L'union médicale du Canada, 1 septembre 1954, Septembre
[" Tome 83 \u2014 Numéro 9 MONTRÉAL, SEPTEMBRE 1954 ssociaTion k Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Fondée à Québec en 1902 L'Union Médicale du Canada Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872 9 © ADMINISTRATION ET SECRETARIAT : 326 est, boulevard Saint-Joseph, Montreal.XXIVe CONGRES DE L'A.M.L.F.C.OTTAWA-HULL les 27, 28, 29 et 30 SEPTEMBRE 1954 au CHÂTEAU LAURIER Un antidyspnéique de choix\u2026 EUPYOGENE également présenté avec AMINOPHYLLINE (100 mg.par cuillerée 3 thé) ELPYOPOHYLLINE L\u2019action bronchodilatatrice de I\u2019Aminophylline s\u2019ajoute i I'action fluidifiante de l\u2019Eupnogène.Médication par excellence de la bronchite asthmatique et de l\u2019emphysème pulmonaire.Flacons de 120 cc., 16 oz., 2, 1 gallon, 60 et S00 comprimés.Fius dun demistccle consacre à l'avancement des sciences pharmaceutiques et medicales au Canada © l\u2019antihistaminique du soir LATION ba ess MAL D Ra 2?7 Pa oo so Sone co X fers 07 un dérivé de la phénothiazine: PROMÉTHAZINE, B.P.l\u2019effet d\u2019une seule dose dure de 16 à 18 heures activité antihistaminique - action analgésique - activité hypnotique - action antiparkinsonienne - action de blocage semblable à celle de l'atropine comprimés à 10 mg.- dragées à 25 mg sirop à 2.5 mg.par cc.renseignements et échantillons sur demande unique en son genre! Poulenc] 4. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 M T WwW T F S YY YTV « I n PIE 9] 3 4 5 6 7 whe S 9 11 pour 12 13 14 USAGE MORAL régulier 15 16 17 19 Bl 20 21 rolongé Acétazolamide Lederle Le DIAMOX Lederle agit d\u2019une façon nouvelle et différente.Ce n\u2019est ni un mercuriel ni un dérivé xanthique.Il provoque rapidement une diurèse abondante par inhibition spécifique de l\u2019anhydrase carbonique.Il est remarquablement atoxique, même à doses beaucoup plus élevées que la dose thérapeutique.Le DIAMOX ne s\u2019accumule pas dans l\u2019organisme, *MARQUE DÉPOSÉE mais est éliminé quantitativement et inchangé dans LEDERLE LABORATORIES l\u2019urine.Il peut donc être administré de façon répétée.DIVISION .a .yas North American Cyanamid Limited Les cardiaques peuvent être maintenus exempts d\u2019œdème 5550 AVENUE ROYALMOUNT pendant des semaines et des mois.VILLE MONT ROYAL Présenté en comprimés rainurés (250 mg.) MONTREAL, QUEBEC Dose: 1 à 14 comprimé chaque matin, selon le poids. SOMMAIRE © Roma AMYOT IN MEMORIAM J-E.Perron 1.111100 conne en cece ee eee ee 965 XXIVe CONGRÈS DE L'A.M.LF.C.Jean-Marie LAFRAMBOISE Invitation du Président __ een ele nec ence mme nec ce ce ne nes el one el LL el LL 967 Symposium sur la pathologie pulmonaire eee ee emeem eres eens nena meemanenannn 968 Edouard DESJARDINS BULLETIN La diffusion de la pensée médicale .__ LL LL 969 e ©e oo S.LAUZÉ Sur la pathogénie de la rupture spontanée de l'aorte ._.__._._.L.LL LL LL LL 973 J.-L.LAMY et E.-D.GAGNON A propos d'arrêt cardiaque en.979 Jacques GENEST, Lidia ADAMKIEWICZ, Raymond ROBILLARD et Gilles TREMBLAY Considérations générales sur le traitement moderne de l'hypertension artérielle ._______.985 SYMPOSIUM SUR LE GLAUCOME Claude MONFETTE Avant-propos aux confréres mnon-oculistes ._ 00000 AL LL LL LL 989 Roland LAPOINTE L'anatomie et le glaucome Roland CLOUTIER Biochimie du liquide intra-oculaire Jean-Robert POIRIER Tonométrie INDICATIONS: ARTHRITISME Rhumatisme aigu, chronique Une bouteille par jour, soit: Goutte un verre à jeun, un verre à chaque repas Diabète arthritique et un verre le soir.ICHY CELESTINS EAU MINÉRALE ALCALINE NATURELLE, PROPRIÉTÉ DE L'ÉTAT FRANÇAIS MALADIES DES VOIES URINAIRES : Gravelle urique et phosphatique Une bouteille par jour comme ci-dessus.Albuminurie des goutteux et Une demi-bouteille par jour, soit: des graveleux Un verre à jeun.Cystites \u2014 Néphrites Un verre une demi-heure avant le repas du midi.Artério-sclérose au début Un verre le soir.Recommandée et prescrite par le Corps Médical dans le monde entier | Représentants exclusifs au Canada: HERDT & CHARTON, Inc., Montréal om \u2014 ms \u2014_ L'Union Méd.Canada III Tome 83 \u2014 Sept.1954 AE Ng N ht; A a » ak 4 i», 54 ee TE En pe Mi > aboraloire [AN | aus ES ki MI L= E: A MI EF SE NNN MONTREAL lt CA SOMMAIRE (Suite) Michel MATHIEU La gonioscopie o.oo.996 Robert PAGER Champs visuels dans le glaucome _._.i.998 Gilles COUSINEAU Traitement médical du glaucome ._.i.1000 Antonio DEMERS La chirurgie du glaucome ._._.111111020110L0eL Leon l elec een lle nel a ann LL LL LL Le LL 1002 René CHARBONNEAU Epreuves de provocation dans le gleucome o.oo eee 1004 J.-Philippe PAQUETTE RECUEIL DE FAITS Pneumothorax spontané compressif, Emphysème sous-cutané géant.Tuberculose pulmonaire 1006 Jean GRIGNON et C.-E.GRIGNON Syndrome de Cushing mmm cmeeemmc\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 1013 F.GAGNE Dégénérescence hydropique des tubes rénaux et de la travée hépatique apres administration de soluté dextrose hypertonique.Deux observations.__._ oe.1017 Louis VENNE Oreilles décollées.Présentation de deux cas opérés par la méthode de Barsky modifiée par A.W.Farmer, de Toronto _.201000000en son nos cocon nes s oo canccenmee 1022 Pierre BRODEUR REVUE GENERALE La fonction cortico-surrénalienne du nouveau-né ooo imeem 1024 Nantel GARON Endocrinologie et grossesse ___._.o.oo eemmeeee\u2014eeee\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014am\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 1023 Léon BEIQUE et Michel BERARD Lesions bénignes anales et périanales et leurs traitements ._______._________.__._.___.1031 Marque d'un composé de Pentobarbital-\"Noctinal\" e PROVOQUE PROMPTEMENT LE SOMMEIL; e DONNE UN REPOS RAFRAÎCHISSANT DURANT TOUTE LA NUIT \u2014 libre de sensation déprimante.Le pentobarbital renfermé dans la tablette Twin-Barb induit rapidement au sommeil et ses effets durent pendant environ trois heures.À mesure que cette action s'épuise, le Noctinal commence à exercer ses effets plus soutenus.Le patient jouit donc d'approximativement huit heures de sommeil et se réveille rafraichi, libre de toute sensation déprimante.\u201c\"TWIN-BARB\" COMPOSITION DE LA TABLETTE S.C.T.NO 445 \"Sol Une enveloppe extérieure rapidement Chaque tablette renferme: soluble.| *Noctinal (dans le noyau intérieur) 50 mg.(34 de gr.) ee pentobarbita! sodique qui produit + .butabarbital sodique N.N.R.L'enrobage intérieur prend, pour se pentobarbital sodique (dans l'en- dissoudre, environ le même temps que veloppe extérieure).65 mg.( 1 gr.) la durée de l'effet du pentobarbital.POSOLOGIE: une tablette avant le coucher.Le \u201cNoctinal\u201d\u2019 prolonge la sédation.PRÉSENTATION: flacons de 100 tablettes, Chartes &.Frosst &Co, MONTREAL CANADA L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 L'Ouabaïne Arnaud et I'Quabaine Arnaud a été adopté au \u201cNational Institute for Medical Research\u201d, Londres, comme le standard international pour servir de base de comparaison a tous les concentrés et extraits des strophantines ordinaires, au point de vue de leur activité biologique et de leur toxicité.COUABAINE ARNAUD * et SEULE l'Ouabaine Amand est le glycoside du strophantus qui, en tant qu\u2019agent cardiotonique, (A) est chimiquement pur (B) est reproduit de façon uniforme (C) est constant dans son action thérapeutique, en observant la proportion pureté-poids (D) n\u2019est pas sujet à l\u2019erreur de la standardisation biologique (E) est rapide, constant et sûr dans son effet thérapeutique (F) n\u2019est pas sujet à accoutumance (G) est supérieur aux strophantines ordinairement plus toxiques, souvent mal définies chimiquement et physiquement, et dont la composition varie en raison des sources de provenance et des méthodes de fabrication.(H) est particulièrement indiqué dans toutes les formes d\u2019insuffisance cardiaque avec rythme régulier et (I) dans l\u2019insuffisance ventriculaire gauche; l\u2019insuffisance ventriculaire gauche de la myocardite ou accompagnant une lésion aortique ou une hypertonie.L\u2019Ouabaïne Arnaud, de même que la Digitaline Nativelle, sont des produits dont le Laboratoire Nativelle est justement fier puisque ces deux médicaments sont des standards universels de pureté et d\u2019uniformité dans leur domaine respectif. SOMMAIRE (Suite) Origène DUFRESNE EDITORIAL Nouveaux horizons sur le domaine du cancer Leeann 1037 Bertrand VAC VARIETES Les \u201chobbies\u201d des médecins ee 1041 L Henri GARIEPY MEDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Les nouveautés dans le domaine de l'insulinotherapie _._.__._ oo.1047 Fernand MONTREUIL Le mal du mouvement _.aa 1051 L.-Léon LEBEL Les diurétiques \u2018per os\u2019 ea 1052 Les facteurs personnels et d'emploi dans l'étiologie du carcinome du poumon (1055).PHTISIOLOGIE Révision critique de quelques notions sur l\u2018épidémiologie de la tuberculose (1055).NEURO-PSYCHIATRIE Nouveaux aperçus sur la dégénérescence hépato-lenticulaire (1056).PEDIATRIE Etude clinique du nouvel antibiotique: le Magnamycin dans les staphylococcies de l'enfant (1058).Etude électrophorétique des protéines sanguines sériques chez le prématuré pendant les quatre premières années de sa vie (1058).Les infections du nouveau-né et les abcès du sein à staphylocoques (1059).Ictère obstructif prolongé chez le nourrisson (1059).HA 7 L'Union Méd.Canada XXIX Tome 83 \u2014 Sept.1954 pourra Ce Monde Vereux\u2019.AB 1% 25 ah # 7\u2019 Tv + $4 v WN Ris », & y ro , y of a wed ~ É # Le LE SIROP ANTEPARZÆ4 18-millio d\u2019h Canad ont lés.hôtes in- po) 1G t débarrassés ant GR pa (OM CURE] traite epar I.en pl NS 3 yy) (ht ruit est SCAN ue ETS ETS bd Dura ite Pre) pré- ve réinf ation, mais 1 av ont.PAS ee INS Tt rq irap \u201cCitrate de Pipérazie if renferme OY leg de.RTS 0) Lis LED LEY) par ce.Flacot 80 once quide Référence: + » 45 ta EY 3 \u2018Bumbalo, bane \u2018Gustina, I En R.H A et ay Lo D.: Brit, M.J.ka 755, 1953.YE ir demande fra BURROUGHS WELLCOME & CO.(The Wellcome Fo dation Ltd.) Mo réal XXX L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 | POMMADE MIDY SUPPOSITOIRES MIDY EPINEPHRINE STOVAINE ANESTHÉSINE EX} DE MARRONS PRINCIPES D'INDE FRAIS STABILISÉ ACTIFS LABORATOIRES MIDY, 67 AVENUE DE WAGRAM, PARIS, (France) Agents pour le Canada: VINANT Limitée, 200, rue Vallée, MONTRÉAL para-amino-phényl-sulfamide éphédrine élycaïne LABORATOIRES A.BAILLY mnstilations SPELY-EXPORT 19 RUE DU ROCHER - PARIS pubbésisalions Agents pour le Canada - VINANT Limitée, 200 rue Vallée, MONTRÉAL Bristol LABORATORIES C AN A D A 286 ST.PAUL ST.WEST, MONTREAL ler septembre, 1954 Cher docteur; L'accueil que la profession médicale au Canada a bien voulu réserver à la POLYCYCLINE dès sa présentation, restera une grande source d'encouragement pour mes collègues de l'équipe de recherches de Bristol, et pour moi même.Un grand nombre de vos confères ayant exprimé le désir d'avoir à leur disposition une formule pédiatrique de POLYCYCLINE, je suis heureux de vous annoncer la création de la POLYCYCLINE \"250\" SUSPENSION, dont vous voudrez certainement noter le nom.La POLYCYCLINE \"250\" SUSPENSION est préparée d'avance et stable pour deux ans à la température ambiante; son goût délicieux fera la joie de vos petits malades.Les résultats des premiers essais cliniques ont largement dépassé nos espérances en ce qui concerne l'efficacité de cette nouvelle formule.Je veux profiter de l'occasion de ce message pour offrir aux Médecins de Langue Française mes meilleurs voeux pour le succès de leur congrès d'Ottawa.Votre tout dévoué BRISTOL LABORATORIES OF CANADA, LIMITED Ru isan Charles H.Mann, Directeur Médical. Ce We Ve 0, 29 Lo x Ls Sp So \"2 Pa 226, %, Ca S = \u201cb L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 XXXIIL [Effet de la Dramamine dans le Vertige On reconnait maintenant le role de la Dramamine dans le contrôle de conditions cliniques variées qui ont comme caractère commun le vertige et on Vaccepte comme standard dans le traitement de la maladie du mouvement.Le vertige, suivant Swartout, est dû premièrement à un trouble des organes qui assurent l'équilibre du corps.Lorsque l\u2019on change la position de la tête, la substance gélatineuse des canaux semi-circulaires commence à circuler.Ce mouvement fait naître des influx nerveux qui sont transmis aux noyaux vestibulaires.De là, les influx sont disséminés à différentes parties du corps et causent ce symptôme complexe, appelé vertige.Quelques influx irritent les muscles de l\u2019œil et occasionnent du nystagmus, certains atteignent le cervelet et les muscles squelettiques et il en résulte de la rigidité de la tête; d\u2019autres excitent le centre émétique et la nausée apparaît; d\u2019autres enfin se rendent au cerveau et font réaliser à l\u2019individu que son équilibre est rompu.Le vertige peut être causé par une maladie ou des stimuli anormaux de l\u2019un ou l\u2019autre des tissus qui participent à la transmission de la sensation du vertige, y compris le cerveau et les organes récepteurs.Une explication plausible de l\u2019action de la Dramamine est son effet dépresseur sur les structures excitées du labyrinte de l'oreille interne.Ainsi, la dépression s'exerce à l\u2019origine même des.influx qui causent le vertige, la nausée et les trou:- bles similaires.Quelques chercheurs ont suggéré que la Dramamine peut avoir, en plus, une action sédative sur le système nerveux central.Des études cliniques répétées ont prouvé que la Dramamine est aussi efficace dans le contrôle des symptômes du syndrome de Ménière, la nausée et les vomissements de la grossesse, la maladie des rayons, le vertige de l'hypertension, le vertige de la fénestration, la labyrintite et la dysfonction vestibulaire associée à la thérapie par les antibiotiques, que dans le mal du mouvement.Toutes les conditions dans lesquelles la Dramamine est effective peuvent être classifiées comme \u201cmaladie ou stimuli anormaux\u201d des tissus, y compris les organes récepteurs (Tractus digestif, les yeux) et leurs conducteurs nerveux les reliant au laby- rinte.La Dramamine (marque de dimenhydrinate) est présentée en comprimés de 50 mg.et en liquide (12.5 mg.par 4 c.c.).Elle est acceptée par le Le lieu d\u2019action de la Dramamine est probablement le labyrinte.\u2014 > \u201cCouncil on Pharmacy and Chemistry\u201d de l\u2019\u201cA- \u201c#Swartout, R., III, and Gunther, K.: \u201cDizziness\u201d: Ver- merican Medical Association\u201d.G.D.Searle & Co.tigo and Syncope, GP 8:35 (Nov.) 1953.: La Recherche au Service de la Médecine.¢.0.SEAR LE a co.or canapa, LrD.,( 390 Weston Road, Toronto 9, Ontario XXXIV L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 L'AMINOPHYLLINE FRANÇAISE CARENA SÉDO-CARÉNA .CARENA COMPRIMES INTRAMUSCULAIRE Caréna \u2014 Phénobarbital \u2014 Papavérine TR ror octhylene- diam ne Neurodysténies cardiaques Syndromes cardio-rénaux Spasmes vasculaires, Algies des cardiaques.Œdèmes cardiaques, rénaux et hépatiques.Dyspnées 1 ones CARÉNA-OUABAÎNE TRINITRINE-CARENA AMPOULES I.V.\u2014 COMPRIMES COMPRIMES VASO-DILATATEUR \u2014 CORONARIEN Algies paroxystiques, état de mal angineux, Défaillance cardiaque, cœur séniîle crises d\u2019angine de poitrine Laboratoires DELAGRANGE \u2014 Paris Agents pour le Canada: VINANT Limitée, 200, rue Vallée, MONTRÉAL Roentgenogramme sans Lipiodol complete l\u2019image du diagnostic! Agents exclusifs pour le Canada: VINANT Ltée, 200, rue Vallée, MONTRÉAL ec Lipiodol Roentgenog 22, Rue du Landy, 22 LABORATOIRES A.GUERBET & C'e PARIS - SAINT.OUEN % UTIIUL vIC ALL AUdA Tome 83 \u2014 Sept.1954 PRODUITS PHARMACEUTIQUES GEIGY, Division de Geigy (Canada) Limited X X X V/ dans L'ARTHRITE et les troubles s'y rattachant BUTAZOLIDINE (marque de phénylbutazone) posséde le champ d\u2019action le plus étendu De tous les antiarthritiques présentement disponibles BUTAZOLIDINE, le nouvel agent synthétique et non-hormonal, offre aux médecins le champ d\u2019action probablement le plus étendu.Des rapports autorisés, parus dans le Journal of the American Medical Association et ailleurs, ont énuméré les différents états arthritiques et autres conditions musculo-squelettiques où l\u2019efficacité de BUTAZOLIDINE est reconnue.BUTAZOLIDINE se caractérise par: e Soulagement de la douleur dans 3 cas sur 4.e Amélioration fonctionnelle par réduction de l\u2019inflammation et des spasmes, et augmentation de la mobilité.e Efficacité continue malgré un emploi prolongé.BUTAZOLIDINE est prescrit en cas d\u2019arthrite goutteuse, arthrite rhumatismale, ostéoarthrite, spondylite rhumatoïde, psoriasis arthropatique, et dans les formes graves de troubles périarticulaires qui se sont avérés réfractaires aux traitements ordinaires.Dans le but d\u2019assurer les meilleurs résultats avec le minimum de réactions secondaires, les médecins sont priés de consulter la documentation détaillée mise à leur disposition sur demande.BUTAZOLIDINE (marque de phénylbutazone): Dragées de 100 mg.en flacons de 100, 250 et 1000.286 ouest, rue Saint-Paul Montréal 1, Québec. ne t .é Silas.\u201c m SM = * Y Re A » >, 4 Aa - LS 2 +.\" ee a A Hom ENS s ue it i A) $ * 5, à pa 4.Si 7% Hin * LA ne Bl + ie Bry + Cap 3 le Le WE.| % = 5 F # 4 Pi ra 7 & 7, a &, § + ve i ¥ apg 45e 5 % og Bed a = rey, CAE sb, > pi cf gor En 24 5 SR: % pe 3 Ax es = A i w | £7 ps 5 2 i: 5 À 7 2 BE , #0 J ks 7 5 L 3 by.\u201d.5 Î % 2 : 7 \u2018» % % f % Ë : 7 % % + i i i 7% \u2026 I 2 pe % } +8 i 7 + RL % ay es 5 : 355 7 2: 2: RAI CR Protection complete © nfantol H FRANK W.HORNER LIMITED \u2014 L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 XXXVII DANS LES INFECTIONS DES VOIES URINAIRES Grâce à l\u2019atout précieux de sulfami- démies élevées!, SULFOSE exerce une action anti-bactérienne énergique à l\u2019endroit où elle le plus fortement requise, c\u2019est-à-dire au sein des tissus infectés de l\u2019arbre urinaire2.Car SULFOSE agit cliniquement par la triple attaque combinée de ses trois sulfa- pyrimidines, (sulfadiazine, sul- famérazine, sulfaméthazine) qui se traduit par de hautes concentrations en sulfamides dans le sang et les humeurs.Grâce à l\u2019atout non moins précieux de sa toxicité basse, SULFOSE diminue le risque rénal de la cristallurie3, en groupant trois sulfamides dont les solubilités sont indépendantes l\u2019une de l\u2019autre.La Suspension de SULFOSE groupe trois sulfamides, mis en suspension dans un gel d\u2019alumine spécial, qui facilite leur dispersion et leur absorption.Elle est indiquée dans toutes les infections qui réagissent aux sulfamides.Présentation: La Suspension de SULFOSE est offerte en flacons de 16 ounces liq.et de Xe Gall.Imp.Autre forme: Comprimés de SuLrose.En flacons de 100 et 1,000 comprimés.Composition, par cuillerée a thé de 5 c.cou par comprimé: 0.167 Gm.de chacun de ses composants, sulfadiazine, sulfa- mérazine et sulfaméthazine.1.Jawetz, E.: California Med.79:99 (août 1953) 2.Cecil, R.L.et Loeb, R.F.: Textbook of Medicine, W.B.Saunders Co., Philadelphia, 1951, p.p.963-967 3.Sophian, L.H.et autres: The Sulfapyrimi- dines, Presse de A.Colish, New York, 1952 4.Berkowitz, D.: Antibiot.& Chemoth.3:618 (juin 1953) SULFAMEDEMIES SUPERIEURES AVEC LA SUSPENSION DE SULFOSE SULFAMIDO-THERAPIE TRIPLE y Marque Déposée WALKERVILLE, ONTARIO L'Union Méd.Canada XXXVIII Tome 83 \u2014 Sept.1954 REGULATEUR DU TONUS VAGO-SYMPATHIQUE DESANXYL COMPRIMES KERATINISES 2 FORMULE: hypophyse fraîche - chlorhy- belladone stabilisée, extrait drate d\u2019éphédrine, phénobar- d\u2019euphorbe, crataegus, scille.bital.INDICATIONS: états anxieux, dyspnées asthmatifor- Tempéraments émotifs, instables ou mes, asthme, emphyséme.Spasmes anxieux, insomnies d\u2019origine neuro- gastriques et intestinaux.végétative, vertiges, migraines, affections allergiques.Contre-indiqué dans l\u2019hypertension élevée, l\u2019albumine, les affections organiques cardiaques et le diabète.Docteur, En prescrivant le DESANXYL, spécifiez \u201cEDDE\u201d Flacons de 30, 100, 500 J.EDDÉ, LIMITÉE, 1154, Beaver Hall, Montréal \u2014 Tél.: UN.6-1806 Maison fondée en 1918 // -_\u2014\"-_-_-_\u2014_\u2014\u2014\"\" -\"\"_ L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 XXXIX L\u2019eau permet à l\u2019huile de s\u2019étendre plus rapidement vi-syneral gouttes vitaminées Notable progrès dans la vitaminothérapie.Cette huile en solution aqueuse mise au point par les Laboratoires de Recherches de U.S.Vitamin Corporation.La littérature médicale* appuie cette supériorité des solutions aqueuses de Vitamine A sur les suspensions huileuses (telles que les huiles de foie de poisson).PLUS GRANDE ABSORPTION 500% EMMAGASINAGE HÉPATIQUE PLUS ÉLEVÉ 85% EXCRÉTION PLUS ACCENTUÉE DE 1/5 * Littérature et échantillon envoyés sur demande Arlington-Funk Laboratories, division 1452, rue Drummond \u2014 Montréal, Québec.à base de vitamine D naturelle (100%) I\u2019anti-rachitique par excellence.chaque cc.contient: VITAMINE A (naturelle) 8,333 unités VITAMINE D (naturelle) 1,666 unités ACIDE ASCORBIQUE (C) 83 me.THIAMINE HCI (B,) 1.67 me.RIBOFLAVINE (B,) 1.33 me.PYRIDOXINE HCI (B,) 1.67 mg.NIACINAMIDE 10 mg.ACIDE PANTOTHENIQUE 8.33 mg.U.S.VITAMIN CORPORATION of Canada, Ltd. XL L'Union Méd.Canadu Tome 83 \u2014 Sept.1954 Pour votre dureau, DOCTEUR J Q UN.1-1431 NOUVEAU NUMERO DE TELEPHONE 5 UNE VISITE EST SOLLICITÉE À NOTRE SALLE D'ÉCHANTILLONS SOUS-MAINS FEUILLES DE COMPTABILITÉ DOSSIERS CHEMISES FICHIERS CLASSEURS LAROUSSE MÉDICAL STYLOS BEAUCHE MIN , RUE SAINT-GABRIEL MONTRÉAL L'Union Méd.Canad.; Tome 83 \u2014 Sept.1954 XLI | Dans le traitement de l\u2019infection para-nasale, ARGYROL constitue la base rationnelle d\u2019une thérapeutique efficace i { | ARGYROL Détersif et émollient bacteriostatique decongestionne sans réaction En cas d'infection nasale et de sinusite, les propriétés bactériostatiques et physiques de l'ARGYROL s'unissent pour favoriser l'écoulement, réduire la congestion, aider à combattre l'infection et rétablir la fonction normale.La methode ARGYROL Son triple effet } ; 1.Conduit nasal .instillations 1.Décongestionne sons irritation } d'ARGYROL a 20 p.100 dans le de la membrane ni lésion ciliaire.) ; canal lacrymal.: 2.Incontestablement bactériosta- : ia | 2.Voies nasales .gouttes d'une nave et cependant non toxique | solution d'ARGYROL à 10 p.100.pour Yes tissus.; 3.Nettoie en stimulant les sécré- | B.Fosses nasales .tampunne- tions, renforçant ainsi la première } | ment avec ARGYROL à 10 p.100.ligne de défense de l'organisme.Fabriqué exclusivement par A.C BARNES COMPANY LTD.| STE-THERESE, QUEBEC Pour le maximum de soulagement, exigez te ee pren l\u2019embañage authentique.J 'ARGYROL est une marque déposée, propriété de A.C.Barnes Company Limited tension La tension chez la plupart des patients n\u2019est pas continue et son niveau d'intensité ne se maintient pas constamment élevé durant 24 heures.Dans la majorité des cas la tension se manifeste par des hausses quotidiennes intermittentes .causées par les exigences de la vie moderne.Afin de soulager les symptômes de la tension, un sédatif s\u2019impose.Et puisque la tension se manifeste par des hausses intermittentes .une sédation continue n\u2019est pas de rigueur.Elle ne servirait qu\u2019à \u201csur- droguer\u201d le patient dont le rendement pourrait étre amoindri durant la journée.N | DAR.l\u2019encontre des préparations sédatives à action prolongée offre une formule nouvelle toute désignée pour réduire chez le patient la tension lorsqu\u2019elle survient. pour un contrôle spécifique des hausses de tension L'effet courte-durée de NIDAR procure une sédation au moment requis.; INTENSITÉ D'ACTION vnes.\u2018ry A PHENOBARBITAL N co Co ) tL Te \u2019 A PHENOBARBITAL NU ; RU 5 .rd i.A 1 _ - a - po + = ; ft = oe ji 8 {| BUTABARSITAL SODIQUE NN ti .À a i BUTABARBITAL SODIQUE NC CoRR | | PENTOBARBITAL SODIQUE Ne | C1: i PENTOBARBITAL SODIQUE\u201d -.- Co vo ; + * [ oo : pen = \u2018 Co + of ! i | SECOBARBITAL SODIQUE oj |; | : SECOBARBITAL SODIQUE Sens ! Tt Try Y Y \u20141 Y ® ry ee Try Y : T 8 10 11 12 4 2 3 4 3 0 6 \\ MIDI 50 Ss i ; + A J ; | PERIODE DE TENSION DU MATIN PÉRIODE \u2018DE TENSION DE L'APRES-MIDI Chaque comprimé vert pâle strié renferme: Secobarbital sodique .% gr.Pentobarbital sodique .% gr.Butabarbital sodique .Is gr.Phenobarbital .Le gr.En flacons de 100 comprimés.| Nidar apporte un soulagement efficace dans les cas de tension grâce a son effet rapide .son action additive .et sa courte | durée.| Nidar est hautement recommandé comme hypnotique.Il | induit rapidement au sommeil, tout en permettant au patient de se réveiller rafraîchi sans sensation de lourdeur.La posologie dépendra de la fréquence quotidienne des hausses de tension.Toutefois la dose moyenne sera d\u2019un comprimé le matin et d\u2019un comprimé l\u2019après-midi.La dose hypnotique suggérée sera d\u2019un à deux comprimés une demi-heure avant le coucher.THE ARMOUR LABORATORIES Distributeur Canadien: LAURENTIAN AGENCIES, LTD.® 429, RUE SAINT-JEAN-BAPTISTE, MONTREAL 1, QUEBEC, CANADA L'Union Méd.Canad XLIV Tome 83 \u2014 Sept.1954 À chaque époque son véhicule\u2026 En 1954 LE VEHICULE MODERNE de toute prescription magistrale ELIXIR RUBEXIN Chaque cuillerée a thé (4 cc.) renferme: Vitamine Bj .2 mg.Vitamine B19 4 meg.Véhicule non-sucré, délicatement aromatisé à la framboise.(Alcool: 12% du volume) a © ES se Ss TEE n AUCUNE psa NA LABORATOIRE BIO-CHIMIQUE, INC.950, avenue Ogilvy, Montréal 15 En Mu fgg \u2018thé # ile Employé seul douce - degré d\u2019a- | nesthésie facilement réglé - réveil rapide et agréable | induction rapide et Pentothal sodique (Thiopental Sodique Stérile, Abbott) En combinaison réponse rapide aux besoins du chirurgien - diminution de la dose des autres agents compatibilité avec tous les autres agents 2,000 rapports dans la littérature mondiale indiquent la grande variété des emplois de ce thiobarbituri- que qui a subi l\u2019épreuve Abbott [ emporte sur la volonté\u2026 action doses plus rapide plus faibles DS \u2014_\u2014 Le D effet plus effets prolongé secondaires minimes C\u2019est loin d\u2019être rigolo de tâcher de se soustraire à la poigne de la Tentation .quand elle veut suivre un régime qu\u2019elle déteste .toujours sur le point d\u2019accepter un compromis.Il est si facile de l\u2019aider avec la DÉsoxyNE.Seulement une couple par jour pour freiner son appétit, lui relever le moral, lui faire passer ces deux premières semaines .Plus active que l\u2019amphétamine, la DÉSOXYNE exerce une action plus rapide et plus prolongée avec des doses plus faibles.Une couple de jours d\u2019essai sur votre prochain cas d\u2019obésité vous 1 p p fournira la preuve.\u2018es prescrivez le chlorhydrate Je DESOXYNE NOM DÉPOSÉ (CHLORHYDRATE DE METHAMPHETAMINE, ABBOTT) 407013 ye iy ( nh IN MEMORIAM © J.-EDMOUR PERRON 1887 - 1954 Médecin distingué, éminent radiologiste, chef d\u2019un service hospitalier, professeur titulaire à l\u2019Université Laval, le docteur Edmour Perron a laissé en mourant un sillon bien tracé et dans la mémoire de ses confrères le souvenir d\u2019une carrière remplie avec plénitude.Cette carrière débuta en 1915 après l\u2019obtention du doctorat de l\u2019Université Laval de Québec, par l\u2019exercice de la médecine comme praticien à Limoilou.Pendant huit années le docteur Perron a connu les angoisses, les rudes devoirs, mais aussi les joies réconfortantes du médecin de famille dans un milieu sain, robuste et essentiellement façonné de l'esprit de notre peuple.Mais notre confrère aspirait à une médecine plus complètement scientifique, peut-être plus abstraite, 966 plus détachée des contingences humaines et des petites tracasseries qu\u2019apportent infailliblement l\u2019exercice de la médecine générale.Aussi décida-t-il de s\u2019embarquer pour un séjour en Europe où il ira se spécialiser dans l\u2019électro-radiologie, discipline médicale à l\u2019époque en plein épanouissement, toute de promesses d\u2019un avenir prestigieux, tout à fait à la mesure des ambitions et des goûts de notre regretté confrère.Cinq années d\u2019études post-scolaires à Paris et il revient au Canada, bien préparé à assumer les fonctions de chef du service d\u2019électroradiologie à l'hôpital du Saint-Sacrement à Québec.Jusqu\u2019à sa mort, il occupa brillamment ce poste que d\u2019ailleurs il compléta par la fonction de professeur titulaire d\u2019électro-radiolo- gie à l\u2019Université Laval.Ces deux fonctions le placèrent d\u2019emblée à la tête du groupe des radiologistes de Québec et lui firent occuper une place éminente parmi les radiologistes de langue française du Canada.D'ailleurs, d\u2019autres nominations et titres au crédit du docteur Perron démontrent bien l\u2019influence que son esprit exerça dans les sociétés ou associations savantes de la Province de Québec et du Canada.Il était membre associé (Fellow) du Collège Royal des Médecins du Canada; il en fut même un des vice-présidents.L\u2019Association des radiologistes du Canada l\u2019avait porté à la présidence.Il avait contribué à la fondation de la société canadienne française des électro-radio- logistes; il en devint président.Il avait présidé aux activités de la Société IN MEMORIAM L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 médicale des Hôpitaux universitaires de Québec.Membre de la Société de Radiologie médicale de France, membre et ex-président de l\u2019Association Canadienne Française pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS), le docteur Perron avait recueilli des témoignages d\u2019estime et d\u2019appréciation que sa valeur lui méritaient.Enfin, il avait participé activement à la fondation du Photo-Club de Québec, et en avait été le président.Les titres, les nominations, les honneurs ne sont rien en eux-mêmes, ils témoignent cependant et peuvent rendre compte de la distinction de celui qui les a reçus, des services qu\u2019il a rendus, de ses mérites et permettent d\u2019apprécier sa valeur d\u2019homme et le role qu'il a joué dans son milieu.Il fut de ceux qu\u2019on apprécie et estime, puisque sa vie fut bien remplie et qu\u2019il contribua non seulement au bien des malades, mais à l\u2019avancement de la science médicale, par-dessus tout à la formation d\u2019autres médecins qui ont continué et continueront l\u2019œuvre qui, ainsi cultivée avec ferveur et respect, ne peut mourir.Le docteur Perron était demeuré ardemment attaché à ses origines canadiennes et à son ascendance française.Son séjour en France avait renforcé son amour de tout ce qu\u2019impliquent la culture et le climat français, amour qu\u2019il sut réchauffer par des retours nombreux dans sa seconde patrie.Ainsi s\u2019en est allé un confrère qui honora sa profession et accomplit avec conscience la tâche de sa destinée.Roma AMYOT. ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA + 9 XXIV: CONGRES \u2014 OTTAWA - HULL, 27-30 SEPT.1954 INVITATION DU PRESIDENT Le président du XXIVe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue française du Canada et ses collaborateurs ont mis à point pour le 27 septembre un programme digne de l'importance de notre: Association.«L'Union Médicale du Canada » en a déjà publié les grandes: lignes.Les personnalités qui participeront à la séance solennelle: d'ouverture et au banquet de clôture, les savants confrères de France, des Etats-Unis et du Canada qui prendront part aux séances d\u2019étude, la riche et instructive exposition scientifique et commerciale qui sera ouverte pendant toute la durée du congrès, les manifestations publiques et les réceptions intimes, le programme spécial des dames, tout à été calculé pour rendre votre séjour à Ottawa et à Hull aussi agréable au point de vue social qu\u2019il sera intéressant au point de vue professionnel.Le Comité d'organisation compte maintenant sur votre présence pour assurer le succès du Congrès.Comme pour le festin de l\u2019Evan- gile, tout est prêt pour les invités.Ceux-ci n\u2019ont qu\u2019à se présenter et à bénéficier de tout ce qui a été préparé pour eux.Le succès d\u2019un congrès dépend du nombre, de la qualité et de l\u2019intérêt des congressistes.Notre Association doit être en mesure de fournir ces trois éléments.J'invite donc très cordialement tous les médecins de langue fran- caise du Canada et des Etats-Unis à venir fraterniser à Ottawa et à Hull du 27 au 30 septembre prochain sous le signe de l\u2019A.M.L.F.C.Jean-Marie LAFRAMBOISE. XXIV® CONGRÈS DE L\u2019A.M.L.F.C.OTTAWA, 27 - 30 SEPTEMBRE 1954 + + SYMPOSIUM SUR LA PATHOLOGIE PULMONAIRE L'Association des Médecins de Langue Française du Canada qui tiendra son XXIVe Congrès à Ottawa en septembre prochain a cru bon, de concert avec le Comité provincial de Défense contre la Tuberculose de fournir à tous les médecins praticiens l\u2019occasion de rafraîchir leurs connaissances sur les meilleures méthodes d\u2019établir un diagnostic et d'appliquer un traitement de certaines maladies pulmonaires chroniques.Grâce aux antibiotiques, chacun de nous peut se débrouiller assez bien en face d\u2019un cas de pneumonie ou broncho-pneumonie mais lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un cas d\u2019asthme, d\u2019emphysème, de bronchite ou de certaines maladies à poussières, ne restons-nous pas quelque peu perplexe?Certains symptômes nous impressionnent et sur réception du rapport de la radiographie pulmonaire, nous devons non seulement établir un diagnostic mais également offrir à notre patient un traitement adéquat.Il est relativement facile d\u2019établir un diagnostic de tuberculose ou de cancer pulmonaire, mais en face d\u2019un patient qui tousse, qui crache ou qui fait de la dyspnée, faisons-nous toujours un diagnostic précis et appliquons-nous le traitement adéquat?Ces nombreuses maladies pulmonaires chroniques seront étudiées au Congrès par des maîtres réputés lesquels voudront nous faire bénéficier de leur expérience.Pour ne nommer que les plus connus, les Drs J.-A.Vidal, R.Desmeules et F.Grégoire seront au nombre des rapporteurs.Quant à la question de la tuberculose pulmonaire, nous savons aujourd\u2019hui que beaucoup de patients souffrant de tuberculose active consultent leur médecin de famille en exigeant d\u2019être traités à domicile.Croyez-vous que le traitement de la tuberculose à domicile est possible et si oui, dans quelles conditions doit-il être appliqué?Dans quelles mesures les examens radiologiques en série et les épreuves du laboratoire peuvent-ils aider dans la surveillance du traitement?Un court exposé de ces problèmes vous sera fait par les Drs Ruben Laurier et Gérard Michaud qui présenteront des points de vue différents.Un médecin radiologiste et un médecin de laboratoire complèteront cet exposé: le premier en donnant les limites de la radiographie pulmonaire, le second, en discutant des techniques de laboratoire les plus usuelles pour établir un diagnostic et assurer le traitement.Nous insistons sur le fait que ces travaux ont été préparés en vue du praticien qui, dans de nombreux cas, doit assurer le traitement de son patient tuberculeux. BULLETIN e-à ve LA DIFFUSION DE LA PENSÉE MÉDICALE L'histoire impartiale donne à la médecine une des premières places dans la littérature spécialisée.Des documents publiés récemment ont montré que vingt-cinq siècles avant Hippocrate, Imhotep avait fait graver, au bénéfice d\u2019autrui, ses aphorismes thérapeutiques judicieux et étonnants pour l\u2019époque.La tradition de l\u2019enseignement médical écrit remonte ainsi aux périodes les plus reculées de l'humanité; cette tradition s\u2019est continuée avec les siècles, avec à certains moments un hiatus comme celui qui s'étend d'Imhotep au papyrus d\u2019Ebers ou de l\u2019ère hippocratique, par exemple à l\u2019école d'Alexandrie.Les temps modernes ont vu la naissance de nombreuses publications médicales et les grandes découvertes, qui ont renouvelé pour ne pas dire bouleversé la médecine ont par leur truchement atteint la totalité de l\u2019audience médicale professionnelle.L'école médicale canadienne, grâce à ses journaux, a participé à l\u2019évolution médicale.L\u2019Union Médicale du Canada, fondée en 1872, y a acquis ses titres de noblesse; par son ancienneté, par sa continuité et par l\u2019effort conjugué de nombreux collaborateurs venus de toutes les parties du pays, elle a fourni une contribution imposante.* * La diffusion de la pensée médicale est nécessaire; la démonstration n\u2019a plus besoin d\u2019en être faite longuement.Il n\u2019est en effet, nul moyen d\u2019expression publique qui soit plus conforme à l\u2019éthique ; c\u2019est souvent le seul intermédiaire possible entre le chercheur à l\u2019hôpital ou le professeur à l\u2019Université et le médecin retenu par ses obligations à son poste, parfois très éloigné des grands centres et que, faute de remplaçant, il est incapable de quitter.La littérature médicale doit être l\u2019apanage exclusif des revues professionnelles, car elle touche des lecteurs réceptifs; elle emploie la langue qui leur est familière, elle pose des problèmes dont ils comprennent les prémisses, elle tire des conclusions dont ils sont des juges compétents et elle propose des solutions dont ils sont libres de s\u2019inspirer et qu\u2019ils ont le droit de rejeter.La médecine, il faut l\u2019admettre a progressé ; lentement peut-être, il faut aussi le concéder, mais ces étapes successives dans l\u2019évolution 970 BULLETIN Tome 88 = Sept 1984 ont été accomplies grâces aux travaux incessants, aux observations pertinentes, aux expériences définitives qui les uns et les autres n\u2019auraient porté que des fruits stériles s\u2019ils n\u2019avaient pas eu la diffusion universelle que leurs auteurs ont recherchée.Fait notable, le véritable chercheur de tous les temps n'a jamais cédé à l\u2019égoïsme, ni essayé de monnayer une découverte, fut-elle la plus sensationnelle! * x * Il s\u2019écrit beaucoup trop d\u2019articles et les revues médicales sont innombrables, disent certains esprits critiques.Même s\u2019il est vrai que l\u2019on écrit beaucoup, peut-être trop, cela ne signifie pas qu\u2019il faille faire machine arrière ou tout au moins freiner cette traditionnelle manifestation de l'esprit scientifique.Au contraire, il faut encourager ceux qui ont le courage de s'exprimer par la plume et qui ont l\u2019enthousiasme du prosélyte.Il y a d\u2019ailleurs toujours à glaner dans la moindre observation publiée, ne serait-ce qu\u2019un tout petit fait.Une constatation, en apparence banale, venant s'ajouter à la somme d\u2019événements semblables reconnus en d\u2019autres milieux agit à la façon d\u2019un catalyseur et conduit à la reconnaissance d\u2019une vérité.Les recueils de faits cliniques bien rédigés, dans une langue sobre et juste, sont riches de conséquences; les mémoires sont la preuve de travaux importants et la source d'orientations nouvelles.Quelle que soit la forme adoptée pour l\u2019article, le but poursuivi est identique: écrire pour instruire.La littérature médicale semble inaccessible à plusieurs et pourtant, elle devrait être facile au médecin qui observe, à celui qui pense, au chercheur comme au clinicien.Il est vrai que rares sont les Facultés de médecine qui consacrent à cette branche de l\u2019enseignement médical une série de cours particuliers; et encore faut-il reconnaître que celles qui le font n\u2019ont pas partout la largeur d\u2019esprit et l\u2019envergure nécessaire.Il y a peu de volumes qui apprennent l\u2019art de rédiger un travail médical; à cause de cette carence, il importe d'encourager les auteurs à ne pas craindre de transcrire en noir sur blanc le résultat de leurs observations personnelles.La médecine s\u2019est enrichie par l'effort constant des études de chacun ; toutes les civilisations ont concouru à l\u2019élaboration de l\u2019actif médical.Si le droit s\u2019appuie sur la jurisprudence, la médecine repose sur les vérités premières recueillies au prix d\u2019observations innombrables; c\u2019est le patrimoine des disciples d\u2019Esculape.L'\u2019espoir de contribuer à l\u2019avaricement de la médecine est une récompense suffisante au surcroît de travail imposé; la prépara- He Me sone on tion d\u2019un texte oblige l\u2019auteur à consulter, à lire et à prendre contact avec la pensée des anciens et avec celle de ses contemporains.Thomas Carlyle disait que « la meilleure université est encore une collection de livres, et que c\u2019est parmi les livres que l'étudiant trouve à se découvrir lui-même, la plus belle et la plus utile découverte qu'il pourra jamais faire ».* * * Bien écrire demande de lourds sacrifices et oblige l\u2019auteur à de très longues heures de réflexion et à une discipline de l'esprit qui comporte une mise au point minutieuse du plan général, l'agencement logique du travail, la précision des faits, la clarté des termes, le choix des mots, l'intérêt à soutenir, l\u2019enseignement à souligner et en conclusion, la rédaction d\u2019un résumé substantiel.Ecrire paraît un cauchemar pour celui qui n\u2019en a pas l'habitude ; au contraire, pourtant, cet exercice de l'esprit est loin d\u2019être une torture et celui qui s\u2019y adonne y trouve des joies comparables à celle de tous les divertissements.La plume donne à celui qui maîtrise l\u2019art d\u2019écrire, la faculté de développer des idées en profitant de la magie des mots; nul exercice de l\u2019esprit n\u2019est meilleur, car ce jeu force à la méditation, oblige à une discipline rigide et exige une logique implacable.D\u2019aucuns affirment que la valeur d\u2019un homme ne tient pas a cette forme de son extériorisation, contrairement à ce qui fut jadis de règle: «le style c\u2019est l'homme ».Il est indéniable que ce critère à lui seul est insuffisant pour apprécier le sens des valeurs humaines, mais il est clair aussi que celui qui ne possède pas sa langue, qui ne sait ni la parler, ni l\u2019écrire correctement, est un individu incapable d\u2019aspirer à une situation supérieure car son dédain des règles lingus- tiques est la marque d\u2019une insuffisance totale de culture générale.Le médecin, qui n\u2019a pas le respect de sa langue, qui ignore tout de la propriété des termes, risque d\u2019encourir de grands ennuis quand il rédige un document susceptible de confrontation médico-légale.On semble croire, à tort, que seuls les médecins de langue française se complaisent dans l\u2019art d\u2019écrire; pourtant les revues médicales d\u2019Angleterre sont rédigées dans une langue impeccable où la richesse du vocabulaire force le lecteur à recourir souvent au dictionnaire.+ * * Le critére des examens, reconnu insuffisant partout comme le seul mode d\u2019appréciation des qualités d\u2019un aspirant à la spécialisation ou au professorat, peut amener des impairs.Si aux examens, 972 BULLETIN Union, Még, Conade s\u2019ajoutent les œuvres expérimentales et les travaux écrits, les causes d\u2019erreur diminuent.L\u2019étude des titres et travaux scientifiques prévaut dans la presque totalité des universités, quand il s\u2019agit de promotion.L\u2019ambition légitime d\u2019accéder aux postes de commandes, est responsable de la production scientifique et de la publication d\u2019œuvres intéressantes.Celui qui fait l\u2019effort de chercher à instruire montre qu\u2019il a des qualités professorales.Le chancelier de l\u2019Université Bishop, M.A.Russell Jewitt ne craignait pas de dire récemment que « dans nos universités il n\u2019y a pas d\u2019art plus ignoré que celui du savoir-enseigner,.où trop de professeurs 1gnorent les éléments de l\u2019art d\u2019enseigner, ne sont animés d\u2019aucune ambition et ne se préoccupent que peu ou pas d\u2019enrichir leur culture ».* * * La diffusion de la science médicale doit se faire par les médecins dans les revues et les sociétés scientifiques; les victoires thérapeutiques sont parfois éphémères et la science évolue vite.Le publiciste non-médecin ne connaît pas les normes de l'éthique professionnelle et 1l dépasse la mesure, car avide de fournir de la matière à lire sensationnelle, il dramatise des expériences cliniques et les abaisse au niveau des faits-divers.Que la presse quotidienne puisse tirer ses nouvelles des articles parus dans les revues médicales et leur donner un certain éclat, il n\u2019y a là rien de répréhensible, mais ce qui serait mieux, c\u2019est qu\u2019elle ne devrait jamais le faire sans le consentement des intéressés et après avoir réduit ses commentaires à la plus stricte objectivité.La littérature médicale mène celui qui est touché du feu sacré à dépasser les frontières des sujets scientifiques et à s'attaquer aux thèmes historiques, religieux ou philosophiques.Que ceux qui hésitent à entreprendre la rédaction d\u2019un article se rappellent que malgré leurs nombreuses occupations, Ringuet, Karl Stern et Wilder Pen- field ont tout de même trouvé récemment les loisirs d'écrire de magnifiques volumes! Quels interprêtes de la pensée humaine et quel actif pour la médecine! Edouard DESJARDINS. SUR LA PATHOGÉNIE DE LA RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019AORTE S.LAUZÉ, Assistant en Anatomie pathologique à l\u2019hôpital Notre-Dame et à l\u2019Université de Montréal.La rupture dite spontanée de l\u2019aorte est une déchirure transversale et linéaire de la paroi d\u2019une aorte par ailleurs relativement normale.Pas d\u2019anévrysme qui à lui seul peut facilement expliquer la rupture; tout au plus quelques placards discrets d\u2019athérome qui par leur banalité, à côté de la rareté de la rupture, ne sauraient expliquer cette dernière.La localisation invariable de cette lésion dans les premiers centimètres de l\u2019aorte pose une question et doit en fournir la réponse.Qu\u2019y a-t-il en propre à ces premiers centimètres?Du point de vue anatomique, la seule particularité réside dans les vasa vasorum qui au lieu d\u2019émaner directement de l\u2019aorte comme dans le reste du vaisseau, proviennent de branches coronariennes.L\u2019état de ces vasa vasorum d\u2019origine coronarienne n\u2019appor- terait-elle pas quelques éclaircissements sur la pathogénie de la rupture de l\u2019aorte?C\u2019est dans ce sens que nous avons étudié deux cas de cette entité dont nous rapportons succinctement les notes cliniques et les constatations macroscopiques pour insister d\u2019avantage sur les lésions d\u2019ordre histologique et les conclusions qu\u2019on peut en tirer.Observation 1.C\u2019est un homme de 56 ans présentant une dyspnée d\u2019effort depuis 11 ans.Au cours de son hospitalisation actuelle (34 jours), on note de I'hypertension artérielle oscillant entre 200/115 et 260/170 et des signes de défaillance cardiaque.Son état, assez mauvais, s\u2019empire soudainement; au cours d\u2019une nuit il est soudainement pris d\u2019orthopnée, devient cyanosé et décède au bout de 20 minutes.L\u2019autopsie pratiquée 7 heures après la mort révèle un cœur énorme de 1 100 grammes.La paroi du ventricule gauche mesure 3 cms.et celle du ventricule droit 0,8 em.d\u2019épaisseur.À 3,5 cms au-dessus de la valvule sigmoïde, l\u2019aorte présente une déchirure transversale nette de 4 cms de longueur intéressant toutes les couches de la paroi.La cavité péricardi- que contient un caillot de 480 grammes.Fig.1-b Fig.1-a (cas no 2).\u2014 Rupture transversale de l\u2019aorte à 3,5 cms en haut des valvules sigmoidiennes.Fig.1-b (cas no 1).\u2014 Portion d\u2019aorte coupée longitudinalement en travers de la rupture pour montrer l\u2019infarcissement de la paroi: la rupture est située à 2 em.de la naissance de la coronaire.Fig.1-a Examen histologique On a prélevé un fragment transversal de l'aorte intéressant toute la lèvre supérieure de la rupture de façon à trouver chacune des branches de l\u2019artère nourricière du premier segment de l\u2019aorte.Le fragment a été inclus pour que les premières coupes au microtome soient faites sur le versant de la lèvre de rupture.Au niveau de la fracture, l\u2019intima est sans particularité.En dehors des « commissures » de la rupture, l\u2019intima est légèrement épaissie par de la sclérose.Il n\u2019y a peu ou pas d\u2019athérome. 974 LAUZÉ: RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019AORTE Pour ce qui est de la média en regard de la fracture, il y a lieu de distinguer la moitié interne et la moitié externe.La première est d\u2019aspect normal.Dans la seconde, la texture élastique est dissociée par des traînées allongées de collagène pauvrement colorable par le safran dans lequel il y a des néo-fibrilles élastiques ténues et sans ordonnance.Il n\u2019y a que de rares vaisseaux sanguins qui sont d\u2019ailleurs situés dans la partie tout externe de la média.Dans l\u2019adventice, les vasa vasorum (branches principale et secondaire) ont une lumière très rétrécie, virtuelle à cause d\u2019un épaississement de la paroi de vaisseaux, épaississement portant sur la média et débordant tant vers la lumière du vaisseau que du côté extérieur.Les limitantes élastiques de ces vaisseaux sont désordonnées et dissociées par des cellules musculaires hyperplasiques: l\u2019intima n\u2019est pas scléreuse; son endothélium apparaît quelquefois cubique à cause de la diminution de calibre de la lumière refoulée qu\u2019elle est par l\u2019hypertrophie du manchon musculaire.Il existe une artère importante dont la lumière est complètement oblitérée par ce mécanisme.Observation 2.Homme de 58 ans hospitalisé pendant 15 jours pour tabès dont les premiers signes remontent à 8 ans.Le test de Wasserman pratiqué sur le sang est positif à une dilution de 1/32 et sur le liquide céphalo-rachidien à une dilution de 14.Par ailleurs, le malade est un hypertendu (275/125) souffrant d\u2019orthopnée.Soudainement, il présente une crise de dyspnée plus intense.L\u2019auscultation ne révèle pas de râle ou de sibilants au poumon.On lui administre de l\u2019aminophylène, de la pyribenzamine, de l\u2019adrénaline, du démérol et il est mis sous la tente d\u2019oxygène.Revu au bout de 35 minutes, le malade est très pâle; sa respiration est demeuré bruyante et ses extrémités sont froides.Il cesse de L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 respirer et son cœur s\u2019arrête une minute plus tard.Un éléctro-cardiogramme fait entre temps avait fait porter les conclusions suivantes: « dissociation auriculo-ventriculaire.Bloc in- Fig.2 (cas no 2).\u2014 Coupe transve l\u2019aorte, tangentielle à la lèvre supérieure de la rupture.La bande noire rectiligne est la média interne qui seule s\u2019est rupturée: la bande plus pâle et ondulée est la média externe et l\u2019adventice.X2.complet de la branche droite avec ischémie sous-endocardique de la paroi postérieure.» (J.Gratton) L\u2019autopsie faite 11 heures après la mort révèle un cœur nettement hypertrophié pesant 620 grammes; le péricarde ne contient pas de sang.La paroi du ventricule gauche mesure 2,5 d\u2019épaisseur et celle du ventricule droit 0,5 em.À la base de l\u2019aorte, à 2 ems au- dessus des deux valvules postérieures des sigmoïdes, il existe une rupture linéaire transversale de 4,5 cms de longueur.Cette rupture n\u2019intéresse que la partie interne de l\u2019épaisseur de la paroi; le fond est fait d\u2019un petit sac sans élasticité constitué par le reste de l\u2019épaisseur de la paroi aortique.En dehors de cette lésion, l\u2019aorte est le siège de quelques plaques d\u2019athérome discret.L\u2019autopsie a, en outre, révélé une hémorragie marquée dans la fosse postérieure du cerveau consécutive à un athérome des artères de base du crâne.(II n\u2019entre pas dans les cadres de cette présentation de déterminer quels sont les rap- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 ports entre les symptômes pré-mortem et la rupture de l\u2019aorte d\u2019une part, et l\u2019hémorragie de la fosse postérieure, d\u2019autre part.) Examen histologique Dans ce cas, la rupture n\u2019intéresse que la moitié de l\u2019épaisseur de la média, la moitié extérieure de la média ayant contenu le choc de la rupture.L\u2019intima est remarquablement intacte si on se rappelle l\u2019âge du porteur.De même, la moitié interne de la média, (moitié qui est le siège de rupture) est parfaitement intacte à RE Fig.3 (cas no 2).\u2014 Média interne intacte.X25.l\u2019histologie.(Fig.3) La moitié externe de la média est remplacée par une sclérose anhiste dans laquelle sont dispersées les cellules musculaires et les fibres élastiques.Dans cette sclérose, il existe en outre de nombreuses néo- fibrilles élastiques ténues et sans ordonnance.Il n\u2019y a pas de vascularisation de cette média.(Fig.4) Dans l\u2019adventice, à la hauteur de la rupture, il n\u2019y a pas d\u2019inflammation.(d\u2019où on peut conclure que la syphilis n\u2019a pas joué de rôle dans la pathogénie de cette rupture).Les artères ont une paroi qui est le siège d\u2019épaississement de nature musculaire qui occupe soit un secteur soit toute la circonférence.Cette hyperplasie se trouve située entre la média et l\u2019intima qu\u2019elle refoule du côté de la lumière en diminuant celle-ci d\u2019autant.II y a dans toutes les artères une diminution mar- LAUZÉ: RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019AORTE 975 quée de la lumière allant jusqu\u2019à l\u2019oblitération presque complète dans le cas de l\u2019artère maîtresse, (artère ainsi qualifiée tant à cause de son calibre qu\u2019à cause de sa localisation Fig.4 (cas no 2).\u2014 Média externe dégénérée.X25.qui se trouve au centre de la longueur de la fracture, \u2014 confer Fig.2, pour sa localisation; Fig.7 pour son calibre.) Fig.5 (cas no 2).\u2014 Petite artére (vasa-vasorum) à média mince.En haut, prolifération verruqueuse faite d\u2019une addition de fibres musculaires longitudinales à travers lesquelles courent des néo-fibres élastiques.X375.SOMME DES CONSTATATIONS ET DISCUSSIONS Virchow a déjà postulé, Petroff (1922) et Duff (1932) ont démontré que l\u2019intima et la partie interne de la média d\u2019une artère captent leur substance nutritive du sang de la lumière de cette artère alors que la partie ex- 976 LAUZE: RUPTURE SPONTANEE DE L\u2019AORTE terne de la média est nourrie par les vasa vasorum.Geiringer, après cette démonstration, propose de distinguer dans une artère deux médias physiologiquement distinctes: l\u2019interne, nourrie par le sang de l\u2019artère et l\u2019externe, nourrie par les vasa-vasorum de cette artère.L\u2019épaisseur de la média interne est en rapport avec la pression hydrostatique du vaisseaux concerné.Dans les artères normales avec pression normale, cette profondeur correspond approximativement au 14 interne de la média.En d\u2019autres termes, le sang de la lumière d\u2019une artère possède un rayon de diffusion nutritive au même titre qu\u2019un capillaire.Fig.6 (cas no 2).\u2014 L\u2019hyperplasie musculaire qui était segmentaire sur la coupe précédente est ici circulaire.La média, pratiquement imperceptible sur photo en blanc et noir, est située entre cette hyperplasie musculaire et le tissu conjonctif.Dans nos deux cas, l\u2019intima et la moitié interne de la média sont dans un état relativement normal alors que la média externe est profondément modifiée.À cet endroit, le tissu musculo-fibro-élastique est dissocié par des traînées d\u2019un collagène anhiste, mucoide, hydropique et lacunaire et parcouru de fibril- les élastiques ténues qui n\u2019ont plus cette ordonnance si caractéristique de la média intacte.Il s\u2019agit là d\u2019une sclérose d\u2019assez pauvre qualité remplaçant des zones détruites de la média.Cette médionécrose de la média externe se L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 trouve dans le territoire d\u2019irrigation des vasa- vasorum.Dans les deux cas, ceux-ci ont une lumière nettement diminuée de calibre par un épaississement très marqué de leur média, qui tout en augmentant le diamètre externe du vaisseau en rétrécit la lumière.Dans la plupart des artères cette média est épaissie sur toute la circonférence et la limitante élastique interne perd de sa précision pour s\u2019effilocher dans la moitié interne de cette musculeuse ainsi modifiée.Fig.7 (cas no 2).\u2014 Artère maîtresse tant par son calibre que par sa localisation indiquée par une flèche sur la fig.2.Noter lumière très réduite.Elle possède deux épais coussins de fibres musculaires longitudinales.L\u2019un interne, l\u2019autre externe.Les deux sont séparés par une très mince couronne de fibres musculaires qui représentent l\u2019ancienne média.X160.Dans quelques artères, un secteur bien localisé de la média est le siège d\u2019une hyperplasie verruqueuse faisant saillie du côté de la lumière.En somme, c\u2019est une lésion artérielle analogue aux lésions banales des coronaires dans leur trajet intra-cardiaque.La sclérose intimale est peu marquée et l\u2019endothélium prend un aspect cubique.Dans nos cas, après plusieurs coupes sériées, nous n\u2019avons pas trouvé de thrombose mais nous avons trouvé des vasa-vasorum ne laissant plus passer qu\u2019une hématie dans un cas et complètement oblitérés par une hyperplasie de sa paroi dans l\u2019autre.Cette concordance de faits autorise à penser que la nécrose de la média externe est une nécrose ischémique. L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Cette manière de voir est assez récente: En 1935, Cornil, Mosinger et Jouve notent, dans un cas de rupture transversale de l\u2019aorte à environ 5 cms des valvules sigmoïdiennes, «un processus de capillarite et vascularite intéressant certains vaisseaux de l\u2019adventice.» En 1948, Amromin, Schlichter et Solway, vont plus loin.Dans une étude de 12 cas de rupture spontanée, ils relèvent dans 7 cas, une altération des vasa-vasorum sous forme d\u2019une hyperplasie de cette même limitante.Ils estiment qu\u2019il n\u2019est pas impossible (it is concewvable) que les altérations des vasa-va- sorum par elles seules puissent créer une ano- xie de la média de l\u2019aorte.Fig.8 (cas no 1).\u2014 Le tiers interne de la média est normal.Les deux tiers externes sont dégénérés.Entre les deux, on note une ligne de dissection.X25.Cette interprétation des faits est vérifée par l\u2019expérimentation: Schlichter en 1948, en coagulant l\u2019adventice de l\u2019aorte pour détruire les vasa-vasorum a provoqué une nécrose kystique de la média et une rupture du vaisseau analogue à la rupture dite spontanée.Quant au mécanisme de la rupture, il est illustré d\u2019une façon assez démonstrative par notre deuxième cas où la rupture de la média a été incomplète et où la dissection ne s\u2019est pas produite.L\u2019histologie a permis de constater que la partie interne de la média, relativement intacte, s\u2019est rupturée alors que la média externe, profondément modifiée par la nécrose et la fibrose a contenu le choc de l\u2019éclatement.LAUZÉ: RUPTURE SPONTANÉE DE L'AORTE 977 Ce fait assez paradoxal au premier abord s\u2019explique pourtant: au moment de la rupture, la média interne était la seule à contenir la pression artérielle parce qu\u2019elle était la seule Fig.9 (cas no 1).\u2014 Artère principale à lumière réduite accompagnée d\u2019une branche à lumière virtuelle.à posséder les deux qualités de l\u2019artère intacte à savoir l\u2019élasticité et la tonicité.Mais comme cette média est diminuée jusqu\u2019au 14 de Fig.10 (cas no 1).\u2014 Mêmes artères complètement oblitérées.l\u2019épaisseur normale, elle a cédé sous la tension artérielle du moment (habituellement une tension élevée), et la média externe, scléreuse, par conséquent moins élastique et plus extensible a absorbé le choc de la rupture et l\u2019a contenu jusqu\u2019à la mort du patient.CONCLUSION Ainsi entendu, la rupture de l\u2019aorte est l\u2019incapacité de l\u2019organe à contenir la pression 978 intra-artérielle à cause d\u2019une nécrose ischémique de la média.Cette ischémie est dépendante d\u2019une diminution de calibre des vasa- vasorum, qui, dans les premiers centimètres de l\u2019aorte sont des branches coronariennes.Comme la rupture de l\u2019aorte non anévrysma- le siège avec grande prédilection dans l'aire de distribution de ces artères, on peut en conclure que la rupture est une modalité particulière d\u2019un infarctus ischémique secondaire à une coronarite.SUMMARY Two cases of the so-called spontaneous rupture located in the first centimeters of the aorta are reported in which a marked diminution of the lumen of the vasa-vasorum on one hand, and a medionecrosis of the external part of the media, on the other hand, has been noted, whereas the internal part of the media was intact.As the internal media recetves its nutrition directly from the lumen and the external media receives its from the vasa-vasorum, at 1s felt that the medionecrosis of this external media, cause of the weakemng and of the + LAUZÉ: RUPTURE SPONTANÉE DE L\u2019AORTE + L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 rupture of the aorta, 1s a necrosis ischemic in its nature.BIBLIOGRAPHIE .G.D.AMROMIN, J.G.SCHLICHTER et A.J.L.SOLWAY: Medionecrosis of the aorta.Arch.Pathol., 46: 380, 1948.M.CELLINA: Medionecrosis desseminata aortae.Virchows Arch.f.path.Anat, 280: 65, 1930.L.CORNIL, W.MOSINGER et A.JOUVE: Nécrose insulaire du foie chez un sujet mort d\u2019une rupture aortique.Ann.Anat.Path, 12: 1108.1935.J.ERDHEIM: Medionecrosis aortae idiopathica cystica.Virchows.Arch.f.path.Anat., 276: 187, 1930.Erich GERINGER: Intimal vascularisation and atheroselerosis.J.Path.Bact., 63: 201 (avril) 1951.O.GSELL: Idiopathic medionecrosis of the aorta.Virchows.Arch f.path.Anat., 270: 1, 1928.J.G.SCHLICHTER: Vascularization of the aorta in different species in health and disease.Amer.Heart Journal, 35: 850, 1948.G.L.DUFF: Vital staining of the rabbit aorta in the study of arteriosclerosis.Am.Jour.Path.8: 219, 1932. z-\u2014 À PROPOS D\u2019ARRÊT CARDIAQUE J.-L.LAMY et E.-D.GAGNON, F.R.C.S.(C) LE PROBLÈME Pour savoir ce qui constitue un arrêt cardiaque, il n\u2019est point besoin d\u2019être capable de définir la vie, ou la mort, ni d\u2019en préciser les limites, il suffit seulement d\u2019en faire l\u2019observation clinique.Cette observation ne consiste essentiellement qu\u2019en la constatation de la disparition soudaine et imprévue du pouls carotidien, ce qui en est sa définition pratique qui pose l\u2019indication formelle du traitement immédiat.En effet, nous nous trouvons face à face avec un arrêt cardiaque, si, brusquement, et de façon non prévue, la fonction cardiaque cesse, réellement ou seulement en apparence, alors que la pathologie totale du moment, comme cause ou comme effet, n\u2019est pas nécessairement irréversible.Le geste essentiel du traitement est de parvenir au cœur et de le masser, afin de maintenir la circulation et l\u2019oxygénation cérébrale.Il s\u2019introduit donc dans le problème, un facteur « temps limite ».Il faut que le traitement soit institué en dedans de 4 minutes si nous voulons avoir des chances de succès, puisque au delà de ce temps, le dommage anoxique sera immuable.Nous concluons donc que c\u2019est ce facteur «temps » qui domine tout le tableau, que c\u2019est à cause de ce «temps », très court, que ce problème devient le « fait » de tout médecin, présent au moment de cette catastrophe.De plus, nous déduisons que le problème en devient un d\u2019éducation de soi-même et du personnel qui nous entoure.Afin de faire le diagnostic et d\u2019appliquer le traitement, il faut avoir à l\u2019esprit un plan bien déterminé d\u2019action, et ce, pour y avoir réfléchi.Il faut être convaincu qu\u2019il ne s\u2019agit que de remplacer temporairement l\u2019action cardiaque par la main, en même temps que les facteurs précipitants seront corrigés.En effet, l\u2019organisme peut souffrir de la faim, de la soif, du froid, de la chaleur, du (Montréal).traumatisme; il possède des mécanismes d\u2019urgence pour se sortir de ces mauvais pas et le temps n\u2019est pas limité de façon si aiguë.Ce même organisme cependant ne peut tolérer pour plus de 4 minutes le manque d\u2019oxygénation cérébrale.Il n\u2019a aucun moyen de se défendre contre cette agression et si toutefois, après ce temps, la circulation spontanée pouvait être rétablie, les cellules nerveuses cérébrales auraient déjà subi un dommage irréparable.Le malade ainsi ressuscité est déjà décérébré, à cause du délai au delà de 4 minutes, et il est presque à souhaiter d\u2019avoir un insuccès, vue l\u2019inutilité complète de l\u2019individu décérébré.FRÉQUENCE DES ARRÊTS CARDIAQUES Nous ne pouvons répondre exactement, à cause d\u2019erreurs de diagnostic, de dossiers incomplets, de cas non rapportés et surtout du fait que souvent les cas ne sont pas même classifiés comme tels.Mais voici quelques chiffres qui pourraient servir d\u2019illustration.Un article de Stephenson, Reid et Hinton, de New-York (1), étudie les facteurs communs à 1 200 cas d\u2019arrêt cardiaque rapportés et traités, soit sur le continent américain ou européen.Cet article, auquel nous puisons largement pour fins statistiques, constitue le travail le plus imposant quand au nombre de cas rapportés et les leçons à en tirer.Le premier cas rapporté, l\u2019a été par Tuffier en France en 1898, qui raviva un cœur au lit du malade par massage cardiaque le cinquième jour postopératoire.Son malade mourut quand même quelques heures par après, mais il avait tout de même réussit à faire battre le cœur à nouveau et à rétablir la respiration spontanée.Voici ce qu\u2019il écrivait à ce moment: « Je sais que cette observation ne démontre pas l\u2019efficacité de la compression rythmique du cœur.Je ne rapporte ce fait que pour ce qu\u2019il vaut n\u2019ayant d\u2019autre désir que d\u2019attirer votre 980 LAMY et GAGNON: ARRÊT CARDIAQUE attention à une manœuvre qui pourrait peut- être devenir utile.« (2) Après 50 ans, la prédiction de Tuffier s\u2019avère très exacte.De plus en plus, des arrêts cardiaques se produisent en dehors des salles d\u2019opération, soit 15 pour cent des 1200 cas (1), et le traitement est d\u2019autant plus efficace que le personnel hospitalier est plus entraîné et que le matériel rudimentaire (scalpel et oxygène) est immédiatement accessible.85% des cas d\u2019arrêt cardiaque arriveront dans une enceinte dite chirurgicale, ou à l\u2019occäsion d\u2019une intervention chirurgicale.Il est admis, dans ces conditions, que le traitement sera plus facile mais ceci n\u2019est pas une raison pour négliger l\u2019autre groupe, car le traitement peut s\u2019appliquer à tous.Les Hôpitaux Universitaires du Minnesota rapportent 14 fatalités par arrêt cardiaque sur 1200 cas de chirurgie sous anesthésie générale en 28 mois, soit 1/858.Cooley, de John Hopkins (2), rapporte 212 cas d\u2019arrêt cardiaque pour 518,000 anesthésies, soit 1/2 400.La Clinique Lahey en rapporte 24 depuis sa fondation (3).Stephenson, du Bellevue Hospital, a massé 42 cœurs en ces cinq dernières années (4).« The United States Public Health Service » prévoit statistiquement que, s\u2019il se pratique 10 millions d\u2019opérations par année, il faudra s\u2019attendre à 5000 arrêts cardiaques (1).De plus, cette fréquence est à la hausse, et il est admis de façon courante que cette fréquence est cinq fois plus grande aujourd\u2019hui qu\u2019il y a dix ans (Bellevue Hospital) (4).Ces quelques chiffres suffisent à prouver que ce problème est de grande envergure, qu\u2019il croît et qu\u2019enfin nous devons accepter cette complication comme inévitable en fonction des progrès de la médecine et de la chirurgie.Nous devons donc nous préparer de façon adéquate pour y faire face.CRITÈRES DU DIAGNOSTIC L\u2019 « American College of Surgeons », à New- York en 1952, à l\u2019occasion d\u2019un symposium (1) L\u2019Union Méd.Canad: Tome 83 \u2014 Sept.1954 sur ce sujet, à déclaré que la cessation de la fonction cardiaque manifestée par la disparition du pouls carotidien, de façon brusque et inattendue, constituait et le diagnostic et l\u2019indication du traitement.Tous les autres mouvements: asepsie, recherche stéthacousti- que des bruits cardiaques, prise répétée de la tension artérielle, etc., sont inutiles, surtout s\u2019ils sont exécutés par la personne qui doit prendre charge du traitement.En effet, le temps écoulé entre le diagnostic et le début du traitement doit être totalement employé à ouvrir le thorax.Il va sans dire que les cas de thrombose coronarienne, d\u2019embolie pulmonaire, de défaillance cardiaque progressive ou enfin, ces patients qui sont tout simplement au bout de leur vie n\u2019entrent pas dans ce groupe.ETIO-PATHOGÉNIES Age: aucun âge n\u2019est exempt.Cependant, la première décade de la vie en prend 20 pour cent, vraisemblablement à cause des réflexes cardiaques plus faciles à éliciter.La décade de 60 à 70 ans voit aussi la fréquence augmenter, probablement à cause des lésions pré-existan- tes du tissu spécifique.Sexe: les hommes sont plus souvent atteints, au taux de 60 pour cent (1).Ceci est d\u2019autant plus surprenant que le nombre absolu d\u2019interventions chirurgicales est plus grand chez la femme que chez l\u2019homme.ETAT CARDIAQUE PRE-EXISTANT ET IMMEDIAT L\u2019état des artères coronaires et du myocarde est de portée capitale, non seulement sur l\u2019existence de l\u2019arrêt cardiaque, mais aussi sur la ressuscitation du cœur en arrêt.Les interventions sur le cœur lui-même comportent un danger réel inéluctable.Cependant, dû au fait des circonstances entourant l\u2019accident et des mesures prises plus rapidement et par du personnel entrainé, nous voyons que, sur 1200 cas d\u2019arrét cardiaque, 14 pour cent seulement surviennent à l\u2019occasion de chirurgie cardiaque, 17 pour cent = L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 pour les autres interventions thoraciques, 31 pour cent donc de toute intervention thoracique.Par contre la chirurgie abdominale excluant gynécologie, obstétrique et urologie, en prend pour elle seule 32 pour cent (1).L\u2019hypoglycémie rend le myocarde plus irritable à tout stimulus cardiaque.L\u2019adrénaline, soit endogène, soit exogène, stimule le myocarde et le tissu de conduction surtout si ces tissus avaient au préalable été sensibilisés au cyclopropane ou à la pituitrine.L\u2019action du cyclopropane et des barbituriques est parasympathicomimétrique et se manifeste le plus souvent par une brady-arythmie.Le potassium en excès fait décroître la conductibilité et la contractibilité et ceci jusqu\u2019à l\u2019arrêt en diastole.Son absence ou sa diminution se manifeste par de la tachycardie, de la dilatation et un rythme de galop, peut-être même par la fibrillation ventriculaire.Le calcium affecte la conductibilité et la contractilité et peut corriger les effets cardiaques d\u2019hyperpotassémie.L'état d\u2019oxygénation: ce facteur, soit par lui-même, soit en conditionnant l\u2019action d\u2019autres facteurs, constitue l\u2019élément précipitant ou corrigeant de la plus grande majorité des arrêts cardiaques.En face d\u2019un arrêt cardiaque imminent ou constitué, c\u2019est là qu\u2019il faut d\u2019abord chercher et souvent on trouvera ainsi le facteur de correction.Que ce soit sous anesthésie ou à l\u2019état d\u2019éveil, à l\u2019occasion d\u2019un traumatisme aigu avec ou sans shock, avec ou sans blocage du airway, l\u2019organisme peut souffrir d\u2019hypoxie ou d\u2019anoxie sous une, ou sous toutes ses formes, associée ou non à l\u2019hypercapnée.L\u2019anoxie peut être anoxique, c\u2019est l\u2019'anoxémie: anémique ou stagnante ou histotoxique.Cette dernière forme ne nous concerne pas tellement.Il faut savoir qu\u2019une forme peut mener à l\u2019autre, qu\u2019elles peuvent coexister et qu\u2019enfin c\u2019est là qu\u2019on trouvera souvent le début de réflexes nocifs engendrés au cœur surtout s\u2019il existe en même temps un état d\u2019hypercapnée, nous le répétons.L\u2019anorie anoxique se produit lorsque trop LAMY et GAGNON: ARRET CARDIAQUE 981 peu d\u2019oxygene se rend aux alvéoles pulmonaires, soit par manque d\u2019apport, soit par obstruction.L\u2019oxygène de plus peut arriver au poumon, mais peut ne pas pouvoir traverser la membrane.Dans ce type d\u2019anoxie, déjà nous prévoyons des contre-indications anesthésiques ou des cas spéciaux et même des endroits, dans l'arbre aérifère prolongé des systèmes anesthésiques, qui pourraient donner la clef pour résoudre une anoxie.Ainsi pneumonies, broncho-pneumonies, asthme, emphysème, œdème pulmonaire, atélectasie, pneumothorax, obstruction aérienne par une cause quelconque, etc., sont tous des états où l\u2019anoxie anoxique pourrait se développer et mener à l\u2019arrêt cardiaque.L\u2019anoxie anémique, voit sa cause dans le sang lui-même dont le pouvoir oxyphorique est diminué, par exemple dans l\u2019hémorragie; ou à cause de substitution, à savoir: l\u2019empoisonnement par monoxyde de carbone.Cette anoxie anémique peut être compensée temporairement au dépens de la réserve cardiaque par une vitesse de circulation plus rapide, mais ceci ne peut se faire que par une augmentation du rythme cardiaque et une vaso-constriction.Par conséquent, un travail plus franc pour le cœur, d\u2019où fatigue, irritabilité du myocarde, shock et défaillance, toutes conditions qui conduisent à l\u2019arrêt cardiaque.L\u2019anomie stagnante: c\u2019est un trouble circulatoire qui conduit directement à l\u2019hyper- capnée et qui se rencontre dans les états de défaillance cardiaque, de shock ou de blocage veineux soit général soit positionnel.L\u2019hypercapnée: (10, 11) état dans lequel la concentration en CO, du sang augmente au delà des phénomènes compensateurs de l\u2019organisme (ventilation, tampons, etc.).Il faut savoir que cette hypercapnée peut souvent être devenue le fait de l\u2019anoxie et ainsi les 2 pourraient exister concurremment avec des causes différentes.L\u2019hypercapnée a pour effet majeur d\u2019abaisser le pH sanguin, et partant, de stimuler directement le centre du vague, augmentant ainsi l\u2019irritabilité réflexe 982 LAMY et GAGNON: ARRÊT CARDIAQUE du myocarde et agissant directement sur le système cardionecteur.De plus, l\u2019hypercap- née inhibe l\u2019action des nerfs cardio-accélé- rateurs, de telle sorte que le cœur se laisse de plus en plus dilater, pour enfin arrêter en diastole.A noter que tous ces états peuvent exister Sans cyanose.EFFETS DES NERFS SUR LE CŒUR Les manipulations du larynx, l\u2019intubation trachéale, les dissections pulmonaires hilaires, les irritations pleurales, péritonéales et péricardiques, la stimulation du sinus caro- tidien, les dissections au pourtour du vague, les manipulations et tractions sur les viscères ou mésentères, les changements brusques de position, ont des effets connus sur le rythme cardiaque et nous savons qu\u2019ils peuvent provoquer des arrêts cardiaques.Cette énumération nous sert déjà à retenir qu\u2019elle contient des modalités de traitement prophylactique, en évitant ou en bloquant ces stimuli.L\u2019hémorragie: constitue une cause importante d\u2019arrêt cardiaque par elle-même et par les phénomènes de compensation qu\u2019elle dé- clanche.Elle est bien connue, se reconnaît facilement et peut se traiter sur le champ et nous n\u2019en discuterons pas.L\u2019anesthésie: c\u2019est une science jeune et progressive qui sans nul doute, à cause de ses progrès marqués, a rendu la chirurgie d\u2019au- jourd\u2019hui possible.C\u2019est une arme précieuse, puissante et indispensable, mais délicate et dangereuse à manier.Chaque anesthésie est une manipulation de physiopathologie suraiguë, plus sérieuse souvent et à plus grande portée, puisqu\u2019elle atteint toute l\u2019économie, que l'intervention chirurgicale à faire.Cette manipulation doit être conditionnée au malade qui la reçoit et au travail envisagé.Les substances anesthésiques ou de support, stimulantes ou bloquantes, sont de plus en plus nombreuses.Les associations médicamenteuses deviennent plus fréquentes et les effets plus complexes, et enfin les temps opératoires L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 prolongés augmentent nécessairement les temps anesthésiques.L\u2019anesthésiste donc devient un collaborateur important et essentiel dans la prévention et le traitement du syndrome dont il est question (86% des cas).Il est directement responsable du type d\u2019anesthésie à administrer, de son maintien adéquat, de l\u2019oxygénation en tout temps, de la prévention ou de l\u2019arrêt de réflexes nocifs, de l\u2019observation et de l\u2019enregistrement du pouls, de la tension artérielle, du rythme respiratoire et du degré anesthésique, de l\u2019appréciation exacte des pertes sanguines et de leur remplacement immédiat, de la surveillance des tractions et des manipulations nocives.C\u2019est à lui d\u2019avertir à cet effet, et c\u2019est lui qui pose souvent le diagnostic même de l\u2019arrêt cardiaque si le cœur n\u2019est pas à vue.La responsabilité est immense, mais le jugement et l'attention au travail rapportent des dividendes importants puisqu\u2019ils permettent de prévenir des drames.Si toutefois ils se produisent, ils peuvent être immédiatement remédiés et ainsi prévenir une mort inutile et inattendue.PATHOGÉNIE DE L\u2019ARRÊT CARDIAQUE Il semble que la somme des réponses cardiaques aux stimuli nocifs soit conditionnée par l\u2019intégrité du myocarde, par son oxygénation adéquate et par la stabilité des réflexes cardio-régulateurs.Le cœur stimulé ne peut répondre que par des variations du rythme qui peuvent se manifester sous forme de tachycardie, de bradycardie, d\u2019arythmie, ou de combinaisons de ces dernières, pouvant aller jusqu\u2019à l\u2019arrêt.Cet arrêt peut avoir été amené par la dilatation progressive jusqu\u2019à cessation d\u2019activité en diastole, ou bien, le cœur fibrille de par ses ventricules, ou bien, les oreillettes fibril- lent et les ventricules sont en arythmie, ou bien encore le cœur peut arrêter en systole.L\u2019arrét en diastole et la fibrillation ventriculaire sont les 2 formes les plus fréquentes.La première, l\u2019arrêt en diastole, heureusement est la plus fréquente de toutes et c\u2019est, elle L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 qui répond le mieux au traitement d\u2019urgence.Cependant, ce diagnostic de forme d\u2019arrêt ne peut se faire que le thorax ouvert, et le cœur à vue.Nous n\u2019avons pas d\u2019ailleurs à faire d\u2019autre diagnostic que celui d\u2019arrêt pour instituer le traitement puisqu\u2019il est le même, à savoir: le massage cardiaque rythmique quelle que soit la forme d\u2019arrêt jusqu\u2019à l\u2019arrivée de personnel spécialisé.De cette façon, le but sera atteint, si, par le massage cardiaque, la pression artérielle et par conséquent l\u2019oxygénation cérébrale, est maintenue.TRAITEMENT 1.\u2014 Prophylactique: Nous n\u2019avons pas à y revenir, il ne faut que puiser à même les considérations étiologiques déjà étudiées.Nous nous permettons d\u2019insister toutefois à nouveau sur la question d\u2019éducation personnelle qui fait partie du traitement, puisqu\u2019elle permet d\u2019avoir instantanément un plan d\u2019action logique à appliquer devant une telle éventualité.2.\u2014 D\u2019urgence: c\u2019est le massage cardiaque, la main dans le péricarde, après thora- cotomie dans le 5ième espace gauche (sous le mamelon ou dans le sillon infra-mammai- re) allant du bord gauche du sternum avec section du cartilage de la 5ième côte, jusqu\u2019à la ligne axillaire postérieure.Un assistant peut écarter de ses deux mains nues la cage thoracique, le péricarde est ouvert et le cœur est saisi à pleine main, pointe dans la paume, sans traction ni torsion.Commencer immédiatement un mouvement rythmique d\u2019expression des ventricules, comme si on voulait vider une poire de caoutchouc de son contenu.La vitesse à adopter est celle qui permettra une pression au sphygmomamètre aux environs de 80 mm (systolique) et c\u2019est là le but à viser.Disons tout de même que le rythme au début devra être assez rapide, pour atteindre cette pression, et répétons que ce n\u2019est pas une vitesse de massage qui est le but à atteindre, mais bien une pression artérielle, à remonter et à maintenir.Masser ainsi durant 2 minutes (pour ceci il faut compter le LAMY et GAGNON: ARRÊT CARDIAQUE 983 temps) et puis arrêter et voir si le cœur n\u2019a pas tendance à se contracter de lui-même.Si oui, compter à quel rythme et c\u2019est ce rythme qu\u2019il faut adopter par la suite en aidant le cœur à donner une systole plus adéquate.D'ailleurs lorsque le tonus du myocarde se rétablit, nous sentons durcir le cœur dans la main.Si le cœur fibrille, 1l n\u2019y a pas d\u2019alternative que de masser indéfiniment, en maintenant la pression artérielle, jusqu\u2019à ce que de l\u2019aide arrive.3.\u2014 Simultanément, au massage, donner au patient une position tête basse.Trouver et rectifier s\u2019il y a lieu une cause anoxique.Rétablir le plus tôt possible l\u2019oxygénation à 100%, par intubation de préférence.4.\u2014 Il faudra immédiatement transfuser, dans l\u2019aorte ou l\u2019oreillette si l\u2019hémorragie est en cause, ou dans la radiale.Il est à noter que l'approche transthoracique n\u2019est pas la seule au cœur.Nous en nommerons d\u2019autres: laparotomie sous-diaphragmatique, laparoto- mie trans-diaphragmatique extra ou intra pleurales.À noter aussi que si l\u2019arrêt cardiaque se produit au cours d\u2019une intervention abdominale, il est à recommander de commencer le massage par voie abdominale et de laisser une autre personne ouvrir le thorax simultanément.5.\u2014 Traitement spécialisé Graduellement un traitement spécialisé s\u2019installe.En présence de fibrillation ventriculaire, il s\u2019agit de faire passer à travers le grand axe du cœur un courant électrique de 1-3 ampères et de 150 à 200 volts et ainsi provoquer un arrêt véritable.Il faudra probablement 5 à 6 chocs répétitifs de .1 sec.à 2 sec.d\u2019intervalle.S\u2019il persiste quelques foyers épars de tissu fibrillant, déplacer les électrodes et répéter les chocs, une électrode reposant directement sur la zone fibrillante et l\u2019autre en un point opposé à celui-ci, ce qui donnera le plus grand axe.Entre temps il faut continuer à masser périodiquement; l\u2019occlusion de l\u2019aorte thoracique de façon intermittente durant le massage peut aider à remonter la pression artérielle 984 en diminuant l\u2019aire artérielle et en concentrant le volume sanguin.6.\u2014 Les médicaments ou substances adjuvantes.Prophylactiques: La prévention commence déjà avec la prémédication anesthésique et se continuera lors de l\u2019induction et enfin durant certaines interventions, par l\u2019usage de certaines drogues en usage local.Le tout calibré au minimum au poids, âge, durée, type et région opératoire.Devant un fait accompl d\u2019arrêt cardiaque, les substances suivantes peuvent être employées en plus du traitement déjà utilisé: Procaïne: Intra-auriculaire, intra-ventri- culaire et sur l\u2019épicarde.Elle diminuerait l\u2019excitabilité de la fibre.Elle peut aussi peut-être aider à empêcher un arrêt cardiaque franc de se transformer en fibrillation, ou prévenir le retour à la fibrillation une fois celle-ci arrêtée.Adrénaline: 14 ce au 1/1 000, dans le ventricule gauche, associée ou non à la procaïne.L\u2019adrénaline ne doit s\u2019employer que si le cœur a des tendances à se contracter rythmiquement de lui-même.Il y a contre-indication formelle à son emploi si le cœur fibrille, car elle ne ferait qu\u2019augmenter ce phénomène.Son usage percutané est toujours proscrit, puisqu\u2019elle pourrait provoquer une fibrillation chez un cœur en arrêt simple, la forme la plus susceptible de reprendre son automatisme; inversement elle peut de cette façon arrêter définitivement un cœur fibrillant.Chlorure de K.5%.2 cc intra-ventricu- laire.Peut servir d\u2019agent défibrillant et arrêter le cœur en diastole.Masser pour quelques minutes et faire suivre de chlorure de calcium à 5%, 2 ce intra-ventriculaire, suivi encore une fois de massage.Chlorure de Ca.5%.A n\u2019employer ici encore que si le cœur à tendance à se contracter de lui-même et jamais s\u2019il fibrille.Chlorure de Ba.à 5%.Fraîchement préparé.À la même action que le Ca.et les mêmes LAMY et GAGNON: ARRÊT CARDIAQUE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 indications.Fauteux a démontré qu\u2019il agissait parfois.PRONOSTIC Que faut-il s\u2019attendre de ces manœuvres?Est-ce qu\u2019il vaut la peine d\u2019instituer des mesures aussi héroïques et combien de fois sont- elles couronnées de succès?La réponse est essentiellement statistique, et elle provient d\u2019une étude systématisée de 1 200 cas d\u2019arrêt cardiaque, au sens ou nous l\u2019entendons, 1200 cas traités (dans 94% des cas) en dedans de 4 minutes (1).De ce total 28% ont été restitués ad integrum.Ceci représente 1 cas et plus sur 4, et cette seule donnée suffit à elle seule à rendre tout le programme nécessaire.De ce nombre total, 642 furent ravivés, c\u2019est-à-dire que la fonction cardiaque fut rétablie, mais 87% moururent dans les 24 heures suivantes et le reste jusqu\u2019à 6 jours.Ces 642, ne sont pas compris dans le 28% restitués « ad inte- grum ».Enfin sur ces 1 200 cas, on réussit à raviver 56% des cœurs, et de ce nombre, la moitié ont repris une vie absolument normale, soit, 336 ressuscités.Combien de temps faut-il continuer ce traitement?Si le traitement a été institué en dedans de 4 minutes, que la P.A.a été maintenue, que les causes déclanchantes ont été corrigées, et que les pupilles ne sont pas dilatées au maximum, le cœur repartira vraisemblablement dans un temps assez court.Cependant, si le traitement a été institué tardivement et que les pupilles sont dilatées, les chances de succès complet sont bien petites, et le but n\u2019est pas de remettre à la famille un patient décérébré.Franchement, nous ne pouvons répondre exactement à cette question, et chaque cas doit être jugé au mérite.Ce dont il faut surtout se souvenir, c\u2019est qu\u2019il est possible de repêcher à Charron 1 sur 4 de ses passagers à qui il avait commencer à faire traverser le Styx, et le ramener à nous.Le mot de Bailey (5). L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 BIBLIOGRAPHIE (1) STEPHENSON, REID et HINTON: Some common denominators in 1200 cases of Cardiac Arrest.Annals of Surgery, 137: 731, 1953.(2) TUFFIER et HALLION: De la compression rythmée du cœur dans la syncope.Bull.Mens.Soc.Chir.de Paris, 24: 937, 1898.(3) D.A.COOLEY: Cardiac Resuscitation during operations for Pulmonic Stenosis.Ann.of Surgery, 132: 930, 1950.(4) REID, STEVENSON et HINTON: Cardiac Arrest.Arch.Surg., 64: 409, 1952.(5) H.BAILEY: Cardiac Massage for Impending Death under Anesthesia.Brit.Med.Journal, 2: 84, 1941.(6) C.S.BECK et H.F.RAND: Cardiac Arrest LAMY et GAGNON: ARRET CARDIAQUE 985 during Anesthesia and Surgery.J.4.i.4., 141: 1230, 1949.(7) J.BONICA: Role of the Anesthesiologist in the Management of Cardiac Arrest.Curr.Res.Anesth.and Analg.31: 1, 1952.(8) W.E.FISHER: Resuscitation in Death under Anesthesia.Lancet, 2: 698, 1920.(9) HINTON, STEPHENSON et REID: Prevention of Cardiac Arrest.Am.Surg, 18: 934, 1952.(10) MILLER, BROWN et al: Respiratory acidosis: Its relationship to cardiac Function and other Physiologic Mechanisms.Surgery, 32: 171, 1952.(11) W.G.YOUNG, W.C.SEALY.J.HARRIS et A.BATWIN: The Effects of Hypercapnia and Hypoxia on the response of the Heart to Vagal Stimulation.Surg., Gynec.and Obst., 93: 51, 1951.CONSIDERATIONS GENERALES SUR LE TRAITEMENT MODERNE DE L\u2019'HYPERTENSION ARTERIELLE ® Jacques GENEST, F.R.C.P.(C), F.A.C.P., Lidia ADAMKIEWICZ, Raymond ROBILLARD 2 et Gilles TREMBLAY 2, du Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Parmi les problèmes d\u2019ordre métabolique et endocrinien sur lesquels travaillent les membres du Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu, une des maladies à laquelle nous avons consacré beaucoup d\u2019efforts et de temps est l\u2019hypertension artérielle et ses divers aspects.Depuis plus d\u2019un an, le Département a organisé une clinique spéciale d\u2019hypertension artérielle où nous suivons un nombre important de patients, presque tous référés par des confrères, et où nous étudions l\u2019action de divers médicaments ou modes de traitement.1.Travail présenté à la séance du 16 mars 1954 de la Société Médicale de Montréal et réalisé grâce à des subventions de la Compagnie Ciba, de Montréal, du Conseil National de Recherches, du Life Insurance Medical Research Fund et du Ministère de la Santé et de l\u2019Hygiène Publique, Entente fédé- rale-provinciale.2.Follow du Conseil National de Recherches, 1953- 1954.Comme l\u2019hypertension artérielle constitue une raison fréquente de consultation dans les bureaux des médecins praticiens, nous avons cru que ce symposium pourrait être de quelque utilité.Nous profitons de l\u2019occasion pour annoncer que nous avons établi deux postes d'assistant temporaire dans notre clinique à raison d\u2019une demi-journée par semaine pour une période de six mois pour les médecins praticiens qui sont intéressés à l\u2019aspect car- dio-vasculo-rénal et à l\u2019aspect thérapeutique de l'hypertension artérielle.En ce moment les deux postes sont occupés, mais deviendront vacants en septembre de cette année.Nous avons pris cette initiative nouvelle afin de rendre service aux médecins praticiens en leur permettant de se mettre au courant des tout derniers développement médicaux et d\u2019établir des liens plus étroits entre eux et les 986 GENEST Er COLL.: consultants et les hommes de recherches et d\u2019investigation clinique.Parmi les différentes modes de traitement de l\u2019hypertension, nous voulons vous communiquer le fruit de notre expérience sur la rauwolfia, l\u2019aprésoline et l\u2019héxaméthonium seuls ou associés.Le «follow-up» des patients de notre clinique varie entre deux et seize mois et chaque patient avant d\u2019être soumis à un traitement quelconque, a été hospitalisé pour étude de contrôle pré-traitement.Car, dans tout travail expérimental et de recherche, dans l\u2019occurrence l\u2019évaluation clinique de l\u2019action thérapeutique de nouveaux médicaments, rien n\u2019est plus important \u2014 c\u2019est un truisme de le répéter \u2014 que l\u2019établissement d\u2019une période de contrôle rigide avant le début du traitement.Ce contrôle nous l\u2019avons établi en exigeant un stage de plusieurs jours à l'hôpital durant lesquels une évaluation clinique et fonctionnelle aussi poussée que possible est faite.Cette évaluation, ajoutée à un examen détaillé du patient, porte surtout sur les points mentionnés ci- dessous.1 \u2014 Clinique: personnels: Symptômes \u2014 Signes: Artères.Pulsations.Cœur.Fundi.P.A.aux heures de 7 am.à 9 p.m.Etude psycho-somatique, familiale et sociale.2 \u2014 Fonction cardiaque: diographie.Fluoroscopie.3 \u2014 Fonction rénale: Urine.Urée sanguine.PS.P.Clearance: Urée.Créatinine endogène.Concentration maxima.Pyélographie par voie intra-veineuse et, si nécessaire, par voie rétrograde.4 \u2014 Epreuves spéciales: (re: Phoechromo- cytome).Adrénolytiques (Rogitine, Benzo- dioxane.).Provocatrices (Histamine.) Insufflation rétro-pneumo-péritonéale.5 \u2014 « Follow-up » hebdomadaire.Quand il s \u2018agit « d\u2019évaluer » un patient présentant une hypertension artérielle ou de déterminer lefficacité thérapeutique d'un \u2018agent hypotensif, on ne peut trop insister sur Antécédents familiaux et E.C.G.Téléora- TRAITEMENT DE L'HYPERTENSION \u2026 L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 la nécessité de faire une analyse détaillée de l\u2019état psycho-somatique, émotionnel et social du patient.Cette évaluation assez complète nous renseigne sur la nature de l\u2019hypertension, sur sa sévérité, sa durée et fina'ement sur le choix du traitement.À maintes reprises, notre expérience nous a démontré qu\u2019il ne faut jamais se presser de dire à un patient qu\u2019il fait de hypertension artérielle.Rien n\u2019est plus dommageable à sa quiétude d'esprit et à sa sérénité que de se savoir atteint d\u2019hypertension artérielle et d\u2019avoir la hantise des complications graves telles que l'hémorragie cérébrale et la paralysie.Nous somrnes en complet désaccord avec ceux qui insistent pour que les patients prennent eux-mêmes leur pression artérielle.Dans notre expérience, cette façon de voir peut aller pour quelques semaines ou même quelques mois sans trop d\u2019inconvénients, mais dans la grande majorité des cas, nous assistons à l\u2019éclosion d\u2019un état d\u2019anxiété qui peut aller jusqu\u2019à une véritable névrose d\u2019angoisse.Il faut aussi se défier des lectures uniques de pression et de celles prises par les médecins dans leur bureau ou les dispensaires, le plus souvent sans tenir compte de l\u2019état d\u2019appréhension et de nervosité du patient.C\u2019est la raison pour laquelle la pression artérielle du patient est prise à toutes les heures durant son hospitalisation et qu\u2019en suite à la clinique elle est prise au moins à trois reprises à chaque visite par une infirmière compétente.Un exemple que nous pourrions multiplier vous donnera une illustration frappante du rôle que peut jouer l\u2019anxiété chez le patient eù de la prudence avec laquelle il faut interpréter les lectures uniques de pression artérielle.(Figure I).Une fois que nous sommes assurés de la nature de l\u2019hypertension et de l\u2019avantage de traiter activement un patient donné, nous le soumettons à une médication et le suivons à intervalles hebdomadaires.Nous serait-il permis d\u2019insister sur le fait qu\u2019à cause de l\u2019ignorance où nous sommes sur l\u2019étiologie et le mécanisme de l\u2019hypertension artérielle, nous en sommes encore à une période empirique et L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 transitoire dans le traitement de l\u2019hypertension.Il est certain que la plupart des traitements auxquels nous soumettons actuellement nos patients ne sont que des échelons nécessaires dans le progrès de nos recherches et qu\u2019ils seront vraisemblablement remplacés par d\u2019autres plus effectifs.Néanmoins, ils constituent actuellement notre meilleur arsenal.Un fait est évident, c\u2019est que depuis quelques années, nous sommes beaucoup mieux B.D.26888 GENEST Er couL.: TRAITEMENT DE L\u2019'HYPERTENSION Œ\u2026 987 sons pour traiter nos patients repose sur les faits suivants: 1 \u2014 Nous croyons que, dans l\u2019hypertension, l\u2019élévation de tension artérielle est due à une augmentation globale de la résistance périphérique et que la composante d\u2019artériolosclé- rose, facteur qui devient à la longue dominant et le plus sérieux, est compensatrice et secondaire à l\u2019augmentation de tension soutenue par les parois artérielles.PA.260} 2201 180F 140} 100} PA.moyenne a la Clinique: 2607/1128 199/98 60} - PA.moyenne a la maison : [ 1 i 1 J 7 2 25 25 5 7 il 15 6 2 2 3 4 6 12 16 2 2 2 2 6 Sept.Oct.Nov.Dec.'53 Ce patient qui est suivi à notre Clinique depuis 1 an et demi, a une appréhension très vive vis-à-vis de l\u2019hôpital.Chacune des lignes verticales représentent les lectures de pression artérielle prises lors de ses visites à la clinique.La zone sombre représente l\u2019allure de sa pression prise 4 fois par jour chez lui par sa femme qui est une infirmière graduée.Chaque fois que ce patient consulte son médecin ou vient à la Clinique d\u2019Hypertension, il accuse, dès le départ de son domicile, un état de tension nerveuse, un serrement précordial et une sensation de malaise indéfinissable qu\u2019il ne peut contrôler.outillés qu\u2019autrefois et que nous sommes en position d\u2019aider effectivement nos patients.Le traitement de l\u2019hypertension aiguë, soit de l\u2019encéphalopathie hypertensive ou de la crise hypertensive, est, nous dirions, adéquat actuellement.Mais le problème important et qui constitue notre intérêt principal dans ce domaine est de pouvoir contrôler la pression artérielle des hypertendus dans les limites normales ou à peu près, sur une longue période d\u2019années ou de décades.C\u2019est l\u2019aspect qui, à notre avis, est le plus important.Le raisonnement sur lequel nous nous ba- 2 \u2014 Nous croyons qu\u2019en abaissant la pression vers des chiffres normaux, nous diminuons l'intensité et la progression de la maladie vasculaire et nous éloignons ou faisons disparaître le danger des complications graves.3 \u2014 Notre expérience qui est corroborée par celle des autres centres, montre que la grande majorité des patients se portent micux quand leur pression artérielle est diminuée.Nous avons la conviction qu\u2019en maintenant la pression en dessous de 170-175/100-105, nous donnons au patient la sécurité qu\u2019il est 988 en dehors de la zone dangereuse des complications graves comme l\u2019hémorragie cérébrale ou l\u2019ædème aigu du poumon et nous lui permettons un travail productif sans symptôme ni signe sérieux qui pourraient entraver son bien-être et son travail.4 \u2014 L'observation de nos patients qui ne fait que confirmer l\u2019expérience accumulée depuis plus de 50 ans par nombre d\u2019observateurs, nous montre qu\u2019il y a une relation étroite entre le niveau de la pression diastolique et l\u2019apparition d\u2019un accident cérébral ou d\u2019un œdème papillaire.Inversement l\u2019abaissement à la normale de la pression est en général suivi de la disparition de l\u2019ædème papillaire et des symptômes sérieux dont se plaignait le patient.Il ne s\u2019agit pas ici de faire la réclame pour un traitement versus un autre de l\u2019hypertension, mais ces résultats importants qui ont le mérite d\u2019avoir une bonne part d\u2019originalité et de provenir d\u2019un travail énorme d\u2019équipe, vous sont présentés en toute humilité et avec une objectivité rigoureuse, afin que vous puissiez vous-mêmes tirer vos propres conclusions.Nous les avons décrits en quatre groupes: 1 \u2014 Insuccès.2 \u2014 Amélioration s\u2019il y a une baisse moyenne de 25/15.3 \u2014 Résultats excellents si la pression dépassant auparavant 200/115 est maintenue en moyenne en dessous de 170-175/100-105.4 \u2014 Résultats parfaits si la pression est maintenue en dessous de 155/90.Toute classification est, en soi, un artifice et celle-ci n\u2019est pas plus parfaite que les au- GENBST er corL.: TRAITEMENT DE L'HYPERTENSION .L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 tres.Elle n\u2019est utilisée que pour simplifier la présentation de nos résultats.Un point sur lequel nous désirons attirer l\u2019attention est celui-ci: il est sûr que l\u2019un des meilleurs traitements de l\u2019hypertension artérielle est encore le repos complet.Mais cette solution a l\u2019inconvénient de n\u2019être applicable qu\u2019aux gens cossus, et de faire du patient un invalide.Tout médicament qui donne au moins d\u2019aussi bons résultats que le repos tout en permettant une activité et un travail raisonnables est en soi un grand avantage tant pour le patient que pour la société.Ces résultats qui vous seront décrits dans les articles qui suivront sur le sujet, représentent un aspect et une étape de notre travail et non une conclusion dogmatique.Nous les soumettons à votre critique afin que vous puissiez nous aider non seulement par votre collaboration mais par vos idées et vos suggestions.Ce ne sera que par un effort commun que nous pourrons contribuer au progrès de la science médicale et donner à notre médecine des standards scientifiques à la hauteur de nos richesses matérielles et intellectuelles.C\u2019est notre plaisir de remercier spécialement garde Fernande Salvail, dont le dévouement et l\u2019efficience ont été précieux pour le bon fonctionnement de la Clinique d\u2019Hypertension, le docteur Georges-Etienne Cartier, chirurgien, le docteur Léon Lebel, cardiologue, et les consultants suivants pour leur collaboration: les docteurs François Henry, Claude Mon- fette, Antonin Demers, ophtalmologistes; les docteurs Jean-Paul Bourque, Jean Charbonneau, Jean Joyal, urologistes; le docteur Marcel Crépeau, psychologue ; les docteurs Jean-Léon Desrochers, Charles Dumas, neuro-psychiatres. SYMPOSIUM SUR LE GLAUCOME > & + AVANT-PROPOS AUX CONFRÈRES NON-OCULISTES Claude MONFETTE, Hôtel-Dieu (Montréal).Ce symposium présenté dernièrement lors de la réunion de la Société Canadienne d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-laryngologie était originairement destinée aux confrères de notre spécialité.Nous remercions l\u2019Union Médicale de son hospitalité et nous estimons que c\u2019est surtout à cause de l\u2019importance du sujet traité qu\u2019elle nous demande de publier nos travaux in ex- tenso.\u2014 De toutes les maladies de l\u2019œil, le glaucome est la plus fréquente et la plus funeste.Aussi l\u2019Etat a-t-il jugé opportun, ainsi qu'il l\u2019avait fait pour enrayer la syphilis et la tuberculose de subventionner au profit des malades indigents, des cliniques vouées au dépistage et au traitement de cette maladie.Le glaucome, syndrome caractérisé par des troubles visuels, de l\u2019hypertérision oculaire, l\u2019excavation et l\u2019atrophie du nerf optique se présente dans ses grandes lignes sous deux aspects: le glaucome aigu et le glaucome chronique.La forme aiguë peut simuler la sinusite, la migraine, «la grippe dans la tête.» Souvent déroutante et confondue hélas avec la conjonctivite, elle s\u2019accompagne presque toujours de prostration, d\u2019inappétence et de troubles digestifs qui peuvent donner l\u2019aspect d\u2019un syndrome abdominal.Trop las pour quitter son domicile et reléguant sa baisse de vision au second plan, le malade appellera plus volontiers son médecin de famille que l\u2019oculiste.Juger de la durée du globe oculaire, apprécier l\u2019acuité visuelle et aussi examiner les reflexes pupillaires sont de la plus grande importance: dans le glaucome aigu, la pupille est dilatée et ne réagit que peu ou pas à la lumière.Le diagnostic peut s\u2019établir avec une lampe de poche.Traitée en temps, la crise aiguë peut rentrer dans l'ordre, la vision s\u2019améliorer.Ignorée, elle conduit habituellement à la cécité comme la forme chronique.Beaucoup plus insidieux et dix fois plus fréquent est le glaucome chronique qui s\u2019attaque aux deux yeux et qui peut apparaître avant la quarantaine ainsi que le glaucome aigu.Evoluant à bas bruit, accompagnée souvent de maux de tête fugaces qui coïncident avec des épisodes transitoires de vision embrouillée, la forme chronique se complique de la diminution du champ visuel périphérique dont le patient ne s\u2019aperçoit guère au début.Laisser entendre à celui qui se plaint de trouble visuel, qu\u2019il s\u2019agit de cataractes qu\u2019il faudra laisser progresser peut donc être une affirmation préjudiciable si elle n\u2019est pas complétée par un examen adéquat des yeux et de la Vision.Parce que son accommodation est diminuée, le glaucomateux réclamera aussi de fréquents changements de lunettes, symptôme que l\u2019ophtalmologiste ne soulagera pas sans avoir évalué la tension oculaire et l\u2019aspect du fond d\u2019œil, gestes essentiellement du domaine médical.Les statistiques révèlent qu\u2019au Canada une personne sur 800 est aveugle; que plus de 12% de ces cas sont des glaucomateux dont la moitié aurait gardé une vision utile si elle eut été traitée adéquatement; on estime que 1 à 2% des gens de plus de quarante ans qui vaquent à des travaux de précision sont des glaucomateux insoupçonnés.Nous ne doutons pas que vous porterez aux travaux qui suivent l\u2019attention qu\u2019ils méritent.Ils sont l\u2019œuvre d\u2019une précieuse collaboration entre confrères de différents hôpitaux montréalais. L\u2019ANATOMIE ET LE GLAUCOME Roland LAPOINTE, Hôtel-Dieu Pour bien situer la question du glaucome, nous avons pensé qu\u2019il serait opprtun de revoir quelques notions anatomiques de l\u2019angle de l\u2019iris ou angle de filtration.Dans une coupe du globe oculaire qui passe par le centre de la cornée, cet angle est formé, à la périphérie de la chambre antérieure, par la rencontre de la face postérieure de la cornée et de la face antérieure de l'iris.Si la base de l\u2019iris est accolée à la cornée, on dit que l\u2019angle est fermé; dans le cas contraire, c\u2019est un drainage de la chambre antérieure, dont je distinguerai deux éléments essentiels: 1° le canal de Schlemm, surtout dans sa paroi profonde, les trabécules; 2° les veines aqueuses, ses tributaires visibles en surface.Sur la face postérieure de la sclérotique, près du bord cornéo-scléral, se trouve une encoche circulaire dont la lèvre intérieure forme un éperon; c\u2019est le lit du canal de Schlemm.Des parties avoisinantes, muscle ciliaire, iris, cornée, partent des tentures, qui s\u2019entrelaçant de l\u2019éperon scléral à la membrane de Descemet, ferment ce canal.On appelle trabécule un fin prolongement qui se détache d\u2019une paroi et fait saillie dans une cavité.Ces trabécules recouvertes d\u2019endothélium constituent donc la paroi postérieure de canal.On en distingue deux sortes: le ligament cornéo-scléral, semblable à des rubans élastiques, forme la charpente; du côté de l\u2019iris, d\u2019où il se détache pour passer en pont sur le cul-de-sac, c\u2019est le ligament pectiné, tissu plus délicat sans fibres élastiques, mais dérobé de pigment irien permettant de l'identifier à la gonéoscopie.Dans l\u2019état actuel de nos connaissances, il n\u2019y a pas d\u2019ouverture directe entre le canal et la chambre antérieure.(Montréal).Nous avons vu les rapports du canal avec l\u2019angle de filtration: pour illustrer ses communications du côté de la cornée, nous parlerons des veines aqueuses, qui pour une part, assurent la communication entre le liquide intra-oculaire, et les veines épisclérales.De découverte récente \u2014 13 ans \u2014 ces conduits spécialisés, semblables à des vaisseaux sanguins, contiennent un liquide clair, ou du sang dilué, ou les deux.Dès l\u2019abouchement d\u2019un vaisseau sanguin, leur contenu devient stratifié et apparaît comme les eaux d\u2019un ruisseau limpide, qui se jette dans une rivière boueuse; après leur réunion, les liquides peuvent continuer à rester distincts ou à se mêler.On voit quelquefois une stratification, qui dépend du nombre des tributaires et qui peut dépasser même trois: c\u2019est le type arborescent dont le tronc se compose de trois lignes sanguines et deux lignes aqueuses.La preuve que c\u2019est bien un seul vaisseau, c\u2019est que lorsqu\u2019on le comprime, le contenu se mélange.C\u2019est pourquoi la découverte d\u2019une veine aqueuse n\u2019est en général possible qu\u2019à partir d\u2019un vaisseau laminaire.Avec la fente large du biomicroscope, on recherche un vaisseau profond stratifié, en arrière des vaisseaux conjonctivaux superficiels, et on le suit jusqu\u2019à la confluence d\u2019une veine rouge avec un vaisseau incolore: celui-ci est une veine aqueuse que l\u2019on peut identifier jusqu\u2019à son émergence limbique.On les trouve plus facilement dans le quadrant nasal inférieur, aux environs du méridien horizontal, souvent de façon symétrique dans les deux yeux: les plus petites, tout près du limbe, et les plus grosses à quelque distance, celles-ci correspondant aux débouchés externes du canal de Schlemm.En moyenne le nombre de veines aqueuses dans un œil serait de 3; L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 la largeur de 0.05 mm.la longueur de 14 cm.la vitesse d\u2019écoulement 5mm.à la seconde.la pression de 9 à 10 mm.Hg.Ce n\u2019est pas une apparition éphémère, ni passagère, que celle d\u2019une veine aqueuse.C\u2019est un phénomène constant, qui a été prouvé par une surveillance continuelle et des photographies en série: c\u2019est-à-dire le même vaisseau est constamment rempli de liquide, malgré des changements spontanés ou provoqués dans cet œil.Voici quelques certitudes de leur existence: la comparaison des coupes histologiques et \\ des trouvailles à la lampe à fente; la pression exercée sur un œil augmente leur débit et leur visibilité; après une injection intraveineuse de fluorescéine \u2014 5 ce à 10% \u2014, la couleur sous éclairage ultra-violet n\u2019apparaît secondairement dans la veine aqueuse, que si celle-ci est unie à un vaisseau sanguin; l\u2019instillation de fluorescéine sur une cornée abrasée, va dans la chambre antérieure et les veines aqueuses, mais non dans les vaisseaux sanguins, à moins qu\u2019ils ne soient unis à des veines aqueuses; \u2019 Si l\u2019on injecte de la couleur dans la chambre antérieure, avant une énucléation, on la retrouve dans la veine aqueuse et non dans les veines épisclérales sous-conjonctivales; Durant l\u2019examen gonioscopique, le sang LAPOINTE: ANATOMIE ET LE GLAUCOME 991 quitte le canal de Schlemm par les ouvertures qui se rendent aux grosses veines.Nous avons donné tantôt le chiffre de la pression dans les veines aqueuses.Il existe un moyen clinique facile de le constater et de posséder un nouvel élément de pronostic dans le glaucome simple chronique par le test d\u2019Ascher.(glass-rod phenomenon).Le voici en deux mots: si l\u2019on comprime un vaisseau laminaire, on constate, soit un reflux de sang dans la veine confluente, prouvant la supériorité de pression de la vcine aqueuse sur la veine épisclérale: tout ie vaisseau devient donc blanc comme une baguette de verre, et l\u2019on dit que le glass-rod phenomenon d\u2019Ascher est positif.Mais si la pression de la veine aqueuse est plus faible, c\u2019est le sang veineux qui repousse le liquide translucide et la veine aqueuse est gorgée de sang = glass-rod phenomenon négatif.Supposons pour finir, un cas concret: d\u2019une part, une tension oculaire élevée trouvée au tonomêtre \u2014 ce qui devrait augmenter la pression dans le canal de Schlemm; d\u2019autre part, une pression dans les veines épisclérales plus élevée que celle des veines aqueuses \u2014 glass-rod négatif \u2014.On serait porté à conclure dans ce cas, à un blocage de la circulation, soit par sclérose des trabécules ou par diminution du calibre des débouchés du canal de Schlemm.Voilà la manière de raisonner, si l\u2019on essayait de résoudre le problème du glaucome avec nos seules notions anatomiques. BIOCHIMIE DU LIQUIDE INTRA-OCULAIRE Roland CLOUTIER, Ophtalmologiste, hôpital Notre-Dame (Montréal).Je n\u2019entreprendrai pas de vous expliquer en 10 minutes toutes les théories de formation de l'humeur aqueuse.D'autant plus qu\u2019il s\u2019agit de théories encore au stade d\u2019expérimentation.Rapidement nous jetterons un coup d'œil sur les trois théories les plus acceptables tout en nous attachant davantage à la plus récente et la plus plausible.Voici un tableau des principaux constituants de l'humeur aqueuse avec leur quantité dans le sang: ascorbique et d\u2019acide hyaluronique dans l\u2019humeur aqueuse?Comment expliquer la plus forte pression onchotique du liquide de la chambre antérieure?S\u2019il s\u2019agissait de filtration, le contraire devrait être vrai.La 21ème théorie, celle de la diffusion identifiée avec Duke Elder, puisqu\u2019il en a été le principal instigateur.Se basant sur les lois générales réglant le transport des liquides à travers une membrane comme du sang au liquide interstitiel ou du sang à la chambre Plasma ELECTROLYTES Humeur aqueuse Plasma R-, \u2014\u2014 Humeur aqueuse Anions \u2014 Cl 107 111,5 96 HCO8 .34,2 23,4 1,46 Acide ascorbique \u2026\u2026\u2026\u2026nereneeeene 1,2 1 12 Acide lactiQUe wm 94 8 1,17 Phosphates am.6 1 6 Protéines mmm ,02% 15 ,003 Cathions + NA, 200 00e 0 1,44 1,46 986 K i.6,35 6,45 1 Ca ero 1 2 5 NoN ÉLECTROLYTES (colloïdes) Glucose .8 8,7 Non protein nitrogen mere 34 mgr.% 35 mgr.% Urée 45 5 Créatinine , très petites très petites concentrations Acides aminés .; * concentrations Histamine Comment ces substances réussissent-elles à passer du sang dans l\u2019œil pour former l\u2019humeur aqueuse?Est-ce par filtration?Par diffusion?Par sécrétion, ou par diffusion et sécrétion?Nous pouvons éliminer immédiatement la théorie de la filtration, laquelle faisait dépendre de la pression artérielle le rythme de formation de l\u2019humeur aqueuse.Mais, Dieu merci, tous les hypertendues ne sont pas glaucomateux; de plus comment expliquer une plus forte concentration d\u2019acide antérieure.Duke Elder pensait que l'humeur aqueuse était formée par une diffusion à travers les parois vasculaires des différentes substances.Des deux côtés, sang et C.A.les liquides étaient en équilibre électro-statique stable, et suivaient les lois de Gibbs Donnan.Cependant, selon Duke Elder, les liquides diffusant dans la chambre antérieure, rediffusaient en dehors de la chambre antérieure de la même façon, c\u2019est-à-dire, à travers les parois vasculaires, sans qu\u2019il y ait élimination L'Union Méd.Canada : IMI par le canal de Schlemm en passant de ! chambre postérieure à la chambre antérieure.Par conséquent, il existe deux affirmations de cette théorie de la diffusion.1° \u2014 L\u2019humeur aqueuse suit les lois de Gibbs Donnan.2° \u2014 Il n\u2019y à pas d\u2019élimination de l\u2019humeur aqueuse par le canal de Schlemm.Pourquoi doit-on rejeter la théorie de la simple diffusion ?1° \u2014 Parce que nous avons de nombreuses preuves que le liquide de la chambre antérieure s\u2019élimine au moins en partie par le canal de Schlemm et qu\u2019il y a certainement un transport du liquide de la chambre postérieure à la chambre antérieure.En effet: a) dans certaines lésions néoplasiques du segment postérieur, nous voyons souvent des dépôts de cellules sur la face postérieure de la cornée ; celles-ci ont certainement été transportées par un mouvement de l\u2019humeur aqueuse.b) La gonioscopie nous montre souvent qu\u2019il y a augmentation de la tension intra- oculaire par un blocage de l\u2019angle.c) À la suite de synéchies postérieures, nous avons une augmentation de la pression intra-oculaire et iris bombé.2° \u2014 Parce que tous les électrolytes ne suivent pas les lois de Gibbs Donnan.En effet: a) Il y a beaucoup plus d\u2019acide ascorbique et d'acide hyaluronique dans l\u2019humeur aqueuse que dans le sang.b) Il ne semble pas y avoir de relation entre l'hypertension artérielle et la tension intra-oculaire.S\u2019il s\u2019agissait de simple diffusion il y aurait certainement plus de glauco- mateux chez les hypertendus et les néphrétiques.Après de nombreuses expériences, Frien- denwald et Kinser en sont arrivés à prouver, en injectant des substances moléculaires très grosses à déterminer que 1% de tout le liquide de la chambre antérieure est éliminer par le canal Schelmm.L\u2019humeur aqueuse ne peut donc être un simple dialysal.DU LIQUIDE INTRA-OCULAIRE 993 Nous en arrivons à la théorie la plus en vogue à l'heure actuelle, celle de la diffusion et de la sécrétion.Et en effet, l\u2019eau et les non électrolytes: urée, glucose, alcool éthylique etc.semblent suivre les lois de Gibbs Donnan et diffuseraient pour former l'humeur aqueuse au travers du corps ciliaire et de l'iris, avec élimination et par le canal de Schlemm et par les vaisseaux de l\u2019iris et du corps ciliaire.Mais les électrolytes: acide ascorbique, CI.Na.acide lactique, COsH ete.seraient sécrétés dans la chambre postérieure au niveau du corps ciliaire et éliminés seulement par le canal de Schlemm.Quelle est la nature de cette sécrétion?Ce n\u2019est pas la sécrétion d\u2019une glande, c\u2019est une sécrétion par réaction chimique et électrique; et en effet, au niveau du stroma et de l\u2019épithélium du corps ciliaire, on a pu déterminer des potentiels électriques différents, indices évidents d\u2019une dépense d\u2019énergie à ce niveau.Que se passerait-il au niveau du corps ciliaire?Rappelons-nous qu\u2019oxidation veut dire perte d\u2019un électron et réduction veut dire gain d\u2019un électron.Supposons que de l\u2019eau HsOÔ arrivant au niveau du corps ciliaire à travers les vaisseaux s\u2019oxident et par conséquent donne un électron H au stroma.Le stroma prend cet H et le passe à la lame vitrée qui a son tour la donne à l\u2019épithélium ciliaire, mais au niveau de l\u2019épithélium, il y a le système cytochromi- que qui permet la respiration des cellules; de ce système apparaît un O; lequel ion O se réduit en accaparant l\u2019ion H; et nous avons un ion négatif OH au niveau de l\u2019épithélium.Cet hydroxyl OH se combine à CO» qui existe là et nous avons CO3H dans l\u2019humeur aqueuse.Ceci détruit l\u2019équilibre électrostatique au niveau du liquide de la chambre antérieure et l\u2019ion négatif CO3H attire dans la chambre antérieure l'ion positif NA+.Et par conséquent Na a été sécrété dans la chambre antérieure, mais cet apport de Na a créé une solution hypertonique du côté de la chambre antérieure et l\u2019eau traverse le corps ciliaire 994 venant du sang par diffusion pour stabiliser les deux solutions.La pression intra-oculaire serait en définitive la différence des pressions onchotiques sang et C.A.+ la pression hydrostatique des capillaires.Il nous reste à retenir qu\u2019il y a diffusion de l\u2019eau et des non électrolytes du sang à l\u2019humeur aqueuse et sécrétion des électrolytes au CLOUTIER: BIOCHIMIE DU LIQUIDE INTRA-OCULAIRE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 niveau du corps ciliaire.Tous ces électrolytes sont éliminés par le canal de Schlemm; l\u2019eau et les non électrolytes sont éliminés en partie par diffusion et par le canal de Schlemm.REFERENCES Duke ELDER \u2014 Text book of Ophthalmology, pages 429-462.Dr H.V.KINSEY \u2014 Cours de perfectionnement.Portland, Maine, 1950.TONOMETRIE Jean-Robert POIRIER (Montréal).La tonométrie est la mesure de la pression intraoculaire.La définition technique, d\u2019après Meyer, est la suivante: mesure de la résistance de l\u2019œil à la déformation par des forces ou des poids appliqués à la surface du globe.Les méthodes employées pour mesurer cette pression intraoculaire n\u2019ont pas toutes la même précision.La méthode digitale, c\u2019est-à- dire la palpation de l\u2019œil, est la plus grossière, mais c\u2019est parfois la seule méthode utilisable.La méthode instrumentale est la méthode de choix.On appliquer sur l\u2019œil, après anesthésie locale, un instrument appelé tono- mètre.Le chicre marqué par le tonomètre nous indique la pression intraoculaire, soit directement, soit indirectement à l\u2019aide de tables et cela en millimètres de mercure.Il existe plusieurs genres de tonomètres v.g.Schiotz, Bailliart, McLean, ect.Le plus récent de ces tonomètres est le tonomètre électronique.Enfin, la méthode manométrique est la plus précise, mais elle n\u2019est pas pratique en clinique.Elle a servi à calibrer les autres tonomètres.La pression tissulaire de l\u2019œil est composée de trois éléments: résistance du contenu liquide au déplacement, rigidité oculaire, pression du liquide intraoculaire.Le but de la tonométrie est de connaître la pression du liquide intraoculaire en faisant abstraction le plus possible de la rigidité oculaire et de la résistance du contenu liquide au déplacement.A.\u2014 Résistance du contenu liquide au déplacement.L\u2019application du tonomètre augmente la pression intraoculaire et cause théoriquement trois effets: 1) ralentissement ou arrêt ou refoulement de l\u2019entrée du sang, 2) accélération de la sortie du sang, 3) accélération de la sortie de l'humeur aqueuse.Vu la petitesse des voies possibles de sortie des liquides intraoculaires et la courte durée de l\u2019application du tonomètre, ce facteur est négligeable dans les conditions ordinaires.B.\u2014 Rigidité oculaire, c\u2019est la résistance de la paroi à la déformation et à l\u2019étirement.La cornée, coque fibreuse, s\u2019oppose à la déformation par le tonomètre indépendamment du liquide sous-jacent.Certains facteurs augmentent cette rigidité: l\u2019Âge après 50 ans, L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 la myopie plus grande que 20 dioptries, l\u2019uvéite, le glaucome aigu après quelques jours.Les myotiques et les vasodilatateurs diminuent la rigidité oculaire.Pour apprécier la rigidité oculaire, il faut utiliser un tonomètre avec des poids et prendre 2 lectures avec 2 poids différents.Si la pression apparente est plus haute avec le poids le plus pesant, la rigidité est anormale, et dans ce cas, la pression réelle est plus basse que celle qui correspond à nos deux lectures.La limite d\u2019erreur avec le tonomètre de Schiotz est de 2 millimètres dans les pressions voisines de la normale et de 4 mm dans les pressions élevées.Si l\u2019on considère la rigidité oculaire, la limite d\u2019erreur est de 5 mm.C.\u2014 La pression du liquide intraoculaire est entretenue par des facteurs positifs: la pression de sécrétion, la pression hydrostatique et la pression onkotique.Il y a un facteur neutre, c\u2019est le liquide lui-même, incompressible, où la pression est transmise également dans tous les sens.Les facteurs négatifs de cette pression sont la finesse des voies de sortie des liquides intraoculaires, la pression des tissus voisins et la rigidité oculaire.Les limites normales de la pression intrao- culaire sont de 15 à 27 mm de mercure.Les cas douteux se placent entre 27 et 31 mm.40% de ces cas développent du glaucome dans les deux années qui suivent.La pression trouvée à la tonométrie extemporanée a certes une grande valeur si elle est anormale, mais, si elle est normale, et que les symptômes ou l\u2019examen clinique laissent un doute quant à la possibilité d\u2019un glaucome, il faut recourir à la tonométrie accompagnée de tests provocatifs ou à la recherche de la variation diurne de cette pression.La pression intraoculaire varie au cours de la journée, et, selon Duke-Elder, la variation diurne normale ne doit pas dépasser 5 mm.Pour rechercher cette variation diurne, on fait la tonométrie toutes les 2 heures pendant la période de veille.Normalement, la tension est plus élevée le matin et diminue ensuite.POIRIER: TONOMETRIE 995 Pour montrer l'importance de cette variation, Duke-Elder, s\u2019il avait à définir le glaucome simple, en se basant sur la pression, le définirait ainsi: condition non caractérisée par une tension supérieure à 30 mm de mercure au Schiotz, ou supérieure à 25 mm.ou à tout autre chiffre, mais condition caractérisée au début par une instabilité de la tension oculaire qui montre une variation diurne supérieure à 5 mm de mercure, un état qui habituellement, mais non invariablement, produit une hypertension permanente.Comme preuve à l\u2019appui, Duke-Elder rapporte 63 cas de glaucome simple non opéré où il a étudié la variation diurne.Dans ces 63 cas, la plus grande variation diurne a été de 45 mm.et la plus petite, de 5 mm.Dans 18 cas (30%) la tension a toujours été inférieure à 30 mm.et dans 2 cas, la tension a toujours été inférieure à 25 mm.La tonométrie est un précieux moyen de diagnostic du glaucome, mais il ne faut pas oublier qu\u2019elle peut nous donner une fausse sécurité, le glaucome n\u2019étant pas toujours caractérisé par une hypertension intraocu- laire.TONOGRAPHIE La tonographie, c\u2019est la mesure de la diminution de la tension intraoculaire pendant l\u2019application prolongée d\u2019un tonomètre.On la fait au moyen du tonomètre électronique appliqué sur l\u2019œil pendant 5 minutes.La lecture est prise toutes les 15 minutes.On en fait une courbe, le tonogramme.A l\u2019aide de tables (Friedenwald), on trouve le volume de liquide déplacé hors de l\u2019œil, et avec la formule de Grant, on trouve le coefficient de Grant ou coefficient de facilité de sortie de \u2019humeur aqueuse (outflow).Ce coefficient de Grant représente le volume, en millimétre cube, d\u2019humeur aqueuse sortie de l\u2019œil pendant une minute pour une augmentation de pression d\u2019un millimètre de mercure.Ce coefficient est normalement supérieur à 0,15.L'importance de la tonographie est très grande, puisque la pathologie du glaucome 996 semble se rattacher au mécanisme de la sortie de l\u2019humeur aqueuse, plutôt qu\u2019à sa formation.Cette méthode, très précieuse, a des limites d\u2019erreur assez considérables: 25% pour les patients non hospitalisés et 10% pour les patients hospitalisés \u2014 Grant a tellement foi en la tonographie qu\u2019il prétend qu\u2019un patient dont le coefficient est inférieur à 0,15, même en l\u2019absence de tout autre symptôme, est un glaucomateux en puissance à brève échéance.Mansheim rapporte 70 tonogrammes, dont 30 glaucomateux, 9 douteux et 31 normaux.Chez tous les glaucomateux, le coefficient était inférieur à 0,20, chez la plupart, inférieur à 0,15.Tous les normaux avaient un co- POIRIER: TONOMÉTRIE L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 efficient supérieur à 0,15, chez la plupart, supérieur à 0,20.La tonographie est une arme nouvelle pour dépister le glaucome.La tonométrie étudie la statique du problème, c\u2019est-à-dire la pression; la tonographie étudie la dynamique du problème, une des causes de cette pression.BIBLIOGRAPHIE Sir Stewart DUKE-ELDER: The phasic variations in the ocular tension in primary glaucoma.Am.J.Ophth., 35: 1, 1952.Bernard J.MANSHEIM: Aquous outflow measurements by continuous tonometry in some unusual forms of glaucome.Arch.Ophth., 50: 580, 1953.Samuel J.MEYER: Glaucoma.Am.Academy of Ophth.and Otol.Peter C.KRONFELD: Present state of tonography.Guildcraft, 28: 25, 1954.LA GONIOSCOPIE Michel MATHIEU, Hôpital Maisonneuve (Montréal).DÉFINITION La gonioscopie est une technique ophtal- moscopique qui au moyen de verres de contact spéciaux, permet de voir l\u2019angle de la chambre antérieure.Cet angle, en effet, n\u2019est pas visible par les moyens ordinaires.Cela est dû au fait que les rayons lumineux dirigés vers l\u2019angle présentent avec la cornée une telle incidence qu\u2019ils sont réfléchis à la surface de celle-ci plutôt que d\u2019être réfractés et y pénètrer.Au moyen des différents verres de contact ou prismes habituellement utilisés, cette incidence est de beaucoup diminuée et il est ainsi possible de faire pénétrer un rayon lumineux vers l\u2019angle et d\u2019en permettre sa sortie vers l\u2019œil de l\u2019observateur.TECHNIQUE C\u2019est Trantas qui le premier a tenté l\u2019examen de la chambre antérieure de l\u2019œil vivant.Cependant, c\u2019est à Salzmann (2) que revient le mérite d\u2019avoir fixé la base utilisée encore aujourd'hui pour la visualisation de l\u2019angle de la chambre antérieure au moyen d\u2019un verre de contact qui supprime la réflexion totale des parties périphériques de la cornée.Le verre de contact préconisé par Salz- mann fut perfectionné par Koeppe (3).Celui-ci, en effet, a calculé les courbes d\u2019un nouveau verre de contact dont la forme permettait par son ingéniosité l\u2019examen avec un fort grossissement.Puis, Uribe-Troncoso (4) au moyen de son gonioscope est parvenu à explorer la totalité de l\u2019angle de la chambre antérieur.Plus récemment, Goldman et Allan ont inventé chacun un dispositif nouveau qui permet l\u2019examen de la chambre antérieure, le patient étant assis devant la lampe à fente. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Goldman se sert d\u2019un verre de contact formé d\u2019une cupule qui s\u2019applique sur la cornée.Cette cupule est prolongée par un cône à l\u2019intérieur duquel se trouve un miroir placé obliquement qui sert à réfléchir les rayons lumineux et les faire pénétrer obliquemeni à travers la cupule et la cornée.Le patient est assis devant la lampe à fente, une fois le verre de contact installé.L\u2019observateur dirige le faisceau de la lampe à fente à travers le verre de contact, et se sert du microscope pour voir l\u2019angle au moyen du miroir.Un prisme est placé à l\u2019extrémité de la lampe ce qui réduit l\u2019angle entre les faisceaux lumineux et les rayons de retour.La rotation du verre de contact sur son axe permet de voir les différentes parties de l'angle.Allen obtient le même résultat au moyen d'un prisme fixé à un petit manche-support et qui s'applique directement sur la cornée.La rotation du prisme permet l\u2019exploration de la circonférence de l'angle.Personnellement, nous préférons dans la majorité des cas employer le verre de Koep- pe.Le patient étant couché, le verre est placé sur l'œil et un liquide (eau, sérum physiologique ou méthocel) est introduit entre le verre et la cornée par une technique qui élimine les bulles d\u2019air.Puis, ne nous servant la plupart du temps que d\u2019un ophta!moscope ordinaire réglé à + 20 nous circulons aut \u201cur du patient et sommes ainsi en mesure d\u2019explorer dans sa totalité et d\u2019y déceler toute anomalie importante.ASPECT GONIOSCOPIQUE NORMAL DE L\u2019ANGLE Que voyons-nous à l\u2019examen de l\u2019angle de la chambre antérieure?Nous avons vraiment l'impression de regarder à l'intérieur d\u2019une chambre.Le plancher est constitué par l\u2019iris qui se prolonge jusqu\u2019au mur du fond (l\u2019angle) et le plafond par la voûte cornéenne.Sur le mur, nous voyons de bas en haut, premièrement, une bande sombre occupant environ 44 à 14 de celui-ci et qui est constituée par la partie tout à fait antérieure du corps ciliaire.Au-dessus de cette bande sombre, MATHIEU: GONIOSCOPIE 997 une petite ligne blanche, l\u2019éperon seléral.Puis au-dessus de cette ligne, une autre bande plus large que la bande ciliaire et de coloration plus pâle, c\u2019est la bande trabéculaire qui occupe environ les 2/3 de l\u2019angle et se termine en haut par une autre ligne blanchâtre, l\u2019anneau de Schwalbe, limite de la face postérieure de la cornée.ASPECTS ANORMAUX DE L\u2019ANGLE La gonioscopie peut être de grande utilité dans d\u2019autres affections que le glaucome.Nous nous contentons ici de les énumérer vu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un symposium sur la glaucome.Présence de tumeur dans l\u2019angle, présence de malformation de l\u2019angle, présence de corps étrangers logés au niveau de l\u2019angle.Dans le glaucome, nous pouvons voir des modifications des trabécules qui seront sclérosés ou obstrués par des dépôts pigmentaires (atrophie essentielle de l'iris) ou des débris capsulaires (cataractes exfoliantes).Dans le glaucome secondaire à des uvéites, nous verrons des synéchies pouvant aller jusqu\u2019à la suture de Knies.Dans le glaucome infantile, il y aura suture de la base de l\u2019iris à la bande trabéculaire, il y aura suture de la base de l'iris à la bande trabéculaire faisant disparaître ainsi la bande ciliaire et la ligne de I\u2019éperon scléral.INDICATIONS ET AVANTAGES La gonioscopie nous permet de voir si nous avons affaire à un angle large, étroit ou fermé.Du point de vue strictement diagnostic dans le glaucome chronique simple, elle n\u2019ajoute rien aux autres méthodes d\u2019examens, la go- nioscopie prend toute son importance dans I'examen pré-opératoire des patients chez qui une intervention fistulisante est jugée nécessaire.En effet, par cette technique, le chirurgien est en mesure de choisir le genre d\u2019intervention qui conviendra le mieux à l'œil en question, par exemple: une iridenclésis serait à conseiller si l\u2019anglé est étroit, une sclérectomie (Elliott, Lagrange ou Holt) si langle est large.Elle permettra en plus de 998 MATHIEU: GONIOSCOPIE choisir un site pour l\u2019intervention, car au moyen de la gonioscopie, l\u2019on pourra facilement déceler des vaisseaux anormaux de l\u2019angle pouvant amener des ennuis au cours de l\u2019intervention ou des adhérences entre la cornée et la base de l'iris pouvant être responsables d\u2019occlusion secondaire de fistules opératoires.La gonioscopie permettra done de choisir un endroit de l\u2019angle où les facilités opératoires et les chances de résultats permanents seront plus grandes.La gonioscopie sera aussi très importante comme examen post-opératoire.A la suite d\u2019opération pour glaucome, elle permettra de voir l\u2019aspect interne des cicatrices opératoires et de comprendre les raisons d\u2019insuccès d\u2019une technique employée, suggérant ainsi les modifications à utiliser dans une intervention ultérieure.Il est fortement conseillé de faire une go- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 nioscopie chez les opérés de cataracte qui ont présenté une chambre antérieure plate pendant plusieurs jours après l\u2019extraction du cristallin.L\u2019examen de l\u2019angle dans ces cas montrera souvent des adhérences entre la plaie cornéenne et la base de l\u2019iris et incitera l\u2019ophtalmologiste à surveiller de très près ces patients qui sont des candidats au glaucome secondaire.Voilà en somme ce qu\u2019est la gonioscopie et ce que nous pouvons en attendre.BIBLIOGRAPHIE (1) A.TRANTAS, Arch.d\u2019ophtalmologie, 1907.(2) M.SALZMANN, Zeitschr.F.Augenheilkunde, 31: 1, 1914; 34: 26, 1915.433, 1929.(3) L.KOEPPE, Graefes Arch., 101: 48, 1919.(4) M.TRONCOSO, Amer.Journ.ophtalm., 8: CHAMPS VISUELS DANS LE GLAUCOME Robert PAGER, Hôpital Notre-Dame (Montréal).Aucune affection n\u2019est plus intimement liée à la périmétrie que le glaucome, et c\u2019est en grande partie par l\u2019étude du champ visuel de cette maladie que la périmétrie doit de s\u2019être développée.Je ne parle pas du glaucome aigu où l\u2019œdè- me cornéen et la congestion considérable du globe, de même que les douleurs intenses obligent de limiter l\u2019examen périmétrique à une approximation assez grossière.| Mais c\u2019est dans le glaucome chronique simple que l\u2019étude du champ visuel prend toute son importance.C\u2019est elle qui permet d\u2019établir exactement l\u2019étendue des dégâts et de suivre l\u2019évolution de la maladie.Pour les besoins de la démonstration, il convient de diviser le glaucome en trois stages chronologiques: 1° Le glaucome incipiens.2° Le glaucome confirmé.3° Le stade terminal.Dans le glaucome incipiens, le type du déficit est une modification d\u2019angioscotome, qui, sur l\u2019écran périmétrique, apparaîtra sous la forme d\u2019une contraction des isoptères centraux et qui donnera lieu à une formation assez particulière de dénudation de la tache de Mariotte, ce que les Anglais appellent Baring of the blind spot, et les Français: exclusion de la tache de Mariotte.Les autres caractéristiques que l\u2019on rencontre au début sont des déficits en « faisceaux de fibres».Ces caractéristiques ont été démontrés par Bjérrum en 1889 dans un mémoire célèbre qui est à l\u2019origine de la popularité du campimètre.C\u2019est au moyen L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 de cet instrument (campimètre ou écran tangent) que l\u2019on peut le mieux étudier ces premiers déficits, à condition, bien entendu, d\u2019employer les index appropriés, i.e.les plus petits index visibles.On les appelle « en faisceaux de fibres» parce que leur dessin est calqué sur la confirmation anatomique des fibres rétiniennes qui, partant du raphé temporal, dessinent autour de la macula un contour elliptique, pour aller s\u2019implanter d\u2019une part a la partie supérieure et d\u2019autre part, à la partie inférieure de la papille.Ce déficit qu\u2019on appelle scotome arcifor- me prend, dans son aspect classique, la forme d\u2019une lame de cimeterre.Notons qu\u2019au début, on ne le trouve que dans une forme segmen- taire, c\u2019est-à-dire, schématiquement comme un fragment de lame de cimeterre.En définitive, ce sont des scotomes paracentraux plus ou moins polymorphes.Ces signes, qui au début peuvent être passagers, apparaître et disparaître au cours d'examens successifs, deviennent permanents dans le glaucome confirmé.GLAUCOME CONFIRMÉ Règle générale, ils commencent à la partie supérieure du champ.S'ils se retrouvent également à la partie inférieure, l\u2019ensemble des deux constitue un scotome annulaire.Du côté temporal, à leur point de rencontre, il peut exister un décallage qui formera le ressaut nasal où la pédale de Ränne (Nasal step).À ce moment-là, on peut avoir une vision de 20/20 sans aucun déficit périphérique.Je dis ceci pour insister sur l\u2019importance de l'examen campimétrique au début du glaucome, et sur la nécessité d\u2019employer les index appropriés i.e.les plus petits index visibles au niveau des différents isoptères.Par la suite, apparaissent les déficits périphériques.C\u2019est alors qu\u2019on peut avoir un ressaut nasal à la périphérie du champ et une dépression périmétrique nasale qui prend de plus en plus d\u2019importance en même temps que le scotome arciforme tend à faire irrup- PAGER: CHAMPS VISUELS DANS LE GLAUCOME 999 tion dans ce déficit et constituer ce que les anglais appellent le Braking through in the nasal field, i.e.une irruption du déficit dans le champ nasal.Si le glaucome continue d\u2019évoluer, la dépression périphérique se fera de plus en plus marquée (particulièrement du côté nasal) puis le point de fixation deviendra menacé et la zone de vision sera déplacée du côté temporal et nous assisterons à ce moment-là, au stade terminal du glaucome.STADE TERMINAL Nous appellerons stade terminal du glaucome ce stade au cours duquel le point de fixation a été envahi et où il ne persistera plus qu\u2019un ou deux ilôts de vision temporaux.C\u2019est le stade pénultième de Malbran qui précède le glaucome absolu.L'usage de la périmétrie dans le glaucome peut se résumer en quatre points: 1 \u2014 Eclairer le mode de production du déficit.2 \u2014 Aider au diagnostic.à \u2014 Etablir le pronostic et finalement mettre en lumière les indications opératoires, et observer l\u2019évolution post-opératoire.1 \u2014 Pour ce qui est du mécanisme de production des déficits dans le glaucome, il semble bien que les premiers déficits soient des modifications vasculaires qui donnent des angloscotomes et que dans le glaucome confirmé, nous ayons affaire à de véritables neuro-scotomes, c\u2019est-à-dire, des déficits en faisceaux de fibres.2\u2014 Quant au diagnostic, la reconnaissance du glaucome rend l\u2019usage du campimètre, du périmètre extrêmement précieux.à \u2014 Pronostic.C\u2019est en regard surtout du pronostic que les études périmétriques sont particulièrement valables.C\u2019est avec des champs visuels répétés périodiquement qu\u2019on pourra établir exactement quel est le degré d\u2019évolution du glaucome; s\u2019il y a lieu ou non de faire une intervention fistulisante, et suivre les suites opératoires. 1000 ROGER: CHAMPS VISUELS DANS LE GLAUCOME Les indications opératoires dans le glaucome font l\u2019objet de controverse parmi les meilleurs oculistes.On peut quand même énoncer certaines règles générales, par exemple: 1\u2014 S'il s\u2019agit d\u2019un glaucome qui évolue de toute évidence malgré les traitements myo- tiques et où le point de fixation n\u2019est pas menacé, je crois qu\u2019il y aurait intérêt d\u2019intervenir chirurgicalement.2 \u2014 Si d\u2019autre part, il s\u2019agit d\u2019une personne âgée dont le glaucome semble bien contrôlé par le traitement médical, je crois qu\u2019il y aurait intérêt de s\u2019abstenir.L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 3 \u2014 Il est certain que les cas où les champs visuels sont le plus déficitaires, sont ceux qui ont le moins de chance de bien aller après l'opération, particulièrement si le point de fixation est menacé.En conclusion, il est bon de se rappeler que la zone de fixation peut survivre très longtemps à la faveur d\u2019un traitement médical et qu\u2019en définitive, l\u2019attitude adoptée ne dépendra pas seulement de l\u2019état du champ visuel mais bien du contexte clinique et du jugement du chirurgien.TRAITEMENT MÉDICAL DU GLAUCOME Gilles COUSINEAU (Montréal).Le traitement médical du glaucome est connu depuis longtemps déjà.Dès 1876, on connaissait la propriété de la pilocarpine de réduire la tension oculaire.Depuis ce temps, plusieurs médicaments sont apparus sur le marché.Nous discuterons, dans ce bref exposé, des médicaments les plus importants, leur usage, leur mode d\u2019action de même que les dangers qu\u2019ils comportent.On sait que le système nerveux autononic se divise en système sympathique et para- sympatique.Selon la théorie la plus acceptée, le nerf parasympathique libère un enzyme appelé l\u2019acétylcholine qui est elle-même détruite par un autre enzyme, la cholinestérase.Partant de cette théorie, il y a trois modes d\u2019action possible sur le parasympathique.1.Par stimulation directe.2.Par stimulation indirecte 1.e.par inhibition de la cholinestérase.3.Par stimulation de la fibre musculaire elle-même.Dans le premier groupe i.e.les stimulants directs du parasympathique, la pilocarpine est sans contredit le médicament le plus employé.Sa concentration habituelle est de 1 à 2% mais peut aller jusqu\u2019à 6%.Nous trouvons sur le marché trois formes de pilocarpine: la boropilocarpine qui est une association d\u2019acide borique et de pilocarpine, une solution huileuse à action plus lente et enfin la pilocarpine sous forme d\u2019onguent.La fréquence d\u2019emploi de ce médicament dépend évidemment du cas traité, mais ii n\u2019y à pas d\u2019objection à l\u2019employer jusqu\u2019à six fois par jour, étant donnée sa durée d\u2019action relativement courte.La pilocarpine sous forme d\u2019onguent est à conseiller le soir au coucher, étant donnée son action plus prolongée.Dans le second groupe de médicaments, i.e.les stimulants indirects du parasympathique par inhibition de la cholinestérase, mentionnons l\u2019ésérine.Ce médicament s\u2019emploie sous forme de salicylate en concentration habituelle de 44 png rs \u2014 \u2014 \u2014 a L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 à 15%.Il y a la forme liquide, la solution huileuse et l\u2019onguent.L\u2019ésérine est plus puissant que la pilocarpine quoique d\u2019action différente, mais par contre, n\u2019est pas sans offrir des inconvénients.L\u2019ésérine produit une hypérémie de l'iris, augmente le taux des protéines dans le liquide de la chambre antérieure et peut produire à la longue des adhérences de l\u2019iris.C\u2019est pourquoi il est bon, à la suite de son emploi prolongé, de dilater la pupille pour empêcher les synéchies de se former.De plus, l\u2019ésérine est un médicament instable, et son oxydation par l\u2019air et la lumière le rend très irritant pour l'œil.Le patient se plaindra souvent de maux de tête dus au spasme d\u2019accommodation.Le D.F.P.ou floropryl est plus puissant encore que l\u2019ésérine et son action sur la cho- linestérase est irréversible.Il produit un myo- sis marqué qui peut durer plusieurs jours après l\u2019emploi de quelques gouttes seulement.Le D.F.P.peut produire des chutes de tension très marquées, mais certains auteurs ont rapporté des élévations de tension après son emploi dues probablement à un œdème des procès ciliaires.Les inconvénients de ce médicament sont les maux de tête qu\u2019il occasionne dus au spasme d\u2019accommodation, l\u2019hypéré- mie de la conjonctive due à la vasodilatation, et on a même rapporté des cas de décollements de rétine.Dans le troisième groupe ie.les stimulants directs de la fibre musculaire l\u2019histamine a été employé sous le nom de « Ténosine d\u2019A- mino glaucosan » en solution à 10%.Son emploi n\u2019est pas pratique étant donnés ses effets secondaires de vasodilatation et à cause de la douleur qui l\u2019accompagne.Avant de clore ce chapitre des stimulants du parasympathique, il ne faut pas oublier l\u2019action synergique de certains médicaments comme l\u2019emploi de la piloéarpine et de l\u2019ésérine dont l\u2019action réciproque se complète.Les stimulants du sympathique, comme l\u2019adrénaline employé sous le nom de « Glau- cosan », le « Veritol », ou encore le « Syntro- COUSINEAU: TRAITEMENT MÉDICAL DU GLAUCOME 1001 pan » ont leurs indications dans le diagnostic du glaucome plutôt que dans la thérapeutique quoiqu\u2019ils puissent être employés à cet effet.Mais ils sont toujours contre-indiqués dans les cas d\u2019obstruction de l\u2019angle de la chambre antérieure étant donnée leur action sur la pupille.On a suggéré l\u2019emploi des dérivés de l\u2019ergot, combinés à la pilocarpine localement, dans les cas de glaucome simple.En effet, la paralysie du sympathique diminue la perméabilité des vaisseaux avec effet secondaire sur la formation de l\u2019humeur aqueuse.L\u2019effet hypotensif du massage de l\u2019œil est connu depuis longtemps.Le massage est utile dans les cas de filtration opératoire, par contre il ne faut pas perdre de vue son effet secondaire d\u2019hypertension qui peut se produire parfois.Les solutions hypertoniques par leur action déshydratante sur les tissus peuvent abaisser la tension oculaire.A cet effet, des solutions de chlorure de sodium, de dextrose et de sucrose à 50% en injections intraveineuses ont été employées.On peut se servir des diurétiques pour la même raison et dernièrement est apparu sur le marché un inhibiteur d\u2019enzyme au niveau du rein (Diamox) et qui semble provoquer une diurèse marquée.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019employer ce produit à l\u2019Hôtel-Dieu, mais notre expérience est encore assez limitée à ce sujet et seul l\u2019avenir nous prouvera ou non de l\u2019efficacité de ce médicament.Evidemment il ne faut pas oublier que l\u2019action des solutions hypertoniques de même que celle des diurétiques n\u2019est que transitoire ie.jusqu\u2019à ce que l\u2019équilibre osmotique soit rétabli.Je ne fais que citer ici la radiothérapie, l\u2019emploi du salicylate de Na, l\u2019auto-hémo- thérapie et l\u2019inhalation de nitrite d\u2019amyl mentionnés dans la littérature et qui ont des indications bien limitées.Enfin, pour terminer, quelques mots sur le traitement d\u2019ordre général qui n\u2019est pas sans importance.Il faut conseiller au patient 1002 d\u2019éviter toute excitation et surmenage mental et physique.L'alcool, le tabac, le thé et le café n\u2019aident certainement pas, surtout si le malade en abuse.Il faut éviter les positions du corps avec tête horizontale ou plus basse, les compressions par vêtements trop serrés, les exercices violents, en un mot tout ce qui peut causer de l\u2019hyperémie cérébrale.Le pa- COUSINEAU: TRAITEMENT MÉDICAL DU GLAUCOME L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 tient faisant usage devra être surveillé étroitement.L\u2019ophtalmologiste devra toujours avoir présent à l\u2019esprit qu\u2019il ne traite pas simplement un cas de glaucome, mais bien un malade souffrant de cette affection; il envisagera toujours la chirurgie en dernier essort et le plus souvent s\u2019en abstiendra.LA CHIRURGIE DU GLAUCOME Antonio Hôtel-Dieu Le présent travail a pour but d'indiquer pour chaque type de glaucome, les opérations les plus susceptibles d\u2019assurer de bons résultats.GLAUCOME CONGÉNITAL OU INFANTILE Le glaucome infantile se manifeste dans les premières années et même dans les premiers mois de la vie; il peut être primitif ou secondaire.Le glaucome primitif ou hydrophtalmie est une maladie rare ou le traitement chirurgical s\u2019impose et les résultats seront meilleurs si l'intervention est faite dans la première année d\u2019âge.C\u2019est la goniotomie avec ou sans le gonios- cope de Barkan ou d\u2019un autre qui est le plus en faveur actuellement; les opérations fistu- lisantes ont moins de chances de succès si l\u2019angle camérulaire n\u2019est pas bien débridé; la cyclodiathermie peut être essayée\u2026 Le glaucome secondaire dû à la vibroplasie rétro-lenticulaire ou à un rétinoblastome se traite par l\u2019énucléation.GLAUCOME CHRONIQUE Dans le glaucome chronique, il convient de se montrer très conservateur, car la chirurgie DEMERS, (Montréal).y est difficile et souvent imprévisible dans ses résultats.Si possible, s\u2019en tenir au traitement médical chez les plus de 70 ans, chez les hypertendus artériels qui tolèrent bien un ophtal- motonus élevé, et dans les cas de vision télescopique qui se conserve bien.L\u2019opération sera envisagée quand, malgré le traitement médical, la vision se détériore rapidement à cause de son travail, de son éloignement, de son état général ou mental, etc.Les opérations les plus recommandées dans le glaucome chronique, sont celles qui assurent un bon drainage de l'humeur aqueuse: la trépanation d\u2019Elliott, la sclérectomie de Lagrange, l\u2019iridencléisis de Holt, la eyclodia- lyse de Heine.La trépanation d\u2019Elliott est particulièrement indiquée dans le glaucome à angle large, où le champ visuel est encore peu rétréci; et aussi quand une iridectomie a déjà été pratiquée pour une crise aiguë de glaucome.L\u2019Elliott est une opération difficile qui doit être bien faite pour donner de bons résultats.Ses complications sont nombreuses et parmi elles: la perforation du lambeau conjonctival, l\u2019hémorragie de la chambre antérieure, l\u2019atteinte du cristallin suivie de cara- racte, le décollement de la choroïde, l\u2019appa- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 rition de vitré dans la plaie, l\u2019occlusion de la fistule.La scléro-iridectomie de Lagrange, modifiée ou non donne de bons résultats entre des mains habiles.L\u2019iridencléisis de Holt: est une opération relativement facile, qu\u2019on peut modifier ou combiner à une sclérectomie et qui donne des résultats comparables à l\u2019Elliott.L\u2019iridenclé- isis est peu traumatisant et pour cette raison, est conseillé quand le champ visuel est rétréci notablement.La cyclodialyse de Heine: en séparant le corps ciliaire de ses insertions, met en communication la chambre antérieure avec la supra-choroïde et permet ainsi le drainage de l'humeur aqueuse.Cette intervention est réservée aux yeux aphaques et en cas d\u2019échec de l\u2019iridectomie pour iris bombé.L\u2019effet de la cyclodialyse est de durée trop souvent limitée, le drainage cessant dès que se fait le réaccollement de la choroïde.La cyclodiathermie perforante ou non, dont on a critiqué le mécanisme et dont on a exagéré l\u2019efficacité, n\u2019a donné aux confrères de l\u2019Hôtel-Dieu que de rares et passagères satisfactions.GLAUCOME AIGU La crise aiguë de glaucome exige une action médicale intensive et brève; son échec après 24 à 36 hres obligera le chirurgien à faire une iridectomie sous anesthésie générale.L'irdectomie sera totale, généreuse et surtout basale, afin de bien libérer l\u2019angle camé- rulaire pincé et bloqué par l\u2019iris.L'iridectomie périphérique pourra donner de bons résultats si la crise aiguë est la première et s\u2019il n\u2019existait pas de glaucome chronique auparavant.DEMERS: CHIRURGIE DU GLAUCOME 1003 GLAUCOME SECONDAIRE Ici la technique opératoire variera avec la cause du glaucome.L\u2019extraction du cristallin pour les cataractes intumescentes et les luxations de la lentille.La cyclodialyse chez les aphaques.Les ponctions de la chambre antérieure pour les hémorragies traumatiques.La transfixion de l\u2019iris ou l\u2019iridectomie dans l\u2019iris bombé.Les opérations fistulisantes dans les glaucomes traumatiques ou associés à l\u2019angiome choroïdien.L\u2019énucléation pour la tumeur intra-oculai- re, les hémorragies massives du vitré et les décollements rétiniens anciens, de même que l\u2019épithélialisation de la chambre antérieure suivis de glaucome.GLAUCOME ABSOLU Un œil est dit en glaucome absolu quand cette maladie, quelle que soit sa forme clinique, l\u2019a rendu aveugle.Cet œil peut être douloureux, disgracieux ou calme.Pour l\u2019œil douloureux, c\u2019est l\u2019énucléation qui assure les meilleures chances de soulagement.Cependant, si une personne jeune insiste pour conserver un œil encore présentable, on commencera par le moyen le plus simple de combattre la douleur, l'injection rétro-bulbaire d\u2019alcool à 60%.Les opérations fistulisantes ont peu de chance de donner une détente durable.La neurotomie optico-ciliaire fait cesser la douleur, mais provoque souvent l\u2019atrophie du globe.La cyclodiathermie peut être essayée.L\u2019œil disgracieux sera remplacé par une prothèse si le malade le désire.L\u2019œil calme sera respecté, on évitera même l\u2019emploi des myotiques afin de ne pas réveiller la douleur. EPREUVES DE PROVOCATION DANS LE GLAUCOME! René CHARBONNEAU, Ophtalmologiste Hôpital Notre-Dame (Montréal) Certains cas de glaucome aigu, absolu, ou même chronique simple bien établis, peuvent être assez facilement diagnostiqués, mais il n\u2019en est pas toujours ainsi chez certains glaucomes insidieux au début où la tension prise irrégulièrement peut se révéler normale.Il existe certaines épreuves de provocation qu\u2019il faut employer afin de dépister le glaucome chez les individus par exemple dont la presbytie augmente trop rapidement; chez les gens qui souffrent de céphalée matutinale, qui ont des obscurations fugaces de la vision, ou qui ont une sensation de plénitude oculaire après être demeurés à la noirceur comme au cinéma, ou après un dérangement vasomoteur, tel après un bain chaud, ou chez les individus qui voient des halos autour des lumières.Chez tous les cas suspects, il faut faire une investigation tonométrique de la « variation diurne » de la tension oculaire sur une période de trois jours.On recommande alors que le patient soit hospitalisé afin qu\u2019il ait un mode de vie régulier.La tension est alors prise à fois par jour, la première fois avant le lever le matin.Même si la tension ne semble pas s\u2019élever au-dessus de la normale, une variation de 10 mm de Hg au schiotz indique un glaucome latent.Si cette investigation de la «variation diurne» de la tension oculaire n\u2019est pas concluante, ou impossible à réaliser, l\u2019on peut alors utiliser les épreuves suivantes: 1) Epreuve à la chambre noire de Seidel (1914-28) Il s\u2019agit de prendre la tension oculaire puis d\u2019installer le patient dans une chambre noire pour une heure après quoi, l\u2019on prend la tension avec le moins de lumière possible.Sl 1.Présenté à la réunion de la Société d\u2019ophtalmo- logie-Oto-Rhino-Laryngologie, Hôtel-Dieu de Montréal, le 8 mai 1954.existe un glaucome insidieux, dans 50% des cas, la tension peut s\u2019élever de 40 à 50 mm de Hg au-dessus de la tension initiale.Un écart de 6 mm de Hg est considéré comme suspect.La tension s\u2019élève à cause du blocage de l\u2019angle de la chambre antérieure par la racine de l\u2019iris.Si l\u2019œil est ensuite exposé à une lumière vive, il y a contraction de la pupille, puis chute de la tension.2) Epreuve du decubitus de Kollner et Thibert Il faut faire coucher le patient avec la tête basse.Une élévation de tension de plus de 6 mm Hg est considérée comme pathologique.3) Epreuve du boire de Marx (1925-28) appliquée par Schmidt (1928) : Consiste à faire boire au candidat, une pinte d\u2019eau le plus rapidement possible avant le déjeuner, puis la tension est prise aux quarts d'heure.Si l\u2019épreuve est positive, la tension oculaire augmentera de 8 à 15 mm Hg en moins d\u2019une demi-heure.Le taux d\u2019hémoglobine ainsi que la gravité spécifique et la quantité d\u2019urine présenteraient une variation atypique.4) Test au café Il s\u2019agit de faire ingurgiter au malade une ou deux tasses de café noir, fort.L'épreuve sera positive si la tension augmente de 15 à 25 mm Hg en 20 ou 40 minutes.Le même résultat peut être obtenu en faisant une injection intra-veineuse de 0.2 gm de caféine.Il en est ainsi d'une inhalation de nitrite d\u2019amyle.5) Epreuve de la congestion veineuse (Wagner) Une main est immergée dans un bassin d\u2019eau glacée pendant qu\u2019un brassard de sphyg- momanomètre est gonflé autour du cou à 50 ou 60 mm de Hg, assez pour produire une L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 congestion veineuse sans que la parole ou la déglutition soient entravées; après une minute, une augmentation de la tension oculaire de 9 mm Hg est considérée comme signe de glaucome chronique simple.Cette épreuve peut être dangereuse chez les gens souffrant d\u2019artériosclérose.6) Epreuve de lecture Après avoir mesuré la tension oculaire, le patient pendant une heure s\u2019astreint à lire un texte à caractères très fins endant 45 minutes.Un œil glaucomateux verra sa tension augmenter de 10 à 15 mm He.7) Epreuve du massage de Knapp (1912) Sur un œil normal, un massage du globe durant une minute, ou l'imposition d\u2019un poids de 250 gm sur les paupières fermées pendant 10 minutes, provoque une baisse de tension du 15 à 15 de la valeur normale, laquelle redeviendra normale en 60 à 70 minutes; chez un œil glaucomateux la tension baisse peu ou pas du tout; elle retourne à sa normale en 30 minutes, dépasse la normale et n\u2019y revient qu\u2019après 115 hre.Ceci indique une déficience de drainage et est une recommandation pour la chirurgie.CHARBONNEAU: EPREUVES DE PROVOCATION.1005 8) Epreuve de la paracenthése de Kronfeld (1930-33) Comme la précédente, cette épreuve en est une d\u2019hypertonie réactionnelle.L\u2019augmentation de tension après une paracenthèse sera de l\u2019ordre de 25 à 35 mm Hg dans l\u2019œil normal.Dans l\u2019œil glaucomateux, elle sera de 40 à 60 mg Hg ou plus (Magitot 1931).9) Epreuve au mydriatique Normalement un mydriatique ne doit pas augmenter la tension oculaire.Après instillation d\u2019eucatropine à 2%, la tension est prise aux demi-heures.Si en dedans de 3 à 4 hrs, la tension n\u2019augmente pas, il n\u2019y a pas de glaucome.Si une seule de ces épreuves s\u2019avère positive, l\u2019on est justifiable de prescrire un myo- tique léger et attendre les développements en suivant de très près le malade.BIBLIOGRAPHIE DUKE-ELDER: Text-book of Ophtalmology.Vol.III, p.3389.BERENS: The Eye and its diseases, second ed, p.586. RECUEIL DE FAITS 2-0 ve PNEUMOTHORAX SPONTANÉ COMPRESSIF EMPHYSÈME SOUS-CUTANÉ GÉANT TUBERCULOSE PULMONAIRE J.Philippe PAQUETTE, F.C.C.P., Chef de Clinique à l\u2019hôpital du Sacré-Cœur (Cartierville, Montréal).Depuis environ deux ans, nous avons rencontré trois cas de pneumothorax spontané avec emphysème sous-cutané géant.L'aspect clinique, l\u2019évolution rapide et la gravité de ces cas nous ont frappés et la thérapeutique déçus.Voici, brièvement exposées, l\u2019histoire et l\u2019évolution de la maladie chez ces trois sujets.De brefs commentaires anatomo-pathologi- ques et pathogéniques terminent cet exposé.Observation 1.B.L.57 ans.\u2014 Admis à l\u2019hôpital du Sacré- Cœur le 28 juin 1949, pour tuberculose pulmonaire modérément avancée dont le début, vrai, grippal, remonte au mois de janvier 1949.Dans sa famille, un frére est hypertendu, une sœur est morte de cancer de l\u2019intestin et sa fille est hospitalisée pour tuberculose très avancée.Personnellement, le patient rapporte des troubles coronariens survenus en 1946.Ces troubles ne se sont jamais répétés.Nos examens à l'hôpital du Sacré-Cœur ont tous été négatifs à ce sujet.L'épisode pulmonaire actuel remonte au mois d\u2019avril 1949.Début apparent sub-aigu avec hémoptysie, période louche, puis hospitalisation en juin avec température à 99 et 100° F., toux, expectoration, état général assez bon.Bacilloscopies positives.Le premier film pulmonaire se lit comme suit: Poumon droit: Sommet voilé.Image vacuolaire au premier espace antérieur.Trachée déviée à droite.Cul-de-sac externe voilé.Poumon gauche: Traînées denses émergeant du hile.Auscultation: Respiration soufflante au sommet droit et quelques râles humides.L\u2019évolution est celle d\u2019une tuberculose commune, banale où les traitements n\u2019ont que des résultats éphémères pour nous démontrer, après une pause, une recrudescence des symptômes avec un ensemencement discret dans un autre territoire, malgré une cure bien faite et des antibiotiques en quantité suffisante.Un pheumo-péritoine entretenu pendant sept mois s\u2019est montré inopérant; une cavité à gauche s\u2019élargissait.Le pneumothorax à gauche montrait une symphyse au niveau de la cavité.Nous ne l\u2019avons pas tenté à droite à cause du site de la cavité dans une lobite dense.L\u2019état général a vacillé entre médiocre et mauvais pendant deux ans.La maladie évolue sournoisement, si mal, qu\u2019en novembre 1951, la cavité à gauche est devenue une cavité géante de 7 à 8 cms de diamètre et le 3 décembre elle se rompt subitement avec les symptômes suivants: douleur thoracique gauche, dyspnée, toux, hyperrésonnance à gauche souffle emphoro-métallique bref, évidence de pneumothorax spontané.En trois séances nous aspirons 3 200 ce d\u2019air avec soulagement passager puis nous laissons un trocart en place.Le 12 décembre nous aspirons 2 400 ce d\u2019air et nous installons un appareil à succion continue pour n\u2019obtenir qu\u2019un soulagement léger le 13.Le 14 nous trouvons un emphysème sous-cutané de la région cervicale et du tronc.Le trocart sorti de la plèvre est remis en place.Nous trouvons L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 alors une pression intrapleurale de \u2014 14 + 14.À la scopie, l\u2019image du pneumo n\u2019a pas changé.Le 16, emphysème géant du tronc, du cou et de la face.Les paupières sont bouffies, les yeux bouchés.Le 17, l'emphysème augmente encore.Le patient ne s\u2019alimente plus.Il y a cyanose et acrocyanose malgré l\u2019oxygène par masque ou par tube.Le 18, décès.Durant la maladie tous les examens de laboratoire concernant les fonctions hépatique et rénale ont été négatifs.La formule sanguine fut normale.La sédimentation s\u2019est maintenue entre 20 et 25 (Cutler).Les ba- cilloscopies ont presque toujours été positives.Comme cause du décès nous invoquons: Tuberculose pulmonaire, emphysème médiasti- nal et sous-cutané géant causé par un pneumothorax spontané.Dilatation du cœur droit.Radiographies Ce patient a été radiographié 23 fois.Voici deux radiographies démonstratives de l\u2019évolution de ses lésions.Au début, lobite droite excavée avec nécrose progressive.Trame riche à gauche.Fig.1 \u2014 B.L., adm, juin 1949, \u2014 Droite: Lobite supérieure avec cavité.Obstruction du cul-de-sac ext.G.: Trame riche.PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ 1007 Fig.2 \u2014 B.L., décembre 1954.\u2014 Droite: Evidement du sommet.Cavité jusqu\u2019à la sixième côte antérieure G.: Grand pneumothorax.Grosse adhérence à la cinquième côte antérieure.Niveau de liquide à la base.Observation 2.P.J.G., 33 ans.\u2014 Admis une première fois à l'hôpital du Sacré-Cœur pour tuberculose pulmonaire bilatérale caséo-exsudative intéressant le sommet droit et le 15 supérieur du poumon gauche.Il part après 2 mois de cure, sans congé et retourne à la vie active sans surveillance médicale autre qu\u2019une radio tous les trois ou quatre ans dans une clinique.Il travaille 10 heures par jour comme livreur dans une buanderie.Le 18 octobre 1953, il est pris de douleur thoracique droite avec dyspnée.Le 19 au matin un diagnostic de spontané est fait et une aspiration de 1000 cc est pratiquée avec soulagement du malade.Le soir du méme jour, une nouvelle aspiration à son domicile est pratiquée mais il doit être hospitalisé la nuit même.À la scopie, pneumo grand partiel intéressant les 24 inférieurs de la plage avec refoulement du cœur vers la gauche.Par une nouvelle aspiration d'air nous ramenons la pression intra-pleurale à la négative et nous installons un drainage continu sous l\u2019eau, en 1008 PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ circuit fermé.Après une amélioration de quelques heures, la dyspnée est revenu avec la cyanose et une augmentation de l\u2019emphysème sous-cutané.Le patient est monté a la salle d\u2019opération où un chirurgien installe sous anesthésie locale, une sonde de Petzer communiquant avec un drainage sous l\u2019eau.En pénétrant dans la plèvre, l\u2019air sort sous pression avec un sifflement aigu.Le soulagement est immédiat.C\u2019est une résurrection qui, deux Jours plus tard, nous paraît définitive: aucun symptôme subjectif, régression des symptômes objectifs, diminution de l\u2019emphysème sous-cutané; le poumon est revenu à la paroi.Si bien, qu\u2019au 3ième jour soit le 23 octobre, la sonde est enlevée.À la radio, le poumon est revenu à la paroi.Il n\u2019y a aucun symptôme.Le patient reste au lit pour une semaine, se lève sans permission pour une évacuation alvine.Au retour, douleur thoracique, dyspnée progressive, toux, bref, nouveau spontané droit le 28 octobre.Nouvel insuccès des drainages habituels.Nouvelle sonde de Petzer mais cette fois, le soulagement est presque nul.Le patient se met à cracher un peu.Le dyspnée ne cesse pas.On trouve des sécrétions dans le tube de drainage et un dépôt sous l\u2019eau du flocon.À tous les symptômes du spontané vient se Joindre un emphysème sous-cutané qui envahit le cou, la face et bouche les yeux.Le tronc est envahi jusqu\u2019à la ceinture.La crépitation neigeuse existe jusqu\u2019aux cuisses.La température monte jusqu\u2019à 100.Le patient crache avec difficulté.T1 s\u2019alimente de moins en moins, ne prend que des liquides.Il décède le 11 novembre, soit treize jours après son second pneumo compressif, avec cette fois, emphysème sous-cutané géant et emphysème médiastinal, le tout originant d\u2019une tuberculose latente vieille de dix ans.Au laboratoire nous avions décélé, après la régression du premier spontané: Sédimentation: 12 mms.Urine: Albumine: traces.Sang: G.R.4 400 000, G.B.8000; Lympho: 25%, Neutro: 75% ; Hémoglobine: 80% ; L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Azotémie: 12 mgr., Glycémie: 104 mer.; Crachats: Direct, Gaffky 1.Deux cultures positives.(Revenues du laboratoire 6 semaines après décès).Fig.1 \u2014 P.J.P, 1943.\u2014 Dr.: Légère infiltration au premier espace antérieur.G.: Voile de l\u2019apex.Infiltration irrégulière jusqu\u2019à la 3e côte antérieure.Fig.2 \u2014 P.J.P., nov.1953.\u2014 Droite: Pneumo grand partiel.Cul-de-sac externe obstrué et bande adhé rentielle.G.: Cœur refoulé, déformé.Infiltration irrégulière de la demie supérieure de la plage. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Observation 3.B.A., 65 ans.\u2014 Admis le 9 février à l\u2019hôpital du Sacré-Cœur pour tuberculose fibro- caséeuse bilatérale intéressant le 44 supérieur de chaque poumon.Maladies associées: arthrite chronique de l\u2019épaule gauche et fistule ano-rectale.La tuberculose pulmonaire a débuté par une grippe en février 1951 suivie d\u2019amaigrissement progressif et d\u2019asthénie.Le diagnostic ne fut posé que 7 mois plus tard dans un dispensaire.Sujet d\u2019origine rurale, habitant Montréal depuis l\u2019âge de 13 ans, il s\u2019est surmené et s\u2019accuse d\u2019éthylisme « dans la moyenne ».Il est régleur de papier depuis l\u2019âge de 17 ans.Il ne connaît pas la source de son infection.Comme maladies antérieures, il a eu la typhoïde à 15 ans, l\u2019influenza à 32 ans et a été opéré pour fistule anale en 1951.Dans sa famille, son père et une sœur sont morts de troubles cardiaques.C\u2019est un longiligne plutôt maigre, portant des verres.Il est légèrement dyspnéique avec un facies terreux.Il se sent dyspnéique depuis un an avec des palpitations par périodes.Il rapporte une douleur précordiale s\u2019irradiant vers le bras gauche en 15 ou 20 occasions depuis 20 ans.L\u2019examen révèle: Pupilles en mydriase, un arc sénile marqué.Prothèse supérieure.Lordose dorsale.Submatité au 15 supérieur de chaque poumon.Une respiration soufflante aux deux sommets avec quelques râles secs et humides.Au cœur, une arythmie légère et un petit souffle au 2iéme temps à la pointe.A l\u2019épaule pas de déformation mais une légère limitation des mouvements.A la radio pulmonaire on décrit: Plage droite: \u2014 infiltration irréguliére dense du 14 supérieur de la plage.Obstruction du cul de sac interne.Diaphragme oblique.Plage gauche: \u2014 Même infiltration et présence d\u2019une petite cavité au 2ième espace antérieur.Oblitération du cul de sac externe.Cœur: \u2014 déformé, petit, allongé.\u2014 Emphysèmes des bases.PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ 1009 Laryngoscopie et bronchoscopie: Aucune évidence de tuberculose.Laboratoire: Sédimentation: \u2014 25-23-23- 12 mms (Cutler).Améliorations progressives.Dernière en février 1954.Sang: Normal.Crachats: Positifs au B.K., direct et culture.Diagnostic: Tuberculose bilatérale trés avancée, fibro-exsudative avec cavité à gauche.Traitement: Cure hygiéno-diététique, Streptomycine, Acide Iso-nicotinique.Evolution: Au 15 février 1954, un examen nous fait noter au dossier: Gain total: 6 Ibs.Pouls: 80 à 100.Température normale, fatigue, toux légère, crachats: 4 ou 5 par jour.Palpitations fréquentes.Radiographie: Régression légère des images.Emphysème des bases.Cœur: Arythmie légère.Souffle de la pointe à peine perceptible.Poumon: respiration soufflante aux deux sommets.M.V.diminué aux bases.Commentaires: Etat général amélioré.À droite: Belle régression radiologique.Cure à continuer.Le 29/38/54: Retour prématuré d\u2019un congé de deux jours, très dyspnéique, pouls: 126.P.A.: 200/100.Arythmie complète et extrasystoles.Electro: Extra-systoles ventriculaires.Radio: Pneumothorax marginal droit.Traitement: Aspiration de 3000 cc d\u2019air.La pression reste positive 28.Même jour: 5 hrs p.m.\u2014 Installation de drainage sous l\u2019eau.6 hrs p.m.\u2014 Grande dyspnée.Emphysème sous-cutané géant.Cyanose.Soustraction d\u2019air: 1000 ce.Bon drainage sous l\u2019eau.Piqûres de bulles emphysémateuses de la peau.P.A.: 210/100.Saignée: 75 cc.8 hrs p.m.\u2014 Sonde de Petzer et drainage., 9 hrs p.m.\u2014 P.A.: 140/90.Minuit \u2014 Décès.| Causes: Suffocation par pneumothorax spontané avec emphyséme sous-cutané géant 1010 PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ et médiastinal.Dilatation cardiaque.Tuberculose pulmonaire.Fig.1 \u2014 B.A, 10 fév.1953.\u2014 Dr.: Infiltration irrégulièrement dense du tiers supérieur de la plage.G.: Infiltration du tiers supérieur avec présence de géodes.Emphyseme des bases.Fig.2 \u2014 B.A, 29 mars 1954.\u2014 Dr.: Pneumo à la marge externe et a la base.Trés peu de liquide, base externe.G.: Méme fibrose.Pas d\u2019emphyséme sous- cutané encore.L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Rapport: Morgagni: Rapport très élaboré qui se conclut ainsi: Inspection superficielle: présence d\u2019un emphysème généralisé s\u2019étendant jusqu\u2019aux membres inférieurs.Diagnostic anatomique: Hypertrophie cardiaque droite et gauche.Emphysème chronique bulleux.(Edéme et congestion pulmonaires.Pneumonie ardoisée (Tuberculose pulmonaire chronique fibro-casécuse) des lobes su- péricurs droit et gauche.Pyélite et pyélonéphrite chronique ascendante.Abcès miliaires pyélonéphritiques à staphylocoques du rein gauche.Athérosclérose Grade III de l'aorte.Athérosclérose Grade I des coronaires.Néphrosclérose artériolaire bénigne.Adénome tubuleux à cellules basophiles du rein.Stéatose hépatique.COMMENTAIRES Il y a quelque 30 ans, la théorie voulait que tout pneumothorax spontané cachât une origine de tuberculose pulmonaire et c\u2019était presque encourir l\u2019anathème des maîtres que d\u2019émettre une opinion contraire.Si l\u2019on décrit aujourd\u2019hui le pneumothorax spontané autonome ou idiopathique dû à la rupture d\u2019une vésicule sous-pleurale, on ne nie pas la possibilité de la tuberculose, mais on est devenu plus précis: on veut la preuve et on la cherche.On a eu, en effet, trop longtemps et trop souvent tendance à désigner tous les syndromes pulmonaires et toutes les images radiologiques anormales de l'étiquette facile de tuberculose.Les développements de la radiologie pulmonaire des masses, les progrès de la pathologie et de la bactériologie et l\u2019évolution de leurs théories ont largement contribué à disséquer les donnés de certains problèmes et à isoler le pneumothorax idiopathique de la tuberculose pulmonaire comme ils ont contribué à isoler certaines maladies pulmonaires chroniques telles les mycoses, les néoplasmes, les atélectasies, les bronchiectasies.épris Le ecran dnchs ; D 3 renege Bat L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Le pneumothorax spontané de la tuberculose, assez fréquent comme complication immédiate du pneumothorax thérapeutique, s\u2019est rencontré moins fréquemment comme complication de la tuberculose pulmonaire proprement dite.Il existe cependant et constitue un état pathologique très sérieux dans les trois cas rapportés plus haut.De plus 1l nous donne lieu de faire une distinction élémentaire mais exacte: un pneumothorax bénin et un pneumothorax grave.Le premier évolue en 10 à 30 jours vers une résorption complète.Le second est celui qui évolue avec des symptômes assez dramatiques vers une issue fatale en 8 à 15 jours.Les grands symptômes: douleur thoracique, dyspnée, suffocation, cyanose, surviennent rapidement, mais un autre symptôme assez effarant vient s'ajouter aux autres: c\u2019est ce que l\u2019on peut appeler «l\u2019anasarque aérique » qui vient assombrir le pronostic et produire un effet assez dramatique aux yeux de l\u2019entourage.Cet anasarque aérique est en effet constitué d\u2019un emphysème sous-cutané géant qui, originant de la base du cou, monte jusqu\u2019au cuir chevelu en boufissant la face de même que l\u2019anasarque cardio-rénal, puis descend infiltrer les tissus sous-cutanés des membres supérieurs et du thorax, infiltrant tout jusqu\u2019au siège et parfois plus bas.La crépitation neigeuse se ressent partout où les tissus sont infiltrés: les paupières sont envahis par l\u2019emphysème.Ce dernier s\u2019engage même dans les muqueuses de la gorge et de la glotte, à tel point que la déglutition devient impossible.Et nous trouvons ce paradoxe que la nature se complait parfois à nous exposer: le patient, dont les tissus sont imprégnés d\u2019air, meurt\u2026 asphyxié malgré toutes les tentatives faites pour le secourir.La patholgoie de cet emphyséme sous-cutané géant et symétrique d\u2019emblée s\u2019explique mal, semble-t-il, par la simple effusion d\u2019air venue par le trajet fistuleux d\u2019une aiguille aspiratrice à travers la paroi du thorax.Ces trajets fistuleux aériques donnent naissance à de petits emphysèmes localisés bien connus des phtisiologues qui ont pratiqué le pneumothorax thérapeutique.PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ 1011 La pathogénie de l\u2019emphysème géant semble tout autre à cause de la rapidité de son apparition, de sa symétrie, de son étendue.Il faut qu\u2019une fissure de la plèvre survienne du côté du hile pour que l\u2019air fuse rapidement vers le cou et se distribue ensuite symétriquement avec abondance en quelques heures.Malheureusement sur les trois cas que nous avons observés, l\u2019autopsie n\u2019a été possible que pour un seul.Nous y avons découvert le pneumothorax témoignant de la rupture d\u2019une bulle emphysémateuse sous-pleurale causant le spontané, mais de même que les auteurs qui ont rapporté des cas semblables, il nous a été impossible de déceler ni la bulle rupturée ni le trajet à travers le médiastin.Cas no 1, patient B.L.\u2014 Anasarque aérique en phase terminale.Noter la largeur du cou et de la face.Le tronc est aussi gonflé.Figurer que cet homme est plutôt maigre.Meilleur poids: 100 lbs.Voici l\u2019aspect d\u2019emphysème sous-cutané géant chez un traumatisé du thorax avec rupture de la trachée thoracique.Anasarque aé- rique survenu dans les 12 heures ayant suivi l\u2019accident.(Courtoisie du Dr Ruben Laurier).Une dizaine d\u2019auteurs ont publié sur le sujet et tous se sont ralliés à la théorie de Mack- lin, théorie devenue apparemment critère officiel.Tous admettent cette théorie basée sur plusieurs expériences.Macklin, en effet, relate la possibilité de faire cheminer l\u2019air d\u2019alvéoles pulmonaires distendues et rompues dans les tissus intertitiels le long des tuniques vasculaires jusqu\u2019à la racine du poumon et de là au médiastin.L\u2019air chemine alors vers le cou et la tête après avoir rupturé la plèvre et refoulé le poumon.Ces expériences ont été pratiquées sur des chats.La preuve en a été don- 1012 née par des coupes microscopiques préparées immédiatement après le sacrifice des animaux, avec des précautions spéciales pour conserver l\u2019air dans les tuniques des vaisseaux.Pour nous cliniciens cette explication est acceptable.Elle pose un jalon à l\u2019explication simple du phénomène d\u2019anasarque aérique.Si nous comparons le portrait clinique de l\u2019emphysème géant causé par le pneumo spontané compressif à celui de l\u2019anasarque aérique causé par la rupture traumatique de la trachée thoracique nous ne pouvons refuser la théorie de Macklin.Cet accident donne au malade une apparence externe superposable à celle de nos cas de pneumothorax spontanés comme en font foie les deux photos présentées ici.Le mécanisme de fusion d\u2019air dans la rupture de la trachée est facile à expliquer.L\u2019air fuse directement du médiastin et donne cet aspect proconsulaire aux plus maigres en quelques heures.Dans le pneumo spontané, la rupture se fait au médiastin.Si une nouvelle théorie de la pathogénie vient changer nos concepts actuels, peu nous importe.Un point crucial reste problématique: c\u2019est celui du traitement.Le traitement de l\u2019accident est bien celui de la suffocation par surpression: aspiration d'air, réduction au négatif de la pression in- tra-pleurale, sonde de Petzer, repos prolongé.L\u2019oxygène semble donner peu.Certains auteurs ont préconisé et pratiqué avec succès les ponctions parasternales au 2ième espace antérieur avec aspiration de 50 ce d\u2019air.Cependant si en quelques jours on n\u2019a pas de succès, le pronostic demeure sombre pour deux raisons: 1°.la décompensation cardiaque brusque; 2°.la toxémie tuberculeuse.Dans ces deux derniéres éventualités, les facteurs temps et possibilités thérapeutiques limitent toutes nos espérances.Les publications sur le sujet ne sont pas trés nombreuses.Le seul article découvert sur l\u2019emphysème généralisé date de 1919.II est signé BerKeley et Coffin.Faulkner et Wagner ont rencontré le même phénomène fatal, chez un asthmatique en 1936.En 1943 Elaine PAQUETTE: PNEUMOTHORAX SPONTANÉ L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 C.Field rapporte aussi un cas d\u2019asthme avec pneumothorax et emphysème chez un enfant.Après 1940, on parle surtout de l\u2019emphysème médiastinal et nous avons pu consulter quelques travaux sur le sujet.Comme thérapeutique tous recommandent ce que nous avons énuméré plus haut: les aspirations du pneumothorax et du médiastin.Résumé Nous avons rapporté trois cas de pneumothorax spontanés compressifs où l\u2019emphysème médiastinal et l\u2019anasarque aérique sont survenus.L\u2019issue est fatale.Chez deux cas les lésions étaient franchement actives et connues; chez l\u2019autre, l\u2019activité était méconnue.Remerciements sincères pour leurs précieuses collaborations au Docteur Ruben Laurier pour photographies prêtées, au Docteur Guy pour l\u2019anatomopathologie, aux Docteurs J.-P.Venne et B.-G.Bégin.BIBLIOGRAPHIE N.M.FENICHEL: Tension Pneumothorax with subcutaneous emphysema: the mechanism of tension Pneumothorax.J.A.M.A., 97: 20 (4 juillet) 1931.Ch.C.MACKLIN: Pneumothorax with massive collapse from experimental local over-inflation of the lung substance.Can.M.A.J., 36: 414 (avril) 1937.Ch.C.MACKLIN: Transport of air along sheaths of pulmonic blood vessels from alveoli to med- lastinum.Arch.Int.Med., 64: 913 (nov.) 1930.Louis HAMMAN: A note on the mechanism of spontaneous pneumothorax.Ann Int.Med.13: 923 (déc.) 1939.C.E'aine FIELD: Spontaneous pneumothorax, Massive collapse, and sub-cutaneous emphysema com- plicatine Asthma.Arch.of Dis.in Child, 18: 197 (déc.) 1943.G.B.FORBES, G.SALMON et J.C.FERWEG: Further observations on post-tracheotomy, me- diastinal emphysema and pneumothorax.J.Ped., 31: 172 (août) 1947.Henry MILLER: Spontaneous mediastinal emphysema with pneumothorax simulating organic heart disease.Am.J.Med.Sc.209: 211 (fév.) 1945.D.R.McKAY: Mediastinal emphysema with spontaneous pneumothorax.N.Y.State J.Med., 50: 182 (15 janv.) 1950.J.N.BRIGGS.R.W.WATTERS et X.BYRON: Spontaneous Pneumothorax.Modern Medicine of Canada, 9: (avril) 1952. SYNDROME DE CUSHING Jean GRIGNON, F.R.C.P.(C) et C.-E.GRIGNON, Médecins de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).La glande surrénale est ce petit organe situé au-dessus du rein et bien protégé contre les traumatismes externes par la cage thoracique.Il se compose de la médullaire qui secrète l\u2019épinéphrine et la norépinéphrine et d\u2019un cortex qui l\u2019entoure complètement et qui nous intéresse dans cette communication.Les chimistes ont isolé d\u2019extraits du cortex environ trente stéroïdes ayant chacun une action particulière sur les métabolismes de l\u2019organisme.On doute fort que le cortex secrète toutes ces hormones qui seraient en partie le résultat de procédés d\u2019extraction compliqués.Quoi qu\u2019il en soit, il est admis que le cortex surrénalien influence différents métabolismes.1) Il aide au maintien de la balance électrolytique.2) Il augmente l\u2019anabolisme des protéines.3) Il modifie le métabolisme des hydrates de carbone.D'où la division de ces hormones en groupes, suivant leur action physiologique et leur formule chimique.1) Les minéralocorticoïdes = manquent en Cy1.Les plus connus sont la désoxycorticosté- rone et l\u2019électrocortine qui est 100 fois plus active que la première et qui a été isolée dernièrement par Richstein et Kendall des surrénales de bœuf.2) Les androgènes.Les plus connus sont l\u2019androstérone et l\u2019é- tiocholanol.Certains sont faiblement andro- géniques, aucun n\u2019est aussi puissant que la testostérone.Ils peuvent causer des syndromes masculinisants et ils jouent un grand rôle dans le développement de certains caractères sexuels secondaires, surtout chez la femme.O ou OH 3) Les glucocorticoïdes.Ils ont = O ou OH en Cy; (11 oxystéroi- des).Les plus connus sont la corticostérone, la cortisone et I\u2019hydrocortisone.Ils favorisent la transformation des acides aminés en hydrates de carbone, augmentent le catabolisme ou diminuent l\u2019anabolisme des protéines, causent l\u2019obésité et diminuent l\u2019oxydation du glucose à la périphérie.4) Des substances à action progestative ont été isolées.5) L\u2019estrone a déjà été retrouvée.Et cliniquement nous pouvons isoler des substances estrogéniques dans l\u2019urine des castrées et des mâles.Etant donné les différents types d\u2019hormones secrétées par le cortex surrénalien, il n\u2019est pas surprenant que l\u2019hyperplasie et le néoplasme de cette glande puissent causer unc grande variété de symptômes attribués à la secrétion augmentée d\u2019une ou plusieurs de ces hormones.Cependant les cas d'hypercor- ticisme se divisent en deux groupes à cause de leurs manifestations métaboliques prédominantes.1\u2014 Le syndrome adrénogénital.L\u2019anabolisme des protéines est augmenté de méme que la croissance.Les 17 cétostéroi- des sont élevés mais il n\u2019existe ici aucune évidence d\u2019hypersécrétion des glucocorticoides ou des ménéralocorticoides.2 \u2014 Le syndrome de Cushing.L\u2019anabolisme des protéines est diminué de méme que la croissance.L\u2019ostéoroporose est marquée et l'obésité tronculaire apparaît.Les glucocorticoides sont élevés mais les 17 cétostéroïdes le sont aussi quelque peu.Cushing a trouvé une tumeur hypophysaire mais la plupart n\u2019en présentent pas.Si l\u2019hypophyse participe au syndrome la symptomatologie est causée par les glucocorticoi- des et les androgènes et peut-être l\u2019électro- 1014 cortine secrétés en plus grande quantité par un cortex hyperplasié ou tumoral, comme ce fut le cas pour la patiente en cause aujour- d\u2019hui.Observation Mademoiselle C.C., 15 ans fut admise à l\u2019hôpital le 27 avril 1950 souffrant de douleurs abdominales.L\u2019examen clinique élimina l\u2019appendicite et deux lavements firent disparaître rapidement ces douleurs de constipation.Mais l\u2019histoire de cette jeune fille ainsi que l\u2019examen préliminaire nous orientérent vers le diagnostic du syndrome de Cushing.| Fig.1 On constate tous les stig- Sept mois après l\u2019exérèse Fig.2 mates caractéristiques: de la tumeur surrénalien- l\u2019acné, l\u2019hirsutisme, l\u2019aspect ne, le faciès est tout à fait lunaire et hypothyroïdien.normal.a.Lors de la récidive, en septembre 1951, le faciès avait repris son aspect primitif.Cette demoiselle fut menstruée à 13 ans et l\u2019était régulièrement durant un an jusqu\u2019en décembre 1949, alors qu\u2019elle devint aménor- rhéique.Durant les derniers huit mois elle a gagné vingt-cinq livres.Sa figure est devenue rouge et ronde, l\u2019acné et l\u2019hirsutisme sont apparus et augmentent progressivement et elle à remarqué des stries rouge violacés sur ses flans.La peau était sèche avec un aspect éry- thématosquameux sur les jambes.Les organes génitaux étaient normaux de même que le clitoris.La pression artérielle se lisait à 130/80.Les tests de laboratoire apparaissent sur les clichés.GRIGNON et GRIGNON: SYNDROME DE CUSHING L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 L'insufflation d\u2019air dans la loge périrénale nous révéla une tumeur assez considérable de la surrénale gauche.L\u2019ablation de cette tumeur fut pratiquée par le docteur René Grignon le 25 mai, qui nota lors de l\u2019exérèse des adhérences au diaphragme.8 Le ES Serra) Pog : Chadian i Wn ppt Fig.3 Stries caractéristiques Electroencéphalogramme fait le 18 décembre 1951.Grâce à l\u2019administration de potassium, de percorten et d\u2019eschatin, les suites opératoires furent sans histoire et la jeune fille quitta l\u2019hôpital le 7 juin.Les menstruations apparurent de nouveau à la fin juin et son poids revint graduellement à la normale, sans l\u2019aide de diète ou de médication.L\u2019hirsutisme disparut complètement ainsi que l\u2019acné ainsi que tous les stigmates du syndrome de Cushing.Admise de nouveau le 4 décembre 1950, nous trouvions une jeune fille tout à fait normale.(cf.photos.) Malgré les adhérences au diaphragme notées lors de l\u2019opération et le rapport du docteur L.-C.Simard qui penchait vers la malignité de la tumeur, nous commencions à nous poser des questions qui furent résolues quelques mois plus tard.Notre patiente vécut une vie absolument normale jusqu\u2019à l\u2019été 1951.Mais nous l\u2019hos- pitalisimes de nouveau le 25 septembre à cause d\u2019une aménorrhée de deux mois, de malaises dans la loge rénale gauche et d\u2019une reprise de tous les symptômes notés lors de son premier séjour à l\u2019hôpital. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Fig.Tumeur de la surrénale En visible aprés insufflation d\u2019air dans la loge périnéale.Le laboratoire confirma nos soupçons de récidive de la lésion primitive.(cf.clichés.) Cette jeune fille décéda le 14 août 1952, et durant son dernier et long séjour parmi nous, nous fimes certaines études et quelques incidents se produisirent qu\u2019il ne faudrait guère passer sous silence.EOSINOPHILES mmm AVANT OPERATION 0CT.2/51 À + + MAI 15 A MAX 25/50 JUIN 16/50 JUIN 19/50 La numération des éosinophiles faite à différentes périodes montre bien la relation entre les éosinophi- et les hormones surrénaliennes.GRIGNON et GRIGNON: SYNDROME DE CUSHING 1015 1° \u2014 Le matin du 18 octobre elle se plaignit de douleurs épigastrique accompagnées de vomissements et d\u2019une chute de la pression à 110/70.La pâleur de son visage habituellement rouge nous frappa tout d\u2019abord.Son abdomen ne présentait pas de défense, tout au plus, pouvions-nous éveiller une légère douleur à la palpation de la région épigastrique.Le chirurgien demandé d\u2019urgence ne put confirmer nos soupçons d\u2019hémorragie interne.Mais après quelques hémogrammes qui indiquèrent une perte sanguine grave et une ponction du Douglas qui ramena du sang, il fallut bien se rendre à l\u2019évidence.Elle saignait dans son abdomen sans en présenter les signes TT MES TD) OPERATION gum 13 (50) TEC.9 (0) 065.2 (Si) - MAI 25 POIDS 143 137 123 138 B.M.R, =26 9/0 «17 -10 28 CHOLESTEROL 252 LA 19 uo GL.BOUGES 4;175,000 4,400,000 4,700,000 GL.BLANCS 14,250 9250 8250 Hg.90 %/o 88 °/o 9 °/o GV, 1 1 1 NEUTRO, 82 %o a °/o 7% MONOS 1° 3 ts 0 LIMPHOS 17 9/0 2 %/ 2 °%/ EOSINO 0 6 °/o 0 Les études de la formule sanguine, du poids, du cholestérol sanguin et du métabolisme de base, confirment l\u2019influence des glucocorticoïdes sur la formule sanguine, sur le storage des graisses et sur le fonctionnement thyroïdien.classiques habituels et tout en conservant un état général encore assez bon.La laparotomie nous découvrit un abdomen rempli de sang avec un péritoine pâle.Une masse dans la tête du pancréas s\u2019était rup- turée dans la cavité abdominale.Le chirurgien fit une biopsie et pratiqua l\u2019hémostase.L'image histologique était superposable à 1016 GRIGNON et GRIGNON: SYNDROME DE CUSHING L'Union Méd.Canada celle de la tumeur surrénalienne enlevée en mai 1950.À notre grande surprise la patiente traversa cet orage avec la plus grande facilité.Sa tumeur secrétait assez de glucocorticoïdes pour la mettre à l\u2019abri des «shocks» de toutes sortes et pour empêcher la réaction phlogistique normale des tissus.Observation en somme qui nous permettra l\u2019usage de la cortisone dans les « shocks ».2° \u2014 Durant un mois nous lui donnames du métyl testostérone jusqu\u2019à 50 et 60 mgs par jour, après quoi nous avons eu l\u2019impression par l\u2019étude des 17 cétostéroïdes et de la cortine que la sécrétion de la tumeur avait été légèrement inhibée par notre thérapeutique.GLUCOSE TOLERANCE TEST.30 MIN.60 90 120 160 180 350 SAN 200 N \\ -\u2014 -\u2014\u2014\u2014 -\u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 em -\u2014\u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014_ erec eee nue, -res.0u., ttre eee, \u2026.200 MAI 12 (50) AVANT OPERATION OPERATION MAI 25 1950 .JUIR 19 (50) APRES - IEC.19 (50) a N ereeeeeeteees 50 0CT.10 (51) METASTASE -\u2014 NOV, 21 (51) \u201d _\u2014\u2014 Les tests d\u2019hyperglycémie provoquée confirment l\u2019influence des glucocorticoïdes sur le métabolisme des hydrates de carbone.3°\u2014 Un autre évènement intéressant se produisit le 30 novembre alors qu\u2019en se levant elle se plaignit d\u2019une douleur lombaire bien fixe.La radiographie ne dévoila hélas rien; mais en face de la persistance de cette douleur une autre radiographie fut prise un mois plus tard, qui montra cette fois une métastase Tome 83 \u2014 Sept.1954 ostéolytique à l\u2019endroit précis où la patiente avait toujours noté une douleur.Donc la radiographie ne fait pas un diagnostic précoce de lésion métastatique.4° \u2014 La dernière observation concerne son comportement psychique.En novembre et décembre 1951 nous trouvions notre patiente déprimée et parfois confuse.Un électro-encéphalogramme fait le 19 décembre révéla un léger trouble interprété comme une abnormalité subcorticale, probablement d\u2019origine diencéphalique.M.C.C.Horm.TESTS.CORTICOIDS 17 KETO F.S.H, ESTROGENS N:35-60 gl.u.N:7-15 mg.N:6,6-52.8 H.U, M:80-160 M.U, MI 19 = 1950 74 55 OPERATION MAI 25 - 1950 Jum 21 = 19% 20 0.7 DEC.11 - 1950 43 4.3 ocr.2 - 1951 92 160 + at 13,2 + st 80 \u2014 at 52.5 STIM.at 160 TESTOSTFRONE (8 Dec, « 21 Dec.1951) DEC.2 « 1951 » 3 MI 11 - 1952 1.5 246 \u2014 at 13,2 + at; \u2014 at 80 Les tests hormonaux, faits à différentes périodes, montrent bien la relation entre l\u2019aspect clinique et les sécrétions hormonales.Résumé Nous vous avons présenté un cas de syndrome de Cushing typique, causé par une tumeur maligne de la surrénale gauche.L\u2019exé- rèse de la tumeur fit disparaître le syndrome pour quatorze mois après quoi la récidive nous ramena la même image clinique que précédemment.Cette patiente nous permit de confirmer et de mieux comprendre plusieurs études faites en donnant de la cortisone et de ACTH et ceci au début de l\u2019ère de la cortisone.BIBLIOGRAPHIE C.D.H.LONG: Endocrine control of blood sugar (Banting lecture).Diabetes, 1: 3 (janv.-fév.) 1952.W.J.KUHL, Jr.et M.ZIFF: Alteration of thyroid function by ACTH and Cortisone.J.Clin.Endocrinology, 12: 554 (mai) 1952.J.S.L.BROWN: A brief review of hormonal effects.The Cortisone Manual, chapter 1.Merck & Co, 1953.ane er etat 28 L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 L.WILKINS: The diagnosis and treatment of endocrine disorders.Charles Thomas, édit, Springfield, Illinois, 1950, chapitres XII et XIII.E.H.VENNING et J.S.L.BROWN: Excretion of glycogenic corticoids and of 17 ketosteroids in GRIGNON et GRIGNON: SYNDROME DE CUSHING 1017 various endocrine disorders.J.Clin.Endocrinol.7: 79, 1947.F.ALLBRIGHT : Cushing\u2019s Syndrome.Lecture, 38: 123, 1942-43.Harvey DÉGÉNÉRESCENCE HYDROPIQUE DES TUBES RÉNAUX ET DE LA TRAVÉE HÉPATIQUE APRÈS ADMINISTRATION DE SOLUTÉ DEXTROSE HYPERTONIQUE.DEUX OBSERVATIONS ! F.GAGNÉ (Québec).Quelques substances chimiques exogènes sont susceptibles de déterminer au niveau des tubes contournés rénaux des phénomènes de dégénérescence hydropique importants réalisant des aspects histologiques très caractéristiques et des syndromes cliniques d\u2019atteinte tubulaire de gravité variable.Le sucrose en soluté hypertonique (1,2,3, 4) peut occasionner une tuméfaction cellulaire importante avec disparition du contenu pro- toplasmique des cellules qui deviennent opti- quement vides.Les noyaux sont conservés, mais petits et pycnotiques.Les cellules ne se nécrosent pas complètement cependant et ne desquamment pas dans les tubes.Dans les intoxications par le glycol d\u2019éthy- lene et le glycol de diéthylène (5,6,7), les modifications cellulaires rénales sont à peu près comparables, mais on peut retrouver en plus des images de dégénérescence hydropique intéressant les éléments de la travée hépatique.À cet endroit, les lésions sont toujours en foyers disposés autour des veines centro- lobulaires.Les solutés hypertoniques de dextrose d'emploi courant sont généralement très bien 1.Travail du Département d\u2019Anatomie pathologique de l\u2019Université Laval.Directeur: le docteur Carlton Auger.tolérés, mais quelques auteurs (8,9,10,11) ont observé après leur emploi clinique ou expérimental à forte dose des images rénales parfois plus discrètes, mais comparables à celles données par le sucrose et le glycol d\u2019éthylène.Mais ces auteurs, de façon générale, n\u2019ont pas rencontré d\u2019atteintes cellulaires hépatiques.Seuls Bouckaert, de Noyer et Des- manet (8) ont décrit après injection sous- cutanée de fortes doses de dextrose à des lapins, une vacuolisation des cellules trabé- culaires du foie.Heyman et Hartman (11) ont décrit la même chose chez le chien après injection de sucrose.Voici deux observations de malades qui avaient reçu d\u2019assez fortes quantités de dextrose hypertonique et chez qui, en plus de lésions rénales, nous avons retrouvé à la partie centrale de tous les lobules hépatiques des images de dégénérescence cellulaire hydropique comparables à celles qui sont dues au glycol d\u2019éthylène.Observation 1.N.B., homme de 66 ans, est admis à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus le 12 décembre 1951 pour céphalée, engourdissements et amaigrissement avec vomissements occasionnels et légère torpeur, constatée depuis deux 1018 mois environ.Il présente aussi un peu de dyspnée à l\u2019effort, de polydyspie et de polyurie avec un léger œdème malléollaire vespéral.A l\u2019admission, la T.A.est à 220/130.Les urines contiennent de l\u2019albumine, des cellules rénales, quelques leucocytes, mais pas de cylindres.I azotémie, le 14 décembre, est a 0,64 gm.par 100 cc.et le 20, & 0,82 gm.L\u2019albumine urinaire, dosée le 15 décembre, est de 517 mgm.par 100 cc.Durant les 12 jours d\u2019hospitalisation, le poids décroit légèrement.La T.A.reste voisine de 225/135, sauf aux derniers jours ol elle atteint 250/130.L\u2019E.C.G.démontre une ébauche de bloc gauche et une surcharge ventriculaire gauche.On prescrit une diète, des comprimés diurétiques, des stimulants cardiaques, des hypoten- seurs et du soluté dextrosé à 20 pour cent à raison de 250 cc.b.i.d.Le bilan des liquides ingérés et éliminés est inscrit au tableau suivant: Bilan des liquides Vomisse- Date Peros Sol.gl.20% ments Urines Selles ce.ce.ce.ce.13/12 900 1725 0 14/12 925 575 1 15/12 800 500 1500 0 16/12 850 500 1250 1 17/12 1350 500 1675 0 18/12 650 500 600 lav.19/12 750 500 75 100 1 20/12 500 500 75 75 \u2014 21/12 175 500 125 0 99/12 300 500 0 0 22/12 300 500 50 2 23/12 300 500 0 0 En résumé, après une bonne réponse à la médication, on assiste à un blocage rénal progressif.Fn fait, la torpeur s\u2019agrave, les œdèmes augmentent, il y a quelques épistaxis, des nausées continuelles, mais rarement des vomissements.Le 24 décembre, le patient décède.Autopsie.Les principales constatations sont les suivantes: au cerveau, de l\u2019ædème méningé; au cœur, une sclérose modérée de la valvule mitrale avec hypertrophie de la paroi ventriculaire gauche; à la crosse aorti- GAGNÉ: DÉGÉNÉRESCENCE HYDROPIQUE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 que, une légère ectasie athéromateuse.La sous-muqueuse gastrique est disséquée par un très large foyer hémorragique qui fuse dans la séreuse et le méso-côlon transverse jusqu\u2019à l\u2019angle splénique.On note quelques diverticules jéjunaux.La prostate est légèrement hypertrophiée et le testicule gauche est atro- phique.Les reins pèsent respectivement 120 et 130 gm.; ils sont un peu pâles et leur surface légèrement granuleuse.Le foie pèse 1650 gm.et son aspect macroscopique n\u2019a rien de particulier.À l\u2019examen histologique, les images intéressantes sont limitées aux reins et au foie.Les reins montrent des lésions avancées de néphrosclérose bénigne.L\u2019intima des artères est épaissie et fibreuse et le calibre vasculaire est partout très diminué.Plusieurs glomérules sont oblitérés et quelques tubes sont athro- phiques ou dilatés par des cylindres albumineux.Il y a quelques trainées lympho-plas- mocytaires interstitielles en périphérie.Par ailleurs, l\u2019épithélium de la grande majorité des tubes montre des phénomènes intenses de tuméfaction cellulaire avec une vacuolisation compléte du cytoplasme qui devient optique- ment vide.La membrane cellulaire semble souvent éclatée.Les noyaux sont petits, pye- notiques, refoulés souvent vers la surface de la cellule.Il y a peu de desquammation cellulaire.Les lumières tubulaires sont rétrécies, parfois oblitérées et les tubes hypertrophiés semblent comprimer les structures adjacentes.La coloration des lames par le carmin de Best démontre l\u2019absence de glycogène dans les cellules vacuolaires.Au foie, l\u2019aspect est assez remarquable: au faible grossissement, la coupe apparaît comme bigarrée de foyers arrondis ou allongés où les cellules ont un cytoplasme très pâle.Ces foyers sont toujours disposés très symétriquement autour de toutes les veines centro-lobulaires; celles-ci sont d\u2019ailleurs dilatées.Comme au rein, la cellule apparaît hypertrophiée avec un petit noyau dense (fig.1), mais la membrane cellulaire est bien conservée.Le protoplasme n\u2019est pas complètement vidé, mais il persiste un semis dus \u2014- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 diffus de fins granules acidophiles.Dans le tissu hépatique respecté, le carmin de Best colore d\u2019assez abondants grains de glycogéne, mais il n\u2019y en a pas dans les cellules vacuo- Fig.1.\u2014 Coupe du foie chez le premier patient.Les cellules trabéculaires à proximité de la veine centro-lobulaire sont tuméfiées et finalement vacuolaires, mais il persiste un cytoplasme peu abondant.Les noyaux sont petits, pycnotiques, mais il n\u2019y a pas de nécrose.La veine est dilatée.(Hémalun- éosine-safran.x230).laires.L'aspect histologique permet aussi d\u2019éliminer une stéatose hépatique.Observation 2.Mlle M.M.C., 27 ans, fut traitée à l\u2019Hô- tel-Dieu de Québec du 23 septembre au 6 octobre 1937 pour hypertension artérielle avec apparition spontanée aux deux yeux d\u2019ecchymoses sous-conjonctivales.La T.A.était de 230/130 et l\u2019azotémie à 0,60 gm.pour 100 cc.Elle fut légèrement améliorée par le traitement.Le 10 mai 1938, elle est réadmise au même hôpital pour vomissements, céphalée occipitale, dyspnée à l\u2019effort, constipation, pol- lakyurie modérée et douleur orbitaire.Les urines contiennent alors des.cylindres, des GAGNÉ: DÉGÉNÉRESCENCE HYDROPIQUE 1019 globules rouges, des leucocytes et des cellules rénales.L\u2019azotémie est à 1,10 gm.par 100 ce.Durant l\u2019hospitalisation, la T.A.maxima varie entre 200 et 235 mm.de mercure.L\u2019examen du fond d\u2019æœil montre de la stase, des pétéchies sous-rétiniennes et, du côté gauche, une zone de scotome absolu.On lui fait une saignée et elle reçoit des lavements, du lait de magnésie et du sulfate de Mg.Du soluté dextrosé à 30 pour cent est administré par voie intraveineuse à raison de 20 ce.le 13 mai, puis de 40 cc.par jour du 14 au 28 mai inclusivement.Il n\u2019y a aucune amélioration et les 29, 30 et 31 mai, on donne 1000 ce.id.de soluté dextrosé isotonique.Ce dernier jour, le décès est constaté.Le débit urinaire n\u2019a pas été noté.Autopsie.Cet examen met en évidence une stase viscérale assez marquée, de l'\u2019æœdème pulmonaire et quelques foyers de broncho- pneumonie, mais là encore les principales lésions intéressent les reins et le foie.Aux reins (fig.2), il existe une hyalinisation importante de presque toutes les artérioles et de quelques glomérules.Les tubes sont de calibre inégal et plusieurs contiennent des cylindres albumineux.Le tissu interstitiel est un peu infiltré de sclérose et il contient quelques rares traînées lymphocytaires.Il y a enfin de larges plages de tuméfaction et de vacuolisation des cellules épithéliales des tubes contournés : l\u2019aspect et les réactions tinctoriales de ces régions se comparent absolument à la description donnée dans la première observation.L'aspect du foie est aussi identique à celui de l\u2019autre malade.Discussion En présence de lésions semblables à celles produites par le glycol d\u2019éthylène et le glycol de diéthylène, il faut en premier lieu éliminer ces agents étiologiques.Chez nos patients, rien au dossier ne laisse soupçonner une absorption de ces produits avant l\u2019hospitalisation.Si tel avait été le cas d\u2019ailleurs, le blocage rénal aurait été plus précoce.Chez le premier malade, dont le débit urinaire a été noté, l\u2019oli- 1020 GAGNÉ: DÉGÉNÉRESCENCE HYDROPIQUE gurie n\u2019a en effet commencé à se manifester qu\u2019au sixième jour d\u2019hospitalisation.Quant à intoxication durant le séjour à l\u2019hôpital, il est aussi difficile de l\u2019expliquer.D\u2019autre part, il est certain que nos deux malades furent insuffisamment hydratés, réalisant la condition adjuvante idéale à l\u2019apparition de lésions vacuolaires dues aux solutés sucrés.Le pre- i EC Fig.2.\u2014 Coupe du cortex rénal chez la deuxième patiente.Les tubes sont hypertrophiés et leur lumière rétrécie par une tuméfaction extrême des cellules épithéliales avec vacuolisation complète.Les noyaux sont petits, denses, mais conservés.La photo comprend une artériole hyalinisée.(Hémalun-éosine- safran.x170).mier, en effet, mangeait peu et buvait insuffisamment; la deuxième vomit fréquemment et recut méme des médications purgatives répétées.Nous croyons donc pouvoir expliquer leurs lésions rénales et hépatiques par l\u2019action des solutés dextrosés hypertoniques.On a beaucoup discuté sur les facteurs favorisants et la pathogénie des lésions rénales dues aux solutés sucrés hypertoniques.Helmholtz (12) décrivit le caractère transitoire des lésions, leur apparition environ une heure L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 après injection, leur maximum environ 48 heures après et leur régression en 1 à 3 semaines.Anderson (2, 3) crut que les lésions rénales antérieures avaient une action adjuvante, mais Rigdon et Cardwell (4) ont démontré expérimentalement le rapport direct qui existe entre l\u2019importance des phénomènes de vacuolisation et l\u2019état de déshydratation des sujets.Wilmer (13) crut à une action toxique du sucrose sur la cellule épithéliale et il démontra que la réabsorption du produit par les tubes n\u2019est pas nécessaire à la production des lésions.Il en vint à ces conclusions en donnant à ses animaux de la phlorizime, produit qui empêche la réabsorption du sucre par les tubes rénaux.Enfin récemment apparut le travail capital de Zingg (14).Cet auteur, surtout par l\u2019étude des reins au microscope à contraste de phase, a remarqué qu\u2019après injection de sucrose à des souris, les mitochondries des cellules épithéliales s\u2019'hypertrophient et deviennent même confluentes.Il conclut que le sucrose est réabsorbé par la cellule, s\u2019accumule dans ces structures et que les vacuoles observées après fixation et inclusion à la paraffine ne sont que des artéfacts dus à des modifications osmotiques produites durant ces techniques de préparation.On s\u2019expliquerait alors mieux par cette hypothèse de surcharge cellulaire la bénignité relative et le caractère transitoire des lésions.La contradiction entre cette hypothèse et l\u2019expérience déjà citée de Wilmer démontrant que les atteintes cellulaires se produisent même en l\u2019absence de réabsorption du sucre peut peut-être s\u2019expliquer par le fait que la phlo- rizine n\u2019empêcherait pas la pénétration du sucre dans la cellule, mais sa libération au pôle vasculaire.Les lésions hépatiques peuvent vraisemblablement s\u2019expliquer de la même façon par des phénomènes de surcharge cellulaire.Elles posent cependant un problème sur les limites des facteurs enzymatiques de la glycogénèse à partir du sucre qui n\u2019a pas subi la phospho- rylation au cours de l\u2019absorption intestinale.Leur localisation centro-lobulaire reste difficile à expliquer. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 L\u2019identité des aspects histologiques dans l\u2019intoxication au glycol d\u2019éthylène laisse soupçonner aussi une surcharge cellulaire par ce produit toxique ou ses dérivés.Il est encore possible que les lésions dans ce cas correspondent à des modifications biochimiques produites secondairement dans l\u2019organisme par l\u2019intoxication.CoNCLUSION Les solutés sucrés hypertoniques constituent pour un grand nombre de malades des agents thérapeutiques précieux, mais il faut se souvenir que leur emploi à dose excessive ou trop prolongée chez des patients mal hydratés peut leur causer plus de tort que de bien.Si après une bonne réponse diurétique au traitement la diurèse diminue de nouveau et si l\u2019azotémie s\u2019élève, il est alors plus prudent de changer la médication; il faut du moins éviter d\u2019augmenter le nombre et l\u2019abondance des injections.Résumé Nous avons rapporté deux observations né- cropsiques d\u2019images de dégénérescence hydropique de l\u2019épithélium des tubes contournés des reins, à la suite d\u2019administration abondante de solutés dextrosés hypertoniques chez des patients dénourris et déshydratés.En plus, la même image de vacualisation cytoplasmique existait au niveau du foie, dans la partie centro-lobulaire de la travée.L\u2019histogénèse des lésions est discutée et leur ressemblance avec celles produites par le glycol d\u2019éthylène est notée.BIBLIOGRAPHIE (1) H.H.CUTLER: Effect of sucrose on the kidney.Proc.Staff Meet.Mayo Clinic, 64: 318, 1939.GAGNE: DEGENERESCENCE HYDROPIQUE 1021 (2) W.A.D.ANDERSON et W.R.BETHEA, Jr.Renal lesions following administration of hyper- tonic solutions of sucrose.J.A.M.A, 114: 1983, 1940.(3) W.A.D.ANDERSON: Sucrose nephrosis and other types of renal tubular injuries.South.Med.J., 34: 257, 1941.(4) R.H.RIGDON et E.S.CARDWELL: Renal lesions following the intravenous injection of a hypertonic solution of sucrose: a clinical and experimental study.Arch.Int.Med, 69: 670, 1942.(5) E.M.K.GEILING et P.R.CANNON: Path- ologic effects of elixir of sulfanilamide (diethy'- ene glycol) poisoning: a clinical and experimental correlation.J.A.M.A.111: 919, 1938.(6) P.R.CANNON: Pathologic effects fol'ow'n= ingestion of diethylene glycol, elixir of sulfanil- amide Massengill, synthetic elixir of sulfanilainide and sulfanilamide alone.J.A.M.4.109: 1536.1937.(7) O.E.HAGEBUSH: Necropsies of four patients following administration of elixir of sulfanilamide Massengill.J.A.M.A., 109: 1537.1937.(°* 7 P.BOUCKAERT, P.P.de NOYER e* I.DESMANET : Lésions hépatiques et rénales après injection sous-cutanée de glucose.C.R.Soc.de Biol.117: 94, 1934.(6) TP, POTCKAERT.P.P.de NOYER et M.Van OOSTVELDT: Les effets toxiques de l\u2019injection de glucose.C.R.Soc.de Biol, 117: 91.1934.(10) H.F.HELMHOLZ et J.L.BOLLMANN : The diuretic action of sucrose and other solutions.Proc.Staff Meet.Mayo Clinic, 14: 567.1929.(11) W.E.HEYMAN et M.C.HARTMAN : Hyper- lipemia following intravenous infusion of hyper- tonic solution of sucrose.Am.J.Dis.Child, 75: 68, 1948.(12) H.F.HELMHOLZ: Renal changes in rabbits resulting from intravenous injections of hyper- tonic solution of sucrose.J.Ped., 3: 144, 1933.(13) H.A.WILMER: The mechanism of sucrose damage of the kidney tubules.Am.J.Physiol.141: 431, 1944.(14) W.ZINNG: Uber experimentelle Rohrzucker- speicherung in den Mitochondrien der Neirentu- buli.Schweitz.Zschr.all Path, 14: 1, 1951. OREILLES DÉCOLLÉES PRÉSENTATION DE 2 CAS OPERES PAR LA MÉTHODE DE BARSKY MODIFIÉE PAR À.W.FARMER DE TORONTO Louis VENNE, Consultant en chirurgie plastique, Hôpital du Sacré-Cœur, Cartierville (Montréal) INTRODUCTION L\u2019une des plus fréquentes malformations congénitales est celle des oreilles décollées.L\u2019opinion populaire veut que cette malformation soit causée par une position du pavillon de l\u2019oreile lorsque le bébé, dès les premiers mois de vie, se couche dessus quand il dort et de la sorte écrase le pavillon sous la tête.Il n\u2019en est rien.Le décollement de l\u2019oreille l\u2019est congénitalement et peut être uni ou bilatéral.On note alors que l\u2019anthélix du pavillon est alors déplissé, le cartilage à ce niveau est aplati et étendu donnant au pavillon la direction dans un plan frontal plutôt que sagittal.Ce décollement peut atteindre tous les degrés jusqu\u2019à former un angle de 90\u2019 avec le temporal.TECHNIQUES Le traitement de cette malformation est d\u2019ordre chirurgical et s\u2019applique à redonner la position normale au cadre cartilagineux du pavillon.Tous connaissent ce traitement populaire empirique, vieux comme le monde, qui consiste à essayer de « coller » le pavillon de l\u2019oreille avec du dyachilon ou un turban serré autour de la tête et ce pendant des mois.Eh bien ! l\u2019observation poursuivie pendant des années a démontré chimérique ce genre simpliste de traitement.Depuis quelques années la chirurgie plastique a considéré le problème et on a inventé certaines techniques chirurgicales afin de redonner la forme normale au pavillon décollé.Les méthodes employées furent celle de Luckett\u2019s s\u2019adressant à la peau et au cartilage du pavillon et voyant à en supprimer de chacun une partie à sa partie postérieure le long de l\u2019endroit normal de l\u2019anthélix.Cette technique s\u2019est montrée indiquée qu\u2019en une catégorie de cas bien déterminés et vise qu\u2019à ne former un nouvel anthélix.I y a celle de Morestein qui s\u2019adresse aussi à la peau et au cartilage mais cette fois-ci l\u2019excision lenticulaire de ces deux éléments se fait suivant Avant opération 12 jours après opération Ceci l\u2019angle auriculo-temporal.redresse l\u2019oreille mais ne reforme pas un anthélix évasé.Barsky a eu un autre point de vue et s\u2019est adressé au cartilage du pavillon non pas en en -exeisant- une- partie mais en le tailladant suivant la ligne de l\u2019anthélix.Parfois il conseille d\u2019enlever une petite partie de cartilage dans le fond de la conque. L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Cette méthode a été légèrement modifiée par A.W.Farmer, celle que je crois au point et que je suis maintenant, donnant de beaux résultats et qui consiste à inciser le cartilage à la partie supérieure de l\u2019anthélix en vue de former la fosse naviculaire.Voici 2 cas opérés par cette méthode.L\u2019un est un type très marqué d\u2019oreilles décollées, l\u2019autre un type moyen.Les photos montrent le cas avant l\u2019opération et 12 jours après.Cette intervention donne un résultat permanent et s\u2019occupe de l\u2019apparence et prévient la tendance à développer un complexe psycholo- VENNE: OREILLES DÉCOLLÉES 1023 gique et nous savons combien jeune il se développe.Cette malformation est de nos jours d\u2019une certaine importance pour l\u2019avenir du petit garçon ou de la petite fille.L'opération ne se pratique pas avant l\u2019âge \u201c de 3 à 4 ans, alors que le pavillon de l\u2019oreille est arrivé à ses dimensions quasi adultes et que le cartilage est assez épais pour permettre de le corriger.Il est possible de corriger chaque pavillon dans environ 45 minutes à 1 heure, après quoi le patient pourra quitter l\u2019hôpital le lendemain de intervention ayant un turban autour de la tête qu\u2019il devra garder 10 à 12 jours. REVUE GÉNÉRALE Ob + LA FONCTION CORTICO-SURRÉNALIENNE DU NOUVEAU-NE Pierre BRODEUR Il semble assez bien établi, bien que les preuves absolues manquent encore, que chacune des trois zones du cortex surrénalien adulte secrète une hormone avant une activité spécifique dans l\u2019économie de l\u2019organisme.La zone glomérulaire secrète une hormone affectant le métabolisme de l\u2019eau et des électrolytes suivants: sodium, potassium et chlore.Un excès de cette hormone favorise une augmentation de la réabsorption du sodium au niveau des tubules rénaux avec une augmentation concomittante du volume de liquide ex- tracellulaire et une diminution de la réabsorption du potassium au niveau des tubules rénaux; cette augmentation d\u2019excrétion urinaire de potassium entraîne une déficience de cet électrolyte dans les cellules et détermine ainsi une alcalose hypochlorémique, résultat d'un nouvel équilibre biologique atteint par l'intermédiaire du rein.Il a été aussi démontré que, dans cette circonstance, le déficit de potassium intracellulaire est en grande partie comblé par le transfert de sodium extracellu- laire dans la cellule.Une déficience de cette hormone glomérulaire entraînera donc, d\u2019une part, une augmentation d\u2019excrétion urinaire de sodium conduisant à une perte de liquide extracellulaire et à un œdème intracellulaire, et d\u2019autre part une diminution de l\u2019excrétion urinaire de potassium avec une hyperkalémie consécutive.Bien que la nature exacte de ce stéroïde soit encore inconnue, il est à propos de mentionner que tout dernièrement Simpson et ses collaborateurs (1) ont isolé à partir de surrénales de bovins un stéroïde (« électro- cortin ») qui est trente fois plus actif que l\u2019acétate de désoxycorticostérone pour maintenir en bonne santé un chien adrénalectomi- sé.Presque en même temps, Mason et ses collègues de la clinique Mayo (2) ont isolé une substance semblable à partir de surrénales de bœufs, tandis qu\u2019un groupe de chercheurs des laboratoires Upjohn (3) isolaient une substance identique à partir des surrénales de porcs.La zone intermédiaire ou fasciculée secrète probablement le «Compound F » (17-Hydro- xycorticostérone) qui influence le métabolisme des hydrates de carbone, des lipides et des protides.Cette hormone favorise la gluconéo- génèse et inhibe l\u2019utilisation tissulaire périphérique du glucose, résultant en une hyperglycémie insulino-résistante.De plus ce stéroïde diminue la formation de protoplasme soit en inhibant l\u2019anabolisme ou en favorisant le catabolisme des protéines.Un excès de cette hormone conduira done à une balance azotée négative, un retard de croissance chez les enfants, de l\u2019ostéoporose et une plus grande susceptibilité de l\u2019organisme vis-à-vis des infections.La zone interne ou réticulaire secrète des stéroïdes androgéniques.Ceux-ci favorisent donc l\u2019anabolisme protoplasmique avec rétention d\u2019azote, de potassium, de phosphore, de sodium, de chlorure et d\u2019eau et accélèrent ainsi le développement musculo-squelettique de l\u2019organisme.Cependant, ces stéroïdes favorisent aussi la fermeture des cartilages de conjugaison de sorte que s\u2019il y a un excès de secrétion de ces stéroïdes avant la puberté, il en résulte un développement exagéré de la croissance musculo-squelettique dans les premières années, mais en dernière analyse ces patients seront plus petits que leurs compagnons du même âge.Comme on le sait, ces stéroides androgéniques sont aussi responsables du développement des caractéres sexuels L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 chez les garçons et les filles (poils axillaires et pubiens \u2014 développement des grandes lèvres lors de la puberté.Il est aussi intéressant de noter que Beall (4) a 1solé de l\u2019œstrone à partir de la surrénale de bœuf, tandis que Migeon et Gardner (5) ont observé une augmentation de la quantité d\u2019cestrogénes urinaires excrétés (méthode fluorométrique) dans trois cas de tumeur adrénocorticale et dans quatorze cas d\u2019hyperplasie de la surrénale.La surrénale du nouveau-né présente un intérét particulier car elle posséde une zone histologique spéciale qui disparait aprés un mois de vie.En plus d\u2019un cortex étroit gris- jaunâtre comprenant les zones glomérulaire et fasciculée, il existe dans la surrénale du nouveau-né une large portion interne rouge- brunâtre ayant de deux à cinq fois la largeur du vrai cortex et constituée de grosses cellules polyhédriques arrangées en colonnes (6).Cette zone commence à dégénérer à la naissance ou juste avant, de sorte qu\u2019au bout d\u2019un mois elle n\u2019est plus constituée que par un éparpillement de cellules dégénérées dans un stroma irrégulier.Ce stroma, de même que les quelques cellules persistant encore après un mois, diminuent assez rapidement jusqu\u2019à l\u2019âge de deux mois.Ensuite, il y a une disparition lente de ce stroma pendant trois à cinq mois jusqu\u2019à ce qu\u2019il ne reste qu\u2019une légère bande de stroma persistant jusqu\u2019à l\u2019âge d\u2019un an.Pendant que le cortex fœtal subit cette involution, il y a un élargissement progressif du vrai cortex qui, au bout d\u2019un mois, devient de deux à trois fois plus large qu\u2019à la naissance.Benner (6) a démontré qu\u2019il n\u2019existe pas de corrélation entre le degré d\u2019involution du cortex fœtal et la cause de la mort, le sexe ou le degré de prématurité de l\u2019enfant.Dans un très beau travail portant sur l\u2019étude histologique de 150 surrénales de fœtus âgés de dix à quatorze semaines et d\u2019enfants âgés de deux heures à dix-huit ans, Blackmann (7) a démontré que la zone réticulaire du cortex adulte origine des cellules de la zone réticulaire fœtale qui ne subissent pas d\u2019involution; ces cellules persistantes acquièrent progressivement les BRODEUR: FONCTION CORTICO-SURRÉNALIENNE 1025 caractéristiques morphologiques des cellules de la zone réticulaire adulte.Diverses théories ont été avancées pour expliquer le rôle que joue ce cortex fœtal.Grollman (8) en 1936 et Broster (9) en 1937 considéraient le cortex fœtal comme étant un tissu androgé- nique jouant un rôle dans le développement sexuel de l\u2019enfant.D\u2019autres auteurs ont prétendu que cette zone secrétait une hormone androgénique pour neutraliser l\u2019excès d\u2019hormones maternelles œstrogéniques en circulation dans le fœtus.Cependant, en 1939 Gersh et Grollman (10) concluaient, après des essais biologiques, qu\u2019il y avait une absence de quantité appréciable d\u2019hormone an- drogénique dans la surrénale du fœtus ou du nouveau-né.Un an plus tard, Carnes (11) concluait lui aussi, après des essais biologiques, qu'il n\u2019y avait pas d\u2019évidence pour supporter l'hypothèse que le cortex secrète une hormone androgénique.Malgré le résultat de ces expériences, il faut logiquement admettre que la zone réticulaire fœtale influence le développement des caractères sexuels secondaires masculins, car dans les cas de pseu- do-hermaphrodisme femelle secondaire à une hyperplasié congénitale de la surrénale, la malformation des organes génitaux est de toute évidence apparue au début de la vie embryonnaire.Le rôle exact que joue ce cortex fœtal est cependant encore inconnu.Dans le but d\u2019étudier le problème qui nous intéresse plus particulièrement, il faut considérer la quantité d\u2019hormones corticales présentes pendant la période néo-natale (soit par leur dosage direct, leurs effets métaboliques ou leur taux d\u2019excrétion urinaire) et comment la surrénale répond au stress et à l\u2019administration d\u2019ACTH.MINÉRALOCORTICOIDES Après avoir injecté de l\u2019acétate de désoxy- corticostérone à des nouveau-nés, Klein (12) a observé une diminution du débit urinaire et une diminution de l\u2019excrétion rénale du sodium, mais pas d\u2019augmentation concomitante de l\u2019excrétion du potassium.L\u2019administration d\u2019ACTH chez ces nouveau-nés a pro- 1026 voqué une augmentation de la diurèse ainsi qu\u2019une augmentation de l\u2019excrétion urinaire de sodium.Dans le but d\u2019expliquer ces constatations inattendues, Klein a émis deux hypothèses: a) PACTH stimulerait la secrétion d\u2019une hormone corticale particulière au nouveau-né et disparaissant par la suite; b) ce phénomène peut être expliqué par la théorie de Thorn suivant laquelle les stéroidss corticaux ayant une action peu marquée sur la réabsorption tubulaire du sodium (« Compound E et F») entrent en compétition avec les stéroides ayant une action marquée sur la réabsorption tubulaire du sodium (désoxy- corticostérone) et causent ainsi une perte de sodium; il est donc possible que l\u2019administration d\u2019ACTH détermine une plus grande secrétion d\u2019hormone ressemblant au « Compound F » chez le nouveau-né que chez l\u2019adulte.Cette diurèse secondaire à l\u2019administration d\u2019ACTH peut aussi, je crois, s\u2019expliquer d\u2019une autre façon.Il a été démontré, chez les sujets sains, que l'ACTH amène une augmentation du taux de filtration glomérulaire et une augmentation de la fraction filtrée par réduction du flot plasmatique rénal (13).Si cette hormone amène donc la formation d\u2019une trop grande quantité de filtrat glomérulaire, la réabsorption tubulaire devient inadéquate et il s\u2019installe une diurèse.Après avoir déterminé l\u2019hématocrite, les protéines plasmatiques, les bases totales ainsi que le sodium du plasma et l\u2019azotémie chez les enfants âgés de 0-25 jours, Bruch et McCune (14) ont trouvé que toutes ces valeurs étaient normales et qu\u2019elles demeuraient constantes pendant la période d\u2019involution du cortex fœtal.Ces auteurs concluaient done qu\u2019il n\u2019y à pas de modification de la structure électrolytique pendant cette période d\u2019involution.Cependant, en 1949, Smith (15) notait les perturbations électrolytiques suivantes en association avec l\u2019ædème que présentent plusieurs nouveau-nés et surtout les prématurés: a) excrétion marquée de sodium et de potassium dans l\u2019urine; b) réaccumulation rapide de potassium dès la reprise de l\u2019ali- BRODEUR: FONCTION CORTICO-SURRÉNALIENNE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 mentation; c) perte urinaire de sodium et de chlorure lors de la disparition de l\u2019ædème.Klein (16) a suggéré que ces changements sont peut-être secondaires à la perte de l\u2019excès relatif des corticoïdes maternels et à une insuffisance temporaire de secrétion d'hormones corticales par le nouveau-né.GLUCOCORTICOIDES Employant la méthode de Doughaday, Read (17) a déterminé que la valeur moyenne des corticoïdes formaldéhydogéniques urinaires excrétée dans les deux premiers jours de la vie est de beaucoup inférieure à la moyenne excrétée pendant la deuxième semaine.Talbot (18) en est aussi venu à la conclusion que, sauf pour les deux premiers jours de vie, l\u2019excrétion urinaire des lipides neutres ayant un pouvoir réducteur (par mètre carré de surface) chez les nouveau-nés se compare favorablement à celle des adultes.Après avoir déterminé que l\u2019adulte normal excrète 0,024 mlgrms.de corticostéroides par gramme de tissu surrénalien par 24 hres., Day (19) a constaté que le nouveau-né excrète 0,015 mlgrms.de corticostéroides par gramme de tissu surrénalien par 24 hres.King et Mason (20) utilisant la méthode de Corcoran et Page, ont confirmé les résultats de l\u2019auteur précédent en trouvant des valeurs comparables pour le taux d\u2019excrétion des corticosté- roïdes urinaires chez le nouveau-né.Venning (21) a démontré, par un essai biologique, que la quantité des glucocorticoïdes excrétés augmente progressivement avec l\u2019âge et que cette augmentation correspond avec la période d\u2019involution du cortex fœtal.Venning concluait donc que ce dernier ne secrète pas de gluco- corticoïdes.Employant la méthode de Nelson et Samuels pour le dosage des substances semblables au « Compound F » dans le plasma, Klein (22) a trouvé des valeurs inférieures à 2 microgrammes par 100 ce chez la majorité des nouveau-nés.Considérant des valeurs si minimes comme négatives, l\u2019auteur conclut que ces stéroïdes sont absents du plasma dans les premiers jours de la vie mais \u2014\u2014\u2014\u2014 re aii L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 qu\u2019ils doivent commencer à apparaître après une ou deux semaines de vie.17-CÉTOSTÉROIDES Ils constituent un groupe de stéroïdes ayant en commun un groupe cétonique en Cy7 et à cause de ce fait fournissent des réactions colorimétriques relativement spécifiques.Ces stéroïdes sont les produits métaboliques de la secrétion des cellules de Leydig et des substances secrétées par la zone réticulaire de la surrénale.Il faut bien se rappeler que quelques-uns des 17-cétostéroides sont androgé- niques tandis que d\u2019autres sont complètement inactifs biologiquement v.g.étiocholanolone.D'autre part, les stéroïdes androgéniques ne sont pas tous des 17-cétostéroïdes v.g.testostérone.Normalement, l\u2019androstérone et l\u2019étiocho- lanolone constituent la majorité des 17-cétos- téroïdes urinaires et l\u2019on sait que ces stéroïdes ont la configuration «alpha» du groupe \u2014OH en Cj; seulement 5-15% des 17-cétos- téroides excrétés ont la configuration « bêta » du groupe \u2014OH en Cs.Analysant l\u2019urine de 19 nouveau-nés (dont deux prématurés) par la méthode de Cohen et Salter, Day (19) a trouvé des valeurs urinaires inférieures à 1 mlgrm.par 24 hres.sauf chez quatre enfants délivrés par césarienne ou il a trouvé des valeurs supérieures a 1 mlgrm.Read (17) a trouvé des valeurs élevées (jusqu\u2019à 1,5 mlgrms.par 24 hres.) chez trois nouveau-nés pendant les deux premiers jours de la vie; cependant, l\u2019auteur a noté une diminution rapide de ces valeurs de sorte qu\u2019au bout de huit jours il ne retrouvait plus qu\u2019environ 33% de la quantité de ces stéroïdes excrétés pendant les deux premiers jours de la vie.Après avoir mis au point une technique pour le dosage des 17-cétostéroïdes neutres dans le plasma, Gardner (23) a trouvé des valeurs élevées dans le plasma des nouveau-nés; cependant, ces substances disparaissaient complètement du plasma après quelques jours.Le même auteur a également trouvé des valeurs élevées pour ces stéroïdes BRODEUR: FONCTION CORTICO-SURRÉNALIENNE 1027 dans le plasma des prématurés, et de plus 1l a constaté une persistance de ces concentrations élevées après trente et même quarante jours de vie.Ces constatations semblent indiquer que la prématuré produit lui-même ces stéroïdes (pour une raison encore inconnue) car il est difficile d\u2019admettre que ces substances persisteraient aussi longtemps dans le plasma si elles étaient d\u2019origine maternelle.ACTION D\u2019ACTH Employant une dose de 22,4 mlgrms par mètre carré, Read (17) a démontré que cette hormone amène une augmentation dans l\u2019excrétion des corticoïdes urinaires, mais l\u2019auteur a noté que l\u2019augmentation était plus marquée au neuvième jour qu\u2019au deuxième jour de la vie.Venning (24) a aussi démontré que l\u2019administration d\u2019ACTH provoque une plus grande augmentation de l\u2019excrétion des lipides neutres ayant un pouvoir rédue- teur chez les nouveau-nés âgés de plus d\u2019une semaine que chez ceux âgés de 1 à 7 jours.EOSINOPHILES Considérant une chute de 37% dans le nombre des éosinophiles circulants après une injection d\u2019ACTH comme une réponse positive, Klein et Hanson (16) ont obtenu les résultats suivants: PATIENTS DE 1 A 7 JOURS: Dose Réponse Réponse dA.C.TH.positive négative Total 0,7-1 mlgrm.3 42 45 2-12 mlgrms.6 22 28 PATIENTS DE 8 JOURS ET PLUS: 0,7-1 mlgrm.17 4 21 2-12 mlgrms.4 0 4 Etudiant un autre groupe de quatorze enfants, ces auteurs n\u2019ont constaté aucune réponse positive lorsque PACTH était administrée dans les trois premiers jours de la vie; au contraire, tous ces enfants sauf deux, ont manifesté une réponse positive lorsque sou- 1028 mis à la même expérience entre l\u2019âge de sept et de quinze jours.STRESS La surrénale du nouveau-né répond au stress comme celle de l\u2019adulte.Venning (21) a en effet observé une augmentation de la quantité de corticoïdes glycogéniques excrétés chez deux prématurés souffrant d\u2019atélec- tasie en les comparant avec des prématurés normaux.De plus, l\u2019auteur a observé une chute progressive de la quantité des corticoi- des glycogéniques excrétés à mesure que la guérison progressait.King et Mason (20) ont aussi démontré qu\u2019une variété de stress (traumatismes - chirurgie - infections) provoquent une augmentation d\u2019excrétion des cor- ticostéroïdes urinaires.Conclusion La majorité des travaux cités semblent indiquer qu\u2019il existe possiblement un certain degré d\u2019insuffisance surrénalienne chez le nouveau-né pendant la première et la deuxième semaine de vie.Tel que supposé par Klein, cette insuffisance passagère pourrait être due à une diminution de secrétion d\u2019ACTH par l\u2019hypophyse du nouveau-né, secondairement à un excès de stéroïdes maternels dans sa circulation.Cependant, le mécanisme intime de la physiologie de la surrénale du nouveau-né est très complexe; on a vu en effet que l\u2019administration d\u2019ACTH pendant la période néo-natale amène une perte au lieu d\u2019une rétention de sodium et les résultats de Gardner peuvent laisser supposer que la surrénale du prématuré est peut-être hyperactive dans une de ses fonctions au moins.Une immaturité fone- tionnelle rénale marquée vis-à-vis l\u2019excrétion des stéroides peut théoriquement expliquer la persistance de valeurs élevées dans le plasma des prématurés.De toute façon, la surrénale du nouveau- né semble être capable de répondre au stress et il n\u2019existe apparemment aucune indication pour l\u2019administration d\u2019ACTH ou de cortisone pendant cette période de la vie (sauf, évidemment l\u2019administration de cortisone dans BRODEUR: FONCTION CORTICO-SURRÉNALIENNE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 les cas d\u2019hyperplasie de la surrénale).Bien plus, l\u2019administration d\u2019ACTH peut être néfaste à cause de la perte de sodium qu\u2019elle entraîne tandis que l\u2019administration de cortisone peut amener un retard de croissance et diminuer la résistance de l\u2019organisme vis-à- vis les infections.BIBLIOGRAPHIE (1) S.A.SIMPSON, J.F.TAIT, A.WETTSTEIN, R.NEBER, J.V.EUW et T.REICHSTEIN: Experientia, 9: 333, 1953.(2) U.R.MATTOX, H.L.MASON, A.ALBERT et C.F.CODE: J.Am.Chem.Soc., 75: 4869, 1953.(3) R.E.KNAUFF, E.D.NELSON et W.J.HAINES: J.Am.Chem.Soc., 75: 4868, 1953.(4) D.BEALL: J.Endocrinol., 2: 81, 1940.(56) C.J.MIGEON, L.I.GARDNER: J.Cln.Endocrinol.and Metab., 12: 1513, 1952.(6) M.C.BENNER: Am.J.Path., 16: 787, 1940.(7) S.S.BLACKMAN: Bull.Johns Hopkins Hosp.78: 180, 1946.(8) A.GROLLMAN: The Adrenals.Williams and Wilkins Co., Baltimore, 1936.(9) J.BROSTER: A.M.A.Arch.Surg., 34: 761, 1937.(10) I.GERSH et A.GROLLMAN: Am.J.Phys, 126: 368, 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ENDOCRINOLOGIE ET GROSSESSE Nantel GARON, Obstétricien à l\u2019hôpital St-Joseph de Lachine.La cause des phénomènes et des maladies propres à la grossesse: les pigmentations, les vergetures, les vomissements, l\u2019éclampsie, est mal connue.D\u2019aucuns la considèrent d\u2019origine endocrinienne.Afin de m\u2019éclairer sur ce sujet, j'ai lu le texte d\u2019endocrinologie du professeur Selye et j'ai cru en tirer une explication que voici.1° Les hormones hypophysaires des cellules basophiles: FSH, ACTH, TTH, LTH! agissent en bloc.Si l'une est obstruée, les autres le sont aussi.Il en est de méme pour les hormones originaires des cellules éosinophiles de I'hypophyse soit: STH et LH.?2° L\u2019action des cellules basophiles tend à succéder naturellement à celle des éosinophiles et vice versa.Exemple: Basophilisme à la puberté.Plus FSH (développement du premier follicule primordial) engendre plus ACTH qui se manifeste par de l\u2019acnée (hypercoticoïsme) et qui peut se neutraliser par de la progestérone selon les règles établies précédemment (plus progestérone égale moins LTH moins ACTH moins corticoïdes).Plus TTH se manifestant parfois par une légère poussée de goitre (hypertrophie de la thyroïde).Comme alors il y a plus FSH par contraste il y a moins STH et la croissance modère après l\u2019établissement des menstruations.Exemple: Eosinophilisme à la ménopause.1.FS.H.: hormone de maturation folliculaire : transforme le follicule primordial en follicule de De Graaf.A.C.T.H.: hormone surrénalotrope: fait incréter aux surrénales minéralo et gluco-corticoïdes.T.T.H.: hormone thyroïdotrope: fait incréter aux thyroïdes de la thyroxine.L.T.H.: hormone trophique du corps jaune Jui faisant incréter de la progestérone.S.T.H.: hormone somatotrope agissant principalement sur la croissance des os longs.L.H.: hormone lutéinisant transforme le follicule de De Graaf en corps jaune et fait incréter de la folliculine.Par atrophie ovarienne il y a moins de folliculine, par réaction sur l\u2019hypophyse plus LH?! et par enchaînement logique moins ACTH d\u2019ou moins corticoïde ce qui explique la poussée rhumatismale de cette époque.Exemple: Basophilisme aux cinq derniers mois de la grossesse.Moins LH (cellules de Langhans en allées) égale plus ACTH plus corticoïdes d\u2019ou états allergiques améliorés.Moins LH égale plus TTH plus thyroxine moins insuline d\u2019où l\u2019abaissement du seuil rénal aux glucoses.Menstruations \u2014 Selon la même théorie le cycle menstruel se passe à peu près comme ceci: basophilisme aux sept premiers jours manifeste par l\u2019action du FSM.Le follicule alors mûr, les sept jours suivants l\u2019éosino- philisme apparaît par l\u2019action du LH.Celui- ci fait incréter de la folliculine, laquelle en abondance par la suite, bloque le LH.Le ba- sophilisme reprend du 14 au 21e jour avec le LTH qui par la présence de la progestérone qu\u2019il met en circulation est bloqué à son tour.Normalement, le LH devrait suivre (éosi- nophilisme) ce qui se produit s\u2019il y a fécondation mais sinon il ne trouve pas de cible propre à son action, la menstruation coule dans le basophilisme qui se manifeste parfois par de l\u2019acnée et de la tension (plus ACTH) désordres qui s\u2019enraient très bien par la progestérone.Grossesse \u2014 S'il y a fécondation, les cellules de Langhans produisent une forte quantité de LH (qui donne le zondeck positif) au maximum le 80e jour et qui va au 120e jour, période d\u2019éosinophilisme et par le fait même d'hypocorticoïsme, d\u2019hypothyroïdisme et d\u2019hy- percholinergisme.Hypocorticoïsme ressemblant à la maladie d\u2019Addison: hypotension, perte de poids, asthénie musculaire, sialorrhée, pigmentation 1030 GARON: ENDOCRINOLOGIE ET GROSSESSE et surtout vomissements.Etat aussi d\u2019hypo- adrénergisme corrigé par autrefois adrénaline aujourd\u2019hui benzédrine et antihistaminique (cet état se rapprochant du choc anaphyla- xique) et selon la présente théorie par de l\u2019acétate de désoxycorticostérone sublingua- lement, procédé des plus efficace en présence de nombreux ions Na.Hypothyroidisme parfois manifesté par de l\u2019anoxie au niveau du placenta suivie d\u2019avortement d\u2019où médication thyroïdienne préventive.Par opposé, durant les cinq derniers mois de la grossesse, le LH en allé et les glandes surrénales et thyroïdiennes hypertrophiées en compensation donnent alors leur plein rendement.Il y a surtout hypercorticoïsme (par hyperbasophilisme) atteignant son apogée le 210e jour de la gestation (courbe de Ven- ning) époque la plus favorable à l\u2019éclampsie, époque d\u2019hyperadrénergisme ou d\u2019hypocho- linergisme (relâchement des fibres musculaires lisses, pyrosisme) corrigé par la prostig- mine.Cet hypercorticoïsme revêt parfois la forme de la maladie de Cushing: hypertension, hy- pernatrémie, protéinémie, céphalée, troubles visuels, striations, (ici vergetures) le tout accompagné de spasmes des artérioles; c\u2019est la pré-éclampsie.L\u2019hormone glucocorticoïde produit au niveau du foie de l\u2019hypertensinogène.Le rein, privé de circulation, se transforme en une glande endocrine; il incrète de la ré- nine, qui unie à l\u2019hypertensinogène crée de l\u2019hypertensine: nouveaux spasmes, plus d\u2019hypertension, cercle vicieux.L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Afin de contrecarrer les corticoïdes on pourrait administrer de la testostérone (qui est lutéoide) elle est aussi néphrotrophique.Je l\u2019ai essayée dans un cas de lower nephron syndrome avec succès.Bien sûr, il faut enlever l'ion Na, le déplacer par le CLNH,, se servir du sulfate de Mg intramusculaire- ment afin de relâcher les spasmes.Cependant, l'excès de corticoïde devrait se neutraliser par la testostérone et mieux encore par la progestérone.L\u2019hyperthyroïdisme engendre aux cinq derniers mois de la grossesse de la tachycardie, un métabolisme basal plus élevé.La bradycardie du post-partum en serait la contrepartie lors de la baisse de la TTH.L'état d\u2019hyperadrénergisme prédominant, l\u2019avantage d\u2019un sympathicolytique ou d\u2019un neuroplégique comme le largactil ne peut se nier à cause du relâchement vasculaire consécutif contribuant à baisser la tension sanguine.Par contre leur indication est nulle au début de la gestation.| Cet exposé apprend aussi à conserver le sodium au début de la grossesse et la nécessité de sa restriction à la fin, la moindre nécessité du Ca au début à cause de son auta- gonisme avec l\u2019iode (hypothyroïdie à cette période) et son urgence aux cinq derniers mois par déduction.J'aurais pu intituler ce travail: Essai pa- thogénique des maladies propres à la grossesse basé sur l\u2019équilibre naturel des hormones basophiles et éosinophiles de l\u2019hypophyse.\u2014\u2014 rr ew a 17 LÉSIONS BÉNIGNES ANALES ET PÉRIANALES ET LEURS TRAITEMENTS Léon BÉIQUE, F.R.C.S.(C.) et Michel BÉRARD, Hôpital Notre-Dame (Montréal) I PROLAPSUS DU RECTUM Au point de vue pratique, nous rencontrons deux types de prolapsus: 1\u2014 Le prolapsus de la muqueuse rectale seule, à travers l\u2019anus, prolapsus incomplet.2 \u2014 Le prolapsus complet qui est en somme l\u2019extériorisation de toutes les couches de la paroi rectale, et parfois même de d\u2019autres éléments pelviens, à travers l\u2019anus.Il existe donc un prolapsus incomplet qui est l\u2019apanage des extrêmes de la vie, et un prolapsus complet qui est plutôt rare.1° \u2014 PROLAPSUS INCOMPLET DE LA MUQUEUSE La couche muqueuse du « bas-rectum » possède des attaches plutôt lâches à la sous- muqueuse, surtout chez le jeune enfant et le vieillard, à tel point que parfois un décollement est possible.C\u2019est ici, qu\u2019interviennent au point de vue étiologique de multiples facteurs: 1 \u2014 Chez l\u2019enfant, un sacrum dont la concavité est diminuée, ou un manque de tissu adipeux dans la fosse ischio-rectale et des facteurs déclanchants, comme la constipation, la diarrhée, et l\u2019effort de défécation.2 \u2014 Chez l\u2019adulte, le prolapsus rectal est souvent associé à des hémorroïdes, et résulte toujours des efforts d\u2019évacuation dus à la constipation ou à une hypertrophie de la prostate.Symptômes \u2014 Il y a habituellement un peu de sang après l\u2019effort, et, un malaise vague rapporté à cette région.En général, le malade se plaint d\u2019un écoulement mucoïde, d\u2019incontinence et de troubles d\u2019évacuation, à tel point qu\u2019il doit porter un support ou un pansement quelconque.Une évacuation difficile et incomplète l\u2019incommode.Signes \u2014 Après avoir posé une compresse sur l\u2019anus, contre l\u2019incontinence, on demande au malade de faire l\u2019effort de défécation; la muqueuse herniée apparaît comme un anneau en forme de beigne aux pourtours de l\u2019anus; elle peut disparaître spontanément, ou doit être réduite avec le doigt.La palpation révèle une perte du tonus sphinctérien et chez l\u2019adulte âgé, avec le relâchement des sphincters, le moindre effort ou la marche peuvent provoquer ce prolapsus muqueux.La muqueuse est souvent excoriée, et même ulcérée, l\u2019étranglement de cette masse peut empêcher la réduction et conduire à la gangrène.Il est très important pour le diagnostic de demander au malade de « forcer », et il faut apprécier complètement le degré du prolapsus, replacer le rectum aussitôt après sa sortie, et décider alors du traitement à suivre.Traitement chez l\u2019enfant \u2014 Il est en général conservateur: d\u2019après Bowens, 70% des cas chez l\u2019enfant arrivent jusqu\u2019à l\u2019âge de 10 ans, et le traitement non-chirurgical suffit.Il faut toutefois éduquer l\u2019enfant sur ce point et améliorer son état général.Sinon, le traitement consiste à réduire au doigt le prolapsus, de garder l\u2019enfant au lit pour au moins une semaine, en lui donnant au lit de petits lavements évacuants.Si l'on doit intervenir, on cautérisera la muqueuse d\u2019une façon linéaire.Certains recommandent l\u2019injection de phénol à 5% dans l\u2019huile d\u2019amande, ou d\u2019alcool à 95% dans la sous- muqueuse.Traitement chez l\u2019adulte \u2014 Le prolapsus rectal incomplet en association avec des hémorroïdes ne demande qu\u2019une hémorroïdec- tomie, et on peut ajouter qu\u2019un polype pédiculé ne nécessite qu\u2019une polypectomie pour voir le prolapsus guérir en même temps.L\u2019injection de phénol 5% dans de l'huile 1032 d\u2019amande au niveau de la sous-muqueuse peut être utile.Le malade est gardé au lit pour 2 ou 3 jours, en ayant soin de prescrire une diète liquide.Après quoi, on donne un lavement au lit, recommandant d\u2019éviter les efforts.En cas d\u2019insuccès, on recommande les injections, une ou deux semaines après.2° \u2014 PROLAPSUS RECTAL COMPLET Presque tous les auteurs s\u2019accordent avec Moschovitz pour dire que le prolapsus rectal total entraînant toutes les tuniques de l\u2019intestin est une hernie par glissement de la paroi antérieure du rectum et que l\u2019apex du prolapsus est le cul-de-sac de Douglas.C\u2019est une éventualité plutôt rare, dont le traitement médical est proserit.Il est vrai qu\u2019on peut tenter une réduction douce temporairement, tout en comprenant que le seul traitement efficace est chirurgical.Et celui-ci malheureusement est inadéquat à en juger par la multiplicité des techniques suggérées.Nous n\u2019avons pas à décrire ces différentes méthodes, mais sachons que Moschovitz en 1912 suggérait l\u2019oblitération du cul-de-sac de Douglas.Par la suite, se guidant sur cette nécessité de définition, on a tenté de fixer complètement le rectum par voie abdominale après reconstruction du plancher pelvien selon Stabins, et par d\u2019autres modifications de Roscoe Graham, mais on doit s\u2019objecter à toute colopexie car selon Hirschman, «il est de mauvaise politique de fixer un organe mobile à un support fixe ».Vient ensuite l\u2019ère des fascia-lata avec Ripstein, qui refait un support à la paroi antérieure du rectum après avoir dissocié et sectionné l\u2019excès du péritoine du cul-de-sac.Gabriel propose d\u2019enlever la muqueuse autour du canal anal et d\u2019amputer la portion herniée de l\u2019intestin par une incision circulaire et de pratiquer une anastomose.Turell et al se montrent confiant de la technique du Dumphy qui procède par voie abdo- mino-périnéale combinée.Pour terminer, disons qu\u2019occasionnellement BÉIQUE et BÉRARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRIANALES L'Union Méd.Canada ome 83 \u2014 Sept.1954 on doit pratiquer une résection abdomino- périnéale.II PAPILLITE ET CRYPTITE Les papillaires sont de petites masses épithéliales de forme conique situées à la jone- tion ano-rectale.Elles sont au nombre de 4 à 8 et se dirigent vers le haut dans le bas- rectum, mesurant 2 à 5 mms de haut, elles sont susceptibles de s\u2019hypertrophier à la suite de l'infection des cryptes adjacentes.Parfois une papillite dégénère en masse polypoïde qu\u2019il faut réséquer.Les cryptes anales sont de petites dépressions ou poches, nommées parfois valvules, situées juste au-dessus et entre les papilles.Ces formations décrites par Morgagni sont quelquefois connues sous l\u2019appellation de «eryptes de Morgagni».Plus récemment, Tucker & Hellwig ont démontré l\u2019importance de formations à structure glandulaire en tubes allongés et anastomosés sous l\u2019épiderme de l\u2019anus et qui pénètrent parfois à travers les sphincters pour s\u2019ouvrir au fond des cryptes.On retrouve habituellement cryptite et pa- pillite associées et elles sont accompagnées d\u2019un spasme sphinctérien qui rend l\u2019examen ano-rectal difficile et douloureux.Symptômes \u2014 En général, on rencontre une symptomatologie vague et masquée par la pathologie sous-jacente, telles que fissures ou hémorroïdes.On peut attribuer à une papillite et/ou à une cryptite le spasme anal, le prurit, une douleur à la défécation, une sensation de chaleur et d\u2019irritation, une impression de défécation incompléte et méme des selles fréquentes.Traitement \u2014 Il consiste à prescrire des bains de siège chauds et à faire des dilatations anales.Les cryptes sont rendues visibles à l\u2019aide d\u2019un crochet aigu et leur bord libre est sectionné pour permettre le drainage.S\u2019il existe une papillite, on pourra en même temps la réséquer, mais on n\u2019est pas justifié d\u2019intervenir dans tous les cas d\u2019hypertrophie des pa- L'Union Méd.Canada BÉIQUE et BÉRARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRIANALES 1033 Tome 83 \u2014 Sept.1954 pilles.Soulignons cependant que l\u2019infection peut fuser en profondeur et provoquer un abcès sous-muqueux.III ABCÈS ANO-RECTAL L\u2019infection peut être localisée sous la muqueuse du rectum, ou de l\u2019anus, ou bien en dehors du plan musculaire soit en dessus, soit en dessous du releveur de l\u2019anus.Lorsque l\u2019infection est située au-dessus de ce muscle la cause est ordinairement plus haute, et peut être une diverticulité ou une colite ulcéreuse; tandis que celle qui est au- dessous débute dans la fosse ischio-rectale.Ces abcès et leurs localisations sont importants en eux-mêmes, mais ils le deviennent tellement plus si on considère les complications qui en découlent, dont la plus importante est la fistule anale.Le type le plus commun de l\u2019abcès ano- rectal, est l\u2019abcès périanal provoqué par l\u2019infection d\u2019une crypte, d\u2019un follicule pilleux, d\u2019une glande sudoripare associée au prurit anal ou une infection systématique.Symptômes \u2014 Le malade accuse une douleur continue à la défécation qui augmente graduellement d\u2019intensité au point qu\u2019il ne peut s'asseoir, marcher ou se coucher sans douleur.Traitement \u2014 L'examen est difficile à cause du spasme sphinctérien et l\u2019induration en est souvent masquée.Sous anesthésie, on pratique un examen minutieux quant au site, et on doit ouvrir et drainer adéquatement pour empêcher l\u2019extension et prévenir la fistule.IV ABCÈS SOUS-MUQUEUX L\u2019abcès sous-muqueux est la forme la plus bénigne de l\u2019abcès ano-rectal, et décrit une collection purulente au niveau de la sous- muqueuse, ordinairement de la paroi latérale du rectum.Traitement \u2014 L\u2019abeés peut s\u2019ouvrir spontanément dans le rectum ou le canal rectal, sinon, il faut ouvrir, drainer, et curetter les bords.V ABCÈS ISCHIO-RECTAL Cette forme d\u2019abcès est de beaucoup la plus fréquente et se situe dans les espaces celluleux lâches en dessous du releveur de Panus, i.e.dans une pyramide formée par le canal anal et la tubérosité ischiatique.Etant donné que I'infection débute au niveau d\u2019une crypte, pour progresser dans l\u2019espace plutôt grand qu\u2019est l\u2019espace ischio-rectal, les symptômes et les signes varient avec le degré d\u2019extension.Au début, on rencontre de la douleur et du gonflement près des sphincters, peu après, comme la suppuration s\u2019infiltre, l\u2019espace pel- vi-rectal devient tellement tendu que la douleur est excruciante et que le patient ne peut marcher ou s\u2019asseoir.L\u2019abcès étendu est accompagné de frissons, température, leucocytose et intoxication marquée, avec la fluctuation qu\u2019on ne rencontre pas dans un plus petit abcès.À l'inspection, on note que le côté malade est plus gros, présentant de la chaleur et beaucoup de rougeur.La toux augmente la douleur, mais la défécation peut être indolore.Si le drainage ne s\u2019établit pas par rupture spontanée ou par incision chirurgicale, l'état de tension augmente et le processus infectieux s\u2019étend de l\u2019autre côté au niveau de la commissure postérieure ou antérieure.S\u2019il fuse antérieurement, le patient peut devenir en état de rétention urinaire.Traitement \u2014 11 doit prévenir la destrue- tion tissulaire et soulager le malade, ce que l'on peut faire tout simplement en ouvrant et drainant même sous anesthésie locale s\u2019il le faut.L'incision sera cruciale ou en « T », après avoir curetté les bords de l\u2019abcès, on remplit la cavité par une mèche que l\u2019on enlèvera après 3 jours.Dans l\u2019abcès situé près des sphincters, l\u2019incision sera parallèle aux fibres musculaires.Autrement on pratique une incision «radiaire » à l\u2019anus vers l\u2019abcès.Soulignons qu\u2019il faut éviter de sectionner les sphincters et qu\u2019il est facile d\u2019ouvrir l\u2019abcès en ayant un doigt = 1034 dans le rectum.Il faut prescrire des bains de siège chauds et on laisse la plaie granuler par le fond.Il est bon de plus de mettre le malade au courant que beaucoup de ces abcès fistu- lisent.VI ABCÈS RÉTRO-RECTAL Assez répandus, le diagnostic, les symptômes, et les signes sont beaucoup moins évidents que ceux de la variété ischio-rectale.Il est facile à l\u2019inspection de ne pas remarquer le gonflement du périné postérieur, et l\u2019examen au doigt ne révélera pas un abcès même considérable, quoique dans la plupart des cas on peut sentir une masse postérieure entre le pouce et l'index.Dans les cas douteux, on aspire par ponction avant d\u2019ouvrir au niveau de l\u2019anus « postérieur ».VII ABCÈS PELVIRECTAL C\u2019est une forme rare d\u2019abcès, qui occupe l\u2019espace au-dessus du releveur de l\u2019anus.L\u2019infection provient habituellement du petit bassin.Il peut s\u2019ouvrir dans le rectum ou à travers le muscle.La symptomatologie est retardée plus ou moins longtemps: frissons, température élevée, leucocytose; le malade accuse un malaise vague à la partie inférieure de l\u2019abdomen et parfois une sensation de pesanteur dans le petit bassin.Le traitement consiste à drainer à travers la fosse ischio-rectale et doit être précoce afin d\u2019éviter les complications et plus spécialement la fistule anale haute.Celle-ci sera sûrement provoquée si on ouvre l\u2019abcès à travers la paroi rectale.VIII PRURIT ANAL ET DERMITE PÉRIANALE Le prurit anogénital demeure l\u2019énigme.Le grand nombre de thérapeutiques suggérées démontre qu\u2019aucune n\u2019est satisfaisante.Le prurit anal est quelquefois associé au prurit vulvaire ou scrotal.L\u2019anus a une apparence blanchâtre et humide avec ou sans fissures ou excoriations.La peau environnante peut être lichenifiée, excoriée, eczématizée ou pigmentée selon la durée du syndrome.BÉIQUE et BÉRARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRIANALES L'Union Méd.Canada ome 83 \u2014 Sept.1954 Etiologie \u2014 Le terme de prurit anal n\u2019est pas un diagnostic mais représente un ensemble de symptômes d\u2019ordre local et général.1\u2014 Chez l\u2019enfant, la cause peut-être des oxyures ou un manque de propreté.2 \u2014 Chez l\u2019adulte, il touche plus l\u2019homme que la femme, et est plus fréquent chez le sédentaire.T° \u2014 Causes systématiques a) \u2014 Générales: Diabète, tuberculose, urémie, goutte, alcoolisme, hyperthyroidie et allergie.b) \u2014 Réflexes: Foyer infectieux de l\u2019ovaire et de l\u2019utérus, de la vessie ou de la prostate.Foyer infectieux éloigné: appendice, vésicule biliaire et maladies du tube digestif.c) \u2014 Psychogéniques: Fatigue, états émotifs variés, névrose et psycho-névrose.d) \u2014 Allergiques: Alimentaires ou médicamenteuses (laxatifs).d) \u2014 Pharmacologiques: Morphine, arsenic et belladonne.IT \u2014 Causes locales: a) \u2014 Dermatologiques: Dermite de contact due au papier de toilette, médicaments pour hémorroïdes et savons.b) \u2014 Parasites: Pédiculose pubienne, oxyures, champignons et levures.c) \u2014 Lésions organiques: Hémorroïdes, polypes, fissures, fistules, selles dures et colo- proctites.Diagnostic \u2014 On ne doit pas traiter un malade pour un prurit anal.Il faut tendre à retrouver la ou les causes du symptôme.Si on ne trouve rien localement, le patient sera hospitalisé pour examen du tractus digestif sans oublier l\u2019anus, le rectum et le sigmoïde.Des examens de laboratoire conduiront au diagnostic d\u2019une pathologie interne.Traitement \u2014 Il sera étiologique si possible, et I\u2019 over-treatment est proscrit.On considère actuellement que la présence d\u2019enzymes tryptiques dans les selles peuvent causer du prurit.Dans quelques cas, on pourra diminuer l'intensité du malaise par l\u2019administration de suppositoires a base de sulfate sodique de lauryl qui forme des complexes pro- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 téinés inactifs.Ce traitement est sans effet en présence de lésions proctologiques locales.Certains malades accusant un prurit récalcitrant aux thérapeutiques habituelles répondent à l\u2019application locale d\u2019antihistami- ques.D\u2019autres sont soulagés par l\u2019application de dérivés des acides gras à chaînes courtes; on suppose alors que le prurit est dû à la réduction ou l\u2019absence d\u2019acides gras à courtes chaînes normalement présents à la peau et que ce déficit est comblé par des onguents qui en contiennent.Les anesthésiques locaux soulagent temporairement et servent localement, en infiltia- tion ou intra-veineux.L\u2019hyperhydrose de la région ano-génitale, qui peut être responsable du prurit, peut répondre à l\u2019administration orale de banthine et de prantal.La valeur de l\u2019'ACTH dans le prurit est actuellement à l\u2019étude.On ne doit pas oublier les mesures hygiéniques et alimentaires.La constipation pourra être soulagée par des laxatifs légers.Le traitement chirurgical vise à réparer les fistules, fissures afin de permettre un drainage des tissus autour du rectum.On pratiquera une hémorroïdectomie, chaque fois que l\u2019on croit qu\u2019une hémorroïde est responsable.Dans les cas chroniques, il faut avoir recours à la psychothérapie, à la radiothérapie, et à des techniques chirurgicales comprenant : des injections sclérosantes, des sections nerveuses.IX PROCTITE Le terme de proctite est générique, et représente tous les types d\u2019inflammation du rectum.Une proctite simple, catarrhale ou non spécifique est une forme localisée de colite.A \u2014 Proctite non-spécifique.1 \u2014 La proctite aiguë est une hyperhémie de la muqueuse rectale avec œdème, vasodilatation et même hémorragies.La muqueuse a une apparence granuleuse avec de petits ulcères.Le toucher rectal 1é- BÉIQUE et BÉRARD: LÉSIONS ANALES ET PÉRIANALES 1035 vèle une muqueuse épaissie et une lumière rétrécie.A la rectoscopie la muqueuse est rouge, granuleuse et saigne facilement.L\u2019examen bactériologique nous met en présence de streptocoques, de staphylocoques, de streptocoques hémolytiques et de colibacille.- 2 \u2014 La proctite chronique représente la forme plus chronique; elle est de type atro- phique ou hypertrophique.3 \u2014 La proctite à la suite d'irradiation par radiothérapie sur le bassin, ou de radium thérapie dans le cas de cancer du col est de type hyperhémique avec hypersécrétion de mucus, caractérisée par l\u2019évacuation de fausses membranes et une douleur aiguë qui persiste.Traitement \u2014 Il consiste à ramollir les selles et à donner de petits lavements huileux.Dans les cas graves, une colostomie de dérivation est nécessaire pour diminuer les hémorragies.B \u2014 Proctite spécifique.Mentionnons simplement les proctites d\u2019origine bacillaire ou amibienne, tuberculeuse, gonococcique, syphilitique, vénérienne de la lymphogranulomatose bénigne.Le traitement a été de beaucoup simplifié depuis l\u2019ère des antibiotiques.X TRAUMATISMES DU RECTUM Ils sont peu fréquents dans la vie civile mais plus souvent rencontrés en temps de guerre.On peut les diviser en deux groupes: ceux qui surviennent au .cours d\u2019interventions chirurgicales et ceux d\u2019origine traumatique.Pendant une opération portant sur l\u2019urètre, la prostate, le vagin ou l\u2019utérus et à l\u2019accouchement on peut léser le rectum.Les perforations traumatiques surviennent à la suite d\u2019empalement, d\u2019électrocoagulation, de lavements, de prostoscopie, de coagulation pour polype et par l\u2019introduction variée et variable de corps étrangers.XI TUMEURS BÉNIGNES La forme la plus fréquente est l\u2019adénome bénin.Les tumeurs du tissu conjonctif sont beaucoup plus rares. 1036 1 \u2014 Adénome \u2014 L\u2019adénome est une petite tumeur du volume d\u2019un pois et pouvant aller jusqu\u2019à 3 cms de diamètre.Il est sessile ou pédiculé et peut être sujet à une transformation maligne.La symptomatologie est représentée par de petites hémorragies, un écoulement, de la constipation ou de la diarrhée.Le diagnostic est fait d\u2019abord par le toucher, la rectoscopie et à l\u2019œil nu.Il peut être réséqué par l\u2019électro-cautère ou l\u2019exérèse chirurgicale.Soulignons qu\u2019il existe une tendance familiale et qu\u2019il est sage de demander un lavement baryté lorsqu\u2019on soupçonne une po- lypose afin de savoir si les lésions se retrouvent plus haut que le rectosigmoide.La poly- pose multiple du côlon, peu importe l\u2019âge, doit être considérée comme une lésion pré-cancé- reuse et on doit alors pratiquer une colecto- mie totale.BEIQUE et BERARD: LESIONS ANALES ET PÉRIANALES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 2 \u2014 « Condylomata acuminata » Appelé 3 tort «verrue anale» se rencontre avec des papillinos multiples de l\u2019épiderme de l'anus.Le traitement consiste à les enlever sous anesthésie locale.BIBLIOGRAPHIE MOSELEY: Textbook of Surgery, Mosby, 1952.FERGUSON : Surgery of Ambulatory Patient, Second Edition, Lippincott.HORSLEY and BIGGER: Operative surgery, Vol.II, Sixth Edition, Mosby, 1953.THOREIK: Modern Surgical Technic, Vol.III.TOBIAS: Essentials of Dermatology, Second Edition, Lippincott.TURELL et coll.: Colonic and Anorectal Function and Disease, Collective Review, International Abstracts of Surgery, 96: (avril et mai) 1953. L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Bulletin de l\u2019Hssoctation des (Dédecins de Langue Francaise du Canada (Fondée à Québec en 1902) W'Union medicale ou Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 83, No 9 \u2014 Montréal, Septembre 1954 NOUVEAUX HORIZONS SUR LE DOMAINE DU CANCER Les milliers de recherches entreprises dans le monde entier sur les divers aspects du cancer, n\u2019ont pas encore réussi à préciser l\u2019étiologie, la pathogénie et la biologie profonde du cancer, ni même ses répercussions exactes sur l'organisme.Toutefois, les résultats obtenus avec différents agents carcinogènes, les expériences et les observations faites sur l\u2019hérédité, l\u2019alimentation, les hormones, l\u2019âge, la race, le terrain etc; l'analyse des modifications morphologiques, chimiques, enzymatiques des cellules normales devenant cancéreuses; enfin l\u2019étude des réactions fonctionnelles, métaboliques et immunologiques des individus atteints de cancer, ont fourni de nombreux matériaux propres à paver la voie ardue qui mènera à une meilleure connaissance du cancer.Chaque Congrès international du cancer, ouvre de nouveaux horizons sur ce grand fléau social et apporte de sérieux éléments de méditation aux cancérologues du monde entier.Recherches sur l\u2019étiologie et la pathogénie.Au dernier Congres international du cancer, tenu a Sao Paulo du 25 au 29 juillet dernier, de nouvelles hypothèses ÉDITORIAL 1037 ont été émises touchant l\u2019étiologie et la pathogénie du cancer.La majorité des cancers ne seraient pas provoqués par des virus, mais ils seraient le résultat de l\u2019activation de certaines molécules des cellules par des agents chimiques ou physiques ou d'autre nature.En ces dernières années, les cancérologues américains, britanniques et français se sont engagés à fond dans des études chimiques.« Dans les quotidiens du pays du 20 août, on nous annonçait que le Dr Kohrana de l'Inde, travaillant au Conseil des Recherches de la Colombie Britannique, venait de découvrir un procédé pour faire la synthèse d\u2019un enzyme appelé UMP (Mo- nophosphate d-Uridine) susceptible de favoriser la reproduction d\u2019une série de substances qui engendrent les cellules.En étudiant le cycle d\u2019évolution des cellules, on comprendra sans doute beaucoup mieux l\u2019étiologie et la pathogénie du cancer.» C'est pour eux l\u2019ère chimique du cancer.Ils ont trouvé des agents cancérigènes dans les aliments auxquels on a ajouté certaines substances chimiques pour leur couleur ou leur saveur, surtout dans les aliments qui contiennent de l\u2019aniline.À la suite de ces travaux, le 6e Congrès international du cancer vient de lancer un programme de recherches dans ce sens.Les participants de 54 pays s\u2019y sont ralliés.Des études seront done entreprises sur l\u2019air que nous respirons, les aliments que nous mangeons et les liqueurs que nous buvons.Dans le numéro du 17 août de « l\u2019Information Médicale », on y lit qu\u2019un professeur de Physique de l\u2019Université Rhodes (Province du Cap), a émis l\u2019hypothèse que le cancer serait causé par émission de radiations ultra-violettes 1038 de certaines substances externes ou internes appelées cancérigènes, sous l\u2019action des rayons cosmiques.C\u2019est une théorie assez séduisante, mais qui ne repose a l'heure actuelle sur aucun fondement expérimental.Peut-étre dans une décade, aura-t-on trouvé la preuve que les rayons cosmiques rendent can- cérigénes certains éléments chimiques?Peut-être, aura-t-on trouvé le contraire?C\u2019est aux chercheurs qu\u2019il appartient d'explorer ces horizons sur le cancer.On a déjà incriminé le tabac dans l\u2019augmentation des cancers des poumons, en se basant sur les faits sul- vants: Le cancer du poumon suit une courbe parallèle à celle de la vente du tabac; 95% des patients souffrant de cancer du poumon, ont fumé pendant 15 à 20 ans; la fréquence du cancer du poumon chez les femmes tend à augmenter chez celles qui fument depuis plusieurs années; enfin, la fumée de tabac contient des carbures cancérigènes qui seraient absorbés par la muqueuse respiratoire.Résoudra-t-on d\u2019une manière définitive, ce problème qui fait couler beaucoup d\u2019encre et qui fait dépenser bien des millions de dollars?Ceux qui ont trouvé des substances cancérigènes dans les produits chimiques utilisés dans l'industrie alimentaire, ont fait leurs expériences sur des animaux.Peuvent-ils en déduire que ces faits s\u2019appliquent aux hommes?Il y a là un vaste domaine à explorer, auquel 54 pays participent.Dépistage.De nombreux procédés de radio-dia- gnostic viennent d\u2019être exposés, qui permettront de dépister les cancers in- ÉDITORIAL L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 ternes plus à leur début et conséquemment de les guérir dans une plus grande proportion.Des techniques cytologiques de plus en plus perfectionnées permettront d'identifier des cellules cancéreuses dans les sécrétions et les excrétions de l'organisme, contribueront à une plus grande précocité du diagnostic des cancers intra-cavitai- res.Des réactions chimiques ou sérolo- giques spéciales deviendront peut-être des tests précieux pour déceler les cancers dès leur apparition.De tous les nouveaux procédés de dépistage des cancers, celui des radioisotopes semble être le plus prometteur.On utilisait déjà l\u2019iode radioactif dans la diodofluorescéine pour dépister les tumeurs du cerveau, et les métastases des cancers thyroïdiens ayant conservé la propriété de fixer l\u2019iode.Dorénavant, l\u2019iode radioactif incorporé a la thyrosi- ne, permettra de dépister en 24 heures, un cancer mélanique se développant sur un nævus pigmentaire ou un grain de beauté.Dans le phosphore radioactif, l\u2019on entrevoit déjà un mode de diagnostic différentiel de certains cancers (sein - testicule - etc.).De même, dans le fer radioactif escompte-t-on un test de diagnostic précoce en même temps qu\u2019un élément de pronostic de la Maladie de Vaquez.Au fur et à mesure que l\u2019on découvrira la fixation élective par divers cancers de certaines moléeu- les auxquelles auront pu être incorporés des isotopes radioactifs, on augmentera les possibilités de dépistage précoce des cancers, en même temps qu\u2019on obtiendra peut-être des indications de plus en plus précises sur leur degré de malignité.Nous ne pouvons prévoir l\u2019étendue L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 des nouveaux horizons qui s'ouvrent sur le dépistage du cancer, mais il n\u2019est pas téméraire de prédire que leur exploration agrandira les limites de nos connaissances dans ce domaine.Traitement.D\u2019après des renseignements parvenus de Sao Paulo, un médecin américain aurait guéri le cancer de la mamelle chez la souris, dans une proportion de 75%, avec un nouvel antibiotique appelé « puromycine » ; un autre, aurait obtenu des résultats surprenants chez des patients souffrant de lympho- sarcomes, avec un nouveau médicament synthétique; un troisième aurait constaté des effets inusités en traitant des cancéreux incurables avec des vapeurs chaudes d\u2019éther ou de chloroforme ete.Ces thérapeutiques ont certes un caractére de nouveauté, mais elles n\u2019auront sûrement pas une grande portée.Comme tous les médicaments susceptibles de guérir le cancer, dont les journaux nous annoncent à tout instant la découverte, le dernier venu aura une durée très éphémère et un champ d\u2019action très limité.En dépit de ces nouveautés, la chirurgie et les radiations restent encore les seules thérapeutiques vraiment eff1- caces pour guérir des cancers.Certes, elles sont loin d\u2019être infaillibles; mais utilisées à bon escient, par des spécialistes bien entraînés pour des cancers de type histologique, de stage clinique et de localisation anatomique bien déterminée, ils donnent des survies fort appréciables quand ce ne sont pas des guérisons permanentes chez un grand nombre de patients.La tendance actuelle de la chirurgie est de devenir de plus en plus étendue ÉDITORIAL 1039 et d\u2019extirper avec le cancer tous les lymphatiques du territoire adjacent.Cette chirurgie aura-t-elle d'assez brillants succès pour justifier les mutilations qu\u2019elle occasionne?Les statistiques publiées par les chirurgiens qui l\u2019auront pratiquée sur une grande échelle, permettront dans quelques années de répondre à cette question.Toutefois, 1l est permis de penser qu\u2019au fur et à mesure que l\u2019on connaîtra mieux le pouvoir métastasiant des tumeurs, les exérèses larges auront des indications de plus en plus restreintes et de plus en plus précises.Dans le domaine des radiations, les radioisotopes n'ont pas donné les résultats qu\u2019on attendait d\u2019eux.Cependant, il se peut qu'incorporés à certaines molécules organiques, ils se concentrent davantage dans certains cancers internes et deviennent des armes utiles pour les combattre.La radiothérapie (roentgenthérapie et gammathérapie) évolue depuis quelques années vers des doses totales de plus en plus fortes, étalées sur un laps de temps de plus en plus long.Les survies de plus en plus nombreuses que donnent les nouvelles techniques justifient leur généralisation, d'autant que les tissus normaux ne sont pas endommagés davantage.Certes, cette thérapeutique exige des mesures plus exactes des quantités de radiations absorbées par les cancers et par les tissus sains avoisinants, mais elle exige aussi des connaissances anatomo-cliniques plus approfondies des tumeurs et une surveillance plus étroite des réactions locales et générales des patients.Quoiqu\u2019en pensent la plupart des radiothérapeutes, il n'y a pas à notre avis, que la quantité d'énergie des radiations 1040 absorbées qui compte dans la destruction des cellules cancéreuses, mais aussi la qualité de ces radiations.Peut-on cuire un œuf en lui faisant absorber des centaines de calories provenant d\u2019eau tiède?Non, il faut que ces calories proviennent d\u2019eau bouillante, c\u2019est- à-dire qu\u2019elles aient un niveau d\u2019énergie dépassant un seuil donné.De même, il faut de la lumière bleue ou violette, d\u2019un niveau d\u2019énergie plus élevé que la lumière rouge, pour impressionner une plaque photographique.Pourquoi le niveau (ou la qualité) d'énergie X ou gamma absorbée par les cellules cancéreuses ne jouerait-il pas un rôle autre que celui d\u2019une pénétration différente dans le traitement des cancers?Nous pensons avec certains auteurs, que les appareils de rayons X à très haut voltage (plusieurs millions de volts) et la bombe de cobalt (1,2 million de volts), peuvent produire des effets cancéricides différents de ceux des appareils de radiothérapie ordinaire (250 000 volts).L\u2019avenir se chargera de trancher la question.L'association bien comprise d\u2019une chirurgie adéquate et de radiations appropriées, pourrait peut-être produire sur certains cancers, des résultats qu'aucune des deux disciplines ne peut produire séparément.Des travaux présentés à Sao Paulo en juillet dernier ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 sur le cancer du sein, semblent confirmer cette opinion.Et jusqu\u2019à ce que l'on connaisse mieux les lois qui régissent le comportement histologique des différents cancers, il serait opportun, croyons-nous, d'associer les deux modes de traitement dans les cancers susceptibles de bénéficier de cette association.Une nouvelle lueur vient d\u2019apparai- tre pour les cancéreux incurables.De nouveaux médicaments leur donneraient une vie à peu près normale pendant un certain temps et tolérable jusqu\u2019à la fin.Quand on songe au nombre des cancéreux incurables impotents et souffrants pendant des mois et des mois, on ne peut que se réjouir de la découverte de ces nouveaux produits pharmaceutiques.Nouvelles hypothèses sur l\u2019étiologie et la pathogénie du cancer, nouveaux moyens de dépistage des cancers internes, nouvelles techniques chirurgicales et radiothérapiques pour le traitement des cancéreux; enfin, nouveaux médicaments pour le soulagement des incurables, voilà autant de nouveaux horizons qui se dessinent sur le domaine du cancer.Origène DUFRESNE, Directeur Médical et Scientifique Institut du Radium (Montréal) VARIÉTÉS LES \u201cHOBBIES\u201d DES MÉDECINS ! Bertrand VAC Ce sujet est d\u2019intérêt, car je crois qu\u2019il n\u2019y a pas de corps de métier qui déborde plus sur tous les domaines d\u2019intérêt général que le corps médical.Nous retrouvons les médecins partout: dans les sports, dans les arts, dans les métiers les plus inattendus, à la poursuite d\u2019une évasion ou d\u2019un idéal.La médecine est une servitude, et s\u2019y confiner c\u2019est se limiter, et se limiter quand la vie s\u2019offre, c\u2019est se refuser de vivre pleinement, de se réaliser soi-même.À quoi sert d\u2019exister, si on ne vit pas.Sir William Osler disait qu\u2019un homme ne vit pas seulement de pain, qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019exercer la médecine et seulement la médecine sans échapper à l'influence d\u2019une vie de routine.Et je cite toujours Sir William Osler: La concentration incessante de la pensée sur un seul sujet, dessèche le cerveau et le limite à un champ d\u2019action trop exigu.Sir William Osler trouvait ces arguments pour inciter les médecins à revenir aux humanités, mais ses remarques peuvent s\u2019étendre à bien d\u2019autres formes d\u2019activités.Sans doute attendons-nous des médecins qu\u2019ils s\u2019attardent aux formes créatrices de passe-temps comme étant plus satisfaisantes pour l\u2019esprit, mais si les médecins ne sont pas tous et toujours esprit, tous sont guettés par la routine et l\u2019ennui et tous ont besoin de leur échapper, et quelque soit la forme d\u2019activités qu\u2019ils choisissent à la sortie de leur bureau, elle sera bienvenue et suffisante, si elle rend pleinement justice aux talents et aux possibilités du médecin.Malheureusement, si beaucoup, sans jamais avoir lu les textes de William Osler appliquent ses théories à la lettre, combien d\u2019autres limitent leurs activités à la médecine, et réussissent à devenir les hommes les plus assommants de leur génération.Et ce que je dis là 1.Conférence prononcée au cours des Journées médicales de la Société Médicale de Montréal, le 5 mai 1954.du corps médical s\u2019applique aussi bien à toutes les formes d'activités dont on n\u2019arrive pas à sortir, affaires, arts, plomberie, épicerie.Beaucoup de médecins ont compris le bien- fondé de l\u2019évasion, et ceci en abordant les hobbies les plus inattendus comme les plus conformistes.Il y a quelques années, des médecins se sont faits fermiers.Nous avons eu par exemple des éleveurs de poules.C'était passionnant, dit-on.Nos amis docteurs ont construit des poulaillers modèles, ils y ont appliqué les méthodes les plus révolutionnaires, ils ont fait trembler tous les habitants des environs, pour enfin s\u2019apercevoir que s\u2019ils s\u2019offraient encore six mois le luxe d\u2019étonner, ils seraient ruinés.Ce qu\u2019il y a de très drôle, c\u2019est que messieurs les médecins qui dressent des diètes équilibrées en protéines, calories, vitamines, etc, pour tous ceux et toutes celles qui les leur demandent, ces médecins, dis-je, laissaient préparer les moulées par le grainetier du coin, ne sachant pas si on nourrissait une poule avec du foin, du steak ou des amandes.Je ne le sais pas plus qu\u2019eux, d\u2019ailleurs \u2014 et bien plus, les chirurgiens qui se sont laissés embarquer dans ces aventures de basse-cour n\u2019ont même jamais essayé de chaponner une volaille.Voilà pour une expérience.Aujourd\u2019hui, la mode en est passée.Pendant un temps, il y a eu les chirurgiens- menuisiers et les ébénistes.Car ce sont surtout les chirurgiens qui s\u2019adonnent à ce hobby.Ils se vengent probablement sur le bois, l\u2019après-midi, de n\u2019avoir pas pu tout couper de ce qu\u2019on leur a apporté sur la table d\u2019opération, le matin.Leur rage de l\u2019ébénisterie n\u2019est arrêtée habituellement qu\u2019au premier accident avec la scie à ruban.Car n\u2019oublions pas qu\u2019un chirurgien peut s\u2019offrir la fantaisie d\u2019une boutique bien équipée.Aussi achète-t-il 1042 tous les accessoires dont se contentent de rêver les authentiques ébénistes.La scie à ruban ! C\u2019est la pierre d'achoppement de l\u2019ébéniste- amateur.Il y a un bon Dieu pour les ivrognes, il y en a un aussi pour les ébénistes-amateurs.La scie à ruban ne leur a coupé en général qu\u2019une partie de doigts, juste assez pour leur faire fermer boutique avant de les obliger à abandonner la chirurgie.Et voilà comment on a meublé une section de la cave ou du grenier chez les chirurgiens.Un des hobbies les plus satisfaisants entre les mains des médecins, c\u2019est la cuisine.Beaucoup s\u2019y adonnent.Non contents de créer des plats pour eux et leur moitié, ils invitent des amis à les goûter.C\u2019est toujours sensationnel, disent les amis.Ils ne se doutent pas qu\u2019un médecin n\u2019a pas le droit de rater une réception, si on pense à tous les moyens dont dispose un praticien pour rendre une réception parfaite.C\u2019est si simple ! Au départ, on sert un peu d\u2019insuline dans le cocktail, ou des amers ou quoi encore.Ca flanque un appétit du tonnerre.Apres, tout est bon.L\u2019entrain baisse-t-il ?Un peu de strychnine fera repartir les conversations, et si les gens n\u2019arrivent plus à partir, deux ou trois doses de gravol ou dramamine ou autre truc du même genre et le tour est joué.On s\u2019en va.La réception a été un succès.Cet hiver, je suis allé à un cocktail.La carte d\u2019invitation précisait de 5 à 7.Je suis parti le premier à deux heures vingt du matin.Tous les autres invités étaient encore là.J\u2019étais chez un médecin-cuisinier.Ça vaut le coup d\u2019étudier la médecine pendant six ans pour apprendre à faire partir les invités quand on désire qu\u2019ils s\u2019en aillent.Sans l\u2019aide de la science, les invités, on sait quand ils arrivent, on ne sait jamais quand ils vont partir.La cuisine est le seul hobby permis que je connaisse qui soit en relation directe avec la médecine.Il en est un autre qui pourrait l\u2019être, mais ceux qui le pratiquent se défendent bien de les associer.Cet autre, c\u2019est la peinture.Depuis quelques années, le monde entier s\u2019est mis à la peinture.Les enfants de moins de cinq BERTRAND VAC: « HOBBIES » DES MEDECINS L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 ans ont les premiers prix aux expositions, les aînés médecins les suivent de près.Donc on fait de la peinture.Et les salons de peinture de médecins révèlent des talents étonnants.Mais là où les médecins auraient un avantage incontesté au départ, et ils ne s\u2019en servent pas, c\u2019est dans le dessin et dans le dessin du nu.Hélas, dans notre monde, vous n\u2019y pensez pas ! exposer un nu ! Autrefois la morale était surtout sauvegardée par les bonnes âmes qui n\u2019avaient rien à faire de leurs dix doigts, même pas un mari à houspiller.Aujourd'hui les psychiatres sont venus à leur rescousse, et bien osé serait celui qui aurait l\u2019audace d\u2019exposer un nu.Un médecin marié se verrait poursuivre en séparation de corps, etc, etc.par sa femme, un médecin non marié serait taxé de libertinage.Alors voilà pourquoi les médecins s\u2019en tiennent habituellement aux paysages.Question d\u2019avoir la paix.Pourtant en Angleterre, Sir Francis Seymour Haden, un médecin, était l\u2019un des meilleurs graveurs de son temps, le président de la société royale des peintres et graveurs, et l\u2019auteur de plusieurs livres sur l\u2019art.Ce qui ne l\u2019empêchait pas de briller dans sa profession.Sans doute, tous n\u2019atteignent pas à ce degré d\u2019habileté, mais il n\u2019y a pas de raison pour que le dernier des médecins ne peigne pas.C\u2019est une telle évasion, une telle détente à si bon compte.Quelques dollars achètent tout l\u2019équipement d\u2019un peintre.Le goût, l\u2019imagination, la fantaisie, le sens de l\u2019observation et de la synthèse font le reste.Je conseille beaucoup aux médecins de peindre \u2014 mais de grâce, gardez vos chefs-d\u2019œuvre pour vous, ne les offrez pas à vos amis.Ils en seraient embarrassés.Si vous êtes extrovertis et tenez vraiment à les offrir, il y a bien parmi vos connaissances quelques personnes à qui vous promettez depuis longtemps un chien de votre chienne.Offrez-leur vos œuvres.Neuf fois sur dix, vous serez bien vengés.Pour les paresseux, un hobby qui touche de près à la peinture, c\u2019est la photographie.Vous vous achetez pour dix mille dollars de lentilles, vous ratez pour vingt mille dollars de films L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 que vous offrez à la contemplation ahurie de vos amis réunis qui vous boivent pour des milliers de dollars d\u2019alcool; et un bon matin, vous vous apercevez que vous n\u2019avez plus rien fait depuis cinq ans.Je vous conseille fortement la photographie.C\u2019est un des plus mauvais hobbies que je connaisse \u2014 mais un des plus amusants.En somme, un hobby ! c\u2019est une source de détente, pourquoi pas celui-là ?Si vous avez beaucoup d\u2019argent, pas beaucoup de temps et si vous aimez voyager, chargés de boîtes et ficelés de courroies, les mains pleines, les poches pleines et résignés d\u2019avance à ne rien obtenir qui n\u2019aboutisse dans le fond d\u2019une armoire, faites de la photo.Mais si vous aimez la pêche, de grâce, ne vous laissez pas tenter par la photographie.On vous jugerait mal et trop facilement avec trop de preuves à l\u2019appui.Quand on songe à ces retours de pêche avec les yeux pochés, les étourdissements, les pituites ! S'il fallait que vous rapportiez de ces voyages des preuves de plus que vous avez fait autre chose que la pêche, ce serait la guerre à la maison.On peut en dire autant de la chasse.C\u2019est un sport encore plus fatigant que la pêche, parce que le froid s\u2019y ajoute.Donc, si vous êtes chasseur ou pêcheur, abandonnez la photographie, je vous en supplie, ou entrez dans les rangs des Lacordaire ou des alcooliques anonymes.Un des sports les plus traîtres que je connaisse, c\u2019est la voile.D\u2019abord vous n\u2019avez jamais l\u2019embarcation qu\u2019il vous faudrait.Car c\u2019est toujours plus long et plus gros que vous voulez.\u2018 Si vous avez un quarante pieds, c\u2019est un cinquante que vous désirez.C\u2019est un peu comme dans le mariage.Epousez-vous une blonde ?Un mois plus tard vous vous demandez ce qui vous a pris de ne pas avoir choisi la brune, et au lieu de vous convertir à l\u2019islamisme qui vous permettrait de vous offrir les deux et deux autres encore, vous gardez la blonde et le nez collé à la clôture.Nous parlions de voile, je pense, et je voulais vous amener à vous parler d\u2019un de mes amis qui est mordu de la voile.Tout jeune, il soufflait sur un voilier dans BERTRAND VAC: « HOBBIES » DES MEDECINS 1043 la baignoire.Plus tard, il s\u2019est offert un vrai voilier.C\u2019est un ami adorable, donc très paresseux.Car les gens trop actifs sont de mauvais amis.Ils n\u2019ont pas assez de temps à nous donner.Donc cet ami, la paresse même, s\u2019est laissé intoxiquer lentement par la voile à tel point qu\u2019un jour il aperçoit les plans d\u2019un voilier dans un magazine.C\u2019est le voilier de son rêve ! Le voilà-t-il pas qu\u2019il se met dans la tête de construire son voilier lui-même, lui, le paresseux par excellence.Nous avons bien ri quand il nous a appris sa décision, mais nous avons dû nous passer de notre « chum » pendant trois ans.Pendant trois ans, lui, sa femme, ses fils, ses filles, les rares personnes non prévenues qui avaient le malheur de l\u2019approcher ont vissé aux planches du fameux voilier 3 millions, 333 mille 213 vis.C\u2019est une merveille de bateau.Quand il fut terminé, nous sommes tous retournés voir notre ami qui lui ne s\u2019était même pas aperçu de notre absence subite, absorbé qu\u2019il était par ses vis.Depuis nous faisons de la voile sur le plus beau bateau de Montréal, et nous avons retrouvé le meilleur ami du monde.Donc, les jours de congé, nous partons avec le moteur auxiliaire.Car il n\u2019y a jamais assez de vent pour nous déplacer à voile.Il faudrait un ouragan tant le bateau est important.Mais personne ne s\u2019en plaint.A bord, la vie est belle, sans téléphone et sans vent.Chose curieuse, ce n\u2019est qu\u2019au moment de débarquer qu\u2019on sent le vent dans ses voiles, et c\u2019est là que le sport devient dangereux.Tout compte fait, un voilier, qui vous amène loin du bruit, à cent pieds du rivage, c\u2019est l\u2019idéal des hobbies.Ne parlons pas du golf, voulez-vous ?Vous en avez parlé tout l\u2019hiver et vous en parlerez tout l\u2019été.Des voyages ?Nous en parlerions plus longtemps encore, voilà pourtant deux bons passe-temps.Mais on vous les a offerts si souvent que je ne vous en dirai rien.Je veux plutôt vous parler d\u2019un de mes amis \u2014 un type vraiment étonnant qui lui, s\u2019amusait à collectionner les animaux rares.\u2014 Il en avait de toutes sortes.C\u2019était un médecin aussi, un Belge qui exerçait son métier en 1044 France, tout près de la frontière, et la guerre nous avait amenés là.Je n\u2019ai pas besoin de vous dire que sa femme ne prisait pas beaucoup ce genre de hobbies et d'autant moins que, parti le plus souvent, le médecin lui demandait de soigner les oiseaux et les animaux.Comme c\u2019était une sainte épouse, elle ne les soignait pas, bien sûr, mais elle avait des excuses valables, les assemblées de dames d\u2019œuvres, les visites à l\u2019église, et quoi encore ! Elle n\u2019était jamais à court.Lui ne la comprenait pas de laisser souffrir ces pauvres bêtes de la faim ! Non cela le dépassait, mais il avait beau piquer des crises de rage, elle ne cédait pas d\u2019un Ave.Un jour qu\u2019il était a peu près au comble de la rage, il me demanda conseil.C\u2019était délicat, un médecin.un ami.sa femme.J\u2019avais lu dans le journal du matin que le zoo de Londres se proposait de se défaire de son boa.Les londoniens n\u2019arrivaient plus & le nourrir.Ce boa ne voulait pas manger.Ils avaient tout essayé sauf la chair humaine.C\u2019est pas qu\u2019on en manquait à Londres.Des tas de femmes se seraient généreusement sacrifiées pour le pauvre boa, mais la direction du zoo n\u2019osait pas: la main- d\u2019œuvre était si rare à l\u2019époque.J\u2019en parlai à mon ami, à tout hasard.Après tout, il faut ce qu\u2019il faut.Une suggestion n\u2019est qu\u2019une suggestion.\u2014 Tu fais venir le boa sans en parler à ta femme \u2014 d\u2019ailleurs ça ne l\u2019intéresse pas.Elle ne t\u2019écouterait même pas.Ils vont te le céder pas cher.Quand il sera là, tu ouvres la cage à l\u2019heure de la messe.Elle ne se doute de rien et pan ! ça y est.Après, tu racontes ce que tu veux à qui veut le savoir.Ça passera comme une lettre à la poste.Mon ami resta songeur.Il hésitait.Voir sa femme entortillée, enroulée, couchée par un boa.Il ne voulait pas l\u2019avouer, mais lui qui avait eu si souvent envie d\u2019étouffer sa femme et qui n\u2019aimait pas faire faire son travail par les autres, il souffrait d\u2019une petite pointe de jalousie qui le retenait: le boa.sa femme.Il y a des choses que la jalousie n\u2019accepte pas.Heureusement les choses s\u2019arrangèrent d\u2019elles- BERTRAND VAC: « HOBBIES» DES MÉDECINS L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 mêmes.Un jour, elle partit pour les vêpres, et ne revint pas.Neuf heures, dix heures, pas de femme.Un.deux.cing.sept jours, pas de femme, pas de cloche non plus.Elle était partie avec le bedeau Alors j'ai demandé au médecin: Que comptes-tu faire ?Il m\u2019a répondu que sans femme, c\u2019était une économie, qu\u2019il attendrait encore quinze jours et qu\u2019à ce moment-là, il aurait assez d\u2019argent pour s\u2019acheter une grue dont il avait envie depuis longtemps.Je ne sais pas si l\u2019oiseau est arrivé, j'ai dû partir sur les entrefaites et je n\u2019ai jamais osé le lui demander par lettre, de peur que ce ne soit sa femme ramenée dans le droit chemin par ses bons principes qui me réponde; ou la grue.Tout ceci pour vous dire que ce ne sont pas les principes les meilleurs qui rendent le plus service.S'il y a des psychiatres dans la salle, nous nous passerons de leurs commentaires.Je vous ferai grâce de l\u2019histoire de ceux qui avaient la passion des chiens de chasse.Elle est rigolote et vécue, mais il faut savoir choisir.Ne parlons pas non plus de ceux qui non satisfaits des servitudes de la médecine, s\u2019embarquent dans la politique.Il y a plusieurs médecins députés à Québec et à Ottawa.Et là je n\u2019ai même plus assez de charité chrétienne pour les plaindre.Décidément ils dépassent les bornes.En somme qu'est-ce que la vie, sinon une courte succession d\u2019années parmi lesquelles nous prélevons vingt-cinq ans au moins pour apprendre à nous moucher et vingt autres pour nous résigner à mourir.Qu\u2019est-ce qu\u2019il nous reste ?Quelques années de vie frénétique que nous ne voyons pas passer.Et un bon matin, la vieillesse est là.Autrefois on était vieux la veille de sa mort.Aujourd\u2019hui la société veut que nous le soyons à soixante ans.Que nous ayons gardé toutes nos facultés d\u2019intelligence, de compréhension, \u2014 que nous soyons au maximum de notre lucidité, cent indices nous amèneront à nous prouver que la société ne veut plus de nous.On nous mettra au rancart pour faire place aux plus jeunes.Et L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 à ce moment-là qu\u2019allons-nous faire ?nots aigrir ?nous efforcer de prouver aux autres que nous sommes encore dans le jeu ?nous obstiner ?erreur.Il faut continuer à vivre \u2014 jeter du lest pour mieux vivre que jamais.Et si nous n\u2019avons jamais fait que de la médecine et que le lest que nous sommes forcés de jeter soit la pratique de la médecine, que nous restera-t- il?Comme au Canada français, la Providence veut que les citoyens les plus brillants meurent les plus jeunes, préparons-nous à vivre longtemps.Si nous avons su nous choisir un hobby, c\u2019est là que nous nous en féliciterons vraiment.Nous ressortirons les boîtes de peintures, les bâtons de golf, les lentilles de caméra, les instruments de menuiserie et toutes ces heures que nous croyions perdues, nous nous rendrons compte que ce sont les seules que nous avons vraiment vécues.Si à certaines heures de la vie nous n\u2019avons pas cultivé ce que nous appelons l\u2019égoïsme et la paresse, c\u2019est à ce moment-là que nous nous en mordrons les pouces.Car ce qui tue encore mieux que l\u2019activité, c\u2019est le déseuvrement de ceux qui ne sont pas vaccinés à la détente.Si vous ne vous êtes pas mis à cheval entre deux vices, le travail et un hobby, vous ne survivrez pas longtemps.N\u2019ayez pas peur, vous ne ferez pas comme l\u2019âne de Buridan.On vous retirera un des plats de blé bien avant que vous ne soyez morts et vous mangerez à celui qui vous restera.Ayez un hobby, n\u2019importe lequel, laissez la vie le choisir pour vous, mais succombez aux tentations qu\u2019elle vous offrira.Allez, laissez-vous faire, la vie ne vous mangera pas, faites même de la poésie si le cœur vous en dit.C\u2019est une forme d\u2019arpentage, mais il n\u2019y a pas de sot métier.Faites de la grammaire.Ca vous étonnera.Au Canada il n\u2019y a pas 3% des professionnels qui sachent écrire une lettre en un français qui ne soit pas cousu de fautes.N\u2019allez pas croire que je me range parmi les 3%, au contraire.Faites n\u2019importe quoi, mais ne vous fiez pas BERTRAND VAC: « HOBBIES » DES MÉDECINS 1045 au travail de la médecine.Il vous foira entre les mains.Il sera là et vous ne pourrez plus le faire.On vous l\u2019ôtera.Le travail, c\u2019est la forme la plus hypocrite qui soit de lâchage.On travaille pour ne pas se retrouver soi- même.Le travail est une punition, une forme de paresse mentale \u2014 on travaille pour ne pas choisir entre les bons et les mauvais côtés de la vie, on choisit le mauvais côté et après, on prend un petit air piteux pour dire qu\u2019on n\u2019a.fait que travailler pendant toute sa vie, qu\u2019on ne sait plus vivre.Si vous ne savez rien faire de vos dix doigts, eh bien, mon dieu! travaillez ! très bien ! mais ne venez pas vous plaindre alors.Il faut avoir le courage de ses vices, après tout.Pour finir, je vais vous suggérer une forme de «hobby» inconnue au Canada français.C\u2019est celle de voir les bons côtés de la vie et de cesser de vouloir corriger les défauts des autres.Le christianisme nous a suggéré de corriger nos propres défauts mais nous avons préféré travailler à ceux des autres.Ca faisait plus altruiste.Dès qu\u2019il s\u2019agit des libertés humaines et individuelles, nous sommes les parfaits enquiquineurs.Nous poursuivrons même nos amis de nos principes à nous et ceci même dans les classes instruites de la société, comme si après 40 ou 50 ans, nous ne savions pas ce que nous voulons de la vie.Vivons donc comme nous l\u2019entendons et laissons vivre les gens comme ils l\u2019entendent.Ils ne s\u2019en tirent pas si mal.Voyons les qualités chez les gens, aimons-les pour ce qu\u2019ils ont de bon.Déjà, si nous cessons de chercher la bête noire chez les autres, quel progrès nous aurons fait vers une vie plus agréable ! Quelle belle école de bonne humeur ! Surtout, au nom du ciel, ne perdez pas de temps à surveiller votre compte en banque.Il est toujours trop bas, lui, jamais à la hauteur.Sans doute, il faut avoir l\u2019aisance matérielle, mais quelle erreur lorsqu\u2019on est médecin que de viser à la richesse ! La médecine est un métier de pauvre homme et n\u2019a jamais enrichi personne.\"Tout au plus peut-elle servir de 1046 tremplin vers la fortune.Elle a démoli les constitutions les plus robustes, elle a englouti les cerveaux les plus brillants, personne n\u2019en est sorti riche.On devient riche en manipulant l\u2019argent, en finançant, en faisant travailler les autres, pas en travaillant soi-même et surtout pas en empêchant ses semblables de mourir un peu plus tôt ou un peu plus tard, ou en monnayant la souffrance.Si le sort veut que la médecine seule réussisse à aligner 6 chiffres au compte en banque de tel médecin, eh bien quoi ! est-il plus heureux ?Se croit-il une puissance avec ses 6 chiffres ?Il peut le croire, il ne l\u2019est pas.Gandhi, avec son drap blanc autour des reins a bouleversé le monde.Le rayonnement de sa conviction et de son intelligence en a fait la figure de proue du 20e siècle.Puisque nous sommes voués à l\u2019échec financier, dès le départ, pourquoi ne pas faire de nos existences, des vies paisibles.Pourquoi ne pas nous accepter nous-mémes, tels que nous sommes ?Beaucoup de médecins ont compris ceci avant nous \u2014 nos pères étaient des humanistes et c\u2019est par là qu\u2019ils s\u2019étaient BERTRAND VAC: « HOBBIES » DES MEDECINS L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 imposés à la reconnaissance, à l\u2019admiration de leurs concitoyens.Ce n\u2019est pas leur puissance matérielle qui leur avait gagné l\u2019estime de leurs concitoyens, ce sont les lumières qu\u2019ils leur ont distribuées \u2014 les conseils avisés et surtout, cet exemple de bien vivre, cette philosophie souriante et responsable que seules les professions libérales peuvent offrir au monde.Et c\u2019est par là seulement que nous pourrons reconquérir l\u2019autorité que nous avons perdue auprès du peuple depuis que nous avons cru pouvoir mieux faire que nos prédécesseurs en s\u2019acharnant à la médecine.On dit: oh ! les vieux médecins ne prenaient jamais de vacances ! Ils n\u2019en prenaient pas parce qu\u2019ils en avaient moins besoin que nous, sachant mieux vivre que nous, plus relaxés, plus humanistes, plus détendus, sachant lire, et rire, et peindre, et chasser et s\u2019amuser tout en se dévouant bien à l\u2019occasion.En nous éloignant de leur genre de vie, nous n\u2019avons plus trouvé les consolations qu\u2019ils en retiraient.Je crois qu\u2019il faut y revenir si nous voulons retrouver le panache qui était le leur. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES LES NOUVEAUTÉS DANS LE DOMAINE DE L\u2019'INSULINOTHÉRAPIE ! L.-Henri GARIEPY, F.R.C.P.(C.) Il n\u2019est pas besoin de huit minutes pour présenter les nouveautés dans le domaine de l\u2019insulinothérapie, si on entend par nouveautés, des découvertes ayant apporté un changement radical dans le traitement du diabète; en effet, il n\u2019y a eu aucun changement radical dans ce domaine depuis 1921, date de la découverte de Banting.Il ne s\u2019ensuit pas, cependant, que nos connaissances n\u2019aient pas progressé.Quelle qu\u2019en soit la raison, le nombre des diabétiques augmente et les problèmes étiologiques et thérapeutiques que pose cette augmentation augmentent également.Ces problèmes sont aussitôt étudiés dans les laboratoires et dans les cliniques, avec le résultat que le diabétique d\u2019aujourd\u2019hui suivant consciencieusement son traitement peut espérer vivre aussi longtemps qu\u2019un sujet non-diabétique, preuve de l\u2019évolution de la science dans ce domaine, comme dans tous les autres.Il n\u2019est pas inutile alors, de faire le point de temps à autre et de constater les progrès réalisés.Ce qu\u2019on appelle à tort «les nouvelles insulines » \u2014 et dont on m\u2019avait demandé de vous parler \u2014 celles déjà employées et celles à venir, ne signifient pas une nouvelle hormone plus active, différente ou plus précise que celle de 1921, mais bien la même hormone dont chaque unité a la même valeur hypoglycémiante, à laquelle on a tenté d\u2019ajouter quelque chose pour que son action varie suivant les besoins de l\u2019organisme, tout comme l'hormone naturelle soumise à l\u2019action d\u2019un mécanisme qu\u2019on appelait « glyco- 1.Présenté aux Journées Médicales de la Société Médicale de Montréal, le 5 mai 1954.Huit minutes était le temps alloué à chaque rapporteur.(Montréal).régulateur » autrefois, et qu\u2019on a rebaptisé « homéostatique » depuis quelques années.L\u2019orientation des recherches dans cette direction nous a donné la première insuline retard, l'insuline protamine-zine, qui fit son apparition en 1936.Son action était trop lente pour obtenir une synchronisation parfaite avec l\u2019hyperglycémie post-prandiale.La recherche d\u2019une insuline à action intermédiaire nous donna d\u2019abord l\u2019insuline globine, en 1939, puis les mélanges d'insuline ordinaire avec l'insuline protamine en différentes proportions, proposée par Ulrich en 1941.Ces mélanges furent employés avec assez de succès un peu partout.Le mélange 2:1 particulièrement, réalisait assez bien ce qu\u2019on peut exiger d\u2019une insuline intermédiaire.Cependant, les conditions dans lesquelles 1l faut faire le mélange et sa conservation difficile si on le préparait d\u2019avance, rendaient son action imprévisible et introduisaient trop de complications dans un traitement qu\u2019il faut tendre à simplifier.La réponse fut l'insuline NPH, vers 1946, et, à date, les mélanges d\u2019insuline étant écartés, nous avons à notre disposition quatre variétés d'insuline, chacune présentée en deux concentrations, ce qui, entre parenthèses, représente beaucoup de causes d\u2019erreurs à surveiller par le médecin, et ce nombre peut atteindre l\u2019infini si on le multiplie par tous les modèles de seringues en circulation et le manque d\u2019organisation dans l\u2019instruction des malades.Il est vrai, théoriquement, que n\u2019importe quelle insuline peut contrôler n\u2019importe quel diabète, mais en pratique chaque variété répond à certaines indications généralement ad- 1048 mises, qui en déterminent le choix: L'insuline rapide pour: 1° Les urgences, surtout l\u2019acidose et le coma; 2° La préparation pour la chirurgie; 3° Le traitement de quelques sujets allergiques ou répondant mal aux insulines retards; 4° Les traitements de choc en neuropsychiatrie; 5° Pour amorcer ou compléter l\u2019action des insulines retards.L\u2019insuline protamine peut être mise de côté sans grand dommage, puisque son action, en une dose unique, n\u2019est satisfaisante que dans les cas légers ou moyens, stables, chez lesquels le «timing » est facile à réaliser.Ces cas d\u2019ailleurs, répondent aussi bien, si non mieux, à l'insuline globine ou à l\u2019insuline NPH.Ces deux insulines à action intermédiaire sont actuellement la base du traitement de tous les jours.La différence de leur action est négligeable, et une seule pourrait être conservée, car il a été démontré qu\u2019une fois le contrôle du diabète réalisé chez un diabétique stable, l\u2019une ou l\u2019autre peut être employée indifféremment pour continuer le traitement.Je n\u2019hésiterais pas, à recommander au praticien placé, à ce point de vue, dans des conditions moins favorables que le spécialiste, de s\u2019en tenir toujours à la même sorte pour arriver plus facilement à en maîtriser l\u2019emploi en attendant l\u2019insuline idéale, qui une fois injectée sera libérée dans la circulation suivant les fluctuations de la glycémie.Parmi les travaux de l\u2019année, au Danemark, on a mis a point et expérimenté cliniquement: Une insuline de 16 heures; Semi-lente; Une insuline de 24 heures; Lente; Une insuline de 30 heures; Ultra-lente, toutes destinées au traitement des cas difficiles ne répondant pas aux insulines régulières.Ces nouvelles insulines présentent aussi cette particularité qu\u2019elles peuvent être mélangées en toutes proportions, l\u2019une GARIÉPY: INSULINOTHÉRAPIE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 à l\u2019autre, pour répondre aux particularités de chaque cas et réaliser, pour ainsi dire, une action sur mesure.On a travaillé sur la même question à l\u2019Université de Rochester et le résultat des travaux qu\u2019on y a faits concorde assez bien avec le travail des Danois et il mérite d\u2019être noté.Comme par les années passées, on pense encore ici et là à la possibilité d\u2019autres voies d\u2019administration que la voie hypodermique.En Allemagne, on a essayé l\u2019administration en aérosol, avec et sans hyaluronidase, avec une action nulle sur la glycémie, alors que l\u2019administration rectale, précédée d\u2019hyalu- ronidase, a montré une chute de la glycémie équivalent à 59% de celle obtenue par une même dose sous-cutanée.L'administration par la bouche ne semble avoir intéressée personne, sauf les fabricants de certaines tablettes « antidiabétiques » très annoncées, et même employées, qui possèdent toutes les qualités de l\u2019insuline idéale, mais seulement sur le papier.Les manifestations allergiques dues à l\u2019insuline sont de moins en moins fréquentes depuis qu\u2019on emploie des insulines plus purifiées; elles existent encore, cependant, et constituent un ennui sérieux pour le malade et pour le médecin.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de la simple rougeur locale à l\u2019endroit de la piqûre, qui est la règle au début du traitement chez une bonne moitié des malades, on n\u2019a qu\u2019à continuer, et la répétition des piqûres entraînera ordinairement la désensibilisation sans plus de frais.Si le malaise persiste et semble vraiment de nature allergique, avec ou sans symptômes généraux, Dolger, de New-York, préconise l\u2019emploi d\u2019une insuline dénaturée obtenue en immergeant une bouteille d\u2019insuline cristalline dans l\u2019eau bouillante pendant trente minutes, ce qui lui ferait perdre ses propriétés antigéniques en ne modifiant pas sensiblement son action hypoglycémiante.Après deux ou trois semaines d\u2019insuline ainsi dénaturée, L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 on pourrait alors retourner à l\u2019insuline de son choix, sans inconvénient.En cas d\u2019insuccès, le même auteur préconise d\u2019ajouter à l'insuline, dans la seringue, au moment de l\u2019injection, 0,1 de cc d'un antihistaminique injectable en l\u2019espece, le chlor- tripolon Schering à 100 mg par ce.Se méfier: certains antihistaminiques injectables sont destinés à la voie intramuseu- laire profonde seulement et ne peuvent être donnés par la voie sous-cutanée.Quant aux antihistaminiques par la bouche, je n\u2019en ai aucune expérience et je ne sais si d\u2019autres les ont employés.Quelle que soit la perfection avec laquelle le traitement est prescrit et suivi, on rencontre encore souvent des malades dont la glycémie ne cède qu\u2019à des doses très élevées d'insuline: 100, 200 unités par jour, ou davantage, sans qu\u2019on puisse mettre en évidence une des causes connues de la résistance à l\u2019insuline: infection, acidose, écarts de régime fréquemment répétés, maladie endocrine, surtout l\u2019hyperthyroïdie.Grâce à des méthodes de travail nouvelles, une avance appréciable semble avoir été réalisée dans l\u2019étude de cette résistance dite idiopathique à l'insuline et qui en ferait une manifestation d\u2019immunité ou d\u2019allergie.En effet, au cours de ces recherches, on a pu produire chez l\u2019animal en expérience des substances présentant les caractères d\u2019anticorps spécifiques vis-à-vis de l\u2019insuline; on a observé que le sérum de patients devant prendre 300 unités par jour, ou plus, possède une action inhibitrice considérable sur l\u2019insuline in vitro, que ne possede pas le sérum de malades réagissant normalement, et Howard, a pu traiter avec l\u2019'ACTH un diabétique insulino-résistant avec manifestations allergiques, et l\u2019amener, après traitement, au niveau d\u2019un diabète léger pouvant être contrôlé par le régime seul.Pour ce qui est de la sensibilité à l\u2019insuline dans la mesure où on la rencontre dans cette forme de diabète qu\u2019on a appelée instable, irrégulier, labile, fragile (brittle) diabète à GARIÉPY: INSULINOTHÉRAPIE 1049 bascule, les recherches ont fait une avance appréciable dont pourrait un jour découler un traitement plus efficace.Ce point de vue est justifiable après les recherches récentes sur le facteur hyperglycémiant de l'insuline connu depuis aussi longtemps que l\u2019insuline elle-même, sous le nom de glucagon, renommée plus tard H.G.F.(facteur hyperglycé- miant et glycogénolytique).L'isolement et la purification sous la forme cristalline de ce facteur a été réalisée au cours de l\u2019année par des biochimistes des laboratoires Lilly et, avec un produit ainsi purifié, d\u2019une activité constante qui a permis de définir l\u2019unité hyperglycémiante, l\u2019étude de son action a été reprise d\u2019une façon plus rigoureuse chez le sujet normal et chez le diabétique.Quoique ces travaux ne soient encore qu\u2019à leur début, on a pu observer qu\u2019après une injection d\u2019H.G.P., l\u2019utilisation des glucides se comportait très différemment chez le diabétique stable et chez le diabétique instable, suggérant une différence fondamentale dans le mécanisme de ces deux variétés de diabète, ce qui expliquerait l\u2019échee d\u2019un même traîte- ment appliqué aux deux.À la lecture de ces travaux, on a l\u2019impression que nos connaissances sur le diabète instable sont orientées, depuis, dans une voie nouvelle.x * x Il est admis que le traitement du coma diabétique est une intervention qui doit être complète pour être efficace.La correction de la désydratation, le redressement de l\u2019équilibre électrolytique, l\u2019emploi des stimulants circulatoires, le dépistage et le traitement des infections associées, ne sont quand même que des moyens secondaires, si précieux soient-ils, puisque la cause essentielle du coma est la présence des corps cétoniques dans le sang, due elle-même à l\u2019absence ou à l\u2019insuffisance de l'insuline.Celle-ci reste toujours la prescription essentielle dans le traitement du coma, qui doit viser à renverser le processus et permettre l\u2019utilisation normale des glucides, au 1050 2 lieu des corps cétoniques.On ne discute plus maintenant pour savoir s\u2019il faut employer de petites doses fréquemment répétées ou des doses fortes d\u2019emblée.On est unanime à admettre le danger de laisser se prolonger l\u2019acidose avec des doses insuffisantes et la nécessité d\u2019employer des doses maxima d\u2019emblée.D\u2019après Root, de Boston, la dose moyenne prescrite dans les trois premières heures du traitement de l\u2019acidose est passée de 83 unités, au début de l\u2019ère de l\u2019insuline, à 253 unités actuellement.Ce ne sont là, évidemment que des moyennes, car le coma s\u2019accompagne souvent d'une résistance à l\u2019insuline qui oblige de recourir à des doses beaucoup plus élevées: 2,795 unités en 24 heures; 3,250 «6 24 $ 5 7,555 \u201c \u201c 45 cc et 11,700 « « 24\u201c 3; dans le cas rapporté par le docteur Robillard de l\u2019hôpital St-Luc dernièrement.Les règles proposées pour fixer la dose d\u2019insuline et sa répétition ont varié également et sont basées sur un ou plusieurs des critères suivants: Le taux de la glycémie; Le taux de la glycosurie; La concentration des corps cétoniques dans l\u2019urine; Le taux de la réserve alcaline et la profondeur du coma.Dernièrement G.Duncan, de Philadelphie, a proposé une méthode pour établir la dose d'insuline à prescrire dans le coma, en se basant sur un dosage de l\u2019acétone de plasma pouvant être exécuté au lit du malade, qu\u2019il prétend, avec raison je crois, beaucoup plus GARIÉPY: INSULINOTHÉRAPIE L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 juste que les critères classiques énumérés ci- dessus.Une goutte de plasma non dilué est placée sur un des réactifs commerciaux pour la recherche de l\u2019acétone, tablette ou poudre.Si la réaction est 4 + on fait des dilutions successives avec de l\u2019eau ou de la solution physiologique et on prescrit 100 unités d\u2019insuline pour chaque réaction 4 +, c\u2019est-à-dire 100, 200 ou 300 unités, et l\u2019épreuve est refaite toutes les deux heures.La méthode est simple, pratique et semble un excellent critère pour apprécier le degré de l\u2019intoxication acidosique, et la dose d\u2019insuline.N\u2019ayant pas de service hospitalier à ma disposition, je n'ai pu me rendre compte des mérites de la méthode et, en attendant que d\u2019autres me donnent leur opinion, j'ai toujours recours aux critères cliniques complétés par les analyses courantes, préconisés par Rabinowitch quand j'étais son élève: Malades somnolents \u2014 25 unités; Malades endormis répondant aux questions \u2014 50 unités; Malades endormis répondant aux excitants douloureux \u2014 75 unités; Malades endormis ne répondant pas aux excitants douloureux \u2014 100 unités; Plus de 100 unités intra-veineux, si la glycémie dépasse 600.La profondeur du coma est ainsi réévaluée toutes les deux ou trois heures et l\u2019insuline prescrite.La méthode n\u2019est pas de moi, mais je l\u2019ai employée souvent et je crois qu'avec un peu d\u2019expérience du diabète elle peut donner d\u2019aussi bons résultats, qu\u2019une méthode plus précise en apparence. LE MAL DU MOUVEMENT\" Fernand MONTREUIL L\u2019oto-rhino-laryngologiste ne voit pas souvent des malades souffrant du mal du transport, et mon expérience se limite à avoir été moi-même victime du mal de mer à une occasion, durant la guerre.Dans mon cas, je suis certain qu\u2019il y avait un gros facteur psychologique.Par contre, je me suis toujours intéressé aux vertigineux, et c\u2019est probablement pour cette raison que l\u2019on m\u2019a demandé de dire quelques mots sur le traitement de cette maladie.Précisons quelques notions cliniques concernant ces « étourdis ».Il existe une analogie très frappante entre le mal du mouvement et la maladie de Menière.Les deux produisent un syndrome par excitation du système vestibulaire de l\u2019oreille interne.La triade symptomatique de la maladie de Menière, vertige, surdité, tinnitus, est bien connue mais malgré cela il est surprenant de voir le grand nombre d\u2019étourdis chez qui le diagnostic de Meniè- re a été fait à tort.Dans le Menière, il y a une baisse progressive et permanente de la fonction cochléaire ainsi qu\u2019une baisse de la fonction vestibulaire.C\u2019est le « labyrinthine hydrops ».Chez ces autres étourdis, nous ne constatons aucune diminution de fonction de l\u2019oreille interne, cochléaire ou vestibulaire et chez le plus grand nombre ces troubles sont dus à un dérangement circulatoire cardio- vasculaire.Mentionnons aussi, les vertiges de position dont on ne connaît pas encore l\u2019étiologie, et chez qui on peut reproduire presque à volonté le vertige et nystagmus par certains changements de position, toujours les mêmes et bien connus par le patient.Le mal du mouvement est causé par la stimulation du système vestibulaire par un changement continuel d\u2019accélération.Les animaux supérieurs, y compris l\u2019homme, sont susceptibles du mal du mouvement.Les ani- 1.Communication aux Journées médicales de la Société médicale de Montréal, mai 1954.maux ou l'homme chez qui la fonction laby- rintique est détruite soit par infection, acte chirurgical ou intoxication (streptomycine) ne sont pas sujets au mal du mouvement.Chez l\u2019homme, il existe un très gros facteur psychologique.Le mal du mouvement se manifeste par de l\u2019étourdissement, sensation d\u2019être projeté violemment de haut en bas et une sensation que les objets bougent dans toutes les directions.Tôt le malade, accuse des nausées, des vomissements, sueurs froides, abaissement du pouls, ete, etc.C\u2019est un syndrome nauséeux par excitation du vague plus une sensation de malaise due à l'excitation du labyrinthe.La stimulation du système végétatif semble être due à la variation constante de pression des otolithes sur les macules.Les tests vestibulaires usuels ne nous donnent aucun renseignement; par contre, une nouvelle méthode d\u2019examen de la cupulométrie nous permet de déterminer ceux qui sont susceptibles d\u2019être malade.Cette méthode d\u2019examen n\u2019est pas d\u2019application courante, car elle demande un appareillage spécial et ne sert que pour les recherches ou pour éliminer ceux susceptibles d\u2019être malades lorsqu\u2019on fait le choix de personnel dans certaines conditions spéciales, par exemple pour la marine ou l\u2019aviation.TRAITEMENT Nous nous servons aujourd\u2019hui de trois groupes de médicaments, les sédatifs, les an- tihistamiques, et les antispasmodiques.Le phénobarbital était le plus usité et même aujourd\u2019hui, nous le retrouvons associé aux antispasmodiques.Il n\u2019est pas indiqué lorsque nous nous servons des antihistamiques à cause de l\u2019action sédative que l\u2019on retrouve chez ceux-ci.L\u2019action des antihistamiques sur les personnes susceptibles du mal du mouvement a été découvert accidentellement.Un 1052 patient qui était toujours malade en voiture a fait la remarque à son médecin que depuis qu\u2019il prenait de l\u2019antihistamique prescrit pour une condition quelconque, il pouvait maintenant voyager sans éprouver de malaise.De nombreux produits sont apparus et il serait impossible de tous les nommer ici, il y en a un nouveau à tous les jours, la dramamine ou gravol et le phenergan sont probablement les plus courants et donnent de bons résultats.Je ne suis pas en mesure de vous MONTREUIL: MAL DU MOUVEMENT L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 donner les mérites relatifs de chacun de ces produits.Les antispasmodiques ont aussi une action très favorable chez certaines personnes.Je me sers surtout du donatal et du beller- gal chez mes patients et je crois avoir eu de très bons résultats dans les cas de Menière.Je crois qu\u2019il est avantageux de commencer la médication au moins 24 heures avant le départ.LES DIURÉTIQUES « PER OS »! L.-Léon LEBEL, assistant-directeur, Institut de Cardiologie (Montréal) On m\u2019a demandé de vous entretenir brièvement des nouveaux diurétiques par voie bue- cale employés couramment à l\u2019heure actuelle.Il est presque inutile de vous dire que je ne pourrai entrer dans tous les détails pharmacologiques et pharmacodynamiques de ces nouveaux médicaments car ce serait beaucoup trop long.Actuellement, on entend par « diurétique » tout médicament qui augmente la diurèse d\u2019une façon marquée.1° Plusieurs des médicaments donnés par voie buccale et sur le marché actuellement, ne sont pas nouveaux et encore bien efficaces.Ce sont surtout les dérivés xanthiques tels: théobromine - théophylline, soit seuls ou associés avec des sels de calcium, soit encore les acidifiants tels le chlorure d\u2019ammonium qui peut être associé lui aussi avec des sels de calcium, ete.2° Ces derniers médicaments, bien qu\u2019ils soient encore d\u2019usage courant et assez efficaces ont été complètement déclassés par la venue des sels organiques solubles de mercure d\u2019une 1.Présenté aux Journées médicales de la Société médicale de Montréal, mai 1954.activité remarquablement persistante et introduits dans l\u2019organisme par voie parentérale ou buccale.Ces nouveaux diurétiques mercuriels sont employés très couramment soit seuls soit en association avec la théophylline.Cette dernière aurait pour effet d\u2019augmenter la diurèse, de faciliter l\u2019absorption du mercure et de diminuer la réaction locale.; Les diurétiques mercuriels peuvent se donner par voie buccale, sous cutanée, intramusculaire ou intraveineuse mais ils ont le même mode d\u2019action.Leur mode d\u2019action semble être le suivant: ils entraîneraient une diminution de la réabsorption de sodium et d\u2019eau au niveau des tubes urinaires proximaux.Leur effet le plus marqué est sans aucun doute l\u2019excrétion importante de sodium.Les deux principaux mercuriels donnés couramment par voie buccale sont le néohydrin et le cumertilin qui agissent en tout point de la même manière.Il y a intérêt à les employer de plus en plus soit seuls soit en association avec les acidifiants qui augmentent leur action et sur- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 tout chez les malades recevant des injections de mercuriels de façon fréquente et continue.En effet, en donnant de 2 à 5 co.de cumer- tilin ou néohydrin chaque jour, on réussit très souvent à distancer les injections de mercuriels et même à les supprimer pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.Il faut rapporter cependant que certains malades présentent de l\u2019intolérance soit au tout début ou après quelques jours de traitement et dans ces conditions nous devons discontinuer cette médication par voie buccale.L\u2019intolérance se manifeste par des troubles gastro-intestinaux: anorexie, brûlements d\u2019estomac, nausées, vomissements et diarrhée et quelquefois par des crampes musculaires assez intenses et des paresthésies, et des rash cutanés.Quelles sont donc les indications de ces deux médicaments?\u2014 Ces deux diurétiques mercuriels sont indiqués dans tous les stages d'insuffisance cardiaque lorsque le malade ne répond pas au traitement habituel: i.e.repos \u2014 diète sans sel avec ou sans emploi des résines \u2014 digitaline \u2014 acidifiants urinaires ou dérivés xanthiques.Il sont donc employés dans les cas: anasaïque \u2014 congestion pulmonaire passive \u2014 œdème aigu du poumon \u2014 orthopnée \u2014 asthme cardiaque \u2014 thrombose coronarienne ou maladies coronariennes avec congestion pulmonaire et trés souvent dans les sténoses mitrales et péricardites constric- tives comme traitement préopératoires.MODE D\u2019ADMINISTRATION 1° \u2014 Le cumertilin ou mercumatilin se donne en comprimé contenant 20 mgm de mercure et est absorbé en général sans aucune réaction toxique par voie buccale pendant plusieurs mois.Son action diurétique est excellente même sans association avec les acidifiants urinaires.La dose initiale d\u2019attaque est de 5 à 6 comprimés par jour et même jusqu\u2019à 8 par jour et cela pour quelques jours.La dose d\u2019entretien est un peu variable avec chaque cas en particulier et varie de 2 à 5 comprimés par jour.LEBEL: DIURÉTIQUES « PER OS» 1053 Un article intéressant sur le cumertilin par voie buccale a paru dans le journal: American Journal of Medical Sciences en août 1953 par le Colonel Pollocks, de l\u2019Armée américaine.Ce dernier a traité adéquatement des cas d\u2019insuffisance cardiaque pendant deux ans avec le cumertilin, par voie buccale et cela sans aucune intoxication.2° \u2014 Le néohydrin ou chlormerodrin, autre diurétique mercuriel par voie buccale contient lui, 18 mgm de mercure par comprimé.La dose initiale d\u2019entretien est la même que le cumertilin.Il semble que ce dernier produit est aussi efficace et aussi bien toléré que le cumertilin.Un article intéressant a paru sur le néohydrin dans The Journal of Medical Society of New-Jersey en avril 1953, par William Left et Harvey Nusbaum.En général, on considère que l\u2019action des mercuriels par la bouche ont une valeur approximative de 75% par rapport aux mercuriels donnés par voie parentérale.Leur avantage est surtout de réduire le nombre d\u2019injections ce qui aide le moral de certains malades et élimine l\u2019appréhension des injections répétées.De plus, il semble que cette médication par voie buccale agit d\u2019une façon moins brutale, entraînant moins de fatigue pour le malade et quelquefois des malades soumis aux injections réagiraient mieux à la médication par voie buccale.Pour éviter l\u2019hypopotassémie possible, on recommande aux malades de prendre un jus d\u2019orange par jour, ce qui est une source supplémentaire de potassium.3° \u2014 Un troisième produit diurétique tout à fait nouveau et administré par voie buccale existe sur le marché canadien depuis plusieurs mois.Ce produit semble ajouter une autre arme de choix à l\u2019arsenal thérapeutique.Ce nouveau produit n\u2019est ni un dérivé xanthique, ni un mercuriel.C\u2019est un sulfamidé à formule nouvelle et à action pharmacologique tout à fait différente des sulfamides bactériostatiques.Ce produit est: l\u2019azétazolamide ayant comme nom de marque déposée de la Compagnie 1054 LEBEL: DIURETIQUES «PER OS» Lederle « Diamoz ».Son mode d\u2019action est le suivant: il agit comme un inhibiteur d\u2019enzyme au niveau du rein et il agit spécifiquement sur l\u2019anhydrase carbonique en freinant son action et par le fait même il ralentit la réac- -\u2014 H2CO3 occasionnant la perte bicarbonate qui entraîne du sodium de l\u2019eau et du potassium H20 + CO2 enzyme \u2014___ \u2014 excité \u2014\u2014\u2014\u2014 tion réversible Co, + H2 H2CO3 H2CO3 HCO3 \u2014 (Na).Ce produit réellement nouveau est intéressant car 1l semble presque dénué de toxicité et tout au plus à doses fortes et sans augmenter la diurèse, il peut occasionner de la somnolence, de la désorientation et de légères paresthésies.Le mode d'administration en est le suivant: Ce produit est administré uniquement par voie buccale à la dose de 5 mgm par kilo de poids par jour ou encore tous les 2 jours.Ce qui correspond en pratique à 1 comprimé ou 115 comprimé de 250 mgm.Le produit est administré de préférence le matin pour provoquer la diurèse dans la journée et non la nuit.Ce nouveau médicament est employé dans le traitement de l\u2019ædème dû surtout à la décompensation cardiaque.Chez 80% des malades, ce médicament diminue l\u2019ædème et le fait même disparatire en quelques jours ainsi que la dyspnée.Dans les cas plus résistants, les mercuriels et le diamox se potentialisent mutuellement car les premiers provoquent l\u2019excrétion de chlorure et le second entraîne la perte de carbonate acide de sodium: ce qui augmente l\u2019élimination de sodium et d\u2019eau.Par contre, le chlorure d\u2019ammonium semble contre indiquer avec le diamox, car l\u2019acidose produite par le chlorure d\u2019ammonium semble inhiber l\u2019action du Diamox.L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Les malades atteints d'insuffisance rénale grave ne répondent pas favorablement à l\u2019administration de diamox, mais son administration n\u2019a pas entraîné de complication.Depuis quelques mois, nous avons eu l\u2019opportunité de traiter plusieurs malades avec le diamox et nous avons été agréablement surpris des résultats obtenus.Quelques malades sans autre médication que la digitalisation et le diamox ont présenté des diurèses quotidiennes de 3 à 4000 cc pendant plusieurs Jours, entraînant une perte de poids marquée et une disparition des œdèmes.Un fait est aussi intéressant à noter, c\u2019est que certains malades répondant très peu depuis quelque temps aux mercuriels, ont bénéficié de l\u2019association combinée de mercuriels et de diamox.* *® Comme vous le voyez, nous jouissons actuellement de l\u2019usage de médicaments nouveaux, faciles d\u2019administration, n\u2019entraînant aucun risque et qui permettent de traiter à domicile vos malades plus adéquatement, tout en donnant moins d\u2019injections, ce qui soulage souvent le portefeuille assez mince des cardiaques chroniques en insuffisance de travail.Par le fait même, le moral des malades est amélioré car ils se sentent plus indépendants et ont l\u2019impression d\u2019être moins malade.Naturellement, tous ces produits nouveaux sont excellents, mais j'ai l'impression que plus on pourra approfondir la physiopathologie rénale, mieux on sera équipé en fait de diurétiques nouveaux agissant de façon spécifique et non toxique.L'avenir rénal appartient done à la physiopathologie et à la biochimie cellulaire.24 em om ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus > : nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE R.B.McCONNELL, K.C.T.GORDON et T.JONES.\u2014 Les facteurs personnels et d'emploi dans l'étiologie du carcinome du poumon.(Occupational and personal factors in the etiology of carcinoma of the lung.) \u201cLancet\u201d, 2: 651 (4 oct.) 1952.Cette question brûlante d\u2019actualité et fertile en controverses trouve beaucoup d'\u2019intérêt dans ce travail.D\u2019après les auteurs, les gros fumeurs pourraient devenir un facteur favorable à l\u2019étiologie du carcinome du poumon.Ils entendent par gros fumeurs ceux qui grillent plus que 20 cigarettes par jour.En effet, ils ont trouvé un pourcentage plus élevé de cancer pulmonaire que chez les témoins.Depuis 25 ans, c\u2019est évident, le nombre des cancéreux du poumon a augmenté sensiblement.Pour essayer de trouver les causes de cette augmentation, les auteurs se sont adressés à 100 cas reconnus comme porteurs d'un carcinome du poumon tout en tenant compte des facteurs personnels et des emplois exercés.Comme témoins, ils se sont adressés à des suspects tout simplement.Parmi ces 100 carcinomateux, il y avait 93 hommes et 7 femmes.Les auteurs les ont divisés en deux groupes, des sédentaires d\u2019une part, et les actifs d\u2019autre part.Dans cette catégorie, les auteurs n\u2019ont constaté aucune différence.Il en fut de même pour ceux qui ont été exposés aux poussières ou qui ont vécu dans des régions industrielles.a + o + Mais ils font exception pour les gros fumeurs de cigarettes car alors là, leurs statistiques au point de vue cancer pulmonaire augmentent sensiblement.C\u2019est un témoignage dont il faut tenir compte.Paul-René ARCHAMBAULT.PHTISIOLOGIE Fernand D.GOMEZ \u2014 Révision critique de quelques notions sur l'épidémiologie de la tuberculose.Revue de la Tuberculose, 17: 959, 1953.Le bacille provocateur de la tuberculose semblerait avoir précédé l'homme.Plusieurs autopsies de sujets morts, il y a plus de cinquante siècles, démontrent des altérations squelettiques.Leur étiologie paraît être tuberculeuse.Des faits ne peuvent même nier que la TB existait en Amérique avant sa découverte.Il y a à peine 20 ans, la tuberculose était considérée comme une endémie surtout chez la population pauvre.Depuis 1882, date de la découverte de Koch, on trouve la contagion de la tuberculose par l\u2019étude des facteurs qui aident la diffusion du bacille, la propagation de la contagion et le développement de la maladie.Aussi considère-t-on à sa juste valeur l'importance de la transmission entre les individus.Les facteurs qui favorisent l\u2019apparition et le maintien de cette endémie, c\u2019est l\u2019entassement de maisons, de familles et d\u2019individus.Des statistiques viennent prouver que la mortalité est plus élevée chez les groupes économiquement plus faibles à cause des taudis, des maisons surpeuplées et insalubres, du manque d'aération, de l\u2019absence de lumière, de soleil et de notions d'hygiène élémentaire.L\u2019alcoolisme diminue les faibles moyens de résistance de ces sous-alimentés souvent privés de chauffage.Que penser de cette théorie du terrain 1056 ANALYSES vierge chez les races primitives de l\u2019Afrique, par exemple?Ces noirs transportés en Europe présentent à l\u2019autopsie un envahissement « lymphatique intense avec de grosses adénopathies médiastinales et des foyers pneumoniques pulmonaires », tous phénomènes de la primo-infection tels qu\u2019ils se passent chez les enfants.En effet, ces noirs n\u2019ont pas eu le temps d\u2019acquérir au cours des siècles comme chez les blancs de villes surtout, une immunité héréditaire.Conséquemment, ils sont des hypersensibles à l\u2019infection, des sujets réceptifs.Mais l\u2019auteur, avec plusieurs autres, constate que ces formes ganglio-pulmonaires ne correspondent plus à des primo-infections.Pour expliquer cette manière spécifique de réagir de la part des organismes vierges ou tuberculino-résistants, les auteurs croient que ces sujets déplacés subitement réagissent comme des enfants parce qu\u2019ils sont retirés de leur «ambiance ancestrale de vie, de leur alimentation et de leurs activités habituelles ».Ces processus ganglio-pulmonaires ne correspondent plus à des primo-infections.Aussi affirme-t-on qu\u2019à n\u2019importe quelle époque de la vie, nous pouvons constater des formes infantiles ganglio-pulmonaires ou des localisations propres de l\u2019adulte.L\u2019Age cessant d\u2019être la barrière la conduit à la forme anatomique.D\u2019après Ranke, c\u2019est l\u2019état allergique qui est l\u2019élément déterminant de la réaction pathomorphologique.Il est fort important que nous retenions cette phrase de l\u2019auteur: «des particularités constitutionnelles et des modifications des conditions ancestrales de vie sont les causes du haut pourcentage des formes de type infantile constatées chez les Nègres et les Indiens adultes.Des facteurs externes ont ici leur importance.» L'auteur admet la contagion.Puisque la TB est aussi ancienne que l\u2019homme, les terrains vierges sont plutôt rares et l\u2019homme est de par sa nature assez résistant pour éviter (si par malheur il se contamine) le développement de lésions progressives.La tuberculose apparaît si des facteurs débilitants capables de vaincre cette L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 résistance naturelle surviennent.C\u2019est l\u2019infection tuberculeuse qui se transforme alors en maladie.Durant les deux dernières grandes guerres, tous ont constaté l\u2019importance considérable qu\u2019offre l\u2019alimentation dans l\u2019apparition du terrain tuberculisable.L'auteur fort de statistiques démontre que l\u2019alimentation est plus importante que l'habitation.Cette étude critique sur les notions épidé- miologiques de la tuberculose offre un intérêt considérable.Nous devons en féliciter l\u2019auteur.Paul-René ARCHAMBAULT.NEURO-PSYCHIATRIE G.BOUTIN et B.PEPIN.\u2014 Nouveaux aperçus sur la dégénérescence hépato-lenti- culaire.\u2018La Revue du Praticien\u201d, 4: 813 (21 mars) 1954.Cette maladie comporte classiquement la pseudo-sclérose de Westphall-Strumpell et la maladie de Wilson.Les deux syndromes décrits, le premier en 1883-1898 et le second en 1912, furent réunis très justement en une seule entité par Hall en 1921 sous la dénomination de dégénérescence hépato-lenticulaire.Certaines notions de cette affection sont bien connues et acceptées de tous: potentiel héréditaire; incidence familiale dans 55% des cas; phénomènes striés avec rigidité; spasmes; lésions surtout nécrotiques du noyau lenticulaire, atteignant de préférence les adolescents et plus mauvais pronostic, dans la maladie de Wilson; manifestations surtout hypercinétiques se rapprochant du tremblement intentionnel avec gestes oppositionnis- tes, surtout infiltrations macrogliales du noyau lenticulaire, pronostic moins sombre et installation fréquemment plus tardive, dans la pseudo-sclérose de Westphall - Strumpell.L\u2019anneau péri-cornéen, on le sait, est rencontré dans 80% des cas de l\u2019une et l\u2019autre formes réunies.La lésion hépatique nodulaire et fibreuse au stade avancé, probablement primitive chronologiquement, parfois prédominante dans le tableau clinique avec des signes d\u2019insuffisance hépatique, parfois même \u2014\u2014 ety e\u2014 L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 isolée et sévère au point d\u2019amener un syndrome portal grave (Wilson abdominal de Sherer), n\u2019est plus à démontrer.L'importance diagnostique de l\u2019anneau cornéen recherché à la lampe à fente, des tests interrogeants la fonction hépatique, la ponction-biopsie du foie et la visualisation du foie à la périto- néoscopie, est admise d\u2019emblée.À tout événement, l\u2019observation d\u2019une cirrhose ou d\u2019une symptomatologie hépatique qui n\u2019a pas sa preuve étiologique chez un adolescent ou un jeune adulte, ou d\u2019un syndrome extrapyra- midal, doivent évoquer la possibilité d\u2019une dégénérescence hépato-lenticulaire.Dans tout cela, rien de nouveau.Mais des recherches et des faits plus récents ont apporté des notions nouvelles, de grand intérêt doctrinal et pratique.1° L\u2019hyperamino-acidurie est une première observation faite par Uzman et Denny- Brown en 1948.Elle porte sur tous les acides aminés dont le taux peut varier de 800 à 2 000 mg par 24 heures au lieu de 100 à 200 mg comme taux normal.Cette amino-acidurie abondante serait due à un défaut congénital de réabsortion aux tubes contournés des reins et elle pourrait être à l\u2019origine de la cirrhose qui aurait ainsi une étiologie nutritionnelle.Cette amino-acidurie constitue une recherche d\u2019une importance diagnostique réelle.2° La rétention du cuivre dans certains tissus comme le foie, les noyaux gris centraux, la cornée, la peau et son élimination massivement augmentée dans les urines jusqu\u2019à un taux de 10 à 30 fois plus élevé que normalement (plus ou moins 350 gammas par 24 heures) est un autre fait récemment découvert et qui possède une valeur diagnostique non méprisable dont il faut se servir.À quoi est dû ce trouble du métabolisme du cuivre?Y aurait-il ici encore déficit de réabsortion tibulaire aux reins.Serait-elle la conséquence d\u2019un vice dans le métabolisme, une carence plasmatique en cœruloplasmine sérique qui est un composé cuproprotidique?Ici les explications bio-chimiques demeurent hypothé- ANALYSES 1057 tiques et complexes, qui tentent d\u2019élucider le paradoxe apparent entre la rétention tissulaire du cuivre et son élimination urinaire très augmentée.À tout événement l\u2019on croit que par une chaîne compliquée de processus chimiques, la déficience humorale de cœrulo- plasmine amènerait une absorption intestinale très accrue de cuivre.3° La cirrhose pourrait se comprendre par la déficience en aminoacides due à leur déperdition urinaire accrue, et par la surcharge cuprique dans le foie.Les troubles neurologiques sont la conséquence des lésions des noyaux gris centraux et ici encore la surcharge cuprique serait à l\u2019origine de ces lésions des corps striés.4° Enfin, sur le plan thérapeutique qui n\u2019offrait jusqu\u2019ici aucune possibilité positive, on a pensé utiliser le BAL dans le but de déplacer le cuivre tissulaire en le fixant sur cette substance pour en faciliter son élimination.En fait, l\u2019administration du BAL provoque une élimination très augmentée du cuivre emmagasiné.Au surplus, chaque cure de BAL a amené chez un nombre de malades observés par différents auteurs une amélioration sensible des troubles neurologiques, psychiques et une atténuation notable des indices d\u2019insuffisance hépatique quand elle existait préalablement.Mais ce n\u2019est pas encore le traitement de cette maladie.L\u2019effet de l\u2019administration du BAL n\u2019est pas durable.Il faut répéter les cures.En plus, on remarqua qu\u2019elles épuisaient leurs effets bienfaisants à mesure qu\u2019on les réitérait.À tout prendre, on peut constater que depuis les dix dernières années il s\u2019est produit du nouveau en dégénérescence hépato-lenti- culaire.Ces recherches et découvertes récentes nous ont apporté en premier lieu un complément à l\u2019investigation diagnostique, ensuite un sondage plus profond dans la pathogénie et la compréhension phénoménologique de la maladie; enfin une tentative ingénieuse de son traitement.Roma AMYOT. 1058 PEDIATRIE L.GAUVREAU, D.LAPOINTE et N.JACOB.\u2014 Etude clinique d'un nouvel antibiotique: le Magnamycin dans les staphylococcies de l'enfant.\u2018Laval Médical\u201d, 19: 732 (juin) 1954.Les auteurs rapportent les premiers essais cliniques d\u2019un nouvel antibiotique, le Magna- mycin, antibiotique monobasique qui produit par le Streptomyces balsiedii, celui-ci est doué d\u2019une grande activité bactériestatique sur les microbes gram-positifs et tout particulièrement, Micrococcus pyogenis, Diplococcus pneumoniæ, Streptococcus pyogenes et les bactéries du genre Neisseria.Le travail a porté sur un groupe de 46 enfants, âgés de 11 jours à 4 ans, tous atteints d\u2019infection à micrococcus pyogenes (Variété aureus) comprenant des pyodermites, des abcès profonds, des pneumonies, des pleurésies, etc.Devant l\u2019impossibilité de faire ingérer les dragées aux enfants \u2014 la seule forme disponible du médicament pour le moment \u2014 des émulsions furent préparées en triturant les dragées dans du sirop de maïs et du sirop simple.À l'exception de quelques cas, tous recu- rent une dose quotidienne d\u2019au moins 100 mg par kg de poids corporel, divisée en quatre doses, aux six heures.Dans certains cas, les doses administrées atteignirent 370mg/kg/ jour.Dans 46 sujets traités, 36, soit 76% furent guéris par un traitement plus ou moins prolongé.Deux enfants ont vu leur état amélioré et les trois derniers n\u2019ont aucunement bénéficié du traitement au Magnamycin.Doses insuffisantes, interruption prématurée de la médication, vomissements, résistance à l\u2019antibiotique expliquent, semble-t-il presque tous les échecs partiels ou complets.Aucun phénomène toxique n\u2019a été constaté et les vomissements qui sont survenus dans certains cas n\u2019ont pas de caractère de toxicité et sont plutôt dus à la forme de présentation et au goût du médicament.Sans pouvoir tirer de conclusions définitives sur la valeur de ce nouvel antibiotique, ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 il ressort tout de même de leurs investigations, plusieurs faits intéressants: 1 \u2014 Dans presque tous les cas où il fut possible de maintenir une dose appropriée pendant un temps suffisant, il y a eu guérison.2 \u2014 Le Magnamycin a donné des résultats dans des cas où tous les autres antibiotiques avaient échoué.3 \u2014 Parmi toutes les souches de micrococ- cus isolés, 3% seulement se sont montrés résistants au Magnamyecin.La recherche du Magnamycin dans le sang et les urines a permis de se rendre compte que cet antibiotique atteint dans le sérum des niveaux relativement bas, mais qu\u2019il est excrété rapidement dans les urines où il atteint de fortes concentrations.Malgré des concentrations sériques faibles, nettement inférieures aux concentrations actives in vitro, le pourcentage des guérisons, comme nous l\u2019avons vu, s\u2019est montré élevé.Ce qui amène les auteurs à penser que les résultats obtenus laissent prévoir qu\u2019en solution injectable, il serait permis d\u2019atteindre et de maintenir, à moins de frais, des niveaux de concentrations sériques plus élevés et, partant, d\u2019abréger sensiblement la durée du traitement.Jean-Charles CLAVEAU.MARTIN DU PAN et coll.\u2014 Etude électro- phorétique des protéines sanguines sériques chez le Prématuré pendant les quatre premières années de sa vie.\u2018Archives Françaises de Pédiatrie\", 10: 1013-25, 1953.Recherche pratiquée chez 28 prématurés pesant moins de 2000 g.à la naissance, et en bonne santé.L\u2019on a dosé les protides totaux selon la méthode Phillips et Van Slyke, et employé l\u2019électrophorèse sur papier.« L\u2019étude montre la faible teneur en protides sériques; teneur d\u2019autant plus basse que l\u2019enfant est né plus précocement.Pendant la première année de la vie, le taux des protéines sériques augmente, excepté celui de la y globuline, qui baisse et atteint un minimum entre 3 et 6 mois. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Ce n\u2019est que vers 4 ans que les protéines sériques du prématuré atteignent des valeurs semblables à celles de l\u2019enfant bien portant né à terme ».Les auteurs signalent chez l\u2019enfant né à terme la baisse des protéines pendant les 6 premiers mois de la vie, baisse suivie d\u2019une élévation du taux protidique dès l\u2019âge de 6 mois.Cette baisse est principalement due à une diminution de la y globuline.Il est intéressant de noter, poursuivent-ils, qu\u2019à partir du 2iéme mois, seule la y globuline baisse chez le prématuré tandis que l\u2019albumine augmente et que le taux des autres globulines se maintient généralement au même niveau.Il ne s\u2019agit certainement pas là d\u2019une insuffisance en protides, car, lors de carence protidique, ce sont les albumines qui sont touchées les premières.«On admet actuellement que les y globulines sont fabriquées dans les lymphocytes des glandes lymphatiques.Or, comparativement à l\u2019adulte, le nourrisson possède plus de tissu lymphatique, ce qui devrait logiquement accroître sa production de y globuline.Pour concilier des faits qui semblent donc se contredire, il faut invoquer une immaturité physiologique de ce tissu lymphatique, immaturité qui s\u2019accompagne d\u2019une hypo-y- globulinémie sérique ».Est-il possible, se demandent les auteurs, d\u2019élever un taux extrêmement bas de + globuline par l\u2019injection de y globuline pure, ou par des transfusions de sang d\u2019adulte ou de sang de placenta, plus particulièrement riche en y globuline?«Il semble que dans certains cas, l\u2019injection de y globuline, ou les transfusions de sang peuvent être utiles, puisqu\u2019elles élèvent temporairement (retour à la valeur initiale, après un mois) le taux de la y globuline, très bas au cours du 2e et 3e trimestre de vie ».Etant donné le taux particulièrement bas des protéines sériques à la naissance, il paraît judicieux aux auteurs d\u2019alimenter les prématurés au moins pendant un mois avec du lait colostral, plus riche en protéine que le lait ANALYSES 1059 ultérieur (colostrum: 2,0 gm %; lait ultérieur 1,0 gm %).Robert SAINT-MARTIN.Jean F.WEBB \u2014 Les infections du nouveau- né et les abcès du sein à staphylocoques (Newborn infections and breast abscesses of staphyloccoc origin).Can.M.A.J.70: 382 (avril) 1954.Entre 1948 et 1951 on a noté à Winnipeg une épidémie d\u2019infections cutanées à staphy- loccoques chez les enfants et d\u2019abcès du sein puerpéraux chez les mères.Dans un premier hôpital sur 27 cas d\u2019abcès du sein chez les mères, 17 des enfants allaités avaient eu des infections purulentes et seulement deux des nouveaux-nés avaient reçu des antibiotiques prophylactiquement.Comparativement, chez 35 mères qui n\u2019avaient pas eu d\u2019abcès on ne releva que 6 cas d\u2019infections des bébés.On trouva deux porteurs dans la pouponnière.Après avoir donné prophylactiquement de la chloromycétine aux enfants, la fréquence des abcès du sein tomba de 14% à 0%.en une semaine.Dans le 2e hôpital, il y eut une épidémie d\u2019abcès du sein qui atteignit un sommet de 33 cas d\u2019abcès en deux mois pour 105 cas d\u2019infections des nouveaux-nés sur 351 naissances.Ici on trouva 11 porteurs dans la pouponnière.On en conclut qu\u2019en temps d\u2019épidémie les abcès du sein sont d\u2019origine hospitalière.L\u2019enfant infecté dans la pouponnière transmet l\u2019infection à la mère.Lise FORTIER.David Yi-uing HSIA, Paul PATTERSON, Fred H.ALLEN, Jr., Louis K.DIAMOND et Sydney S.GELLIS, Boston, Mass.\u2014 Ictère obstructif prolongé chez le nourrisson (Prolonged obstructive jaundice in infancy).Pediatrics, 10: 243 (sept.) 1952.Les 156 cas observés durant les années 1940-1951 sont divisés en 4 catégories: 1.\u2014 Ictère par atrésie des canaux biliaires.2.\u2014 Epaississement de la bile causé par l\u2019érythroblastose fœtale. 1060 3.\u2014 Epaississement de la bile d\u2019origine inconnue.4.\u2014 Ictères obstructifs d\u2019origines diverses.Ictère par atrésie des canaux biliaires: Soixante pour cent soit 94 nourrissons entrent dans cette catégorie.Cette malformation fut prouvée chez tous par l\u2019exploration chirurgicale.Les résultats sont comme suit: 55 malades sont décédés, 6 sont considérés comme insuccès au point de vue thérapeutique et souffrent de jaunisse extrême et de cirrhose.L\u2019anastomose chirurgicale n\u2019avait pu être faite chez ces enfants.4 seulement furent traités avec succès au moyen de l\u2019anastomose et se portent bien.2 sont maintenant sans ictère et vont très bien en dépit du fait qu\u2019il y avait apparemment impossibilité de les opérer au moment de l\u2019exploration.Epaississement de la bile due à l\u2019érythroblastose fœtale: Vingt-trois cas (soit 15%) entrent dans cette catégorie.Les critères suivants ont servi au diagnostic: a) L\u2019ictere ap- parait au cours des 2 premiers jours et le plus souvent durant les premières heures; b) l\u2019ictère persiste pendant plus de 3 semaines; c) l\u2019ictère par obstruction est démontré par l\u2019élévation des taux de bilirubine directe et indirecte; d) tous les tests de flocculation sont négatifs; e) l\u2019étude des groupes sanguins démontre une incompatibilité entre les sangs de la mère et de l\u2019enfant et il y a évidence d\u2019érythroblastose chez l\u2019enfant.L\u2019évolution diffère de celle de l\u2019érythroblastose fœtale usuelle du fait de la persistance de l\u2019ictère clinique qui dure de 3 à 25 semaines au lieu de la durée normale de 7 à 10 jours ainsi que de l\u2019élévation persistante des 2 bilirubines.L\u2019évolution clinique est semblable à celle des cas d\u2019atrésie biliaire ou d\u2019épaississement de la bile d\u2019origine inconnue.Deux patients seulement dans ce groupe de 23 ont regu un traitement adéquat pour l\u2019érythroblastose fœtale.Tous sont maintenant vivants sans ictère.Leurs selles sont normales et aucune maladie ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 du foie n\u2019est à noter.Un seulement a développé l\u2019ictère des noyaux centraux (kernic- terus).La pathogénie de l\u2019épaississement du pigment biliaire n\u2019est pas claire.On préconise soit un dommage fait au parenchyme hépatique par l\u2019érythroblastose ou un bloquage des canaux durant l\u2019excrétion à cause de la surcharge de bilirubine.Epaississement biliaire d\u2019origine inconnue : Trente cas soit dix-neuf pour cent sont ainsi classés.6 décès sont rapportés dont 2 de cholangiéi- tes post opératoires, 2 de cirrhose et 2 de causes étrangères à l\u2019ictère.20 sont vivants dont 18 en parfaite condition ne souffrent pas d\u2019ictère; 2 seulement dans ce groupe font de la cirrhose hépatique.De ce dernier groupe, 12 avaient été explorés chi- rurgicalement montrant une bile de consistance normale, 5 une bile plus épaisse, 1 du mucus visqueux contenant de la bile.Dans tous les cas, du sérum physiologique ou du bleu de méthylène injecté dans la vésicule biliaire passe facilement dans le duodénum.Ces constatations suggèrent soit un foie qui n\u2019a pas atteint sa maturité, des canaux extra-hépatiques petits, des sécrétions épaissies et peut-être de la déshydratation.Ictères obstructifs d\u2019origines diverses: Il y a une grande variation dans les étiologies des 9 cas qui restent.4 ont fait de l\u2019hépatite à virus dont l\u2019un est décédé, les autres se portent très bien.On a aussi trouvé: 1 cas d\u2019hémangio-endothéliome; 1 cas de ganglion comprimant les canaux biliaires; 1 cas de thrombose de la veine porte secondaire à une infection de l\u2019ombilic durant les premiers jours de vie; 1 cas de maladie de Nieman-Pick où de gros ganglions obstruaient les canaux biliaires; 1 cas d\u2019hépatite persistante probablement due à de l\u2019ictère infectieux.Thérèse ROUSSEAU. NECROLOGIE LE DOCTEUR P.-A.DROUIN Le docteur P.-A.Drouin, médecin du quartier Saint-Roch de Québec depuis un demi- siècle, vient de mourir à l\u2019âge de 82 ans.Ancien élève de l\u2019Université Laval, il obtint son doctorat en 1896.Nos condoléances à son fils, de Québec, le docteur Guy Drouin.LE DOCTEUR JOSEPH DION Le docteur Dion est décédé subitement il y a quelques semaines dans des conditions dramatiques.Appelé d\u2019urgence à donner ses soins à trois victimes de l\u2019onde, il mourut sur la grève après avoir aidé à retirer les corps et tenté de les ranimer.Le défunt avait obtenu son doctorat de l\u2019Université Laval de Québec en 1919.Il avait 63 ans et pratiquait à Amos.LE DOCTEUR H.-M.PONTBRIAND Le docteur Pontbriand est décédé le 30 mai, à l\u2019âge de 76 ans.Diplômé de l\u2019Université Laval de Montréal en 1904, il exerça à Sorel pendant 41 ans.Depuis quelques années, il demeurait à Montréal.Le docteur Pontbriand s\u2019était occupé des affaires publiques de la municipalité de Sorel et avait été gouverneur du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec de 1914 à 1922.ee ++ LE DOCTEUR JOSEPH-LÉON HOUDE Le docteur J.-L.Houde est mort récemment à l\u2019Âge de 67 ans.Il exerçait à Rimouski et obtint son diplôme de médecine de l\u2019Université Laval de Québec en 1912.te ee LE DOCTEUR J.-ANTONIO CAISSE Le docteur Caisse, bien connu et estimé dans le nord de Montréal où il pratiqua la médecine depuis l\u2019obtention de son doctorat en 1911, est décédé il y a quelques semaines.Le docteur Caisse était un diplômé de l\u2019Université Laval de Montréal.6-0 ++ LE DOCTEUR ALFRED LESPÉRANCE Le docteur Alfred Lespérance vient de mourir à l\u2019âge de 83 ans.Le défunt ne pratiquait plus la médecine.ee + LE DOCTEUR IRÉNÉE LEBOURDAIS Le docteur LeBourdais est mort il y a quelques semaines.Le défunt avait terminé ses études médicales à l\u2019Université Laval de Québec en 1936 et exerçait à Buckingham, dans le comté de Papineau.ee + LE DOCTEUR BRUNO LAHAYE Le docteur Lahaye est décédé en mars de cette année à l\u2019âge de 52 ans.Diplômé de l\u2019Université de Montréal, le défunt avait pratiqué d\u2019abord à Nicolet pendant huit ans, puis fut attaché au Ministère de la Santé de la Province comme médecin hygiéniste.Il contribua à fonder une des premières unités sanitaires du pays, celle de la région de Nicolet.2-0 ++ LE DOCTEUR ADRIEN GAGNÉ Le docteur Gagné est décédé le 21 avril de cette année à l\u2019âge de 47 ans.Diplômé de l\u2019Université Laval de Québec en 1934, le défunt avait pratiqué la médecine à Rimouski.Activement intéressé à l\u2019armée, le docteur Gagné faisait partie de l\u2019armée de réserve avec le grade de major.Depuis 1938, il dirigeait la clinique antituberculeuse de Rimouski.Durant la dernière guerre mondiale, le docteur Gagné, alors capitaine au 2ième bataillon des Fusilliers du Saint-Laurent, avait collaboré aux services d\u2019administration militaire. NOUVELLES NOMINATIONS À LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL On nous informe que le Conseil des Gouverneurs de l\u2019Université de Montréal vient de faire les nominations suivantes: comme assistant secrétaire et assistant-directeur des études: le docteur Roger R.Dufresne, comme professeurs-agrégés; les docteurs Jacques Fortier, en obstétrique, Jacques Léger, en médecine interne et Lussier en physiologie.6-6 ++ NOMINATION DU DOCTEUR DE LA BROQUERIE FORTIER On nous apprend que le docteur de la Broquerie Fortier, directeur du service de pédiatrie de l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec et professeur de pédiatrie à l\u2019Université Laval, a été élu directeur du Comité exécutif national de la Canadian Pediatric Society.+-e ++ CONGRÈS D'OPHTALMOLOGIE Le 17e Congrès International d\u2019ophtalmologie se tiendra à Montréal les 10 et 11 septembre 1954.L\u2019ouverture officielle du Congrès se fera le 10 septembre 1954 à 10 heures a.m.à l\u2019Université de Montréal par le docteur Bernard Samuels de New-York, président du Congrès International.L\u2019honorable Paul Martin, ministre de la Santé et le docteur Mark Marshall, président de la Canadian Ophtalmological Society souhaiteront la bienvenue aux délégués.La médaille Gouin sera également présentée à Sir Stewart Duke- Elder, oculiste de la reine Elisabeth.Antérieurement au Congrès International, soit le 9 septembre 1954, la Canadian Ophtalmological Society, se réunira à Montréal.Les invités d\u2019honneurs seront les docteurs John H.Dunnington de l\u2019Université Columbia et G.P.Sourdille de France.2-0 dd RECONNAISSANCE DE L'HÔPITAL MAI- SONNEUVE PAR LE COLLÈGE ROYAL Les documents officiels reçus récemment et signés par le docteur Donald A.Thompson, président du Comité des hôpitaux, indiquent que l'hôpital Mai- sonneuve est approuvé par le Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada.La direction de l\u2019hôpital est heureuse de faire connaître le nom de ses chefs de service, en médecine, le docteur Paul Robert, en chirurgie, le docteur Marcel Lamoureux, F.R.CS.(ec), en radiologie, le docteur Jules Laberge, en anesthésie, le docteur Marius Dubeau et au laboratoire, le docteur Paul Maheux.CONFÉRENCE DU PROFESSEUR GEORGES HEUYER Les autorités du Sanatorium Prévost ont invité le Professeur Georges Heuyer, professeur de Psychiatrie infantile à l\u2019Université de Paris au Sanatorium vendredi le 27 août, à 9 heures du soir, à donner une conférence.Le Professeur Heuyer parla du « Rapport des médecins et des psychologues en France.» RECONNAISSANCE PAR LE COLLÈGE ROYAL DU DÉPARTEMENT DE RECHERCHES DE L'HÔTEL-DIEU On nous informe officiellement que le Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal a été approuvé par le Collège des Médecins et Chirurgiens du Canada pour une année d\u2019en- trainement dans les sciences fondamentales sous la section 4 (B) iii ou iv des règlements pour le diplôme d\u2019associé ou sous la section 4 (C) ii ou iii des règlements pour le titre de Fellow dans une spécialité approuvée.Cette approbation s\u2019applique aussi aux règlements du certificat.ee ++ CONFÉRENCES DONNÉES PAR LES DOCTEURS S.A.SIMPSON ET J.F.TAIT L'Institut de Médecine et de Chirurgie expérimentale de l\u2019Université de Montréal a organisé une série de deux conférences données par les docteurs S.A.Simpson et J.F.Tait du « Courtault Institute of Biochemistry, The Middlesex Hospital Medical School », de Londres, à titre de conférenciers Claude Bernard.Ces conférences eurent lieu à 10 heures 30 a.m.jeudi le 26 août et vendredi le 27 août, à l\u2019Institut de Médecine et de Chirurgie expérimentales.Les docteurs Simpson et Tait, bien connus pour leurs travaux sur les hormones surrénaliennes et principalement pour leur récente découverte de l\u2019aldos- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 XLVII Formule ancienne Thérapie moderne \u201c relâchez cette étreinte ARTERIELLE grâce « a Extrait de Gui .75 mag.Extrait de foie o.oo.100 mo.* Extrait pancréatique .50 mg.T Pp : Extrait de Gui 75 ma.* Extrait de foie 100 mo.( Extrait pancréatique .\u2026\u2026\u2026 50 mag.(c Rutine & Vitamine co Rutine nee.10 mo.Vitamine C .15 ma.Phénobarbital .Va grain » 3 à 6 dragées par jour, de préfé- POSOLOGIE ; rence V2 heure avant les repas.: ANGLO-FRENCH DRUG CIE LTÉE, Montréal \u2014 ae en ee > Py = pe Ka A LS ve ES = A in _\u2014 RS a + = TEX x = Si Sa = re % es = NOUS ANNONCON! à oy He = a EC a = = TR oe Re Ex SRR Ne pA ro SX, tie ee, 5 33 gs = Fi cs 3 x Ce TREY bu 2 « © 2 Fe PE Le XE a « ot ad FY ESS Bay 3 i 4 5 8 a > E Pa Tetracycline Lederle N NOUVEAU PROGRES THERAPEUTIQUE ui lS Id \u2019 *MARQUE DEPOSEE Enfin, les nombreux avantages de l\u2019injection intramusculaire d\u2019un antibiotique à large spectre antibactérien ont pu être réalisés.Depuis sa récente introduction sur le marché l\u2019ACHROMYCINE s\u2019est montrée remarquablement efficace sous des formes orales et intraveineuses.Maintenant, après des essais cliniques, il est nettement démontré qu\u2019elle se prête très bien à l\u2019administration intramusculaire.Absorption et diffusion IMMEDIATES ENRAIEMENT RAPIDE de l\u2019infection COMMODE pour le médecin N\u2019occasionne Pas DE MALAISE IMPORTANT au malade.Cette nouvelle forme intramusculaire étend considérablement l\u2019utilité de l\u2019ACHROMYCINE, l\u2019antibiotique a large spectre antibactérien de choix.L\u2019ACHROMYCINE Intramusculaire est présentée en fioles de 100 mg.LEDERLE LABORATORIES DIVISION NORTH AMERICAN Cyanamid LIMITED 5550 Avenue Royalmount, Ville Mont Royal, Montréal, Québec 1066 térone, traitèrent des sujets suivants: Isolation and characterization of aldosterone from adrenal gland extracts et The secretion of aldosterone by the mammalian adrenal gland.Une discuscion suivit chaque conférence.2e ee MÉDECINE INDUSTRIELLE La réunion conjointe de l\u2019Association de M édecire Industrielle de la Province de Québec et de la section de médecine industrielle de l\u2019Association Médicale d\u2019Ontario aura lieu à Ottawa, les 23, 24 et 25 septembre 1954.Tous les médecins et chirurgiens s\u2019occupant de médecine industrielle, à plein temps ou à temps partiel, sont cordialement invités.Le programme préparé pour ces trois jours comporte des séances à la fois variées et instructives.ee ee RAPPORTEURS AU CONGRÈS DU COLLÈGE INTERNATIONAL DES CHIRURGIENS Le Collège International des Chirurgiens doit tenir son prochain Congrès à Chicago, du 6 au 10 septembre 1954.Au nombre des rapporteurs inscrits au programme, on souligne les noms des docteurs Gérard St-Onge, Pierre E.Meunier, Jean-Claude Martel et Hans Selye de Montréal.+ ++ CONFÉRENCE À L'HÔTEL-DIEU DU DOCTEUR WETTSTEIN Sous les auspices du département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu, le docteur Albert Wett- stein, Ph D, M.D.(Hon.) de Bâle, a donné une conférence à l\u2019Hôtel-Dieu, vendredi, le 6 août, à 11 heures a.m.au pavillon Jeanne-Mance.Le sujet de la conférence était: « Biochemical and Biological Aspects of Aldosterone ».Etant donné l'importance physique de cette nouvelle hormone surrénalienne dont la découverte constitue un des progrès les plus importants dans le domaine de l\u2019endocrinologie, après la conférence, il y eut un « roundtable discussion » avec le Dr.Wettstein.ob + PROCHAIN CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE CHIRURGIE Le 16e Congrès de la Société International de chirurgie se tiendra à Copenhague du 24 au 31 juillet 1955 sous la présidence du professeur Evarts A.Graham de St-Louis, Mo.Deux questions seront mises à l\u2019ordre du jour: les risques opératoires, thrombose exclue et l\u2019hépatectomie.NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 DE RETOUR D'EUROPE Le docteur Gilles St-Onge, de Drummondville, est revenu d'Europe après un stage de 9 mois à Paris où il a poursuivi ses études en pédiatrie à l'hôpital des Enfants-Malades, sous la direction du professeur Robert Debré et à l\u2019hôpital des Enfants-Assis- tés (St-Vincent de Paul) sous la direction du professeur Marcel Lelong.A la fin de son stage, il a présenté, une thèse devant la Faculté de Médecine de Paris, et il s\u2019est mérité le titre d'Assistant-Etranger des Hôpitaux de Paris.Durant son séjour à Paris, il a également suivi les cours de l\u2019Ecole de Puériculture.Le Docteur St-Onge est attaché à l\u2019hôpital Sainte- Croix à Drummondville.SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PSYCHANALYSE Le 9 août 1954, la Société canadienne de psychanalyse a tenu à l\u2019Hôpital Notre-Dame de Montréal sa troisième séance publique de l\u2019année.Le docteur Serge Lebovici, médecin assistant des hôpitaux et secrétaire scientifique de l\u2019Institut de Psychanalyse de Paris, était le conférencier invité.Il traita des « Indications de la psychanalyse.» L'assistance témoigna de son intérêt par le nombre et la pertinence des questions posées à l\u2019orateur.La psychanalyse, peut-on conclure avec le docteur Lebovici, constitue une méthode spécifique de traitement dont il faut préciser avec netteté les limites et les applications.Qu\u2019il s\u2019agisse de névroses ou de perversions aussi bien chez l\u2019adulte que chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent, la cure psychanalytique est d'autant mieux indiquée et les résultats d\u2019autant plus efficaces que l\u2019angoisse et la culpabilité du malade sont plus marquées.Aucun aspect de la psychopathologie clinique ne fut négligé par le conférencier, qui sut puiser aux sources de la théorie et de la pratique psychanalytiques, l\u2019inspiration et la confirmation des travaux dont il nous réserva la primeur avant de les présenter en novembre prochain à la XVIIe Conférence des Psychanalystes de langues romanes.+-e- ee HONNEUR CONFÉRÉ AU DOCTEUR GEORGES-A.BLANCHARD Le docteur Georges-A.Blanchard, attaché au service d\u2019oto-rhino-lanyngologie de l\u2019Hôpital Sainte- Justine, a été récemment nommé « Fellow» du Collège International des Chirurgiens. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Dans 155 tests cliniques * vv Bickerman, H.A., et al.: Ann.Allergy 11: 301, 1953.Capacite vitale accrue au moyen de ¢ [ 10 170 160 150 | 140 i.A | 130 | 120 ./ + * Le spirogramme ci-contre 110 N \u201c montre.l'effet d'un com- { | 100 primé Dainite de jour sur pre CEE mm TERE la capacité vitale d'un pa- Capacicé vitale 1250 cc.Capacité vitale 1780 cc.tient souffrant de bronchite Air de réserve 128 cc.Air de réserve 300 cc.asthmatique.\\ sthmat; Qu As la bronchite * ¢ 3 #® Amélioration de la fonction pulmonaire.@ Soulagement du spasme bronchique.@ Amélioration de la fonction ventilatoire.Chaque Chaque comprimé de JOUR comprimé de NUIT contient: contient: A Phénobarbital.3% gr.LA gr.Pentobarbital de sodium.¥ gr.3gr.Aminophylline.4 gr.\\ 4 gr.Ephédrine HCL.PRESENTATION: Bouteilles de 50 et de 100 comprimés Yegr.Aminobenzoate d'éthyle.YA gr.de jour et 50 et de 100 comprimés de nuit; aussi empa- 244 gr.Hydroxyde d'alumine.\u2026.2% gr.quetage spécial Dainite, extrêmement pratique, conte- Prendre ti.d.a.c.Prendre à 10 h.du soir nant 36 comprimés de jour et 12 comprimés de nuit.IRWIN, NEISLER & COMPANY ° DECATUR, ILLINOIS Boîte postale 157, Toronto, Ontario Province de Gusnec et onews HERDT & CHARTON INC.- MONTREAL 1068 FAITES VACCINER VOS ENFANTS AVANT L'ENTRÉE DES CLASSES Un dernier appel aux parents Chaque année, les hygiénistes du ministère provincial de la Santé rappellent aux parents qu\u2019ils doivent faire vacciner leurs enfants avant la rentrée des classes.Tout retard amène un délai dans l\u2019entrée des élèves, car la loi interdit formellement à nos institutions d\u2019admettre un enfant non vacciné.N\u2019oublions donc pas que tous les enfants qui feront leur entrée à l\u2019école ou dans les autres institutions d\u2019enseignement de la province, devront avoir été vaccinés contre la variole.Au cours des mois de juillet et d\u2019août, des cliniques ont eu lieu dans toutes les régions desservies par les Unités sanitaires de même que dans les villes qui possèdent leur propre bureau de santé.Porfitez-en, si vous ne l'avez déjà fait, pour conduire vos enfants à ces cliniques ou à votre médecin de famille afin d\u2019obtenir le certificat de vaccination indispensable à l\u2019admission à l\u2019école.Les règlements provinciaux d\u2019hygiéne décrétent que: « Toute corporation scolaire ou autre, ou toute personne ayant le contrôle d\u2019une école, d\u2019un collège, d\u2019un couvent, d\u2019une université ou d\u2019une autre maison d\u2019éducation, devra refuser d\u2019admettre dans NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 l'institution tout élève qui ne fournit pas de certificat, d\u2019un médecin pratiquant dans la province, de vaccination antivariolique réussie et ne remontant pas à plus de sept ans.L\u2019admission de chaque élève non vacciné constituera une offense distincte ».+ * PRIX DU DIABETE Le Revue «Le Diabéte» a décidé de consacrer un prix de cinquante mille francs à un mémoire traitant du diabète et des problèmes aussi bien cliniques, expérimentaux, thérapeutiques ou médico- sociaux qu\u2019il pose.Le Jury est composé par le Comité de Direction Scientifique de la Revue.Il décernera le prix au cours de son dîner annuel en mai.Pour cette année, les mémoires devront parvenir à la Rédaction, 21, rue Saint-Fiacre (2e) à Paris, avant le 31 janvier 1955.Ils devront être rédigés en français et dactylographiés en 3 exemplaires; ils ne devront pas dépasser 20 pages de format courant à simple interligne (figures et tableaux en sus).Un résumé obligatoire, en 3 exemplaires aussi, d\u2019une page environ devra accompagner le manuscrit.Pour tous renseignements, écrire à la Rédaction du « Diabète », 21, rue Saint-Fiacre, Paris (2e).À VENDRE Ameublement de bureau : pupitre, 3 chaises, 1 rayon et 1 armoire pour volumes, instruments de chirurgie.Téléphone : CRescent 0156 L'Union Méd.Canada LI Tome 83 \u2014 Sept.1954 TRASENTOL L.tension émotionnelle est au premier plan dans le tableau clinique des états spasmodiques du tractus gastro-intestinal.[ Très souvent, selon toute probabilité, le spasme est d\u2019origine psychique \u2014 le résultat de soucis, d'anxiété ou de frayeur.Neuro-Trasentine* et Trasentol* offrent une thérapie en 4 points pour contrebalancer à la fois les facteurs psychologiques et physiologiques: Effet spasmolytique semblable à celui de l\u2019atropine, sans troubles visuels ni sécheresse de la bouche.Action directe de relâchement sur la musculature lisse.Effet anesthésique diminuant la sensitivité de la muqueuse gastrique.BON \u2014 Sédation légère et efficace.*Marque déposée COMPAGNIE CIBA LIMITÉE MONTRÉAL | i71F REVUE DES LIVRES Le diagnostic bactériologique en pratique médicale.Armand NEVOT, prof.agrégé de bactériologie à la Faculté de Méd.de Paris.Un vol.de 430 pages, avec 115 fig.(3.400 fir.).\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1954.Il existe de nombreux ouvrages de microbiologie, traitant de bactériologie pure et de physiopathologie microbienne.Ces ouvrages n\u2019accordent pas toujours au diagnostic bactériologique toute la description minutieuse que cherche le praticien du laboratoire aux prises avec les examens habituels demandés par les cliniciens.Ces derniers sollicitent toujours des réponses rapides: aussi le biologiste, pour leur donner satisfaction, doit-il employer des méthodes simples ayant fait leurs preuves, plutôt que des procédés longs, aboutissant à des précisions d\u2019identification bactérienne parfois inutiles pour le diagnostic de la maladie ou pour son traitement.Ce sont ces techniques du diagnostic bactériologique en pratique médicale que les lecteurs trouveront décrites dans cet ouvrage, qui émane de l\u2019expérience didactique de l\u2019auteur.Il comprend cinq parties.Dans la première partie, relative à la technique bactériologique, sont soigneusement décrits: la préparation des milieux de culture usuels, les méthodes d\u2019isolement des germes aérobies et anaérobies, les moyens d\u2019expérimentation sur les animaux de laboratoire.La deuxième partie est consacrée à l\u2019identification pratique des microbes pathogènes pour l\u2019homme, en partant des produits pathologiques habituellement adressés au laboratoire.Les bactéries sont rangées par des familles suivant la classification de A.Prévot, de l\u2019Institut Pasteur de Paris.Cette partie de l\u2019ouvrage, qui comprend également le rappel de quelques notions fondamentales de bactériologie générale et d\u2019immunologie, est large- e + ® + ment illustrée par de nombreuses photomicrographies, des schémas et des tableaux résumant des caractères d\u2019identifications microbiennes.L\u2019étude de la sensibilité des bactéries aux antibiotiques constitue actuellement une investigation que tout bactériologiste doit pratiquer systématiquement sur le produit pathologique ou sur les germes isolés de ce produit.Aussi l\u2019auteur a-t-il donné un développement particulier à cette étude qui forme la troisième partie de son ouvrage, dans laquelle il expose: a) le titrage des antibiotiques dans les humeurs de l\u2019organisme; b) la détermination de la sensibilité des germes aérobies et anaérobies aux antibiotiques; c) la détermination de la sensibilité des germes aux sulfamides; d) la détermination de la sensibilité du bacille de Koch aux antibiotiques biologiques (streptomycine) et chimiques (P.A.S.rimi- fon).C\u2019est à l\u2019hygiène alimentaire qu\u2019est réservée la quatrième partie du volume.Les techniques d\u2019analyse des eaux y sont largement développées avec l\u2019appréciation des résultats qu\u2019elles fournissent.L'auteur donne ensuite quelques directives pour l'inspection bactériologique des denrées alimentaires d\u2019origine animale: viandes, laits, crèmes glacées, beurres, œufs, coquillages.La cinquième et dernière partie de l\u2019ouvrage est un exposé des principales indications relatives à l\u2019utilisation des prélèvements le plus fréquemment adressés au laboratoire: pus, sérosités, exsudats rhino-pharyngés et broncho-pulmonaires, sang, exsudats d\u2019origine génitale, urines, selles.Le jeune bactériologiste trouvera là les renseignements qui lui seront utiles pour la con- _\u2014 EP em A Sr Ses \u2014 L'Union Méd.Canada LII Tome 83 \u2014 Sept.1954 Pour l\u2019usage quotidien, le Veratrite est un agent hypotenseur recommandable et dépourvu de réactions secondaires fâcheuses.Il peut procurer une amélioration de la circulation, un abaissement progressif de la tension artérielle et une sensation de bien-être accru sans exiger un horaire compliqué ou un ajustement quotidien de sa posologie.Son prix économique, facteur important dans un traitement de longue haleine, milite en faveur du Veratrite comme médicament d'entretien de la plupart des malades hypertendus.Chaque tabule VERATRITE LITTÉRATURE ET ÉCHANTILLON ENVOYÉS AUX MÉDECINS contient: SUR DEMANDE.Veratrum viride 40 unités C.S.R.* Nitrite de sodium .1 grain Phénobarbital ._.14 grain Dose initiale : 2 tabules 3 f.p.j.après les repas.*Le titrage biologique des spécialités Irwin-Neisler 4 base de Veratrum Viride est maintenant établi en unités C.S.R.* L'\u2019équivalence thérapeutique en unités Craw est ap- ,î proximativement comme suit: \u2019 Unités Craw Unités C.S.R.3 40 10 130 Manufacturé par IRWIN, NEISLER & COMPANY, DECATUR, Illinois, U.S.A.Représentants exclusifs au Canada: HERDT & CHARTON, INC.- - 2077, Avenue du College McGill, Montréal ut 1072 REVUE DES LIVRES duite de ses investigations et pour l\u2019interprétation de leurs résultats.Au total, l\u2019ouvrage représente une documentation pratique, qui sera d\u2019un précieux secours à tous les biologistes et chefs de laboratoires d\u2019analyses médicales.Divisions de l'ouvrage Introduction: Les méthodes d\u2019étude et d\u2019identification des bactéries.\u2014 Caractères généraux des bactéries (tableau).\u2014 Classification des bactéries.I.\u2014 Technique bactériologique (72 pages) Examen microscopique.\u2014 Stérilisation.\u2014 Filtration.\u2014 Centrifugation.\u2014 Concentration en ions hydrogène (pH) des milieux de culture.\u2014 Milieux de culture pour microbes aérobies.\u2014 Milieux de culture pour microbes anaérobies.\u2014 Isolement des germes aérobies.\u2014 Isolement des germes anaérobies.\u2014 Animaux de laboratoire.\u2014 Travail du verre.II.\u2014 Les microbes pathogènes pour l\u2019homme (242 pages) Famille des Micrococcaceæ; des Neisseriaceæ; des Parybacteriaceæ; des Enterobacteriaceæ (Diagnostic bactériologique de la fièvre thyphoïde) ; des Pseudo- monadaceæ; des Bacteriaceæ; des Vibrionaceæ; des Bacillaceæ; des Actinomycetaceæ: des Mycobacte- riacece.\u2014 Bactéries anaérobies pathogènes.\u2014 Bactéries anaérobies agents de toxémies.\u2014 Bactéries anaérobies des gangrènes chirurgicales.\u2014 Bactéries anaérobies des gangrènes médicales et des septicémies.\u2014 Famille des Spirochæœtaceæ.IIT.\u2014 Antibiotiques (31 pages) Titrage des antibiotiques dans les humeurs de l\u2019organisme.\u2014 Détermination de la sensibilité des germes aérobies aux antibiotiques.\u2014 Détermination de la sensibilité des germes anaérobies aux antibiotiques.\u2014 Détermination de la sensibilité des germes aux sulfamides.\u2014 Détermination de la sensibilité du bacille de Koch aux antibiotiques biologiques et chimiques.\u2014 Titrage du pouvoir antiseptique d\u2019un corps chimique.IV.\u2014 Hygiène alimentaire (36 pages) Analyse bactériologique des eaux de consommation.\u2014 Empoisonnements alimentaires.\u2014 Examen bactériologique des viandes fraîches: des viandes manipulées; des conserves alimentaires; du lait; des laits modifiés; des glaces et des crèmes glacées: des beurres; des œufs; des coquillages.V.\u2014 Prélèvement et examen de produits pathologiques (24 pages) Pus.\u2014 Liquides pleuraux.\u2014 Liquides péritonéaux et articulaires.\u2014 Liquide céphalo-rachidien.\u2014 Exsudats rhino-pharyngés.\u2014 Exsudats broncho-pulmo- L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 naires.\u2014 Sang.\u2014 Exsudats d'origine génitale.\u2014 Ulcérations génitales.\u2014 Urines.\u2014 Selles.Index alphabétique.Equilibres et déséquilibres biologiques.\u2014 Sensibilité organique et méthodes thérapeutiques.Dr Maurice VERNET.Un vol.de 278 pages.(1.200 fr.) \u2014 G.Doin et Cie, édit.Paris, 1954.Le présent ouvrage est appelé à un profond retentissement dans tous les milieux qui s\u2019intéressent à la biologie, tant par sa nouveauté que par sa concision et les lumières qu\u2019il projette sur de nombreux problèmes.Il est l\u2019aboutissement et comme la synthèse biologique des ouvrages antérieurs de l\u2019auteur, dont « La Sensibilité organique » et «La vie et la mort » avaient jeté les bases.Il constitue en particulier une investigation et une perspective tout à fait nouvelles et d\u2019une richesse exceptionnelle, pour le médecin à tous les niveaux de ses études et dans tous les ordres de la Biologie.Fondé essentiellement sur la Physiologie, il étudie, dans sa première partie, le mécanisme du fonctionnement organique à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique, c\u2019est-à-dire à travers les équilibres qu\u2019il réalise et les déséquilibres qui l\u2019affectent.S\u2019efforçant de dégager les seules données fondamentales, il présente, dans la deuxième partie, de façon claire et accessible les processus qui interviennent dans la régulation des rythmes et fonctions de la santé et de la maladie: équilibres cellulaires, équilibres des échanges nutritifs et respiratoires, équilibres endocriniens, équilibres cardio-vaseulaires et thermiques.La troisième partie est consacrée tout entière aux Déséquilibres de l\u2019Adaptation, de la Régulation et de la Défense organiques.Parmi les premiers, le Dr Vernet ouvre, par une étude originale, un chapitre nouveau de la Pathologie, celui des « Dysesthésies », et il présente une interprétation claire des diverses modalités de l\u2019Anaphylaxie et des Allergies, en montrant le véritable processus pa- thogénique de ces états de sensibilisation.\u2014 L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 du début de la grossesse jusqu\u2019à la fin de la lactation Spécifiez les CAPSULES Ds PRENATAL LEDERLE C\u2019est ce dernier mot qui assure à vos malades la formule de Lederle LITI Un supplément alimentaire balancé, spécialement mis au point pour rencontrer les besoins métaboliques accrus de la mère et satisfaire les besoins du développement du fœtus.Une à trois Capsules de Prénatal par jour assurent un apport complet de vitamines et de minéraux.Chaque capsule inodore et ne provoquant pas d\u2019éructations contient: Vitamine À 2,000 U.I.Vitamine D 400 U.I.Thiamine-HC1 (B;) 2 mg.Riboflavine (Bs) 2 mg.Niacinamide 7 mg.Vitamine By, 1 microgramme provenant de la fermentation streptomycique titrée micro- biologiquement Vitamine K (Ménadione) 0.5 mg.Acide Ascorbique (C) 35 mg.Calcium (sous forme de CaHPO,) 250 me.Phosphore (sous forme de CaHPO,) 190 mg.Phosphate Dicalcique Anhydre (CaHPO,) 0.869 gramme Fer (sous forme de FeSO,) 6 mg.Sulfate Ferreux Desséché 20 mg.Manganèse (sous forme de MnSO,) 0.12 mg.Sulfate de Manganese 0.37 mg.(La nécessité du manganèse dans la nutrition humaine n\u2019a pas été établie.) Présentées en flacons de 100 et de 1,000 MARQUE DÉPOSÉE LEDERLE LABORATORIES DIVISION, NORTH AMERICAN Cyanamid LIMITED 9550 Avenue Royalmount, Ville Mont Royal, Montréal, Québec 1074 En ce qui concerne les Déséquilibres de la Régulation, les principales maladies de la nutrition, l\u2019Obésité, le Diabète sucré, la Goutte, les maladies endocriniennes, sont analysés dans leur mode de production.Les Déséquilibres de la Défense, enfin, comportent deux chapitres d\u2019une importance exceptionnelle, de par la lumière qu\u2019ils projettent sur tout le fonctionnement biologique, celui du «'Terrain » et celui des « Processus de l\u2019Immunité ».Dans une quatrième partie, le Dr Vernet consacre un développement particulier aux « Déséquilibres de la vie mentale », observés sous le jour de leurs rapports avec le mécanisme biologique lui-même.L'ouvrage s\u2019achève par une large étude des méthodes thérapeutiques en fonction des données physiologiques, cliniques et expérimentales, actuellement acquises sur la Sensibilité organique, données qui permettent une compréhension plus approfondie des diverses actions thérapeutiques, et ouvrent la voie à des investigations nouvelles dans le domaine des maladies qui préoccupent actuellement tout esprit attentif à la médecine.Ouvrage d\u2019analyse et de synthèse qui doit figurer dans toute bibliothèque où la connaissance du fonctionnement de la vie a sa place.R.TURPIN et collaborateurs.\u2014 Thérapeutiques récentes \u2014 Antibiotiques \u2014 Radioisotopes \u2014 A.C.T.H.\u2014 Cortisone \u2014 Resi- nes échangeuses de cations \u2014 Isoniazide \u2014 Hyperthyroidies.Un vol.de 152 pages, avec figures et tableaux.(800 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1954.Les « Conférences d\u2019Actualités Pratiques » de la Faculté de Médecine de Paris rassemblent chaque année les praticiens ou les spécialistes désireux de se tenir au courent des perfectionnements récents ou d\u2019acquérir, sur une question nouvelle, des informations de dernière heure.Plusieurs auteurs traitent un même sujet, vu sous les angles successifs du médecin, du REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 biologiste, du radiologue, du chirurgien ou du spécialiste, en un «colloque » très vivant.Le succès particulier rencontré par certaines de ces conférences a amené les organisateurs à en publier le texte pour les médecins n'ayant pu y assister, aussi bien que pour ceux qui désirent reprendre à tête reposée, la lecture de ce qu\u2019ils ont entendu, enrichi des précisions, des chiffres, des nuances que ne permet pas toujours l\u2019exposé oral.Les textes ont été groupés cette année en quatre fascicules correspondants aux spécialités ou groupes de spécialités.Le fascicule consacré aux « Thérapeutiques récentes » présente une mise au point sur des sujets d\u2019actualité: antibiotiques, radio-isoto- pes, ACTH, cortisone, isoniazide, ainsi qu\u2019une monographie sur les hyperthyroïdies.Traitement par les antibiotiques.\u2014 Le traitement des infections par les antibiotiques, par R.Turpin et Y.Chabbert: Règles générales du traitement.Rôle du laboratoire en antibiothérapie.Les associations.Les traitements adjuvants de l\u2019antibiothérapie.Les radio-isotopes en clinique et en thérapeutique : un exemple de l'application médicale des isotopes radioactifs: 1131, par René Fauvert.\u2014 Les acquisitions thérapeutiques récentes: Indications actuelles de l\u2019AC.T.H.et de la cortisone.L\u2019hydrocortisone, par H.Bricaire.\u2014 Les résines échangeuses de cations, par Claude Laroche: Etude biologique.Présentation.Indications.Incidents et accidents.\u2014 L\u2019isoniazide, par G.Brouet: Résultats cliniques.La place actuelle de l\u2019IN.H.dans le traitement de la tuberculose pulmonaire.Les hyperthyroïdies: Notions de physiologie hypo- physo-thyroïdienne et physio-pathologie des hyperthyroïdies, par J.-C.Savoie: La thyroxine.Le cycle de l\u2019iode.Les mécanismes histo-chimiques thyroi- diens.Le rôle de la thyréostimuline.L\u2019équilibre thyroxine-thyréostimuline.Physio-pathologie de la maladie de Basedow.\u2014 Diagnostic, par Gilbert- Dreyfus.\u2014 Traitements modernes de l\u2019hyperthyroi- die, par Marcel Zara.\u2014 Traitement chirurgical des hyperthyroïdies, par Sylvain Blondin.\u2014 Iodothéra- pie, par Gilbert-Dreyfus. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 On obtient d\u2019une façon prolongée, avec les comprimés Cardalin, des niveaux sanguins plus élevés qu\u2019avec une thérapie intraveineuse \u2014 en toute sécurité.Même 3 gr.ne suffisent pas L'inefficacité relative des comprimés de 3 gr.d'aminophylline, donnés deux fois par jour, s'explique par la faible teneur du sang en théophylline qu'ils produisent.Cette faible concentration sanguine obtenue par voie buccale contribue aussi à expliquer la grande divergence entre les résultats obtenus au moyen d'injections intraveineuses et les résultats obtenus avec l'aminophylline administrée en petites doses ordinaires par voie buccale.L'aminophylline administrée par voie intraveineuse s'est révélée convenablement efficace dans le traitement de certaines affections cardiaques et respiratoires.p/100 ce 1500 2 comprimés non enrobés de 100 mg.TENEUR DU PLASMA EN THÉOPRYLLINE = 8 2 .HEURES | 2 3 4 5 6 7 APRÈS ADMINISTRATION Teneur du sang en théophylline après l'ingestion d\u2019aminophylline entérique enrobée et non enrobée (Adapté de Waxler & Shack, J.A.M.A.143: \"736, 1950) Les niveaux sanguins obtenus avec les comprimés de 3 gr.d\u2019aminophylline entériques enrobés ou non enrobés atteignent à la moitié environ des niveaux produits par 3 gr.d'aminophylline intraveineuse \u2014 et approximativement au quart des niveaux obtenus avec la dose préférée de 715 gr.d'aminophylline intraveineuse.Cardalin produit un effet thérapeutique complet par voie buccale Un ou deux comprimés Cardalin administrés par voie buccale ont provoqué une teneur du sang en théophylline plus forte et plus prolongée que 7 14 gr.d\u2019aminophyl- line administrée par voie intraveineuse.C'est à cette haute teneur du sang en théophylline qu'il faut attribuer les excellents résultats cliniques obtenus avec les comprimés Cardalin administrés par voie buccale dans la bronchite asthmatique, les affections cardiaques et les oedèmes.p/100 c& 1500 12% DEUX COMPRIMES CARDALIN UN COMPRIME 1000 CARDALIN / \"250 7% GR.D'AMINOPHYLLINE LV, \u2014\u2014p TENEUR DU PLASMA EN THEOPHYLLINE ë 1 2 3 4 5 6 APRÈS ADMINISTRATION H 8 9 On a obtenu d'une façon prolongée, avec un ou deux comprimés Cardalin administrés par voie buccale, des concentrations plasmatiques en théophylline plus élevées qu\u2019avec 714 gr.d\u2019aminophyl- line administrée par voie intraveineuse.(Adapté de Bickerman, H.À., et al.: Ann.Allergy 11: 301, 1953, et Truitt, E.B., Jr., et al: J.Pharmacol.& Exper.Therap.100: 309, 1950) Chaque comprimé Cardalin contient: Aminophylline.\u2026\u2026\u2026\u2026.50gr.Hydroxyde d'alumine.2.5 gr.Aminobenzoate d\u2019éthyle.0.5 gr.Empaquetage: Bouteilles de 50, 100, 500 et 1000 comprimés.Egalement disponible: Cardalin-Phen, contenant 14 gr.de phénobarbital par comprimés.Comprimés Gardalin EN INSTANCE DE BREVET IRWIN, NEISLER & COMPANY e DECATUR, ILLINOIS Boîte postale 157, Toronto, Ontario Spécialités pharmaceutiques d\u2019ordonnance depuis 1886 Représentants exclusifs dans la province de Québec et Ottawa.Herdt & Charton Inc.° Montréal LIV 1076 Stérilité féminine, masculine.\u2014 P.FUNCK- BRENTANO, H.BAYLE et R.PALMER.Un volume de 80 pages, avec 14 figures.(400 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1954.Les « Conférences d\u2019Actualités Pratiques » de la Faculté de Médecine de Paris rassemblent chaque année les praticiens ou les spécialistes désireux de se tenir au courant des perfectionnements récents ou d\u2019acquérir, sur une question nouvelle, des informations de dernière heure.Plusieurs auteurs traitent un même sujet, vu sous les angles successifs du médecin, du biologiste, du radiologue, du chirurgien ou du spécialiste, en un «colloque » très vivant.Le succès particulier rencontré par certaines de ces conférences a amené les organisateurs à en publier le texte pour les médecins n\u2019ayant pu y assister, aussi bien que pour ceux qui désirent reprendre à tête reposée, la lecture de ce qu\u2019ils ont entendu, enrichi des précisions, des chiffres, des nuances que ne permet pas toujours l\u2019exposé oral.Les textes ont été groupés cette année en quatre fascicules correspondant aux spécialités ou groupes de spécialités.REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Le fascicule consacré à la stérilité envisage non seulement les divers aspects de l\u2019exploration, du diagnostic et du traitement de la stérilité féminine, mais aussi le problème, abordé seulement depuis une quinzaine d\u2019années, de la stérilité masculine.C\u2019est une mise au point pratique de l\u2019ensemble de ces questions, qui font part des dernières acquisitions utiles.Pathogénie, par Raoul Palmer.Exploration et diagnostic, par Raoul Palmer: Recherche d\u2019une infection latente.Evaluation du mari.Etude de l'ascension des spermatozoïdes.Etude de la perméabilité tubaire.Etude du fonctionnement ovarien et des possibilités de nidation.Traitement médical de la stérilité féminine, par Raoul Palmer: Facteurs vulvo-vaginaux.Facteurs cervicaux.Facteurs utérins.Facteurs tubaires.Facteurs ovariens.Traitement chirurgical de la stérilité féminine, par Paul Funck-Brentano: Interventions sur le vagin; sur le col utérin; sur le corps utérin; sur les trompes.Stérilité masculine d\u2019origine excrétoire, par H.Bayle: Causes infectieuses.Causes dystrophiques.Causes traumatiques.Causes congénitales.Conséquences de l\u2019oblitération des voies excrétrices.Conséquences histologiques de l\u2019oblitération.Statistiques opératoires. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 DANS LE PARKINSONISME Artane Trihexyphénidyle Lederle + POUR UN SOULAGEMENT SYMPTOMATIQUE MARQUÉ L\u2019ARTANE est efficace dans .le traitement symptomatique du Parkinsonisme.Il .soulage le spasme musculaire caractéristique de la maladie, et produit une légère stimulation cérébrale.L\u2019ARTANE s\u2019emploie avec succès dans le traitement des trois formes de parkinsonisme \u2014 post-encépha- litique, artério-scléreux et idiopathique.Il est essentiellement atoxique et peut être employé quand le traitement doit être poursuivi pendant longtemps.L\u2019ARTANE s\u2019administre par la bouche, en comprimés.On commence par 1 mg.le premier jour, augmentant graduellement, selon la réponse, jusqu\u2019à 6-12 mg.par jour.Les COMPRIMES d\u2019ARTANE, titrés à 2 mg.et à 5 mg., sont conditionnés en flacons de 100 et 1,000.* , , MARQUE DEPOSEE LEDERLE LABORATORIES DIVISION North American Cyanamid Limited 5550 AVENUE ROYALMOUNT VILLE MONT ROYAL, MONTREAL, QUEBEC grocsroertesiiaris ARTANE# S441-pipochtyts-1-ghtoyl-1- =.mreakasst-1.préanes hydrechieniie = my.TABLETS WIE Eade at Low Protubits Disperk.7 5 oat Peoscription.Lewrshure $v z fo plysiciams 5e request.7 RSA ITI rn: \u201c3 Union Medicale du Canada\u2019 en 1885 Septembre 1885.La Variole et le Bureau de Santé Dans un récent article au sujet de l\u2019épidémie de variole, nous avons exprimé, sur le compte du Bureau de Santé, des pensées qui, par quelques-uns, ont été taxées d\u2019exagération, et que l\u2019on a même qualifiées d\u2019injustes.On voudra bien nous permettre quelques mots d\u2019explication.Nous nous sommes plaint des lenteurs du Comité de Santé à prendre des mesures réellement efficaces contre l\u2019épidémie de variole.Nous avons mentionné en particulier les retards apportés à la construction d\u2019un hôpital pour les victimes du fléau.Nous avons dit enfin que les seules mesures prises par le Comité consistaient dans la désinfection des locaux et dans l'affichage du mot picotte sur la porte des logis infectés.Que le Comité de Santé ait été lent à prendre les mesures nécessaires contre l\u2019épidémie, tout le monde l\u2019a admis avant nous, sauf peut-être les membres du Comité, et en le constatant, nous n\u2019avons été que l\u2019écho de la plainte publique.N'est-ce pas en avril que l\u2019épidémie s\u2019est déclarée?Quelles mesures sérieuses ont donc été prises alors?Est-ce le renvoi de M.le docteur Larocque?Est-ce le retard apporté à la nomination de son successeur?Est-ce la mauvaise vaccination dont nous avons été gratifiés alors et dont les résultats ont été tels qu\u2019ils ont forcé les autorités à cesser toute vaccination pour plus d\u2019un mois?Est-ce enfin le fait d\u2019attendre à la fin de juillet ou au commencement d\u2019août pour décréter la construction d\u2019un hôpital alors que celui-ci aurait dû être construit en mai ou juin?Actuellement, le Bureau de Santé fait les plus louables efforts pour combattre la variole et pour assainir autant que possible notre ville.L'hôpital projeté est prêt à recevoir des malades: on s\u2019est procuré du bon vaccin et la vaccination se fait d'une manière fort convenable, tant par le Bureau de Santé que par les médecins en pratique privée.On recherche attentivement tous les cas de variole et on fait l\u2019impossible pour cela ; les règlements municipaux sont mis en vigueur autant qu\u2019ils peuvent l'être, et l\u2019on veille attentivement à leur exécution.Tout cela est fort bien, mais, qu\u2019on nous permette de le dire.tout cela aurait dû être fait avant aujourd'hui, et, au moment où notre article a été écrit, les choses en Étaient encore au point que nous avons indiqué.C\u2019est ze qui explique et justifie l\u2019attitude que nous avons prise dans le temps.Nous sommes prêts à seconder les efforts du Bureau de Santé pour promouvoir du mieux possible les intérêts sanitaires de la ville, et nous voulons nous y employer autant que nous le pourrons, mais nous ne voulons pas renoncer à notre droit, fort naturel, on en conviendra, de faire les remarques que nous jugeons nécessaires; on peut différer d\u2019opinion avec le Comité sans être nécessairement dans le tort pour cela.On à accusé la profession médicale canadienne- française de vouloir entraver l\u2019action des autorités sanitaires.L\u2019imputation est aussi fausse qu\u2019injuste.Nous sommes des mieux disposés, quoiqu\u2019on en dise, et si, au Bureau de Santé on consultait plus volontiers les membres de la profession médicale, ce ne serait peut-être pas un mal.Nous avons une Commission consultative d'Hygiène.Est-ce qu\u2019elle fait quelque chose?La consulte-t-on de temps à autre?* * * Nous affirmons de nouveau qu\u2019à notre sens il est absurde et vexatoire de forcer un médecin à rapporter au Bureau de Santé les noms et la résidence des variolés qu\u2019il peut avoir sous ses soins.Semblable tâche devrait être laissée au chef de famille.Nous savons que la chose se pratique aux Etats-Unis, mais ce fait est loin de prouver la justesse et l\u2019équité de la mesure.Un médecin courageux, M.le docteur Jacques, a osé résister au règlement.On lui a prouvé en cour de Recorder que, légalement, il avait tort.La question a été débattue au point de vue secret professionnel purement et simplement.Le point est controversé et nous n\u2019insisterons pas, mais nous ne voyons pas quel avantage il y a pour le Bureau de Santé à recevoir la déclaration du médecin, de préférence à celle du chef de famille.Plutôt que d\u2019être forcés de se constituer délateurs, certains médecins refusent absolument de traiter des cas de variole.Par contre, certains parents, ne voulant pas s\u2019exposer à être dénoncés par leur médecin, prennent le parti de ne pas requérir pour leurs malades les secours de l\u2019homme de l\u2019art.Si c\u2019est là le résultat que l\u2019on veut obtenir!.Secret professionnel A l\u2019occasion du jugement rendu par Son Honneur le Recorder dans le cas de M.le docteur Jacques, l\u2019on a agité la question longtemps débattue du secret professionnel.L\u2019on s\u2019est demandé: Un médecin peut- il, sans forfaire à l'honneur, dévoiler un secret à lui confié dans l\u2019exercice de sa profession?Se présente-t-il des cas où un médecin est tenu de dévoiler ainsi le secret professionnel?Il est certain que le secret professionnel ne lie pas le médecin de la même manière que le secret de la confession lie le confesseur, au moins au point de vue pur et simple de conscience.Cependant, le médecin n\u2019en est pas moins tenu en honneur, de garder secret, en règle générale, ce qui lui a été confié comme Pour \u2018visionner vos diachromies de 2 x 2 pouces \u2026 à votre bureau .n'importe quand Pee EXPOSER UN CAS DANS TOUS SES DETAILS, il est important d\u2019avoir beaucoup de diachromies.Pour une présentation rapide et bien faite, vous constaterez qu\u2019une Visionneuse de Table Kodaslide 4X, est ce qu\u2019il y a de mieux.Vous la branchez simplement et procédez.Avec la \u2018\u201c4X\u201d, vous pouvez regrouper votre collection, retracer l'historique des cas traités devant un groupe de collègues ou au cours de conférences intimes à votre bureau\u2014le jour ou la nuit\u2014méme dans une pièce normalement éclairée.La Visionneuse de Table Kodaslide 4X \u2014 combinant un projecteur et un écran noir pour Vision Diurne\u2014 permet de montrer les transparents en couleurs, format 35 mm ou Bantam, et d\u2019en faire ressortir tout le contraste sur une image agrandie plus de quatre fois.Prix, seulement $50\u2014 sujet à changement sans préavis.Pour de plus amples renseignements, voyez votre marchand S\u2019appareils photographiques, ou écrivez à: CANADIAN KODAK CO., LIMITED Toronto 9, Ontario Contribuant au progrès de la médecine par la Photographie et la Radiographie Cancer de la lèvre.A gauche; 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l\u2019obligation morale qui leur est imposée suffit pour que ces personnes ne puissent être forcées de rendre témoignage en justice.Cependant, cédant aux injonctions des magistrats, si elles se laissent aller à rendre compte de ce qu\u2019elles devraient tenir secret, nous ne croyons pas qu\u2019elles enfreignent l\u2019article 378; en présence des magistrats, leur volonté n\u2019a pas été entièrement libre, et l\u2019on ne pourrait sans injustice punir celui qui n\u2019a fait qu\u2019obéir aux ordres d\u2019une autorité agissant régulièrement dans le cercle de ses attributions.» Dans notre province, l\u2019obligation du secret professionnel n\u2019a pas, que nous sachions, occupé l\u2019esprit de nos législateurs, de sorte qu\u2019aucune pénalité ne peut être infligée à un médecin violant le secret, en tant que secret.Si les faits dévoilés sont de nature à nuire à la réputation ou de caractère diffamatoire.l'individu lésé pourra peut-être instituer contre le médecin une action en dommages pour diffamation de caractère, etc, mais c\u2019est tout.Il n\u2019en est pas de même en France où le secret professionnel, en dehors des cas où la loi oblige le médecin à se porter dénonciateur, est garanti au client, comme nous l\u2019avons vu, par l\u2019article 378 du Code pénal.Si notre Code pénal renfermait un article semblable, il y aurait bien des délinquants.Délinquant le médecin aui donne un certificat de mortalité où est étalé en toutes lettres le nom de la maladie du défunt.Délinquant celui qui délivre un certificat de maladie à un sujet qui veut faire assurer sa vie.Et que d\u2019autres.Le secret professionnel n\u2019est donc pour nous qu\u2019une affaire d'honneur.Souvent nous l\u2019enfreignons, il est vrai, mais alors seulement que la réputation de nos clients n\u2019en est pas affectée.La justice nous ordonne- t-elle de parler?La question n\u2019est plus aussi simple.Vaut-il mieux obéir à la justice qu\u2019à l'honneur?La maxime posée par Faustin Hélie peut nous servir de guide, à défaut d\u2019autres.« Les médecins ne sont tenus à une inviolable discrétion qu\u2019autant que les maladies, nar leur nature, exigent le secret, et qu\u2019autant que le secret leur a été demandé.» Dans le cas de M.le docteur Jacques, la maladie dont il s\u2019agissait n\u2019était pas de nature à exiger le secret.mais celui-ci avait été promis, et nous croyons aue notre ami a bien fait de ne pas enfreindre sa promesse. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 LVIII POUR TRAITER ET STABILISER LES PATIENTS ANEMIQUES PERIHEMIN, le maître constructeur de globules rouges et d\u2019hémoglobine, contient Tous les facteurs hémopoiétiques essentiels indiqués chez la plupart de vos patients anémiques.Le facteur intrinsèque, sous une forme purifiée et concentrée, facilite l\u2019absorption de la Vitamine B,,, contribuant ainsi à l\u2019amélioration hématologique rapide.CAPrsULES: Flacons de 100, et 1,000.CAPSULES JR pour enfants: Flacons de 100 et 1,000.CONTIENT MAINTENANT LE FACTEUR INTRINSÈQUE PURIFIÉ ET CONCENTRÉ FER e Blo ® C ® ACIDE FOLIQUE © ESTOMAC @ FRACTION HEPATIQUE @ FACTEUR INTRINSEQUE PURIFIE ET CONCENTRE LEDERLE LEDERLE LABORATORIES DIVISION NORTH AMERICAN Cyanamid LIMITED 5550 AVENUE ROYALMOUNT VILLE MONT-ROYAL, MONTREAL, QUEBEC Marque déposée NOUVELLES PHARMACEUTIQUES NOMINATION Il nous fait plaisir d\u2019annoncer la nomination du docteur Roger Gaudry au poste d\u2019Assistant Directeur des Recherches pour la compagnie Ayerst, McKenna & Harrison Limited, importante maison de produits pharmaceutiques de Montréal.Le docteur Gaudry a fait ses études au Petit Séminaire de Québec, a l\u2019Ecole Supérieure de Chimie, maintenant la Faculté des Sciences de l\u2019Université Laval, et à l'Université d\u2019Oxford à titre de boursier Rhodes.Nommé en 1940 chargé du cours de chimie générale et organique à la Faculté de Médecine de Laval, il devenait agrégé en 1945 et professeur titulaire à la même faculté en 1950.Attaché au Département de Biochimie de la Faculté de Médecine, il s\u2019est fait connaître au Canada et à l\u2019étranger par ses travaux de recherches et ses nombreuses publications dans le domaine de la synthèse et du métabolisme des acides * MARQUE DE FABRIQUE DE LA NEOMYCORSONE suppression simultanée dinflammation et d\u2019infection oculaires dans différentes formes de conjonctivite, kératite, ulcération marginale et de trauma mécanique, thermique et chimique onguent ophtalmique A Tubes-applicateurs de 1 drachme Chaque gramme de Néosone contient: Acétate de Cortisone Sulfate de Néomycine (équivalent à 3,5 mg de base de néomycine) UPJOHN see ss sss sss 000 eee \".a.produits pharmaceutiques supérieurs depuis 1886 Il HE UPJOHN COMPANY OF CANADA 865 York Mills Road, Toronto 6, Ont.e-e.ve aminés.Il fut trois fois récipiendaire du prix des concours scientifiques de la province de Québec.Récemment, le Docteur Gaudry se rendait en France faire une série de conférences sous les auspices de l\u2019Institut Scientifique franco-canadien et a titre d'invité de la Société Chimique de France.Membre de la Société Royale du Canada, il occupe cette année le poste de vice-président de l\u2019Institut de Chimie du Canada.+ + LES VICTIMES DE MALADIES DE FOIE PEUVENT DÈS MAINTENANT CONSIDÉRER L'AVENIR AVEC PLUS DE CONFIANCE L\u2019espoir renaît pour des millions de gens qui, dans le monde entier, souffrent de maladies de foie, grâce à la thérapuetique moderne mise au point depuis la découverte des antibiotiques.Les maladies de foie sont souvent plus dangereuses que certaines autres maladies qu\u2019on craint d\u2019ordinaire davantage.C\u2019est ainsi qu\u2019en Bolivie les maladies de foie et du canal biliaire ont fait, au cours d\u2019une année récente, près de deux fois plus de victimes que le cancer.Au Japon, en 1950, on a constaté près de sept fois plus de décès dus à une seule maladie de foie \u2014 la cirrhose \u2014 qu\u2019à l\u2019influenza.Aux Indes, des centaines de bébés, âgés de 6 à 18 mois, meurent chaque année d\u2019une cirrhose insidieuse, c\u2019est-à-dire d\u2019une dégénérescence du foie.Selon des rapports récents, cependant, il semble s'avérer que, grâce aux antibiotiques, ces enfants pourraient avoir la vie sauve.Le docteur P.Krishna Rao, de Bangalore, écrit dans Les Annales de l\u2019Académie des Sciences de New-York, qu\u2019après traitement à la ter- ramycine, la thérapie étant complétée par des éléments nutritionnels essentiels, « des enfants qui autrement seraient morts, sont toujours en vie ».Une autre maladie, qui atteint le foie, le kwashior- kor, est probablement la plus mortelle parmi celles qui s\u2019attaquent aux enfants.Constatée pour la première fois en Afrique, elle est répandue dans le monde entier.De récentes expériences effectuées sur des animaux ont conduit à la conclusion qu'il est possible d\u2019accorder aux enfants une protection contre la maladie en ajoutant à leur régime de petites quantités d\u2019antibiotiques tels que la terramycine.La maladie de foie, l\u2019hépatite infectieuse \u2014 communément appelée jaunisse \u2014 est à l\u2019origine de graves épidémies dans de nombreuses régions du monde.Il n\u2019existe pas de traitement médical bien établi contre l\u2019hépatite infectieuse. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Pour un renversement efficace du temps de Prothrombine dangereusement prolongé Retour rapide à des niveaux sûrs Le MEPHYTON est le premier antagoniste a action rapide et infaillible dans l\u2019hypoprothrombinémie provoquée par le DicumarolR et autres anticoagu- EMULSION DE lants du genre.Il n\u2019a pas été signalé que le MEPHYTON provoquait des effets secondaires s\u2019il est administré tel que recommandé.L'action du MEPHYTON se fait sentir en l\u2019espace de quelques minutes et l\u2019hémorragie cesse habituellement en (Marque déposée) moins de 3 heures.Le renversement du temps de (ÉMULSION DE prothrombine s\u2019opère en moins de 4 à 12 heures.VITAMINE K; MERCK) Documentation sur demande Recherches et production (f MERCK & CO.LIMITED au service du public.3 Chimistes fabricants MONTRÉAL TORONTO - VANCOUVER + VALLEYFIELD 1084 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES Ces constatations révèlent que OPRANTAL est un agent anticholinergique bien toléré pour traitement d\u2019ulcères gastriques.Soulagement des symptômes.PRANTAL a soulagé 117 patients sur 124.\u201cLes symptômes ont disparu chez 103 patients en moins de vingt-quatre heures\u201d, tandis que tous les symptômes ont été enrayés au bout de deux à sept jours chez 14 autres.Cicatrisation.PRANTAL a contribué a la cicatrisation des ulcères chez 94 patients.Chez ces 94 patients examinés au rayon X, \u201cla radiographie révélait la cicatrisation chez 80 d\u2019entre eux, et une cicatrisation satisfaisante mais encore incomplète chez 14.\u201d Réactions secondaires\u2026 PRANTAL s\u2019avéra remarquablement exempt de réactions secondaires.On ne constata aucune réaction secondaire chez 402 (84%) des 480 patients traités au PRANTAL par voie orale.PRANTAL* Méthylsulfate, marque de mé- thylsulfate de diphenméthanil.REPETABS* Comprimés Schering a action répétée.Seley \u201cNoms déposés L\u2019Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 Cependant, des résultats encourageants ont été observés par des médecins chiliens, les docteurs H.Ducci et R.Katz, qui, dans un article publié par la revue américaine Gastroenterology, affirment que la terramycine, administrée en même temps que la cortisone aurait sauvé la vie de jeunes malades gravement atteints d\u2019hépatite et qui se trouvaient déjà dans le coma.« Au cours de notre longue expérience dans les soins de l'hépatite aiguë, disent-ils, nous n\u2019avions jamais eu l\u2019occasion, jusqu\u2019à ces derniers temps, de constater une guérison après que le malade soit tombé dans le soma.» + + LES PROGRES ACQUIS AU CANADA DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ PUBLIQUE SONT SOULIGNÉS AU COURS DE L'INAUGURATION D'UNE USINE Les moyens dont dispose le Canada dans le domaine médical et de la santé s'étendent actuellement plus rapidement que jamais, C\u2019est ce qu\u2019a fait ressortir M.Donald S.Gilmore, président du conseil d\u2019administration et directeur de la société Upjohn, qui a également affirmé que les soins médicaux qu\u2019on peut obtenir maintenant au Canada, ainsi que les programmes de recherches dans ce domaine sont parmi les premiers au monde; et, a-t-il ajouté, les progrès vont toujours croissants.M.Gilmore, qui dirige l\u2019une des plus importantes firmes de produits pharmaceutiques aux Etats-Unis et dont l\u2019activité au Canada remonte fort loin, a fait ces déclarations à l\u2019occasion de l\u2019inauguration à Toronto d\u2019un laboratoire et d\u2019un nouvel immeuble pour les bureaux de la société canadienne Upjohn.«La société canadienne Upjohn, a déclaré M.Gilmore, est heureuse de participer à l\u2019accroissement régulier de l\u2019arsenal de la santé au Canada.« La construction de la nouvelle usine Upjohn est une manifestation de la confiance que nous avons tous dans l\u2019avenir du Canada.«C\u2019est depuis environ 25 ans que notre activité se développe au Canada et ce pendant une période de croissance sans précédent.Et pourtant, malgré tous les progrès réalisés, jamais l\u2019avenir nous a-t-il semblé plus prometteur.» M.Robert S.Jordan, président de la société canadienne Upjohn, a déclaré que celle-ci emploie environ 100 personnes.Il a ajouté que ce chiffre s'accroît au fur et à mesure des besoins.L'usine, située dans la région de Don-Mills, an nord de Toronto, s\u2019étend sur une surface de 20.000 pieds carrés, selon ce qu\u2019a déclaré M.Jordan qui a ajouté qu\u2019il serait possible de l\u2019étendre jusqu\u2019à 200.000 pieds carrés. L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 LXII Preuves Irréfutables en faveur du traitement Berex Succinate-Salicylate Cinq médecins, spécialistes dans les affections arthritiques et rhumatismales, collaborèrent récemment dans une étude faite afin de déterminer la valeur relative de l\u2019acide acétylsalicylique, et d\u2019un composé de succinate de calcium avec acide acétylsalicylique (Berex) * dans le traitement des troubles arthritiques.Leur rapport complet, paru dans le \u201cDelaware State Medical Journal\u201d, de janvier 1954, sur le traitement et les résultats obtenus chez 217 cas, vous sera envoyé sur demande.Les cinq médecins en sont venus aux conclusions textuellement citées dans leur rapport : En comparant l'efficacité thé- Les résultats obtenus démon- rapeutique des deux prépara- trent que l\u2019action de la com- tions, le \u2018\u2018succinate-salicylate\u201d binaison \u2018\u2018succinate-salicylate\u2019\u2019 et l'acide acétylsalicylique, dans était plus prolongée et agis- les affections rhumatismales, la sait sur le processus même de supériorité de la première fut l'affection, tout en apportant démontrée, tant du point de vue un soulagement symptomati- de l'efficacité thérapeutique que que.de la toxicité moindre.formule du \u2018\u2018succinate-salicylate\u2019\u2019 associe la sécurité à l\u2019efficacité, permettant ainsi un vaste emploi, aussi bien pour le traitement que pour le maintien du patient, sans la surveillance attentive que nécessite l'emploi de plusieurs autres formes de traitement.3 Les résultats indiquent également que la Documentation et échantillons de Comprimés Berex envoyés sur demande a: The Pan Pharmacals Ltd.Berex Pharmacal Division - Toronto 10 ¥ Les Comprimés Berex employés pendant toute la durée de l'étude furent fournis par Pan Pharmacals Inc., New York, N.Y.Fabriqué sous licence.BEREX est le nom déposé de ce produit. L'Union Méd.Canada # LXIII Tome 83 \u2014 Sept.1954 à .: : : ce, ves LC or oe vee ott oo .: Fédiavi i) 25 3 Pédiavite E.B.S.est un nouveau 2 supplément au régime des enfants .e \u2018et des adultes.C\u2019est une poudre ® LA polyvitaminée dans une base 3 ] appétissante et nourrissante avec dextrose.ue eu.5 een on Teave\u201d uen 5 en ares, TR 2 ht À wet?û Pr eo.ey \u2026 ve $ ; : i caer .Tree, 0\" 8.er.reer eet\u201d Leet MN Serene ce.>.«0%, ® 2 > Ÿ : .ve J IL ÿ \\! LE $ L'Union Méd.Canada Tome 83 \u2014 Sept.1954 ACTIVITÉ ASSURÉE dans le nouveau (POUDRE POLYVITAMINÉE) POUR ENFANTS.L'activité des vitamines dans Pédiavite est assurée parce que ces vitamines sont dispersées dans une base sèche avec dextrose.De plus, les Vitamines À et D ont subi un procédé spécial de stabilisation.Pédiavite est une préparation de vitamines, agréable au goût, qui se dissout | rapidement dans la formule des enfants, dans un verre de lait ou de jus d\u2019orange, ou répandue \\ | sur des céréales ou autres aliments.Contient par c.à thé rase: Vitamine A.eee ren rer rare een ere ere ea naenrean 5000 U.I.Vitamine D.r ra ena nana an 1000 U.L | Mononitrate de Thiamine.eee 1.2 mo.+ | Riboflavine.2.0 mg.
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