L'union médicale du Canada, 1 mars 1958, Mars
[" » TOME 87 \u2014 NUMÉRO 3 ) 28e CONGRÈS DE L'A.M.L.F.C.ST-ANDRÉ-SUR-MER (N.-B.) HOTEL ALGONQUIN \u20184 les 11, 12, 13, septembre 1958 MONTREAL, MARS 1958 Fondée à Québec en 1902 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada L'Union Médicalé> BULLETIN Paul DUMAS 1958, année d'élection au Collège des Médecins __._.L'Association des Médecins de Langue Française du ee F.D ALLAINES et Coll.Résultats immédiats et lointains de la commissurotomie mitrale _._._.__L.L000220000000 0 eco once s dec e one Con n 0000 Gilles LORANGE, Yvan METHOT et Armand TREPANIER Traitement médical combiné du cancer broncho- pulmonaire inopérable _.__-__._.000000000 0000000 | L\u2019ALCOOLISME Pierre DELORE | Quelques considérations sur l'alcoolisme d\u2019après l\u2019expérience d\u2019un centre d\u2019éducation sanitaire _.- Adrien PLOUFFE Canada emma 1872 - 1958 i BA ; EDITOR AL Fo , Jean-Marc BORDELEAU ® oe a oo .- 249 A propos de la glande pinéale RELY A ME pré 819 HYGIÈNE ET MÉDECINE Jans .\u2018 - 252 Jules GILBERT Modalités de l\u2019enseignement de l\u2019hygièns en médecine _.___.200000000000000 0-0 OISE LL 321 Ad.GROULX ; 254 Le bilan-santé de Montréal en 1957 ._______.- 1 326 = ].-E.-A.MARCOTTE L\u2019hygiène mentale à l\u2019école primaire ____________.__.___.328 8 VARIETES - 26 Discours prononcé par le docteur Raoul Kourilsky __.- 331 CORRESPONDANCE Maurice PESTEL __ 278 Lettre de Paris ___.11111222000000000 00000000 ns 340 Pierre RENTCHNICK __ 283 Lettre de Suisse ool.342 L\u2019alcoolisme sur le plan social ____________ _ ____________ J.-M.ROUSSEL L\u2019alcoolisme \u2014 son aspect médico-légal .____._ _________.Charles MARTIN Aspect psychologique Je l\u2019aleoolisme mmm e\u2014ae \" Jean-Marc BORDELE Aspect médical de l'afcoolisme PE Dominique BEDAR Traitement de l'alcoolisme _._.__._.11110L0000 RECUEIL DE FAITS Roméo BOUCHER et Chs-Eugène MARIN A propos d\u2019un cas clinique de tumeur mixte de la parotide _____-_.__.L100000000LLLL LL LL LL LL LL LL 0 Lise FORTIER Cangrène gazeuse utérine ._.__.L11210000000 00 MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Jean-Paul LEGAULT .\u2026 290 Un nouvel acidifiant urinaire antiseptique, anti- 294 spasmodique et sédatif _____ 345 ANALYSES ieee 347 -.302 SOCIETES _.2.20220000000000000 00000 00e one nn nn ns een 357 NECROLOGIE ean 362 NOUVELLES ieee 364 REVUE DES LIVRES _______ LL 370 308 COMMUNIQUES ________.______.__.__.___._.383 L\u2019Union Médicale du Canada, en 1889 .385 _ 314 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES _.__.___.1022 00m 0 387 ntane Flacons Pour une meilleure ventilation pulmonaire.e EUPNOGENE également présenté avec AMINOPHYLLINE (100 mg.par cuillerée à thé) EUPNOPHYLLINE L\u2019action bronchodilatatrice de l\u2019Aminophyiline s\u2019ajoute à l\u2019action fluidifiante de l\u2019Eupnogène.Médication par excellence de la bronchite asthmatique et de l\u2019emphysème pulmonaire.de 120 cc., 16 oz., 2; 60 et 500 comprimés Plus d\u2019un demi-siècle consacré à l\u2019avancement des Sciences médicales et pharmaceutiques au Canada sûr, exempt de narcotique, sélectif dans son action XTessalont combat la toux dans sa racine même: inhibe l'activité des récepteurs sensibles qui stimulent le réflexe de la toux et ne nuit pas à l'expectoration, ne supprime pas la toux volontaire.Remarque: Tessalon quoique deux fois plus efficace que la codéine lorsqu'il s'agit de soulager la toux gênante, est pratiquement dénué de tout effet secondaire.Echantillons envoyés sur demande CI BA 947 L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 - pa \u2014 _ ar .a.8 JA hn Te ee > \u2014 4 7 CL - Le \u2014 Te u ue\" \u2014 TET REIN CG e\u201d L'ARTANE est efficace dans toutes les.forme NU ary Na diaque, TS LN iqu he toléré N enh uné.fort traiter LL OT ul NE est LLB v= arquablème CUS n'a a LA Prése (LTT gh TE) meg.Posologi 1 mg.le premier entant, nd ui Jia rs LUC jusqu'à g JN x] dos fra ionné ER ETS EE LJ VD LEDERLE LABORATORIES DIVISION, NORTH AMERICAN ANAMID LTD, MONT AL.QUE ana II L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Bulletin de I'Association des Médecins de Langue Francaise du Canada L'Union Médicale du Canada DIRECTION SCIENTIFIQUE MEMBRES D'HONNEUR Messieurs les Professeurs: M peurs ), Messieurs les Professeurs: aurice Roc enève Jean-Jacques Lussier, doyen, RO Kauri ley Ob Radot (Paris), Faculté de Médecine, Université d'Ottawa; Wilbrod Bonin, doyen, Pierre Masson, Faculté de Médecine, Université de Montréal; A.Parizeau, Jean-Baptiste Jobin, doyen, J.-N.Roy Faculté de Médecine, Université Laval, Québec; To : BUREAU DE REDACTION Rédacteur en chef: Roma AMYOT Assistant-rédacteur en chef: Secrétaire de la Rédaction: Edouard Desjardins.Roger-R.Dufresne.BUREAU DE COLLABORATION MM.J.-M.Beauregard, M.Belisle, Jacques Bernier, Marcel MM.Jean-Guy Laurin, Simon Lauzé, R.Lebeau, Jean-Louis Berthiaume, Jean-Marc Bordeleau, A.Cantero, Léandre Léger, Charles Lépine, J.Mathieu, Gérard Mignault, Décarie, Edouard-D.Gagnon, Rolland Guy.Jacques J.-P.Paquette, P.Poirier, André Proulx, Rosario Ro- Genest, Maurice Gervais, Fernand Grégoire, P .-P.Julien, billard, Henri Smith, Maurice St-Martin.CORRESPONDANTS MM.A.Plichet et M.Pestel (Paris), MM.Georges-L.Dumont A Gampbellton, N.-B.), P.Rentchnick (Suisse), Aug.Panneton, J.-A.Denoncourt (Trois- Rivières), Donat-P.Cyr (Boston, Mass.) D.Colin (Saint- Boniface), Charles-P.Mathé (San Francisco), L.-P.Mousseau (Edmonton), A.Fontaine (Woonsocket), Sylvio Leblond (Chicoutimi), L.Mantha, A.Lecours, L.Potvin (Ottawa), H.E.St-Louis (Vancouver).Jean-Paul Fortier (Sherbrooke).INDICATIONS : Maladies des voies biliaires et du foie, dyspepsies, affections intestinales.En règle générale et SAUF INDICATION CONTRAIRE, l\u2019eau VICHY CELESTINS doit être prise de préférence le matin à jeun, une demi-heure avant le petit déjeuner et 40 minutes avant les deux principaux repas.La dose habituelle de chaque prise sera d\u2019environ 100 grammes.RECOMMANDÉE ET PRESCRITE PAR LE CORPS MÉDICAL DANS LE MONDE ENTIER VICHY CELENTINS EAU MINERALE ALCALINE NATURELLE PROPRIETE DE L\u2019ETAT FRANGAIS MEFIEZ-VOUS DES IMITATIONS \u2014 PRESCRIVEZ CELESTINS Importateurs: EERDT & CHARTON, INC.\u2014 2245, rue Viau, Montréal 4, Canada \u2019 b\u2014 MONTREAL, 18 S \\\\ W A S S & S S S S A a # i VM 9 N i QO J S 3 MILLET, ROUX .NS DISTRIBUTEURS RS \\ \\ \\ WW) 3 S ELIXIR au délicieux goût d'orange S , NS SON \\ AN \\\\ \u201c LE SEDATIF DES ENFANTS \u201c 4 P.Q - X Clld, LIMATISHE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Bulletin de I'Association des Médecins de Langue Francaise du Canada L'Union Médicale du Canada ADMINISTRATION OFFICIERS COMITÉ EXÉCUTIF ET DE PUBLICITÉ Président: Paul Letondal MM.Paul Letondal, Roma Amyot, Roger Dufresne et Vice-président: Roger Dufresne P.-R.Archambault.Secrétaire-trésorier: P.-R.Archambault BUREAU DE DIRECTION MM.Roma Amyot, P.-R.Archambault, Albert Bertrand, MM.Paul Dumas, Léon Gérin-Lajoie, Albert Jutras, Emile Blain, Roméo Boucher, P.Bourgeois, Paul J.-M.Laframboise, P.Letondal, A.Marin, Donatien David, J.-A.Denoncourt, Edouard Desjardins, Ed- Marion, L.-P.Petitclerc, Jean Saucier, L.-Charles mond Dubé, Origène Dufresne, Roger-R.Dufresne, Simard, Pierre Smith, Hermile Trudel, J.-A.Vidal.ADMINISTRATION et SECRÉTARIAT : ! 326 est, boulevard Saint-Joseph, Montréal PUBLICITÉ: JacquesD.Clerk.Téléphone: AVenue 8-9888 Quatre-vingt-dix grains de SEDALKA referment: phénebarbital de sodium 1/4 de gr.carbonate de calcium 10 gr.bicarbonate de sodium 5 gr.citrate de sodium et tartrate de sodium.q.s.(alcalis potentiels) PRESENTATION: flacons à capsule-mesure de 4 et 8 onces.\"SEDALKA\" .efficace.agréable au got Indigestion nerveuse et hyperacidité: céphalée et nausée associées au trop-manger et au trop-boire: comme supplément thérapeutique dans les rhumes ordinaires et la grippe.POSOLOGIE: une demi-capsule-mesure (4 cuillerées à thé) par jour, en dose unique ou fractionnée, dans de l\u2019eau.Chantes &.Frost & Co.MONTREAL CANADA MONTREAL - CANADA L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 LE NOUVEL ONGUENT A AN Bacttracine - Tyrothnicine = Héomgeine dont l'effet bactéricide et bactériostatique est notablement augmenté du fait de leur action synergique (démontrée par Lubowe), mais qui n\u2019ont qu\u2019un faible pouvoir sensibilisant et peu de toxicité; ce qui permet des applications locales prolongées sans effets secondaires nocifs.100] médicament spécifique des dermatoses pyogéniques, des tissus infectés, dégénérés ou endommagés et d\u2019autres conditions cutanées, est constitué de l\u2019association thérapeutique de .médicament depuis longtemps reconnu et éprouvé scientifiquement, fournissant les vitamines naturelles À et D, éléments essentiels à la réparation tissulaire et à la cicatrisation rapide (dans une proportion idéale de 8 pour 1) contenus dans un excipient bien équilibré et rapidement absorbé, assurant un effet maximum des ingrédients actifs.Il s\u2019ensuit que le nouvel Onguent Antibiotique Herisan: 1\u2014procure une action antibiotique très efficace, avec des quantités minimes de Bacitracine, de Tyrothricine et de Néomycine à cause de leur effet synergique lorsqu\u2019ils sont associés; 2\u2014est très peu toxique; 3\u2014ne possède qu\u2019une capacité très faible de sensibilisation; 4\u2014est effectif même en présence de sang, de pus, de plasma, de tissus nécrotiques et de pénicillinase; 5\u2014assure une cicatrisation rapide et diminue ainsi la durée du traitement.Plus d'un demi-siècle consacré à l'avancement des sciences médicales et pharmaceutiques au Canada. = L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 CONDITIONS DE PUBLICATION \u201cL'Union Médicale du Canada\u2019 paraît tous les mois.Cette Revue est l'organe officiel de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada , Elle publie les travaux des Congrès, tous tes communiqués de l\u2019Association et des articles médicaux inédits.L\u2019abonnement est de dix doilars par année (douze dollars pour l'étranger) ; les membres déjà inscrits à l'Assogiation des Médecins de Langue Française du Canada ont droit, de ce fait, à la réception du journal.Les manuserits doivent être dactylographiés avec double interligne.\u201cL'Union Médicale du Canada\u201d assume les frais de cinq illustrations au maximum, pour chaque travail.Les illustrations supplémentaires sont payées par l\u2019auteur.Nous n'acceptons pas de négatifs de clichés.Chaque illustration doit porter au verso le nom de l'auteur et les photographies devront être claires, de préférence noires et sur papier glacé.Les dessins doivent être effectués à l'encre de Chine sur papier blanc.Pour obtenir des extraits, l'auteur doit en faire la demande directement à l'éditeur.Tous changements du texte de la galée entraînent des frais supplémentaires pour l'auteur.L\u2019index bibliographique de chaque travail doit être restreint aux indications les plus importantes.Le Journal se réserve toujours le droit de le limiter.Chaque indication bibliographique doit être fournie comme suit: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, volume, page, mois (jour du mois si le périodique est hebdomadaire), année.Publicité: Le texte des annonces doit aller sous presse quinze jours avant la date de publication.Le barême des annonces est fourni sur demande à Jacques-D.Clerk, publiciste, 326 est, boulevard Saint-Joseph.Téléphone: AVenue 8-9888.Tout annonceur qui n'observe pas l'éthique professionnelle est exclu de notre publicité, et nous saurons gré à nos lecteurs d'attirer notre attention sur toute dérogation à cette ligne de conduite.Tout ce qui regarde la rédaction et l\u2019administration doit être adressé franco aux bureaux de \u2018\u2019L\u2019Union Médicale du Canada\u201d, 326 est, boulevard Saint-Joseph.\u2014 Téléphone: AVenue 8-9888.e soulagement rapide et durable des douleurs et démangeaisons © ne contiennent ni narcotique A ni anesthésique SU RS, ils ne risquent jamais de masquer une affection anorectale plus sérieuse.WARNER-CHILCOTT \u2014'aloratories CO.LIMITE D, TORONTO, CANADA 04 0.3 0.2 0.1 0.09 0.08 0.07 0.06 0.05 UNITÉS/ML.0.04 0.03 0.02 OL POSITIF JHÉRAPEUTIQUE 4 8 i 2 6 HEURES APRES LA PRISE DE LA DOSE jo courbe représente la moyenne des taux sanguins positifs chez 10 patients hospitalisés, après l\u2019administration d'un comprimé Me \u2018Falapen\u2019\u2019.em.\u2014 rn 0m LE \u2018\"FALAPEN\u2019\u2019 EST CONÇU DE FAÇON À DONNER \u2014 LE MAXIMUM D'EFFETS THÉRAPEUTIQUES \u2014 LE MAXIMUM DE COMMODITÉ \u2014 LE MAXIMUM D\u2019ECONOMIE \"FALAPEN\" Chaque comprimé renferme: besoins du patient.INVENTÉ AU CANADA PAR Fioles de 10 comprimés.Charles &.Frosst &Co.MONTRÉAL CANADA od les plus sujets à cette réaction.Une nouvelle invention en PÉNICILLOTHÉRAPIE RAPIDE Le dégagement d'une partie de la dose de# pénicilline-G potassique dans l'estomac produifg RAPIDEMENT DES TAUX SANGUINS THÉRAPEU® TIQUES.Grâce à la couche de \u2018Polymère 37\"*\u2014 un substance récemment perfectionnée\u2014I noyau du comprimé, qu renferme le reste de IQR pénicilline, est intac lorsqu'il parvient dang l'intestin.PROLONGÉE Le dégagement du restd# de la pénicilline dan l\u2019intestin procure de TAUX SANGUINS THE RAPEUTIQUES CON TINUS QUI SE MAIN TIENNENT DURANT 1 HEURES.*Demande de brevet en instance pénicilline-G potassique.POSOLOGIE.Adultes: un comprimé toutes les 12 heures.Augmenter ou diminuer la dose selon les 500,000 unités MISE EN GARDE, Bien que rarement, l'administration de pénicilline par voie parentérale, et plus rarement encore par voie orale, peut occasionner de l'anaphylaxie aiguë.Les patients souffrant d'asthme bronchique ou d'autres allergies, et ceux qui se sont déjà montrés sensibles à la pénicilline, semblent ET POUR LES COLIQUES ABDOMINALES ET LE PYLOROSPASME CHEZ LES BÉBÉS ET LES ENFANTS \u201c\"RESTROPINAL\u2018\u2018\u2019 PÉDIATRIQUE (GOUTTES) NE ATTAQUE ONJUGUÉE Lf EP » ANTISÉCRÉTOIRE Du bromure de méthylhyoscine \u2014 des plus puissants parmi ceux des composés -asympathicolytiques antispasmodiques et isécrétoires qui sont reconnus avantageux et caces en clinique.a SEDATIF } Du butabarbital \u2014 un sédatif non nulatif qui, à faibles doses, diminue la sen- lité aux circonstances troublantes de la vie idienne sans altérer appréciablement l\u2019effi- té travail.ANTIACIDE .Du glycinate d\u2018aluminium \u2014 une stance stable, non absorbable et acidoneu- lisante, à prompte action et à effets durables.: b' ANTISPASMODIQUE © SÉDATIF | ESTROPINAL\u2018 PÉDIATRIQUE (GOUTTES) IR N° 608 \"FosoF (av cc.\u2014 que cuillerée à thé de 5 cc.renferme: 20 gouttes) wwre de méthylhyoscine .\u2026.05mg.0.1 mg.barbital NNR 10 10 mg.2 mg.OLOGIE.Bébés de trois & six mois: de 10 & 15 gouttes (0.5 75 cc.) avant chaque boire (5 à 6 fois par jour); de six à un an: 25 gouttes (14 de cuillerée à thé, ou 1.25 cc.) t chaque boire; d'un à deux ans: , cuillerée à thé cc.) avant chaque repas; de deux à six ans: 1 cuillerée à 5 cc.) avant chaque repas.is de moins de trois mois: déterminer la posologie indivi- lement; comme guide seulement, la dose suivante est q érée: une goutte (0.05 cc.) pour chaque 2 livres de poids Jorel avant chaque boire.ilnté en flacons de 2 oz.liq.(60 cc.), accompagnés d\u2019un >te-gouttes de précision gradué spécial (20 gouttes ent un cc.) > ANTISECRETOIRE ANTIACIDE SEDATIF \u201c\"RESTROPIN COMPOSE MARQUE DÉPOSÉE COMPRIMÉ N° 801 \u201cETrossf bromure de méthylhyoscine .\u2026 2.5 mg.(1/25 gr.) glycinate d'aluminium, basique* re 0.5 G.(72 gr.) butabarbital NNR 16 mg.(Ya gr.) ANTISECRETOIRE ANTIACIDE \u201cRESTROPINAL\" (Comprimés) MARQUE DÉPO SEE COMPRIMÉ DRAGÉIFIÉ N° 452 \u201chosel\u201d bromure de méthylhyoscine 2.5 mg.(1/25 gr.) butabarbital NNR 16 mo.(Ya gr.) ANTISECRETOIRE \u201c\"RESTROPIN\" SIMPLE COMPRIMÉ DRAGÉIFIÉ N° 451 \"root\" bromure de méthylhyoscine 2.5 mg.(1/25 gr.) ANTIACIDE \u201cALAMINO\u201d MARQUE DÉPOSÉE COMPRIMÉ N° 381 \"Host glycinate d\u2019aluminium, basique * (7% gr.) POSOLOGIE.Un comprimé avant chaque repas et un ou deux comprimés au coucher.Flacons de 100 comprimés.MISE EN GARDE.Les préparations qui renferment du bromure de méthylhyoscine sont contre-indiquées chez les patients souffrant de certains genres d\u2018arythmies cardiaques.Lorsque la dose recommandée est excédée, et à doses thérapeutiques moyennes chez certains patients, l\u2019un ou l\u2019autre, ou quelques-uns des effets secondaires suivants ont été signalés: sécheresse buccale, vision brouillée, constipation, difficulté à commencer la miction, faiblesse et céphalée.En présence de tels effets, diminuer la dose.*Breveté en 1951.1.\u2018The antacid effect of dihydroxy aluminum aminoacetate and its use in the treatment of peptic ulcer.\u2019\u2019 Rider, van de Reis, Gibbs, Lee et Swader, University of California School of Medicine.Mémoire Scientifique, 104e Congrès Annuel, A.M.A., 1955.2.\u2018\u2018An experiment in treatment of peptic ulcer with unrestricted diet.\u2018\u2019 Mémoire Scientifique Marshall, 102e Congrès Annuel, A.M.A., 1953.Chanteo & Frost &Co.MONTRÉAL CANADA contre les oxyures 97 % de cure chez 31 enfants! Rav.°° contre les oxyures contre les nématodeg action prouvée \u2018se rapproche le plus .d\u2019un oxyvricide idéal\u201d \u201caux doses recommandées .très pe d'effets secondaires ont été signalés\u2019 ADMINISTRATION FACILE © BONNE TOLÉRANCE ¢ ECONOM pour BÉBÉS et ENFANTS \u201cVERMISOL\u201d \u2014 SIROP Chaque cuillerée à thé de 5 cc.renferme: hexahydrate de pipérazine.500 mg (sous forme de tartrate) Flacons de 4 et 16 onces liquides.pour ADULTES et ENFANTS PLUS AGES P \u201cVERMISOL'\u2014 COMPRIMÉ Chaque comprimé renferme: hexahydrate de pipérazine.250 mg} (sous forme de tartrate) Flacons de 100 comprimés OXYURES bébés jusqu\u2019à 15 Ibs.(6 mois).La cuillerée à thé ov 1 comprimé enfants de 16 à 30 lbs.(1 à 3 ans).1 cuillerée à thé ou 2 comprimés enfants de 31 à 60 Ibs.(3 à 10 ans).2 cuillerées à thé ou 4 comprimé} enfants de plus de 60 lbs.et adultes.4 cuillerées à thé ou 8 comprimé Administrer ces doses une fois par jour, avant le déjeuner, durant SEPÉ jours consécutifs.Pour s'assurer de la guérison, déterminer l\u2019absence d'oeuf ou moyen de l\u2019écouvillon anal.* NEMATODES enfants de 30 50 Ibs.2 cuillerées à thé ou 4 comprimé enfants de 51 à 100 lbs.3 cuillerées à thé ou 6 comprimé enfants de plus de 100 lbs.et adultes 4 cuillerées à thé ou 8 comprimé Administrer ces doses deux fois par jour, entre les repas, durant DEU jours consécutifs.SOURCES À CONSULTER: 1.White, R.H.R., et Standen, O.D.: Brit.M.J.2:755, 1953.2.Brown, H.W.: J.Pediat.45:419, 1954.3.Bumbalo, T.S., et al.: J.Pediat.44:386, 1954.4.Brown, H.W., etal: JAMA.161:515, 1956.MISE EN GARDE.A trop fortes doses les effets suivants sont & craindre nausées, vertiges, manque de coordination, difficulté à concentrer la vue étoiles volantes, et une sensation d'indifférence.Ces effets indésirable sont temporaires et disparaissent sur discontinuation de la médication contre les nématodes oe chez 90% de 51 enfants observés - J , Chantes E.Hhrosst&Co tous les vers furent éliminés ; \u2018 (Front ; « = .: s A ANAD après 2 à 5 jours?MONTREAL C me L'Union Méd.Canada XI Tome 87 \u2014 Mars 1958 £0 aa DE PRENDRE UNE DECISION- EN PRESENCE D'UNE STAPHYLOCOCCIE AVÉRÉE \u201cOU SOUPCONNEE CATHOMYCIN (NOVOBIOCINE) EN CAPSULES ET EN SIROP LE MOMENT ET POUR COUVRIR UN SPECTRE ANTIBACTÉRIEN PLUS ÉTENDU CATHOCILLIN (NOVOBIOCINE SODIQUE ET PÉNICILLINE) CAPSULES 'CATHOMYCIN!\" est manifestement efficace contre les infections à staphylocoques et à PRÉSENTATION Capsules de 'CATHOMYCIN', rouge et blanc, certaines souches de proteus.Il agit même dosées à 250 mg.de novobiocine (sous forme de contre des infections qui ont résisté à d\u2019autres sel sodique).Bouteilles de 16 et de 100.Et .ps sous forme de sirop dont la saveur d\u2019orange est antibiotiques.agréable au goût, en bouteille de 60 cm3.Le sirop PIE de 'CATHOMYCIN' est dosé, par 5 cm3, à 1 1 > » > CATHOCILLIN!' est l\u2019antibiotique le plus 125 mg.de novobiocine (comme novobiocine fréquemment indiqué et le plus efficace quand calcique), soit 2.5%.4, Capsules de 'CATHOCILLIN!', bleu et blanc, il est indiqué.On le recommande contre les contenant 125 mg.de novobiocine sodique et infections où s\u2019impose l\u2019activité complémen- 75 mg.(125,000 U.1.) de pénicilline G potassique.taire du 'CATHOMYCIN! et de la pénicilline.Bouteilles de 16 et de 100.7 a | Merck Sharp & Dohme Division de Merck & Co.Limited Montréal 30, Qué. L'Union Méd.Canada XII Tome 87 \u2014 Mars 1958 DE , .« \u2018 .l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Fondée à Québec en 1902 © DIRECTEURS GÉNÉRAUX HONORAIRES R.-E.VALIN, Donatien MARION, 165 est, avenue Laurier, Ottawa.326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal.DIRECTEUR GÉNÉRAL EXECUTIF DE L'ASSOCIATION Emile BLAIN, Emile BLAIN, Montréal.400 est, rue Sherbrooke, Montréal.Hermile TRUDEL, Montréal.Lucien LaRUE, Québec.SECRET AIRE-TRÉSORIER GENER AL Georges-L.DUMONT, Campbellton, N.-B.Hermile TRUDEL Pierre SMITH, Montréal.1990 i ' Rachel, Montréal Jean-Paul CARETTE, Campbellton, N.-B.est, rue Aachet, Moniréas.François ST-LAURENT, Campbellton, N.-B.SECRÉTAIRE ADJOINT SECRÉTARIAT B.-G.BEGIN, 326 est, boulevard Saint-Joseph, Montréal.3440, rue Hutchison, Montréal.Téléphone: VIctor 5-8076.COMITÉ DU XXVIII- CONGRÈS Georges-L.DUMONT, Président.Pierre SMITH, ler vice-président.Jean-Paul CARETTE, secrétaire.Horace PAIEMENT, 2ème vice-président.François ST-LAURENT, trésorier.Pierre JOBIN, 3ème vice-président.SECRÉTARIAT DU CONGRÈS: Henri GUYOT, 4ème vice-président.1, rue Duke, Campbellton, N.-B.e ANCIENS PRÉSIDENTS Albert PAQUET J.-A.DENONCOURT Jean-Marie LAFRAMBOISE Richard GAUDET J.-B.JOBIN Roma AMYOT Arthur-L.RICHARD René-L.DuBERGER LouisPhilippe MOUSSEAU J.-A.VIDAL Lucien LaRUE MEMBRES DU CONSEIL ARCHAMBAULT, F., 1150 est, boul.St-Joseph, Montréal 1958 LEDUC, André, 156, ave Willowdale, Outremont, P.Q.1960 ARCHAMBAULT, Gérard, 472, av.Laurier, St-Jean, P.Q.1960 LEMIEUX, Renaud, Hopital du Saint-Sacrement, Québec 1960 BEAUCHEMIN, L.0.208, Edifice Grain Exchange, Josg LESSARD, Richard, 115, Grande-Allée, Québec .1960 algary, OITA ee eee MASSON, Gaston, 148, rue Sanborn, Sherbrooke, P.Q.1958 BLAIS, E-Rolland.177, avenue de l'Ealise, Montréal 1958 MILOT, |-Donat, 1017 Stafford Rd., Fall River, Mass.1960 BONIN, Wilbrod, 575, avenue Davaar, Outremont .1958 MORISSET, Pierre, Saint-Georges-de-Beauce, P.Q.BROUSSEAU, Louis-Philippe, Malartic, P.Q.1958 PERRON, J.-M., 12, rue Mercier, Shawinigan, P.Q.1958 CORMIER, J.-C, Sydney, Nouvelle-Ecosse .1.960 PIETTE, \u2018Edmond, 37 sud, S.-Charles-Borromée, Joliette 1958 COUTURIER, Alphonse, Rivière-du-Loup, P.Q.958 PILON, Jean- Louis, 389 est, boul.St-Joseph, Montréal 1958 DECARIE, Roland, 524 est, rue Sherbrooke, Montréal.1960 POWERS, Arthur, il, rue Front, Hull, P.Q.1958 DOMINGUE, Albert, 191, rue Principale, Granby, P.Q.1960 RIOUX, J.-Emile, Sainte-Anne-des- Monts, po.1958 EMARD, L.-M., 119, rue Marlborough, Cornwall, Ont.1958 -de-ST-VICTOR, Henri, 222, av.Daly, Ottawa, Ont.1958 FONTAINE, Auray, 52, av.Hamlet, Woonsocket, R.l.1958 ROULEAU, J.-Maurice, Saint- Crégoire (Nicolet), P.Q.1960 GAUTHIER, J.-Dominique, Shippegan, N.-B.958 ROULEAU, Yves, 1227, William, Sillery, Qu ébec, P.Q.1061 COYETTE, Roger-B., 415 est, av.Laurier, Ottawa, Ont.1959 SIROIS, Jean, 144, Grande-Allée, app.Québec .1958 ISABELLE, Gaston, 66, rue Notre-Dame, Hull,P.Q.1961 TETREAULT, Adélard, 1005, rue S.Prosper T.-Rivières 1958 JOANNETTE, Albert.Sainte- Agathe-des-Monts, 5 Q.1958 THIBAULT, Eugène, 4070, boul.Lasalle, Verdun, P.Q.1958 LEBLOND, Sylvio, Hôtel-Dieu Saint-Vallier, Chicoutimi 1960 TURGEON, Pierre-A., 837, rue Cherrier, Montréal 1958 \\ les maux et douleurs @cfurr:s)conICIDIN PÉDIATRIQUE au rhume de cerveau.présentation: dose: au besoin (antiallergiques, antipyrétiques, analgésiques) Administration orale; aromatisées à la framboise Soulagement efficace, sûr et commode pour les enfants à partir de l\u2019âge d\u2019une semaine, des malaises de la dentition, des inoculations, des allergies, de la dermite fessière des nourrissons, des maux et douleurs et de la fièvre associée COMPOSITION PAR CC.chlor-tripolon salicylate de sodium acide aminoacétique Flacon de 15 cc.avec compte- gouttes calibré en plastique 15 a 1.5 cc.toutes les 4 heures Doering XF CORPORATION LIMITED 2 mg.100 mg.50 mg. a MONTREAL L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 EMOTIVITE.INSOMNIE.SPASMES .~~ PHOBIE.ANXIETE.NOUVELLE SYNERGIE BARBITURIQUE XIV + COMPRINES A 120 MILLI GRAMMES \u2014 Butethal 60 mg.S 0 menal représente l\u2019effet rapide .: - Phénobarbital 60 mg.par com- , Dao - primé.du butéthal associé à l'effet plus pro- e comenmts À 15 MILL- Jongé du phénobarbital.GRAMMES \u2014 Butethal 7,5 mg.Phénobarbital 7.5 mg.ar comprimé.ÉLIXIR GLYCÉROPHOSPHATES TONIQUE ET ALIMENT D\u2019ÉPARGNE Vi tamine «B» Composée PERTES D'ÉNERGIE ET D'Appétir rincipaux composants : ANEMIE NEURASTHENIE Vitamine Br \u2014 Riboflavine \u2014 Pyri- TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX doxine \u2014 Acide nicotinique \u2014 Acide DESEQUILIERE NERVEUX pantothénique -_\u2014 Lécithine \u2014_ Avéni- ne \u2014 Glycérophosphates de Sodium, Calcium, Potassium.DOSE $ , Une cuillerée à dessert quatre fois.par SAVEUR TOLERANCE Jour avant les repas.AGRÉABLE PARFAITE we comprimé \"légèrement (comprimés blancs) (comprimés jaunes) pantac 4 C tranitraté CCT.10 mg.Méphénésine _.LL 150 mg.* (Butéthal 509% \u2014 Phénobarbital 50% ) Prophylaxie de la crise angineuse, Dose: et médicament des syndromes circulatoires.Selon l\u2019avis du médecin.CANADA DRUG LTEE LTD., MONTREAL L'Union Méd.Canada XV Tome 87 \u2014 Mars 1958 DANS LE CORYZA.une nouvelle prescription d\u2019une importance vitale, pour le traitement des symptômes et la prévention des complications bactériennes anti-bactérien i.Composition par capsule: analgétique Pénicilline V (100,000 unités) 625 mg.' oe Salicylamide 194 mg.ntipyreti § a by tique Chlorhydrate de prométhazine 6.25 mg.antihistaminique Phénacétine 130 me.sédatif Sulfate de méphentermine 3 mg.Présentation: flacons de 24 capsules stimulant Pénicilline V, Salicylamide, Chlorhydrate de prométhaz cétine et sulfate de méphentermin Yeti Marque Déposée Walkerville, Ontario MONCTON « MONTREAL WINNIPEG © VANCOUVER *Marque déposée L'Union Méd.Canada XVI Tome 87 \u2014 Mars 1958 une évaluation récente de BUTAZOLIDINE (marque de phénylbutazone) dans le traitement des maladies rhumatismalest dans l\u2019arthrite rhumatoide périphérique, le taux d'échec pour BUTAZOLIDINE, après les premiers six mois, est moins grand que pour les corticostéroides.dans la spondylite rhumatoide, BUTAZOLIDINE présente un taux d'échec extrêmement bas.C\u2019est le médicament de choix et à date les résultats ont été bien supérieurs à ceux obtenus par la radiothérapie.Littérature détaillée disponible sur demande.BUTAZOLIDINE (Marque de phénylbutazone): comprimés de 100 mg, tHolbrook, W.P.: M.Clin.North America 39:405 (Mars) 1955, PRODUITS PHARMACEUTIQUES GEIGY Division de Ceigy (Canada) Limited - 2626, Bates Road, Montréal 26, Canada L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 UN PROGRÈS XVII thérapie nouvelle .simple .efficace .pour usage topique Des expériences cliniques démontrent la haute efficacité de la Gelée Vaginale ELSIX non seulement contre le Trichomonas et le Monilia, mais aussi contre le microbe pathogène découvert récemment, le Hemophilus vaginalis (que l\u2019on croit être l\u2019organisme étiologique qui cause souvent la leucorrhée et la vaginite communément appelée \u201cnon spécifique\u2019) .* L\u2019ELSIX possédant une haute affinité pour les tissus garantit un effet antiseptique prolongé; les sécrétions vaginales ont peu de chance de déloger l\u2019ELSIX de l\u2019endroit où on l\u2019applique.De plus l\u2019ELSIX est plus commode pour la patiente.Un traitement complet ne requiert que quelques applications.Conçue pour la patiente, la Gelée Vaginale ELSIX s\u2019applique facilement, ne s\u2019écoule pas, ne tache pas et ne requiert aucun tampon.On n\u2019a rapporté ni sensibilisation, ni signe de toxicité locale ou systémique.Posologie: Une application tous les deux soirs jusqu\u2019à un total de 6.On peut répéter le traitement au besoin.Présentation: tube de 1!/2 onces avec 6 applicateurs.Des modes d\u2019emploi sont inclus avec chaque empaquetage.*Gardner, H.L.and Dukes, C.D.: Am.J.Obst.& Gynec.69: 962 (May) 1955, GELÉE VAGINALE EISIX Marque de hexétidine WARNER-CHILCOTT CO, LIMITED, TORONTO.CANADA XVIII L'Union Méd.Canada XV Tome 87 \u2014 Mars 1958 ROMILAR CF du nouveau pour les rhumes et la \u201cgrippe\u201d z Æ = A ITN 77 L'association des ingrédients composant le ROMILAR CF permet le soulagement des symptômes complexes accompagnant les rhumes, la grippe et autres troubles des voies respiratoires.Chaque cuillerée à thé de ROMILAR CF ou chaque capsule contient: ANTITUSSIF .+ + + .ROMILAR* 15 mg.ANTIHISTAMINIQUE .Maléate de chlorphéniramine 1.25 mg.DECONGESTIF .+ Chlorhydrate de phényléphrine 5 mg.ANALGESIQUE-ANTIPYRETIQUE .N-acétyl-p-aminophénol 120 mg.*ROMILAR-marque de bromhydrate de dextrométhorphane *MARQUE DÉPOSÉE EA HOFFMANN - LA ROCHE LIMITÉE ° MONTRÉAL L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 © Seulement trois comprimés faciles à avaler fournissent: 14 gr.sulfate ferreux 15 gr.carbonate de calcium {équivalent a 45 gr.lactate de calcium } ration substantielle de vitamines A, D, C.© La désintégration lente et l\u2019administration aux repas réduisent au minimum l\u2019irritation gastrique.e Coût modique, seulement 9£ par jour.XIX Pour vous aider à lui assurer santé et bonheur pendant sa grossesse ORIFER offre une assurance peu coûteuse contre les déficiences alimentaires ordinaires.\u2014_\u2014 le comprimé prénatal sûr, ORIFER d\u2019une efficacité éprouvée, est à votre service.Pourquoi ne pas le prescrire à la prochaine occasion?PHARMACEUTICALS TORONTO CANADA L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Troie MU LEE OC hyper-cholestérolémie ct athérosclérose v LTE rT capsules aide effect vement a F) Rr athérogéniques béta-lipoprotéines à de plus normaux alpha-lipoprotéines.Cr ET OST) stabiliser le fonctionnement du fole, oi se produit le métabolisme normal de cholestérol, lipoprotéines et autres lipides.Chaque LUFA en capsules fournit: ACIDES GRAS NON-SATURES: 378 mg.PYRIDOXINE HCI (Bs) 2mg.BITARTRATE DE CHOLINE 233 mg.dl, METHIONINE 110 mg.INOSITOL 40 mg.FOIE DESSECHE 87 mg.VITAMINE B12 1 mcg.VITAMINE E (acétate de dl,alpha-tocophéryl) 3.5 U.I. L\u2019Union Méd.du Canada 4 Tome 87 \u2014 mars 1958 cur DU SYSTEME NEURO.E + le Strémétil exerce une action puissante et rapide ne provoquant ni somnolence ni dépression PRÉSENTATIONS comprimés à 5 mg.et à 10 mg.flacons de 50, 500, 1000 suppositoires à 10 mg.et à 25 mg., boites de 10 et 100 ampoules de 2 ml.et de 5 ml., à 5 mg.par ml., boîtes de 10 et 100 POSOLOGIE elle varie avec le sujet et l'indication adultes - voie buccale: 5 mg.3 fois par jour; si nécessaire, on peut aller jusqu\u2019à 25 à 30 mg.par jour, en 5 ou 6 prises voie rectale: 1 ou 2 suppositoires à 25 mg.par jour voie parentérale: dose initiale de 5 à 10 mg.(1 à 2 ml.), en injection intramuseulaire profonde; si nécessaire, répéter cette dose à des intervalles de 3 ou 4 heures La dose quotidienne totale ne devra pas dépasser 40 mg., sauf dans les cas de grande psychiatrie, enfants de plus de 2 ans: 1 mg.par kg.de poids, par jour, en plusieurs prises Ù Documentation et échantillons sur demande Limitée 8580 Esplanade, Montréal ans reo deux indication: reo.rds THC vod iii en pratique generale NAUSÉES ET VOMISSEMENTS NÉVROSES LÉGÈRES OU MOYENNES D'ÉTIOLOGIES DIVERSES ET TROUBLES ÉMOTIFS Vu ue.\u201d = pan ES & ssn 1 @ Mn | 5 * y î % ~< 3 À À Fr mai at) pA men pee a RES % 0 7 \u201c3 eu LR ER PROCLORPÉRAZINE (6140 R.P.) sn nediroment neurostatique À actif a faible dose y L'Union Méd.Canada XXII ï e ntylol 2 caps.t.i.d (chlorhydrate de dicyclomine) .met vite fin au Bentylol, spas.à action rapide et sûre \u2014 sans effets secondaires comme ceux de l'atropine ou de la belladonne' \u2014 sans danger meme en présence d'un glaucome Dans 1,272 cas consécutifs® \u201c.y compris ceux recevant des doses allant jusqu\u2019à 13 fois la dose clinique ordinairement administrée par voie buccale, il n\u2019y a pas eu d\u2019effet mydriatique.\u201d3 Le soulagement était hautement satisfaisant, avec absence virtuelle de vue trouble, de bouche sèche et de.rétention de l\u2019urine.! Bentylol est efficace.même dans les cas où d\u2019autres antispasmodiques échouent.4 Posologie: Adultes\u20142 capsules ou 2 cuillerées à thé de sirop, ou 1 comprimé, t.i.d.avant ou après les repas.Si c\u2019est nécessaire, répétez au coucher.Présentation: Capsules et Sirop (ordinaire ou avec phénobarbital) ; Comprimés avec phénobarbital; et Injectable.1.McHardy, G., et Browne, D.C.: South.M.J.45:1139, 1952.2.Cholst, M., Goodstein, S., Berens, C., et Cinotti, A.: Scientific Exhibit, A.M.A.1957.3.Hufford, A.R.: Am.J.Dig.Dis.19:257, 1952.4.Derome, L.: Canadian M.À.J.69:532, 1953.THE WM.S.MERRELL COMPANY New York - ST.THOMAS, ONTARIO » Cincinnati Un autre produit exclusif des recherches originales Merrell MARQUE DE FABRIQUE » BENTYLOL XXIV L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Pour le CONTRÔLE de l\u2019OBÉSITÉ PROBÈSE TD & VM maintenant sous deux formes nouvelles! Une seule capsule par jour, prise avant le déjeuner, assure la répression de l\u2019appétit pour 10 à 12 heures.PROBIESE PROBÈSE T.D.Le Produit qui donne réellement des résultats appropriés aux besoins du patient, au moment de l\u2019absorption.Renferme de la Thyroïde et du Phénobarbital.Libération de la médication en 3 temps: immédiatement, 4 heures, et 8 heures après l\u2019absorption.; Renferme la moitié du contenu en Thyroïde - : et les deux tiers du contenu en Amphétamine PROBESE T.D.FAIBLE : de Probèse T.D.; a été préparé pour i les cas pédiatriques et ceux où i une dose faible est indiquée.PROBESE V.M.Formule de Probèse T.D.additionnée de 8 Vitamines et 9 minéraux, en quantité dépassant les besoins journaliers, pour parer aux effets de la diète d\u2019amaigrissement.BELL bic CRAIG Limited TORONTO 2B L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 MARQUE DEPOSEE e CARACTÉRISTIQUES Les WYSEALS EQUANIL sont des comprimés jaunes enrobés, ne portant aucune marque d\u2019identification et qui sont dosés à 400 mg.d\u2019EQUANIL.La posologie des W'YSEALS est la même que celle des comprimés ordinaires à 400 mg.d\u2019EQUANIL.e LE MALADE NE PEUT LES RECONNAÎTRE Le malade qui est au courant de l\u2019existence des tranquilliseurs ne pourra reconnaître comme tels les WYSEALS jaunes.Le nouveau comprimé a permis de dissimuler la saveur caractéristique de l\u2019EQUANIL.Autre avantage: pour prescrire cette nouvelle forme de l\u2019EQUANIL, vous pouvez écrire \u201cWysEALS Méprobamate\u201d e L'ENROBAGE SPÉCIAL LES REND FACILES A AVALER Les WYSEALS sont pourvues d\u2019un enrobage spécial qui fait glisser le comprimé au simple toucher de la langue et en facilite l\u2019ingestion.C\u2019est là un avantage marqué pour les jeunes et pour les vieux qui pourraient éprouver une certaine difficulté à avaler le comprimé ordinaire d\u2019EQUANIL à 400 me.« MEMES INDICATIONS, MEME POSOLOGIE que pour le comprimé original d\u2019EQUANIL.WALKERVILLE, ONTARIO MONCTON < MONTRÉAL « WINNIPEG « VANCOUVER XXV *Marque Déposée MEPROBAMATE Breveté 1957, No.537437 XXVI L\u2019Union Méd.Canad Tome 87 \u2014 Mars 19 apn ma, NOUVEAU PRODUIT a Fhe 4 æ [IR J A N.# EE 2 We # = 7 1 £77 ZE wa \\ : \\ Pour échantillon et littérature, écrivez A.La Pa Pr: ed: bi C RL J: ud! 4 YI NIE SANDOZ % pdt L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 XXVII Présente KENACO Triamcinolone Squibb POUR LA PREMIERE DANS LA CORTICO| GÉNÉRALE RHUMATISMALE, ANTI- INFLAMMATOIRE ET ANTI-ALLERGIQUE TOTALE SANS RÉTENTIO SODIQUE ET AQUEUSE C EUPHORIE FACTICE LE TRAITEMENT ORAL PRÉFÉRÉ e de l\u2019arthrite rhumatoide et autres états rhumatismaux e de l'asthme bronchique et troubles allergiques des affections cutanées des maladies du colagène de la néphrose de la leucémie comprimés d'un mg; flacons de 50 comprimés de 4 mg; flacons de 30 (Seconire) SQUIBB § és ence inspire confiance RgSGuibb & Sons of Canada, Limited. XXVIII L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ENFIN! UN TRANQUILLISANT DONT LAGTION CESSERA LA SOMNOLENCE pour la quiétude QUIACTIN \u2014à la dose recommandée\u2014un comprimé de 400 mg.q.i.d., produit une action tranquillisante plus grande que celle du méprobamate, sans somnolence.permet une activité plus prolongée, exempte de toxicité et de symptdme a la privation.!-3 Par sa structure, QUIACTIN est un tout nouveau tranquillisant.différent, au point de vue thérapeutique.dont l\u2019action cesse avant de dépasser la marge de confort et de sécurité du malade.QUIACTIN ne pousse pas la tranquillité du malade jusqu\u2019à la lassitude ou à la dépression.1.Proctor, R.C.: Dis.Nerv, Sys.18:223, 1957.2.Feuss, C.D., et Gragg, L.Jr.: Dis.Nerv.Sys.18:29, 1957.3.Coats, E.A., et Gray, R.W.: Dis.Nerv.Sys.18:191, 1957.Marque déposée: Quiactin THE WM.S.MERRELL COMPANY New York - ST.THOMAS, ONTARIO - Cincinnati Un autre Produit exclusif dU a la Recherche originale Merrell oxanam ide) ve L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 UN COUP ; DOUBLE PORTÉ AUX INFECTIONS URINAIRES PAR GU (association de novobiocine et de sulfamethizole) EN SURMONTANT LA BARRIERE DE RESISTANCE e Albamycin est doué d\u2019une grande activité contre les bactéries Gram-positives et Gram- négatives.e Elle est d'une efficacité notable contre les staphylocoques menaçant la vie du malade.e L'action additive éminemment souhaitable de I'Albamycin et du sulfaméthizole assure une efficacité accrue contre les pathogènes génitourinaires G U de type courant.EN SURMONTANT LE SEUIL RÉNAL e Les concentrations urinaires réalisées par Albamycin sont environ de 2 à 3 fois plus élevées que les taux sériques obtenus.e Le sulfaméthizole, un des sulfamides les plus solubles dont on dispose, est un agent vite résorbé, faiblement acétylé et rapidement excrété, fournissant ainsi des concentrations urinaires élevées de sulfamide actif.surmonter la barrière de résistance et le seuil rénal veut dire une thérapeutique meilleure avec ALBAMYCIN GU Posologie: Adultes \u20141 ou 2 comprimés quatre fois par jour; enfants \u2014 quatre doses quotidiennes fractionnées, pour un total de 12,5 mg d'Albamycin par kg de poids corporel par jour.Presentation: Comprimés d'Albamycin G U, en flacons de 30 comprimés.Chaque comprimé contient: Albamycin (sous forme de novobiocine calcique), 125 mg; sulfaméthizole, 250 mg.Upjohn THE UPJOHN COMPANY OF CANADA / Produits Pharmaceutiques Supérieurs Depuis 1886 865 York Mills Road, Don Mills (Toronto), Ontario @MARQUE DE COMMERCE XXX L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 CS LA Le FF oo \\_/ AZ) 2 \u2014 HE (Vl Ha Dm orce le sommeil naturel | st Er a fd \u201d\" 10 convulsions = = 5q spasmes 195 naupathie 9 eS oW val ab?sp TV et ~ IIE FRAN = ape 2) tn + TROUBLES NEURO-CARDIAQUES : 2.on\u2019 HYPERTENSION N) EDDE, Limitée ADULTES - ENFANTS 8 1154 Beaver od .MONTREAL, Canada Ayerst, McKenna & Harrison LIMITÉE Biolog istes et Pharmaciens CASE POSTALE 6115 MONTREAL, P Q.th ad - ob À 951 «æ 9 «5 9D AE Patent 3 Ÿ \\ 45 > .3% , 3 co® qe 2 \\ b %, \u20ac oo 9 Ao © Z n 103\" ace 1e ) \u2026 3 oC 0 ac Ll CT wT a0 aed so Vaso \\ 4° 7 ety wt [ORE + A ax ans cee =.0 ot! we .© 6 wi sh \\ = o c a 1 (& * 7 prof \u201cMiltown\u201d\u201d \u2014 le méprobamate original \u2014 sera désormais préparé et vendu au Canada uniquement sous le nom Ayerst, en vertu d\u2019une entente avec Wallace Laboratories.Depuis la découverte et l\u2019introduction de \u201cMiltoun\u201d par Wallace Laboratories, littéralement des milliers de cas ont établi la haute valeur thérapeutique et l\u2019innocuité de ce tranqualhsant remarquable.Votre pharmacien est déjà bien pourvu de stocks pour remplir vos ordonnances.Lorsqu\u2019un tranquallisant doux et sur est indiqué pour obtenir la détente musculaire, permettez-nous de proposer \u201cMiltown\u201d \u2014 le méprobamate original.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE *Ayerst N° 748 x L\u2019Union Méd.du Canada Tome 87 \u2014 mars 1958 [ fi No 748 No 748 & ayers\u2019 No 748 No 748 No 748 © No 748 No 74 No 748 No 748 (=) No 748 No 7 as > No 748 No 748 Sd, %.Sion, L'Union Méd.Canada XXXIII Tome 87 \u2014 Mars 1958 NOUVEAU.traitement efficace des troubles inflammatoires de la région ano-rectale WYANOIDS HC SUPPOSITOIRES RECTAUX AVEC HYDROCORTISONE (sous forme d\u2019acétate, 10 mg.par suppositoire) La fameuse formule des WYANOIDS, plus l\u2019action efficace de l\u2019hormone cortico-surrénale anti-inflammatoire, sous une forme d\u2019administration logique.INDICATIONS | POSOLOGIE Les WYANOIDS HC sont indiqués Un suppositoire deux fois par jour pour traiter la rectite non-spécifique, durant 6 jours ou selon les besoins.aiguë ou chronique, les hémorroides PRÉSENTATION inte est algucs, a crypts a rectite Les WYANOIDS avec hydrocortisone qui est une complication de ld curie- sont présentés en boite de 12 supposi- thérapie, la rectite qui accompagne ; ( GE toires.la colite ulcéreuse, la rectite médicamenteuse, la réaction inflammatoire Autres formes: d\u2019une cicatrice opératoire et le prurit Suppositoires hémorroïdaux WYANOIDS anal interne.\u2014en boîte de 12 suppositoires.Onguent hémorroidal WYANOID, en tube de 1!4 once.Wyeth MARQUE DEPOSEE Ordonnance obligatoire WALKERVILLE, ONTARIO MONCTON» MONTREAL * WINNIPEG » VANCOUVER XXXIV L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 na nu (solution stabilisée) nouveau stabilisé la seule solution stabilisée de protéine d\u2019argent faible \"muqueuse E 10 | SECURITE EFFICACITE STABILITE Le nouvel ARGYROL S.S.soulage l\u2019irritation, adoucit et nettoie, et de plus: @ Assure une efficacité anti-microbienne étendue contre les germes gram-positifs et les germes gram-négatifs.@ Offre une sécurité remarquable \u2014 aucun danger de sensibilisation.@ Garde sa stabilité et sa fraîcheur indéfiniment.Flacons compte-gouttes de 14 once et de 1 once.CROOKES-BARNES CANADA, LTD.Ste-Thérèse, P.Q. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 £ A i Ë ê oe or J.fii CR BENADRYL | HYOROLWLORIDE £ stm DRAWSE rer men 10 ME.PIR TL.ver 3 XXXV quand il faut éliminer rapidement les symptomes allergiques enadrvl (Chlorhydrate de diphénylhydramine Parke-Davis) 3 AMPOULES et STERI-VIALS\u201d Le BENADRYL parentéral des nouvelles ampoules a dose renforcée convient particulièrement au contrôle rapide des réactions allergiques aiguës dues aux transfusions sanguines ou à l'administration de sérums ou de médicaments.Ajouté au liquide de perfusion ou au sang avant l\u2019administration, BENADRYL assure une excellente protection contre les réactions allergiques.- La solution de BENADRYL peut être administrée par voie intraveineuse ou intramusculaire, la voie intraveineuse est néanmoins préférable.Nouveau BENADRYL (chlorhydrate) Ampoules, présenté maintenant en ampoules de 1 em\u2019, 50 mg.par cm*, en boîtes de 10.BENADRYL (chlorhydrate) Stéri-Vials présenté en flacons-ampoules de 10 et 30 cm\u201d, 10 mg par cm°.a | PARKE-DAVIS & CO., LTD.i - TORONTO 14, ONTARIO : \u201c> cA * 1 | 7 } | SUARQUE DÉPOSÉE \"En > À XXXVIII { Dans Plnsuffis isance e Cardiaque avec Stase L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 D\u2019éminents investigateurs ont rapporté que la dose digitalisante de Gitaligin est environ le tiers de la dose toxique.!-* Cette \u201cgrande marge de sécurité\u201d (différence entre les doses thérapeutiques et toxiques) permet la digitalisation rapide et son maintien avec un minimum de réactions secondaires toxiques\u2014même dans les cas rebelles où d\u2019autres glucosides ont échoué.® Et le coût pour votre patient n\u2019est pas plus élevé que celui des préparations ordinaires.Présentation: Comprimés rainurés de 0.5 mg.Flacons de 100.Aussi, Gitaligin Injectable pour administration I.V.\u2014ampoules de 5 cc.(0.5 mg.de Gitali- gin par cc.) en boîtes de 3 et de 12 ampoules.Gouttes Gitaligin\u2014flacons de 30 cc.avec compte-gouttes calibré\u2014deux gouttes fournissent 0.05 mg.de Gitaligin.References: 1.Ehrlich, J.C.; Arizona Med.21:239 (June) 1955.2.Weiss, A., and Steigmann, F.: Am.J.M.Sc.227.188 (Feb.) 1954.3.Dimitroff, S.P.; Griffith, G.C.; Thorner, M.C., and Walker, J.; Ann.Int.Med.39:1189 (Dec.) 1953.4.Hejtmancik, M.R., and Herrmann, G.R.; Texas St.J.M.51:238 (May) 1955.5.Batterman, R.C.; DeGraff, A.C,, and Rose, O.A.; Circulation 5:201 (Feb.) 1952.6.Denham, R.M.; J.Kentucky St.M.Assoc.53:209 (Mar.) 1955.+ ban.Ada de JR LAS MAR C2 CEE NE (Sn La une \u2018grande marge de, sécurité\u201d: Guidez-vous Sur les PETTY EIEN ET LY h la thér tique digitalique est indiquée: A pnt 5 CN Sap pi joie a IL o | EE \u2018 \u2018 : Visas Les ri !DOSE ed (A Tell aa APP DE GITALIGUS 3 q a Laboratories of RUE cu 5100 rue Sax, Montreal 9, Quebec L'Union Méd.Canada XXXIX Tome 87 \u2014 Mars 1958 formulé à sa taille rouen EDRAL en suspension pédiatrique Les enfants prennent volontiers le Tedral en Suspension Pédiatrique au goût agréable.Le Tedral en Suspension Pédiatrique est une préparation de demi-force formulée spécialement pour les jeunes.Elle peut être administrée facilement, en toute sécurité.Chaque cuillerée à thé (5 cc.) contient: Théophylline (1 gr.) .pour soulager ta constriction Ephédrine HCI (3/16 gr.) .pour atténuer la congestion Phénobarbital (1/16 gr.) .pour procurer une sédation moyenne ADMINISTRATION: Enfants de 6 à 12 ans: 1 c.à t.Enfants 12 ans et au-dessus: 2 c.à t.On peut répéter la dose à toutes les 4 heures, de préférence après les repas.Enfants de moins de 6 ans: doses plus faibles proportionnellement à l'âge.WARNER-CHILCOTT Laboratories CO.LIMITED, TORONTO, CANADA L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 pourrai se te ou hydrocortisone topique dans une base ON significativement différente Pour le traitement des dermatoses prurigineuses et inflammatoires.BARRIERE-HC avec NEOMYCINE pour usage quand l'infection secondaire existe ou pourrait se produire, par exemple, dans les régions périanales, périgénitales ou axillaires.L'action hydrofuge protectrice de la créme unique a base de silicone confère à l'hydrocortisone un degré désirable de substantivité et retarde ainsi son enlèvement par la transpiration ou les agents externes de nature aqueuse.Contient Néomycine 0.5 %.y CT A | | \u2019 tion ycine po Hypoallergénique, n'irrite pas, ne tache pas, n'est pas gras, acceptable à tous les patients.BARRIERE-HC 0.5% © BARRIERE-HC 0.5% avec Néomycine BARRIERE-HC 1.0% « BARRIERE-HC 1.0% avec Néomycine Présentée en tubes de 15 grammes.BRITISH DRUG HOUSES IO TTT L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 XLI rienne efficace\u2014combat avec succès de nombreuses infections à germes Gram-négatifs 3 ou Gram-positifs avec une fraction de la dose usuelle de la plupart des autres sulfamides 2 \u2026 particulièrement efficace dans les infections génito-urinaires à germes sensibles aux 3 sulfamides » administration pratique \u2014la dose de l comprimé par jour minimise le risque des doses omises « action rapide\u2014les concentrations curatives sanguines sont | vite atteintes « action prolongée\u2014un seul comprimé par 24 heures maintient jour et .nuit des concentrations efficaces dans le sang et l\u2019urine « bien toléré\u2014la solubilité élevée ; | dans Purine acide et la posologie réduite minimisent la possibilité d\u2019une précipitation de | cristaux urinaires.- ee Posologie Adulte: Dose d'attaque (ler jour)\u20142 comprimés (1 g) dans les infections légères ou\u2019 100 : modérées, ou 4 comprimés (2 g) dans les infections sévéres.Dose d\u2019entretien: 1 comprimé (05g) ~~ | gE par jour.Ea 1 Posologie Enfants: Suivant le poids.Voir la brochure pour les détails concernant la posologie et l\u2019administration.Présentation: Comprimés à 0,5 g, divisibles en quatre, flacons de 24 et de 100 comprimés.\u2018 PARKE, DAVIS & CO., LTD + TORONTO 14, ONTARIO 3 ji 47538 L { | 5 f XLII L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 LA MALADIE DE LA PATIENTE: vaginite à trichomonas opiniâtre LA PRESCRIPTION: éradication par plane Es médecins de plus en plus nombreux ont constaté que la vaginite a trichomonas réfractaire à plusieurs genres de médication cède facilement et rapidement au Vaciskc, liquide et gelée.l.2 Voilà de bonnes nouvelles pour les patientes qui souffrent depuis longtemps des ennuis causés par une leucorrhée, un prurit, ou des brûlements.Toutes les patientes de Decker obtinrent un \u201csoulagement immédiat des symptômes aigus\u201d dès le premier traitement au cabinet de consultation, et 97% furent \u201cguéries\u201d.Comme on le lit dans le rapport de Decker, chez la majorité des patientes, trois à quatre semaines seulement de traitement furent nécessaires.Des résultats négatifs * sont obtenus en général après trois cycles menstruels consécutifs et constituent une \u201cguérison\u201d.La raison de ce succès, c\u2019est l\u2019action puissante et pénétrante de Vacisec liquide qui s\u2019étend à chacune des rides du vagin et dissout les sécrétions albumineuses pour atteindre les trichomonas cachés.Ces derniers explosent, moins de 15 secondes après ce contact.Cette destruction totale est provoquée par le détersif, le chélateur et la substance mouillante du liquide Vacisec, qui affaiblissent les membranes cellulaires, font disparaître cires et lipides, et dénaturent les protéines.La technique Davis, qui insiste sur une thérapie continue de 24 heures, utilisant à la fois le liquide et la gelée VAGISEC, réussit à extirper complètement les trichomonas et ne leur laisse aucune chance possible de réapparaître.* Références: 1.Decker, A.: New York J.Med.57:2257 (ler Î E juillet) 1957.2.Davis, C.H.: West.J.Surg.63:53 (fév.> 1955.C JULIUS SCHMID (Canada) Ltd.32 Bermondsey Road, Toronto 10, Canada liquide el gelée *Marque déposée. or ©.=.UE 7a 7 i 2 GE 2 5 7 ST, 4 Le 2 5 2e ee CE 2 i 7 CEE 7 7 7 CE 7 SE 7, 7% 7 7 7 7 7% 5 2; Ts RE GE 5 4%; XLIII 7% es Ge 5 7 = 2 7 7; 7 Gr = i 7 Ca 7 7 2 dr a 7 7 7 i Ge 2 i se SA = 7 oe we Sa 7 7 ee Le 2 7 7 GE 2 a 7 2 ge ae a 2 oo 2 25 EE 2 2 7 SE i 7 7 o EE i poh 2, 28 i pt 7 Hy 2 7 2 5 a3 7 Ww 7 ¥ 5 a 2 3 > > 7 po 2 37 de 7% 5 = +3; 5 ie a 22 + ry À 7s D « 3 \u2018a 55 25 77 I 7 7 5 ; vf JF 7 57 7% x 2 ; a a A 3 ; Oo 2: i NEY 5 es wi 1% 9 7 2 7 ET D'EMPHYSEME CHRONIQUES NON ALLERGIQUES .\u2026.Choled I est un bronchodilatateur et 4 un bronchospasmolytique efficace ayant une supériorité clinique sur l\u2019aminophylline, administrée par voie buccale, avec ou sans hydrate d\u2019aluminium.C\u2019est dans le soulagement de l'asthme et de l'emphysème chroniques non allergiques que l'action du médicament se manifeste de la facon la plus frappante.Une fois atteintes les teneurs sanguines ayant un effet thérapeutique (ce qui peut demander deux semaines), on peut s\u2019attendre à la diminution ou même à la cessation complète des crises aiguës.PRÉSENTATION Comprimé Choledyl, 200 mg.(jaune), 100 mg.(rouge).POSOLOGIE Les réactions individuelles du malade détermineront la dose maximum de Choledyl.ADULTES La dose usuelle minimum de Choledyl est de 100 mg.q.i.d.La dose initiale recommandée est de 200 mg.q.i.d.Pour les enfants de plus de 6 ans: 100 mg.t.i.d.Choledyl WARNER-CHILCOTT Laboratories CO.LIMITED, TORONTO.CANADA L'Union Mé«.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 _ d une nouvelle traitem hol XLIX | mesure ent de l\u2019obésité fl Q at arquag as PRELUDINE au\" n agen, : \u20ac as tf elle\" 45 4-45 progré (2) fel alin hlèrure de pha nmétrazine 3 Lea sie qire.ne AC AE de M sndrale ny Btretod pilF &&n hg die st ; ora a = \u20ac : hom on » 2 re \u2018 ca 9 v an 0 Praca AT LU: Digest Treat.£L2]458 19 | 1:155, 1956, rex de:25 mg A +555 EN ?na RU ager JT F Vu 3 sm es .Canada .t l'Union M Tome 87 \u2014 Mars 1958 de te.\u201c =.a 5 4 +3 $ + > % Pa po FO __ pe i.pe RSS PO pr QE Co.J L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 LI une ère nouvelle en sulfamidothérapze Seulement 1 Comprimé par jour ate SULFAMETHOXYPYRIDAZINE (3-SULFANILAMIDE-6-METHOXYPYRIDAZINE) LEDERLE De nouveaux travaux faisant autorité ont démontré que la posologie du KYNEX peut être réduite au-dessous de celle recommandée au début.l Les résultats cliniques ont maintenant démontré qu\u2019un seul comprimé (0.5 g.) maintient des taux sanguins thérapeutiques pendant plus de 24 heures.Preuves additionnelles que le KyNEX occupe une place unique en sulfamidothérapie:\u2014 .La Plus Faible Dose Orale dans l\u2019Histoire des Sulfas \u2014 0.5 g (1 comprimé) par jour chez le patient ordinaire pour maintenir des taux sanguins thérapeutiques .Plus Grande Solubilité \u2014 concentrations sanguines efficaces en une heure ou deux .Gamme Antibactérienne Etendue \u2014 exceptionnellement efficace dans les infections des voies urinaires .Commodité \u2014 la faible dose de 0.5 g.(1 comprimé) par jour offre le maximum de commodité et aussi d'acceptation par le patient NOUVELLE POSOLOGIE.La dose pour adultes recommandée est de 1 g.(2 comprimés ou 4 cuillerées à thé de sirop) le premier jour et ensuite 0.5 g.(1 comprimé ou 2 cuillerées à thé de sirop) tous les jours ou 1 g.tous les deux jours dans les infections légères ou modérées.Dans les infections sévères, où l\u2019obtention rapide de taux sanguins élevés est indiquée, la dose d\u2019attaque devrait être de 2 g., suivie de 0.5 g.toutes les 24 heures.Dose pour enfants, selon le poids; ainsi, un enfant de 40 livres devrait recevoir le quart de la dose pour adulte.Il est recommandé de ne pas dépasser ces doses.COMPRIMÉS: Chaque comprimé renferme 0.5 g.(7% grains) de sulfaméthoxypy- ridazine.Flacons de 24 et de 100 comprimés.SIROP: Chaque cuillerée à thé (5 cc.) de sirop aromatisé au caramel renferme 250 mg.de sulfaméthoxypyridazine.Flacon de 4 onces.1.Nichols, R.L., et Finland, W.: J.Clin.Med., 49:410, 1957.LEDERLE LABORATORIES DIVISION, CYANAMID OF CANADA LIMITED 5550, AVENUE ROYALMOUNT, VILLE MONT-ROYAL, MONTRÉAL, P.Q.sMarque dépesée L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 TI Th ere Une penicillin (LACE Br ETT [Py CTI pouvez.compter\u2019 Une activité COMPARABLE par voie orale à l'activité INCOMPARABLE d'une injection * Stabilité sans précédent en millieu gastrique * Absorption duodénale rapide et maximum * Pénicillinémies comparables a celles d\u2019une injection Une pénicilline PER OS avec l'activité d'une INJECTION D y sus EE MARQUE QéP@SET WALKERVRLE, ONTARIO i À | n 4 et MONCTON + MONTRÉAL i « am , WINNIPEG « VANCQUVER PTE Oral en US est a base de | ) À pénicilliné V eristallisée 4 pt : { // AY/J / / / jC EEA REESE) LL) A Z A Ypénicilline V be nzathine, P ° [F] Ordonnance obligatoire | LE Marque déposée Ais #7 % | # 7 ARE Lge % 3 £ £ Fa i x We EK TH Aigo i KT an | ds ais ey \u201cHaw a = La sb sk ZA ps, # i a hip a p= æ Ca 4d GE = let 55 & yo a Sac BE = Ve pn a Breas Sra ro n>.» Gm = Es à agir Ne a oil 4 and # gp LABORATOIRES ABBOTT LIMITEE # ele Es, dpt + & \u201cGv Éd it contre les pellicules pe Sr &£ 2 SF ow A is A #; : i\" op i A %y Y | Ek # 24 plus efficace qua so a ph + ! En / + a ° i / 0 4 / À.4 À own me ol - fon ek $i dr 2 FED.mn i) se, ie BE | mi REE a» ot © le traitement le ANE po % mf kg, WE # ge 7% f 2 i yr, > \\ 9° 7 Ave 12 \\ 50360 / 27 a .NY ans 0 FEMMES ENCENTES 1 de 4t mois: 3 60 à 70 2 6* mois: 2 _ ANS HOMMES: 127 FEMMES: 424 77% 551 MALADES nus à la Clinique Chirurgicale Cardio-Vaseu- laire de l\u2019Hôpital Broussais à Paris.Le grand nombre des observations accumulées (depuis le début de 1951 plus de 800 malades ont été opérés dans le Service) nous (1) D\u2019après la communication faite par l\u2019un de nous (F.d\u2019Allaines) au XXVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, Québec, septembre 1957.1) Pour l\u2019étude des résultats opératoires immédiats ont été revues toutes les interventions réalisées entre le 1°\" janvier 1954 et le 31 décembre 1956; elles sont au nombre de 551, et concernent plusieurs opérateurs différents.2) Les résultats lointains ont été étudiés sur 71 malades opérés par l\u2019un de nous (Pr. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 D\u2019Allaines), entre 1951 et le début de 1956, présentant donc un recul de 1 à 6 ans.A.\u2014 Résultats opératoires et postopératoires immédiats.(551 malades opérés en 1954-55-56) Nous avons examiné les dossiers de ces malades opérés au cours des 3 années précédentes.Les chiffres résument l\u2019expérience d\u2019une école chirurgicale complète et non celle d\u2019un D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 255 Les indications opératoires demeurent celles que nous avons définies dans les travaux précédents ?et sur lesquelles existe actuellement un accord quasi universel.Rappelons rapidement que nous basons nos indications opératoires surtout sur la gêne fonctionnelle, soit appréciée cliniquement soit contrôlée par le cathétérisme cardiaque et la mesure des pressions artérielles et capillaires pulmonaires au repos et à l\u2019effort.Nous ne STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS TABLEAU IL LESIONS ASSOCIEES pes AUTRES VALVULES NOMBRE oe DECES NOMBRE ocCAS TEMPS OPÉRATOIRE INSUFFISANCES 4 2 ORIFICE TRICUSPIDIEN STENOSES = TRAITEES DANS UN SECOND 1 0 INSUFFISANCES ORIFICE STENOSES TRAITEES DANS UN MEME AORTI Q UE TEMPS OPÉRATOIRE .STÉNOSES NON TRAITÉES NOMBRE TOTAL pes LÉSIONS ASSOCIÉES : 74 9 (12,1%) NOMBRE TOTAL oes MALADES : S 51 38 (6,9%) chirurgien unique, dont l\u2019expérience croissante permet une amélioration progressive des résultats.I) LE MATÉRIEL Ces 551 observations se répartissent à peu près également entre les 3 années qu\u2019elles couvrent: 1954: 173 malades 1955: 161 malades 1956: 217 malades refusons d\u2019opérer, pourvu qu\u2019ils restent dans ce groupe, ni les malades âgés, ni les malades en défaillance ventriculaire droite, ni les malades en arythmie complète, ni les malades ayant présenté une ou plusieurs embolies périphériques, ni ceux qui présentent des lésions multivalvulaires si la lésion mitrale paraît (2) La commissurotomie mitrale.Etat actuel de la question d\u2019après une statistique de 400 cas.« La Presse Médicale », 63: 1361, 1955. RÉSULTATS IMMÉDIATS ET LOINTAINS DE LA COMMISSUROTOMIE MITRALE ! M.F.D\u2019ALLAINES, Avec la collaboration de MM.Ph.BLONDEAU, C.METIANV, RICORDEAU et PIVNICA (Paris).La commissuorotomie mitrale est aujour- d\u2019hui une intervention de pratique courante.Nous avons entrepris une étude statistique sur les résultats immédiats et lointains obte- ont contraint à limiter notre étude à des groupes homogènes plus réduits.Cette statistique portera donc sur le matériel suivant: STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS TABLEAU I _ SEXE sr AGE oes OPERES GRAVIOITE de 40 \\} 20330 ANS £ NS / A HOMMES AGE FEMMES de 6 N 10a20 10 ANS ; / .; ve ss 4 C4 sl 7, 15 23% Cob TT 2 / SN vu oh 007 777 154 NNN 7 7 GS PSI AA 16 NY « 12 \\s0560 27 RT N : s vi os Le 60370 2 8¢ mein: 2 _ ANS | HOMMES: 127 FEMMES: 424 77% 551 MALADES nus à la Clinique Chirurgicale Cardio-Vasculaire de \u2019Hopital Broussais & Paris.Le grand nombre des observations accumulées (depuis le début de 1951 plus de 800 malades ont été opérés dans le Service) nous (1) D\u2019après la communication faite par l\u2019un de nous (F.d\u2019Allaines) au XXVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, Québec, septembre 1957.1) Pour l\u2019étude des résultats opératoires immédiats ont été revues toutes les interventions réalisées entre le 1°\" janvier 1954 et le 31 décembre 1956; elles sont au nombre de 551, et concernent plusieurs opérateurs différents.2) Les résultats lointains ont été étudiés sur 71 malades opérés par l\u2019un de nous (Pr. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 D\u2019Allaines), entre 1951 et le début de 1956, présentant donc un recul de 1 à 6 ans.A.\u2014 Résultats opératoires et postopératoires immédiats.(551 malades opérés en 1954-55-56) Nous avons examiné les dossiers de ces malades opérés au cours des 3 années précédentes.Les chiffres résument l\u2019expérience d\u2019une école chirurgicale complète et non celle d\u2019un D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 255 Les indications opératoires demeurent celles que nous avons définies dans les travaux précédents ?et sur lesquelles existe actuellement un accord quasi universel.Rappelons rapidement que nous basons nos indications opératoires surtout sur la gêne fonctionnelle, soit appréciée cliniquement soit contrôlée par le cathétérisme cardiaque et la mesure des pressions artérielles et capillaires pulmonaires au repos et à l\u2019effort.Nous ne STÉNOSES MITRALES: RESULTATS IMMÉDIATS TABLEAU IL LESIONS ASSOCIÉES pes AUTRES VALVULES NOMBRE oc DÉCÈS NOMBRE orCAS TEMPS OPÉRATOIRE INSUFFISANCES 4 2 ORIFICE TRICUSPIDIEN STENOSES =m TRAITEES DANS UN SECOND 1 0 INSUFFISANCES ORIFICE STENOSES TRAITEES DANS UN.MEME AORTI Q UE TEMPS OPÉRATOIRE 8 STENOSES NON TRAITEES NOMBRE TOTAL oes LESIONS ASSOCIEES:: 74 9 (12,1%) NOMBRE TOTAL oes MALADES : S 51 38 (6,9%) chirurgien unique, dont l\u2019expérience croissante permet une amélioration progressive des résultats.I) LE MATÉRIEL Ces 551 observations se répartissent à peu près également entre les 3 années qu\u2019elles couvrent: 1954: 173 malades 1955: 161 malades 1956: 217 malades refusons d\u2019opérer, pourvu qu\u2019ils restent dans ce groupe, ni les malades âgés, ni les malades en défaillance ventriculaire droite, ni les malades en arythmie complète, ni les malades ayant présenté une ou plusieurs embolies périphériques, ni ceux qui présentent des lésions multivalvulaires si la lésion mitrale paraît (2) La commissurotomie mitrale.Etat actuel de la question d\u2019après une statistique de 400 cas.« La Presse Médicale », 63: 1361, 1955. 256 prédominante, ou si ces lésions peuvent être traitées dans le même temps opératoire.C\u2019est avec ces principes d\u2019ensemble qu\u2019ont été sélectionnés les 551 malades ici étudiés.La majorité de femmes (77%) répond seulement à la plus grande fréquence de la sténose mitrale dans ce sexe.La répartitition suivant les âges indique que nous n\u2019avons jamais refusé d\u2019opérer les malades âgés lorsque, par ailleurs, ils présentaient une indications favorable; nous avons opéré 41 malades de plus de 50 ans dont 2 de plus de 60 ans et nous avons montré, dans un autre travail 3 que les possibilités opératoires et les résultats immédiats sont les mêmes que chez les malades plus jeunes.À l\u2019autre extrémité de l\u2019échelle des âges, nous avons opéré 16 adolescents dont le plus jeune était un garçon de 12 ans, là comme pour les malades âgés, ces malades très jeunes présentaient les mêmes indications que les adultes.Cette série de 424 femmes comporte seulement 11 femmes enceintes de 2 à 6 mois.Ce petit nombre témoigne que nous n\u2019avons pas pratiqué de commissurotomie au cours de la grossesse, sans être conduits par des raisons impérieuses.Une de ces opérées enceinte de 6 mois accoucha dans les suites opératoires (au 3° jour) d\u2019un enfant mort.Cet accident, sans suite pour la mère, nous incite à une grande prudence dans la décision opératoire.Chez les mitrales enceintes la grande majorité peuvent, grâce à un traitement médical bien conduit, mener à bien grossesse et accouchement, la commissurotomie étant décidée ensuite.Enfin, avant de passer à une étude plus détaillée, précisons d\u2019emblée que ces 551 malades comportent 38 morts, soit pendant l\u2019intervention, soit dans la semaine suivante.Cette mortalité opératoire globale de 6,9% sera analysée et confrontée, à différents facteurs dans les chapitres suivants.(3) La commissurotomie mitrale est-elle licite après 50 ans.Annales de chirurgie, 1955, 31, 335.D'ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 11) LES LÉSIONS VALVULAIRES ASSOCIÉES 74 fois sur 551, la lésion mitrale était asso- clée à une atteinte de l\u2019orifice tricuspidien ou de l\u2019orifice aortique?en fait, 56 fois la lésion associée était une insuffisance valvulaire discrète (52 insuffisances aortiques et 4 tricus- pidiennes) qui ne néccssitaient aucun traitement en elle-même.Le problème est différent pour les sténoses associées dont motre série comporte 18 cas.Ces sténoses, même serrées, ne contre-indiquent pas la commissurotomie mitrale, à condition de pouvoir également être traitées chirurgicalement.La sténose tricuspidienne serrée et pure est exceptionnelle, notre série en comporte un seul cas qui subit, avce succès, en 2 temps une double commissurotomie mitrale, puis tricuspidienne.Sur les 17 sténoses aortiques, 5 furent assez serrées pour être traitées chirurgicalement, dans le même temps que la sténose mitrale, les 12 autres n\u2019étant pas traitées parce qu\u2019insuffisamment serrées.Cette série de 74 lésions valvulaires associées comporte 9 morts, soit un pourcentage de 12% qui est près du double du pourcentage global de mortalité (6,9%).Il est donc indéniable que l\u2019atteinte d\u2019autres orifices assombrit le pronostic opératoire.III) CONSTATATIONS PER-OPÉRATOIRES Deux facteurs sont intéressants à étudier en raison de leur incidence sur les possibilités thérapeutiques et le pronostic opératoire immédiat: il s\u2019agit de la thrombose intra-cardia- que et de la régurgitation mitrale systolique.Thrombose intra-cardiaque.551 explorations mitrales nous ont permis de constater 86 fois l\u2019existence d\u2019une thrombose auriculaire, soit 15% des cas.Ces 86 thromboses n\u2019avaient pas toutes la même localisation: 48 étaient localisées au seul auricule, 36 occupaient l\u2019auricule puis s\u2019étendaient dans l\u2019oreillette elle-même; 2 fois seulement l\u2019auricule était libre, mais on constata dans l\u2019oreillette une thrombose plus ou moins étendue. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 On peut conclure que si à l\u2019ouverture de l\u2019auricule il n\u2019y a pas de thrombose, il y a très peu de chance de rencontrer une thrombose dans l\u2019oreillette.Les thromboses constituent à la fois un obstacle technique, lorsqu\u2019elles barrent le che- D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 257 La présence de caillots dans l\u2019auricule ou dans l\u2019oreillette, accentue la gravité de l\u2019intervention et alourdit son pronostic.Les 86 cas de thrombose cardiaque comptent une mortalité de 14% qui dépasse le double de la mortalité globale de toutes les interventions STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS TABLEAU III THROMBOSES AURICULAIRES min vers orifice mitral, et surtout un danger pour l\u2019opéré en raison du risque d\u2019embolie grave.L\u2019obstacle technique a toujours pu être surmonté dans nos 86 cas, 40 fois le chirurgien put extraire la totalité du thrombus.Dans les 46 autres cas, la thrombose ne put être extraite en totalité, 33 fois le chirurgien put néanmoins se frayer un passage à travers l\u2019auricule; 13 fois il dut renoncer à emprunter l\u2019auricule pour atteindre la valvule mitrale, soit par l\u2019oreillette directement, soit pas une veine pulmonaire.551 oPÉRÉS: 86 THROMBOSES = 15% ov 707AL oes OPERES PRÉVISION CONSTATATIONS CONSÉQUENCES OK L _ THROMBOSE OPÉRATOIRES J SUR LA SUR .s REALISATION TECHNIQUE LE PRONOSTIC SUR LES DELA COMMISSUROTOMIE u 551 EXTRACTION NÉCESSITÉ o\u2018uxe|| EM BOLIES LÊTE |VOIE o'ABORD PER ou DECE MALADES POSSIBLE SPÉCIALE Er ÊCES [) u B u a 108 FIBRILLATIONS: THROMBOSES 6 Fois: PARO/ 43 THROMBOSES LIMITÉES à AURICULE | 18 De L' OREILLETTE S 3 (40%) 48 1ros:VPS.|(2 mortelles) 20 ANTÉCÉDENTS EMBOLIQUES: THROMBOSES S Fois: PARO/ 2 THROMBOSES DE L'AURIEULE ETENDUES or OREILLETTE .AL OREILLETTE 21 6 9 36 Vros:V.A/.(4 mortelles) 70 FIBRILLATIONS + ANTÉCÉDENTS EMBOLIQUES: 34 BOLIQ THROMBOSES THROMBOSES DE L'OREILLETTE avec 1 0 0 0 (48,5%) AURICULE LIBRE 2 7 THROMBOSES N'ÉTAIENT ANNONCÉES PAR AUCUN SIGNE TOTAL 40 13 11 12 \" (13%) (14%) (6 rmorteltes) étudiées ici.11 opérés sur les 86 ont présenté une embolie cérébrale ou périphérique au cours et au décours de la commissurotomie, et 6 de ces 11 embolies furent mortelles, de telle façon que la moitié des décès de cette série est imputable à la thrombose intracardiaque.Il est souhaitable de pouvoir faire le diagnostic de la thrombose avant l\u2019opération.Les seuls éléments importants nous paraissent les antécédents de fibrillation auriculaire et d\u2019embolies périphériques. 258 Sur les 551 opérés, 108 en arythmie complète ont présenté 43 thromboses (40%) 20 ayant des antécédents emboliques ont montré 2 thromboses (10%).Enfin chez 70 malades ayant arythmie complète et antécédents em- boliques, il a été observé 34 thromboses (48.5%).Il y a donc une chance sur deux de D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 rents, qui sont les plus dangereux.35 malades ainsi traités n\u2019ont montré que 4 coagulations fraîches alors que chez 36 autres non traités, on a observé 16 thromboses auriculaires.Ce traitement arrêté 40 heures avant l\u2019intervention, nous paraît comme à bien d\u2019autres auteurs, fort utile.STENOSES MITRALES: RESULTATS IMMEDIATS _ TABLEAU IV LES REGURGITATIONS CONSTATEES A L'INTERVENTION eT LEUR DEVENIR IMMEDIAT ACTION or ta | RESULTAT COMMISSUROTOMIE FINAL u SUR LES REGURGITATIO o RÉGURGITATIONS | i | _ f AGGRAVÉES [romney (25 %) » /INCHANGEES: 674 REGURGITATIONS |, _ > BÉNIGNES DIMINUÉES: 12 À 79 (75%) NOMBRE GLOBAL IMPORTANCE dE CES DE RÉGURGITATIONS RÉGURGITATIONS CONSTATEES A a | LL\u2019 EXPLORATION MITRAL | __ 106 \u2014P REGURGITATIONS DISCRETES \u2014\u2014\u2014\u2014 ; LG ANNONCEES FAN UN SS.60 IGNES STE THA 154 CAS D SUR .551 MALADES 28% | _ 48 \u2014P REGURGITATIONS GRAVES | 1 #4 ANNONCEES PAR UNSS ! 4 SANY SIUNES STFTHA | COUSIIQUES | a ABSTENTIONS:26 \u2014 | REGURGITATIONS GRAVES 48 (100%) INCHANGEES: 13 \u2014 | AUGMENTEES: 9 rencontrer une thrombose auriculaire chez un malade en arythmie compléte avec antécédents emboliques.Inversement la thrombose sera exceptionnellement rencontrée chez un malade en rythme sinusal et sans embolies, 7 cas sur 353 opérés (1,98%).Nous avons dans un travail antérieur montré l\u2019intérêt d\u2019un traitement anticoagulant pendant environ 2 mois avant l\u2019opération.Ce traitement ne.peut faire disparaître une thrombose ancienne mais évite au maximum la présence de caillots frais, mous, non adhé- Insuffisance mitrale Le problème de l\u2019insuffisance mitrale associée à la sténose demeure un des plus préoccupants de la chirurgie mitrale.Nous avons pris pour point de départ de cette étude la constatation au doigt d\u2019une régurgitation systolique.Une telle constatation a été faite 154 fois sur 551 malades, c\u2019est-à-dire dans plus du quart des cas.La plupart de ces régurgitations étaient discrètes: 106 fois la régurgitation était de faible importance et d\u2019ailleurs 60 de L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ces malades ne présentaient pas de souffle systolique de pointe.Il apparaît que ces régurgitations discrètes ne sont pas une contre-indication à la com- missurotomie mitrale, qui, dans la majorité des cas, apportera un élargissement de la valvule sans accroître le reflux systolique.Les chiffres sont éloquents: tous ces malades D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 259 doit certainement tenter une commissuroto- mae.Tout autre est la signification et le sort des grosses régurgitations: 48 fois nous trouvons un reflux massif.Des graves régurgitations n\u2019ont pu être améliorées par l\u2019intervention: 26 fois les lésions mitrales étaient telles que le chirurgien STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS _ TABLEAU V REALISATION TECHNIQUE pe La COMMISSUROTOMIE ACCIDENTS PEROPERATOIRES SUR RÉGURGITATIONS ACCIDENTS _ CRÉÉES PAR LA PER OPÉRATOIRES DÉCÈS MALADES _ COMMISSUROTOMIE LIES ALA 34 ABSTENTIONS, 7 DÉCÈS = COMMISSUROTOMIE = (26 PouriM.) Frouaues S17 PLAIES GRAVES ou COMMISSUROTOMIES RUE a 220 COMMISSUROTOMIES |_ PUREMENT DIGITALES | S57 | 18 7 16 43% SGRAVES& ZMORTELLES.297 L_\u2014\u2014P{ COMMISSUROTOMIES + PAR DIL ATATION 29 | 15 8 15 INSTRUMENTALE | GGRAVES& 2 MORTELLES S7% pee | | S17 81 33 15 31 TOTAL COMMISSUROTOMIES M GRAVES, 4 MORTELLES subirent une commissurotomie, un quart seulement de ces régurgitations furent augmentées par la commissurotomie.Dans 75% des cas, la commissurotomie laisse le reflux inchangé ou diminué, c\u2019est-à- dire que dans les 34 des cas les opérés tirent de l\u2019opération le bénéfice d\u2019un orifice mitral très agrandi, avec une régurgitation très bénigne.| Ces chiffres démontrent que lorsque le ch- rurgien constate un léger reflux systolique, à s\u2019abstint complètement, dans les 22 cas où une commissurotomie fut pratiquée, elle laissa la régurgitation inchangée et l\u2019aggrava 9 fois.Au total, aucun de ces 48 malades ne sortit de l\u2019intervention avec un reflux systolique diminué, et tous gardèrent une insuffisance mitrale grave.IV) LA RÉALISATION TECHNIQUE DE LA COM- MISSUROTOMIE Les 551 interventions étudiées ici comptent 34 abstentions 26 fois le chirurgien s\u2019abstint 260 devant la régurgitation massive prédominante, les 8 autres cas correspondaient soit à une erreur de diagnostic, soit à une impossibilité de pénétrer dans l\u2019oreillette gauche.Restent 517 commissurotomies.Elles furent conduites 504 fois par la voie classique de l\u2019auricule gauche, 11 fois directement par la paroi de l\u2019oreillette gauche et 2 fois par une veine pulmonaire.D'ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 L'efficacité de la dilatation instrumentale sera examinée plus loin.Disons simplement ici que son emploi ne diminue en rien la sécurité opératoire.En effet, 220 commissuroto- mies purement digitales ont comporté 16 décès per et post-opératoires et 18 plaies de la paroi d\u2019une oreillette friable, et les 297 commissu- rotomies instrumentales ont donné 15 décès et 15 plaies du cœur, la comparaison est donc STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS ; TABLEAU VI COMPLICATIONS PEROPÉRATOIRES NOMBRE || DÉCÈS Décès DE SUR LA POS TOPE: CAS TABLE {[-RATOIRE LESIONS .» a TRAUMATIQUES oe | 5 4 | L APPAREIL MITRAL.\u2014 5cas SUR EMBOLIES DES MEMBRES \u2014 - 2 551 MALADES F BN DU CARREFOUR 68 - ARTERIELLES Siam > _ 2 2.14 CAS \u2014 COMPLICATIONS \u2014 L_ Ou CERVEAU \u2014 8 4 123% \u2014 CB De ces COMPLICATIONS 7 \u2014 PLAIES DE 19 _ 4 SONT MORTELLES HEMORRAGIES L'AURICULE \u2014\u2014 J F .\\\u2014 PLAIES DE UR et ee DE _\u2014 GRAVES: | ORE E rE \u2014 14 1 2 n \u2019 36 cas L_ PLAIES DU VENT RICULE \u2014\u2014 3 2 - 1954:12% ee.15% TROUBLES GRAVES _ 9 9 1 1956: 9% ou RY THME ARRET CARDIAQUE » hid sans HÉMORRAGIE : Hd FIBRILLATION 13 cas VENTRICULAIRE \u2014 4 1 3 TOTAL \u2014| 68 6 22 \u2014_\u2014 28 Décès Il est aujourd\u2019hui admis que le doigt seul n\u2019est pas suffisant dans un grand nombre de cas à obtenir une commissurotomie suffisante.Le doigt ne fut utilisé exclusivement que dans 220 commissurotomies, ce qui représente 43% des cas, et 297 commissurotomies (57%) exigèrent l\u2019usage d\u2019un instrument.Nous avons, depuis plusieurs années, abandonné l\u2019utilisation des couteaux ou des guillotines, pour adopter le dilatateur métallique mis au point par Ch.Dubost.en faveur de la commissurotomie instrumentale.Dans cette perspective, nous avons de plus en plus tendance à utiliser systématiquement le dilatateur métallique.V) LES COMPLICATIONS PER-OPÉRATOIRES Nous avons groupé dans ce chapitre les accidents per-opératoires graves dont certains ont déjà été invoqués dans les chapitres précédents. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Leur nombre total est de 68, soit 12,3% des interventions et leur gravité se marque bien par une mortalité de 28 cas.Ils sont de 4 ordres différents: a) Les lésions traumatiques de l\u2019appareil mitral Nous entendons par la, une lésion précise telle qu\u2019une section valvulaire ou un arrachement de l\u2019appareil tendineux de suspension, D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 261 b) Les embolies artérielles per-opératoires Elles furent au nombre de 14.2 embolies du carrefour aortique furent mortelles rapidement, le diagnostic ayant été fait seulement au retour du malade au lit, et l\u2019exploration chirurgicale rejetée à cause de l\u2019état du malade.Par contre les embolies des membres (4 cas) et du cerveau (8 cas) ne furent mortelles qu\u2019une fois sur deux.STENOSES MITRALES: RÉSULTATS IMMÉDIATS TABLEAU VII DÉCES PER & POSTOPÉRATOIRES 34 INTERVENTIONS EXPLORATRICES DÉCES PEROPÉRATOIRES INFLUENCE oc L\u201d AGE \u20ac 40 ANS: 195uk 369(51%) D> LOANS: 19 sun 182 (10 >) s 7 Décès 6 TOUS POSTOPÈRA TOIRES D ARRÊTS CARDIAQUES (20 %) > 1 FIBRILLATION VENTRICULAIRE iE 2 PLAIES ou VENTRICULE MORTALITE GLOBALE 1 PLAIE 0 tL\" OREILLETTE 38 a .SUR 551 CAS 6,9% DÉCÈS POSTOPÉRATOIRES: 517 25 NES COMMISSUROTOMIES| | |1G SONT LIES 4 une COMPLICATION INFLU CE dou SEXE _- \u2026- R FEMMES 27 sun 62463\") 31 DECES PEROPERATOIRE HOMMES 11 sur 127 (9°) (5 9%) 8 FMBOLIES ARTERIELLES .17 70 4 LESIONS TRAUMATIQUES DE L'APPAREIL MITRAL 4 DECEREBRATION APRES > REANIMATION CARDIAQUE Ss Q SONT LIES A une COMPLICATION = POSTOPERATOIRE ] EMBOLIE DU CARREFOUR AORTIQUE ALA 48'HEURE ] EPANCHEMENT PERICARIIQUE SF COLLAPSUS 4 DEFAILLANCES CARDIAQUES u le plus souvent par le dilatateur métallique.De tels accidents sont survenus 5 fois et leur gravité se marque par 4 décès rapides, dans un tableau très grave d\u2019insuffisance mitrale.Dans 2 autres cas l\u2019arrachement d\u2019un pilier charnu put être traité immédiatement par la fixation du pilier sur la paroi ventriculaire gauche, à l\u2019aide d\u2019une aiguille maniée sous contrôle du doigt intra-cardiaque.Des embolies peropératoires sont très difficiles à éviter car le plus souvent le chirurgien n\u2019a même pas senti le départ du caillot migrateur.Le contrôle des vaisseaux cérébraux, tel qu\u2019il a été proposé par C.Bailey ne nous a pas paru d\u2019une efficacité absolue, car 2 embolies cérébrales mortelles sont survenues chez des opérés ainsi contrôlés par le clampage des artères carotides. 262 c) 36 hémorragies sévères furent observées La majorité 19 se présentèrent comme une déchirure de l\u2019orifrce auriculaire au cours des manœuvres opératoires.Toutes ces déchirures purent être suturées et les 4 décès post-opéra- toires ont été sans rapport avec cet accident mineur.D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 put être suturée après passage d\u2019un fil tracteur sur la point du cœur et retournement de celui-ci.d) Troubles graves du rythme Survenus en l\u2019absence d\u2019hémorragie grave, ils ont été relativement rares puisque nous n\u2019en comptons que 13 cas.STENOSES MITRALES: RÉSULTATS ÉLOIGNES TABLEAU VIH LE MATÉRIEL 71 MALADES RECUL NOMBRE or CAS 54 FEMMES \u201c SEXE 16 HOMMES PLUS oe 6 ans y 4 cas 77 3S De moins DE 35 ans PI AGE 29 £vTRE 3SET SOANS LU.7 J PLUS or Sans 2 q 13 cas 7 DE PLUS DE 50 ANS TT 7 PLUS 0e Gans | À À 21 CAS po» 28 JS 777 7 FI 77 CNT FLUS oe Sans 4 wl > 130 CAs va LL A 7 777 TTT 77777, 7777 FLUS 0e 2 ans | 7 q ; 58 cas 0 Le 7 7 77 7 PLUS oe 1 an 7 \u2018 P ut 77 NI 7lcas [ pa ye oh Le CL 14 plaies de l\u2019oreillette ont consisté, soit en une déchirure très étendue à partir de l\u2019orifice d\u2019entrée auriculaire, soit en une irruption du doigt intracardiaque dans le sillon auriculo- auriculaire.Ces cas ont comporté 1 décès sur la table d\u2019opération et 2 décès secondaires.Enfin 3 fois a été observée une plaie de la paroi ventriculaire liée à l\u2019ouverture d\u2019un dilatateur métallique ouvert en mauvaise position.Ces plaies qui siègent toujours en un point difficilement accessible (paroi inférieure du ventricule gauche près du sinus coronaire) sont très difficiles à réparer.Une pourtant L\u2019arrêt cardiaque survenu 9 fois a bénéficié de la réanimation cardiaque, puisque 3 malades seulement ont succombé: 2 sur la table d\u2019opération, l\u2019autre dans les suites (décérébra- tion).Au contraire les 4 cas de fibrillation ventriculaire ont été mortels; l\u2019un immédiatement, les 3 autres du fait de la mort cérébrale, survenue au cours d\u2019une réanimation cardiaque prolongée.VI) ANALYSE DES DÉCÈS Rappelons que la mortalité d\u2019ensemble est de 38 décès sur 551 observations, soit 6,9%. L'Union Méd.Canada \u2019 N .L'âge influe sur le chiffre puisque avant 40 ans nous avons 5,1% et après cet âge 10%.Des 551 observations il faut retrancher 34 opérations exploratrices qui ont entraîné 7 morts.Il reste donc sur 517 commissurotomies effectuées, 31 décès, soit 5,9%.Ces décès sont survenus 6 fois sur la table d\u2019opération: 3 fois par hémorragie grave, 3 par arrêt cardiaque.MISSUROTOMIE MITRALE 263 pulmonaire ce qui souligne la gravité de ce dernier élément.B.\u2014 Résultats à distance.Ont été exclusivement étudiés, dans cette partie 71 malades qui représentent la série de mes opérés personnels de rétrécissement mitral, entre 1951 et 1956.STÉNOSES MITRALES: RÉSULTATS ÉELOIGNES TABLEAU IX LES SIGNES OBJECTIFS 71] MALADES 1) [AUSCULTATION | ROULEMENT INCHAN GE - 24 A DIASTOLIQUE DIMINUE (Lemons 55 } 47 (66%) Sourrce (0 Peu 5 SYSTOLIQUE APPA RYU 11 2) [RADIOLOGIE | Volum INCHANGÉ __ 44 (62%) AUCUN CARDIA ve AUGMENTE (AUGMENT ou V6) 12 PARALLELISME Q = DIMINUÉ S AVEC SURCHARGE DIMINUEE 64 (90%) ; L'IMPORTANCE PULMONAIRE SURCHARGEEF ; 7 - _ DU \u2014_ .RESULTAT 3 FONCTIONNEL HYPERTROPHIE (CHANGES 56 (80%) VENTRICULAIRE DROITE DIMINUÉE 15 » MOINS DE 15: : 29 TOURNE ;5a30° : 14 50 (70%) Axe Q.RS.LA GAUCHE puso 30°.7) * | INCHANGE 19 | TOURNE Vers LA DROITE 2 J a La majorité des morts (25%) est survenue dans les jours qui ont suivi l\u2019intervention.16 sont directement liées à une complication immédiate (8 embolies: 4 traumatismes graves de l\u2019appareil mitral, 4 décérébrations après réanimation cardiaque).9 plus tardives: embolie du carrefour aortique, épanchement péricardique, et 7 malades décédés de collapsus tensionnel et défaillance du cœur droit.Ces derniers malades avaient tous une importante hypertension artérielle Le sexe et l\u2019âge font apparaître que la série représente une fraction homogène de l\u2019ensemble des opérés.Les opérés ont été réexaminés de 1 à 6 ans après la commissurotomie: 58 seulement ont un recul supérieur à 2 ans et 30 un recul supérieur à 3 ans.Nous pouvons immédiatement souligner que pour les plus anciens opérés, nous n\u2019avons pas observé de changement sensible entre la 2° et la 6° année, à quelques exceptions près qui 264 seront signalées plus loin.On peut donc admettre qu\u2019un résultat datant de quelques mois reste durable.I) RÉSULTATS OBJECTIFS Les changements objectifs sont assez peu Mar qués Nos malades ont été auscultés, radiographiés, et ont subi un enregistrement électro- cardiographique.Nous n\u2019avons pas pratiqué de cathétérisme cardiaque post-opératoire parce que la grande majorité de ces malades n\u2019avaient pas été cathétérisés avant l\u2019intervention.Nous ne pensons pas, en effet, que l\u2019étude hémodynamique soit indispensable à l\u2019indication opératoire, sauf dans certains cas particuliers où la part de la sténose mitrale, dans les troubles fonctionnels n\u2019est pas facile à déterminer cliniquement.Les résultats de cette enquête sur l\u2019avenir lointain des signes objectifs sont résumés dans le tableau no 9.a) L\u2019auseultation nous a appris qu\u2019aucun opéré ne retrouvait à long terme un rythme cardiaque tout à fait normal.Il persiste un roulement diastolique mais, dans les 2/5 des cas, il est moins intense qu'avant l\u2019intervention.Nous n\u2019avons observé aucun cas d\u2019augmentation du roulement diastolique.Nous disons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un examen à long terme.Il est en effet fréquent (environ 1/5 des opérés) que le rythme devienne normal immédiatement après l\u2019opération, mais on voit généralement reparaître un certain degré de rythme mitral dans les semaines ou les mois qui suivent.11 fois était apparu un souffle systolique, alors que la systole était libre avant la com- missurotomie, mais il faut souligner qu\u2019il s\u2019agissait toujours de souffles très discrets, cotés 1/10 à 2/10.À l\u2019inverse, 5 fois avait disparu un souffle systolique entendu avant l\u2019intervention, mais là encore il ne s\u2019agit que de souffle systolique de faible intensité.b) L\u2019examen radiologique montre peu de changement.D'ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE l\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 44 fois (62% ) des cas, l\u2019image cardiaque est inchangée ou tout au moins ne s\u2019est pas modifiée de façon sensible, la comparaison n\u2019était évidemment pas toujours possible avec une très grande rigueur.Le volume cardiaque n\u2019a nettement diminué que 5 fois, 12 fois on note une augmentation légère du volume cardiaque, qui est due, en réalité, à une dilatation légère du ventricule gauche, dont le contour devient plus convexe sur les clichés de face ou de 3}.Les autres cavités demeurent inchangées et, en particulier, l\u2019oreillette gauche ne diminue pas sensiblement.En revanche, dans 90% des cas, on cst frappé par la diminution de la surcharge pul- monavre: diminution de l\u2019are moyen, mais surtout amincissement des hiles et clarté plus grande dans l\u2019ensemble de l\u2019image parenehy- mateuse.Il semble que là réside le gain essentiel sur le plan radiologique.c) L\u2019électrocardiogramme est relativement peu modifié Les signes de surcharge électrique ventriculaire droite demeurent inchangés dans 80% des cas.La modification favorable est la rotation a gauche de Uaxe électrique de Q.R.S.qui tend à le ramener vers une zone normale: mais si cette rotation a été constatée chez 70% des opérés, elle demeure le plus souvent minime, les 3/5 des cas présentent une rotation de moins de 15°.Deux fois nous avons trouvé un axe déplacé vers la droite sans explication valable.Dans l\u2019appréciation de ces changements des symptômes objectifs, il nous faut insister spécialement sur l\u2019absence totale de parallélisme de ces modifications entre elles, et de ces modifications avec le résultat fonctionnel de la commissurotomie.Ce sont parfois les malades les plus satisfaisants sur le plan fonctionnel qui se montrent le moins modifiés à l\u2019auscultation, à la radiographie et à l\u2019électrocardiogramme.II) RÉSULTATS FONCTIONNELS Il nous est apparu que l\u2019élément fonctionnel dont on peut juger avec le plus de précision L'Union Méd.Canada \"ALL: : COMMISSUROTOMIE MITRALE Tome 87 \u2014 Mars 1958 D\u2019ALLAINES: CO 265 Avec ces définitions nos 71 malades se répartissent en: est la dyspnée d\u2019effort.Nous avons adopté arbitrairement la classification suivante : Nous appelons bons résultats, les cas où Bons résultats 65,5% 48 cas l\u2019intervention a fait disparaître toute dyspnée Résultats moyens 20 % 14 cas d\u2019effort et permet au patient de mener une vie Mauvais résultats 12,5% 9 cas pratiquement normale (à l\u2019exclusion des seuls efforts exhaustifs comme certains sports violents).Ce sont, en particulier, des malades STENOSES MITRALES: Sur ces 9 cas, 3 malades ont été réopérés, le résultat compté ici étant celui de la 17\u20ac commissuro- tomie, de façon à pouvoir être compar(e aux autres Cas.RÉSULTATS ELO/GNES TABLEAU X L'AMELIORATION FONCTIONNELLE | NOMBRE RÉSULTATS \u2019 or CAS BONS |MOYENS MAUVAIS e 2 a \u201c CALCIFICATION \u2014\u2014 23 16 5 2 RELATION REGURGITATION 2 AVEC LES GRAVE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014» 2 \u2014 TT B - LE 3/ ONS REGURGITATION PREOPERATOIRES DISCRÈTE + 10 9 1 \u2014 LESIONS AORTIQUES + 9 5 2 2 RESULTATS GLOBAUX BAUX EXPLORATRICE \u2014\u2014 3 - TT 3 7 CAS PEL ON COMMISSUROTOMIE BONS: 48(67s%) L'EFFICACITÉ NON SAFISFAISANTE + 19 6 10 3 ; ° DE LA MOYENS: 16120 7) (COMMISSUROTOME) rams 49 42 4 3 MAUVAIS: 9 (3e/osiess) .SINUSAL\u2014\u2014A 42 35 6 1 || Résa femme 4 _d 29 |13| 8 8 Po Aro IRE CRISES DE RAA \u2014 6 PAS DE MODIFICATION EMBOLIES \u2014\u2014W 0 OES RESULTATS J | capables de monter plus de 2 étages sans essoufflement et qui ne sont pas génés dans l\u2019exercice de leur vie ou d\u2019un travail manuel.Nous appelons résultats moyens, les cas où l\u2019amélioration a été certaine mais ne permet néanmoins qu\u2019une activité modérée.Un léger essoufflement persiste à la montée de 2 étages.Nous appelons mauvais résultats les cas où n\u2019a été observée aucune amélioration de la dyspnée d\u2019effort.Les résultats fonctionnels constituent une base plus évidente que les résultats objectifs, nous nous sommes efforcés de les analyser plus avant, en particulier pour examiner les facteurs, pré, per ou post-opératoires qui sont susceptibles d\u2019influencer le résultat.Cette analyse est chiffrée dans le tableau no 10.Nous avons d\u2019abord examiné si certaines lésions préopératoires pouvaient influer sur 266 les résultats à distance et comportaient, par conséquent, une valeur pronostique: 1) Les calcifications de l\u2019orifice mitral, ne semblent pas comporter une modification des résultats, puisque sur les 23 cas calcifiés de notre série, nous comptons 69% de bons résultats.2) L'insuffisance mitrale, lorsque elle existe, et ne peut être supprimée par la commis- surotomie, est un élément plus inquiétant pour l\u2019avenir.En fait, seules les insuffisances mitrales importantes et massives comportent une signification pronostique médiocre.Deux régurgitations de ce type nous ont donné, à distance, deux mauvais résultats.Il faut insister sur ce que dans les maladies mitrales importantes, la commissurotomie est peu efficace, la sténose est peu serrée et l'appareil mitral étant extrêmement altéré, toute tentative d\u2019élargissement ne fait qu\u2019augmenter l\u2019insuffisance elle-même.À l\u2019inverse, les régurgitations discrètes ne nous semblent pas influer sur le résultat final qui demeure lié à la valeur de la commissu- rotomie elle-même: sur 10 régurgitations de ce type, nous comptons même un pourcentage élevé de bons résultats (90%).3) Les lésions valvulaires associées étaient au nombre de 9.Toutes localisées à l\u2019orifice aortique.Les 2 cas de sténose aortique traités dans le même temps que la sténose mitrale ont fourni 2 excellents résultats (suivis 13 et 18 mois).Les 7 cas d'insuffisance aortique correspondent, en réalité, à des fuites diastoliques peu importantes.Cependant, cette courte série compte une majorité de résultats mauvais et moyens, mais les mauvais résultats semblent plutôt liés à des commissuroto- mies mitrales peu satisfaisantes.En conclusion, les caractères anatomiques particuliers du rétrécissement mitral, plus ou moins calcifié, l\u2019association d\u2019autres altérations valvulaires, ne paraissent pas modifier le résultat fonctionnel obtenu par l\u2019opération ; à condition que ces éléments soient peu im- DALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 portants, la commissurotomie reste donc légitime et susceptible de bons résultats.Au contraire, si les lésions valvulaires associées sont importantes, elles entraîneront donc une contre-indication à la commissurotomie.En général, l\u2019examen préopératoire permet la délimitation des formes légères ou graves.Dans les cas douteux, c\u2019est au cours de l\u2019opération que l\u2019on pourra apprécier leur valeur et décider ou refuser la commissurotomie.Deux explorations sont capitales: L\u2019exploration digitale qui apprécie la valeur du reflux systolique.La prise des pressions à l\u2019électromanomètre.L\u2019hypertension dans l\u2019oreillette gauche, indique la nécessité de la commissurotomie mais la mesure de la pression ventriculaire gauche a plus d'importance encore si celle-ci, systolique et surtout diastolique, est élevée par rapport à la pression aortique, elle indique une souffrance ventriculaire gauche et con- trindique donc la commissurotomie qui augmenterait encore la pression ventriculaire.b) Nous avons cherché à classer la valeur des résultats éloignés suivant l\u2019importance de la commissurotomie appréciée par l\u2019opérateur.Si nous laissons à part 3 interventions purement exploratrices, nous pouvons diviser les 68 commissurotomies pratiquées en 49 satisfaisantes (orifice obtenu admettant 2 doigts et demi, sans régurgitation importante) et 19 non satisfaisantes (soit par l\u2019impossibilité d\u2019un agrandissement suffisant de l\u2019orifice, soit par une régurgitation importante, soit par un incident opératoire).Il est alors frappant de constater que les interventions satisfaisantes donnent plus de 85% de bons résultats lointains, alors que les interventions non satisfaisantes ne donnent que 32% de bons résultats.Il existe donc, comme on peut le penser, un rapport très sensible entre la valeur anatomique de la commissurotomie, appréciée par l\u2019opérateur, et le résultat éloigné.Ce point confirme ce qui a été dit par d\u2019autïes auteurs: si la commissurctomie \u2018a été large!\u2019 le résultat éloigné sera et demeurera bon. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Les mauvais résultats éloignés sont dus, dans la grande majorité des cas, à une opération insuffisante.Pendant les 6 premiers mois il existe une amélioration fonctionnelle qui peut être entièrement artificielle, amélioration factice (qui englobe même les opérations exploratrices et où le psychisme du malade joue un rôle certain), mais après ce délai, il apparaît que les mauvais résultats répondent, en très grande majorité, à des commissurotomies jugées insuffisantes dès le moment même de l\u2019intervention.L'expérience de quelques interventions confirme ces faits.c) Enfin, nous avons examiné si la survenue post-opératoire de certaines mamfesta- tions évolutives était de nature à modifier le résultat lointain.Il est certain que la fibrillation auriculaire persistant ou apparaissant après l\u2019opération comporte un pronostic éloigné moins bon.Les bons résultats existent chez 83% des opérés en rythme sinusal et seulement chez 50% des malades en arythmie complète.Il est logique de penser que les malades en arythmie complète sont les moins bons cas, pour d\u2019autres raisons: lésions plus anciennes, altération plus profonde de l\u2019état de l\u2019appareil mitral, accidents thrombosiques et emboli- ques, ete.En réalité, nous pensons qu\u2019à elle seule la fibrillation auriculaire peut limiter le résultat fonctionnel.Nous \u2018avons, en effet, observé 5 malades, dans cette série, chez qui la survenue longtemps après l\u2019intervention d\u2019une fibrillation auriculaire (3 de ces malades avaient toujours été, jusque là, en rythme sinusal, 2 autres avaient eu, au moment de l\u2019intervention, une arythmie complète réduite à la quinidine) entraîna brusquement une aggravation fonctionnelle, alors qu\u2019ils avaient, jusque là, bénéficié d\u2019un excellent résultat.Un D\u2019ALLAINES: COMMISSUROTOMIE MITRALE 267 de ces malades mena une vie presque normale pendant 5 années après la commissurotomie et se trouve gêné depuis 6 mois, cette gêne ayant exactement coïncidé avec un passage en arythmie complète irréductible.Nous estimons donc que la perturbation de la contraction auriculaire, entraînée par la fibrillation, peut suffire à rendre insuffisante une surface mitrale, jusque là compatible avec un bon résultat fonctionnel.En revanche, nous n\u2019avons pas constaté que le résultat fonctionnel soit modifié par la survenue post-opératoire de crises rhumatismales.Six malades de cette série ont, depuis l\u2019opération, présenté une ou plusieurs crises articulaires de diagnostic indiscutable, sans que le résultat fonctionnel de la commissu- rotomie semble modifié par le rhumatisme récidivant.Bien entendu, dans ce domaine, les délais d\u2019observation dont nous disposons sont encore trop courts et il est possible que l\u2019effet local d\u2019un rhumatisme évolutif demande de nombreuses années avant de se faire sentir.Si nous voulons apporter une conclusion à cette étude des résultats de la commissuroto- mie mitrale, nous sommes conduits à souligner en terminant l\u2019importance de la bonne réalisation technique de l\u2019intervention.Les mauvais résultats lointains sont presque toujours la rançon d\u2019une action chirurgicale insuffisante, c\u2019est-à-dire d\u2019une commissurotomie trop étroite.Ces commissurotomies incomplètes, dont le nombre décroît avec l\u2019expérience accrue de chaque chirurgien, paraissent responsables des résultats médiocres.Plutôt que d\u2019accuser une hypothétique évolutivité pathologique, génératrice de ressoudures commissurales, on doit se convaincre que dans l\u2019état actuel des choses, la «récidive» est un fait exceptionnel et le mauvais résultat le témoin quasi constant d\u2019une commissurotomie non satisfaisante. TRAITEMENT MÉDICAL COMBINÉ DU CANCER BRONCHO-PULMONAIRE INOPÉRABLE ! Gilles LORANGE 2, Yvan METHOT 3 et Armand TRÉPANIER 4.L\u2019expérience acquise dans le cancer bron- cho-pulmonaire nous a démontré que son traitement curatif n\u2019est possible qu\u2019à la condition de pouvoir poser un diagnostic précoce.Ceci implique qu\u2019il ne faut jamais tergiverser avec aucun signe clinique, nil aucune image radiologique suspecte.Lorsque l\u2019un ou l\u2019autre apparaît, le médecin se doit de faire subir à son patient les examens qui s\u2019imposent: radiologiques, endoscopiques, anatomo-pathologi- ques, biopsiques.S\u2019il ne peut arriver alors à aucune conclusion définitive, il doit, croyons- nous, donner à ce patient la chance d\u2019une thoracotomie exploratrice.La fréquence du cancer broncho-pulmo- naire n\u2019est pas un vain mot.Les statistiques nous permettent de nous en rendre compte.TABLEAU 1 Statistiques de tumeurs pulmonaires Graham : 1930 1950 (Amer.Cancer Society) (1) par population \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 4/100,000 19/100,000 Phillips: 1931 1952 (National Cancer Institute of Canada) (2) a) mort par cancer \u2026\u2026 22% 8.7% b) chez l\u2019homme 3 % 134% par population ee.3/100,000 17/100,000 Danemark (3) 1930 1950 par population oo.5/100,000 40/100,000 TasLeavu 11 Statistiques des cancers avec métastases.Karnofsky : (Memorial Center, New-York) (4) 20.000 cas de cancer diagnostiqués par année aux Etats-Unis.5% contrôlés par la chirurgie.3318 auront des lésions métastatiques symptomatiques aux poumons.1.Travail présenté à la consultation générale de la Clinique des Maladies du Thorax, hôpital Notre- Dame, Montréal, le 15 mars 1957.2.Assistant.Service de Médecine et Clinique des Maladie du Thorax.hopital Notre-Dame, Montréal.3.Assistant, Service de Radiologie (section radiothérapie), hopital Notre-Dame.Montréal.4.Assistant, Service de Radiologie (section dia- gnostie).hôpital Notre-Dame, Montréal.Tous ces chiffres doivent nous faire réfléchir et nous incitent encore une fois à poser un diagnostie précoce.Il faut savoir aussi que la majeure partie du temps, le patient, référé pour traitement, accuse déjà des symptômes depuis au moins six mois.Aucune statistique officiclle n\u2019a été publiée démontrant l\u2019application du traitement avant l'apparition des premiers symptômes.Richard H.Sweet (5) de Boston croit que le pourcentage officiel de succès obtenu par le traitement chirurgical se chiffre actuellement à moins de 10%.Ces résultats, pauvres en apparence, sont favorablement comparables au succès obtenu dans le traitement chirurgical du cancer gastrique.En conséquence, quelques patients vus pour la première fois sont inopérables d\u2019emblée, d\u2019autres sont explorés chirurgicalement mais jugés inopérables à ce moment et enfin un certain pourcentage peut bénéficier d\u2019une intervention chirurgicale palliative.Sur les 20,000 cas de cancers diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis, Karnofsky (4) (tableau 2) affirme que 3345% de ceux-ci auront éventuellement des lésions métastatiques symptomatiques aux poumons.La science médicale se doit donc de tenter une thérapeutique curative toujours chirurgicale et, si celle- ci est impossible, à tout le moins une thérapeutique palliative que nous pourrions appeler thérapeutique de confort.L\u2019efficacité de celle- ci sera démontrée par la disparition d\u2019une forte proportion de symptômes subjectifs et objectifs.Dans cet esprit notre expérience a prouvé qu\u2019un travail d\u2019équipe est d\u2019importance primordiale dans la détermination des critéres d\u2019inopérabilité.CRITÈRES D\u2019INOPÉRABILITÉ Ils peuvent se classifier en critères cliniques, endoscopiques, radiologiques et anato- mo-pathologiques. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Critères climiques, l'envalhissement dans un organe, autre que le poumon, peut devenir un critère d\u2019inopérabilité.Cet envahissement se fera soit localement, soit à distance.Localement, nous pouvons avoir une extension à la plèvre ou au péricarde.Cette dernière rend à coup sûr le patient inopérable.L\u2019envahisse- CONTRE-INDICATIONS CiiniQUE\u201d \\.PANCOoAasT Veine Cave } (osseux) (sve).; , ArT.Pulm.A Pericarse oumon CenTRFE M - Pleunale LatTenale : Héparique-4 Fig.1.\u2014 Schéma de quelques-uns des principaux critères cliniques d\u2019inopérabilité du caneer broncho- pulmonaire.ment de la plèvre par le réseau lymphatique rend presque toujours.la cure chirurgicale douteuse de même pour le syndrome de Pan- coast, témoin d\u2019une lésion néo-plasique primitive du sommet s'étendant aux tissus nerveux et osseux.| Il en est de méme pour les métastases à distance, qu\u2019elles soient dans le poumon con- tra-latéral, au cerveau, aux os ou au foie (fig.1).Certaines pathologies médicales associées sont des contre-indications formelles, tel un infaretüs du myocarde.Ici, il appartient à toute l\u2019équipe d\u2019étudier le problème et d\u2019en arriver à une décision.Parfois des troubles importants de la fonction cardio-pulmonaire font craindre ct même empêchent la pneumo- nectomic totale.Les tests physiologiques appropriés nous permettent d'opter pour la meilleure solution.INVESTIGATION ENDOSCOPIQUE L'investigation endoscopique fournit certains critères d\u2019inopérabilité: LORANGE rT Cour.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE 269 1° La paralysie d\u2019une corde vocale, manifestation d\u2019une atteinte du récurrent.2° L\u2019élargissement et la fixité de l\u2019éperon trachéal, témoin d\u2019'adénopathies médiastina- les.3° L\u2019envahissement de la trachée sur une surface étendue.Cependant, les travaux de Gebauer sur la plastie réparatrice de la trachée semblent diminuer l\u2019importance de ce critère (Fig.2) Fig.2.\u2014 Contre-indications endoscopiques: envahissement de la trachée, élargissement de l\u2019éperon trachéal, adénopathie médiastinale, paralysie d\u2019une corde vocale.INVESTIGATION RADIOLOGIQUE Les différents examens radiologiques d\u2019un malade atteint d\u2019un cancer du poumon peuvent montrer un ou plusieurs signes qui contre-indiquent d\u2019emblée l\u2019opération.La valeur (le certains de ces signes est admise en général (pour quelques-uns, elle est douteuse).D'ailleurs, l\u2019importance de ces signes\u2019 varie suivant les possibilités locales (expérience du chirurgien, facilités ancsthésiques, ete.) C\u2019est 270 pourquoi il convient de parler de contre-indications formelles et relatives: I \u2014 Fluoroscopie; films simples sous diverses incidences: film pénétré en P.A.avec baryum dans l\u2019æsophage A \u2014 Contre-indications formelles 1° Métastases osseuses.2° Métastases ganglionnaires ou pulmonaires contra-latérales.3° Envahissement (et non simple compression extrinsèque) de la paroi de l\u2019œsophage, par la masse pulmonaire même ou par des ganglions médiastinaux métastatiques.B \u2014 Contre-indications relatives qui font douter fortement de la résectabilité Plusieurs auteurs les considèrent comme des contre-indications formelles à la thoraco- tomie.Il faut donc juger chaque cas en particulier: 1° Paralysie d\u2019une corde vocale (envahissement du nerf récurrent).2° Paralysie du diaphragme (envahissement du nerf phrénique).3° Epanchement sanglant péricardique ou pleural avec cellules néoplasiques (Papani- colaou ou biopsie pleurale à l\u2019aiguille).4° Hypertrophie ganglionnaire médiastina- le ou hilaire, qui peut représenter un ganglion métastatique ou réactionnel.Il est évident qu\u2019en présence de deux ou plusieurs de ces contre-indications relatives, les chances de résectabilité diminuent grandement.II \u2014 Quand il n\u2019existe aucune contre-indication clinique, endoscopique ou radtolo- gique à la thoracotomie, un angiopneu- mogramme est pratiqué (6).A \u2014 Contre-indications formelles 1° Envahissement des parois de la veine cave supérieure ou d\u2019un gros tronc veineux, avec sténose complète ou partielle.(La sténose complète est toujours due à un envahissement).2° Rétrécissement de toute l\u2019artère pulmonaire droite ou gauche depuis son origine, ou LORANGE Er CouL.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 amputation complète de l\u2019artère pulmonaire droite en dedans de sa bifurcation ou amputation de l\u2019artère pulmonaire gauche à moins de 1.5 em.de son origine.3° Envahissement de l\u2019aorte ou de l\u2019oreillette gauche.B \u2014 Contre-indications relatives 1° Compression ganglionnaire de la veine cave supérieure ou d\u2019un gros tronc veineux.(Quelquefois il est difficile de dire s\u2019il s\u2019agit de compression ou d\u2019envahissement).2° Compression ou envahissement de l\u2019artère pulmonaire droite ou gauche en un point quelconque de son trajet.Les atteintes des artères lobaires ou seg- mentaires ne contre-indiquent nullement l\u2019opération.Il est encore impossible à l\u2019heure actuelle de classifier les deux signes suivants: 1° compression du tronc artériel pulmonaire; 2° absence d\u2019opacification des veines pulmonaires près de l\u2019oreillette gauche.Devant la grande fréquence du cancer pulmonaire non réséquable, nous avons tenté l\u2019_établissement d\u2019un traitement médical combiné.BASE DU TRAITEMENT COMBINÉ (Traitement de confort) Nos recherches bibliographiques puisées dans la littérature des récentes années nous ont montré la possibilité de rendre ces patients plus confortables en faisant disparaître quelques-uns de leurs symptômes.Ainsi, les travaux de Roswit, Kaplan et Jacobson (7) sur une série de 38 patients avec syndrome de la veine cave supérieure, ont démontré la disparition des symptômes par le traitement combiné de méthyl-bis et de radiothérapie (douleur, toux, œdème cervico-facial, cyanose, détresse respiratoire) souvent en l\u2019espace de 24 et 48 heures.Levine et Weisberger (8) ont pu faire disparaître les symptômes chez 70% de leurs malades.McCarthy (9) a obtenu un excellent résultat dans 33145% des cas et un résultat satisfaisant dans 3315%.Un de ces patients a eu une rémission de 23 mois.Kar- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 nofsky et ses associés (10) ont trouvé une amélioration clinique importante dans 50% des cas de cancer pulmonaire traités avec l\u2019association méthyl-bis et corticoïdes.Il semble donc d\u2019après tous les auteurs que l\u2019effet individuel soit sur l\u2019état général ou sur la lésion néoplasique elle-même, de l\u2019ACTH, de la cortisone, de la radiothérapie et du méthyl-bis, se combine et donne une puissance thérapeutique plus prononcée.On comprend mal l\u2019effet de l'ACTH chez le cancéreux.Plusieurs théories existent; aucune ne semble expliquer de façon définitive son mécanisme d\u2019action.Nous croyons qu\u2019elle agit sur l\u2019état général et sur la moelle en empéchant la dépression de cette dernière par la radiothérapie et le méthyl-bis.Il en est de même pour la cortisone.Celle-ci est employée comme thérapeutique de remplacement, car les métastases surrénaliennes sont fréquentes dans le cancer bronchique.Les particules ionisantes qui proviennent de l\u2019absorption des radiations lors de leurs inter- CARYOKINESE METAPHASE : 1: => .7/1 = ProPpnase DépoublemenT .\u2018 7 MonT DirrERES MorT IMMÉDIATE LORANGE ET CouL.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE 271 réactions avec la matière, agissent sur la cellule dans un but destructif.Il a été reconnu par beaucoup d\u2019auteurs et en particulier La- cassagne (11) que la cellule est plus sensible aux radiations dans sa période de prophase.La particule ionisante atteint la cellule dans son protoplasme ou dans son noyau, ou les deux à la fois.Lorsque le protoplasme seul est atteint par cette particule, il peut entrer en floculation ou en coagulation.Il apporte ou bien une atteinte totale et mortelle de la cellule, ou simplement une atteinte partielle.Le plus important est l\u2019atteinte du noyau par ces particules.Lorsqu\u2019il est touché il se produit au niveau de ce noyau une chromatolyse.De façon générale, ces phénomènes de radiation produisent soit la mort cellulaire, soit un arrêt temporaire dans son activité mito- tique, selon la prédominance de cellules au repos et de cellules mortes.L'action du méthyl-bis est sensiblement identique à celle des radiations.Au lieu d\u2019un phénomène mécanique causé par la particule ANAPHASE - = SUPPRESSION DE RE PRODU TION (& i Abonrrives pe division calli 9 Necrose De congulaTION ¢ \u2014< , \u2018 .Necrose de liqueracrion EFFETS SUR la Cellule des Rasiations er su HN, Fig.3.\u2014 A) Division des cellules normales.B) Atteinte du protoplasme et du noyau par la particule ionisante ou le HN. 272 ionisante, l\u2019action du méthyl-bis est chimique et cyto-toxique.Le protoplasme entre dans un état de floculation, de coagulation et le noyau est atteint dans ses chromosomes.Comme dans les radiations, la cellule est plus sensible dans sa période de prophase; elle l\u2019est beaucoup moins dans la période inter-mitoti- que (Fig.3).PLAN DE TRAITEMENT Notre but est donc d\u2019apporter une palliation aussi complète que possible en utilisant la combinaison de ces phénomènes de destruction sur la cellule par les radiations et le méthyl-bis.Il ne s\u2019agit pas ici de traiter tous les patients par cette méthode.Si la lésion inopérable est de petite dimension et qu\u2019aucune extension n\u2019est notée, le traitement est donné par les radiations.Si la lésion est très étendue et qu\u2019il y a invasion de toute la bronche souche avec atélectasie complète d\u2019un poumon ou obstruction de la veine cave supérieure ou d\u2019une artère pulmonaire et atteinte osseuse, le patient subit un traitement au mé- thyl-bis et immédiatement après, il est traité par les radiations; le but étant d\u2019intensifier l\u2019action destructive sur les cellules tumorales.Par ailleurs, certains auteurs comme Frei- denberg (12) et Taber (13) ont présenté cha- eun une série de travaux tant cliniques qu\u2019expérimentaux où ils ont pu mettre en évidence l\u2019effet de l\u2019'ACTH et de la cortisone dans la prévention soit de la maladie des rayons ou soit de la fibrose pulmonaire post-radiothéra- peutique.Il semble donc que l\u2019association d\u2019ACTH et de cortisone à la radiothérapie puisse ainsi éviter ces complications.Enfin, la surveillance d\u2019une nutrition adéquate chez ces patients atteints de cancer inopérable est de première importance.Nous corrigeons toute dénutrition par un régime hyper-calorique et riche en protéines, de même que par l\u2019administration de sérum protéiné et hyper-vitaminé.MÉTHODE DU TRAITEMENT Dans les cancers broncho-pulmonaires que nous avons traités par l\u2019association telle que LORANGE Er CoLr.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 décrite plus haut, nous avons procédé comme suit: 1 Cancer bronchique a) ACTH: 40 unités intra-musculaires une fois par jour.b) Corticoïdes: 20 à 25 mg.par jour.c) Méthyl-bis: a) une heure avant l\u2019injee- tion intra-veineuse: largactyl 50 mg.en suppositoire; b) installation d\u2019un sérum glucosé a 5% ave 100 mg.de gravol; c) lorsque le sérum coule adéquatement dans la veine, le méthyl-bis est injecté dans le tube du sérum.Dose: 6 mg.chaque séance \u2014 trois séances à la fréquence d\u2019une aux deux jours.d) Radiothérapie: haut voltage (commencer dès la première injection de méthyl-bis).2 Cancer pleural a) identique au cancer bronchique.b) identique au cancer bronchique.c) méthyl-bis: a) mise en place d\u2019un tube de polythène intra-pleural à travers une aiguille à ponction pleurale no 15.Injection lente par ce tube de polythène d\u2019un soluté physiologique (200 ce) contenant 20 mg.de mé- thyl-bis (0.4 mg.par kilo de poids).d) hormonothérapie associée: selon l\u2019origine de la lésion primaire ou selon les autres métastases à distance.Pour agir le méthyl-bis doit, par définition, être toxique pour la cellule néoplasique.Il arrive malheureusement qu\u2019il le soit aussi en même temps pour les cellules saines qui entourent la masse cancéreuse.Ceci pose donc un problème du point de vue dosage.Il faut sonder la sensibilité individuelle de chaque patient et aussi, semble-t-il, la susceptibilité du tissu cancéreux humain.Les effets toxiques rencontrés peuvent être locaux et se manifester sous forme de douleur, de gonflement, d\u2019induration, de rougeur, de nécrose ou de thrombose à l\u2019endroit où le méthyl-bis est in- Jecté.On rencontrera aussi des effets sur le système digestif sous forme de nausées et de vomissements.Au point de vue hématologique, on pourrait avoir une lympho-granulo- tions peuvent être prévenues et c\u2019est là l\u2019avan- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 thrombocytopénie.Ces principales complica- tage du traitement d\u2019association médicamenteuse.Les effets hématologiques sont empêchés par l\u2019administration d'ACTH et de cortisone.Quant aux symptômes gastro-intestinaux, on peut les restreindre grâce à la prémédication au largactyl, au sérum glucosé ct au gravol.TasrLeau 111 Effets toriques de HN: Local (injection en de- Gastro- hors de la veine) intestinal Hématologique Douleur Nausées Lymphopénie Gonflement Vomissements Granulopénie (pyridoxine 1.v., 1.m.) Induration Thrombocyto- Rougeur pénie (50,000) Nécrose Thrombose Richmond et Beardsley (14) ont publié un cas d\u2019obstruction urétérale et de caleul rénal après administration de gaz moutarde.Le mécanisme de cette complication s'explique de la LORANGE Er Cour.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE 273 façon suivante: la scission des nucléo-protél- nes par le gaz moutarde conduit à la formation de purines, lesquelles peuvent être oxydées en acide urique et leur excrétion en grande quantité dans les urines amènera leur cristallisation.Ceci peut être prévenu par administration de fortes quantités de liquide, de bicarbonate et par une sédation adéquate.Il faudra évidemment surveiller les urines pour l\u2019apparition du sang, de l\u2019acide urique de même que le pH.Observations.1.Cancer bronchique M.A.L, 63 ans \u2014 Dossier: H.N.D.Référé à l\u2019hôpital Notre-Dame le 9 juillet 1956 pour masse hilaire gauche.La bronchoscopie et la biopsie prouvent la présence d\u2019un épithélioma bronchique spino- cellulaire inopérable.Soumis à la radiothérapie à haut voltage (cobalt 60) du 12/7/56 aw 2/8/56.Aucune amélioration; atélectasie du lobe inférieur gauche et épanchement pleural postérieur gauche (fig.4).56-07116- Fig.4 \u2014 A.L.: déplacement de la trachée vers la gauche, élévation du diaphragme, atélectasie complète du lobe inférieur. LORANGE xr CoLL.: CANCER BRON - ; L'Union Méd.Canada 274 ET Cour CER BRONCHO-PULMONAIRE Tome 87 -\u2014 Mar ass [UI Fig.5.\u2014 Expansion presque complète du lobe inférieur gauche.Atélectasie linéaire.Diaphragme beaucoup moins élevé que lors du premier examen.Masse dans la région du hile gauche.NOM; Monsieur A.L.LE AGE 1 63 ans.DIAGNDSTIC HISTOLOGIQUE : Eptithélions hronchique srino-ce!llalsire, DOSSIER# 7116-56, PROUVE PAR: Bronchoscopie & Biopsie (9/7/56).DATE RADIO ACTH |CORTISO| FH, Sang Formule Réaction Bactérid Antiblo.| Etat Général Poids Temp.Frc1at Lon THERAPIE \" Soluté sanguine socondaire radiologique.9/1/56 80% Pus Fl Asbulatotre 126 98° Masse hileire gauche.11,750 septique Etat médiocre Atélectasie lcbe 12/7/56 %& 83% 126 id.irférisur gauche.9,000 Epanchement pleurel, 19/7/56 co 23/1/56 124 14.Atélectasie post.60 2 sup.geachks, ne 27 98% 7 1d, Amigdne 30/71/56 vitanine 28 12,000 1d, Idem plus marqué.2/8/56 44.40 un.3/8 500 cc.Moribond us 14, 4/8/56 odeser.|1d, 4/8 500 oo.14, 6/8/56 ar 1d.2mgm.1.vh Nausées 94 omissements, 9/8/56 \u2014 14, 4mgm, 1.9 Brûlements S'axéliore 99° : astriques, graduellement.11/8/56 \u2014 1d.6mgm.tv su.11% 984 16/8/56 \u2014 1d.20mgn/ 1d, Atélectasie diminade.Jr.17/8/56 COgq 30 un.| cont.Malade ambulant 22/8/56 1d.1d, 13 725 116 1d, Amélioration » Baintepoe 25/8/56 1d, 20 un.|25mgm/ ir 88% 27/3/56 1d.1d.|4é.8,250 30/8/56 28/8/56 1d.1d, id.ign.1.74 Nil, Sort pour la 14.Amélioration sur soirée, dernier traitomsat, 1/9/56 co id.1d.Départ H3pital, u6 (182104) 3 D,T.5400r L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Le patient est moribond.Installation du traitement combiné.Continuation de la ra- thérapie (Co®).Amélioration graduelle (fig.5).Le patient reçoit son congé le 7/9/56.Malgré notre insistance, le patient n\u2019est plus revu par nous.Il décède huit mois après à domicile.2.Cancer pleural secondaire Madame H.G., 65 ans \u2014 Dossier: 57-01131- H.N.D.Epithélioma du sein gauche en 1927.Mastectomie simple et radiothérapie.Patiente bien jusqu\u2019en décembre 1956 \u2014 Présente alors des signes d\u2019épanchement pleural graduel.Ponction pleurale à plusieurs reprises.La biopsie pleurale à l\u2019aiguille prouve qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un envahissement néoplasique secondaire à l\u2019épithélioma du sein.Radiothérapie à haut voltage (Co%) du 2/2/57 au 12/2/57.Aucune amélioration de l'épanchement ni des signes cliniques généraux ct respiratoires.Traitement par méthyl- bis intra-pleural et hormonothérapie aux (Estrogénes \u2014 Androgéne \u2014 ACTH et Cor- LORANGE ET CorL.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE Fig.6.\u2014 A) Opacité de la moitié inférieure de l\u2019hé mithorax gauche avec ligne courbe de Damoiseau.Epanchement gauche.B) Après traitement, très légère quantité de liquide dans la plèvre gauche.275 coïdes.Amélioration marquée et rapide de l\u2019état général.Assèchement graduel de la plèvre (Fig.6).Commentaires et conclusions.L\u2019étude clinique de patients ci-haut présentés de même que l\u2019observation de plusieurs cas traités par la suite nous permettent de penser que cette méthode thérapeutique est très encourageante.Elle a procuré rapidement, d\u2019une façon assez soutenue, une amélioration de l\u2019état général et une diminution, si ce n\u2019est une disparition complète, des symptômes respiratoires.Il est à noter que nous nous en sommes tenus essentiellement au traitement combiné: méthyl-bis, radiothérapie et hormonothérapie.Certains auteurs tel Stuart Jones (15), ont appliqué un traitement semblable sans radiothérapie.L\u2019utilisation trop hâtive et à trop fortes doses de radiothérapie au début, apporterait une oblitération vasculaire et une sclérose susceptible de nuire à l\u2019action du méthyl-bis sur les cellules tumorales. 276 LORANGE Er Corr.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 STE METIINL-BIS, NOM: Mae H.GAGE; ©5 ans, DOSSIER:1131-57 H.N,D, RADIO- ACTH CORTI THERAPIE HORMONO- THERAPIE HN, CHIRURGIE ANT.M F Nous n'avons eu à date aucune de ces complications sauf quelques symptômes digestifs légers et passagers.Aucune leucopénie ne s\u2019est produite.Nous avons donné à quelques reprises de la testostérone pour ses propriétés anaboliques et anti-anémiques (16) et nous avons pu constater une amélioration rapide de la formule rouge.Comme il est à craindre lors de l\u2019utilisation prolongée des cortico-sté- roïdes, nous n\u2019avons remarqué aucun symptôme en relation avec une atrophie des surrénales (17), (18).\u2018 Notre expérience nous permet d'affirmer que cette thérapie non curative, mais palliative, vaut la peine d\u2019être tentée chez tous les malades atteints de cancer inopérable puis- qu\u2019elle donne à la fois un confort appréciable et une survie intéressante.cd BIBLIOGRAPHIE (1) E.A.GRAHAM: Brief discussion of the etiology of bronchogenic carcinoma.Dis.Chest, 27: 357, 1955.NUTRIT.solutés LIAGNOSTIC HISTOLOGIQUE: Epitnçlions du sein, métastases pleurales.PROUVE PAR: biopsie pleurale à l'aiguille, (15-2-57) FORM.FSEACTION SANG.[SECOND.EVOLUTION RADIOLOG IQUE, (2) A.J.PHILIPS: Mortality from cancer of lung in Canada 1931-1952.Canad.M.A.J.71: 242, 1954.(3) E.HUSFELDT: Carcinoma of lung, in John Holst Memorial volume, 186 pp.Oslo Norway: University of Oslo, 1955, pp.119-139.(4) D.A.KARNOFSKY, W.P.MYERS et R.PHILLIPS: Treatment of inoperable pulmonary cancer, primary and metastatic.Am.J.Surg., 89:: 526 (fév.) 1955.(5) E.W.WILKINS et RH.SWEET: Carcinoma of the lung.New Eng.J.Med., 256: 346, 1957.(6) E-D.GAGNON et A.TREPANIER: L\u2019angio- pneumographie dans le cancer pulmonaire.Texte présenté devant la Société Médicale de Montréal, février 1956 (à être publié).(7) B.ROSWIT.G.KAPLAN, H.G.JACOBSON: Superior vena cava obstruction syndroma in bronchogenic carcinoma; pathologie, physiology and therapeutic management.Radiology.61: 722 (nov.) 1953.(8) B.LEVINE et A.S.WEISBERGER: Response to various types of bronchogenie carcinoma to nitrogen mustard.Ann.Int.Med.42: 1089 (mai) 1956.(9) W.D.McCARTHY : The palliation and remission of cancer with combined cortico-steroid and L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 nitrogen mustard therapy.New Eng.J.Med, 250: 467, 1955.(10) M.P.SYKES, F.S.PHILLIPS, D.A.KAR- NOFSKY: Comparative therapeutic activity of the nitrogen mustard and allied compounds.M.J.North America, 40: (3) 837 (mai) 1956.(11) A.LACASSAGNE, A.CRICOUROFF: Action des radiations sur les tissus.Masson, édit, Paris, 1941.(12) R.M.FRIEDENBERG et S.RUBENFELD: Rôle of cortisone in preventing pulmonary fibrosis following irradiation (preliminary report).Am.J.Roentgenol., 22: (2) 271 (août) 1954.(13) R.W.TABER: Treatment of radiation sickness with ACTH.Radiology, 57: 702 (nov.) 1951.(14) G.H.RICHMOND et C.D.BEARDSLEY: Nitrogen mustard therapy complicated by acute renal failure due to uric acid cristalisation.39: 1327-1332 (déc.) 1953.LORANGE er CoLL.: CANCER BRONCHO-PULMONAIRE 277 (15) S.H.JONES: Nitrogen mustard with cortico- steroid and chlor-tetracycline for far advanced metastatic cancer.Post-Grad.Med., 21: 521 (mai) 1957.(16) D.J.KENNEDY, A.S.GILBERTSEN: Increase erythro-poliesis induced by androgenic hormonotherapy.New Eng.J.Med.256: 719 (avril) 1957.(17) N.P.CHRISTY, E.Z.WALLACE, J.W.JAILER: Comparative effects of prednisone and of cortisone In suppressing the response of the adrenal cortex to exogenous adrenocorticotropin.J.Clin.Endocrinol, 16: 1059 (août) 1956.(18) G.BIRKE, B.DOMEIJ, B.OLHAGEN, L.O.PLANTIN: Measures of avoidance of adrenal atrophy In prolonged cortical steroid therapy.Acta Med.Scandinav.155: fase.IV, 1956. LI ALCOOLISME* o-& > QUELQUES CONSIDERATIONS SUR L'ALCOOLISME D'APRES L'EXPÉRIENCE D'UN CENTRE DE DÉSINTOXICATION ET D'UN CENTRE D'ÉDUCATION SANITAIRE Pierre DELORE (Lyon, France).Je ressens comme un honneur, et avec joie et gratitude, de pouvoir apporter dans ce Congrès mon expérience des problèmes de I\u2019alcoolisme.Cette expérience est puisée dans quarante ans de vie hospitalière, à la consultation de désintoxication que j'ai fondée en 1950 dans mon service d\u2019hôpital et aussi au Centre d\u2019Education Sanitaire et Sociale que je dirige à Lyon depuis bientôt 20 ans.Mon temps d\u2019exposé étant limité à 45 minutes, je me bornerai aux données qui me paraissent les plus dignes d\u2019intérêt.L\u2019alcoolisme est un fait commun à tous les pays dits évolués et à beaucoup d\u2019autres, de plus en plus nombreux, du fait de l\u2019apport de ce que l\u2019on appelle la civilisation.La nature des alcools ingérés varie selon la production régionale ou nationale.En France, pays de vignobles, l\u2019alcoolisme est d\u2019abord le fait du vin dans la plus grande partie du pays.Ses causes sont multiples et très diverses: d\u2019ordre psychologique, psychiatrique, physiologique (potomanie), professionnel, social.Il y a toute une ambiance qui pousse à la consommation: la publicité, l\u2019entraînement par le milieu social, le débit de boisson lieu de réunion pour beaucoup d\u2019hommes, le pourboire, le vin d\u2019honneur\u2026 expriment la place de la boisson dans les relations sociales.Déboucher et partager ensemble une bouteille est un signe de relations cordiales.Et puis boire de l\u2019alcool est encore le moyen le plus simple et le plus rapide pour beaucoup de 1.Communications présentées au XXVITIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Québec, septembre 1957.gens de s\u2019évader et d\u2019oublier pour un moment les soucis quotidiens.Les méfaits de l\u2019alcoolisme s\u2019observent dans toutes les classes sociales, mais d\u2019une façon plus fréquente et plus sévère chez les économiquement faibles, les gens mal logés et surtout mal nourris.Il me faut insister sur le facteur alimentaire et carentiel.L'observation clinique montre déjà que les gens ayant une alimentation abondante et variée supportent en général mieux les boissons alcoolisées.Alors que les buveurs qui ont une alimentation insuffisante et déséquilibrée sont beaucoup plus menacés.Tout se passe comme s\u2019ils faisaient appel à l\u2019alcool pour suppléer à l\u2019insuffisance et au déséquilibre de leur alimentation.Nous attachons un sens très défavorable à l\u2019anorexte des buveurs et n\u2019oublions jamais, dans les observations, de faire noter la persistance ou la disparition de l\u2019appétit.Il importe de « manger ce que l\u2019on boit » avons-nous l\u2019habitude de dire.L\u2019expérimentation confirme l\u2019importance du facteur carentiel alimentaire, admise mainte-| nant dans la pathogénie des accidents hépa-j tiques et neurologiques.Nous avons repris, vérifié et complété les travaux des Chiliens J.Mardones, E.Onfray, P.Diaz et N.Segovia publiés en 1943.Nos expériences sur le comportement des rats carencés en vitamines B ont paru dans la Presse Médicale, no 77 du 19 novembre 1955 (pp.1591-1592).Elles établissent de façon saisissante le parallélisme entre l\u2019état de carence en vitamines B et le recours à l\u2019alcool.Il nous a paru Tégitime d\u2019en inférer qu\u2019il peut en être de même chez l\u2019homme et que L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 l\u2019insuffisance, soit qualitative, soit même quantitative d\u2019alimentation est susceptible de favoriser la consommation de boissons alcoolisées.Nous avons trouvé des conclusions proches des nôtres dans le livre de Roger J.Williams : Nutrition and alcoholism : chez les rats, la déficience d\u2019une ou de plusieurs vitamines du groupe B engendre l\u2019appétit pour l\u2019alcool.L\u2019alcoolisme sévit à la ville comme à la campagne, mais les ruraux supportent mieux le vin que les citadins et beaucoup d\u2019entre \u2018eux tolèrent apparemment 2 à 4 litres de vin par jour.On a dit que c\u2019était le fait de la vie au grand air: explication insuffisante à notre avis.Deux facteurs sont plutôt à invoquer pour une meilleure tolérance à la campagne: le premier c\u2019est que le rural boit son vin, un vin naturel, alors qu\u2019en ville le vin est devenu un produit industrialisé, sural- coolisé par sucrage, parfois même additionné de produits chimiques.Il y a vin et vin.Dans nos campagnes on boit le vin de la récolte tel qu\u2019il est, méme si son degré d\u2019alcool est faible; mais dans les villes la valeur marchande du vin ordinaire est établie sur le degré d\u2019alcool et celui-ci est souvent remonté.Le second facteur est d\u2019ordre alimentaire: le rural est rarement anorexique; il a bon appétit; dans les pays comme la France, sa consommation en protéines \u2014 et notamment en fromages \u2014 est régulièrement assurée.I] reste que la valeur biologique de l\u2019alimentation actuelle, du pain notamment, étant en baisse, on peut trouver dans ce fait une explication au moins partielle de l\u2019alcoolisation contemporaine.L\u2019alcoolisme reste à très grande prédominance masculine.Cependant l\u2019alcoolisme fé- mimin, jadis exceptionnel, s\u2019est développé depuis la guerre de 1914 qui a amené les femmes dans les usines et il tend à progresser.Que penser des boissons alcoolisées chez les gens âgés?Nous estimons que le vin ne doit pas être supprimé chez ceux qui ont l\u2019habitude d\u2019en boire; que le vin à doses modérées leur est favorable comme vaso-dilata- DELORE : L\u2019ALCOOLISME 279 teur et comme stimulant psychique et même glandulaire.Où commencent l\u2019alcoolisme ou plutôt les risques de l\u2019alcoolisme?En ce qui concerne le vin, nous nous en tenons aux conclusions de l\u2019Académie de Médecine de Paris qui admet comme doses quotidiennes légitimes à ne pas dépasser: 34 de litre pour les gens sédentaires et 1 |.14 pour les autres travailleurs.Mais de nombreux facteurs individuels ainsi que la qualité du vin interviennent.La femme paraît beaucoup plus sensible; nous avons vu des cirrhoses chez des femmes qui ne boivent pas plus d\u2019un litre de vin par jour.Nous avons vu de nombreux gastrectomi- sés pour ulcères, buveurs de vin et candidats à une cure de désintoxication.Il ne nous a pas paru, contrairement à ce que d\u2019autres auteurs ont affirmé, que le vin était plus mal supporté chez de tels sujets.Les manifestations d\u2019alcoolisme dans un service de médecine générale sont d\u2019abord d\u2019ordre hépatique.Nous voyons beaucoup de cirrhoses: 85 à 90% sont d\u2019origine alcoolique; les autres sont des cirrhoses biliaires ou cho- lostatiques ou mixtes, notamment alcoolo- tuberculeuses.L\u2019âge des cirrhoses recule.Il y a 30 ans l\u2019âge maximum ne dépassait guère 55 ans et au delà il était de règle d\u2019envisager d\u2019abord le cancer, notamment gastrique, avec atteinte hépatique secondaire.Or aujourd\u2019hui nous observons des cirrhoses alcooliques tardives chez des gens de plus de 70 ans, ce qui rend le diagnostic plus difficile.Leur latence est souvent longue avec un début apparent brusque, marqué par une poussée ictéro-ascitique ou hémorragique.On voit des cirrhoses se manifester chez d\u2019anciens buveurs abstinents depuis longtemps et lors des restrictions de guerre, notre courbe de cirrhoses n\u2019est descendue au point «O0» ou presque que deux ans après le début des restrictions. 280 Au premier stade celui de la stéatose \u2014, la ponction biopsie nous paraît le plus souvent inutile.Les cirrhoses que nous voyons sont plus souvent de type hypertrophique.La splénomégalie est rare.Les formes fébriles sont très fréquentes.Les tests de laboratoire sont nombreux.Les tests de floculation nous paraissent de valeur infidèle; le taux de fixation de la bromophta léine et le taux de la prothrombinémie nous sont d'un réel intérêt pratique.En ce qui concerne la thérapeutique nous soulignons dans le cas d\u2019œdème et d\u2019ascite l\u2019intérêt de certains diurétiques mercuriels précédés d\u2019injections de chlorure d\u2019ammonium.Nous préférons les ponctions fractionnées ct répétées aux grandes évacuations péritonéales.Des résultats tres différents sont rapportés par les auteurs: nous pensons qu\u2019ils tiennent à des phases évolutives différentes selon les cas.Le malade en est-il encore au stade de réversibilité: les résultats sont en général favorables; ils sont médiocres ou nuls si le seuil d\u2019irréversibilité est atteint.Cette notion a une valeur générale et s\u2019applique au pronostic et à l\u2019interprétation des résultats thérapeutiques de nombreuses affections viscérales, cardiaques et rénales notamment.À côté des polynévrites que nous traitons volontiers par la levure de bière, nous voyons aussi souvent des crises de delirium tremens; nous désirons souligner l\u2019abus qui est fait de ce terme qui, souvent, recouvre des états morbides différents: soit manifestations encé- phalopathiques de type Gayet-Wernike, soit psychoses polynévritiques type Korsakof, soit pseudo-paralysies générales alcooliques.Parmi les autres méfaits de l\u2019alcoolisme, nous observons des manifestations cardiaques sous la forme d\u2019asystolie avec gros cœur ta- chyarythmique dit primitif ou myocardie \u2014 observé chez l\u2019homme vers la cinquantaine, sans hypertension.Nous comptons aussi de nombreux états de bronchites chroniques et d\u2019emphysèmes, imputables à l\u2019alcool comme nous l\u2019avons montré dans la thèse de notre élève Raguenes.DELORE: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Mais un des méfaits les plus méconnus et cependant les répandus de l\u2019alcoolisme est le vieillissement prématuré.* * * Jusqu'à la découverte du tétra-éthyl-disul- fure comme agent de désintoxication, nous n\u2019utilisions que l\u2019apomorphine ct de façon épisodique.Aujourd'hui nous traitons systématiquement les alcooliques qui le demandent par Lantabus.Nous en avons libéré plusieurs centaines depuis 1950.Je suis peu favorable à la cure ambulatoire qui est pratiquée actuellement officiellement en France dans les dispensaires d\u2019Hygiène Mentale.Elle a certes une valeur psychologique et sociale, mais j'estime qu\u2019elle apporte beaucoup moins de garantie que la cure surveillée en milieu hospitalier.Elle convient plutôt aux petits malades, à ceux en qui on peut avoir confiance et qui ont un milieu familial satisfaisant.Après interrogatoire et examen approfondi \u2014 notamment psychiatrique et ophtalmologique \u2014 les candidats à la cure sont informés des modalités de celle-ci, sont placés en face de leurs responsabilités et sont priés de signer une demande de cure.Dans beaucoup de cas la cure par l\u2019antabuse est précédée d\u2019une injection intra-veineuse pendant trois à quatre jours, de 50 à 25 cc d'alcool à 25%, glucosé et hépatisé (curé- thyl), ayant pour but de favoriser le sevrage.Certains de nos curistes ne font pas ou font peu de réactions après l\u2019ingestion d\u2019antabus puis de vin.C\u2019est alors que nous avons recours à la cure de dégoût par l\u2019apomorphine, à raison d\u2019une injection de 1 cc.par jour, suivie de l\u2019ingestion d\u2019un quart de litre de vin \u2014 et cela pendant trois jours.La cure elle-même est menée selon la technique aujourd\u2019hui bien connue; nos malades sont gardés une quinzaine de jours.Pendant toute leur cure, les malades ont un régime alimentaire aussi varié que possible et reçoivent de la vitaminothérapie, surtout B, notamment sous forme de levure de bière. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 L\u2019alcoolique doit être traité comme un malade et non comme un fautif.Nous avons constaté l\u2019intérêt de la thérapie de groupe.Nous soulignons l\u2019importance de la psychothérapie et de l\u2019entourage représenté par le personnel infirmier et par le groupe des voisins d'hôpital.Le buveur en cours de désintoxication qui voit à côté de lui un cir- rhotique ascitique ou un sujet atteint de delirium tremens est édifié mieux que par les avertissements médicaux.A la sortie de l\u2019hôpital presque les 34 de nos malades sont dégoûtés du vin, 14 a simplement perdu l\u2019appétence pour le vin.Une ordonnance est remise, prescrivant la prise chaque matin pendant six mois de 1 gr.puis 0, gr 50 d\u2019antabuse.Chaque intéressé reçoit gratuitement la dose de médicament néces- salre.Le rôle de l\u2019Assistante Sociale est considérable.Nous ne concevons pas qu\u2019on puisse s\u2019en passer.Indépendamment de son intervention en ce qui concerne la vie familiale et professionnelle de l\u2019intéressé, l\u2019Assistante Sociale intervient pour que celui-ci revienne périodiquement à la consultation tous les mois, puis tous les trois mois, puis tous les six mois pendant plusieurs années.Une estimation minutieuse des contre-indications nous a permis jusqu\u2019ici de n\u2019avoir aucun accident de cure.L\u2019appréciation des résultats demande le critère du temps.Il convient de ne pas tenir compte des observations trop récentes et d\u2019exiger un recul de plusieurs mois, sinon même de quelques années.Une statistique établie sur des malades observés de 6 mois à 5 ans après leur sortie de l\u2019hôpital nous donne 33% de résultats très satisfaisants avec abstinence complète et définitive, 43% d\u2019échecs c\u2019est-à-dire de récidives ct 24% de résultats douteux ou relatifs, correspondant soit à des sujets ayant repris le vin mais en quantités modérées, soit à des sujets qui n\u2019ont pu être suivis.La surveillance médico-sociale prolongée est indispensable.DELORE: L\u2019ALCOOLISME 281 La divergence des statistiques établit la valeur primordiale d\u2019un recul, les rechutes tardives étant fréquentes.Les résultats favorables s\u2019observent surtout chez ceux qui s\u2019étaient laissés entraîner par leur milieu de travail ou à la suite de chagrins ct aussi chez ceux qui ont auprès d\u2019eux, une femme compréhensive et des enfants.Libérés par la cure et par la psychothérapie, ils restent souvent déshabitués de l\u2019alcool.Les plus grandes satisfactions thérapeutiques nous viennent de pères de famille nombreuses: l\u2019homme est sauvé; la famille aussi.Les échecs interviennent surtout chez ceux qui vivent seuls ou qui ont une compagne adonnée également à la boisson, ou qui sont des psychopathes.Un certain nombre de désintoxiqués reprennent le vin, mais s\u2019en tiennent à des doses modérées.Ajoutons que, après la sortie d\u2019hôpital, l\u2019Association des anciens buveurs pourra efficacement intervenir.Certes, cette méthode ne peut être considérée que comme un des multiples éléments de la lutte anti-alcoolique \u2014 valable que dans des cas individuels, somme toute peu nombreux en regard de tous les alcooliques.Ses échecs sont nombreux.Elle n\u2019en constitue pas moins une thérapeutique de grande valeur.Elle demande à être complétée par une action éducative dont la valeur générale en matière de lutte anti-alcoolique va maintenant retenir notre attention.* * * L\u2019Education samtaire du public en ce qui concerne l\u2019alcoolisme réclame beaucoup d\u2019éclectisme et d\u2019expérience.Elle doit tenir compte d\u2019un certain nombre de données psychologiques sous peine de rester inopérante.Il importe d\u2019abord que ceux qui l\u2019entreprennent ne se présentent pas comme des abstinents totaux: une position aussi excessive ferme les oreilles de ceux qu\u2019il s\u2019agit de convaincre.Le médecin ne doit pas se déclarer contre le vin mais contre l\u2019abus du vin. 282 Il importe ensuite de faire justice d\u2019un certain nombre de préjugés ou d\u2019idées fausses encore trop répandues: 1) D\u2019abord cette notion que seuls les avro- gnes sont des alcooliques et que du fait qu\u2019on n\u2019a jamais été en état d\u2019ivresse on n\u2019est pas alcoolique.2) La notion que l\u2019alcool est un aliment de force nécessaire au travail physique.3) La notion que les individus sont tous égaux devant l\u2019alcool et que du fait que certains ont pu vivre très âgés malgré une consommation quotidienne importante, les autres buveurs peuvent en consommer autant et impunément.Or il y a des différences individuelles dans la tolérance de l\u2019alcool.4) La notion que les médecins exagèrent les méfaits de l\u2019alcoolisme.La mise en œuvre d\u2019une éducation populaire anti-alcoolique utilise tous les procédés techniques de propagande, aujourd\u2019hui bien connus, en tenant compte des circonstances locales.En France, nous avons particulièrement recours à la propagande radiodiffusée, aux affiches, au cinéma.L\u2019affiche et le film doivent être présentés avec beaucoup d\u2019habileté et sont, il faut bien le dire, de réalisation difficile et coûteuse.L\u2019affichette que voici, éditée par nos soins, reproduisant le profil d\u2019un cirrhotique avec abdomen distendu par une abondante ascite, a servi en France beaucoup plus que de longs discours.Nous faisons porter particulièrement notre action éducative auprès des instituteurs car c\u2019est dans les écoles qu\u2019il convient d\u2019intervenir.Nous devons dire que le Corps enseignant aide beaucoup le Corps médical à ce sujet.La propagande en faveur des jus de fruits n\u2019a pas encore donné en France des résultats substantiels, en partie parce que le prix des jus de fruits reste trop élevé.Pendant très longtemps, la propagande antialcoolique est restée stérile: conférences, publications, expositions ne touchaient guère que DELORE: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ceux qui étaient déjà convaincus.Mais depuis une dizaine d\u2019années l\u2019opinion et les pouvoirs publics, enfin touchés par la gravité du problème, ont mieux prêté attention aux recommandations des médecins alors qu\u2019une propagande rénovée et mieux pourvue était mise en œuvre.La législation anti-alcoolique a été considérablement renforcée.La publicité en faveur de certains alcools a été interdite.La presse quotidienne a ouvert ses colonnes aux articles médicaux.Patronat, syndicats professionnels, Sécurité Sociale surtout, se sont informés du problème.La création, en 1954, d\u2019un Haut-Comité d\u2019études et d\u2019information sur l\u2019Alcoolisme \u2014 présidé par le Prof.Debré et doté de plusieurs centaines de millions de francs \u2014 a permis d\u2019intensifier l\u2019action déjà entreprise par les Centres d\u2019Education Sanitaire.Les résultats ne se marquent pas encore sur le plan des statistiques médicales.Cependant, de l\u2019avis général les jeunes gens boivent moins de boissons alcoolisées; ils vont moins au café et s\u2019adonnent plus aux sports et au tourisme.D\u2019autre part, les conseils médicaux sont mieux écoutés et les anciens buveurs, condamnés à l\u2019abstinence, n\u2019hésitent plus à manifester leur sobriété dans leur milieu professionnel.Certes, la partie est loin d\u2019être gagnée, mais nous ne croyons pas qu\u2019elle puisse jamais l\u2019être complètement: trop de facteurs sont en jeu ici, d\u2019ordre social et psychologique \u2014 et d\u2019abord le mauvais logement, l\u2019insuffisance alimentaire et l\u2019ennui.C\u2019est dire que toute action directe sur l\u2019alcoolisme doit être accompagnée d\u2019une politique du logement et des loisirs, et d\u2019une façon générale d\u2019une action contre les facteurs d\u2019inadaptation sociale.Le corps médical n\u2019est donc pas seul dans le combat, mais il reste à l\u2019avant-garde, il montre la voie et il faut dire que les résultats obtenus déjà sont d\u2019abord et surtout le fait de l\u2019action incessante des médecins auprès de l\u2019opinion et des pouvoirs publics. L'ALCOOLISME SUR LE PLAN SOCIAL Adrien PLOUFFE, M.S.R.C.Et d\u2019abord, pour prévenir tout malentendu, il faut dire 1° Que le caractère pathologique de l\u2019alcoolisme proprement dit est universellement reconnu par tous ceux qui sont au courant de la question.2° Que, partant, l\u2019alcoolique invétéré n\u2019est pas un vicieux.3° Que l\u2019abus prolongé de l\u2019alcool est un facteur nécessaire, voire essentiel, à la « fabrication » d\u2019un véritable alcoolique.4° Que cet abus prolongé s\u2019attaque au système nerveux et au foie et qu\u2019il n\u2019est pas responsable de toutes les autres maladies dont on l\u2019accuse trop souvent.5° Que l'alcoolisme affecte la personnalité de l'individu qui gâche sa vie et la vie des siens.Ces remarques s\u2019imposaient avant de traiter de l\u2019alcoolisme sur le plan social.UNE PLAIE POUR LA JEUNESSE Nous ne sommes plus au temps des mœurs patriarcales.Nous vivons en 1958, au milieu du XXe siècle et, que cela plaise ou non, l\u2019alcool fait partie du paysage de la vie contemporaine, de notre mode de vie et l\u2019idée de la suppression possible de l\u2019alcool par une loi est une utopie, une chimère, une illusion de visionnaire.C\u2019est l\u2019ère du rock\u2019n\u2019roll et la jeunesse cherche dans l\u2019abus de l\u2019alcool une évasion souvent regrettable mais qui est un fait.S'il n\u2019y a pas d\u2019abus, tout va bien.Mais dès que les jeunes gens et les jeunes filles abusent de l\u2019alcool, le drame commence.I] y a d\u2019abord le danger de l\u2019ivresse, l\u2019intoxication aiguë.L\u2019ivresse conduit souvent aux maladies vénériennes, moins qu\u2019au temps jadis, à cause de la pénicilline qui a diminué les risques de la contagion dans une large mesure, mars nier le péril vénérien serait de l\u2019enfantillage.Quand des adolescents ou des jeunes gens des deux sexes sont ivres, le danger de la syphilis ou de la blennorragie luit & horizon.Les jeunes en état d\u2019ivresse avancée ne sont guère en état d\u2019observer certains commandements relatifs à la chair.Le paysage créé par Bacchus est attrayant.L\u2019embarquement pour Cythère à l\u2019appel de Vénus est encore plus attrayant.La vie est belle.Et quelques jours après, on se réveille à l\u2019enseigne des spirochètes ou des gonocoques! Il est indéniable que Bacchus conduit souvent ses adeptes à Vénus, aux maladies vénériennes.Nous ne sommes pas ici pour faire de la morale, mais pour constater des faits tels qu\u2019ils sont.Le péril vénérien menace les jeunes gens et les jeunes filles en temps ordinaire, mais il constitue un danger infiniment plus grand, lorsque ces jeunes amprudents et imprévoyants sont en état d\u2019ivresse.Quant à la jeune fille ivre à ne plus savoir ce qu'elle fait, elle est, de plus, à la merci d\u2019une grossesse intempestive et à tout le moins indésirable.Et quand elle se trouve dans une situation soi-disant intéressante, elle est en face d\u2019un drame où le sens de l\u2019honneur et de la pudeur est tellement émoussé qu\u2019elle aura parfois recours à un avortement.Æt àl arrive qu\u2019elle en meure.Ou bien la grossesse suit son cours et l\u2019mstoire se termine à la maternité.Enfin, le danger de l\u2019abus, s\u2019il devient quotidien, dirige les jeunes gens et les jeunes filles vers l'alcoolisme chronique.Les intéressés commencent à gâcher leur avenir et deviennent des alcooliques invétérés au bout de cinq ans, dix ans, quinze ans avec tous les méfaits de l'alcoolisme: psychoses, névroses, hallucinations, affaiblissement des facultés intellectuelles, psychose de Korsakof, développements paranoïaques, ete.Bref les jeunes gens et les Jeunes filles qui continuent d\u2019abuser de l\u2019alcool marchent, avec les années, vers la ruine en passant par tous les degrés de l\u2019alcoolisme.UNE PLAIE CONJUGALE ET FAMILIALE L\u2019alcoolique invétéré gâche sa vie, il prostitue son talent à boire; il gaspille ses forces physiques, intellectuelles et morales, il ruine son avenir.C\u2019est ainsi que la plaie individuelle devient une plaie conjugale et familiale.L\u2019alcoolique rendra sa femme malheureuse et 284 ses enfants n\u2019auront plus aucun respect pour leur père.Abruti, l\u2019ivrogne fieffé ou l\u2019alcoolique proprement dit boit tout ce qu\u2019il gagne et il n\u2019apporte pas à la maison l\u2019argent nécessaire à l\u2019entretien de sa femme et la vie des siens devient une sorte de martyre.Et parfois sa femme et ses enfants, faute d\u2019une nourriture suffisante, sont en état de moindre résistance à la maladie et ils deviennent la proie de la tuberculose.À ce sujet, il convient de corriger la fameuse affirmation de Landouzy: « L'alcool fait le lit à la tuberculose », et de dire: « L\u2019abus de l\u2019alcool peut aider au développement de la tuberculose chez la femme et les enfants de l\u2019alcoolique qui boit tout l\u2019argent qui devrant servir à alimenter les siens ».Sans doute, un tuberculeux peut contracter la tuberculose comme toute personne qui n\u2019a pas la résistance voulue pour s\u2019opposer à l\u2019envahissement de ses poumons par les bacilles de Koch.L'abus de l\u2019alcool peut agir comme cause indirecte.Et puis, on sait que l\u2019alcoolique ne mange pas et qu\u2019il est très sensible au froid, ce qui explique bien des choses.Ce qui précède a été confirmé par le regretté professeur Léon Bernard !.UNE PLAIE POUR LA SOCIÉTÉ L\u2019alcoolique invétéré devient en quelques années, une ruine physique, intellectuelle et morale, une déchéance, une loque pour la société.Il y a plus de 25,000 victimes de l\u2019alcoolisme proprement dit à Montréal et quelque 50,000 dans la province de Québec.Ce sont, bien entendu, des chiffres approximatifs.En plus de ces 75,000 ivrognes fieffés ou alcooliques invétérés, on peut affirmer, avec le R.P.Rolland Boyle, S.J., qu\u2019il y a à Montréal et dans la province quelque 300,000 hommes et femmes qui boivent beaucoup trop.Ces individus qui sont de gros buveurs n\u2019entrent pas dans la catégorie des alcoooliques chroniques, 1.Le devoir des parents et des éducateurs dans la guerre à l\u2019alcoolisme, par Adrien Plouffe.Mémoires de la Société royale du Canada, 3e série, lère section, tone XLIX, 1955, p.62 et seq.PLOUFFE: L'ALCOOLISME L'Union M¢d.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 invétérés, proprement dits.Nous n\u2019avons à nous occuper que des 75,000 alcooliques qui se trouvent en face d\u2019un problème morbide, pathologique.Faisons un petit calcul.Comme la moyenne des salaires hebdomadaires est de $68.dans le Québec et que parmi les 75,000 alcooliques invétérés, il y a des individus qui appartiennent à toutes les classes de la société, nous n\u2019exagérons pas en disant que les salaires perdus par ces alcooliques représentent environ une perte de 15 millions de dollars par année.Dans le \u201cU.S.News & World Report\u201d, no d\u2019avril 1957, on trouve cette histoire de cas d\u2019un alcoolique.En trente-deux ans, cet individu qui a fait trente-six métiers et qui actuellement est âgé de cinquante-quatre ans, a été arrêté et condamné à la prison 285 fois.Il a coûté à une grande ville la somme de $45,373.et il a payé, $510.en amendes, c\u2019est-à-dire qu\u2019en trente-deux ans l\u2019Etat a dû dépenser $44,863.pour une seule victime de l\u2019alcoolisme! Ces chiffres ne sont-ils pas éloquents?Les méfaits de l\u2019abus de l\u2019alcool sont à tout point de vue une plaie pour la société.C\u2019est indiscutable et nul ne songe à le nier.Raymond B.Fosdick vient de publier chez Harper & Bros.à New-York un livre magnifique intitulé: « John D.Rockefeller Jr.: A Portrait ».Ce volume est un hommage à l\u2019un des plus grands bienfaiteur de l\u2019humanité, au XXe siècle et peut-être de tous les temps.On ne saurait séparer sa vie et son œuvre de celles de son père, John D.Rockefeller, mais c\u2019est surtout John D.Rockefeller Jr.qui, en mettant plusieurs centaines de millions de dollars à la disposition de l\u2019 Institut Rockefeller pour la recherche médicale, du \u201cGeneral Education Board\u201d et de la Fondation Rockefeller, à rendu d\u2019incommensurables services a l\u2019avancement des connaissances humaines dans tous les domaines: médecine, hygiéne publique, médecine préventive, biologie, psychiatrie, physique, littérature, théâtre, sciences sociales, beaux-arts.Grâce à l\u2019Institut Rockefeller, les sciences L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 médicales ont pris un essor formidable et les progrès accomplis par les savants ont eu les résultats les plus bienfaisants sur la santé de millions d\u2019hommes dans une centaine de pays.Le \u201cGeneral Education Board\u201d a été créé pour promouvoir l\u2019éducation aux Etats-Unis sans distinction de race, de couleur ou de croyance.La Fondation Rockefeller a contribué au bonheur de l\u2019humanité à travers le monde.Jamais, dans l\u2019histoire universelle, un homme a compris de façon aussi compréhensive le bien qu\u2019il pouvait faire à l\u2019humanité, grâce à sa colossale fortune.En plus des œuvres ci-haut mentionnées, il faut ajouter le \u201cRockefeller Center\u201d.Suivant le conseil de Louis Pasteur, John D.Rockefeller Jr.a servi sa famille, son pays et l\u2019humanité, car tous les pays du monde ont profité directement ou indirectement de ses largesses.Et tous les peuples du monde dor- vent lui rendre un hommage de gratitude.Maintenant, recueillons-nous devant cette œuvre aux réalisations grandioses et deman- dons-nous si cette œuvre de salut publie à l\u2019échelle mondiale aurait été possible si, au leu d\u2019être un homme sobre, John D.Rockefeller Jr.avait été alcoolique invétéré?Cette hypothèse dont je m'excuse auprès de John D.Rockefeller Jr.qui vit encore, w\u2019illustre-t-elle pas ce que la société aurait perdu, si ce grand bonhomme, ce grand seigneur de la philanthropie, ce grand serviteur de l\u2019humanité avait été une victime de lai- coolisme?Si Louis Pasteur revenait sur la terre, 1 irait serrer avec effusion la main de John D.Rockefeller Jr.CONCLUSION PRATIQUE Tout le monde reconnaît, oui, il est universellement reconnu que l\u2019alcoolisme proprement dit est une plaie individuelle, conjugale, familiale, une plaie pour la société.Mais à quoi bon dénoncer cette plaie et se croiser béatement les bras devant les méfaits désastreux de l\u2019alcoolisme?PLOUFFE: L\u2019ALCOOLISME 285 Que faire au point de vue pratique contre cette plaie?I] faudrait, que dis-je, à faut absolument se lancer \u2014 et résolument \u2014 à l\u2019offensive contre l\u2019alcoolisme.Une campagne monstre s'impose pour dénoncer les abus de l\u2019alcool, pour faire observer rigoureusement les règlements concernant la consommation de l\u2019alcool et enfin \u2014 et surtout \u2014 pour arriver à la fondation immédiate d\u2019une clinique antialcoolique qui, une fois organisée, coûteratt pour l\u2019entretien quelque $50,000.par année.Depuis des années, je guerroie contre l'abus; depuis des années, je réclame une politique de gros bon sens afin de contrecarrer les méfaits de l\u2019alcoolisme; depuis des années, je réclame une clinique antialcoolique dans la région de Montréal.Rappellerai-je que dans la province voisine, comme dans certains Etats d\u2019outre-45e, on a fondé des cliniques antral- cooliques?En conséquence, je souhaite, avec tous les honnêtes gens au courant de la question, que les autorités comprennent la mécessité essen- telle de cette clinique.J\u2019ai déjà dit, et je le répète, que la lutte contre l\u2019alcoolisme n\u2019est pas avant tout une affaire de religion, mais une affaire de salut public.Si nous voulons décidément barrer la route aux méfaits de l\u2019alcoolisme, 21 faut que nous prenions les moyens de les combattre d\u2019une façon efficace.C\u2019est sous l\u2019empire de ces sentiments que je réclame une guerre impitoyable à l\u2019abus dans tous les domaines où il existe et une clinique antialcoolique qui saura prévenir l\u2019aggravation d\u2019une maladie ruineuse à tous les points de vue.C\u2019est dans la mesure où nous cesserons de hausser les épaules et de nous croiser les bras, que nous commencerons à travailler aux réalisations pratiques qui seront de taille à diminuer les méfaits de l\u2019alcoolisme.Un point, c\u2019est tout. L'ALCOOLISME \u2014 SON ASPECT MÉDICO-LÉGAL J.-M.ROUSSEL, Médecin-légiste (Montréal).Le terme d\u2019alcoolisme, qui fait le sujet du présent symposium, s'applique tout aussi bien aux troubles qui succèdent immédiatement à l\u2019absorption rapide d\u2019une quantité exagérée d\u2019alcool, dont l\u2019ivresse est l\u2019expression, qu\u2019aux troubles permanents qui résultent de l\u2019absorption prolongée du toxique.Ces deux formes d\u2019alcoolisme donnent lieu à des réactions médico-légales qui sont la conséquence de la fixation élective de l\u2019alcool sur le système nerveux.Durant la phase aiguë, l'ivresse rend l\u2019homme plus ou moins conscient d\u2019actes répréhensibles dont il ne demeure pas moins responsable devant la loi \u2014 L\u2019excitation des fonctions, qui caractérise cette première période, éveille chez quelques-uns des idées amoureuses qui, s\u2019imposant à leur volonté, transforment souvent les plus timides en galants entreprenants.Si le sujet de leurs attentions n\u2019est pas au même diapason, ils risquent de voir ce qui n\u2019était à leurs yeux qu\u2019une simple manifestation amicale prendre soudain l\u2019aspect d\u2019un attentat à la pudeur.L'article 141 du Code Criminel dit en effet: « Est coupable d\u2019un acte criminel et passible d\u2019un emprisonnement de 5 ans et de la peine du fouet, quiconque attente à la pudeur d\u2019une personne du sexe féminin.» Nos législateurs, qui ne sont pas toujours très précis dans le libellé de leurs lois, semblent avoir laissé délibérément vague la définition de l\u2019attentat à la pudeur.Du moment que le sujet des attentions pressantes du buveur ne les interprète pas dans le même sens que lui, notre joyeux drille peut écoper de cinq ans de prison \u2014 car, sous-entend la loi, s\u2019il est déjà incapable de résister à l\u2019entraînement de ses instincts et de ses passions, le buveur n\u2019en demeure pas moins conscient et, par conséquent, responsable de ses actes.Et puis, il y a l\u2019autre côté de la médaille: à côté de l\u2019ivrogne euphorique, on rencontre quelquefois jusqu\u2019à en mourir.Nombre de suicides ne s\u2019accomplissent que grâce au coup de pouce de l\u2019alcool.A une période plus avancée de l'ivresse aiguë, on voit apparaître un trouble profond des fonctions psychiques dont d\u2019autres, plus qualifiés que moi, vous entretiendront dans un instant; permettez-moi, cependant, de retracer avec Triboulet et Mignot, le tableau du buveur parvenu à la phase d\u2019état de l\u2019ivresse qui lui a valu le qualificatif de « période médico-légale » proprement dite: celui qui a le « vin triste».« Le langage devient absurde, incohérent ou inintelligible; parfois, les mêmes mots, les mêmes phrases, sont répétés avec obstination et comme automatiquement.Aucun jugement raisonnable ne peut être formulé; l\u2019attention et la mémoire cessent de s\u2019exercer; la désorientation est complète, l\u2019inconscience de la situation absolue.Les sentiments qui distinguent l'homme de la brute ne subsistent plus; l\u2019ivrogne se montre alors comique ou brutal; il obéit sans frein à toutes ses passions et à tous ses instincts.« Les hallucinations n\u2019existent pas dans l\u2019intoxication alcoolique aiguë ordinaire; elles appartiennent à l\u2019ivresse des alcooliques chroniques et des psychopathes.Toutefois dans l\u2019ivresse ordinaire les illusions des sens sont nombreuses: le buveur confond les personnes et les choses; il interpelle des objets inanimés, et leur tient des discours; il peut se blesser ou se tuer en prenant une fenêtre pour la porte, une rivière pour la route.Il peut boire inconsciemment les liquides les plus détestables, les plus répugnants ou les plus dangereux.Parfois il s\u2019illusionne sur le caractère et sur les intentions des personnes qui l\u2019entourent, sur les paroles qu\u2019il entend; et comme l\u2019irritabilité est exagérée, comme toute prudence et toute retenue ont disparu, 1l entre en fureur et commet des déprédations ou L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 des violences.Aussi cette seconde période de l\u2019ivresse est-elle la période médico-légale.» Les statistiques officielles confirment, en effet, que la violence constitue la criminalité spécifique des alcooliques et des 1vrognes: violeñce meurtrière ou cupide, coups et blessures, brutalité immorale.Au point de vue criminel, la responsabilité de l\u2019alcoolique, dans ces cas, est variable suivant les conditions dans lesquelles l\u2019acte incriminé a été accompli: en état d\u2019ivresse aiguë ou au cours de l\u2019alcoolisme chronique confirmé, avec ou sans délire.Cette responsabilité de l\u2019homme ivre a été diversement comprise selon les époques et selon les pays \u2014 Au Canada, suivant en cela la ligne de conduite adoptée en Angleterre et en France, la jurisprudence admettait jusqu\u2019à ces dernières années que l'ivresse était « un fait volontaire et répréhensible, et ne pouvait jamais constituer une excuse que la morale et la loi permettraient d\u2019accueillir».Il fallait, dans l\u2019intérêt de la Société, éviter d\u2019attribuer à l'ivresse une immunité qui aurait autorisé tous les désordres.Certaines décisions récentes de nos tribunaux supérieurs ont consacré le principe que l'ivresse pouvait être, dans certains cas, une circonstance atténuante de nature à entraîner une diminution de la gravité des offenses reprochées aux inculpés.Chaque cas, cependant, doit être étudié séparément et il a été jugé impossible d\u2019établir de règle générale, car l'ivresse peut être accidentelle ou habituelle, volontaire ou imprévue; elle peut fort bien être préméditée dans l\u2019intention de faciliter le crime ou d\u2019atténuer la responsabilité; elle peut s\u2019accompagner de lucidité partielle ou d\u2019inconscience absolue.La preuve de cet état d\u2019ivresse irresponsable incombe à la défense, mais à moins de prouver l'incapacité totale chez l\u2019accusé de former l'intention voulue pour accomplir son crime, ce plaidoyer ne serait pas reçu par la Cour.Lorsque l\u2019alcoolique est parvenu au stade du délire ou de la démence, il est admis qu\u2019il cesse d\u2019être responsable de ses actes, tout comme les autres aliénés.ROUSSEL: L\u2019ALCOOLISME 287 I\u20191vresse, au contraire, ne diminue pas la responsabilité criminelle du buveur lorsqu\u2019il est au volant d\u2019une automobile; nous touchons là au plus grand problème médico-légal de notre temps.L'automobile est devenue une nécessité et le nombre en circulation sur nos routes augmente sans cesse.Malgré tous les perfectionnements et les aides-mécaniques qui visent à rendre la conduite plus facile, il n\u2019en reste pas moins que c\u2019est le geste posé par le conducteur qui décide tout.Au stade de la grande ivresse, alors que l\u2019incoordination des mouvements a atteint son point culminant, le danger est habituellement de courte durée; l\u2019automobiliste aura tôt fait d\u2019immobiliser son véhicule sur un arbre ou un poteau \u2014 Mais le grand danger, qui n\u2019est réalisé ni par le législateur, ni par le public en général, réside dans la conduite d\u2019un véhicule-moteur par le conducteur en état d\u2019ébriété légère ou par le buveur d\u2019habitude qui vient d\u2019absorber le coup de l\u2019étrier avant de prendre le volant.Des recherches physiologiques ont pourtant démontré depuis longtemps que des doses d\u2019alcool inoffensives, en principe, peuvent offrir de sérieux inconvénients pour ceux qui ont à conduire une automobile.Ainsi que le disaient Louis Vervaeck et Ernest de Craene, dans un mémoire paru en 1937: L'alcool, même à doses modérées, diminue la précision de la coordination des mouvements et des interréactions organiques que met en jeu la conduite d\u2019un véhicule (yeux, mains, pieds).D'autre part, il ralentit les réflexes qu\u2019imposent brusquement les incidents de la route, lors des manœuvres de sécurité, tels un freinage ou un virage rapides.L'alcool affaiblit aussi les facultés d\u2019attention, d\u2019endurance et de sang-froid si indispensables à l\u2019automobiliste.Chose dangereuse, enfin, il crée chez le chauffeur un état d\u2019euphorie et de confiance excessive qui lui fait sous-évaluer la difficulté d\u2019une manœuvre hardie ou d\u2019un virage précis; il le rend moins calme et plus excitable ». 288 Il y a longtemps que l'on a démontré que l'alcool, même à doses faibles \u2014 un verre de de whisky par exemple \u2014 détermine un allongement du temps de réaction qui se fait sentir pendant plus de quatre heures et même davantage chez le buveur d\u2019habitude dont le système nerveux, la circulation, la vue ct les organes moteurs sont plus ou moins altérés par l\u2019alcool.La conclusion qui s\u2019impose est qu\u2019avant de conduire le bolide qu\u2019est l\u2019automobile moderne, dont la vitesse de pointe et l\u2019accélération foudroyante obligent son conducteur à prendre des décisions ultra-rapides et à posséder des réflexes vifs, il faudrait s\u2019abstenir d\u2019ingérer des boissons alcooliques pendant les six à huit heures qui précèdent; peut-être pourrait on ramener cette durée à une heure, pour une faible dose.Personne n\u2019a done le droit moral de diminuer sa capacité de conduire ct la loi impose cette même obligation en édictant une peine d'emprisonnement et la suspension du permis de conducteur à toute personne surprise à conduire un véhicule en état d'ivresse; si ses facultés sont simplement affaiblies par l\u2019alcool, ce qui correspond au premier stage de l\u2019ivresse, dont je viens d\u2019essayer de vous démontrer la gravité, le législateur veut bien ne la condamner qu\u2019à une simple amende.Voilà donc son compte réglé avec le code criminel, mais l\u2019alcoolique a-t-il songé à l'aspect civil de la question si par malchance, en plus d\u2019avoir conduit en état d\u2019ivresse, il a blessé un piéton ou endommagé une autre automobile?Une conséquence de l'ivresse à laquelle on ne pense pas toujours est le déni de responsabilité apporté par la compagnie d'assurance lorsque l\u2019assuré conduit sous l\u2019influence de l\u2019alcool, Peu de gens, j'en suis sûr, ont lu les clauses de leur contrat d\u2019assurance automobile: je Pai fait en préparant ces quelques notes et j'ai eu presqu\u2019envie de devenir vertueux! Le texte, imprimé en petits caractères, évidemment, dit ceci: « En vertu de la police, l\u2019assureur n\u2019est pas responsable lorsque l\u2019auto est conduite par une personne en état ROUSSEL: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 d\u2019ébriété »; l\u2019ébriété doit s'entendre « l\u2019état de celui qui a consommé des liqueurs aleooli- sées au point de manifester les premiers troubles de l'ivresse, qui ne seront pas néces_ sairement évidents, mais qui affecteront quand même la conduite normale et prudente d\u2019une automobile ».Pour un homme de 150 livres cet état pourrait être amené, indépendamment d'autres facteurs, par l\u2019ingestion de deux à trois grosses bouteilles de bière, ou de six à sept onces de whisky.Cette provision bien légitime du contrat d'assurance qui lie les deux parties, rend celui- ci nul et non avenu, et peut signifier la ruine financière de l\u2019assuré en cas de jugement défavorable lors d\u2019une poursuite civile.Cela ne vous donne-t-il pas l\u2019envie de marcher, dorénavant?Puis-je vous suggérer de faire comme en Suède où la loi, beaucoup plus sévère que la nôtre, condamne inexorablement tout conducteur d\u2019automobile, dont le sang accuserait un titre alcoolique de 0.50 pour 1,000: correspondant à l\u2019ingestion d\u2019une simple bouteille de bière.Au cours des réunions où se consomme de l\u2019alcool, les invités tirent à la courte paille et le perdant reste sobre afin de reconduire les autres à leurs domiciles respectifs \u2014 La crainte a toujours été le commencement de la sagesse.Il est un domaine, tout aussi important que celui de l\u2019automobile, où les habitudes alcooliques de l'individu risquent d\u2019avoir des conséquences désastreuses pour sa famille: c\u2019est celui de l'assurance.Lorsque le médecin examinateur consigne les réponses données aux questions portant sur l\u2019état de santé antérieur ou sur les habitudes de vie du postulant, il est rare qu\u2019il reçoive des renseignements exacts de la part de l'alcoolique \u2014 A la question: « Quelle quantité de boissons alcooliques prenez-vous en moyenne?» on lui répondra « socialement » ou « à l\u2019occasion » ; c\u2019est un estimé d\u2019ordinaire très conservateur et si le médecin ne connaît pas le sujet, il risque de passer à côté d\u2019une cirrhose.Vous reconnaîtrez que ce n\u2019est pas une affection indifférente pour la compagnie L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 d\u2019assurance.Mais ce que l'assuré ne réalise pas en cachant la vérité, c\u2019est qu\u2019en apposant sa signature au bas du questionnaire il a convenu \u2014 « les déclarations et réponses ci- dessus font partie intégrante de ma proposition d\u2019assurance; je les déclare complètes et véridiques et consens à ce qu\u2019elles servent de base au contrat demandé».Après sa mort prématurée, si la compagnie peut démontrer par son enquête que l'assuré avait menti sur ses habitudes alcooliques, elle refuserait tout simplement aux héritiers de verser le montant d\u2019une assurance obtenue sur une fausse déclaration au moment de la mise en vigueur du contrat.Ce contrat d\u2019assurance n\u2019est qu\u2019un des nombreux actes civils que peut poser une personne au cours de sa vie; ses relations avec les autres membres de la Société lui imposent la passation de contrats d\u2019achat, de vente, de cession, etc., qui suppose une connaissance pleine et entière de la part des parties.Quand l\u2019alcoolisme chronique retentit sur les fonctions cérébrales d\u2019une personne, il crée d\u2019abord un état mental particulier sur lequel se développe, par la suite, diverses affections mentales.Il ne m\u2019appartient pas de vous décrire les différentes formes de l\u2019état démentiel chez l\u2019alcoolique, mais simplement de signaler que cet état « d\u2019abrutissement » qui précède l\u2019apparition de phénomènes psychiques plus évidents, entraîne déjà les plus graves conséquences au point de vue social: le buveur ne sait plus gérer convenablement ses affaires, il commet des fautes graves qui le conduiraient nécessairement à la ruine si une interdiction légale ne venait mettre fin à la déchéance.Au point de vue civil, l\u2019individu en état d'ivresse est « incapable »; l\u2019article 986 de notre code civil dit bien que: « Sont incapables de contracter, les personnes aliénées ou souffrant d\u2019une aberration temporaire causée par maladie, accident, ivresse ou autre cause, ou qui, à raison de la faiblesse de leur esprit sont incapables de donner un consentement valable ».Il s\u2019ensuit que tout achat, vente, contrat consentis dans cet état sont invalides.ROUSSEL : L\u2019ALCOOLISME 289 L\u2019alcoolique devient souvent incapable de tester, car le code civil a voulu qu\u2019un acte aussi important que la disposition de ses biens ne se fasse qu\u2019avec une conscience pleine et entière: « Tout majeur sain d\u2019esprit, dit l\u2019article 831 du code civil, peut en disposer librement par testament».Or, un testament fait dans un état de confusion alcoolique risque de faire le sujet de contestations judiciaires longues et coûteuses, qui ne profitent jamais aux héritiers, car un testament peut être cassé, alors même que le notaire aurait indiqué dans l\u2019acte que le testateur lui a paru sain d\u2019esprit, si les témoins prouvent l\u2019état d\u2019ivresse de celui-ci.L'ivresse supprime donc la capacité civile d\u2019une personne, mais elle n\u2019empêche pas sa responsabilté civile; des alcooliques ont été condamnés devant nos cours à réparer les dommages qu\u2019ils avaient commis.En matière d\u2019accidents de travail, l\u2019état d\u2019ivresse de l\u2019ouvrier peut atténuer et même faire disparaître la responsabilité de l\u2019employeur.Lorsque l\u2019alcoolique est devenu dément ou délirant, la loi ne le distingue plus des autres aliénés et tous ses actes civils cessent d\u2019être valables.Mais, comme le signale Triboulet dans son travail sur l\u2019alcoolisme «nous savons qu\u2019à côté des buveurs indiseutablement aliénés, il en est d\u2019autres chez lesquels l\u2019alcoolisme se manifeste seulement par un affaiblissement plus ou moins marqué de l\u2019intelligence et du sens moral.Ces alcooliques de beaucoup les plus nombreux, jouissent de leur capacité civile et la jurisprudence a nettement établi qu\u2019ils ne pouvaient être interdits.Ces malades peuvent donc accomplir des actes les plus sérieux de la vie sociale et compromettre, par insuffisance ou perversion du jugement, leur situation et celle de leur famille ».C\u2019est sur cette pensée qui illustre bien la gravité du problème que je termine ces quelques remarques sur l\u2019aspeet médico-légal de l'alcoolisme. ASPECT PSYCHOLOGIQUE DE L'ALCOOLISME Charles MARTIN (Québec).Ne fais pas le brave avec le vin, car il en a fait périr plusieurs.Le vin cst comme la vie pour l\u2019homme si tu le bois avec modération.Et certes il a été créé pour réjouir les hommes.Allégresse du coeur et joie de l\u2019âme, tel est le vin pris à temps dans une juste mesure.Amertume de l\u2019âme est le vin bu en abondance alors qu\u2019on est excité et qu\u2019on se dispute.L\u2019ivresse échauffe la fureur de linsensé et le fait tomber; elle diminue les forces et amène des blessures.Dans un banquet, en buvant du vin, ne fais pas de reproche au prochain et ne le méprise pas dans sa gaieté.Ecclésiastique, Ch.31, versets 25 à 31.On m\u2019a chargé du tour de force de vous entretenir, durant quinze minutes, d\u2019un sujet qui a fourni la matière de plusieurs gros volumes, que je n\u2019ai pas tous lus d\u2019ailleurs, parce que, paraît-il, « Dieu préserve ceux qu\u2019il chérit des lectures inutiles» (Lavater).Je procéderai souvent par aphorismes, pour exposer de façon plus péremptoire, c\u2019est- à-dire plus facile à mémoriser, une thèse qui pourrait être démontrée, si nécessaire, avec les mêmes finesses dialectiques qu\u2019on emploie pour élaborer d\u2019autres théories, que je n\u2019ai pas le temps d\u2019exposer et que je n\u2019aurai pas la peine ou le plaisir de critiquer.Le terme d\u2019alcoolisme, pour désigner l\u2019habitude d\u2019abuser de l\u2019alcool et les divers effets de cette habitude, fut créé par Magnus Huss, en 1852.Il a donc exactement le même âge que l\u2019Université Laval et sa faculté de médecine.Les considérations psychologiques en matière d\u2019alcoolisme se classent en trois chapitres, qui concernent 1° les causes psychiques de l\u2019usage abusif habituel de l\u2019alcool; 2° les effets de l\u2019alcool sur le.psychisme ; 3° certaines maladies mentales qui sont des complications de l\u2019alcoolisme.Pour économiser le temps, je laisserai de côté ces complications dont la formule psychologique est archiconnue et qui sont plutôt en relation avec les désordres métaboliques causés par l\u2019alcool, que des effets directs de l\u2019alcool sur le psychisme; si bien qu\u2019il est possible de les rencontrer chez des sujets qui n\u2019ont jamais présenté d\u2019ivresse antérieurement.Pour continuer la simplification, je tenterai de démontrer que ce sont les effets de l\u2019alcool sur le psychisme qui sont à l\u2019origine de l\u2019abus qu\u2019on peut en faire.L'aspect psychologique de l'alcoolisme se trouve ainsi ramené à un seul problème majeur, qui couvre l\u2019essentiel de la question.On pourrait l\u2019exprimer autrement, par un paradoxe aul sent La Palice: La cause de l\u2019alcoolisme chronique, c\u2019est l\u2019alcoolisme aigu.On n\u2019absorbe pas d\u2019alcool pour une raison biologique.L'alcool n\u2019est pas indispensable à la vie.Je ne connais pas de maladie somatique qui puisse créer le besoin de boire.Certains facteurs sociaux peuvent favoriser l\u2019alcoolisme, par la coutume, l\u2019exemple, la tolérance, la réclame, ete, qui ont pour effet commun de rendre l\u2019alcool plus ou moins accessible, sans cependant obliger l'individu à boire.Les conditions sociales, et autres facteurs ambiants fournissent des occasions et des excuses.On invoque l\u2019exemple et la compagnie des autres, certaines affiliations, le besoin de prouver sa virilité; l'honneur de payer sa tournée, les réunions de familles, les anniversaires, les festivités saisonnières, les enterrements de vie de garçon et autre mise en bière.On boit pour échapper à une situation difficile, aux reproches des supérieurs, aux moments de dépression, ou de colère contre un ami, ou de rancœur contre le propriétaire, ou de dispute avec sa femme, ou de chicane avec sa blonde.On entre au bar, pour s\u2019abriter de la pluie.On boit parce qu\u2019on a perdu au jeu, ou qu\u2019on a été mis à pied.Mais on boit encore pour qu\u2019une affaire réussisse, ou pour célébrer un succès aux examens, ou pour entamer gaiement un gain imprévu.On s\u2019exeuse volontiers sur son travail.Va encore s\u2019il s\u2019agit de quelqu'un qui fabrique, vend ou L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 distribue de l\u2019alcool.Mais le boulanger boit parce qu\u2019il passe la journée dans une atmosphère farineuse, le briqueteur boit parce qu\u2019il travaille au froid et à l'humidité et l\u2019entrepreneur de pompes funèbres pour oublier la tristesse des funérailles.Parce qu\u2019il y a tellement de gens qui dans les mêmes situations ne boivent pas, on ne peut accorder à ces causes plus qu\u2019une valeur occasionnelle adjuvante.L'usage habituel de l\u2019alcool est une conduite, c\u2019est-à-dire un comportement librement choisi et élaboré sans contrainte.Comme toute conduite elle est conditionnée par des facteurs psychologiques.Ces facteurs psychologiques qui créent le besoin de boire et qui peuvent en entretenir l\u2019'habitude ont leur racine dans les divers effets de l\u2019alcool sur le psychisme individuel.D\u2019après certains auteurs, les effets de l\u2019alcool sur le psychisme furent découverts par Noé, peu de temps après la démonstration universelle de l\u2019intoxication de l\u2019humanité par l\u2019eau.Parmi ces effets, les uns sont désirables, les autres sont préjudiciables et c\u2019est ce qui fait tout le problème de l\u2019alcoolisme.Si l\u2019alcool n\u2019avait que de bons effets, tout le monde serait alcoolique et satisfait de l\u2019être.S'il n\u2019avait que des effets désagréables, son usagc serait exceptionnel et relégué au chapitre des perversions masochistes et des tentatives de suicide.Je n\u2019ai jamais vu de toxicomanie à l'huile de ricin.Faute de l\u2019attrait psychique, il est inutile d\u2019en offrir à l\u2019heure du toast ou aux visiteurs du Jour de l\u2019An.Et les facteurs sociaux n\u2019y changeront rien.La louange excessive du vin, par ceux qui ne lui reconnaissent que des effets salutaires, encourage l'apparition de ses effets pernicieux.Mais d\u2019autre part, la considération exclusive de ses effets nocifs n\u2019est pas sage non plus et n\u2019aide pas à comprendre le problème de l\u2019aleoolisme.Il est bien inutile de prêcher que l'alcool est un poison du système nerveux et du protoplasme par dessus le marché, qu\u2019il n\u2019a aucune valeur alimentaire, ni énergétique, MARTIN: L\u2019ALCOOLISME qu\u2019il refroidit, qu\u2019il déshydrate, qu\u2019il diminue 291 l\u2019intelligence, la volonté et le sens moral et qu\u2019il peut rendre fou.Ce n\u2019est pas du tout pour ça que les gens en boivent.Je décrirai d\u2019abord les bons effets de l\u2019alcool, parce qu\u2019ils sont les plus précoces et les plus fréquents et qu\u2019ils sont les plus négligés dans les travaux sérieux.L'alcool a les vertus bienfaisantes d\u2019un merveilleux sédatif, à la fois analgésique et euphorisant.S\u2019il était découvert en 1957, on en ferait dès éloges formidables.Son action est rapide, graduelle, dosable, pas très prolongée, mais entretenable par itération.C\u2019est un tranquillisant qui peut être agréable au goût, mais il n\u2019est pas indispensable qu\u2019il le soit quand on boit « pour l\u2019effet ».Il calme rapidement la fatigue, surtout celle qui s'accompagne de tension, d\u2019exaspération et de dégoût.Il calme aisément la faim quand on ne peut manger, et il éloigne la sensation de satiété quand on fait bonne chère.Saint Paul le recommandait à Timothée à cause de son estomac et de ses fréquentes indispositions.Il rend insensible à la douleur physique et fut pendant des siècles le seul anesthésique qui puisse concurrencer l\u2019assommoir.Il est resté pour plusieurs le traitement de toutes les douleurs et de toutes les maladies susceptibles de devenir souffrantes.Il rend indiffé- rent aux écarts excessifs de la température ambiante, etc.Surtout il diminue le contrôle des centres supérieurs sur nos tendances les plus spontanées.André Berge dit que « le surmoi est une substance soluble dans l\u2019alcool».L\u2019inhibition acquise de nos automatismes exige des efforts renouvelés, une persévérance acharnée, une patience résignée; elle impose des désappointements, de l\u2019angoisse, des tourments de conscience, des devoirs, des obligations, des responsabilités.Ce contrôle exigeant peut devenir fatigant, souvent exagéré et une source d\u2019ennui pour l\u2019individu et son entourage.Il mérite bien un petit congé de temps en temps, ce qui dispense d\u2019une crise de nerfs ou d\u2019un accès de désespoir.Une dose modérée d\u2019alcool relâche immédiatement toute cette tension harassante.C\u2019est 292 un solvant rapide de la peur, du dégoût, de l'ennui, de la tristesse, de la gêne, de la timidité, des réticences, de l\u2019angoisse, du sentiment d\u2019infériorité ou de culpabilité et de toutes les contraintes du super-ego.Il noie dans l\u2019oubli provisoire les frustrations, les peines, les aspérités de la réalité, les impératifs de la responsabilité morale ct intellectuelle et toutes les tortures sociales.Il libère conséquemment les automatismes spontanés et les tendances foncières de l\u2019être, ce qui est à l\u2019origine d\u2019une activité facile et satisfaisante, qui s\u2019accompagne d\u2019un sentiment de supériorité et de force.Cette exaltation s'accompagne d\u2019émotions de type primitif qui portent généralement à l'hilarité, aux confidences, aux familiarités, à la gaie camaraderie, avec une aisance et une exhubérance d\u2019allure hypomaniaque.« Le vin réjouit le cœur de l\u2019homme » dit le psalmiste.Tout ceci peut concourir à faciliter les rapports sociaux, mais l\u2019alcool tend en plus à diminuer les distances sociales et les préjugés de castes.Et c\u2019est à cause de tous ces effets agréables de l\u2019alcool sur le psychisme que celui qui a bu boira, que ce soit de façon convenable ou avec excès.Il boira même si l\u2019accentuation de cette action de l\u2019alcool peut aboutir à des effets préjudiciables, quand la dose a été trop élevée ou entretenue trop longtemps.L'alcool n\u2019est jamais un stimulant.Après s'être attaqué à l\u2019action inhibitrice des centres supérieurs, il diminue progressivement chacune des capacités mentales et il altère la coordination neurologique.Il libère des automatismes spontanés, mais ceux-ci sont organisés à des niveaux plus bas, dont on n\u2019est fier qu\u2019en autant que le sens critique devient moins exigeant et que la fierté se dévrade.Il permet l\u2019expression des tendances foncières de l'individu, mais certaines d\u2019entre elles peuvent être fort désagréables.L\u2019alcool est alors le révélateur, plutôt que la cause directe d\u2019une grande variété d\u2019anomalies psychiques, préformées dans l\u2019individu, qu\u2019il est abusif de mettre au débit de la boisson.L'alcool con- MARTIN: L\u2019ALCOOLISME l\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 sole, mais il n\u2019abolit pas le malheur.Il permet d'oublier les problèmes, mais, loin de les solutionner, il peut en faire naître de nouveaux.Il n\u2019annihile pas les responsabilités.Si le contrôle supérieur peut être mis en congé, il est désastreux de lui accorder des vacances perpétuelles.L\u2019alcool rapproche et nivèle les classes sociales, mais quand le président et le patron roulent sous la même table que les membres et les employés il y a là plus qu\u2019un manque d'élégance.L\u2019alcool diminue la sensation de fatigue, mais il ne donne jamais plus que l'illusion de la force.Quand l\u2019analgésie alcoolique s\u2019accentue jusqu\u2019à l\u2019ivresse comateuse, elle comporte tous les dangers du coma.Quand l\u2019effet anorexique des boissons prolonge le jeûne, le buveur est sur la voie des complications neuro-psychiatriques de l\u2019alcoolisme.Les conséquences économiques et sociales qui découlent de tout ceci sont déjà trop bien connues.Et c\u2019est malgré où à cause de ces effets néfastes que les vrais alcooliques continuent de boire à leur détriment.Si à côté des abste- mes, des tempérants et des buveurs occasionnels, certains individus deviennent victimes du besoin de boire et dépendants de l'alcool.c\u2019est parce que les effets de l\u2019alcool ne sont pas quantitativement, ni qualitativement les mêmes chez tout le monde, parce que chacun n\u2019a pas le même besoin de ce paradis artificiel et surtout parce que chacun apprécie différemment la valeur personnelle des conséquences de l\u2019intoxication sur son esprit à lui, dans les conditions où il se débat lui-même.Pour revenir à Noé, ces effets de l\u2019alcool, Cham les trouva si drôles que sa descendance est restée noire de rire; tandis que les fils de ceux qui n\u2019ont pas vu la nudité de leur père, ont continué de boire, d\u2019aborder le problème à reculons et de tout cacher sous le manteau.Ce jugement de valeur sur les effets de l\u2019alcool intervient dans les conclusions de tous ceux qui étudient le problème de l\u2019alcoolisme, mais surtout sur la conduite de chacun quant à son usage.Un perfectionniste intransigeant qui n\u2019admet pas la moindre dé- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 faillance du contrôle personnel, s\u2019il est franc, sera abstème et châtiera tous ceux qui ne le sont pas.Celui que l\u2019alcool rend piteux, balourd ou nauséeux, ne caressera pas longtemps la bouteille.Mais celui qui, à cause de son entourage, de son occupation, de ses limites et de ses infirmités, n\u2019a jamais connu la joie que sous l\u2019effet de l\u2019alcool, mérite un peu de miséricorde.Pour certains, tous les inconvénients médicaux, psychiques, sociaux et économiques de l\u2019alcoolisme sont un moindre mal, comparés aux malheurs invétérés que l\u2019alcool leur fait oublier.Personne ne peut se vanter d\u2019être absolument et définitivement à l\u2019abri des abus, ni de la servitude alcooliques.Il n\u2019existe pas de personnalité proprement alcoolique.Les diverses descriptions qu\u2019on a fait de pareille personnalité peuvent se rencontrer chez des gens qui n\u2019ont jamais abusé et il est notoire que les alcooliques ont des mentalités aussi différentes que les Lacordaires.Evidemment, certains sont protégés plus que les autres par leur milieu social, par leur bonheur, par la bonne fortune, par leur mysticisme ou une sainteté tempérante, par un estomac intolérant, une santé compromise ou une grave infirmité, par une réaction aberrante à l\u2019alcool, par la pusillanimité, par le manque de confiance en soi, par des scrupules ou une phobie spécifique, par leur défiance et leur fierté en face des jugements d\u2019autrui, par la sévérité de leurs principes, par un délire d\u2019empoisonnement ou une démence avancée, c\u2019est-à-dire par des facteurs normaux ou pathologiques très divers.Ceux qui, après une expérience plus ou moins longue, sont plus susceptibles de devenir des abonnés du tonneau présentent, d\u2019autre part, diverses formes de vulnérabilité psychologique, qui concourrent d\u2019une façon ou d\u2019une autre à diminuer leur contrôle personnel.Il peut s\u2019agir d\u2019un hédonisme constitutionnellement exagéré, d\u2019une atrophie de la sagesse, d\u2019une dépendance à base de surpro- tection, de suggestibilité, d\u2019un manque d\u2019intérêt pour la dignité et les valeurs morales MARTIN: L\u2019ALCOOLISME 293 supérieures.Il peut s\u2019agir d\u2019un déficit symptomatique définitif, après une encéphalopa- thie traumatique ou autre, après l\u2019apparition d\u2019une démence, ou encore d\u2019un déficit momentané au cours d\u2019un acès maniaque, dépressif ou hystérique.Il peut s\u2019agir d\u2019un état psychopathique, où ce manque de contrôle apparaît comme un programme et où la déchéance alcoolique est recherchée pour elle- même.Il n\u2019en est pas moins vrai que ceux qui sont disposés à se laisser aller ne deviennent pas tous des problèmes et que, parmi ceux qui essayent de se retenir, il y en a qui sombrent.Parce qu\u2019en définitive ce sont encore les effets de l\u2019alcool sur le psychisme qui fixent l\u2019alcoolique dans l\u2019esclavage, en le traquant dans divers cercles vicieux.L\u2019individu qui s\u2019intoxique parce qu\u2019il ne peut faire face à ses problèmes s\u2019en crée de nouveaux, diminue encore sa capacité de les envisager et est acculé à recourir davantage à la médication inefficace.Avec le temps il ajoute à ses ennuis des troubles physiopathologiques, qu\u2019on appelle les stigmates de l\u2019alcoolisme chronique, pour lesquels l\u2019alcool est malheureusement un traitement symptomatique efficace, en même temps qu\u2019une cause d\u2019entretien.Une cure de désintoxication brise ce cercle vicieux, mais souvent elle n\u2019empêche pas le malheureux de récidiver, à cause de l\u2019action d\u2019un autre feed back défectueux.C\u2019est que l\u2019alcool diminue la capacité de contrôle personnel de ce dépourvu de l\u2019adaptation, qui s\u2019inonde parce qu\u2019il ne se contrôle déjà pas assez.Quand du point de vue individuel, les effets désirables de l'alcool deviennent un remède efficace, à la fois des problèmes personnels et des inconvénients mêmes de l\u2019alcool, le sujet est pris au piège et pour longtemps.Ces causes psychologiques qui créent l\u2019habitude de boire sont donc très variées et ne sont pas nécessairement pathologique initialement.Il n\u2019est pas obligatoire d\u2019être fou pour devenir alcoolique, tout comme on peut boire sans devenir un malade mental.Les mêmes causes exactement peuvent intervenir dans 294 l'usage occasionnel ou habituel, modéré ou abusif.C\u2019est l\u2019addition, l\u2019intensité et la durée des facteurs psychologiques en cause, c\u2019est leur combinaison avec diverses causes occasionnelles adjuvantes et l'appréciation personnelle que le sujet se fait de l\u2019ensemble et des détails de la situation qui déterminent la modalité de l\u2019usage.Il faut enfin tenir compte du hasard qui préside aux conjonctions causales et qui modifie les destinées.Si c\u2019est fortuitement que certains sujets sont devenus alcooliques, il doit en exister d\u2019autres dont la sobriété est purement accidentelle.Pour conclure admettons que l'alcool, comme la langue, comme les médicaments, comme MARTIN: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 le feu et l\u2019énergie atomique, est une commodité dont la valeur se juge à l\u2019usage qu\u2019on en fait.Même si le feu est utile dans un foyer, celui qui ne peut chauffer le poêle, sans mettre le feu à la maison, n\u2019a pas le droit de toucher aux allumettes.Un bon critère de normalité vis-à-vis l\u2019usage de l\u2019alcool, c\u2019est le fait de garder de la boisson chez soi, sans savoir très bien ce qui reste dans la réserve.Baudelaire écrivait sur le même thème : « Le vin est semblable à l\u2019homme: on ne saura jamais jusqu\u2019à quel point on peut l\u2019estimer ou le mépriser, l\u2019aimer et le haïr, ni de combien d\u2019actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable.Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu\u2019envers nous-mêmes et traitons-le comme notre égal ».ASPECT MÉDICAL DE L'ALCOOLISME Jean-Marc BORDELEAU 1 (Montréal) .Lorsque nous commençons des études médicales, nous avons quelques notions personnelles sur l\u2019alcoolisme et ces connaissances sont influencées par les préjugés favorables ou défavorables que nous avons glanés dans notre milieu social respectif.Au moins dans une de nos universités nous pouvons terminer nos études universitaires sans jamais aborder l\u2019aspect médical de l\u2019alcoolisme autrement qu'au hasard d\u2019une leçon sur la pathologie des cirrhoses ou à l\u2019occasion de l\u2019étude étiologique des syndromes cérébraux organiques.Pourtant l\u2019alcoolisme est une réalité de tous les jours et ses complications aiguës ou chroniques sont des entités morbides et mortelles que nous rencontrons tous en clientèle privée ou en milieu hospitalier.Nous analyserons aujourd\u2019hui un groupe de 211 patients qui ont été admis à l\u2019hôpital Saint-Luc à 253 reprises pendant la période allant de juillet 1955 à juillet 1957 (tableau I).1.Assistant du service de médecine, hôpital Saint- Luc, Montréal.Chef de service: Prof.Roméo Foucher.TaBLEAU 1 Classification Nombre de cas Ethylisme aigu (y compris 27 comas) .91 Ethylisme chronique rennes 37 Méthylisme aigu et chronique .9 Cirrhose alcoolique rene 70 Gastrite alcoolique seen 10 Polynévrite alcoolique .\u2026.\u2026.\u2026\u2026eeresenes 8 Delirium tremens \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026ennnnnnnnnnne 23 Hallucinose alcoolique rennes Psychose de Korsakoff nes 5 Syndrome de Wernicke ere 1 Autres 4 Ces patients ont quitté l'hôpital avec, au dossier, un diagnostic d\u2019éthylisme aigu ou chronique ou celui d\u2019une des complications de l\u2019alcoolisme.Ce nombre à mon avis est inférieur à la réalité car souvent des patients sont admis pour des complications médicales ou chirurgicales non alcooliques mais pour lesquelles l\u2019alcoolisme est un facteur étiologique déterminant comme dans les cas de fractures, de pneumonie, ete.; deux de nos L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 patients ont été admis pour des engelures graves des deux pieds parce qu\u2019ils avaient euvé leur vin dans une ruelle en hiver.Souvent on oublie ou on ne veut pas mentionner sur un dossier l\u2019existence de l\u2019alcoolisme; ces restrictions mentales nous permettent d\u2019avoir un groupe assez homogène constitué de patients relevant de l\u2019Assistance publique, ce qui facilite l\u2019évolution et le traitement.Nous devons ajouter également que ces patients, pour être admis à l'hôpital, devaient être sérieusement malades car nous constatons avec regret que même dans un hôpital où la clientèle pauvre est bien acceptée, la tendance instinctive du personnel du dispensaire d\u2019urgence est d\u2019envoyer les ivrognes se dégriser en prison.ÂGE TABLEAU II % 30} 20 10 10-20 21-30 3-40 4i-50 S1-60 61-70 71 -+ AGE Nous constatons que 749 de nos patients sont âgés de 31 à 60 ans lorsqu\u2019ils doivent être hospitalisés, Nous pouvons penser que c\u2019est à partir de la trentaine que les alcooliques commencent à mal supporter l\u2019alcool et c\u2019est surtout après cet âge que nous voyons apparaître les complications, au moins chez l\u2019homme.C\u2019est entre 41 et 50 ans que nous trouvons le plus grand nombre de patients (27.3%).BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME 295 MORTALITE TasLeau III Mortalité par Nombre de cas CIrrhOSE caer 25 Cirrhose et autre Condition 3 Delirium tremens een 3 Coma, éthylique et coup de froid 1 Collapsus cardio-vasculaire ee 1 Œdème aigu du poumon oe.1 Total .34 Dans ce groupe général que nous étudions, nous sommes surpris de constater que la mortalité est survenue dans 16.1% des cas.Nous devons cependant tenir compte de l\u2019effroyable mortalité par les cirrhoses qui représente à elle seule 76% du taux de mortalité générale.Nous ne répéterons jamais assez que les préjugés que nous avons à propos de l\u2019alcoolisme nous rendent responsables de nombreuses erreurs de diagnostic.Je pourrais citer plusieurs exemples mais nous nous contenterons de résumer un fait pour lequel la responsabilité porte en partie sur le corps policier.Monsieur W.P.(dossier n° 198164) est trouvé inconscient dans un escalier la veille de Noël.Il dégage une forte odeur d\u2019alcool et il est conduit à la prison d\u2019une petite municipalité voisine de Montréal.Le lendemain midi, jour de Noël, on s\u2019aperçoit que le prisonnier est inconscient dans sa cellule et le médecin appelé d\u2019urgence demande son transfert à la ville où je le vois vers 3 heures de l\u2019après-midi.A ce moment le patient est dans un coma d\u2019intensité moyenne avec congestion pulmonaire marquée, cyanose et chute de la pression artérielle.Il meurt quelques heures plus tard sans que nous puissions déterminer la cause de sa mort autrement que par un vague diagnostic de collapsus cardio-vasculaire, ETHYLISME AIGU Comme nous ne faisons pas de routine le dosage de l\u2019alcool dans le sang nous devons 296 nous baser sur la clinique pour apprécier la gravité des intoxications alcooliques aiguës.Certains de ces patients sont confus, anxieux, agités, belliqueux; d\u2019autres sont stuporeux ct même comateux.Sur 91 intoxications aiguës, 27 cas sont admis pour coma.En réalité les comas alcooliques représentent une bonne proportion de tous les cas de comas admis dans un hôpital général (59% des cas de comas du Boston City Hospital) et il s\u2019agit d\u2019une condition d\u2019urgence et d\u2019un problème diagnostique très difficile.En général nous trouvons un coma léger mais qui se complique d\u2019un état de choc; le traitement fondamental est celui de l\u2019état de choc.ETHYLISME CHRONIQUE Dans notre classification, le nombre des éthyliques chroniques est restreint (37) et nous pourrions inclure dans ce groupe presque tous les patients qui présentent des complications digestives ou nerveuses.Ces 37 patients ont été admis en général pour des troubles digestifs vagues, des syndromes asthéniques, des tremblements, des polyavitaminoses (ce que nos internes nomment si joliment \u2018misère physiologique\u2019) et quelques fois pour des cures de désintoxication.En revisant ces nombreux dossiers, nous avons noté que certains patients nous reve- nalent à plusieurs occasions et d\u2019une fois à l\u2019autre nous pouvions constater que l\u2019alcoolisme est une maladie chronique et évolutive, évolution qui tue en quelques années.Je vous donne en exemple ces deux cas (Tableaux IV et V): TAaLEau IV Chronicité Mille Madeleine H., 32 ans.1) Janv.-fév.1954: Delirium tremens.Bronchite aiguë.2) Juil-oct.1955: Polynévrite alcoolique.Cirrhose hypertrophique.Syndrome de Korsakoff.3) Juil-août 1956: Cirrhose et ascite.Hématémèse.BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 4) Oct.-nov.1956: Hématémèse.Coma hépatique.Décès.Madeleine H .(dossiers 168703.183267, 189965, 193884, 196570) âgée de 30 ans, est admise une premiere fois pour delirium tremens ct bronchite aiguë.Elle reçoit son congé après 15 jours.Seize mois plus tard.elle est admise pour une épouvantable polynévrite d\u2019allure pseudo-tabétique; au cours de cette hospitalisation elle développe un état démentiel qui se transforme en une véritable psychose de Korsakoff pendant un certain temps pour finalement régresser et disparaître complètement.Cette hospitalisation dure trois mois et la patiente part avec son gros foie, en nous faisant des promesses qu'elle ne tiendra pas.Un an plus tard elle est réadmise avec une cirrhose décompensée et fait des hématémèses.Hospitalisée 2 mois, elle part améliorée mais revient 2 mois plus tard pour mourir de coma hépathique apparu après une hématémèse considérable.A l\u2019autopsie on trouvait un foie atrophique et des varices œsophagiennes.TABLEAU V Chronicité Monsieur Joseph L., 64 ans.1) Décembre 1952: Delirium tremens.Cirrhose hypertrophique.2) Oct.-nov.1954: Cirrhose et ascite.3) Mars 1956: Hématémèse par rupture de varices œsophagiennes.Coma hépatique.Décès.Monsieur Joseph L.(dossiers 189862 et autres) présente une évolution un peu moins rapide mais une histoire identique.METHYLISME Plusieurs de nos patients ont bu, à un moment ou à un autre de leur existence, de I\u2019alcool méthylique pour des raisons purement économiques.En général les patients L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 n\u2019avouent cette forme d\u2019alcoolisme qu'avec beaucoup de réticences.Nous n\u2019avons inclus dans ce groupe que les cas confirmés de mé- thylisme.Nous croyons, comme Mac Dougall et Mac Auley (1), que les patients qui boivent de l\u2019alcool méthylique ne sont pas d\u2019une classe sociale inférieure à celle de nos autres alcooliques.Leur comportement est souvent plus calme et ces auteurs ont démontré que l\u2019incidence de vol, de mendicité et de tout autre offense est particulièrement basse dans ce groupe.Du point de vue médical, ces patients ne présentent pas de complications différentes de celles causées par l\u2019alcool éthylique.Une patiente âgée de 72 ans, madame Varina R.(200830) qui avait dépassé son quota journalier d\u2019alcool à friction est admise inconsciente avec des signes d\u2019hémiplégie qui ont régressé complètement en quelques jours.Dans la majorité de ces cas nous avons pu faire un examen du fond d\u2019œil sans pouvoir mettre en évidence de modification particulière.CIRRHOSE La cirrhose du foie est incontestablement la complication la plus grave de l\u2019alcoolisme chronique.Nadeau, Rouleau et Delage (2), ont démontré que le B.S.P.est presque toujours modifié chez les alcooliques chroniques, indiquant une dysfonction hépatique.Des médecins de notre service (3) ont étudié 45 cas de cirrhose et ont insisté sur le fait que la biére seule pouvait déclencher un processus cirrhotique.Nous avons dit plus haut que, de 16.1% de mortalité, 11.8% de ce taux était attribuable aux cirrhoses.De 70 patients porteurs de cirrhose 28 sont décédés, ce qui donne un taux de mortalité de 40% pour les cirrhoses, pendant cette période de deux ans.Dans le groupe que nous avons étudié nous remarquons que les femmes se défendent tres mal contre le processus cirrhotique et sont atteintes beaucoup plus tôt dans leur vie (Tableau VI).En effet dans 71% des cas de cirrhoses chez les femmes les patientes sont âgées de 21 à 50 ans avec un maximum d\u2019inci- BORDELEAU: I\u2019ALCOOLISME 297 TasLeau VI CIRRHOSE- dence entre 31 et 40 ans tandis que le même pourcentage se retrouve chez les hommes entre 41 et 60 ans et un maximum d'incidence entre 51 et 60 ans.Nous avons noté la présence d\u2019ascite chez 31 patients et de l\u2019ictère dans 9 cas; 9 patients eurent une ou plusieurs hématémèses.Depuis les travaux de Walshe (4) sur l\u2019action de l\u2019acide glutamique dans le \u2018coma hépatique\u2019, plusieurs auteurs ont recommandé cette thérapeutique malgré des résultats peu encourageants.Nous avons utilisé l\u2019acide glutamique à 8 occasions chez 7 patients; 6 de ces patients sont décédés et nous retiendrons 2 cas un peu particuliers.Monsieur Antonin G.(dossiers 193957 et 194700) âgé de 59 ans est un cirrhotique que nous traitons depuis le mois d\u2019août 1955.En juillet 1956, il est admis pour coma hépatique et reçoit de très fortes doses d\u2019acide glutamique, au début en solution intra-vei- neuse et par la suite par voie buccale.Son état s\u2019améliore et le 11 août il reçoit son congé.Douze jours plus tard il est réadmis pour la même condition mais cette fois l\u2019acide gluta- 298 mique ne parvient pas à arrêter la maladie et il meurt le 26 août.Madame T.K.(dossiers 195678, 197260 et 201860) âgée de 47 ans est une éthylique que nous connaissons depuis longtemps.Le 28 septembre 1956 elle est admise pour cirrhose avec ictère et ascite; elle quitte l\u2019hôpital sans permission le 4 octobre et nous revient le 21 novembre dans un état stuporeux que nous laissons évoluer pendant quelques jours avant de décider de donner de l\u2019acide glutamique.Cette thérapeutique semble avoir un effet curatif et la patiente peut quitter l\u2019hôpital le 14 décembre 1956.Nous avons revu cette patiente en avril 1957 toujours porteuse de sa cirrhose et de son ascite, mais cette fois elle est hospitalisée pour des contusions survenues à la suite d\u2019une chute.POLYNÉVRITE L'alcool seul ne peut pas donner d\u2019atteinte des nerfs périphériques et tous les patients qui développent cette complication ont réduit considérablement leur alimentation pendant les semaines et les mois qui ont précédé l\u2019apparition des symptômes polynévritiques.Il n\u2019est pas encore complètement établi que la carence en chlorure de thiamine soit le seul facteur responsable de cet état et plusieurs auteurs incriminent un autre facteur du complexe B.Nous avons l'habitude de traiter ces patients avec le complexe B et l\u2019acide nicoti- nique.Les analgésiques habituels ont peu d\u2019action sur la douleur mais il ne faut jamais donner de narcotiques à ces patients.DELIRIUM TREMENS Pendant les dix dernières années l\u2019apparition de nouveaux médicaments a tiré de l\u2019oubli un syndrome assez fréquent, le delirium tremens.Grâce à ce renouveau d\u2019intérêt nous connaissons maintenant mieux la physio-pa- thologie de cette complication aiguë de l\u2019alcoolisme.Coirault et Laborit (5) ont insisté récemment sur une classification plus stricte des BORDELEAU: L'ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 complications hallucinatoires de l'alcoolisme.Ils distinguent : 1) les bouffées confuso-oniriques ou délire alcoolique sub-aigu ; 2) le delirium tremens; 3) le délire aigu azotémique.Les bouffées confuso-oniriques sont des formes bénignes qui guérissent spontanément mais qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent être le premier temps d\u2019un delirium tremens.Les hallucinations sont les mêmes que pour le D.T., hallucinations visuelles et auditives très variées, le patient voyant des animaux de toutes tailles, entendant des bruits, ete.L\u2019anxiété déclenchée par ces phénomènes hallucinatoires est toujours considérable et permet d\u2019expliquer l\u2019agitation observée.La confusion et la désorientation sont très marquées.Il existe des troubles psycho-moteurs aussi bien dans les bouffées confuso-oniriques que dans le delirium tremens et c\u2019est l'intensité de ces troubles qui nous permettra de différencier ces deux groupes.Les tremblements, les sueurs, le facies vultueux existent dans les deux cas.La fièvre est habituellement absente dans les bouffées confuso-oniriques mais elle est constante dans le delirium tremens où on note en plus des mouvements anormaux: succions, mâchonnement, agrippe- ment.Dans le delirium 1l existe une sitiophobie et ce dégoût pour les liquides Coirault (6) le regarde comme un signe fondamental.L\u2019insomnie est constante et comme dans tout délire organique les hallucinations sont plus marquées la nuit.Dès qu\u2019un patient a réussi à dormir, nous pouvons dire avec certitude que son delirium est pres de se terminer.Le délire aigu azotémique est la forme suraigué du delirium tremens; il signe une atteinte marquée des fonctions hépato-rénales et il se termine presque toujours par la mort.A ce stade de la maladie il est difficile de le différencier de cette encéphalopathie métabolique que nous nommons \u2018coma hépatique\u201d.Pendant cette période de 2 ans, nous avons observé 23 cas de delirium tremens qui se répartissent ainsi: L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 vee ee Bouffées confuso-oniriques Delirium tremens .8 Délire aigu azotémique La mortalité du delirium tremens est élevée et Lereboullet (7) cite la statistique suivante: Cossa 20%, Kammere et Eltringer 16%, Alizon 20%, Péron 25%, Méraillé 11%, Riser 70%.Ces chiffres semblent varier selon la gravité des cas qu\u2019on fait entrer dans la statistique.Nous-mêmes, nous avons eu 3 décès par delirium tremens, ce qui donne une mortalité de 13.6% si on y inclut tous les cas; mais ce taux augmente à 30% si nous ne retenons que les patients des deux derniers groupes.Aspect biologique.L\u2019azotémie, contrairement aux affirmations classiques, a été trouvée normale dans tous les cas sauf dans les deux derniers cas que nous incluons dans le groupe des délires aigus azotémiques; nous avons noté une urée sanguine à 0 g.635 dans un cas et a 1 g.240 et 1 g.800 dans l\u2019autre.Toute élévation de l\u2019urée sanguine au cours d\u2019un delirium tremens est donc un signe pronostique très grave.On note habituellement une augmentation des protides totaux avec augmentation élective des y-globulines.Cette constatation coïncide avec les courbes de l\u2019électrophorèse observées dans les cirrhoses.Pour la même raison probablement nous avons observé une leucopénie ou un taux de leucocytes normal malgré la fièvre dans 12 cas.Toutes les fois qu'un patient fait un delirium tremens, nous devons craindre qu\u2019il soit porteur d\u2019une cirrhose.Coirault ct Laborit (5), par leurs expériences bioélectriques avec le rhéotome électronique, ont insisté sur les modifications électrolytiques, particulièrement celles du potassium.D\u2019après ces auteurs 1l y aurait dans le delirium une rétention cellulaire du potas- slum et sccondairement une hypokaliémie et une hypokaliurie.Flink et ses collaborateurs (8, 9) ont insisté depuis plusieurs années sur une insuf- BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME 299 fisance en magnésium et ils ont traité plusieurs cas de delirium en donnant du sulfate de magnésium par voie intraveineuse.Traitement du delirium tremens.La lecture des travaux récents nous laisse croire que le traitement du delirium tremens peut varier beaucoup mais le but ultime, quels que soient les moyens employés, est de rétablir l\u2019équilibre électrolytique.À notre avis nous devons développer un type de traitement et nous familiariser avec son mode d\u2019action.1) Traitement vitammné: Nous donnons habituellement de 200 à 400 mg.de chlorure de thiamine et 100 à 200 mg.d\u2019acide nicoti- nique chaque jour pendant les premiers jours.Certains auteurs ajoutent de la vitamine B1» (1,000 y), de la vitamine PP (300 mg.) et de la vitamine Bç (100 mg.).2) Chlorpromazine: Nous l\u2019avons employée dans 10 de nos cas, soit seule, soit en association.Ce médicament reste très utile pour calmer l\u2019agitation des patients mais lorsqu'il s\u2019agit d\u2019un delirium confirmé nous devons associer tout au moins l\u2019ACT.H.Nous donnons habituellement 50 mg.par voie intramusculaire 4 à 8 fois par jour les premiers jours et des doses décroissantes les jours suivants.3) A.C.T.H.ou cortisone: Depuis plusieurs années l\u2019A.C.T.H.est utilisée aux Etats-Unis pour traiter le delirium.Jusqu\u2019à ces derniers mois nous l\u2019avons utilisée dans la majorité des cas que nous avons suivis.Coirault et Laborit suggèrent que ces substances agiraient en favorisant la sortie du potassium cellulaire et en augmentant le taux de potassium extra- cellulaire.Cette explication nous semble être très plausible et justifie l\u2019usage de ces substances.Nous donnons l\u2019A.C.T.H.par voie intramuseulaire à la dose de 25 mg.toutes les 4 à 6 heures.On pourrait, avec des doses appropriées, employer la cortisone dans le même but.4) Succinate sodique de 21-hydroxypre- gnandione (Viadryl): Ce produit est un 300 stéroïde anesthésique employé par Coirault et Laborit (5).Il possède des propriétés anesthésiques et induit le sommeil rapidement ; il agit également en corrigeant le rapport K extracellulaire K intracellulaire Lereboullet (7) objecte cependant que cette substance est dangereuse à cause de ses propriétés anesthésiques et demande une surveillance constante par un spécialiste ; de plus, le Viadryl aurait une tolérance locale mauvaise provoquant soit des plages inflammatoires, soit une irritation veineuse au point d'injection.Nous n\u2019avons pas d\u2019expérience personnelle avec ce médicament, mais nous croyons que malgré ses inconvénients il doit être mentionné 1ci.5) Réserpine: Les Américains Avol et Vogel (10) ont signalé l\u2019action de la réserpine dans le deliriun tremens; celle-ci donnée à la dose de 2.5 mg.par voie intraveineuse ou intramuseulaire calme le patient sans donner de sommeil profond.Il est alors possible d\u2019entreprendre le traitement de rééquilibre électrolytique.On doit donner de 2 à 6 injections par jour pour une période qui dure de 2 à 12 jours.Lorsqu\u2019on donne la réserpine à de telles doses il faut surveiller de près la tension artérielle car certains cas de collapsus cardio-vasculaire ont été rapportés.Il faut éviter d\u2019associer la chlorpro- mazine et la prométhazine (Phénergan) avec la réserpine à cause des propriétés poten- tialisatrices de ces premiers médicaments et de l\u2019augmentation du risque de collapsus.Nous avons utilisé la réserpine pour trois cas de cette série.Chez une patiente qui avait fait un delirium quelque mois auparavant nous avons fait avorter une autre crise à ses débuts.À ce propos, quoique nous acceptions la classification de Coirault et Laborit, nous tenons à répéter la mise en garde de Lere- boullet (7): «Il nous paraît que, s\u2019il faut séparer nettement du delirium tremens d\u2019une part les délires subaigus, qui s\u2019apparentent plus dans bien des cas à l\u2019encéphalopathie de Wernicke qu\u2019au delirium, d\u2019autre part les accidents nerveux de l\u2019insuffisance hépatique BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 à son stade terminal, accidents qui peuvent aller jusqu\u2019au coma hépatique, on doit englober dans le cadre du delirium l\u2019ensemble des accidents aigus à début brusque caractérisés par l'agitation, les tremblements, l\u2019état confusionnel, l\u2019onirisme qui présente habituellement un caractère hallucinatoire.Les signes neuro-végétatifs: sueurs, tachycardie, fièvre, s'ils sont un élément important du delirium confirmé (nous les avons retrouvés chez 58 de nos malades) ne sont cependant pas toujours complets et leur constatation est déjà un signe certain de gravité.» 6) Sulfate de magnésie: Nous donnons maintenant le sulfate de magnésie non plus avec l\u2019idée empirique de diminuer l\u2019ædème cérébral qui, s\u2019il existe cst léger, mais afin de corriger l'insuffisance en magnésium.Nous donnons le sulfate de magnésie par voie intraveineuse, 20 cc.d\u2019une solution à 15%.7) Solutés: Nous donnons de 1,000 à 3,000 ce.de solutés par jour, utilisant une solution glucosée à 10% et parfois une solution physiologique additionnée de plusieurs vitamines.Dans quelques cas seulement nous avons utilisé une solution alcoolisée à 5% pendant quelques jours.La réhydratation est une étape fondamentale du traitement si on se souvient de la sitiophobie qui accompagne le delirium et de la déshydratation importante provoquée par la sudation, la polypnée et la diurèse.Il ne faut jamais donner de soluté contenant du potassium malgré l\u2019hypokaliémie apparente sous peine de risquer la vie du malade.HALLUCINOSE ALCOOLIQUE Cette condition qui ressemble au delirium tremens est un état délirant subaigu sur lequel se greffe souvent un système d\u2019idées de persécution.L\u2019état de conscience et l\u2019orientation restent normaux et souvent le patient peut continuer de vaquer à ses occupations.Les symptômes sont intermittents, n\u2019augmentent pas pendant la nuit et durent beaucoup plus longtemps que dans le delirium tremens.Les signes neuro-végétatifs sont absents.Les illusions auditives et les hallucinations sont L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 vagues au début, se manifestent par des bruits variés: craquements, murmures, coups.Peu à peu les sons s\u2019articulent et le patient entend des voix qui l\u2019accusent de boire, de commettre des fautes sexuelles, des vols, etc.À partir de ces erreurs de la perception le patient développe un délire paranoïde qui apparente ce = syndrome à une psychose.PsYCHOSE DE KORSAKOFF Cette psychose qui s\u2019accompagne de lésions pathologiques assez particulières gies, nécrose et réaction névroglique au niveau des corps mamillaires) est relativement assez fréquente.Nous adoptons la classification anglo-saxonne qui n\u2019exige pas l'existence d\u2019une polynévrite pour faire le diagnostic de Kor- sakoff mais base son diagnostic sur le caractère des symptômes mentaux: 1) Troubles de la mémoire: Incapacité de retenir les évènements récents et fabulation.2) Troubles affectifs: Euphorie, puérilité et sociabilité enfantinc.3) Troubles intellectuels: Ralentissement de la compréhension, fatigue rapide pour le travail intellectuel, etc \u2026.Un de nos patients, monsieur Philias R.(dossier n° 197276) illustre bien la fabulation qui est un symptôme caractéristique de cette affection.Ce pauvre homme s\u2019était fracturé les deux jambes à l\u2019occasion d\u2019une \u2018cuite\u2019.Il avait été admis dans le service d\u2019orthopédie et on lui avait fait un embrochage des deux membres inférieurs.Nous lui demandions un matin ce qu\u2019il avait fait la veille et il nous répondait: « Je suis allé dans le Nord, avec un \u2018truck\u2019, \u2018ben\u2019 habillé avec des bottes de feutre.» SYNDROME DE WERNICKE Il s'agit dans ce cas d'une encéphalopathie débutant insidieusement par des troubles digestifs: anorexie sévère, nausées et vomissements.Le patient cesse de manger et maigrit.Les troubles du caractère s\u2019installent bientôt : anxiété, irritabilité et insomnie.A la période d\u2019état apparaissent les signes neuro_psychiatriques chez un patient présentant un état BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME (hémorra- 301 général trés mauvais.Les troubles mentaux sont: apathie, indifférence, confusion mentale et parfois agitation et délire.Les troubles neurologiques sont souvent localisés aux nerfs craniens et plus particulièrement ceux qui ont une action sur l\u2019œil: baisse d\u2019acuité, photophobie, paralysies des muscles oculomoteurs, myosis et inégalité pupillaire.Il peut y avoir également des signes d\u2019atteinte motrice, sensitive ou cérébelleuse.Ces signes sont souvent inconstants et variables comme nous l\u2019avons observé chez notre patient, monsieur François R.(dossier 196110).On croit que cette encéphalopathie serait causée par une carence sévère en vitamine B, et le traitement avec cette substance donne des résultats spectaculaires.Conclusion.Cette revue que nous venons de faire de l\u2019alcoolisme et de ses complications médicales devrait nous convainere de la grande incidence de ces maladies qui présentent souvent un tableau aigu demandant un traitement d'urgence.Nous croyons que les médecins devraient s\u2019intéresser davantage à l\u2019alcoolisme en incluant ce sujet dans les matières universitaires lorsque c\u2019est le cas.Nous sommes convaincus que le traitement de l\u2019alcoolisme aigu ne devrait pas se faire à la prison commune et que des centres de traitements spé- clalisés devraient être développés afin d\u2019aider les alcooliques en détresse.BIBLIOGRAPHIE (1) A.A.MacDOUGALL et K.MacAULEY: Addition to Methylated Spirit.Lancet, 1: 498 (21 avril) 1956.(2) G.NADEAU, Y.ROULEAU et J.DELAGE: Le sort du foie des alcooliques: I.L\u2019épreuve à la bromosulfaléine, un indice de dysfonction hé- patique- chez l\u2019alcoolique chronique.Laval Mé- decal, 19: (janv.) 1954.(3) R.BOUCHER, R.ALARIE et P.AUZEPY: Etude de 45 cas de cirrhose du foie provoquée par la bière ou l\u2019alcool.L\u2019Union Médicale du Canada, 85: 290 (mars) 1956.(4) J.M.WALSH: The effect of Glutamic Acid on the Coma of Hepatic Failure.Lancet, 2: 1075, 1953. 302 (5) R.COIRAULT et H.LABORIT: Le delirium tremens.Masson ct Cie, édit, Paris, 1956.(6) H.BOUR, R.COIRAULT, J.F.GROS, G.RICHET ct F.SIGUIER: Confrontations thérapeutiques de l'hôpital Necker: Intoxication.La Presse Médicale, 65: 811 (27 avril) 1957.(7) J.LEREBOULLET ect P.BENOIT: Le traitement du delirium tremens par la réserpine.Revue cu Praticien, 7: 1667 (21 mai) 1957.(8) E.B.FLINK, F.L.STUTZMAN, A.R.ANDERSON, T.KONIG et R.FRASER: Mag- BORDELEAU: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 nesium Deficiency After Prolonged Parenteral Fluid Administration and After Chronic Alcoholism Complicated by Delirium Tremens.J.Lab.and Clin.Med., 43: 169 (fév.) 1954.(9) E.B.FLINK: Magnesium Deficiency Syndrome m Man.J.Amer.Med.Ass., 160: 1406 (21 avril) 1956.(10) M.AVOL et P.J.VOGEL: Treatment of Delirium Tremens with Reserpine (Serpasil).J.A.M.A.159: 1516.1955.TRAITEMENT DE L'ALCOOLISME Dominique BEDARD, Clinique Roy-Rousseau et Hôtel-Dieu (Québec).La réhabilitation de l\u2019alcoolique est une question de plus en plus à l\u2019ordre du jour dans notre province.Aussi avons-nous pensé profiter de ces quelques minutes pour exposer notre point de vue sur ce sujet.Les alcooliques sont loin de constituer un groupe aussi homogène que le public en général et les associations de secours sont portés à le croire.Il y a même nombre d\u2019individus qui prennent volontiers figure d\u2019alcooliques et chez qui l\u2019abstinence n\u2019enlève rien à leurs problèmes.Tous les alcooliques ne sont pas réhabilitables au même titre, bien au contraire.Chez plusieurs les tentatives de redressement sont non seulement vouées d\u2019avance à un échec, mais favorisent l\u2019apparition de manifestations anti-sociales.Des exemples de dévouement de la part de personnes fort bien intentionnées mais sans connaissances ou expérience suffisantes et aboutissant à de semblables résultats sont de constatation fréquente.Les associations d\u2019abstinence comptent parmi leurs membres d\u2019anciens alcooliques qui dans leur action sociale auprès de leurs semblables trouvent la raison de leur sobriété.C\u2019est les exposer à la perte de cette sobriété que de leur confier des alcooliques qui ne sont d\u2019aueune promesse.Une meilleure garantie doit aussi être fournie aux agences sociales ou gouvernementa- dont la colloboration est absolument indispensable.Ainsi, nous ne voyons pas comment le Service National de Placements obtiendra la collaboration des employeurs si trop souvent il lui est référé des alcooliques qui se complaisent dans leur alcoolisme.Des références aussi pauvres créeront la même apathie chez les personnes qui de par leur profession ou leur situation sont susceptibles d\u2019apporter une aide au relèvement des alcooliques.C\u2019est l\u2019avis de tous les auteurs que si les réussites sont peu fréquentes c\u2019est en raison non seulement de nos connaissances encore insuffisantes mais aussi du fait que les mesures de redressement ne sont pas toujours appropriées aux cas cliniques.Ces considérations et bien d\u2019autres doivent inviter à la prise d\u2019une attitude scientifique à l\u2019égard du problème de la réhabilitation des alcooliques.Il importe avant tout d\u2019établir le bilan médico-psychiatrique et social de l\u2019individu.Une telle tâche, 1l va sans dire, ne peut être accomplie qu\u2019en collaboration ct confiée qu\u2019à des personnes compétentes.C\u2019est souvent à l'occasion d\u2019une cure de désintoxication que se pose le problème de la réhabilitation et, à cet égard, le traite- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ment des manifestations aiguës de l\u2019alcoolisme doit revêtir certaines conditions que d\u2019ailleurs il est nécessaire de respecter pour prévenir les complications inhérentes à ces manifestations.Il est triste de constater que dans certains milieux pourtant non sans mérite l\u2019on se plaît délibérément à sevrer brusquement les alcooliques et à favoriser leur insomnie.On expose ainsi ces malades à des accidents dont on ignore la portée, on prolonge inutilement leurs moments d\u2019angoisse, on risque de les indisposer et comme les rechutes sont de règle, on donne à ces alcooliques une raison de plus pour retarder leur hospitalisation subséquente.La première étape consiste à évaluer l\u2019état médical de l\u2019alcoolique au moyen de l\u2019examen clinique et des examens complémentaires.La présence d\u2019affections telles que le diabète, l\u2019artériosclérose, l'hypertension artérielle ou de toute autre maladie n\u2019est pas sans importance même si évidemment elle ne rend pas compte de l\u2019alcoolomanie.De toute façon, elle modifie le pronostic et peut contre-indiquer l\u2019emploi de mesures thérapeutiques auxquelles on serait tenter de recourir en raison de leur indication provenant de la personnalité, de la situation sociale ou encore des caractères des épisodes alcooliques du patient.Une attention toute spéciale doit être apportée au dépistage des affections secondaires de l\u2019alcoolisme et de certaines maladies neurologiques.Il n\u2019est pas indifférent de savoir si l\u2019alcoolique souffre d\u2019épilepsie, de polynévrite ou encore, même aujourd\u2019hui, de syphilis.Une telle pratique ne peut d\u2019ailleurs qu\u2019exercer une influence psychologique heureuse sur l\u2019alcoolique désireux de se réhabiliter, en créant des motivations ou en rendant plus sérieuses celles qui jusqu'ici le laissaient indif- férent.La seconde étape, celle de l\u2019examen psychiatrique, nous situe beaucoup plus sur le plan étiologique \u2014 ce qui ne veut pas dire que tous les alcooliques sont des malades mentaux \u2014 sert à la sélection des cas, nous oriente vers un pronostic et nous éclaire sur BEDARD: L\u2019ALCOOLISME 303 les mesures thérapeutiques à prendre.Considérons certains syndromes psychiatriques comme la constitution psychopathique, la psychose maniaque-dépressive, la schizophrénie et la déficience mentale.Nombre d\u2019individus sont alcooliques parce qu\u2019ils sont psychopathes.Il est absolument inutile, du moins dans notre milieu puisque nous ne possédons aucun organisme s\u2019adressant à eux, de tenter leur réhabilitation.Ils prennent souvent figure de sérieux candidats aux yeux de ceux qui n'ont pas suffisamment de connaissances psychiatriques et dès qu\u2019ils le peuvent, exploitent leur crédulité ou se rendent coupables d\u2019actes anti-sociaux.Nous connaissons des alcooliques membres d'associations de secours et cui grâce à ces groupements étaient abstinents depuis plusieurs mois, voire même depuis plusieurs années, mais qui perdirent leur sobriété en perdant leur enthousiasme et leur idéal devant leurs échecs à l\u2019égard des psychopathes qu\u2019on leur avait confiés.Nous recevons parfois des alcooliques qui sont d\u2019abord des schizophrènes et dont le tableau hallucinatoire est étranger à l\u2019intoxication.L\u2019insulinothérapie quelques années plus tôt aurait été beaucoup plus souhaitable, du moins pour certains d\u2019entre eux.L\u2019alcoolisme se recrute aussi parmi les déficients mentaux qui sont de pauvres candidats pour un centre de réhabilitation mais qui peuvent répondre cependant à certaines mesures d\u2019allure coercitive.La psychose maniaque-dépressive donne souvent lieu à des abus alcooliques mais dans sa forme typique elle est facilement décelable, n\u2019entraîne que des abus de courte durée, car le malade est dirigé assez rapidement vers une institution spécialisée en maladies mentales.Les formes mitigées sont plus facilement méconnues ct malgré les cfforts pour assurer l\u2019abstinence du pseudo-alcoolique, les rechute se succèdent tant que la phase dépressive ou hypomaniaque n\u2019est pas terminée.Nous avons à la mémoire le souvenir d\u2019un hypomaniaque finalement dirigé vers une institution psychiatrique après plusieurs ten- 304 tatives infructueuses de la part d\u2019un groupement d\u2019abstinents.Des réactions dépressives circonstantielles sont aussi la source d\u2019abus alcooliques et sont à distinguer du remords de l\u2019alcoolique.Elles appellent les mêmes commentaires que la psychose maniaque-dépres- sive.Ce que l\u2019examen psychiatrique démontrera le plus souvent est que les alcooliques avant de devenir des toxicomanes étaient des individus qui avaient déjà de grandes difficultés à s\u2019adapter à leur milieu et qu\u2019alors l\u2019alcool, comme on vient de le dire dans un précédent travail, était le moyen par excellence pour calmer leur angoisse.Ce moyen d\u2019investigation mettra aussi en évidence le fait qu\u2019il existe plusieurs types de personnalité chez l\u2019alcoolique, notamment, la personnalité paranoïde qui lorsqu\u2019elle prend une certaine ampleur peut conduire elle aussi à des réactions anti-sociales graves.Enfin le psychiatre s\u2019efforcera d\u2019analyser les caractères des périodes alcooliques du patient, de diagnostiquer son état psychologique actuel en rapport avec la durée de la toxicomanie et de connaître sa situation sociale.Des épreuves psychométr1i- ques de même qu\u2019une enquête sociale sont souvent nécessaires, que ce soit pour préciser le diagnostic, évaluer les chances de réhabilitation ou encore assurer un meilleur choix des mesures thérapeutiques.Il y aurait bien d\u2019autres choses à dire sur cette nécessité de prendre à l\u2019égard de l\u2019alcoolisme une attitude scientifique et de confier à une équipe qualifiée le soin de mener ces investigations.Malheureusement le temps manque et nous devons passer outre si nous voulons au moins dire quelques mots sur la thérapeutique elle-même de l\u2019alcoolisme.Précisons: 1.qu\u2019il n\u2019existe aucun traitement spécifique et que l\u2019alcoolique, une fois toxicomane, doit lutter non seulement contre les causes qui l\u2019ont conduit vers cette habitude mais aussi contre l\u2019habitude et un milieu beaucoup plus défavorable qu\u2019au point de départ.Conséquemment la réhabilitation est chose dif- BEDARD: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ficile et il y a même cette constatation, quelque peu amère sans doute, que bien des alcooliques ne se relèveront qu\u2019après avoir aceu- mulé une certaine somme de déboires; 2.que des résultats indubitables peuvent être obtenus quand même, si l\u2019on veut bien admettre qu\u2019une ou plusieurs rechutes ne signifient pas nécessairement qu\u2019aucun progrès n\u2019a été accompli.Par ailleurs les critères d\u2019appréciation demeurent encore mal définis même si l\u2019on sait qu\u2019ils ne doivent reposer que sur l\u2019évolution de l\u2019alcoolisme; il peut être facile, si l'on à aucun souci d\u2019objectivité, de surestimer la valeur des efforts déployés dans un cas de réussite; à.qu\u2019il faut s\u2019efforcer de trouver une formule qui tout en faisant appel à plusieurs ressources thérapeutiques, soit aussi adéqua te et économique que possible; 4.qu\u2019il faut abandonner tout effort thérapeutique en face d\u2019un échee qui va à l\u2019encontre de mesures adéquatement choisies et dispensées dans un temps suffisamment long.Nous passons sous silence les traitements non moins requis s\u2019adressant aux affections médicales, neurologiques ou phychiatriques qui accompagnent l\u2019alcoolisme à quelque titre que ce soit.Ce sont d\u2019abord les sédatifs dont les noms sont familiers à tous, qui agissent à la façon de substituts et qui peuvent provoquer l\u2019habitude.Ils sont d\u2019une aide réelle, mais d\u2019une aide seulement, et conséquemment, il faut leur associer d\u2019autres mesures thérapeutiques.Il vaut mieux ne pas les employer chez les véritables toxicomanes, sauf pendant de courtes périodes et pour des symptômes particuliers.On ne doit les fournir que sur prescription renouvelée.Certains de ces médicaments favorisent l\u2019apparition de crises convulsives dans les heures qui suivent leur sevrage.Il n\u2019y a pas encore d\u2019opinion définitive sur la valeur des ataraxiques, du moins quant à leur action directe sur l\u2019alcoolomanie.Néanmoins, ils sont d\u2019un précieux secours dans certains syndromes psychiatriques qui conditionnent l\u2019alcoolisme.De toute façon, ils peu- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 vent être employés beaucoup plus librement que les premiers puisqu\u2019ils ne provoquent pas de véritable accoutumance, leur action suggestive pouvant ainsi être mise à profit.La médication anti-épileptique est parfois très indiquée chez certains buveurs que l\u2019on dénomme dipsomanes.L\u2019enquête clinique et l\u2019électroencéphalogramme démontreront s\u2019il y a oui ou non un terrain épileptogène et dans quelle mesure ce facteur est en cause dans l\u2019alcoolisme du patient.Antabuse Cette substance, comme on le sait, intervient dans le métabolisme de l\u2019alcool en bloquant sa dégradation au stade de l\u2019acétaldé- hyde, produit très toxique qui normalement se désintègre aussitôt formé, mais qui sous l\u2019influence de l\u2019antabuse s\u2019accumule dans l\u2019organisme et donne lieu aux symptômes bien connus d\u2019intolérance.Les centres de réhabilitation des provinces voisines en particulier, utilisent régulièrement cette substance chez leurs malades.Ceux-ci, sans anxiété, considèrent ce médicament comme une sauvegarde et ne semblent pas souffrir psychologiquement de cet esclavage volontaire tout comme les alcooliques internés se passent sans angoisse d\u2019alcool.Plusieurs évidemment discontinuent de prendre l\u2019antabuse et ce sont précisément ceux qui se révèlent réfractaires à toute autre forme de traitement.C\u2019est un excellent test.L\u2019antabuse a une action de plusieurs heures voire même de 72 heures parfois et cette propriété rend compte de l\u2019avortement de récidives, l\u2019alcoolique quelques heures plus tard se trouvant très heureux de son échec.Il y a cependant de nombreuses contre-indications à l\u2019utilisation de l\u2019antabuse, notamment le diabète, certaines affections cardio-vasculaires et les prédispositions aux maladies mentales.Il arrive aussi que l\u2019antabuse soit mal toléré par certains patients et depuis quelque temps, on utilise dans certaines cliniques un produit d'action similaire, mais de moins longue durée.Enfin, l\u2019antabuse ne doit jamais être employé à l\u2019insu du patient et il est encore BEDARD: L\u2019ALCOOLISME 305 préférable de faire en milieu hospitalier le test de tolérance antabuse-alcool avant de le prescrire.Méthode des réflexes conditionnés Elle consiste à établir chez l\u2019alcoolique un réflexe conditionné de dégoût envers l\u2019alcool au moyen d\u2019une série de 6 à 8 séances au cours desquelles on administre au malade et selon une technique bien réglée, un vomitif associé à un sudorifique de même que plusieurs préparations alcooliques commerciales.Cette forme de traitement présente plusieurs incon- nients qui limitent son emploi.Les séances sont onéreuses, doivent être répétées deux, trois ou quatre fois l\u2019an, n\u2019assurent parfois l\u2019aleoo- lique que d\u2019un réflexe incertain et seulement spécifique de quelques boissons.Il arrive même que le malade soit conditionné à des breuvages sans rapport avec l\u2019alcool ou encore à des situations cocasses.Ses indications sont celles de l\u2019antabuse, mais le réflexe lorsqu\u2019il est idéalement établi, a cet avantage qu\u2019il ne laisse à l\u2019alcoolique aucune possibilité de boire pendant plusieurs mois.Extraits corticaux de la surrénale Ils ne sont à vrai dire d\u2019aucune valeur thérapeutique dans l\u2019alcoolisme, quoiqu\u2019ils trouvent leurs indications dans certains accidents de l\u2019alcoolisme.Ils n\u2019en témoignent pas moins d\u2019un effort pour expliquer les fondements biologiques de la toxicomanie alcoolique.Peut- être les recherches subséquentes conduiront- elles à une contribution plus effective.Hypnothérapre Cette méthode est surtout utilisée à titre expérimental.On devine facilement ses limites tant sur le plan économique que pratique.D'ailleurs, si quelque valeur objective lui est rattachable, aussi bien dire que des moyens beaucoup plus simples peuvent lui être substitués.Psychothérapie individuelle Elle est indispensable en autant qu\u2019elle soit de bon aloi ou de sens commun et qu\u2019elle 306 soit dispensée par une personne qualifiée, selon un rythme non démesuré.Si elle ne possède pas ces qualités, elle deviendra facilement fantaisiste, inopérante et non viable économiquement.Elle doit viser à renseigner le patient sur sa personnalité et les motifs qui le portent à boire, à modifier l\u2019orientation de sa vie, à le supporter et à le comprendre.Elle doit aussi respecter la personnalité de l\u2019individu.Psychothérapie de groupe Elle est plus économique tout en opérant sur une base psychologique différente.En général, l\u2019alcoolique est un être conscient de sa maladie et qui a le sentiment de subir la réprobation de tous.Cette forme de thérapie de par son caractère social et du fait qu\u2019elle groupe des individus atteints d\u2019une même maladie, contribue largement à faire taire cette idée.Dans plusieurs centres de réhabilitation, il est de mise de dispenser aux épouses une psychothérapie de groupe.L\u2019indication d\u2019une telle mesure serait d\u2019autant plus fondée que certaines épouses de caractère névrotique auraient tendance à sombrer dans la dépression de par les progrès de l\u2019époux dans son ascension vers la sobriété.Enseignement didactique Cette méthode consiste à procurer au patient une série de notions élémentaires sur l\u2019alcoolisme.C\u2019est un moyen qui joint aux autres est d\u2019une certaine contribution.Mesures d\u2019adaptation Elles visent à modifier les conditions du milieu.Les possibilités d\u2019une telle action sont plutôt rares quoique dans certains cas malheureusement exceptionnels, ces modifications assurent presqu\u2019à elles seules la réhabilitation.Alcooliques Anonymes Comme on le sait, les Alcooliques Anonymes sont constitués par un groupe d\u2019individus qui essaient de devenir ou de demeurer abstinents selon une formule très acceptable et BEDARD: L\u2019ALCOOLISME L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 pratique de psychothérapie de groupe cet d\u2019après des principes psychologiques qui correspondent à la « mentalité » de l\u2019alcoolique.Ils inculquent un idéal de vie qui s\u2019exerce dans une action de charité envers leurs semblables.Ils usent volontiers de « trues » psychologiques visant à assurer l\u2019abstinence.Ils acceptent très bien le fait médical et psychiatrique et semblent souhaiter une collaboration plus directe et plus systématique avec la profession médicale.Les Cercles Lacordaire et Ste-Jeanne d\u2019Arc Ces associations ont plus de 150,000 membres, recrutés presque exclusivement dans la Province de Québec.Quelques-uns seulement ont connu le problème alcoolique.On ne peut nier une action préventive non négligeable en matière d\u2019alcoolisme de même qu\u2019une influence incontestable sur l\u2019alcoolique qui fait la promesse de ne plus boire.On peut mettre en doute la valeur de leur action éducative.Œuvre à grandes possibilités en raison de son envergure.En restera-t-elle là?Mason d\u2019Entr\u2019Aide Domrémy Il s\u2019agit d\u2019un centre de réhabilitation fondé il y a un peu plus d\u2019un an et qui est sous la même direction que les Cercles Lacordaire et Ste-Jeanne d\u2019Arc.Des centres analogues ont depuis été érigés en plusieurs endroits de la Province de Québec.On y reçoit les alcooliques intoxiqués ou non.Les facilités de traitement sont très inadéquates et bien des accidents qu\u2019en des milieux plus officiels on s\u2019efforce au moins d\u2019éviter, ont été en somme créés de toute pièce.Une attitude aussi peu scientifique est prise aussi à l\u2019égard du problème de la réhabilitation.Il y a un an nous déclarions ceci: « Nous ne pouvons que nous réjouir de la fondation récente de la Maison d\u2019Entr\u2019Aide Domrémy.Ce centre pour alcooliques qui s\u2019occupera tout spécialement de réhabilitation rendra sans doute de précieux services, mais à la condition d\u2019opérer sur une base véritablement scientifique.Nous n\u2019ignorons pas que ce centre vient à peine de naître et qu\u2019il est parfaitement admissible de ne pas L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 y trouver encore tous les éléments nécessaires et indispensables.Telle n\u2019est pas la question.Même au stade actuel, ce nouvel organisme peut démontrer qu\u2019il s\u2019inspire ou non des données scientifiques actuellement en cours et dont le respect est un gage de réussite et une promesse de viabilité».Or depuis, rien de tangible n\u2019a été fait en ce sens.On a préféré multiplier ces centres sans rien de plus.On ne se préoccupe de l\u2019aspeet scientifique du problème que dans la mesure où cette attitude sert de paravent visant à faire accepter ces centres à la profession médicale et au public.Nous doutons fortement que ces BEDARD: L\u2019ALCOOLISME 307 centres en viennent à opérer selon une formule plus objective, ou encore que le personnel clinique, même s\u2019il devient plus adéquat, obtienne cette liberté.Nous sommes d\u2019autant plus à l\u2019aise pour parler de cette question que les quelques médecins attachés à ce centre sont de bonne foi et sont guidés par leur charité.Œuvre elle aussi à très grandes possibilités, mais qui risque de ne produire que très peu.Voilà donc, mais trop brièvement, notre point de vue sur cette importante question qu\u2019est la réhabilitation de l\u2019alcoolique. RECUEIL DE FAITS + + & + À PROPOS D'UN CAS CLINIQUE DE TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE Roméo BOUCHER, Professeur de clinique médicale, Chs-Eugène MARIN, Interne, et Hôpital Saint-Luc (Montréal).Donner une limite bien définie à une tumeur de la parotide n\u2019est pas toujours facile.A part certains angiomes, lymphan- giomes et lipomes qui sont plutdt rares, on a quelquefois discuté de kystes dont la pathogénie est vague, de sarcomes et de cancers a existence incertaine.Reste la tumeur dite mixte de la parotide ou adénome pléimorphi- que, sorte d\u2019épithélioma « remanié » qui rentre dans la catégorie des cancers.Dans sa statistique, Redon rapporte avoir observé sur la parotide 180 tumeurs dont 28 cancers et 4 cylindromes.Règle générale, il s\u2019agit parfois d\u2019une tumeur de petit volume qui peut crisser sous le microtome ou, au contraire, être mollasse, ou bien d\u2019une tumeur diffuse de consistance variable selon les zones, avec retentissement ganglionnaire constant et aspect histologique assez variable pour constituer une particularité des cancers parotidiens.Que sont donc ces tumeurs mixtes de la parotide?Ce sont des tumeurs formées de tissus d\u2019aspects divers (épithélial, fibreux ou cartilagineux), dont le début est insidieux et bénin et dont l\u2019évolution se dirige lentement et sûrement vers la malignité.Dès son apparition, il ne faut pas craindre d\u2019attirer l\u2019attention non seulement sur le diagnostic très sombre du cancer de la parotide, mais aussi sur la quasi-inefficacité du traitement.HISTOGÉNÈSE L'évolution des idées sur l\u2019histogénèse des tumeurs mixtes est fort complexe.Tour à tour elles ont été considérées comme étant de nature exclusivement épithéliale, exclusivement conjonctive ou conjonctivo-épithéliale.1) La théorie épithéliale et conjonctive ferait naître la néoplasie de ces deux éléments qui forment la parotide: l\u2019épithélium et le tissu conjonctif périacineux et périlobulaire.On a suggéré que la tumeur mixte pourrait être une inclusion embryonnaire bi ou trider- mique, que celle-ci soit relativement tardive (théorie de Cunéo, d\u2019Hamperl et de Veau) ou précoce (théorie soutenue par Forgue).Dans cette hypothèse, la tumeur serait un « encla- vome », selon Chevassu.Leur développement aux dépens des fentes branchiales expliquerait leur constitution hétérogène.2) La théorie conjonctive pure soutenue par les Allemands, Billroth et Kuttner, n\u2019est plus acceptée aujourd\u2019hui.3) La théorie épithéliale pure, formulée par Verneuil en 1869, a été reprise récemment par Masson et Leroux.Pour eux, les seuls tissus en prolifération sont de nature épithéliale, l\u2019épithélium qui les constitue pouvant se présenter sous des formes diverses, c\u2019est-à- dire indifférencié, différencié ou même méta- plasique.Les plages d\u2019aspect conjonctif (my- xoïde, chondroïde) que l\u2019on observe seraient dues à une interaction du tissu épithélial et du stroma.Dans cette hypothèse la tumeur mixte ne serait donc qu\u2019un épithélioma.On proposa de l\u2019appeler épithélioma remanié ou épithélioma en puissance, voulant bien marquer par là que la malignité de la tumeur peut n\u2019apparaître qu\u2019à une période tardive de son évolution, contrairement à ce qu\u2019on observe dans les autres épithéliomas glandulaires.ANATOMO-PATHOLOGIE 1) A la phase de bénignité, on remarque, au point de vue microscopique, une tumeur L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 arrondie, parfois bosselée, de volume variable et de consistance dure et ferme.À la coupe, elle apparaît formée de lobules séparés par des cloisons conjonctives irrégulières; en certains points de ce stroma, on reconnaît des plages translucides et molles de tissu myxoïde et, en d\u2019autres points, des îlots cartilagineux ou des zones calcifiées.\u2014 Un de ces éléments peut prédominer sur les autres et la tumeur étre creusée de kystes.D\u2019ordinaire, le tissu néoplasique est encap- sulé, séparé ainsi du reste de la glande.On a trouvé cependant, assez souvent, une capsule conjonctive très mince et d\u2019autres petits noyaux néoplasiques isolés, ailleurs, dans le parenchyme sain.Histologiquement, la tumeur est formée d\u2019éléments épithéliaux en amas, séparés par un stroma conjonctif.Le tissu épithélial peut prendre plusieurs formes: tantôt cylindrique glandulaire i.e.en tubes ou en acini, tantot pavimenteux malpighien; d\u2019autres fois, en îlots, infiltrant plus ou moins le stroma, formés de cellules indifférenciées qui seraient une forme métaplasique de passage entre l\u2019élément épithélial et conjonctif.Le stroma conjonctif est aussi variable his- tologiquement: on y rencontre du tissu cellulaire lâche jusqu\u2019à des zones calcifiées, incluant du tissu soit myxomateux, soit cartilagineux plus ou moins atypique, ete.2) A la phase de dégénérescence maligne, la tumeur acquiert deux nouvelles caractéristiques: l\u2019infiltration locale et l\u2019envahissement ganglionnaire.La néoplasie se propage dans tous les sens, franchit les parois de la loge parotidienne, atteint la peau qui s\u2019indure et s\u2019ulcère; elle comprime également ou détruit les filets nerveux de l\u2019auriculo-temporal ou du facial.Si, ce qui est plus rare, l\u2019espace sous- parotidien est envahi, les dernières parties crâniennes (IX - X - XI - XII) sont atteintes.L\u2019envahissement ganglionnaire se fait surtout à la chaîne carotidienne, quelquefois aux ganglions faciaux et sous-maxillaires.Les métastases sont très exceptionnelles.BOUCHER rr MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE 309 ETUDE CLINIQUE L'évolution clinique est caractérisée par deux stades: le premier, d\u2019ordinaire de durée assez longue (plusieurs années), où la tumeur possède tous les signes de la bénignité; le second, appelé stade de dégénérescence maligne, où l'accroissement tumoral devient manifestement accéléré.Au premier stade, la tumeur est le plus souvent découverte par hasard, à l\u2019occasion de la toilette par exemple, sans qu\u2019aucun trouble fonctionnel ne soit encore apparu.À l\u2019examen, c\u2019est un petit nodule grossièrement arrondi, de consistance ferme, bien limité, sans adhérence à la peau, et mobile ou non sur les plans profonds.On trouve ce nodule au-dessous du lobule de l\u2019oreille, derrière l\u2019angle de la mâchoire ou encore devant le conduit auditif externe, au niveau du tragus.Au toucher pharyngien, on peut apprécier l\u2019existence ou non d\u2019un prolongement pharyngien de la tumeur.Sa palpation ne décèle aucune douleur, sans atteinte nerveuse.De plus, il n\u2019y a aucun engorgement des chaînes ganglionnaires.La sialographie n\u2019apporte à ce moment aucun renseignement utile.La tumeur grossit lentement, quelquefois par poussées.Elle peut atteindre un volume énorme, s\u2019accroissant dans toutes les directions, causant des troubles mécaniques tels que gêne des mouvements de la mâchoire, diminution de l\u2019audition par compression du cou droit externe.À cette période, il n\u2019y a généralement pas de douleurs, même spontanées, ni de paralysie faciale ou d\u2019envahissement ganglionnaire.En somme, le malade se présente pour une petite tumeur dans l\u2019aire parotidienne, tumeur qui peut tout aussi bien être un ganglion intra-parotidien ou prétargien ou une tumeur bénigne de la région: kyste, neu- rinome, cystadénolymphome, lipome, ete.S1 la tumeur prend un volume important, elle déforme davantage la région parotidienne, devient polylobée et, si elle s\u2019est formée aux dépens de la partie supérieure de la glande, dédouble même le lobule de l\u2019oreille.A ce stade, la tumeur peut encore être mobile ou 310 non, ou présenter, à côté de zones très dures, quelques petits points ramollis, fluctuants ou rénitents.Si elle se développe au niveau des plans profonds, elle peut être vite immobilisée entre deux os.Cependant, née au pôle inférieur, elle reste très longtemps mobile.C\u2019est à ce moment que l\u2019on peut retrouver le signe classique, et presque pathognomonique, se traduisant au cours d\u2019une palpation par un ressaut caractéristique.À ce point de développement, la sialogra- phie peut montrer un certain défaut de remplissage, sans grand intérêt clinique, et il n\u2019existe pas de paralysie.Cette dernière est rarement associée à une tumeur mixte.Dès qu\u2019elle apparaît, si limitée soit-elle, il faut immédiatement penser à la dégénérescence maligne, soit à un cancer primitif, soit à un cylindrome.Déjà, le diagnostic est posé, il ne s\u2019agit que d\u2019écarter la possibilité d\u2019une adénopathie localisée, qui est exceptionnelle.Le stade de malignité, nous l\u2019avons dit, peut être progressif et lent ou explosif.Dans cette éventualité, il faut toujours penser à la fréquence du traumatisme, quelque minime soit-il.Cette malignité peut aussi ne jamais survenir.Les premiers symptômes apparaissent soit sous forme de douleurs à type névralgique et d'intensité variable.Ils peuvent n\u2019apparaître que 15 à 20 ans après l\u2019apparition de la tumeur.L\u2019aceroissement devient alors brusque et rapide et de plus larges zones de la masse se ramollissent.La paralysie faciale est un véritable symptôme de malignité, quoiqu\u2019elle ne soit pas souvent précoce.Incomplète, elle peut n\u2019atteindre que certains groupes de muscles.Puis la peau se fixe à la masse, s\u2019indure, s\u2019ulcère et laisse bourgeonner la néoplasie à l\u2019extérieur, tandis que le pharynx est atteint et que les organes sous-parotidiens sont comprimés.L\u2019adénopathie apparaît alors.Et c\u2019est pourquoi il ne faut jamais négliger de pratiquer systématiquement et souvent une radiographie du thorax à cause de métastases possibles.BOUCHER er MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 La mort est causée par cachexie, par des infections ou des hémorragies précipitant l\u2019évolution.* #* * Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019observer, dans notre Service de l\u2019Hôpital Saint-Luc, un cas typique de tumeur mixte de la parotide.Nous le présentons aujourd\u2019hui tel que les notes de notre dossier le montrent, la première hospitalisation remontant à octobre 1954.Observation 1.Il s\u2019agit d\u2019un patient de 78 ans qui consulte, en octobre dernier, pour: 1) tuméfaction cervicale gauche apparue il y à 2 ans, augmentant très lentement de volume jusqu\u2019à il y a 2 mois; 2) depuis 2 mois, la tuméfaction a augmenté de volume; 3) le patient note une céphalée occipitale suivant la position de la tête, latérale en particulier.Examen climque Tête et cou: Gorge: très hyperhémiée; pas de lésion amygdalienne décelable.Cou: deux volumineux ganglions adhérant l\u2019un à l\u2019autre en arrière de la branche montante du maxillaire inférieur gauche; ces ganglions sont légèrement mobiles sur le plan profond.(Fil: gauche: larmoiement continuel.Thorax: Cœur: 180 /110.Poumons: murmure vésiculaire diminué à l\u2019apex droit.bruits réguliers à 72/min.T.A.: Abdomen: non douloureux, aucune masse palpable, loges rénales silencieuses; foie et rate: normaux.Aucune autre adénopathie notée.Examens de laboratoire Urines: (7 oct.) : normales.Sang: (7 oct.): Hb: 86 \u2014 Val.globulaire: 97; Gl.R.: 4,420,000; Gl.B.: 15,200; dont L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 P.: 43; L: 44 (atypique); Eosi.: 2; Grand mono.: 10; Baso.: 1.Azotémie et glycémie: normales.Le 8 oct.54: l\u2019E.C.G.note un bloc de branche droite.Le 15 oct.54: temps de saignement normal, temps de coagulation: 5 min.7 sec.(presque normal).Le 12 oct.54: Hb.: 81 \u2014 valeur globulaire: 1; GL R.: 4,080,000; Gl.B.: 8,650 dont P.: 60; L.: 31; Eosino: 1; Gr.Mon.: 8.Le 14 oct.54: GI.B.: 8,800; dont P.: 67, L.: 25; Gr.Mon.: 7; Eosino: 1.Le 13 octobre, on fait un lipiodol de la parotide; la glande n\u2019est pas opacifiée, une récente radiographie de la face montre la substance opaque dans la joue gauche.Le 14 octobre, le patient note une douleur au niveau de sa tuméfaction cervicale.Le 16 octobre, on pratique une biopsie et on note alors une tuméfaction indurée et partiellement mobile située dans la région cervicale postérieure gauche, un peu en bas de la pointe de la mastoïde et l\u2019angle de la mâchoire.Cette tuméfaction mesure à peu près deux pouces d\u2019arrière en avant et un pouce de haut en bas.Protocole opératoire Incision de 2 pouces de longueur, le long du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien, à partir de la pointe de la mastoïde.Rétraction postérieure du muscle sterno- cléido-mastoïdien, la tumeur est située sous le S.C.M.et sous le ventre postérieur du digas- trique.La surface externe de la tumeur est un peu irrégulière et bosselée; quelques morceaux furent prélevés pour biopsie.À l\u2019excision, on note que la tumeur était de couleur blanchâtre, de consistance plutôt cartonnée et très friable.Incision initiale fermée au moyen de suture à la soie (Dr.Klemchuck).Le rapport de l\u2019anatomo-pathologiste est le suivant: BOUCHER rr MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE 311 Examen macroscopique: quatre (4) fragments ganglionnaires d\u2019environ 6 mm de diamètre, de coloration blanchâtre, homogènes et de consistance ferme.Examen microscopique: image histologique de prolifération néoplasique manifestement de nature métastatique et d\u2019origine épithéliale.La lésion se présente sous la forme de travées épithéliales pavimenteuses, orientéees autour des cavités de désintégration.Il semblerait donc s\u2019agir d\u2019un épithélioma provenant d\u2019une membrane de revêtement (muqueuse).Diagnostic: Lésion métastatique épithélio- mateuse (Dr.Martin).L\u2019interne fit par la suite plusieurs examens minutieux de la bouche sans pouvoir localiser la lésion primitive.Examen radiographique Le 8 octobre 1954, R.X.pulmonaire 14 x 17: Déroulement très marqué de l\u2019aorte.Scoliose modérément importante.Calcifications crétacées se superposant au tiers inférieur de la 4e côte à gauche et au hile gauche.Présence de petites zones d\u2019augmentation de densité aux deux bases et traduisant vraisemblablement des petites zones d\u2019atélectasie.(Dr.O.Raymond).Le 9 octobre 1954.Sinus: pas d\u2019évidence de pathologie dans les sinus.Maxillaire inférieur: structure osseuse normale des os du maxillaire inférieur sans évidence actuelle d\u2019ostéite.Col.cervicale: arthrose dégénérative marquée de la colonne cervicale sans ostéite actuellement décelable (Dr.Ivan Vallée).Le 28 octobre 1954: 1 \u2014 pas d\u2019évidence de pathologie dans le tube digestif supérieur; 2 \u2014 côlon rempli jusqu\u2019au cæcum sans difficulté; l\u2019iléon terminal d\u2019apparence normale.Le cliché montre une grande quantité de phlébolithes dans le petit bassin (Dr.M.Geoffroy). 312 Le 29 octobre 1954, Poumons: Calcification se superposant au tiers postérieur de la 8e et 9e côte gauche.Il n\u2019y a aucune évidence sur ces clichés en P.A.de masse au niveau du médiastin (Dr.M.Geoffroy).Le 4 novembre 1954, biopsie au niveau d\u2019une petite lésion nasale; l\u2019histologie montre l'image d\u2019un polype nasal ulcéré, légèrement inflammatoire.Le 11 novembre 1954, biopsie d\u2019une tuméfaction sous-glottique gauche et d\u2019une petite prolifération de la corde vocale droite.L\u2019histologie ne révèle aucune évidence de néopla- sie.La recherche de cellules néoplasiques dans les sécrétions bronchiques est négative parce que la préparation est mauvaise.Après discussion avec l\u2019anatomo-pathologis- te, on croit alors à une tumeur primitive ou à un bronchiome.Le 22 novembre 1954, l\u2019interne note une augmentation et une induration de la masse cervicale avec douleur à la palpation.On décide alors de faire au patient de la radiothérapie, à cause: 1) de l\u2019âge du patient (78 ans); 2) du degré d\u2019envahissement de la tumeur qui ne pourrait être que très difficilement enlevée; 3) parce que la tumeur primitive n\u2019a pu être décelée.Le patient note une amélioration temporaire de ses troubles.Résumé de l\u2019hospitalisation actuelle Le patient nous revient, se plaignant: 1) de dysphonie; 2) de difficulté à la déglutition ; 3) de sensation de douleur à la tête; 4) et, depuis 2 mois, de crises durant lesquelles le patient perd conscience, demeure les yeux ouverts et fixes.On remarque, lors d\u2019une crise qui survient devant nous: a) un myosis gauche (avec mydriase relative droite); b) une diaphorèse intense; c) T.A.: 70/60; d) une respiration BOUCHER er MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 rapide et bruyante; e) une accentuation de la déviation droite de la bouche.Le patient note, en janvier 1955, un début de paralysie faciale gauche qui régresse après 8 jours pour réapparaître en mars dernier et persister depuis.Depuis octobre dernier, le patient note une surdité gauche progressive.Examen physique Tête et cou: 1\u2014 paralysie faciale gauche (signe de Charles Bell) avec déviation à droite de la bouche et du nez; 2 \u2014 tumeur dure, douloureuse, légèrement bosselée, de la grosseur d\u2019une petite pomme, adhérence aux plans proofnds, mais non à la peau, et rétro- auriculaire, sur le trajet du sterno-cléido-mas- toïdien.Bouche: \u2014 Hypertrophie du prolongement inférieur de la parotide; \u2014 Hyperhémie de l\u2019arrière-gorge.Oreille: \u2014 Aplatissement marqué du conduit auditif extérieur gauche.Thorax et abdomen: \u2014 négatif.Analyses Urines) le 9 août 1955 \u2014 alcalines; leucocytes +4; albumines +++; phosphate ammon-magnésien ++.Sang: Hb: 75 \u2014 valeur globulaire: 0,89; Gl.R.: 4,200,000; Gl.B.: 8,800 dont P.: 83; L.: 14; Mono.: 3.Azotémie: 0,530; glycémie: normale.16 août 1955, azotémie: 0,480.18 août 1955, tube digestif: négatif.22 août 1955, Crâne: Structure osseuse normale des os de la voûte crânienne.Incidemment, ces clichés montrent une grande quantité de substance opaque se superposant à la bouche, pouvant être due à de la substance opaque dans la bouche ou dans les tissus mous du cou ou du plancher de la bouche; ou enfin à des calculs salivaires.22 août 1955, Poumons: Irrégularité de l\u2019hémidiaphragme à droite.laissant croire à une infection de la base. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Petit nodule opaque dans le ler espace intercostal antérieur droit (Dr.M.Geoffroy).On demande une nouvelle biopsie qui doit être faite le 29 août.Comme on peut le voir, la lame montre un épithélioma épidermoïde avec nombreuses fi- sures de mitoses et noyaux monstrueux.Comme nous l\u2019avons rappelé précédemment, la tumeur mixte de la parotide peut dégénérer en épithélioma et ainsi on pourrait faire un rapprochement intéressant entre cette masse cervicale et la préparation histologique.Une étude spéciale sera faite de la prochaine biop- sic et publiée plus tard.* * * Comme on le voit, le diagnostic de tumeur mixte de la parotide peut ne pas être aussi facile qu\u2019on semble parfois le croire et, malgré toute l\u2019évidence clinique, il se peut que le microscope vienne jeter le doute dans l'esprit.Mais, avant de pousser notre étude plus loin, il est tout de même intéressant de souligner qu\u2019il existe des formes cliniques dont 1l faut connaître l\u2019existence pour ne pas fairc d\u2019erreur grossière.N\u2019oublions pas qu'il peut se présenter des tumeurs du prolongement ré- trolobulaire, du prolongement pharyngien (troubles de la déglutition exclusivement), du prolongement sténonien et des tumeurs du pôle inférieur qui peuvent être prises pour des tumeurs de la gouttière carotidienne.Restent les formes récidivées.Celles qui se manifestent précocement se comportent plutôt comme des tumeurs malignes; par contre, les formes conservent longtemps leur mobilité et leur limitation, comme les tumeurs primitives.Quant aux complications, elles sont dues, la plupart du temps, aux récidives, qui surviennent chez les opérés, au pourcentage de 33%, selon les statistiques de ces trente dernières années.Il est évident que, chirurgicale- ment, il est très difficile d\u2019enlever complètement la capsule de la glande qui paraît limiter si bien cette tumeur.L\u2019anatomie pathologique a vite démontré que ce n\u2019était vraiment qu\u2019une fausse capsule vite infiltrée par la tumeur elle-même.La plupart du temps, BOUCHER er MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE 313 quand il y a récidive, c\u2019est que la tumeur n\u2019a pas été complètement enlevée.Dans d\u2019autres cas, cette récidive peut n\u2019apparaître que plusieurs années après.La tumeur est alors sans limite apparente; il s\u2019agit, en somme, de ce que Delarue a appelé des « formes aberrantes », microscopiques ou non, d\u2019épithélium remanié, qui peuvent être en nombre variable.On en a même compté jusqu\u2019à 15 et plus (25% des tumeurs dites mixtes).Elles sont plus tardives.Pour le traitement, il ne faut penser aux rayons X qu\u2019en cas de cylindrome.Autrement, c\u2019est la chirurgie avec parotidectomie totale conservatrice dont le protocole est aujour- d\u2019hui codifié.Elle a des inconvénients, c\u2019est sûr, dont une paralysie faciale plus ou moins complète, qui dure à peu près deux mois, et dans certains cas un syndrome local d\u2019hyper- hémie avec une hyperhydrose assez génante.* * * Dans le cas qui nous occupe, le malade est rentré de nouveau dans notre service le 8 août 1955 pour mourir 18 jours après.Comme constatation, on trouve que la tumeur s\u2019est considérablement étendue.Il existe une rougeur au fond de la gorge, une thyroïde non palpable et une déviation notable du nez et de la bouche.Une biopsie refaite à ce moment montre des nodules tissulaires du volume d\u2019une fève environ, déformés, plutôt allongés, blanc jaunâtre, fermes, présentant chacun un bloc de section longitudinal à structure blanche, jaunâtre, homogène.Au microscope, ce prélèvement constitué en grande partie d\u2019une lame épaisse, de tissu collagène, dur, compact, servant apparemment de paroi (capsule) à une formation tumorale néoplasique dont quelques éléments sont accolés à l\u2019une des faces de cette capsule.Les cellules néoplasiques sont entassées pêle-mêle, sans disposition particulière et sans tendance à une différenciation reconnaissable.Il s\u2019agit de grandes cellules à protoplasma indéfinissable, à noyau arrondi, pourvu d\u2019une chromatine plutôt délicate et d\u2019un ou deux nucléoles: 314 cellules épithélio-sarcomateuses.Il n\u2019existe aucun élément susceptible d\u2019apparenter cette lésion à une tumeur mixte de la glande salivaire.D\u2019autre part, la nature néoplasique de la lésion ne fait aucune doute.Le malade est mort en état de profonde toxémie avec épanchement pleural de la base droite et une pneumonie pseudo-lobaire (hépatisation grise) de l\u2019autre côté.BOUCHER er MARIN: TUMEUR MIXTE DE LA PAROTIDE L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Ainsi que nous l\u2019avons souligné au cours de cette observation et des généralités que nous avons exposées, si tous les éléments cliniques nous portent vers la tumeur mixte de la parotide, confirmée par le début, l\u2019évolution et la terminaison de la maladie, les constatations histologiques sont loin d\u2019être aussi précises.GANGRENE GAZEUSE UTERINE Lise FORTIER, Gynécologue à l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).La gangrène gazeuse est une maladie si rare que son intérêt demeure purement didactique pour la plupart et, dans le cas présenté ci- dessous, la rapidité avec laquelle les événe- ments se déroulèrent n\u2019a guère donné le temps, une fois le diagnostic posé, de soigner la patiente.Observation.Une jeune femme de 25 ans, mariée, mère d\u2019un enfant, fut admise au dispensaire d\u2019urgence pour douleurs abdominales et hémorragie vaginale assez abondante depuis la veille.Malgré la grande somnolence de la patiente, on parvint à lui faire raconter que l'avant- veille, soit environ 36 heures auparavant, elle s\u2019était soumise à des manœuvres abortives pour terminer une grossesse remontant à 10 semaines.Les premiers signes de la maladie, sur lesquels nous n\u2019avons guère de détails, apparurent environ 24 heures plus tard.À son arrivée à l\u2019hôpital, la patiente avait la peau et les conjonctives ictériques, l\u2019abdomen distendu et douloureux avec tympanisme marqué et un signe du ressaut positif; le pouls était filant à 130, la tension artérielle de 132/75 et la température 99.3 degrés F.Une heure plus tard, la patiente était incohérente, dysp- néique.le pouls introuvable.L\u2019abdomen présentait une immobilité respiratoire mais la palpation ne réveillait plus aucune douleur et permettait de délimiter une masse dure, centrale, remontant jusqu\u2019à l\u2019ombilie et correspondant à l\u2019utérus.On notait un écoulement sanglant non nauséabond à la vulve.Le col était fermé, non lacéré et les cul-de-sacs complètement remplis par une masse occupant L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 tout le petit bassin.La formule sanguine était la suivante: G.R.: 1,200,000; G.B.: 36,000; hémoglobine: 45%; V.G.: 1.8; polymorpho- nucléaires: 83; éosinophiles: 1; lymphocytes: 11; monocytes: 5.Un cathétérisme vésical ramena 75 cc.d\u2019urine de couleur acajou con- \u2018tenant 3 plus d\u2019albumine.Le cliché simple de l\u2019abdomen montrait une masse volumineuse avec un aspect de mie de pain, causé par la présence d\u2019air, dissociant les fibres musculaires (fig.1).La persistance des lignes péritonéales éliminait la possibilité de péritonite généralisée mais l\u2019opacité complète du petit bassin à droite laissait soupçonner celle d\u2019un abcès ou de liquide dans le cul-de-sac de Douglas.Le diagnostic de gangrène gazeuse de l\u2019utérus fut posé et la thérapeutique amorcée, mais en vain puisque la patiente dépérissait à vue d\u2019œil, son ictère bronzé s\u2019accentuant et qu\u2019elle décédait trois heures et demie après son admission.L\u2019autopsie révéla que tous les organes abdominaux étaient en putréfaction apparente très intense.L\u2019utérus, d\u2019un pied de diamètre environ, était rempli de gaz nauséabonds et contenait encore le placenta et un fœtus putréfié, d\u2019environ trois mois.Les reins étaient noirs, totalement apoplectiques et le siège d\u2019une néphrose hémoglobinurique, le foie brun pâle, augmenté de volume, presque complètement autolysé malgré qu\u2019il ne s\u2019était écoulé que quatre heures entre le décès et l\u2019autopsie.Le cœur était flasque couleur feuille morte de même que les gros vaisseaux dont les intimas étaient en dégénérescence.Il v avait présence de sérosités sanglantes dans le péritoine et le péricarde.La culture du sang fut négative, mais on isola le clostridium perfringens dans la cavité utérine.SYMPTÔMES Nous avons ici l\u2019image classique de la toxémie septique post-abortum à clostridium per- fringens.Dans 85 pour cent des cas, les symptômes apparaissent au cours des 24 ou 48 heures suivant les manœuvres et parfois avant ce temps.Le début est habituellement carac- FORTIER: GANGRENE GAZEUSE UTERINE 315 térisé par des frissons violents, des douleurs généralisées, des vomissements et de la diarrhée.La température s\u2019élève peu pour devenir subnormale par la suite, avec un pouls plus accéléré que la pyrexie ne saurait expliquer et bientôt de l\u2019hypotension.Le signe le plus caractéristique de la maladie est l\u2019ictère qui apparaît dans quelques heures.C\u2019est un ictère qui a une teinte bronzée particulière à cause du collapsus vasculaire et de la cyanose qui l'accompagne.Des myalgies, des névrites, des douleurs articulaires et d\u2019autres signes d\u2019hy- persensitivité apparaissent.Dans 94 pour cent des cas, il y à oligurie allant jusqu\u2019à l\u2019anurie et l\u2019urine a une couleur acajou.L\u2019anémie du type hyperchrome microcytaire hémolytique est constante et la formule rouge dégringole de 300,000 à 600,000 par jour avec fréquemment des totaux de 2,000,000 et moins.Il y a aussi une leucocytose variant entre 20,000 et 40,000 et, dans 50 pour cent des cas, une diminution des plaquettes.Le sérum est d\u2019un rouge brillant à cause de l\u2019hémolyse.L\u2019urine contient de l\u2019albumine, rarement des globules rouges, pas de pigments biliaires, mais l\u2019urobiline est augmentée.La bilirubine sanguine est élevée, variant entre 25 à 50 mg.% avec une urémie progressive.On peut en général distinguer deux stades dans la maladie: 1.un stade ictéro-hémoly- tique qui dure 5 à 8 jours; 2.un syndrome hépato-rénal faisant suite au premier, caractérisé par de l\u2019urémie et se terminant souvent par la mort.Dans les cas aigus, les deux stades apparaissent simultanément.L\u2019issue fut fatale dans 73 pour cent des cas d\u2019une série de 75 étudiée par Erna Mahn et Louise Dantuono (1).FRÉQUENCE Comme nous l\u2019avons mentionné plus haut, la gangrène gazeuse est une rareté.D\u2019après Altemeyer et Furste (2), elle ne survient que dans 1.76 pour cent des traumatismes avec la distribution suivante: 316 Extrémités inférieures .\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026seseressces 47.5% Extrémités SUPETIEUIES \u2026\u2026\u2026\u2026useseceeensesese 22.6% Tronc et organes génitAUX .\u2026\u2026\u2026.sessesse 16.3% Téte et cou 2.3% Quant à la gangrène utérine, des auteurs de New-York en rapportent un cas sur 781 cas d\u2019avortements; d\u2019autres, du Chili, un cas sur 307, et enfin d\u2019autres, de Melbourne, en Australie, 1 sur 100.Le clostridium welchii n\u2019est pas un habitant permanent des voies génitales, mais on le trouve comme saprophyte du vagin dans 4.5 à 8.7 pour cent des cas et même on l\u2019a trouvé dans 35 pour cent des cas d\u2019une série d\u2019avortements à évolution bénigne.La rareté de la gangrène, même en présence de l\u2019agent causal s\u2019expliquerait par la nécessité pour son développement de tissu dévitalisé ou d\u2019entraves à la circulation sanguine.On a d\u2019ailleurs formulé trois postulats au sujet de la gangrène utérine: 1.l\u2019organisme causal doit être introduit dans l\u2019utérus; 2.à ce moment, il doit se trouver en présence de tissus dévitalisés; 3.ces tissus dévitalisés doivent être assez longtemps en place pour permettre l\u2019incubation.BACTÉRIOLOGIE Il y a plusieurs espèces de clostridium et on les trouve aussi associés à d\u2019autres bactéries.Dans 60 à 80 pour cent des cas, le clostridium welchi et le clostridium oedema- tiens sont en cause et le clostridium sporo- genes dans 20 à 30 pour cent des cas.Quant au clostridium septicum, il n\u2019est présent que dans une moyenne de 13 pour cent des cas.Le clostridium welchii est une forme commune que l\u2019on retrouve dans la poussière, le sol, la laine, la fourrure, le lait, le tractus gastro-intestinal et génital.Ce clostridium produit une forte quantité de gaz et des toxines dont certaines sont hémolytiques.Le clostridium septicum est identique au welchit mais moins virulent et produit moins de gaz.Le clostridium oedematiens n\u2019envahit pas les tissus en les disséquant, mais produit FORTIER: GANGRÈNE GAZEUSE UTÉRINE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 un œdème marqué par ses toxines.Le clos- tridium histolytique produit de la tétanie des muscles de la tête et du cou, mais pas de gangrène gazeuse typique.PATHOGÉNIE Les symptômes sont dus à des toxines élaborées par le clostridium qui sont: une toxine hémolytique produisant l\u2019ictère hémoglobinu- rique, une toxine nécrosante qui attaque les vaisseaux sanguins, l\u2019épithélium rénal et hépatique, une neurotoxine qui affecte les centres nerveux et peut causer la mort en 24 heures, et une myotoxine qui est responsable des douleurs musculaires.Ces toxines inhibent l\u2019action phagocytaire des leucocytes.De plus, il semblerait que de la destruction des tissus par les agents microbiens, une autre toxine est formée dont l\u2019action n\u2019est pas neutralisée par l\u2019antitoxine gangréneuse et cette toxine serait en partie responsable des symptômes cliniques.Le même phénomène expliquerait le crush syndrome.Du point de vue pathologique, la carae- téristique la plus spéciale de cette maladie qu\u2019est la gangrène gazeuse est la dégénérescence parenchymateuse et la nécrose postmortem rapide des organes, plus évidentes au niveau du foie, du rein, du cœur, de la rate et de l\u2019utérus.On trouve les bactéries plus souvent dans la lymphe que dans le muscle et elles se répandent dans le tissu conjonctif lâche le long des plans fasciaux.Quand la progression de l'infection est arrêtée par des barrières anatomiques, il en résulte de l\u2019ædème qui, finalement, fait obstacle à la circulation san- ouine et entraîne la nécrose des barrières.Il est important de se souvenir que l\u2019infection s\u2019étend habituellement plus loin que les signes cliniques ne le laissent soupçonner.La gangrène post-mortem ou post-partum peut se présenter sous plusieurs formes: 1.l\u2019'emphysème fœtal où l\u2019infection est limitée au fœtus; 2.les infections utérines localisées, soit une endométrite, soit une physométrie quand L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 l\u2019utérus devient distendu par les gaz.Cette dernière condition est habituellement fatale malgré l\u2019hystérectomie; 3.une paramétrite généralisée ensuite en péritonite; 4.enfin, les infections par voie sanguine, soit une bactériémie dont les seuls signes positifs sont la fièvre et l\u2019hémoculture; soit une septicémie avec son tableau dramatique : évolution rapide, anémie sévère, défaillance rénale; soit la gangrène gazeuse métastatique avec ou sans signes de septicémie.DIAGNOSTIC Le diagnostic se fait: 1.d\u2019abord par l\u2019histoire clinique; 2.par l\u2019identification des bactéries qui est possible en 24 heures.Il faut, toutefois, se rappeler que le clostridium, étant anaérobie, ne survit pas longtemps dans le sang et que tous les signes de la toxémie peuvent être présents en face d\u2019une hémoculture négative.De plus, après l\u2019administration d\u2019antibiotiques, on ne trouve plus de clostridium dans le vagin; 3.par les rayons X, surtout en série où une augmentation de la quantité des gaz et leur propagation linéaire permet d\u2019éliminer les causes mécaniques.Il faut faire la distinction entre la gangrène gazeuse et : a) la cellulite anaérobie qui attaque le tissu conjonctif mais ne touche pas au muscle.Dans ce cas, l\u2019état général n\u2019est pas critique et le début est graduel; b) la myosite à streptocoque qui, si elle présente des similarités avec la gangrène gazeuse, s\u2019en distingue par la présence de cocci et l\u2019absence de gaz nauséabonds; c) la gangrène streptococcique qui attaque surtout les tissus sous- cutanés dans lesquels on retrouve aisément le streptocoque hémolytique; d) les infections aiguës gangréneuses à staphylocoques; e) les infiltrations gazeuses d\u2019origine non-bacté- rienne.À noter qu\u2019il faudra toujours soupçonner la gangrène gazeuse dans les cas d\u2019anurie post- abortum.FORTIER: GANGRÈNE GAZEUSE UTÉRINE 317 THERAPEUTIQUE Les principes de la thérapeutique peuvent se ramener a quatre: 1.Les antibiotiques.Ils doivent être administrés aussitôt le diagnostic posé et leur effet est de prolonger la vie en localisant l\u2019infection.Les sulfas et la streptomycine sont inefficaces.L\u2019antibiotique de choix à cause de sa faible toxicité est la pénicilline et on recommande des doses allant jusqu\u2019à 10,000,000 d'unités par jour, par voie intraveineuse de préférence.Il semble que son efficacité soit augmentée dans la mesure où la dose est plus forte.Certains auteurs lui associent l\u2019auréomycine et la chloromycétine, aussi par voie intraveineuse.2.L\u2019antitorine.Les effets heureux en théorie de l\u2019antitoxine n\u2019ont jamais été vérifiés en pratique.L\u2019antitoxine commerciale est polyvalente et dans un vial comme ceux que fournit Lederle on trouve: 10,000 unités res CI.welchii 10,000 unités ses Cl.septicum 3.000 Unités ere Cl.histolyticum 1,500 unités \u2026\u2026.\u2026.\u2026.enes Cl.novyi 1,500 unités Cl.oedematiens On recommande pour les personnse gravement atteintes, 4 ampoules stat et 2 aux 6 heures jusqu\u2019à l\u2019amélioration.I1 semble que la dose habituelle, soit de 10 à 20 vials.D\u2019autres auteurs recommandent 200,000 unités par jour pour quatre à six jours.Pendant l\u2019administration de cette antitoxine, il faut être sur le qui-vive pour déceler les signes d\u2019anaphylaxie causés par le sérum de cheval.3.La chirurgie.Sans chirurgie, la discontinuation de la pénicilline est suivie d\u2019une extension de la maladie.Toutefois, dans la gangrène utérine, avant de procéder à un curettage, il faut s\u2019assurer que l\u2019état général de la patiente le permet.Quant à l\u2019hystérectomie, elle est réservée au cas où le mur de l\u2019utérus est attaqué.Certains auteurs recommandent des paquetages avec des mèches imbibées de peroxyde d'hydrogène ou de zinc.La chirurgie doit être faite dans la chambre de la malade si possible. 318 4.Les mesures ayant trait à soutenir l\u2019état général et à combattre la défaillance rénale, le principe étant de faire survivre la malade pendant la période d\u2019anurie, i.e.jusqu\u2019à ce que l\u2019épithélium des tubes contournés du rein se régénère.Le sang serait à recommander pour corriger l\u2019anémie, mais il ne faut pas oublier que celui que l\u2019on administre est aussi sujet à l\u2019hémolyse que celui du receveur et peut aggraver la situation.PRONOSTIC Les chances de guérison sont inversement proportionnelles au temps écoulé entre le début de la maladie et le temps où on commence à soigner la patiente.On peut, en général, dire que le pronostic est bon si le débit urinaire ne desceud pas plus bas que 500 cc.par jour.Le pronostic dépend aussi de la virulence des agents bactériens.I] est à prévoir que les cas présentant de l\u2019anurie augmenteront en nombre à cause du FORTIER: GANGRÈNE GAZEUSE UTÉRINE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 fait que la pénicilline, en limitant l\u2019infection et en permettant à la patiente de survivre pendant les premières heures, permet par le fait même apparition des complications urinaires.BIBLIOGRAPHIE 1.Erna H.MAHN et Louise DANTUONO: Pos- tabortal Septicotoxemia due to Clostridium Wel- chil.Am.J.of Obst.and Gynec., 70: 604, 1955.2.W.A.ALTEMEYER et N.L.FURSTE: Gas Gangrene.Surg., Gynec.and Obst., 84: 507, 1954.3.W.A.ALTEMEYER et WOODSWORTH: Penicillin in Surgery.Surg., Gynec.and Obst., 84: 540, 1954.4.G.W.DOUGLAS, B.H.CARNEY et Dominic PELLILLO: Postabortal Sepsis due to Clostrid- ium Welchii.Surg., Gynec.and Obst., 97: 490 1953.5.J.W.TAYLOR: Gas Gangrene.Am.J.of Surg.87: 869, 1954.6.GODSICK et coll.: Uterine Gas Gangrene.Obst.and Gynec., 3: 408, 1954. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 87, No 3 \u2014 Montréal, mars 1958 ÉDITORIAL À PROPOS DE LA GLANDE PINÉALE Depuis longtemps philosophes et médecins ont tenté d\u2019établir les relations qui existent entre l\u2019esprit humain et le cerveau.Les neurologues en étudiant les troubles de la parole ont délimité au niveau du cortex les zones motrices et sensorielles du langage.La parole permet à l'esprit humain d\u2019établir un contact avec le milieu environnant et, affirme le professeur Alajouanine, différencie l\u2019homme du robot.Penfield, en stimulant certains points du cortex moteur, fait émettre des vocalisations à ses patients ou provoque des arrêts transitoires du langage.L\u2019artériosclérose cérébrale donne des troubles de la mémoire et certaines tumeurs cérébrales se manifestent souvent par des changements notables du comportement.La section des fibres préfron- tales par lobotomie entraîne des modification de la personnalité mais ces transformations sont assez vagues et difficiles à classifier cliniquement.La stimulation du noyau dorso-médian ou la destruction du noyau ventro-médian de l\u2019hypothalamus déclenchent des accès de rage chez les animaux de laboratoire.Récemment on proposait dans cette colonne un traitement psycho- chirurgical de la recto-colite hémorragique.Galien pensait que la glande pinéale était un organe sécrétoire important 319 dans le processus de la pensée et Descartes prétendait qu\u2019elle était le siège de l\u2019âÂme.Plus tard on crut que cette formation constituait un œil interne et cette conception fut abandonnée comme les autres après avoir servi de doctrine pendant longtemps.Pendant assez longtemps on a également cru que les lobes préfrontaux constituaient les centres supérieurs, spirituels et intellectuels, de l'être humain parce qu\u2019on ne retrouvait pas cette protusion antérieure du cerveau chez les animaux.Chaque nouvelle découverte bouleverse nos conceptions et toujours nous devons reviser nos théories.Lorsqu'il s\u2019agit des fonctions psychiques et de leurs perturbations nous devons être prudents et éviter la partialité.Récemment nous avons décrit les tendances actuelles des recherches sur la schizophrénie et nous avons constaté jusqu'à quel point les aspects somatiques de cette maladie mentale offrent d\u2019intéressantes perspectives de travail.Nous sommes convaincus cependant qu\u2019un trouble quelconque du métabolisme ne peut pas expliquer à lui seul la schizophrénie et que d\u2019autres facteurs d'ordre émotionnel jouent un rôle important dans la genèse de cette maladie.Il serait oiseux de vouloir faire revivre la théorie de Descartes à propos de la glande pinéale.Nous connaissons cependant fort peu de choses sur cette région du cerveau.L\u2019histologle nous apprend que la pinéale est constituée d\u2019un type particulier de tissu névro- glique formé en grande partie de grosses cellules à petits prolongements, de cellules à granulations acidophiles ou basophiles, de cellules nerveuses et de cellules névrogliques.Nous ne savons pas s\u2019il s\u2019agit d\u2019un processus de sécrétion interne mais les grosses 320 cellules sont en contact immédiat avec les capillaires d\u2019un plexus veineux.Le corps pinéal croît pendant les sept premières années de la vie et il involue par la suite jusqu\u2019au moment de la puberté.Chez l\u2019adulte il est fréquemment visible à la radiographie du crâne à cause des concrétions calcaires qui s\u2019y forment.La pathologie de la pinéale est relativement rare et nous connaissons la possibilité de pinéalomes qui se manifestent par des signes de compression sur les structures adjacentes ; lorsque les pinéalomes se développent chez des enfants qui n'ont pas terminé leur croissance ils s\u2019accompagnent dans certains cas de macrogé- nitosomie sans qu\u2019on .puisse dire avec certitude que ces pubertés précoces soient réellement d\u2019origine pinéale.Récemment, le Dr Mark D.Altschule du « Harvard Medical School », présentait les résultats qu'il avait obtenus par l'injection d\u2019extraits de glande pinéale de bœuf dans le traitement de la schizophrénie.Ce traitement avait été tenté quelques années auparavant mais les résultats obtenus alors ne s\u2019étaient pas maintenus.Dans cette expérience récente l'auteur constate que les extraits aqueux de pinéale provoquent une amélioration clinique en même temps qu'on note une augmentation du taux de glutathion des globules rouges et une augmentation du nombre des éosinophiles cireulants.Quelques jours plus tard cependant les patients deviennent réfractaires aux extraits aqueux et les modifications biologiques retombent aux chiffres préthé- rapeutiques tandis que l\u2019amélioration clinique régresse.Si d'autre part on injecte un extrait alcalinisé et dépro- téiné de glande pinéale il est possible d\u2019avoir une action soutenue et c\u2019est ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 en ce sens que le travail d\u2019Altschule devient très intéressant.La préparation de ce type d'extrait pinéal est cependant très longue et demande une technique précise et rigoureuse qui pour un certain temps encore retardera l'appréciation clinique de ce traitement original.L'auteur étudie également l\u2019action de cette substance par voie buccale tandis que les chimistes essaient de la synthétiser.Quel est exactement l'action de cette glande située au centre du cerveau?S\u2019agirait-il d\u2019une formation active ou d\u2019un vestige embryologique?Quel est l\u2019avenir de la glande pinéale?Pourquoi les stéroïdes injectés en même temps que les extraits de glande pinéale inhibent-ils l\u2019action de ces derniers?Il est encore impossible de répondre à ces questions mais nous devons les poser.Jusqu'en 1921 nous ne connaissions à peu près rien de l\u2019'hypophyse et de ses fonctions lorsque Evans prouva que l\u2019injection d\u2019extraits de l\u2019hypophyse antérieure déclenchait des poussées de croissance.En 1936, Moniz donnait les résultats des premières lobotomies faites chez l\u2019homme et en 1951 débutait l\u2019ère des tranquillisants.En 1920, nous ne connaissions pas l'insuline et en 1940 nous commencions à entendre parler des antibiotiques.Les fonctions de l\u2019hypothalamus constituaient un chapitre fort embrouillé il y a à peine dix ans.Nous pouvons sourire à l'énoncé des théories de Galien et de Descartes à propos de la glande pinéale mais en réalité cette structure cérébrale reste une énigme pour nous, problème aussi complexe que celui des relations qui existent entre l'esprit et la matière, entre le psychisme et le cerveau.Jean-Marc BORDELEAU. L'enseignement de l\u2019hygiène dans les écoles de médecine a fait l\u2019objet de nombreuses études.Les rapports qui en ont été publiés nous font apprécier des efforts méritoires en vue de satisfaire un besoin ressenti depuis longtemps, mais aucun mémoire ne présente une vue d\u2019ensemble du problème, encore moins un programme définitif qui puisse être adopté d\u2019emblée.D'ailleurs les comités d\u2019experts se refusent à en préparer afin, disent-ils, de ne pas nuire au progrès de l\u2019enseignement.Cette excuse n\u2019est guère valable; c\u2019est plutôt un prétexte pour se récuser devant une tâche difficile.En réalité, il est relativement aisé de modifier un programme en vue de l\u2019adapter à des besoins particuliers.Par contre, l\u2019accord est fait sur certains principes et quelques standards que nous allons considérer.Ainsi, tous les professeurs sont unanimes à reconnaître que dans le passé l\u2019enseignement a comporté trop de leçons didactiques et pas assez de formation pratique avec participation de l\u2019élève.Tous estiment qu\u2019à la leçon théorique, il faut préférer des procédés actifs, tels que les discussions et les séminaires, les démonstrations, les projections, les visites, les exercices, les histoires de cas, les examens préventifs de santé, les stages, etc.Tous préconisent un enseignement appuyé sur la clinique et qui tienne compte des rapports de la maladie avec le milieu biologique, physique et social.Tous recommandent enfin 1.Communication présentée devant la Société d'hygiène et de médecine préventive de la Province de Québec à l\u2019Ecole de Médecine de l\u2019Université Laval, à l\u2019occasion du 27ème Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, Québec, septembre 1957.HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE MODALITÉS DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HYGIÈNE AUX ÉTUDIANTS EN MÉDECINE ! Jules GILBERT, D.P.H., F.A.P.H.A., Secrétaire, Ecole d\u2019Hygiène, Université de Montréal.d\u2019utiliser au maximum les cadres des services d'hygiène, officiels et privés, aux fins de l\u2019enseignement.L\u2019instruction doit se borner aux connaissances que doit posséder tout praticien; les étudiants doivent sentir que l\u2019enseignement qu\u2019ils reçoivent aura des applications pratiques dans leur carrière.Il faut rejeter particulièrement toute tentative de faire des étudiants en médecine de futurs officiers de santé; seulement 6% des gradués seront éventuellement employés en hygiène publique.Mais tout médecin doit être en mesure de collaborer intelligemment avec l\u2019autorité sanitaire; 1l faut le préparer à ce rôle par une étude sommaire de l\u2019organisation et du fonctionnement des services de santé.Il faut faire apprécier par l\u2019étudiant l\u2019importance des pratiques personnelles de nature préventive et lui faire comprendre sa responsabilité à l\u2019égard de l'éducation de ses futurs malades, afin que, une fois devenu médecin, il se considère comme le gardien de la santé individuelle et familiale et agisse en quelque sorte comme un hygiéniste privé.À moins d\u2019avoir acquis cette tournure d\u2019esprit, le praticien, généraliste ou spécialiste, ne montrera nulle préoccupation pour les habitudes de vie de ses malades; il négligera d\u2019innombrables occasions d\u2019enseigner l\u2019hygiène personnelle; et 1l mettra en œuvre une thérapeutique trop exclusivement médicamenteuse ou ne tenant aucun cas des besoins nutritifs fondamentaux de l\u2019organisme humain.Qu\u2019on songe à ces diètes rigoureuses et trop exclusives, capables de produire rapidement un état de malnutrition, même chez un sujet sain. 322 Dans le cas contraire il lui sera facile de passer du point de vue individuel au point de vue collectif et de s\u2019intéresser à la santé publique et à ses problèmes, aux mesures de salubrité communautaire, ainsi qu\u2019aux aspects économiques et sociaux des soins médicaux.Il trouvera naturel de coopérer avec le mé- decin-hygiéniste; de travailler en collaboration avec l\u2019infirmière-visiteuse et l\u2019auxiliaire sociale; de faire appel aux ressources institutionnelles et professionnelles capables de l\u2019aider à remplir son rôle de protecteur de la santé.L'accord semble fait sur le temps à allouer à l'hygiène dans les études médicales, et qui devrait correspondre à 4% du total, ou quelque 150 heures.Il semble que l\u2019enseignement doive débuter avec la première, ou au plus tard la deuxième année des études médicales et se continuer chaque année pendant toute leur durée.À la 10° assemblée mondiale de l'O.M.S., tenue à Genève en mai 1957, à deux reprises on a exprimé l\u2019avis que l\u2019enseignement de la médecine préventive doit commencer pendant les années précliniques et même dès le début de la formation médicale (WHO, Chronicle, juin 1957, vol.11, no.6-7, p.186).N'est-ce pas avant de rencontrer la maladie qu\u2019il convient de pénétrer l\u2019étudiant de l\u2019importance de la santé et de lui apprendre les moyens de la conserver?D'une façon générale, cet enseignement devrait être intégré dans toute la mesure du possible aux autres cours; c\u2019est dire qu\u2019il attend la contribution de chacun des départements de l\u2019école et doit être dispensé par divers chargés de cours.Il suffira d\u2019ailleurs de jeter un coup d\u2019œil sur les grandes lignes du programme pour comprendre le bien-fondé de cette formule.LE PROGRAMME À mesure qu\u2019ils apprennent la constitution et le fonctionnement de l\u2019organisme sain, les étudiants doivent se familiariser avec les pratiques susceptibles de le garder en bonne santé.Ils ont besoin de connaître l\u2019influence qu\u2019a sur l\u2019organisme le milieu physique, biologique, GILBERT : ENSEIGNEMENT DE L\u2019HYGIÈNE AUX.L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 et social et les moyens de le modifier au besoin dans un sens favorable.Il leur faut apprendre les procédés immu- nologiques de valeur reconnue et pouvoir les appliquer correctement.Ils doivent de même savoir apprécier les nouveaux procédés décrits dans la littérature médicale mais qui sont encore au stage d\u2019expérimentation.Ainsi ils seront amenés à considérer la médecine préventive comme une partie intégrante de la médecine clinique.Distinguons entre la médecine curative, préoccupée seulement du traitement d\u2019un malade, et la médecine clinique qui embrasse tous les aspects de la maladie y compris sa prévention; qui traite des conditions la produisant et de leur modication dans le sens voulu chez l\u2019individu et la collectivité.Considérant en rétrospective ce programme général, ne devient-il pas évident que les premières notions d\u2019hygiène personnelle doivent être enseignées en même temps que l\u2019anatomie et la physiologie?Sans négliger les occasions offertes à cette fin par l\u2019anatomie (maintien, croissance, etc.), on peut dire que l\u2019hygiène personnelle devrait être intégrée dans toute la mesure du possible aux enseignements correspondants de la physiologie (l\u2019hygiène alimentaire est un exemple typique).Toutefois ce n\u2019est pas facile d\u2019obtenir des responsables les textes, résumés ou références utilisés pour l\u2019enseignement de ces notions qu\u2019on prétend donner concurremment avec la physiologie ou quelqu\u2019autre matière.On oublie peut-être que la physiologie n\u2019est pas de l\u2019hygiène.Il serait même souhaitable, au moins en principe, que cette partie du programme ne relève pas de médecins-hygiénistes, afin que l\u2019étudiant réalise mieux sa responsabilité future quant à la sauvegarde de la santé de ses malades privés et ne soit pas enclin à l\u2019abandonner avec les mesures d\u2019hygiène publique aux officiers médicaux.On ne manquera pas à ce stage d\u2019utiliser le service de santé des étudiants pour la pratique de l\u2019examen médical périodique et pour la démonstration des épreuves d\u2019aptitude physique.Ceci étant posé, reconnaissons que la pré- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 vention de la maladie, née de la médecine, doit continuer de s\u2019appuyer sur la clinique.La question ne se pose guère pour ce qui est de la prophylaxie spéciale: il est tout indiqué de parler d\u2019immunisation spécifique à l\u2019occasion de l\u2019enseignement portant sur chaque maladie contagieuse.Autant vaut dire que dans toute leçon clinique, il faut parler de prévention; il y aurait même un effet psychologique à obtenir, si on en parlait avant de montrer comment guérir ce qu\u2019on n\u2019a pas su prévenir.Quant aux services publics de prophylaxie, on devrait pareillement en prendre connaissance avant l\u2019enseignement correspondant de la pathologie, étant donné que ces mesures d\u2019hygiène sont d\u2019ordre préventif et qu'il faut persuader l\u2019étudiant qu\u2019elles sont les premières à appliquer.C\u2019est ainsi que les étudiants devraient fréquenter la clinique de puériculture avant celle de pédiatrie.Après avoir insisté pour que l\u2019hygiène personnelle et la médecine préventive soient envisagées dans toutes les leçons théoriques et cliniques, il est permis de se demander si l\u2019hygiène doit quand-même faire le sujet d\u2019un cours distinct.D\u2019abord, quand l'aspect préventif d\u2019un enseignement a été négligé par le responsable, il faut bien que quelqu\u2019un d\u2019autre s\u2019en charge.Ensuite, un enseignement occasionnel et concomitant risque souvent d\u2019être accidentel et insuffisant; pour être intégré parfaitement, il exige un travail considérable de coordination et de contrôle difficile à réaliser.D'autre part, à moins que ce soit distinctement, il n\u2019est guère possible de donner les cours nécessaires sur les services d\u2019hygiène publique.De sorte que, pour le moment du moins, malgré toute l\u2019intégration qu\u2019on pourra obtenir, il faut en plus enseigner l\u2019hygiène dans un cours systématique, même au risque de quelques répétitions.Dans ces conditions, on ne saurait se passer d\u2019un responsable de cet enseignement; en fait, plus il y a d\u2019intéressés qui y contribuent, plus les services d\u2019un coordonnateur sont indispensables afin d\u2019éviter les chevauchements inutiles autant que les points morts.GILBERT: ENSEIGNEMENT DE L\u2019HYGIÈNE AUX.323 Les qualifications à exiger chez une telle personne ne sont pas des plus faciles à trouver.Il faut que le sujet soit médecin-hygié- niste et qu\u2019il ait de l\u2019inclination et des aptitudes pour l\u2019enseignement.Il faut surtout qu\u2019il soit resté en contact avec la clinique, tout au moins dans les secteurs de la puériculture et des maladies contagieuses.I] doit jouir d\u2019un statut officiel auprès d\u2019un bureau de santé ou d\u2019une école d\u2019hygiène.Il aura accès au matériel humain, non seulement dans les salles d\u2019hôpitaux et les dispensaires, mais dans les diverses cliniques opérées par les services d\u2019hygiène.Il se trouvera par le fait associé à tous les efforts entrepris afin de résoudre les grands problèmes de la santé publique.ENSEIGNEMENT THÉORIQUE Hygiène personnelle Comme il a été dit, ces leçons doivent prendre place après l\u2019enseignement correspondant de la physiologie, et adopter autant que possible la même distribution.Elles doivent comporter les notions générales et les pratiques spéciales à certains âges ou à certaines conditions de la vie.Ce secteur devrait comprendre l\u2019enseignement sur l\u2019hygiène des grands systèmes de l\u2019organisme ainsi que sur l\u2019hygiène alimentaire et l\u2019hygiène mentale.On pourrait y placer l\u2019entraînement sur l\u2019examen médical préventif en utilisant comme champ d\u2019application le service de santé des étudiants.Dans certaines écoles, ce cours comporte quelques travaux de laboratoire, mais en en consultant la liste, on s\u2019aperçoit qu\u2019ils conviennent beaucoup mieux à un cours de physiologie pure et simple.On peut estimer à environ 45 le nombre d\u2019heures à attribuer à l\u2019hygiène personnelle pendant la deuxième année.Hygiène publique Sous cette rubrique on peut comprendre l\u2019organisation et le fonctionnement des services officiels et des organismes bénévoles de santé publique, plus quelques leçons sur la législation sanitaire d\u2019intérêt pour le praticien, et dont l\u2019enseignement n\u2019est pas intégré 324 aux autres cours.Il faut placer dans ce secteur les notions utiles sur la salubrité publique.Les méthodes statistiques nécessaires à toute discipline scientifique étant présumées connues, on exposera seulement leur application à la santé publique dans quelques données élémentaires sur les statistiques vitales.On ne voit pas de raison pour que la prophylaxie spéciale aux diverses maladies contagieuses ne soit pas enseignée en « pathologie médicale ».Il suffit, après cela, d\u2019en prendre une vue d\u2019ensemble dans quelques leçons d\u2019épidémiologie générale.Le secteur de l\u2019hygiène publique doit être placé au cours des années « cliniques » et certaines matières être rattachées à l\u2019enseignement correspondant de la pathologie.On lui accordera quelque 45 heures à l\u2019horaire.FORMATION PRATIQUE Exercices et projections Mention a déjà été faite du service de santé des étudiants comme champ d\u2019application des examens préventifs et des conseils individuels de santé.Il importe à l\u2019étudiant de rencontrer professionnellement des personnes normales et des malades dont l\u2019affection débute.On peut citer aussi comme exemples les exercices qui consistent à indiquer, selon la nomenclature internationale, la ou les causes de décès sur les bulletins démographiques, en vue de la compilation des statistiques vitales.Le nombre de films traitant d\u2019hygiéne et pouvant servir à la formation médicale est assez restreint.Cependant si on n\u2019objecte pas à la projection de films anglais, on pourrait en utiliser un certain nombre.Si un tel film pouvait tenir lieu de visite d\u2019observation, il ne faudrait pas hésiter; et il en est sûrement qui pourraient compléter et parfois remplacer avantageusement certaines leçons didactiques.Visites d\u2019observation Les visites d\u2019observation sont assez à la mode en certaines écoles et elles ont d\u2019ailleurs une réelle valeur.Mais quand il s\u2019agit d\u2019une classe de 100 élèves à répartir en 5 groupes de GILBERT: ENSEIGNEMENT DE L\u2019HYGIÈNE AUX.L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 20 pour chaque visite, cela devient compliqué et il ne faut pas en abuser.D'ailleurs certaines visites peuvent être remplacées par la pro- Jection d\u2019un film devant toute la classe.Il y a surtout des visites qu\u2019il faut rejeter catégoriquement, ce sont celles où il n\u2019y a rien à observer.S\u2019il s\u2019agit simplement d\u2019écouter un directeur de service décrire son programme, qu\u2019on l\u2019invite comme conférencier si nécessaire, plutôt que lui envoyer cent élèves en cinq groupes pour qu\u2019il répète cinq fois son boniment.Qu\u2019on limite donc les visites aux établissements où un programme de travail doit être observé en action dans ce milieu.Les élèves doivent alors se former en petits groupes et être accompagnés du chargé de cours responsable de l\u2019enseignement théorique (professeur d'hygiène maternelle pour la visite d\u2019une consultation pré-natale; professeur d\u2019hygiène infantile pour une consultation de nourrissons; ete.).Il y à certainement avantage à ce que les élèves assistent à une clinique préventive de chaque catégorie (pré-natale, infantile, antituberculeuse, dentaire, mentale, etc.); mais tout cela peut être observé avec participation dans un stage dont il sera question plus loin.On peut suggérer comme pouvant faire l\u2019objet de visites d\u2019observation: une usine de pasteurisation, une usine de filtration, une usine d\u2019épuration, un abattoir sous contrôle fédéral, un service médical industriel, un laboratoire de contrôle sanitaire (bactériologique, chimique et sérologique).Clinique L'enseignement au lit du malade serait le progrès de beaucoup le plus marquant dans le domaine de la médecine préventive.Il a été suggéré précédemment que la prophylaxie spéciale à chaque maladie contagieuse soit enseignée dans le cours de pathologie médicale; il s\u2019ensuit qu\u2019il faut de toute nécessité revenir sur ces points en clinique des maladies contagieuses.On conçoit aussi que le professeur d\u2019hy- L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 giène soit chargé d\u2019une clinique de médecine préventive.Il rechercherait dans les salles les cas qui se prêteraient à un tel enseignement (même s\u2019ils sont là pour toute autre raison) et n\u2019aurait pas difficulté à y trouver des cas débutants de maladies de dégénérescence, des affections qui auraient pu être prévenues, d\u2019autres qui présentent un intérêt épidémio- logique, des problèmes d'hygiène mentale, d\u2019hygiène personnelle ou de prophylaxie individuelle, des cas de malnutrition plus ou moins frustres, des parasitoses, des accidents évitables, ete.La clinique offre en plus l\u2019occasion de compléter l\u2019enseignement sur certains aspects de la médecine.L\u2019étudiant qui rédige une observation médicale ne doit pas se contenter de noter brièvement les principaux antécédents organiques, personnels et familiaux; 1l doit étudier les facteurs qui, dans le milieu familial, professionnel, et social, ont pu provoquer ou aggraver la maladie et qui peuvent retarder la guérison ou empêcher la réadaptation du malade.Il serait très utile que chaque étudiant fût obligé de suivre un cas, pendant des mois s\u2019il le faut, avec la collaboration du service social, afin de reconnaître les éléments, sociaux et économiques, qui ont pu modifier adversement la maladie.Son observation comporterait naturellement la visite du domicile du malade et, le cas échéant, celle des œuvres d\u2019assistance qui l\u2019ont secouru.Le rapport à rédiger pourrait ensuite être discuté en séminaire, afin d\u2019analyser les causes contributives de l\u2019affection, les circonstances de son évolution, ce qui aurait pu être fait pour la prévenir, ce qui a été fait ou aurait dû l\u2019être pour la protection de l\u2019entourage et de la collectivité.STAGE La cinquième année d\u2019études médicales en est une d\u2019internat dans plusieurs services, les stages étant partagés entre la médecine, la chirurgie, l\u2019obstétrique, la pédiatrie, et une au choix parmi les spécialités.Parmi ces spé- GILBERT: ENSEIGNEMENT DE L\u2019HYGIÈNE AUX.325 cialités devrait figurer l\u2019hygiène publique.Un service d'hygiène est une véritable clinique de santé publique et le futur praticien gagnerait à y faire un stage d\u2019observation avec participation active au travail.Il devrait y séjourner le temps suffisant pour parcourir le cycle normal des activités qui s\u2019y déroulent, en fait de cliniques, d\u2019administration, de visites, d\u2019inspections, et d\u2019éducation.Un tel stage devrait durer deux semaines au minimum et pourrait s\u2019étendre sur un mois.L'étudiant devrait rédiger un rapport de ses observations, à être corrigé par le professeur d\u2019hygiène; à qui l\u2019officier médical adresserait son appréciation sur l\u2019application du stagiaire pendant son séjour.Dans certains pays ce stage est obligatoire et dans au moins une université (Taita National University School of Medecine, Taipeh, Formosa) on lui attribue deux fois plus de crédits qu\u2019à tout autre stage.Le plan général d\u2019enseignement de l\u2019hygiène aux étudiants en médecine qui vient d\u2019être décrit doit être complété par des listes de leçon; c\u2019est là une tâche relativement facile et qui constitue le premier devoir du professeur d'hygiène.Quant aux détails de son application, ils doivent forcément s\u2019adapter aux conditions de chaque pays et aux ressources de chaque institution.L'hygiène et la médecine ont un commun objectif qui est de faire reculer la maladie et la mort, de réduire le plus possible les souffrances évitables et les décès prématurés; toutefois la conservation du capital humain ne saurait être l\u2019œuvre de quelques hygiénistes, c\u2019est aussi une tâche pour la masse des praticiens.Ceux-ci s\u2019y adonneront consciencieusement quand on aura su leur donner une mentalité favorable au cours de leur formation professionnelle.APPENDICE Cours d'hygiène aux étudiants en médecine Distribution horaire approximative Hygiène personnelle : 45 heures Hygiène physiologique Hygiène alimentaire Hygiène mentale 15 heures 15 heures 15 heures 326 Hygiène publique: 45 heures Services d'hygiène publique 10 heures Législation sanitaire seen 5 heures Démographie .\u2026.\u2026\u2026\u2026rrrrrerrnencenssrcrsssncenseece 5 heures Epidémiologie .\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026rrerersesesenseneennes 5 heures Salubrité publique .ccooeeveveieenne.5 heures Hygiéne de la maternité et de l\u2019enfance \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026sse 10 heures Hygiène industrielle en 5 heures Formation pratique : 45 heures Exercices et projections 15 heures Visites d\u2019observation ne 15 heures CIIDIQUE .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026recrecrrerereresenrersencensesenes 15 heures BIBLIOGRAPHIE H.E.HILLEBOE: Public Health Training of General Practitioners (Working paper).Albany.New York State Health Dept, 1957, 14 pp.GILBERT: ENSEIGNEMENT DE L\u2019HYGIÈNE AUX.L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Seminarios sobre la ensenanza de medecina preven- twa.Washington.Officina sanitaria panamerica- na.No 28, 1957.48 pp.Preventive Medicine in Medical Schools.Report of Colorado Springs Conference, novembre 1952, Waverly Press, Baltimore, Md., 1953, 123 pages.W.SCHOTTSTAEDT et S.WOLFE: Collaboration of the Medical School and the Health Department in Teaching Medical Students.Am.J.Public Health, 45: 1097, 1955.O.M.S.: Comité d\u2019experts pour la formation professionnelle et technique du personnel médical et auxiliaire.Rapports techniques no 22, 1950 et no 69, 1953.LE BILAN-SANTÉ DE MONTRÉAL EN 1957 ! Ad.GROULX, Directeur du Service de Santé de la Ville de Montréal.De nouveau, les statistiques démographiques nous démontrent que l\u2019état de santé général de la population de Montréal est bon et s\u2019améliore constamment.En dépit de la pandémie d\u2019influenza (grippe) qui a sévi au cours de l\u2019automne 1957, le bilan-santé s\u2019est maintenu satisfaisant et à même fait de nouveaux gains dans certains domaines de l\u2019hygiène publique.Je désire souligner certains faits saillants parmi lesquels nous notons d\u2019abord une augmentation marquée du total des naissances, qui s\u2019est élevé en 1957 à 30,390 et a porté son taux à 27 naissances vivantes par 1,000 de population; ce qui veut dire une augmentation de 1,753 naissances.D'autre part, il y a eu 10,159 décès établissant un taux de 9 décès par 1,000 de population, alors que ce taux s\u2019élevait à 8.7 en 1956.Il en résulte cependant une augmentation du taux d\u2019accroissement naturel de la population ou d\u2019excédent des naissances sur les décès, 1.Causerie prononcée à l\u2019émission « Tribune des Conférenciers de CKAC \u2014 Quart d\u2019heure de Con- cordia », lundi, le 20 janvier 1958, à 10 h.30 p.m.soit 18 par 1,000 de population en 1957, comparé à 17.1 en 1956, soit 20,231 personnes de plus.Pour la première fois, à Montréal, le nombre des décès maternels s\u2019est élevé à 21 et a atteint un taux de mortalité aussi bas que 0.69 par 1,000 naissances vivantes, ce qui constitue une légère diminution sur l\u2019année 1956, conséquence d\u2019une surveillance médicale plus assidue et de soins maternels plus adéquats.La mortalité infantile, c\u2019est-à-dire les décès survenus chez les bébés âgés de moins d\u2019un an (0-1 an), est descendue de nouveau en 1957, avec un taux de 29.0 par 1,000 naissances vivantes, comparativement à 29.8 en 1956.Le principal problème ici demeure celui de la prématurité et des causes congénitales et in- tranatales de décès du nouveau-né.La mortalité par tuberculose accuse encore une nouvelle réduction pour la douzième année consécutive avec un taux de 10.3 par 100,000 de population et 116 décès (comparativement à un taux de 12.0 ou 133 décès en 1956).Pour la première fois dans notre ville, L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 cette maladie n\u2019apparaît pas parmi les principales causes de décès.D'autre part, le nombre des cas nouveaux de tuberculose pulmonaire, selon le degré d\u2019apparition de la maladie, et de tuberculose non pulmonaire, enregistré en 1957 a diminué; il s\u2019établit à 1,116 cas, comparativement à 1,336 en 1956.Pour la cinquième année consécutive, il n\u2019y eut à regretter aucun décès attribuable à la diphtérie (et un seul cas a été rapporté au cours de l\u2019année 1957).Un autre fait saillant très remarquable est la diminution du nombre de cas de poliomyélite de 19 cas rapportés en 1956 à 6 cas seulement en 1957.Il n\u2019y eut qu\u2019un seul décès attribuable à cette maladie en 1957.L\u2019intensification de la campagne de vaccination antipoliomyélitique au cours de l\u2019année 1957 est certainement en partie responsable de cette diminution de la mortalité de la paralysie infantile.Autre fait statistique important à noter: il n\u2019y a eu, en 1957, que 15 décès attribuables aux maladies contagieuses ordinaires (la grippe exceptée).L\u2019influenza ou la grippe a été responsable, en 1957, de 62 décès et la pneumonie de 216 décès, comparativement à 22 décès attribuables à l\u2019influenza et 237 à la pneumonie en 1956.Cette augmentation du nombre de ces décès est attribuable à la pandémie d\u2019influenza du type asiatique qui a sévi à Montréal à l\u2019état épidémique depuis la mi-septembre jusqu\u2019à la fin d\u2019octobre.Cependant, une comparaison du nombre des décès survenus au cours des dernières épidémies de 1946 et de 1951 avec ceux de 1957, souligne la forme bénigne de cette dernière épidémie, ainsi que l\u2019indiquent les chiffres suivants: en 1946, 580 décès étaient attribuables à la grippe et à la pneumonie, en 1951, 534 étaient attribuables à ces deux causes et en 1957, 278 décès leur étaient attribuables.La baisse des maladies infectieuses et contagieuses est attribuable largement au travail d\u2019éducation et au programme de vaccination et d\u2019immunisation établi, conjointement avec un contrôle judicieux de ces maladies exercé GROULX: BILAN-SANTÉ DE MONTRÉAL EN 1957 327 par les médecins et les infirmières du Service de santé et la collaboration des médecins en clientèle.Ainsi, plus de 22,836 vaccinations contre la variole ont été pratiquées, et 18,870 immunisations contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos ont été complétées par le personnel du Service de santé.De plus, 33,814 enfants ont reçu 2 doses de vaccin Salk contre la poliomyélite, alors que 3,869 enfants, ayant déjà reçu deux doses en 1956, recevaient une troisième dose du même vaccin en 1957.À ce programme, ajoutons 13,329 vaccinations par le BCG faites dans les consultations municipales et les écoles.Un programme de vaccination contre la grippe asiatique a été entrepris au cours des derniers mois de l\u2019année, en octobre, novembre et décembre 1957, permettant de vacciner environ 10,000 personnes appartenant à divers services essentiels.Un examen attentif des dix premières causes de décès nous permet d\u2019observer que les trois premières places sont encore occupées en 1957 par les maladies du cœur et les lésions vasculaires cérébrales, le cancer et les accidents qui accusent chacune une augmentation quant au nombre de décès et au taux de mortalité, ce qui explique la hausse du taux général des décès en 1957.En effet, les maladies du cœur et des vaisseaux passent du taux de 403.1 en 1956 à 417.5 par 100,000 de population en 1957; le cancer occupe le 2° rang avec un taux passant de 159.4 à 163.3 par 100,000 de population et les accidents au 3° rang avec un taux de décès qui passe de 39.5 à 45.7 par 100,000 de population.Le diabète a aussi augmenté en 1957 et son taux de mortalité se chiffre à 17.5 par 100,000 de population, comparativement à 158 en 1956.Les maladies de l\u2019adulte constituent actuellement un problème qui prend de plus en plus d'importance et auquel les médecins et les hygiénistes s\u2019intéressent davantage.Des personnes dévouées au bien-être de leurs semblables offrent leurs services à des organisations, à des sociétés qui ont pour but de coopérer avec les services de santé et de les seconder 328 par leurs travaux de recherche et d'éducation.De l\u2019ensemble de toutes ces statistiques découle donc une amélioration sensible dans l\u2019état de santé général de nos concitoyens.Le taux de mortalité générale de 9 par 1,000 de population indique inversement une longévité enviable et se compare facilement cet avantageusement avec le même taux de mor- GROULX : BILAN-SANTÉ DE MONTRÉAL EN 1957 L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 talité de la plupart des grandes villes canadiennes et américaines.L'état de prospérité qui se maintient actuellement et l\u2019affluence à Montréal de jeunes couples d\u2019émigrants sont les principaux facteurs de la hausse des naissances et de l\u2019augmentation de l\u2019accroissement naturel de la population que je vous ai signalée plus haut.L'HYGIÈNE MENTALE À L'ÉCOLE PRIMAIRE ! J.-E.-A.MARCOTTE, Psychiatre-en-chef, Section de l\u2019hygiène mentale, Service de Santé, Ville de Montréal.S1 les cinq ou six premières années de vie de l'enfant, vécues sous l\u2019influence à peu près exclusive de la famille, doivent être considérées comme les plus importantes, en accord avec la psychologie moderne et l'hygiène mentale, pour la formation de la personnalité parce que c\u2019est alors qu\u2019en sont véritablement jetées les bases, ces années subséquentes, de 6 à 12 ans en moyenne, qui constituent la période scolaire primaire, ont aussi une importance considérable.Ce sont des années de solidification ou d\u2019ébranlement des fondations déjà posées, de continuation même des premières structures ébauchées, dans les deux plans psychique et physique.Il faut bien voir la réalité pour ce qu\u2019elle est, constater que, sur des fondations solides, on peut aussi bien élever une structure laide et branlante que poursuivre la mise en train normale, se rendre compte, également, et heureusement, que des fondations qui laissent à désirer peuvent être renforcées, que sur elles on peut bâtir en équilibrant, en redressant, pour achever quelque chose d\u2019harmonieux et de fort.D\u2019où le souci qu\u2019entretient l'hygiène mentale, qu\u2019elle partage d\u2019ailleurs avec les vrais éducateurs, touchant ces premières années à l\u2019école, ces années de premier contact avec un aspect assez représentatif de la vie qui attend l\u2019humain dans la société, plus tôt qu\u2019il ne le réalise.1.Causerie prononcée à l\u2019émission « Tribune des Conférenciers de CKAC \u2014 Onart d\u2019henre de Con- cordin.lundi.le 16 septembre 1957.à 10 h.30 du soir.Pour que cette période scolaire primaire, ces années de formation autant, sinon plus, que d'instruction, contribuent, comme elles le doivent dans l\u2019attente des parents et des éducateurs, à l\u2019affermissement et au développement de la personnalité d'êtres normaux, solides, 11 est indispensable: 1.de bien connaître l\u2019enfant, ses besoins, ses réactions, à cette période de sa vie; 2.de comprendre et d\u2019adopter les sentiments, les attitudes qui découlent naturellement de cette connaissance.C\u2019est ce que nous allons maintenant tâcher d\u2019exposer, même si c\u2019est de façon un peu brève et schématique à cause des limites de temps qui nous sont imposées.Voici d\u2019abord quelques traits caractéristiques de la personnalité, en pleine transformation, de l\u2019enfant de 6 à 12 ans et les besoins qui en sont les conséquences naturelles: On assiste à un ralentissement du développement jusqu\u2019ici précipité de l\u2019être humain: l\u2019enfant est moins pressé de satisfaire ses besoins instinctifs, 11 peut attendre sans trop de danger d\u2019anxiété, même accepter des substituts à certaines satisfactions.Les énergies qui accompagnent ses besoins instinctuels s\u2019orientent vers les contacts sociaux.introduction dans les groupes, vers l\u2019acquisition de nouvelles connaissances, vers le savoir qu\u2019on lui a dit venir de l\u2019école.Done on le voit rechercher la sécurité dans l\u2019anprobation des sujets de son âge d\u2019abord.mais des adultes aussi.de nouveaux adultes L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 qui sont surtout les éducateurs.Cette approbation, il en veut la preuve de l\u2019acceptation du groupe de la rue, mais aussi du plus grand groupe de l\u2019école qui comprend les maîtres.Il ne cherche pas le groupe seulement pour se sentir en sûreté, mais parce qu\u2019il a besoin de donner quelque chose de lui-même aux autres.Son besoin de savoir englobe les adultes qu\u2019il veut comprendre en les imitant, des usages et coutumes du monde qu\u2019il veut contrôler en les acceptant.Il avait grandi psychologiquement, moralement, jusque-là en imitant ses parents, en s\u2019identifiant à eux, parce qu\u2019il les aimait, les admirait: il lui faut de nouveaux héros et plus ils seront vivants, de son temps, à portée d\u2019atteinte, mieux il les adoptera.Sa conscience, qui était jusqu\u2019ici faite surtout des ordres et des défenses des parents, des conséquences dangereuses de ses actes, devient graduellement personnelle, indépendante, c\u2019est-à-dire qu\u2019il accepte ou rejette des actes parce qu\u2019il comprend maintenant lui- même leur valeur, tout en cherchant à comprendre et suivre les préceptes moraux, les principes de justice des adultes, dont il a encore besoin, mais qu\u2019on ne peut plus simplement lui imposer par la force.Mais c\u2019est encore un âge d\u2019incertitudes, de conflits de sentiments et d\u2019idées, de dangers d\u2019association à des compagnons indésirables, d'imitation d\u2019adultes posant des exemples d\u2019injustice, de force qui prime le droit, de richesse matérielle qui semble toute puissante.C\u2019est encore une période de changements, d\u2019oscillations du noble au vulgaire, du grossier au sublime, qui déroutent et découragent souvent les adultes; c\u2019est une phase d\u2019essais et d\u2019erreurs.L\u2019enfant a l\u2019air de faire un bond en avant pour devenir un adulte; puis, c\u2019est comme s\u2019il avait peur de toute la responsabilité qu\u2019il ne fait qu\u2019entrevoir pour retourner un instant à un âge moins exigeant.Il éprouve encore des besoins d\u2019enfants qu\u2019il lui faut satisfaire au passage, mais il n\u2019y trouve plus la même satisfaction; il revient à son apprentissage d'homme, mais il faut bien se rendre compte que ce n\u2019est encore qu\u2019un apprentissage et difficile encore.MARCOTTE: L\u2019'HYGIÈNE MENTALE À L'ÉCOLE.329 Pour la plupart des enfants, les années préscolaires ont comporté des expériences quelque peu dures, décevantes, devant les erreurs de formation plus ou moins sérieuses de certains parents.Il n\u2019y a donc rien d\u2019étonnant que ces enfants conservent des sentiments de crainte avec des tendances à se défendre en attaquant, d\u2019où ces poussées d\u2019hostilité contre les adultes se traduisant par trop de tapage, des actes de destruction, de la délinquance même parfois.Quels sentiments, quels traits de caractère, quelles attitudes conséquentes, doit-on s\u2019attendre à trouver, chez les parents et les éducateurs pour permettre aux enfants de progresser normalement à travers l\u2019âge scolaire primaire?Il importe de rendre plus facile le passage du foyer à l\u2019école, en ne menaçant pas les enfants de cette dernière comme d\u2019une punition, d\u2019un séjour dans un milieu hostile ou même vengeur; il est naturellement indiqué d\u2019adapter la discipline et l\u2019enseignement à la vraie psychologie de l\u2019enfant, de lui donner le temps nécessaire de se faire à de nouvelles obligations qui ne devront pas dépasser ses capacités, non plus.Parents et éducateurs devront se montrer humains, compréhensifs, tolérants et patients; s\u2019efforcer d\u2019être des modèles qui appellent l\u2019imitation par l\u2019admiration, l\u2019affection, non des agents de la force imposant des règles de conduite auxquelles le grand privilège de l\u2019adulte est d\u2019échapper.I] faudra permettre et faciliter les contacts des enfants avec des amis qu\u2019ils choisiront, sans que de vains intérêts de fortune, de prestige social, de préférence personnelle, ne soient dressés comme autant d\u2019obstacles par les parents.Ces parents devront accepter que les compagnons de leurs enfants paraissent compter plus qu\u2019eux-mêmes, pour le moment.Et pour conserver leur prestige auprès de leurs enfants, ils profiteront de toutes les occasions possibles pour partager avec eux des travaux, des responsabilités comme des joies de la maison.Tl faudra s\u2019abstenir de trouver ridicules leurs récits, ne pas toujours répondre par des critiques, des condamna- 330 tions, savoir plutôt laisser les fauteurs réfié- chir et se critiquer eux-mêmes sans humiliation inutile.Il importe, à cette période, d\u2019éviter des critiques toujours plus ou moins fondées, des manifestations de haine à l\u2019adresse de certains individus, de certains groupes de races ou de religions différentes: c\u2019est souvent fournir des occasion de poussées d\u2019agression aux enfants, surtout les bien mal préparer à vivre dans un monde dangereux parce que, déjà, trop de groupes sont tournés les uns contre les autres.Les parents seconderont ouvertement l\u2019école et les éducateurs, s\u2019abstiendront de critiques verbales stériles, mais interviendront privé- ment quand il y aura indication: l\u2019éducation de leurs enfants, les revendications légitimes en leur faveur, sont au nombre de leurs droits et de leurs devoirs.La discipline scolaire devra être conçue et appliquée par les éducateurs, acceptée ou réprouvée par les parents, en fonction de son objet véritable: le développement du sens social, de l\u2019intérêt du groupe, de la solidarité: les habitudes de discipline ne doivent pas être recherchées pour elles-mêmes, mais pour le bien du groupe en passant par celui de l\u2019individu.Pour en connaître toute la valeur, pour mieux apprendre à l\u2019accepter comme à la faire respecter, les enfants devraient participer à la discipline de leur école, comme ils participent à sa sécurité à certains points de vue, à ses succès et à son bon renom.Enfin, pour assurer la santé mentale de l'enfant à cette phase de sa vie, parents et éducateurs qui sont responsables de sa formation, doivent posséder ou développer les traits de caractère et de personnalité que voici: La clairvoyance, c\u2019est-à-dire la capacité de prévoir, comprendre et accepter, chez l\u2019enfant, une conduite surprenante, inconséquente, changeante, des essais d\u2019émancipation trop rapide et de retours À une dépendance trop enfantine.des révoltes contre certaines pressions de l\u2019adulte: T\u2019humour, la capacité de se détacher de soi, d\u2019oublier pour un moment son importance, de s\u2019amuser de sa propre vanité.de recon- MARCOTTE : L'HYGIÈNE MENTALE À L'ÉCOLE.L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 naître avec un sourire ses nombreuses faiblesses, de comprendre que certaines réactions de l\u2019enfance nous déplaisent surtout parce que nous les croyons conscientes de nos travers, de nos erreurs, et justement dirigées contre ce que nous n\u2019aimons pas en nous-mêmes.En somme, être capable de tolérance en se rappelant ce qu\u2019on a été soi-même, ce qu\u2019on a véeu ou désiré vivre à cette période de premier affranchissement normale mais sans expérience; La fermeté dans les exigences raisonnables, justes, dans les directives comme les sanctions, mais la précaution d\u2019être patient, de savoir donner le temps à l\u2019enfant de surmonter son premier mouvement de résistance, car c\u2019est surtout de cette façon qu\u2019il croit devoir s\u2019affirmer; La charité véritable qui ménage les susceptibilités de l\u2019enfant, qui s\u2019abstient de remarques humiliäntes sur ses gaucheries, son manque d\u2019expérience, ses incertitudes, sa faiblesse physique, ses retards et ses défauts de croissance.Enfin, en appliquant à l\u2019enfance d\u2019âge scolaire ces mesures d\u2019hygiène mentale qui lui sont plus particulières, il nous faut être conscients, parents et éducateurs, que nous travaillons au bien commun, celui de la famille, de la société, de la nation, que ce bien commun dépend dans une large mesure de la sécurité de chacun, comme de tous, que nous, adultes, sommes censés en posséder plus que les enfants, que nous pouvons l\u2019augmenter chez eux en mettant à leur disposition des valeurs, valeurs matérielles nécessairement, mais spirituelles encore plus et, reconnaissons-le avec courage, ce sont de ces valeurs spirituelles que nous manquons le plus dans notre temps.Si donc nous ambitionnons des enfants solides, désireux de se transformer en hommes forts, montrons-leur, faisons leur sentir, par l\u2019exemple, la conviction.que la confiance mutuelle, la satisfaction de bien faire ce que l\u2019on a à faire, de donner en proportion de ce que l\u2019on veut recevoir, valent plus que l\u2019apparence de la richesse et de la puissance que donnent la somptueuse maison, la grosse automobile, les habits tapageurs, et l\u2019argent jeté sans compter pour épater les autres. >= EBT \u201d VARIETES + à.+ DISCOURS PRONONCÉ PAR LE DOCTEUR RAOUL KOURILSKY ! Je ne cacherai point la grande joie que j\u2019ai devant l\u2019honneur que me fait la plus puissante Université de Langue Française d\u2019Amérique de me compter parmi ses membres.Je suis certes, heureux et fier, d\u2019y rejoindre tant de vrais amis canadiens, et un Maître universellement respecté.Mais je sens bien qu\u2019au delà de ma personne, c\u2019est à la France, que vous avez voulu vous adresser, et marquer de solennité une ère des relations franco-canadiennes, pendant laquelle nos efforts furent fraternellement associés.* * * Dans une esquisse historique saisissante, le Vice-Doyen le Professeur Roger Dufresne, a retracé la pénible évolution de la Faculté de Montréal, depuis la fondation en 1843, par des praticiens de Montréal, presque tous Anglais, d\u2019une école de Médecine bilingue: \u201cThe School of Medecine et Surgery\u201d de Montréal.Cette création venait 14 ans après la fondation de la \u201cMontreal Medical Institution\u201d exclusivement anglaise celle-là et rattachée au college James McGill.Mais que de vicissitudes entre cette première aspiration à la culture médicale, par la voie du bilinguisme et la belle institution de Langue Française que nous connaissons aujourd\u2019hui! Que de difficultés: financières, politiques, matérielles! Dépendants, d\u2019abord du \u201cMontreal General Hospital\u201d, les Médecins et les Etudiants furent admis en octobre 1850 à l\u2019Hôtel-Dieu, et la seule école qui consentit à décerner son diplôme aux élèves de l\u2019Ecole de Médecine Française et catholique de Montréal, fut, en 1866, l\u2019University Victoria College \u2014 ce qui valut à l\u2019Ecole française le nom de Victoria.1.A l\u2019occasion de la Remise du Diplôme de Docteur Honoris Causa, le jeudi 3 octobre 1957, par Monseigneur Irénée Lussier, recteur de l\u2019Université de Montréal.En 1876, le Pape Pie IX autorisa la création 4 Montréal d\u2019une succursale Universitaire de l\u2019Université Laval de Québec, fondée en 1852.Celle-ci forma une filiale Médicale Montréalaise, qui envoya ses élèves, en 1880, à l\u2019Hôpital Notre-Dame.Ce n\u2019est qu\u2019en 1890 que fut sanctionnée l\u2019union de l\u2019ancienne école et de la nouvelle.À la même époque la France, connaît un merveilleux épanouissement médical et scientifique.Rien n\u2019est plus bouleversant pour un Fran- cals, que de relire les actes des extraordinaires découvertes qui jaillirent alors de notre sol.Pendant cette courte trêve de cinquante ans à peine, notre pays ne connut point la guerre; l\u2019équilibre économique permettait aux Universités de vivre sans anxiété; aux Professeurs et aux Savants de se vouer tout entier à leur idéal de grande culture intellectuelle et de Science.Pendant le même temps, en Médecine et ailleurs quelques-unes des plus belles intelligences et des plus beaux caractères de l\u2019Humanité apparurent en France.Une fièvre de savoir et de création emportait les élites scientifiques.Ce furent Claude Bernard, Pasteur; et la lignée des grands cliniciens, qui après avoir approfondi la méthode anatomo- clinique, se lancèrent eux-mêmes dans la grande Biologie médicale: Trousseau, Widal, Chauffard, Gilbert, et leurs écoles.Aussi, ce fut en France que les jeunes Professeurs canadiens de la Faculté de Médecine allèrent s\u2019instruire \u2014 Ils le firent au prix de sacrifices personnels et financiers de tous ordres et en s\u2019aidant de leur clientèle par intermittence pour pouvoir vivre \u2014 Ils installèrent à leur retour les laboratoires nouveaux d\u2019histologie, de bactériologie et d\u2019anatomie pathologique. 332 Les noms des doyens, de Lotbiniére-Har- wood, Parizeau et Albert LeSage sont liés à cette période, qui se prolongea après la première guerre mondiale jusqu\u2019en 1939.Les échanges avec la France connurent alors leur apogée.Cependant qu\u2019un de nos plus grand anatomo-pathologiste français \u2014 et maintenant du monde \u2014 le Professeur Masson, quittait Strasbourg pour Montréal, les cliniciens français rendaient visite au Canada et accueillaient ensuite chez eux les nombreux médecins canadiens qui voulaient étudier en France.Parmi eux, mon Maître, le Professeur Emile Sergent, grand clinicien s\u2019il en fut, Canadien d'élection, docteur « Honoris Causa » des deux Universités canadiennes-françaises, s\u2019attacha à cultiver les relations franco-canadiennes.C\u2019est chez lui que j'ai connu personnellement la plupart de nos amis actuels de l\u2019Université, et en particulier, Paul Robert qui poussa le courage jusqu\u2019à concourir et à réussir à l\u2019Internat de Médecine de Paris, et qui fut Chef de Clinique du Professeur Sergent.J\u2019eus ainsi l\u2019occasion d\u2019aider un grand nombre de Médecins, dont l\u2019orientation se faisait bénévolement dans le Service, sans plan d\u2019ensemble, ce qui, déjà, ne laissait pas de me surprendre.Je citeral aussi mon autre Maître le Professeur Lemierre, mort l\u2019an dernier, disciple de Widal, véritable biologiste, clinicien et logicien, grand ami du Canada, chez qui je me liai d\u2019amitié avec notre Collègue Roméo Boucher.* * ¥* Dans la joie, dans l\u2019enthousiasme, dans la sécurité d\u2019une langue commune, Universités Canadiennes et Françaises se soutenaient l\u2019une et l\u2019autre.Mais, dans l\u2019ivresse de la victoire, à la faveur de la détente nerveuse qui suivit l\u2019effrayant et méthodique massacre de 1914- 1918, la France continuait de vivre, comme si rien n\u2019avait eu lieu.L\u2019hémorragie de ses forces se poursuivait pourtant.Les dix ans qui suivirent la guerre furent employés à la reconstruction des régions dévastées, que les Allemands éludèrent par une banqueroute calculée.Les fonds manquaient pour l\u2019outillage DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 des Facultés de Médecine.Frappés par une dévaluation monétaire sans précédent, les professeurs menèrent une vie précaire et se trouvèrent dans la gêne \u2014 sinon tout à fait pauvres.Dans les Universités, dans les Instituts, les rémunérations étaient si faibles, qu\u2019il était, au sens strict, impossible de vivre.Les plus ardents des Médecins n\u2019en pouvaient mais: ils durent faire leur vie en clientèle.Sous les yeux clairvoyants et critiques des jeunes gens que nous étions alors, la dégradation s\u2019accentuait derrière la façade glorieuse.Ce ne fut qu\u2019entre 1930 et 1934 \u2014 la reconstruction terminée \u2014 que quelques crédits vinrent enfin irriguer les Universités.Mais, en 1934, ce fut Hitler; l\u2019option guerrière d\u2019une Allemagne dont on avait soutenu la renaissance économique.De nouveau, chez nous, les crédits s\u2019asséchèrent, afin de se préparer à soutenir le choc.Du point de vue universitaire, l\u2019entre-deux guerres avait été pour nous une catastrophe.Mais la conjoncture européenne était si tendue et si fatale, que le cri d\u2019alarme du dernier Français, qui reçut le prix Nobel de Médecine, Charles Nicolle \u2014 à qui je suis resté toujours profondément reconnaissant de m\u2019avoir honoré de son amitié malgré ma jeunesse, ne fut pas entendu: « Aveugles », s\u2019écriait-t-il dans sa leçon inaugurale au Collège de France en 1934, « Aveugles! qui ne voyions pas que tout changeait autour de nous ».¥* * * Et ce fut la deuxième guerre mondiale.D'immenses événements balayèrent le monde.Nous flimes coupés du Canada pendant quatre ans: étouffés sous une occupation militaire qui supprima toute possibilité d\u2019un travail scientifique digne de ce nom.Au surplus, l\u2019angoisse de notre destin ne laissait guère de liberté à nos pensées.Il fallait lutter d\u2019abord, et puis vivre, ou plus sûrement survivre.Au même moment, l\u2019essor, déjà visible avant-guerre de la médecine américaine, rigoureusement fondée sur la doctrine de Claude L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Bernard, exploitée par système jusqu\u2019à ses extrêmes conséquences, prit une ampleur extraordinaire \u2014 que l'intensité de la préparation à la guerre exalta encore.Livrés à eux-mêmes, loin de la France abattue, les médecins canadiens s\u2019instruisirent en Amérique toute proche.L\u2019attrait qui s\u2019exerçait sur eux ne pouvait être qu\u2019irrésistible : pendant qu\u2019entre deux guerres, nos Universités avaient végété, l\u2019impulsion et la richesse américaine avaient fait surgir des hôpitaux et des écoles de médecine si méthodiquement organisés, que rien n\u2019était laissé au hasard.En 1946, mon Maître Sergent étant mort d\u2019épuisement pendant l\u2019occupation, je fis partie de la première mission qui renoua les relations franco-canadiennes, à l\u2019occasion du XVIIIe Congrès des Médecins de Langue française et je pus mesurer l\u2019ampleur du désastre.Cependant qu\u2019une gigantesque Université Canadienne Française s\u2019était élevée sur le Mont- Royal, les jeunes Médecins canadiens désorientés, faisaient comparaison entre la splendeur américaine toute proche et une médecine française affaiblie.Beaucoup doutèrent qu\u2019elle pût jamais se ressaisir.Jamais, je n\u2019ai mieux mesuré la ferveur de l\u2019attachement à la France de la plupart des médecins canadiens français; ils nous ont donné une preuve de véritable amour, car ils nous ont :vus dans le dénuement; ils ont connu nos fautes; ils mesuraient trop bien \u2014 mieux que beaucoup en France \u2014 le retard que nous avions apporté à la création d\u2019une médecine moderne, \u2026 et ils ne nous ont pas rejetés.Ce furent au contraire les excessifs, les systématiques, ceux qui voulaient abandonner la culture française, qui furent, ici même, repoussés.Le conflit fut dur: beaucoup de nos amis, qui sont ici, peuvent porter témoignage.* * * De tous les côtés, ensuite, on s\u2019efforça à la coordination entre les institutions canadiennes et la médecine française.Isolées ou conjuguées, les initiatives se multipliaient.DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY 333 Sur le plan montréalais, celle de notre collègue Roméo Boucher, qui fit venir chaque année depuis 1948, un jeune médecin des hôpitaux ou un jeune agrégé de Paris, pendant deux mois ou plus, fut une des premières en date.Groupant les médecins locaux, rayonnant dans toute la province avec une activité extrême, l\u2019équipe franco-canadienne ainsi constituée a fait un travail remarquable, auquel doit être rendu un hommage bien mérité.Sur un plan plus général, notre collègue Donatien Marion, qui présidait alors aux destinées de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, en même temps qu\u2019il assurait l\u2019importante fonction universitaire de gouverneur, réussit à organiser un meilleur accueil des médecins canadiens en France.En 1949, il obtint, avec son groupe d'amis fidèles, la création par le doyen de la Faculté de Médecine de Paris, le Professeur Léon Bi- net, d\u2019une Commission d\u2019Orientation siègeant à la Maison Canadienne, que j'ai l\u2019honneur de présider toujours.Des dossiers furent constitués; les Canadiens furent guidés et suivis; des attestations purent leur être données par les différents professeurs et par moi-même, pour que les années passées en France ne fussent pas perdues lorsqu\u2019ils retournaient dans leur pays.Sur le plan scientifique, des liaisons très étroites s\u2019établirent et je dois, ici encore, exprimer toute notre reconnaissance à notre collègue Frappier qui, dans l\u2019Institut de Microbiologie qu\u2019il a fondé, convia pendant des années d\u2019éminents Français à professer à Montréal: nos amis Lépine et Simonnet.Tout récemment, ces initiatives furent reprises sur le plan cardiologique par le Dr David grâce à qui nos amis Lenègre de Paris et Froment de Lyon enseignèrent à l\u2019Institut de Cardiologie.Toutes ces mesures étaient nécessaires pour suppléer l'insuffisance des instruments d\u2019échanges officiels et particulièrement en Médecins.Ceux-ci datent en cffet de l\u2019entre-.deux guerres et n\u2019ont pas été modifiés. 334 L'un est la délégation officielle par le gouvernement français, au Congrès annuel des Médecins de Langue Française du Canada, d\u2019un Médecin français.Sa mission n\u2019est pas autrement définie et, c\u2019est encore avec le Professeur Donatien Marion et avec l\u2019Association des Médecins de Langue Française, que fut organisée la prise en charge de ce délégué, entre les deux Universités de Québec et de Montréal et dans les autres Centres de la Province.L\u2019autre moyen d\u2019échange est l\u2019Institut Scientifique Franco-Canadien qui fait occasionnellement venir des Médecins.Nos Collègues MM.Courrier, Fabre, Roche, Cheymol, Lenègre et moi-même l\u2019ont utilisé.Mais il serait hautement souhaitable que les bases de cet Institut pussent être élargies.Il est enfin nécessaire de résoudre le grave problème du livre français au Canada, sur lequel je me suis penché bien des fois sans trouver de solution satisfaisante.Je dois rendre ici un hommage solennel à la mémoire de Pierre Charton, grand ami de la France, qui poussa le courage et le dévouement jusqu\u2019à organiser, au mépris de toutes les règles commerciales, la vente à prix réduit des livres français à la Faculté de Médecine de Montréal.* * * Malgré tant d\u2019efforts, une difficulté majeure subsistait Elle devait être résolue à tout prix si l\u2019on voulait assurer la pérennité des relations médicales franco-canadiennes; il s\u2019agissait de l\u2019habilitation au Canada, d\u2019une part à l\u2019échelon de la Province par le Collège des Médecins de la Province de Québec, d\u2019autre part à l\u2019échelon fédéral, par le Collège Royal, des travaux et des titres acquis en France.Si ceux-ci n\u2019étaient pas reconnus, toute la politique d\u2019échanges était ruinée.Là était le point névralgique qui tourmentait nos amis Canadiens-français.La solution de ce problème demanda des années et il y fallut les efforts conjugés de nos Ambassadeurs et de nos Consuls et ceux de la Direction des Relations Culturelles du Ministère des Affaires Etrangères à Paris.DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Etant donnée la différence des deux systèmes d\u2019éducation, la seule sécurité pour les Canadiens, était que les études faites en France, dans les Hôpitaux, prissent la forme résidentielle \u2014 c\u2019est-à-dire celle des Internes des Hôpitaux Français nommés au Concours \u2014 avec les mêmes droits, prérogatives et responsabilités, et selon le même rythme du travail à plein temps, matin et soir, gardes comprises.C\u2019est en France qu\u2019il fallait lever l\u2019obstacle, en convainquant tout d\u2019abord les Internes.L'homme clairvoyant qu\u2019était Emile Sergent, trente ans avant moi, avait fait cette démarche.Elle échoua: les Internes n\u2019admettaient parmi eux, que ceux qui avaient été nommés au concours.Mais, cette fois-ci, j\u2019obtins leur suffrage, grâce à leur Président (un de mes meilleurs anciens Internes) que son séjour prolongé dans le Service avait averti des réalités canadiennes; grâce aussi à une longue préparation psychologique à laquelle participèrent pendant plusieurs années, tous les médecins français venus au Canada.Il fallut ensuite résoudre le problème administratif.Les Internes sont pris en charge par l\u2019Assistance Publique de Paris, au moyen de crédits votés par le Conseil Municipal et Général.L\u2019institution des Résidents au titre canadien ne pouvait, de ce fait être confiée à la Faculté de Médecine.Sans doute celle-ci admettait depuis longtemps des Assistants à titre étranger, mais ils ne travaillaient pas à plein temps, et ils n\u2019avaient pas de responsabilité hospitalière effective.Le problème concernait donc l\u2019Assistance Publique.Mais une nouvelle difficulté surgit: celle de l\u2019authentification médicale du travail des Résidents.La Faculté de Médecine n\u2019avait pas juridiction sur les hôpitaux de l\u2019Assistance Publique, mais seulement sur les Cliniques Médicales qui y étaient incluses.Limité à ces dernières, le choix offert aux Canadiens eut été trop restreint \u2014 D\u2019un autre côté, l\u2019Administration de l\u2019Assistance Publique, étant statutairement un organisme de soins, ne pouvait délivrer de diplôme de valeur universitaire.La solution fut trouvée en 1950 \u2014 ainsi que je l\u2019ai fait connaître il y a quelques jours L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 devant le XXVIIe Congres des Médecins Canadiens de Langue française à Québec.Ce fut la création d\u2019un Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris imaginé par le Dr Lambling, Ravina et moi-même.Lorsque cette institution fut suffisamment solide, 1l devint nécessaire tout d\u2019abord de l\u2019informer, puis de la mettre en rapport avec les dirigeants de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada, ce qui fut fait par l\u2019envoi du Dr.Chigot en 1955: un protocole de Résidence fut alors étudié par le Collège.Tout étant prêt, il fallut enfin provoquer la décision \u2014 Celle-ci fut longuement mûrie.Après que j'en eus conféré avec l\u2019Attaché Culturel canadien M.René Garneau et avec M.Baillou, Ministre plénipotentiaire, suppléant le Directeur des Relations Culturelles au Ministère des Affaires Etrangères \u2014 nous décidâmes tous trois qu\u2019une intervention officielle était nécessaire et qu\u2019elle incombait au Ministère des Affaires Etrangères.Mais insti- tutionnellement, celui-ci ne pouvait régler la question que sur le plan des Doyens.Il fut donc décidé que le gouvernement français inviterait les deux doyens des Facultés de Médecine de la Province de Québec, ayant aussi le mandat du Collège des Médecins de la Province de Québec, à plaider eux-mêmes leur Cause.Et c\u2019est ainsi, que notre ami Wilbrod Bonin, et le doyen Jean-Baptiste Jobin de Québec entrèrent en scène à Paris au printemps 1956.Je veux rendre ici un témoignage public à votre Doyen \u2014 Tous les Francais qui ont visité la Faculté savent avec quel courage, avec quelle ténacité, quel acharnement, et aussi avec quelle impartialité, il a conduit les affaires: tous mesurent le succès qu\u2019il remporta.J'étais certain que ses qualités feraient merveille en France et je l\u2019exhorterai à être lui- même, à ne pas nous ménager, à dire la vérité, si dure qu\u2019elle soit.Dans ces réunions décisives, le plaidoyer émouvant de Jean-Baptiste Jobin fut relayé par les déclarations directes, formelles, catégoriques et même brutales de Wilbrod Bonin.L\u2019impression faite par votre DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY 335 Doyen, a été profonde; celle d\u2019un réaliste acharné à réussir, tendu tout entier vers le bien.Ce fut le succès immédiat \u2014 partout où nous allâmes ensemble: au Ministère de la Santé \u2014 à l\u2019Education Nationale, à l\u2019Administration de l\u2019Assistance Publique, dans les cérémonies officielles de France-Canada, et de France-Amérique, auprès du Doyen de la Faculté de Médecine le Professeur Léon Binet.* * * Ce que les autorités françaises comprirent alors, c\u2019est que: je cite ici le docteur Dufres- ne, Vice-Doyen.« La Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, n\u2019entend pas renier ses attaches avec la Science française.Elle entend donner à ses cinq cents étudiants et à leurs successeurs un enseignement qui continue de s\u2019inspirer des plus fructueuses disciplines de la Médecine française et qui subisse \u2014 en même temps \u2014 (parce qu\u2019elle ne peut pas ne pas la subir *) l\u2019influence souvent heureuse de la Science américaine ».Le fait montréalais, la réalité canadienne, apportés en France par le dirigeant de la Faculté de Médecine, qui pouvait s\u2019exprimer au nom de tous, firent subitement irruption dans la vie médicale française.Ils furent instantanément compris, car, autre chose est d\u2019être instruit de seconde main, même par un Français averti comme je pouvais l\u2019être, autre chose est de voir et d\u2019entendre la vérité canadienne dite par un vrai Canadien.Comme vous le savez, l\u2019implantation des Médecins Canadiens au milieu des Internes s\u2019est faite sans aucune difficulté.L\u2019Institution des Résidents vit comme une plante en pleine terre.Dès maintenant, nous allons étudier sur les mêmes bases, les moyens d\u2019augmenter ces échangés, notamment avec les Facultés de Province: Lyon, Montpellier, Strasbourg et Lille.* * * Retournons maintenant à la Médecine de France et à son destin.Je suis heureux de pouvoir vous dire qu\u2019elle commence enfin \u2018à se * addition personnelle. 336 transformer.Sachez que depuis longtemps en France, tout un groupe dont je suis, et beaucoup de jeunes, souhaitaient passionnément un changement.En 1945, la Libération fit naître un immense espoir: je me vois encore, assisté de mon collègue de Gennes, présenter à la Faculté de Médecine, devant les Etudiants réunis, le plan de transformation de l\u2019Enseignement et de la Recherche, de l\u2019Union des Médecins français, qui groupait tous les Médecins ayant appartenu à la Résistance.Notre enthousiasme dépassait nos moyens et il nous fallut revivre une pénible après guerre, reconstruire les dévastations innombrables, supporter pendant des années que les Hôpitaux et les Facultés fussent abandonnés à leur sort.Puis, au moment de repartir: la guerre, toujours! (l\u2019Indochine 7 ans, l\u2019Algérie 4 ans et combien d\u2019années encore?) : la France est le seul pays qui soit à peu près constamment en guerre depuis 17 ans.S'il était en mon pouvoir, et si je devais être écouté, je mettrais en garde les dirigeants politiques, de quelque parti qu\u2019ils soient contre des faits biologiques qu\u2019ils s\u2019obstinent à ignorer.Il est impossible de faire accomplir indéfiniment de durs travaux à un organisme et de le cravacher pour l\u2019y contraindre, sans lui infliger une fatigue qui amoindrit sa personnalité.Après l\u2019effort, un temps de récupération physiologique, et aussi psychologique, est indispensable.C\u2019est lorsque les grandes guerres ont cessé, que le mûürissement des esprits en France a fait jaillir cet éblouissant faisceau des découvertes médicales que je vous ai décrites.Déjà Vauban adressait de telles recommandations au roi Louis XIV et Henri IV fut populaire parce qu\u2019il comprit qu\u2019après la terrible explosion des guerres de religion, il fallait faire souffler son Royaume.Quand cela sera-t-il conçu dans la France contemporaine?L\u2019esprit scientifique ne se polit, que par le travail calme et continu.Si les contraintes matérielles sont trop fortes, il doit se détourner de son œuvre pour trouver les moyens de poursuivre son effort.Mais il ne peut aller DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY l'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 jusqu\u2019au bout de son développement, parce que la vie est trop harrassante et trop dure: ainsi en est-il actuellement.Et cependant, ni l\u2019intelligence, ni la sensibilité, ni l'intuition des grandes synthèses, ni l\u2019ardeur au travail, ni la joie de faire partager la connaissance, ne sont éteintes en France.Qu'un écart se fasse dans l\u2019étau des difficultés matérielles qui enserrent les esprits scientifiques \u2014 et comme autrefois \u2014 la France rayonnera.Ma certitude est totale, et elle est fondée sur la connaissance de mon pays.La pérennité des grandes qualités de l\u2019intelligence, en dépit des circonstances les plus accablantes, explique effectivement les alternatives, étranges pour tous les autres peuples, des redressements extraordinaires et des dépressions angoissantes, qui jalonnent l\u2019histoire de France.* * * Ceux qui sont venus chez nous connaissent déjà la possibilité du renouveau.Ils savent où sont en France les îlôts de rayonnement médical, ceux qui soutiennent la comparaison avec ceux des grands pays.Mais il faudra bien un jour, que tout le reste s\u2019embrase d\u2019élan, d\u2019ardeur, et de science! Sachez bien, que les voies se préparent; un effort considérable a été fait à Paris, avec la création de centres de recherches hospitalière.En 1953, j\u2019eus la chance de pouvoir intéresser le Conseil Municipal et Général de Paris, à cette œuvre.Les membres des deux Assembléees acceptèrent de créer onze centres de recherches disséminés dans les hôpitaux; groupant des équipes d\u2019importance volontairement modérée: 5 à 6 chercheurs avec leurs aides techniques.Chaque Centre explore un territoire scientifique particulier: Immunologie, Allergie, Pharmacologie, Physiologie cardiaque, Physiologie vasculaire, Physiologie néo-natale, Maladies du sang, Physiologie du rein, Physiologie neuro-musculaire, Physiologie de la Sénescence.Le Professeur Courrier, bien connu au Canada, préside le Conseil Scientifique, dont j'ai l\u2019honneur d\u2019être le Secrétaire Général. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Mais d\u2019autres Centres sont en voie de formation: ils sont subventionnés par l\u2019Institut National d\u2019Hygiène, et ils sont consacrés, en particulier à la Physiologie de la Nutrition, et aux Affections Rhumatologiques.En dehors de cet effort parisien et, sur un plan plus général, la réorganisation de la recherche médicale est à l\u2019étude.Elle sera comprise avec les autres dans un ensemble dépendant de la Présidence du Conseil.Ces conclusions du plan, dit plan Longchambon, ont été adoptées par la Commission de financement des grands travaux.Depuis un an et demi, en matiere hospitalière, un phénomène nouveau s\u2019est produit: l\u2019institution du plein temps.J\u2019ai moi-même activement participé à la mise en route de ce projet.Deux systèmes sont expérimentés concurremment: l\u2019un dit des « fonctions plein temps », qui est le type du plein temps universitaire que vous connaissez; l\u2019autre du « Service plein temps» consacre l\u2019obligation du Chef de Service de faire fonctionner son groupe matin et soir, en alternant la présence de ses Assistants: j\u2019appartiens au premier \u2014 mais très judicieusement la possibilité d\u2019une certaine pratique médicale privée a été préservée.Elle se fait sur place à l\u2019hôpital.Sur le plan universitaire, un projet de grande envergure est à l\u2019étude.Le Professeur Debré y a attaché son nom; il prévoit la fusion des fonctions hospitalières et universitaires, la suppression de tout autre concours que celui de l\u2019Internat et celui de l\u2019Agrégation qui nommera en même temps aux Hôpitaux.Ainsi donc, le mouvement commence, il sera sans doute contrarié par les délibérations, par la restriction des crédits, qui favorisent la stagnation; sans doute, certaines dispositions seront amendées ou modifiées, mais l\u2019ébranlement est profond et vous pouvez être certains que la marche en avant ne s\u2019arrêtera pas.Mieux instruit des réalisations étrangères, et après un long engourdissement, dont j\u2019ai suffisamment souligné les causes, les Médecins universitaires en France modifient leur façon de voir.Face au monde moderne, ils DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSK Y 337 proposent eux-mémes les changements et se portent volontaires.* * * Mais ne croyez pas que la méthode qui a présidé à l\u2019extraordinaire essor de la médecine anglo-saxonne et en particulier américaine, soit secrète.C\u2019est très exactement celle de Claude Bernard.C\u2019est dans son 2° volume de l\u2019Etude de la Médecine expérimentale, et surtout dans ses écrits, trouvés dans sa maison de Villefranche-sur-Rhône, qu\u2019il a livré toute sa doctrine.Il ne faut jamais oublier qu\u2019il est devenu secondairement physiologiste, après avoir été à l\u2019Hôtel-Dieu l\u2019élève de Magendie.Refusé au concours d\u2019Agrégation de Médecine, il suivit Magendie au collège de France; c\u2019est pourquoi il désirait passionnément, après avoir imaginé la merveilleuse méthode qui lui avait permis de faire tant de découvertes en physiologie, en faire bénéficier la Médecine qu\u2019il avait dû abandonner.Il voulait que celle-ci cessât d\u2019être empirique pour devenir scientifique, et elle ne le pouvait, comme la Physiologie, qu\u2019en faisant appel à l\u2019expérimentation.Mais par Médecine expérimentale, Claude Bernard n\u2019entendait pas le seul travail du laboratoire, mais aussi la Médecine clinique, élevée à un niveau scientifique.Je pense depuis longtemps que son message n\u2019a pas été toujours bien compris.Ce qu\u2019il voulait, il l\u2019a condensé dans cette phrase dont j'ai personnellement fait la règle de ma vie: « Le Médecin doit passer aussi souvent qu\u2019il est possible de la salle de malades au laboratoire » \u2014 Il ne s\u2019ensuit pas qu\u2019il doive expérimenter sur le malade, mais que, tout clinicien qu\u2019il soit, le Médecin doit posséder une culture de base suffisamment forte, pour interpréter en physiologiste les phénomènes qu\u2019il a sous les yeux -\u2014 Non seulement il doit les interpréter mais il doit encore expérimenter, pour prouver l\u2019exactitude de son interprétation.Tel est le sens du message que Claude Bernard fit aux cliniciens, qui ont trop tendance à s\u2019enfermer dans l\u2019empirisme.L'ana- 338 lyse de Claude Bernard a été poussée si loin, qu\u2019il précise même les modalités de l\u2019observation clinique.Le sens de sa pensée est assez clair: pourquoi les observations cliniques ne seraient-elles pas faites avec toute la minutie, la rigueur et la sévérité que l\u2019on apporte à l\u2019enregistrement du moindre phénomène expérimental au laboratoire.Mais il faut du temps, et comment le Médecin le trouverait-il, si l\u2019hôpital, ou à fortiom la clientèle, l\u2019oblige à voir en un temps donné un maximum de malades?Il faut certes que le médecin soit à plein temps, à l'hôpital, mais son service clinique doit être organisé d\u2019une manière entièrement nouvelle, pour lui permettre de se livrer à l\u2019observation, à la réflexion et à l\u2019expérimentation.Pour ce qui est de celle-ci, Claude Bernard pousse lui-même la conscience jusqu\u2019à décrire comment il la conduirait, soit qu'il raisonne en fonction d\u2019un symptôme 1solé, soit qu\u2019il s'attache à la conception générale de la maladie.Il fustige les cliniciens qui voudraient se servir d\u2019une clé physiologique prise au hasard de leur lecture, pour expliquer ce qu\u2019ils voient, et ceux qui, pis encore, bâtissent une théorie de l\u2019événement, sans se soucier d\u2019aucun contrôle.Il accable les physiologistes qui prétendent expliquer un syndrome clinique en se servant d\u2019une expérience faite au laboratoire dans un tout autre but, et qui méconnaissent la complexité de toute maladie \u2014 même la plus simple, apparemment.Il dit aux Médecins: vous possédez le plus merveilleux champ d\u2019exploration qui soit; partez de là; élevez-vous progressivement à la connaissance des mécanismes, par des expériences en succession, soigneusement imaginées; travaillez en profondeur.Ne sautez pas sans cesse d\u2019un thème à un autre.Cet enseignement, les Médecins cliniciens français du début du XXe Siècle l\u2019avaient recueilli.Dans une lecon que j'ai faite au XXVII° Congrès à Québec, le 24 septembre dernier, sur «les Maladies par auto-anti- corps », et dans laquelle je rapportai les travaux expérimentaux effectués dans mon labo- DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSKY L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 ratoire \u2014 je rappelais que les premiers à imaginer qu\u2019il pût exister des maladies par auto-destruction immunologique, furent non pas les expérimentateurs, mais les cliniciens: Fiessinger en 1908, avait trouvé la propriété fixant le complément en présence de tissu hépatique dans le sérum des cirrhotiques.Rathery et Castaigne en 1905 avaient démontré la néphro-toxicité du sérum des néphrétiques \u2014 Widal, Abrami et Brûlé en 1905 découvrirent que les hématies des malades atteints d\u2019anémie hémolytique acquise étaient désintégrées par leur propre sérum.Ce n\u2019est pas par souci d\u2019une vaine bibliographie, ni par orgueil rétrospectif que je cite ces noms, mais pour prouver combien profondément la conception de Claude Bernard avait été comprise en France au début du siècle, et comment les cliniciens étaient aussi expérimentateurs.Si cette tendance ne s\u2019est pas imposée, c\u2019est parce que, pour les raisons que j'ai dites, les institutions n\u2019ont pu être adaptées à temps.Si elle s\u2019est développée en Amérique, c\u2019est pour les raisons inverses et notamment parce que, par principe, les dirigeants des Universités l\u2019ont adopté en lui imprimant le sens systématique très particulier de l\u2019organisation collective qui est le leur et qui permet les réalisations de masse.J\u2019en eus, 11 y a quelques années la preuve la plus émouvante lorsque, notre Collègue et Ami le Dr.Arnald Rice Rich, le célèbre pathologiste de John's Hopkins, m\u2019expliqua comment avait été conçue sur place, dès 1910, l\u2019organisation de l\u2019Ecole de Médecine de John\u2019s Hopkins, entre William Osler, Fischer, Halstead et Welsch.Devant lui, dans le petit bureau attenant au laboratoire ou sont nés tant de beaux travaux, un grand portrait de Claude Bernard nous regardait: « Voici celui qui a tout dit! s\u2019écria Rich, seulement, nous, nous avons fait ce qu\u2019il a dit »! Le spectacle que nous avons sous les yeux en France: la création de ces laboratoires de recherches hospitaliers, le début de la nouvelle organisation de la recherche, amorçent enfin la voie \u2014 Nous la tracerons, selon notre génie L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 propre.Et il en sera de même pour la réforme de l\u2019enseignement! * * * Dois-je vous dire encore, que depuis deux ans, à l'hôpital, j'ai imaginé une technique spéciale d\u2019enseignement qui fait faire à l\u2019élève deux tiers de pratique et un tiers de cours théorique seulement.Il ne s\u2019agit plus cette fois de faire la description des maladies, mais d\u2019exposer les grands processus physio-patho- logiques.La démonstration clinique elle-même est maintenant divisée en trois parties: l\u2019exposé de l\u2019observation, l\u2019examen du malade, et enfin, hors de sa présence, la discussion phy- siopathologique complète.J'apprends ainsi aux élèves à raisonner physiologiquement leur clinique et leur thérapeutique.Mais je n\u2019ai pas pour autant abandonné les principes fondamentaux de la Médecine française: 1) Ne pas se laisser aller par principe à des examens systématiques sans idée directrice, 2) raisonner d\u2019abord sur tous les faits immédiatement accessibles par l\u2019interrogato1- re et par l\u2019examen pour établir les premières bases du diagnostic, 3) choisir les examens de laboratoire en fonction de celui-ci pour l\u2019infirmer ou pour le confirmer, 4) fixer les éléments qu\u2019il est nécessaire de connaître, pour préciser certaines perturbations internes n\u2019intéressant pas directement le diagnostic, mais indispensables à l\u2019appréciation de l\u2019état physiologique, 5) j'y ajoute une exigence très importante: le diagnostic clinique ne suffit pas: il faut obliger l\u2019étudiant à exprimer DISCOURS DU DOCTEUR R.KOURILSK Y 339 d\u2019une façon précise la représentation qu\u2019il se fait des troubles anatomiques ou physiologiques dont est atteint le malade considéré.L\u2019élève apprend ainsi à ne pas juger seulement sur le paravent clinique, mais à identifier les mécanismes profonds.L\u2019empirisme cède alors le pas au raisonnement scientifique.* * * Je ne puis, insister davantage.Je veux que vous soyez sûrs que, de l\u2019autre côté, en France, des hommes sont à pied d\u2019œuvre, qui travaillent, qui imaginent, qui créent, et qui sont vos amis.N\u2019ayez point d\u2019inquiétude; La Médecine la plus précise et la plus avancée, en clinique et au laboratoire est accessible à ceux que vous enverrez travailler dans les centres que nous choisissons pour eux.Ne désespérez pas surtout de l\u2019avenir médical de la France.Vivant pour lui, portant ses espoirs, résolus à les faire aboutir, nous préparons une moisson qui lèvera tout d\u2019un coup à la moindre accalmie.Et s\u2019il n\u2019en survient point, la moisson lèvera quand même: elle sera plus lente, plus longue à mûrir, mais elle viendra.Instruits par la ténacité canadienne, modérant notre impulsion primesautière, nous persévérons jusqu\u2019à l\u2019épanouissement final et nous réussirons.N\u2019avez-vous pas prouvé ici même, dans votre pays, que cela aussi, des Francais peuvent et savent le faire! CORRESPONDANCE à + + + LETTRE DE PARIS ACQUISITIONS NOUVELLES DANS LE TRAITEMENT DES NEPHROPATHIES MERCURIELLES ET DES ANURIES.Le sublimé et l\u2019oxycyanure de mercure ont résumé pendant longtemps l\u2019étiologie des néphropathies mercurielles, plus précisément par intoxication volontaire.D\u2019autres sels de mercure peuvent être cependant en cause, et dans une observation récente Maurice Dérot et son école ont rapporté à la société Médicale des Hôpitaux de Paris, l\u2019observation d\u2019une néphropathie aiguë après ingestion dans un but de suicide, de nitrate mercurique.Ils ont repris à ce propos l\u2019étude du traitement des anuries et précisé certaines données physiopa- thologiques permettant de le simplifier.Le sujet, 32 ans, ingére le 30 mar 1955 cing grammes de nitrate mercurique et huit grammes d\u2019Adiazine.Les gastralgies sont immédiates, les vomissements suivent et la diarrhée sanglante et membraneuse s\u2019installe avec l\u2019anurie quelques heures plus tard.Trois heures après l\u2019ingestion, le malade est traité par un lavage d\u2019estomac avec 300 mg.de BAL en 4 fois, pénicilline, gardénal, et solucamphre.La diurèse et l\u2019anurie persistent.L\u2019urée est à 2,90 g.le 8 juin, et malgré la reprise partielle de la diurèse 800 cm* le 8/6, atteint 4,80 g., cependant que se développe une laryngite avec aphonie totale.Le 10 juin la diurèse s\u2019est élevée à 1,250 L., l\u2019urée est à 5 g.Mars les jours suivants, la diurèse persiste, et est élevée à 3 à 4 litres.L\u2019urée baisse rapidement et, le 2/7 le malade sort du service avec un bilan rénal absolument normal.Ainsi, cette néphropathie tubulaire anuri- que s\u2019est révélée curable sans épuration extra- rénale, bien que la diurèse soit demeurée au- dessous de 500 cm® pendant 10 jours.Les particularités cliniques de cette anurie mercurielle ont été, par ailleurs à l\u2019apparition d\u2019une laryngite et celle d\u2019une anémie qui atteint 1970000 G.R.le 17 juin et a nécessité des transfusions.Plus intéressante est l\u2019analyse du syndrome biologique.L\u2019élévation du taux de l\u2019urée qui atteint 5,20 g.s\u2019est associée à un abaissement du taux de la chlorémie, de la natrémie et de la réserve alcaline.L\u2019élévation discrète de la kaliémie wa pas dépassé 2,40 g.par litre, et le 10ème jour, la calcémie totale a été un peu abaissée (87 mg.) alors qu\u2019existait cependant le signe de Chovstek.Plus intéressant peut-être pour les praticiens, est le fait que cette guérison ait été obtenue sans avoir recours à l\u2019épuration ex- trarénale.En reprenant l\u2019étude de méphrites mercurielles traitées depuis 5 ans dans son service Maurice Dérot montre que le traitement médical est devenu la règle et réalise en fait des résultats excellents.Sur 24 cas au total, on compte 19 guérisons et 5 décès.Parmi ces malades, 14 n\u2019ont pas été soumis à l\u2019épuration et ce furent 14 guérisons; 10 furent soumis à l\u2019épuration et ô guérirent.Si l\u2019on compare cette statistique avec celle des cinq premières années, où l\u2019on trouve 16 malades traités et 12 guérisons, on constate que les premiers cas non soumis à l\u2019épuration extrarénale (7) sont 7 guérisons, tandis que les 9 cas soumis à l\u2019épuration comportent 5 guérisons et 4 décès.Il ne pourrait être question de rendre l\u2019épuration extrarénale responsable, car elle est en général réservée à des cas sévères et, surtout à ceux dont le traitement initial a été mal conduit.Il apparaît donc essentiel d\u2019analyser ce que l\u2019on entend par le traitement médical pour L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 des anuries et néphrites mercurielles.Les actes essentiels en sont le traitement par le dimercaprol, le BAL.Les règles classiques de son administration sont bien connues, mais il est capital de préciser les prescriptions diététiques qui doivent s\u2019adjoindre à ce traitement.Celles-ci sont nées de l\u2019étude très précise des modifications humorales qui accompagnent l\u2019anume.Le désir de corriger à tout prix les anomalies constatées avait amené, il y a quelques années encore, à envisager \u201cune hyperhydratation de ces sujets dans le but de forcer le barrage rénal ou de diluer l\u2019urée dans une série d\u2019œdèmes artificiels.Il est certain que cette pratique aggravait fortement le pronostic, ce dernier est aussi fâcheusement influencé lorsque l\u2019on veut à tout prix corriger l\u2019hypochlorémie qui west pratiquement pas corrigeable.C\u2019est donc en revenant à l\u2019empirisme et à la clinique que Maurice Dérot est arrivé à mettre au point ce traitement médical qui lui assure le maximum de succès et qui suit fidèlement les signes et les symptômes cliniques plutôt que les données humorales et biochimi- ques qui avaient jusqu\u2019alors commandé la conduite thérapeutique de ces états.Cet empirisme, en effet, nous a appris que la quantité utile d\u2019eau était de 750 cm* et de 2 mode chlorures de sodium par jour en période d'anurie.Toutes quantités qui sont augmentées en fonction des vomissements, de la diarrhée et de la diurèse.On adjoindra un régime glycolipidique aussi riche que le malade le peut tolérer sans aller jusqu\u2019au régime de Borst.On ne réservera l\u2019épuration extrarénale que dans les cas où le taux de l\u2019urée d\u2019une part et celui du potassium, en dehors de tout indice de reprise de diurèse, s\u2019élèvent à des chiffres dépassant 4 g.et 250 mg.Il faut sans doute pratiquer les dosages de chlorure et chiffrer la réserve alcaline, mais ù faut savoir résister à la tentation de corriger l\u2019hypochlorémie et l\u2019hyponatrémie à tout LETTRE DE PARIS 341 prix en administrant des chlorures ou du bicarbonate de sodium.L\u2019hypochlorémie, l\u2019abarssement du taux des bicarbonates sont en fait la conséquence de la résistance des sulfates, des phosphates et des acides orgam- ques.En toute logique, pour les corriger il faudrait diminuer le taux de ces éléments par des méthodes de dialyse.Ce qui paraît plus important, c\u2019est qu\u2019habr- tuellement dans ces états les modifications humorales sont en elles-mêmes bien tolérées car elles représentent un certain équilibre pathologique tout différent de l\u2019équilibre humoral normal mais qu\u2019il y a tout intérêt à respecter.Annsi se retrouvent énoncées ces règles de la pathologie générale et ce complément de la doctrine qu'avait émise Claude Bernard en parlant de l\u2019homéostasie.Si le physiologiste en effet ayant en tête les chiffres qui traduisent l\u2019équalibre humoral dans toutes ses composantes considère que l\u2019idéal est de les maintenir constamment à leur niveau normal, le clinicien lui, doit bien savoir que lors des perturbations générales aussi importantes que les états d\u2019anurie par intoxications mercurielles, al existe de graves perturbations humorales par rapport aux chiffres normaux.Mais l\u2019ensemble de ces perturbations correspondent à un certain équilibre pathologique et vouloir s\u2019attaquer uniquement à réta- blur les chiffres normaux sans agir directement sur la cause de leurs perturbations, c\u2019est aller au-devant des déboires.L\u2019aggravation du pronostic après hyper- hydratation, cette même aggravation lorsqu\u2019on voulait corriger l\u2019hypochlorémie en sont les témoignages les plus évidents.Il reste ainsi, que, dans cette question où la spécialisation des techniques a permis de grands progrès, les bases du traitement sont essentiellement médicales et le clinicien, là encore, conserve tous ses droits.Maurice PESTEL. LETTRE DE SUISSE L'HOMME-FUSEE \u2014 PROBLEMES BIOLOGIQUES.L\u2019annonce prématurée de l\u2019envol d\u2019un hom- me-fusée par les Soviets a attiré l\u2019attention du grand public sur une série de problèmes biologiques relatifs à la vie de homme en dehors de l\u2019espace et que le Dr David D.Simons, médecin des Forces aéronautiques a discutés partiellement lors du congrès de la Fédération aéronautique à Barcelone à la fin de 1957.On se rappelle que les savants soviétiques avaient disposé dans le sputmik II une cabine hermétique où se trouvaient réalisées les conditions mécessaires à l\u2019existence normale de la chienne « Laïka »: provisions de nourriture, système de conditionnement d\u2019air et système de régulation thermique.En outre, on avant disposé dans la cabine des appareils d\u2019enregistrement du pouls, de la respiration, de la pression sanguine, de la prise d\u2019électrocardiogrammes etc.Les résultats de ces enregistrements captés au sol par les laboratoires spécialisés en URSS, n\u2019ont pas encore été publiés dans les revues techniques et il est difficile de savoir dans quelle mesure ils modifieront les conceptions que les savants admettent aujourd hur.La médecine aéronautique mène aujour- d\u2019hui aux frontières de l\u2019espace; et les épreuves qu\u2019a subies la passagère de sputmik II ne diffèrent guère de celles que devront vaincre les pilotes de demain.Les centres de Dübendorf, Suisse, et spécialement de Brétigny, en France, enregistrent facilement l\u2019électrocardiogramme, le rythme respiratoire et autres contrôles physiologiques de pilotes volant à plus de 12.000 mètres et à 800 km de leur base, en employant le procédé de la modulation de fréquence.Etudions rapidement aujourd\u2019hui quelques problèmes qui demandent des solutions précises pour les savants qui prennent la responsabilité de l\u2019envoi d\u2019animaux ou d'hommes dans les fusées.e + + L\u2019ACCELERATION Les conséquences redoutables de l\u2019accélération consistent dans le refoulement brutal de la masse sanguine chassée par les forces d\u2019inertie de la tête et du cœur vers les membres et l\u2019abdomen, ce qui peut provoquer des troubles importants sur le plan de la vision, du fonctionnement cérébral et cardiaque.Les pilotes s\u2019équipent alors d\u2019une combinaison dite « anti-G » (protection contre les effets d\u2019accélération) comprenant des poches ou des bourrelets se gonflant automatiquement au niveau du bas-ventre et des membres anfé- rieurs: il restera alors une pression sanguine suffisante dans le cœur pour envoyer ce précieux liquide dans le cerveau.Il est probable que la solution de ce problème sera facilitée au départ de la fusée par la position couchée du pilote, de telle sorte que les forces d\u2019inertie agissent perpendicular- rement au grand axe du corps.ABSENCE DE GRAVITATION L\u2019homme-fusée devra s\u2019habituer à l\u2019absence de gravitation et il aura, semble-t-il, en l\u2019absence de cette force d\u2019attraction, beaucoup de peine à se diriger dans son vaisseau lunaire.Les cellules spécialisées, situées dans les muscles, les os et le labyrinthe, cellules qui nous donnent la sensation de motre position dans l\u2019espace, devront s\u2019adapter à cette situation nouvelle.Il faudra apprendre à se mouvoir dans un espace sans gravitation et à coordonner les mouvements.Peut-être même faudra- t-il apprendre à dormir debout, si l'on ne parvient pas à imposer toujours la situation désirée à notre corps.L'alimentation pose également certains problèmes puisqu\u2019il sera impossible, en principe, de faire couler de l\u2019eau d\u2019un robinet ou d\u2019une bouteille.Il est possible cependant que l\u2019on puisse remplacer la force de gravitation par une force centrifuge en faisant tourner la fusée sur son propre axe. L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 LA RESPIRATION Au point de vue respiratoire, une fois réglé le problème des pressions et contre-pressions, la difficulté fondamentale réside dans le confinement.En effet, il ne s\u2019agit pas seulement de fournir l\u2019oxygène indispensable, mais aussi de fixer la vapeur d\u2019eau et le gaz carbonique rejetés.Nous ne savons pas si les Russes ont pu résoudre ce point difficile de la fixation de la vapeur d\u2019eau et du gaz carbonique, ce qui constituerait une économie considérable, puis- qu'il ne resterait plus qu\u2019à fournir l\u2019oxygène.I est possible d\u2019utiliser peut-être des algues comme échangeurs de gaz photosynthétiques.Ces algues dont la croissance serait assurée par une source de lumière artificielle peuvent éliminer le CO, et remplacer l\u2019oxygène comme les plantes le font normalement.IL faudra apprendre probablement à conserver les sueurs et les urines, soit en les purifiant, soit en les utilisant comme alimentation pour les algues.Au retour de la fusée sur terre, le problème de l\u2019accélération serait remplacé par celui de la décélération, probablement facilité également par la position horizontale du pilote.Mais ict les spécialistes en oto-rhino-laryngologie doivent pouvoir nous dire si l\u2019excitation du labyrinthe par les mouvements de rotation, continus ou discontinus, prévisibles ou imprévisibles, les mouvements de culbute, par l'accélération ou la décélération, ne peut provoquer des lésions pathologiques irréversibles de l\u2019organe de l\u2019équilibration, comme on a pu observer après l\u2019administration de certains médicaments.Il semble que ce ne soit pas le cas.LES RAYONNEMENTS La cabine doit, par la constitution de sa paroi, arrêter les rayonnements non ionisants et certainement filtrer le rayonnement cosmique et le rayonnement ultra-violet du soleil, dont nous sommes normalement protégés par l\u2019atmosphère.On connaît relativement bien le rayonnement cosmique grâce à des ballons-sondes qui sont envoyés à 30 km dans l\u2019air.Or, il semble qu'il n\u2019y ait pas une grande différence entre LETTRE DE SUISSE 343 les essais à 30 km et les 900 ou 1500 km des sputmks I et II: en effet, à 30 km, il ne reste plus qu\u2019un centième de l\u2019atmosphère terrestre et celle-ci ne fait plus écran.On peut donc penser que l\u2019intensité du rayonnement auquel serait soumis l\u2019homme-fusée reste faible et ne constitue pas un obstacle essentiel.Néanmoins les savants américains sont plus sceptiques à ce sujet et se méfient de ces rayonnements qui pourraient constituer des sources intracorporelles d\u2019ions et d\u2019électrons pouvant agir comme agents cancérigènes et leucémi- gènes et pouvant altérer même les cellules de la reproduction.LA CONDUITE DE LA FUSEE Nous ne savons pas encore les problèmes qui se poseront à l\u2019homme-fusée devant piloter lui-même l\u2019engin; il est vraisemblable qu\u2019il se trouvera aux prises avec des difficultés importantes et qui demanderont un effort d'adaptation intense: suppression de la pesanteur, désorientation dans l\u2019espace, troubles meuro-végétatifs (sudations, frissons, syncopes, sensations nouvelles de froid ou de chaud, déperdition de la chaleur, impossibilité de transpiration, etc.) changement dans la notion des couleurs, non transmission des sons, etc.Mars déjà la conduite au sol des fusées et des engins téléguidés pose des problèmes par le fait que les limites d\u2019activité du cerveau humain sont vite atteintes.Les décisions et les réactions de ce dernier sont trop lentes pour que l\u2019homme puisse avec ses seuls moyens physiologiques conduire avec efficacité les fusées.On estime que chaque cerveau humain est formé de sept à dix milliards de neurones ou de cellules calculatrices, chiffre probablement supérieur au total de tous les cerveaux électroniques construits jusqu\u2019ici.Il n\u2019y a donc pas lieu de s\u2019étonner de ce que le cerveau ait des capacités avec lesquelles les machines à calculer fabriquées par l\u2019homme ne peuvent pas du tout se mesurer.Le cerveau humain est unique dans sa capacité d\u2019élaborer des décisions raisonnables fondées sur l\u2019examen de facteurs nombreux, complexes, variés, souvent mal définis.L\u2019aptitude du cerveau à appliquer les données que la mémoire a em- 344 magasinées comme conséquence d\u2019une recherche, et à prendre rapidement une décision n\u2019a encore jamais été reproduite même par les machines les plus perfectionnées.Malgré cette supériorité sur le cerveau électronique, l\u2019homme est gêné par la lenteur avec laquelle il résout des problèmes d\u2019arithmétr- que simple.D\u2019autre part, il se fatigue vite.Par rapport aux exigences de la conduite des engins téléguidés, il lui faut un temps beaucoup plus considérable pour prendre une décision valable.Dans des appareils très rapides tels que les fusées et les engins téléguidés, ces durées représentent des distances variant entre 500 et 1000 mètres.Il faut alors heureusement combiner les qualités du cerveau électronique et celles \u2014 irremplaçables \u2014 du cerveau humain.Un très grand nombre de données de toute nature provenant de l\u2019engin lui-même et des postes de commande restés à terre seront envoyés à un cerveau électronique central.Cette machine à calculer peut ordonner ces informations en fonction du temps de manière à obtenir des résultats convenant LETTRE DE SUISSE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 aussi bien au système de commande automatique de l\u2019engin téléguidé qu\u2019à la direction humaine.Une partie des difficultés d\u2019ordre sensoriel et mathématique aura ainsi été résolue et permettra à l\u2019homme de prendre une décision plus rapidement.Mais la marge des sécurités peut être très réduite, et comme l\u2019a dit Mayo à un récent congrès international sur les fusées et les engins téléguidés, « l\u2019application du cerveau humain à un système bien intégré pourrait être le facteur essentiel de la différence entre un succès et un désastre opérationnel ».Ainsi l\u2019envoi d\u2019un homme dans une fusée pose toute une série de questions dont quelques-unes seulement auront pu être résolues par l\u2019étude des documents fournis par l\u2019enregistrement des mécanismes vitaux de la chienne « Laïka ».D\u2019autres ne pourront être résolues que sur l\u2019homme lui-même et il est difficile de dire dans quelle mesure il s\u2019agit encore de science-fiction.Pierre RENTCHNICK. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES UN NOUVEL ACIDIFIANT URINAIRE ANTISEPTIQUE, ANTISPASMODIQUE ET SÉDATIF ! Jean-Paul LEGAULT, Adjoint du service d\u2019urologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Depuis plusieurs années, les urologistes désiraient un acidifiant urinaire, à la fois sédatif, antispasmodique et antiseptique.Lors d\u2019un forum important, l\u2019Association Américaine d'Urologie a vivement recommandé le phosphate de sodium acide au lieu du chlorure d\u2019ammonium comme acidifiant urinaire.L'emploi de ce sel comportait une difficulté, à savoir: trouver un tampon pour tenir le phosphate de sodium à un état stable.Après avoir essayé en clinique plusieurs formules, nous avons réussi à résoudre ce problème.Il serait 1ci oiseux de s\u2019étendre sur les nécessités d\u2019une acidification urinaire avec antiseptique et sédatif de la lithiase alcaline et de prouver la nécessité d\u2019un antiseptique urinaire dans la colibacillose.La Cystalgine est un produit qui remplit toutes ces conditions.- J'ai eu l\u2019avantage de prescrire le Cystalgine en clinique dans plus de 100 cas pendant environ un an ct les résultats obtenus sont supérieurs à ceux de n'importe quel autre produit sur le marché.Je l'ai employé pour la phosphaturie, la colibacillurie, la gravelle urinaire, la pros- tatite chronique, surtout catarrhale.Aucun malade n\u2019a eu de réaction fâcheuse nécessitant la cessation du traitement.Je l\u2019ai prescrit à des adultes de tout âge, à de grands enfants de 5 à 16 ans, sans rencontrer d\u2019en- 1.Cet ae'diflant sipaîre antiseptique.antisrasmo- dique et sédatif porte le nom de Cvstalgine.Ce médicament nous a été gracieusement fourni par le Laboratoire Octo.nuis tels que brûlements d\u2019estomac, allergie et incompatibilité.COMPOSITION Chaque comprimé contient : Phosphate de sodium dibasique .325 mg.Hexamine eevee 125 mg.Sulfate d\u2019hyocyamine ere 0.02 mg.Sulfate d\u2019atropine \u2026.\u2026\u2026.\u2026erenenennnns 0.01 mg.Bromure d\u2019hyoscine \u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026cieersereareneses 0.003 mg.Phénobarbital USP.coi, 4 mg PHARMACOLOGIE Pour l'acidification des urines nous employons le phosphate de sodium dibasique, qui est un sel à réaction acide double.Par son action antiseptique, l\u2019hexamine ou hexaméthylène-tétramine libère du formol au niveau des reins par sa réaction en milieu acide avec le phosphate de sodium dibasique, et donne des urines à action antigénétique, d\u2019où son utilité comme antiseptique des voies urinaires dans les cas de cystites, pyélites et urétrites.De plus, l\u2019hexamine, dont la puissante action anti-infectieuse est renforcée sy- nergiquement par le phosphate de sodium, possède l\u2019avantage d\u2019être active sur les urines fortement alcalines, qu\u2019elle acidifie progressivement.Les agents antispasmodiques composant la Cystalgine sont des alcaloïdes naturels de la belladone: le sulfate d\u2019hvoseyamine, le sulfate d\u2019atropine, le bromure d\u2019hvoscine, qui sont reconnus les plus effectifs pour soulager les spasmes.Ils sont parfaitement équilibrés en des pronortiens spécifiques.Tls sont de plus associés à une dose réduite au minimum de phénobarbital afin d'assurer promptement 346 une action antispasmodique prolongée, en même temps qu\u2019une sédation.INDICATIONS Les indications sont nombreuses: la lithiase alcaline avec ou sans infection, la cystite alcaline, la prostatite chronique et catarrhale, la phosphaturie, la colibacillurie, la gravelle urinaire, les pyélites et les uréthrites.PosoLoGIE J\u2019ai employé la posologie suivante qui est le dosage usuel soit: 2 comprimés, trois fois par jour, au milieu des repas.LEGAULT: NOUVEL ACIDIFIANT URINAIRE L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Par le contrôle de pH urinaire, j'ai souvent augmenté ou diminué la dose, suivant le cas.Comme le comprimé de Cystalgine possède un enrobage entérique, il se dissout dans l\u2019intestin.De plus il n\u2019est pas toxique et on peut l\u2019administrer sans danger pendant de longues périodes de temps, même chez les ulcéreux.I] faut noter, en terminant, que la Cys- talgine ne peut être livrée au public sans prescription médicale.2.La cystalgine nous a été fournie par le Laboratoire Octo. ; «Quarterly Cumulative Index Medicus»: + + | Dans le but d\u2019uniformiser les indications biblio- ie qui accompagnent les analyses, afin de les rendre pius complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le nom de \u2018l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE P.BUNN, A.BOLTCH, W.OSBORNE et L.CANARILI.-\u2014 Staphylocoques: À propos de l'ubiquité naturelle des infections humaines et leur controle par les antimicro- biens, employés seuls ou en association.(On the ubiquitous nature of human infections and their control by antimicrobial agents, singly or in combination.) \"Ann.Int.Med.\u201d, 48: 102 (janvier) 1958.Il est reconnu que l'infection à staphylocoque n\u2019atteint pas seulement les personnes âgées et hospitalisées ou les jeunes bébés, mais peut se rencontrer chez les gens apparemment en bonne santé et qui n\u2019ont pas été hospitalisés et ne semblent pas être venus en contact avec le personnel hospitalier.Avant 1941, 75 pour cent des gens qui présentaient une bactériémie au staphylocoque miouraient en dépit des sulfamidés et de la sérothérapie.\u2018Avec l\u2019avènement de la pénicilline, employée à doses de plus de 1,000,000 d\u2019unités par jour, cette proportion est tombée en 1942 et 1943 à moins de 40 pour cent et en 1945 à 30 pour cent, mais en 1950 elle était de plus de 50 pour cent.On attribua cette augmentation au développement de résistance à la pénicilline.Quand la résistance est plus forte que 0.15 u/ml les staphylocoques produisent de la pénicilline et résistent à la médication clinique.Les auteurs ont essayé huit autres anti- \u201c, biotiques séparément pour voir la résistance \u2026 à chacun d\u2019eux se produire très rapidement.ANALYSES Ils ont alors essayé plusieurs combinaisons d\u2019antibiotiques tant in vitro qu\u2019in vivo, pour trouver que l'association érythromycine et chloramphénicol à forte dose contrôle jusqu\u2019à un certain point la résistance des staphylocoques résistants à la pénicilline.Cependant, ils conseillent de donner 2 g.de chacun de ces antibiotiques par jour pour 12 à 14 jours au moins et de l\u2019associer dans les cas les plus graves pour quelques jours à la bacitracin.En dépit de la réduction de mortalité avec cette indication chez les cas résistants à la pénicilline, les résultats n\u2019ont pas été aussi encourageants que prévus et en plus du drainage chirurgical, on souhaite la découverte de nouveaux antibiotiques afin de mieux contrôler cette infection.Fernand GREGOIRE.CARDIOLOGIE G.GUASSARDO.\u2014 Prophylaxie antirhuma- tismale dans les cardiopathies congénitales.(La profilassi antireumatica nelle cardiopatie congenite.) \u2018Minerva Pedic- trica, 9: 700 (30 juin) 1957.Il s\u2019agit d\u2019une recherche portant sur 553 cas de cardiopathie congénitale examinés dans le centre cardio-chirurgical « H.Blalock », de la clinique pédiatrique de l\u2019Université de Turin (Italie).L'auteur pose d\u2019abord la question à savoir si le rhumatisme articulaire aigu pendant la grossesse peut agir comme facteur de malformation et, si oui, s\u2019il agit comme facteur tératogène ou par l'intermédiaire d\u2019une endocardite fœtale de nature rhumatismale.La question est très contestée par la littérature médicale qui présente des statistiques bien différentes: l\u2019auteur a en seulement deux cas (perméabilité du canal de Botal et com- voisiestion introventriculaire) dans lesquels 348 la mère avait été atteinte de r.a.à.pendant les premiers mois de sa grossesse.L'auteur a constaté que pendant la période enfantine les porteurs de cardiopathie congénitale présentent une morbidité envers le r.a.a.légèrement supérieure à celle des enfants normaux, probablement à cause de la facilité avec laquelle les infections focales peuvent s\u2019établir chez les patients avec des graves altérations circulatoires et trophiques des tissus périphériques.Il conseille d\u2019instaurer une prophylaxie antirhumatismale dans toutes les cardiopathies congénitales et surtout dans les cas sans histoire rhumatismale, mais avec augmentation de la vitesse de sédimentation, positivité de protéine C réactive, élèvement du taux des O-antistreptolysines et allongement de l\u2019intervalle P-R.Il considère comme obligatoire cette prophylaxie avant les interventions cardio-chirurgicales.À ce propos, il cite le syndrome post-cardiothomique observé dans un pourcentage élevé de cas après commissurotomie mitrale, dont l\u2019étiologie rhumatismale est possible.Ce syndrome consiste en une fièvre élevée, douleurs thoraciques, épanchement pleural et quelquefois péricardique, troubles du rythme, tendance à l'insuffisance cardiaque et, dans quelques cas, légère arthralgie.Marie-Thérèse BONACCORSI.D.HALMAGYI, B.FELKAI, Z.CZIPOTT et C.NOVACS.\u2014 L'effet du Serpasil dans l'hypertension pulmonaire.(The effect of Serpasil in Pulmonary Hypertension.) \u2018Brit.Heart J., 19: 375 (juillet) 1957.Plusieurs drogues furent essayées dans le but de réduire l\u2019hypertension pulmonaire.La plupart se sont avérées peu utiles à cause des effets secondaires insurmontables qui en rendaient la manipulation délicate.Devant les résultats cliniques apportés par le serpasil chez les mitraux, les auteurs décidèrent d\u2019en étudier le mécanisme d\u2019action.Quinze malades furent examinés au point de vue hémodynamique pulmonaire, par la méthode du cathétérisme cardiaque.Après enregistrement des pressions et la mesure du débit cardiaque, 1 mg.de serpasil fut injecté ANALYSES L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 dans le cathéter pendant 4 minutes.A chaque 10 minutes par la suite, les pressions furent enregistrées, et cela pendant 40 minutes.Dans les cas de sténose mitrale, les pressions artérielles et les résistances vasculaires pulmonaires diminuèrent.La pression « capillaire » ne bougea pratiquement pas, de même que les pressions systémiques et le débit cardiaque.La chute des pressions pulmonaires et des résistances vasculaires fut en moyenne de 30% et de 23%.Dans les cas de sténose pulmonaire et de persistance du canal artériel, le serpasil fut sans effet.Chez un malade souffrant de communication interventrieculaire compliquée d\u2019hypertension pulmonaire, la pression artérielle pulmonaire fut réduite de 50%, alors que la pression systémique augmenta.Dans tous les cas où il fut efficace, le serpasil n\u2019agit jamais moins de 20 minutes après son administration.Dans la discussion de leurs résultats, les auteurs suggèrent que dans la sténose mitrale, la pression dans l\u2019artère pulmonaire est conditionnée par le degré de constriction du lit vasculaire pulmonaire.Cette constriction est inhibée par le serpasil, au moins en partie.L\u2019effet du serpasil dans la communication interventriculaire avec hypertension pulmonaire fait croire que certaines cardiopathies congénitales s\u2019accompagnent d\u2019une vasoconstriction pulmonaire réflexe.Les auteurs concluent en disant que le serpasil, comme les autres drogues hypoten- sives, agit surtout chez les malades ayant de la vaso-constriction.Charles LEPINE.J.B.JOHNSON, J.F.GROSS et E.HOLE.\u2014 Effets de l'administration de la nitroglycérine par voie sous-linguale sur la pression artérielle pulmonaire chez des malades ayant une décompensation du ventricule gauche.(Effects of sublingual administration of nitroglycerin on pul- monary-artery pressure in patients with failure of the left ventricule.) \"New Eng.J.Med.\"\u201d, 257: 1114 (5 déc.) 1957.Les auteurs, après avoir observé une amélioration clinique chez les malades en insuffi- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 sance cardiaque gauche qui prenaient de la nitroglycérine, décidèrent d\u2019étudier l\u2019effet de ce médicament sur la pression artérielle pulmonaire.Dix malades subirent un cathétérisme cardiaque.La pression artérielle pulmonaire fut mesurée à différents intervalles pendant 30 minutes.Puis, 0.6 et 1.2 mg.de nitroglycérine fut placé sous la langue des malades.Les pressions furent ensuite enregistrées de nouveau pendant 30 minutes.La pression artérielle pulmonaire subit une chute notable chez 7 malades, pendant les 15 premières minutes, et chez 9 malades, de la 16e à la 30e minute.Des modifications parallèles purent être observées dans l\u2019artère brachiale, avec une chute moins marquée de la pression cependant.Chez 3 malades chez qui la pression dite des capillaires pulmonaires fut enregistrée, cette pression diminua avec la nitroglycérine.Le mécanisme d\u2019action de la nitroglycérine dans ces cas n\u2019a pu être clairement défini par les auteurs.Il semble toutefois qu\u2019avec la nitroglycérine, le ventricule gauche se vide plus facilement, et que le retour veineux au cœur gauche se fasse mieux.Les auteurs concluent en disant que la nitroglycérine peut tenir une place importante dans le traitement des malades ayant une hypertension pulmonaire et souffrant de dyspnée paroxystique.Charles LEPINE.CHIRURGIE J.LATASTE.\u2014 Les perforations spontanées du caecum.'Tournal de Chirurgie\u201d, 74: 468 (décembre) 1957.Ce travail porte sur les perforations non traumatiques du cæcum faisant communiquer directement ou non la lumière cæcale, soit avec la grande cavité péritonéale ou une cavité cloisonnée de celle-ci, soit avec le tissu cellulaire rétropéritonéal.Les lésions sont rares et elles se présentent sous une forme telle que le diagnostic en est parfois difficile.À la faveur de six observations cliniques, l\u2019auteur fait une étude exhaustive de la question.ANALYSES 349 Il classe en sept groupes étiologiques les perforations spontanées du cæcum: les per- f£orations simples ou isolées, diverticulaires, tumorales inflammatoires, tumorales malignes, diastatiques, postopératoires et celles qui surviennent au cours de certaines maladies intestinales ou générales, au cours de certains traitements.Les perforations simples ou isolées résultent d\u2019ulcéres du cecum et se traitent, suivant le cas, par la cæcostomie, l\u2019excision avec suture et l\u2019hémicolectomie droite.Les perforations diverticulaires présentent un tableau clinique voisin de celui des ulcères perforés du cæcum, le traitement est essentiellement chirurgical et peut varier entre la diverticulectomie avec suture ou l\u2019hémicolec- tomie droite.Les perforations tumorales inflammatoires sont de diagnostic étiologique compliqué; il peut s\u2019agir d\u2019amibiase cæcale, de tuberculose iléo-cæcale, de mycose cæcale, de granulomes à corps étranger, de sclérolipomatose sous- séreuse, d\u2019hypertrophie fibreuse sous-muqueu- se ou de cancer du cecum.Le traitement dépend des découvertes opératoires et il se limite le plus souvent à l\u2019hémicolectomie droite.Les perforations diastatiques surviennent à la suite d\u2019obstacles coliques ou rectaux, néoplasiques ou non qui entraînent une dilatation en amont à prédominance colique droite.Le traitement dans ces cas dépend du siège de l\u2019obstacle par rapport à la perforation cæcale et de l\u2019état général du malade.T1 peut consister en un simple drainage de la fosse iliaque droite, dans une levée de l\u2019obstacle, dans une exérèse élective, et si la tumeur siège au transverse, ou au côlon ascendant, en une hémicolectomie droite.Si l\u2019obstacle est colique gauche ou rectal, la résection d\u2019emblée est contre-indiquée.Les perforations survenant au cours de certaines lésions intestinales ou extraintesti- nales exigent un diagnostic étiologique.Ces perforations peuvent arriver au cours des colites ulcéreuses, des entéro-colites typhiques 350 ou bacillaires, des dysentéries bacillaires ou amibiennes, des iléo-colites ou de la maladie de Crohn.Le traitement y est très difficile et varie avec la cause déclenchante.Le drainage et la suture sont indiqués dans les perforations amibiennes, tuberculeuses ou typhiques; dans la colite ulcéreuse, la meilleure méthode semble être l\u2019iléostomie avec colectomie subtotale d\u2019emblée.Les perforations du cæcum peuvent se présenter au cours de certaines thérapeutiques: médications alcalines, cortisone et ACTH.Leur traitement est chirurgical; c\u2019est l\u2019hémi- colectomie droite.Les perforations postopératoires du cecum sont exceptionnelles et ressemblent aux ulcères intestinaux postbrüûlures.L'auteur présente un excellent travail dont la lecture annotée complète un chapitre habituellement anémique de la plupart des traités de chirurgie.Edouard DESJARDINS.GASTRO-ENTEROLOGIE Alfred BENSAUDE, A.ROBERTI et P.FUNF- SHILLING.\u2014 Les rectites infectieuses à germes dits banoux en apparence primitives, \u2018Arch.Mal.App.Digestif\", 45: 113 (septembre) 1956.Les rectites basses infectieuses, à germes banaux, sont peu connues.Après avoir résumé dans un tableau les principales données qui leur ont été fournies par vingt observations, les auteurs en font une étude complète.Ils précisent la nature particulière de certains types d\u2019ulcérations visibles sur l\u2019ampoule rectale et insistent sur la stricte localisation des lésions au bas rectum.Ils étudient, par ailleurs, les critères bactériologiques nécessaires pour définir le caractère pathologique des germes trouvés à la coproculture et notent les résultats remarquables du traitement de ces rectites par les antibiotiques ou les sulfamidés appropriés.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Guy ALBOT, C.S.SCHLUMBERGER, Clau- de-M.FAYE, Jean RUFFINO et Mme Su- zonne RAIMBAULT.\u2014 Le gros foie des alcooliques.Sa formule biologique et ses deux aspects histologiques.\"Arch.des Mail.App.Digestif', 45: 685 (juin) 1956.Les \u2018auteurs décrivent les lésions et les troubles biologiques des hépatites alcooliques subaigués qui représentent le début de l\u2019altération du foie par l\u2019alcool, peuvent être résolutives ou au contraire évoluer avec lenteur vers la cirrhose.Vingt-deux cas étudiés par ponction-biopsie, par instantané hépatique et par électrophorèse permettent de décrire à ce « gros foie des alcooliques» deux formes histo-biologiques, une hépatite subai- guë cytolytique et une hépatite subaigué stéatosique qui n\u2019est en réalité que la forme précédente compliquée de surcharge graisseuse.Le syndrome biologique commun est caractéristique: les épreuves de traversée (eau, galactose, acide hippurique) sont perturbées et les épreuves de floculation (MecMagan, Hanger, Kunkel, Cadmium, Red Colloidal Test) normales; à l\u2019électrophorèse le phénomène constant est la chute importante des globulines, contrastant avec des modifications peu importantes ou nulles des autres fractions.Dans les deux variétés, la B.S.P.est toujours normale ainsi que le R.C.T.Dans les trois cas, l\u2019hépatite subaiguë stéa- tosique traitée par médication lipotrope a vu la graisse disparaître mais persister, d\u2019une part l\u2019image histologique d\u2019une hépatite cytologique et, d\u2019autre part, les mêmes troubles fonctionnels qu\u2019avant traitement : ceci démontre que les hépatites subaiguës stéatosi- ques sont des hépatites cytolytiques compliquées de surcharge graisseuse.Ces lésions et ces troubles viennent compléter la symptomatologie, jusqu\u2019ici très pauvre, de ce que l\u2019on a appelé le « gros foie des alcooliques».Ils permettent d\u2019en surveiller l\u2019évolution et d\u2019observer, soit la stabilisation lente de la lésion sous l\u2019influence du traitement et du sevrage toxique, soit l\u2019évolution progressive et torpide vers le processus cir- rhotique.Il semble que les premiers signes L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 d\u2019alarme de cette dernière évolution soient l\u2019apparition histologique d\u2019une réaction inflammatoire mésenchymateuse et, biologique- ment, un virage de la réaction de MacLagan et du Red Colloidal Test au rouge Cérol bien avant que n\u2019apparaissent les troubles de la brome-sulfone-phtaléine.André LEVY.\u2014 Rapports pathogéniques entre les ulcères gastro-duodénaux et les coronarites.Rôle du pancréas dans la genèse de la maladie angineuse.\u2018Arch.Mal.App.Digestif\u201d, 45: 1 (juillet-août) 1956.La fréquence des accidents coronariens au cours de la maladie ulcéreuse apparaît non comme une simple coïncidence, mais comme la conséquence de la lésion digestive.Celle-ci est capable d\u2019engendrer des crises coronaro- constrictives de deux façons: par les à-coupes hypoglycémiques qui sont inhérents à l\u2019évolution ulcéreuse ou par les réactions pancréatiques qui souvent l\u2019accompagnent.Ces dernières, sans être spécifiques de l\u2019ulcère, semblent relever d\u2019une sensibilité viscérale aux graisses n\u2019intervenant qu\u2019à partir d\u2019une certaine saturation de l\u2019organisme par celles-ci.Henri SARLES.\u2014 Etude des facteurs nerveux centraux et périphériques au cours des dyskinésies biliaires.\u2018\u2019Arch.Mal.App.Digestif\", 45: 7 (juillet-aofit) 1956.L\u2019auteur présente d\u2019abord une observation de papillite primitive (oddite scléro-rétractile) qui a débuté après un bombardement et dont toutes les crises ont suivi un choc émotif violent.A propos de ce cas, il étudie le facteur nerveux au cours des affections non lithiasiques de l\u2019arbre biliaire.1.Une étude psychiatrique faite avec J.Cain semble montrer que les facteurs psychiques sont prépondérants dans les hypertonies oddiennes ou les oddites, négligeables dans les affections de la voie biliaire accessoire.2.Une étude des courbes de pression biliaire montre que, chez certains malades, une ANALYSES 351 émotion brutale et désagréable est capable d\u2019entrainer une hypertonie biliaire (dans un seul cas cependant, l\u2019auteur constate une hypotonie).3.Après une étude bibliographique de l\u2019action du nerf splanchnique sur l\u2019arbre biliaire l\u2019auteur présente une expérimentation faite avec J.Lamy, G.Michotey et G.Gastaud, l\u2019irritation chronique du nerf splanchnique droit chez le chien (poudre de pierre ponce) entraîne régulièrement une hypertonie biliaire considérable et progressive.L'auteur suggère qu\u2019une lésion (cicatrice, caleuls) dans le territoire sensitif de ce nerf est peut-être à l\u2019origine par voie réflexe de certaines dyskinésies biliaires.NEURO-PSYCHIATRIE A.N.EXTON-SMITH et D.J.CROCKETT.\u2014 Nature de l'œdème dans les membres paralysés des patients hémiplégiques.(Nature of Oedema in Paralysed Limbs of Hemiplegic Patients.) \"Brit.Med.J.\u201d, 2: 1280, 1957.On observe de l\u2019ædème dans les membres paralysés chez 16 pour cent des hémiplégiques et cet œdème est plus marqué au membre supérieur.Le liquide d\u2019œdème est riche en protéine et on croit que le drainage lymphatique est déficient à cause de la perte de l\u2019activité musculaire.Plusieurs autres facteurs peuvent entrer en jeu dont une augmentation de la pression veineuse.causée par le fait de reposer sur le membre atteint, des thromboses veineuses et une décompensation cardiaque.La dilatation artériolaire secondaire à un trouble de la régulation vaso-motrice du cerveau peut également jouer un rôle.Les auteurs n\u2019ont pas réussi à mettre en évidence une augmentation de la perméabilité des capillaires pour les protéines du côté atteint.Il est intéressant de noter que lorsqu\u2019un hémiplégique confiné au lit développe un œdème dans le membre inférieur et non dans le membre supérieur il s\u2019agit presque toujours d\u2019une thrombophlébite de la jambe.Jean-Mare BORDELEAU. 352 HEATHFIELD.\u2014 L'acroparesthésie et le syndrome du tunnel carpien.(Acropar- aesthesiae and the Carpal-Tunnel Syndrome.) \"The Lancet\u2019, 273: 663 (5 oct.) 1957.Symptomatologie chez 80 patients: la condition peut étre unie ou bilatérale et prédomine habituellement du côté droit; elle peut survenir uniquement la nuit.Si les symptômes apparaissent le matin, ils sont ennuyeux surtout durant l'heure suivant le lever; les patients trouvent parfois un soulagement en laissant pendre le bras en dehors du lit.La sensation éprouvée est un engourdissement avec picotements en aiguille ou brûlures.Les douleurs sont localisées habituellement au territoire du médian, surtout marquées à la région distale, mais peuvent s\u2019étendre à tout le bras et atteindre l\u2019épaule.Ces douleurs sont intermittentes dans la journée, et peuvent être provoquées si la main est tenue fixe durant un certain temps, par exemple, la lecture, le tricotage ou la couture.Des troubles moteurs peuvent exister, mais ils sont généralement de peu d\u2019intensité.L\u2019examen montre des troubles sensitifs dans le territoire du médian et des troubles moteurs sous forme de faiblesse de l\u2019opposant du pouce et du court abducteur avec difficulté de flexion de la troisième phalange de l\u2019index.Comme signes accessoires: le test du tourniquet, une sensibilité à l\u2019éminence thé- narienne, le signe de Tinel, parfois de la froideur, de Ia cyanose.un syndrome de Raynaud, une rougeur de la main.Comme facteurs étiologiques, on trouva: arthrite septique du poignet, vieille fracture, ostéo-arthrite généralisée avec déformations cervicales et nodules d\u2019Heberden.une côte cervicale.diabète.Le traitement consista dans la plupart des cas en la mise en place d\u2019une attelle avec le poignet en nosition nentre, Quelaves patients recoururent à la chirurgie.Comme diaonostir différentiel: la sclérose en nlaane.une hernie cervico-discale.une spondvlose cervicale.une côte cervicale.les ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 syndromes du scalène antérieur, axillaire et la compression costo-claviculaire.R.BARCELO.ENDOCRINOLOGIE U.S.Von EULER et G.STROM.\u2014 Notions actuelles sur le diagnostic et le traitement du phéochromocytome.(Present status of diagnosis and treatment of pheochrom- ocytome.) \u201cCirculation\u201d, 15: 5 Ganv.) 1957.Le phéochromocytome est un néoplasme des cellules chromaffines du système nerveux sympathique (médullo-surrénale, tissu sympathique aberrant, paraganglions).Il s\u2019agit d'une tumeur qui se développe chez l\u2019adulte, plus fréquemment chez la femme que chez l'homme; située dans ou près de la surrénale ou le long de la chaîne sympathique; cette tumeur unique ou multiple, peut être maligne, a une incidence familiale parfois et est rarement associée à de la neurofibromatose.L\u2019évolution est fatable en quelques années avec un tableau clinique ressemblant à de l\u2019hypertension maligne.À quelques exceptions près, il y existe une hyperfonction des cellules chromaffines (augmentation du taux urinaire de la norépiné- phrine et de l\u2019épinéphrine).Les métastases sont fonctionnellement actives.Physiologiquement, le phéochromocytome peut produire: hypertension artérielle portant sur la systolique et la diastolique; aucune modification du pouls; diaphorèse augmentée; vasoconstriction cutanée; métabolisme basal augmenté; une hyperglycémie provoquée positive de même qu'une glycosurie: enfin.stimulation du système nerveux central.Parfois, la sécrétion des catécholamines se fait en naroxysmes, mais dans la majorité des cas, la sécrétion est continue.Subjectivement, le patient se plaint de céphalées, de dianhorèse.de nervosité et de perte de poids.Si ces malaises surviennent en paroxvsmes, le diagnostic de phéochromo- cvtome est à envisager.Le plus souvent, ces svmntômes sont continus et nous assistons à une hvpertension nrolongée provoquant des chanoements significatifs au niveau des vais- L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 seaux rétiniens, coronariens, cérébraux et rénaux.On a proposé plusieurs méthodes de diagnostic dont: 1.Dosage des catécholamines: elle serait la méthode la plus fidèle, la moins nocive et la plus exacte.Le test serait spécifique, même pour les cas qui évoluent en paroxysmes.Dosage dans les urines ou dans le sang.2.Dosage des stéroïdes : aucune valeur spécifique.3.Tests pharmacologiques: les tests n\u2019ont qu\u2019une valeur fort relative, donnent des résultats équivoques et sont parfois dangereux.On ne devrait employer ces substances (Ré- gitine, surtout) que comme traitement symptomatique avant un acte chirurgical.La localisation de la tumeur peut se faire par une endoveineuse, une pyélographie rétrograde, une Aartériographie sélective ou encore par l\u2019insufflation rétro-péritonéale.On a pu déterminer la localisation précise de la tumeur par cathétérisme du système nerveux et dosage des catécholamines.Le traitement est avant tout chirurgical.Dans la phase préchirurgicale, on pourra utiliser la régitine, surtout dans les paroxysmes.C.GOULET.HEMATOLOGIE Murray WEINER et Silney UDENFRIEND.\u2014 Rapports de la sérotonine des plaquettes dans les troubles de la coagulation et de l'hémostase.(Relationship of Platelet Serotonin to Disturbances of Clotting and Hemostasis.) Circulation\u201d, 15: 357 (mars) 1957.O'Connor, en 1912, a démontré que le sérum a une activité vasoconstrictrice et que cette activité est plus grande que le plasma et ne dépend pas de l\u2019épinéphrine.Janeway, plus tard.démontre que les plaquettes sont essentielles à l\u2019activité vasoconstrictrice du sérum.En 1948, on isole la sérotonine (5-hydroxy- trvntamine).on a émis la possibilité d\u2019un rôle dans l\u2019hémostase et le système cardio- vasenlaire.La sérotonine a sûrement un rôle cardio-vaseulaire, mais cet article est présenté ANALYSES 353 en vue de déterminer si la sérotonine a un rôle dans la coagulation ou l\u2019hémostase et si la concentration varie au cours de certaines maladies.On trouve une concentration élevée de sérotonine au niveau du cerveau, des plaquettes sanguines et du tube digestif (iléon).Même s1 la sérotonine existant dans les plaquettes peut suggérer un facteur dans l\u2019hémostase, les résultats favorisent une toute autre hypothèse.L\u2019on a cependant noté que la concentration de la sérotonine diminuait si l\u2019azotémie était élevée.Ceci serait un facteur conséquent à un syndrome de dénutrition, puisque aucune maladie spécifique ne produit une baisse de la sérotonine.Les études récentes tendant à démontrer une relation entre la sérotonine et l'hypertension ont échoué.Enfin, l\u2019on a noté que le taux de sérotonine diminuait de façon prolongée après traitement au Serpasil, mais sans amener de modifications réelles sur le coagulogramme.C.GOULET.PEDIATRIE Emmanuel DUBON.\u2014 Progrès sur les mesures conventionnelles de stimulation de l'appétit.(Enhancement of Conventional Therapy for Appetite Stimulation.) \"Quat.Revue of Pediatrics\u201d, 12: 142 (août) 1957.Le By et le B19 nous ont donné un certain succès, mais quelques fois, maleré l\u2019absence de lésions organiques ou de pathologie, il y a eu échec.Ces enfants maigres, à habitudes alimentaires défectueuses, sont généralement tendus, hvperexcitables, agités.Talbot.le premier, en calmant des enfants de ce genre avec la réserpine, a noté, en plus du calme obtenu.un gain de poids.Sur 51 enfants (de 2 à 11 ans) en traitement.42 ont reçu la médication et 9 ont recu des placebos.Ta nréparation contient 0.05 me.de réser- nine.10 me.de Bo.10 mea.de thiamine mo- nonitrato.Ta dose est de 1 tablette trois par jour.neu imrorte l\u2019Âve.T1 est bien entendu que ces enfants ont été placés dans des con- 354 ditions égales de santé, de milieu, etc.puis le poids et la taille furent mesurés toutes les semaines, Comme résultat, les enfants ont gagné 0.19 livre par semaine et le traitement étant cessé, le gain de poids tombe à 0.02 livre par semaine.Et avec le retour du médicament, on obtient encore 0.19 livre par semaine.L'enfant de choix pour ce médicament est tendu et fort anvieux sans compter qu\u2019il s'ajuste mieux à la vie courante.SERVICE DE PEDIATRIE, (Hôp.Ste-Jeanne-d\u2019Are).NUTRITION Edmund R.YENT.\u2014 L'ostéoporose.(Osteo- poris.) \"Postgraduate Med.\u201d, 22: 38 (juillet) 1952, 1952 L'os a deux composantes: organique et morganique.La composante organique comprend les ostéoblastes et la substance intercellulaire.Les ostéoblastes fabriquent la matrice osseuse: celle-ci est formée de fibres collagènes entre lesquelles se dépose la substance fondamentale dont un des constituants est un mucopolysaccharide, le sulfate de chondroïtine.La composante inorganique comprend le \u2018alejum, le phosphate et les ions hydroxy! qui se déposent dans et autour des fibres collagènes et dans la substance fondamentale.L'ostéoporose résulte de l'insuffisance de production de la matrice osseuse: à distinguer de l'ostéomalacie où la matrice osseuse est suffisante mais où le calcium ou les phosphates étant déficients, la matrice osseuse n\u2019est pas entièrement calcifiée.Causes de l\u2019ostéoporose.1) L'ostéoporose du repos.Ici les stimuli ordinairement occasionnés par le poids du corps, les contractions musculaires et les étirements ligamentaires sont absents et l\u2019activité ostéoblastique se trouve ralentie ; la résorption osseuse dans ce cas continue au rythme normal.ANALYSES | 9) Ostdoporose sénile.Les ostéoblastes par- ; ticipent ici au ralentissement cellulaire qui se produit dans les autres cellules de l\u2019orga- { nisme; d\u2019autres facteurs interviennent tels .les déficiences nutritionnelles, hormonales et d'activité physique; il y a prédominance chez les femmes et il existe une incidence familiale.3) L'ostéoporose postménopausique.Al- bright a émis la théorie à l'effet que les œstrogènes sont nécessaires au rendement optima des ostéoblastes; de plus il a noté que les glucocorticoïdes sont antianaboliques, mais que leur effet est annulé par les œstrogènes et les androgènes; l\u2019on comprend alors qu\u2019une déficience des hormones sexuelles est cause d\u2019ostéoporose; par contre, on note que les femmes ovariectomisées jeunes ne sont pas plus enclines à l\u2019ostéoporose que les autres femmes du même âge non ovariectomisées et que de plus chez ces femmes ovariectomisées Jeunes l\u2019ostéoporose survient vers l\u2019âge moyen de la ménopause.4) Syndrome de Cushing.L'ostéoporose survient ici par l\u2019action antianabolique des hormones surrénaliennes glucocorticoïdes.5) Hyperthyroidisme.Iei il existe une hypercaleiurie; deux mécanismes doivent être considérés 1ci: celui d\u2019une formation de matrice osseuse ralentie et celui d\u2019une destrue- tion osseuse exagérée.6) Acromégalie.Aucune explication satisfaisante n\u2019a été donnée ici pour expliquer l\u2019ostéoporose.7) Déficiences nutritionnelles protéines.8) Ostéoporose idiopathique: surtout chez les hommes jeunes où toutes les causes précitées ont été éliminées.surtout des Diagnostic différentiel.Ostéomalacie, hyperparathyroïdie, métastases osseuses, myélome multiple.| Laboratoire.Ne ce Calcium sérique, phosphore inorganique et la phosphatase alcaline sont ordinairement normaux.| L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Traitement.1.Dormir sur un matelas rigide pour prévenir les déviations de la colonne vertébrale.2.Exercices physiques modérés pour stimuler l\u2019activité ostéoblastique.3.Analgésiques: aspirine, phénacétine.4, Ne jamais donner de stéroïdes à cause de leur effet glucocorticoide antianabolique.5.Le port d\u2019un corset orthopédique.6.L'usage des hormones sexuelles: androgènes et œstrogènes.La réponse au traitement hormonal est inconstante ; certains auteurs rapportent que des remaniements osseux importants ont été constatés radiologiquement; d\u2019autres disent que peu ou aucun changement osseux ne se produit.Quoi qu\u2019il en soit, chez tous les patients soumis au traitement andro- génique et œstrogénique, on note une disparition de la douleur, un meilleur appétit, une amélioration du psychisme et en conséquence une augmentation de l\u2019activité physique et une amélioration de la posture.Gilles CÔTÉ.OBSTETRIQUE Paul PEDOWITZ et Ralph M.SCHAW ARTZ.\u2014 L'incidence réelle de la rupture silencieuse des cicatrices des sections utérines pour césarienne.(The true incidence of silent rupture of cesarean section scars.) \u201cAm.J.Obst.and Gynec.\u201d, 74: 1071, 1957.Chez 403 patientes ayant subi un total de 482 césariennes, la cicatrice utérine a été examinée, afin de déterminer la fréquence réelle des ruptures silencieuses.On trouva une déhiscence de la cicatrice, rupture asymp- tomatique, dans 10 pour cent des cas.Le taux le plus élevé fut rencontré chez les patientes qui avaient subi une césarienne de type classique.Différents facteurs sont analysés, afin de déterminer les causes possibles de ces ruptures.Le plus grand nombre de ruptures fut rencontré chez celles où l\u2019indication de la césarienne était une hémorragie de la grossesse ou la souffrance fœtale.On attribue la rupture dans ces cas à un défaut de technique ANALYSES 355 s\u2019expliquant par des ligatures trop massives et une infiltration hémorragique du muscle utérin, séquelle d\u2019un décollement du placenta, Les autres facteurs tels que morbidité postopératoire, intervalle entre les grossesses, distension utérine, travail, ne semblent pas augmenter le taux de rupture de façon significative.La fermeture de l\u2019incision est le facteur déterminant d\u2019une bonne ou mauvaise cicatrice.Comme il n\u2019y a pas de méthode pour déterminer l\u2019intégrité d\u2019une cicatrice, l\u2019auteur continue de croire au dicton once a section, always a section.Marc-A.DEMERS.DERMATOLOGIE Orlando CANIZARES.\u2014 Les lésions cutanées de la fièvre rhumatismale.(Cutaneous lesions of rheumatic fever.) \"A.MA.Archives of Dermatology\u2019, 76: 702 (déc.) 1957.Parmi les symptômes bien connus de la fièvre rhumatismale, les éruptions cutanées occupent une place importante.Une meilleure connaissance de ces éruptions qui, le plus souvent, sont tout à fait caractéristiques, ne peut que faciliter le diagnostic de la maladie.L'auteur a observé 233 cas de fièvre rhumatismale dans un Centre de Convalescence de l\u2019Armée Américaine.Tous ces malades étaient des adultes jeunes et 24 d\u2019entre eux i.e.10.3% présentaient une dermatose indiscutablement due à la fièvre rhumatismale elle-même.Dans quatre cas il s\u2019agissait d\u2019urticaire et l\u2019apparition des lésions cutanées était en relation directe avec les exarcerbations de la maladie rhumatismale.Quatre autres malades présentaient de l\u2019érythème noueux.Chez tous, les lésions disparurent après trois semaines environ.Chez cinq malades, on nota une éruption purpurique localisée aux jambes et aux chevilles.Les lésions apparurent graduellement et disparurent en 3 à 5 semaines.Dans trois cas, on observa des nodules sous- cutanés localisés près des articulations attein- 306 ANALYSES tes.Ces nodules disparurent lentement, après plusieurs semaines ou mois.Huit malades, i.e.3.4% des cas présen- talent une éruption d\u2019érythéme nolymorphe: forme papuleuse dans 4 cas; forme annulaire ou marginée dans les autres cas.D\u2019après l\u2019auteur cette dernière forme d\u2019érythème polymorphe est partiellement suggestive pour le diagnostic de la fiièvre rhumatismale.Henri SMITH.RHUMATOLOGIE P.MERIEL, R.RUFFIE, A.FOURNIER.\u2014 En marge de la Maladie de Bouillaud.\u2018Gaz.des Hôpitaux\", 129: 269 (10 mars) 1957.Les auteurs étudient le no man\u2019s land compris entre la M.B.d\u2019une part, le R.C.P.I.(rhumatisme chronique progressif inflammatoire) de l\u2019autre, et soulignent combien la question a été obscurcie par la multiplication des appellations pour des séries morbides très voisines: on sait, par exemple, le procès de tendance qui est actuellement engagé contre le rhumatisme post-angineux de J.Chevallier.Ils se placent sur le terrain solide de faits en analysant 14 cas personnels de rhumatisme post-angineux observés pendant l'hiver et le printemps 1956.1.L\u2019angine a eu des caractères variables: toutes les formes ont été rencontrées, de l\u2019amygdalite cryptique au phlegmon.Le staphylocoque hémolytique du groupe A n\u2019a pu être mis en évidence que 3 fois sur 14.Le taux des antistreptolysines O a toujours été élevé sauf chez un malade.L\u2019intervalle libre entre l\u2019angine et l\u2019arthrite a été en moyenne de 15 jours, soit un peu plus court que dans la M.B.véritable.Les déterminations articulaires ont intéressé var ordre de fréquence les genoux, les chevilles, la plante des pieds et le talon, les L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 poignets, les épaules, les coudes.Il y a eu assez souvent des douleurs rachidiennes.Il y a eu parfois des manifestations cardiaques: 4 fois des troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, 8 fois sur 14 un souffle systolique endopexien qui, en général, a disparu au bout d\u2019un certain temps, mais les auteurs se gardent de préjuger de l\u2019avenir.Le rein est rarement touché: une fois néphrite aiguë avec albuminurie et hématurie microscopique, très souvent hématurie microscopique dans l\u2019épreuve d\u2019Addie.La peau a présenté 2 fois un érythème noueux dont on pouvait exclure la nature tuberculeuse ou médicamenteuse.Le syndrome humoro-biologique révélait une inversion du rapport sérine/globuline, une formule a?4, une certaine anémie, une leucocytose à 10-12000 avec polynucléose, une augmentation quasi-constante des antistrep- tolysines O, une accélération de la sédimentation globulaire.L\u2019évolution est traînante, avec persistance d\u2019une fébrilité et d\u2019une augmentation de la S.G., rechute d\u2019angines, localisation secondairement oligo- ou mono-articulaire de l\u2019arthrite, absence habituelle de lésions radiologiques.Fn général tout finit par rentrer dans l\u2019ordre dans les limites de l\u2019observation des auteurs qui ne dépassaient pas 4 mois.Le traitement a toujours été très énergique: sous couvert d\u2019antibiotiques, deltacortisono- thérapie (40 \u2014 20 mg.) pendant 3 semaines au moins, puis repos d\u2019un mois dans un home de convalescents.Du point de vue théorique.les auteurs établissent le diagnostic avec le R.A.A., le R.C.P.1., les formes à début périphérique de la spondylarthrite ankylosante.Voici leur conclusion: « Le rhumatisme post-angineux paraît.constituer une forme clinique bénigne d\u2019un R.A.A.de l\u2019adulte.» Francois FRANÇON (Aix-les-Bains). SOCIÉTÉS LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Séance du 19 novembre 1957 Tenue à l'Hôtel-Dieu Présidence du docteur L.-Ph.Belisle.Rachialgies en psychiatrie.Docteur Victorin VOYER Le docteur Victorin Voyer mentionne qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une affection très fréquente, à forme monosymptômatique très souvent rencontrée dans le domaine de la psychiatrie.Son étude porte sur un total de 150 cas rencontrés parmi les deux dernières années à l\u2019Institut Prévost.L'âge de ces patients variait de 20 à 70 ans.Le docteur Voyer distingue trois types principaux: |.la psychonévrose d\u2019angoisse avec troubles caractériels; 2.la cervico-dorsalgie, affection dont la caractéristique consiste à persister, même au repos; 3.la lombalgie.Chez ces patients, 1l existe un certain mutisme quant à leur affection; ces patients sont, en effet, littéralement cloués sur place.Il s\u2019agit ici d\u2019un équivalent psychosomatique.La grande complication qui peut en résulter est l\u2019invalidité.Comme traitement, le docteur Voyer suggère une analyse en profondeur.De plus, les tendances libidinales doivent être corrigées.En outre, la médecine physique est souvent d\u2019une très grande utilité chez ces patients.Ostéoporose douloureuse post-traumatique.Docteur Raymond LANGEVIN Le docteur Raymond Langevin expose qu\u2019il s\u2019agit très souvent d\u2019une dystrophie réflexe du sympathique dont le mécanisme demeure obseur.En effet, le grand chirurgien de la douleur \u2014 LeRiche \u2014 était d\u2019avis qu\u2019il s\u2019agissait plutôt d\u2019un déséquilibre du système vasomoteur, plutôt que d\u2019un traumatisme.Le diagnostic de cette affection passe souvent ina- ee ++ perçu et peut même se développer sans modification radiologique.Le traitement consiste habituellement, soit en une stimulation du parasympathique, soit par une attaque chirurgicale sur le sympathique lui-même.Il s\u2019agit, de plus d\u2019effectuer un traitement adéquat du traumatisme en question et, très souvent, l\u2019anesthésie locale permettra de prévenir cette affection en abolissant le mécanisme réflexe.Récemment, les stéroïdes ont été utilisées avec un certain succès.La physiothérapie, ainsi que la radiothérapie sont aussi d\u2019une grande utilité.Etude de la circulation pulmonaire dans l'hypertension artérielle pulmonaire.Docteur Charles LEPINE Dans son travail, le docteur Charles Lépine étudie trois groupes distinets: 1.le groupe avec hypertension pulmonaire à l\u2019effort; 2.le groupe avec hypertension pulmonaire au repos et après effort; 3.le groupe avec hypertension pulmonaire au repos, traité par des agents hypotenseurs.Le médicament employé fut habituellement l\u2019arfonad, à la dose de 50 mm.intraveineux.Dans tous les cas, on assistait à une baisse de la pression pulmonaire; cependant, le débit cardiaque demeurait inchangé chez ces patients.Par la suite, le docteur Lépine exposa la participation du système nerveux sympathique dans la question de l\u2019hypertension pulmonaire.Il mentionna de plus qu\u2019il existait très probablement une composante neurogène dans l\u2019hypertension pulmonaire.En guise de conclusion, le docteur Lépine mentionna que le mécanisme de l\u2019hypertension reposait sur une résistance vasculaire augmentée, ou une malformation idiopatique \u2018hypertension essentielle), ou était associé à une pathologie du parachyme pulmonaire (les bronchopneumopathies chroniques).| 358 Observations d'intérêt médical en Amérique Centrale.Docteur Jules GILBERT Dans une excellente causerie, le docteur Jules Gilbert relata à l\u2019auditoire les impressions recueillies lors d\u2019un voyage récent en Amérique Centrale.I] mentionna les moyens prophylactiques et thérapeutiques que les médecins utilisent dans certaines affections.Il mentionna, de plus, les études particulières qui sont faites dans ces pays sur les maladies nutritionnelles.D\u2019après l\u2019expérience recueillie lors de ce voyage, le docteur Gilbert fait mention de l\u2019utilité considérable qui pourrait résulter de l\u2019addition de calcium à la farine de blé, comme il se fait dans ces pays.En effet, ceci pourrait être appliqué à notre population du Canada qui ne consomme pas une quantité suffisante de lait.A la fin de son exposé, le docteur Gilbert expliqua le programme de médecine préventive dans quelques-uns de ces pays d\u2019Amérique du Sud.> > sk Symposium sur les actualités médico-chirur- gicales, tenu à l'hôtel Sheraton-Mont-Royal le 1 décembre 1957.Présidence du docteur Jean-Marie Roussel.L'interaction du radicalisme thérapeutique et de l'évolution naturelle des cancers.Docteur Gilbert H.FLETCHER, de l'Université du Texas.Le docteur Fletcher relata qu\u2019au cours des vingt dernières années, on a trop insisté sur l'amélioration des moyens techniques, soit chirurgicaux ou radio-thérapeutiques.I] mentionne que le temps est maintenant venu de faire le bilan des progrès réalisés.Un des résultats les plus significatifs en chirurgie radicale, et aussi en radiothérapie, est l\u2019élargissement très considérable de nos connaissances au sujet des voies d\u2019infiltration et de l\u2019évolution des cancers.Toute forme de thérapeu- SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 tique visant à améliorer le taux de guérison ou l'efficacité du traitement palliatif ne peut réussir qu\u2019à condition d\u2019être basée sur de sconsidérations anatomo-pathologiques et cliniques.Les connaissances acquises au cours des vingt dernières années et leurs conséquences pratiques dans le traitement du cancéreux ont été passées en revue par le docteur Fletcher, en ce qui a trait aux tumeurs de la tête et du cou, de l'œsophage, des bronches, de la vessie, de l\u2019utérus et du sein.Etat actuel de la prophylaxie contre les maladies à virus et en particulier contre l'influenza.Docteur Victor J.Cabasso, de Pearl River.Le docteur Cabasso mentionne que la prophylaxie antivirale a pris, durant les vingt dernières années, un essor extraordinaire.Plusieurs maladies à virus ont pu être maîtrisées, grâce au choix de vaccins appropriés.Ce succès est d\u2019autant plus apprécié qu\u2019il n\u2019existe pas encore de moyen thérapeutique contre ces maladies et, ceci, malgré les victoires importantes remportées avec les sulfa- midés et les antibiotiques contre la majorité des infections bactériennes, les rickettsioses et la psittacose.L\u2019exemple de la manière dont le problème de la récente épidémie d\u2019influenza a été attaqué dans le continent Nord-Améri- caïn illustre bien les moyens dont nous disposons contre certaines affections à virus.Pour la première fois dans l\u2019histoire, il se trouve que la souche responsable d\u2019une pandémie a été isolée et identifiée avant son apparition dans nos pays, en un temps record, et que les autorités médicales ont été alertées.La production en masse d\u2019un vaccin spécifique a été mise en train et des millions de doses de ce vaccin ont été administrées à la population, En conclusion, le docteur Cabässo mentionne que nous disposons de moyens efficaces contre certaines affections à virus et qu\u2019il ne dénend que de nous de les mettre à \u2018exécution utilement et de les employer sagemént.\u201d L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Les acquisitions récentes dans le domaine du stress.Docteur Hans SELYE, de l'Université de Montréal.Le docteur Selye indiqua comment le dérèglement du syndrome d\u2019adaptation générale peut devenir la cause immédiate de nombre de maladies spontanées dues surtout à la réponse insuffisante des surrénales à l\u2019effet stressant de divers agents pathogènes.De tels dérangements ont été qualifiés de « maladies de l\u2019adaptation », parce que l\u2019on considère qu\u2019elles résultent surtout d\u2019une réponse d\u2019adaptation défectueuse au stress.Par la suite, le conférencier s\u2019efforça surtout d\u2019unifier l\u2019interprétation des réactions au stress et du traitement par les hormones normalement produites par le stress.Plusieurs points saillants de la conférence furent illustrés par des projections en couleur, montrant la principale application pratique de tous ces travaux qui consiste à démontrer que les hormones jouent un rôle important dans l\u2019évolution des maladies non-endocrini- ennes.Le contrôle de la circulation pulmonaire chez l'homme.Docteur André COURNAND, de New-York.Le docteur Cournand mentionne que, grâce à l'application de méthodes physiologiques relativement précises, le problème de la régularisation de la circulation pulmonaire chez l\u2019homme a fait récemment d\u2019importants progrès.Il mentionne qu\u2019il est désormais possible d'étudier l'influence de nombreux facteurs, tels que l\u2019activité musculaire, l\u2019anoxie, certaines substances pharmacologiques sur 1.le débit du ventricule droit; 2.la chute des pressions dans le circuit pulmonaire; 3.le volume sanguin intrathoracique.A la lumière d\u2019observations récentes, le conférencier considéra en détail la question de l\u2019influence respective des facteurs mécaniques, tels que l\u2019augmentation du débit et SOCIÉTÉS 359 la congestion veineuse pulmonaire et de la vasomotricité sur la résistance vasculaire pulmonaire.Avant d\u2019envisager les problèmes de phy- sio-pathologie de la circulation pulmonaire rencontrés en clinique, le docteur Cournand mentionna qu\u2019il est indispensable d\u2019acquérir d'abord une compréhension bien documentée de la régularisation de cette circulation chez l\u2019homme.En guise de conclusion, le docteur Cournand avoua que le problème n\u2019était pas encore résolu, que plusieurs mécanismes étaient en cause et qu\u2019on ne pouvait arriver à des conclusions définitives à l\u2019heure actuelle.Le traitement de la pancréatite par sphinctérotomie.Docteur Henry DOUBILET, de NewYork.Le docteur Doubilet souligna que la pancréatite récidivante est une maladie très fréquente qui, le plus souvent, n\u2019est pas reconnue, sauf les rares cas aigus foudroyants.Le conférencier émit l\u2019opinion que cette maladie était causée essentiellement par le reflux de la bile dans le canal de Wirsung; cependant, on peut empêcher ce reflux et faire avorter la maladie en sectionnant le sphincter d\u2019Oddi.Dans tous les cas chirurgicaux de pancréatite, on a trouvé un passage commun.Les connaissances de la pathologie de cette maladie ont été considérablement augmentées par la mise au point d\u2019une technique de cathétérisme du canal de Wirsung.Cela a donc permis de comprendre le processus pathologique de la maladie et de suivre les changements qui se produisent dans la glande au cours de la guérison.Il a été démontré que la pancréatite et ses complications peuvent être guéries par la sphinctérotomie.L\u2019opération a produit la guérison dans 90 pour cent des cas et la plupart des échecs ont éaé rencontrés chez des patients qui persistaient à manger des corps gras ou à boire de l\u2019alcool après l\u2019intervention chirurgicale. 360 La maladie microkystique des ovaires.Docteur Robert B.GREENBLATT, d'Augusta, Georgie.Le docteur Greenblatt mentionna que la maladie microkystique des ovaires est un syndrome couramment diagnostiqué aux Etats- Unis, comme syndrome de Stein-Leventhal.Dans ce syndrome, les patientes présentent les signes et les symptômes suivants: a) aménorrhée ou ménorragie; b) hirsutisme (léger ou sévère); c) stérilité; d) obésité modérée.Dans ces cas, les ovaires sont gros et palpables à l\u2019examen, ou peuvent être visualisés par pneumopéritoine.Par la suite, le conférencier traita du diagnostic différentiel de cette affection, ainsi que l\u2019histopathologie, de l\u2019hormonothérapie et du traitement chirurgical.Il mentionna que la résection cunéiforme demeure, quoique étant un traitement empirique, le traitement de choix et que cette opération réussit à rétablir l\u2019axe hypophyso-surrénalien.SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 L'interdépendance de la bronchoscopie et de la chirurgie thoracique.Docteur Chevalier L.JACKSON, de Philadelphie.Le docteur Jackson souligna, au début, que le bronchoscopiste était le collaborateur du praticien général.Il mentionna que la bronchoscopie était particulièrement utile dans l\u2019exérèse des corps étrangers.De plus, cet examen donne des renseignements de première valeur dans l\u2019étude des tumeurs, et permet la biopsie ainsi que l\u2019étude des sécrétions bronchiques.Cependant, l\u2019auteur mentionna que le traitement endoscopique n\u2019était pas satisfaisant en général, sauf dans les cas d\u2019adénome.Le docteur Jackson mentionna, en outre, la grande valeur de la bronchoscopie dans les lésions suppuratives, les abcès, la bronchiectasie, ainsi que l\u2019empyème pulmonaire.En guise de conclusion, le docteur Jackson mentionna que le bronchoscope était un instrument indispensable et qu\u2019il ne devait exister aucune rivalité entre le bronchoseo- piste et le chirurgien thoracique.Le Secrétaire des séances, Gilles LEDUC. L'Union Méd.Canada LV Tome 87 \u2014 Mars 1958 Étude comparative de la calcémie ionique* 0 £ U mn ® © © UV \u2014 » ionisé en mg Calcium *Gross et Al: Bull.Margaret Hague, Matern.Hosp.6:107, Dec.1953.a Le PRECALCIN LACTATE élimine les crampes aux jambes grâce à l'absence de phosphore dans sa formule; détermine un taux plus élevé de calcium; apporte toutes les vitamines et les minéraux essentiels à la grossesse et la lactation.PRESENTATION: - Flacons 100 et 500 capsules [SN Walker Laboratories, Inc., Mount Vernon, N.Y., U.S.A.Distributeurs pour le Canada: Anglo-French Drug Cie Ltée, Montréal 18 NÉCROLOGIE ALEXANDRE T.LABERGE (1866 - 1957) Le docteur Alexandre T.Laberge est décédé vendredi, le 29 novembre 1957, à sa résidence, 3073, Fairview, Détroit, Mich.Il naquit le 17 janvier 1866, à St-Chrysos- tome et 1l était membre d\u2019une famille de douze enfants.Il gradua à l\u2019Université Laval de Montréal en 1892.Durant vingt ans il pratiqua la médecine à Calumet, Michigan, avant de venir s\u2019établir à Détroit, il y a quarante-quatre ans.Il jouissait d\u2019une réputation enviable parmi plusieurs des pionniers de l\u2019est de Détroit et particulièrement parmi ceux d\u2019expression française.Il s\u2019est mérité le titre de « médecin de famille » et il était devenu célèbre par sa marche quotidienne qu\u2019il fit jusqu\u2019au jour de sa mort.Il servit comme officier de la santé à Grosse Pointe durant les années 1917- 1918 et fut nommé Examinateur médical par le gouvernement américain durant la première grande guerre mondiale.Il était membre à vie des Chevaliers de Colomb au conseil Gabriel Richard.- Leone V.SCHWERI (Detroit Medical News, 30 déc.1957) LE DOCTEUR PAUL-ANDRÉ BOURRET Le docteur Paul-André Bourret, de Beau- harnois, est décédé récemment à Montréal à l\u2019âge de 32 ans.Il avait fait ses études au Collège Sainte-Marie et à l\u2019Université de Montréal, où il obtenait son doctorat en médecine en 1952.LE DOCTEUR GEORGES-ÉTIENNE LAPORTE Le 7 février 1958 est décédé, à l\u2019âge de 53 ans, le docteur Georges-Etienne Laporte, spécialiste en ophtalmo-oto-rhino-laryngologie de l\u2019hôpital Saint-Eusèbe de Joliette.À + + + Le docteur Laporte fit ses études classiques à Joliette et sa médecine à l\u2019Université de Montréal, où il obtint son doctorat en 1931.Le docteur Laporte, après avoir été échevin, est devenu maire de Joliette.Toutes nos sympathies à son frère, le docteur Louis-Philippe Laporte, également de Joliette.LE DOCTEUR J.-A.LORTIE Le 15 février 1958 est décédé, à Coteau- du-Lac, à l\u2019âge de 89 ans, le docteur Joseph- Arthur Lortie.Le docteur Lortie avait fait ses études classiques au Collège Bourget de Rigaud et il avait été admis à la pratique de la médecine en 1895.Il avait exercé sa profession durant 57 ans à Saint-Polycarpe.Le docteur Lortie a été député fédéral de Soulanges de 1908 à 1914 et député provincial en 1923.LE DOCTEUR FORTUNAT PAQUIN Récemment, est décédé à Montréal à l\u2019âge de 74 ans, le docteur Fortunat Paquin.Doe- teur en médecine en 1912, le docteur For- tunat Paquin a surtout exercé sa profession aux Trois-Rivières.LE DOCTEUR J.-ARTHUR SYLVESTRE Le 25 janvier 1958, à l\u2019âge de 86 ans, est décédé le docteur J.-Arthur Sylvestre.Il avait fait ses études au Collège de Joliette et à l\u2019Université Laval de Montréal, d\u2019où il sortait docteur en médecine en 1895.Il exerça la médecine & Actonvale et à Saint-Ours avant de venir en 189» s\u2019installer à Montréal, rue Beaubien.Il laisse un fils, le docteur Gasten Sylvestre, et un gendre, le docteur Aimé Carle, de Val d'Or.a qui nous offrons nos condoléances L'Union Méd.Canadu LVI Tome 87 \u2014 Mars 1958 000 kr de vitamine P CRISES HEMORROIDAIRES AIGUËS .TRAITEMENT D'ENTRETIEN Ge VARICES + PHLEBITES ET TOUS LES TROUBLES CIRCULATOIRES VEINEUX FRAGILITE CAPILLAIRE « ENGELURES Présentation : Solution : Flacons de 1 oz.et 4 oz.Pommade : Tubes de 40 grammes avec canule spéciale.> Suppositoires : Boite de 10 suppositoires.Echantillon et documentation sur demande.Préparé par les LABORATOIRES DAUSSE, Paris, France Représentants exclusifs au Canada : dt Charton Inc Point cre @rvonTrEAL 366 LE DOCTEUR FRANÇOIS HENRY, CHEF DE LA SECTION D'OPHTALMOLOGIE DE L'HÔTEL-DIEU Les autorités de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal font connaître la nomination du docteur François Henry comme chef de la section d\u2019ophtalmologic.NOMINATION DU DOCTEUR WILBROD CORMIER Récemment a eu lieu la nomination à titre de directeur médical de l\u2019Hôpital St-Louis-Marie-de- Montfort du docteur Wilbrod Cormier.COLLOQUES DU DÉPARTEMENT DE RECHERCHES CLINIQUES DE L'HÔTEL-DIEU Le directeur du Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu avait invité comme conférenciers d\u2019honneurs aux Colloques du Département les docteurs William Bauld, William Hollander, Michael Kay, Alex.Muller et Clift Chappel.Le docteur William Bauld, senior clinical pathologist du Montreal General Hospital, a, le 5 février 1958 parlé sur: \u201cOestrogen metabolism and myo- cardial infarction\u201d.Le docteur William Hollander, associate professor of medicine, Tufts University Medical School, a traité le 6 février 1958 de \u201cChlorothiazide, a new diuretic and hypotensive agent\u201d.Le docteur Michel Kay du Montreal General Hospital a, le 12 février 1958 présenté un travail sur \u201cRenal biopsy technique and results\u201d.Le 13 février 1958 le docteur Alex.Muller de l\u2019Hôpital Cantonnal de Genève a donné une causerie intitulée: « Contributions récentes à l'étude de l\u2019aldostérone et des électrolytes ».Le docteur Clift Chappel a, le 19 février 1958, traité des \u201cFactors effecting adrenal regeneration hypertension\u201d.LA SOCIETE DE CARDIOLOGIE DE MONTREAL La société de cardiologie de Montréal a présenté le 12 février 1958: \u201cA Johns Hopkins Evening\u201d dans l\u2019amphithéâtre du Montreal General Hospital.Les invités étaient les docteurs Frank W.Davis, jr, Henry T.Bahnson et William R.Minor, Jr.Le docteur Davis a présenté un travail intitulé: \u201cSome observations on the ballistocardiogram in coronary artery disease\u201d; le docteur Bahnson a parlé NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 de: \u201cOpen Heart Surgery\u201d et le docteur Minor à donné une communication ayant comme titre: \u201cAbnormalities of Blood distribution in heart failure\u201d.CONFÉRENCE DANDURAND-WRIGHT La Conférence annuelle à la mémoire des docteurs René Dandurand et Henry P.Wright aura lieu mercredi, le 5 mars 1958, à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.sous les auspices de la section Québecoise de la société Canadienne contre l\u2019arthrite et le rhumatisme.Le docteur John H.Talbott, professeur de médecine à l\u2019Université de Buffalo parlera de: \u201cThe uric acid disturbance in the patient with gout\u201d.SÉANCE D'ÉTUDE À L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE Une séance d\u2019étude du bureau médical de l\u2019hôpital Sainte-Justine a eu lieu le ler février 1958.Elle comportait un symposium sur l\u2019allergie, ainsi distribué : a) Allergie au lait, par le docteur Raymond La- brecque.b) Dermite de contact, par le docteur Jean Denis.c) Traitement de l\u2019eezéma, par le docteur Yvon Baillargeon.LA SOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANÇAISE D'ÉLECTRORADIOLOGIE MÉDICALE La société canadienne française d\u2019électro-radiologie médicale a tenu une séance le 8 février 1958 à l\u2019'hôpital Notre-Dame.Les travaux scientifiques étaient les suivants: Docteur Adolf Glay: hypertrophie du pylore chez l\u2019adulte.Docteurs Armand Trépanier et Gérard Latour: Signes radiologiques de la mort fœtale.Docteur Maurice Dufresne: Gynécographie.Docteur Henri Lapointe: Angiographie.CONFÉRENCE À PHILADELPHIE DU DOCTEUR FERNAND MONTREUIL Le docteur Fernand Montreuil a présenté un travail intitulé \u201cC'arotid Body Tumor\u201d à la réunion de \u201cEastern section of the American Laryngological Rhinological and Otological Society\u201d, tenue à Phi- ladelphie les 9 et 10 janvier 1958. L'Union Méd.Canada LVIII Tome 87 \u2014 Mars 1958 HORMONOTHÉRAPIE TOTALE AMPOULES BUVABLES SIROP AROMATISÉ hOLMOUGUSSE COMPOSITION Extraits totaux de sang: Extrait de foie de veau titré en vitamine Bio native; de taureau titrés en fer Extrait spécial de levure de biére; de génisse | hémoglobinique: Extrait spécial de cuticules de céréales.de veau VITAMINE B1:% FER+HEMOGLOBINIQUE INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES Déficience organique, Anémies, Asthénies des convalescents, des vieillards, des dyspeptiques, des néoplasiques, des déficients endocriniens et contre les insuffisances ovariennes, les retards de croissance et tous états de sidéropénie.POSOLOGIE: Ampoules buvables Sirop Adultes: 2 à 3 cuillerées à soupe par jour.Adultes: 2 ampoules par jour.Enfants: de 10 3 15 ans, 1 à 3 cuillerées à dessert: de 5 à 10 ans, 1 à 3 cuillerées à café; jusqu\u2019à 5 ans, 2 demi-cuillerées à café par jour.Enfants: 1 ampoule par jour.Sous l\u2019une ou l\u2019autre forme, HORMODAUSSE doit être pris un quart d\u2019heure avant les repas après dilution dans Ya de verre d\u2019eau.Le médicament est bien supporté par le tube digestif et ne présente pas de contre-indication.PRÉPARÉ PAR LES LABORATOIRES DAUSSE, PARIS, FRANCE Représentants exclusifs au Canada 368 LA CINÉRADIOGRAPHIE COMMANDÉE PAR TÉLÉVISION La séance du 25 février 1958 de la Société Médicale de Montréal tenue à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal comportait un travail scientifique inédit à Montréal: « La cinéradiographie commandée par télévision ».Les malades étaient examinés aux Rayons X à l'Hôpital Jean-Talon, mais les manœuvres étaient commandées et observées dans l\u2019auditorium de l\u2019Hôtel-Dieu.Les docteurs Albert Jutras et Guy Duckett étaient les responsables de cette démonstration.+ + CAUSERIE SUR LA TECHNIQUE MÉDICALE La 2ème réunion de la Société Montréalaise des Technologistes médicaux a eu lieu le 29 janvier 1958, a 8 h.15 p.m.au \u201cMontreal General Hospital\u201d.Les conférenciers invités étaient le docteur W.S.Bauld, Senior Clinical Pathologist Montreal General Hospital, qui a parlé sur: \u201cNew Developments in Methodology in Clinical Chemistry\u201d, le docteur Léopold A.Long, Directeur du Département d\u2019Hématologie à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, qui a donné la: « Classification des anémies », et le docteur Edith Mankiewiez, Director of Laboratory Royal Edwards Laurentian Hospital, qui a traité de: \u201cNew problems and Techniques in Tuberculosis Research\u201d.+ + SOCIÉTÉ CANADIENNE D'ÉTUDES ET DE RECHERCHES PSYCHIATRIQUES La première réunion scientifique de la Société, a eu lieu le mardi 4 février 1958, à huit heures du matin, à l\u2019Hôpital Notre-Dame (amphithéâtre du rez-de-chaussée).L\u2019ordre du jour se lsait: 1.Adoption du procès-verbal de l\u2019assemblée de fondation tenue le 7 janvier 1958 à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.2.Rapport du Conseil exécutif.3.Elections complémentaires du Conseil exécutif.Sont proposés pour les postes de: Vice-président, docteur Fernand Côté (Montréal); Trésorier, docteur Marcel Berthiaume (Montréal); Conseillers, docteur Heins Lehman (Montréal), docteur Yves Rouleau (Québec).NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 4.Nominations au Comité d'honneur: docteur Maurice Demay (Université de Saskatchewan); docteur C.-A.Gauthier (Université Laval); docteur Lucien La Rue (Université Laval); docteur Philippe Michel (Campbellton, N.-B.).5.Discussion des règlements ct des projets de la Société.6.Communication scientifique.Docteurs Victorin Voyer et Roger Racine: « La Grossesse et les réactions dépressives du mari.» \u2014\u2014\u2014\u2014#+e ÉLECTIONS DU PERSONNEL MÉDICAL DE L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE Le conseil médical de l\u2019hôpital Sainte-Justine sera composé pour l\u2019année 1958 des docteurs Edmond Dubé, Raymond Labrecque, Gaston Lapierre, Gas- pard Morin, Paul-M.Larivière, Edouard Laberge et Alphonse-E.Pâquet, secrétaire.Le bureau médical sera dirigé par le docteur Christophe Bisson, président, le docteur Albert Royer, vice-président et le docteur Robert St-Martin, secrétaire.ee ++ ÉLECTIONS AU BUREAU MÉDICAL DE L'HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL Samedi, le 22 février 1958 ont cu lieu les élections annuelles pour les officiers du bureau médical de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Ont été élus: le docteur Jacques Durivage, président; le docteur Jean Charbonneau, vice-président et le docteur Charles Dumas, secrétaire.+ + ÉLECTIONS AU BUREAU MÉDICAL DE L'HÔPITAL SAINT-SAUVEUR DE VAL D'OR Le nouvel exécutif du bureau médical de l\u2019hôpital St-Sauveur de Val d\u2019Or vient d\u2019être choisi.Le docteur Germain Bigue a été élu président en remplacement du docteur René Perras, le docteur Jean-Noël Lessard a été renommé vice-président et le secrétaire désigné est le docteur Bruno Doré.ÉLECTIONS DU PERSONNEL MÉDICAL À L'HÔPITAL SAINT-LUC DE MONTRÉAL Récemment, ont eu lieu les élections du personnel médical de l\u2019hôpital St-Luc, qui ont donné les résultats suivants: L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 une arme puissante pour combattre l'ŒDEME et THYPERTENSION \\ CONTRE L\u2019ŒDEME\u2014Ce nouveau diurétique non mercuriel est très efficace par voie orale, et son activité correspond a celle des mercuriels qui s\u2019administrent par voie parentérale.On estime que c\u2019est la médication orale la plus active et la plus constamment efficace qui soit.On ne lui connaît pas de contre- indications.Indications: Tout état réclamant la diurèse est justiciable du 'DIURIL\".Posologie: Un ou deux comprimés 'DIURIL' à 500 mg., une ou deux fois par jour.CONTRE L\u2019HYPERTENSION \u2014 'DIURIL' facilite et améliore le traitement de l'hypertension.Son effet capital étant la potentialisation de l\u2019action des hypotenseurs, il devient possible de réduire la posologie de ces médicaments.On parvient ainsi à diminuer la gravité des effets secondaires qu'ils entraînent habituellement.Indications: L'hypertension bénigne ou grave.Posologie: De un comprimé 'DIURIL' à 250 mg.deux fois par jour à un comprimé à 500 mg.trois fois par jour.Présentation: Comprimés 'DIURIL' (chlorothia- zide) à 250 mg.et à 500 mg., en bouteilles de 100 et de 1000.'DIURIL' est une marque de commerce de Merck & Co.Limited Merck Sharp & Dohme montréal 30, Qué.Division de Merck & Co.Limited (CHLOROTHIAZIDE) LIX Président du conseil médical: le docteur Louis- Yvan Vallée; président du bureau médical: le docteur Albert Girard; vice-président du conseil médical: le docteur Daniel Longpré; vice-président du bureau médical: le docteur Paul-D.Tarte; secrétaire du conseil médical: le docteur Paul Martin: secrétaire du bureau médical: le docteur Charles Do- mingue.-_\u2014_\u2014\u2014 ELECTIONS AU COLLEGE DE PRATIQUE GENERALE Le docteur Rolland Larouche de Chicoutimi vient d'être élu président du Collège de Pratique Générale (section du Québec).NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 Le congrès annuel du Collège de Pratique Générale aura lieu les 9, 10 et 11 juin 1958 à Chicoutimi.CONFÉRENCE À SHERBROOKE DU DOCTEUR CLAUDE CHOLETTE Mardi, le 25 février 1958 à 5.30 hrs p.m.le docteur Claude Cholette, chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, a prononcé une conférence à l\u2019Hôtel-Dieu de Sherbrooke, sur « l\u2019hypertension portale ».Il a été présenté par le docteur McMahon et remercié par le docteur Guy Bertrand.REVUE DES LIVRES Les Cahiers de l'Hôtel-Dieu de Québec \u2014 Edition 1956.Les Cahiers de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec poursuivent leur marche sans arrêt ni recul.Cette édition est la onzième.Comme les précédentes, elle expose, en les colligeant, les travaux déjà publiés dans diverses revues médicales durant l\u2019année 1956.Le tout constitue un volume abondant et de taille respectable.Cela ramasse en un seul document impressionnant ce qui a été disséminé dans divers journaux médicaux canadiens et étrangers; ce qui aurait été perdu de par cette dissémination même et l\u2019oubli du temps passé.C\u2019est le travail et le temps retrouvé qui font plus intégralement évaluer le mérite de l\u2019œuvre médicale accomplie.Une seconde partie du volume expose l\u2019enseignement hospitalier donné à l\u2019Hôtel-Dieu.Cet enseignement comprend le compte-rendu des séances anatomo-cliniques du Bureau médical, le programme des séances cliniques du département d\u2019anesthésiologie et de réanimation, du cours de formation spécialisée en chirurgie, en anesthésiologie et réanimation, en médecine, en dermato-syphiligraphie, + + en anatomo-pathologie, en radiologie.Le programme des internes y est tracé où l\u2019emploi du temps s\u2019y trouve généreusement organisé.Cette section montre une organisation coordonnée et progressive de l\u2019enseignement post-universitaire de la Maison, en plus de la collaboration efficace et très active de ces médecins.De tout cela se dégage une impression de travail et d\u2019intentionnalité vers le progrès, la maturité et la production scientifique.On y sent le désir de développer un centre d'enseignement médical supérieur d\u2019où rayonnera la réalisation d\u2019une certaine autonomie dans la formation de notre élite médico- chirurgicale.L\u2019esprit de cette élite, ses perspectives, sans être pour cela de court horizon, pourront se projeter et s\u2019épanouir en partant d\u2019une inspiration fondamentalement canadienne et française.Une fois de plus, cela devient une coutume que j'applique avec plaisir; j'\u2019offre mes félicitations aux révérendes Sœurs Hospitalières et aux médecins de l\u2019Hôtel-Dieu pour l\u2019édition 1956 de leurs Cahiers, excellente de quantité et de qualité.Roma AMYOT.a L'Union Méd.Canada { Tome 87 \u2014 Mars 1958 24 marches a un lit d\u2019hépital Le moindre effort soutenu, tel que monter un escalier, met le malade angineux en présence d\u2019une question redoutable: \u201cArriverat- je jusqu\u2019au bout?\u201d L\u2019effort favorise l\u2019attaque .et la crainte d\u2019une attaque ralentit graduellement l\u2019activité du malade au point où la vie devient souvent anormale, même durant les périodes libres d\u2019attaques.Enrayez le facteur crainte.Dans 4 cas sur 5, la prophylaxie ordinaire au Peritrate réduit la fréquence et la gravité des attaques d\u2019angine de poitrine, améliore l\u2019ECG et favorise une meilleure tolérance à l\u2019exercice.Une nouvelle sensation de liberté redonne au \u201ccardiaque handicapé\u201d une raison de vivre et le sentiment d\u2019appartenir à son milieu; il ne devra pas, toutefois, prendre de l\u2019exercice violent précédemment défendu.La prophylaxie au Peritrate est simple: 10 ou 20 mg.avant les repas et au coucher.LX Le Peritrate est présenté sous quatre formes pour les besoins spécifiques de la plupart des malades: Peritrate en comprimés de 10 mg.et de 20 mg.; Peritrate avec phénobarbital (10 mg.et phénobarbital 15 mg.) pour obtenir une sédation; et le nouveau 80 mg.a Action Soutenue.NOUVEAU Peritrate a Action Soutenue Seulement 2 comprimés par jour suffisent en général pour assurer une protection de vingt- quatre heures; un comprimé avant le déjeuner, l\u2019autre avant le repas du soir.Posologie habituelle: Un régime soutenu de 10 à 20 me.avant les repas et au coucher.Peritrate (Marque de tétranitrate de pentaérythritol) WARNER-CHILCOTT Laboratories CO.LIMITED, TORONTO.CANADA 372 Le rôle de l'atteinte bronchiolaire dans l\u2018emphysème pulmonaire chronique.Par M.Robert LAURENT.Préface du Prof.R.Kourilsky.\u2014 Amédée Legrand, édit.Paris, 1955.Cette thèse du docteur Laurent, bien que publiée il y a 2 ans, n\u2019est pas connue dans notre milieu.J\u2019ai pensé qu\u2019il valait la peine de la résumer pour les lecteurs de notre revue, à cause de l\u2019intérêt qu\u2019elle suscite sur un sujet qui est encore très controversé.La première partie est consacrée à une revue historique au cours de laquelle l\u2019auteur montre l\u2019ascension des connaissances sur l\u2019emphysème pulmonaire, et insiste sur le rôle Joué par Laënnec dont les idées ont été confirmées par les recherches modernes.Les étapes historiques peuvent se résumer ainsi: il y eut d'abord l\u2019étape anatomo-clinique (dominée par Laënnec), puis l\u2019étape histologique pendant laquelle plusieurs chercheurs vont évoquer une « lésion initiale », soit au niveau des bronches, au niveau des alvéoles ou au niveau des vaisseaux, pour expliquer la distension pulmonaire.Cette lésion initiale se situait surtout au niveau du tissu élastique.Puis enfin, il y eut l\u2019étape physiopathologi- que, qui débuta avec les travaux de Christie, et qui a mis en vedette les docteurs Cournand, Amberson, Spain, Gaensler etc, et dont on n\u2019entrevoit pas encore la fin.La deuxième partie du travail contient les observations cliniques, anatomo-pathologiques et physiopathologiques obtenues chez 14 malades, dont 8 allèrent jusqu\u2019à la table d\u2019autopsie.L'auteur insiste sur 3 symptômes fone- tionnels prédominants: 1.L\u2019expectoration, présente dans 13 cas, dépassait 200 ce.par jour chez 4 malades et n\u2019excédait pas 100 cc.par jour chez 7 malades.Dans les premiers cas, il s\u2019agissait d\u2019une expectoration séreuse, séro-muqueuse ou séro- purulente; dans les deuxièmes, l\u2019expectoration était surtout muqueuse.Le type muqueux semble prédominer au début de la maladie; à ce moment l\u2019expectoration est discontinue, à maximum hivernal.La transformation REVUE DES LIVRES l'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 purulente de l\u2019expectoration traduit une aggravation de la maladie.2.La dyspnée de fond (dyspnée d\u2019effort) existe depuis plus ou moins longtemps, puis tout à coup sur ce fond apparaissent des accès de dyspnée paroxystique variables, revêtant parfois un aspect obstructif.Ces accès n\u2019ont pas de valeur déterminante dans l\u2019évolution de la maladie, c\u2019est la dyspnée de fond qui en s\u2019exagérant traduit l\u2019organisation d\u2019un état irréversible de défaillance respiratoire.3.La cyanose, présente chez tous les malades, suit grossièrement le progrès de la dyspnée, et apparaît quand celle-ci ne permet plus qu\u2019un effort très modéré.Les principaux signes physiques suivants furent de règle: diminution de l\u2019ampliation thoracique, soulèvement en bloc du thorax à l'inspiration, l\u2019hypersonorité, la diminution des vibrations vocales et du murmure vésiculaire, l\u2019expiration prolongée et poussée.La distension thoracique n\u2019existait que chez 6 malades.Les râles les plus fréquents étaient des râles bulleux, à bulles fines éclatant surtout pendant l\u2019inspiration.Ils étaient incons- tamment associés à des râles soufflants et sibilants.L\u2019hippocratisme digital n\u2019existait que chez 5 malades.L\u2019auteur expose ensuite les résultats des épreuves fonctionnelles pulmonaires effectuées chez 8 malades.La saturation variait de 73% à 93%, étant au-dessous de 90% chez 7 malades.Mesurée à l\u2019effort, dans 4 cas, elle diminuait dans tous les cas.Les études spiro- graphiques consistèrent en la mesure de la capacité vitale (diminuée de 80% à 62% dans tous les cas), en la détermination de la capacité pulmonaire utilisable à l\u2019effort, du coefficient d\u2019utilisation de la capacité vitale (exprimé en pourcentage) et de la ventilation maxima minute.Toutes ces épreuves donnèrent des résultats très faibles et traduisirent un état d\u2019obstruction bronchique partiellement réversible dans quelques cas.La troisième partie contient la description des examens macroscopiques et microscopiques des poumons et du cœur faits dans 8 cas.Macroscopiquement, la distension parenchy- ét > a ed aa, \u201cvy.bus AE a + a meet = + LA.+ or rs PE CF eu Pa \u201c= ae 3 2m 4 f* > A - À vn rae ar pe on x .$e [a = ur fs \u201cev Te oe \u201c - ; 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Pa .\u2018 5 ; + = L « Gary ; > i : Ne ; ab\u201d i *.y.7 ent M 59 \u201c = , cv it! ; 7 ; ray: Ye 1 : pa - rd > : y, > ; LN - : 3 \u201cry A * : sa 15 n : \u2018 ; \u2018 hve .- A nm pe ! \u201cex : 1 NN ~~ : Les J.a ; 5 > .J oa, , 7 La .+ .us Ja ! ; ce.: PY Sve Ne 34 Na > sta\u201d - > a : n* 3 * a UNS ; \u201cUN ! + \u201ca © + £ - - v es a: sa ._.\"ue : .d'est \u201c+ am À FT : Pa a, œ A eo 1 Ex 2 ès 2245, A : : ; 147 ax n'a WN * A fu 4 oa, / ; are © wt 5 \u201ca TL, Je A \u201ca ve : Wan, JH 4e A ta st} \u201c.: =, ¢ 2-4 2390 \\ , ce : z LS ~ ws Canada \u20ac : \u201c 5,5 = ; ; T > £2 4 f ! ; \u201ci » #4 a hy i a i: 3 PR pt US re a [YR] k, 3 rd a Satie dl Fer, ve Ta « 0 5 .+.I \u2018 = > A or ; \u201cedt wi, - - ex; - 4 5 # + © > wr YA \u2026 sv ve - a we ce «te ; La > Tyr Lar) Ve ; \u20ac Sw EN NN PE C4 -?: \u2019 ès \u201cOs va wet + .\u2018 4 Lak) PUAN : es \u201cyr Ÿ : : te \u201cei + - fm oe ta \u201cTe : ane -.a : - > Ye z.0064 ; * So : ; \u201ceti ; a = v4 - 3 re : = \u201c an ~ I.\" tu i MEAS be &e Y - tT ms Me +25 ~ rl ew tL.> + e PUS SA + -, ES N _- * : - I~.~~ ; - $° æ 2 F4 PA \u201cag, PA e\u2026 .Na fea >» se -.as.La ena \u2014» au IY ; = wR ere nef « ai + 1 Abolit l\u2019appréhension sans obnubiler la perception ni déprimer les fonctions vitales 2 Augmente le sang-froid et favorise la collaboration 3 Provoque un sommeil léger et permet un réveil facile 4 Supprime la nausée et le vomissement, a la fois comme préventif et comme moyen thérapeutique 5 Réduit les besoins en analgésiques et en sédatifs Littérature détaillée adressée sur demande CHLORHYDRATE DE SIROP COMPRIMÉS SPARINE#* \u201c> Chlorhydrate de 10-(y-diméthylamino- Wiel n-propyl)-phénothiazine Breveté 1952, 1955 *Marque déposée MARQUE DÉPOSÉE WALKERVILLE, ONTARIO MONCTON - MONTREAL + WINNIPEG + VANCOUVER cies aus A a at er tah Can i EE nr ie re ne te LXXVIII = Le ?tablets wth water op 1 Opp 00% = be found un lead 00 9 tapers, org H Brie ve 2 comprmes avec de Fes 8 in \u2018hèmne 9 comprmes .A MATE comp, : NY LID.Windsor, OWI.La Drogue-Miracle Originale Rien de ce que vous ordonnez n\u2019est fait avec plus de soin L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 L **Aspirin\u2019\u2019 est la marque déposée au Canada de la Bayer Company Limited à 3 S G MA \u20ac N tablets with PREDNISONE Not by salicylate therapy alone, but by the comprehensive benefits of the Sigmagen formula \u2014 Meticorten with acetylsalicylic acid, ascorbic acid and aluminum hydroxide.Buffered corticoid-analgesic action with Vitamin C stress support in bursitis, myositis, synovitis, fibrositis, neuritis, subacute or interval gout, mild rheumatoid arthritis or spondylitis.SIGMAGEN, brand of corticoid-analgesic compound hou METICORTEN, brand of prednisone CORPORATION LIMITED METICORTEN PREDNISONE ER FER dy en corticostéroïdothérapie, permet de traiter plus de patients © occasionne rarement de l\u2019œedème ou des effets secondaires électrolytiques de 3 à 5 fois plus actif, à poids égal, que l\u2019hydrocortisone ou la cortisone excellent soulagement de la douleur, du gonflement, de la sensibilité; diminution de la raideur articulaire \u2014dans l\u2019arthrite rhumatoïde excellent soulagement du bronchospasme, de la dyspnée, de la toux; augmentation de la capacité vitale dans l\u2019asthme.bienfaits hormonaux dans les allergies respiratoires, dans les troubles inflammatoires et allergiques de l\u2019œil et de la peau, dans les maladies du collagène METICORTEN est présenté en comprimés blancs de 1 mg., 2.5 mg.et 5 mg.METICORTEN, prednisone À ER) 7 Ÿ 2 \\ CORPORATION LIMITED MONTREAL \"Uni éd.Canada k Union M Mars 1358 SOMMAIRE NOM E 5.SEXE Féminin âÂc E 54 OCCUPATION Ménagère DIAGNOSTIC 1) À L\u2019ADMISSION 2) Bronchopneumonie aiguë Bronchiectasie chronique DONNÉES DU Culture des Crachats\u2014 LABORATOIRE aureus (coagul Radiographie des poum pneumonie et b TStaphylococeus ase-positive) ons \u2014 Broncho- Fonchiectasie TRAITE MENT AL \u2018HÔPrr AL sans résultat.2) Traitement U chloram- Phénico] inefficace.Traitement à la Signe 6 heures, pid mycine titué à raison de 500 mg \u20ac wit: TEs nT UTIOu E {IER tt.ton of e la température.Et 1e indique la résaltie e de la Pneumonie REST LTATS DÉFINITIFS DU Tr AITEMENT _ Excellents .= + u cine Les deux compo- Efficace contre les infections opiniâtres Signemy tre une grande ng .agissent con Signemycine la tétracyline et I'oléandomycine .ntibiotiques La m CL Lu X a iis de la Signe ésistants au ; anismes, y compris les staphylocoques r les autres anti- été icroorg priment pas le variete de mic ; i e ne réprime : ctions qu e dans les infe ents ine épargne souvent la vi rmonte des ag nemycine éparg ; imicrobienne ® su Ene issance accrue ® la plus vaste portée antimicrob ismes résistants biotiques® puis ache l'apparition ibiotiques ® empé A oi x autres antibio es résistants au pathogen sré de sûreté - e nettement mieux toleree® marge accrue Le progrès par la recherche mount NADA 5330, avenue Roya Pfizer & Co., Inc.PFIZER CA \u2019 *Marque enregistrée de Chas.Montréal 9, Qué.LXXXI LXXXII L\u2019Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1958 présentation vital d\u2019un nouvel antibiotique ri \u2014_\u2014 =] \u2014 Ll \u2014 i | 2 Il L\u2019Union Méd.Canada LXXXIII Tome 87 \u2014 Mars 1958 découvert par les Laboratoires Abbott SPONTIN (Ristocétine Abbott) Le SPONTIN, nouvel antibiotique d\u2019importance vitale, est mis maintenant \u2014 en quantité limitée \u2014 a la disposition du Corps médical.Découvert et mis au point par les Laboratoires Abbott, le SPONTIN s\u2019est révélé extrêmement efficace\u2014au point même de sauver des vies au cours d'essais cliniques entrepris chez des malades qui s\u2019étaient avérés rebelles à d\u2019autres antibiotiques.Des problèmes techniques de fabrication compliquée nous empêchent de produire actuellement le SPONTIN sur une grande échelle, mais dès que ces problèmes seront résolus, le SPONTIN sera à la disposition de tous les hôpitaux.Le SPONTIN, en effet, est un médicament destiné essentiellement aux hôpitaux et réservé à des sujets qui sont dans un état critique, voire mourants, à la suite d\u2019infections relevant de germes devenus résistants aux antibiotiques courants.Sous sa forme actuelle, le SPONTIN s\u2019administre par voie intraveineuse, en goutte-à-goutte.La dose requise est dissoute dans du sérul glucosé à 5% et donnée en infusion d\u2019une durée de 35 à 40 minutes.Vous constaterez que le SPONTIN agit contre une gamme étendue d\u2019infections à Gram-positif et, particulièrement, contre les staphylocoques dangereux qui résistent aux autres antibiotiques.Parmi les avantages thérapeutiques importants figurent: 1) la possibilité de traiter avec succès, comme médication à court terme, l\u2019endocardite aiguë et sub-aiguêë.2) possède une nouvelle activité anti-microbienne: au cours d'essais portant sur des centaines de souches de \u2018\u2018cocci\u201d\u2019, on a constaté aucune résistance naturelle au SPONTIN.8) exerce une action anti-microbienne contre laquelle il est rare \u2014 et extrêmement difficile \u2014 de faire naître une bactério-résistance acquise.4h) exerce une action bactéricide à doses thérapeutiques efficaces.Le SPONTIN est présenté sous forme d\u2019une poudre stérile, lyophilisée, dans une fiole, à une dose qui correspond à l\u2019activité de 500 mg.de ristocétine A.Malgré la limitation actuelle des stocks, vous pourrez vous procurer les quantités de SPONTIN destinées aux cas d\u2019urgence, soit par l\u2019intermédiaire de votre représentant Abbott, soit auprès de la succursale la plus proche.Littérature disponible sur demande.LABORATOIRES ABBOTT LIMITÉE « MONTREAL Pour une meilleure projection.Choisissez ce nouveau Projecteur Kodak 300.Avec l'Escamoteur de Diapositives Kodak Readymatic, vous introduisez jusqu\u2019à 36 de vos diapositives 135, 828, ou de 114 pouce de côté, montées sur passe-partout en carton \u2014 et le tour est joué.Une fois passées, vos diapositives se rangent elles-mêmes.\u2014 prêtes pour la projection suivante.Avec l\u2018'Escamoteur Automatique à Cassettes, les cassettes métalliques contenant chacune jusqu\u2019à 36 diapositives 2 x 2 montées sur passe-partout en carton sont toujours prêtes à l\u2019emploi.Le mouvement de va-et-vient imprimé à la poignée de l\u2019escamoteur projette une diapositive, la range et fait avancer automatiquement la cassette à la diapositive suivante.Le: nouveau Projecteur Kodak 300 vous offre la luminosité d\u2019un gros projecteur, sans son encombrement ni ses ennuis.Un excellent système optique avec objectif Kodak /#/3.5 de 4 pouces, de conception nouvelle, assure un éclat uniforme \u2014 des images claires et nettes qui, à distance égale de projection, sont 25 pour cent plus grandes qu\u2019avec l\u2019objectif habituel de 5 pouces \u2014 des couleurs brillantes.Le nouveau ventilateur silencieux à turbine refroidit les diapositives et le système optique \u2014 l\u2019air chaud est expulsé du côté opposé à celui où se tient l\u2019opérateur.Modèle élégant, facile à employer, à transporter et à ranger.Voyez votre marchand d\u2019articles photographiques, ou écrivez pour demander des détails.CANADIAN KODAK CO., LIMITED, Toronto 9, Ontario Contribuant au progrès de la médecine par la Photographie et la Radiographie L'Union Méd.Canada LXXXV Tome 87 \u2014 Mars 1958 soulagement des troubles gastro-intestinaux localisés ou généralisés \u201c.la médication anticholinergique du colon la plus efficace actuellement en usage\u201d COMPRIMÉS simple ou avec phénobarbital colon \u201csupprime ou réduit la diarrhée, la distension et la douleur chez de nombreux malades atteints de troubles fonctionnels ou organiques du colon\u201d?CANTIL (simple)\u2014chaque comprimé sécable renferme 25 mg de CANTIL.Flacons de 100 comprimés jaunes.CANTIL avec phénobarbital\u2014 chaque comprimé sécable renferme 25 mg de CANTIL et 16 mg de phénobarbital.Flacons de 100 comprimés bruns.CANTIL est la seule marque du parasympathique post- ganglionnaire de méthylbromure de diphényl glycolate de N-méthyl-3-pipéridyle.il soulagement rapide, prolongé de toute la voie gastro-intestinale COMPRIMES TRIDAL (DACTIL + PIPTAL en un comprimé) Cholinolytique de choix,® TRIDAL apaise la douleur et le spasme, régularise la motilité et la sécrétion.Agit vite et de facon spectaculaire dans le pylorospasme, l\u2019ulcère gastrique, la hernie hiatale, la dyskinésie biliaire, la pancréatite chroniques.Chaque comprimé de TRIDAL renferme 50 mg de DACTIL, médicament eutonique viscéral (la seule marque de chlorhydrate de pipéridolate) et 5 mg d\u2019un anticholiner- gique, le PIPTAL (la seule marque de méthylbromure de pipenzolate).Flacons de 50 comprimés blancs.CANTIL et TRIDAL se distinguent par l\u2019absence particulière de production de rétention urinaire, de vision trouble et de sécheresse de la bouche\u201d*, (1) Kleckner, M.S., Jr.: J.Louisiana M.Soc.108:359, 1956.(2) Riese, J.A.: Am.J.Gastroenterol.28:541, 1957.(3) Settel, E.: J.Am, Geriatrics Soc.Sous presse.(4) Jefferson, N.C.et Necheles.H.: J.Urol.76:651, 1956.(5) Necheles, H., et Kirshen, M.M.: The Physiologic Basis of Gastrointestinal Therapy, New York, Grune & Stratton, Inc., 1957, p.88.CM 310F LAKESIDE (CANADA) LTD LXXXVI L'Union Méd.Canada Tome 87 \u2014 Mars 1968 = 2 > 22.Z = % = mere CÆ \u2014É \u2014 SZ& 217 = == = = c= \u20ac =\u2014é = = Zz = = = _ = = a= | = = = EN == = = 2 MN 2 eS = AE (i \\ =, = - = \u20ac 5 = = Rh
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