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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
vendredi 1 avril 2022
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2022, Collections de BAnQ.

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[" PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Volume XXIX, n?07 Montréal, 1er avril 2022 L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Pour Jean-François, c\u2019est un retour au travail comme camelot suivant une absence de trois ans.Après 14 ans sans arrêt, il a dû s\u2019interrompre à cause de problèmes de santé.Son retour se déroule bien.« Ça fait trois mois que j\u2019ai recommencé.Tout se passe très bien.Les gens m\u2019ont tout de suite bien accueilli.Les employés du marché Metro sont vraiment gentils avec moi.» Jean-François souffre de troubles musculo-squelettiques.Des douleurs se manifestent au niveau du thorax, surtout au réveil.C\u2019est pourquoi il a dû quitter son poste de camelot qu\u2019il aimait beaucoup.De plus, il éprouve parfois des troubles psychosomatiques qui amplifient ses douleurs physiques.Ces troubles arrivent de temps en temps selon son humeur.Quand ça ne va pas émotionnellement, cela se ressent dans son corps.Ces épisodes sont très incapacitants ; il doit alors tout arrêter et se reposer.Il arrive à son point de vente vers 13 h et travaille deux heures, trois à cinq jours par semaine.« C\u2019est ce que je suis capable de faire selon ma santé.» Ce que Jean-François apprécie le plus est le côté social du travail de camelot.« J\u2019aime le contact avec les gens et quand ils m\u2019achètent mon petit journal, je leur dis qu\u2019ils vont certainement aimer ce numéro, dit-il, et le travail de camelot me permet d\u2019avoir un peu plus d\u2019argent chaque mois.» Ce petit supplément lui permet d\u2019ailleurs d\u2019acheter des composantes pour le montage de circuits électroniques qu\u2019il fait comme loisir.Malgré ses problèmes de santé, Jean-François puise son énergie dans deux sources.Tout d\u2019abord, la musique.Comme il le dit si bien lui-même : Sa deuxième source est sa foi chrétienne.Il assiste régulièrement à la messe et la lecture de textes religieux, comme la Bible, lui permettent de développer sa spiritualité.Il croit en la vie et à la providence.Malgré la maladie ou la précarité, il faut s\u2019abandonner et faire confiance, pense-t-il.« Dieu nous anime.Chaque personne a un rôle dans la société.Tout se tient.Que l\u2019on soit médecin, travailleur de rue, camelot, pharmacien.Chacun a son poste et Dieu lie tout ça harmonieusement.» Et c\u2019est pourquoi Jean-François accueille toujours avec douceur et calme tous ses clients au marché Metro ! « La musique guérit l\u2019âme » Elle lui permet de s\u2019évader.Ses goûts sont très variés : pop, rock, jazz et il s\u2019intéresse de plus en plus à la musique classique.Bien qu\u2019il écoute sa musique sur toutes sortes de plateformes, mais ce sont les vinyles qu\u2019il préfère.Il est particulièrement attiré par les belles pochettes de musique classique.Camelot n° 1972 \u2022 Âge 52 ans Point de vente Marché Metro André-Grasset Jean-François Dagenais Par Jean Talbot ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 222 Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépot RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - Journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Composition de La Une CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire ISABELLE LACHARITÉ et MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenantes psychosociaux DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du Service alimentaire MAUD THIMON Cuisinière et adjointe à la formation PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets ELIZABETH MURPHY Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Intervenante à la formation et à l'accompagnement CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERREAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire - Représentant des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et JEAN TALBOT Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision Une erreur s\u2019est produite dans la chronique Mieux vaut en lire de la dernière édition du 15 mars : La description du livre L\u2019homme aux chats de Michèle Ouimet n\u2019est pas la bonne.On aurait du lire : L\u2019ancienne journaliste de La Presse bien connue frappe un grand coup avec son dernier roman.L\u2019histoire porte sur la peur qui enveloppe Montréal alors que sévit un tueur en série au rituel particulièrement morbide.Le roman traite de la relation qu\u2019entretient un patron de presse centré sur le pouvoir et sa collaboratrice, journaliste assez prompte.Cette relation fera naître des émotions surprenantes.Un roman mordant et accrocheur.Nous nous reprendrons dans la prochaine chronique avec la version corrigée.Toutes nos excuses à l\u2019auteure ! Erratum IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) La photo est bouleversante : une vue aérienne du Théâtre dramatique de Marioupol, où un millier de personnes avaient trouvé refuge, montre le mot ENFANTS écrit en grosses lettres cyrilliques blanches autour de l\u2019édifice pour implorer les Russes de ne pas le bombarder.Ils l\u2019ont fait quand même.Au moment d\u2019écrire ces lignes, le bilan des morts était encore incertain.Mais une centaine de personnes ont pu être extirpées vivantes des décombres.Cette invasion insensée fait peur au monde entier.Mais on ne peut que deviner la terreur et l\u2019angoisse que vivent les Ukrainiens tous les jours.Je suis entrée en contact avec mon collègue, le journaliste indépendant Christopher Curtis par vidéo Messenger à la mi-mars.Il s\u2019apprêtait à revenir au Québec après une dizaine de jours en Pologne et en Ukraine.Lorsque je l\u2019ai joint, il était étendu sur le lit de la petite chambre qu\u2019il avait loué en Pologne, l\u2019air fourbu, mais content de me parler.- Je ne te garderai pas trop longtemps, tu as l\u2019air épuisé.- Non, en fait c\u2019est une bonne journée.J\u2019ai pu dormir.Et demain j\u2019entreprends le voyage pour rentrer à la maison.- Comment s\u2019est passé ton périple ?- Ç\u2019a été un voyage extraordinaire, mais tellement épuisant, parce que ton cerveau est toujours en alerte : souviens-toi de ceci, n\u2019oublie pas cela\u2026 Et puis, tu essayes de communiquer dans une langue que tu ne connais pas.Une chance que j\u2019avais mon interprète Dan, avec moi presque tout le temps.- Tu étais à Lviv, décris-moi ce qui s\u2019y passe.- On était en relative sécurité, mais il y a eu un raid aérien dans une ville à l\u2019est d\u2019 ici.L\u2019aéroport a été frappé, on entend les sirènes\u2026 Apparemment, il y a eu des tentatives d\u2019 interception des missiles, mais c\u2019est difficile de savoir quoi croire en temps de guerre.Il y a des postes de contrôle partout.Il y a un couvre-feu.La vente d\u2019alcool est interdite.On n\u2019y voit pas de soldats russes, bien qu\u2019on aperçoit des tanks en périphérie.- Comment les Ukrainiens vivent-ils la situation ?- Les gens sont habitués à la tension.Ils s\u2019attendaient à ça de la part de Poutine qui a interféré deux fois dans les élections, et ils ont connu la guerre quand la Russie a pris la Crimée, il y a huit ans.Ils sont désensibilisés je dirais.Mais personne ne s\u2019attendait à une invasion de la sorte.Il y a beaucoup de paranoïa dans l\u2019air.Les gens sont gentils, mais ils se méfient des personnes qu\u2019 ils ne connaissent pas.Et oui, ils ont vraiment peur.Pour l\u2019amour des ?1er avril 2022 Volume XXIX, no 07 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Suite en page 24 C A R L A B R A G A 12 26 3 Mots de camelots 3 Zoom sur Jean-François Dagenais 9 Suzanne Leblanc 9 Christian Tarte 9 Anne-Marie 25 Benoît Chartier 25 Daniel Grady 25 Sylvie Houle A N D R E A N N E G A U T H I E R 8  BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 10  Dans l\u2019actualité Crise climatique : les villes doivent s\u2019adapter Simon Bolduc 26  Culture Humour engagé Quand le rire fait réfléchir Karine Bénézet 34  Dans la tête des camelots Quel est votre type d\u2019humour ?36  Conversation Grandeur et misère d\u2019un spot de vente Manon Fortier et Maxime Valcourt 38  En toute liberté Comment on fait pour se réveiller ?Mathieu Thériault 40  Espace sciences Yves Grégoire 42  BD Siou 43  C\u2019t\u2019encore drôle Christian Vanasse 44  Détente 12 Alexandra Guellil À la Une Le 24 février, le président russe Vladimir Poutine a lancé une offensive militaire contre l\u2019Ukraine.L\u2019Itinéraire tente de prendre un pas de recul et s\u2019intéresse aux premières conséquences de cette guerre.Membre du Réseau international des journaux de rue (INSP), on vous raconte comment les plus marginalisés sont pris en charge par des organismes d\u2019aide humanitaire.En plus de ces témoignages, nous livrons ceux de Montréalais impliqués dans le conflit tout en ouvrant une fenêtre de réflexion sur la couverture médiatique.C A R L A B R A G A 1er avril 2022 Volume XXIX, no 07 20 camelots ont participé à cette édition E V A N B U H L E R | R E U T E R S SUZANNE LEBLANC CAMELOT SAINT-DENIS / ONTARIO ET SAQ PAPINEAU / CRÉMAZIE Testament Le matin on se réveille, on respire, c\u2019est un cadeau.On fait notre petit train-train de la journée, on respire encore.Le soir, on se couche et on respire\u2026 encore.Le respir est ta vie.La journée où tu ne respires plus, tu es mort et tu laisses tes proches dans le deuil.Le deuil c\u2019est pour les personnes qui restent sur terre.Si tu n\u2019as pas fait la paix avec toi-même, avec ta famille, avec tes amis, comment veux-tu partir l\u2019esprit tranquille ?Les gens qui restent vont toujours se souvenir de toi.Mais toi, que laisses-tu en héritage ?La haine, la frustration ?Ou la joie, la bonté ?Quand tu vas savoir que c\u2019est la fin, que tu es malade et que tu dois partir de ce monde merveilleux, tu te dois de remercier la vie pour tout ce qu\u2019elle t\u2019a donné.Il n\u2019y a pas que les mauvaises choses, il y a les belles aussi ! Si tu aimes la vie, tu vas bien partir.Si la colère te poursuit, elle va rester là après ton départ.Avant ton dernier souffle, pardonne-toi, fais la paix avec les autres.Avant mon dernier soupir, je souhaite laisser ma vie telle qu\u2019elle m\u2019a été donnée à ma naissance : pure et nette.Mon testament à moi, c\u2019est pas l\u2019argent que je vais laisser.C\u2019est l\u2019amour que j\u2019ai donné, c\u2019est me pardonner et c\u2019est faire la paix autour de moi.Là est mon testament, dans la joie ! Ceci est ma dernière volonté.Je connais tellement de gens qui sont partis sans dire adieu.Même si tu ne sais pas quand ton heure va sonner, fais en sorte de la vivre comme si c\u2019était la dernière.En conséquence, à tous les jours, dis merci à la vie et aime les gens comme tu aimerais être aimé.On n\u2019a qu\u2019une seule vie et c\u2019est notre seule chance.ANNE-MARIE CAMELOT FABRE / MONT-ROYAL Le chant C\u2019est à l\u2019adolescence que j\u2019ai commencé à chanter.Au début, je chantais dans ma douche, comme la plupart des gens.Puis j\u2019ai fait partie de la chorale Le chant du cœur.Nous avions donné un spectacle devant environ 250 personnes dans Hochelaga-Maisonneuve.La mère de mon amoureux m\u2019encourage en me disant que je chante bien.Mais à cause de mon anxiété, ça me rend nerveuse de chanter devant des gens.Je ne suis sûrement pas la seule, car même les grandes chanteuses disent qu\u2019elles ont le trac avant un spectacle.L\u2019une de mes préférées, Ginette Reno, en a déjà parlé.Être chanteuse est mon plus grand rêve.C\u2019est un métier difficile et il n\u2019y en a pas beaucoup qui percent.Il existe une compétition féroce entre ceux et celles qui veulent être reconnus.Pour réaliser mon ambition, j\u2019aurais besoin de rencontrer des gens du métier.Mes chansons préférées sont québécoises, comme Chats sauvages et Provocante de Marjo, Pleurs dans la pluie de Mario Pelchat et Au nom de la raison de Laurence Jalbert.Pour moi, Céline Dion est la plus grande chanteuse au monde.Elle possède une voix tellement puissante ! Quand je l\u2019écoute, ça me rend heureuse et elle me fait du bien.Je suis consciente que je ne réaliserai peut-être pas mon rêve.Je n\u2019ai jamais suivi de cours.J\u2019ai une belle voix, mais il faudrait la travailler pour la développer au maximum.Pour ça, j\u2019aurais besoin d\u2019aide, mais je ne sais pas à qui m\u2019adresser.En attendant, ça me fait plaisir de parler de ma passion.Je reste positive et optimiste et je continue à croire en mon rêve.Beatles ou Rolling Stones Deux grands groupes de musique diamétralement opposés, mais tout aussi talentueux.D\u2019un côté Lennon / McCartney, de l\u2019autre Jagger / Richards.Votre choix vaut le mien.Personnellement je préfère, et de loin, les Rolling Stones, surtout pour leur son tellement différent des autres groupes de rock et évidemment les riffs de Keith Richards.Et pourtant, ce sont les Beatles qui ont produit les meilleurs albums selon moi.Par contre les Stones ont produit de bien meilleures chansons, plus rythmées, plus endiablées, plus politiquement incorrectes.Je dirais que la plus grande différence entre les deux bands est que les Beatles étaient meilleurs en studio qu\u2019en spectacle, tandis que les Stones, avec Mick Jagger en tête, étaient et sont toujours de vraies bêtes de scène.D\u2019ailleurs en 2022 les papis du rock célèbrent le 60e anniversaire de leur fondation.Il faut le faire ! J\u2019ai aussi bien aimé les Beatles à partir de leur album Revolver, parce qu\u2019avant ça je trouvais leurs chansons un peu cucul.Dommage par contre que ça se soit terminé platement en 1970.J\u2019aurais bien apprécié de les voir continuer, parce qu\u2019on va se le dire, tout a fini bêtement alors qu\u2019ils étaient au sommet de leur art.Vraiment triste.CHRISTIAN TARTE CAMELOT PHARMACIE JEAN-COUTU 28E AVENUE / BEAUBIEN 9 itineraire.ca 1er avril 2022 Dans son sixième rapport d\u2019évaluation publié en mars dernier, le Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur l\u2019évolution du climat (GIEC) dresse un bilan alarmant des impacts de la crise climatique.Alimentation, santé populationnelle, crise géopolitique et démographique, extinctions fauniques et de milieux naturels, tout y passe.Et les défis d\u2019adaptation qui attendent l\u2019humanité sont incommensurables.En 2015, les cibles visées par l\u2019Accord de Paris fixaient une limite de réchauffement de la température globale à 1,5 degrés.Les plus récentes prédictions du GIEC pointent plutôt vers un réchauffement qui oscillerait entre 2,5 et 3,5 degrés, et ce, conditionnellement au respect des engagements des 195 pays ayant ratifié l\u2019Accord.La solution ?Évidemment, les villes doivent et devront s\u2019adapter aux effets des changements climatiques.Les solutions émises par les différents experts sont unanimes sur un point : la nature doit regagner du terrain.En ce sens, à quoi pourrait ressembler Montréal dans un futur proche ?Le transport Selon une récente étude de Polytechnique Montréal, la ville dédie 78 % de ses infrastructures à l\u2019automobile.Jean-François Boisvert, président de la Coalition Climat Montréal, estime qu\u2019il faut réduire ce pourcentage en augmentant radicalement l\u2019offre de transport actif et collectif.Si la voiture électrique devenait la règle, ce ne serait toutefois pas une solution adaptée pérenne.« On mise beaucoup sur l\u2019électrification et la car- boneutralité d\u2019ici 2030.C\u2019est une bonne chose.Il faut que ce soit fait le plus rapidement possible.Mais si on a autant d\u2019autos, on va être dans le même problème, nuance M.Hébert.Aussi, il y a un impact écologique à construire un véhicule.La chaîne de production n\u2019est pas carboneutre de A à Z, elle.Ce qu\u2019on préconise, c\u2019est non seulement d\u2019électrifier, mais aussi de réduire significativement la taille du parc automobile.» Rappelons qu\u2019au Québec, le transport est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES).Ces infrastructures bétonnées devront disparaître en grande partie pour laisser place à davantage de surfaces végétales.Plus d\u2019arbres, moins d\u2019îlots de chaleur.Défi de taille, certes, mais Montréal peut se réjouir d\u2019avoir une administration qui travaille en ce sens, selon le président de Coalition Montréal.« Ça ne se fait pas vite, parce que c\u2019est de la politique, mais la Ville a beaucoup fait pour le réseau cyclable depuis que l\u2019équipe de Valérie Plante est là.Et j\u2019espère qu\u2019on réussira à réduire l\u2019espace des routes rapidement parce que depuis 10 ans, le parc automobile grossit deux fois plus vite que la population dans la grande région de Montréal », s\u2019inquiète Jean-François Boisvert.S\u2019alimenter local Selon M.Boisvert, de 60 % à 80 % de nos aliments proviennent de l\u2019extérieur du Québec, principalement des États-Unis.Avec la pandémie, et plus récemment la guerre en Ukraine, il est évident que la mécanique de l\u2019approvisionnement alimentaire s\u2019est métamorphosée, et deviendra davantage locale, croit-il.Si les toits verts ont la cote dans l\u2019architecture contemporaine, il faut être dans l\u2019optique de la production alimentaire, plutôt que dans l\u2019image de marque.Augmenter le couvert végétal et développer davantage l\u2019agriculture urbaine, c\u2019est un virage que nous devons prendre et qui changera le visage de Montréal.« On [Montréal] a beaucoup de jardins collectifs et communautaires.C\u2019est une façon d\u2019accroître la résilience.Le plus important, c\u2019est d\u2019être dans l\u2019optique de production et non pas de greenwashing », met en garde M.Boisvert.Les projets de serres urbaines, à l\u2019image des Fermes LUFA, devraient s\u2019accroître dans les prochaines années pour devenir une norme plus qu\u2019une exception, croit-il.Densité À quoi ressemblera le centre-ville de demain ?Il ne reviendra pas dans sa version prépandémique, mais ne disparaîtra pas pour autant.« La COVID a apporté du changement dans les habitudes par le télétravail, qui est là pour rester.Les tours à bureaux vont probablement changer de vocation.D\u2019ailleurs, quelques-unes ont déjà commencé à être transformées en immeuble d\u2019habitations.On va voir plus de logements dans les quartiers centraux puisqu\u2019il faut densifier la ville », explique M.Boisvert.Cette densification s\u2019avère nécessaire, d\u2019autant plus que l\u2019étalement urbain a un impact sur la consommation d\u2019énergie et des ressources.Réduire l\u2019utilisation de la voiture et préserver les terres agricoles environnantes, c\u2019est ce que la densification urbaine vise.« Ça fait 50 ans qu\u2019on étale la ville.Il faut freiner ça pour réduire l\u2019utilisation de la voiture.Pour préserver les terres aussi.Quand on étale, on creuse évidemment dans les terres agricoles qui s\u2019éloignent toujours plus des villes », lance-t-il.Quelques faits Selon Ouranos, consortium sur la climatologie régionale et l\u2019adaptation aux changements climatiques, en 2060, il faudra prévoir environ 60 jours où il fera entre 30?et 32?C.Actuellement, on compte en moyenne 20 jours de canicule par année.La température à Montréal augmenterait de 4,1?C.Crise climatique : les villes doivent s\u2019adapter Simon Bolduc Président de la Coalition Climat Montréal Jean-François Boisvert «?On [Montréal] a beaucoup de jardins collectifs et communautaires.C\u2019est une façon d\u2019accroître la résilience.Le plus important, c\u2019est d'être dans l'optique de production et non pas de greenwashing.?» - Jean-François Boisvert Coalition Climat Montréal L E T O I T V E R T D E L A C U I S I N E C O L L E C T I V E H M 11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 Dès le 21 février, le président russe Vladimir Poutine annonce qu\u2019il enverrait des troupes dans les régions de Donetsk et de Lougansk, après avoir signé un traité reconnaissant leur indépendance.C\u2019est le dernier chapitre d\u2019un conflit qui remonte au moins à 2014, lorsque la Russie a pris le contrôle du territoire ukrainien de la Crimée et a soutenu les forces séparatistes pro-russes dans ces régions du Donbass.La suite, on la connaît : invasion de l\u2019Ukraine, exode de plusieurs millions de personnes vers les pays frontaliers, sanctions internationales venant des gouvernements ou d\u2019entreprises, négociations diplomatiques qui n\u2019en finissent plus.Tout cela sert de réponse aux agissements d\u2019un chef d\u2019État de l\u2019une des plus grandes puissances mondiales qui brandit une nouvelle fois la menace nucléaire.Le 24 février, Vladimir Poutine annonce une « opération militaire spéciale » dans la région de Donbass, dans l\u2019est de l\u2019Ukraine.Cette annonce se fait dans un discours télévisé, au moment même où le Conseil de sécurité des Nations unies l\u2019implorait d\u2019arrêter toute action de guerre.Le président russe justifiait alors son action par le fait que « l\u2019opération visait à démilitariser et dénazifier l\u2019Ukraine ».Ferme et froid face à la caméra, ses propos sont cinglants : « J\u2019ai pris la décision de mener une opération militaire spéciale.Son objectif sera de défendre les personnes, qui depuis huit ans [date d\u2019annexion de la Crimée], subissent des persécutions et un génocide de la part du régime de Kiev ».Sans fournir la moindre preuve de ce qu\u2019il avance, Poutine appelle les soldats ukrainiens à déposer leurs armes en les avisant qu\u2019ils seront autorisés à quitter la zone de combat.Il avertit en même temps les autres pays qui soutiennent l\u2019Ukraine : « quiconque tente d\u2019 interférer avec nous, ou plus encore, de créer des menaces contre notre pays et notre peuple, doit savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et entraînera des conséquences telles qu\u2019elle n\u2019en a jamais connu dans son histoire.Nous sommes prêts à faire face à toute éventualité.» Dans la nuit du mercredi 23 au jeudi  24 février, malgré tous les efforts diplomatiques, le président russe Vladimir Poutine a lancé une offensive militaire contre l\u2019Ukraine.Ceci, peu de temps après avoir reconnu l\u2019indépendance des républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk, situées dans l\u2019est du pays.Le bilan humain était encore incertain au moment de mettre sous presse, notamment en raison des chiffres qui diffèrent suivant les sources, qu\u2019elles soient ukrainiennes, internationales ou russes.Chose certaine : cette invasion, tant redoutée, est le pire conflit en Europe depuis 1945.L\u2019Itinéraire tente de prendre un pas de recul et s\u2019intéresse aux premières conséquences de cette guerre.Membre du Réseau international des journaux de rue (INSP), on vous raconte comment les plus marginalisés sont pris en charge par des organismes d\u2019aide humanitaire.En plus de ces témoignages, nous livrons ceux de Montréalais impliqués dans le conflit tout en ouvrant une fenêtre de réflexion sur la couverture médiatique.Par Alexandra Guellil Journaliste responsable des dossiers société UKRAINE DÉMUNIS FACE À LA GUERRE CONTEXTE Comment la guerre a-t-elle commencé ?Depuis le début de la guerre, des millions de personnes ont fui leur pays.Ici, elles se dirigent vers le poste-frontière ukrainien de Shehyni qui les sépare de la Pologne.Photo : Thomas Peter | Reuters EGOR LYFAR | UNSPLASH 13 itineraire.ca 1er avril 2022 L\u2019histoire prise en otage Pour de nombreux analystes de cette région, le signe précurseur du conflit était la reconnaissance de l\u2019indépendance des deux zones de l\u2019Ukraine contrôlées par des séparatistes soutenus par la Russie.Le raisonnement de Vladimir Poutine contre l\u2019Ukraine se base sur l\u2019histoire.Il affirme que l\u2019Ukraine n\u2019en a pas en tant que nation et accuse ses autorités de corruption.Ceci, peu après avoir signé un ordre pour que des troupes de maintien de la paix soient envoyées dans ces deux régions.« L\u2019Ukraine n\u2019est pas pour nous un simple pays voisin, elle fait partie intégrante de notre propre histoire, de notre culture et de notre espace spirituel », se justifie-t-il.Les accusations fusent et il va jusqu\u2019à plaider sans preuve qu\u2019il y a un « génocide ukrainien contre les russophones dans l\u2019est du pays ».Souvenons-nous qu\u2019en 2014, la Russie a pris le contrôle de la Crimée en soutenant les forces séparatistes dans l\u2019est de l\u2019Ukraine.Des groupes rebelles ont créé des républiques populaires à Donetsk et à Lougansk.Bilan : un peu plus de 14 000 morts.Dès le 18 février, des tirs ont été signalés dans cette région, violant ainsi les accords de cessez- le-feu.L\u2019attaque était planifiée puisqu\u2019il faut tout de même se rappeler qu\u2019en novembre dernier, la Russie commençait à déployer un grand nombre de troupes dans les zones frontalières avec l\u2019Ukraine, ceci même si Vladimir Poutine laissait entendre qu\u2019elles se retireraient.L\u2019Ukraine se défend De suite, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dimitro Kuleba, déclare que plusieurs villes sont attaquées.« Poutine vient de lancer une invasion à grande échelle de l\u2019Ukraine.C\u2019est une guerre d\u2019agression.L\u2019Ukraine se défendra et gagnera.Le monde doit arrêter Poutine », exhorte-t-il.Dès ce moment, le pays rompt ses relations diplomatiques avec la Russie et déclare qu\u2019elle fournira des armes à ceux et celles qui défendraient le territoire.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, prononce un discours émouvant à la télévision dans lequel il prévient, en ukrainien, qu\u2019il s\u2019agit du début d\u2019une grande guerre sur le continent européen.En russe, il appelle la population du pays voisin à rejeter une attaque, en soulignant qu\u2019on lui mentait au sujet de l\u2019Ukraine : « ils disent que la flamme [de la guerre] libérera le peuple ukrainien, mais les Ukrainiens sont libres [.] Nous n\u2019avons pas besoin d\u2019une guerre, ni froide, ni chaude, ni hybride.Mais si les troupes nous attaquent, si elles essaient de prendre notre pays, notre liberté, nos vies, les vies de nos enfants, nous nous défendrons.S\u2019 ils nous attaquent, ils verront nos visages, pas nos dos.» Avec l\u2019aide du Réseau international des journaux de rue (INSP), dont L\u2019Itinéraire est membre, des représentants des journaux de rue et d\u2019organismes proches de l\u2019Ukraine témoignent du quotidien des citoyens de même que des personnes marginalisées depuis le début de l\u2019invasion russe.La parole aux journaux de rue C\u2019est le nombre approximatif d\u2019immigrants d\u2019origine ukrainienne qui sont arrivés au Canada entre 1896 et 1914.Aujourd\u2019hui, on estime à 3,8 % le nombre de Canado-Ukrainiens, dont la majorité est née au pays.C\u2019est au Manitoba qu\u2019on retrouve le plus de Canadiens ayant des racines ukrainiennes.Au Québec, selon le recensement de 2016, les Ukrainiens représentaient environ 8 % de la population québécoise.Sur la base des mêmes données, les Russes représentaient pour leur part 10,4 % de la population de la province.170 000 Note : La rédaction de ce texte s\u2019est terminée le 16 mars.La situation et certaines informations pourraient différer entre cette date et celle de la publication.Dans ce pays où la pauvreté, le chômage et l\u2019itiné- rance est une réalité, plusieurs personnes avaient déjà du mal à accéder aux besoins de base.« Nous sommes profondément inquiets pour ces communautés vulnérables qui sont innocentes », peut-on lire dans un communiqué rédigé par l\u2019INSP, qui regroupe une centaine de journaux de rue dans le monde.The Way Home, une organisation caritative d\u2019Odessa, ville portuaire au sud de l\u2019Ukraine, travaille auprès des personnes marginalisées.Il y a quelques années, elle produisait un journal de rue du même nom.Le 24 février, le directeur de l\u2019organisation, Sergey Kostin témoignait : « En ce moment, nous traversons des temps très difficiles, mais nous faisons notre travail avec constance.On nous a demandé d\u2019héberger dans nos refuges des femmes avec des enfants qui venaient du front.Il y a aussi notre clientèle régulière qui est aussi vulnérable en raison de leur pauvreté.Je ne sais même pas comment ils parviennent à survivre.» Se disant horrifiées par la situation, Dagmara Szlandrowicz et Patrycja Zenker du journal de rue polonais, Gazeta Uliczna exprimaient aussi leur solidarité, leur amitié et leur fraternité envers le peuple ukrainien.« Même si on avait des informations sur cette attaque, plusieurs d\u2019entre nous n\u2019y croyaient pas, explique Mme Zenker, rédactrice en chef du journal de rue.On ne pensait pas que c\u2019était possible dans notre monde moderne.De nombreux Ukrainiens vivent et travaillent en Pologne, mais actuellement plusieurs réfugiés sans passeport veulent franchir la frontière.Nous attendons que les autorités rendent cela possible.» En Pologne, de nombreuses organisations aident à traduire, conseillent juridiquement ou soutiennent psychologiquement ceux qui en ont besoin.« Des drapeaux ukrainiens sont affichés dans les fenêtres de nos bureaux.Nos réseaux sociaux sont aux couleurs de l\u2019Ukraine et toutes les sources d\u2019 informations fiables reçues sont partagées », dit la rédactrice en chef.Des membres de la Chambre des communes et du Sénat écoutent le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky s'adresser au Parlement à Ottawa, à la mi-mars.Photo : Patrick Doyle | Reuters Photos prises à la frontière entre l\u2019Ukraine et la Hongrie, dans un centre d\u2019aide installé par la Ville de Vásárosnamény, les 5 et 6 mars 2022.Photo : Gábor Csanádi | INSP Échos du Fedél Nélkül Un étudiant de l\u2019Université de Budapest témoigne dans les pages du journal de rue hongrois Fedél Nélkül de l\u2019invasion russe en Ukraine.Voici quelques extraits retenus par la rédaction de L\u2019Itinéraire.Je commence presque chaque matin par faire une revue de presse.Ce jeudi matin, lorsque la Russie a envahi l\u2019Ukraine, pour une raison quelconque, je ne l\u2019ai pas fait.Je ne comprenais pas pourquoi presque tout le monde était en retard en classe, même le professeur.Quand ils sont arrivés, leurs visages étaient pétrifiés.Je me souviendrai toujours de l\u2019endroit et du moment où mon professeur d\u2019espagnol a dit : \u201c ya hay ocho muertos [ il y a huit morts ] \u201d.Je passe presque tous les jours devant la gare de l\u2019Est à Budapest.Des voitures avec des plaques d\u2019 immatriculation ukrainiennes sont arrivées pendant le weekend.Leurs numéros de plaque d\u2019 immatriculation régionaux indiquaient clairement le tracé de la ligne de front.L\u2019arrivée des réfugiés était attendue : ce que nous avons vu sur les médias sociaux et ce que nous avons entendu, chaque rumeur, tout était vrai.Le pays entier a bougé comme un seul homme pour accueillir comme il se doit ces personnes qui ont assisté à la destruction de leur patrie en 48 heures.Des bus publics attendaient devant les principales gares, là où les réfugiés pouvaient se réchauffer.À la frontière, toutes les grandes organisations d\u2019aide ont installé des tentes, pour offrir de la nourriture ou des couvertures.Les premiers jours, des bénévoles transportaient gratuitement les réfugiés vers la capitale ou vers la ville la plus proche.Ce weekend, j\u2019ai transporté une cargaison d\u2019aide avec l\u2019organisation Caritas dans la région de Transcarpathie, dans l\u2019ouest de l\u2019Ukraine.Du côté hongrois de la frontière, à l\u2019un des points de passage, il y avait tellement de nourriture qu\u2019on nous en a offert pour ne pas la perdre.De l\u2019autre côté, il y a une file de voitures à perte de vue.Beaucoup de moteurs sont gelés d\u2019avoir attendu si longtemps par ce froid.Il n\u2019y a presque plus d\u2019essence, la nourriture coûte plus cher.Les yeux des gens étaient vitreux et sans vie.Les enfants étaient d\u2019une obéissance inhabituelle et déchirante.Une telle aide est bien nécessaire pour quelqu\u2019un qui a attendu plusieurs jours pour traverser la frontière, ou qui a parcouru la distance de Kyiv à Budapest, debout dans un train bondé.Bien que le Conseil humanitaire du gouvernement ait été créé, son travail est encore moins visible que celui des ONG qui ont des décennies d\u2019expérience dans la prise en charge des groupes sociaux marginalisés.La Budapest Bike Maffia [une organisation d\u2019aide bénévole locale] et la Shelter Foundation s\u2019occupent depuis de nombreuses années de nourrir et de loger les sans-abri.Ces deux organismes coordonnent en permanence la collecte de nourriture et sa livraison aux réfugiés.Les municipalités jouent également leur rôle en donnant de l\u2019argent, en collectant des objets ou en mettant à disposition des appartements.Je fréquente l\u2019Université publique et je vis sur le campus.Aujourd\u2019hui, 28 personnes sont arrivées de Kyiv.Nous ferons tout notre possible pour les aider et espérons que nous pourrons les faire se sentir chez eux.Le quotidien des plus marginalisés Pour témoigner de la situation des plus marginalisés, l\u2019INSP a contacté des travailleurs humanitaires de l\u2019organisation Narodna Dopomoha, située à Tchernivtsi, à l\u2019ouest de l\u2019Ukraine près de la frontière avec la Roumanie.Cette organisation travaille auprès des personnes déplacées depuis le début du conflit.Notons qu\u2019avant, l\u2019organisme publiait Gazeta Kiev, un journal de rue dans la capitale.Le travail d\u2019Anastasiya Beridze, cheffe de projet pour l\u2019organisation, a considérablement changé depuis le début du conflit de 2014.C\u2019est d\u2019ailleurs depuis ce temps qu\u2019ils travaillent avec plusieurs réfugiés et autres personnes marginalisées.On parle d\u2019à peu près 6 000 personnes qui proviennent de nombreuses régions du pays.Nombre qui ne cesse d\u2019augmenter depuis le début du conflit actuel.« L\u2019organisme accueille ces personnes qui peuvent rester pour boire des boissons chaudes, se nourrir ou se reposer.En général, elles ont mis trois ou quatre jours pour arriver jusqu\u2019à nous.Nous les aidons à trouver un abri, des médicaments, des vêtements.Ces gens arrivent à nous sans rien », explique- t-elle en entrevue.Espérer la paix Le mois dernier, Anastasiya Beridze expliquait que les réfugiés qu\u2019elle côtoyait n\u2019étaient pas des personnes vulnérables ou marginalisées avant le conflit.C\u2019était des Ukrainiens lambda avec des familles, des voitures et suffisamment d\u2019argent pour fuir.Les personnes marginalisées restaient dans les villes attaquées par manque d\u2019argent.« À Tchernivtsi, nous continuons notre travail avec les personnes itinérantes.Les refuges fonctionnent et elles sont en sécurité.Mais ce n\u2019est pas le cas à Kyiv ni à Kharkiv, qui ont été presque entièrement détruites.Il y a encore beaucoup de familles avec des enfants, beaucoup de personnes sont déjà décédées.» Depuis que l\u2019invasion russe a commencé, plusieurs personnes se rendent aux frontières roumaine, polonaise ou slovaque.« Grâce aux efforts de mobilisation de l\u2019Ukraine, seules les femmes, les enfants et les personnes âgées peuvent se déplacer.Les hommes de la fin de l\u2019adolescence jusqu\u2019à 60 ans doivent rester au pays pour combattre », ajoute-t-elle.« Bien sûr, nous espérons la paix, mais pour être honnête, il semble que la Russie poursuive son avancée et que les discussions entre les gouvernements en Biélorussie n\u2019aboutissent pas.Il ne semble pas y avoir d\u2019accord possible.C\u2019est pour cela que je crois que cela va continuer.Dans les prochains jours, semaines et mois, nous verrons plus de monde venir vers nous.Kharkiv est presque totalement ruinée, et bien sûr, nous sommes inquiets pour Kyiv, car si ça continue, le pays sera dans une position très difficile.» 17 itineraire.ca 16 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 « La musique est un art universel qui transcende les nationalités et les contradictions.Aujourd\u2019hui, nous ne pouvons nous taire.Nous avons toujours formé une grande famille avec les artistes de Russie, d\u2019Ukraine et du Québec.Nos cœurs se brisent à la vue de la tragédie qui se déroule sous nos yeux », lit-on sur la page Facebook du Festival Les saisons russes de Montréal, qui devrait se tenir en mai prochain.L\u2019incertitude plane pour cet événement qui rassemble les cultures slaves dans la métropole, et ce, même si les artistes sont programmés et que les salles sont louées.« Tout allait bien jusqu\u2019au 24 février [date du début du conflit].On s\u2019était toujours tenus à l\u2019écart de la politique.On était un pur produit québécois, soutenu par toutes les communautés.C\u2019est horrible tout ce qui arrive.Il n\u2019y a pas d\u2019autres mots pour décrire mes émotions.On a fui nos pays pour éviter tout cela et ça nous rattrape ici.Ce qui se passe en Ukraine me brise le cœur », confie la Russo-Montréalaise.Irina Krasnyanskaya sait que toute la communauté sera affectée par cette guerre.« La quantité de haine qui apparaît ne passera pas inaperçue.L\u2019isolement de la Russie sera très difficile pour tout le monde.J\u2019ai peur pour ma famille là-bas.Cette guerre est une agression.Tout comme l\u2019Allemagne a eu à le faire, la Russie devra parcourir un long chemin et on sera tous pris avec les décisions du gouvernement.On ne sait même pas jusqu\u2019à quel point la population le soutient.C\u2019est un moment difficile pour nous, oui, mais ça l\u2019est surtout pour les Ukrainiens qui ont besoin de tout notre soutien.On n\u2019est pas venus au Québec pour se battre les uns contre les autres.» L\u2019horreur.C\u2019est par ce mot qu\u2019Irina Krasnyanskaya, directrice artistique du Festival Les saisons russes de Montréal, décrit la guerre en Ukraine.Ébranlée et au bord des larmes, la Russe d\u2019origine est installée depuis plus de 10 ans à Montréal.C\u2019est la première fois qu\u2019au nom du Festival, elle prend une position politique.Cette guerre qui ébranle Toute une vie dans une valise Oleg Kolesboshyn est parti en Roumanie pour ramener au pays Lidia Samylina, sa belle-mère de 78 ans, qui avait réussi à fuir l\u2019Ukraine.Avant le conflit, l\u2019Ukrainien d\u2019origine était un simple papa de trois enfants qui travaillait comme éducateur spécialisé dans une école primaire de LaSalle.Il est parti aider sa belle-mère à remplir la paperasse de l\u2019ambassade canadienne, celle nécessaire à l\u2019obtention des visas pour entrer au pays.« Je ne suis pas quelqu\u2019un qui sacre, qui pleure ou qui a peur facilement dans la vie, mais depuis que tout a commencé, je sacre, je pleure et j\u2019ai peur.Je pleure surtout la nuit, je ne dors pas.Mes nuits blanches ont commencé le 24 février.L\u2019Ukraine c\u2019est mon pays, mes parents, mes frères\u2026 J\u2019ai peur pour mes proches.» L\u2019homme juge Vladimir Poutine comme l\u2019unique responsable de la guerre.« Je n\u2019haïs pas les Russes, j\u2019haïs ce gouvernement de propagande.Ça sera extrêmement difficile pour les générations à venir.On ne leur pardonnera pas.Ils veulent s\u2019exclure et reconstruire un rideau de fer, c\u2019est mon impression.En Russie, ils ne disent pas que c\u2019est la guerre, ils disent qu\u2019il faut dénazifier l\u2019Ukraine et plusieurs y croient.Les sanctions affaiblissent le peuple qui sera plus pauvre et c\u2019est ce que ce gouvernement cherche.» À Bucarest, Oleg achemine du matériel militaire et aide des familles à remplir leurs papiers d\u2019immigration.Sur ses réseaux sociaux, il a créé des campagnes de financement pour payer les frais administratifs.On parle ici de 185 $ par visa.« Les démarches administratives d\u2019Immigration Canada sont les mêmes qu\u2019avant la guerre.Rien n\u2019a été fait, on doit remplir les demandes pendant plusieurs heures pour une seule famille.On doit attendre sans savoir si on aura un visa.C\u2019est épuisant ! » Le jeune père a pensé maintes fois traverser la frontière et prendre les armes pour son pays.Mais il est rattrapé par son cœur, ses enfants qui sont restés à Montréal.Rien ne garantit que, s\u2019il traverse la frontière, il reviendra sain et sauf à la maison.Il se dit déchiré entre l\u2019Ukraine et le Canada.« Les Ukrainiens ont mis toute leur vie dans une valise et on est incapable de les aider correctement et rapidement », déplore-t-il.Au moment d'écrire ces lignes, Oleg Kolesboshyn et sa belle-mère, venaient tout juste de rentrer au pays.On a fui nos pays pour éviter tout cela et ça nous rattrape ici.- Irina Krasnyanskaya Oleg Kolesboshyn, ukrainien d\u2019origine, est parti en Roumanie pour récupérer sa belle-mère et se rendre utile.En chemin, il a rencontré son ami français Ignace Gravereaux avec qui il aide des familles ukrainiennes pour leurs demandes de visas.Photos : Oleg Kolesboshyn P H O T O F O U R N I E P A R I R I N A K R A S N Y A N S K A Y A 19 itineraire.ca 18 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 Élan de solidarité Médecins du monde est l\u2019un des organismes présents dans la région depuis plusieurs années.Nadja Pollaert, la directrice générale, a pu se rendre en Ukraine en 2017.À cette époque, il y avait déjà une guerre, quoique plus contrôlée.Elle raconte que Kyiv était vidée de la population en âge de travailler.Il y avait plus de jeunes enfants, de femmes enceintes et de personnes âgées, souvent appauvris.La plupart des infrastructures se trouvaient du côté russe, certains n\u2019avaient plus accès aux traitements médicaux.« On a essayé de soutenir ces structures tout en formant des infirmières en santé mentale.Avec le conflit qui perdurait, les conflits intrafamiliaux, les cas de violences faites aux femmes ou aux aînés et de violences conjugales, c\u2019était nécessaire.» La directrice générale est inquiète quant au sort des plus vulnérables.« Elles n\u2019ont pas les capacités physiques ou financières de partir d\u2019Ukraine.Il y aura une seconde vague et des besoins plus importants qui arriveront quand l\u2019empathie va s\u2019estomper et que la guerre s\u2019installera.Un peu comme en Syrie.» Mme Pollaert prévient sur le risque du tourisme humanitaire qu\u2019elle regarde avec inquiétude, ne serait-ce que pour la gestion supplémentaire qu\u2019il occasionne.« Improviser et aller aider, même si l\u2019on est médecin au Québec, peut être une très mauvaise idée si l\u2019on ne se joint pas aux structures existantes.Tout professionnel de la santé ne peut pas exercer en zone de guerre.Il y a tout un contexte, une langue et une expérience qui permet d\u2019apporter les bons soins.» Bénévole par hasard Ignace Gravereaux est devenu bénévole par hasard.Ce Français d\u2019origine est l\u2019ami d\u2019enfance d\u2019Oleg Kolesboshyn.Il voulait lui aussi s\u2019impliquer dans un conflit qui le touche, car l\u2019Ukraine est une partie de lui par alliance.En 48 heures, l\u2019homme est parti de Nice pour traverser l\u2019Europe en voiture, direction la Roumanie.Jamais le Français n\u2019aurait pensé que la Russie allait envahir l\u2019Ukraine.« Ça a été émotionnel quand ça a commencé.On parle d\u2019un pays d\u2019Europe qui se fait détruire sous nos yeux.C\u2019est notre société, notre histoire et notre civilisation.L\u2019élan de solidarité vient de là.Je devais me rendre utile, voir, toucher et être en contact avec les Ukrainiens, car c\u2019est peut-être le tournant de l\u2019Histoire qui changera l\u2019Europe.» La crainte d\u2019Ignace est que le président russe soit aidé par d\u2019autres pays forts et non démocratiques et qu\u2019une 3e Guerre mondiale soit déclenchée.En attendant, il se rend utile et se dit impressionné par l\u2019ensemble des infrastructures déployées par les organisations et les associations humanitaires.Mouvements aux frontières Dans un conflit, les populations se déplacent à l\u2019intérieur du pays touché et à ses frontières.Andréanne Bissonnette, de la Chaire Raoul-Dandurand, explique que « lorsque le président Zelensky a interdit aux hommes de 18 à 60 ans de quitter le territoire, les femmes, les enfants et les personnes âgées ont quitté le pays.Mais, certaines familles ont fait le choix de rester ensemble et de se déplacer de ville en ville pour fuir les bombes.» Entre le 8 et le 9 mars, il y a eu une sorte de plateau dans les statistiques, certainement dû au fait que les villes étaient encerclées par l\u2019armée russe et que les corridors humanitaires étaient un peu plus limités.« Tout le monde ne peut pas quitter si facilement son pays.La mobilité n\u2019est pas acquise et égale pour tous.» Ceci est aussi valable pour les Russes pour qui, en raison du manque d\u2019informations, tout est difficilement plus mesurable.Certains citoyens ont quitté le pays pour se rendre aux frontières alors que d\u2019autres ne peuvent tout simplement pas communiquer.Nadja Pollaert, directrice générale de Médecins du monde Canada.Photo fournie par Médecins du monde Photos des réfugiés ukrainiens en Pologne, mars 2022.Photo : Valerio Muscella | Médecins du monde Photo d\u2019une intervenante de Médecins du Monde en Ukraine prise en 2017, avant la guerre.Photo : Evgeniy Maloletka | Médecins du monde 20 itineraire.ca 1er avril 2022 Relents d\u2019une guerre froide incarnée Au début du mois de mars, Moscou a entériné une loi qui prévoit de lourdes peines de prison et des amendes élevées pour toute personne qui publierait des informations jugées « mensongères » sur l\u2019armée russe.Cette loi met à mal le journalisme indépendant où toute opposition au pouvoir en place devient quasi impossible.« On ne voit pas non plus des Russes dans les rues défendre Poutine, nuance la professeure Niemeyer.C\u2019est aussi un signe qui montre que tous les Russes ne sont pas d\u2019accord entre eux, mais le silence est dangereux.» Évidemment, les relents d\u2019une guerre froide agissent comme premier biais, car même si d\u2019autres guerres ont eu lieu en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, celle-là attise des souvenirs et des douleurs encore vives.« Ce n\u2019est pas juste l\u2019Est contre l\u2019Ouest, beaucoup d\u2019autres pays sont dans ce conflit.Il y a aussi une peur du nucléaire.On assiste à une narration de guerre qui est au centre de nos couvertures médiatiques et qui met l\u2019accent sur l\u2019action militaire et ses conséquences.Et c\u2019est troublant de voir qu\u2019il y a une certaine peur de l\u2019autre : certains journalistes en Allemagne se demandent comment se fait-il que l\u2019Union européenne ait pu se mettre d\u2019accord aussi rapidement pour accueillir des réfugiés ukrainiens, mais que ce ne fut pas le cas pour des Syriens ou des Afghans ?» La journaliste Josée Boileau garde précieusement ses coupures de presse.Son constat est clair : dans les médias africains, on n\u2019est pas du tout dans ce conflit.Dans la presse australienne, on parle plus des inondations qui ne font pas les manchettes en Occident.En Amérique du Sud, la guerre est un peu présente, mais pas tant que cela.« Les médias africains se sentent-ils concernés par ce jeu de pouvoir ou est-ce à cause des influences russes et chinoises ?», interroge Mme Boileau qui estime par ailleurs que le Québec et le Canada sont protégés par ces soubresauts mondiaux, contrairement à l\u2019Europe qui a toujours été au cœur des conflits.Quant à cet élan de solidarité largement couvert dans les médias, la journaliste Josée Boileau croit que c\u2019est l\u2019expression du devoir d\u2019humanité et de solidarité qui devient un réflexe.« On a une espèce de compassion humaine qui tourne un peu sur elle-même.C\u2019est intéressant pour un conflit aussi complexe, que les médias d\u2019ici soient aussi omniprésents.Cela signifie aussi que le public a un intérêt.Il y a d\u2019autres conflits dont on ne parle pas et bien plus complexes comme celui au Yémen, mais attention aux raccourcis, car ce conflit ne fait la manchette nulle part.» L\u2019héritage de la guerre froide semble être le véritable enjeu de la couverture de ce conflit, car l\u2019on agirait sur la base des repères historiques.Mieux encore, cette guerre est incarnée, nous explique la journaliste.« Il est clair qu\u2019à partir du moment où il y a un personnage qui incarne un événement, ça change la donne.Zelensky est un président assez ordinaire qui devient cohérent, sympathique et brave quand la guerre éclate.Poutine, pour sa part, porte bien le rôle du méchant.Il y a se côté James Bond qui fait partie de nos repères.Emmanuel Macron est médiatiquement plus rentable que Boris Johnson.Et on ne peut s\u2019empêcher de penser à [Angela] Merkel qui aurait pu avoir une autorité morale si elle était toujours là.Voir le conflit ainsi permet de simplifier et de comprendre ce qui est en train de se passer.» Josée Boileau est par ailleurs satisfaite de ce souci qu\u2019ont les médias de garder contact avec les personnes qui vivent en Ukraine, en Russie ou qui se déplacent aux frontières.« Ce sont des efforts pour ne pas s\u2019en tenir aux lignes officielles et aller au contact de la réalité.Par contre, ce qui me dérange le plus, c\u2019est lorsqu\u2019on s\u2019improvise stratège alors même que l\u2019on ne connaît pas les enjeux du conflit et que d\u2019autres ont ces savoirs.Mais globalement, il y a une soif d\u2019essayer de comprendre ce qui se passe, qui reste motivée par la compassion.» Guerre des mots Si la couverture médiatique du conflit paraît diversifiée, elle est en même temps très uniforme.À l\u2019École des médias de l\u2019UQAM, Katharina Niemeyer analyse : « Il y a une grande solidarité dans la plupart des médias occidentaux pour l\u2019Ukraine qui doit aussi affronter la centralisation des médias et la censure en Russie où l\u2019on interdit d\u2019utiliser les mots \u201cguerre\u201d et \u201cinvasion\u201d pour préférer une \u201copération militaire\u201d qui permet de \u201cdénazifier\u201d l\u2019Ukraine.Les Russes qui sont contre la guerre doivent faire l\u2019effort de garder des traces des arrestations et congédiements en communiquant via des VPN cachés et sécurisés.» Autre difficulté : se repérer dans une masse d\u2019informations pas toujours fiables qui circulent sur les réseaux sociaux.Des personnes prétendent que des photos sont prises en Ukraine ou en Russie, alors que parfois il peut s\u2019agir d\u2019informations de groupes extrémistes.Des trolls sont envoyés par le gouvernement russe pour créer ces fausses informations, explique la professeure.Un peu comme ce fut le cas avec la période pandémique où plusieurs personnes asiatiques ont été accusées d\u2019être la cause du virus, la professeure Niemeyer s\u2019inquiète de la stigmatisation : « Il y a des citoyens russes qui n\u2019y peuvent rien, qui sont à l\u2019étranger et dont les actions ne changent pas l\u2019avis de Poutine.Mais en même temps, on comprend la critique de ceux qui ne se lèvent pas contre le régime ou qui ne veulent pas croire ce qui se passe ».Elle ajoute également que « l\u2019on ne peut pas encore prendre le recul historique nécessaire, car on est dans l\u2019émotion.C\u2019est normal, l\u2019événement est en train de se produire et on diffuse de l\u2019information en continu ce qui crée aussi beaucoup d\u2019anxiété.On est dans une époque médiatique accélérée et éclatée.On veut savoir ce qui se passe sans toujours avoir le temps d\u2019y réfléchir.» On ne peut pas encore prendre le recul historique nécessaire, car on est dans l\u2019émotion.C\u2019est normal, l\u2019événement est en train de se produire et on diffuse de l\u2019 information en continu ce qui crée aussi beaucoup d\u2019anxiété.- Katharina Niemeyer Josée Boileau, journaliste.Photo : Annik MH de Carufel P H O T O F O U R N I E P A R K A T H A R I N A N I E M E Y E R 23 itineraire.ca 22 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 Petits et grands Pendant le temps de Pâques, je me rappelle toujours de beaux souvenirs, comme avoir reçu un gros lapin en chocolat, d\u2019avoir fait la chasse aux œufs ou des parties de sucre à la cabane.Quand j\u2019étais enfant, je me souviens avoir reçu un lapin en chocolat qui était plus grand que moi.J\u2019étais vraiment contente et ça m\u2019a fait un grand plaisir.Tout ce que je voulais manger, c\u2019était les œufs dans son panier.Quand j\u2019y pense, c\u2019était tellement sucré\u2026 mais tellement bon ! Je ne voulais pas casser mon lapin pour le manger.Je voulais pouvoir le garder pour toujours.Merci à ma maman qui m\u2019a gâtée durant toutes ces années pour que je puisse me sucrer le bec comme tous les enfants aiment le faire.Dans ce temps-là, je me rappelle qu\u2019à l\u2019école, on faisait une chasse aux œufs de Pâques.Le but était d\u2019en ramasser le plus possible pour avoir droit à des friandises ou à un gros chocolat.C\u2019est aussi dans le temps de Pâques que nous allions à la cabane à sucre en famille.Quand il faisait beau, on faisait un tour dans le bois et à la ferme, dans un traîneau tiré par deux chevaux.En revenant à la cabane, on pouvait manger de la tire sur la neige.Dans ma famille, c\u2019était une tradition chaque année.Devenue adulte, une journée à la cabane à sucre représente encore pour moi une façon de recommencer les activités à l\u2019extérieur.On dirait que ça me donne un avant-goût de l\u2019été.Joyeuses Pâques à tous ! Amusez- vous, sucrez-vous le bec en famille ou entre amis et pensez aux beaux souvenirs de votre enfance qui vous feront sourire.SYLVIE HOULE CAMELOT MARCHÉ METRO SAINT-JOSEPH / CHAMBLY BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO FRONTENAC Trois paniers, une épicerie populaire J\u2019aimerais vous parler d\u2019une épicerie populaire ouverte à tous et à toutes que l\u2019organisme Carrefour Solidaire a établie à la place de l\u2019ancien Café Touski sur Sainte-Catherine Est, coin Dufresne.On y vend de bons produits bios et locaux, et ils serviront dès avril des repas sur contribution volontaire.C\u2019est né de l\u2019expertise du Carrefour Solidaire Frontenac et d\u2019un sondage auprès d\u2019un comité de citoyens.Trois catégories de prix sont offertes.Il y a le prix solidaire, le minimum à payer.Le deuxième est le prix suggéré, qui comprend une marge standard juste pour permettre la viabilité du projet et ensuite, on a le prix au suivant, celui qui fait la différence.C\u2019est le plus élevé, il contribue à rendre le prix solidaire le plus accessible possible.Une très belle cuisine a également été aménagée pour les besoins des séances de la cuisine collective.Tout est en bois naturel, fabriqué en grande partie avec des frênes récupérés.C\u2019est de toute beauté.Il y a aussi Les bols du quartier qu\u2019on pouvait se procurer les vendredis midi durant l\u2019été, au marché de la Place Frontenac, et qui seront désormais offerts au Carrefour solidaire, à compter du 5 avril, les mardis et jeudis entre 11 h et 14 h.Quant à l\u2019épicerie, elle est ouverte du mardi au dimanche.J\u2019apprécie beaucoup ce genre d\u2019initiatives.Manger de bons produits et rencontrer tout plein de gens agréables.J\u2019y ai adhéré car je trouve le concept très intéressant.J\u2019invite tout le monde à faire de même.Il faut encourager ce genre d\u2019activités.En ces temps difficiles, ces marchés deviendront de plus en plus nombreux.On se le souhaite tous.Heaven is a beautiful place When I leave this world, I\u2019d like to go to heaven.My view of heaven is that it\u2019s a place of love and happiness.It\u2019s a peaceful place that welcomes all people.I see it as being joyful and spiritual.Anyone can go to heaven with their own spiritual beliefs.It gives people a second life.It\u2019s liberating.In heaven, I hope to meet many people that have passed away.I\u2019d like to see my mother, father, and my grandparents.I\u2019d also like to see former friends who have passed on.I get in touch with my spirituality and closer to heaven by reading the Holy Bible.Right now I\u2019m reading the scripture of John.A pastor who has helped me out suggested that John was the best part of the Bible to read.After that I\u2019ll also read different parts such as the writings of Peter, Mathew, Mark and others.This helps me mentally and physically as it calms me down.It\u2019s very uplifting.Reading from the Bible and thoughts about the beauty of heaven make me more at ease.This helps me in my everyday life and in selling the magazine, L\u2019Itinéraire.I function better when I am out meeting customers.The Holy Bible, thoughts of heaven, and doing my work meeting customers to sell L\u2019Itinéraire, are very inspirational for me.These things are all important to me for living my life well and doing more than just getting by.DANIEL GRADY VENDOR DES PINS / SAINT-LAURENT AND DE LA GAUCHETIÈRE / MANSFIELD Effectivement, tu te rends compte que les Russes visent les civils.Quand tu te promènes, tu vois des pancartes où c\u2019est écrit «Enfants» [?] en cyrillique sur les vitres des voitures.Il n\u2019y a aucun doute, que ce sont des crimes de guerre.- Christopher Curtis 25 itineraire.ca 24 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 - Quelle situation t\u2019as le plus marqué au cours de ton séjour ?- C\u2019était près de la frontière polonaise.Je suis arrivé face à face avec une petite fille de 5 ou 6 ans, toute mignonne, avec un manteau rose, des leggings noirs et une petite tuque avec des oreilles d\u2019ourson.Elle m\u2019a souri, avec le sourire édenté d\u2019une enfant qui avait perdu ses dents de lait.Elle tenait un toutou.C\u2019était difficile de voir cette gamine qui attendait au froid depuis 24 à 30 heures avec des milliers d\u2019autres personnes.Les parents essayaient de garder leur calme.Ils se pressaient pour faire monter leurs enfants dans des autobus qui les amèneraient en Pologne.La vue de tout ça a trouvé une douleur en moi que je ne connaissais pas.J\u2019en ai perdu l\u2019équilibre au point où j\u2019ai dû poser un genou à terre.Toute cette misère était étourdissante.C\u2019est venu me chercher profondément, d\u2019autant plus que j\u2019ai un bébé de 5 mois à la maison.- Tu as passé du temps auprès des réfugiés, qu\u2019as-tu vu ?- À la gare, il y passe 50 000 réfugiés par jour.Au deuxième étage, il y a une superbe salle au décor baroque où s\u2019entassent des femmes et des enfants.Je me suis approché d\u2019une bénévole qui berçait un bébé de 6 mois.Un beau petit garçon.Sa mère n\u2019était pas là.Peut-être qu\u2019elle était partie remplir des papiers, je ne sais pas.J\u2019ai joué avec lui un moment, il riait.Il m\u2019a fait penser à ma petite fille.Ce bébé aurait pu mourir en Ukraine.Il aurait pu être l\u2019une des victimes de cette guerre.Le papa de ce garçon est sûrement au front pour défendre son pays.Cet enfant pourrait très bien être orphelin\u2026 Dans cette salle, l\u2019odeur des couches est partout, les bébés pleurent, les gens essaient de dormir à même le plancher, les enfants courent partout.À un moment, j\u2019ai dû sortir pour reprendre mon souffle.En tant qu\u2019humains, nous ne devrions pas faire ça les uns aux autres, mais nous le faisons ! Beaucoup d\u2019enfants meurent sur le front, surtout à l\u2019Est.Ils finissent à Lviv, mais le système ici ne peut pas gérer tous ces enfants, alors ils les envoient à l\u2019étranger, en espérant qu\u2019 ils pourront les rapatrier quand la guerre sera terminée.Mais quand ce sera fini, des centaines d\u2019enfants seront morts.Et beaucoup de mères et de pères aussi.- Les Russes ont anéanti Marioupol et ont bombardé des hôpitaux et des maternités.Ils entourent Kyiv, c\u2019est une question de temps avant qu\u2019ils s\u2019en prennent à Lviv (depuis l\u2019entrevue, il y a eu une frappe aérienne à quelques kilomètres du centre de la ville).On voit bien que la Convention de Genève n\u2019existe pas pour l\u2019agresseur.Christopher et moi avons parlé un bon moment sur la folie de la guerre, des visées impérialistes de Poutine, du lavage de cerveau qu\u2019il exerce sur le peuple russe, sur le courage de Volodymyr Zelensky, des besoins de réformes dans ce pays qui n\u2019est pas parfait, mais qui est fier d\u2019avoir acquis sa démocratie.Et je lui ai demandé : - Que retiens-tu de ton voyage ?- La grande leçon que je retire de tout ça est que j\u2019espère devenir une meilleure personne.De ne pas me laisser aller à la colère, même si c\u2019est difficile.Au lieu d\u2019être frustré, de m\u2019emporter, et d\u2019être en colère contre les personnes qui font cela, je veux recourir à la partie de mon cœur qui peut aimer et trouver de l\u2019empathie.Je ne sais pas comment tout ça va finir.Mais je veux juste prendre la douleur que je ressens et la transformer en amour.C H R I S T O P H E R C U R T I S Suite de la page 5 - Pour l\u2019amour des ? Par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation La conjoncture était parfaite.Déconfinement de la culture, tradition du 1er avril et surtout, noce d\u2019étain du printemps érable où l\u2019ironie a marqué les pancartes, les « conflits » entre carrés rouges et carrés verts \u2013 et les discours politiques.La balloune s\u2019est cependant vite dégonflée alors que la guerre en Ukraine devenait réalité.Relier l\u2019humour à l\u2019actualité ?Plus si drôle, voire carrément déplacé.En entrevue, l\u2019humoriste Colin Boudrias rappelle une célèbre citation : « Humor is tragedy plus time ».De son côté, l\u2019humoriste et comédienne Virginie Fortin pense qu\u2019« on a tous envie d\u2019une atmosphère plus détendue, mais pour en rire, il faudrait vraiment être bien outillée.» Quant à Christelle Paré, première scientifique canadienne à s\u2019être intéressée à l\u2019humour francophone, professeure et directrice pédagogique de l\u2019École nationale de l\u2019humour (ENH), elle nous parle de l\u2019humour engagé.Politique, dit-on dans le milieu des humour studies.Un puissant outil social face à la peur et à la violence, une « jauge » de la démocratie, de nos valeurs, de l\u2019égalité aussi.Dialogue autour de l\u2019humour politique au Québec.Humour engagé Quand le rire fait réfléchir PHO TO MO NT AG E : CA RL A B RA GA 27 itineraire.ca 1er avril 2022 Pris pour cible ! Quelque part, pour être un « bon » politicien il faut avoir le sens de l\u2019humour, estime Christelle Paré.Et si personne n\u2019aime que l\u2019on rit à ses dépens, dans le monde des décideurs, être pris pour cible est un bon point.Pour un politicien, « Ça veut dire qu\u2019 il fait réellement partie du paysage politique », explique la spécialiste qui cite en exemple Et Dieu créa Laflaque\u2026 « Quand Serge Chapleau a décidé de créer la marionnette de Mario Dumont, l\u2019équipe de Dumont était hyper contente.Il avait \u2014 enfin \u2014 sa marionnette.» Et ces pantins, chers à modeler, n\u2019étaient pas créés pour « une personne qui risqu[ait] de disparaître.» Même logique avec Infoman ou This Hour Has 22 Minutes de CBC qui humanisent et rendent accessibles les dirigeants souvent perçus comme d\u2019« austères personnages déconnectés de la réalité du monde ».Lorsque l\u2019humour est absent du discours politique ou de la personne qui le porte, l\u2019effet n\u2019est pas sans conséquence.« Parfois ça sonne faux, dit la professeure.Comme avec Stéphane Dion, anciennement chef du Parti libéral [à l\u2019époque du gouvernement Harper].Quand il est passé à Infoman, ça a été la cata.Pauv\u2019tit loup, il s\u2019est tellement ridiculisé qu\u2019 il en a perdu sa crédibilité.» Celle de Stephen Harper a bien failli passer elle aussi à la moulinette, raconte Mme Paré.« On est en conférence de presse, et on sait à quel point celui qui est décrit comme ayant le \u201csex appeal d\u2019un comptable\u201d aime garder le contrôle sur ses communications.Ce jour-là, une comédienne-humoriste de This Hour Has 22 Minutes pose une question vraiment stupide.Et M.Harper la fait alors escorter en dehors de la conférence de presse.Finalement, ç\u2019a pris à peine 30 secondes pour que l\u2019attachée de presse de Stephen Harper lui accorde une entrevue privée après avoir compris l\u2019émission pour laquelle elle travaillait.» Les politiciens savent que pour se faire accepter, il faut jouer le jeu.« C\u2019est à ce point-là », conclut la scientifique.L\u2019humour des politiciens « Là où il y a de la violence et de la peur, l\u2019humour devient une arme pacifique », soulève la spécialiste en s\u2019appuyant sur les manifestations féministes de 2017 qui ont éclaté dans le pays de l\u2019Oncle Sam face au discours misogyne de Donald Trump, alors fraîchement élu.« Ce qui était sur les pancartes était délicieux ».Cette communication engagée qui sert d\u2019outil de revendication et de changement social en temps de crise est souvent associée à la gauche, mais ne lui est pas exclusive.Bien que les scientifiques « cherchent encore un humoriste de droite », ironise la professeure, la classe politique use à sa manière de cette forme d\u2019art.« Churchill, Reagan, extrêmement drôles », à l\u2019humour rassembleur, note-t-elle.Des politiciens qui ont d\u2019ailleurs recueilli « des votes populaires très importants ».À l\u2019opposé, ceux qui divisent, en ridiculisant les idées adverses pour montrer « à quel point ils sont différents et meilleurs ».Une performance qui s\u2019admire parfois sur le Canal de l\u2019Assemblée ou à travers de tristement célèbres répliques comme celle de Jean Charest à l\u2019ouverture du Salon Plan Nord, en plein printemps érable.« Ceux qui frappaient à la porte ce matin, avait-il alors amorcé en parlant des étudiants qui manifestaient devant les murs de verres du Palais des Congrès de Montréal, on pourrait leur offrir un emploi\u2026 dans le Nord, autant que possible ».Cette ironie, « c\u2019est de l\u2019humour engagé », confirme la directrice pédagogique de l\u2019ENH.« Dans la salle, c\u2019est bien passé ! Pour M.Charest, c\u2019était une manière de réaffirmer sa position et pour les gens stressés par la situation, pouvoir en rire était libérateur.» On ne peut cependant pas en dire autant de la réception de cette « touche de légèreté » par les étudiants, encore plus remontés.« L\u2019humour politique existe depuis que l\u2019être humain entretient des rapports de force », décrit Christelle Paré.Une réaction face à un « sentiment d\u2019écrasement ».D\u2019ailleurs, il se retrouve à toutes les époques, jusque dans les hiéroglyphes et la Grèce antique.« C\u2019est probablement l\u2019humour, en dehors de l\u2019effet de surprise et du divertissement, qui a toujours été là ».Manifestation féministe à Washington, 2017.Photo : Creative Commons Christelle Paré, professeure et directrice pédagogique de l\u2019École nationale de l\u2019humour (ENH).Photo fournie par Christelle Paré Entrée du Palais des Congrès de Montréal après les manifestations contre le Plan Nord, 2012.Photo : Socialist Canada | Flickr Caricature de Mario Dumont par Serge Chapleau, 1995.Photo : Musée McCord 28 itineraire.ca 1er avril 2022 Un humour progressiste Quand on parle d\u2019humour engagé, on pense aux Yvon Deschamps, Pierre Légaré ou les Cyniques de ce monde.Et certains discours laissent croire que leur forme d\u2019art est supplantée par la blague facile, « grasse », de mononcle.En réalité, la nouvelle génération d\u2019humoristes engagés est bien là, même si elle ne revendique pas cette étiquette tout en incluant dans leurs sketches de grandes problématiques sociales.« Je ne dis pas que je fais de l\u2019humour engagé.Parce que je n\u2019ai pas la prétention de changer quelque chose ou l\u2019opinion des gens », dit Colin Boudrias, humoriste montant de la scène stand-up.Pour celui qui a découvert tardivement le milieu du rire après avoir travaillé en santé mentale, il serait contre nature de faire de l\u2019humour autrement que « progressiste ».L\u2019ancien étudiant de l\u2019ENH est clair : sans se sentir obligé de « faire réfléchir les gens, on n\u2019est pas non plus forcé d\u2019entretenir les mauvais comportements.» Une ligne de conduite qui se démarque de « l\u2019humour supposément divertissant qui entretient souvent des idéologies sexistes ou de cet ordre ».Un discours qu\u2019il respecte d\u2019ailleurs à la lettre en évinçant de son répertoire toutes blagues à l\u2019endroit des « minorités qui ne sont pas en position de pouvoir ».« Jauge » démocratique Si l\u2019humour sert à « réduire les tensions en laissant aller les frustrations », souligne Christelle Paré, bien utilisé, il est aussi une « jauge » démocratique.Il permet d\u2019évaluer la popularité des idées politiques, un peu comme un humoriste rode son spectacle pour l\u2019ajuster.Ainsi, « un politicien qui ferait rire de lui de tout bord tout côté devrait alors se dire : \u201csoit je dois revoir mon plan politique soit je dois réviser le projet pour lequel on me critique parce que là, je suis en train de perdre la face\u201d », vulgarise la directrice pédagogique.Dans le cas contraire, la méfiance s\u2019impose, dit Mme Paré en prenant pour exemple l\u2019ex-président des États-Unis.« Trump est dans la même veine que Silvio Berlusconi ou Sebastián Piñera, hommes d\u2019État respectivement italien et chilien.Ce sont trois milliardaires.Des personnes qui se foutent que l\u2019on rit d\u2019eux ou pas.Et c\u2019est très dangereux.On tombe dans une politique dictatoriale.Tandis qu\u2019au Québec les politiciens veulent rester connectés aux gens, Trump ou Berlusconi étaient connectés par la peur et la haine.» Pour la chercheuse, les discours qui s\u2019attachent un peu trop à la peur de perdre des privilèges économiques, à une identité, à une langue\u2026 sont « difficilement joignables par l\u2019humour et quand on il y en a, c\u2019est un humour qui fait mal.» Revirement à 360?Cette tendance à donner dans l\u2019humour intelligent, le high humour dit-on, est en vogue depuis près de 15 ans au Québec.Il s\u2019oppose alors au low humour, genre populaire, auquel on semble accorder une « moins grande valeur », note Christelle Paré.À l\u2019origine de cette perception, celle plutôt négative du fou rire, perpétuée depuis l\u2019antiquité : « S\u2019esclaffer, rire du ventre serait une perte de contrôle de soi ou associé à une personne peu intelligente », explique la professeure.Une pensée encore plus vive envers les femmes qui « ne doivent pas montrer les dents, ne doivent pas rire fort.Alors, une femme qui fait de l\u2019humour ce n\u2019est vraiment pas une bonne personne.» Si la situation s\u2019est grandement améliorée, les paradoxes persistent : « Les femmes vulgaires sont mal perçues en humour, mais pas les hommes, illustre la spécialiste.Les femmes trop belles qui montent sur scène vont se le faire reprocher.Un homme qui arrive sur scène et qui est en surpoids, porte une vieille chemise ou un vieux jean, personne ne le lui fera remarquer.» Alors que celles qui réussissaient il y a 15 ans adoptaient un style plus « androgyne », version stand-up masculin : « Jean, espadrilles, tee-shirt avec veston par-dessus », décrit Mme Paré, un « revirement 360 » s\u2019opère aujourd\u2019hui.Mais non sans stratégie.Colin Boudrias, humoriste montant de la scène stand-up.Photo fournie par Colin Boudrias Les femmes vulgaires sont mal perçues en humour, mais pas les hommes.Les femmes trop belles qui montent sur scène vont se le faire reprocher.Un homme qui arrive sur scène et qui est en surpoids, porte une vieille chemise ou un vieux jean, personne ne le lui fera remarquer.- Christelle Paré 30 itineraire.ca 1er avril 2022 De Florence Foresti à Virginie Fortin Manquerait plus qu\u2019elle soit drôle.Tout est dans le titre de ce one-woman-show.Florence Foresti, célèbre humoriste française qui se livre à la scène solo depuis 2001, semble contrarier les préjugés.Féminine et (parfois) vulgaire, l\u2019humoriste est symbole d\u2019autodérision.Une forme qui provoque des rires aux éclats.Et qui permet surtout de « dégonfler la menace qu\u2019elle pourrait projeter envers les hommes, analyse la directrice pédagogique de l\u2019ENH.C\u2019est une technique que les femmes ont beaucoup utilisée, non seulement elles, mais les minorités visibles aussi.» Cette technique, Hanna Gadsby ne l\u2019a que trop bien maîtrisée.Au point de se détester elle- même.La comédienne et humoriste australienne internationalement reconnue depuis 2018 pour son stand-up Nanette, a « brassé beaucoup d\u2019humoristes, tous genres confondus », raconte Christelle Paré.Comment ?Par la dénonciation sur scène, en tant que femme et membre de la communauté LGBTQ+, de la manière dont elle a dû se ridiculiser pour se faire aimer du public, s\u2019écraser pour réussir dans le métier.« C\u2019est une démarche artistique extraordinaire, commente la professeure, et c\u2019est pour ça que son spectacle a été primé à travers la planète ».« L\u2019autodérision reste un mécanisme en humour assez répandu », dit l\u2019humoriste et comédienne Virginie Fortin avant d\u2019ajouter : « On dirait que ça aide les gens à nous écouter.» Pour sa part, ce style ne fait pas partie de son répertoire.Celle qui entretient une relation serrée avec l\u2019improvisation depuis sa jeune adolescence joue plus de ses contradictions.« Je ne donnerai pas l\u2019occasion au public de rire de moi.Je vais plutôt leur montrer mes propres incohérences : tous les standards moraux que je peux avoir, mais que je n\u2019atteins pas.».Le cap des Inégalités Aujourd\u2019hui, la reconnaissance de ses pairs et l\u2019expérience font de Virginie Fortin une humoriste bien ancrée dans son milieu.Pour autant, celle qui se percevait comme « une simple humaine qui improvisait », au milieu de collègues hommes, s\u2019est rapidement aperçue des stéréotypes et des inégalités de traitement qui atteignent sa profession.La trentenaire témoigne : É R I C M Y R E A N D R E A N N E G A U T H I E R Je me suis rendu compte il n\u2019y a pas si longtemps que j\u2019étais une femme dans le milieu de l\u2019humour.Moi, je voulais juste faire des jokes, mais autour, il y avait ce discours qui sous-entendait que l\u2019humour n\u2019était pas une qualité recherchée et valorisée chez les femmes.Je voyais également qu\u2019on était moins de femmes que d\u2019hommes, mais pour moi, ce n\u2019était pas vraiment un problème.Ça l\u2019est devenu quand les gens se sont mis à me rappeler que j\u2019étais une femme : on te présente comme une fille, on te dit que tu es drôle pour une fille, que ce que tu fais, c\u2019est quand même un peu féministe.Ce sont juste des petites remarques, mais qui s\u2019accumulent.Je ne voulais pas y croire, mais je me suis moi aussi fait parler comme si j\u2019avais moins d\u2019expérience qu\u2019un collègue masculin ; même s\u2019 il exerçait depuis moins longtemps que moi.Mais lui, c\u2019est un dude ! Puis, il y a les remarques sur le physique.Pourtant, je ne pense pas que les gars aient besoin de penser comment s\u2019habiller sur scène.Quand j\u2019ai pris conscience de tout ça, j\u2019ai voulu les berner.Alors je me mettais toujours en robe avec du rouge à lèvres.Un gars qui fait des jokes en bobettes, on trouve ça bien drôle.Et ce double standard me gosse, mais je ne voulais pas donner la chance aux gens de penser qu\u2019il y a quelque chose de ridicule chez moi dont on peut rire.Les humoristes que j\u2019admire sont ceux dont on ne ressent pas les insécurités sur scène.Je pense donc que mon mécanisme de défense est de ne pas parler de mes insécurités.Mon personnage en est d\u2019ailleurs bien plus conscient que moi.Aujourd\u2019hui, ce cap est passé, ou presque.Mais je ne crois pas que les jeunes humoristes femmes qui commencent dans le milieu soient exemptées d\u2019emblée de cette réalité.Encore une fois, ça prend plus de temps aux femmes d\u2019obtenir le respect de leurs collègues.- Virginie Fortin 32 itineraire.ca 1er avril 2022 Pas besoin de rire des autres Moi j\u2019aime bien Martin Matte, surtout dans ses annonces publicitaires.Mais il y a des thèmes en humour que je n\u2019aime pas.Surtout quand on rit des personnes malades ou handicapées.Faut pas rire d\u2019eux autres, faut les aider.C\u2019est un humour méchant je trouve.C\u2019est suffisant d\u2019être malade, tu n\u2019as pas besoin qu\u2019on rie de toi en plus.SYLVIE DUPUIS CAMELOT IGA VIAU / JEAN-TALON Rire de soi J\u2019aime les bonnes blagues, pas comme celles de Martin Matte et compagnie, ni de Mike Ward.J\u2019aime plutôt les humoristes comme Jean-Marc Parent qui content des histoires qui lui sont vraiment arrivées.J\u2019aime les gens qui rient d\u2019eux-mêmes plus que des autres.En plus, Jean-Marc a travaillé à l\u2019accueil Bonneau, alors je le connais bien.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Jeux de mots Les monologues comme ceux d\u2019Yvon Deschamps m\u2019ont beaucoup marquée.En plus, c\u2019est un gars de mon coin, Saint-Henri.Sinon, les jeux de mots niaiseux ça me fait bien rire.Regarde en l\u2019air et épelle-moi coco ?C\u2019est haut, c\u2019est haut ! Un canard me demande : sont où les toilettes ?Coin coin coin ! AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX Le rire contagieux J\u2019écoute beaucoup d\u2019émissions de radio parlée.Quand les gens appellent à la radio, des fois, ils peuvent dire des choses cocasses, ça me fait rire tout seul dans mon salon.Aussi, quand les employés du Metro où je vends rient ensemble et qu\u2019ils font des jokes, ça me fait rire.Quand on dit que le rire est contagieux, je me laisse aller.JEAN-FRANÇOIS DAGENAIS CAMELOT ÉPICERIE METRO ANDRÉ-GRASSET Rire et réfléchir J\u2019apprécie l\u2019humour engagé parce qu\u2019il me fait rire et réfléchir en même temps.Louis T.en est un bon exemple.Les caricatures comme celles de Chapleau, c\u2019est fort parce qu\u2019en une image, c\u2019est très parlant ! On recule de quelques années, mais l\u2019émission Les Bleu Poudre j\u2019aimais beaucoup.Plus actuel, je regarde toujours Infoman.Sinon, l\u2019unique et regretté Pierre Légaré, paix à son âme.MARIO REYES ZAMORA PARTICIPANT À LA CUISINE Je suis trop sérieux ! Je suis toujours en train de joker, mais les gens pensent que je suis sérieux.J\u2019aime agacer, aller à la pêche\u2026 un peu comme Yvon Deschamps, un vieux de la vieille que j\u2019adore.Ça, c\u2019est mon style d\u2019humour.JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE E / DORION Un humour qui fait réfléchir J\u2019adore Clémence Desrochers.Elle parle de la vie quotidienne, mais d\u2019une manière qui n\u2019est pas niaiseuse et qui fait réfléchir.Son humour dégage beaucoup d'émotion sous-jacente Elle passe des messages profonds par là, tout comme par ses chansons.Elle a aussi écrit un monologue sur la ménopause.Elle était avant-gardiste, parce que des femmes humoristes à son époque, il n\u2019y en avait pas beaucoup.On peut dire qu\u2019elle s\u2019est inventé un métier.PIERRETTE CROTEAU CAMELOT MARCHÉ METRO MONT-ROYAL ET MÉTRO LAURIER Quel est votre type d\u2019humour ?35 itineraire.ca 34 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 Ce court extrait, capté autour d\u2019un café, entre les camelots Manon Fortier et Maxime Valcourt, a émergé d'une discussion beaucoup plus profonde qu\u2019une simple réponse lancée à la blague.De -30?C l\u2019hiver à 40?C en temps de canicule, d\u2019une urgence d\u2019aller aux toilettes à celle de faire sa place à son spot de vente, la vie de camelot est riche en émotions.L\u2019Itinéraire a souhaité retranscrire les propos de deux camelots échangeant sur leur réalité.Maxime : Oh c\u2019est intéressant ça ! (Rires) Les gens peuvent être généreux.Quand ils te voient travailler souvent, vaillant, poli, ils s\u2019habituent.Quand j\u2019écris des textes, le monde en revient pas comment c\u2019est bon.On vient me féliciter ! Quand y fait -30?C, le monde m\u2019encourage.J\u2019ai toujours une réponse prête.On est habitué, on aime le monde, on aime jaser avec les gens.On est chanceux d\u2019avoir des compliments.La dernière fois, un acteur connu m\u2019a donné un cadeau.Parfois il y a du monde plus craintif, mais qui veulent s\u2019approcher, méfiant au début, mais après c\u2019est : « Salut Max ! » On sent qu\u2019ils viennent d\u2019une autre classe, un autre milieu, mais on se rapproche.J\u2019étais gêné au début, ça m\u2019intimidait, je pensais jamais tougher avec ce genre de clientèle.C\u2019est une clientèle chic, pas des tout nus là.Je me sens tellement accepté, je me sens en famille avec eux, j\u2019ai fait mes preuves.Manon : Moi aussi je suis bien aimée à mon spot de vente.C\u2019est sûr que quand tu as une certaine personnalité, les gens aiment venir vers toi.Le monde me connaît là-bas, je sais que si certaines personnes étaient méchantes avec moi, j\u2019aurais du monde qui prendraient ma défense.Mais avec la pandémie, ça n\u2019a pas été évident.On s\u2019approche moins, on me parle moins.Manon : Justement, quand quelqu\u2019un me demande si je veux me réchauffer, je le fais, mais je peux pas rester longtemps, mes clients ne me voient pas ! Maxime : Moi, c\u2019est vrai, quand j\u2019y pense, au TNM, les gens sont tellement généreux, on est tellement aimé.J\u2019ai hâte que ça reprenne.Quand il fait froid, ils me laissent m\u2019asseoir sur les petits sofas à l\u2019entrée.C\u2019était la seule place ! Dans le Quartier des spectacles y\u2019ont toute vu, y\u2019en a qui sont allés aux toilettes, qui se shootent pis toute.Mais ils me connaissent et ils m'aiment bien, ils m\u2019ouvrent les portes pour ça.Je veux les remercier.Maxime : Bon, c\u2019est toi qui a le mot de la fin Manon ! Maxime : 25 ans ! Manon : Une fois, un opérateur de la STM m\u2019a crié : « Manon t\u2019es la meilleure ! » Je pense que c\u2019était en 2015, j\u2019avais lancé des fleurs à la STM dans un mot de camelot.J\u2019ai aussi eu cette histoire d\u2019un travailleur de la STM qui m\u2019a fait une accolade amicale.Manon : Au début, quand les camelots me parlaient de vendre L\u2019Itinéraire, dont l\u2019un d\u2019entre eux qui vendait devant le Jean-Coutu sur Ontario, je disais non.Je connaissais pas ça ! Mais je me suis dit que c\u2019était peut-être pour moi.J\u2019étais gênée dans les premiers temps.Aujourd\u2019hui, ça fait huit ans.Toi, ça fait combien de temps ?Manon : Depuis la pandémie, on n\u2019a pas le droit d\u2019aller aux toilettes, et même avant, on pouvait y avoir accès, mais seulement à certains endroits.Les toilettes, c\u2019est nécessaire parce que c\u2019est un besoin essentiel.Une suggestion serait d\u2019installer des toilettes chimiques presque à chaque station de métro et à d\u2019autres endroits clés de la ville.Maxime : Et quand on demande aux commerçants, on a encore l\u2019image, même avec le suit [ le dossard ] de L\u2019Itinéraire, on a encore une esti d\u2019image.Quand c\u2019est non, c\u2019est non.Il y a encore beaucoup de préjugés à notre endroit.Manon : Y\u2019en a qui brisent les toilettes et on est pénalisé.Faut pas mettre tout le monde dans le même bateau.On paye pour les autres pis de manière gratuite, sans raison, on ne nous permet pas d\u2019y aller.C\u2019est aussi plus facile pour un homme que pour une femme.Et aussi, quand on est dehors, l\u2019envie est plus intense avec le froid.Il ne faut pas l\u2019oublier, ça ! En parlant de gratuit, je me rappelle qu\u2019à l\u2019époque ça coûtait 10 sous pour aller aux toilettes publiques.Je me souviens qu\u2019un jour, c\u2019était pressant et j\u2019avais oublié mes sous.J\u2019ai crié : « AH NON J\u2019AI OUBLIÉ MON 10 SOUS ! » Je suis revenue sur mes pas pour aller chercher mon argent, à la vitesse grand V, à toute allure.(Rires).Maxime : Nous on veut travailler, mais celui qui mendie aussi est dans le besoin.Et plein de besoins.On est souvent mis dans le même paquet.C\u2019est pas facile, dans le Quartier des spectacles, j\u2019ai tout vu ! T\u2019es en plein centre-ville, là ! Manon : Certaines personnes peuvent être sensibles quand elles se voient refuser l\u2019accès aux toilettes, ou à la chaleur en temps froid.Ils ne savent pas ce que la personne vit.Avec ma veste de L\u2019Itinéraire, ça arrive qu\u2019on soit mieux accueilli, mais d\u2019autres vont aussi avoir des préjugés.Mais y\u2019a encore du bon monde qui m\u2019encourage et qui me donne des permissions.Conversation entre deux camelots Grandeur et misère d\u2019un spot de vente À quoi tu penses quand tu vends la revue ?1 Je pense à vendre mes revues, mais aussi à aller aux toilettes.(Rires) 3 À l\u2019argent parce que c\u2019est ma source de revenu ! Toi ?2 Maxime : C\u2019est vrai.Ce qui m\u2019aide à tenir le coup, moi, c\u2019est surtout de voir ma clientèle.Quand on me dit : « Salut Maxime, comment ça va, je suis content de te voir », c\u2019est spécial.S\u2019il fait froid, je vais endurer, ça fait bien des années que j\u2019endure.Quand c\u2019était ouvert, j\u2019allais dans les cafés, comme au McDo.Aujourd\u2019hui en période de grand froid, je vais réduire mon temps, je vais faire une heure, deux heures.Quand c\u2019est fini je m\u2019en vais.Je vends au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), c\u2019est sûr que c\u2019est plate la fermeture, mais au froid qu\u2019il faisait en janvier et février, c\u2019était correct aussi. Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault itineraire.ca 1er avril 2022 itineraire.ca 1er avril 2022 Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.D I A N A P A R K H O U S E | U N S P L A S H ET JE VAIS ME COUCHER EN ME DISANT QUE SI LE PIRE ÉTAIT POUR ARRIVER, AU MOINS JE MOURRAIS EN SANTÉ, QUE JE NE VERRAIS PAS TROP LA PEUR SUR LE VISAGE DE MON PROCHAIN MASQUÉ ET QUE JAMAIS DEUX MÈTRES N\u2019AURONT ÉTÉ UNE SI GRANDE DISTANCE POUR SÉPARER L\u2019HUMANITÉ.Comment on fait pour se réveiller ?Moi, par exemple, je suis pas mal certain que je ne serai jamais astronaute ou joueur de hockey professionnel.Donc, officiellement adulte, on estime commencer à avoir une certaine expérience de la vie et il y a des choses que l\u2019on est pratiquement certain de ne jamais voir de notre vivant.Pour n\u2019en nommer que deux, je dirais que je n\u2019aurais jamais pensé que le capitalisme se mettrait lui-même « en pause » durant des mois et des mois à cause d\u2019un virus invisible qui ferait trembler le monde entier pendant des années.Et je ne pensais pas non plus voir de guerres d\u2019annexion de masses à l\u2019intérieur de ce qu\u2019on appelle la civilisation occidentale, qu\u2019on en arriverait un jour à entendre le bruit des bottes comme dans les films sur les nazis et commencer à se demander sérieusement si la 3e Guerre mondiale n\u2019était pas sur le point d\u2019éclater.Plus ça change, plus ça ne change pas Quand j\u2019ai été plus en âge de me faire ma propre opinion sur le monde, moi aussi je suis allé manifester contre la guerre.J\u2019étais content, en 2003, quand nous étions plus de 200 000 à marcher sur Montréal contre la guerre en Irak et les fameuses fausses « armes de destruction massive » de Saddam Hussein, même si je me disais que le président Bush n\u2019en avait certainement rien à branler de l\u2019opinion des Canadiens sur sa croisade contre « l\u2019Axe du mal ».Au moins, j\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir fait ce que je pouvais faire à ma petite échelle et au final, j\u2019avais au moins eu la victoire morale de me dire que le pays dans lequel je vivais n\u2019avait pas pris part à cette entreprise absurde.Puis pendant un temps, j\u2019avais presque une sorte de tristesse quand je repensais à la fin de l\u2019URSS et à la chute du mur de Berlin.Pas parce que j\u2019avais de la graine de dictateur en moi, mais parce que je repensais à ces millions et millions de personnes, à tant de générations d\u2019intellectuels qui avaient cru qu\u2019un autre monde était possible.Qu\u2019il y avait une humanité en dehors du capitalisme, du colonialisme, du racisme et tutti quanti.Qu\u2019un monde où l\u2019homme ne serait plus un loup pour l\u2019homme.Que ce monde était concevable et que, bien qu\u2019imparfaitement, on avait au moins essayé de le mettre en pratique dans plusieurs dizaines de pays.J\u2019ai fini par me dire que l\u2019idéal communiste n\u2019avait justement jamais été autre chose que cela, un idéal, et qu\u2019en fait le monde s\u2019était seulement divisé entre capitalisme d\u2019État et capitalisme privé.Avancer vers l\u2019arrière Puis, je me suis mis à m\u2019en faire pour l\u2019environnement.Me disant que si moi j\u2019allais peut-être finir ma vie sur une planète habitable, j\u2019étais loin de penser que ce serait le cas de mes enfants, ou à tout le moins des leurs.Même de cela je ne suis plus certain du tout.Ensuite, nos voisins d\u2019en bas ont élu un barjot dont on doutait fortement de la santé mentale et s\u2019il n\u2019allait pas justement appuyer sur le fameux bouton rouge dans un quelconque accès de folie.Sitôt le psychopathe orange parti, nous voilà soudainement tous en pandémie, nous réveillant pour constater qu\u2019il n\u2019est jamais parti, qu\u2019il s\u2019est juste téléporté en Russie.Et quand je prends un peu de temps pour y penser, c\u2019est en me demandant combien de fois encore il faudra me vacciner pendant qu\u2019on regarde le tiers-monde et maintenant l\u2019Europe prête à exploser.Et je vais me coucher en me disant que si le pire était pour arriver, au moins je mourrais en santé, que je ne verrais pas trop la peur sur le visage de mon prochain masqué et que jamais deux mètres n\u2019auront été une si grande distance pour séparer l\u2019humanité.Le pire depuis la crise des missiles ?Comme je disais, avec une certaine maturité, on perd souvent quelques rêves de jeunesse.Il ne me viendrait plus à l\u2019idée d\u2019écrire au père Noël pour souhaiter la paix dans le monde.Je sais bien que depuis au moins 1 000 ans, pas une seule année ne s\u2019est passée sans qu\u2019il n\u2019y ait au minimum une guerre quelque part.Et je pensais qu\u2019il n\u2019y en aurait probablement aucune non plus de mon vivant.Au pire je me disais que les Balkans allaient peut-être se balkaniser encore un peu (allez, sans Google, combien de pays font maintenant partie de l\u2019ex-Yougoslavie ?), mais jamais je n\u2019aurais pensé être aussi sérieusement angoissé de la perspective d\u2019une 3e Guerre mondiale.Quand j\u2019étais gamin, j\u2019adorais quand ma mère m\u2019expliquait à sa façon l\u2019histoire du monde.Les deux grandes guerres, les camps de la mort, les manifs contre le Vietnam, etc.Même si seulement 25 ans nous séparent, j\u2019avais l\u2019impression qu\u2019elle me parlait d\u2019un monde tellement lointain quand elle me racontait qu\u2019au primaire, toute sa classe marchait en rang d\u2019oignons pour aller prier à l\u2019église contre le méchant Fidel Castro et les communistes.Pourtant, c\u2019était il y a à peine 60 ans, en 1962, lors de la crise des missiles où l\u2019humanité est fort probablement passée à un cheveu de son autodestruction.Il y a déjà un petit moment que j\u2019ai passé la quarantaine, le moment de la vie où statistiquement il y en a probablement autant en avant qu\u2019en arrière ; le moment à tout le moins où on ne peut clairement plus dire qu\u2019on est encore dans nos années de jeunesse et que tout est possible.39 38 Préposé à la distribution par Yves Grégoire Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.Une seule santé est un concept qui date des années 2000, mais qui résume une idée connue depuis plus d\u2019un siècle, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé animale.Il met en lumière l\u2019interconnexion entre les humains, les animaux et l\u2019environnement en général selon laquelle la santé des uns affecte celle des autres.Prise de conscience mondiale Cette interconnexion favorise dans certains cas l\u2019échange d\u2019agents infectieux entre espèces et peut révéler dans certains cas l\u2019apparition de zoonoses, des maladies qui se transmettent naturellement entre animaux et humains.Les importants changements des écosystèmes planétaires, l\u2019intervention humaine, favorisent l\u2019interaction et donc la propagation de zoonoses.D\u2019ailleurs, 75 % des maladies infectieuses chez les humains sont d\u2019origine animale.Prenons la COVID.Son origine animale n\u2019est pas encore prouvée, mais on sait qu\u2019elle peut se transmettre de l\u2019animal à l\u2019homme.Et la pandémie aura fait prendre conscience de l\u2019importance de considérer le concept d\u2019Une seule santé pour prévenir de prochaines pandémies.Et la prise de conscience est mondiale.L\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), l\u2019Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l\u2019Organisation mondiale de la Santé (OMS), à laquelle s\u2019ajoute le Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (PNUE), travaillent ensemble sur ce concept.Prévenir et gérer les pandémies futures Le tout a d\u2019ailleurs commencé bien avant la COVID sur le thème de la résistance aux antimicrobiens, et a fait l\u2019objet d\u2019un guide pour le contrôle des zoonoses publié en 2019 et accessible en ligne sur le site de la FAO.Au Canada, il existe déjà le réseau de recherche pour la santé globale nommée Global 1HN.Un joueur important dans l\u2019amélioration de la gouvernance mondiale des maladies infectieuses et de la résistance aux antimicrobiens, qui pourrait être doublé d\u2019un traité international sur les pandémies.En 2021, L\u2019OMS a proposé un tel traité, qui aurait, en vertu du droit international, pour effet de munir les différents pays membres de moyens de gestion, de prévention et de résilience face aux prochaines pandémies.Certains chercheurs recommandent d\u2019ailleurs la création d\u2019une structure mondiale permanente comme celle pour la biodiversité et contre les changements climatiques.Une seule santé Des animaux de l\u2019ère glaciaire au côté de l\u2019humanité Des chercheurs du McMaster Ancient DNA Center ont découvert que les mammouths laineux et les chevaux de la région du centre du Yukon appelé le Klondike ont vécu bien plus longtemps qu\u2019estimé : 3000 ans de plus.Une disparition plus lente C\u2019est ce que révèle l\u2019étude d\u2019échantillons de sédiments prélevés dans la partie glacée du sol, le pergélisol, de cette ancienne steppe à mammouths en 2010, par l\u2019Université de l\u2019Alberta.Ces carottes qui contiennent une très grande quantité d\u2019ADN environnemental étaient jusqu\u2019alors conservées en chambre froide.Récemment, elles ont été étudiées par des paléogénéticiens pour comprendre l\u2019extinction il y a environ 12 700 ans de l\u2019ensemble des animaux de grande taille, la mégafaune.Avec 21 carottes de pergélisol vieilles de 4 000 à 30 000 ans prélevées sur quatre sites du Klondike, les chercheurs ont pu analyser des sédiments de certains microfossiles et réassembler des fragments de génomes pour étudier leur évolution.La transition Pléistocène-Holocène (entre la dernière période glaciaire et celle, plus tempérée, dans laquelle nous vivons depuis 12 000 ans) a été une période de grands changements.Elle engendra entre autres le remplacement de l\u2019ancienne steppe à mammouths du pont de la Béringie (une étendue de terre qui reliait alors le Yukon à la Sibérie) par la forêt boréale actuelle.Elle sonnera ainsi le glas des mégaherbivores de l\u2019ère glaciaire, tels le mammouth laineux, le cheval du Yukon et le bison des steppes ainsi que des prédateurs comme le lion de Béringie.Mais moins rapidement que ne le pensait la science.Des animaux de l\u2019ère glaciaire et nous Contrairement à l\u2019étude des ossements fossiles, les chercheurs ont pu constater, grâce aux nouvelles techniques d\u2019analyse ADN, la manière dont les écosystèmes se sont progressivement modifiés.Et par là même, que la disparition de certains mégaherbivores aurait été plus graduelle qu'anticipée.On sait par exemple que les mammouths laineux et les chevaux auraient survécu jusqu\u2019à 7 000 ans avant nous.Le bison des Steppes pour sa part aurait survécu jusqu\u2019à il y a 400 ans.Il n\u2019y avait pas de preuves que la mégafaune ait survécu aussi longtemps avant l\u2019étude de sédiments.Des chercheurs du Centre de géogénétique de Copenhague ont des preuves de présence de chevaux et de mammouths en Alaska il y a 7 900 ans, et de 3 900 ans en Sibérie ainsi que du rhinocéros laineux à moins de 9 800 ans.Donc, certains animaux de la mégafaune auraient vécu en même temps que les premiers humains.Des animaux de l\u2019ère glaciaire qui vivaient donc en même temps que les premiers bâtisseurs de pyramides.Mais les chercheurs restent prudents sur l\u2019interprétation des données qu\u2019ils recueillent.Car avec le gel et le dégel du pergélisol et surtout le réchauffement de l\u2019Arctique, les informations génétiques de différentes périodes peuvent se mélanger.41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er avril 2022 1er avril 2022 Humoriste Christian Vanasse D\u2019la liberté sur Marketplace C'est quand même un drôle de moment qu\u2019on est en train de vivre.Pas drôle dans le sens à se taper sur les cuisses, mais plus dans le sens de se prendre la tête à deux mains pis de se la rentrer profond dedans comme une autruche, comme dirait mononc\u2019 Gérard.À peine sorti de la pandémie, voilà qu\u2019on se retrouve sur le bord de la 3e Guerre mondiale.On est comme des marmottes qui seraient sorties de leur terrier, mais au lieu de voir notre ombre, on aurait vu les 4 Cavaliers de l\u2019Apocalypse.Ça donne quasiment le goût de retourner se confiner en mou.La seule consolation c\u2019est que la COVID a attrapé Jean Charest.Ce sale virus n\u2019a que ce qu\u2019il mérite.Que voulez-vous, on va prendre les bonnes nouvelles qu\u2019on peut tellement elles se font rares.Par exemple, ce qui se passe en Ukraine relativise grandement le sacrifice de nos « combattants de la libarté » qui criaient « Phoque Trudeau » bien au chaud dans un spa à Ottawa.J\u2019en profite pour saluer l\u2019immense courage des Russes opposés à la guerre qui manifestent de toutes sortes de manières.Ils risquent gros.Parce qu\u2019à côté des antiémeutes russes, les agents de la GRC ont l\u2019air de petits poodles qui essaient de nouvelles pantoufles sur le comptoir chromé d\u2019un Mondou.On dirait qu\u2019on ne se rend pas compte de notre bonheur qu\u2019en le comparant aux malheurs des autres.Tiens, juste notre traditionnelle « semaine de relâche » qui fut plus que bienvenue cette année, parce que l\u2019hiver nous avait pas mal maganés et qu\u2019on avait le moral un peu à plat.De ce temps-ci, y\u2019a ben des endroits dans le monde qui en profiteraient pas mal plus que nous autres d\u2019une semaine de relâche.En plus, le printemps arrive, avec lui le dégel pis le décon- finement, et on va enfin retrouver toutes nos précieuses libertés perdues pendant la pandémie\u2026 pour laquelle nous avons d\u2019ailleurs bénéficié de vaccins gratuits.Avec le dégel on va peut-être aussi retrouver tout ce qu\u2019on avait perdu dans les bancs de neige.Ça, c\u2019est une autre histoire et elle n\u2019est pas toujours glorieuse, mais les rues seront balayées et les arbres fleuriront.Nous pourrons profiter à nouveau de nos libertés un peu partout.De toute façon, au rythme où ça va, il ne restera bientôt plus grand-chose à déconfiner.Les bars, les restos, les salles de spectacles sont ouverts et à pleine capacité.Les aficionados du chant pompette vont pouvoir retourner chanter I will survive au karaoké.Au Centre Bell, pour rattraper le temps et les billets perdus, ils vont pouvoir empiler trois spectateurs par siège, s\u2019ils sont de la même bulle familiale, envoye donc.Hey ! L\u2019économie va rouler.Ben, aussi loin que l\u2019prix du gaz va le permettre, mais au moins ça va rouler.On va se lâcher le mou, s\u2019habiller en dur pis retourner travailler et les seuls déçus seront nos plantes d\u2019intérieur et nos animaux domestiques.Pauvres eux qui étaient devenus le centre de toute notre attention depuis deux ans sans avoir besoin de perdre des feuilles ou faire tomber des affaires du frigidaire.Je vous le dis, il va y avoir de la dépression chez les chatons sur un moyen temps.Mais quand on reviendra à la maison ou à l\u2019appartement, ils seront encore là.Et demain encore.Et le jour suivant.Non mais, c\u2019est ça notre vie pareil.Sachons l\u2019apprécier.Tous ces petits bonheurs sont à notre portée sans qu\u2019on ne le remarque toujours.Et si nous avons chaque jour la liberté d\u2019en profiter nous avons aussi l\u2019immense luxe de parfois l\u2019oublier.Comme disait le poète, « nous vivons dans un pays dangereusement en paix » et des fois, on ne se rend même plus compte à quel point on est gras durs de joies, de bonheurs et de libertés.On en a tellement, qu\u2019il y en a dont on ne se sert même plus.On en a tellement, qu\u2019on pourrait en mettre en vente sur Markertplace.Hé boy ! le jour où on va faire ça, je vous jure que des Syriens, des Somaliens, des Yéménites, des Ukrainiens pis un bon paquet d\u2019autres nous écriraient assez vite : « Cet article est-il encore disponible ?» S I O U C A M E L O T M O N T - R O Y A L / B O R D E A U X B D B D itineraire.ca 1er avril 2022 43 Solutions dans le prochain numéro Attachas Cuite Unités agraires Pousseraient Hurle Tremblerai Qui fonctionnent selon une période de 24 heures Assiettes Tsar Anodonte Astate Dispendieuse Négation Bienheureuse Se rendraient Pronom Pianiste français Argon Élime Armée irlandaise Brancard École Aimées Mesurées Contestasse Rayon Dans la rose des vents Id est C C G L S E T I E M E S E N A S S E N O E R U E S E N I R A R E B A T E I E I R A E I N T D E E N E T S A T L I S C E U E L L E S R O I I R A I V B R R E A I 5 9 6 7 3 7 6 5 4 3 9 1 8 2 3 9 8 7 1 2 5 6 4 2 1 4 5 8 6 7 3 9 9 7 2 3 5 1 6 4 8 8 4 3 6 9 7 2 1 5 6 5 1 2 4 8 3 9 7 1 8 7 9 2 3 4 5 6 4 3 6 8 7 5 9 2 1 5 2 9 1 6 4 8 7 3 - 15 mars 2022 horizontalement 1.Compétitrices.2.Pomperions.3.Note.- Titane.- Rendue égale.4.Émirent des sons.- Foncer.5.Érigne.- Astate.- Première chrétienne.6.Dieu égyptien.- Franchir.7.Deux.- Anarchiste.- Île française.8.Organe de la vue.- Alèse.9.Nord-nord-ouest.- Mutilent.10.Stère.- Estuaire.- Possèdent.verticalement 1.Démêlerions des fibres.2.Obtempéreraient.3.Nanoseconde.- Rigolé.- Vache sacrée.4.Notent.5.Pissera.- Brigitte Bardot.6.Rubidium.- Relative à un orifice.7.Rait.- Boire.8.Ratiocineras.9.Contestas.- Préfixe signifiant égal.10.Fondues puis regelées.- Monnaie divisionnaire.11.Exaspérèrent.12.Sud-sud-est.- Âge.Grille numéro : 67445 1 9 4 5 4 7 8 3 9 2 5 1 3 5 8 8 6 3 1 5 2 1 4 7 5 8 1 9 2 3 7 8 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente Ravie Dépensière Promenade Rayon Décorent Orange Donner de l\u2019importance Désavantageaient Maladie Traité des Noirs Parti politique Rare Ver marin Conteste Jonction anatomique Lien Concentra Arbres De L\u2019ONU Pronom Compagne de Tristan Nouvelle lune Crustacé Existes Propre Causées Mangions Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! LOUISE DAV | PIXABAY DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Dans le prochain numéro de L\u2019Itinéraire.Rencontrez le nouveau maire de Laval, Stéphane Boyer, qui représente bien la nouvelle génération des leaders municipaux.Notre camelot Gabriel Lavoie et le journaliste Simon Bolduc se sont entretenus avec le maire pour parler des grands thèmes sociaux, environnementaux et autres enjeux de la 3e plus grande ville du Québec.D A V I D H I M B E R T Société : Les bénévoles constituent une grande force dans notre société.Sans eux et elles, de nombreux établissements et organismes - comme L'Itinéraire - ne pourraient simplement pas fonctionner.Témoignages, hommages et de belles histoires de ces gens qui consacrent librement de leur temps et de leur énergie pour leurs prochains.ANNONCEZ DANS L'ITINÉRAIRE ! Offrez-vous une belle visibilité pour faire connaître vos produits, services et activités en plaçant une publicité dans nos pages.Du même coup, affichez votre responsabilité sociale envers un organisme qui fait une différence ! Contactez-nous dès maintenant : jopanray@itineraire.ca.| 514 597-0238 p.234 TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHAND DE B O NHEUR , M ARCHAND DE CHALEUR ?! "]
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