L'itinéraire, 1 janvier 2021, dimanche 15 août 2021
[" PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D'UN CAMELOT AUTORISÉ Volume XXVIII, n?12 Montréal, 15 août 2021 SPÉCIAL PHOTO LES CAMELOTS COMME VOUS NE LES AVEZ JAMAIS VUS ! P U B L I C I T É Camelot n° 425 \u2022 Âge 59 ans Point de vente Marché Metro Sainte-Catherine / Dorion Joseph Mathurin Clermont Par Marie Brion ?Bénévole à la rédaction COURTOISIE L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.L histoire de Joseph commence en Gaspésie.« J\u2019suis Gaspésien et fier de l\u2019être ! » Même s\u2019il n\u2019y a vécu que cinq ans, son regard s\u2019illumine lorsqu\u2019il parle de son enfance.Il a aussi vécu plusieurs étés dans la péninsule.Les journées passées avec ses oncles pêcheurs l\u2019apaisaient.À bord d\u2019un chalutier ou d\u2019une chaloupe de mer, il pêchait le crabe et la morue.À la fin de l\u2019adolescence, il complète une formation de machiniste, puis s\u2019engage dans l\u2019armée.Il y conduit des tanks.À la fin de son contrat de trois ans, il occupe un poste de machiniste dans un atelier.Il en sort au bout de cinq ans.Il a besoin d\u2019être dehors et de voir du monde.« J\u2019aime être à l\u2019extérieur, dit-il.J\u2019adore le public.» Il conduit ensuite des camions pendant 20 ans.« Le monde aimait ça me voir.» Son amour du genre humain, qui le lui rend bien, est une constante dans sa vie, son fil directeur.Malheureusement, il oublie de payer plusieurs contraventions et accumule une dette de 3000 $.Il perd son permis.C\u2019est le début de l\u2019itinérance.« J\u2019ai commencé à coucher dehors, sous le pont Jacques-Cartier, un bon 10 mois ; j\u2019allais quêter au métro.» Un intervenant de L\u2019Itinéraire, Francis, vient souvent le voir, puis lui propose de vendre le magazine.« Ça m\u2019a pris du temps avant de vendre parce que je suis orgueilleux.Ils m\u2019ont sorti de la rue malgré mon mauvais caractère.Dans ce temps-là j\u2019en avais d\u2019dans ! » Il prend vite goût à ce travail.« J\u2019adore parler avec le monde.Le monde aussi, y\u2019en a beaucoup qui aiment ça parler avec moi.Y\u2019en a qui m\u2019ont jamais rien acheté, je jase avec eux pareil.On est rendus \u2018\u2019amis de rue\u2019\u2019.» Ces échanges avec les gens le soutiennent dans sa lutte contre une maladie pulmonaire qui l\u2019affecte depuis quelques années.« Je vieillis un peu trop vite.J\u2019fais des efforts, ma tête veut encore mais le corps est plus capable.Mon père disait : \u201c Si jeunesse savait, vieillesse pourrait ! \u201d » Depuis 15 ans le contact avec le public, L\u2019Itinéraire à la main, est au centre de sa vie.Les gens l\u2019aiment et l\u2019entourent.Joseph a de la bonté et de l\u2019accueil dans le regard.Il attire les autres comme un aimant.Quand il a dû être hospitalisé, le monde le cherchait.Joseph fait partie de la vie du Village, et du cœur du quartier.Il y rayonne avec beaucoup de courage et grâce à l\u2019amour qu\u2019il donne et qu\u2019il reçoit.Photo prise en 2019 « Malgré la maladie, j\u2019essaye de m\u2019en sortir, d\u2019avoir une bonne vie.J\u2019suis heureux de vendre L\u2019Itinéraire.J\u2019espère continuer un bon bout, connaître du nouveau monde.C\u2019est le monde qui me tient quasiment en vie.Ça me donne un regain de voir du monde, de parler avec eux.» VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Ce numéro de L\u2019Itinéraire, c\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019un privilège, celui de remplacer Josée Panet-Raymond (éditrice adjointe et rédactrice en chef) à la rédaction de cet éditorial.La moindre des politesses est donc d\u2019abord de me présenter ! Je suis David Himbert, photographe basé à Montréal, représenté à Paris par le studio Hans Lucas (diffusion AFP & Reuters) et à New York par l\u2019agence Polaris.Mais je suis surtout, depuis 2018, un fier porte-voix de L\u2019Itinéraire, qui crie sur tous les toits combien ce magazine est essentiel, combien il est passionnant ! Il y a quelques semaines, Josée m\u2019a invité à devenir rédacteur en chef d\u2019un jour, dans le cadre d\u2019un numéro spécial sur la photographie.« Tu as carte blanche, tu feras le dossier principal et tu rédigeras l\u2019éditorial.» « Ah j\u2019oubliais, tu seras sur la photo de couverture aussi.» Il va de soi qu\u2019une telle invitation ne se refuse pas, et c\u2019est vers les camelots que j\u2019ai voulu immédiatement détourner l\u2019attention.Ces femmes et ces hommes me touchent profondément et ce sont les héros de ce magazine.La vie leur a donné des coups qui auraient eu raison de bon nombre d\u2019entre nous, mais ils et elles sont debout, ils sont vivants, et leur résilience est bouleversante.Il m\u2019est souvent arrivé de me demander ce que les gens qui connaissent \u2014 ou qui ont connu \u2014 l\u2019itinérance seraient devenus si la vie n\u2019avait pas été une succession imméritée de taloches et de jambettes.Et puisque j\u2019avais carte blanche pour la réalisation du dossier de ce numéro, je me suis dit qu\u2019on pourrait peut-être répondre en photos à cette question : « Et toi, c\u2019était quoi ton rêve ?».Avec l\u2019équipe éditoriale du magazine, nous avons donc posé la question à plusieurs camelots (dont peut-être le vôtre), et nous avons reçu des réponses étonnantes, amusantes, mais toutes passionnantes ! Évidemment nous n\u2019avions pas la prétention d\u2019exaucer ces rêves, mais nous avons pensé qu\u2019aller à la rencontre, grâce à la photographie, de cet autre que les turbulences de la vie ont empêché d\u2019éclore, ce serait une expérience émouvante, gratifiante et joyeuse.Nous avons donc planifié une journée tous ensemble en studio.Puis j\u2019ai repensé à ce que m\u2019avait dit Josée : « Ah j\u2019oubliais, tu seras sur la photo de couverture aussi.», et je me suis mis à angoisser.Même si j\u2019avais souvent observé qu\u2019être photographié n\u2019est pas quelque chose de facile, j\u2019en prenais à cet instant la pleine mesure et la perspective de passer de l\u2019autre côté de la caméra m\u2019a tétanisé ! On prête souvent aux peuples autochtones de différents endroits du globe cette idée que photographier quelqu\u2019un, c\u2019est lui voler son âme.De très beaux portraits anciens de chefs amérindiens nous laissent à penser que cette crainte n\u2019était pas forcément partagée par tous, mais ma propre réaction m\u2019a rappelé que même si on ne vole pas une âme, on prend une photo.Or pour ce projet, il s\u2019agissait bien de donner et non pas de prendre.C\u2019est la raison pour laquelle les plus observateurs d\u2019entre vous remarquerez sur les photos que les camelots, qui ont eu la bonté de nous partager leurs rêves, ont à la main une petite télécommande pour déclencher eux-mêmes l\u2019appareil photo.Nous n\u2019avons pris ce jour-là aucune photo, nous les avons toutes reçues en cadeau.David Himbert Rédacteur en chef et directeur artistique invité C'est quoi ton rêve ?LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste-accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants CARLA BRAGA Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION et DANIELA ARANIBAR Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et CAROLINE RODGERS Bénévoles à la révision Photos de la une DAVID HIMBERT et KARINE BÉNÉZET ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social ISABELLE LACHARITÉ et THOMAS WAYLAND Intervenants psychosociaux PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projets \u2013 Distribution PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets NATANAËL BÉGIN-PAUL DENIS DI TOMASSO Coordonnatrice/coordonnateur à la formation des participants JEANNE MARION Intervenante CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs MIVILLE TREMBLAY EMNA BRAHAM SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Mots de lecteurs P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q 15 août 2021 Volume XXVIII, no 12 Merci pour tout ! Milton Fernandes 8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Pandémie et vie sexuelle Laurent Soumis 30 Dans la tête des camelots Parlons de rêves\u2026 32 Société Retrouver l\u2019équilibre grâce au cirque Alexandra Guellil 39 Comptes à rendre Abondance de jobs cheap Ianik Marcil 40 Mieux vaut en lire ! Roger Perreault 42 BD Norman Rickert 43 C\u2019t\u2019encore drôle Marie-Ève Saucier 44 Détente P H O T O F O U R N I E P A R C L I N I Q U E M É D I C A L E L ' A C T U E L C A R L A B R A G A P A T R I C K S I C O T T E Mots de camelots 10 32 3 3 Zoom sur Joseph Mathurin Clermont 9 France Lapointe 9 Denis Bourgeois 9 Gabriel Lavoie 29 Maxime Valcourt 29 Benoît Chartier 29 Manon Fortier 12 David Himbert, Josée Panet-Raymond et Karine Bénézet C\u2019est le temps des vacances, la période parfaite pour présenter un dossier léger et agréable.Bref, un contenu avec des photos inédites, originales et franchement ludiques, qui sauront plaire au plus grand nombre.David Himbert, photographe professionnel est nommé rédacteur en chef invité et le projet de réaliser leurs rêves de jeunesse est lancé.Costumes, maquillage, studio professionnel.et voilà ! Les camelots comme vous ne les avez jamais vus ! 15 août 2021 Volume XXVIII, no 12 24 camelots ont participé à cette édition La folie du déménagement J\u2019ai eu la chance de déménager le 1er mai 2021.J\u2019ai déménagé toute seule.Ça faisait 12 ans que je n\u2019avais pas déménagé.Ça siphonne de l\u2019énergie.Je me suis brûlée, épuisée.J\u2019ai fait cinq voyages avec un petit truck de 10 pieds.J\u2019avais beaucoup de vaisselle, de linge.J\u2019ai fait un voyage de meubles : vaisselier, deux divans, deux tables de salon.J\u2019ai été les chercher à l\u2019entrepôt.Je ne pouvais pas les garder chez moi, parce que je n\u2019avais rien qu\u2019un petit un et demi.J\u2019ai été obligée de louer deux fois le truck.J\u2019avais un diable pour soulever les meubles et j\u2019ai conduit moi-même.Je suis contente d\u2019avoir évité le gros boom du mois de juillet, deux mois avant le temps.Ça m\u2019a sauvé du stress.J\u2019ai attendu 12 ans pour avoir un logement à prix modique.J\u2019adore mon nouveau chez-moi.J\u2019ai jamais eu un si vaste logement, c\u2019est comme un condo.J\u2019ai un grand salon avec une cuisine, une chambre avec une grande chambre de bains, et, pour finir, un beau balcon.C\u2019est un cadeau de Noël.J\u2019ai eu la réponse à la mi-décembre 2020.Je l\u2019ai visité à la mi-janvier 2021.J\u2019ai signé le bail au mois de mars.J\u2019ai eu mes clés le 29 avril.Ma patience est bien récompensée.Ça a été une surprise, je ne m\u2019y attendais plus après tant d\u2019années, parce que la liste d\u2019attente est longue.C\u2019est pour moi une libération.FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / MENTANA Bons et mauvais souvenirs d\u2019enfance Quand j\u2019étais enfant, j\u2019allais à La Ronde en famille.J\u2019aimais les montagnes russes, les manèges, la Pitoune, la grande roue\u2026 J\u2019habitais sur la Rive-Sud à McMasterville.On partait dans l\u2019après-midi avec mes sœurs et mes parents.Quand on était ensemble à La Ronde, ça allait bien.On revenait à 11 heures le soir.Il y avait aussi des spectacles.On allait aux feux d\u2019artifice.J\u2019allais aussi chez la parenté.Du côté de mon père, on écoutait de la musique et le hockey à la télévision.Je jouais avec mes cousins et mes cousines.Je parlais avec mes tantes et mes oncles.D\u2019autre monde de la parenté venait et on faisait des partys.Du côté de ma mère, les oncles et les tantes étaient égoïstes et sans cœur.Ils ne pensaient qu\u2019à eux-autres et faisaient des partys derrière notre dos, sans nous inviter.À cause de cela, je leur en veux ben gros.Mon grand- père Bourgeois, c\u2019est le seul qui était fin avec moi.Ma grand-mère était gentille aussi, mais j\u2019étais plus attaché à mon grand-père.En 1987, j\u2019ai fait les démarches pour les retrouver.Je les ai vus une fois seulement.Je sentais qu\u2019ils ne m\u2019aimaient pas.Je me sentais rejeté.Si j\u2019avais su, je n\u2019aurais pas perdu mon temps.Maintenant je tire ma révérence.Ils ne me verront plus jamais de leur vie.Adieu.DENIS BOURGEOIS CAMELOT PHARMAPRIX JEAN-TALON / CHRISTOPHE COLOMB Des changements s\u2019imposent Les tornades, la fonte des glaciers, la météo extrême, la pandémie : tout ça est lié et nous dit que nous devons changer nos habitudes.Notre façon de penser et de nous comporter est à la base de plusieurs de nos problèmes actuels.Les soins aux résidents dans les CHSLD, les services aux plus démunis et aux plus vulnérables, et même les services offerts aux gens de la classe moyenne ont été négligés pendant des années.La course aux profits par les multinationales et par les plus riches s\u2019est faite au détriment du bien-être de l\u2019humain en général.La pandémie nous confronte à tous ces problèmes.Tout s\u2019est effondré et on a réalisé que notre façon de penser n\u2019est plus valable.Une prise de conscience nous amène à réaliser qu\u2019on ne peut plus continuer dans ce sens.Si on ne le fait pas, la situation va dégénérer à un tel point qu\u2019on ne pourra plus réagir.Durant la pandémie, beaucoup de personnes fortunées se sont enrichies.Au contraire, la classe moyenne, elle, s\u2019est appauvrie.Des changements s\u2019imposent.Si les profits des multinationales et les revenus de leurs dirigeants explosent, les revenus des travailleurs devraient aussi augmenter dans la même proportion.Si les plus riches payaient tous leur juste part d\u2019impôts comme nous, on pourrait améliorer les soins de santé, l\u2019état des routes, l\u2019accessibilité de la population à plus de services.Quand c\u2019est rendu que des familles avec deux revenus en sont réduites à fréquenter les banques alimentaires, on n\u2019a pas besoin d\u2019autres preuves pour comprendre que la situation est intenable.Rien ne va changer sans une volonté politique et démocratique.On n\u2019est pas nés pour enrichir les riches.Je n\u2019ai rien contre les riches et je serais content d\u2019être millionnaire, mais pas au prix du bien-être de l\u2019humanité.GABRIEL LAVOIE CAMELOT METRO CHEMIN CHAMBLY LONGUEUIL Traduction Alexandra Guellil 9 itineraire.ca 15 août 2021 ALLEMAGNE Cette haine qui tue Le 7 juin 2001, des néo-nazis de la NSU, un groupe terroriste national-socialiste clandestin, a assassiné Süleyman Ta?köprü, un homme d\u2019affaires de Hambourg, en Allemagne.Sa soeur, Ay?en, témoigne de l\u2019impact de ce meurtre sur son sentiment de sécurité dans son pays d\u2019adoption.Turcs d\u2019origine, leur père a immigré en Allemagne en tant que travailleur temporaire.Il a été soudeur de navires avant qu\u2019un accident de travail le force à travailler dans le domaine de la papeterie.Leur mère et deux de ses enfants ne l\u2019ont rejoint que sept ans plus tard alors que Süleyman, qui était l\u2019aîné de la fratrie, est resté en Turquie avec sa grand-mère.« J\u2019ai encore les articles de journaux sur la série de meurtres de cette époque.On parlait des meurtres de Kebab, de la mafia, de trafiquants de drogues, mais jamais de l\u2019extrême droite.» Le jour du procès, Ay?en et sa famille étaient dans le même tribunal que des néo-nazis venus en renfort supporter les accusés, tous vêtus de noir.« Le racisme ne m\u2019a jamais blessé avant 2001.J\u2019ai encore l\u2019 image de mon frère dans mon cœur.Je me sentais si en sécurité avant en Allemagne, les personnes qui l\u2019ont tué nous ont enlevé ce sentiment-là.» Sur la photo : Petit, Süleyman rêvait d\u2019avoir sa propre étoile sur la Hollywood Walk of Fame, cette fameuse avenue à Los Angeles.Sa soeur a réalisé son rêve.(Hinz&Kunzt / INSP) D M I T R Y L E L T S C H U K | H I N Z & K U N Z T L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.EUROPE À deux doigts de l\u2019expulsion Dans les mois à venir, des millions de ménages européens pourraient devoir quitter leur logement parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les moyens de s\u2019acquitter de leur loyer.C\u2019est en tout cas ce que disent les experts alors que la plupart des moratoires sur les loyers instaurés avec la pandémie s\u2019achèvent.Housing Europe, une association de logement social dont le siège se trouve à Bruxelles, estime d\u2019ailleurs que 10 millions de ménages sont à risque.Cette estimation a été calculée par une enquête menée auprès de 180 000 personnes dans les 27 pays de l\u2019Union européenne.Pourtant, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le logement, Balakrishnan Rajagopal, estime que ce chiffre est une « estimation prudente » étant donné le pourcentage élevé de locataires dans de nombreux pays européens.Le gel des loyers pour les groupes vulnérables est, selon lui, toujours « nécessaire » dans les régions et les villes où la crise du logement fait des ravages.En Europe, près d\u2019un tiers des personnes étaient locataires en 2019.(Reuters / INSP) N A C H O D O C E | R E U T E R S T H E C E N T E R S F O R D I S E A S E C O N T R O L A N D P R E V E N T I O N ' S P U B L I C H E A L T H I M A G E L I B R A R Y « Ce sont des gens qui présentaient tous des symptômes ou qui venaient de recevoir un coup de fil de leur(s) partenaire(s) », explique-t-il.La Clinique L\u2019Actuel est située dans le Village, où se trouve une forte proportion de la communauté gaie de Montréal, observeront certains.« Un instant, rétorque le Dr Thomas.Au moins 80 % de ces personnes n\u2019étaient pas des patients réguliers.C\u2019étaient des hétérosexuels, hommes et femmes, pour la plupart.» Des statistiques douteuses Selon le Dr Thomas, il ne faut pas se fier aux statistiques provinciales actuelles qui minimisent la propagation des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang).« Durant le confinement, la plupart des centres de dépistage ont fermé leurs portes, explique le docteur.C\u2019est pour ça que les patients sont venus ici.» Le docteur déplore que les gens aient dû attendre avant de se faire dépister.Certaines ITSS peuvent causer des séquelles permanentes.Les jeunes ont été les plus nombreux à venir « se faire tester » depuis le relâchement estival, poursuit le docteur.« Ils ne se sentaient pas à risque pour la COVID-19.Ils avaient beaucoup de temps libre.Et les applications comme Tinder et Grindr ont fait le reste.L\u2019anxiété, la détresse, l\u2019alcool et la drogue ont probablement incité les jeunes à des comportements à risque.» Le condom ou le masque ?En septembre 2020, la Dre Theresa Tam, cheffe de la santé publique du Canada, avait causé un certain émoi en conseillant aux personnes qui ont des relations sexuelles avec des personnes qui ne font pas partie de leur « bulle » de porter le masque.« Elle aurait dû leur conseiller de porter le condom », juge le Dr Thomas.Le pdg de L\u2019Actuel se félicite d\u2019être resté « ouvert » durant toute la pandémie.Il estime que la lutte aux infections transmises sexuellement demeure un « service essentiel ».Tout au cours de l\u2019année dernière, notent les chercheurs, la diminution des cas rapportés « commence avec l\u2019 installation » et « semble suivre l\u2019 intensité de la pandémie ».Ce qui veut dire en clair que le nombre de cas rapportés a diminué durant le premier confinement, a remonté durant la relâche de l\u2019été 2020, et a replongé durant le reconfinement de l\u2019automne dernier.Il faut donc se méfier des chiffres, mettent en garde les chercheurs de l\u2019INSPQ.« Il est probable que cette diminution ne reflète pas la situation réelle de l\u2019 incidence des ITSS* dans la communauté au cours des derniers mois », écrivent-ils.Plusieurs facteurs peuvent ainsi avoir altéré les données statistiques.Pour une raison très simple : avant d\u2019être considérés comme « déclarés », les cas doivent d\u2019abord avoir été « dépistés » Matériel et personnel détournés Or, de très nombreuses infirmières « normalement assignées au dépistage des ITSS » ont été « mobilisées pour le contrôle de la COVID-19 », signale l\u2019INSPQ.Elles ont abandonné leurs tâches habituelles au profit du dépistage du virus, des enquêtes épidé- miologiques et du retraçage.De plus, durant la première vague, les écouvillons et les réactifs, normalement utilisés pour la détection de la chlamydia et de la gonorrhée, ont été employés pour le dépistage de la COVID-19.« La pénurie de matériel pour la détection (de ces deux infections) a varié d\u2019une région à l'autre, mais a certainement eu un impact sur le nombre de cas détectés et déclarés dans l\u2019ensemble du Québec.» En clinique, les visites en personne ont été aussi remplacées par la « téléconsultation » qui s\u2019est généralisée un peu partout.Or, note l\u2019INSPQ, « la téléconsultation ne permet pas d\u2019effectuer les prélèvements qui sont habituellement effectués lors de la consultation en clinique ».Un portrait imprécis Il faudra donc attendre la publication des prochaines statistiques avant d\u2019avoir un portrait plus net de la santé sexuelle des Québécois.Dans un courriel laconique, le ministère de la Santé et des Services sociaux a confirmé que « la santé publique observe des variations dans le nombre de nouvelles infections ».Aucun spécialiste n\u2019a été autorisé à répondre à nos questions.Mais, « il n\u2019est pas possible de dégager une tendance provinciale », a indiqué à L\u2019Itinéraire une porte-parole, Marjorie Larouche.« Une hausse du nombre d\u2019ITSS pourrait être possible dans les prochaines semaines et être liée à la reprise des activités, à un rattrapage dans les activités de dépistage ou simplement représenter les fluctuations habituelles.» *ITSS : infections transmissibles sexuellement et par le sang.En mars 2020, le premier ministre François Legault croyait bien avoir mis le Québec sur « pause » en décrétant l\u2019arrêt de toutes les activités « non essentielles ».Mais malgré le confinement, les Québécois ont continué à mener leur vie sexuelle.Si bien que cet été, on assiste à une explosion des infections transmises sexuellement.« Depuis le déconfinement, notre clinique de dépistage sans rendez-vous est débordée », affirme le Dr Réjean Thomas dont le bureau est situé dans le Centre-Sud de Montréal.« L\u2019augmentation est hallucinante », précise-t-il.Les infections à chlamydia ont augmenté de 12 %.Les infections à gonorrhée ont bondi de 20 %.Le nombre de cas de syphilis a explosé de 57 %.« Il est clair que les Québécois ont poursuivi leurs activités sexuelles et qu\u2019 ils n\u2019ont pas respecté les consignes sanitaires de confinement ou de distanciation », constate-t-il.Plus de 80 % hétéros Au cours des derniers jours de juillet, le nombre de patients qui se sont présentés sans rendez-vous est passé de 18 à 20 jusqu'à 40 par jour, à la clinique du 1001, boulevard de Maisonneuve Est.La clientèle a donc doublé.Québec n\u2019a aucune idée précise de la propagation des infections transmises sexuellement sur son territoire depuis le début de la pandémie de la COVID-19.Et les statistiques provinciales disponibles sont à prendre avec des pincettes.L\u2019Itinéraire a obtenu copie des plus récentes statistiques tirées du fichier des MADO (les maladies à déclaration obligatoire).Ces données disponibles pour les neuf premiers mois de l\u2019année 2020 ont été analysées par les chercheurs de l\u2019Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ).Par rapport aux mêmes mois de l\u2019année précédente (soit l\u2019année 2019), le nombre de cas déclarés semble en baisse pour la très grande majorité des infections (voir notre tableau).Toutefois, la LGV (lymphogranulomatose vénérienne), une infection causée par une bactérie de la famille chlamydia, est légèrement en hausse chez les hommes.Les cas de syphilis semblent eux aussi avoir diminué, « en excluant les régions du Nunavik où l\u2019éclosion de syphilis infectieuse s\u2019est accentuée », selon l'INSPQ.Une apparente embellie À l\u2019heure actuelle, les autorités sanitaires se disent incapables d\u2019établir « un calcul des projections pour l\u2019année 2020 ».Car l\u2019apparente embellie contredit l\u2019histoire récente de ces infections.« La diminution du nombre de cas déclarés va à l\u2019encontre des tendances observées au cours des dernières années, particulièrement pour les infections à chlamydia trachomatis, les infections gonococciques et la syphilis infectieuse », d\u2019après un bulletin de l\u2019INSPQ.Dr Réjean Thomas PDG de la clinique L\u2019Actuel Laurent Soumis Pandémie et vie sexuelle Des chiffres à prendre avec des pincettes Le Québec n\u2019était pas sur « pause » Neutrophiles infectés par Neisseria gonorrhoeae.NOMBRE DE CAS DÉCLARÉS ENTRE LE 1er JANVIER ET LE 30 SEPTEMBRE 2020 Infection Nombre de cas Variation par rapport à 2019 Chlamydia 16 598 _ 22 % Gonorrhée 4038 _ 28 % LGV 96 + 4,3 % Syphilis 761 _ 11 % Hépatite B 453 _ 42 % Hépatite C 597 _ 29 % Source: Données fournies par l\u2019INSPQ 11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 15 août 2021 15 août 2021 Rédactrice en chef Par Josée Panet-Raymond C\u2019est le temps des vacances, la période parfaite pour présenter un dossier léger et agréable.Bref, un contenu avec des photos inédites, originales et franchement ludiques, qui sauront plaire au plus grand nombre.Le choix du photographe principal a été facile : David Himbert est non seulement très talentueux, lui qui a réalisé plusieurs page couvertures pour L\u2019Itinéraire, mais il est un fidèle ami de l\u2019organisme, comme il le décrit si bien dans son éditorial en page 5.Donc, une édition photo, avec des camelots.Parfait ! Mais sous quel angle ?Après un petit remue-méninge avec David, la proposition de réaliser leur rêve de jeunesse a été adoptée avec enthousiasme.Les camelots n\u2019ont pas hésité à embarquer, et ceux et celles qui ont le mieux exprimé leur rêve en détail ont été choisis.Restait à louer le studio de photo, se gréer de costumes, engager une maquilleuse, coordonner les horaires avec les camelots et\u2026 voir ce qui en ressortirait.Après avoir pris les photos « avant » des camelots, ceux-ci sont passés au maquillage puis aux costumes.C\u2019est alors que David leur a fait part de sa brillante idée de leur faire faire des autoportraits.« Tu te places sur le X ici, et regardes devant ; tu te vois dans l\u2019écran, là ?Ok, maintenant, voici la télécommande.Amuses-toi et essaie le plus possible de te mettre dans la peau de ton personnage », leur a-t-il dit en les laissant seuls dans le studio pour qu\u2019ils et elles se sentent plus à l\u2019aise.Le résultat a été tout simplement magnifique.Ce fut une journée magique ! Les camelots se sont comportés comme des pros.L\u2019ambiance était joyeuse et les liens qui nous unissaient déjà se sont renforcés davantage ce jour-là.Voilà, chers lecteurs et lectrices : les camelots comme vous ne les avez jamais vu ! Depuis son adolescence, Jean-Claude idolâtre le personnage de James Bond.« C\u2019est un gars fonceur, qui n\u2019a jamais peur de rien », dit-il lorsqu\u2019on lui demande ce qu\u2019il admire le plus de cette figure de cinéma.Plus que ça, la philosophie de vie de 007 l\u2019accompagne dans sa vie et l\u2019aide à surmonter certaines étapes : « James Bond est toujours en mission.C\u2019est un peu comme ça que je me sens moi-même.» Tout dans la vie de Jean- Claude peut alors se transformer en un défi à relever, du simple article pour L\u2019Itinéraire, jusqu\u2019à sa vie familiale : « Quand je fais des entrevues, je me sens comme un agent secret fier de mener sa mission jusqu\u2019au bout.J\u2019ai tout le temps un James Bond en moi, qui ne lâche jamais, qui regarde vers l\u2019avenir ».Si jouer la comédie amène Jean- Claude à s\u2019amuser, c\u2019est aussi une manière de se faire du bien.« Quand t\u2019es comédien, t\u2019es plus toi-même.Ça change le mal de place.» Camelot Métro Guy-Concordia « J\u2019ai toujours rêvé de réaliser quelque chose qui changerait le monde : Le monde d\u2019avant Mostapha l\u2019 ingénieur, et le monde d\u2019après », explique celui dont le rêve de signer la construction d\u2019un pont-tunnel transatlantique est né de l\u2019article d\u2019une gazette canadienne qui fabulait alors cette voie de circulation entre la côte est canadienne et l\u2019Europe.« Moi, je me suis dit : \u201c je vais construire ce pont-tunnel ! » Depuis, l\u2019idée a fait du chemin dans le cœur de Mostapha, originaire du Maroc.Imaginer les plans de cette prouesse humaine est pour lui un moyen de « soulager le mal du pays de tous les immigrants d\u2019 ici », et ce, en une traversée d\u2019à peine quatre heures ! « Le projet est déjà conceptualisé, reste à trouver les fonds (rires), statue \u201c l\u2019 ingénieur \u201d.Avec de bons investisseurs, on pourra voyager en Europe aussi facilement d\u2019 ici cinq ans ! » Camelot Métro Édouard-Montpetit Drapeaux à la main et costume bleu d\u2019azur, la République québécoise est en marche ! On l\u2019aura compris, Yves a toujours été pour l\u2019indépendance du Québec.« Jeune, j\u2019étais déjà sensible à l\u2019histoire du Québec.J\u2019avais une dent contre la Conquête et le principe d\u2019assimilation.» Pour le sort de son « pays », Yves rêvait, alors très jeune, de devenir premier ministre.Et finalement, pourquoi pas président de la République du Québec ?D\u2019ailleurs, son programme électoral est déjà bien ficelé : « Si j\u2019étais président, je renforcerais l\u2019utilisation du français pour sa qualité et sa sauvegarde, tout en gardant nos particularités ; je nationaliserais les ressources naturelles et énergétiques et je diversifierais les cultures agricoles pour faire du Québec un grenier alimentaire le plus autonome possible ».S\u2019il avoue que la province regroupe de moins en moins d\u2019adeptes du mouvement indépendantiste, reste que devenir président de cette République le temps d\u2019une séance photo a fait « remonter à la surface de bons souvenirs de [s]a jeunesse politisée ».Camelot à la distribution « J\u2019aurais aimé être le type qui fréquente les grands salons et les cercles littéraires.Faire partie de la petite bourgeoisie, très parisienne\u2026 », dit Roger, l\u2019air rieur.Un dandy, cet anticonformiste marqué par la politesse, le flegme et l\u2019élégance.« Un m\u2019as-tu-vu qui me ressemble.» C\u2019est à travers ses lectures que Roger développera son image de l\u2019homme de la fin du 19e siècle : « Les Misérables de Victor Hugo m\u2019a profondément impressionné.Tout comme Zola, dont les récits se déroulent souvent dans les salons et cafés snobs de l\u2019époque ».Le côté snobisme est d\u2019ailleurs ce qui lui plaît.Ça, sans oublier « les beaux mots de cette époque, la manière pédante de s\u2019exprimer ».Bien que Roger ne regrette pas d\u2019être un contemporain, pour tous les avantages, notamment sociaux, de notre ère, les vestiges qui ont trait à cette époque, encore présents dans la capitale française, sont l\u2019objet d\u2019un de ses projets de voyage : « le palais du Louvre, les ponts de Paris, les bouquinistes des quais de la Seine, les Invalides\u2026 » Camelot Rachelle-Béry Fleury / Péloquin et SAQ Lajeunesse / Jarry « Jeune, ma mère me disait : \u201cfais à manger à ta sœur.\u201d » Plus tard, c\u2019est un DEP en cuisine qu\u2019Anne-Marie obtiendra, avant de se lancer dans le métier.« J\u2019étais vraiment bonne », avoue- t-elle, sans prétention.Mais la réalité du métier évincera rapidement ses ambitions.« Être une femme en cuisine, c\u2019était difficile.On me faisait faire les tâches les plus ingrates\u2026 » À force de devoir se batailler pour se faire une place, Anne- Marie a baissé les bras.« J\u2019ai tout laissé tomber, je devenais folle dans ce milieu.» Finalement, elle se rabattra sur le métier de serveuse plutôt que de cheffe cuisinière de sa propre entreprise de traiteur, comme elle le rêvait.« J\u2019aurais cuisiné du lapin, du gigot d\u2019agneau, des gâteaux Reine Elizabeth ».Pour autant, cela ne l\u2019a pas empêché de mettre son talent à profit.C\u2019est ainsi qu\u2019une année, ce ne sont pas moins de 600 tourtières qu\u2019elle a préparées, seule, pour Noël : « J\u2019avais déposé mon nom partout : Au Pain Doré, Jean-Coutu, salon de bronzage\u2026 Tout le monde m\u2019appelait, c\u2019était complètement fou ! J\u2019ai travaillé fort.Un travail qui nous a d\u2019ailleurs sauvés financièrement », dit-ell e de sa famille.« J\u2019adore les animaux ! », amorce Daniel, en évoquant le pourquoi de son rêve d\u2019être vétérinaire.Une raison simple, sûrement en réaction au fait que chez lui, les animaux étaient interdits : « Ma mère était allergique à tout.Un jour, j\u2019ai ramassé un chat que j\u2019ai ramené à la maison\u2026 Il n\u2019a pas fait trois jours avec nous ».Mais son amour pour l\u2019espèce animale remonte à loin : « Petit, il ne fallait pas que j\u2019entre dans un pet shop parce que j\u2019aurai ramené toutes les bêtes (rires) ».Une fois adulte, les choses ont changé.Daniel a rapidement comblé son manque en devenant propriétaire de trois chiens.Aujourd\u2019hui, c\u2019est à son chat qu\u2019il dispense tout l\u2019amour et les soins qu\u2019il aurait pu prodiguer en devenant vétérinaire.Malheureusement, et bien qu\u2019excellent en math à l\u2019école, cette profession lui semblait inaccessible : « À l\u2019âge auquel il faut s\u2019enligner, moi j\u2019étais à côté du chemin.Il m\u2019aurait fallu une école avec vraiment beaucoup d\u2019encadrement », explique-t-il, avant de conclure qu\u2019« avec cette discipline et beaucoup de persévérance, j\u2019aurais pu réussir ».Camelot Mont-Royal / Saint-Denis et Fabre Camelot Métro Bonaventure et Masson / 3e Avenue Sans hésitation, Jean-Jeanette clame le nom de Farah Fawcett comme figure qu\u2019elle aurait rêvé d\u2019être.Popularisée dans les années 1970 par son personnage de Jill Munroe dans la série Drôles de Dames, cette femme n\u2019est pas juste une actrice aux yeux de Jean-Jeanette : « Farah Fawcett, c\u2019est comme une vieille dépendance qui a marqué ma vie ».Son courage, sa résilience\u2026 tout chez cette actrice l\u2019inspire : « Elle avait une force, du caractère, dit-elle Moi le mien, je le cherche encore ».En plus d\u2019admirer ses talents et sa personnalité, c\u2019est sa beauté naturelle qui époustoufle celle qui travaille depuis longtemps sur sa féminité tant intérieure qu\u2019extérieure : « Ma manière de parler, d\u2019être et de paraître féminine.J\u2019aimerais que ce soit aussi facile pour moi que ça l\u2019était pour elle », décrit-elle en parlant de son \u201c icône \u201d qu\u2019elle compare aisément à Marilyn Monroe.Comme ça arrive de temps en temps, un camelot se désiste à la dernière minute.Ç\u2019a été le cas de celui qui rêvait d\u2019être pirate.Alors que faire de cette magnifique tenue qu\u2019on avait choisie chez le costumier Ponton ?Karine Bénézet, notre journaliste responsable de la formation des participants, était sur place pour donner un coup de pouce lors du photoshoot et pour recueillir les témoignages des camelots.Ça tombe bien : Karine a une nature très expressive et un petit côté comédienne\u2026 Allez Karine ! Enfile ce costume ! Il te va à ravir ! Vous ne trouvez pas ?Aaarrrrhhhh.Camelot PJC Mont-Royal / Berri Journaliste, responsable de la formation des participants E n c o l l a b o r a t i o n a v e c l e s c a m e l o t s : M o s t a p h a , R o g e r , Y v e s , J e a n - J e a n e t t e , D a n i e l , A n n e - M a r i e e t J e a n - C l a u d e .D a v i d H i m b e r t , p h o t o g r a p h e J o s é e P a n e t - R a y m o n d , r é d a c t r i c e e n c h e f K a r i n e B é n e z e t , j o u r n a l i s t e r e s p o n s a b l e d e l a f o r m a t i o n David Himbert donne des instructions aux camelots sur la façon de faire des autoportraits avec la télécommande qu'il tient dans sa main.Ci-dessus : David, Daniel et Josée sont amusés par les poses de camelots devant l'appareil photo.Ci-contre : Marie Deslonchamps ajoute la touche finale au maquillage de Roger. Un essai photo avec Mostapha avant de passer aux vraies affaires.David : « Voici la télécommande, Roger, éclate-toi ! » 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca 15 août 2021 15 août 2021 La réalisation de cette session de photos a nécessité beaucoup de temps, d\u2019énergie et d\u2019organisation ! Aussi nous souhaitons remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à faire de ce photoshoot un grand succès.Outre David Himbert et l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire : Merci au costumier Ponton, et tout particulièrement à Dominique Brossard qui nous a gracieusement prêté sept costumes de qualité.Visiter cette entreprise fondée il y a 150 ans est une expérience hors du commun ! Située au 4846, rue Sainte-Catherine Est.Montréal.Merci au IGA Extra Cartier Laval-des-Rapides, et à son propriétaire Ivo Mehmedovic \u2013 qui a le coeur sur la main \u2013 pour avoir sustenté l\u2019équipe, grâce à une carte-cadeau de 100 $ laquelle a servi à payer leur excellent service de traiteur.Situé au 307, boul.Cartier ouest à Laval.Merci aussi à la maquilleuse professionnelle Marie Deslongchamps qui a bichonné nos camelots avec doigté et bonne humeur.Son talent a contribué à faire rayonner nos participants en mettant en valeur leurs plus beaux traits.Ses coordonnées : 514 963-6443 et marie.makemeup@hotmail.com.La session photo s\u2019est déroulée au Studio photos PHS, situé au 6465, rue Durocher, Outremont.Facebook : @StudioPHS Karine recueille les impressions de Mostapha sur l'expérience qu'il vient de vivre.Anne-Marie : entre le fouet et la télécommande.Roger, le parfait dandy ! Daniel : aucun toutou n'a été bléssé pendant cette session de photos.Josée : « Roger, t'as vraiment l a tête de l'emploi ! As-tu déjà pensé à faire de la f iguration ?» 26 itineraire.ca 15 août 2021 À lire dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire\u2026 UN VILLAGE PLEIN D\u2019IDÉES Comme bien d\u2019autres « destinations » de la métropole, le Village se relève difficilement de la pandémie.Mais des idées jaillissent pour relancer ce quartier de plus en plus fréquenté par les jeunes familles.Après avoir tout misé sur l\u2019afflux des touristes, le quartier se préoccupe maintenant de la qualité de vie de ses résidents.Un survol des solutions porteuses pour affirmer son identité unique et son ouverture sur la diversité.À lire dans notre édition du 1er septembre.\u2014 À l\u2019honneur dans nos pages culture, un magnifique photoreportage qui porte sur les travailleurs du monde, signé Drowster.\u2014 Et tel qu\u2019annoncé dans l'édition du 1er août, la deuxième partie du très intéressant dossier sur les chevaux au Québec suivra dans le prochain numéro.\u2014 Sans oublier, bien sûr, la chronique de Mathieu Thériault et les mots de camelots.À ne pas manquer ! 29 itineraire.ca 15 août 2021 Un ticket pour la campagne L\u2019an dernier, j\u2019ai passé deux semaines à travailler dans un refuge, un genre de CHSLD pour animaux maltraités ou qui sont nés avec une malformation.C\u2019était bien organisé avec des services vétérinaires et tout et tout.Il y avait entre autres la mouffette « Gaston » qui ne pouvait plus se défendre en aspergeant ses ennemis, la chatte « Valérie » à qui il manquait une patte et surtout la couleuvre « Brigitte » et ses bébés.Avant, j\u2019avais peur des couleuvres, mais je l\u2019ai trouvée tellement belle avec sa peau noire et orange.Elle m\u2019a fait un œil doux (elle en avait juste un) et je suis presque tombé en amour avec elle.Elle était très affectueuse et j\u2019aimais marcher dans le bois avec elle dans mes bras et dans mon cou.Avec d\u2019autres animaux, on s\u2019est promené en chaloupe sur le lac et on leur faisait faire un peu d\u2019exercice.Il y avait un chevreuil à qui il manquait les deux pattes arrières et qu\u2019on trimbalait dans un chariot.On allait à la pêche pour donner de quoi manger aux ours, évidemment gardés dans des cages.J\u2019ai même vu un castor, pas sauvage du tout, qui avait une tache de naissance.Comme moi.J\u2019ai beaucoup appris en côtoyant ces animaux.Je sentais qu\u2019ils étaient reconnaissants des soins que je leur apportais.Ils ont besoin d\u2019amour eux aussi et ça m\u2019a fait du bien de leur en donner.Pour tout ça, je voudrais remercier les policiers de Montréal qui m\u2019ont épinglé pour des délits mineurs.J\u2019avais accumulé un bon montant en contraventions impayées.Le juge m\u2019a condamné à les rembourser en faisant des travaux communautaires.Ce fut mon « ticket » pour le refuge des animaux.Je suis content d\u2019avoir vécu près d\u2019eux.Ça m\u2019a changé de la ville et ça m\u2019a fait du bien de passer deux semaines à la campagne.MAXIME VALCOURT CAMELOT FLEURY / CHAMBORD Ah oui ! On en a des légumes Je vais parler du Marché solidaire, situé tout près de l\u2019endroit où je vends les magazines.C\u2019est une très bonne chose d\u2019avoir des fruits et des légumes frais à meilleur coût, à longueur d\u2019année.Ça existe pour la simple et bonne raison que la Ville de Montréal y a investi.Il y a d\u2019immenses serres derrière l\u2019édifice de JTI Mc Donald, où on fabrique des cigarettes.C\u2019est là qu\u2019ils font pousser les fruits et les légumes.Si on n\u2019est pas membre, il faut payer le prix courant.Mais tout le monde peut les acheter au métro Frontenac.Ça rend les fruits et les légumes plus abordables et on en connaît la provenance.Tout ce qu\u2019ils vendent est produit dans les serres.J\u2019y achète des tomates en saison.Avant il y avait une soupe le vendredi midi, faite avec des légumes qui n\u2019étaient pas parfaits.Ça coûtait quelques sous ou c\u2019était gratuit.Ça existe depuis au moins cinq ans, je crois.Avant j\u2019avais un jardin de 30 pieds par 40 pieds.J\u2019y ai planté des pommetiers qui produisent rapidement.J\u2019ai aussi fait l\u2019expérience de faire pousser des asperges.On peut commencer à les récolter après cinq ans seulement.J\u2019ai aussi cultivé du blé d\u2019Inde, des tomates, des concombres, des radis blancs et rouges, et de la salade frisée pour consommation familiale.C\u2019est mon père qui m\u2019a appris.J\u2019aimais ça.Après la journée de travail, on arrosait et on cueillait une tomate.On mangeait alors un sandwich aux tomates avec de la mayonnaise.Mon père et ma mère m\u2019ont inculqué des bonnes valeurs.N\u2019hésitez pas à essayer de cultiver des nouvelles variétés de fruits et de légumes ! Quand Manon sauve des vies Je vois un petit moineau foncer dans la fenêtre du restaurant Subway.Il vole comme une chauve-souris, aveuglé par la lumière du jour.Le moineau se retrouve par terre.Très essoufflée, j\u2019appelle le 911 et je demande si c'est bien le service de la faune.L\u2019opératrice me dit d\u2019appeler SOS Animaux et me donne le numéro de téléphone.Entre- temps, une autre dame qui travaille au salon de coiffure appelle pour savoir à quel endroit on doit téléphoner.Les gens de SOS Animaux me disent d\u2019appeler la SPCA.La secrétaire me donne le numéro de téléphone de la SPCA.J\u2019appelle et je raconte mon histoire.On me suggère de déposer l\u2019oiseau blessé dans une boîte fermée deux ou trois heures.Le moineau est encore étourdi et on me suggère d\u2019ouvrir la boîte pour voir si ça vaut la peine de l\u2019apporter à la SPCA.Les gens du salon de coiffure prennent la boîte pour la jeter à la poubelle.Ils disent que les oiseaux sont pleins de microbes.Une passante arrive et dit : « non, non, non, ce n\u2019est pas comme ça qu\u2019il faut faire ».La dame prend le moineau et le dépose sur du feuillage au fond de la boîte.Une fois la dame partie, je retourne chercher la boîte.En sortant du dépanneur, je vois un homme en uniforme militaire.Je lui demande s\u2019il est en service.Je lui explique le cas.Le soldat s\u2019apprête à prendre le moineau.Mais celui-ci tourne la tête du côté gauche et regarde le soldat.Voilà alors qu\u2019il se lève sur deux pattes et commence à courir comme un être humain.Le soldat me dit que l\u2019oiseau est bien vivant.Je regarde les autres moineaux et je vois bien qu\u2019ils sautent tous sur leurs pattes.Dire que j\u2019étais prête à adopter ce moineau, comme une perruche ou un autre oiseau.BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO FRONTENAC MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND J .F .S A V A R I A Métiers manuels Je rêvais à énormément de choses lorsque j\u2019étais petit.Je voulais être policier, mais ne devient pas policier qui veut.Je pensais aussi à camionneur, serrurier, et plombier, comme mon père qui m\u2019emmenait parfois avec lui quand j\u2019étais petit.STÉPHANE LANCTÔT CAMELOT MÉTRO SAUVÉ itineraire.ca itineraire.ca 15 août 2021 15 août 2021 30 Le recyclage J\u2019ai toujours voulu avoir une compagnie de recyclage.Je ne comprends pas pourquoi on jette autant de choses.J\u2019avais regardé à l\u2019époque comment recycler les déchets les plus communs : pneus, cigarettes\u2026 Mais en me renseignant, le tout semblait compliqué.Alors à défaut d\u2019avoir ma propre compagnie, je collabore à en aider d\u2019autres.MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT À LA CUISINE L\u2019électronique J\u2019ai toujours voulu être technicien en aérospatiale.J\u2019adorais les avions et c\u2019est un métier payant.Mais c\u2019est l\u2019électronique qui m\u2019attirait.Malheureusement, je n\u2019ai pas réussi.J\u2019ai arrêté mes études au secondaire parce que j\u2019avais des problèmes d\u2019apprentissage.PASCAL SAINT-LOUIS CAMELOT PJC ROSEMONT / D\u2019IBERVILLE Mononcle policier Petite, je rêvais de devenir policière.Je tenais à ce que le monde respecte le plus possible la loi.J\u2019ai eu un mononcle policier très présent et important dans ma vie.Je trouvais son emploi tellement digne, plein de sens et respectueux.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ONTARIO EST / CUVILLIER Acupuncteur Je ne sais pas trop ce que je voulais devenir, enfant.Mais il n\u2019y a pas si longtemps, j\u2019ai voulu reprendre des études d\u2019acupuncture.Je trouvais intéressant d\u2019aider les gens avec une technique ancestrale.Mais ce sont des programmes contingentés.Je m\u2019étais dit alors que j\u2019allais reprendre des cours généraux, en attendant, mais finalement je ne l\u2019ai pas fait parce que l\u2019année a été difficile.KEVEN MAGNAN CAMELOT MARCHÉ PROVIGO HENRI-BOURASSA / MARTIGNY Mannequin Mon rêve était de devenir mannequin de mode.Ce qui m\u2019attirait, c\u2019était la beauté, les défilés de mode\u2026 J\u2019avais trouvé une agence qui m\u2019avait appris à marcher comme un mannequin.Plus tard, j\u2019ai donné des photos à une agence, mais ça semblait être une arnaque.De toute façon, je n\u2019étais pas compétente pour faire ça.SUZANNE LEBLANC CAMELOT ONTARIO / SAINT-DENIS ET SAQ PAPINEAU / CRÉMAZIE EST Joueur professionnel À l\u2019âge de 7 ou 8 ans, je rêvais d\u2019être pompier.Le camion, l\u2019uniforme\u2026 tout m\u2019attirait là-dedans.Mais ça m\u2019a passé.Plus tard, j\u2019ai voulu être joueur de baseball professionnel.J\u2019ai essayé, mais ça n\u2019a pas fonctionné.Je jouais dans une ligue et je n\u2019étais pas juste bon, j\u2019étais.très bon ! CHRISTIAN TARTE CAMELOT JEAN COUTU 28E AVENUE / BEAUBIEN 31 Parlons de rêves\u2026 Des rêves d\u2019avenir les plus fous aux plus terre à terre, les camelots replongent dans leurs souvenirs de jeunesse. Journaliste, responsable des dossiers société Par Alexandra Guellil Sous la rosace de l\u2019église Sainte-Brigide-de- Kildare, située dans le Centre-Sud de Montréal, Renard, Karolina, Alex, Glÿ-Zonk et leurs acolytes, ont, grâce à l\u2019organisme Cirque Hors Piste, accès à un nouveau terrain de jeu.Il est 14 h, c\u2019est le temps de s\u2019asseoir en cercle pour échanger des nouvelles avant la répétition générale.Et, mesures sanitaires obligent : à chacun son tapis de sol.Après avoir discuté brièvement de sujets divers, comme la vaccination et rappelé les consignes sanitaires, les intervenants donnent la parole à Glÿ-Zonk, l\u2019un des jeunes de la cohorte.Il sort son cahier de notes parce qu\u2019il a bûché sur des questions qu\u2019il aimerait poser à ses camarades.Mélissa, son intervenante, l\u2019aide à synthétiser ses idées.« Quel est, selon vous, le contraire du feu et qu\u2019est-ce que cet élément représente pour vous ?» finit-il par demander d\u2019une voix soucieuse.Cette question sera le thème du début d\u2019atelier, celui qui permettra à certains de créer des mouvements liés et à d\u2019autres d\u2019y réfléchir.« Une des choses qui aide beaucoup Glÿ-Zonk dans la création, c\u2019est de savoir jusqu\u2019où ça ira dans les costumes », explique-t-elle.« C\u2019est une personne qui a besoin d\u2019une structure pour formuler une question, d\u2019où mon intervention, car l\u2019 idée n\u2019est pas juste d\u2019être entendu, il faut aussi se faire comprendre du groupe.» Cette façon de faire est, aux dires de Mélissa, unique à Cirque Hors Piste, car en plus d\u2019initier des jeunes à l\u2019art clownesque, il s\u2019agit aussi de poursuivre un travail plus traditionnel en intervention, souvent initié par d\u2019autres intervenants ou thérapeutes.« C\u2019est une autre vision de l\u2019 intervention sociale, détaille Mélissa.On a le privilège de voir un jeune se réaliser spontanément dans un tout autre cadre, sans que ça ne soit uniquement une question de structure organisationnelle comme lorsqu\u2019il faut créer un budget personnel par exemple.» 15 août 2021 itineraire.ca 33 Retrouver l\u2019équilibre grâce au cirque Avec la pandémie, certains jeunes se sont sentis plus isolés que d\u2019autres.Les ateliers de cirque social, initiés par l\u2019organisme Cirque Hors Piste, les aident à retrouver des repères.Jongleries et acrobaties au sol deviennent alors des outils d\u2019intervention sociale qui, alliés avec l\u2019expression artistique, leur permettent de reprendre leur place dans la société.PHOTOS PATRICK SICOTTE F E D E R C A P | F R E E P I C K 35 itineraire.ca 34 itineraire.ca 15 août 2021 15 août 2021 Le cirque social, c\u2019est donc cela : une approche pédagogique qui associe expression artistique et intervention sociale.Par le mouvement du corps, on apprend l\u2019autre en regagnant en confiance en soi et en prenant conscience de ses capacités propres et de celles de son corps.Les acrobates touchent de près à la virtuosité physique, allant du risque à l\u2019exploit, par simple plaisir de se dépasser, ensemble.« C\u2019est un safe space, un espace sécuritaire qui permet à ces jeunes d\u2019exprimer ce qu\u2019 ils sont sans se sentir jugés et dans un esprit de famille propre à l\u2019histoire du cirque », soutient Mélissa.Et, il est vrai qu\u2019en remontant le fil de l\u2019histoire, on se rend compte que le cirque a toujours été un lieu de rassemblement et de mixité sociale où le mot « communauté » prenait un sens tout particulier.C\u2019est l\u2019histoire de personnes, qui ne fittaient pas nécessairement dans une société standard, mais qui ont trouvé un moyen de se rassembler, de se valoriser autrement, et ce, malgré leurs différences, en utilisant les mouvements et leurs corps.Et, dans cette cohorte, quand on parle de marginalité, c\u2019est bien plus en termes de diversité de profils : du cégé- pien, qui a une forte conscience pour l\u2019écologie en passant par ce.tte jeune qui a une problématique de santé mentale et qui utilise ses ateliers pour briser son isolement.« C\u2019est ça Cirque Hors Piste, c\u2019est la liberté d\u2019être comme on le souhaite », ajoute fièrement l\u2019intervenante.Avant ces ateliers, Renard (photos ci-dessus) a pu intégrer le programme Cabestan proposé par l\u2019organisme ÉcoMaris.Pendant deux semaines, parti de Gaspé, il a descendu le fleuve Saint-Laurent pour remonter à Québec en voilier\u2026 le tout en faisant du cirque.« C\u2019était particulier, car sur un voilier, on a peu d\u2019espace, dit-il.Je me demande encore comment on a pu entrer à 17 dans la salle des machines alors qu\u2019on peine y entrer à deux en temps habituel.» Après des études en bio-écologie, il a rencontré un ami cascadeur qui lui a donné l\u2019envie de se lancer.Enfant, Renard chérissait le rêve de devenir clown parce qu\u2019il était maladroit.Mais c\u2019était avant de comprendre que chaque maladresse d\u2019un clown est calculée de manière très précise.Quand Renard voit des scènes d\u2019action au cinéma, il rêve de les vivre de l\u2019intérieur avec toute l\u2019intensité sous-jacente.Amateur de danse, il s\u2019exerce pour connaître les limites de son corps et de ses muscles, car avant de s\u2019amuser à jongler avec le feu, il faut connaître les limites d\u2019un mouvement pour éviter de se blesser.« Chaque jour, je découvre de nouveaux muscles ! » Le jeune homme de 25 ans aime le cirque pour tout ce qu\u2019il apprend à travers sa pratique, mais aussi pour son aspect social parce qu\u2019il est persuadé qu\u2019il n\u2019aurait jamais rencontré tous ses camarades sans ces ateliers.« Ici, chaque personne a son moment pour briller.On se permet d\u2019être soi-même, même si on n\u2019est pas à son meilleur.» Il apprécie l\u2019ouverture d\u2019esprit prôné par l\u2019organisme et l\u2019opportunité d\u2019avoir accès aux arts de la scène, lui qui a toujours dû se débrouiller au travers des campagnes de financement pour réaliser ses projets ou arrondir ses fins de mois.« Je crois sincèrement que l\u2019on est la somme des rencontres que l\u2019on fait dans notre vie.J\u2019ai de la facilité dans le domaine de la biologie, mon champs d\u2019études, mais avec le cirque, je me souviens que même si j\u2019échoue, la répétition d\u2019un mouvement me permettra de mieux l\u2019assimiler.Oui, il y a de la souffrance, des moments exigeants physiquement, mais cela me permet de mieux connaître mon corps et ses limites.» En pleine action: Glÿ-Zonk, Renard, Karolina et Alex (accroupie). Karolina (ci-dessus) a connu le Cirque Hors Piste par une amie alors qu\u2019elle se trouvait, elle aussi, sur le même voilier que Renard.Elle a souhaité continuer parce qu\u2019elle peut créer des liens avec une communauté, avoir de « bons feelings », sans se faire juger sur son allure, apparence ou ses vêtements.Originaire de la Pologne, Karolina n\u2019est arrivée que l\u2019année dernière au Québec, après avoir passé quelque temps ailleurs au pays.Elle dit aimer l\u2019ambiance de préparation d\u2019un spectacle et danser, voire improviser comme bon lui semble.« Quand je bouge mon corps comme je le veux, quand je danse, quand je suis en mouvement, je sens que je peux exprimer tout ce que je ressens.Je me sens belle et heureuse », confie-t-elle dans un français presque impeccable, fière de ses résultats acquis récemment en francisation.« Je retrouve ici une communauté, un groupe qui m\u2019accepte comme je suis.C\u2019est vraiment important d\u2019avoir une place comme celle-là, surtout en temps de pandémie ! » Le programme en sociologie qu\u2019Alex (ci-haut) avait entamé à l\u2019automne dernier était trop difficile à suivre à distance.« J\u2019ai décroché pour intégrer des activités de sports, ballet ou courses qui pouvaient m\u2019aider côté santé mentale.» Le cirque aide Alex à retrouver un sentiment d\u2019appartenance à un groupe, mais aussi à retrouver son skill de jeunesse pour le théâtre, pratique qu\u2019on retrouve aussi dans le cirque.Alex dit avoir quelques problèmes de santé mentale qu\u2019on peut assimiler à de l\u2019anxiété, de la dépression ou un déficit d\u2019attention, bien qu\u2019aucun diagnostic n\u2019ait été posé.« Le cirque, ça me permet d\u2019être moi-même, d\u2019explorer des choses sans ressentir le jugement des autres, sans avoir une vision préétablie de moi-même tout en me redécouvrant.» Pour Glÿ-Zonk, Renard, Alex ou Karolina, être en mouvement grâce à l\u2019art clownesque, c\u2019est quasiment une question de survie psychologique.La directrice générale de l\u2019organisme, Karine Lavoie a déjà affirmé en entrevue, dans d\u2019autres médias, avoir eu la crainte de perdre une partie de ces jeunes pendant la pandémie, considérée par beaucoup d\u2019intervenants de première ligne comme une période rude et un terrain fertile pour les idées noires et suicidaires.Quand L\u2019Itinéraire a rencontré ces jeunes à la fin du mois de juin, ils s\u2019entraînaient pour leur prestation de Montréal Complètement Cirque.Cette dernière s\u2019est déroulée à la mi-juillet, pendant une journée spécialement dédiée au cirque social.Les jeunes ont travaillé ensemble deux fois par semaine à créer un spectacle en explorant différentes techniques clownesques pour offrir à un réel public une performance de six minutes.36 itineraire.ca 15 août 2021 WILLIAM LAPLANTE Le problème, n\u2019en déplaise à ces lobbys, est entre leurs mains, et n\u2019est pas la responsabilité des travailleurs et travailleuses qui ne demandent qu\u2019à gagner dignement leur vie.Qui s\u2019en sort ?Pourtant, nombre d\u2019entreprises réussissent à retenir leur personnel, même dans des secteurs en difficulté.Que ce soit les commerces de vêtement, la restauration ou la transformation agroalimentaire, nous avons des champions de l\u2019embauche.Des entreprises qui ont un faible taux de roulement tout en dégageant des marges de profits intéressantes.Pourquoi ?Parce qu\u2019elles « investissent » dans la force de travail de leurs employé.e.s.Les gestionnaires de ces entreprises comprennent que prendre soin de leur monde, c\u2019est aussi important que de mettre à niveau un système informatique.Prendre soin.Ce sont les mots-clefs Une entreprise n\u2019est pas une abstraction.C\u2019est la réunion de femmes et d\u2019hommes autour d\u2019un projet commun.Si un.e gestionnaire ne comprend pas que prendre soin de son monde devrait être au cœur de son modèle d\u2019affaires, eh bien ! je l\u2019écris clairement : cette entreprise n\u2019est pas viable.Point à la ligne.Je pousse le bouchon plus loin.Il y a trop de restaurants et de commerces inutiles.Revenons à la base.La question que nous devons nous poser est très simple.Qu\u2019est-ce qu\u2019il nous faut pour être en santé et heureux ?Mille restos et des commerces qui vendent de la camelote fabriquée à l\u2019autre bout du monde par des enfants ?Je ne crois pas.Nous avons besoin d\u2019emplois bien rémunérés et qui offrent des conditions de qualité.Simple de même.On lit et on entend constamment qu\u2019il y aurait au Québec un grave problème de pénurie de main-d\u2019œuvre.Ce n\u2019est pas nouveau, la même ritournelle tourne en boucle depuis des mois.Mais avec le retour graduel à la « normale », que nous souhaitons durable après 18 mois de pandémie, c\u2019est quasiment quotidiennement qu\u2019on entend les mêmes jérémiades de la part des lobbys patronaux.À croire qu\u2019il y a péril en la demeure.Or, c\u2019est faux.Il y a actuellement environ 300 000 personnes au chômage au Québec.Être au chômage, ce n\u2019est pas bénéficier de l\u2019assurance-emploi, c\u2019est plutôt être sans emploi, être disponible pour en occuper un et en chercher un activement.Parallèlement, il y a autour de 150 000 postes disponibles présentement.Oui, on a du mal à combler ces emplois, alors qu\u2019il y aurait deux fois plus de personnes disponibles.Pourquoi ces postes n\u2019ont-ils pas trouvé preneurs ?C\u2019est quoi le problème ?Dans l\u2019écrasante majorité des cas de figure, il n\u2019y a pas de pénurie de main-d\u2019œuvre au Québec, il y a, plutôt, une surabondance de jobs cheap.Le Québec s\u2019est en partie bâti sur l\u2019agriculture.Nous avons toutes et tous ces images d\u2019Épinal du fermier au champ, nourrissant la population.Pourtant, depuis de nombreuses années, nous devons avoir recours aux travailleurs saisonniers venus du Guatemala, du Mexique ou d\u2019ailleurs, parce que nous, Québécois, refusons d\u2019occuper ces emplois.Faut le faire, hein ! Les patrons qui n\u2019arrivent pas à combler les postes qu\u2019ils cherchent à pourvoir offrent des salaires et des conditions de travail médiocres, point.Qui voudrait s\u2019éreinter en cuisine, sur le plancher d\u2019un resto ou en usine au salaire minimum et sans considération pour son apport à l\u2019entreprise qui engrange des profits ?Personne, si on a la possibilité de trouver mieux ailleurs \u2014 ou, même, si on croit que cela serait possible.Abondance de jobs cheap ?n° 153 ?ÉCONOMISTE INDÉPENDANT P U B L I C I T É 39 itineraire.ca 15 août 2021 Toutes isles D\u2019abord publié en 1963, Toutes isles sera réédité en 1967.La dernière version 2021 dont je vous parle ici est celle sur laquelle le cinéaste Pierre Perrault a travaillé à la fin de sa vie et qu\u2019il voulait définitive.Quelle découverte ! Je connaissais déjà Pierre Perrault ; surtout par son documentaire poétique sur les habitants de l\u2019Isle-aux-Coudres : Pour la suite du monde.Mais je ne connaissais pas les nombreux écrits du talentueux auteur dont trois d\u2019entre eux ont obtenu le Prix littéraire du Gouverneur général dans les catégories poésie, théâtre et essai.C\u2019est lors d\u2019une recherche sur les grands fleuves de France que Perrault découvrira tout un vocabulaire lié à ces cours d\u2019eau et aux gens qui vivent à proximité.Il constatera par là même qu\u2019il n\u2019en existe pas pour notre fleuve Saint-Laurent.Il partira alors à la découverte des régions du Québec, dont la Côte-Nord.Entiché de Jacques Cartier dont les récits de voyages le passionnent, il fait la connaissance de tout un vocabulaire vernaculaire dont il émaille ses textes en langue du temps et, au bénéfice des lecteurs, intègre à son livre un glossaire.Cet ouvrage est un recueil de récits en prose, poétiques, dans lequel l\u2019auteur nous transporte aux îles de Blanc-Sablon à Sept-Îles, son coin de pays que Jacques Cartier avait nommées Toutes isles dans ses récits de voyage ; titre que Perrault retiendra.Il nous parle des pêcheurs de Tête-à-la-Baleine, des chasseurs de loups-marins de l\u2019Anse-Tabatière, des Innus, accompagné de Blanchon, le dauphin blanc qui lui « offre de chevaucher avec lui les astrolabes, de dérider les portulans ».Dans une entrevue diffusée à Bonjour la Côte le 18 juin dernier, Mathieu Perrault, le fils du cinéaste, responsable de la parution de cette nouvelle version de l\u2019œuvre, dira qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une quête de l\u2019oralité des gens de la Côte- Nord, de leur parlure, comme dirait Vigneault.C\u2019est aussi une œuvre de mots, d\u2019images, de sons et de lumière, dont voici le premier paragraphe : « Bien trop vaste pour un seul homme, la mer, sur une grève de joncs par-ci, d\u2019ardoise par-là, se roulait jusqu\u2019aux ongles de la montagne ; comment résister à la mer qui coule dans mes veines, se croyant infinie.» Toutes isles est un livre de voyages, de déplacements, de rencontres considéré par beaucoup comme l\u2019un des plus importants de son œuvre.Mais ce qui nous gagne, c\u2019est la description qu\u2019il fait de ce qu\u2019il voit, tellement précise qu\u2019elle déclenche des émotions qui ne cherchent qu\u2019à vivre.Vous me demandez si j\u2019ai aimé ?Non, j\u2019ai adoré ! Toutes Isles Pierre Perrault, éd.rev.et augm.Lux Éditeur, 2021, 232 pages L\u2019immense Pierre Perrault Pierre Perrault, réalisateur, poète et écrivain, est né à Montréal en 1929 et y est décédé en 1999.Il est l\u2019un des plus grands artistes québécois, mais aussi un homme de lettres et l\u2019un des plus importants cinéastes canadiens.Perrault était un jeune homme rebelle qui, selon ses propres mots, était « allergique à l\u2019autorité ».Après un parcours d\u2019études en droit, il commencera une carrière d\u2019avocat qu\u2019il quittera pour se mettre à écrire des scénarios pour Radio-Canada.Avec Michel Brault, il réalisera Pour la suite du monde (1963), un classique du cinéma direct.Il travaillera par la suite à Radio-Canada où il fera toute sa carrière jusqu\u2019à ce qu\u2019il accepte le poste de directeur de l\u2019ONF en 1965, jusqu\u2019en 1996.Ses écrits, qu\u2019il décrit lui-même comme « un inventaire de la parole, cette littérature des pauvres », sont principalement des adaptations de ses émissions radiophoniques.Toutes isles, chroniques de terre et de mer (1963) regroupe des poèmes en prose tirés de films.Il obtiendra tout au long de sa carrière de nombreuses distinctions, dont le Prix Ludger-Duvernay pour l\u2019ensemble de son œuvre littéraire, plusieurs doctorats honorifiques et sera fait membre de l\u2019Ordre national du Québec en 1998, un an avant sa mort.Là où je me terre Caroline Dawson Éd.Remue-Ménage, 2021, 208 pages par Roger Perreault Camelot Rachelle-Béry Fleury / Péloquin et SAQ Lajeunesse / Jarry Olivia vendetta Hugo Meunier Éd.Stanké, 2021, 256 pages Olivia renoue, lors d\u2019une rencontre d\u2019anciens finissants du secondaire, avec de douloureux souvenirs.Toutefois, cette réunion à saveur nostalgique n\u2019est qu\u2019un prétexte pour régler des comptes et mettre à exécution un plan mûrement réfléchi.Un roman où s\u2019entremêlent la violence de l\u2019adolescence, l\u2019histoire d\u2019un voyage initiatique et le récit d\u2019une vengeance, avec les hits des années 1990 comme trame sonore.L\u2019auteure raconte sa fuite du Chili de Pinochet à l\u2019âge de 7 ans et son arrivée au Québec dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve de Montréal, de la discrimination qu\u2019elle a endurée.Ce livre est fait de courts chapitres, tous initiés par une référence culturelle au Québec via un titre de chanson, de film ou d\u2019émission de télé.Il traite de hiérarchie, d\u2019inégalités sociales, de domination mais aussi des possibilités de changer les choses.Ce polar se passe dans le haut du Lac-Saint-Jean dans le milieu du crime organisé.Venu du vieux continent, l\u2019auteur manie notre joual de façon magistrale, ce qui nous fait vite oublier ses origines.D\u2019un humour souvent grinçant, léger mais non sans contenu, il contient notamment de très riches descriptions de la nature de cette région.Merci à la coopérative des Librairies indépendantes du Québec pour sa participation à la réalisation de cette chronique.Les cowboys sont fatigués Julien Gravelle Éd.Leméac, 2021, 186 pages itineraire.ca 15 août 2021 40 M A T H I E U P E R R A U L T Humoriste Marie-Ève Saucier Vendredi 16 juillet, 15 h 23.La majorité des gens de mon âge sont au bureau, à la fois absorbés par leur travail et excités à l\u2019approche de la fin de semaine.Dans moins de deux heures, ils monteront dans leur voiture qu\u2019ils conduiront jusqu\u2019à leur maison pour passer deux belles journées en famille.Ils ont déjà fait leur rapport d\u2019impôt, leur paiement d\u2019assurances est à jour et ils sont super contents de se coucher tôt pour être en forme pour leur brunch de demain avec un autre maudit couple nommé Julie et Éric.Pourquoi ça me fait me sentir poche ?Ces gens-là ne me jugent pas.Ils ne savent pas que j\u2019existe.Ils ne me voient pas en ce vendredi 16 juillet, 15 h 23, assise devant l\u2019ordi du salon de mon quatre et demi ; écrivant cet article dans mon vieux chandail qui pue.C\u2019est cliché, mais j\u2019ai l\u2019impression que la société fait en sorte que je me juge moi-même.J\u2019ai 41 ans.Deux enfants, deux chats, un cochon et un conjoint.J\u2019ai trois diplômes : mon DES, un AEC de l\u2019ÉNH* et un diplôme de participation pour un cours de yoga tantrique ben trop louche pour l\u2019ajouter à mon CV.Je n\u2019ai pas beaucoup de contrats, alors je suis une maman à la maison qui dit aux autres mamans à la maison qu\u2019elle a beaucoup de contrats.Juste pour faire croire qu\u2019elle est « plus » qu\u2019une maman à la maison.Parce qu\u2019elle est une maman.Dans les parcs, devant l\u2019école et dans les partys, « Qu\u2019est-ce que tu fais dans la vie ?» est dans le top 3 des questions posées par le monde qu\u2019on connaît pas.Sans vouloir enlever quoi que ce soit aux mères à la maison, c\u2019est une carrière qui alimente plus ou moins les conversations.Mais si tu dis que tu es actrice-rockeuse-haltérophile, prépare-toi à devenir la grosse reine du bal, madame ! C\u2019est si cave.Être mère à la maison, c\u2019est la job la plus chill du monde.Tu te lèves, tu te penses bonne parce que t\u2019es prête à partir avant tes enfants en bas âge, tu les déposes à l\u2019école en refusant les invitations des autres mères pour un power walk sous prétexte que t\u2019as trop de contrats pis tu rentres à la maison avec un sentiment de devoir accompli.Que tu aies oublié de mettre un pantalon ou pas.Je ne suis pas comme la plupart des parents, car une partie de mon cerveau m\u2019a empêchée de vieillir.J\u2019ai un compte TikTok, t\u2019sais.J\u2019ai donc demandé aux deux personnes que je connais, qui sont aussi matures que moi, de me guider vers un nouveau choix de carrière.J\u2019ai demandé à mes enfants de me dire ce que, selon eux, j\u2019aurais pu faire dans la vie.Mon fils Albert, 6 ans, m\u2019a dit que j\u2019aurais pu être\u2026 « Coach des adultes, coach des enfants, joueuse ou gardienne pour les aider à poursuivre leur rêve qu\u2019 ils ont voulu avoir et qu\u2019 ils avaient voulu tous les jours : gagner la Coupe Stanley.Donner les médicaments aux animaux pour survivre et qu\u2019 ils suivent leur vie avec leurs parents parce qu\u2019 ils ont un père et une mère.Ou à la fourrière pour aider les animaux parce que tu aimes les animaux.Mais surtout joueuse de hockey, parce que tu plaquerais tout le monde et j\u2019aimerais te voir avoir des pénalités parce que ça te pratique pour nous protéger.» Mon fils a le hockey dans le cœur.Je ne peux pas en dire autant à propos de ma fille parfaite de 9 ans, Livia, vis-à-vis le féminisme.« Tu pourrais être coiffeuse, car tu aimes jouer dans les cheveux et faire les cheveux.Ou aide-vétérinaire, parce que tu aimes les animaux, mais pas vétérinaire parce que tu n\u2019aimes pas voir les animaux souffrir.Ou monitrice, parce que tu aimes les enfants.Ou gardienne.Parce que (surprise !) : tu aimes les enfants.Oh, et aussi cuisinière, parce que tu es bonne pour la cuisine.» J\u2019ai beau essayer, mais après avoir entendu mes enfants dire quoi que ce soit, je suis incapable de me sentir poche.Ils sont honnêtes, empreints d\u2019amour et surtout, heureux.Je l\u2019ai, cet emploi parfait.Et je suis pas mal bonne.Vendredi 16 juillet, 15 h 23 : je me sens accomplie.* École nationale de l\u2019humour Vendredi 16 juillet, 15 h 23 Par Namron Camelot PJC boul.Monk / Pharmaprix Outremont normartmusic@yahoo.ca 43 itineraire.ca 15 août 2021 publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo ?Bonne chance ! DANNY H | PIXABAY 7 8 5 9 4 1 6 7 5 5 3 6 5 4 7 2 4 9 5 2 9 4 7 8 2 6 2 3 1 4 4 8 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Ancienne ville d\u2019Arménie Colorât Célébrée Relative à un élément constitutif Député Consolident Pays d\u2019Europe Année Goujaterie Portance Et le reste Bondissant Hermétique Formulée Holà Peuple du Gabon Classe Plomb Mois Puis Sorti Titre d\u2019une monnaie Terre entourée d\u2019eau Morceau M Largeur Iridium Fleuve de Sibérie Page Dans le coup horizontalement 1.Gavés.2.Qui n'a qu'une loge.3.Attitré.- Art oratoire.4.À la mode.- Ère.- Rattache.5.Conjonction.- Fade.- A remporté ses élections.6.Avant-midi.- Est.- Lawrencium.7.Tente.- Paisibles.8.Feras étalage de manières fanfaronnes.9.Do.- Saison.- Radon.10.Ruminaient.verticalement 1.Muscle de l'avant-bras.2.Partisan d'une doctrine littéraire d'après laquelle le créateur doit exprimer des états d'âme collectifs.3.Rite.- Plomb.4.Incertains.5.Raser.- Enleva.6.Qui présentent une jaunisse.7.Transformation.- Récent.8.Article étranger.- Abjurera.9.Foutu.- Flétri.10.Sépare les parties ligneuses du lin.- À toi.11.Injectés de sang.12.Propagateurs.- Note.En Galles Ronchonnèrent Exclamation Arbres Bat au vent Thymus Danse espagnole Endoctrinement Insipide Électron Truffe Note Tiras au sort Ablation Lawrencium Lux Rez-de- chaussée d\u2019un théâtre Vrai Préposition Travailleur social Mesure itinéraire Id-est Vesse Peuple Ici Taches arrondies Élément Ridelle Souverains F R H D N U I T E R E O C E L L E S I L P E L B E T S E I R T E R E F S A F D E R I S S A N S L X N E G T A O N A H B A E N R A I P G E S A E A P R T R E R E 5 7 2 4 9 2 4 7 3 1 5 6 8 6 3 1 5 4 8 7 9 2 7 8 5 6 9 2 1 4 3 2 7 9 4 8 6 3 1 5 8 1 6 3 5 9 2 7 4 4 5 3 2 1 7 6 8 9 3 6 8 9 7 5 4 2 1 1 4 2 8 6 3 9 5 7 5 9 7 1 2 4 8 3 6 - 1er août 2021 Merci pour tout ! Milton Fernandes détente DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Ll al Fata NES, I F A \"é \u2014 {| of - em | à \u2014 merle \"> 5 wa Li 7 Fe | gts \u201c= med, ha oh Lan AL 2e 7, ch lui TI TU Sm ie .ahd Ti 31 ko Ang fon pd = k A ce sé, ri oT id ed oy ca 5 Er Le a = - + 4\" 24 ke Fr, ps PTE J Le Ex a 5 ak >} pour la vie montréa | + ; 7 = fhe = Fa} ne se PI\u201d ; y pa - = \u201d \\ ni 5 y a rs = Ton À ë Fi JL {a NN espa \" 2 3 3 Ji a\" RB J HES À fn 4 hE: wh ï 7 Ca a Ace : +, 1 > F3 «ih ah ot ak J A + 1 P RAY od de Tot Aula i 213 À hg ht Fr.Te Ted EE Nit _ Æ » Fv 4 Lh te LC « * CB + ; - 3 es 3 Pl te (CE 1 EF, L £h Oink ny Ba WL = > y oy LE eu; tx 4 C * À at i Pa vf > Ij oo vtr & gr = {Ses \u201cab 5 \u2018TN 1 vw\" : a Fy 3.7 wr\u201d = J i = y de À 4 L+ - xl 7 2 kr od ! 4 os I * : 1 + ul Québec \u2019 = ; 3 mb = p ; ; Ë Ph Litem te, a PY La 5 \u2018 Ÿ RESERVEZ EN LIGNE x Ge mme iW 4 } ; b - > A 1 ve Ay À aL 3 FR Et >, i Ow) uf; oo le 3 rt 2 .; 3 | fu ed A ean he ar: No BM Cm Sip) | Environment and Climate Change Canada \u201c| Eu £m y= }a de = Le Sm apt iq Wr = 2 Tend A ab : FD 4 bu Le .\u201cpak Jo yo Fr Ya ' PE pt 5 de.oe EA 170 [> er Fa a wy) x + me 4 fr | LS |! a TIT.To £ ul 4 Environnement et Changement climatique Canada uf ral) ~ > % ~ BR a Ty =\" sl È A i | Fe gm AFF à pi get A SE =f cf \u2014 # AP n dé.- Ay a 2 \u201c5 or He Ld al 7 ty } wp = A er Ye - dr, or ve sw H "]
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