à l\u2019enrôlement.5.Un autre qui a vite montré de l\u2019instabilité nerveuse, c\u2019est le blessé, quelle qu\u2019ait été la gravité de sa blessure ou sa compétence antérieurement à l\u2019évacuation.Presque tous les blessés semblaient moins inquiets de la gravité de leurs blessures que soulagés et même très contents à l\u2019idée de sortir de la fournaise avec gloire.Le temps venu de retourner au feu, la plupart ne pouvaient s\u2019y résigner.Les uns devenaient anxieux, les autres développaient des paralysies ou anesthésies localisées au membre blessé.6.Enfin, un grand problème fut le soldat intelligent, de bon moral, sans tares névropa- thiques familiales ou personnelles.Pendant des mois il avait combattu sans défaillance.Ses amis étaient disparus.Il avait passé fréquemment à deux doigts de la mort.Un jour, le sujet devenait convaineu que la prochaine bombe ne pouvait être que pour lui.Aucun encouragement, aucune explication ne pouvait le débarrasser de cette idée fixe.Tellement qu\u2019en entendant tomber l\u2019obus, il se jetait hors de son abri sans se soucier du danger qu\u2019il courait.D\u2019autres désertaient ou s\u2019infligeaient des blessures assez graves, s\u2019exposaient les pieds hors de la tranchée dans l\u2019espoir qu\u2019un éclat d\u2019obus les frappe.Pour ce qui est LUNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 des psychoses, il ne semble pas que le combat lui-même en ait causées.Il a pu précipiter des poussées de manie ou de dépression chez des cyclothymiques, il a donné une teinte spéciale au délire des paranoïaques.Mais le schizophrène a continué à vivre sa vie et à faire scs poussées aiguës sans trop se soucier de la situation stratégique.LE FACTEUR Abstraction faite du terrain névropathique, une foule de facteurs ont été mis en cause par les patients pour expliquer leur état.Ce sont par ordre de fréquence: le feu d\u2019artillerie intensif sur un petit secteur, surtout par les .canons de D.C.A.; les obus, les fusées et les mortiers; le bombardement aérien; l\u2019avance dans l\u2019eau et la glace, d\u2019une digue à l\u2019autre, alors que les nouvelles positions étaient toujours connues de l\u2019Allemand; la perte d\u2019un ami protecteur, d\u2019un officier favori; l\u2019attaque à l\u2019aveugle, sans idée sûre de l\u2019objectif et sous les ordres d\u2019un officier incompétent; les patrouilles en terrain miné; le feu des francs- tireurs; la promotion; la permission à l\u2019arrière avec la détente qu\u2019elle amenait.LA RÉACTION La réaction la plus fréquente à l\u2019époque des grandes batailles comme celles de Caen et de Falaise fut la terreur soudaine avec excitation et confusion.Elle commençait généralement après un coup près.Le soldat, abasourdi ou seulement éclaboussé par l\u2019explosion, se relevait en sanglotant, sortait de son trou en criant et courait vers l\u2019arrière en chancelant au milieu des explosions.Il arrivait ou était amené au poste de secours le regard apeuré, souvent violent.Complètement aphone ou bégayant, il semblait incapable de répondre aux questions.Parfois on l\u2019arrêtait des milles en arrière, encore confus, incapable de donner son nom ou d\u2019expliquer son absence du régiment.Apathique ou irritable, ralenti au point de vue psychique et moteur, il accusait une PE; AREER il. amnésie pour la période survenue depuis l\u2019explosion.Elle cédait facilement aux questions répétées ou à la narco-analyse.Souvent on observait chez lui l\u2019anesthésie hystérique complète, des monoplégies avec cyanose et œdème, de la cécité.La surdité était souvent fonctionnelle, mais parfois d\u2019origine organique.Le symptôme d\u2019hystérie prédominait-il, le patient était généralement calme et désintéressé.Le pronostic, quant à son retour au front, était défavorable, d\u2019abord parce que ce syndrome apparaissait surtout chez le pusillanime et ensuite parce que la guérison ne faisait que déclencher l\u2019apparition de l\u2019anxiété pure.D\u2019où le diagnostic: anxiété-hystérie.Quand la guerre se fut un peu ralentie d\u2019intensité et d\u2019allure, le diagnostic le plus commun fut: « Anxiety State ».Dans ce cas, pas d\u2019excitation violente, pas de mouvements violents ou choréiformes, pas de tremblement grossier de la tête ou des extrémités.Le patient était un soldat de meilleure étoffe, un subalterne ou un officier, qui avait longtemps souffert avant de voir l\u2019officier médical.C\u2019était presque toujours le vieux syndrome d'effort avec asthénie, sentiment de dépression, difficulté d\u2019attention et d\u2019idéation, tremblement nerveux des extrémités, de la tête et des lèvres, insomnie tenace, sommeil entrecoupé de cauchemars, sensibilité extrême au bruit.Sur le syndrome d\u2019effort presque constant venaient se greffer une foule de symptômes psychosomatiques: 1.Troubles gastro-intestinaux : inappétence, vomissements, hyperchlorhydrie, aérophagie, crampes intestinales, diarrhée des combattants, constipation tenace, diarrhée muco-membra- neuse.2.Troubles urinaires: pollakiurie, polyurie, dysurie avec lombalgie.3.Troubles neuro-végétatifs: comme le syndrome de Raynaud, les urticaires, les sudations profuses.4.Autres symptômes: la céphalée en casque ou localisée au site d\u2019une blessure légère avec vertige et surdité et amblyopie, la cécité, l\u2019aphonie, le bégaiement.O'NEIL: SYMPTÔMES MENTAUX DURANT LA CAMPAGNE D'EUROPE 281 Quand les lignes allemandes étalent à quelques verges, certains symptômes isolés furent plus fréquents qui demandaient l\u2019évacuation immédiate: pollakiurie, toux quinteuse, ronflements, cauchemars avec cris, cécité nocturne.L'apparition de ces troubles était souvent conditionnée par une situation particulière ou par l\u2019usage d\u2019une arme spéciale, par exemple: la mitrailleuse Smiezer, la carabine du franc-tireur allemand, le «88», le mortier surnommé « Moaning Minnie», la vue d\u2019un tank, l\u2019usage d\u2019une motocyclette ou d\u2019un « jeep ».Un soldat de la Chaudière se réfugia dans un trou au début de l\u2019attaque.S\u2019il n\u2019entendait pas de « 88 », il rejoignait ses amis au feu.Un soldat du 22e Régiment voyait apparai- tre en quelques minutes un urticaire à la région deltoidienne droite s\u2019il montait en « jeep » ou parfois au simple souvenir d\u2019un accident subi en Italie.Nous avons à Phôpital un sergent du 22e chez qui la vue d\u2019une motocyclette en marche amène l\u2019apparition de l\u2019angoisse.LE TRAITEMENT On avait préconisé le traitement conduit le plus près possible de la ligne de feu pour que le soldat demeure dans l\u2019atmosphère du combat et ne perde pas ses velléités d\u2019y retourner.En fait, la proximité de la ligne fut souvent une cause d\u2019échec et nécessita l\u2019administration de sédatifs à doses trop fortes.On s\u2019efforça de respecter autant que possible le rang, la discipline et la routine militaire.A l\u2019admission, après une légère collation, le patient recevait une forte dose de nembutal, de medinal ou d\u2019amytal.Il dormait son saoul: 10 à 18 heures.Au réveil, bain et repos.Puis l\u2019interview rapide pour dépister les sujets les plus prometteurs.Ensuite venait l\u2019histoire psychiatrique complète, avec examen physique, suivie de l\u2019explication des symptômes présents.La narco-analyse ou l\u2019hypnotisme furent très efficaces dans la recherche des causes de 282 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 la maladie et dans le traitement.Dans un demi-sommeil, le patient revivait l'incident qui avait occasionné ses troubles.L\u2019amnésie disparue, la psychothérapie devenait plus facile.Les grands anxieux bénéficièrent de la narcothérapie, soit 20 à 22 heures de sommeil pendant 4 à 10 jours.Ce traitement n\u2019était possible qu\u2019à la base.C\u2019est l\u2019insuline qui a donné les meilleurs résultats chez l\u2019anxieux; l\u2019effet recherché fut d\u2019abord la sédation, puis le relächement musculaire et la sensation de bien-être physique quand l\u2019appétit et le sommeil devenaient normaux.les doses ont varié de 50 à 160 unités par jour.L\u2019accès d\u2019hypoglycémie arrêtée, les patients assistaient à une causerie où une explication aussi satisfaisante que possible de leurs symptômes leur était donnée.RÉSULTATS Si on prend comme critère de guérison la disparition des symptômes, 80% des patients furent guéris.Mais seulement 13 à 15% des patients retournèrent à l\u2019action.Les autres servirent à la base ou aux lignes de communication.L\u2019Armée en bataille ne peut tenir compte des défaillances de tel ou tel homme par ailleurs très compétent.Même guéri, le patient était susceptible de faire une rechute et, par là, de nuire au bon rendement de son unité ou de mettre en danger la vie de ses camarades.Autant de risques qu\u2019une unité à l\u2019action ne peut se permettre de prendre. RECUEIL DE FAITS à + 2 UTILITÉ DE L\u2019ÉPREUVE DIRECTE MAJEURE COMME CONTRÔLE AVANT TOUTE TRANSFUSION! Albert BERTRAND, Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal, Chef du laboratoire de bactériologie à l\u2019hôpital Notre-Dame Au rythme où se font les transfusions sanguines de nos jours, on serait porté à croire qué ce genre d'intervention est dépourvu de tout danger.Il n\u2019en est pas ainsi malheureusement; la transfusion peut entraîner la mort du patient s\u2019il existe une incompatibilité entre le sang du donneur et celui du receveur.On évite naturellement cette possibilité en établissant avec soin les groupes sanguins respectifs de l\u2019un et de l\u2019autre sujet.Mais encore faut-il que les sérums utilisés à cette fin soient de bonne qualité et suffisamment riches en agglutinines pour que l\u2019interprétation des résultats ne laisse aucun doute dans l\u2019esprit du sérologiste.Certains laboratoires d\u2019hôpitaux préparent leurs propres sérums agglutinants alors que d\u2019autres laboratoires préfèrent s\u2019en rapporter aux sérums vendus par des maisons spécialisées.Pendant plusieurs années nous avons, à l\u2019hôpital Notre-Dame, préparé nous-mêmes nos sérums avec des résultats très satisfaisants.Toutefois, le nombre de transfusions augmentant continuellement, nous avons dû, pour des raisons de technique, discontinuer cette façon de procéder, et depuis un an environ nous nous adressons à une maison étrangère qui nous fournit tous les mois la quantité de sérum stipulée dans le contrat.Nous avons eu entière satisfaction avec ces sérums jusqu\u2019à ces derniers temps alors qu\u2019il s\u2019est produit une série d\u2019incidents qui auraient pu avoir des conséquences graves et que nous voulons rapporter ici.1.Communication à l\u2019Assemblée scientifique du Bureau médical de l'hôpital Notre-Dame, séance de janvier 1947.(Montréal).Disons d\u2019abord que la technique que nous suivons pour la détermination des groupes est la suivante : A: détermination du groupe sanguin du receveur.Nous utilisons trois sérums, soit, sérum À (coloré en bleu), sérum B (coloré en rouge), sérum O (incolore).Les sérums À et B sont fournis par une maison spécialisée alors que le sérum O est préparé à l\u2019hôpital même et constitué par un mélange de plusieurs sérums du type 0.B: détermination du groupe sanguin du donneur.Nous employons les mêmes sérums À, B et O0 et nous ajoutons comme contrôle le sérum du patient pour qui se présente le donneur.En procédant de la sorte nous avons un contrôle, sérum 0, pour le groupe sanguin du receveur, et deux contrôles, sérum 0 et sérum du patient (épreuve directe majeure), pour le groupe sanguin du donneur.Cette méthode nous a paru la plus sûre et nous nous félicitons aujourd\u2019hui de l\u2019avoir suivie.En voici la raison.Samedi, le 15 novembre dernier, nous avions à déterminer le groupe sanguin de nouveaux patients.Nous utilisons à cette fin des sérums reçus depuis peu et non encore éprouvés.Nous procédons selon la technique indiquée plus haut et nous obtenons: SérumA Sérum B Sérum O0 Patient X Patient Z soit deux patients de groupe sanguin 0.Jusqu\u2019ici rien de particulier à noter. 284 Le soir du même jour notre technicienne est appelée d\u2019urgence pour établir le groupe sanguin d\u2019une nouvelle patiente et pour servir un sang de la Banque.Par la même technique elle obtient: Sérum À SérumB Sérum O0 Patiente C XXXX XXXX donc patiente de groupe sanguin AB.En pratiquant l\u2019épreuve directe majeure (sérum de la patiente et globules rouges d\u2019un sang AB conservé à la glacière), notre technicienne constate une agglutination marquée des globules de ce donneur.Croyant à une erreur commise dans l\u2019une ou l\u2019autre détermination des groupes, elle refait les épreuves pour arriver aux mêmes conclusions: patiente de groupe AB, sang conservé de groupe AB, mais épreuve directe majeure, agglutination.XXXX Prévenu de ce fait inusité, nous faisons les mêmes constatations et nous décidons alors de donner, après contrôle par l\u2019épreuve directe majeure, un sang de groupe 0 qui est très bien supporté par la patiente.Nous mettons cependant de côté et le sang de la patiente et le sang de la Banque pour vérification ultérieure.Dimanche, le 16, dans la journée, l\u2019interne de service au laboratoire se trouve également en présence des mêmes difficultés: nouvelle patiente de groupe sanguin AB dont le sérum agglutine les globules rouges d\u2019un sang de Banque, groupe AB.L\u2019interne donne à cette patiente du sang de groupe 0 et la transfusion se fait sans incident.Lundi, le 17, groupe sanguin d\u2019une troisième patiente qui donne encore groupe AB.Etant donné la rareté des groupes de type AB, environ 5%, nous nous inquiétons de cette fréquence inusitée et nous soupconnons un défaut de la qualité des sérums agglutinants.Nous préparons extemporénamment des sérums A et B que nous mettons en présence des globules rouges des trois derniéres patientes classées AB de méme qu\u2019en contact avec les deux sangs de la Banque et nous constatons L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 à notre surprise que les trois patientes ne sont pas de groupe AB mais bien de groupe A.Par ailleurs les deux sangs de la Banque restent ce qu\u2019ils étaient antérieurement, c\u2019est-à-dire des sangs de groupe AB.Le sérum qu\u2019on nous avait vendu n\u2019était donc pas du sérum de groupe A ou contenait autre chose en plus.Il s\u2019agissait maintenant d\u2019en déterminer la nature.Pour ce faire, nous avons utilisé neuf sangs dont les groupes ont été d\u2019abord déterminés avec des sérums éprouvés et nous avons comparé certains des résultats obtenus avec un sérum B absorbé, c\u2019est-à-dire avec un sérum ne contenant que l\u2019agglutinine a\u2019, sérum utilisé pour différencier les sous-groupes A* et A?.Voici les résultats que nous avons obtenus.Patient Groupe Sérum A?Sérum B absorbé No sanguin (défectueux) (contenant a\u2019) 1 0 - 2 0 - 3 A -\u2014 - (sous gr.A?) 4 A XXXX xxxx \u201c \u201c Al 5 A XXXX xxxx \u201c \u201cA 6 AB XXXX - \u201c\u201c \u201c AB 7 A XXXX xxxx \u201c \u201c A 8 B XXXX 9 B XXXX xxxx agglutination; - absence d\u2019agglutination.Discussion des résultats.Un sérum À normal contient l\u2019agglutinine b mais non l\u2019agglutinine a; il doit agglutiner normalement les globules rouges AB (6) et B (8, 9) mais non les globules rouges À (4, 5, 7).Le sérum A (défectueux) que nous avons reçu contient donc une agglutinine anti-a puisqu\u2019il agglutine les sangs À (4, 5, 7).Par ailleurs, si le sérum A (défectueux) n\u2019agglutine pas le sang À (3) alors qu\u2019il agglutine les sangs A (4, 5, 7), c\u2019est que le sang A (3) est différent des sangs A (4, 5, 7).Or l\u2019épreuve faite avec le sérum B absorbé (contenant l\u2019agglutinine a\u2019) démontre que À (3) est en réalité de sous-groupe A?et que BERTRAND: ÉPREUVE DIRECTE AVANT TOUTE TRANSFUSION AB (6) est de sous-groupe A°B alors que À (4, 5, 7) sont de sous-groupe Al.La comparaison entre le sérum À (défectueux) et le sérum B absorbé laisse voir de grandes similitudes d\u2019action sur tous les globules rouges du type A, mais on constate en plus que le sérum A (défectueux) agglutine pour son propre compte et les globules rouges B (8, 9) et les globules rouges AB (6).Il faut donc qu\u2019il y ait dans ce sérum une aggluti- nine anti-b.Si on accepte comme authentique le sérum B absorbé, il faut admettre qu\u2019il existe également dans le sérum A (défectueux) deux agglutinines, l\u2019une, a\u2019, qui se comporte comme Pagglutinine a\u2019 du sérum B absorbé, l\u2019autre, b, qui agit comme l\u2019agglutinine normale du sérum À.Mais comment expliquer la présence de ces deux agglutinines, a\u2019 et b, dans un sérum qui ne doit contenir normalement que l\u2019agglutinine b?A notre avis trois causes peuvent expliquer ce fait: 1.Soit qu\u2019on ait mélangé par erreur du sérum B absorbé (contenant a\u2019) au sérum À (contenant b) au moment de la préparation de ce dernier sérum, ou vice versa.2.Soit qu\u2019on ait utilisé pour la préparation du sérum B absorbé (le sérum B normal contient les agglutinines a et a\u2019) des globules rouges A?non suffisamment lavés pour enlever 285 toute trace de sérum, lequel sérum contient normalement l\u2019agglutinine b.3.Soit qu\u2019on ait utilisé pour la préparation du sérum B absorbé (ce qui est peu probable mais possible) un sérum de groupe O contenant les agglutinines normales a, a\u2019 et b, et qu\u2019on ait omis d\u2019absorber l\u2019agglutinine b tout en absorbant avec des globules rouges A?bien lavés l\u2019agglutinine a.Quelle que soit la cause de cette erreur, car erreur il y a eu dans la préparation du sérum A (défectueux), celle-ci aurait pu avoir des conséquences fatales si nous n\u2019avions pas établi comme ligne de conduite de faire des épreuves de contrôle avant toute transfusion.Nous avons déjà attiré l\u2019attention des médecins sur l\u2019importance de l\u2019épreuve directe majeure avant de permettre une transfusion et nous savons que dans maintes institutions, et non des moins réputées, on laisse de côté ce genre de contrôle sous prétexte qu\u2019il est inutile lorsque les sérums agglutinants sont de bonne qualité.Après ce que nous venons de constater, nous restons convaincus plus que jamais de la nécessité de ce contrôle et nous ne craignons pas d\u2019affirmer que sans l\u2019épreuve directe majeure que nous avons faite, comme nous l\u2019avons établi pour toutes nos transfusions, nous aurions eu à déplorer très vraisemblablement trois accidents graves, sinon mortels. TROUBLES DIGESTIFS NÉFASTES AU COURS DE CERTAINS PNEUMOTHORAX GAUCHES Marcel VERSCHELDEN, Médecin de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur (Montréal).Je n\u2019apprendrai rien de nouveau à ceux qui ont eu la bonne fortene de lire la publication du docteur Feinsilver, de Worcester, parue dans le Diseases of the Chest d\u2019avril 1945, sous le titre: « Paralysie mécanique de l\u2019hé- midiaphragme gauche compliquant le pneumothorax en T.B.pulmonaire ».Je veux simplement commenter son article et y appliquer quelques cas personnels qui m\u2019ont paru intéressants.Chaque phtisiologue a pu constater au cours de sa pratique des troubles gastro-intestinaux à la suite de paralysie du diaphragme et en certaines circonstances a observé que ces troubles étaient plus fréquents lorsqu'il y avait paralysie de l\u2019hémidiaphragme gauche.Naturellement ces désordres de la fonction digestive, amenant la perte d\u2019appétit et les nausées, ne peuvent que produire un amaigrissement progressif compromettant les bienfaits attendus de telle ou telle intervention mécanique sur le poumon malade.Plusieurs, dont Lemon, Joannides, Wilson et Irving, ont donné des explications assez rationnelles à ce phénomène, et ils l\u2019ont expliqué en s\u2019inspirant de deux considérations, qu\u2019ils ont tout de même confirmées par des expériences, à savoir: 1° que le diaphragme n\u2019est pas un organe servant uniquement à la respiration; 2° que les organes du tube digestif immédiatement placés sous le diaphragme sont influencés par la motilité de ce même diaphragme.Pour le ler item: à savoir que le diaphragme n\u2019est pas un organe servant uniquement à la respiration, Lemon l\u2019a démontré expérimentalement.Il a montré la capacité respiratoire, la capacité vitale du poumon avant et après la paralysie du phrénique, et il n\u2019a constaté qu\u2019une très légère diminution de cette capacité vitale, diminution qui quelquefois n\u2019a été même que transitoire.De plus, après avoir pratiqué une paralysie diaphragmatique bilatérale chez des chiens et les avoir soumis à l\u2019effort, 11 n\u2019a noté aucune diminution appréciable de la fonction respiratoire et il l\u2019explique par une compensation de la part des muscles intercostaux.Quant à l\u2019action des hémidiaphragmes et surtout du gauche sur les organes sous-jacents, elle a été démontrée par Joannides dans un article intitulé: « The Relation of the Diaphragm to Gastric Peristalsis ».D\u2019après cet auteur, il n\u2019y a pas de doute que la motilité de l\u2019estomac est influencée favorablement ou non, selon la course complète, diminuée ou nulle des hémidiaphragmes.Par des manœuvres fluoroscopiques il a prouvé les effets nuisibles de la paralysie de l\u2019hémidiaphragme droit sur les contractions du pylore.A plus forte raison, le fondus de l\u2019estomac étant en contact direct avec l\u2019hé- midiaphragme gauche, on peut comprendre que les troubles de péristaltisme produits de \u201c ce côté seront d\u2019une importance clinique plus appréciable.De plus, Wilson et Irving, dans un article intitulé: « Pressure in the Stomach», ont mesuré les pressions intragastriques avant et après ingestion de grande quantité de liquide; ils trouvent une pression de 2 à 4 centimètres \u2018 cubes d\u2019eau dans l\u2019estomac vide, et ils constatent que cette pression demeure la même après ingestion rapide d\u2019un litre d\u2019eau.Ils en concluent que, si cette adaptation remarquable du fond de l\u2019estomac est due en partie à une bonne flexibilité de la paroi abdominale, elle est surtout expliquée par la mobilité et la motilité du muscle diaphragmatique.us \u2014 = su = a - + VERSCHELDEN: TROUBLES DIGESTIFS AU COURS DE PNEUMOTHORAX GAUCITES Voilà pourquoi un muscle rigide et descendu, à cause de sa relation avec l\u2019estomac, ne peut que limiter sa capacité à absorber des aliments et par conséquent produire de l\u2019anorexie et le syndrome clinique qui s\u2019ensuit.Ce sont ces patients qui ont une faim modérée et qui pourraient manger de façon raisonnable, mais qui, après avoir pris quelques bouchées, ne sentent aucun besoin d\u2019ingurgiter davantage.Il s\u2019ensuit un état général médiocre et souvent un amaigrissement progressif qui compromettent un traitement apparemment efficace sur la lésion.Mais, avant d\u2019aller trop loin, il faudrait mettre en lumière ce fait que le pneumothorax diminue la course diaphragmatique des deux côtés, mais d\u2019une façon plus marquée sur le côté collabé.Il est très facile de constater ces réactions au moyen de la fluoroscopie.Quant à leur explication: le nerf phrénique étant intact, de même que le muscle diaphragmatique, le seul changement existant est la pression intrathoracique.Il s\u2019ensuit que la mobilité du diaphragme ne dépend pas seulement de la force contractile de ses fibres musculaires, ni de l'intégrité du nerf phrénique, mais aussi du niveau de la pression intra- thoracique.A l\u2019inspiration, le diaphragme s\u2019abaisse et, à l\u2019expiration, il remonte.Mais quand il existe de l\u2019air dans la cage thoracique et que cet air est sous une tension plus ou moins grande, la capacité du diaphragme à remonter est plus ou moins affectée.Alors on constate que l\u2019excursion diaphragmatique est très limitée et même, dans certains cas, elle est pratiquement nulle.Je ne voudrais pas faire croire ici que tous les cas de paralysies du diaphragme, qu\u2019elles soient causées par phrénicectomie ou qu\u2019elles apparaissent après un pneumothorax, amènent des troubles digestifs ou de l\u2019anorexie ou des désordres sur l\u2019état général.On connaît trop bien ces cas de phréni- cectomie ou de phrénemphraxie, on pourrait dire géants, là où le diaphragme est immobile 287 et remonté jusqu\u2019au milieu de l\u2019hémithorax, et qui n\u2019ont donné aucun désordre.Voici trois observations qui m'ont paru intéressantes, et chez lesquelles ces notions semblent s\u2019appliquer.Observation 1.R.B., 35 ans, mécanicien, marié: deux enfants.Admis à l\u2019hôpital le 6 mai 1944.Diagnostic: T II B exsudative gauche.Début en février 1944 par de l\u2019asthénie, toux, expectoration muco-purulente.En avril, hémoptysies (crachats hémoptoïques qui se répètent à différents intervalles jusqu'à son admission au Sacré-Cœur).A l\u2019entrée: température, 98 degrés; pouls, 75 à 80; respiration, 22; poids, 132 lbs.L\u2019examen subjectif et objectif du système digestif et de l\u2019abdomen est négatif.Le patient a bon appétit et digère bien.L\u2019examen clinique des poumons ne dénote aucun signe.La sédimentation est à 17.Urines et formule sanguine: normales.Les B.K.sont positifs à la 3e analyse.Gaffky III.Une bronchoscopie ne dénote aucune lésion endo- bronchique.Le patient est mis à la cure.Il demeure négatif jusqu\u2019au 3 novembre 1944 (2 examens directs, 3 homogénéisations et un liquide gastrique).Le 3/11/44, examen direct: B.K.positif.Gaftky IL On décide d\u2019amorcer un pneumothorax gauche à cause des bacilles.Amorce le 23 janvier 1945: -8 -2; 225 ce.-8 0.Poids, 146 (132) plus 14 lbs.L'air entre facilement et sans incident, pneumothorax complet à 50%.Déjà le 4 février (12 jours après l\u2019amorce) nausées, vomissements qui durent 2 jours.Le 12 février, on note: inappétence, amaigrissement de 5 livres (141), asthénie.On donne une potion à la belladone, du bromure de soude, etc.Ces troubles se continuent encore pendant un mois, et surtout durant les deux jours qui suivent l\u2019insufflation, le patient ne mange pas et vomit la faible quantité d\u2019aliments qu\u2019il peut ingurgiter. 288 Le 20 mars, le poids est à 135 livres et c\u2019est le patient qui nous demande d\u2019arrêter le pneumo parce qu\u2019il se sent trop faible.Le pneumo est abandonné le 22 mars 1945.Les dernières pressions: -10 0; 400 cc., -4 0.Le patient est mis à la cure.Le 24 avril 1945, un mois après l\u2019abandon, le poids est remonté de 3 livres à 137.Le patient a bon appétit, a repris de la vigueur.En juin, poids 140 livres ct état général, bon.T1 quitte sans congé au début de juillet.Revu le ler mai 1946 au dispensaire, il a commencé à travailler.Poids 148 livres, soit une augmentation de 13 livres.Observation 2.J.L., 18 ans, écolier.Admis le 26 février 1945.Diagnostic: T.pneumonique du lobe supérieur gauche, type exsudatif.B.K., positif dans le liquide gastrique.Gaffky, IV.Lésion datant de quatre mois, pour laquelle on décide d\u2019amorcer un pneumothorax gauche.Au moment du pneumo on note: température, 98° à 99°; pouls, 75 à 80; respiration, 24; poids, 119 livres.Système digestif: bon appétit, digère bien.Tousse peu, expectore 1 once.Pneumo gauche amorcé le 13 mars 1945: -8 -12; 300 cc., -5 -8.Aucune réaction immédiate.Image de pmeumothorax a 40%.Quelques adhérences.Le 20 mars, 1.e.a la 4c insufflation, on note: nausées, inappétence.Poids, 11844 livres.On remarque l\u2019immobilité diaphragmatique gauche.Le 10 avril 1945.Vomissements, nausées, anorexie.Le patient ne peut rien manger.Poids, 116 livres.Le 14 mai 1945, le pneumo est abandonné a cause du mauvais état général, des troubles digestifs et de la chute de poids à 11444 (moins 5 livres).Le 29 mai, on note: Pétat général est extérieurement le même, mais le patient se sent mieux.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Le 20 juin: 5 semaines après abandon du pneumo.Le patient est bien, bon appétit, bonne digestion.Poids, plus 2 livres, à 117.Le 23 août: poids 120, amélioration de l\u2019état général et, dernièrement, le poids se maintient de 127 à 128 et le patient a commencé une légère activité.Observation 3.E.T., 26 ans, commis.Admis le 31 juillet 1943.Diagnostic: T.fibro-caséeuse bilatérale.B.K., positif.Gaffky V.Hémoptysies après son admission.Amorce droite le 19 août 1943.Pneumo partiel : adhérences.Abandon le 23 nov.1943 (après 3 mois).Cause: adhérences, cavité ouverte.Le patient est remis à la cure.En avril 1944, apparition d\u2019une image annulaire sous-claviculaire gauche.Les bacilles qui étaient disparus réapparaissent.Gaffky, IT.: Amorce gauche le 19 mai 1944.Aucune réaction.Pneumothorax à 50%, légères adhérences à l\u2019apex.A ce moment le poids est a 129 livres; température a 98 degrés.Aucun syndrome digestif pathologique.Le pneumo gauche est fait toutes les semaines durant 10 mois.Durant ce temps le patient se plaint d\u2019inappétence, de mauvaise digestion, de vomissements méme.Le poids se maintient entre 127 et 130 livres, le méme qu\u2019au début.La courbe diaphragmatique gauche est nulle, la droite est diminuée de moitié.Il est prescrit pour ce patient: magnésie, pepsine et charbon, Phénobarb, neuro-trasentin, poudre Caroïd, hypophosphites, gardénal, préparation d\u2019acide chlorhydrique, apéritifs, etc, etc, et ceci jusqu\u2019au 4 avril 1945, alors que la fiche du dossier indique: cesser toute médication.C\u2019est alors que nous retardons les insufflations à toutes les deux semaines et qu\u2019au lieu d\u2019injecter 300 ce.nous ne mettons que 200 cc., même au risque de perdre notre pneumo.A ce moment la pression finale, qui était de 0 à la fin de chaque insufflation, devient né- qui qui 3 (0 du ei 1 nl i fl VERSCHELDEN: TROUBLES DIGESTIFS AU COURS DE PNEUMOTHORAN GAUCHES gative -6 -2.La coupole diaphragmatique gauche, qui était immobile, reprend le 1/3 de sa course et immédiatement l\u2019état général et digestif du patient s'améliore.Le poids, qui se maintenait à 129 depuis 10 mois, passe à 132 après un mois, à 137 après trois mois, et malgré l\u2019activité que nous avons donnée au patient, 6 mois après, le poids était à 142, soit 13 livres de plus.Un an après, i.e.actuellement, le poids est à 154 livres, soit 25 livres de plus, et le sujet est en pleine activité.Il est en voie de perdre son pneumo car nous ne mettons que 150 ce.tous les 15 jours, mais je crois que c\u2019est ce qui le sauvera.Conclusions.Quelles conclusions tirer de ceci?D\u2019abord: 1° Cet abaissement, cette paralysie du diaphragme est purement mécanique, car le 289 nerf phrénique et le muscle diaphragmatique sont normaux.2° Le syndrome décrit est quelquefois tellement violent qu\u2019il nous empêche de continuer un traitement qui semblerait effectif sur la lésion pulmonaire.3° Dans les cas où le syndrome est modéré, on doit continuer le pneumothorax mais en diminuant les doses ou en éloignant les insufflations au risque de perdre petit à petit le pneumo, mais avec l\u2019espérance que la lésion aura été collabée assez longtemps pour produire un effet salutaire.4° Et surtout tous les cas de pneumothorax gauche, même avec abaissement et immobilité diaphragmatique, ne présentent pas tous des troubles digestifs et le tableau clinique que je viens de vous montrer.RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019UTÉRUS ' Lucien JULIEN, Chirurgien de l\u2019hôpital Sainte-Jeanne d\u2019Arc (Montréal).La rupture spontanée de l\u2019utérus est, de l\u2019avis de la plupart des auteurs, la complication la plus redoutable à laquelle aient à faire face les obstétriciens; et 1l s\u2019en faut de beaucoup que le diagnostic de cette affection ne rencontre jamais de difficultés, bien que la symptomatologie classique en soit parfaitement décrite.Souvent cette rupture n\u2019est accompagnée d\u2019aucun signe ou symptôme alarmant et c\u2019est avec beaucoup d\u2019étonnement quelquefois que le chirurgien se trouve, lors d\u2019une deuxième césarienne, en face d\u2019un utérus dont la cicatrice ancienne a cédé et qui laisse bomber entre ses lèvres un sac amniotique tendu; d\u2019autres fois, le tableau clinique est celui de l\u2019hémorragie interne avec collapsus cardiaque.Mais entre ces deux extrêmes, il y a place pour une 1.Travail présenté à la Société de Chirurgie de Montréal, le 4 septembre 1946.multitude de variétés qui ne trouvent pas toutes droit de cité dans les traités.La grande vogue des césariennes et l\u2019usage des extraits pituitaires, comme le dit DeLee, sont responsables d\u2019un grand nombre de cas de ruptures utérines.Par bonheur, une telle éventualité n\u2019arrive pas trop fréquemment, bien qu\u2019il soit impossible d\u2019établir au juste le pourcentage des ruptures sur le nombre des accouchements.Les statistiques varient, en effet, de une pour quatre-vingt-quinze (95) à une pour six mille (6,000).Lynch, du « Boston City Hospital », rapporte trente-trois cas durant une période de vingt ans, soit une rupture pour 1,105 accouchements; Dugger, de Philadelphie, 105 cas, soit une pour 3,029 accouchements, de 1931 a 1941, avec 65 morts, soit un taux de mortalité maternelle de 62%.Sheldon rapporte 36 cas 290 sur 47,554 accouchements ou une pour 1,889.La mortalité fœtale atteint 90% ou plus, et la mortalité maternelle varie de 40 à 60%, selon les différents auteurs.Dans la ville de Brooklyn, de janvier 1937 à septembre 1942, au moins 30 femmes moururent de rupture de l\u2019utérus, soit 54% du taux total de mortalité, alors que la grossesse ectopique, pendant la même période de temps, était responsable de 5.7% de toutes les morts.On voit donc que la rupture de l\u2019utérus égale ou tout au moins approche la grossesse ectopique, comme cause de mortalité maternelle, et dans les cas de mort après accouchement, ce taux augmenterait encore de beaucoup s\u2019il nous était donné de faire systématiquement des autopsies, car combien de ruptures n\u2019ont-elles pas été étiquetées: inertie, choc postopératoire, hémorragie, ete.La rupture utérine arrive plus fréquemment chez les multipares et le danger de rupture augmente avec le nombre des accouchements.DeLee croit que le taux en est huit foit plus élevé chez les multipares que chez les prim!- pares.Schumann le place dans la proportion de douze à un.ETIOLOGIE La rupture de cicatrice de césariennes anciennes vient au premier rang des causes de cette affection, comme l\u2019ont indiqué Bill et Barney.Cette rupture peut avoir lieu avant et pendant le travail, mais elle est beaucoup plus fréquente pendant le travail, à cause des contractions que subit l\u2019utérus.Les ruptures spontanées étant celles qui se produisent en dehors de toute cause traumatique, opératoire ou médicamenteuse, la multiparité est bien celle qui d\u2019ordinaire prédispose le plus à cet état de choses.Pour qu\u2019il y ait rupture spontanée de Putérus, comme le dit Brindeau, il faut que l\u2019organe soit placé dans des conditions spéciales, que son tissu altéré soit moins résistant qu\u2019à l\u2019ordinaire ou que le muscle ait à L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.EF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 vaincre un obstacle anormal.Signalons ici le cancer, les fibromes, la môle hydatiforme, qui sont des causes de friabilité du tissu utérin.Les cicatrices consécutives à des opérations ayant porté sur le corps utérin méritent plus d\u2019attention encore, comme la myomectomie, bien que plusieurs patientes aient pu accoucher normalement après cette opération, et surtout les césariennes itératives, qui d\u2019emblée sont les plus responsables des ruptures spontanées.Les sutures au catgut, insertion du placenta au niveau de la cicatrice et principalement les suites opératoires septiques semblent y prédisposer.Les anciennes déchirures du col et les adhérences de l\u2019utérus aux parties voisines (ven- tro-fixation, fistules vésico-vaginales) prennent aussi de l\u2019importance dans l\u2019étiologie des ruptures spontanées de l\u2019utérus.La rupture facile de certains utérus par un amincissement partiel du muscle a aussi servi d\u2019explication à certains auteurs comme Lebram et Blind.Il est certain que la déchirure se produit souvent au niveau de l'insertion placentaire qui constitue une zone amincic.D\u2019autres fois, la paroi musculaire étant très mince, il s\u2019est produit une dissociation des faisceaux musculaires, lors d\u2019un accouchement antérieur, amenant la formation de points plus faibles (Bayer).Dans certains cas, l\u2019amincissement partiel semble avoir été produit par un curettage antérieur (Meyer et Staude).Les altérations microscopiques, comme la dégénérescence graisseuse ou hyaline, les altérations des vaisseaux (athérome, sclérose), prédisposent aussi aux ruptures, mais sont loin d\u2019être constantes.Les ruptures utérines par manœuvres obstétricales comme les versions, prises de forceps, dilatation du col, de même que celles produites par les produits ocytociques entrant dans le cadre des ruptures traumatiques, seront passées sous silence, ne faisant pas l\u2019objet de cette communication.Nous avons dit donc que la multiparité JULIEN: RUPTURE SPONTANEE DE L\u2019UTÉRUS passait au premier rang des ruptures spontanées de l\u2019utérus, mais cette rupture peut se produire aussi chez les primipares dans une proportion de 6% pour Koblank, de 13% pour Freund, et de 12% pour Lobenstine.Et voici l\u2019observation d\u2019une patiente qu\u2019il nous a été donné d\u2019opérer il y a quelques mois, et qui n\u2019a pas manqué de nous impressionner vivement, par le manque de symptômes classiques et connus.On peut d\u2019ailleurs en retracer plusieurs cas dans la littérature.Observation.Madame A.G., 33 ans, dossier 69537, est admise à l\u2019hôpital Sainte-Jeanne-d\u2019Arc, le 24 janvier 1946, à 2.30 heures de l\u2019après-midi.C\u2019est une primipare dont l\u2019état général est excellent, et qui est en travail depuis une douzaine d\u2019heures.Son pouls bat à 96 et sa température est de 98.2 degrés.La tension artérielle est à 118/80.Une fausse couche de 2 mois, l\u2019année précédente, suivie d\u2019un curettage.Le fœtus est à terme et les douleurs ont été régulières jusque vers huit heures du matin, où elle fit une hémorragie assez consl- dérable avec douleurs plus marquées, ce qui alarma la garde-malade qui fit demander son médecin.À ce moment, la dilatation est pres-\u2019 que à petite paume et on diagnostique un placenta prœvia marginal.Un second médecin appelé en consultation corrobore les données du précédent et on lui injecte une ampoule de Sédol.Quelque temps après, les douleurs sont calmées et l\u2019hémorragie cesse.On décide son transport à l\u2019hôpital pour césarienne.L\u2019hôpital encombré ne peut la recevoir que dans l\u2019après-midi.À l\u2019ouverture du péritoine, nous sommes surpris d\u2019apercevoir du sang en abondance dans l\u2019abdomen avec un fœtus libre, mort, passé tout entier dans la cavité abdominale; il nage au milieu de l'intestin et refoule l\u2019utérus dans le pelvis.Le sang est fluide et non mélangé de méconium et on y trouve également des caillots plus ou moins volumineux dans le bassin et entre les intestins.Nous 291 croyons d\u2019abord avoir affaire à une grossesse abdominale, mais nous constatons ensuite une large rupture complète, anfractueuse sur la face postérieure gauche de l\u2019utérus.Le placenta est encore dans la cavité et retenu au segment inférieur.Hystérectomie sub-totale et salpingo-ovariectomie bilatérale.Deux drains- cigarettes dans le « Douglas » et fermeture par plans séparés.Guérison per primam avec pouls et température n\u2019ayant jamais quitté la normale.Sérum mixte vitaminé le jour de l\u2019opération seulement et pénicilline pendant quatre jours.Pas de transfusion ni plasma.La patiente quitte l\u2019hôpital le douzième jour après son opération.Voici donc un cas qui heureusement nous en fait oublier beaucoup d\u2019autres.Mais tant s\u2019en faut qu\u2019il en soit toujours ainsi.Cette patiente, à notre avis, fut sauvée par son placenta previa, qui fut la cause de son entrée à l\u2019hôpital.Elle était loin de présenter le tableau tragique de la rupture classique.Une douleur un peu plus marquée sans aucune faiblesse apparente fit passer inapergue une rupture pourtant existante, et qui ne fut diagnostiquée qu\u2019à l\u2019opération.COMMENTAIRES.Les constatations opératoires seules nous ayant révélé la rupture complète de l\u2019utérus sur sa face postérieure, les causes de cette rupture demeurent, chez cette primipare, pour le moins enveloppées de mystère.Nous sommes enclin à croire que, comme dans le cas de Meyer, l\u2019amincissement partiel de l\u2019utérus semble avoir été produit par le curettage antérieur, ou que, peut-être, comme il est suggéré par Gordon et Rosenthal, l\u2019ancienne dilatation du col ait pu produire une déchirure subséquemment cicatrisée, partant du col pour gagner le fond de l\u2019utérus au moment du travail.Aucune autre explication, semble-t-il, n\u2019est parfaitement plausible.Les ruptures ujtérines spontanées cependant n\u2019affectent pas toutes la même allure et elles peuvent être complètes et incomplètes. 292 Celles qui sont complètes, comme chez notre patiente, intéressent toute l\u2019épaisseur de la paroi utérine.Elles sont responsables des grands épanchements sanguins abdominaux et permettent souvent au fœtus de passer en entier ou en partie dans la cavité abdominale, car quelquefois il n\u2019est pas entièrement libre dans l\u2019abdomen et peut demeurer à cheval sur la brèche, la tête sortant la première par la déchirure et le siège restant dans l\u2019utérus.Le placenta souvent aussi sort à son tour, mais il peut aussi rester adhérent, le cordon passant par l\u2019orifice de la rupture comme nous fûmes à même de le voir, et des cas sont rapportés où l\u2019œuf passe intact dans la cavité péritonéale.La direction, l\u2019étendue et la forme de la rupture sont infiniment variables, mais généralement irrégulières, sauf évidemment dans les cas de césarienne antérieure où la rupture siège au niveau de la cicatrice ancienne.Si la rupture est incomplète, elle n\u2019intéresse pas toute la paroi de l\u2019utérus, mais peut n\u2019intéresser que le muscle et la muqueuse en laissant le péritoine intact; c\u2019est pourquoi un certain nombre peuvent passer inaperçues.Dans ces cas le péritoine peut parfois être décollé sur une grande étendue parce que lachement uni à la paroi, et il se constitue des hématomes d\u2019un volume qui peut devenir considérable.Le fœtus alors reste généralement dans l\u2019utérus de même que le placenta.Si l\u2019on considère la malade au moment de la rupture, on constate qu\u2019elle est prise d\u2019une douleur subite qui souvent lui arrache des cris, et lui fait perdre connaissance.Puis bientôt les symptômes s\u2019amendent, les douleurs se calment et les contractions disparaissent.Quand on l\u2019examine, on est frappé par son facies pâle, le nez pincé, les yeux excavés.Son pouls est petit, fréquent, et ses extrémités sont froides avec une respiration fréquente.L\u2019abdomen devient souvent ballonné et irrégulier, et le palper est douloureux.Souvent même il est possible, surtout chez les multipares, de palper le fœtus à travers la paroi.L\u2019auscultation ne fait plus entendre les bruits L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 du cœur et le toucher alors donne des renseignements importants.On peut même remonter dans le vagin et de là dans l\u2019utérus pour se rendre compte de l\u2019étendue des lésions; l\u2019intestin fuit sous les doigts par la déchirure.Chez notre patiente, le diagnostic de placenta prœæœvia étant posé et l\u2019intervention décidée, il s\u2019écoula tout de même une période de temps de 6 à 7 heures avant que celle-ci ne fût complétée.Et pourtant, pas de douleur subite, ni de faiblesse apparente.Son facies demeure excellent, et son pouls à 90 avec une respiration normale.Peut-être bien l'injection de calmant mas- qua-t-elle sa douleur dans la suite, mais le fœtus ne put être perçu à travers la paroi, bien qu\u2019on le considérât comme mort.Les touchers vaginaux, étant discontinués, ne donnèrent pas de renseignements.L\u2019issue heureuse pour cette patiente n\u2019est cependant pas la même pour toutes, car souvent la marche de cette complication est très rapide, et la patiente succombe d\u2019hémorragie dans l\u2019espace de quelques heures.Aussi ces ruptures sont-elles extrêmement graves, et la mort survient par choc, hémorragie ou infection consécutive, si elles sont abandonnées à elles-mêmes.Si les symptômes de rupture existent tous, on voit que le diagnostic devient facile.Mais combien plus délicat ne devient-il pas quand on en vient aux prises avec des formes insidieuses et variées.Dans une série de trente décès chez des rupturées de l\u2019utérus étudiées par Gordon et Rosenthal, onze fois le diagnostic ne fut fait qu\u2019à l\u2019autopsie.Dans le placenta previa, ainsi que nous l\u2019avons vu chez notre patiente, il y a des pertes de sang rouge tandis que dans la rupture ces pertes sont surtout constituées par du sang noir.Mais Veit a bien montré que souvent dans la rupture utérine le placenta décollé devait descendre au niveau du col.On comprend que, trouvant des cotylédons par le toucher, on puisse alors penser à un placenta previa. JULIEN: RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019UTÉRUS Malgré tout, il est rare qu\u2019une rupture utérine puisse être confondue avec une autre complication lors du travail, mais il est beaucoup plus fréquent de la voir passer inaper¢ue surtout quand la rupture ne suit pas l\u2019allure normale.Quand le diagnostic est fait, le traitement indiqué est la laparotomie, qui nous permet de voir les lésions, et de poser un geste approprié.Une fois les lésions bien reconnues, l\u2019opérateur pourra opter entre la suture et l\u2019hystérectomie.La suture sera réservée aux cas où les bords de la déchirure sont bien nets et où il n\u2019y a pas d\u2019infection préalable.L\u2019hystérectomie plus répandue met à l\u2019abri des hémorragies et enlève la cause de l\u2019infection.L\u2019opération de Porro a l'avantage de la simplicité et de la rapidité, mais l\u2019hystérectomie sub-totale est le traitement de choix.L'hystérectomie sub- totale est plus difficile et plus longue d\u2019autant plus que les limites entre le col et le vagin sont quelquefois assez pénibles à repérer.Dans la suite l\u2019hémorragie et le choc seront traités de façon adéquate par les transfusions, les sérums et le plasma.293 Conclusion Nous avons présenté un cas qui nous a fait voir que la rupture utérine peut se présenter sans ostentation, ni drame, et où la symptomatologie n\u2019était pas écrite en détail.Aucun signe de choc, un pouls un peu plus rapide et un abdomen douloureux, chez une primipare n\u2019ayant pas eu de manœuvres obstétricales, mais qui s\u2019était soumise à un curettage un an auparavant.Le pronostic de la rupture demeure, nonobstant, toujours très sérieux et pour la mère et pour l\u2019enfant.Le diagnostic précoce et l\u2019opération urgente dans ces cas étant de la plus haute importance.BIBLIOGRAPHIE 1.BILL et AL: «Rupture of the Uterus.» Am.J.Obst.and Gynec., 47: 712 (mai) 1944.2.C.E.B.RICKARDS: British Medical J., 1: 1359 (25 juin) 1938.32.SADOWSKY : « The diagnosis of uterine rupture.» Amer.J.Surgery, 55: 544 (mars) 1942.4.GORDON et ROSENTHAL: «Rupture of the uterus.» Surgery, Gynec.and Obst., 77: 26 (juillet) 1943.5.SELEY: «Spontaneous rupture of pregnant uterus.» Am.J.of Obst.and Gyn., 33: 857 (juin) 1937.6.A.BRINDEAU: La dystocie, pp.557-579.1927. REVUE GÉNÉRALE ee ++ CONSIDERATIONS SUR L\u2019HYSTÉRECTOMIE TOTALE ! Pierre MEUNIER, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.L'hystérectomie totale tend à remplacer de plus en plus l\u2019hystérectomie sub-totale.À la Clinique Mayo, durant l\u2019année 1945, on a pratiqué 666 hystérectomies totales contre 115 hystérectomie sub-totales, soit une proportion de 6 hystérectomies totales pour 1 hystérectomie sub-totale.Cette prépondérance de l\u2019hystérectomie totale tient à plusieurs facteurs : Premièrement, grâce à l\u2019amélioration des préparations opératoires, des techniques chirurgicales, de l\u2019anesthésie et à de meilleurs soins postopératoires, la mortalité et la morbidité de cette opération ont été réduites au même niveau que dans l\u2019hystérectomie sub- totale.Mengert, par exemple, sur un total de 1,925 cas, a pu réduire son taux de mortalité de 1.9% avant 1941 à 0.51% en 1942 et 0% en 1943.Sur les 666 cas rapportés à la Clinique Mayo, la mortalité est de 0.2%.Deuxièmement, l\u2019hystérectomie totale présente de nombreux avantages: a) Elle prévient d\u2019abord le développement d\u2019un cancer dans le moignon cervical.De 1929 à 1934, sur un total de 890 cas de cancer du col, Cosbie rapporte que 62 de ces malades avaient subi une hystérectomie sub-totale auparavant, ce qui fait un pourcentage d\u2019environ 7.2%.De ces 62 malades, 24 ont présenté des cancers du col moins d\u2019un an après l\u2019opération, ce qui porte à croire qu\u2019au mo- 1.Travail présenté à la Société de Chirurgie de Montréal, le 2 octobre 1946.ment de celle-ci le cancer existait déjà, mais fut méconnu, soit qu\u2019il agît d\u2019un cancer en- docervical occasionnant des métrorragies et faisant croire à une métrite hémorragique, soit que le cancer existdt en même temps qu\u2019un fibrome ou une autre lésion.Chez les 38 autres malades, le cancer s\u2019est développé plusieurs années plus tard, jusqu\u2019à 15 ans après.Il est à noter aussi que 9 de ces malades étaient des nullipares.On a jusqu\u2019ici trop abusé de l\u2019aspect normal du col chez les nullipares pour décider d\u2019une hystérectomie sub-totale.Il ne faut pas oublier que les patientes atteintes de cancer du col sont nullipares dans une proportion de 23% selon Meigs, 25% selon Pem- berton et 28% selon Watkins.Le fait qu\u2019une patiente soit nullipare et que le col soit normal ne doit pas être une assurance contre le développement ultérieur d\u2019un cancer.à plus forte raison s\u2019il y a hérédité.Dans cette lutte générale entreprise contre le cancer, il est donc juste que le chirurgien fasse tout son possible pour en diminuer l\u2019incidence.Or, la substitution de l\u2019hystérectomie totale à l\u2019hystérectomie sub-totale peut diminuer l\u2019incidence du cancer du col dans une proportion de 5 à 7%.b) L\u2019hystérectomie totale permet aussi d\u2019éliminer les cervicites et les leucorrhées persistantes d\u2019une façon beaucoup plus radicale et beaucoup plus simple que ne le font les électro-coagulations complémentaires.Un col atteint de cervicite et lacéré ne doit pas normalement être laissé en place.Il sera souvent difficile d\u2019en obtenir la guérison et il pourra MEUNIER: L\u2019HYSTÉRECTOMIE TOTALE facilement devenir le siège d\u2019une lésion néoplasique.c) L\u2019hystérectomie totale permet enfin la conservation, in situ, d\u2019un ou des deux ovaires si ceux-ci ne sont pas le siège d\u2019une lésion tumorale ou inflammatoire.L\u2019hystérectomie totale n\u2019est pas une opération conservatrice, dit Cashman, mais elle l\u2019est plus, cependant, que la castration ou l\u2019ovariectomie bilatérale, qui accompagne généralement l\u2019hystérectomie sub-totale.Il vaut mieux, en effet, sacrifier le col, dont le rôle est secondaire, aux ovaires, dont le rôle est essentiel à l\u2019équilibre hormonal, physiologique et psychique de la malade.La conservation des ovaires, in situ, est en effet rarement pratiquée dans l\u2019hystérectomie sub- totale à cause des réactions cervicales, lesquelles se manifestent par des douleurs périodiques ou constantes s\u2019il y a en même temps une névrite du plexus de Frankeehausen.On observe même, à l\u2019occasion, des pseudo-mens- truations s\u2019il y a un résidu de muqueuse corporéale.Quant aux greffes ovariennes, elles ont une durée éphémère à quelques exceptions près, et peuvent occasionner les mêmes inconvénients.Quel est l\u2019avenir des ovaires, in situ, après l\u2019hystérectomie totale?Hepp et Cashman ont fait certaines recherches intéressantes du point de vue clinique, histologique et biologique.Ils ont constaté que les signes de la ménopause étaient retardés de plusieurs années, souvent même jusqu\u2019à l\u2019âge normal.Une de leurs malades ayant subi une lapa- rotomie 5 ans après une hystérectomie totale, on y trouva un corps jaune actif.Les dosages hormonaux ont montré des valeurs de 125 à 250 unités internationales d\u2019extrin, les 6 premières années après l\u2019hystérectomie, et même encore de 20 à 55 unités internationales, 11 ans après l\u2019opération.La possibilité de conserver les ovaires, in situ, sans inconvénient pour la patiente, est assurément un autre avantage important de l\u2019hystérectomie totale.Voyons maintenant quelles sont les objections à l\u2019hystérectomie totale.295 La première, si elle n\u2019est pas toujours avouée, semble être la difficulté opératoire.Il est certain qu\u2019à cause de la situation du col, en arrière de la vessie et entre les uretères, elle offre plus de dangers que l\u2019hystérectomie sub-totale.Cependant, si on acquiert l\u2019entrai- nement et si on y met de l\u2019attention, elle peut être pratiquée sans difficulté et sans danger.La difficulté opératoire n\u2019est pas un argument plus valide en ce qui concerne l\u2019hystérectomie totale vis-à-vis l\u2019hystérectomie sub-totale, qu\u2019entre la gastrectomie.vis-a-vis la gastro- entérostomie.La seconde objection est le raccourcissement possible du vagin.Ceci peut arriver dans certains cas où la paroi antérieure du vagin est courte congénitalement, ou à cause de cicatrices obstétricales.Dans ces cas il est préférable de pratiquer une hystérectomie sub-totale.Mais, dans la majorité des cas, cette condition n\u2019existe pas et l\u2019hystérectomie totale, si elle est bien faite, n\u2019amène aucun raccourcissement du vagin.Pour éviter le raccourcissement, il faut avoir soin de sectionner le vagin à son insertion sur le col et non au delà du col.La troisième objection serait la modification des sécrétions vaginales.Dans les milieux, cependant, où on a pratiqué des frottis vaginaux, du point de vue expérimental, on n\u2019a observé aucune modification essentielle.La quatrième objection est d\u2019ordre sexuel.Cette objection est la seule qui soit véritablement fondée.Cependant il faut dire que très peu de patientes s\u2019en plaignent.La technique opératoire de l\u2019hystérectomie totale est connue de tous les chirurgiens.Qu\u2019il me soit permis, seulement, de faire ressortir quelques détails d\u2019exécution.Nous pratiquons toujours une préparation vaginale de la façon suivante.Le vagin est d\u2019abord nettoyé à sec et badigeonné avec une solution de Zephiran à 1/1000.Ensuite, on laisse une mèche imbibée de la même solution au contact du col 296 jusqu\u2019au moment de l\u2019ouverture du vagin, où elle est retirée par un assistant.Ceci, croyons- nous, assure une désinfection aussi parfaite que possible.En même temps on pratique un cathétérisme, ce qui élimine les ennuis causés par une vessie plus ou moins remplie.Cette préparation peut être faite rapidement, sans retarder l\u2019opération d\u2019une façon appréciable.La laparotomie sous-ombilicale n\u2019a rien de particulier.Après l\u2019application des écarteurs et des compresses abdominales, nous procédons à une inspection des lésions tumorales ou inflammatoires et décidons s\u2019il y a lieu de faire une hystérectomie totale avec ou sans salpingo-ovariectomie, en tenant compte également de l\u2019âge de la malade.Si on doit pratiquer une salpingo-ovariectomie bilatérale, on enlève immédiatement les trompes et les ovaires, et on remplace toutes les pinces par des ligatures, ce qui donne plus de place.Il faut éviter de soulever l\u2019utérus par une pince à col qui, lorsqu\u2019il est friable, pourra le déchirer.Il vaut mieux le soulever par deux pinces appliquées latéralement sur la partie supérieure des ligaments larges, lesquelles ferment en même temps l\u2019anastomose utéro- ovarienne.On procède ensuite au refoulement de la vessie, à la dissection des artères utérines et à leur ligature.On tâche, si possible, d\u2019appliquer la ligature à 1 em.environ en-dessous de l\u2019isthme utérin, ce qui permet de prendre en même temps des branches vaginales.On sectionne, ensuite, le long du bord latéral de l\u2019utérus, en dedans des ligatures et en arrière vis-à-vis, l\u2019insertion des ligaments utéro- sacrés.Dès que ceux-ci sont sectionnés, l\u2019utérus se laisse attirer de plus en plus facilement.Occasionnellement, il faut appliquer des pinces sur quelques branches des artères vaginales.Bientôt, nous arrivons à l'insertion vaginale et à un temps important de l\u2019opération qui est l\u2019ouverture du vagin.Au lieu de faire une boutonnière dans la paroi antérieure, au delà de la projection du col, comme dans la technique classique, nous ouvrons ordinairement le vagin par en arrière, vis-à-vis l'insertion des ligaments utéro-sacrés.C\u2019est une voie L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 d\u2019abord, premièrement, beaucoup plus facile; deuxièmement, moins dangereuse si le col est gros, s\u2019il y à une paramétrite importante ou si l\u2019utérus est très gros, fibromateux et occupe beaucoup de place dans le champ opératoire.De plus, en ouvrant le vagin vis-à-vis l\u2019insertion des ligaments utéro-sacrés, on pénètre dans la partie la plus profonde des culs-de- sac et on ménage, nécessairement, en complétant la section, le plus de vagin possible.De cette façon, le vagin ne se trouve à peu près jamais raccourel.La fermeture du vagin peut être faite avec un surjet ou des points séparés.Nous utilisons habituellement un surjet interrompu à 2 ou 3 endroits.Un détail qui a une certaine importance est le suivant: il vaut mieux, autant que possible, ne pas transfixer la muqueuse vaginale mais l\u2019inverser, parce que, premièrement, l\u2019accolement des surfaces conjonctives sera plus solide et plus rapide que l\u2019accole- ment des muqueuses; deuxièmement, on observera moins de bourgeons charnus et de formations polypoïdes au fond du vagin.Elles n\u2019avaient aucune conséquence grave, mais entretenaient des leucorrhées qui nécessitaient une cautérisation.Le vagin fermé, il faut ensuite le relever en position normale, s\u2019il a tendance à s\u2019affaisser.Ceci s\u2019opère en unissant les ligaments utéro- sacrés aux angles vaginaux et aux ligaments ronds.Il est inutile et même nuisible d\u2019y joindre les pédicules ovariens.Cette suspension du dôme vaginal est utile, mais elle n\u2019est pas une assurance, cependant, contre les col- pocèles ultérieurs.Il ne faut pas oublier que les principaux soutiens du vagin sont les tissus paravaginaux et que le col en lui-même n'offre aucun support.Il ne faut pas négliger, non plus, de raccourcir et de rapprocher les ligaments utéro-sacrés s\u2019il y a une hernie du cul-de-sac de Douglas.On peut aussi, à l\u2019occasion, en utilisant la technique de Meigs.réparer une cystocele au début.Celle-ci consiste à réséquer un lambeau triangulaire de la paroi vaginale antérieure, dont la base est MEUNIER: L\u2019HYSTÉRECTOMIE TOTALE juxta-cervicale.On rapproche, ensuite, les bords du vagin, la partie antérieure des ligaments larges, et on complète par une périnéor- raphie postérieure.La péritonisation n\u2019a rien de particulier.Quant au drainage, il n\u2019y a pas de règle fixe.Généralement, nous ne drainons pas.Il y à cependant certaines exceptions où nous préférons drainer par une simple cigarette que 297 nous enlevons quelques jours plus tard: les cas d\u2019endométriose étendue, certains cas où il y a une sorte d\u2019exsudat péritonéal, certaines patientes très anémiques ayant reçu plusieurs transfusions préopératoires.Nous fermons la paroi avec des points en X au catgut, 1 chromé dans la moitié supérieure de l\u2019incision et un surjet interrompu dans la moitié inférieure. 298 Bulletin de l'Association des (Dédecins de Langue Francaise ou Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 76 \u2014 No 3 Montréal, mars 1947 PROGRÈS DE L'ESPRIT SCIENTIFIQUE Les travaux de recherches s\u2019amorcent et se développent de mieux en mieux au sein de nos groupements scientifiques.Les laboratoires de nos universités ouvrent leurs portes toutes grandes aux esprits curieux épris d\u2019avancement.Beaucoup de médecins de nos hopitaux consacrent le meilleur de leur temps a des applications cliniques de découvertes expérimentales; les praticiens eux- mêmes ne sont pas les derniers à donner suite aux publications récentes.L\u2019intérêt des malades, l\u2019évolution scientifique et la participation aux concours sont les stimulants qui ont vaineu l\u2019inertie traditionnelle et secoué les préjugés péjoratifs; 1l n\u2019y a pas encore longtemps, les médecins qui ne consacraient pas tous leurs instants au seul exercice routinier de leur profession étaient considérés comme des ratés et ceux qui choisissaient de faire leur carrière dans l\u2019enseignement et les travaux de recherches étaient cotés au rang des inaptes, le Dun & Bradstreet n\u2019ayant pour eux aucune mention.Grâce à un éveil de nos responsabilités, grâce à la coopération bienveillante de mécènes avertis, une ère nouvelle est en voie de se constituer.Et, pour s\u2019en convaincre, il n\u2019y a qu\u2019à consulter le palmarès du concours Ciba L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 1946, organisé par la Société Médicale de Montréal.Quatre travaux remarquables y ont été primés et la démonstration en a été faite d\u2019une manière évidente par la présentation d\u2019un bref résumé de chacun de ces travaux à la séance du 18 février de la Société Médicale.« Notre bilan-vie », du docteur Baudouin, est une œuvre digne d\u2019un fils de St-Benoît et mérite de voir le jour sous la forme d\u2019un beau volume.Le docteur J.-Gérard Hébert a découvert «un nouvel appareil d\u2019immobilisation dans la chirurgie réparatrice et reconstructive du nez ».Le procédé qu\u2019il a innové et la technique qu\u2019il a préconisée avec l\u2019emploi d\u2019un matériel original très ingénieux ont trouvé de nombreuses applications pratiques et les résultats qu\u2019il a fait voir sont réellement très heureux.Sous l'inspiration du docteur Eugène Robillard et avec la collaboration de plusieurs collègues, dont les docteurs Wilbrod Bonin, J.-A.Millet, P.Mar- childon et autres, un médecin qui exerce à la campagne, le docteur Raymond Lecours, de St-Jacques l\u2019Achigan, a fait des études sérieuses et très poussées dans un champ d\u2019observation jusqu\u2019à lui assez négligé: « La mesure des pressions abdominales humaines ».Son travail, dont la première partie a déjà paru dans le numéro de novembre 1946 du Canadian Medical Association Journal, est remarquable à plusieurs titres; il montre que l'intérêt scientifique ne se borne pas exclusivement aux savants officiels et que l\u2019éloignement des centres urbains n\u2019est pas un obstacle à l\u2019œuvre de progrès chez celui qui a le feu sacré.\u2014\u2014 \u2014 =\u2014\u2014\u2014_\u201c\u2019\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\"\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014m\u2014 ÉDITORIAL Le docteur Léon Longtin, anesthésiste de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, a mis au point un dispositif qui lui est personnel et qui est d\u2019une simplicité étonnante, dont le but est de climatiser l\u2019air inspiré au cours des anesthésies générales prolongées.* Le docteur Longtin, dont I\u2019expérience clinique est déjà très vaste, a basé la modification qu\u2019il apporte à l\u2019appareil à circuit fermé sur ses propres observations de malades qui ont subi de très longues interventions chirurgicales et en ont développé de graves complications.La lecture de communications faites par certains anesthésistes américains de marque, sur le coup de chaleur subi par les opérés lors des narcoses de plusieurs heures, a inspiré le docteur Longtin et lui a donné l\u2019idée de réfrigérer l'air inspiré au moyen d\u2019un tube- serpentin qui est enfoui dans la glace concassée et qui, par le fait même, abaisse au chiffre désiré le potentiel thermique de l\u2019air inspiré par le ma- 1.Le titre du travail du docteur Léon Longtin était le suivant: « La climatisation de l\u2019air inspiré au cours des anesthésies générales prolongées, avec circuit fermé et absorption de CO2 ».299 lade.Lorsque cette addition mécanique sera adoptée et fixée à tous les appareils à circuit fermé, les résultats postopératoires seront, d\u2019une manière surprenante, extrêmement beaux chez des opérés endormis pour des interventions de longue durée.Le coup de chaleur, qui est une cause peu connue de complications postopératoires, sera évité chez eux; l\u2019opéré ne peut avoir un minimum de bien-être, quand l\u2019air qu\u2019il respire est au voisinage de 110° F.ou même plus.Les travaux présentés à cette séance de la Société Médicale montrent que l\u2019évolution dans le sens expérimental est en magnifique voie.Nul doute que l'exemple donné par ces médecins apportera des fruits, d'autant plus que, pour l\u2019année 1947 également, la Société Médicale de Montréal décernera de nouveau une somme de mille dollars, mise à sa disposition et à cet effet par la Compagnie Ciba, à ceux de ses membres qui présenteront, avant le 30 novembre 1947, un travail original de portée pratique.Edouard DESJARDINS. VARIÉTÉS 5-6 ++ 75e ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE \u2018\u201cL\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA\u201d 1872 - 1947 (Bulletin de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada) Les Anciens.et nous (Suite et fin.) Proresseur Louis DE LOTBINIÈRE HARWOOD (1866-1934) , «L'avancement d\u2019un peuple se juge par son degré de civilisation, c\u2019est-à-dire l\u2019enseignement universitaire et la culture artistique des classes, » (Harwood) Harwood est né à Vaudreuil en 1866.Malgré son nom, il était Français par son prénom.C\u2019est ainsi que la voix du sang a continué de chanter en lui à travers les siècles et malgré les alliances.Il a aimé son village jusqu\u2019à son dernier souffle.Ce fut probablement sa dernière pensée.Il y a grandi, il a parcouru en tous sens les coins pittoresques de la splendide et tranquille baie des Chenaux et ses grèves ombragées.Epris de liberté, il a erré longuement sous les grands ormes à la recherche de la vie nouvelle.Fils soumis et respectueux de parents d\u2019une rare distinction, \u2014 je les ai bien connus -\u2014 il fut, quand même, un bohême de grande classe; il incarnait sans doute l\u2019Âme et le rite d\u2019un autre siècle en souvenir de ses aïeux.S\u2019il surgissait, tout à coup, il m\u2019approuverait en esquissant un sourire familier.Il s\u2019entoura d\u2019amis d\u2019une rare distinction et d\u2019une belle culture: Maréchal, avocat, plus tard juge; Rodolphe Boulet, le si aimable compagnon dont je dirai un mot plus loin; Arthur Terroux, le financier habile et disert, au sourire inimitable; Auguste Richard, grand et fameux Mécène, l\u2019industriel qui avait un culte pour notre ami; le sénateur Raymond, son voisin et conseiller technique; et que d\u2019autres.Il y avait de l\u2019atmosphère en ces lieux: car on y rencontrait aussi des femmes d\u2019esprit, attirées par la maîtresse de céans.Rien de plus agréable que le thé de cinq heures, jadis, où se réunissaient les membres habitués de cette petite cour.Il compléta ses études classiques au collège de Rigaud, puis il étudia la médecine à Laval, à Montréal.Après avoir reçu son diplôme de docteur en médecine, il occupa le poste d\u2019interne en chef à Notre-Dame.En 1890 ou 91, il quitte l\u2019hôpital pour épouser une héritière.d\u2019un beau nom parmi les Canadiens français de Montréal et.d\u2019une grande fortune!.Adieu la médecine.Dommage! nest LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS A cette époque on me le désigna, souvent, conduisant de magnifiques équipages barrant quelquefois la rue aux ambulants que nous étions, à Laval, après la fusion avec Victoria.C\u2019était en 1892.Harwood portait, aussi, un beau nom: de Lotbinière.C\u2019était une belle carte à jouer.Il la joua admirablement \u2026 Il y gagna.beaucoup !.Il descendait, en ligne directe, du marquis de Vaudreuil, ancien gouverneur du Canada sous le régime français.Mais 1l y avait davantage dans ses armoiries : une légende, celle d\u2019Alain Chartier, poète français né en 1385, qui fut secrétaire de Charles VI et de Charles VII.Il faisait remonter ses origines jusqu\u2019à cet illustre ancêtre, et il aimait, après dîner, en raconter la charmante aventure en désignant, du doigt, une aquarelle fixée au mur de son vivoir.On y apercevait la gracieuse Marguerite d\u2019Ecosse, épouse de Louis XI, s\u2019approchant de Chartier, endormi et assis sur un banc, pour déposer un baiser sur la bouche « d\u2019où sortaient tant de mots dorés ».Scène délicieuse et très suggestive en songeant aux mystères de l\u2019hérédité!.Harwood était un homme agréable et distingué d\u2019allure et de sentiments.De taille moyenne, solide, malgré un brin d\u2019indolence; il avait le front haut et large, les cheveux foncés, abondants et relevés en pompadour, le nez bour- bonnien.Ses yeux, bruns et doux, étaient dissimulés, souvent, derrière une paupière mi-close, d\u2019où émanaient, quelquefois, l\u2019étincelle qui embrase durant le simple aveu, ou les sombres reflets d\u2019une ambition légitime impossible à refouler.Ce chevalier d\u2019antan voulait tout conquérir.Il y réussit et n\u2019osa jamais s\u2019en repentir.Sa voix était musicale.Sa parole, chaude et convaincante, révélait, heureusement, en maintes circonstances, ce que l\u2019æil avait déjà pressenti.Magnétisme! disait-on.Je le crois.Bref, il possédait la manière, et il en usait.Ses attitudes, ses gestes, étaient ceux d\u2019un grand seigneur, c\u2019est-à-dire la prééminence de l\u2019esprit sur le cœur.Aussi, n\u2019osa-t-il jamais compter ses amis, car ils le réclamaient tous; ce qui le mit, quelquefois, en de grands embarras à cause de certaines alternatives auxquelles il n\u2019avait pas songé.En ces moments critiques, il ressemblait au dieu Janus.Bientôt, il se rendit compte de l\u2019inanité du monde où il fréquentait; il avait, disait-il, dévié de sa route.Il voulait davantage ou mieux que ses alléchantes promesses et ses mille intrigues.Un jour, il renonça à tous ces mirages et revint à la médecine afin de reconquérir sa liberté intellectuelle.Ce fut une belle victoire sur lui-même.Il sembarqua pour Paris en 1893-94 avec sa famille, où, durant deux années, il étudia la gynécologie sous son illustre maître Pozzi.C\u2019est là que je le rencontrai, la première fois.Il était devenu étudiant comme nous.En 1896, il rentra à Montréal comme assistant de Brennan dans le service de gynécologie de lhôpital Notre-Dame.Il lui succéda quelques années plus tard.En 1906, 11 occupa le poste de surintendant en succédant au Dr E.-P.Lachapelle.En 1911, il est élu membre du Conseil de la Faculté de Médecine; il succède à Lamarche.Il était déjà chef du service de gynécologie.Harwood a été le premier, de notre groupe, à pénétrer dans ce temple et à siéger parmi les membres de cet aéropage.En 1916, il était président du Comité général chargé d\u2019organiser l\u2019hôpital militaire Laval en France.En 1918, il est élu, à l\u2019unanimité, doyen de la Faculté de Médecine.301 302 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Il succède, une deuxième fois, à Lachapelle qui vient de mourir chez les Mayo.Il a été un des membres fondateurs du Collège Roval des Médecins et Chirurgiens du Canada; puis, plus tard, vice-président.Son décanat fut un des plus fructueux à cause de la col'aboration étroite et constante de son groupe et des réformes importantes opérées à cette époque.Enumérons, sans commentaires, les plus importantes : 1° Organisation de l'année pré-médicale dite P.C.N.2° L'internat obligatoire pour les élèves de cinquième année.3° Fondation de bourses d\u2019études pour l\u2019Europe avec le concours du Gouvernement de Québec.4° Création d\u2019un poste.de Directeur des Etudes médicales.5° Affiliation des hôpitaux d\u2019enseignement à des conditions nouvelles et favorables pour les médecins.6° Création d\u2019une Commission de l\u2019Enseignement aux gardes-malades avec diplôme universitaire.7° Le recrutement du personnel enseignant en instituant des épreuves diverses pour les différents grades.8° Engagement par l\u2019Université et pour les hôpitaux universitaires de professeurs étrangers, surtout en anatomo-pathologie et en électro-radiologie.9° Fondation de l\u2019Institut scientifique Franco-Canadien en vue de cours et de conférences par des Maîtres d\u2019Europe surtout.10° Fusion de la Faculté de Médecine avec l\u2019Université de Montréal.11° Klargissement des cadres de la Faculté de Médecine, afin de favoriser les agrégés anciens.12° Subvention de 25,000 dollars durant dix ans à la Faculté de Médecine par l\u2019Institut Rockefeller.Telles sont les réformes et innovations accomplies sous le décanat de Harwood.13° Ajoutons, pour terminer, qu\u2019il prit une part active au projet de reconstruction de l\u2019Université de Montréal et à son installation à la Montagne.Il a succombé à la tâche.J'ajoute que toutes ces réformes se sont opérées avec le concours actif, constant et éclairé d\u2019un groupe composé de Hervieux, Boulet, Dubé, Marien, et d\u2019autres, auxquels j'ajoute les deux seuls survivants: Télesphore Parizeau et moi-même.L'histoire n\u2019admet aucune réticence.Mais son mérite ne se borne pas seulement à l\u2019Université; il à pris une part prépondérante à la construction de l\u2019hôpital Notre-Dame, rue Sherbrooke, surtout de l\u2019aile sud, ainsi que du magnifique pavillon des gardes-malades.Il a eu le bonheur d\u2019assister, comme président du bureau d\u2019administration, à la réalisation du plan conçu par ses prédécesseurs, ses bienfaiteurs et les membres de son Conseil.Harwood faisait partie du groupe qui acquit L\u2019Union Médicale du Canada en avril 1900.Il en fut le président durant plusieurs années.Il en fut aussi un des directeurs jusqu\u2019à sa mort.Comme professeur, Harwood a peu enseigné ni publié à cause de la multiplicité de ses occupations.Il en avait les aptitudes, mais il n\u2019acceptait pas facilement Ea WA Gh SER aw wf a = LESAGE : LES ANCIENS.ET NOUS la contrainte de l\u2019étude et de la rédaction.Il comptait sur son expérience et les ressources de son esprit.«Je laisse a mes assistants, disait-il, la tâche d\u2019entraîner mes élèves afin que ceux-ci conservent, de leur chef, l\u2019opinion \u2014 c\u2019est peut-être une illusion \u2014 que j'ai de moi-même, car je crains, en me prodiguant outre mesure, de défigurer la vérité sur mon compte ct à laquelle 1ls croient.» Cependant, il possédait l\u2019esprit universitaire et il en comprenait la mission.Voici quelques citations qui le prouvent: « Nous sommes, disait-il, en Amérique, le groupe d'hommes auxquels les circonstances, pour ne pas dire la Providence, ont confié la mission de perpétuer, sur cet immense continent, la pensée, la culture et les traditions françaises.» Il exprimait, la, tout l\u2019esprit de notre groupe.Nous n\u2019avons pas changé d\u2019opinion.Qui donc voudrait soutenir le contraire?Plus loin, il ajoute une phrase, prononcée en 1919, qui s\u2019applique aux temps actuels: .«Il est consolant pour nous, peuple embryonnaire si vous le voulez, mais peuple quand même, de constater, au tournant de cette histoire du monde, que la civilisation dont nous jouissons ressemble, à s\u2019y méprendre, à celle servant de modèle à l\u2019idéal humanitaire recherché aujourd\u2019hui par les réformateurs du globe.» ! Paroles prophétiques!.Puis il termine en adressant un appel aux Maîtres de l\u2019heure pour les adjurer de « développer chez nos élèves ce qu\u2019il y a de meilleur en l\u2019homme: la conscience, afin que, sur le chemin de la vie professionnelle, plus tard, forts de notre enseignement et de nos exemples, ils ne soient jamais de ceux qui mercantilisent la profession! » Je pourrais synchroniser ces deux paragraphes dans la strophe suivante: Ce qui tourmente une âme au déclin de la vie Ce n\u2019est plus ou l\u2019orgueil ou la crainte ou l\u2019envie, C\u2019est un désir ardent et plein d\u2019anxiété De se juger soi-même en toute vérité.\u2014 Telle est sa doctrine.1a notre.Harwood était membre correspondant de l\u2019Académie de Chirurgie de Paris, et Chevalier de la Légion d\u2019honneur.J\u2019ajoute qu\u2019il était membre du Comité des quatre qui ont installé, privément, le premier laboratoire de bactériologie à Montréal et dans la province de Québec en 1896-97 2.Il n\u2019eut pas que des succès au cours de sa longue existence; la vie lui a ménagé des coups de surprise qui l\u2019ont, quelquefois, terrassé en ralentissant sa marche, mais il avait confiance dans son optimisme, sa prestance et son hérédité; cependant, il oubliait, qu\u2019en ce monde, ces arguments ne valent que pour celui qui les invoque.Il se réfugiait dans l\u2019idéologie tandis que le réalisme, plus impérieux, exige davantage.Il l\u2019apprit à ses dépens, mais trop tard.Malgré tout, il croyait que «l'individu le plus complet, le plus libre, n\u2019est pas celui qui s\u2019enferme dans sa masure et y crève de faim et d\u2019ennui, mais celui qui passe sa vie sur le marché, donnant ce qu\u2019il a, recevant ce qui lui manque.1.Au banquet du Ritz Carlton, le 5 fév.1919.On pourrait relire ce discours avec profit.2.Avec Parizeau, Dubé et LeSage.303 304 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Car il n\u2019existe pas plus d'individus hors de la société pouvant se passer d\u2019elle et réalisant l\u2019individualisme absolu, qu\u2019il n\u2019existe de société sans individus.» Puis, ce fut le drame inattendu de sa mort, soudaine, durant la nuit du 15 mai 1934.Après une matinée entière consacrée à des discussions aigres-douces sur la question universitaire, il rentra chez lui fourbu, presque désabusé, et il mourut foudroyé en quelques instants.J'en fus le témoin.Aristocrate et propriétaire terrien, médecin des hôpitaux, universitaire, doyen, Harwood a laissé partout des amis ct des élèves qui l\u2019estimaient.Sa mémoire survivra encore longtemps si on veut bien se souvenir de luil.Combien peu nombreux sont ceux qui voient dans la nuit du passé!\u2026 DocTtEur RoporrHE BOULET (1866-1935) «Ce n\u2019est que par un travail de collaboration efficace bien dirigé que la profession médicale parviendra à secouer la torpeur qui l\u2019envahit.» (Boulet) Cette citation est tirée de son discours inaugural en occupant le fauteuil présidentiel du Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.en 1918.Boulet avait beaucoup de charme.On le recherchait pour son bel esprit légèrement teinté d\u2019un cynisme doux et bienveillant.Il doutait rarement des autres, trop souvent de lui-même, mais il avait toujours belle allure.Il a été, longtemps, l\u2019espoir des mères de famille qui avaient quelqu\u2019un & offrir!l.et de belles jeunes filles frivoles, sinon de mondaines averties, à la poursuite d\u2019un bonheur fugitif \u2014 comme Poiseau bleu \u2014 et inespéré jusque-là !.C\u2019était l\u2019âge des mirages et des illusions.Il croyait que l\u2019amour est facile à approcher quand on le veut, et qu\u2019il suffit de tendre la main pour le saisir.Hélas! au moindre geste, il est déjà loin et à peine aperçu.«bien fol qui s\u2019y fie.» Il s\u2019en plaignait en s\u2019accusant de ne pas mieux mesurer la distance qui Pen séparait!\u2026 Que d\u2019essais\u2026 que d\u2019échecs!\u2026 Bref, las et isolé, il traversa les mers pour aller à sa recherche.Il mourut en Suisse, seul et désabusé, jurant que son «ingrate patrie n\u2019aurait pas ses os».Ses amis l\u2019ont beaucoup regretté; ils y pensent toujours.Je voudrais, en souvenir de lui, tracer une brève silhouette qui lui ressemble un peu.Boulet est né à Joliette cn 1866.11 fit ses études classiques au collège de cette ville.Son père était médecin et gentilhomme.Il vint étudier la médecine à Laval, à Montréal.Après avoir complété son cours, et son internat à Notre-Dame, il partit en Europe pour se consacrer tout spécialement à l\u2019étude de l\u2019ophtalmologie et de LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS l\u2019oto-rhino-laryngologie.Il fut tour à tour élève de de Wecker et de son doux et sympathique assistant Masselon.Il fréquenta la clinique de Lubet-Barbon, puis celle de Panas, à l\u2019Hôtel-Dieu de Paris.Il alla à Vienne, à Berlin, enfin à New-York.En 1893, il arriva à Montréal, annoncé par le professeur Edouard Desjardins, dont j'ai parlé plus haut.Celui-ci venait de fonder l\u2019Institut Ophtalmique, rue Ste-Catherine ouest.C\u2019est là que je l\u2019ai rencontré la première fois.J\u2019étais étudiant en médecine.I] me fit une impression très favorable.C\u2019était un Européen, bien vêtu.De taille au-dessous de la moyenne, il avait une allure et une figure agréables; des traits réguliers et fins, une barbe taillée à la française, une moustache hérissée, des yeux gris, rieurs et spirituels, un front haut et apte à monter, car il était à peine recouvert d\u2019une chevelure châtaine, soyeuse et clairsemée; une parole sobre et sonore, une diction parfaite, une phrase correcte et brève.Dès le premier jour il avait fait notre conquête.Il plaisait et le savait.Entre le jeune maître et les nouveaux élèves, dont Dubé, s\u2019établit un courant de sympathie qui nous lia durant quarante ans.Ce n\u2019est pas le moindre de mes souvenirs que la fidélité, la loyauté et le désintéressement de notre commune amitié.Ses succès furent rapides et constants.Il devint bientôt le spécialiste à la mode à cause de son stage à l\u2019étranger, de sa compétence et de sa culture.Boulet était un artiste.Il cultivait les lettres et possédait une belle collection de tableaux.Il m\u2019en a légué un, splendide: une marine dont les voiles, gonflées de souvenirs, m\u2019emportent vers les rives d\u2019antan.On dirait un nouvel embarquement pour Cythère! si tous ceux ou celles à qui je pense étaient lal.En 1900, il fut du groupe de L\u2019Union Médicale du Canada dont il demeura le président durant trente ans.Nous n\u2019étions pas versatiles.Possédant une belle fortune jointe à une grande réputation, très répandu dans le monde, il était pour notre journal un appui solide et stable.Il contribua, maintes fois, à maintenir sa stahilité financière.Plus tard, il devint chef de l\u2019Institut Ophtalmique après le décès de son maître et chef, le professeur Edouard Desjardins.Il dirigea, aussi, durant dix- huit mois, le dispensaire d\u2019ophtalmologie de l\u2019Hôtel-Dieu.A l\u2019Université, il devint agrégé à la Faculté de Médecine, puis Président du C.M.C.P.Q.en 1918, et durant deux termes.Il suivait très attentivement les progrès de sa spécialité.Chaque année, ou tous les deux ou trois ans, il allait en Europe assister aux Congrès étrangers.Il était membre correspondant de la Société d\u2019Oto-rhino-laryngologie de Paris et membre de l\u2019American College of Surgeons.Il fut un des membres fondateurs de la Société Médicale de Montréal et de l\u2019Association des Médecins de Langue française du Canada.Il a été membre actif et directeur de L\u2019Alliance Française de Montréal et du Comité France-Amérique.Il recut la décoration française d\u2019Officier de l\u2019Instruction publique (France).Boulet tenait salon.Chaque semaine, il recevait ses intimes chez lui.On y discutait des événements du jour: politique, religion, mouvement social, Université, enseignement, littérature, sciences, histoire et autres questions.J\u2019ai été le témoin de prodiges de mémoire et d\u2019érudition.Notre cher ami, 305 306 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 le docteur Valin, y faisait de la musique pour se consoler de ses échecs en dermatologie ou autres!.Durant les mois d\u2019été, il nous recevait dans sa villa des Chenaux sur la baie de Vaudreuil.Il était encadré de ses deux intimes: Harwood et Aug.Richard.Un jour, il trouva que la solitude lui pesait.Il crut, comme Harwood, mais trop tard, qu'il avait mal orienté sa vie; il en éprouvait des regrets.Comme une marée montante, le doute et l\u2019incertitude envahissaient lentement son Âme.Cette pensée le hantait; il en souffrit amèrement malgré nos appels réitérés au bon sens et à la raison.Il voyagea pour dissiper l\u2019implacable ennui qui s\u2019attachait à ses pas.Il chercha de par le monde l'idole qu\u2019il avait créée dans son esprit ct qui pût lui livrer le secret d\u2019un bonheur qui le fuyait.Il m\u2019accompagna en France en 1930.Ce fut sa dernière fugue.Souvent, durant ce voyage, je le surpris, appuyé sur la balustrade, contemplant la mer.On eût dit qu\u2019elle l\u2019attirait, irrésistiblement.Je m'efforçais de l\u2019en détourner, car je savais l'attrait irrésistible de la tentation sur lui.\u2014 Vois-tu, mon cher LeSage, disait-il, la mer traduit fidèlement le monde agité que nous sommes.Son calme apparent n\u2019est qu\u2019une courte trève entre des crises convulsives.Son incessante agitation gronde comme une menace constante en attendant les lendemains inconnus où souffle un vent de tempête, si bien que le génie de l\u2019homme essaie en vain de la dompter; elle conserve sa maîtrise.C\u2019est le rôle de la passion dans le cœur de l\u2019homme; les jours heureux sont moins nombreux que les autres.Ils nous chargent d\u2019illusions.Nous ne recueillons que des désappointements.C\u2019est mon cas.N\u2019est-ce pas ton avis?\u2014 Mon Dieu, mon cher Boulet, je crois que la vie n\u2019est pas toujours selon nos désirs.On ne doit pas croire à tout ce que l\u2019on voit ou que l\u2019on ressent; elle n\u2019est supportable qu\u2019avec un peu de scepticisme.On doit faire la part très large à l\u2019égoïsme et à l\u2019ambition d\u2019autrui, sinon on est très malheureux.D'ailleurs, la vie n\u2019est qu\u2019alternatives agréables, décevantes ou fugitives, on oublie que le bonheur cst instable, comme cette mer que tu aimes tant.C\u2019est un symbole.On a dit avec raison que les eaux vivent.les eaux chantent.les eaux meurent.les eaux savent pleurer.rêver.aimer.se taire.Souviens-toi de ces deux vers impressionnants, que je cite: Et c\u2019est tout le bruit des échos de la terre Que l'océan s'émeut et gronde jour et nuit.\u2014 Comme c\u2019est admirable et vrai! Qu\u2019importe, causons un peu, cela me calme.Je ne rapporte pas ce souvenir sans émotion, car ce devait être le dernier.À compter de ce jour, il véeut en Europe, surtout en Suisse, loin des siens et de son pays.Peu à peu, il se réfugia dans la solitude, sans oublier ses amis.Sa dernière pensée fut pour ceux qui restaient.Il n\u2019était pas encore consolé de la perte d\u2019Harwood.Notre amitié était sincère et désintéressée.L'opinion que nous avions les uns des autres est tout entière dans celle de Boulet sur Harwood.Voici la lettre qu\u2019il nyécrivait, de Suisse, en réponse à la mienne lui annonçant la mort d\u2019Harwood en mai 1934. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS Mon cher ami, La mauvaise fortune venait de nous atteindre; tu as compris, par un réflexe de solidarité amicale, que nous avions à nous rapprocher.Par vos lettres vous avez voulu compenser pour ce que l\u2019éloignement avait de pénible pour moi.Merci! : Ce cher Harwood n\u2019est plus!\u2026 Après une belle carrière, non exempte de déboires et d\u2019épreuves, il a quitté en pleine activité, quelques heures après une lutte fructueuse pour une cause qui lui tenait particulièrement à cœur.C\u2019est un privilège d\u2019avoir pu exécuter un si beau départ.Il l\u2019avait bien mérité.Harwood avait un grand cœur, une belle intelligence et un jugement remarquable, surtout quand il s\u2019agissait des affaires des autres.Il savait assez de choses, surtout dans le domaine pratique, mais celles qu\u2019il ignorait, il était susceptible de les comprendre toutes.Cet avantage, de vive compréhension, lui permettait de faire bonne figure partout où il se trouvait.Aimant à plaire, il y réussissait.Sa vie professionnelle fut celle d\u2019un grand praticien, habile chirurgien et profondément bon.Ayant un esprit clair et la parole facile, il devait être un professeur très écouté, très apprécié.Sa voix chaude et sympathique lui permettait parfois d\u2019atteindre à l\u2019éloquence.Quoique bien doué, il n\u2019exécutait pas toujours ce qu\u2019il aurait désiré; mettant sur le compte d\u2019une santé déficitaire une certaine indolence de tempérament qui le rendait réfractaire à l\u2019effort.Faut-il en rendre responsable sa santé ou son caractère?Les deux, je crois.Comme son père, ingénieur de profession, il avait une tournure d\u2019esprit réaliste et s\u2019intéressait surtout aux faits.Cependant, il y avait en lui un grand fonds de « bohéme », de rêveur.Sa mère était fille de professeur de musique.Il était élite, il était indéniablement aristocrate.I] adorait la campagne, non pour son pittoresque, mais pour la terre a laquelle il était fortement attaché.C\u2019était le type du gentleman terrien, fait pour être riche tout en dépensant modérément.Aimant le luxe, le beau, et pas du tout fait pour se priver de ce qui peut embellir la vie.Et, cependant, aimant tellement la terre, la campagne, qu\u2019il lui aurait au besoin sacrifié ce goût de luxe.Ce gentleman campagnard, dépourvu de tout sens des affaires, savait vendre son bétail, sa récolte.Il savait aussi parler aux pajysans, s\u2019en faire des amis, presque des camarades.Il avait, auprès d\u2019eux, la patience et, acquise à leur contact, à leur exemple, la ténacité qui le rendait, malgré bien des entraves, apte à poursuivre une idée.Cette idée maîtresse, chez notre ami, était la réalisation de certaines ambitions, car il était ambitieux, dans le bon sens du mot.La seconde place ne le satisfaisait pas.Comment dire de lui qu\u2019il était indolent! Est-on si indolent lorsque, parti comme beaucoup parmi nous avec un petit bagage, ayant, comme capital, ses qualités physiques, ses qualités morales, les belles manières qu\u2019il devait à son hérédité et à son éducation, on a accompli une des plus brillantes carrières à laquelle peut donner accès la profession de chirurgien! Il me faisait souvent penser au professeur E.-P.Lachapelle, dont il avait beaucoup la tournure d\u2019esprit et les qualités.D'ailleurs, Harwood en avait fait son modèle.Et c\u2019est à la disparition de Lachapelle qu\u2019il trouva l\u2019occasion de se mettre en valeur.À ce moment, Harwood était dans de bonnes conditions pour recueillir sa succession.Il venait de trouver son équilibre dans un mariage récent avec une femme qui possédait des qualités d\u2019énergie et d\u2019ordre qui lui manquaient.Pas indifférent à l\u2019ascension qui lui faisait atteindre la première place, il entreprit une tâche que j'avais crue alors supérieure \u2014 ou différente \u2014 à ses aptitudes, mais qu\u2019il sut honorer et conduire à bonne fin, malgré des circonstances bien difficiles.Dans ce domaine, l\u2019histoire le jugera.Quant à moi, je n\u2019ai qu\u2019à retenir ses qualités d\u2019ami et de gentleman en tout et partout.Celui que je pleure aujourd\u2019hui fut mon meilleur ami.J\u2019en garde le souvenir d'un homme loyal, très bon, d\u2019une sensibilité exquise, aux contacts des plus agréables.aux manières des plus correctes et doué d\u2019une âme des plus sympathiques.Avoir eu un tel homme comme ami pendant cinquante-quatre ans est une grande faveur de la vie.Le perdre est une bien grande épreuve.Peut-être ai-je été un peu long! J\u2019en sentais le besoin et je ne pouvais mieux m'adresser.Que notre cher ami repose en paix! (Rodolphe Boulet.) 307 308 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Quant à nous, Dubé et moi, voici son dernier mot, en 1905: « Je profite de mes derniers moments pour vous adresser mes derniers adieux.Je tiens à l\u2019excellence de votre souvenir, je le gardrai pour vous intact.Adieu, chers amis.» Quel émouvant et suprême adieu! Il allait rejoindre son cher ami Harwood.La mort lui a rendu le renos que la vie avait troublé.Boulet n\u2019a pas oublié son Université: il a légué une somme de $2,000 dont l\u2019intérêt est destiné à récompenser le meilleur élève en médecine dans les matières de cinquième année.Boulet a été un médecin instruit et influent, un professeur aimé des élèves et toujours empressé de collaborer en argent et personnellement à des œuvres sociales.L'Union Médicale du Canada lui doit un souvenir reconnaissant.PROFESSEUR AMÉDÉE M'ARIEN (1866-1936) «L\u2019anatomie pathologique peut, seule, exercer un contrôle sur le pronostic en chirurgie.» (Marien) Marien est né à la Rivière-des-Prairies en mai 1866.Son père et son grand-père étaient médecins.Après ses études classiques au Collège de l\u2019Assomption, il étudie la médecine à l\u2019Ecole Victoria, à Montréal, et à l\u2019Hôtel-Dieu.Il obtint son diplôme en 1890.Aussitôt, il achète une pharmacie, mais il continue d\u2019exercer la médecine durant quelques années.Au bout de deux ans, 1l s\u2019embarque pour Paris, car il avait le goût de l\u2019étude et 1l désirait occuper un haut rang dans sa profession.A Paris, il débuta en anatomie et en histologie, puis en bactériologie à l\u2019Institut Pasteur, et, plus tard, en anatomie pathologique avec Letulle et Brault.Nous l\u2019avons rencontré, Dubé et moi, en 1894, chez Gombault, au laboratoire de l\u2019école pratique de la Faculté de Paris, dirigé par Cornil, le Maître.Ces travaux préliminaires l\u2019avaient admirablement préparé à l\u2019étude de la chirurgie dans le service du professeur Legueu, dont il devint un des assistants les plus dévoués.Connaissant bien la langue anglaise, il faisait des traductions de travaux anglais et américains pour son Maître.Entre le Maître et l\u2019élève une entente parfaite.En 1896, Marien fut élu membre de la Société Anatomique.Il possédait une forte instruction médicale qu\u2019il se proposait de compléter à Montréal.Il n\u2019y manqua pas.En arrivant, il entra à l\u2019Hôtel-Dieu où il devint assistant de sir William Hingston.Il y rejoignit Brunelle et Merrill, ses aînés dans le service.Il s\u2019efforça, aussitôt, d\u2019introduire les méthodes nouvelles d\u2019asepsie et d\u2019antisepsie dans la 2 LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS pratique chirurgicale.Il s\u2019y consacra avec la conviction, l\u2019enthousiasme, l\u2019impétuosité et la ténacité de la jeunesse.Il fit des prosélytes partout: les religieuses, les élèves, les médecins et ses collègues.Il avait fait la conquête de Merrill.Bien entendu, Dubé, son ami, s\u2019y appliquait avec toute la faveur que l\u2019on sait.Son zèle à le seconder le mit, certain jour, dans de singuliers embarras.Mais la Providence veillait sur ces nouveaux apôtres.Marien chercha des arguments surtout dans ses succès opératoires dus, sans doute, à la stérilisation méclculeuse des instruments, la préparation du champ opératoire et des pièces à pansements.La guérison par première intention réussit à convaincre les plus réfractaires.A son arrivée, l\u2019Hôtel-Dieu, comme d\u2019autres hôpitaux, ne possédait aucun laboratoire d\u2019analyse; on n\u2019y connaissait pas encore la chimie, la bactériologie et l\u2019'anatomo-pathologie.Marien s\u2019imposa cette tâche, car il faisait, chez lui, ses analyses et contrôlait ses diagnostics par l\u2019examen anatomo-pathologique des pièces provenant de la salle d\u2019opération ou d\u2019autopsie.Afin d\u2019atteindre son but, il avait formé un Comité d\u2019études groupant quelques médecins, ses premiers élèves, le mardi de chaque semaine.Peu à peu, ce Comité attira l\u2019attention de la Faculté de Médecine, et Marien fut chargé d\u2019y enseigner l\u2019Histologie.C\u2019est de ce Comité que naquit la Société Médicale de Montréal.De 1896 à 1922, Marien a publié plus de cinquante travaux importants sur la chirurgie et l\u2019anatomie pathologique.Il pratiqua, pour la première fois, et avec succès cette fois, des opérations audacieuses: la gastro-entérostomie avec le bouton de Murphy, en ce temps-là; la cholécystectomie; la taille sus-pubienne; la pleurotomie, le pied-bot ballant; les ar hrites tuberculeuses; les ptoses rénales.Je me souviens surtout d\u2019un volumineux fibro-chondrome ostéoïde de la face, qu\u2019il opéra publiquement et avec succès, en 1905, à l\u2019Hôtel-Dieu, en présence de ses collègues anglais.Marien était d\u2019une grande ponctualité à l\u2019hôpital, et il se préparait longuement avant de pratiquer une opération grave.Il exigeait de ses assistants et de ses élèves les mêmes habitudes qu\u2019il s\u2019imposait à lui-même.Une faute d\u2019inattention ou une négligence à la salle d\u2019opération l\u2019exaspéraient, et il prononçait quelquefois des mots durs qui étonnaient.Mais on lui pardonnait à cause de sa conception stricte de la responsabilité et du succès anticipé.Le malade était une chose sacrée pour lui.Ce sont ces exigences qui ont réussi à opérer des réformes radicales à l\u2019Hôtel-Dieu.Marien était un artiste.Sa maison, à la ville, et celle de la campagne renfermaient des objets d\u2019art qu\u2019il avait rapportés de ses voyages ou qu\u2019il trouvait sur place.On y voyait des toiles nombreuses et de grand prix provenant soit de Paul Beau ou de Marc Atigna, deux artistes- de grand talent qu\u2019il fréquentait beaucoup.Tels sont les faits essentiels d\u2019une vie utile et féconde vouée à l\u2019enseignement et au service d\u2019un hôpital.Une tâche aussi considérable, accomplie en peu d\u2019années, exige autant d\u2019érudition que de fortes études préliminaires et une mé'hode rigoureuse.Marien n\u2019en négligea aucunc.Comme Harwood, Marien a été un gentleman farmer.Rien de plus amusant que d'entendre ces deux « habitants » faire valoir les mérites respectifs de leur ferme et de leur troupeau: Holstein versus Ayrshire.Il montait de beaux 309 310 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 pur-sang.Il y avait une érablière sur sa ferme.Quels bons moments nous y avons passés, chaque année, à la fonte des neiges! Que de souvenirs de ce cher passé! Marien demeure le grand initiateur en réformes chirurgicales et en anatomie pathologique.Tour à tour, l\u2019ambition, le succès, la renommée, la fortune ont conjugué leurs efforts autour de sa forte personnalité.Durant plusieurs années sa maîtrise a été complète.De taille moyenne, front haut, cheveux opulents, yeux bruns et intelligents, moustache abondante et relevée aux pointes, sourire agréable, empressé ou obséquieux, il conservait une certaine hauteur dans le maintien et l\u2019attitude.Il était ironique et piquant, sinon tranchant et impératif en d\u2019autres circonstances.Un jour, il écrivit quelques articles sur le « Rastaquouérisme » professionnel.Je cite: «Le « Rastaquouère savant » s\u2019offre à l\u2019œil nu sous le portrait de types polymorphes; il constitue, dans notre milieu, un groupe de parasites qui ont des caractères multiples; il y en a des grands et des petits.Le plus redoutable, sinon le plus infect, est le Rastaquouère qui s\u2019affuble de la peau d\u2019un lion et qui imite la voix du prince de la Science.« Dans un jeune pays comme le nôtre, où on a peu l'habitude d\u2019entendre ni de voir des lions, il réussit à émouvoir sérieusement le publie intelligent, voire même la profession médicale.» «Au besoin, ce lion se fait dévot; il adore tous les dieux lorsqu\u2019il ne prostitue pas les religions selon les besoin de sa cause.Il s'appelle « Docteur »; c\u2019est un lion diplômé et licencié du puissant CMC.PQ.C\u2019est un universel « spécialiste» .Enfin, un grand homme.; «Et l\u2019on se demande pourquoi notre organisme scientifique s\u2019affaiblit, s\u2019étiole et se meurt ! » L'ironie apparaît à chaque ligne, nous pouvions y mettre des noms, en ce temps-là.| Dans un autre essai, il n\u2019est pas moins cinglant.Je cite: \u201cJe me contenterai de dénoncer quelques types de Rastaquouères qui déshonorent et avilissent notre si noble profession en la prostituant et en l\u2019exploitant sans vergogne Le plus épatant est le Rastaquouère professionnel qui a ses bureaux de consultations dans les rues les plus fréquentées; il étale ses spécialités sur de larges plaques de cuivre et dans les carreaux de ses fenêtres.Mais son plus grand talent consiste dans l\u2019art de faire des «annonces» .Ce Rastaquouère exploite le gros public, les petits bourgeois et les femmes du peuple .il est le dernier et le seul espoir des âmes simples.et la poule aux œufs d\u2019or des grands quotidiens ! .Il fait des miracles.d\u2019impressions ! .Si vous tentez de formuler des lois qui atteignent son « bedi-comerze », on vous répond \u201czut\u201d dans les couloirs de la Chambre !\u2026 les députés nous disent: « Attendez un peu.il est influent.et mon élection!.bigre!.ne se fait pas avec des priéres», pense-t-on philosophiquement.et le Rastaquouère triomphe! Pauvres médecins! Voici un autre exemple de sa satire et de sa subtilité.Il avait l\u2019habitude de trancher dans le vif!.POUR ACCOTER MADAME Depuis que nous sommes devenus une race de « quêteux à cheval », en médecine comme ailleurs, c\u2019est l\u2019âge d\u2019or du snobisme. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS Tous les badauds ont leur maladie grave, qu\u2019ils portent, toutefois, avec beaucoup d\u2019aisance.Quelques-uns en ont plusieurs à la fois, et pour chacune un \u201cespécialisse\u201d attitré.Il n\u2019y a plus de sujets de conversation qui offrent autant d\u2019intérêt que la médecine, et la suprême élégance est d\u2019être « éclopé », Et quand on parle de « mon régime\u201d et de «mon eau de Vichy »!!!.Xerxés commandant de fouetter les flots ne devait mettre dans le geste ni plus d\u2019ampleur ni plus de majesté!.Il y a quelque temps.j'avais à mon bureau unc petite dame très bien qui se \u201crespectait (sic) trop pour manger de l\u2019oignon ».Si elle s\u2019oubliait, parfois, au point de commettre ce blasphème gastronomique, ce n\u2019était que pour «accoter » son mari quand celui-ci se permettait cette disgrace au repas du soir.Au cours de la consultation, Madame en vint à étaler sous mon œil inquisiteur une double rangée d\u2019affreuses dents où le noir alternait avec le jaune, tandis que la carie faisait la moue aux fistules d\u2019anciens abces alvéolaires.Et le regard percevait dans le lointain, comme fond de tableau, deux grosses amygdales, deux jumelles de fétidité, deux éponges à purulence\u2026 Et moi, esprit simple autant que peu modelé aux discordances et contradictions de notre époque, je me demandais tout bonnement ce que l\u2019époux, ce pauvre époux, devait manger, lui, pour étre de force a accoter Madame!.Dr kkk \u2014 Que de traits cinglants! .et actuels!.L\u2019Union Médicale lui tenait au cœur.Il y collabora assidûment, même sur des sujets paramédicaux.J\u2019en ai donné quelques exemples.> Un jour, trop tôt, semble-t-il, il résolut de cesser toute activité.Il demanda un congé d\u2019enseignement.Il s\u2019isola de plus en plus avec ses souvenirs et ses fidèles et rares amitiés.Or, la médecine ne rend qu\u2019à ceux qui la servent sans trève ni repos; et puis, lorsque le cycle est révolu, le temps classe définitivement l\u2019œuvre.Les témoins disparaissent, qui pourraient en exalter les mérites; l\u2019oubli, inflexible, enveloppe d\u2019un épais suaire les hommes et les choses.Si bien, que la récompense ne réside plus que dans la conscience face au devoir.La suite n\u2019offre guère d\u2019intérêt, car la vie morale inspire et domine souvent la vie spirituelle.Ce fut, là, le dernier refuge de notre cher ami Marien, tandis qu\u2019une maladie impitoyable pavait la route vers les destinées éternelles !.Marien, histologiste, anatomo-pathologiste, chirurgien habile et professeur de clinique chirurgicale, survivra, si on veut bien lire et méditer ces brèves notes.Le docteur Paré, le brillant professeur actuel de clinique chirurgicale à l\u2019Hôtel-Dieu, est son neveu.La tradition se renouvelle. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.C.\u2014 PROFESSEUR JosrrH-Epmonp Durk (1868-1939) «La survivance économique d'une \u2018ace peut être envisagée À des points de vue différents.Pour un médecin, une seule chose l\u2019intéresse tout par- ticulierement dans le domaine social : la conservation du capital humain.» (Dubé) Dubé est tout entier dans cette photo en téte d'un bref récit, véridique, écrit par ami de toujours qui l\u2019accompagna jusqu\u2019à la fin de sa vie.Il avait été transporté à l\u2019Hôtel-Dieu.Se sentant mourir, comme l'oiseau blessé rasant le sol avant d\u2019y choir, il me regarda longuement, le dernier soir, avec ses pauvres yeux qui distinguaient à peine, mais où on lisait expression d'une profonde reconnaissance.Il me tendit la main en me disant: «Merci! »\u2026 Puis il ajouta: «J\u2019aurai donc, enfin, la paix! »\u2026.Ce furent ses dernières paroles.Dubé a été une personnalité exceptionnelle.Il a connu le succès, il a subi de dures épreuves, mais il a toujours conservé son calme et son optimisme.ll a affronté la vie telle qu\u2019elle est.Sa tête est celle d\u2019un aristocrate et d\u2019un intellectuel.Il à consacré son intelligence à des œuvres saines: professionnelles, scientifiques, hospitalières, universitaires et sociales.Il a été un défenseur irré- duetible de la santé publique.Dubé, je le sais pertinemment, a été, lui aussi, un fils respectueux, un élève studieux et brillant, un médecin instruit et dévoué, un citoyen intègre et averti, un ami fidèle et loyal.En 1890-91, il était un élève de « Victoria », à Montréal.Après la fusion, il étudia à Laval, où je le rencontrai, en 1892, et où il reçut son diplôme « avec la plus grande distinction », en 1894.Dès son mariage il s'embarqua pour Paris aussitôt, où, après de fortes études, il obtint son diplôme de docteur en médecine, diplôme d\u2019Etat, avec une thèse sur une question d'accouchement.C\u2019est Vanier, agrégé et élève préféré de Pinard, qui lui en avait proposé le sujet.Il à surtout suivi les cliniques de Potain et de Dieulafoy.De retour à Montréal, il exerca dans le faubourg St-Antoine.1) La puériculture.T1 débuta à la Maternité de Montréal en organisant, avec Cormier, un dispensaire pour la lutte contre la mortalité infantile, dont le chiffre atteignait 95%.Il demanda à la presse quotidienne de seconder ses efforts et il entreprend une campagne contre «le lait impur»: la traîte, le transport, la pasteurisation, la distribution et la conservation à domicile.Bref, 11 fonde les « gouttes de lait » dans le but d\u2019enseigner aux mères comment nourrir .et préserver les nourrissons.Cette fondation existe toujours.Que de vies épargnées!\u2026 | | oo LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS 2) L\u2019Hôtel-Dieu.Il devint médecin de l\u2019Hôtel-Dieu en 1897.On lui confia le poste de pathologiste.Il pratiqua un nombre croissant d\u2019autopsies dont les pièces, très instructives, alimentaient les séances du Comité d\u2019Etudes.En 1899, la Faculté de Médecine le nomma assistant à la clinique médicale, dirigée par Guerin.La fondation de hôpital Ste-Justine remonte à une date ultérieure.D\u2019accord avec madame Beaubien, il jette les bases de ce grand hôpital actuel pour les enfants malades, rue Saint-Denis.Il en étudia l\u2019organisation dans sa chambre obscure, rue Sherbrooke, dans son lit où il est confiné, durant deux longues années, la tête sur la dure.3) Maladies sociales.a) L\u2019alcoolisme.Après un long repos, il reprend ses activités en dirigeant une campagne intense à la ville et à la campagne contre l\u2019alcoolisme « qui fait le lit de la tuberculose».TI! obtient la fermeture des débits au verre dans les villes.b) La tuberculose.Voici son véritable cheval de bataille.Après des conférences et des publications innombrables, il établit le bilan de la mortalité par tuberculose.De bonne heure, il devint un membre actif de l\u2019« Antituberculous League of Montreal », où il rencontre des médecins anglais et des citoyens en vue appartenant au commerce et à l\u2019industrie.On y fonde le dispensaire « Royal Edward », en vue de dépister le tuberculeux.c) L\u2019Institut Bruchési.Mais bientôt germe dans son esprit l\u2019idée d\u2019une fondation similaire française.Il consulte Mer Bruchési et il fonde un institut qu\u2019il place sous le patronage de l\u2019archevêque de Montréal.ce sera l\u2019Institut Bruchési.Désormais, le dépistage alimentera le dispensaire.On ne saura jamais toute l\u2019énergie et le temps qu\u2019il a dépensés dans cette nouvelle fondation.Il a été admirable de courage et de confiance.Le Gouvernement de Québec y verse des octrois annuels.On y accomplit, depuis, un travail admirable de lutte antituberculeuse et d\u2019éducation familiale.d) La chaire de phtisiologie est bientôt fondée, grâce à un mécène canadien- français: Auguste Richard, qui verse $10,000 à la Faculté de Médecine.Dubé en devient le premier titulaire.e) Le Camp David.Puis c\u2019est le Camp David, au lac l\u2019Achigan où, chaque année, cinq à six cents enfants de tuberculeux vont respirer, jouer, manger et dormir.Le soleil opère des miracles parmi eux.Dubé surveille et dirige.f) Sanatorium pour tuberculeux.Mais comment isoler tous ces tuberculeux dépistés dans les domiciles où ils sèment la contagion?En construisant un ou plusieurs sanatoriums.Il dresse des plans, se fait céder un terrain dans un site approprié.On lui promet des octrois; 11 aperçoit le couronnement de sa carrière.Non! pas cette fois.Il attendra.D\u2019autres en bénéficieront.oui! mais Dubé en demeure le pionnier.g) La Société de phtisiologie.En attendant l\u2019organisation d\u2019une ligue antituberculeuse dont il conçoit le projet, il fonde la Société de phtisiologie, qui est toujours très ac'ive.313 314 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 On trouvera dans le numéro de décembre 1939 le texte d\u2019une conférence faite à la Chambre de Commerce de Montréal, le 4 octobre 1938 \u2014 peu de temps avant sa mort \u2014 sur \u201cla lutte pour notre survivance économique» Il y accumule des statistiques du plus haut intérêt sur la tuberculose au Canada.C\u2019est un document officiel.4) La Faculté de Médecine.Le 24 janvier 1921, Dubé est élu au Conseil de la Faculté de Médecine.Il a attendu jusqu\u2019à l\u2019âge de cinquante-deux ans avant de recevoir la récompense d\u2019un travail énorme, accompli sans trève ni repos, et toujours sous l\u2019égide de l\u2019Université.À compter de ce jour, il s\u2019efforcera de redresser certaines erreurs ou omissions en proposant que « tous les membres titulaires deviennent membres du Conseil ».Il y réussit.Leur nombre augmenta de quinze à trente.Professeur de Clinique Médicale.En 1921, il succède au professeur Guerin, décédé, comme professeur de clinique médicale à l\u2019Hôtel-Dieu.5) Société de Gastro-entérologie.En 1934, il fonde la Société de Gastro- entérologie, dont il fut le premier président.Elle est aussitôt affiliée à la Société internationale de Gastro-entérologie.6) Chaire de Diététique.Ce projet resta à l\u2019état de projet.Il recut, depuis, une sanction officielle, mais Dubé en restera le parrain.7) La Commission des Gardes-malades.Dubé fut un membre de cette Commission.Il en assuma la direction avec son collègue Benoît.J\u2019en ai par:é ailleurs.L\u2019affiliation à l\u2019Université eut lieu aussitôt.Depuis, les gardes-malades reçoivent un diplôme universitaire qui leur accorde des avantages du point de vue étranger.8) L\u2019Association des Médecins de langue française du Canada.Il en a été un des fondateurs à Québec et ancien président élu en 1920.Il a présidé le Congrès de 1922, à Montréal.Il avait réussi, à cause de sa personnalité, à amener une forte délégation française dirigée par le professeur Charles Achard, secrétaire perpétuel de l\u2019Académie de Médecine de Paris ct membre de l\u2019Institut.9) Il à été rapporteur, avec le professeur Clerc, de Paris, et Lipman, de New- York, sur l\u2019insuffisance cardiaque, au Congrès de Montréal que je présidais en 1926.| 10) L'Union Médicale du Canada.Il était un des membres du groupe qui en fit acquisition en 1900.Il fut un de ses plus fidèles et actifs collaborateurs.Sur toutes les questions: scientifiques, professionnelles ou sociales, il avait quelque chose d\u2019intéressant à dire.Jamais le rédacteur en chef ne s\u2019adressa à lui en vain.On le lisait avec avidité, car il conservait son franc parler.C'est ici qu\u2019apparaît la liste innombrable de ses publications.Je signale, en passant, l\u2019histoire des hôpitaux de Montréal, dans le numéro-souvenir de L'Union Médicale en 1932.C\u2019est un document qu\u2019on ne trouvera nul'e part ailleurs.Cette page est d\u2019un haut intérêt parce qu\u2019elle montre une des mille activités fécondes de notre groupe au point de vue scientifique et social.Que de fois, Dubé et moi, nous avons échangé des opinions sur le rôle de La Presse Médicale.Si elle dirige, habituellement, l'opinion du médecin, c\u2019est celui-ci qui LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS l\u2019alimente par l\u2019intérêt qu\u2019elle suscite.N\u2019oublions pas que la presse médicale exerce une influence morale indiscutable sur le public et les médecins, qui triment tandis qu\u2019elle est aux prises avec des questions d'enseignement supérieur, d\u2019éthique professionnelle, d\u2019hygiène publique ou privée, d\u2019intérêt individuel ou corporatif dont les répercussions s\u2019étendent au delà des frontières de la médecine.Cela dépend d\u2019un « caractère » sur lequel la morale exerce une primauté, sinon le rôle de la presse médicale sera stérile ou néfaste.En effet, l\u2019éducation humaine, surtout celle du médecin, exige, en premier lieu, une formation issue d\u2019une doctrine sûre et logique, car c\u2019est elle qui assure la conservation et la transmission des progrès accomplis d\u2019une génération à une autre.Elle complète, heureusement, l\u2019éducation intellectuelle et physique qui ne saurait suffire au médecin dont la tradition n\u2019est ni sectaire ni unilatérale, mais conforme à l'idéal de la vie telle qu\u2019il la conçoit.Il croyait « qu\u2019on ne doit pas se régler, toujours, sur ce qui a existé précédemment comme s\u2019il était impossible de faire mieux ».Nous étions toujours d\u2019accord sur ces principes.Je lui dois, ainsi, un faisceau de bons conseils.11) Distinctions honorifiques.Ce chapitre appartient exclusivement à notre groupe.Les anciens, nos prédécesseurs, n\u2019ont reçu qu\u2019à titre exceptionnel certaines décorations, tandis que les gens de notre génération en ont reçu de nombreuses autant qu\u2019importantes.Ceci est dû moins aux hommes qu\u2019aux circonstances.Enumérons succinctement celles de Dubé: 1) Membre correspondant des hôpitaux de Paris; 2) Membre correspondant des hôpitaux de Lyon; 3) Membre de l\u2019American Medical Association ; 4) Membre fondateur, fellow et membre du Conseil du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada; 5) Décoré de la médaille du Jubilé George VI; 6) Officier d\u2019Académie; 7) Chevalier de la Légion d\u2019Honneur.12) Laboratoire.J\u2019ajoute, en passant, que Dubé a été, avec Harwood, Parizeau et moi-méme, membre du Comité, formé a Paris en 1896, dans le but d\u2019acheter tout le matériel nécessaire pour installer un laboratoire de bactériologie, le premier & Montréal et dans la province de Québec 1.13) Le compagnon.Dubé a été un compagnon agréable.Il était conciliant.En 1925, durant notre mission à Nancy, où nous avions été reçus avec tant de cordialité, nous avons été les témoins de quelques incidents piquants, à Paris.Nous les racontions aux heures de repos.Ainsi, Dubé me raconta celui-ci.Il y avait à Paris, à ce moment-là, une gentille jeune fille canadienne- française en voyage.Il était son médecin.Je la connaissais bien.Un soir, réunis à l\u2019Hôtel, rue de Rivoli, nous causions de l\u2019emploi de notre soirée.\u2014 Ce soir, dit Dubé, j'invite à dîner mademoiselle X.\u2014 Je te félicite de préférer une Canadienne française à tant d\u2019autres.1.Nous l\u2019avions installé à l\u2019angle des rues Ste-Catherine et St-Denis au-dessus de l\u2019ancienne pharmacie Décarie, dans les bureaux du dentiste Arthur Lemieux.315 316 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 \u2014 Je vais au Café de Paris.Et toi?dit-il.\u2014 Moi! je vais à l\u2019Opéra.J\u2019ai mon billet.Nous nous reverrons ce soir\u2026 De retour, je le trouve dans notre chambre.\u2014 Il m\u2019est arrivé, dit-il, un incident qui nous a amusés tellement, que j'y pense encore.Nous avons pris un dîner excellent, nous avons causé à table; il y avait beaucoup de monde; menu et vins fins.Bref, en quittant, nous longeons une table et, en passant, nous entendons la remarque suivante: « Dis donc, ajouta un des hôtes en se penchant vers son compagnon, il ne se prive de rien, le sénateur, avec sa poule! y.Tu sais que ma vue est basse, mais J'ai « une oreille maudite »! Nous avons beaucoup ri en sortant.J'étais, selon ces messieurs.le héros d\u2019une bonne fortune exceptionnelle!.\u2014 Et toi?\u2014 Voici, dis-je.En quittant le théâtre, le temps était magnifique, l\u2019air léger et doux \u2014 c\u2019était en septembre \u2014 j'ai pensé de rentrer à pied à l'hôtel, par l\u2019avenue de l\u2019Opéra.J\u2019hésitai un moment en longeant le Café de Paris; j\u2019avais envie d\u2019y entrer, mais j\u2019étais seul.alors!.« Pas cette fois, me dit Minerve.la déesse.rentrez, Monsieur.» Je marchais, plein des fortes émotions du Congrès de Nancy, lorsque j\u2019entendis des pas précipités derrière moi.Puis, je vis une femme, petite et vive, me dépasser et s\u2019arréter un peu plus loin devant une vitrine à peine éclairée par l\u2019œil glauque d\u2019une lune indiscrète et solitaire.\u2014 Tiens, dis-je en moi-même, voici une aventure!.Je continue ma route.Cette femme m\u2019aborde: « Bonsoir! Tu es chic!.Tu ne voudrais pas m\u2019offrir une consommation?» Elle était vraiment gentille, et elle souriait dans une attitude pleine de grice.a la francaise.quoil.Je la regardai, un instant, immobile, en songeant a Dubé, juge sévére, au restaurant.\u2014 Non, ma jeune amie, dis-je, pas ce soir!.Vois-tu, en ce moment, j\u2019ai les pieds « nickelés » !.\u2014 Ah! vraiment!.dit-elle.Tu as les pieds nickelés!.C\u2019est dommage! car il me semble que tu marcherais quand méme!.si tu voulais prendre ma main et te laisser conduire!.\u2014 Quel esprit! On dit, qu\u2019à Paris, il court les rues.Cette fois, c\u2019était vrai.Je lui remis dix francs et la quittai non sans regret en songeant & son abandon.Et voilà, mon cher!\u2026 Nous sommes quittes.Tu as eu une « poule »!.j'ai eu une « midinette »!.Nous aurons, chacun, un récit de voyage.& la lune!.Quel plaisir nous éprouvions a nous raconter!.\u2014 Je pourrais rapporter un autre souvenir, différent de celui-ci.Un jour, en voyage, je lui signalais un point faible à propos d\u2019un de ses chers projets.\u2014 LeSage, me dit-il, ne dis rien qui puisse refroidir mon enthousiasme.tu me tuerais, car il n\u2019y a guère que ces yeux-là qui, maintenant, puissent me diriger et voir loin sans apercevoir les obstacles.si décevants\u2026 Il avait raison.J\u2019eus des regrets et pris des résolutions.Durant un voyage en Suisse, il ne cessait d\u2019exprimer son enthousiasme en face des magnifiques panoramas \u2014 lacs, montagnes, châteaux, grands hôtels \u2014 qui se déroulaient sous nos yeux et que je lui décrivais le mieux possible. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS \u2014 Oui, disait-il, c\u2019est grandiose.Ces montagnes! Les Alpes.Là-bas, le Mont Blanc.Quelle nature!.Il voyait, semble-t-il, aussi bien que moi.Pure illusion, souci probable de m\u2019épargner un chagrin! C\u2019était du courage ou de la magnanimité.\u2014 Pourquoi rapporter ces menus faits?Pour montrer simplement un aspect de cette mentalité si riche d\u2019enthousiasme et d\u2019énergie indomptable.Il aimait la vie, quand méme!.Nous devions la lui rendre aussi légère que possible!.\u2014 Je lui racontai, un soir, une autre aventure arrivée au bord du trottoir, rue de Castiglione, a Paris.Un soir, je marchais, sans but.lorsque deux femmes m\u2019abordent en auto, dont l\u2019une portant une cigarette à la bouche.\u2014 Dis done, cher ami, vous n\u2019auriez pas une petite allumette.pour m\u2019allumer., dit-elle, en tenant sa cigarette à la main !.Nos sourires se croisent!.\u2014 Je ne fume pas.Elle insiste que je les accompagne.je refuse.Sa compagne reprit aussitôt : \u2018 \u2014 Rien à faire, ma chère, tu vois bien que c\u2019est un monsieur qui n\u2019allume que sur sa boite!.(était Vétincelle, cette fois!.Cette intimité ne manquait pas de charme.Dubé était donc un aimable compagnon de voyage.En voici un autre exemple.Nous étions à Nice.Un jour, il m\u2019aborde en me disant: « Dis donc, LeSage, pourquoi n\u2019irions-nous pas à Grasse?Nous en entendons parler souvent; profitons d\u2019une excursion qu\u2019on organise et allons voir comment, avec ces fleurs exquises, que tu aimes tant, on fabrique les parfums qui grisent et nous font oublier, ne serait-ce qu\u2019un instant, les désenchantements de la vie.Je ne pourrai certainement pas les voir, ces chères victimes qu\u2019on immole à notre intention, mais tu les verras, toi, et tu me diras les étapes merveilleuses de leur trépas.\u2014 Ta proposition m\u2019intéresse.Plus j'y songe, plus je la trouve attrayante.Nous voilà donc en marche, à travers les sombres « gorges du loup », vers les sommets où Grasse domine toutes ces vallées fameuses.Nous voici rendus.Quel magnifique spectacle!\u2026 On nous invite à visiter ces établissements mystérieux où la fleur est soumise à toutes les tortures qu\u2019on lui inflige avant de libérer son âme: son parfum.« Tout doit avoir son parfum, dit-on, encore inconcevable, dans l\u2019espace, même un rayon de lune, un murmure dans l\u2019eau, un nuage qui plane, un sourire de l\u2019azur.» C\u2019est ic1 que le génie de l\u2019homme est aux prises avec les secrets de la nature.On débuta par la jonquille, le réséda et la tubéreuse, en continuant avec les roses.Suivons ces fleurs et assistons aux opérations du chimiste, qu\u2019un aide complaisant veut bien nous exposer.« Que fait-on des roses?dit-il.On les entasse dans d'immenses chaudières où passe la vapeur d\u2019eau.Ces fleurs sont pleines de complaisance et de bonne volonté; elles livrent leur âme avec simplicité.Peu à peu, leur huile essentielle suinte goutte à goutte dans un tube de verre où on la recueille pieusement.« Voyez cette goutte couleur d\u2019ambre », dit notre cicerone.Mais, ajouta-t-il, l'opération du jasmin est plus délicate.Chaque matin, nous étalons un nouveau lit de ces fleurs un coussin de graisse froide épais 317 318 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 de deux doigts sur de grandes plaques de verre.Au bout de trois mois, après avoir dévoré quatre-vingt-dix générations de fleurs, la graisse est complètement saturée.«La violette, au contraire, ne cède rien à la graisse froide.Elle requiert la chaleur.On chauffe la graisse au bain-marie; puis, on l\u2019inonde d\u2019alcool qui s'empare du parfum.On la réduit, on l\u2019évapore, on la condense ct la perle liquide de ces deux fleurs, pure, essentielle, inépuisable, est enfin recueillie dans une ampoule de cristal.Est-ce une résurrection?est-une apothéose?Je crois plutôt dans une réviviscence, une évocation.Rien ne meurt dans la nature.» Ainsi parla notre guide.Ainsi se termina notre pelerinage au pays des fleurs.Dubé me rappela souvent, plus tard, le souvenir de ce voyage charmant dont il avait eu la bonne pensée.Sans doute, sa vue le privait de\u2019 certaines impressions douces ou fortes.Mais, en causant, son imagination et son érudition suppléaient fort heureusement à son infirmité.Cependant, il ne prononça jamais un parole amère qui pût nous y faire penser et nous attrister durant ces heures délicieuses!.Voila comment Dubé fut un bon compagnon et un ami complaisant.Il a été, je le répète, un caractère.Ces anecdotes le démontrent; c\u2019est dans ce but que je les rapporte.Sur les lacs italiens.Je voudrais, pour terminer ce chapitre des anecdotes et des impressions, en raconter une dernière parmi les plus rares.Après notre séjour au Congrès médical de Nancy, en 1925, où nous avions, Dubé et moi, reçu un accueil si cordial, comme délégués du Canada, nous avions conçu le projet de prendre un repos dans le nord de l'Italie, aux lacs italiens.C\u2019est un paysage unique, fréquenté, avant la guerre de 1914, par les souverains et les grands de l\u2019Europe centrale.Le lac Côme est le plus fameux des trois.En quittant l\u2019historique villa d\u2019Estée pour se rendre à Bellagio, située à l\u2019autre extrémité, nous apercevons, de chaque côté, des châteaux historiques et des villas pittoresques, témoins orgueilleux et solitaires de la grandeur du passé.Rares étaient ceux ou celles qui étaient habités, en ce temps-là, entre autres, la résidence du duc de Brunswick, gendre de l\u2019empereur d\u2019Allemagne, située sur une petite île où on avait importé toutes les plantes exotiques imaginables.À ce moment, cette propriété était encore tenue sous séquestre par l\u2019Italie.Nous étions pourtant en 1925.Bref, nous arrivons à Bellagio, jolie petite ville située sur la rive droite.Puis, on nous conduit à notre hôtel « Serbelloni ».Cette antique demeure princière à été construite sur les hauteurs qui dominent la ville, au centre d\u2019une presqu'île avançant audacieusement dans les eaux calmes du lac pour aller, semble-t-il, défier les chaînes majestueuses des Alpes dont la ligne grisâtre et ondulée découpe le lointain et vaste horizon.Nous voilà donc installés.Dubé s\u2019en réjouit bruyamment: Sa vue est basse, mais son esprit, comme d\u2019habitude, est bercé, quand même, de rêves et d\u2019ambitions innombrables.Pourquoi, dit-il, ne pas jouir un instant de la vie qui passe en souriant près de nous, tandis qu\u2019elle a déjà été si dure dans le passé?N\u2019oublions pas que: Le bonheur est un rêve intime et sédentaire Qu\u2019il ne faut pas froisser aux ronces du chemin.\u2014 Ces deux vers sont d\u2019Antoine Yvan. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS N\u2019a-t-on pas dit, aussi, que «tout bonheur que la main n\u2019atteint pas n\u2019est qu\u2019un rêve »?Serait-ce une compensation en attendant la prochaine tuile.L'endroit est charmant.En sortant de l\u2019hôtel, nous entrons dans un parc magnifique.Sous la feuillée, nous entendons, près de nous, le bruit d\u2019une fontaine qui jase.Que dit-elle?Elle pleure des larmes abondantes dans une vasque \u2018mmense où elle s'attarde en un mirage attrayant avant de rejoindre, librement, les eaux profondes de son cher lac, qu\u2019elle alimente.Nous jouissons de la douceur des lieux; on dirait que La terre s\u2019est donnée aux désirs de l'été.Des palmiers ont dressé leurs branches qui mendient.D\u2019invisibles essors s\u2019échappent des rameaux.Partout, on aperçoit de hautes statues de marbre représentant d\u2019illustres personnages grecs ayant, sans doute, quitté l\u2019Iliade depuis longtemps pour errer dans un monde moderne et y perpétuer l\u2019attitude, les mœurs et le costume antiques.C\u2019est un enchantement, une sensation d\u2019art, nouvelle et inespérée.Après le dîner, le directeur nous prie d\u2019éerire un mot dans le «livre d\u2019or ».Quelle fut cette pensée?Il y avait sans doute un brin d\u2019idéalisme.Je m'en souviens, j'avais magnifié l\u2019endroit.Mais, voici sa majesté, le soir; 11 monte lentement.Peu à peu la nuit règne, claire et constellée d\u2019étoiles.On dirait qu\u2019elle est lamée d\u2019incendies.Nous marchons un instant sur la terrasse qui domine les environs, et nous nous asseyons près de la balustrade pour admirer cette féerie.La duchesse d\u2019Uzès, accompagnée de son neveu, dit-on, se tient près de nous.Nous échangeons nos impressions depuis quelques minutes lorsque nous entendons, soudain, des voix multiples et lointaines qui montent jusqu\u2019à nous, par intervalles: des bouffées d'harmonie! \u2014 Qu\u2019est-ce?.\u2014 C\u2019est, aujourd\u2019hui, fête nationale en Italie, nous apprend le directeur.Tout le monde s\u2019en réjouit.C\u2019est une coutume répandue dans tout le pays.On chante le « Sancta Maria ».Rien de plus impressionnant et nouveau pour nous.Tandis que le charme se prolonge, nous apercevons, en face, enveloppé dans un manteau clair de lune, un pan de montagne illuminé des mille feux des habitations.On aurait pu croire que toutes les étoiles du firmament étaient venues se brancher aux arbres du coteau pour entendre cet hymne inspiré avant de disparaître sous les feux de l'aurore!.Dubé n\u2019a jamais oublié la forte impression de cette apothéose nationale.moi non plus.Il en parlait souvent.Je la lui rappelle une dernière fois en songeant que, peut-être, « par delà les tombeaux, les yeux qu\u2019on ferme voient encore! »\u2026 Je me plais à revivre cette minute inoubliable.14) Philosophe! Dubé a été, aussi, une grand philosophe, car il a subi sans médire les pires épreuves: celles du cœur.Celui qui n\u2019en a pas éprouvé au moins une n\u2019a pas reçu le baptême de la vie.«Il faut savoir compter ses peines, ses sacrifices, ses jouissances, pour arriver à un résultat.» La mort anticipée de son fils le trouva résigné.N\u2019avait-il pas accepté, courageusement, durant deux longues années, l\u2019épreuve de l'isolement et de 319 320 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 l\u2019obscurité, la tête fixée sur un dur sommier afin de revoir de nouveau la lumière?Il guérit.Il supporta tout cela avec stoïcisme et grandeur.Depuis, il voulait vivre et poursuivre son œuvre, inachevée; elle sera, désormais, son principal refuge.II y réussit en servant les autres.15) La retraite.Puis, un jour, ce fut l\u2019heure de la retraite qui sonna.Partout, on lui rend hommage à cause de ses quarante années de service.Seule, l\u2019Université lui refusa une petite pension, comme à d\u2019autres anciens, malgré la requête unanime et motivée de la Faculté de Médecine; on invoqua une exception à la forme contre un de ses fils les plus brillants, et qui l\u2019avait service avec honneur!.Dubé en sortit amoindri, malgré l\u2019estime et le respect de tous.Avec Achard, chef de la délégation française à son Congrès en 1922, il répétait, en le citant, que la retraite a quelquefois ses joies.« Les souvenirs, disait Achard, prennent plus d\u2019éclat.Dégagé des petites questions personnelles, le jugement se fortifie et s\u2019affranchit, la vie intérieure se développe et nous cultivons avec plus d\u2019amour le jardin secret où se passe la meilleure part de notre existence spirituelle.» «On dirait, ajoute Focillon, ancien professeur au Collège de France, que notre conscience du passé a besoin de ces haltes où toute discordance s\u2019apaise, où le cours du temps semble suspendu au-dessus d\u2019un horizon éternel.» \u2014 Est-ce une fiction ou une vérité dans l\u2019ordre humain?\u2014 Ces faits et tant d'autres, nous forcent à réfléchir.Les pensées, les actes, les mérites, les exemples, devraient perpétuer notre mémoire!\u2026 J\u2019en doute car, dans les temps actuels, on élève l\u2019oubli à la hauteur d\u2019un culte!\u2026 Songeons plutôt aux coups du sort et à l'incertitude des lendemains puisque personne n\u2019est sûr de l\u2019heure qui l\u2019attend ni de l'épreuve qu\u2019il subira; elle est nécessaire pour mesurer la valeur d\u2019un caractère.Le bien est amollissant; il faut, pour le redresser, qu\u2019il se sente épaulé par l\u2019adversité qui longe constamment, silencieusement, la route poursuivie, attendant l\u2019heure qu\u2019elle a choisie.Seuls, l\u2019énergie, le courage et la foi en la justice immanente peuvent nous sauver de nous-mêmes.La ® > Telle fut la vie et l\u2019œuvre de Dubé.Elle méritait que son ami de cœur et d\u2019esprit la racontât.J \u2018appartiens à la phalange, clairsemée, de ceux qui passent.C\u2019est une dernière occasion de parler de ceux aue j'aimais: je la saisis, car elle ne reviendra plus.Je termine cette biographie par un aveu de Dubé lui-même.« J'arrive à la fin de ma vie, me disait-il.J\u2019en use pour remplir un devoir dont j'ignore les échéances; mais mon optimisme demeure une source inépuisable de confiance et d\u2019élan.» Ces paroles sont émouvantes et pleines d\u2019une saine philosophie; elles vont rejoindre le témoignage posthume de son fils Paul: D\u2019en haut, la flèche d\u2019or Sur cet homme qui dort Tombe, et lui tisse un fil Où son Ame s'enfile\u2019.1.Paul Dubé: L\u2019éducation poétique, « Etoile », p.27. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS JOSEPH-AUGUSTE RICHARD (1855-1924) «.votre dévouement vaut plus que les succès pécuniaires.Continuez\u2026 et comptez toujours sur ma bonne volonté.> (Richard à Dubé en 1911.) Auguste Richard n\u2019était pas médecin, mais il a été l\u2019ami des médecins.Propriétaire d\u2019un splendide domaine dans les Chenaux, il pouvait, à loisir, contempler la pittoresque baie de Vaudreuil, tandis qu\u2019à l\u2019autre extrémité 1! admirait les longues perspectives du lac des Deux-Montagnes.Sous les chênes séculaires, il avait fait construire un pavillon modeste mais confortable pour loger sa famille et y recevoir ses amis.Dans le voisinage immédiat se trouvait un golf, le sien, où nous assistions à des joutes fameuses entre amateurs du voisinage ou invités d\u2019occasion.C\u2019est là que nous lancions nos balles et que l\u2019esprit prenait son essor après , les soucis de la journée.Auguste Richard est né en 1858, à Stanstead, P.Q.Après ses études, on le trouve à Winnipeg où il dirige une importante maison de commerce dans les vins et les alcools.Quelques années plus tard, il fonde, à Montréal, en 1898, la maison « Fashion-Craft », dont nous connaissons le succès constant; puis il devient directeur de la Banque Provinciale et du Crédit Foncier.Dans l\u2019intervalle, on le nomme «trustee » de National Gallery of Canada.Enfin, il devient membre du bureau des Ecoles Catholiques de Montréal.T1 occupait done d'importantes situations dans le monde des affaires lorsqu\u2019il aborda l\u2019 «action sociale ».Il était, à cette époque, grand ami de sir Wilfrid Laurier, «son pays», qu\u2019il admirait sincèrement et dont il possédait la confiance.Bien entendu, cette biographie n\u2019est pas complète.Je ne m'occupe que des faits essentiels de sa vie publique.Je laisse à d\u2019autres le soin de la compléter.Auguste Richard, riche industriel et généreux mécène, possédait un charme tout particulier.Il accueillait ses hôtes avec empressement et bienveillance De taille moyenne, le front haut et large, les yeux gris et rieurs, le nez droit, la moustache courte, la bouche souriante et fine, la voix légèrement voilée et douce, il parlait lentement et avec mesure.Son attitude était simple et réfléchie; sa démarche était un peu nonchalante, mais le costume était sobre et de bon goût.Sa conversation était souvent piquante, sinon sceptique; il avait appris à connaître les hommes, il savait attendre avant de porter un jugement.C\u2019est ainsi qu\u2019il devenait, maintes fois, le juge impassible et désintéressé de tous les plaideurs qui l\u2019entouraient, sur\u2018out lorsqu\u2019ils étaient réunis chez lui, près d\u2019un foyer éclatant cet plein de flammes, tandis que le bon vin \u2014 il s\u2019y connaissait \u2014 alternait avec le bel esprit!.Ah! le bon temps!.C\u2019est dans ce milieu qu\u2019il apprit, un jour, la signification du mot «action sociale », en écoutant les propos de ses amis les médecins.C\u2019est là qu\u2019il prit la résolution de consacrer, à l'avenir, un peu d\u2019énergie, de temps et d\u2019argent pour 321 322 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.-\u2014 Montréal, mars 1947 participer à quelques-unes de ces œuvres qui prolongent la vie au delà des tombeaux puisqu\u2019elles sont destinées à une existence permanente.Il résolut donc de collaborer avec eux, et il le fit avec désintéressement, habileté et sagesse.C\u2019est pour rendre hommage à sa mémoire et à son esprit public que je le compte au nombre de ceux qui, parmi nous, v ont consacré beaucoup de temps et de persévérance.C\u2019est là qu\u2019on a pu apprécier sa droiture, son intelligence, si lucide, et sa maîtrise dans toutes les questions paramédicales qui méritaient de retenir son attention.Auguste Richard était, aussi, un homme cultivé.Il brassait de grandes affaires, mais il aimait les classiques.Que de fois il nous a récité des vers et cité des pages entières des auteurs anciens et modernes.Il lisait beaucoup, malgré ses occupations; on aurait pu dire de lui, à la fin de sa vie, qu\u2019il était un homme de lettres égaré dans le commerce.Il avait, aussi, des goûts artistiques; il possédait des toiles et des bronzes de grand prix.Voici quelques exemples de son goût pour la littérature.Un jour de septembre, tandis que les feuilles commençaient de joncher le sol et que nous étions ses hôtes, 1l nous invita à contempler un coucher de soleil en train de plonger dans les eaux du lac.\u2014 Vous ne trouvez pas cela plus beau qu\u2019un soir d\u2019été, mes amis?dit-il.Dites-moi done quelle saison vous préférez.Au bout de quelques instants, il se place en face de nous: \u2014 Ecoutez, dit-il, l\u2019opinion d\u2019Henri de Régnier sur ce sujet; c\u2019est aussi la mienne.Il nous récita les vers suivants, sans la moindre hésitation, \u2014 il avait une mémoire fidèle.LA SAISON PRÉFÉRÉE Les matins de printemps ont des douceurs légères Qui font que, si l\u2019on aime, on croit qu\u2019on est aimé, Car on entend chanter, parmi les primevères, Les fontaines d\u2019avril et les oiseaux de mai.Jaime les jours d\u2019été dont l\u2019aurore est si belle Que la fleur s\u2019illumine et que la feuille luit, Et qu\u2019on pense, tant leur clarté semble éternelle Qu'ils n\u2019auront pas de fin et qu\u2019ils seront sans nuit.Mais je préfère encor les rouges soirs d\u2019automne Dont la pourpre flamboie à l\u2019horizon en feu, Parce que notre cœur en sa cendre s\u2019étonne D'avoir été pareil à leur ardent adieu! Henri de Régmer Après les félicitations de tous les amis présents, il continue: \u2014 Mais il n\u2019y a pas que les Français qui sachent écrire des vers.Il y en a aussi parmi nos bons Canadiens français.Je vais vous dire un autre sonnet que vous saurez apprécier; il est de Jean Charbonneau, avocat, de Montréal.Richard était un patriote discret mais convaincu. LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS 323 LE RÈGNE DU SILENCE Contemple sans parler la majesté des choses: L'heure crépusculaire argente les ruisseaux; Et les lis inclinés sur le miroir des eaux Baignent dans le flot b'eu leurs corolles mi-closes.L'air promène au sentier le cher parfum des roses; Dans les buissons s\u2019éteint la chanson des oiseaux; La lune est apparue: et parmi les roseaux, Le song resplendit en ses apothéoses.Il passe autour de nous un doux apaisement, Dans les arbres pensifs, pas un tressaillement : On croirait que la nuit s\u2019est recueillie et pense.Ouvrez votre âme au soir, Ô rêves endormeurs: Le bruit universel a cessé ses rumeurs, Et cède son empire au règne du silence.Jean Charbonneau.\u2014 Nos applaudissements, chaque fois, l\u2019encourageaient.Mais le poème qu\u2019il préférait, c\u2019était, incontestablement, celui, fameux, de François Fabié sur « l\u2019art de vieillir » Il y mettait, en le récitant, une conviction, une sincérité presque mélancolique, sinon triste et douloureuse, nous laissant croire qu\u2019il vivait toutes les phases de ce drame intérieur qu\u2019on appelle « la vieillesse ».Son attitude, sa voix, l\u2019expression lointaine de son regard, et la souriante amertume de sa bouche traduisaient fidèlement l\u2019âÂme de ce poème philosophique et sentimental.| En terminant, notre beau diseur était ému; sur le bord de sa paupière perlait une larme qu\u2019il s\u2019empressait d\u2019essuyer, car il craignait qu'un tel aveu, de sa part, pût attrister ses hôtes venus pour rire et non pour pleurer.On le sait, il concevait l\u2019hospitalité totale.Voici, amputé de quelques strophes, ce poème célèbre: SAVOIR VIEILLIR Savoir vieillir! quel art, mais combien difficile! Que de ferme vouloir il y faut, et quels dons, Quelles victoires sur notre orgueil imbécile, Que de renoncements cruels et d\u2019abandons! Avec sincérité, dès que l\u2019aube se lève, Se bien persuader qu\u2019on est plus vieux d\u2019un jour, A chaque cheveu blanc se séparer d\u2019un rêve, Et lui dire tout bas un adieu sans retour.Rétrécir l\u2019horizon des projets et des tâches Pour agrandir celui de l\u2019au-delà sans fin, Eviter de son mieux les regrets bas et lâches Qui, des restes d\u2019hier, voudraient nourrir demain. 24 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Pour un soir s\u2019en aller sans causer trop d\u2019alarmes, Discrètement; mourir juste comme on s\u2019endort.Pour que les tout petits ne versent pas de larmes | Et qu\u2019ils ne sachent que plus tard ce qu\u2019est la mort.Voilà l\u2019art merveil'eux connu de nos grands-pères, Et qui les faisait bons, tendres et vénérés, Ils devenaient très vieux sans devenir austères.Ils partaient souriants.certains d\u2019être pleurés.S François Fabié.Mais, ajoutait-il, en une autre occasion, on se console en songeant à l\u2019avenir.L'âge, comme la nature, à aussi ses matins.Et il nous récita, un dimanche matin, ce délicieux sonnet qui ressemble à un lever de rideau: MATIN Sous un souffle qu\u2019emplit l\u2019aube des premiers temps S\u2019évapore la terre aux verdures nouvelles; L'arbre enivré s'incline au bord des clairs étangs; Et les feuilles au ciel battent comme des ailes Dans l\u2019âme fraîche du printemps.Sur l\u2019herbe où la rosée a perlé leurs pieds roses, Les nymphes ont conduit les danses d\u2019autrefois ; Et Pan qui rit au loin, les paupières mi-closes, Ecoute en s\u2019éveillant chanter de douces voix Dans lair fait du parfum des choses.Dans l\u2019innocente paix d\u2019un matin enchanté, La nature se vêt de grâce et d\u2019harmonie; Tout reprend la candeur de sa virginité; Et, dans un souvenir d\u2019existence bénie Tout baigne et lustre sa beauté.L\u2019homme passe, oublieux des misères humaines, En ce monde oublieux des mortelles saisons ; Et vers des dieux amis, purs encor de ses peines, Son cœur léger, qui flotte en vagues floraisons, S\u2019en va sur les brises lointaines.Léon Dierx.Malgré cette belle culture, il exprimait quelquefois le regret de ne pas s\u2019y adonner davantage; mais on ne peut, en un jour, tout posséder.Il avait, jusqu'ici, été particulièrement favorisé.Il pouvait, du moins, s\u2019en venger honorablement en protégeant ceux qu\u2019il admirait de savoir les lettres, la philosophie et les arts.Il n\u2019y manqua pas.Nombreux sont ceux qui peuvent en témoigner, car il avait autant de cœur que de fortune; il en usa discrètement ou ouvertement selon l\u2019occasion.La main qui reçoit sait-elle, chaque fois, reconnaître la main qui donne?François Coppée l\u2019a dit excellemment: LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS Donnez sans espoir qu\u2019on vous rende, Donnez sans savoir qui reçoit.Le plus noble geste qui soit, C\u2019est d'ouvrir la main toute grande.C\u2019est ainsi qu\u2019il a assumé les frais de publication de trois in-quarto de plus de 500 pages chacun sur « L\u2019Acadie », écrits par son cousin Edouard Richard, et annotés par Henri d\u2019Arles.Il a aussi.été agent consulaire français durant son séjour à Winnipeg.Bref, Auguste Richard fut une personnalité et un véritable philanthrope.Il vivait près d\u2019Harwood et de Boulet, en ville et à la campagne.Il les fréquentait beaucoup et il eut l\u2019occasion d\u2019y rencontrer leurs amis.Il les adopta.comme les enfants du hasard.Ce fut le début de cette carrière, nouvelle pour lui.Suivons-le pour le voir à l\u2019œuvre, et avec quel élan.L'Institut Bruchési fut fondé en 1911.Il doit son existence à deux hommes : le docteur J.-E.Dubé, décédé en 1939, et le docteur Eugène Grenier, ancien élève de notre excellent ami Knopf, phtisiologue de grande réputation, de New-York, et que nous avions connu à Paris en 1895, chez Letulle.Membre fondateur de la Montreal League for the Prevention of Tuberculosis, Dubé voulut fonder une institution canadienne-française pour enrayer la tuberculose.Il s\u2019adressa à la communauté des Sœurs de la Providence, et il put ouvrir un dispensaire qu\u2019il mit sous le patronage de Mgr Bruchési.Ce fut le début de l\u2019Institut Bruchés!.Auguste Richard en fut le premier président en 1911.« Cet excellent ami, dit Dubé, homme d\u2019affaires remarquable, avait un jugement sûr, et ses conseils étaient inappréciables.Après lui avoir exposé le but de ma visite et répondu à quelques questions, il promit de m\u2019aider par tous les moyens possibles dans cette organisation, qu\u2019il trouvait urgente.» Je l\u2019accompagnais, en cette journée mémorable.C\u2019était à son bureau, rue Saint-Laurent, près Ontario.Le lendemain, Auguste Richard adressait à Dubé la lettre suivante: Mon cher docteur, \u2014 Je vous transmets, ci-joint, mon chèque pour vous féliciter de votre esprit public.Vous donnez un exemple de désintéressement qui ne manquera pas d\u2019avoir son influence sur vos confrères pour le plus grand bien de l'humanité.Le résultat de votre dévouement vaut plus que les succès pécuniaires.Continuez votre œuvre et comptez toujours sur ma bonne volonté.J.-Auguste RICHARD Voilà, en quelques mots, l\u2019esprit de cette nouvelle recrue.Il occupa, le premier, le fauteuil de la présidence jusqu\u2019en 1915 ou 1920, après avoir obtenu des Gouvernements provincial et municipal, ainsi que de généreux souscripteurs, des octrois annuels et des dons importants qui en assuraient l\u2019existence.Telle a été son œuvre de collaboration à cet Institut.Mais son activité ne s\u2019est pas arrêtée là.Ses amis, médecins, lui exposaient un jour qu'une chaire d\u2019enseignement théorique de phtisiothérapie était indispensable pour éduquer nos étudiants sur une question aussi importante et compléter l\u2019œuvre du dispensaire.Un soir donc, à Vaudreuil, il s\u2019avise de poser à l\u2019un de nous la question suivante: \u2014 Combien, docteur, ce projet coûterait-il, par année?\u2014 Environ $400 pour assurer le fonctionnement de cette chaire.325 326 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 \u2014 Si l\u2019Université, dit-il aussitôt, est prête à fonder cette chaire, je m\u2019engagerai à verser cette somme annuellement.On soumit la proposition à Harwood, le doyen, qui en fut ravi; mais il fit aussitôt consentir à son excellent voisin et ami de cœur une dotation de $10,000 pour en assurer la permanence.Telle fut une autre fondation d\u2019Auguste Richard, avec l\u2019Institut Bruchési, dont il partage le mérite avec les docteurs Dubé et Grenier.L\u2019Université et l\u2019Ecole de Médecine acceptèrent ce legs avec reconnaissance en mai 1913.Dubé en fut le premier titulaire.Le professeur Jarry en est le titulaire actuel.L'amitié avait scellé, encore une fois, un nouveau pacte d\u2019union sacrée « plus fort que la mort» !.L'hôpital Notre-Dame.Il s\u2019est intéressé très activement aussi à cette institution.Il avait dû céder aux instances d\u2019Harwood qui le tenait pour un sage conseiller et un homme influent dans les grandes institutions financières.Il en devint donc un des administrateurs de 1915 à 1918.En 1918, il fut élu deuxième vice-président, et en 1919, premier vice-président.Il a continué de siéger sur le bureau d\u2019administration jusqu\u2019en 1923.Ce fut l\u2019époque du grand dérangement: constructions nouvelles, déménagement et autres questions de la plus haute importance pour l'hôpital.Que de délibérations: que de projets; que d\u2019embarras de toutes sortes.Ces situations ne sont pas des sinécures, et ceux qui en assument la tâche méritent qu\u2019on s\u2019en souvienne.Auguste Richard reçut le titre de Docteur en Droit (L.L.D.) honoris causa de l\u2019Université Laval de Montréal, en reconnaissance de son dévouement à la cause du haut enseignement.Te} fut l'homme; tels furent, en quelques mots, les résultats de son «action sociale ».Lorsqu\u2019un homme, industriel, épris d\u2019idéologie, a eu le bonheur d\u2019acquérir de la fortune et de posséder les qualités dominantes du véritable citoyen, c\u2019est un rare privilège de pouvoir coopérer à des œuvres « d\u2019utilité publique ».Auguste Richard en avait compris le sens véritable lorsqu\u2019il répétait après tant d\u2019autres que «la charité, c\u2019est tout le christianisme » (Bossuet).\u2014 En concluant, j'ai publié ces biographies dans un double but: en premier lieu, j'ai voulu montrer, qu\u2019au point de vue universitaire, les anciens, mes premiers maîtres, avaient hautement revendiqué les droits d\u2019une minorité à l\u2019enseignement supérieur, jusque-là, contrôlé exclusivement par les médecins anglais.D'ailleurs, ceux-ci peuvent s\u2019en glorifier.Mes Maîtres ont donc fondé des Ecoles de médecine, des universités et des hôpitaux qui furent et demeurent français.Ils y ont réussi, malgré tout.À ce titre, ils méritent qu\u2019on le sache et qu\u2019on le proclame hautement.\u2014 En second lieu, nos compatriotes ont compris, aussitôt que possible, la solidarité qui doit exister entre tous les médecins, anglais et canadiens-français, au point de vue professionnel, et ils se sont joints à leurs collègues anglais, qui - EE LESAGE: LES ANCIENS.ET NOUS les avaient longuement devancés sur cette importante question.Ils ont, d\u2019abord, coopéré avec eux, puis, peu à peu, en s\u2019infiltrant dans leurs rangs, ils ont assumé, plus tard, la responsabilité et la direction du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, grâce surtout à la clairvoyance de deux d\u2019entre eux: Rottot et E.-P.Lachapelle.Je fais allusion, bien entendu, aux seuls médecins canadiens-français.\u2014 La génération suivante, la nôtre, a eu, srutout, le mérite d\u2019implanter au Canada les méthodes pasteuriennes en médecine et en chirurgie.Cela a entraîné des changements radicaux dans les hôpitaux et dans l\u2019enseignement, à la Faculté de Médecine, sans compter les innovations si utiles et fécondes en médecine sociale.Ces deux exemples constituent our nous, une page d\u2019histoire qui mérite \u2019 \u2019 d\u2019être inscrite dans nos annales.L\u2019Union Médicale devait leur rendre ce témoignage de gratitude à l\u2019occasion du soixante-quinzième anniversaire de sa naissance!.ALBERT LESAGE.327 MÉDECINE SOCIALE QUINZE ANNÉES DE B.C.G.À L\u2019HÔPITAL STE-JUSTINE ' Gaston LAPIERRE, Chef de Service à l'hôpital Sainte-|ustine De l\u2019année 1928 au mois d\u2019août 1934, 634 bébés ont été vaccinés par le B.C.G.à l'hôpital Sainte-Justine.Durant cette période, le Service du B.C.G.ne consistait qu\u2019à faire la vaccination des nouveau-nés, et ceux-ci n\u2019ont été visités qu\u2019après l\u2019organisation du Service Médico-Social du B.C.G.en août 1934.C\u2019était à l\u2019époque de la plus forte opposition à cette vaccination, et il y avait alors plus d\u2019adversaires que de partisans; maintenant la proportion est renversée.Nous avons pratiqué l\u2019immunisation par ingestion pendant plusieurs années sur un total de 4,612 enfants, puis par injection sur 1,226, pendant un certain temps, mais en face de l\u2019opposition grandissante à cause du nombre d\u2019abcès (199, dont 82 nodules résorbés), nous (Montréal).avons retraité pour revenir à la méthode par ingestion, et plus récemment nous avons inauguré à Montréal la méthode de M.Nègre, de l\u2019Institut Pasteur, par scarification, chez tous ceux dont les parents consentent.Il faut bien se rendre compte du travail énorme, et sans cesse croissant, que représente un Service Médico-Social du B.C.G.Deux infirmières diplômées de l\u2019hôpital Sainte- Justine et de l\u2019Ecole d\u2019hygiène sociale appliquée en ont la charge, ce sont leurs uniques fonctions, et une troisième garde-malade se joint à elles de façon intermittente pour y accomplir le plus de travail possible.Le nombre des vaccinés en 1943 se chiffre à 859.Total des cas visités de 1934 à 1943: 3,858.Vaccinés vivant en milieu supposé sain (ingestion).Visités à 1 an et 2 ans.Vaccinés par ingestion: 500 Mantoux à 1 an.433 positifs 6 mois après: 61 positifs 67 négatifs _, 4 positifs revaccinés 24e 6 négatifs 1 refus revaccinés 1 négatif revacciné, positif après 6 mois 1.Communication au XVIIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Québee, juin 1946. LAPIERRE: QUINZE ANNÉES DE B.C.G.Mantoux à 2 ans.425 positifs mois après: 56 positifs 13 négatifs revaccinés 75 négatifs revaceinés 4 Mantoux refusés non retracé décès à Pasteur - Vaccinés vivant en milieu supposé sam (injection).Visités à 1 an et 2 ans.169 Mantoux à 2 ans.169 positifs 169 Mantoux à 1 an.162 positifs 1 refus 6 revaccinés 7 négatifs { 4 positifs | 2 refus 1° Vaccinés par ingestion.Visités à 1 an et 2 ans avee témoins de 1 à 6 ans.Témoins 106 Mantoux 36 positifs 70 négatifs 106 Mantoux 31 positifs 75 négatifs - Vaccinés 106 Mantoux à 1 an 94 positifs 12 négatifs 106 Mantoux à 2 ans 91 positifs 15 négatifs 2° Vaccinés par injection.Visités à 1 an et 2 ans avec témoins de 1 a 5 ans.Témoins 78 Mantoux 19 positifs 50 négatifs Vaccinés 78 Mantoux a 1 an 77 positifs 1 négatif 8 positifs 5 négatifs revaccinés 3 positifs après 6 mois 2 restent négatifs après plusieurs revac- cinations.(spasmophylie) anaphylaxie alimentaire.78 Mantoux 38 positifs 45 négatifs 78 Mantoux à 2 ans 78 positifs 1° Vaccinés par ingestion.Visités à 6 mois et à 2 ans.6 mois 2 ans 270 268 positifs 2 négatifs 270 247 positifs 23 négatifs 2° Vaccinés par injection.Visités à 6 mois et à 2 ans.G mois 2 ans 270 270 positifs 270 267 positifs 3 négatifs 1° Vaccinés par ingestion.Visités à 6 mois et 2 ans avec témoins de 1 à 6 ans.Vaccinés Témoins 55 Mantoux à 6 mois 49 positifs 6 négatifs 55 Mantoux à 2 ans 50 positifs 55 5 négatifs { 14 positifs | 41 négatifs { 13 positifs | 42 négatifs 330 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal.mars 1947 2° Vaccinés par injection.Visités à 6 mois et 2 ans avec témoins de 1 à 6 ans.Vaccinés Témoins 54 Mantoux à 6 mois 54 positifs 54 Mantoux à 2 ans 54 positifs f 12 positifs ] 42 négatifs { 11 positifs } 43 négatifs Cas revaccinés de 1984 à 1948: 911.Vaccinés par injection: 1,226.Réactions causées par B.C.G.199 abcès 92 nodules résorbés.Enfants visités.Vaccinés: 4,465 apparemment en bonne santé; 238 apparemment débiles.Examen médical conseillé.Frères et sœurs de ces enfants visités.Non vaceinés: 3,509 apparemment en bonne santé; 374 apparemment débiles.Examen médical conseillé.Enfants suivis annuellement de 1 à 5 ans.Vaccinés: Sains 286; Débiles 20 Non vaccinés: Sains 243; Débiles 36.Enfants vivant en milieu contaminé.Vaceinés: Sains 115; Débiles 11.Non vaccinés: Sains 84; Débiles 18.Enfants décédés: 155.Détails relatifs à la cause du décès de 7 cas particuliers 1.Robert B., décédé à 315 mois, le 6-3-41.Empyème pleural.Autopsie: empyème pleural.Collapsus pulmonaire.Hépatisation grise et abcès.Hépatite toxi-infectieuse.Milieu familial: pas de contact de tuberculose connu.Trois sœurs surveillées par Bruchési centre.2.Emile A., décédé à 81/, mois, le 12-4-40.Broncho-pneumonie et otite double.Autopsie: oto-mastoïdite suppurée.Ménin- go-encéphalite exsudative.Pleuro-pneu- monie de la base gauche (carnisation).Hépatisation grise du sommet droit.Broncho-pneumonie de la base droite.Hépatite toxi-infectieuse.Péricardite séreuse.La radiographie prise pendant l\u2019hospitalisation montrait une opacité homogène occupant la moitié supérieure de l\u2019hémithéfax droit et caractéristique d'un processus de pneumonie.Diagnostic: pneumonie lobaire supérieure droite.Ponction lombaire: analyse du liquide céphalo-rachidien: liquide sanguinolent.Examen chimique: albumine 0.40 sucre 1.02 Examen bactériologique: pas de pus ni de bactéries.Réaction Meyer: positive.Milieu familial: père souffre de tuberculose osseuse.Sœur, décédée de méningite tuberculeuse à 10 ans.3.Pierre P., décédé à 7 mois, le 26-3-41.Autopsie: refusée.Diagnostic: broncho-pneumonie bilatérale.Radiographie le 25-2-41.Signes de broncho-pneumonie bilatérale surtout marqués à gauche.Le tout probablement tuberculeux.Aucune analyse du laboratoire.Milieu familial: supposé sain.4.Lise F., décédé à 5 mois, le 5-7-39.Autopsie: oto-mastoïdite suppurée droite.Méningo-encéphalite.Bronchiolo-al- véolite suppurée gauche.Abcès multiples du cuir chevelu.Toxi-infection.Radiographie: le 23-5-39.Diminution de transparence des deux tiers supérieurs des deux hémithorax, LAPIERRE: QUINZE ANNÉES DE B.C.G.particulièrement marquée à droite, ainsi qu\u2019une infiltration hilaire bilatérale très marquée.Diagnostic: tuberculose gan- glio-pulmonaire probable.Diagnostic: septicémie et tuberculose pulmonaire?Milieu familial: sain.5.Claudette D., décédée à 415 mois le 5-3-39.Autopsie: rétention purulente dans oreille moyenne gauche.Méningo-encéphalite.Foie toxi-infectieux.Processus toxi-in- fectieux généralisé.Radiographie: le 6-2-39.Infiltration hilaire et un foyer pulmonaire para-hilaire droit.On note en plus une accentuation généralisée des trai- nées broncho-vasculaires des deux hé- mithorax.Il est possible qu\u2019il s\u2019agisse en l\u2019occurrence d\u2019une tuberculose ganglio- pulmonaire.Diagnostic: broncho-pneumonie.Milieu familial: supposé sain.Témoin, 4 ans \u2014 1 Mantoux: positif 1.6.Céline L., décédée à 3 mois, le 14-11-39.Autopsie: broncho-pneumonie avec hépatisation grise sous-pleurale bilatérale.Nécropsie limitée à la cage thoracique.Hospitalisée moins de 24 heures.Diagnostic: broncho-pneumonie.Milieu familial: père décédé à l\u2019Hôtel-Dieu de pneumonie tuberculeuse.331 7.Gisèle P., décédée à 5 mois, le 23-11-33.Autopsie: otite moyenne aiguë bilatérale.Méningo-encéphalite.Broncho-pneumonie.Entérite.Cuti-réaction.Diagnostic: gastro-entérite et broncho- pneumonie.Milieu familial: entourage suspect, frère douteux.J\u2019admire ceux qui peuvent établir des statistiques définitives dans un dédale de chiffres, de situations complexes, de refus des parents d'interventions à continuer, d\u2019impossibilité de retracer un grand nombre de vaccinés après un délai parfois assez court, etc.L'idéal, pour que le B.C.G.donne tout ce qu\u2019on attend, serait la séparation immédiate du nouveau-né de sa famille, après sa naissance, de pratiquer la vaccination et de le garder isolé pendant quelques mois.Je crois que, pendant longtemps encore, ce ne sera possible que pour un nombre restreint d\u2019enfants.Il faut donc, avec la collaboration des hommes de laboratoire, compter sur une technique sûre et espérer les meilleurs résultats de cette vaccination, en nous basant sur les faits connus, en attendant le jour où nous pourrons isoler pendant quelques mois tous les enfants qui recevront le B.C.G.à la naissance. ÉPIDÉMIOLOGIE DES ENTÉRITES ESTIVALES DE LA RÉGION DE MONTRÉAL ! G.CHAREST, D.H.P.Service de Santé de la Ville de Montréal.L\u2019influence qu\u2019exercent les saisons sur l\u2019évolution de la plupart des maladies endémiques est bien connue: c\u2019est ainsi que beaucoup de maladies contagieuses localisées aux voies respiratoires supérieures, tels l\u2019influenza, la diphtérie et la scarlatine, accusent une recrudescence durant l\u2019automne et l'hiver.La saison estivale est au contraire responsable d\u2019une augmentation des entérites et de la diarrhée.Mais tandis que, pour les premières maladies mentionnées précédemment, l\u2019étiologie est plus ou moins facile à établir, dans les entérites cependant le facteur causal est dans beaucoup de cas inconnu.À part les entérites spécifiques dues au bacille d\u2019Eberth, pour la typhoïde, et aux autres infections par les bacilles du groupe Salmonella et dysentérique, la diarrhée peut également être due au colibacille et au proteus qui sont des parasites non pathogènes du tractus intestinal.L\u2019irritation de l\u2019intestin peut également être attribuable à un poison chimique, à des aliments indigestibles ou à des réactions allergiques.Dans un grand nombre de cas, on se préoccupe peu d\u2019établir un diagnostic précis, et si l\u2019on se trouve en pleine période de chaleurs, c\u2019est-à-dire durant la canicule, qui est la période la plus chaude de l\u2019année, et qui s\u2019étend du 22 juillet au 23 août, on attribue à ce facteur les nombreux cas de diarrhée et d\u2019entérites qui prévalent à cette époque.En effet, les anciens attribuaient aux jours caniculaires une influence désastreuse: d\u2019après leurs croyances, les médecins sont impuissants contre la maladie et la nature seule peut réagir.Maintenant, si nous considérons la situation dans notre ville, nous constatons qu\u2019à cette 1.Communication aux «Journées Médicales » dc la Société Médicale de Montréal, mai 1946.époque il y a beaucoup de citadins qui se rendent à la campagne pour la durée des vacances: ceci nous amènera à vous faire voir les dangers qui existent en pareille occasion, et en second lieu nous vous indiquerons brièvement les progrès réalisés depuis 1935, concernant les décès par gastro-entérite et diarrhée, chez les nourrissons surtout.Lors des vacances d\u2019été, nous envahissons la campagne, habitués que nous sommes d\u2019avoir un approvisionnement d\u2019eau excellent et un lait pasteurisé sans nous préoceuper du danger qui nous guette.Chaque année, de nombreux citadins reviennent, vers la fin d\u2019août ou en septembre, atteints d\u2019une fièvre typhoïde ou paratyphoide.En 1941, 28 jeunes garcons d\u2019une institution locale étaient atteints de typhoïde, après avoir consommé de l\u2019eau d\u2019une rivière située à proximité de notre ville.Depuis 5 ans, de 1941 à 1945 inclusivement, durant juin, juillet, août et septembre, 74 cas de typhoïde ont été rapportés et trouvés après enquête attribuables à une origine locale, en regard de 136 cas contractés à l\u2019étranger durant ces quatre mêmes mois.(Tableau n° 1.) Presque tous les cours d\u2019eau situés dans un rayon de 25 milles de Montréal sont suspects et doivent être considérés comme dangereux.Il en est de même des puits de surface, qui peuvent être facilement contaminés s\u2019ils sont mal protégés: quatre résidents de Montréal, à l\u2019été de 1945, ont eu la typhoïde après avoir bu de l\u2019eau de tels puits.C\u2019est pourquoi nous devons insister auprès des villégiateurs afin qu\u2019ils fassent bouillir l\u2019eau qu\u2019ils consomment lorsqu\u2019ils se rendent à la campagne, de même que le lait cru.De plus la vaccination antityphique et paratyphique devrait être recommandée, car elle donne une protection efficace contre ces maladies. CHAREST: ÉPIDÉMIOLOGIE Notons en passant que normalement la typhoïde est une maladie de la saison estivale: elle revient comme une moisson annuelle de juillet à octobre et c\u2019est pourquoi elle est assez souvent contractée dans les endroits de villégiature.Dans une grande ville comme Montréal, la typhoïde est endémique, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle est entretenue par des porteurs de germes, par des aliments contaminés, par les contacts, par les mouches et également par l'infection apportée du dehors.333 pour la santé, mais elle doit étre tenue pour suspecte.Une eau polluée peut ne pas contenir des germes typhiques ou dysentériques.Il y a toujours probabilité cependant que des désordres gastro-intestinaux soient dues à une irritation bactérienne ou chimique par la pollution de l\u2019eau par les égoûts.Une eau impure ne cause pas toujours de grands effets, mais à la longue peut altérer la santé et faire apparaître des lésions chroniques.Les matières organiques dissoutes dans l\u2019eau, à cause de leur dilution, ne sont pas nuisibles TABLEAU Î Cas de typhoide et de paratyphoide rapportés durant les 4 mois (juin, juillet, août, septembre) suwvant l\u2019origine et de l\u2019année 1940 à 1945 inclusivement.Origine locale Origine étrangère Année Juin juillet Août Septembre Total Juin Juillet Août Septembre Total 1941 1 7 2 7 17 1 8 9 42 60 1942 3 5 4 4 16 2 2 5 5 14 1943 1 11 4 1 17 2 2 11 7 22 1944 2 0 6 4 12 0 0 12 7 19 1945 1 4 0 7 12 2 1 6 12 21 16 23 74 7 13 43 73 136 Total 8 27 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 La dysenterie bacillaire, si l\u2019on en juge par les rapports de laboratoire qui nous parviennent, est plus rare dans la région de Montréal, et ce sont surtout les types Flexner et Sonne que l\u2019on retrouve ordinairement.Cependant, comme nous le signalerons plus tard à propos de la gastro-entérite des nourrissons, l\u2019on rencontrerait dans les crèches plus de cas de dysenterie bacillaire si l\u2019on procédait à la recherche méthodique de ces bacilles dans les selles et les urines.Cependant l\u2019eau d\u2019alimentation peut également causer des diarrhées si elle contient les bactéries suivantes, en grande quantité: le colibacille, le proteus, le pseudomonas æruginosa, le clostridium Welchii, le B.mesentericus et le streptocoque.Ces bactéries ont été retrouvées dans l\u2019eau et jugées responsables de l\u2019éclosion de certaines entérites.Une eau trouble ou malodorante n\u2019est pas nécessairement dangereuse \u2014_\u2014 en elles-mémes, mais elles se décomposent et il faut soupgonner que les produits ultimes de cette désintégration soient toxiques.Une personne habituée peut devenir immunisée contre ces substances, mais un nouvel arrivé peut en souffrir.Le cas des matières organiques dans l\u2019eau n\u2019est pas clair pour ceux qui s\u2019oceupent de salubrité.Il est reconnu que si ces matières organiques ne proviennent pas d\u2019eaux usées venant d\u2019égoûts, c\u2019est-à-dire de provenance animale, elles sont probablement sans danger.C\u2019est ain- s1 que les matières organiques d\u2019origine végétale ont été rarement incriminées et ne provoquent que des diarrhées bénignes.On rapporte que le changement d\u2019une eau douce à une eau dure peut causer de la diarrhée, surtout lorsque cette dernière contient des sels de magnésium.Mais les eaux contenant des chlorures, des carbonates, des sul- 334 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 fates et des silicates, soit de calcium, de magnésium, ou d\u2019alumine, ne sont guère nuisibles pour la santé, à la concentration ordinairement rencontrée.Il en va de même du lait, qui est un véhicule et un excellent milieu de culture pour le bacille de la typhoïde et la plupart des germes rencontrés dans le tractus intestinal.Mais, malgré la sécurité qu\u2019offre un lait pasteurisé pour sa consommation, il faut prendre des précautions pour sa conservation et, surtout en ce qui regarde l\u2019alimentation artificielle des nourrissons, la stérilisation des biberons et des suces ou tétines est également de première importance.Nous ne possédons aucune statistique sur la, morbidité par entérites et diarrhées chez les nourrissons, de sorte que le progrès accompli ne nous est révélé que par la régression du nombre des décès.Nous voyons que depuis 1935 le taux des décès par 1,000 naissances vivantes a été abaissé de moitié.(Tableau n° II.) TapLEau II Décès par diarrhée et entérite (119-120) par sexe, pour les enfants âgés de moins d\u2019un an avec taux par 1,000 naissances vivantes T'otal Nombre des Tauæ par des décès d\u2019enfants 1,000 naissances de moins d\u2019un an naissances Année vivantes M F Total vivantes 1935 17,361 176 125 301 17.3 1936 16,725 104 80 184 11.0 1937 17,180 166 136 302 17.6 1938 17,062 121 73 194 11.4 1939 17,116 138 100 238 13.9 Moyenne 17,089 + 141 103 244 14.3 1940 18713 70 46 116 6.2 1941 19,011 102 97 199 10.5 1942 20,606 83 69 152 74 1943 21,595 116 70 186 8.6 1944 21,068 120 75 195 92 Moyenne 20,198 98 71 169 8.3 1945 22,075 93 62 155 7.0 De plus, comme nous le verrons dans le tableau n° III, où sont compilés les décès durant les mois de juin, juillet, août, septembre, c\u2019est en effet dans la période la plus chaude de l\u2019année, vers la fin de juillet et au début d\u2019août, que les entérites des nourrissons sont le plus fréquentes, car c\u2019est durant le mois d\u2019août qu'il y a le plus de décès, et le mois de septembre arrive bon second.(Tableau III.) L\u2019étiologie de ces entérites des nourrissons, comme nous l'avons mentionné au début, reste obscure, mais l\u2019origine infectieuse semble être responsable du plus grand nombre de ces cas.En effet, la contagiosité serait grande dans les crèches où l\u2019agglomération des nourrissons offre des conditions particulières de contamination.Un certain pédiatre américain croit même que les bacilles du groupe dysentérique sont en grande proportion les agents infectieux que l\u2019on rencontre dans de telles circonstances.La température qui prévaut à cette époque favorise la multiplication des germes tels que le colibacille et les autres mentionnés précédemment; c\u2019est pourquoi une véritable asepsie doit être recommandée pour éviter la propagation de ces entérites.TABLEAU III Décès par entérite et diarrhée chez les enfants de moins d\u2019un an.Total Grand total des de Juin Juillet Août Sept.4 mois 1935 16 28 50 45 139 301 193¢ 12 11 31 31 85 184 1937 11 23 81 81 196 302 1938 14 17 33 25 89 194 1939 17 19 26 64 126 239 1940 6 13 13 16 48 116 1941 15 30 39 31 115 199 1942 11 19 20 30 80 152 1943 14 15 33 27 89 186 1944 14 12 51 26 103 195 1945 7 9 33 25 74 155 Année Total 137 196 410 401 1,144 2223 l\u2019année Si l\u2019on passe maintenant aux enfants du groupe d\u2019âge de 1 an et au groupe de 2 ans et plus, l\u2019on remarque qu\u2019il y a une amélioration notable, mais c\u2019est encore en août et septembre qu\u2019il y a le plus de décès enregis- ÿ trés.(Tableau IV.) Total 29 Il est évident que la pasteurisation du lait à Montréal, dont la proportion atteint aujour- d\u2019hui 98.2% du lait consommé, est un facteur qui a contribué à abaisser les taux de mortalité par gastro-entérite, mais c\u2019est par l\u2019éducation du public que l\u2019on réussira à atteindre des résultats encore meilleurs, en lui enseignant que les aliments doivent être conservés, surtout en été, à l\u2019abri des mouches, de la poussière et à une température convenable, c\u2019est- à-dire dans une glacière, et c\u2019est pour le lait CHAREST: ÉPIDÉMIOLOGIE qu'il faut prendre le plus de précaution.TABLEAU IV Décès par diarrhée et entérite chez lesenfants de 1 an à 2 ans et de 2 ans et plus pendant 4 mois de l\u2019année 1940-1945.S\u2019il nous était permis de visiter les maisons de certains quartiers de notre ville et de voir les moyens de fortune dont on dispose pour la conservation des aliments, on s\u2019apercevrait que les conditions hygiéniques y sont déplo- Grand Total total Juin Juillet Août Septembre des de Année lan 2anset lan 2anset lan 2anset lan 2anset 4 mois l\u2019année plus plus plus plus 1940 1 2 1 3 0 4 2 5 18 43 1941 0 1 0 5 2 12 2 7 29 60 1942 1 7 0 4 0 10 3 12 37 65 1943 1 3 1 5 1 1 2 3 17 53 1944 2 3 3 1 4 6 1 5 25 46 1945 0 4 0 6 1 2 3 2 18 32 5 20 5 24 8 35 13 34 144 299 43 rables, tout en se rappelant que le danger de contamination augmente durant les grandes chaleurs de l\u2019été.Je crois vous avoir indiqué brièvement les problèmes que suscitent, tant à la ville qu\u2019à la campagne, les entérites estivales, et les moyens dont nous disposons pour les prévenir afin que nous puissions atteindre des résultats encore meilleurs dans l\u2019avenir, en nous faisant les apôtres de cette éducation auprès de la population de notre ville. LE BILAN-SANTÉ DE MONTRÈAL EN 1946! Adélard GROULX, Chef du service de Santé de la Ville de Montréal.Dans une première causerie que j'ai cu l'honneur de prononcer à cette « Tribune des conférenciers de CKAC y, en novembre dernier, j'ai exposé les grandes lignes de l\u2019organisation et des fonctions du service de santé de la ville de Montréal, en insistant plus particulièrement, à la fin de mes remarques, sur le travail accompli par cet organisme au point de vue de la prévention des maladies contagieuses et, en particulier, de l\u2019épidémie de po- lomyélite.À l\u2019occasion de cette seconde et aimable invitation que m\u2019a faite l\u2019initiateur de cette émission, M.Claude Bourgeois, que je remercie pour sa trop élogieuse présentation de tout à l'heure, j'ai pensé, en utilisant les données du rapport préliminaire du service de santé que Je viens de rendre public, vous présenter le bilan-santé de notre ville pour 1946.Je soulignerai aussi, brièvement, la somme de travail accompli par le personnel du Service que J'ai l'honneur de diriger et que je remercie pour sa généreuse coopération.Ces résultats sont assez consolants et encourageants pour qu\u2019il me soit permis de les signaler à l\u2019auditoire invisible qui m\u2019écoute.Le bon état de santé de notre population se révèle dans le fait que le taux de la mortalité générale s\u2019est maintenu, en 1946, en bas de 10 par 1,000 de population, soit exactement à 9.8.Un autre fait important à signaler est la diminution très appréciable, malgré une augmentation dans le nombre des naissances qui a été, en 1946, de 22,812, de la mortalité maternelle et de la mortalité infantile, qui ont touché les taux les plus bas jamais enregistrés encore dans notre Ville, soit pour la mortalité maternelle 1.7 par 1,000 naissances vivantes et pour la mortalité chez les enfants de moins 1.Causerie à l\u2019émission de la « Tribune des conférenciers de CKAC », lundi, 27 janvier 1947.d'un an, un taux de 50.7 par 1,000 naissances vivantes.Il y a seulement 10 ans, ces taux étaient respectivement de 5 et de 90 par 1,000 naissances vivantes.La cause principale de la mortalité infantile qui avait été, jusqu\u2019à 1935.la diarrhée et l\u2019entérite des nourrissons, est descendue à un taux très bas, soit celui de 2.9 par 1,000 naissances vivantes, comparativement à 17.6 il y a 10 ans.Toutefois, cette diminution du taux de la mortalité infantile n\u2019en révèle pas moins que le nombre des décès des nourrissons chez nous cst encore trop élevé, surtout si nous comparons notre taux à celui d\u2019autres grandes villes du Continent.Cette mortalité demeure tou- Jours un problème auquel il faut chercher une solution.Les causes premières de décès chez les enfants de moins d\u2019un an sont d\u2019ordre congénital et intranatal, telles la prématurité, d\u2019où l'importance et la nécessité d\u2019une bonne surveillance médicale de la femme enceinte ct du rôle essentiel de l\u2019hygiène prénatale pour la conservation de la santé de la mère et la mise au monde d\u2019enfants sains et vigoureux.C\u2019est par la reconnaissance de ce principe et sa mise en pratique que nous réussirons à diminuer encore la mortalité infantile chez nous.Parmi les causes principales de décès qui.\u2018en 1946, accusent une augmentation, nous notons, par ordre d\u2019incidence, les maladies du cœur, avec 1,883 décès et un taux de mortalité augmenté de 188.3 par 100,000 de population ; vient en second lieu le cancer qui a aussi un taux de mortalité augmenté à 144.6 et qui a causé 1,446 décès en 1946.Cette cause de mortalité prend de plus en plus de proportion et devient, au rythme de son évolution actuelle, un problème social qui, à l\u2019égal d\u2019autres problèmes dont je parlerai plus loin, ne respecte ni la classe sociale, ni le sexe, ni l\u2019Âge des individus.Ri i \u2014\u2014 GROULX: BILAN-SANTÉ Son Honneur le Maire de Montréal, M.Ca- millien Houde, a, dans une conférence récente, en parlant des problèmes sanitaires et d\u2019hospitalisation dans la métropole, soulevé cette question du cancer et souligné l'importance qu\u2019il v a de conjuguer les efforts de tous les intéressés pour apporter une solution à ce problème.Les néphrites, avec un taux de mortalité de 120.5, la tuberculose sous toutes ses formes, avec un taux de 65.6, les maladies des artères coronaires, avec un taux de 64.9, sont les causes les plus marquées de mortalité et accusent aussi en 1946 une augmentation comparativement à 1945.La tuberculose, malgré l\u2019amélioration obtenue dans la dernière décennie, reste à Montréal un problème aigu, dont la solution est intimement liée à un problème économique, au dépistage précoce et à l\u2019hospitalisation des cas dès les débuts de la maladie.Nous nous consolons à la pensée qu\u2019avant longtemps, notre ville et le district métropolitain seront pourvus du nombre de lits d'hôpital et de sanatorium nécessaires pour le traitement de ces maladies, selon une déclaration récente de l\u2019Honorable ministre provincial de la santé, le docteur J.-H.-A.Paquette.Les maladies contagieuses n\u2019évoluent plus au rythme ancien.En 1946, l\u2019on peut dire que malgré les épidémies de rougeole et de poliomyélite, leur nombre a été peu élevé, bien qu\u2019il y ait une augmentation comparativement à 1945, qui avait été une année record.En 1946, il y a eu 12,185 cas de maladies contagieuses et 85 décès.Ce chiffre est inférieur à la moyenne des 10 dernières années.On a enregistré, en 1946, 26 cas seulement de fièvre typhoïde et pour la première fois dans l\u2019histoire de Montréal, aucun décès attr1- buable à cette maladie.Cette maladie n\u2019est plus un problème grâce aux mesures sanitaires prises par la Ville par la filtration et la chlora- tion de l\u2019eau potable et la consommation, à un pourcentage de 988%, de lait pasteurisé et dont la production est bien surveillée.DE MONTRÉAL EN 1946 337 La vaccination a prévenu une fois de plus l\u2019apparition de la variole, dont aucun cas n\u2019est survenu à Montréal depuis 1930.L\u2019immunisation a été un facteur important dans la diminution du nombre des cas et des décès par la diphtérie depuis quelque vingt ans.Cependant, en 1946, il y a eu 149 cas et 22 décès attribuables à cette maladie.Je tiens, ici, à signaler aux parents que cette morbidité et cette mortalité attribuables à la diphtérie sont encore trop élevées, avec les moyens que la Ville et le service de santé mettent à la disposition du public.Il y a également une proportion trop élevée d\u2019enfants qui ne sont pas protégés, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas été soumis à l\u2019immunisation, d\u2019autant plus que, par la vaccination combinée, les enfants sont protégés et contre la diphtérie et contre la coqueluche, par une même série d\u2019inoculations.La coqueluche, en 1946, accuse une diminution sensible, avec 3 décès seulement.La scarlatine a augmenté légèrement; on en a enregistré, en 1946, 1,015 cas, mais aucun décès.La rougéole.dans les six premiers mois de l\u2019année, a évolué à un rythme épidémique avec plus de 7,200 cas, ne causant toutefois que 10 décès.Je n\u2019insisterai pas sur l\u2019_épidémie de poliomyélite qui a sévi en 1946, avec 684 cas et 25 décès, parce que j'en ai parlé suffisamment lors de ma dernière causerie.Le temps qui m\u2019est alloué ne me permet pas de vous dire tout le travail accompli par le personnel du Service qu\u2019il vous serait intéressant de connaître et qui a permis une plus grande protection de la population.Le contrôle des maladies contagieuses, y compris la tuberculose et les maladies vénériennes, a nécessité, en 1946, 30,000 visites et enquêtes.12,000 enfants ont été immunisés contre la diphtérie et 14,000 contre la coqueluche; 11,000 personnes ont été vaccinées contre la variole dans les consultations municipales et les écoles.30,000 cartes de santé ont été émises aux manipulateurs d\u2019aliments et autres personnes pour qui elles sont requises. 338 A la clinique municipale de radiographie, on a fait, en 1946, 28,000 examens des poumons aux rayons X.La division des maladies vénériennes, créée en 1945, qui a commencé à fonctionner en 1946, par son rôle d\u2019organisation de liaison avec la Police ct la Province, a déjà rendu des services signalés et a démontré son utilité; par son entremise, plus de 5,400 prises de sang pour recherche de la syphilis et environ 3,800 prélèvements pour la recherche de la blennorragie, ont été faits.Aux laboratoires municipaux, on a fait plus de 82,000 analyses bactériologiques et chimiques du lait, de l\u2019eau et des aliments, du sang et des sécrétions pour aider le diagnostic des maladies.Les médecins vétérinaires et les inspecteurs sanitaires du Service ont fait près de 270,000 visites ct inspections de toutes natures, pour la salubrité générale de la Ville et des aliments, dont le lait.Quant au travail fait par les médecins et les infirmières pour la sauvegarde de l\u2019enfance, par les visites à domicile et les examens médicaux spéciaux dans les consultations et les écoles, j'aurai le plaisir d\u2019y revenir, puisque J'aurai l\u2019honneur, dans une prochaine causerie à cette Tribune, de vous entretenir de Porga- nisation des districts sanitaires à Montréal et de leurs relations avec le fonctionnement de la division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance.Je mentionnerai, cependant, que les infirmières ont fait près de 110,000 visites à domiciles.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Les campagnes d\u2019éducation entreprises contre les maladies vénériennes, et en faveur de l'alimentation rationnelle et de l\u2019hygiène dentaire dans les écoles ont été continuées en 1946, avec intensité.C\u2019est l\u2019ensemble de toutes ces mesures sanitaires et du travail d\u2019équipe de chacun des | 450 employés du service de santé qui ont ren- | du possible l\u2019amélioration générale des con- 1 ditions sanitaires à Montréal depuis un quart | de siècle et, particulièrement, au cours de | l\u2019année 1946, dont je viens de vous entretenir.Il reste encore beaucoup à faire et c\u2019est avec la collaboration du public que nous arriverons à faire de Montréal la ville la plus salubre du Canada.L'importance des problèmes auxquels il faut apporter une solution et les résultats obtenus jusqu\u2019ici justifient la Ville et ses administrateurs des facilités de travail accordées à son personnel sanitaire et de l\u2019expansion prise par son service de santé.Le président, M.J.-O.Asselin, dans une de ses causeries à cette Tribune, vous exposera prochainement les projets réalisés depuis quelques années au service de santé et quels sont ceux qu\u2019il reste à accomplir.Les professions médicale et dentaire et les organisations volontaires qui s\u2019occupent de santé publique par suite des développements scientifiques modernes de la sciences médicale ont aidé considérablement les efforts du service de santé dans la solution de nos problèmes d'hygiène qui sont d\u2019ordre médical et d'ordre socio-économique._ ETT TE SE ER > CORRESPONDANCE LETTRE D'OXFORD IMPRESSIONS D\u2019UN VOYAGE D'APRÈS-GUERRE Au retour du continent européen et de Londres, ce qu\u2019on remarque d\u2019abord à Oxford, c\u2019est le peu de traces du conflit mondial.Les édifices m'ont pas été touchés et l\u2019esprit de l\u2019Université peu modifié; ce ne sont que les nombreuses allusions à la guerre et les restrictions qui nous la rappellent.Ici, trois endroits m\u2019intéressent particulièrement: la « Rodcliffe Infirmary », l\u2019un des dons du docteur Rodcliffe, médecin de Guillaume III.Lord Nuffield y a fait ériger récemment une aùe des plus modernes pour la neurochirurgie qui fait contraste avec le reste de la construction.Cette section est dirigée par le professeur Hugh Cairns et possède un excellent département de neuropathologie.Elle a pris un essor remarquable pendant la guerre et déborde déjà ses cadres; l« University Museum » auquel est jointe la « Rod- cliffe Science Library»; ici l\u2019on trouve tout ce qu\u2019on peut désirer en sciences naturelles et, plus spécifiquement, les publications médicales du monde entier; enfin, derrière le musée, entre les départements de biôchimie, de pharmacologie, de zoologie et de physiologie, se trouve le « Department of Human Anatomy » où je travaille sur la circulation intracérébrale.Le directeur, le professeur W.E.Le Gros Clark, possède de vastes horizons sans être diffus.Les intérêts vont de l\u2019histologie, de la neuro-anatomie, de l\u2019anatomie comparée, sa pierre de touche, à la physiologie et à l\u2019endocrinologie.Il a su grouper une équipe de spécialistes de divers pays dont les activités fort diverses sont coordonnées par des réunions hebdomadaires.C\u2019est, je pense, une excellente idée d\u2019éviter le divorce de la structure et de la fonction qui devient de moins en moins possible avec le progrès de nos connaissances.Voici, par exemple, quelques-uns des travaux qui s\u2019y font: Dr Brodal établit de façon encore plus précise la corrélation fonctionnelle et morphologique qu\u2019il a déjà démontrée entre l\u2019oluve bul- barre et le cervelet; Dr Chacko poursuit l\u2019étude du corps gém- culé externe; Dr Harrison trouve une diminution considérable de l\u2019atrophie utérine, spécialement de la muqueuse, lorsqu'il joint la surrénalectomie à l\u2019ovariectomie chez le rat et en recherche la cause; Dr Weddell, par l\u2019injection intraveineuse de bleu de méthylène, a démontré l\u2019existence de fibres sensitives dans le muscle et continue son étude du muscle avec l\u2019électromyographie; Dr Sinclair, par l\u2019application d\u2019un sphyg- momanomètre gonflé à 50 mm.Hg au-dessus de la pression artérielle maxima d\u2019un membre, a démontré l\u2019existence, entre autres sensations, de deux phénomènes constants: le « compression tingling », qui est une sensation de toucher, et le «released pricking », qui est une sensation douloureuse et qu\u2019on ne retrouve pas lorsque les voies de la douleur sont abolies comme dans les cas de chordotomie.Ce sera peut-être là un moyen d'investigation de plus dans l'examen neurologique.Ces dermiers travaux ont déjà été présentés à la réunion de l\u2019« Anatomical Society » au « Guy\u2019s Hospital », vénérable instituteur resté debout au milieu d\u2019un amas de ruines.A la même réunion, Rogers, à l\u2019aide d\u2019un appareil pour reproduire artificiellement la circulation du cercle artériel de Willis, établit 340 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 que ce cercle est insuffisant pour équilibrer la pression artérielle intracrânienne lors de l\u2019occlusion d\u2019une de ses branches importantes.McConnell a présenté une nouvelle modification de la coloration du système nerveux au plomb.J.Z.Young a démontré de façon péremptoire que le calibre des fibres nerveuses qui se régénèrent après section d\u2019un nerf, est proportionnel au retour fonctionnel et leur nombre en proportion inverse.La semaine suivante, au « Queen Square Hospital », devant la « Physiological Society », Wilson a signalé l\u2019action favorable du di-iso- propyl-fluorophosphate sur la myasthénie grave.Quelques jours plus tard, le 15 décembre, ma femme et moi nous envolions vers la France.A l\u2019arrivée, on se serait cru dans le Paris d\u2019avant-guerre tant la vivacité et l\u2019hospitalité françaises masquent bien les cicatrices du conflit.Mais cette impression s\u2019évanouit dès qu\u2019on entre dans la vie intime de la Capitale.Les aliments, le charbon, la houille blanche, tout est rare et coûteux.Les difficultés matérielles sont partout évidentes: ici, on n\u2019a pas de lamelles pour les coupes histologiques.tel ou tel instrument n\u2019a pu être remplacé.L'organisation du travail doit surmonter bien des obstacles et ce n\u2019est que l\u2019ingéniosité qui sauve souvent la situation.Cependant, le travail scientifique, spécialement en neurologie, n\u2019a rien perdu de sa qualité et la pensée française brille encore par son originalité.Sous le professeur Alajouanine, la Salpétrière demeure un excellent foyer d\u2019enseignement neurologique; grâce au docteur Pluvinage, jai le loisir de feuilleter, dans la bibliothèque de Charcot, les manuscrits du maître et d\u2019admirer la précision des planches qui accommaanent le travail de Cruveilhier.A l\u2019Hôtel-Dieu, je jus étonné par la personnalité engagean*e du professeur Vincent.Dans les librairies médicales, on a la preuve que la France n\u2019a pas été stérile pendant le conflit.Deux volumes retiennent mon attention plus mmr*iculière- ment: l\u2019un pour sa valeur pratique malgré quelques petites divergences d\u2019opinion, la Thérapeutique Neurologique Psychiatrique, de Paul Cossa, H.Bougeant, E.Le Cocq et J.P.Grinda, l\u2019autre à cause de son envergure et de son originalité, le Traité de Neuro-Endo- crinologie, de G.Roussy et M.Mosinger.A Lyon, bien qu\u2019on ait déjà relevé presque tous les ponts qui croisent le Rhône et la Saone, la ville ne s\u2019est pas encore remise des méfaits du sabotage et de l\u2019occupation.Mon ami, le docteur Jean Lecuire, me présente au professeur Wertheimer, chirurgien, et au professeur Dechaume, neurologiste.On y faut encore un volume imposant de chirurgie du sympathique et la technique pour la sympa- thectomie lombaire est d\u2019une excellente simplicité.Nous devons bientôt quitter Lyon pour nous rendre en Suisse, mais non sans avoir pris la résolution de revenir en France pour un plus long séjour, dans quelques mois.Aux environs de la ville, nous voyons les squelettes de l\u2019immense machine de guerre allemande qui jonchent les abords des principales routes.Peu après, dans la Suisse sereine et enneigée, on se croirait de retour au Canada.De Genève, nous allons à Zurich où le professeur Krayen- bull a organisé un service de neurochirurgie des mieux outillés.Je lui envie le nombre des méningiomes qu\u2019il opère, venant d\u2019un pays où la récolte de ces tumeurs bénignes à croissance lente est déjà avancée.Puis, nous reprenons le chemin de l\u2019Angle- lerre et nous nous rendons à Cambridge, où se réunit la « Physiological Society ».Avant la réunion, le docteur Orville Bailey, neuro-pathologiste de Boston, que le docteur Feindel et moi avions connu au « Montreal Neurological Institute », nous conduit a travers lea splendides collèges séculaires de l\u2019Université.' Nous passons.sur un petit pont que Neuton, étudiant, a construit de ses mains, nous visitons les appartements qu'a occupés Tennuson, ceux de Bacon, de Darwin et les superbes chapelles.L\u2019absence, ici et là, d\u2019un précieux vitrail mis en lieu sûr est la seule Jil CORRESPONDANCE modification qu\u2019a laissée la guerre.Enfin, nous arrivons aux laboratoires très modernes des sciences biologiques.Entre autres, nous y entendons un travail fort bien fait sur l\u2019acétyl- choline, où l\u2019on avance que cette substance jouerait un rôle non seulement au sypnapse mais encore dans la contraction musculaire.L\u2019après-midi, le professeur Adrian donne une démonstration sonore du rythme alpha du cortex.Après le thé, le docteur Feindel et moi reprenons le train pour retourner à « Comnor Place », vieille rémdence où Walter Scott a 341 écrit son célèbre Kenilworth et que nous partageons avec un médecin finlandais de notre laboratoire, le docteur Frankenhauser.Après cette tournée malheureusement trop rapide, on réalise tout de même avec plaisir que si la guerre a touché ces divers endroits à des degrés bien différents, si elle a nur momentanément au travail dans plusieurs milieux, partout; malgré l\u2019incertitude du moment, l\u2019esprit scientifique est animé du même enthousiasme.Claude BERTRAND.CENTENAIRE DE LA MÉDECINE DANS LE QUÉBEC 1847 - 1947 Nous sommes rendus au mois.de février 1947.Une seule revue médicale de notre province, L\u2019Action Médicale, a parlé de la célébration du centenaire de la médecine dans le Québec.On suggère d\u2019adopter les grandes lignes du programme des fêtes du centenaire de la médecine en Amérique.Le premier article, le principal à notre point de vue, serait d\u2019écrire l\u2019imstoire complète de cent années de médecine dans le Québec.Nous passions la veillée, À y a environ dix ans, avec feu le docteur Joseph Gauvreau, ex- régistraire du Collège.Nous parlions de la préparation des fêtes du centenaire.« Il n\u2019est pas trop tôt, me disait-il, pour commencer à ramasser les matériaux pour ceux qui écriront Vhistoire du centenaire médical dans notre province.Dix ans sont vite passés, ré- pétait-il.Il faut être prêts.» Nous sommes à la veille de la célébration, à l\u2019été, supposons-nous.A-t-on commencé ce travail?Qui va écrire l\u2019histoire de cent années de médecine dans trois mois?Nous avons des médecins écrivains de talent, encore faut-il leur fournir la documentation, les dossiers, les notes, etc.Puis n\u2019oublions pas qu\u2019à la documentation il faut ajouter le facteur temps.Chacun « sa besogne à faire.Plusieurs noms se présentent à esprit: Ringuet et Sylvain se compléteraient, Albert LeSage, Roméo Boucher, Paul Dumas, Albert Jutras et Adrien Plouffe, pour ne mentionner qu\u2019une poignée de Montréal.Puis \u2018ajoutons Roméo Blanchet, Rosaire Potvin, C.-A.Gauthier et Pierre Jobin, de Québec.Voici quelques noms qui s\u2019imposent pour écrire Uhistoire de la médecine.Et à y en a d\u2019autres.À la documentation écrire, il ne faudrait pas oublier celle racontée par des témoins.Nous n\u2019hésitons pas à recommander une bonne veillée passée en compagnie du Dr Donald A.Hingston, chez lui.Il a une tête d\u2019Irlandaïis remplie de souvenirs médicaux qui vous étonneront.N\u2019oublions pas que le Dr Donald est le fils de sir William et que sir William fut l\u2019une des plus belles figures médicales à honorer la médecine et la chirurgie dans notre province.| Nous voulons, pour notre centenaire de la médecine, des fêtes grandioses et dignes du sujet.C\u2019est le seul but de cette lettre.Louis-Félix DUBE.Valla-du-Verger. CHRONIQUE THÉRAPEUTIQUE ee ++ LES VITAMINES Roger DUFRESNE, Médecin de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Le Journal de l\u2019Association médicale américaine compte parmi ses rubriques les plus intéressantes et les plus pratiques pour le thérapeute les rapports du comité de pharmacie et de chimie.On y découvre sans retard tout ce qu\u2019il faut connaître d\u2019un médicament nouveau: provenance, action, dangers, doses, etc.Les maisons pharmaceutiques tiennent à obtenir pour leurs produits l\u2019approbation du « Council » et, d\u2019autre part, toute substance \u2018nouvelle intéressante au point de vue thérapeutique fait l\u2019objet d\u2019un rapport officiel.A chaque année, le « Council » publie la liste des préparations qu\u2019il a acceptées, dans un volume intitulé New and non official remedies (N.N.R.).Cette publication, entre autres, supplée aux lenteurs et aux exigences de la phar- ,macopée officielle.Mais ce comité n\u2019est pas le seul à guider l\u2019opinion médicale.Le « Council on Foods and Nutrition » y va aussi de ses rapports et certains d\u2019entre eux sont fort intéressants.C\u2019est ainsi qu\u2019en juin dernier * le J.A.M.A.publiait une mise au point officielle sur les avitaminoses, leurs symptômes et leur traitement.On y faisait d\u2019abord de prudentes réserves.Le chapitre des vitamines se modifie continuellement; il faudra bientôt, sans doute, apporter des additions et des corrections aux données présentes, On insistait aussi sur l\u2019importance du régime alimentaire adéquat que ne peut remplacer toute la kyrielle des vitamines.Au fait, qu\u2019est-ce qu\u2019on considère comme un régime quotidien adéquat?En 1944 ?le « Canadian Council on nutrition » l\u2019établissait ainsi: 1.J.A.M.A., 131: 666 (22 juin) 1946.2.Canada M.A.J., 52: 488 (mai) 1945.A) du lait: 15 à 1 chopine pour un adulte, une chopine et demie à une pinte pour un enfant; B) fruit: un fruit du genre citrus ou tomate ou leurs jus, et un autre fruit; C) légumes: une portion de pommes de terre et de deux autres légumes, verts ou jaunes, et assez souvent crus; D) céréales et pain: une portion de céréale faite avec du blé entier et au moins 4 tranches de pain contenant la quantité officielle de vitamine B, et du beurre; E) viande et poissons: une portion de viande ou de poisson, et comme équivalents des fèves, des pois, des noix, des œufs et du fromage (du fromage et des œufs au moins trois fois la semaine).Du sel iodé et beaucoup d\u2019eau.Tout cela est très bien.Mais, lorsque nous avons affaire à un individu qui, par pauvreté, ignorance, négligence, lubie ou autre raison valable à ses yeux, est incapable de se nourrir convenablement malgré nos conseils, mieux vaut lui assurer une nutrition imparfaite mais facile grâce aux vitamines.Les déficiences uniques sont relativement rares; aussi, la po- lyvitaminothérapie a-t-elle sa raison d\u2019être.La levure de bière et l\u2019extrait de foie de veau brut représentent des sources naturelles de complexe B plus précieuses que ne le laisse supposer leur teneur en vitamines connues.A propos d\u2019extrait de foie de veau, rappelons l\u2019article de Guy W.Clark 8.On y lit qu\u2019à dose égale, l\u2019extrait concentré, à 15 unités au c.c., contient un peu plus des principaux fac- 3.Am.J.Med.Sc, 209: 520 (avril) 1945. DUFRESNE: LES VITAMINES teurs du complexe B que l'extrait brut.La différence n\u2019est pas grande et il faut, de plus, compter avec les variations amenées par les différents procédés d\u2019extraction et même par la nutrition préalable de l\u2019animal.La liste des symptômes imputables au déficit en thiamine se traduit comme suit: apathie, léthargie, irritabilité et émotivité augmentées, hypersensibilité, céphalée, peurs vagues, confusion, perte de mémoire, asthénie, insomnie, anorexie, nausées, flatulence, douleur épigastrique, constipation, et j'en passe! Il n\u2019est pas surprenant que l\u2019on ait accommodé cette malheureuse vitamine B, à toutes les sauces et qu\u2019elle ait remplacé, dans bien des cas, comme « vitamine du moral », la psychothérapie la plus élémentaire.Une dernière remarque.Il nous arrive bien plus souvent de soupçonner l\u2019avitaminose à cause de l\u2019histoire du malade que d\u2019en découvrir les stigmates.Et ceci, malgré un examen systématique chez tous ces patients qui ont suivi pendant longtemps des tristes régimes.Sans compter les cas où la lésion que nous \u2018343 attribuons savamment à une déficience vitaminique dépend de toute autre chose! Le tableau du « Council » est une mise au point utile au sujet des doses.On y fait la distinction nécessaire entre le traitement des avitaminoses aiguës et celui des déficiences chroniques.Mais cet aspect de la question est également discutable: d\u2019un individu à l\u2019autre, l\u2019absorption et l\u2019utilisation peuvent varier et les doses aussi.Nous lisions récemment la conférence * du professeur D.L.Thomson, de McGill, consacrée aux applications médicales de la chimie biologique.On nous permettra, pour conclure, d\u2019en extraire, sans le traduire, le passage suivant: « This logical attitude is now even reaching the nutritionists, whose dictatorial insistence on the eternal rightness of some specified figure for the daily intake of vitamin x or y is being ever so slowly tempered by the realizations that men are not mass-produced to a standard pattern and that a vitamin exerts its influence in the brain or liver or musele and not in the oesophagus.» 4.Canad.M.A.J., 56: 129 (fév.) 1947. MÉDECINE PRATIQUE o + & + UN NOUVEAU MÉDICAMENT EN OBSTÉTRIQUE : Léo TASSÉ (Montréal).Si la naissance d\u2019un enfant normal est toujours une grande joie pour la famille, les heures qui précèdent son arrivée sont très pénibles pour la mère.Aussi l\u2019accoucheur depuis longtemps s\u2019efforce d\u2019atténuer et si possible de supprimer les douleurs de l\u2019enfantement.Plusieurs genres d\u2019anesthésies sont utilisés de nos jours.Les anesthésiques volatils ne peuvent être employés qu\u2019à la période d\u2019expulsion et souvent produisent un effet d\u2019inhibition sur la contraction de l'utérus.L'effet n\u2019est pas toujours constant dans les anesthésies loco-ré- gionales par infiltration.De plus, la technique est difficile et ne peut être pratiquée que par des spécialistes en la matière.Les lavements au Pentothal, d\u2019administration facile, sont aussi loin de donner un soulagement constant et sont souvent remis.Les barbituriques, aux doses susceptibles de supprimer la douleur, ont une répercussion sur la contraction utérine et sont dangereux pour le fœtus.Les opiacés ont leurs avantages, mais leur effet est de courte durée et toujours insuffisant.J'ai cru devoir mentionner tous ces procédés d\u2019anesthésies avant de parler d\u2019un médicament que j'ai eu l\u2019occasion d\u2019essayer à l\u2019hôpital Général de Verdun.Ce médicament s\u2019appelle « Parturiol», ou encore « Ocyto-Nar- génol ».II est composé de dihydro-oxycodéi- none, de scopolamine, d\u2019éphédrine, de sulfate de spartéine et de sulfonate de camphre.Il est le résultat de sept années de recherches faites depuis 1939 par les docteurs F.Mercier et A.Remlinger.Les statistiques sur le « Parturiol » de la Maternité de Baudelocque sont basées sur 110 parturientes: 58 primipares, 52 multipares.Le « Parturiol » s\u2019est montré d\u2019une innocuité totale.Les pulsations et la tension artérielle maternelle pendant et après l\u2019accouchement n\u2019ont oscillé après l'injection que dans les limites normales habituelles.L\u2019étude de ces statistiques met en évidence l\u2019évolution rapide de l\u2019accouchement pour les primipares comme pour les multipares.Sur 110 accouchements il y eut 94 expulsions naturelles, 16 applications de forceps.S1 ce chiffre de seize applications de forceps peut paraître élevé, il faut rappeler que cinquante-quatre cas étaient en présentation céphalique position postérieure.Dans les suites de couches, toutes les femmes se sont comportées normalement et l\u2019allaitement n\u2019a pas été influencé.La mortalité des enfants à la naissance fut de zéro.L\u2019effet antalgique du « Parturiol » d\u2019après ces statistiques est de trois à cinq heures.Si on envisage le degré d\u2019analgésie au moment du dégagement, il y eut: 58 dégagements indolores, 100 \u2014 \u2014 peu douloureux, 29 \u2014 \u2014 douloureux, 13.\u2014 \u2014 sous anesthésie et forceps.J'ai employé le « Parturiol » chez sept malades, plutôt des primipares, n\u2019ayant pu continuer son usage faute de médicament, et j'ai l'impression que ce nouveau produit est supérieur à tout ce qui fut employé jusqu\u2019à ce jour comme analgésique chez la parturiente. TASSE: NOUVEAU MÉDICAMENT EN OBSTÉTRIQUE Son emploi consiste en uhe injection intramusculaire de 4 c.c.quand la dilatation est à pièce française ct que les contractions sont bien amorcées.Dix minutes après l\u2019injection, les douleurs sont presque complètement disparues, les contractions de l\u2019utérus persistent, la malade est tout à fait lucide, la résolution musculaire est rapide.La malade a conscience que le travail progresse et n\u2019éprouve qu\u2019un peu de douleur au moment de l\u2019expulsion.L\u2019enfant n\u2019est pas affecté par l\u2019emploi du « Parturiol ».Les sept malades chez qui j'ai employé ce médicament n\u2019ont pas fait de métrorragies après l\u2019expulsion du fœtus.345 Je suis convaineu que le « Parturiol » marque un progrès considérable si on le compare à ce que nous avions jusqu\u2019à ce jour pour atténuer les douleurs de l\u2019accouchement.Il est de manipulation facile et peut être employé sans danger dans n\u2019importe quel milieu.Il est regrettable que le « Parturiol » n'existe pas encore en Amérique, mais Je crois que nous pourrons nous le procurer prochainement.BIBLIOGRAPHIE Communication à la «Société Anesthésie et Analgésie », séance de mai 1946. \u201cJ Bion Medicale du Canada\u2019 en 1878 Retroversion.Mars 1878.Monsieur le Rédacteur, Veuillez insérer dans votre excellent journal une communication que je ne crois pas tout à fait dépourvue d\u2019intérêt.Le 18 décembre 1877, j'étais appelé auprès d\u2019une jeune femme de 17 ans, se disant enceinte de son premier enfant.Suivant elle, elle en était rendue à 5 mois et demi de grossesse.J\u2019appris, que peu de jours auparavant, elle avait fait un voyage de trois lieues et qu\u2019elle attribuait aux cahotements de la voiture les symptômes suivants: miction fréquente, peu abondante, douloureuse, difficulté d\u2019aller à la garde-robe.douleurs dans les aines, les reins, pesanteur à la région sacrée.L'idée d\u2019une rétroversion ne me vint pas d\u2019abord à l\u2019esprit, vu l\u2019état avancé de la grossesse.Cependant, l\u2019ayant interrogée sur ses antécédents, elle m\u2019annonca que quelque temps avant (il y a de ca 2 mois), elle avait fait une chute sur l\u2019abdomen en allant chercher un seau d\u2019eau.Depuis ce temps, disait-elle, j'ai bien ressenti de la gêne en urinant et en allant à la selle mais non pas d\u2019une manière aussi incommode qu\u2019au- jourd\u2019hui.Par le rectum, je constatai une tumeur qui pressait sur l'intestin au point de mettre un peu d\u2019obstacle hp} y \u2019 .à l\u2019entrée de mon doigt.Quant au col.il était situé tellement en haut et en avant vers le pubis, que je ne pus l\u2019atteindre: mais à la partie postérieure du vagin, je constatai la présence de la tumeur utérine.Il n\u2019y avait done plus de doute.J\u2019avais affaire à une mauvaise rétroversion qui datait de plus de 2 mois avec un utérus gravide dont le fœtus avait dû prendre de l\u2019accroissement.Je vidai la vessie et essayai de débarrasser le rectum.Deux ou trois lavements ne servirent qu\u2019à gonfler l\u2019intestin, tous les efforts que faisait la femme oblitéraient de plus en plus ce dernier.Avant fait mettre la femme sur les genoux et les coudes, j'introduisis un doigt dans le rectum et son- levai la tumeur, pendant que de la main opposée.ie tentais d\u2019abaisser le col.Impossible.J\u2019eus recours aux pessaires, inuti'e encore.Les quatre doigts dans le rectum, au lieu d\u2019un seul, ne produisirent pas plus d'effet.T1 me fallait choisir entre l\u2019avortement ct la mort de la femme.Je ne voyais nulle autre a'ternative.Le Dr Bald appelé en consultation approuve mon diagnostic et répète mes tentatives toujours aussi infructueusement, excepté, toutefois, qu\u2019une nouvelle injection procure un peu de matière fécale, ou plutôt le rejet des injonctions précédentes.Mon honorable confrère était d\u2019avis d'attendre pour provoquer l\u2019u- vortement.Sur ces entrefaites le Dr Bald est mandé auprès de ses patients et je demeure seul encore devant cette grande difficulté.3 ou 4 jours après, les symptômes s\u2019aggravaient: fièvre, pouls vite, petit, dur, épuisement, respiration fréquente, douleur dans le bas ventre, impossibilité d\u2019aller dans la garde-robe, nausées.vomissements.J\u2019ordonnai alors des cataplasmes émollients en application et des toniques à l\u2019intérieur.Le mari de la jeune femme me demanda si j'aurais objection à ce qu\u2019il fasse venir un médecin de Trois- Rivières; j\u2019acceptai avec plaisir.Pendant que le mari était à la recherche d\u2019un autre médecin unc idée tout à coup me frappe.Si au lieu des quatre doigts comme je l\u2019ai fait.il y a quelques jours.j\u2019introduisais la main tout entière jusqu\u2019au poignet, peut-être qu\u2019alors, Je pourrais réussir.Et me voilà cherchant à m\u2019introduire la main entière, me promettant bien de mettre bas les armes si je manquais cette tentative.J'ai eu bien de la difficulté.mais une fois dans le rectum, je saisis la tumeur à pleine main et poussant, poussant toujours, je sentis que la tumeur cédait peu à peu.Je poussal toujours et un bruit particulier m\u2019apprit que l\u2019utérus était en place.Si jamais quelqu\u2019un se trouvait dans les mêmes circonstances, je leur conseille de recourir au même moyen (mais pour cela il ne faut pas avoir une grosse main) et il est très probab'e qu\u2019il leur réussira.La femme est bien portante aujourd\u2019hui.Dr RICHER.Shawinigan & février 1878.Société Médicale de Montréal.Séance du 16 janvier 1878.Le Dr A.Ricard, président, au fauteuil.Le procès-verbal de Ia précédente séance est lu et adopté.Lecture est faite d\u2019une lettre du Dr J.Matte.témoignant sa gratitude à la Société Médicale pour son admission comme membre actif.Une assemblée du comité de régie n\u2019ayant pu avoir lieu.après un appel régulier.M.le Président communique a Ja Société Médicale les suggestions «ut: vantes: mi tie, rte tie es ice ia et ri rt re «L'UNION MÉDICALE DU CANADA » EN 1878 1° Je suggère que la Société se mette en rapport actif et régulier pour les matières d\u2019hygiène avec la Société Française d\u2019hygiène, et cela par l\u2019office d'un comité désigné à cet effet.20 Que le règlement concernant les séances soit suspendu et que, jusqu\u2019au ler juillet, elles aient lieu deux fois par mois: celle du commencement du mois, le mercredi soir, et celle de la fin du mois, le jeudi après-midi.Ces arrangements satisferaient ainsi tous les membres, dont une bonne moitié, ne pouvant assister aux séances du soir, viendrait alors à celles de l\u2019après- .midi.Il est proposé par le Dr S.Lachapelle, secondé par le Dr A.Demers, et résolu: que les membres de la Société qui croient pouvoir se permettre la pratique de la médecine au rabais, et cela au moyen d\u2019annonces publiques, ou d\u2019exercer cette pratique d'une manière blâmée par l\u2019article 14 de la Société Médicale, soient rejetés de la Société, à moins que ces membres ne comprennent que leur conduite est erronée et doit être abandonnée.Le Dr J.A.S.BRUNELLE fait une lecture sur les fractures du col du fémur.Il en décrit minutieusement les causes, le diagnostic et le pronostic.Il passe ensuite en revue les divers modes de traitement, démontrant que les progrès de l\u2019anatomie pathologique avaient fait reconnaître la possibilité de guérir ces fractures.Dr A.T.Brosseau.Les fractures du col du fémur sont plus fréquentes chez les vieillards & cause de la raréfaction du tissu osseux et chez la femme parce que l\u2019angle du fémur avec le bassin est plus considérable.Les causes de ces fractures sont les coups directs ou les chutes.Lorsqu'il v a implantation d\u2019un fragment dans l\u2019autre il faut éviter de le défaire, pour établir son diagnostie.Les symptômes sont le raccourcissement, l\u2019éversion du pied et la difficulté du mouvement; de plus, par la rotation, la grosse tubérosité du fémur ne décrit pas un cercle aussi grand.M.Gosselin dit qu\u2019il est impossible de diagnostiquer certainement les fractures intra et extra-capsulaires.Cependant, on a des probabilités.En dedans de la capsule.il v a moins de raccourcissement, et l\u2019are de cercle décrit par la grosse tubérosité est plus grand.En dehors de la capsule le contraire a lieu.T\u2019union osseuse est possible dans les deux cas.Dans les fractures obliques, intus et extra, l\u2019ossification se fera plutôt en dehors de la capsule.Traitement: l\u2019emploi de la longue clisse, l\u2019extension et la contre-extension sont essentiels.Avec les poids, on nc remédie pas à l\u2019éversion du pied.Il faut donc 347 considérer le bassin comme un des fragments, et la cuisse comme l\u2019autre fragment, en immobilisant le tout par des bandages.L\u2019arthrite sèche, qui peut survenir après la réunion de la fracture, est une cause fréquente de claudication.Dr Braunpry.Outre les divers modes de guérison rapportés par MM.les docteurs Brunelle et Brosseau.il y en a encore un autre qui a été observé, c\u2019est lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019union des fragments.Dans les fractures intra-capsulaires du col du fémur, le fragment inférieur s\u2019arrondit alors comme la tête d\u2019un os, et se creuse une cavité dans le fragment supérieur; en sorte qu\u2019il se forme comme une seconde articulation en dedans de la capsule.Dr Ricarp.Je félicite le Dr Brunelle de son beau et important travail qu\u2019il a rédigé en peu de temps.au milieu de circonstances pénibles et de très sérieuses occupations.Il a réussi complètement dans son œuvre.et il nous a prouvé une fois de plus que labor improbus omnia vincit.En vous donnant ce soir le fruit de ses observations et de son expérience comme interne à l\u2019Hôtel-Dieu, il a démontré à l\u2019évidence les immenses bienfaits de l\u2019internat.Il est à espérer que le service des internes et des externes se perfectionnera dans notre hôpital et dans les hospices, et que nombre d\u2019éléves de bonne volonté s'y formeront dans la pratique de l\u2019art.L\u2019exemple donné ce soir par le docteur Brunelle, qui parait pour la premiére fois comme lectureur, ne manquera pas d\u2019être suivi par les jeunes membres de la Société.C\u2019est ici une arène où ils doivent exercer leurs talents.Il n\u2019est pas nécessaire qu\u2019ils aient des cas extraordinaires à rapporter.S\u2019il fallait cette condition, les séances seraient réellement bien rares.Un travail sérieux, des observations judicieuses, voilà ce qu\u2019il faut pour une séance qui se trouve alimentée et animée par les discussions intéressantes qui ne manquent pas\u2019 de s\u2019ensuivre.Le Dr E.BERTRELOT donne avis de motion qu\u2019à la prochaine séance, il proposera que les docteurs À.Ricard, A.Laramée et E.-P.Lachapelle forment un comité pour se mettre en rapport avec la Société Française d\u2019hygiène.Le Dr P-A.ALLArD donne avis de motion qu\u2019à la prochaine séance, il proposera que le règlement concernant les séances soit amendé, et que désormais les séances aient lieu deux fois par mois, jusqu\u2019au mois de juillet, dont l\u2019une le soir du premier mercredi, et l\u2019autre l\u2019après-midi du troisième jeudi.M.le Dr En.DEssArDiNs donnera à la prochaine séance libre une lecture sur les staphylomes de la cornée.Et la séance est levée.G.-O0.BEAUDRY.Sec.-trésorier S.M.de M. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Bcerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.Ann.Méd.psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE SNAPPER.\u2014 La Stilbamidine et la Penta- midine dans le traitement des myélomes multiples.(Stilbamidine and Pentamidine in multiple myeloma.) \"J.A.M.A.\", 133: 157 (18 jan.) 1947, En recourant à l\u2019injection intraveineuse de Stilbamidine associée à une diète pauvre en matières protidiques animales, l\u2019auteur a soulagé d\u2019une manière remarquable les douleurs de treize patients atteints de myélomes multiples.Deux autres patients reçurent des in- Jections intramusculaires de Pentamidine.Ces deux médicaments demeurent sans action si la diète est riche en matières protidiques.La Stilbamidine peut se donner par voie intraveineuse dissoute dans cinq centimètres cubes de procaïne à 2 pour cent.Il employait, au début, 15 injections de 150 milligrammes.Il donne actuellement des séries de 4 à 5 grammes.L\u2019injection peut être suivie d\u2019une baisse de la pression artérielle, d\u2019une transpiration profuse, d\u2019étourdissements, de nausées et même de pertes de connaissance.L\u2019atropine rend service contre la transpiration et les étourdissements.Dans quatre cas, l\u2019auteur a remarqué, quelque temps après l\u2019injection, une dissociation de l\u2019anesthésie dans le territoire sous la dépendance du trijumeau.Celle-ci disparaît cependant assez rapidement.La Pentamidine se donne par voie intramuseu- laire à la dose de 100 milligrammes tous les deux jours jusqu\u2019à une dose de deux à trois grammes.Il faut protéger les patients qui sont sous traitement contre les rayons lumineux.Ceux qui souffrent de troubles rénaux doivent faire l\u2019objet d\u2019une attention particulière.Les quinze patients qui reçurent ce médicament obtinrent un grand soulagement de leurs douleurs et, des treize qui étaient immobilisés au lit, onze purent quitter l\u2019hôpital en marchant.Trois moururent: l\u2019un de coma diabétique et les deux autres de myélome du rein et de thrombopénie.Un quatrième présentait une paraplégie avant que le traitement soit commencé.La reprise du médicament s\u2019est montrée efficace dans les rechutes.Dans certains cas, il a fallu recourir à la Pentamidine après avoir employé la Stilbamidine et vice versa.L\u2019auteur se demande si les traitements radiothérapiques, donnés après l\u2019injection de ces médicaments, n\u2019apporteraient pas de meilleurs résultats.Le diagnostic de tous les cas étudiés fut fait grâce à l\u2019emploi de l\u2019aspiration sternale et de biopsies.Le traitement modifie les cellules typiques du myélome, mais ne diminue pas leur nombre.Le Bence-Jones persiste dans l\u2019urine.En résumé, la Stilbamidine et la Pen- tamidine arrêtent temporairement l\u2019évolution des myélomes mais ne les guérissent pas.Les trois cas rapportés s\u2019étaient présentés à l\u2019hôpital pour impotence fonctionnelle causée par des douleurs aux jambes et au dos par suite de nombreux foyers de myélome au niveau de la colonne vertébrale.Aucun ne présentait de paraplégie véritable.Le traitement les améliora rapidement.F.CHAREST. ANALYSES NEURO-PSYCHIATRIE L.M.EATON.\u2014 Il faut employer avec prudence le curare dans la thérapie par le choc chez les patients atteints de troubles psychiatriques associés à la myasthénie grave.(À warning concerning the use of curare in convulsive shocktreatment of patients with psychiatric disorders who may have myasthenia gravis.) ''Proceedings of the Staff meetings of the Mayo Clinic\u201d, 22: 4 (8 janv.) 1947., Walker, qui avait constaté que l'injection de curare reproduisait des symptômes ressemblant à la myasthénie grave, eut recours à l\u2019antidote de ce médicament, la physostig- mine, pour traiter cette maladie.Depuis, la prostigmine est demeurée le médicament de choix.De plus, Bennett et Cash remarquérent que les patients atteints de myasthénie étaient très sensibles à l\u2019injection de curare et qu\u2019une dose équivalente au dixième ou même au quarantième de la dose injectée à une personne normale, pouvait amener une aggravation parfois dramatique des symptômes.De là est venue l\u2019idée de recourir à de très petites doses de curare dans les cas difficiles dans lesquels le médecin se demande s\u2019il s\u2019agit d\u2019asthénie ou de myasthénie.Le curare est aussi employé pour diminuer les complications qui peuvent survenir dans la convulsothérapie, qu\u2019elle qu\u2019en soit la forme.Selon l\u2019auteur, avant d\u2019injecter une dose de curare à un patient qui se présente pour dépression, il faut s\u2019assurer s\u2019il ne souffre pas en même temps de myasthénie grave.Observation.Un patient, âgé de 36 ans, s\u2019était présenté à la clinique.en mars 1944.pour fatigue, insomnie, crainte de la mort et même, idée de suicide.Ces symptômes duraient depuis 1938 avec périodes de rémission et d\u2019exacerbation.À l\u2019été de 1943, il remarqua qu\u2019il ne voyait pas aussi bien qu\u2019avant et qu\u2019il avait une chute de la paupière droite.L\u2019injection de 0.2 ce.d\u2019Intocostrin augmenta la faiblesse.T1 reçut son congé avec le diagnostic de psychose maniaco-dépressive et de myasthénie et avec instruction de prendre des com- 349 primés de bromure de prostigmine.À son retour à la Clinique, deux mois plus tard, les symptômes psychiatriques persistalent, malgré l\u2019amélioration de la myasthénie.Dans une première série, il eut sept séances d\u2019électrochoc et quatre dans une seconde série.Un an plus tard, le patient se portait bien et occupait une situation avantageuse.Il aurait été excessivement dangereux de donner du curare à cc patient pour atténuer les crises convulsives.Des 175 cas de myasthénie grave observés à la Clinique Mayo dans les quatre dernières années, l\u2019auteur a rencontré quatre cas qui présentaient des symptômes psychiatriques.Deux de ces patients eurent des séances d\u2019électrochoec.De façon générale, il faut être bien sûr que tout patient déprimé qui doit recevoir une dose de curare pour électrochoc, n\u2019est pas atteint de myasthénie grave.F.CHAREST.Harolds F.FALLS.\u2014 Hérédité du rétino- blastome.Cas observés dans deux familles.(Inheritance of retinoblastoma.Two families supplying evidence.) \"J.A.M.A.\u201d, 133: 171 (18 janv.) 1947.Weller, Griffith et Sorsby, Rados croient fortement que cette tumeur maligne rencontrée chez les enfants (tumeur de la rétine avec invasion rapide du cerveau) est héréditaire.L'auteur étudie d\u2019abord Plhistoire de jumeaux monozygotes (provenant de la fécondation d\u2019un même ovule), extraits du dossier 502 de la Clinique de l\u2019Hérédité de l\u2019Université du Michigan.C.J.Lab.fut vue a la Clinique Ophtalmique en juillet 1943 pour une diminution apparente de la vision.Elle était agée de six mois.L\u2019examen fut négatif, sauf la présence, au niveau des deux fonds d\u2019œil, d\u2019une masse gélatineuse qui ne pouvait être autre chose qu\u2019un rétinoblastome.Les clichés radiographi- ques montrèrent de légères calcifications au niveau des globes oculaires.L\u2019énucléation de l\u2019œil droit fut proposée pour examen pathologique.Les parents refusérent.Ils préférèrent 350 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 recourir à la radiothérapie.Il fut découvert, au cours de la conversation avec les parents, que la patiente avait une sœur jumelle.Cette dernière fut vue par un autre médecin, lorsqu\u2019elle fut âgée de onze mois.Elle était apparemment en bonne santé.L\u2019examen du fond de l\u2019œil montra la présence de masses gélatineuses.Les deux fillettes moururent au bout de quelques mois.Il y avait au niveau des deux yeux un rétinoblastome qui présentait des zones de nécrose et de calcification.La tumeur avait envahi le cerveau.Le dossier 574 est très intéressant.La mère eut un œil enlevé à l\u2019âge de trois ans et demi.Cinq de ses neuf enfants connurent le même sort.Deux d\u2019entre eux vécurent assez vieux pour pouvoir enfanter.Il est difficile de déterminer s\u2019il s\u2019agit d\u2019un caractère dominant ou récessif: le mode de transmission est assez compliqué.I auteur suggère que les parents qui donnent naissance à un enfant atteint de rétinoblastome, devraient s'abstenir de procréer.Il va même jusqu\u2019à proposer la stérilisation de toute personne qui survit à une énucléation pour réti- noblastome.F.CHAREST.ORTHOPEDIE A.LICHWITZ.\u2014 Les ostéoporoses aiguës: ostéoporose d'immobilisation ou ostéoporose d'alarme.\u2018La Presse médicale\u201d, 54: 654 (5 octobre) 1946.L\u2019auteur définit l\u2019ostéoporose comme suit: « Décalcification d\u2019origine protéique », et fait la distinction entre cette décalcification et l\u2019ostéomalacie, qu\u2019il dit être d\u2019origine minérale.Il explique ensuite le mécanisme physio- pathologique des ostéoporoses, à partir du métabolisme normal du calcium.L\u2019osséine, dit-il, qui est le fixateur normal des sels de calcium et de phosphore, est soit déficient, soit de mauvaise qualité.Il résume le syndrome chimique comme suit: « dans le sang: calcémie et phosphaturie normales; dans les urines: au début, hypercalcémie puis hyperphosphaturie, puis tardivement, quand l\u2019os a été calcifié, calciurie et phosphaturie diminuées.» Phosphatasémie, normale ou diminuée.Puis, il étudie spécialement l\u2019ostéoporose des traumatisés, ou ostéoporose d\u2019immobilisation d\u2019Al- bright, ou ostéoporose d\u2019alarme de Selye.L'examen d\u2019un traumatisé de la troisième semaine qui suit le traumatisme a révélé un trouble profond du métabolisme des protéines.Une simple immobilisation peut modifier ce métabolisme selon Albright.L'auteur parle du syndrome d\u2019adaptation ou d\u2019alarme de Selye.Il analyse la symptomatologie des ostéoporoses aiguës et la physio-pathologie des accidents.Il parle des troubles d'insuffisance rénale provoqués par l\u2019hypercalcémie et l\u2019hyperphos- phaturie, et des troubles généraux et digestifs dus à l\u2019hypercalcémie.La pathogénie de ces troubles de l\u2019ostéoporose aiguë est étudiée attentivement.Les pressions et les tractions que les muscles impriment à l\u2019os au cours des exercices déclenchent l\u2019activité ostéoblastique alors que l\u2019immobilisation diminue cette action.D\u2019où l\u2019insuffisance d\u2019osséine fixateur des sels de ce phosphore; d\u2019où hypercalciurie et troubles urinaires, et l\u2019auteur étudie le métabolisme de l\u2019azote.Après un traumatisme chez un débilité, la balance protéique reste positive, affirme-t-il, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de protéine de réserve.Le syndrome d\u2019adaptation de [Selye ou syndrome d\u2019alarme est analysé dans cet article.Les traumatismes accidentels ou opératoi- \u2018res, selon Selye, provoquent la formation d\u2019une substance qui excite l'hypophyse avec toutes les conséquences de l\u2019hyperfonctionnement hypophysaire.D\u2019où des modifications phosphocalciques.Et l\u2019auteur fait la part du syndrome d\u2019adaptation de Selye et de l\u2019immobilisation dans la pathogénie de l\u2019ostéoporose aiguë post- traumatique.Edgar LEPINE. ANALYSES S.L.HIGGS.\u2014 De l'usage des copeaux d'os spongieux pour fins de greffe osseuse.\u2018The Journal of Bone ond Joint Surgery\u2019, 28: 15 (janvier) 1946.Le principe de la greffe osseuse et les différentes méthodes de la réaliser sont connus depuis bien des années.Les résultats obtenus durant la première guerre mondiale et jusqu\u2019aujourd\u2019hui furent encourageants.Mais il est un reproche que l\u2019on n\u2019a cessé de faire : la greffe osseuse est un procédé bien lent de reconstruction de la continuité osseuse.L\u2019emploi de copeaux d\u2019os n\u2019est pas une technique nouvelle.Ce qui est nouveau, c\u2019est le choix \u2018de copeaux d\u2019os spongieux prélevés sur la crête iliaque !.Les prélèvements tibiaux en usage jusqu\u2019à récemment ne possédaient qu\u2019un très faible pouvoir ostéogénique et même dans les radio- crammes pris longtemps après l\u2019opération les copeaux apparaissaient comme des fragments bien distincts.L\u2019évidage des régions spongieuses du tibia ne ramène qu\u2019un os peu abondant et de qualité moindre que l\u2019os spongieux de la crête iliaque.- Sur 71 cas, les résultats sont 100% de reprise osseuse grâce à la greffe.Pour 51 de ces cas, on appliqua des greffons corticaux plus des copeaux d\u2019os spongieux et la guérison est survenue deux fois plus vite, en moyenne, que dans les cas où seuls les greffons corticaux furent employés.Pierre VAILLANCOURT.I.M.ROBERTSON et J.N.BARRON.\u2014 Une conception thérapeutique de l'ostéite chronique.\"The Journal of Bone and Joint Surgery\u2019, 28: 19 (janvier) 1946.A cause de l\u2019avènement de la pénicilline et du stimulus que furent les années de guerre, il nous a été donné de reviser nos conceptions du traitement de l\u2019ostéite chronique.Si dans l\u2019ostéomyélite chronique les modi- fieations pathologiques au niveau des tégu- 1.Pour ce qui est de la manière de faire ce prélèvement.se rapporter à l\u2019article suivant par MM.Robertson et Barron.3ol ments et tissus mous peuvent compromettre de façon permanente la vascularisation tant sanguine que lymphatique, les ravages sont bien plus importants encore dans l\u2019ostéite chronique consécutive aux plaies par balle ou à la fracture multiple infectée.La suppuration et la nécrose donnent alors une cicatrice indurée et infectée avec laquelle il faut compter dans l\u2019entreprise du traitement.En substance, on s\u2019en tient encore à la méthode Orr-Trueta: évidement puis paquetage de la plaie avec drainage et contention au moyen d\u2019un plâtre fermé.La technique préconisée par les auteurs comporte trois temps et pour chacun on a donné de la pénicilline durant les 24 heures précédant l\u2019opération ainsi que pendant les 4 jours qui suivirent, et ce, à la dose de 100,000 unités par jour.Le cas qui nous sert d\u2019illustration est une profonde perte de substance localisée au tibia, région diaphysaire.ler temps: débridement complet (en sous- minant) mais sans exagérer l\u2019incursion en tissu sain, ce qui compromettrait la vaseu- larisation cutanée déjà hypothéquée par le traumatisme.Ceci fait, on prélève un lambeau épidermique qu\u2019on dépose sur un morceau de tulle gras Lumière ou de gaze vaselinée découpée aux dimensions voulues.Avec le bistouri on perfore le lambeau et le tulle en différents endroits de façon à assurer le drainage.On met de la pénicilline en poudre dans la plaie qui reçoit ensuite le lambeau épidermique et le tulle qu\u2019on déprime de manière à assurer un bon contact avec toutes les surfaces.Les bouts de sutures sont laissés assez longs pour être attachés au-dessus d\u2019une épaisseur de laine imbibée de soluté salin qui comblera la perte de substance osseuse.Un pansement ordinaire recouvre le tout.2ème temps: le lambeau épidermique est enlevé au bout de 4 semaines; il a joué le rôle de pansement, sans plus.Le second temps consiste dans la réfection des parties molles.Quand la profondeur de la perte de substance 352 I\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 l\u2019exige, la cavité est comblée de copeaux d\u2019os et de muscle.Une greffe cutanée totale (derme plus épiderme) vient ensuite.Dans le cas qui nous sert d\u2019illustration (plaie tibiale antérieure), on prendra le jumeau interne qu\u2019on détachera du tendon d\u2019Achille, l\u2019on fera une rotation et la masse musculaire sera enfoule et suturée aux lèvres du périoste.On peut se dispenser de l\u2019enfouissement mus- eulaire quand il s\u2019agit de plaies peu profondes, mais alors ce dernier est avantageux, car il fournit une base de vascularisation idéale pour la reprise vitale des copeaux osseux.Dans ces cas où la greffe cutanée ne suffit pas à cause de la trop grande profondeur de la perte de substance osseuse, on combine les 2ème et 3ème temps.3ème temps: réfection osseuse au moyen de copeaux d\u2019os spongieux.Quand la cavité à combler est très importante ou totale, c\u2019est- à-dire de périoste à périoste, dans tous les diamètres, l\u2019on emploie, en plus, des greffons d\u2019os compact (vissés ou non) ainsi que des entretoises d\u2019os spongieux enfoncés dans les deux extrémités de l\u2019os en discontinuité.Pour prélever les copeaux d\u2019os spongieux, on incise la crête iliaque au bord antérieur sur une longueur de 6 pouces à partir de l\u2019épine antéro-supérieure, la crête avec ses attaches musculaires est soulevée comme un couvercle et les tables d\u2019os compact sont réséquées et légèrement écartées.On prélève alors sur le plan horizontal des lamelles d\u2019environ 0.67 mm.d\u2019épaisseur qu\u2019on taille en copeaux de 1 cm.de long.Les tables sont alors rapprochées, le couvercle rabaissé et suturé.Le drainage n\u2019est pas nécessaire.On applique un bandage type spica.Pour ce qui est des avantages de ces opérations, on est prié de référer à l\u2019article pré- cédent.Pierre VAILLANCOURT.W.Russell MacAUSLAND.\u2014 Enclouage médullaire des fractures des os longs.(Intramedular fixation of the Fractures of long bones.) \"Surgery, Gynecology and Obstetrics\u2019, 84: 85 (janvier) 1947.C\u2019est Allemand Kuentscher qui fut le premier, en 1940, à préconiser le traitement des fractures des os longs par l'enclouage médullaire.Ce problème a surtout été étudié en Allemagne et en Amérique du Sud.En principe, la méthode de Kuentscher consiste à introduire une longue tige métallique dans la moelle des deux fragments.Les tiges sont faites d\u2019acier V2A (acier spécial manufacturé en Allemagne), sont bilamellées et en coupe transversale affectent la forme d\u2019un V.Il y en a de diverses longueurs et grosseurs.Le clou est introduit à distance du foyer de fracture.Son extrémité supérieure, qui est perforée, reste en dehors de l\u2019os, permettant ainsi de l\u2019enlever après consolidation.Dans les cas rapportés ici, on a utilisé des clous de Tantale.La technique consiste à mettre à jour le foyer de fracture et à nettoyer les extrémités des fragments.Le clou est introduit dans le fragment proximal, les fragments sont rapprochés et le clou est dirigé à travers la plaie dans la moelle du fragment distal.I] semble qu\u2019un clou légèrement incurvé fournit une plus grande puissance et une meilleure immobilisation.Ce nouveau procédé comporte plusieurs avantages.Il assure une immobilisation absolue et prompte, laisse libres les articulations voisines permettant ainsi leur mobilisation précoce.Aucun plâtre ou support n\u2019est nécessaire.Chez les patients souffrant de fracture du fémur, la marche à l\u2019aide de béquilles devient possible après trois semaines ct en moins de deux semaines dans les cas de fractures des deux os du 15 inférieur de la jambe.Un fracturé de l\u2019humérus peut se servir de son bras après 2 semaines.Ces mouvements précoces préviennent les séquelles de rigidité, les troubles circulatoires et l\u2019atrophie.De plus, à cause de l\u2019immobilisation parfaite, les patients ne ressentent aucune douleur.Les indications de l\u2019enclouage médullaire sont encore mal définies.Ainsi Boehler, après une étude approfondie de la question, conclut que seulement un nombre limité de fractures i ln ANALYSES relèvent de ce procédé et que les meilleurs résultats sont obtenus dans les fractures transverses ou légèrement obliques.Il reconnaît une contre-indication dans les fractures ouvertes, infectées, et chez les enfants.Eholt, par contre, emploie la méthode principalement et avec succès dans les fractures ouvertes du 1, inférieur de la jambe.Dans l\u2019opinion de l\u2019auteur, le procédé trouverait son application surtout dans les fractures fémorales situées juste sous le grand trochanter dans lesquelles il est difficile de contrôler le déplacement latéral interne du fragment distal; les fractures comminutives de la même région, les fractures obliques et comminutives de l\u2019extrémité supérieure de l\u2019humérus, les fractures des deux os de la jambe au niveau du 45 moyen, bénéficieront également de ce procédé.La principale objection apportée au traitement serait le danger d\u2019infection qui se trouve considérablement réduit par l\u2019usage de pénicilline.L\u2019emploi du Tantale rend superflu l\u2019enlèvement de la tige après la guérison.On discute encore sur l\u2019accélération ou le retard apporté à la formation du cal, quoique logiquement l\u2019immobilisation complète et constante obtenue par le procédé devrait stimuler lu formation du cal.Bernard GAUTHIER.Pierre MARIQUE.\u2014 La subluxation du pied bot.\u2018La Presse médicale\u201d, 54: 411 (22 juin) 1946.L'auteur insiste sur le fait que la subluxa- tion est constante dans le pied bot et que c\u2019est elle qui stabilise l\u2019attitude en varus et en adduction.De plus, la subluxation rend l\u2019équinisme irréductible.Les manipulations doivent se faire le genou fortement fléchi afin de relâcher le triceps.L\u2019adduction de l\u2019arrière-pied doit être corrigée avant de corriger la subluxation afin que l\u2019astragale soit en face de la mortaise tibio-tarsienne et que la subluxation puisse se réduire sans difficulté 393 et complètement.L'immobilisation en position d\u2019hypercorrection est maintenue de 10 à 15 jours.L\u2019auteur préconise de ne pas traiter ces cas avant la fin du premier mois de la vie.La section du tendon d\u2019Achille est inutile à cause de la subluxation présente et parce que, une fois la subluxation réduite, l\u2019équinisme jusque là irréductible se réduit facilement.L\u2019auteur conclut en disant que la réduction de la subluxation est possible chez le sujet jeune.Une réduction complète équivaut à la guérison du pied bot, alors que les traitements, quels qu\u2019ils soient, qui laissent persister la subluxation, ne guérissent pas le pied bot.J.-C.-A.MARCHAND.Francis C.GRANT.\u2014 Résultats opératoires dans les disques intervertébraux.(Operative results in intervertebral disks.) \"Ann.of Surgery\", 124: 1066 (déc.) 1946.Avant 1930 toute douleur lombo-sacrée s\u2019irradiant dans le membre inférieur était étiquetée « névrite sciatique ».Le repos, la chaleur, la traction et d\u2019autres méthodes conservatrices suffisaient souvent à améliorer nombre de patients.C\u2019est alors qu\u2019apparut la notion de hernie du disque intervertébral qui expliquait très bien la douleur lombo-sacrée et son irradiation.On préconisa aussitôt l\u2019exérèse chirurgicale du disque comme moyen d\u2019assurer un soulagement prompt et certain .Ici auteur se pose les questions suivantes : « Après l\u2019opération, le patient sera-t-il suffisamment soulagé pour pouvoir retourner à ses occupations?Quel est le pourcentage d\u2019échecs du traitement chirurgical ou même y aura-t-il aggravation de l\u2019état d\u2019incapacité?» Il faut d\u2019abord savoir que la douleur produite par un disque hernié a deux composantes: la douleur dans le dos et celle dans le membre inférieur.La première est causée par la pression du disque sur les ligaments vertébraux postérieurs ou par leur rupture.La seconde reçoit 354 son explication par l\u2019irritation des racines nerveuses lombaires adjacentes.Sur un groupe de 200 cas opérés, les résultats s\u2019établissent comme suit après un recul de 145 an a 61% ans.Avant intervention 35% des patients étaient alités, 55% incapables de travailler et 10% fortement handicappés dans leur travail.Avec le traitement chirurgical, 63% furent complètement soulagés, 29% améliorés et 10% ne furent pas améliorés.Il est intéressant de noter en plus que la proportion des guérisons varie notablement selon que le travail subséquent est plus ou moins dur.Le problème est ensuite étudié en regard du degré de hernie du disque avant l\u2019opération.Des 200 cas rapportés, il ressort nettement que le succès final est en fonction directe du degré de douleur existant avant le traitement.On doit encore souligner que, dans les 17 échecs rapportés, 9 patientes n\u2019avaient eu qu\u2019une seule crise douloureuse.Conséquemment, aujour- d\u2019hui, on ne doit envisager l\u2019opération que si le malade a présenté au moins deux crises et que si la douleur est forte au moment où il vient consulter.En effet, intervenir chez des gens chez qui la douleur rétrocède d\u2019elle-même est à déconseiller, parce qu\u2019alors les suites opératoires seront désagréables, la période de réadaptation étant mal supportée.La question est encore envisagée suivant un autre angle.Chez un groupe d\u2019opérés, on ne trouva aucun disque anormal pendant que chez un groupe de porteurs de disques herniés, confirmés par la myélographie, on n\u2019intervint pas.Dans le premier groupe, 45% furent L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.LF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 guéris, 28% améliorés et 28% non améliorés quoiqu\u2019on n\u2019enleva aucun disque.Chez les nori-opérés avec des disques herniés, un traitement conservateur a donné les résultats suivants: 23% guéris, 41% améliorés, 36% non améliorés.Il est admis que dans cette dernière catégorie les récidives sont à craindre et ces patients demeurent des candidats éventuels à la chirurgie.En conclusion de cette étude, on doit admettre qu\u2019il n\u2019y a aucune raison de modifier l\u2019attitude conservatrice adoptée dans les années passées.Une myélographie au pentopaque devrait toujours précéder l\u2019opération afin de confirmer le diagnostic, de localiser le disque et d\u2019en déterminer le degré de la hernie.L\u2019indication opératoire se pose si la myélographie montre une hernie importante du disque, si la douleur est marquée, si le patient a eu d'autres crises antérieures.Mais la chirurgie ne constitue pas l\u2019unique traitement, car nombreux sont ceux qui bénéficieront de repos, de traction, du port d\u2019un corset approprié et d\u2019autres méthodes non chirurgicales.La nature se chargera de soulager de nombreux malades comme cela se produisait avant l\u2019ère chirurgicale de 1930.Remarque: l\u2019arthrodèse vertébrale comme moyen d\u2019atténuer la douleur lombo-sacrée, après que celle du membre a été soulagée par l\u2019exérèse du disque, n\u2019a pas été envisagée ici parce que les indications et les résultats en sont encore obscurs.Bernard GAUTHIER.FRE na SOCIETES + + « L'Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL ! Allocution du docteur Edouard Desjardins, président pour 1947 Je n\u2019arrive pas a trouver les mots qui conviennent pour vous dire l\u2019_émotion qui m\u2019étreint au moment de prendre la parole pour vous remercier de m'avoir élu comme président de la Société Médicale de Montréal.Votre choix m\u2019honore; mais, je serais injuste si je n\u2019ajoutais qu\u2019en m\u2019honorant, vous avez surtout voulu honorer le personnel médical de l\u2019Hôtel-Dieu qui n\u2019a jamais ménagé son concours, ni mesuré sa sympathie à l'égard de la Société Médicale.Vous m\u2019avez choisi parmi plusieurs de cette vénérable maison beaucoup plus dignes que mol, parce que, pénible confession, j\u2019apportais avec l\u2019âge et les cheveux blancs l\u2019expérience requise au bon fonctionnement de la Société.J'ai, en effet, servi sous trois présidents, fort différents les uns des autres.Leur commerce m\u2019a été précieux; à leur contact, j\u2019ai beaucoup appris et, de chacun des trois, j\u2019ai retenu des souvenirs indélébiles, mais à des titres divers.Le docteur Urgel Gariépy m\u2019a initié aux arcanes administratifs de la Société; le docteur Paul Letondal m\u2019a été un exemple de dynamisme et d\u2019activité hors-pair; le docteur Armand Frappier s\u2019est montré sous le jour d\u2019un administrateur capable et averti.Je dois à mes trois prédécesseurs une vive reconnaissance; grâce à eux, mon postulat 1.Séance du 21 janvier 1947, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.s\u2019est accompli avec un minimum de douleur, d\u2019inévitables épreuves et de belles consolations.Je suis appelé à leur succéder; je me sens incapable de les remplacer.* % * L\u2019allocution inaugurale de vos présidents comporte, selon la coutume, l\u2019énoncé de la politique à suivre durant l\u2019année qui commence.L'année 1947, cependant, ne sera fructueuse qu\u2019à la condition expresse d\u2019une communion intime entre le Bureau de la Société et l\u2019ensemble des membres qui la composent.Il nous faut la pleine collaboration de tous.La coopération complète de mes collègues m'est assurée.Les docteurs François Archambault, Origène Dufresne et Jean Denis ne marchandent pas leurs efforts et je puis vous affirmer que le docteur Louis-Henri Gariépy, notre nouveau vice-président, nous sera de bon conseil.La collaboration des membres est essentielle, si la Société veut réaliser le programme qu\u2019elle s\u2019était tracé lors de sa fondation, le 8 novembre 1871, qui comportait comme buts principaux : 1° de cimenter l\u2019union entre les membres de la profession médicale; 2° de donner aux médecins un motif de se réunir et de fraterniser ; 3° de s\u2019instruire mutuellement par des lectures, par des discours et par des conférences; et, 4° de pratiquer mutuellement ce qui est conforme à l\u2019honneur et à la fraternité. 306 * LS * Le premier article du programme 1947 est de demeurer fidèle à l\u2019esprit de la charte de 1871 et de conserver les traditions plus récentes: Journées Médicales annuelles, annuaire, Prix Ciba.Vieille de 75 ans, la Société Médicale a, me semble-t-il, l\u2019âge qu\u2019il faut pour commander le respect et parler avec force.Riche d\u2019expérience, elle est un merveilleux instrument de travail; elle est aussi une force imposante, puisqu'elle comprend au delà de 800 membres.La Société veut cimenter l\u2019union entre les membres de la profession médicale: mobile fort honorable, mais dont l\u2019exécution répugne à notre individualisme morbide et congénital; la démonstration en est simple, \u2014 comptez le nombre des sociétés scientifiques médicales, dites spécialisées.Mon premier président, le docteur Urgel Gariépy, avait conçu le projet de réunir en un généralat (si l\u2019expression peut faire image) toutes ces associations, les puissantes, les médiocres et les faibles, et nous leur avions à cet effet consacré tout l\u2019Annuaire de 1944.Le projet est encore à l\u2019état de projet.Quand le temps sera-t-il mûr d\u2019entreprendre chez nous ce que nos collègues de langue différente ont accompli tout naturellement: une société-mère impressionnante et des filiales autonomes, mais non affranchies?Le vent souffle fort qui vient du Sud.Il a forcé certains obstacles; il pourrait tout aussi bien abattre d\u2019autres qui demeurent.D\u2019ici là, je fais un appel pressant aux officiers des sociétés-sœurs.Respectez, si possible, nos soirs de réunion.Evitez les dualités.La plupart de ceux qui appartiennent à votre organisation sont également des nôtres.L\u2019assistance que vous gagnez, nous la perdons; ceux qui viennent chez nous vous désertent.Chers confrères-présidents, veuillez prendre note que les réunions de la Société Médicale de Montréal se tiennent les premiers et troi- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.LF.C.\u2014 Montréal, mars 1947 sièmes mardis de chaque mois.Cimenter l\u2019union entre les membres de la profession médicale est impossible sans le concours des bonnes volontés.% * Il n\u2019y aura pas, en 1947, de dimanche du praticien.Cette formule, d\u2019inspiration française et de réalisation montréalaise, fut tentée, il y a 20 ans, pour ne pas durer.Reprise avec un bel effort de publicité en 1945, elle n\u2019a pas subi l\u2019épreuve victorieusement.Faute d\u2019assistance suffisante, la formule s\u2019est éteinte avec la réunion d\u2019octobre 1946.D'ailleurs, je comprends fort bien les médecins des hôpitaux, ainsi que les praticiens de la ville ou de la campagne: ils sont à la lourde tâche l\u2019année longue, tous les jours de la semaine; aussi bien est-il logique de leur laisser le libre emploi du jour du Seigneur! Je crois que la formule que nous essaierons cette année, bien que d\u2019inspiration hétérogène, sera susceptible de plaire tout en instruisant.« Les cliniques du mardi» constitueront la première séance de chaque mois.Elles débuteront à Notre-Dame, le 4 février.Six ou sept hôpitaux y seront mis à contribution.Ces séances consisteront exclusivement en présentations cliniques et seront dépouillées des procédures habituelles.Les séances dureront deux heures et, quelle que soit l\u2019heure de l\u2019arrivée, 11 y aura toujours à voir, à palper, à entendre.Cette formule me paraît très avantageuse pour le médecin qui fait du bureau le soir; il n\u2019a pas besoin d\u2019arriver tôt pour ne rien perdre, puisque le matériel clinique reste exposé pendant les deux heures.Cette formule a réussi à l\u2019ouest; il n\u2019y a pas de raison qu\u2019elle soit une faillite chez nous.Les séances académiques auront lieu le troisième mardi de chaque mois; grâce à leur généreuse hospitalité, elles se tiendront à l\u2019Hô6- tel-Dieu ou à Notre-Dame.Votre bureau a l\u2019intention de faire un appel particulier aux jeunes médecins; il faut qu\u2019ils \u2018 { , in 0 il \u2018= = 3 TET | SOCIÉTÉS apportent à notre tribune le fruit des travaux qu\u2019ils préparent sous la direction de leurs aînés.Qu\u2019ils ne craignent pas de s\u2019inscrire; je suis certain que, dans tous les cas, les patrons seront heureux de prêter leur concours à ceux qui sont appelés à nous succéder, et, je l\u2019espère, à nous dépasser.Jeunes médecins, ne laissez pas passer l\u2019occasion; vous êtes à l\u2019âge ardent, vous ne craignez pas les tâches ardues, la lutte vous agrée, les polémiques vous enchantent.N\u2019attendez pas, pour vos travaux de recherches, l\u2019âge et l\u2019expérience consacrés par la grande clientèle.Il sera alors trop tard.Vos maîtres ne demandent pas mieux que de vous fournir des sujets à développer.Travaillez ferme, d\u2019autant plus qu\u2019il y aura, cette année encore, un prix Ciba de mille dollars, petite somme qui, même fragmentée, peut fournir certaines consolations.* La Société s\u2019honorera également d\u2019entendre certains de ses membres, habituellement discrets; elle n\u2019est pas le fait d\u2019un groupe; elle n\u2019appartient à aucune coterie.Médecins des hôpitaux, praticiens de la ville ou de la campagne, nous serons heureux de vous entendre.Afin de rayonner plus puissamment encore, la Société veut agrandir ses cadres; le recrutement des jeunes s\u2019impose.Etre membre de la Société confère de grands avantages dont le moindre n\u2019est pas l\u2019assu- rance-groupe.Cette assurance a rendu d\u2019énormes services à certains; il ne faudrait pas, toutefois, que des abus viennent à en changer les dispositions ou à faire.ajouter certaines restrictions.Comme le groupe agit à la manière d\u2019une coopérative, il va sans dire que, du fait d\u2019exagérations, les véritables malades risquent d\u2019être lésés et de ne pas recevoir les bénéfices espérés.Je ne voudrais pas terminer cette petite allocution sur une note aussi pénible.Je ne voulais pas, cependant, ne pas en dire un mot, 307 parce que l\u2019intérêt des uns est subordonné aux actes des autres.Le nouvel Exécutif a pris la résolution de commencer les séances à l'heure indiquée et de les terminer à une heure raisonnable.Le programme ne comportera, en règle générale, que deux travaux: un long et un court.Avec la prochaine séance, tenue à Notre-Dame, nous inaugurerons la formule en vogue chez nos confrères de langue anglaise: la présentation de malades, de dossiers, de graphiques, de transparents, de films, mais sans discours; la lecture du procès-verbal et les faits officiels seront, dans ce cas, remis à la séance suivante.Venez-y nombreux.Votre présence sera la meilleure récompense de ceux qui ont consacré de longues heures à préparer ce qu\u2019ils vous offrent.Le succès exige, je le répète, la coopération la plus entière de tous les membres de la Société.Séance du 3 décembre 1946 tenue à l'Hôtel-Dieu.Présidence de M.Edouard Desjardins.Formes pulmonaires de la sarcoïdose M.Paul ROBERT.M.Robert rapporte cinq observations de sarcoïdes pulmonaires découverts à la radiographie systématique des poumons des militaires à leur démobilisation.Trois de ces cas furent authentifiés par la biopsie d\u2019un ganglion lymphathique périphérique.Dans les deux autres cas, le diagnostic n\u2019a pas été affirmé aussi catégoriquement, mais repose sur l\u2019histoire clinique, l\u2019aspect radiologique et l\u2019élimination des autres causes possibles.De nombreuses radiographies sont montrées.L\u2019auteur fait une Tevue générale de l\u2019affection, décrivant ses différentes formes cliniques, s\u2019attachant particulièrement à la description des formes médiastinales pulmonai- 358 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 res, puis décrivant plus rapidement les autres manifestations.Il envisage ensuite les renseignements que l\u2019on peut tirer des différentes méthodes de laboratoire pour faire ce diagnostic.Il en discute alors la pathogénie.Le pronostic lui en apparaît plus sombre que disent certains auteurs.Bien qu\u2019il soumette encore ces malades au traitement par la radiothérapie profonde, il ne lui semble pas qu\u2019il existe aucun traitement véritablement spécifique de cette affection.Discussion.M.V.LATRAVERSE demande quelles sont les observations endoscopiques dans ces cas.M.RoBERT répond que ces examens n\u2019ont pas été demandés.Le lipiodol pratiqué dans deux cas n\u2019a pas donné de renseignements supplémentaires.M.TrupeL demande quelle différence radiologique existe entre la sarcoïdose et la granulie pulmonaire.Réponse: peu de différence tranchée; l\u2019évolution clinique n\u2019est pas la même.M.VERSCHELDEN déclare qu\u2019il ne voit pas de traitement efficace dans ces cas, sauf la cure sanatoriale.Il cite le cas d\u2019un malade suivi durant quatre ans et qui se porte bien, ce qui n\u2019enlève rien au caractère de gravité de la maladie.Diagnostic et traitement de la persistance du canal artériel.MM.Rodrigue LEFEBVRE, Rigaud CANGE et Jacques BRUNEAU M.Lefebvre décrit l\u2019anatomie et la physiologie du canal artériel chez le fœtus et le nouveau-né.Lorsque le canal persiste à la naissance et ne s\u2019oblitère pas, il s\u2019ensuit de nombreuses perturbations circulatoires: hypertrophie du ventricule gauche, puis hypertrophie moindre du ventricule droit; dilatation considérable de l\u2019aorte et des artères pulmonaires; hypertension, avec baisse de la minima.Comme symptômes, on note un poids en dessous de la normale, la présence d\u2019un souffle rude imitant le bruit d\u2019un train sous un tunnel, plus intense durant l\u2019inspiration, diastolo-sys- tolique au troisième espace intercostal.Il y a asymétrie des pouls.La radiographie montre une hypertrophie des ventricules et une saillie de l\u2019arc moyen.Le pronostic n\u2019est pas toujours grave et dépend du calibre du canal.En moyenne, la survie est abrégée de 23 ans et 80% des sujets sont voués à une mort certaine.Le traitement est chirurgical et consiste à ligaturer le canal artériel.L\u2019opération est retardée vers 6 ans.Les indications sont la persistance du canal avec troubles fonctionnels, et la présence d\u2019infections surajoutées.Après l'intervention, les souffles disparaissent, la pression diastolique remonte, le cœur reposé diminue de volume et souvent les infections s\u2019améliorent.M.Rigaud Cangé présente quatre cas cliniques: le premier présente des complications fébriles, infectieuses; le second est mort d\u2019insuffisance cardiaque; enfin, les deux derniers ont été opérés avec succès par M.Jacques Bruneau.M.Jacques Bruneau explique la technique chirurgicale de cette intervention.Elle consiste dans la ligature ou plus exactement l\u2019oblitération complète et permanente du canal artériel.Il faut d\u2019abord localiser le canal, puis l\u2019oblitérer en évitant les complications plus ou moins immédiates qui sont l\u2019hémorragie grave et la reperméabilisation du canal.La technique de choix consiste à multiplier les ligatures.jusqu\u2019à cinq.Quelques cas d'allergie.M.Gérard CASGRAIN M.Casgrain illustre par de nombreux cas cliniques combien il est difficile de bien interpréter les cuti-réactions et combien il est dangereux de se fier uniquement à ces réactions ou tests cutanés.Il cite le cas d\u2019un asthme saisonnier causé, non pas par un pollen, .SOCIÉTÉS mais par le poil de chat et de chien; deux cas d\u2019asthme apparu après une infection respiratoire et dus, non pas à une sensibilisation ÿbactérienne, mais à une allergie à l\u2019éphédrine et aux sulfamidés; cas d\u2019un enfant allergique au poisson qui continue à faire des crises d\u2019athme malgré un régime de restriction, parce qu\u2019il prend une préparation vitaminée contenant de l\u2019huile de flétan; cas d\u2019un malade qui multiplie les prises d\u2019éphédrine alors qu\u2019il garde un gros chat dans la maison; plusieurs cas de malades où le facteur émotionnel est de première importance.L\u2019allergiste ne doit donc pas être un technicien qui fait des «tests », mais un vrai médecin qui sait étudier cliniquement et psychologiquement le malade.Le secrétaire des séances, Jean DENIS.LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE QUÉBEC 296e réunion tenue à l'Ecole de Médecine.Présidence de M.Emile Gaumond.Le Dr Gaumond résume la conférence du président de la Fédération, prononcée à Trois- Rivières, sur l\u2019assurance-maladie, conférence envoyée à notre société pour information.La Fédération veut l\u2019amélioration de la santé et # des services médicaux dans la Province sous la direction d\u2019un organisme composé des représentants du Collège, de la Fédération, des hôpitaux et du public.La Fédération rejette l\u2019assurance-maladie fédérale pour les raisons données et la Croix-Bleue, compagnie d\u2019assurance ordinaire.Traitement de la luxation récidivante de l'épaule.M.Antoine POULIOT L\u2019articulation scapulo-humérale est du genre enarthrose, 1i.e.cavité glénoïde agrandie d\u2019un fibro-cartilage et d\u2019une tête qui s\u2019y meut, le tout retenu en place par un système capsulo- ligamentaire complexe.Après l\u2019étude de l\u2019in- | eidence, des variétés, de la physio-pathologie, .| | le conférencier termine par les procédés thérapeutiques.359 Procédé de Nicolas.Pratiqué en E.U.A,, a pour but la création d\u2019un ligament intra- articulaire en mimant l\u2019articulation coxo-fé- morale.Le tunnel d\u2019émergence doit se placer à la partie externe et non au centre.Procédé de Oudard.Pratiqué en France, à pour but la création d\u2019une butée osseuse en allongeant la coracoïde par section ou par interposition d\u2019un greffon osseux préalablement préparé.Procédé de Banker.des meilleurs.Le plissement et la résection capsulaire sont abandonnés.Le Dr Ls-Philippe Roy félicite le conférencier de sa clarté et de ses résultats.Ajoute qu\u2019on reproche au Oudard son grand délabrement, que le Nicolas donne des résultats très satisfaisants.Les résultats seralent Affection cutanée et psychiatrie.M.G.VOYER.Le Dr Voyer cite deux cas personnels.Premier cas: jeune homme urticarien, traité sans succès, rejoint l\u2019armée, mésadaptation puis développement d\u2019une psychose.Deuxième cas: servante, 29 ans, séborrhéique.Après une série de choes émotionnels, elle développe un syndrome eczématiforme.Le Dr Voyer expose le traitement qui consiste en une désintoxication psychique après un examen psycho-somatique minutieux.Comme médication adjuvante, l\u2019auteur a donné de Pin- suline.Discussion.M.C.-A.MARTIN, qui offre très largement la collaboration des psychiatres, dont la demande reste sur un très bas palier (manque probable d\u2019intérêt du praticien), dit que les neuro-dermatoses sont très rares dans son milieu hospitalier.M.S.CARroN appuie sur la physio-patholo- gie.Chez les porteurs de neuro-dermatose, 1l y a toujours une prédisposition ct des émotions chroniques vives et prolongées qui alimentent des désordres endocrino-sympathiques suivis 360 de lésions cutanées.On peut modifier la personnalité par la psychothérapie chez ceux qui reconnaissent leur tempérament pathologique, mais il y aura toujours des hauts et des bas.L\u2019insuline tend à ramener vers l\u2019équilibre les perturbations du métabolisme basal.M.C.-A.GAUTHIER affirme qu\u2019il y a plus de névrosés que les médecins ne le veulent.Les psycho-dermatoses prennent très souvent l\u2019aspect prurigineux excepté chez les parano- laques.Le métabolisme basal y est le plus souvent augmenté, d\u2019où l\u2019intensité accrue des phénomènes d\u2019oxydo-réduction.Il y a toujours carence des facteurs « B ».Cette thérapeutique a base de « B» lui a toujours été satisfaisante.1 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 M.Eusrace MORIN dit qu\u2019il ne veut pas entrer dans les détails cliniques ni pathologiques et soumet que l\u2019école anglaise s\u2019efforce surtout à se faire accepter du malade et vise à le désintoxiquer ensuite.Le malade trouvera mieux chez lui que chez le pharmacien les ingrédients de sa guérison.M.EMILE GAUMOND admet un tempérament spécial chez le porteur de neuro-dermatose ainsi qu\u2019une mésadaptation, cite trois cas personnels: contrebandier eczémateux puni de Dieu, traumatisé de l\u2019épaule embêté d\u2019un procès et d\u2019une dyshydrose palmaire, eczémateuse mésadaptée génitale.Il soumet que le dermatologiste averti, mieux que le psychiatre, guérira la neuro-dermatose.Le secrétaire, Charles COTE.LIVRES REÇUS Liste de livres reçus à \u2018L\u2019Union Médicale du Canada\u201d Février-mars 1947 Diagnostic électrocardiographique.André Jouve, Jacques Senez et Jean Pierron.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Diagnostic hormonal et traitements hormonaux en gynécologie.Claude Béclère.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Tuberculose rénale sous l'angle de la thérapeutique.Jean Cibert.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Manuel de biochimie.Pierre Thomas.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Elements de psycho-physiologie.Henri Roger.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Traumatismes de la moelle et des racines.Sciatique traumatique.R.Thurel.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Clinique et investigations.Noël Fiessinger.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Hépatites rares.Maurice Loeper.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Les maigreurs.L.Cornil, M.Schachter.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Syndrome cortico-pleural.J.Skladal.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Les néphropathies gravidiques.H.Pigeaud et H.Dumont.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Le fibro-myome utérin.J.Ducuing.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.L'hémophilie \u2014 affection familiale.P.Emile Weil.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.L'hyperfolliculinie.Etude clinique, anatomo- pathologique et thérapeutique.Max Wallet.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.La périartérite noueuse.Maladie de Kuss- maul.P.Nicaud.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Thromboses arterielles.Physiologie pathologique et traitement chirurgical.R.Leri- che.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Le syndrome de Volkmann.Maurice Cahu- zac et François Jung.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.Le diabète.I.Pavel.\u2014 Masson et Cie, éditeurs, Paris.The Venous Pulse and Its Graphic Recording.Franz M.Groedel, M.D.\u2014 Brooklyn Medical Press, New-York. J\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 XLIIT ee A FT a Des expériences clin .iques ont prouvé - .o n que l'administrati des xanthines Ÿ peut doubler I tion coronaire et augmente ent à l'effort.\u2026 ue comp ye chad WA 10 oe pase\u201d 17 9¥S- ophylie (A The pen ws.gbro «.Ô The ?rassiu™ Qe.12 odure ne nobart Lest e 100 picarhonä ons ASIN | rue Le ROUGIER FRERES, 350, Moyne, MONTREAL (1) NOUVELLES LE CENTENAIRE DU COLLÈGE DES MÉDECINS Le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec fêtera, les 10 et 11 septembre 1947, le 100e anniversaire de son incorporation.L\u2019Exécutif du Collège vient de faire connaître les noms des membres des différents comités.Le comité d\u2019honneur sera composé de l\u2019hon.sir Eugène Fiset, M.D., Son Excellence Mgr Joseph Charbonneau, Rt Reverend John Dixon, MM.les ex-présidents du Collège, MM.les gouverneurs du Collège, MM.les doyens des facultés de médecine et de l\u2019hon.J.-H.-A.Paquette, M.D.Le comité central sera composé du président, le docteur Marc Trudel, des vice-présidents, les docteurs Beauchesne et Bibaud, et le secrétaire général sera le régistraire, le docteur Jean Paquin.+ + JOURNÉES MÉDICALES ANNUELLES 1947 L\u2019Exécutif de la Société Médicale de Montréal est en voie de parfaire l\u2019organisation des Journées Médicales Annuelles.Celles-ci seront tenues, comme les années précédentes, à l\u2019hôtel Windsor et elles auront lieu les 5, 6, 7 et 8 mai 1947.Elles consisteront, suivant la formule goûtée des réunions antérieures, en symposiums, en déjeuners- causeries, et elles se termineront, le 8 mai au soir, par le dîner annuel.+ + ÉLECTIONS À \"L'UNION MÉDICALE DU CANADA\u201d Jeudi, le 30 janvier 1947, a eu lieu au Cercle Universitaire de Montréal, l\u2019assemblée annuelle de L\u2019Union Médicale du Canada.On a procédé aux élections.Le docteur Albert Bertrand a été nommé président pour l\u2019année 1947 et les docteurs Richard Gaudet, de Sherbrooke, et Jean Saucier, de Montréal, ont été élus vice-présidents.Le docteur J.-A.Vidal demeure secrétaire-trésorier.Les officiers du Comité de Rédaction n\u2019ont pas été changés.+ + NOMINATIONS DE LA FACULTÉ DE MONTRÉAL Les nominations suivantes ont été faites par le Conseil de la Faculté, le 20 novembre 1946: Le docteur Guy Bégin, assistant régulier à titre hospitalier en chirurgie générale à l\u2019hôpital du Sacré- Cœur; le docteur Paul Brodeur, assistant régulier à titre hospitalier en électroradiologie à l\u2019hôpital No- tre-Dame; et, le 22 janvier 1947: le docteur Léon Longtin, assistant régulier à titre hospitalier dans le service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu (section d\u2019anesthésie) ; le docteur Fernand Grégoire, assistant régulier à titre hospitalier en chirurgie générale (section de la chirurgie thoracique) à l\u2019hôpital du Sacré-Cœur ; le docteur Jean-Charles Doucet, assistant régulier à titre hospitalier dans le service de médecine de l\u2019hôpital Notre-Dame (section d\u2019anesthésie) ; le docteur Roland Décarie, assistant régulier à titre hospitalier en chirurgie générale à l\u2019hôpital Notre-Dame.AUX JEUNES DIPLÔMÉS EN MÉDECINE: BOURSE D'ÉTUDES DE $1,500.00 EN VIROLOGIE.Pour un an, renouvelable et sujette à augmentation.L'Institut de Microbiologie et d'Hygiène de l\u2019Université de Montréal offre une bourse d\u2019études en Virologie aux candidats désireux de se créer une carrière dans les sciences médicales et la médecine préventive, et ayant des aptitudes pour la recherche.# Le candidat choisi devra accomplir un stage d\u2019au moins un an à l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal.Il aura d\u2019abord la latitude de perfectionner ses connaissances en vue de l\u2019étude avancée de la Virologie: cours spéciaux de Mathématiques, de Physique, de Chimie-physique, de Microbiologie et d\u2019Immunologie.L'étude de la Virologie se poursuivra ensuite sous la direction du Professeur Pierre Lépine, virologue de grande réputation, chef de service à l\u2019Institut Pasteur et professeur à l\u2019Ecole d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal.Des voyages à l\u2019étranger pourront compléter cette formation.Ces études de perfectionnement dureront au moins deux ans.L'Institut offre en outre une brillante carrière au candidat choisi. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 XLIV * N WN v \u2018 Av » A A s 4 Pras a 5 + Z | wh D bh) y Mo You é S a Me 3 ~% À oN Ne* \\ 2/0 : nN % Ÿ % Ra Vy i SAL i IT W f ou, à / 2 SE (4 77 ye == Wi 7 % Sv 24 A 2 UE: = secte Ze 7% | ZX = = 0 \u2014 GO w _ \u2014\u2014; 2 AA 5 FA A0 Ww fi A wy % 7 3 À GE BR A 7 7 2; N AN ZF - J PE 4 2 =) 14 1 [ AN = Ÿ il /) \u201c5 24 PS dé INDICATIONS FORMULE Extrait de Gui Troubles de l'Hypertension : Maux de tête \u2014 Vertiges \u2014 Céphalées de Foie « Spasmes Artériels, etc.Pancréatique Echantillons sur demande.ANGLO-FRENCH DRUG CIE, Ltée 209 est, Ste-Catherine MONTRÉAL _ 364 Conditions: Diplôme récent de médecine; bonne santé; acceptation du dossier moral et scientifique par le Directeur de l\u2019Institut.L'offre est maintenue jusqu\u2019à la fin d'avril 1947.+e + AUX JEUNES DIPLÔMÉS EN MÉDECINE: BOURSE D'ÉTUDES DE $1,500.00 EN ÉPIDÉMIOLOGIE.Pour un an, renouvelable et sujette à augmentation.L'Ecole d'Hygiène de l\u2019Université de Montréal offre une bourse d\u2019études en Epidémiologie aux candidats désireux de se créer une carrière dans les sciences médicales et la médecine préventive, et ayant des aptitudes pour l\u2019enseignement et la recherche.Le candidat choisi devra accomplir un stage d\u2019au moins un an à l\u2019Ecole d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal.Il aura la latitude de perfectionner ses connaissances en vue de l\u2019étude avancée de l\u2019Epidé- miologie: cours spéciaux de Mathématiques, de Microbiologie et d\u2019Immunologie et du diplôme en Hygiène publique.L'étude de l\u2019Epidémiologie proprement dite se poursuivra dans une Ecole d\u2019Hygiène de réputation internationale, en vue, si possible, d\u2019obtenir un doctorat.Ces études de perfectionnement dureront de deux à trois ans.L\u2019Ecole offre une brillante carrière au candidat choisi.Conditions: Diplôme récent de médecine; bonne santé; acceptation du dossier moral et scientifique par le Directeur de l\u2019Ecole.L\u2019offre est maintenue jusqu\u2019à la fin d'avril 1947.ee ee PRIX CIBA 1947 DÉCERNÉ PAR LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Le directeur de la compagnie Ciba, Monsieur An- gehm, a de nouveau cette année souscrit, au nom de sa maison, un montant de $1,000 qui a été mis à la disposition de la Société Médicale de Montréal, pour être distribué sous forme de prix aux membres de la Société qui présenteront des travaux originaux et inédits.RÉAPPARITION DU \u201cJOURNAL DE L'HOTEL-DIEU\u201d Il nous fait plaisir de souligner la réapparition du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, dont le numéro de janvier- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 février 1947 vient de paraître.Durant l\u2019année 1946, le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu n\u2019a fait paraître aucun numéro.DON DE $450,000 À L'INSTITUT DU CANCER Les fiduciaires du fonds Georges V viennent d\u2019autoriser un don de $450,000 au nouvel Institut national du Cancer du Canada.Cette décision a été prise lors d\u2019une réunion à Ottawa, au cours de laquelle on a approuvé les décisions prises récemment par un groupe de savants et de sommités du monde médical sur les mesures à prendre pour combattre efficacement le cancer.Au nombre des fiduciaires présents on remarquait: le Premier Ministre, le très Hon.Mackenzie King; le chef de l\u2019opposition, l\u2019hon.John Bracken; le professeur William Boyd, de l\u2019Université de Toronto; MM.J.K.Macdonald et G.D.W.Cameron.LE DOCTEUR GABRIEL NADEAU DÉCORÉ Le docteur Gabriel Nadeau a reçu, fin de janvier 1947, des mains de l\u2019Ambassadeur de France aux Etats-Unis, la Médaille de la Reconnaissance Française, à une réunion tenue à Boston.Le docteur Nadeau est attaché au « Rutland State Sanatorium », Rutland, Mass.LES DOCTEURS DUBÉ, GARIÉPY ET FRANCOIS ROY, HONORES PAR L'ACADÉMIE DE CHIRURGIE DE PARIS Récemment, l\u2019Académie de Chirurgie de Paris a nommé trois chirurgiens canadiens-français membres associés étrangers.Ce sont: les docteurs Edmond Du- bé, doyen de la Faculté de Médecine, J.-Urgel Gariépy, chirurgien en chef de l\u2019hôpital Notre-Dame, et François Roy, chef de clinique chirurgicale à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.CONFÉRENCE DU DOCTEUR YVES CHAPUT Mardi, le 11 février 1947, la Société Médicale de Shawinigan Falls et de Grand\u2019Mère tint une séance spéciale sous la présidence du docteur Victor Brassard, de Grand\u2019Meére.BEE ai San.ya Ta rr ren ne | HEPAROS EXTRAIT DE FOIE A HAUTE CONCENTRATION AVEC ACIDES AMINÉS UN HEMATOPOIETIQUE PUISSANT Directions: Une ampoule par jour ou plus.bite de 10 ampoules : buvables.FABRIQUE PAR LES PIONNIERS DANS LA RECHERCHE ET LA FABRICATION D'ACIDES AMINES AU CANADA DESBERGERS LIMITEE LABORATOIRES DESBERGERS-BISMOL) «88 OUEST, RUE ST.PAUL MONTREAL, CANADA Wo rr\u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014 © ot\u201d ok pe\u201d pt qu ue o® ott es ot ot ce at > ee a at au\u201d © ee ça n° oc* csv (ras \u2018 T \u201c ve i\" 3 > \u20ac J, = be - = oO t 4 a YS ?d\u2019EXTRAITS Ampoules in ap Si at $- wn; ea i : v = te) \u201c 1 » &.EST » a 3 J à » oo \u201c+ + ' 4, d 1 \u2026.fol À 3 3 ei ty POUR Ü § : .~ + ecta Las =\u201c ; x 2 WW \u20ac .~ x an ; ce es x 23 Ë : - = méthodes xy et.Aa Re # par vies?> a .3 - a = e aR PR, n 3 > A © ¥ EST Fi > is x a $ ; I Ad 1 a) - = ny a 7 r yer Pa , 7 A vy ne TNA \u2014 AT.> = Ne ï 5 #12 x.~ : GREL sre i », + A \u201c 3 ; cf v, =, A ?.- 2027 LCE 3.E, à i$: i ya 3 D gt » 3, HS vi »ù 3 En Wad > rt ï y.+ Sue VY NS Feng Yd a t) Er pe a a \u201d .IY) 3 >, I a +25 at oy, \u201c- ri £ Lx 2 a - 3 oad pn vee x pa = HER Tre \"x fe +45 À 3) Ja 3, a.os : 4 24 RR oo vd A 7 a & .x \u2018 ar ce se., 3 ¥ % % tv $ in £ va ze 3 RES f > (NA ra Rip 25 ge a \u2018 AVENU Gi hey ; iy + 14, » Side 4 - E ae JL 2 A AE ; 4 - 2, De du sa \u201c+ i ve = A ; \\ .& WE 7 338.4 sd \" D » $ 4 c à % xt * ë =, ; u Repré oe ge 3, \\ = SAT éRé 1 ae La 5 Is 4 y m ri 5 - \u20ac \u201c ?L a ARR de) Ÿ PSS fs DT & \\ * x A ria .YA EE hat an ka w Jak +, es Te \u201c> SU, x A, Ha .¥ N oi À) og Frs + 3: 4; 7m aa 55 COL pu, 3 Tp ae (#} 15 Ç 2 8 ve , * soy Me ar a y A.x\u201c, are Rod Th £3 Ar) \u20ac LE 4 © i Ë 24 Nd 2 A Ya LA 3 » \"44 5 3 G = vi a, 2 7 x N43 4 3 E BALE, A n vi Là ul % & © fs 5 a sa y ; a % \u201ca at \u2018= Fiat * 2 SUISSE = tas #1 C4 my ik LY ! ; Li st Aa à C4 Li qu 14 1 a .œ , ; # A, sa F45 * 5) os a ¥.© > À iw us au 2.û ~ 1 v ue 2 va 5 a Can © + tes, ass, v, 7 3, a # 3 3 * vas + fe # 4 PA » 3 \" vy Fea x « \u2018- $ >] dem 5; i A vy PA *y ay ot : > * x £44 if oy 2 vases Pai g À at « = & ¥ À + =P a, veu + A Pi 2H eo a =: » ORATOIRES ROBAPHARM SOC.33 iy 34 nn) a \"wy 3 A À $+.WE $ ve a ¢ > \u201ca es 2% a, 0) A = Qa iy +» 3 vs = PS at 9\u2019 x A : où 4 2 En % x ; Le 8.3 5) ! ?Mt \u201cwy EN \u201caed FE f a.æ ; x ie $ Jon 5 se va 08 we a 1 % Lk ; 3 .os \"à ve LX 3 > ; or 174 i qe Se + 3 po : préparés ay Ë ere $ En : 5.3 rid v3 va i di = P + a 3 Vi es méthodes roy # ; à 5, +3 Pa) A iN \u201c.; \u201455 3 A J 2 i pou RE * \u2018 Pp * \u201c § 3 ow it 3 = f 4 $ \\, x YA SAY À & Ce A > 4; A > 1, 7.# i \u201cye SU SRE RE A NM er, % a qe => He \u2018 vv PAY 11 = de diverses dx 8 a % a.7 A 7 fy 153 % a Ly vr zé.ET oh, fe] : \u201c+ 7 Lo [1 A Sr a ès, ar qe % AS a a 8) 20 Ay ©.Tu : \u2018> .hk > > Se Toy w $ où FRE wpe = \u2018gb x ~ 5 a 8 wh à as a PR Na ve a =, £3 \" Se.rés ik Chg ; 13 vie 3e = Ly $ A ; \u201c3%) Ja 2: be car wy te Fey % LR TRG?9-02 ay K : \u201c# ES 0 vate « \u201c < 372 Au sujet du cancer, le public aura l\u2019occasion de suivre activement les travaux du congrès.Il pourra se rendre compte ainsi des progrès de la science en ce domaine, ainsi que du désir de l\u2019Association de coopérer avec les divers gouvernements contre cette terrible maladie.oo ++ LE SANATORIUM DE MONT-JOLI On a commencé, en novembre dernier, au sanatorium St-Georges, de Mont-Joli, des travaux d\u2019agrandissement qui feront de cette institution une des plus belles et des plus vastes de la province.Le nouveau pavillon, dont on vient de commencer la construction, logera près de 300 malades et il abritera toutes les religieuses et les infirmières laïques.II servira aussi de local au service médical et aux membres de l\u2019administration.Ces travaux, ainsi que l\u2019ameublement de la partie qui sera agrandie, entraîneront une dépense d\u2019un million et demi à deux millions de dollars.ee ++ SÉANCE SCIENTIFIQUE À SAINTE-JUSTINE Il y eut une séance d\u2019étude avec présentation de malades à l'hôpital Sainte-Justine le 22 février 1947.Au programme on remarquait: Docteur J.-Calixte Favreau: «Ostéomyélite aiguë: sulfamidés et pénicilline ».Docteurs Gaston Lapierre et N.-R.Bouziane: « Le problème du «lait au chocolat ».4e +\u2014e LA SOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANÇAISE D'ÉLECTRO-RADIOLOGIE À SAINTE-JEANNE D'ARC La Société Canadienne-francaise d\u2019Electro-radio- logie tint sa dernière réunion le 7 février 1947, à l'hôpital Sainte-Jeanne d\u2019Are, sous la présidence du docteur Jules Gosselin.Les docteurs Jules Gosselin et Jean Bouchard étaient au programme.2e ve DON DE LA COMPAGNIE CIBA AU LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Le directeur de la Compagnie Ciba, M.Angehrn, vient de transmettre un chèque de mille dollars au nom de sa maison, dont la somme devra être consacrée au laboratoire de physiologie de l\u2019Université de Montréal pour des travaux de recherches à entreprendre sous la direction du docteur Eugène Robil'ard.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 LE DOCTEUR G.ROUSSEL La Maison J.Eddé Ltée nous prie d\u2019annoncer la mort du docteur Gaston Roussel, membre de l\u2019Académie de médecine, officier de la Légion d'honneur, fondateur des Laboratoires Roussel.C\u2019est un des chefs les plus remarquables de l\u2019industrie française qui disparaît.Médecin vétérinaire et docteur en médecine, M.Gaston Roussel avait commencé sa carrière par la clientèle de chiens, à Paris, dans le quartier de l\u2019Europe.Un travail de Carnot sur l\u2019hématopoïèse décida de son orientation vers le laboratoire, et, dès avant 1914, il commença à préparer l\u2019hémostyl.Il ne disposait alors que de quatre chevaux.Quinze ans plus tard, 1,500 chevaux fournissaient les énormes quantités de sérum qui étaient mises en ampoules dans une usine déjà considérable.Le docteur Roussel savait s\u2019entourer d\u2019excellents collaborateurs et osait entreprendre la production en grand des nouvelles substances thérapeutiques révélées par les chercheurs.Il organisa un travail d\u2019équipe dont les résultats furent particulièrement féconds.C\u2019est de la firme créée par lui, qui compte maintenant 5,000 personnes et s\u2019étend sur plus de vingt hectares, qu\u2019est sorti l\u2019échantillon standard de folliculine.D\u2019autres hormones naturelles ou synthétiques, des vitamines.des sulfamidés et divers autres médicaments en rendent la production très étendue.Le docteur Roussel avait été élu membre de l\u2019Académie de médecine en mars 1945.Un solide traité du sérum normal, écrit en collaboration avec M.Brocq-Rousseau, de l\u2019Académie de médecine, est en cours de publication.\"VIA MEDECINA\u201d FAIT APPEL À TOUS LES MÉDECINS Quelques étudiants en médecine de l\u2019Université de Montréal, soucieux de répondre à un besoin pressant, ont jeté les bases de l\u2019organisme « Via Medecina », dont le but est -d\u2019apporter de l\u2019aide médicale aux missions.Personne n\u2019ignore que le dispensaire ou le petit hôpital est pour le prêtre ou la religieuse-infirmière- missionnaire un moyen puissant de pénétration et de conquête.La main qui panse et qui soigne prêche silencieusement: la charité parle au cœur du pauvre paien.Aprés les années destructrices de la guerre, nos missionnaires sont retournés sur les champs d\u2019action; mais tout est détruit, il leur faut recommencer.Pour alimenter leurs pharmacies, ils doivent payer très cher pommades ou pilules indispensables ou bien laisser les tablettes vides. \u201cLI L UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 Le praticien connait bien les effets saisissants de ta Coramine dans l'insuffisance respiratoire.Mais, administré sous forme de gouttes au malade ambulant atteint d'une affection cardio-vasculaire, ce médicament donne aussi d'excellents résultats, Les GOUTTES CORAMINE \u2026 cues sons les cures d'entretien où une amélioration progressive est préférable à une action énergique immédiate.L'administration orale de gouttes Coramine permet au patient de vaquer modérément à ses occupations ordinaires, L'ESPRIT TRANQUILLE.Ce facteur psychologique compte pour beaucoup dans le succès du traitement des troubles cardiaques.PRÉSENTATION GOUTTES, pour administration buccale: flacons de 15, 45 et 100 c.c.AMPOULES pour administration intramusculaire: 1.5 c.c., boites de 5, 20 et 100; 5c.c., boîtes de 3, 12 et 100.COMPAGNIE CIBA LIMITÉE » MONTREAL 374 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.C.\u2014 Montréal, mars 1947 La France, la Belgique, les Etas-Unis et autres pays ont des organisations d\u2019aide médicale missionnaire.Pourquoi ne réaliserions-nous pas la même chose ici?Au Canada, un grand nombre de médecins reçoivent régulièrement des échantillons médicaux qui souvent ne sont pas utilisés.Il se perd ainsi chaque année des quantités formidables de remèdes de toutes sortes qui seraient si utiles pour les dispensaires des missions.Aujourd\u2019hui, les étudiants font la cueillette.Il nous faut des caisses et des caisses de médicaments pour a envoyer à nos missionnaires.Nous comptons que tous les médecins de notre pays entendront notre appel et se feront un devoir d\u2019y répondre.N\u2019attendez pas; même si vous avez peu à envoyer, faites le paquet sans tarder et expédiez-le à: « VIA MEDECINA », a/s l\u2019A.G.E.U.M, Université de Montréal, 2900, boul.du Mt-Royal, Montréal.\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 XXVIe CONGRÈS FRANÇAIS DE MÉDECINE Le professeur L.Justin-Besançon adressait ces jours derniers au docteur Donatien Marion, directeur général de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, le programme préliminaire du XXVIe Congrès de Médecine.J XXVIe CONGRES FRANCAIS DE MEDECINE Le 26e Congrès de Médecine se tiendra à la Faculté de Médecine de Paris, les 16, 17 et 18 octobre 1947, sous la présidence du professeur A.Lemierre (secrétaire général: professeur L.Justin-Besançon).L\u2019horaire du Congrès sera le suivant: Jeudi 16 9 h.30 \u2014 Séance solennelle d\u2019ouverture, sous la présidence de M.le Ministre de la Santé publique.10 h.30 \u2014 Présentation des rapports sur la génétique et les maladies familiales, par MM.Ludo Van Bogaert, A.Turpin, Maurice Lamy et Christiaens.14 h.30 \u2014 Discussion des rapports sur la génétique et communications.Vendredi 17 10 h.\u2014 Présentation des rapports sur les anti-hista- miniques, par MM.Bickel, Gate et Pellerin, et Jacques Décourt.14 h.30 \u2014 Discussion des rapports sur les anti-his- taminiques et communications.Samedi 18 10 h.\u2014 Présentation des rapports sur les kystes du poumon, par MM.Santy, Dufourt et Gally, Pru- vost et Benhamou.14 h.30 \u2014 Discussion des rapports sur les kystes du poumon et communications.Le montant de l\u2019inscription au Congrès, donnant droit au volume des Rapports et à celui des comptes rendus et communications, est de 1,000 fr.pour les membres titulaires.Il est de 500 fr.pour les membres associés (familles des congressistes).Les admissions sont prises par le trésorier-adjoint.M.Georges Masson, 120 Boulevard St-Germain, à Paris (VIe) compte chèques postaux: Paris 599.Les adhérents recevront le programme détaillé du Congrès et des réceptions ainsi que tous les renseignements concernant les voyages, logement, etc.LE GÉNIE DE BELL S'EST MANIFESTÉ JUSQUE DANS LE MONDE MÉDICAL Le célèbre inventeur du téléphone, Alexander Graham Bell, fut créé, à titre honorifique, docteur en médecine de l\u2019Université d\u2019Heidelberg, en 1886.Si inusité que puisse paraître un tel honneur, les recherches de Bell dans des domaines connexes à la médecine semblent justifier complètement cette distinction.Sa contribution à la thérapeutique vocale par son enseignement de l\u2019élocution aux sourds et ses recherches sur l\u2019hérédité de la surdité ne marquèrent que le début de ses réussites médicales.II développa aussi une balance à induction pour repérer les pièces de métal dans le corps humain, et une sonde téléphonique pour le même usage.Il est établi qu\u2019il fut le premier à suggérer d\u2019introduire du radium dans un tissu cancéreux et, dans une certaine mesure, il devança l\u2019appareil radiographique de Rœntgen.La balance à induction et la sonde chirurgicale furent improvisées à la suite d\u2019une circonstance grave.Le 2 juillet 1881, le président Garfield et le secrétaire d\u2019Etat Blaine attendaient à la gare de Washington où Garfield devait prendre le train pour assister à la collation des grades au « Williams College », dans le Massachusetts.Dans la salle d\u2019attente un quémandeur détraqué du nom de Guiteau tira soudain un révolver de sa poche et fit feu à brûle-pourpoint, blessant grièvement le président.Recherche de la balle Pendant des semaines la vie du président ne tint qu\u2019à un fil.Des prières spéciales furent récitées dans les églises de Washington, et tout le pays attendait avec une vive anxiété le bulletin de santé du prési- py + a naman eu # = CS = ei br ; = zn = ! = x, Se x > * FA x 23 > or i xa 25 3 ea Les ÈS M vi, 2 = 3 se = 53 NE Lo a Zi ox + 5% En 2 ci .= A = 15 WV, & = M & Se, + Ÿ a Fok Ve = = # 2.5 ç À ie 1 a = \u20ac sx.% = eX 7 2d RE = se PS Se \u20ac a = > hy & a SH se = = = { : TN >.= or .35 a S = = EB = be # ss © 5 RK Ë Ce ; es id ¥ = \u201ci ce 2 = > S secs A os = = SS = Es © 2 f ee iE 5 Se = SR = aan se = 2 > \u20ac sa .= cn Re a ok a SR = x > = RS 55 = ee a i SE = 5, pa I: Se > = = ee XE BY 33 = iy 2 Gri = a => o%
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