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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 15 août 2023
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2023, Collections de BAnQ.

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[" PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Volume XXX, n?15 Montréal, 15 août 2023 stm.info/metiers Devenir travailleur de métier spécialisé, ça vous parle?Postulez.MON TERRAIN DE JEU FAIT 71 KILOMÈTRES DE LONG.P U B L I C I T É Par Nicole Blais ?Bénévole à la rédaction L\u2019Itinéraire remercie Les Artisans D\u2019Azure pour l\u2019habillement et le décor utilisés pour la photo.SIMON BOLDUC Céline est née en septembre 1964 sur le Plateau Mont-Royal.Elle est la dernière de quatre enfants.À un an, elle chute d\u2019un troisième étage, mais s\u2019en tire miraculeusement avec une seule fracture à une jambe.Six mois plus tard, sa mère décède d\u2019un cancer fulgurant du foie.Décision assez rare pour l\u2019époque, son père décide de garder les enfants, mais acceptera que Céline soit prise en charge, vu son jeune âge et les soins consécutifs à sa chute, par sa marraine puis par un oncle et une tante.Elle ne réintégrera sa famille de façon permanente qu\u2019à l\u2019âge de 7 ans.Elle admire son père, un homme courageux d\u2019une grande douceur, qui plaçait très haut l\u2019éducation dans ses valeurs.D\u2019ailleurs, les quatre enfants seront tous diplômés.Mais alors qu\u2019est-ce qui a dérapé dans le parcours de Céline ?C\u2019est la rencontre d\u2019hommes violents, verbalement et physiquement ; trois relations successives profondément toxiques qui l\u2019ont éloignée de sa famille, ont miné son estime de soi et anéanti sa combativité.La seule chose positive de ces 25 ans de rabaissement, c\u2019est un fils, le plus grand cadeau de sa vie.En 2009, c\u2019est le crash total.Elle perd tout, se retrouve à la rue et plonge dans une profonde dépression.« C\u2019est comme si tu remettais toujours le même linge sale, jour après jour.» Trois ans d\u2019errance, à passer d\u2019un endroit à l\u2019autre.Céline est croyante et c\u2019est sans doute ce qui l\u2019a sauvée.« Les belles choses ont commencé à arriver ! » Elle retourne vers sa famille et, surtout, fait la connaissance de L\u2019Itinéraire en 2013.Ce fut comme un déclic : « Je suis dans la vraie vie avec des personnes bienveillantes et j\u2019y suis bien ! » Elle aime tout de L\u2019Itinéraire et s\u2019étonne encore qu\u2019on soit si gentil avec elle.« Et t\u2019as des projets qui te forcent à te dépasser ! » Elle fait maintenant du théâtre grâce à un projet conjoint avec la LNI et, depuis tout récemment, a intégré le conseil d\u2019administration du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Camelot n° 01166 \u2022 Âge 58 ans Point de vente PJC Masson / Saint-Michel PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, commu - niquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réali - ser des projets d\u2019économie sociale et des pro - grammes d\u2019insertion socioprofessionnelle, des - tinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant no - tamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développe - ment social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contri - buent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider au - tant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000  donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. 15 août 2023 Volume XXX, no 15 Le médiéval fascine bon nombre de Québécois depuis plusieurs décennies maintenant.On peut parler d\u2019une véritable industrie, avec ses entreprises, ses événements, son mode de vie qui exerce une attraction auprès de plus en plus d\u2019adeptes.Depuis des années que les Artisans d\u2019Azure, une entreprise qui fabrique des habits, des armes et tout un éventail d\u2019équipement médiéval est voisin de L\u2019Itinéraire, ce n\u2019est que dernièrement que nous avons poussé notre curiosité et demandé au propriétaire s\u2019il pouvait nous faire visiter ce magasin hors norme.Ce qu\u2019il a accepté avec fierté.Les lieux sont fascinants ! Si à l\u2019étage les costumes, épées, armures, bottes et autres accessoires sont exposés en boutique, c\u2019est le sous-sol qui a le plus attiré notre attention.Cet atelier de fabrication bourdonne d\u2019activité avec une dizaine d\u2019artisans qui s\u2019affairent sur diverses créations.Ça sent le cuir, dont de grosses pièces s\u2019entassent sur les étagères, prêtes à être confectionnées par ces véritables passionnés du Moyen Âge.Le commerce fournit les adeptes des Grandeurs Natures, ces événements axés sur le médiéval.Et il n\u2019est pas le seul, on répertorie des dizaines de magasins ayant pignon sur rue et des boutiques en ligne tout comme des restaurants et événements qui gravitent autour de cette thématique.Ce qui n\u2019a pas manqué de nous questionner : quelle est l\u2019ampleur de ce phénomène, de cette passion pour le médiéval au Québec ?Nous avons chargé la journaliste-pigiste Dominique Caron de faire le tour de la question et demandé à notre journaliste Simon Bolduc de nous parler du Duché de Bicolline, le plus grand village médiéval au monde, situé à Saint-Mathieu-du-Parc, près de Shawinigan.Chaque année, depuis 1996, des milliers de personnes investissent l\u2019endroit pour participer ou assister à la « Grande Bataille ».Des familles entières qui délaissent leurs identités modernes pour plonger complètement dans le Moyen Âge.Quand on parle d\u2019engouement, c\u2019est du sérieux ! On pourrait expliquer le phénomène par une fascination pour une époque où tout était plus simple, une époque qui baignait dans le romantisme et la magie.Tout de cette période de l\u2019histoire séduit les personnes en quête d\u2019évasion: l\u2019habillement, le parler, les légendes, le fantastique.Le tout alimenté par les Tolkien et cinéastes de ce monde qui mettent le médiéval à l\u2019honneur avec Le Seigneur des anneaux et Game of Thrones ainsi que des jeux comme Donjons et Dragons ou Assassin\u2019s Creed pour ne citer que ceux-là.Bien sûr, vivre à la médiévale aujourd\u2019hui est plus sécuritaire qu\u2019à l\u2019époque avec ses maladies dont la peste, les rats et \u2026 les dragons.C\u2019est une belle échappatoire qui profite tant aux médiévistes qu\u2019aux commerces qui les alimentent.Difficile de chiffrer en dollars combien génère cette industrie et combien de gens elle fait travailler, mais chose certaine : elle semble être là pour rester.Donc, gentes dames et damoiseaux et preux chevaliers, entrez dans ces pages qui mettent à l\u2019honneur le médiéval dans tout ce qu\u2019il a de plus créatif et divertissant ! LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Cheffe comptable MARCELA CHAVES Commis comptable SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste, cheffe de pupitre SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle GABRIEL LAVOIE Participant aide-journaliste Composition de La Une CARLA BRAGA Photo fournie par LES ARTISANS D'AZURE DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Directrice - Développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté et contenu numérique ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement communautaire ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale VINCENT OZROUT Intervenant psychosocial DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café M.Paul JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets intérimaire - Programmes autochtones JULIE CHARBONNEAU Intervenante psychosociale JENNY MILLS Intervenante psychosociale CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Administrateurs CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots CÉLINE MARCHAND - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef 14 24 34 Mots de camelots 3 Zoom sur Céline Marchand 9 Rhéo Denis Gallant 9 Gaétan Vaillancourt 9 Nicole Giard 15 camelots ont participé à cette éditio n O Y E Z O Y E Z É R I K A E S S E R T A I Z E C A M P S L É G E N D A I R E S S I M O N B O L D U C 14 Entre les troubadours, les dragons, les mercenaires, les druides, les donjons, les chevaliers, la richesse de l\u2019imaginaire légué par l\u2019époque du Moyen Âge se manifeste sous de multiples formes que ce soit l\u2019artisanat, le cinéma, les jeux de tables, jeux de rôle ou les jeux vidéo.Longtemps relégué au titre de sous-culture, l\u2019amour du médiéval est plus que jamais ancré dans la culture populaire, et l\u2019industrie grandissante qui exploite ce filon d\u2019or en est la preuve.8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité C-18, journaux imprimés et l\u2019avenir des salles de presse Gabriel Lavoie 12  Sans détour Avant / Après Christian Tarte 24  Régions Le Duché de Bicolline Simon Bolduc 32  Dans la tête des camelots Aurais-tu aimé vivre au Moyen Âge ?Si oui, qui aurais-tu été ?34  Culture L\u2019Acadie en musique : C\u2019est comme ça que je parle ! Félix Lacerte-Gauthier 40  Mieux vaut en écouter ! Karine Bénézet 42  Montréalités d'ici Namron 43  C\u2019t\u2019encore drôle Pier-Luc Ouellet 44  Détente Dominique Caron 15 août 2023 Volume XXX, no 15 À la une L E S A R T I S A N S D ' A Z U R E Texte traduit et adapté par Josée Panet-Raymond Les vendeurs de journaux de rue en Europe sont confrontés à une crise climatique majeure due aux canicules intenses qui frappent le continent et d\u2019autres régions du monde.Ces camelots font face à des défis supplémentaires en plus de la lutte contre le sans- abrisme, la pauvreté et l\u2019exclusion sociale.L\u2019International Network of Street Papers (INSP) diffuse des récits sur les personnes marginalisées touchées de manière disproportionnée par les conditions météorologiques extrêmes.Le Projet sur les catastrophes climatiques en est un exemple.Cet article a documenté l\u2019impact du dôme de chaleur canadien de l\u2019été 2021 sur les camelots du journal de rue Megaphone de Vancouver.Aujourd\u2019hui, les vendeurs de journaux dans différentes parties de l\u2019Europe partagent leurs expériences en rapport aux températures extrêmement élevées de cet été.En Italie, les canicules ont été dévastatrices, avec des vagues de chaleur dans le sud et des tempêtes de grêle dans le nord.Sabrina Montanarella, du journal de rue milanais Scarp de\u2019tenis, raconte l\u2019histoire tragique d\u2019un homme sans domicile fixe décédé à Rome en raison de la chaleur et de l\u2019indifférence des passants.Les conditions météorologiques imprévisibles ont également affecté les ventes de journaux, avec des journées très chaudes ou de fortes pluies qui découragent les gens de sortir, compromettant ainsi les ventes des vendeurs de rue.En Grèce, l\u2019épicentre de la canicule, les températures dépassaient les 40°C à Athènes, provoquant la fermeture de l\u2019Acropole aux touristes et des incendies de forêt à proximité.Les vendeurs de journaux, au nombre d\u2019environ 70 à Athènes, sont confrontés à des conditions extrêmes et à une baisse des ventes.Shedia, le journal de rue grec, a arrêté temporairement la distribution des magazines pour protéger les camelots du danger, mais cela pose des questions sur la garantie de leurs revenus à long terme.En Europe du Nord, où la chaleur n\u2019est pas aussi extrême, les vendeurs de journaux de rue, comme Bernhard Perzanowski en Suède, doivent faire face aux défis posés par des conditions météorologiques moins favorables.Les ventes de journaux sont meilleures lorsque la température se situe entre 22 et 25 degrés, montrant l\u2019impact des conditions météorologiques sur leur travail.En Asie de l\u2019Est également, des températures élevées sont enregistrées, et The Big Issue Japan a pris des mesures pour aider ses vendeurs.Ils ont fourni des informations en ligne sur les emplacements ombragés et ont distribué des vestes avec un mécanisme de circulation d\u2019air froid pour garder les camelots au frais sous le soleil.Face à ces défis climatiques, certains journaux de rue tentent de soutenir leurs vendeurs.Shedia a mis en place des points de vente protégés dans des lieux climatisés, tandis que The Big Issue Japan envisage d\u2019introduire un service d\u2019abonnement pour assurer un revenu plus stable aux vendeurs.Dans l\u2019ensemble, les vendeurs de journaux de rue sont en première ligne de la crise climatique, avec des conditions météorologiques extrêmes ayant des conséquences sur leur santé, leurs revenus et leur sécurité.Des efforts sont faits pour les soutenir, mais il reste un besoin urgent de trouver des solutions durables pour faire face à ces nouveaux défis imposés par la crise climatique.Courtoisie de Reuters / INSP La crise climatique et l\u2019impact sur les camelots EUROPE R E U T E R S Un vendeur de Big Issue Japan porte une des vestes spéciales distribuées par le magazine pour les aider à rester au frais. Kenneth et le Groupe 1755 Tous les Acadiens connaissent le groupe 1755.C\u2019est l\u2019un des groupes de musique traditionnelle les plus populaires en Acadie, qui existe depuis plus de 45 ans.Le groupe a souvent eu des périodes d\u2019arrêt, mais les membres n\u2019hésitent pas à se réunir encore pour faire le party avec leurs fans du début, qui amènent maintenant leurs enfants et leurs petits-enfants.J\u2019aime beaucoup Kenneth Saulnier, l\u2019un des musiciens fondateurs du groupe.Il joue de la guitare, du banjo, mais il faut le voir jouer du violon ; un violon qui doit être vraiment spécial parce que, paraît-il, on l\u2019a volé à trois reprises\u2026 et retrouvé à trois reprises.Kenneth joue à la façon acadienne : il a de la misère à arrêter quand il commence ! Pendant tout l\u2019été, le groupe 1755 et beaucoup d\u2019autres vont faire lever l\u2019Acadie en participant aux nombreux frolics qui se tiennent partout.C\u2019est quoi un « frolic » ?En Acadie, c\u2019était autrefois des corvées qui rassemblaient plein de monde, mais qui finissaient toujours autour d\u2019un repas et par un gros party.Aujourd\u2019hui, on en a gardé l\u2019esprit de fête, et de Tracadie à Sainte-Anne-de-Kent, les frolics vont faire chanter et danser tous les Acadiens.Et mon cœur d\u2019Acadien va être avec eux ! RHÉO DENIS GALLANT CAMELOT MÉTRO CADILLAC JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PREMIÈRE MOISSON PROMENADE MASSON Falaise abrupte Nous avons tous réagi, chacun à notre manière, parfois avec scepticisme, certains avec inquiétude.Pour d\u2019autres, ce fut la mélancolie et le vide existentiel.Une falaise abrupte nous avertit qu\u2019il y a un danger imminent.En 2020, il en a été tout à fait autrement.Nous nous sommes retrouvés du jour au lendemain, sans défense, face à un ennemi redoutable, le virus (COVID) et ses multiples mutations, qui ont fait de nous des proies faciles.Les plus vulnérables en tête de liste : nos bâtisseurs (les aînés) tombés au combat par centaines, comme nos soldats, en temps de guerre.Nous cherchons à valider nos perceptions face à cet intrus.Agressif et sans pitié, le virus s\u2019est installé tout petit soit-il dans nos vies.C\u2019est le grand bouleversement.Il a piaffé nos habitudes de vie, menacé nos commerces, alimenté nos craintes.Les éclosions se multiplient, c\u2019est le chaos dans nos CHSLD.Nos gouvernements sont à pied d\u2019œuvre de concert avec la santé publique.Ces changements qu\u2019on nous a imposés dans nos habitudes de vie nous ont choqués et révoltés.Incrédules, certains chercheront à démêler le vrai du faux.Y a-t-il eu exagération médiatique ?Sommes-nous confrontés à un complot ?Le vaccin renferme-t-il une puce électronique de localisation (GPS) pour nous traquer dans nos faits et gestes ?S\u2019agit-il d\u2019un geste volontaire ?Interdictions par-dessus interdictions, couvre-feu, distanciation, confinement\u2026 Nous avons valsé dans nos déplacements pour éviter la contamination.Ces changements ont transformé nos quartiers.Peuple amoureux et peuple rassembleur, nous nous sommes vus confrontés à notre fragilité, à notre vulnérabilité et à notre impuissance face à l\u2019inconnu.Souvenirs de jeunesse Quand j\u2019avais 20 ans, j\u2019ai rencontré un garçon qui avait mon âge.Il s\u2019appelait Gilles.L\u2019hiver, avec des amis, on faisait des randonnées en ski-doo à Sainte-Julie.On s\u2019arrêtait toujours dans un bar pour se réchauffer.Lui, il aimait travailler sur les moteurs.Il était mécanicien.L\u2019été on faisait du camping à Oka.On avait rencontré un ours à côté du terrain.Il a sauté sur la poubelle et a mis sa tête dedans.C\u2019était un gros ours, c\u2019est rare de voir ça ! Gilles avait une caravane, on couchait dedans.Le matin on se levait, on faisait le déjeuner dehors.Il y avait beaucoup de moustiques.Je me rappelle que nous sommes aussi allés à Sainte-Adèle voir le village de Séraphin.À Noël, on allait d\u2019abord chez nous et ensuite chez eux pour fêter avec les cadeaux.Il voulait rester à Saint-Marc-sur-Richelieu.Il avait acheté un terrain.On l\u2019avait défriché.Il s\u2019est bâti une maison avec son frère.Malheureusement, je l\u2019ai quitté parce que je ne voulais pas rester là.On était loin de tout, il y avait juste des cabanes à sucre.Je m\u2019ennuyais.Quand j\u2019ai voulu revenir avec lui, il n\u2019a pas voulu.Il était trop tard ! Les ponts étaient coupés.Ensuite, quand tout a été fini, j\u2019ai été dans un bar sur le boulevard Taschereau, ça s\u2019appelait Oscar.La waitress s\u2019appelait Alice, c\u2019était mon amie.Le matin, je prenais l\u2019autobus pour aller au bar et jouer aux cartes.Le soir, Alice me raccompagnait.À un moment donné, elle a eu une roulotte à Venise-en-Québec.Elle m\u2019a emmenée là-bas.J\u2019avais loué une roulotte en face de la sienne.On voulait avoir notre intimité.J\u2019y ai passé deux semaines.On faisait du bateau et du pédalo.On jouait à la pétanque.Il y avait beaucoup d\u2019activités.Le soir avec des amis on mangeait dehors et on faisait des feux de camp.Quand il mouillait on rentrait et on jouait aux cartes.J\u2019ai passé deux belles semaines.Ce sont les belles vacances de ma jeunesse.NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL 9 itineraire.ca 15 août 2023 Par Gabriel Lavoie C-18, journaux imprimés et l\u2019avenir des salles de presse - Discussion avec Pablo Rodriguez Cinq jours avant le remaniement ministériel fédéral du mois dernier, Pablo Rodriguez, alors ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, était de passage à L\u2019Itinéraire pour discuter de l\u2019avenir des périodiques imprimés et de la loi C-18, qui est actuellement sur toutes les lèvres dans le monde médiatique canadien.Entrevue avec le ministre qui, depuis le 26 juillet, a hérité du ministère des Transports.Le modèle de réinsertion de L\u2019Itinéraire passe nécessairement par la vente du magazine dans la rue.Quel soutien existe-t-il pour les médias atypiques comme nous, qui n\u2019entrent pas dans les enveloppes destinées au virage numérique et qui entrent difficilement dans les cases pour bénéficier des programmes de soutien ?Tout tend vers le numérique aujourd\u2019hui.Vous êtes un cas unique et ça prend toute sa valeur dans son système de distribution papier.C\u2019est une grosse machine, le fédéral.Il faudrait voir s\u2019il n\u2019y a pas quelque chose à faire à plus petite dimension pour s\u2019adapter à des réalités comme la vôtre.Parce que nos programmes de soutien médiatique, effectivement, sont moins destinés à des journaux comme le vôtre.Mais, vous avez toute votre raison d\u2019être.On va voir ce qui peut être fait.L\u2019Itinéraire s\u2019inscrit de plein droit dans le paysage médiatique québécois, comme un magazine grand public et unique en son genre.Je suis d\u2019accord avec vous, je l\u2019ai acheté je ne sais pas combien de fois, au camelot du marché Atwater.D\u2019après vous, est-ce que c\u2019est la fin du papier ?On tend vers ça, même si personnellement, je ne le souhaite pas.J\u2019ai toujours eu besoin du papier.Je ne lis pas sur une tablette.Quand je me lève le matin, je lis le journal, peu importe lequel, je prends mon café, c\u2019est un moment agréable.Mais la tendance n\u2019est pas au journal imprimé, mais lorsqu\u2019ils y ont des « niches » pertinentes comme vous, je pense que vous avez un avenir aussi.Les gouvernements sont capables d\u2019être astucieux et créatifs pour trouver une façon de vous appuyer.Pablo Rodriguez avec l'assistant journaliste et camelot Gabriel Lavoie.ITI- PR- S I M O N B O L D U C 10 itineraire.ca 15 août 2023 Parlons de la Loi C-18 qui vise à contraindre les géants du web, Meta et Google, à payer leur juste part aux médias canadiens qui produisent le contenu qui se retrouve sur leurs plateformes.Selon le Globe and Mail, certains grands médias, dont le Globe lui-même, ont conclu des ententes privées et confidentielles avec ces géants.Vous voyez ça comment, puisque d\u2019une part c\u2019est comme s\u2019ils abdiquaient, mais en même temps, ils ne veulent pas créer de précédent dont pourraient s\u2019inspirer d\u2019autres pays ?Craignez-vous le contournement de la loi de la part de Meta ou Google ?Non.Ce qu\u2019on veut c\u2019est que les géants du web contribuent de façon juste et équitable.Pas plus et pas moins.Actuellement, 80 % des revenus en ligne vont à Google et Meta, alors qu\u2019ils utilisent du matériel journalistique d\u2019ici qui a de la valeur.Alors moi je leur demande de reconnaître cette valeur et de contribuer.Il y a 500 salles de nouvelles qui ont fermé leurs portes au cours des dernières années.Des grands, des petits, en région, en ville, en anglais, en français, partout ! Ça là, c\u2019est mauvais pour notre démocratie.Quand une presse libre et indépendante, non partisane disparaît, c\u2019est aussi la disparition d\u2019une partie de la démocratie.Quant aux négociations entre Meta et Google avec les médias canadiens, je veux être à l\u2019écart de tout ça.Je ne veux pas être celui qui dit combien d\u2019argent on donne et à qui.Je mets la table, je ferme la porte, j\u2019oblige Meta et Google à s\u2019asseoir d\u2019un bord et les médias de l\u2019autre bord et ils doivent arriver à une entente.S\u2019ils n\u2019arrivent pas à une entente, il y aura médiation et un arbitrage final.Ils utilisent leurs positions dominantes, ce sont des bullies, comme on dit en anglais.Je trouve ça profondément inacceptable ! On va se tenir debout, parce que si on s\u2019écrase pour ça, on va s\u2019écraser sur tout.Ils ont peur, parce que bien des pays nous regardent.Effectivement, tout le monde regarde le Canada en ce moment, particulièrement vous et votre poste, dans lequel vous devez subir une forte pression pour mener à terme adéquatement l\u2019entrée en vigueur de la loi.Est-ce que les pays ou les États comme la Californie, certains pays d\u2019Europe, pourraient se joindre au combat du Canada, faire front commun ?Avez-vous des discussions soutenues avec les autres dirigeants d\u2019autres pays qui envisagent une loi comme la C-18 ?Absolument ! Hier je parlais à mon homologue, ministre de la culture, en Nouvelle-Zélande, ils s\u2019en viennent avec des projets de loi comme nous autres.Je parle aux États-Unis la semaine prochaine.Pourquoi ?Parce que la disparition des salles de nouvelles est un phénomène mondial.C\u2019est souvent de petits médias ! Les petits ont des rôles fondamentaux à jouer ; il y a des régions au Québec qui n\u2019ont plus de couverture.Il reste seulement Radio-Canada, sinon à part ça, rien.Alors, oui, vous avez raison quand vous dites que beaucoup de pays regardent le Canada en ce moment.C\u2019est quoi votre plus grosse crainte dans ce dossier ?Quelles sont les pires conséquences que pourraient subir les Canadiennes et les Canadiens ?Avez-vous un plan ?Que ces entreprises mettent leurs menaces à exécution et bloquent le contenu canadien aux citoyens sur leurs plateformes.Personne n\u2019en sort gagnant, elles se privent elles-mêmes de revenus et de visibilité.Pour une entreprise, une des choses les plus précieuses, c\u2019est sa réputation.Ça ne paraît pas bien si Facebook décide qu\u2019il se retire des nouvelles.En Nouvelle-Zélande, ils vont se retirer aussi ?En Angleterre aussi ?Ils vont se retirer partout ?Pas certain que ce soit un bon plan pour eux.Il y aussi des initiatives intéressantes pour appuyer la loi.J\u2019ai vu cette semaine qu\u2019une centaine d\u2019entreprises au Québec ont décidé de mettre 25 % de leur publicité dans le contenu local et non sur ces réseaux sociaux.Je n\u2019avais pas prévu ça et c\u2019est tant mieux ! Avec cette intimidation de la part de Meta et Google, avez-vous des moments de doute ?Il y a des moments où je trouve ça rough, mais de doute, non.Je suis convaincu qu\u2019on fait la bonne chose.Enlever le projet de loi et les médias n\u2019auront pas une cenne.Présentement, le statu quo n\u2019est pas une option viable.Ils se comportent comme s\u2019ils étaient un gouvernement parallèle et ça, ça ne passe pas.On ne peut pas accepter qu\u2019une entreprise, aussi grande soit-elle, aussi puissante soit-elle, vienne dire : « moi ça ne m\u2019intéresse pas ta loi.» Ce n\u2019est pas acceptable ! L'Australie, qui a adopté un projet de loi similaire récemment, n\u2019a pas protégé les petits médias.Est-ce que c\u2019est ça la différence entre l\u2019Australie et le Canada ?L\u2019Australie a permis la négociation collective aussi, alors beaucoup de petits joueurs ont tiré leur épingle du jeu.Je dirais que le plus important c\u2019est la transparence.En Australie, c\u2019est un ministre qui décide quelle entreprise, quel géant du web est impliqué, et puis quel média peut négocier.Moi j\u2019ai mis des règles en place pour pouvoir m\u2019éloigner des négociations et des décisions finales.Si tu rencontres les critères, tu vas négocier tôt ou tard avec eux.11 itineraire.ca 15 août 2023 sans détour C A R L A B R A G A 12 itineraire.ca 15 août 2023 Ayant été éduqué dans le paraître et non l\u2019être, il fallait toujours que je fasse attention à mes paroles, mes gestes, à mon comportement vis-à-vis des autres et surtout comme ma grand-mère disait : « Faut pas faire de la grosse pépeine au ti-Jésus.» Combien de fois ai-je entendu la fameuse phrase : Pense à ce que les autres vont penser.Donc durant mon enfance, et une partie de mon adolescence, ça se résumait à faire toujours attention, à bien paraître aux yeux des autres.Dans mon cas, ce ne fut pas trop difficile car plus jeune j\u2019étais passablement timide.Mais un jour, vers l\u2019âge de 16 ou 17 ans, avec quelques amis, j\u2019ai découvert l\u2019alcool.Quelle révélation ce fut ! Au début c\u2019était cool, j\u2019étais moins timide, je parlais un peu plus et surtout je pouvais dire ce que je pensais vraiment.Mais ce sentiment ne durait pas, car dès le lendemain, mon éducation et ma timidité me rattrapaient.Retour à la case départ.Par contre, l\u2019effet de l\u2019alcool me procurait une impression, évidemment fausse, de confiance, de bonheur et de quiétude.Pendant plusieurs années, j\u2019ai eu à dealer avec ces deux entités, mon éducation qui me constipait l\u2019intellect et l\u2019alcool qui supposément me faisait l\u2019effet contraire.Pas évident.Et sans surprise, avec les années, mon éducation reprenait le dessus, donc réapparition de la malsaine rengaine « farme ta yeule, fais attention » et du manque de confiance, de la timidité.Au moins, il n\u2019y avait plus le foutu ti-Jésus dans le décor ; disons que je lui avais donné son 4 % depuis plusieurs années.Ce « CHRIST » emmerdeur avait quand même pourri une partie de ma vie.Car la foutue religion a pris beaucoup trop de place dans mon enfance.On dit que l\u2019alcool nous enlève nos inhibitions, nous rend moins timide et un peu plus brave.Laissez-moi vous raconter une expérience de vie que je qualifierais d\u2019exception à la règle, c'est-à-dire la mienne.Christian Tarte Camelot PJC 28e avenue Beaubien 13 itineraire.ca 15 août 2023 Aller à l\u2019église tous les dimanches, faire ma première communion, ma confirmation, confesser mes péchés, tout ça contre mon gré et ma grand-mère qui me répétait sans cesse à l\u2019oreille : « Tu vas finir en enfer si tu continues à faire d\u2019la peine au ti-Jésus ».Y\u2019a pas à dire : y\u2019a rien de tel pour donner confiance.Et c\u2019est sans compter mon géniteur qui était passé maître dans l\u2019art de brimer cette confiance.Parlant de manque de confiance, pouvez-vous imaginer un instant comment avant j\u2019aurais pu être capable de vendre le magazine L\u2019Itinéraire ou même d\u2019écrire dedans et de m\u2019impliquer pour la revue, trop pogné à l\u2019intérieur, trop perturbé par l\u2019opinion des autres ?Après plus de 25 ans de sobriété, lais- sez-moi vous dire que presque tout a changé.Fini le temps où il fallait que je dise aux autres ce qu\u2019ils voulaient bien entendre pour ne pas les froisser.Aujourd\u2019hui je dis ce que je pense, peu importe si ça fait de la grosse pépeine à certaines personnes.Fini le temps où l\u2019opinion des autres à mon sujet me glaçait presque le sang.De toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde.D\u2019ailleurs j\u2019ai pitié de ceux qui sur les « merdias asociaux » basent leur vie sur ce que les autres pensent d\u2019eux, en quête du plus grand nombre de likes possible.Je suis beaucoup moins gêné qu\u2019avant, j\u2019ai plus de facilité à communiquer et bizarrement je me sens plus terre à terre et je vois les choses plus clairement.J\u2019ai de l\u2019empathie pour ce qui en vaut la peine.Pour ce qui est de la confiance, disons que c\u2019est 50 / 50.Mais le plus grand changement, c\u2019est que je peux enfin être moi-même, c\u2019est à dire chiant, irrévérencieux, déconstipé intellectuellement et surtout en paix avec moi-même. 14 itineraire.ca 15 août 2023 Dominique Caron \u2022 Collaboration spéciale L\u2019industrie du médiéval ntre les troubadours, les dragons, les mercenaires, les druides, les donjons, les chevaliers, la richesse de l\u2019imaginaire légué par l\u2019époque du Moyen Âge se manifeste sous de multiples formes que ce soit l\u2019artisanat, le cinéma, les jeux de tables, jeux de rôle ou les jeux vidéo.Longtemps relégué au titre de sous- culture, l\u2019amour du médiéval est plus que jamais ancré dans la culture populaire, et l\u2019industrie grandissante qui exploite ce filon d\u2019or en est la preuve.Gnomes, orques, elfes\u2026 D\u2019innombrables créatures fictives peuplent les multiples univers du médié- valisme.Vous avez bien lu : médiévalisme (et non médiéval).C\u2019est une nuance importante comme l\u2019explique l\u2019enseignant et spécialiste du Moyen Âge, Maxime Laprise. L E S A R T I S A N S D ' A Z U R E 15 itineraire.ca 15 août 2023 « On va appeler le médiévalisme toutes les réappropriations de l\u2019 imaginaire médiéval dans le monde contemporain.Donc, ça peut être les Grandeurs Natures (GN), le cinéma, les séries, la musique métal, les mouvements politiques, la littérature, etc.Par opposition à ceux qu\u2019on va appeler les médiévistes, qui sont les experts, les historiens et historiennes qui travaillent sur la période médiévale », explique le médiéviste, lui-même adepte de différents jeux qui relèvent de la medieval fantasy, pour utiliser les termes anglophones.Dès le 15e siècle, les humanistes de la Renaissance vont complètement tourner le dos à cette période de 1000 ans d\u2019histoire.« C\u2019est là que va émerger toute l\u2019 idée du sombre Moyen Âge, de la saleté, des gens incultes qui vivent dans la boue\u2026 », informe Maxime Laprise.Toutefois, au courant du 19e siècle, notamment avec le mouvement romantique, une tendance contraire marque la naissance du médiévalisme.Cette réappropriation de l\u2019esthétique médiévale s\u2019exprime spécifiquement dans les arts comme la poésie, la littérature ou la peinture ; par exemple, en représentant un chevalier avec sa dame, précise Maxime Laprise.Cette nouvelle forme de fascination pour le Moyen Âge se traduit aussi comme un certain rejet de la modernité.La population en venait à se dire : et si cette époque n\u2019était pas si mal après tout ? O Y E Z O Y E Z 16 itineraire.ca 15 août 2023 « Entre 1995 et 2000, il y avait beaucoup de demandes pour des mariages [ à thématique médiévale ], dit Frédéric Lalumière, vice-président et directeur du groupe Oyez Oyez.On s\u2019est dit, on va partir Oyez Oyez et ça va nous donner une petite base [ de contrats ].» Cette entreprise dédiée à l\u2019animation et à la gestion d\u2019événements historiques a vu le jour quelques années après l\u2019auberge du Dragon Rouge, fondée avec son ami Martin Gauthier en 1992.Ce restaurant, situé dans le quartier Villeray de Montréal, célèbre l\u2019univers du Moyen Âge autour de la table dans une ambiance festive et interactive, mais nous y reviendrons plus tard\u2026 Ses premières années, quelque part au début des années 2000, Oyez Oyez se concentre sur les mariages en offrant un service clé en main incluant un service de traiteur et une animation historique basée sur un scénario personnalisé, lequel durait plus de cinq heures ! L\u2019équipe constituée de nombreux pigistes comme des actrices, acteurs, animatrice, animateurs, magiciennes et magiciens (dont le maintenant célèbre mentaliste Martin Carli) et autres, pouvait animer plus de 25 mariages le temps d\u2019un seul été à l\u2019époque.Frédéric Lalumière se rappelle d\u2019ailleurs qu\u2019un de leurs événements importants dans l\u2019année était le Salon de la mariée.« Il y avait entre 3 et 5 % de la population qui se mariait à thématique, et la plus populaire était la médiévale.Il conservait le romantisme et toute la belle affaire ! » Jusqu\u2019à la deuxième moitié des années 2000, les mariages vont bon train.Mais la tendance s\u2019inverse tranquillement.« Mon entreprise se développe côté événementiel.Donc on a délaissé les mariages, c\u2019était moins à la mode », précise-t-il.Aujourd\u2019hui, 90 % de leur chiffre d\u2019affaires est généré par des activités autour de la Nouvelle-France.Toutefois, le Moyen Âge a encore sa niche.Ils sont ainsi passés d\u2019une clientèle adulte à une clientèle plus jeune : celle des écoles primaires.À raison d\u2019environ 70 écoles par année, Oyez Oyez partage son amour de l\u2019histoire (les vrais faits, insiste Frédéric Lalumière) à des classes de 1re ou 2e année.Que ce soit en découvrant la chevalerie, en essayant une armure d\u2019époque ou en faisant la lecture de contes, l\u2019entreprise est reconnue pour la qualité des mises en scène historiques et ses capacités d\u2019interprétation.Elle compte cinq employés à temps plein et entre 20 et 30 contractuels réguliers.Passionné d\u2019histoire médiévale, le directeur d\u2019Oyez Oyez sait à quel point l\u2019animation, les costumes et le jeu jouent des rôles clés dans l\u2019acquisition de notions.Il se souvient du site Fun Cheer Town aux États-Unis qui recrée un camp militaire de la guerre de Sécession : « Ils voulaient me raser la barbe, j\u2019avais 5 ans ! Ils m\u2019ont fait signer un contrat pour me dire que j\u2019étais un soldat accepté et j\u2019ai pleuré parce que je pensais que je ne retournerais plus chez mes parents.Le pouvoir de l\u2019 immersion, c\u2019est fort et je m\u2019en souviens très très bien.» Parlant d\u2019immersion, revenons maintenant à l\u2019auberge du Dragon Rouge.Depuis 30 ans, le restaurant propose à la clientèle de faire bombance et ripaille dans une ambiance unique et mémorable, le tout animé par troubadours et aubergistes.« Selon moi, que ce soit dans un Grandeur Nature ou à travers un film ou un jeu vidéo, c\u2019est toujours l\u2019expérience et la transposition dans le temps qui sont intéressantes pour les clients, avance d\u2019emblée Martin Gauthier.C\u2019est de sortir de leur quotidien.L\u2019auberge, c\u2019est d\u2019abord et avant tout une expérience.Tu vas payer pour manger, mais, au final, des endroits qui vendent de la Boréale rousse, il doit en avoir 5000 sur les 10 000 restaurants de Montréal.Ce qui nous différencie, c\u2019est la façon dont on reçoit à souper ».L\u2019établissement a en effet fait ses preuves.Ouverte sept jours par semaine, 361 jours par année que ce soit pour les brunchs, dîners ou soupers, l\u2019auberge du Dragon Rouge embauche plus d\u2019une trentaine de personnes dont la majorité à temps plein.À pleine capacité, incluant la terrasse, le restaurant à thématique médiévale accueille 180 personnes le temps d\u2019une immersion moyenâgeuse. 17 itineraire.ca 15 août 2023 Le Salon de la Passion Médiévale est aussi témoin de l\u2019engouement du public.Depuis plus de 20 ans déjà, l\u2019événement rassemble des milliers de personnes de partout au Québec.L\u2019édition de 2023 s\u2019est déroulée pour la première fois à la Place Bell de Laval où plus de 7 200 personnes ont parcouru les rangées pour découvrir les 115 exposants des quelque 145 kiosques pendant trois jours de festivités.Constituée de performances de musique et de danse, de séances de yoga pour enfants, de causeries et de combats, la programmation est un feu roulant d\u2019activités pour toute la famille.S\u2019y rassemble une foule variée, pas que des trippeux du Moyen Âge et d\u2019histoire, comme le souligne Nicolas Paquet, propriétaire du Salon de la Passion Médiévale.Au cours des cinq prochaines années, Nicolas Paquet estime que l\u2019événement pourrait rassembler plus de 10 000 personnes et générer encore plus de retombées économiques.À titre estimatif, il évalue que l\u2019édition de 2023 a généré près de 800 000 $ contre 600 000 $ en 2022.Chaque année, le Salon a lieu la première fin de semaine de mai en guise de coup d\u2019envoi de la saison des Grandeurs Natures (GN).Ces événements invitent les personnes participantes dans un jeu de rôle dont le contexte, déroulement et le coût varient énormément.Comme ils ont lieu à l\u2019extérieur, les GN sont actifs essentiellement entre mai et octobre, parfois jusqu\u2019en novembre « pour les courageux » pour reprendre les mots de Nicolas Paquet qui est aussi président de la Fédération des Grandeurs Natures du Québec.Le Salon est donc l\u2019occasion pour les GNistes de préparer leur saison en découvrant les multiples artisans de costumes et d\u2019accessoires ainsi qu\u2019une dizaine de GN.Il n\u2019y a pas de source officielle qui comptabilise les GN, mais Nicolas estime qu\u2019ils sont environ 70 à 75 au Québec. 18 itineraire.ca 15 août 2023 Presque tout le monde a déjà entendu parler du Duché de Bicolline.Bico (pour les intimes) est, selon plusieurs des intervenants dans ce texte, le plus gros Grandeur Nature (GN) en Amérique du Nord.Sa popularité et son succès auprès des GNistes en font un endroit incontournable auprès des adeptes qui y reviennent religieusement année après année.C\u2019est le cas de l\u2019humoriste Charles Beauchesne qui a découvert Bicolline en 2014 grâce à une amie.« J\u2019ai commencé en 2014 et depuis, mon Dieu, j\u2019envisage pas une année où je ne le ferais pas\u2026 Moi, c\u2019est jusqu\u2019à la tombe.» La particularité de Bicolline vient aussi de sa taille phénoménale : avec près de 5000 participants, certains préfèrent présenter cette coopérative comme un site de villégiature ou comme un festival.« C\u2019est malade Bico ! Mais quand on regarde la culture des GN au Québec, ça ne représente pas la réalité de tous », rappelle Nicolas Paquet en tant que président de la Fédération des Grandeurs Natures du Québec.Mélanie Poirier est responsable du marketing chez Les Artisans d\u2019Azure, elle travaille également avec Nicolas Paquet sur le Salon de la Passion Médiévale en tant que coordonnatrice.« Chaque GN a sa propre organisation, son propre univers, ses propres règles et son propre système de gestion, dit-elle.Il n\u2019y en a aucun qui se ressemble, ils sont tous différents.Que ce soit Bicolline \u2014 un très gros GN \u2014 ou un GN à 100 personnes, c\u2019est pas mal le même fonctionnement, mais c\u2019est un peu du pareil au même ! » Par exemple, on trouve toujours un ou des maîtres du jeu qui vont être responsables du déroulement de l\u2019histoire et des rebondissements, en animant et en improvisant autour du ou des thèmes.Si vous débarquez dans l\u2019univers du Royaume, vous rencontrez des mages, des herboristes, des alchimistes, des mystiques, des aligneurs et des médecins.Vous voyagez entre l\u2019ancien monde et le monde moderne en rencontrant plus de 10 peuples différents, mais : « au Royaume, vous ne trouverez aucun elfe, orque ou nain », précise-t-on sur leur site Web où on trouve également un Wiki pour bien comprendre ce macrocosme.Du côté de Brumelance, les militaires, les brigands, les mystiques, les croyants, les artisans et les médecins se rassemblent.Chaque nouveau personnage doit posséder un vice et une vertu qui guidera ses décisions et son comportement.Seriez-vous arrogant, mais éloquent ?Ou bien peut-être bienveillante, mais impulsive ?Règlements, codes de conduite et systèmes au sein de son peuple enrichissent son univers.À l\u2019Ascension, l\u2019univers est divisé en plusieurs empires et royaumes sur un territoire qui influence toute la géopolitique du jeu et dont la ligne du temps remonte à plus de 3000 ans d\u2019histoire.Ses peuples sont divisés en neuf groupes parmi lesquels on compte des elfes, des orques, des humains et même des changeformes, des créatures qui empruntent des traits d\u2019animaux.Les mondes des GN sont riches et diversifiés.Ils sont influencés par différentes œuvres télévisuelles, ludiques et littéraires (comme Le Seigneur des anneaux, par exemple).Pour participer, on comptait environ 45 $ autour de 2006 et 2007 selon Nicolas Paquet.Plus de 15 ans plus tard, on paierait en moyenne 80 $ pour un GN.D\u2019ailleurs, le financement des organismes et entreprises derrière les GNs est un enjeu important, comme la plupart sont constitués en organisme à but non lucratif.La pratique du GN n\u2019est pas reconnue comme un loisir, ce qui l\u2019exclut de multiples sources de financement potentielles.C\u2019est le cheval de bataille de la Fédération des Grandeurs Natures du Québec : faire reconnaître le Grandeur Nature comme un loisir. F R E E P I K | T O U T O U S n groupe d\u2019entraide a été créé afin de lutter contre toutes formes de sexisme dans le domaine du jeu de rôle.En adoptant une perspective féministe intersectionnelle, les Mélusines visent à informer et sensibiliser la population, mais également à soutenir et accompagner les victimes de violences, discriminations ou inégalités en lien avec le sexisme en jeux de rôle.- Tiré du site melusinesgn.wordpress.com F R E E P I K | T O U T O U S L E S A R T I S A N S D ' A Z U R E 20 itineraire.ca 15 août 2023 Depuis la vaste pièce qui sert de salle de réunion et de studio pour les séances photo, on peut entendre le bourdonnement des artisans qui s\u2019activent.Constitués d\u2019une trentaine d\u2019employés, les Artisans d\u2019Azure travaillent le cuir et le métal, confectionnent des habits sur mesure et des accessoires qu\u2019ils vendent en boutique et en ligne.Mélanie Poirier est responsable des communications et du marketing dans cette entreprise exclusivement dédiée aux Grandeurs Natures et dont les locaux récemment agrandis combinent atelier et boutique.L\u2019entreprise est la plus grande en son genre en Amérique du Nord, assure-t-elle.« Je ne sais pas si tu as remarqué, mais en avant, on n\u2019a pas de vitrine ouverte.On n\u2019a pas non plus de petit gugusse abordable pour tripper sur le médiéval », souligne la Gniste d\u2019expérience qui rappelle que la boutique est d\u2019abord dédiée à faire des costumes de qualité pour enrichir les personnages des GNs, et ce, depuis 2005.Fini les épées rafistolées à base de nouilles flottantes pour piscine et un peu de ruban adhésif.Combien ça coûte un costume de qualité ?L\u2019humoriste Charles Beauchesne estime que ça peut monter rapidement.« Je dépense à peu près 400 $ par année en costume, pis je suis un économe là : j\u2019ai pas d\u2019armure, j\u2019ai juste des couturières ou des couturiers que je vais aller voir avec des patrons pour leur proposer un costume.Mais c\u2019est un investissement, ça peut aller jusqu\u2019à 2000 $ par année, facile.» À cela, Mélanie Poirier acquiesce, mais précise : « Quelqu\u2019un qui veut commencer le GN n\u2019est pas obligé de démarrer avec un kit épique fait sur mesure.À 150 $, on peut avoir un équipement complet : une tunique, une ceinture et une bourse.Après, si la personne veut se battre, elle doit acheter des armes en styromousse.Souvent, il faut investir, mais il y en a pour 100 à 150 $.Ce n\u2019est pas si dispendieux que ça quand on compare au hockey.» L\u2019entreprise a également créé l\u2019Ordre d\u2019Azure afin de redonner à la communauté de GN.« Ils ont une ristourne à chaque achat que font leurs joueurs et joueuses.Si quelqu\u2019un vient ici en boutique, il commande quelque chose puis dit \u201cJe viens de Bélénos\u201d, le GN reçoit 5 % de remise en retour.» 21 itineraire.ca 15 août 2023 D\u2019un quartier à l\u2019autre de l\u2019île de Montréal, des boutiques se spécialisent depuis plusieurs dizaines d\u2019années dans l\u2019univers du ludique entremêlant fantaisie et médiéval.Sur la Plaza Saint-Hubert, on trouve la Carta Magica qui, depuis plus de 20 ans, vend une multitude de jeux de rôle, cartes de collection, miniatures en plus d\u2019organiser des soirées de jeu.Sur le Plateau Mont-Royal, le Valet d\u2019Cœur recherche et sélectionne de multiples jeux, jouets et accessoires depuis 1981.Plus récemment, le Dragon de Cuivre sur la rue Ontario dans Hochelaga-Maisonneuve entremêle événe- ments, jeux de rôle, figurines, et jeux de plateaux depuis 2022.Un trait se dessine dans toutes les boutiques ou les entreprises touchant au médiéval : son caractère ludique et l\u2019amour du jeu.On ne saurait ignorer l\u2019influence de Donjons & Dragons, aussi couramment et simplement abrégé par D&D.Le jeu culte créé en 1970 par deux Américains est reconnu comme étant le premier jeu de rôle sur table.Dans un univers médiéval fantastique, les joueurs et joueuses doivent naviguer entre des épreuves et des défis en utilisant leur imagination et en suivant l\u2019animation et la narration du maître de jeu.Son succès ne dément pas : en 2020, en pleine pandémie, les ventes du jeu ont augmenté de 33 %, suivant déjà six ans de croissance.Le jeu de cartes Magic, créé en 1993 par l\u2019américain Richard Garfield, comprend des cartes de collection valant aujourd\u2019hui de belles sommes.« Il y a des cartes qui valent des centaines de dollars, raconte Frédéric Lalumière qui a joué de multiples fois à Magic à en briser ses cartes.On ne pensait pas qu\u2019un jour ça vaudrait autant ! ».Les jeux vidéos aussi explorent les vastes mondes et innombrables univers dérivés de l\u2019amour du Moyen Âge et de la fantaisie : World of Warcraft, The Witcher, Assassin\u2019s Creed, Medieval Civilization, Ages of Empire et bien plus encore.Cette niche est aussi très populaire puisqu\u2019elle explore différentes dynamiques : du combat à la stratégie.En cinéma et en humour aussi le filon est riche.L\u2019humoriste Charles Beauchesne a démarré en 2019 le balado Les pires moments de l\u2019histoire.Le projet a remporté en 2021 et en 2022 l\u2019Olivier du podcast humoristique avec script de l\u2019année.Les croisades, l\u2019inquisition espagnole et la chasse aux sorcières sont parmi les nombreux thèmes abordés dans un humour noir typique de l\u2019humoriste qui est aussi un GNiste passionné.« Le personnage que je joue à Bicolline fait exactement la même job que moi dans la vie, mais au Moyen Âge.C\u2019est un peu une extension de ma personnalité », explique le comédien.À la manière des choses de la vie qui lui inspirent des blagues, l\u2019humour qu\u2019il a développé pour son personage alimente ses spectacles qu\u2019il a créés : Charles Beauchesne parle de la peste noire pendant 60 minutes et Charles Beauchesne parle de Jack l\u2019Éventreur pendant 60 minutes.Les personnages Louis et Guillaume jouent aux Donjons et Dragons dans le film La Bataille de Farador. 22 itineraire.ca 15 août 2023 Réalisé par Édouard A.Tremblay, le film La Bataille de Farador est le résultat d\u2019un long processus d\u2019écriture qui remonte à maintenant plus de 15 ans.C\u2019est une vidéo virale diffusée sur le web qui en est la cause, celle de Tom et ses chums, où un groupe d\u2019amis se retrouvent le temps d\u2019un jeu de rôle sur table où il tente de rejoindre la forteresse du sorcier Farador.Entre la réalité et l\u2019univers fantastique, le film raconte l\u2019histoire de ce groupe d\u2019amis pour qui la vie tourne presque uniquement autour du jeu, enfin, pas tous.Charles, le personnage d\u2019Éric K.Boulianne, souhaite pour sa part se dédier à son projet de roman Les talismans du désir.Quand le scénariste et acteur Éric K.Boulianne a commencé à travailler avec l\u2019équipe du film, il ignorait encore son caractère culte au Québec.Ce n\u2019est que lors de la tournée en salle qu\u2019il a réalisé : « Okay, c\u2019est culte pour vrai.Il y a des gens que ça a marqués et c\u2019est là qu\u2019on a été nerveux ».Le film rencontre son public.Après quatre semaines à l\u2019affiche, il enregistre un box-office de 290 876 $ selon l\u2019agence Cinéac, en plus de poursuivre un autre deux semaines en salle.Selon le cinéaste, ce succès n\u2019est pas si surprenant.« Il y a quelque chose dans le phénomène de la culture geek qui est devenu très mainstream.Quand on regarde aux États-Unis, les gros succès au box-office découlent tous de bandes dessinées ou de jeux comme le film Donjons & Dragons (2023).[ .] À la télé, il y a Game of Thrones.Au Québec, on a encore cette vision-là un peu que, comme on fait peu [ de films de genre ], pour nous, c\u2019est niché », souligne le cinéphile.Si l\u2019amour de l\u2019époque médiévale n\u2019est plus à mettre en doute au Québec, cette culture florissante est porteuse de bien plus que de création d\u2019emplois ou de revenus.D\u2019après le médiéviste Maxime Laprise, les chercheurs et les chercheuses s\u2019entendent unanimement sur la portée sociologique du médiévalisme : « Quand on s\u2019approprie l\u2019histoire, on dit toujours quelque chose sur notre contemporain, ce qu\u2019on cherche à rejeter, ce qu\u2019on cherche à garder.» Photos tirées du film La Bataille de Farador. LE CENTRE-VILLE.À PIED! Ville-Marie réinvente l\u2019espace public afin de créer, avec ses partenaires, des lieux agréables et sécuritaires pour les piétonnes et piétons.Toutes les piétonnisations ci-dessous ainsi que les programmations d\u2019activités gratuites sont aussi disponibles sur la page web de l\u2019arrondissement de Ville-Marie.Village \u2022 Rue Sainte-Catherine Est, de la rue Saint-Hubert à l\u2019avenue Papineau, jusqu\u2019au 16 octobre Quartier latin \u2022 Rue Saint-Denis, de la rue Sherbrooke Est au boulevard De Maisonneuve Est, jusqu\u2019au 30 septembre \u2022 Rue Émery, des rues Sanguinet à Saint-Denis, jusqu\u2019au 30 septembre Quartier des spectacles \u2022 Rue Sainte-Catherine Ouest, du boulevard Saint-Laurent à la rue de Bleury, jusqu\u2019au 31 octobre \u2022 Rue Clark, de la rue de Montigny au quai de chargement de la Maison du développement durable, jusqu\u2019au 31 octobre \u2022 Rue Jeanne-Mance, du boulevard De Maisonneuve Ouest à la rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu\u2019au 31 octobre \u2022 Rue Balmoral, du boulevard De Maisonneuve Ouest à la rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu\u2019au 31 octobre Vieux-Montréal \u2022 Rue Saint-Paul Est, de la rue du Marché-Bonsecours au boulevard Saint-Laurent, jusqu\u2019au 27 octobre \u2022 Rue Saint-Vincent, de la rue Sainte-Thérèse à la rue Saint-Paul, jusqu\u2019au 27 octobre \u2022 Place Jacques-Cartier, de la rue Notre-Dame à la rue de la Commune, jusqu\u2019au 27 octobre \u2022 Place d\u2019Youville, de la rue Saint-François-Xavier à la place Royale Est, jusqu\u2019au 4 septembre \u2022 Place Royale, de la place Royale Ouest à la place d\u2019Youville, jusqu\u2019au 4 septembre Quartier des Musées \u2022 Avenue du Musée, de l\u2019avenue du Docteur-Penfield à la rue Sherbrooke Ouest, jusqu\u2019au 13 octobre montreal.ca/ville-marie Tapez ?les piétonnisations au cœur de Ville-Marie ?dans la barre de recherche © M a x i m e D r o u i n En plus du déploiement des rue piétonnes, près de 300 terrasses ont été installées à travers Ville- Marie, question de bien profiter des commerces et de l\u2019ambiance effervescente.Animations, concerts, cirque en plein air, expériences culinaires et bien plus vous attendent cet été ! © S o c i é t é d e d é v e l o p p e m e n t c o m m e r c i a l ( S D C ) d u Q u a r t i e r l a t i n 24 itineraire.ca 15 août 2023 P H O T O T I R É E D U S I T E W E B D U C H É D E B I C O L L I N E mauricie Le Duché de Bicolline, si vous ne le connaissez pas encore, c\u2019est le plus grand village médiéval au monde.Il couvre plus de 140 hectares qui comptent 225 bâtiments permanents, divisés en quartiers thématiques.Pour traverser la ville entière, il faut parcourir deux kilomètres d\u2019est en ouest.- Simon Bolduc chargé de projet journalisme Le Duché de Bicolline 25 itineraire.ca 15 août 2023 S I M O N B O L D U C | P H O T O M O N T A G E C A R L A B R A G A Au moment du passage de L\u2019Itinéraire en juillet dernier, c\u2019était une véritable course contre la montre pour que tout soit prêt à temps pour le plus grand événement de l\u2019année au Duché de Bicolline : la Grande Bataille (du 13 au 20 août).Un événement qui prend de l\u2019ampleur année après année et qui attire plus de 4000 personnes venues des quatre coins du Québec, des États-Unis et d\u2019Europe.Olivier Renard, cofondateur et copropriétaire de la coopérative du Duché de Bicolline, gère le site comme une véritable ville.Il faut penser à tout : faire les demandes de permis divers à la municipalité de Saint-Mathieu-du-Parc ; élaborer et respecter un plan de revitalisation des berges de la rivière qui traverse le terrain ; imaginer, illustrer et concevoir les plans d\u2019architectes des nouveaux bâtiments qui s\u2019érigent chaque année, construire de nouvelles routes, coordonner les entrepreneurs et les quarts de métier qui se chevauche à une vitesse F1.Entre autres.Exemple ?Au moment de l\u2019entrevue avec L\u2019Itinéraire, le cadre bâti de la bibliothèque devait être terminé dans les trois jours suivants, la finition extérieure et intérieure dans deux semaines et l\u2019aménagement une semaine plus tard, avant la Grande Bataille.Cette année, ce qui occupe Olivier Renard, c\u2019est aussi le plan de prévention des incendies si important, notamment dans la vieille ville, où les bâtiments faits de pin sont collés les uns sur les autres.Une cuve d\u2019eau de 3000 gallons d\u2019eau, munie de 500 pieds de boyau pour une durée de 27 minutes d\u2019attaque, a été installée au centre de la partie la plus ancienne du Duché de Bicolline.Pour respecter le décor, les installations seront recouvertes d\u2019un bâtiment en bois, similaire aux autres du secteur.En plus de tout ça, l\u2019équipe de Bicolline doit répondre aux besoins et attentes des propriétaires qui se bâtissent sur le site.« Tu paies pour ton bâtiment, tu en es propriétaire pendant 49 ans, mais Bicolline reste le propriétaire foncier », explique M.Renard.Chaque bâtiment est considéré comme une maison par la municipalité et chaque propriétaire doit s\u2019acquitter des taxes municipales.De quoi se faire apprécier de la petite municipalité de Saint-Mathieu qui compte un peu plus de 1400 âmes.Un village fantastique campé dans le réel D U C H É D E B I C O L L I N E 26 itineraire.ca 15 août 2023 Transmission La première fois que l\u2019on met les pieds à Bicolline, c\u2019est intimidant, reconnaît Olivier Renard.C\u2019est un monde à part entière qui prend de l\u2019expansion depuis presque 30 ans, tout comme l\u2019industrie du médiéval.En trois décennies, il s\u2019en est créé des histoires, des personnages marquants, des batailles épiques, des potions spéciales, des légendes et histoires fantastiques.L\u2019idée de construire une bibliothèque pour en faire un centre d\u2019archives vient de ce constat, explique M.Renard : « C\u2019est tout un univers qui s\u2019est développé, oui par nos maîtres de jeu et quelques grandes trames narratives, mais évidemment l\u2019 imaginaire de l\u2019ensemble des joueurs.Ils s\u2019approprient telles régions, tels styles vestimentaires, vénèrent telles choses\u2026Il y a 18 religions imaginaires, les gens ont conçu des bouquins très épais sur ces histoires\u2026 Tout ce qui est conte, légende, récit de bataille, poésie, chanson, peu importe, on travaille avec un groupe d\u2019archiviste pour colliger toutes ces histoires.Tu vas pouvoir venir t\u2019 informer sur des vieilles affaires que tu as entendu ici et là.» Un point de repère grandiose, au cœur du vieux Bicolline, qui viendra transposer la culture de l\u2019oral à l\u2019écrit.Être qui on veut Tout le monde est bienvenu à Bicolline, rassure Olivier Renard.Les seuls prérequis ?Un costume et acquitter les frais d\u2019entrée.D\u2019ailleurs, une fois par année, pendant la semaine de la Grande Bataille, une journée découverte est réservée pour permettre aux non-initiés de se balader parmi les 4000 villageois et guerriers qui forment au total 190 groupes, constitués selon leur esthétique, histoire et codes précis.On appelle ces groupes des guildes.« Beaucoup ont des capacités dans la vraie vie qu\u2019 ils viennent appliquer ici, dans un contexte différent.Si tu es journaliste, par exemple, il y a une gang qui a fondé le journal le Dailypocampe.Ce n\u2019est plus comme ça, mais avant, chaque matin on distribuait le journal qui relatait les grands événements du village et du champ de bataille », explique Olivier Renard.Bicolline est, un peu, une société parallèle, croit-il : « Les classes sociales se fréquentent différemment ici.Le costume change tout.Le médecin va fréquenter le jeune étudiant, le chômeur.On a des ouvriers, des chefs d\u2019entreprises, des retraités, des anciens juges, des policiers\u2026 Juge et chômeur peuvent être elfe et seigneur l\u2019histoire d\u2019une semaine à Bico.» Visite privée du Duché S I M O N B O L D U C 27 itineraire.ca 15 août 2023 C\u2019est comme ça que commence notre tournée sur le site enchanteur.Cet après- midi-là, Pierre (Hélias) et Sophie (Férouze) s\u2019adonnent bénévolement à restaurer les immenses fenêtres victoriennes qui serviront à la finition de la bibliothèque en construction, au centre de la vieille ville.À la demande d\u2019Olivier, ils ont bien accepté de nous dévoiler un peu de leur personnage qu\u2019ils s\u2019adonnent à développer jeu après jeu.Banque, auberge et allée marchande En entrant sur le site, on est plongé au cœur de l\u2019allée marchande, où trône l\u2019immense auberge au bout de la rue en gravier et sable.Un lieu de rassemblement avec 40 lits, un débit de boisson et de nourriture, ouvert été comme hiver.On peut marcher en ligne droite vers l\u2019imposant bâtiment ou bifurquer par les petites ruelles labyrinthiques, au cachet unique.« Ce que tu vois ici, c\u2019est la banque de l\u2019Hippocampe, explique Olivier Renard, pendant notre visite qui durera plus de trois heures.C\u2019est un bâtiment de service où nos greffiers s\u2019adonnent à officialiser toutes les transactions effectuées au Duché.» Les autres bâtiments de l\u2019allée sont occupés par de véritables commerces qui sont aussi installés au cœur du village marchand.Les Artisans d\u2019Azure, Dracolite, Zardwin, Combats d\u2019archers, tous des magasins incontournables des adeptes du médiéval, ouvrent leurs portes lors des grands événements. P H O T O S I M O N B O L D U C 28 itineraire.ca 15 août 2023 Guildes En marchant, on traverse plusieurs univers séparés en secteurs et en quartiers.Ainsi, derrière l\u2019auberge, on retrouve le quartier surréaliste des Naingénieurs, une guilde à l\u2019esthétique patrimoniale bien originale, rappelant les petites maisons fantastiques de hobbits.Plus loin, la guilde des Voyageurs Planaires vivent dans un chaos organisé, qui peut faire penser à un salon oriental de gitans.« On dépasse le seul cadre du Moyen Âge, ça peut être complètement fantastique, dit Olivier Renard.Certains ont des costumes de pirates, d\u2019autres plus de l\u2019époque de la Renaissance.C\u2019est la créativité avant tout.» Au loin à l\u2019horizon, il pointe le sud et l\u2019est en expliquant : « Là-bas, les grosses baraques carrées que tu vois, dans le style de caserne, c\u2019est le quartier romain.Ce sont de grosses guildes militaires qui y habitent.» Avant de se tourner et de continuer la description de ce qu\u2019on aperçoit 500 mètres plus loin : « Les trois ou quatre toits que tu aperçois à peine, c\u2019est la guilde du Lotus No Chi.Ils font de la reconstitution nippone.C\u2019est vraiment impressionnant.Ils ont un étang avec nénuphars, un pont arrondi, ils fabriquent des armes d\u2019époque inspirées des samouraïs et tout cet univers-là ».Ou encore, dans un décor hostile où trône un cadavre de sorcière dans une cage à l\u2019entrée de la guilde, on y retrouve l\u2019Ordre de Notre-Dame-de-la-Rédemption.Un groupe constitué qui rappelle l\u2019époque de l\u2019inquisition chrétienne, qui a sa propre brasserie sur place : L\u2019Hérétique. 29 itineraire.ca 15 août 2023 Lieux communs Ce qui surprend, dans la partie nord de la haute-ville, ce sont les impressionnants lieux communs comme la Fosse aux monstres, où certains soirs on compte plus de 1200 personnes assises dans la partie du terrain conçue comme une agora grecque, pour assister à quelques spectacles programmés par l\u2019humoriste de la relève Charles Beauchesne.Des petits projecteurs sont dissimulés dans les bâtiments adjacents au centre.Ou encore, le terrain de Trollball situé dans la partie la plus active du site de Bicolline, le centre de la vieille ville.« C\u2019est très, mais très populaire le Trollball, dit le cofondateur et copropriétaire du site.C\u2019est un jeu qui se joue avec une tête de troll et où chaque joueur est muni d\u2019une épée courte.Ils doivent aller mettre la tête dans le tonneau de l\u2019équipe adverse.C\u2019est un mélange de basket et d\u2019escrime.C\u2019est très intense.» Ce sport n\u2019est pas exclusif à Bicolline.C\u2019est une discipline sportive pratiquée dans le milieu fantastique et médiéval.Mais disons qu\u2019ici, le terrain et les décors environnants sont incomparables.Profession : Bottier « C\u2019est le rêve de tout le monde qui fait du Grandeur Nature médiéval d\u2019avoir des bottes F.L.», dit Mélanie Poirier de la boutique Les Artisans d\u2019Azure \u2014 les voisins de L\u2019Itinéraire à Montréal \u2014 lors de la séance photo de notre camelot en ZOOM à la page 3 de ce magazine.F.L., c\u2019est pour François Lapointe, le bottier qui a pignon sur rue à l\u2019année à l\u2019entrée du Duché de Bicolline.Il est le seul artisan qui a sa boutique, son atelier de production et son inventaire sur le site, en permanence.La maison F.L., immense bâtiment, peut difficilement être ignorée, tout comme la qualité du travail du bottier qui cumule 25 ans d\u2019expérience en fabrication de chaussures d\u2019époque.En y entrant, c\u2019est l\u2019odeur du cuir et du bois qui règnent.« Dans cet univers, certains sont spécialisés dans les vêtements, dans les armures, moi, ce sont les chaussures », raconte François Lapointe.Tu vois ça c\u2019est une chaussure viking et perse : perse par la pointe et viking par l\u2019attache.» Les bottes, c\u2019est souvent la dernière pièce que les joueurs s\u2019achètent, déplore-t-il : « Ça ne marche pas si tu as un costume incroyable mais que tu as des snicks dans les pieds.» Dans sa boutique, on retrouve quelque 70 modèles de bottes et de chaussures, toutes conçues à partir de leurs référents historiques : « Ça c\u2019est une chaussure Nouvelle-France, regarde le look, c\u2019est assez difficile à faire.C\u2019est la forme du pied, tout est dans le défi que représente le pied.» Une paire de chaussures comme ça, « ça ne vaut pas 200 $ », rigole le bottier.Les modèles les plus onéreux tournent autour de 800 $ à 1200 $.Tu as ça à vie après, ajoute Olivier Renard.Ça va te durer et tu peux les revendre à fort prix.À Bicolline, tous les joueurs finissent avec ça, tôt ou tard.» Justement, quand il l\u2019a eu, Olivier Renard, sa paire de bottes F.L., il s\u2019est dit « enfin mon costume est complet, c\u2019est réglé ».L'atelier du bottier François Lapointe. Jouer de l\u2019épée au camp de vacances C A M P S L É G E N D A I R E S 30 itineraire.ca 15 août 2023 Imaginez avoir 8 ans et passer une semaine d\u2019été dans la peau d\u2019un grand chevalier qui combat des créatures fantastiques au cœur d\u2019une véritable ville médiévale.C\u2019est ce que font les Camps Légendaires, six semaines par été, dans le décor enchanteur du plus gros village médiéval au monde, celui du Duché de Bicolline, perché dans les montagnes de Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie.Ils accueillent chaque été des centaines de jeunes pour leur faire vivre un camp de vacances bien spécial : vivre comme à l\u2019époque médiévale et incarner des personnages héroïques et fantastiques.Un véritable retour dans le temps dans la vie toute sauf moyenne du Moyen Âge.Que ce soit dans l\u2019allée marchande, dans la vieille ville, en basse-ville ou dans les faubourgs lointains, les jeunes de 8 à 16 ans passent une semaine à « développer leur courage », comme le dit Vincent McNicoll, directeur du camp de vacances.C\u2019est lui qui coordonne les 18 animateurs et maîtres de jeu présents chaque semaine sur cet immense site.Le régiment de Bayard Bien occupé cette journée-là, Vincent McNicoll a du mal à s\u2019asseoir et à reprendre son souffle pour parler.C\u2019est que le téléphone sonne en permanence, pour toutes sortes de raisons.« Ma job dans le fond c\u2019est de gérer les flous », dit-il en riant.Il doit veiller à ce que chaque étape du scénario soit prête pour faire avancer l\u2019histoire.« La thématique tourne autour du régiment de Bayard, dit Vincent McNicoll.C\u2019est un régiment de soldats anonymes, incarnés par les campeurs, qui doivent défendre le Duché de Bicolline contre les forces du mal.Les forces du mal, ce sont toutes sortes de créatures fantastiques qui sèment le chaos partout.» En plus de son équipe d\u2019animateurs, la trame narrative est mise en oeuvre grâce aux campeurs plus vieux de 13 à 16 ans, appelés les « artisans de légende », qui intègrent l\u2019histoire et jouent les personnages en fonction de leurs habiletés personnelles.C\u2019est toute une équipe qui se met à l\u2019œuvre pour faire vivre aux jeunes soldats du régiment de Bayard une expérience inoubliable. S I M O N B O L D U C 31 itineraire.ca 15 août 2023 Une question de courage Au-delà du médiéval, ce qui intéresse le directeur de camp avant tout, c\u2019est la mission des Camps Légendaires.« C\u2019est plus que l\u2019 incarnation et l\u2019 immersion, c\u2019est un contexte d\u2019adversité, représenté ici par une trame, des créatures à affronter, et les jeunes doivent développer leur courage.Leurs adversaires représentent leurs propres limites qu\u2019 ils doivent combattre dans le but de se dépasser », explique-t-il.Bicolline, ça peut être épeurant, reconnaît-il.Pour un enfant de 8 ans, il peut effectivement être effrayant de voir une horde d\u2019orques apparaître de nulle part.« On va jouer avec un grand spectre d\u2019émotions, poursuit-il.C\u2019est facile de faire peur à des enfants, mais c\u2019est toujours dans le but de servir quelque chose, surtout à alimenter les trois facettes que sont le sport, la coopération et l\u2019entraide.» Immersion Les Camps Légendaires ne sont pas exclusivement offerts à Bicolline.En fait, ils sont nés dans la région métropolitaine et des camps de jour existent aujourd\u2019hui à Mirabel, Saint- Bruno, Sherbrooke, Laval, Montréal.Bien entendu, ce sont des sites moins immersifs et l\u2019expérience n\u2019est pas la même, reconnaît Vincent McNicoll : « Dormir sur place dans un site incroyable comme ici, c\u2019est fou.On fait des campagnes de soir, des feux de camp.Mais même si tu n\u2019es pas dans un décor comme Bicolline, les enfants ont tellement d\u2019 imagination qu\u2019 il faut juste développer un peu plus nos scénarios.» Arts martiaux Vincent McNicoll (photo) ne vient pas du milieu médiéval.Il n\u2019avait même jamais vraiment fait de jeux de rôle ou de Grandeur Nature (GN) avant de rejoindre l\u2019équipe des Camps Légendaires à temps plein en 2014.C\u2019est le fondateur des Camps et ami, Jonathan Lefort-Lemire, qui l\u2019a invité à rejoindre son équipe qui ne cesse de croître depuis 2005.Il se rappelle les débuts : « Ç\u2019a commencé comme un camp de karaté.Nos racines sont vraiment dans les arts martiaux.Un jour Jonathan a apporté des épées en styro- mousse et les jeunes ont trippé.Ça lui a donné l\u2019 idée d\u2019orienter les camps autour de la thématique médiévale, surtout les arts martiaux historiques européens, appelés AMHE.» Et c\u2019est du sérieux, ces arts martiaux historiques européens.Un « terme parapluie » pour englober tout ce qui est technique de combat historique.Les jeunes qui participent au camp s\u2019entraînent à l\u2019arc, à l\u2019épée bouclier, à l\u2019épée à deux mains, dans le but de développer principalement leurs habiletés d\u2019escrime ancienne « pour performer dans le grand jeu sur le champ de bataille, devant les monstres », explique le directeur du camp de vacances.Les techniques de combats à l\u2019ancienne sont tout sauf improvisées, tient-il à spécifier.Elles tirent leurs origines du plus vieux manuel de combat armé au monde, le Royal Armouries Ms.I.33. 32 Oui, je serais un roi.J\u2019aiderais mon peuple à sortir de la pauvreté.Je serais un grand roi français.J\u2019aurais mes serviteurs dans un grand château.Je porterais fièrement les collants et la tunique qu\u2019ils portaient à l\u2019époque.Je n\u2019irais pas sur le champ de bataille.Je serais un fin stratège et je resterais dans ma tente lors des campagnes militaires.BILL MARVEN PARTICIPANT À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER Cr*$%ss oui ! Euhhh non\u2026 ça dépend.Si j\u2019avais été chevalier, oui, mais un paysan pas question.Les paysans étaient exploités.Les chevaliers étaient gâtés.C\u2019était le temps de la peste, le pauvre monde mourrait.Les riches ne mourraient sûrement pas de la peste, ils n\u2019avaient pas autant de rats chez eux.JOSEPH CLERMONT MATHURIN CAMELOT MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE / DORION 33 itineraire.ca 15 août 2023 Moi j\u2019aurais été forgeron.Un métier très important à l\u2019époque.Plus précisément, j\u2019aurais été maréchal ferrant.J\u2019aurais pris soin des chevaux et surtout veiller à ce qu\u2019ils ne se blessent pas.Tout était fait à la main, un véritable métier d\u2019artisan.JACQUES BIBAUD PARTICIPANT À LA CUISINE Non pas vraiment.C\u2019était malpropre.Ça ne se lavait pas beaucoup à cette époque-là.C\u2019était pas copain copain avec eau et savon.Mais si tu me demandes, j\u2019aurais joué quel rôle dans la société moyenâgeuse, sans doute, j\u2019aurais été roi ou dictateur.Je n\u2019ai rien contre le pouvoir, en autant que j\u2019y sois.CHRISTIAN TARTE CAMELOT PJC 28E AVENUE / BEAUBIEN J\u2019aurais aimé vivre dans les grands châteaux, avec des grandes cours et des écuries remplies de chevaux.Comme mon rôle de représentante des camelots à L\u2019Itinéraire, j\u2019aurais pris soin de mon peuple et je me serais assurée qu\u2019il mangeait à sa faim.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR ET MARCHÉ METRO, RUE DE L\u2019ÉGLISE Je ne pense pas.C\u2019était pas aussi avancé qu\u2019aujourd\u2019hui.Les mentalités étaient différentes.Ils s\u2019habillaient beaucoup, ça avait l\u2019air chaud et lourd.C\u2019est sûr, je ne cache pas que j\u2019aurais aimé être roi.Même si je suis chevalier de Colomb, ça n\u2019a rien à voir avec la chevalierie médiévale (rires).STÉPHANE LANCTÔT CAMELOT MARCHÉ METRO BEAUBIEN / ALBANY J\u2019aurais aimé ça oui.Une des raisons est sans doute parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de technologies comme aujourd\u2019hui.Dans cette société, j\u2019aurais aimé être le fou du roi.Je suis un farceur et j\u2019aime ça jouer des tours au monde.ALI SADATE MOHAMED PARTICIPANT À LA CUISINE Félix Lacerte-Gauthier \u2022 Collaboration spéciale L\u2019Acadie en musique epuis 1881, les Acadiens célèbrent leur fête nationale le 15 août.En cette journée de festivités, trois des artistes acadiens les plus en vue se confient sur ce que représente pour eux leur nation d\u2019origine et l\u2019importance de leurs racines dans leurs œuvres.À lire les mots du P\u2019tit Béliveau, de Caroline Savoie et de Julie Aubé, on peut presque entendre cet accent que l\u2019on aime tant, et que beaucoup de Québécois gagneraient à mieux écouter et comprendre. Le français parlé dans les Maritimes diffère quelque peu de celui du Québec.Les trois artistes admettent d\u2019ailleurs avoir parfois de la difficulté à se faire comprendre hors scène, lors d'interaction de la vie courante.« Souvent, au Québec, les gens me répondent en anglais.Il y a encore beaucoup de monde pour qui l\u2019accent du Nouveau- Brunswick, ça sonne juste comme quelqu\u2019un qui parle anglais.Ils ne sont pas exposés à beaucoup d\u2019accents de Franco- canadiens hors Québec », se désole Julie Aubé.Une réalité également vécue par les deux autres artistes, qui rapportent avoir vécu régulièrement des situations semblables.Bien qu\u2019elle vive au Québec depuis huit ans et qu\u2019elle y fait la plupart de ses spectacles, Caroline Savoie confie que ça lui arrive encore souvent.Sa solution est simplement de continuer la conversation en français, jusqu\u2019à ce que son interlocuteur s\u2019adapte.« C\u2019est pour ça que la culture est importante, que c\u2019est important de chanter en français.C\u2019est de même qu\u2019on propage le mot qu\u2019 il y en a, des francophones hors Québec.C\u2019est prendre une opportunité d\u2019éduquer », croit-elle.Pour le P\u2019tit Béliveau, sa relation avec le Québec et ses habitants peut être touchante par moment, mais aussi blessante par d\u2019autres, alors qu\u2019il se sent accepté par le public lors de ses concerts, mais a parfois plus de difficulté avec d\u2019autres personnes qui n\u2019acceptent pas sa façon de s\u2019exprimer.Il ajoute cependant que l\u2019histoire du Québec et ses combats pour préserver sa langue peuvent faire en sorte que l\u2019utilisation de mots anglais passe moins bien pour certains.« Je ne pense pas que tous les Québécois connaissent l\u2019histoire des Acadiens, croit-il.C\u2019est pour ça que c\u2019est utile de continuer à jouer là-bas, pour que le monde puisse mieux comprendre pourquoi je parle comme ça, et comment notre histoire nous a façonnés.» Alors que pour certains artistes, chanter en français est un choix politique, lui le fait plutôt pour des raisons pragmatiques.« Ce n\u2019est pas forcément la partie de mon identité qui est importante.Je ne le fais pas pour faire un statement politique.C\u2019est juste comme ça que je parle le mieux.C\u2019est comme ça que je parle à la maison.C\u2019est la façon la plus confortable que je puisse m\u2019exprimer », s\u2019exclame-t-il.Dans le même souffle, il indique cependant avoir un grand respect pour les Acadiens qui luttent pour la langue française, estimant que ce combat est important.« Je fais toujours exprès de choisir des mots, ou des dictons qu\u2019on entend de moins en moins et de les mettre en musique, explique de son côté Julie Aubé.Pour moi, c\u2019est une façon de cataloguer ces mots qui sont en train de disparaître.» Une façon de préserver un certain parler de la génération de ses grands-parents, qui n\u2019est plus utilisé dans les médias ou dans la littérature.« Ce sont de vieux mots qui n\u2019existent plus, ou des choses qui ne sont pas techniquement correctes, mais j\u2019aime trouver une façon de les utiliser dans mon art », ajoute-t-elle.Chanter en français est également « super important » pour Caroline Savoie, en raison des luttes politiques qui ont été nécessaires pour garder la langue vivante dans sa province d\u2019origine, le Nouveau-Brunswick, où l\u2019anglais est toujours majoritaire.« Ça ne fait pas si longtemps que la province est bilingue [depuis 1969].C\u2019est une manière de garder la culture vivante et de propager la culture, d\u2019être fière de parler en français et de partager cette fierté », souligne-t-elle.En grandissant dans sa province, les services en français étaient d\u2019ailleurs un droit parfois difficile à obtenir, se remémore-t-elle.« Arriver au Québec, et d\u2019être dans un endroit où le français est assez majoritaire, c\u2019était important pour moi de pouvoir le vivre pleinement, confie-t-elle.On veut aussi rendre les gens conscients qu\u2019 il y a des francophones hors Québec.» 35 itineraire.ca 15 août 2023 Jonah Richard Guimond a choisi son nom de scène en hommage à son grand-père, Julien Béliveau.Une façon pour lui d\u2019honorer un homme qui l\u2019a marqué, et chez lequel il a même vécu quelques années dans son enfance.« Je dirais qu\u2019 il est le grand, ce qui ferait de moi le P\u2019tit.C\u2019est aussi parce que je l\u2019admire.Il y a plein de membres de la famille qui disent que quand il était jeune, on se ressemblait, et même au niveau du caractère », confie-t-il.Sans être musicien, son grand-père jouait néanmoins de la guitare.Il a eu, aux dires du P\u2019tit Béliveau, un « gros impact » sur son parcours.« Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui joue de la musique [ en Acadie ].Ça fait partie de la culture dont on est fier.C\u2019est une petite place, sans lieu pour nous rassembler.La musique est une des choses que les gens ont », fait-il remarquer.Bien qu\u2019elle vive maintenant dans la Belle Province, Caroline Savoie fait pour sa part ressortir ses racines acadiennes avec sa musique, qu\u2019elle qualifie de folk-pop ambiant, l\u2019utilisant pour promouvoir la culture et la langue parlée dans la terre de ses ancêtres.Si Caroline Savoie a fait le choix de s\u2019installer au Québec, le P\u2019tit Béliveau veut plutôt promouvoir sa région natale.Ayant récemment fait le saut comme indépendant (ce dont il ne peut pas parler pour des raisons contractuelles), il envisage à terme d\u2019engager un professionnel de la Baie Sainte-Marie pour l\u2019aider dans les aspects économiques et contractuels du milieu musical.« Ce serait le fun d\u2019avoir des pros, en Acadie, qui travaillent dans l\u2019 industrie de la musique, sans qu\u2019 ils soient musiciens.On a beaucoup de musiciens, beaucoup de talent, mais on déménage toujours à Montréal pour vivre de notre musique », souligne-t-il.Bien qu\u2019il n\u2019ait lui-même jamais vécu dans la métropole québécoise, toute son ancienne équipe y était basée.« Il n\u2019y a pas de tradition acadienne qui vient jouer dans ma carrière.C\u2019est plus une façon d\u2019être », croit pour sa part Julie Aubé.Alors qu\u2019avec les Hay Babies, elle fait de la musique folk, davantage traditionnelle, en solo, les sonorités rock ressortent davantage.Elle estime néanmoins que son identité acadienne contribue à son succès sur la scène francophone québécoise, en apportant au public quelque chose de différent et qui « sort de l\u2019ordinaire ».« Ça fait mon affaire de ne pas avoir à cacher mon identité, de ne pas cacher mon accent ou tout ce qui fait qui je suis, ajoute-t-elle.Pour moi, c\u2019est cool d\u2019avoir la chance de mettre en valeur l\u2019Acadie.» 36 itineraire.ca 15 août 2023 « En grandissant [ en Acadie ], même si ta famille n\u2019est pas portée sur la musique, t\u2019es dans une région musicale.C\u2019est comme ça partout.J\u2019ai grandi en me disant que c\u2019est juste normal.Après que j\u2019ai plus voyagé, j\u2019ai réalisé à quel point c\u2019est spécial », explique au téléphone Le P\u2019tit Béliveau, de son vrai nom Jonah Richard Guimond.Lui-même a plongé dans le milieu de la musique assez jeune, débutant d\u2019abord par la guitare, avant de commencer à créer des instrumentaux hip-hop vers l\u2019âge de 16 ans.Il admet lui-même n\u2019avoir jamais pensé pouvoir vivre un jour de son art.« Quand j\u2019étais jeune, je ne faisais pas de sport, ni rien comme ça.J\u2019ai commencé à jouer de la guitare par moi-même, pour le fun, et j\u2019ai réalisé assez vite que j\u2019aimais beaucoup ça », confie-t-il.En 2019, l\u2019artiste originaire de la Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse,a participé aux Francouvertes, se rendant jusqu\u2019en finale, ce qui a attiré les regards du milieu musical.Après avoir signé avec une maison de disques, il a décidé de prendre un risque en quittant son emploi dans la construction, qui occupait alors la plus grande partie de son temps.« Pour être honnête, je pense que j\u2019ai pris la décision un peu trop tôt, pondère-t-il.J\u2019avais confiance et j\u2019ai juste quitté ma job, mais je suis resté broke pendant un bon moment avant de commencer à faire de l\u2019argent avec ça.Là, je suis plus ou moins confortable.» Malgré tout, l\u2019idée de retourner travailler dans la construction ne lui a jamais effleuré l\u2019esprit, alors qu\u2019il n\u2019est pas, selon ses dires, le genre de personne à faire de l\u2019anxiété ou à remettre ses décisions en doute.« Dans une problématique, je me dis toujours que je suis capable de survivre avec mes mains.Ça me donne une certaine confiance.Ce n\u2019est pas tout le monde qui en est capable, mais je l\u2019ai déjà fait, et peu importe ce qui arrive, je sais que j\u2019ai cette capacité », estime-t-il.ÉRIKA ESSERTAIZE Originaire de la ville de Dieppe, Caroline Savoie a aussi fait ses premiers pas dans la musique à travers des circonstances semblables.« C\u2019est mon grand-père qui m\u2019a initiée à la musique.Mon pépère en était vraiment passionné, alors il a donné une guitare à tous ses petits-enfants.J\u2019ai commencé à en jouer quand j\u2019avais 12 ans », se remémore-t-elle.De fil en aiguille, elle a commencé à pratiquer de plus en plus et à prendre la musique au sérieux.« Quand j\u2019étais à l\u2019université, je commençais à faire des spectacles.Je me disais que ce n\u2019était pas viable de faire les deux, alors j\u2019ai décidé de sauter dans le vide et de quitter l\u2019université pour faire de la musique à temps plein », se souvient-elle.En 2014, à 19 ans, elle a participé à la troisième saison de The Voice, la plus belle voix, en France, après avoir été approchée par des producteurs grâce aux reprises de chansons qu\u2019elle partageait sur YouTube.Bien qu\u2019elle estime que la gloire apportée par l\u2019émission est éphémère, en raison du grand nombre de participants à chaque saison, elle croit que sa participation lui a permis d\u2019apprendre à s\u2019affirmer davantage, alors que ses performances étaient vues par des milliers de téléspectateurs.« C\u2019était une école en soi, mais il y avait aussi beaucoup de travail ; on était là toute la journée.Je n\u2019étais jamais allée en France, et là, j\u2019y allais huit fois dans l\u2019année.C\u2019était vraiment intense, mais c\u2019était une bonne expérience », se souvient-elle.L\u2019année suivante, en 2015, elle participait au Festival international de la chanson de Granby, où elle a gagné en finale, remportant également huit autres prix au passage, et cimentant sa place dans le milieu musical.CAMILLE GLADU-DROUIN Julie Aubé était encore jeune lorsque son père lui a offert un tourne-disque, l\u2019initiant ainsi au monde de la musique.À 17 ans, elle a commencé à en jouer par elle-même.« C\u2019était ma passion, et j\u2019avais juste envie de vivre de ça et de faire de la musique, d\u2019en faire une carrière.Mais à cette époque, je n\u2019avais aucune idée à quoi m\u2019attendre, ni de quelle sorte de vie c\u2019était », confie-t-elle.Avec Katrine Noël et Vivianne Roy, elle formera le groupe Les Hay Babies, qui a remporté les Francouvertes en 2013.Quatre ans plus tard, elle a lancé un premier album solo, poursuivant en parallèle son travail avec le groupe, afin de pouvoir expérimenter et faire des projets plus personnels en voyant la forme qu\u2019ils prendraient.« Avec les Hay Babies, on est trois filles qui écrivons les chansons ensemble.J\u2019étais rendue à une place où je voulais pouvoir m\u2019exprimer toute seule.À trois, il faut faire des compromis.Le résultat final est toujours cool, mais je savais qu\u2019un projet musical toute seule ressemblerait à quelque chose d\u2019autre », élabore-t-elle.Après avoir sorti un deuxième album solo en 2022, elle a décidé, cette année, de faire une première tournée seule, sans ses deux autres comparses des Hay Babies.Un nouveau défi pour elle, avec lequel elle commence à devenir plus « confortable ».« Au début, c\u2019était très difficile, je me disais que personne ne voudrait me voir, seule, sans les Babies.Comme si à trois, on est plus drôle, plus le fun à regarder.Mais à force de faire des shows et des entrevues, j\u2019ai gagné une confiance que je n\u2019avais pas avant », révèle la musicienne.MARC-ANDRÉ BELLIVEAU 40 itineraire.ca 15 août 2023 La voyageuse de nuit Écrit et lu par Laure Adler Éditions Gallimard Audio, 2021, 5 h 59 min C\u2019est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour.C\u2019est un récit composé de choses vues sur la place des villages, dans la rue ou dans les cafés.C\u2019est une enquête tissée de rencontres avec des gens connus mais aussi des inconnus.C\u2019est surtout une drôle d\u2019expérience vécue pendant quatre ans de recherche et d\u2019écriture, dans ce pays qu\u2019on ne sait comment nommer : la vieillesse, l\u2019âge ?Les mots se dérobent, la manière de le qualifier aussi.Aurait-on honte dans notre société de prendre de l\u2019âge ?Il semble que oui.On nous appelait autrefois les vieux, maintenant les seniors.Seniors pas seigneurs.Et on nous craint \u2014 nous aurions, paraît-il, beaucoup de pouvoir d\u2019achat \u2014 en même temps qu\u2019on nous invisibilise.Alors que faire ?Nous mettre à l\u2019abri ?Sûrement pas ! Mais tenter de faire comprendre aux autres que vivre dans cet étrange pays peut être source de bonheur\u2026 - Extrait de narra.audio Voyages, voyages.Plongez dans des récits de voyages.Non pas ceux qui font découvrir des contrées éloignées aux paysages rêvés, non ! Plutôt la sorte de voyage intérieur, qui propulse l\u2019épanouissement, la transformation, le questionnement, l\u2019apprentissage.Voici six suggestions de livres à écouter, dont le plus grand nombre s\u2019adresse à des oreilles adultes et d\u2019autres pensés pour des plus jeunes.par Karine Bénézet Journaliste, cheffe de pupitre « Marcher là-bas où tout a débuté.» Après La Nuit de feu, où Éric-Emmanuel Schmitt décrivait son expérience mystique dans le désert du Hoggar, il revient aux sources avec ce récit de voyage en Terre sainte, territoire aux mille empreintes.Bethléem, Nazareth, Césarée, lieux intenses et composites qu\u2019il brosse sur le vif et où il approfondit son expérience spirituelle, ses interrogations, réflexions, sensations, étonnements jusqu\u2019à la surprise finale, à Jérusalem, d\u2019une rencontre inouïe avec ce qu\u2019il nomme l\u2019« incompréhensible ».Après la lecture de ce récit, le Pape François a envoyé une lettre à Éric-Emmanuel Schmitt qui est lue par Michelangelo Marchese en postface.- Extrait de narra.audio Le défi de Jérusalem.Un voyage en Terre Sainte Écrit et lu par Éric-Emmanuel Schmitt Éditions Audiolib, 2023, 4 h 45 min Merci à Narra, la première et l\u2019unique plateforme québécoise dédiée au livre audio d\u2019ici pour sa participation à la réalisation de cette chronique.L'improbable voyage d'Audrey Mercier : tome 1 De Sandra Verilli, lu par Marie-Josée Tremblay Les Éditions Andara, 2021, 6 h 19 min Une fête sous la lune.L'extraordinaire voyage de la bande à Bébert De Christiane Duchesne, lu par Bruno Marcil Éditions La Montagne Secrète (jeunesse), 2021, 36 min Audrey Mercier est enseignante à Montréal.Sa vie rangée et sans éclat bascule le jour où ses deux grands enfants lui offrent un cadeau très spécial pour ses 40 ans : des billets d'entrée pour le musée et l'aquarium de Vancouver.Mère monoparentale, Audrey a toujours rêvé d'aller en Colombie- Britannique, mais elle n'a ni le budget pour prendre l'avion ni l'envie de parcourir le Canada en solo.Lorsque Milan O'Neill, un conseiller sportif de l'école qui fait fureur auprès de la gent féminine, lui propose de l'accompagner, la jeune femme n'a d'autre choix que de plonger tête première dans cet improbable périple pendant lequel rien ne se passera comme prévu.Au-delà d'un simple road trip, ce voyage en sera un de découverte de l\u2019autre, mais aussi de découverte de soi.Car en parcourant près de 5000 km en moins de trois semaines, beaucoup de choses peuvent arriver ! - Extrait de narra.audio Réal de Montréal est un méchant garnement.Une nuit, Réal se heurte à une victime plus puissante que les autres.Un lutin le transforme en petit homme pour le punir d\u2019un mauvais coup de trop.Commence alors un long périple pour Réal\u2026 Alors qu\u2019un convoi de bernaches traverse le ciel, Réal est accidentellement entraîné dans la course par Nora, une « goélande » qui rêve de voler aussi haut que les oiseaux qu\u2019elle admire.Réal découvrira avec elle plusieurs régions du Québec.Il sera confronté au monde, à la géographie, à ses habitants et aux histoires qu\u2019il porte en lui.- Extrait de narra.audio Réal de Montréal, le merveilleux voyage De Rébecca Déraspe, lu par Hubert Lemire et Maxime Mailloux Éditions La Montagne Secrète (jeunesse), 2022, 1 h 5 min Un jour, tout bascula.Ce jour-là, malgré les blessures et l'aigreur des incompréhensions mutuelles, tous deux finirent par s'avouer l'un à l'autre qu'ils s'étaient aimés, qu'ils s'aimaient encore et qu'ils s'aimeraient toujours.- Extrait de narra.audio Mon voyage de pêche Écrit et lu par Jean-Marie Lapointe Éditions Alexandre Stanké, 2023, 1 h 15 min Il était une fois quatre amis qui ne se quittaient jamais comme ils avaient toujours beaucoup de plaisir ensemble.Après un voyage plein de surprises qui s'est terminé avec un grand pique-nique au soleil, les membres de la bande à Bébert décident de s'installer loin des pluies torrentielles, au sommet de la montagne Bleue.Dans ce nouveau pays, ils feront la connaissance d'une grande petite fille extraordinaire prénommée Alice, qui n'a qu'à claquer des doigts pour devenir minuscule ou géante.Ensemble, ils passeront une nuit magique à chanter et à danser sous les étoiles filantes, à planer autour de la lune ! Ce conte musical est porté par quatre chansons traditionnelles connues de tous et par treize compositions originales à la fois tendres et contagieuses, chantées avec malice et émotion, Des illustrations d'une grande finesse accompagnent à merveille cette joyeuse fête inoubliable.- Extrait de narra.audio P a r N a m r o n C a m e l o t P J C b o u l .M o n k / P h a r m a p r i x O u t r e m o n t n o r m a r t m u s i c @ y a h o o .c a Humoriste 43 itineraire.ca 15 août 2023 Pier-Luc Ouellet Rêver moins pire Les propos exprimés dans cette chronique n\u2019engagent que l\u2019auteur.La vie ne devait pas être super chouette à l\u2019époque médiévale.Vous avez trouvé ça rushant la pandémie de Covid-19, enfermés à la maison, payés à écouter Netflix et à brûler de la pauvre pâte à pain qui n\u2019avait rien demandé ?Les Européens du 14e siècle, qui ont vu jusqu\u2019à 50 % de la population mourir en seulement 6 ans, nous trouveraient sûrement un peu chialeux.Juste un peu.Mais faut voir le bon côté des choses : ça devait être moins compliqué de se trouver un 4 ½ à la fin de cette pandémie-là.Et personnellement, je conspue le camping sauvage : hors de question que j\u2019aille à un endroit où je ne peux pas prendre de douche et où je dois faire mes besoins sur le sol comme un lièvre en bottes Merrell.Mais comparé à l\u2019époque médiévale, ça reste la grande classe.Dans les châteaux européens, on faisait simplement tomber les excréments dans la cave du château, et on ramassait ça à la pelle quand ça débordait.Et ça, c\u2019était la solution luxueuse.Les pauvres paysans, eux, lançaient leurs excréments par la fenêtre.Si jamais vous inventez une machine à voyager dans le temps, pensez à apporter un parapluie.Pourtant, malgré tout ça, on voue une fascination unique à l\u2019époque médiévale.Chaque année, des milliers de fanatiques du Moyen Âge se rassemblent à Saint-Mathieu-du-Parc au Duché de Bicolline, pour un rassemblement à saveur médiévale.De tels rassemblements n\u2019existent pour aucune autre époque.Vous ne retrouverez pas des milliers de personnes qui prennent un bain ensemble pour recréer l\u2019Antiquité grecque ni de conventions de la Grande dépression où les mordus se rassemblent pour manger des miettes de pain sec en pleurant.Mais comment ça donc ?Pourquoi l\u2019époque médiévale exerce- t-elle un tel attrait sur les esprits modernes ?Ce n\u2019est pas vraiment l\u2019époque médiévale qui captive les gens.Personne ne rêve vraiment de retourner à une époque où l\u2019espérance de vie était d\u2019à peu près 15 minutes, et où on pouvait se faire brûler au bûcher pour sorcellerie parce qu\u2019on savait faire des additions sans les doigts.Ce qui nous fascine, c\u2019est l\u2019imaginaire qu\u2019on a créé autour du Moyen Âge avec ses chevaliers valeureux et ses dragons perfides.Désolé de vous l\u2019apprendre, mais les dragons tels qu\u2019on peut les voir dans le Hobbit n\u2019existent pas vraiment.Le plus proche d\u2019un dragon terrifiant qu\u2019on a dans notre monde c\u2019est genre un iguane, et les propriétaires doivent enlever leurs peaux mortes avec des pinces à épiler, parce que ça peut leur rester dans les yeux et les rendre aveugles.On est loin de Smaug, mettons.Peut-on vraiment en vouloir aux gens de rêver à un monde fantastique, où tout est possible, dans lequel on peut se réinventer en mystérieux mage ou en courageux cavalier ?Le monde dans lequel on vit est plus sécuritaire et plus confortable que celui du Moyen Âge, fictif ou pas, mais il est aussi limité, et il l\u2019est de plus en plus.Il y a quelques décennies, on pouvait espérer une certaine mobilité sociale, mais cette fenêtre s\u2019est presque complètement refermée.Aujourd\u2019hui, si on ne naît pas dans une famille déjà riche, il est improbable qu\u2019on devienne soi-même millionnaire.En fait, il est même improbable qu\u2019on réussisse à simplement s\u2019acheter une maison.Et pour la plupart d\u2019entre nous, la liberté se résume à deux semaines de vacances par année, quatre pour les plus chanceux, pendant lesquelles on pourra s\u2019entasser sur l\u2019autoroute avec des millions de vacanciers, mais sans aller trop loin, parce que l\u2019essence est rendue chère et le transport en commun, surtout interurbain, semble encore plus fantastique que l\u2019existence des licornes et des centaures.Alors oui, pendant le reste de l\u2019année où les gens sont enfermés dans un cubicule à remplir des documents Excel pour un patron qui ne connaît pas leur nom, à travailler d\u2019arrache-pied pour payer une voiture qui leur sert surtout à se rendre à leur travail, ça arrive qu\u2019ils rêvent de s\u2019évader dans un monde fantastique où la menace apocalyptique d\u2019un vil dragon sera toujours repoussée par des guerriers valeureux.C\u2019est mieux que notre apocalypse à nous, où la planète se réchauffe tranquillement jusqu\u2019à ce que notre air conditionné rende l\u2019âme.Si l\u2019humanité survit encore un autre millénaire, est-ce que les humains du futur feront des Grandeur Nature du 21e siècle, où des milliers de fanatiques se réuniront pour faire semblant de négocier une hypothèque entre deux épisodes de STAT ?Mon petit doigt me dit que le Moyen Âge va rester encore l\u2019époque la plus populaire dans 1000 ans. Solutions disponibles à itineraire.ca et dans le prochain numéro.En Galles Ronchonnèrent Exclamation Arbres Bat au vent Thymus Danse espagnole Endoctrinement Insipide Électron Truffe Note Tiras au sort Ablation Lawrencium Lux Rez-de- chaussée d?un théâtre Vrai Préposition Travailleur social Mesure itinéraire Id-est Vesse Peuple Ici Taches arrondies Élément Ridelle Souverains d?un théatre F R H D N U I T E R E O C E L L E S I L P E L B E T S E I R T E R E F S A F D E R I S S A N S L X N E G T A O N A H B A E N R A I P G E S A E A P R T R E R E 8 7 3 1 6 4 9 5 2 9 2 4 7 8 5 1 6 3 6 5 1 2 3 9 4 8 7 4 8 2 5 7 1 6 3 9 1 3 7 4 9 6 8 2 5 5 6 9 8 2 3 7 4 1 7 4 6 3 1 2 5 9 8 3 9 8 6 5 7 2 1 4 2 1 5 9 4 8 3 7 6 - 1er août 2023 horizontalement 1.Achèverions.2.Usines aéronautiques.3.Se dit d'un objet sphérique.- Tuile.- Idem.4.Cinq cent cinquante.- Erbium.- Technétium.- Mère chrétienne de l'humanité.5.Possédées.- Tournâmes.6.Métro de Paris.- Cale.- Incontestable.7.Humeurs violentes.- Fouille méthodiquement.8.Habitantes d'un espace vert.9.Nickel.- Sépareras.10.Tendues.- Molybdène.verticalement 1.Prendrions notre temps.2.Passerait progressivement à un autre état.3.Parti disparu au profit du P.Q.- Âges.4.Manières passagères.- Endroit.5.Indium.- Légumineuse.6.Nord-nord-ouest.- Enduits vitreux.7.Estonie.- Charge d'un baudet.8.Route de campagne.- Dépression circulaire.9.Trois.- Informas.10.Gonflements pathologiques.11.Nanoseconde.- Fait basculer.12.Blessée.- Ut.S?attarder Arnaquées Appareils pour glaces Retire Orient Imposantes Détériorent Défaut Monnaie romaine Éloignerons Cal Genres littéraires Héros de Jarry Crus Nord- nord- est Règles Os Mesurée Souveraines Filet Thor Id est Tordus Six Neige durcie Aider S?attarder à des broutilles Fromage Avalé Entourée Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente Grille numéro : 57796 8 9 6 8 2 9 2 5 6 9 4 5 3 1 2 9 3 5 7 9 1 1 4 8 7 6 3 5 8 3 6 7 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE FREEPIK @THE8MONKEY | TOUTOUS Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant?: $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom?: Prénom?: Adresse?: Ville?: Code postal?: Courriel?: Téléphone?: ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme?: 13648 4219 RR0001 100 $ L'alcool et ses effets Mal de bloc, gueule de bois, vomissements, etc.Si ces effets sont de courte durée, la consommation d'alcool peut avoir des effets à long terme et plus lourds de conséquences : diminution de la performance scolaire, altération de la perception des risques associés aux activités sexuelles, par exemple.Cette dernière est d'ailleurs accentuée en cas de consommation d'alcool doublée de cannabis.La surconsommation d'alcool peut également affecter le comportement et la santé mentale.Ainsi, des étudiants dont la santé mentale serait déjà fragilisée pourraient ressentir une augmentation de leur état dépressif de par l'effet de désinhibition qu'engendre la présence d'alcool dans le sang.Ou encore, l'alcool peut affecter le jugement et provoquer le conflit en activant certaines émotions comme la jalousie, la colère, l'attirance sexuelle, etc.Une rentrée arrosée\u2026 avec modération Que ce soit entre pairs ou d'adultes à plus jeunes, discuter des effets de l'alcool sur le corps, la santé mentale et physique, les amitiés, la réputation, l'image et même la réussite scolaire est positif, encore plus lorsque fait avec franchise et bienveillance.Également, aborder les comportements à adopter en cas de consommation d\u2019alcool peut aider les jeunes à prendre de meilleures décisions lorsqu'ils se retrouvent en situation.Par exemple : \u2013 espacer les consommations, \u2013 ne pas boire l\u2019estomac vide : la nourriture dans l\u2019estomac retarde et ralentit l\u2019absorption de l\u2019alcool dans le sang.Mais attention ! Un estomac plein n\u2019empêche pas l'alcool de produire ses effets ni de s\u2019enivrer, \u2013 rester hydraté·e : commander un mocktail, un verre d\u2019eau, avec un peu de citron, ou encore un jus, \u2013 s\u2019entourer de bon·nes ami·es : se surveiller les un·es les autres et ne pas laisser les autres trop boire, \u2013 ne pas laisser son verre sans surveillance et surveiller celui des autres, \u2013 prévoir d\u2019avance la manière de rentrer chez soi.SANS FAIRE LA MORALE PUBLICITÉ En 2019-2020, 56 % des étudiants consommateurs d\u2019alcool ont subi au moins un effet secondaire au cours du mois de mars 2020 en raison de leur consommation d'alcool 1.Les cégeps et les universités constituent des milieux de vie stimulants où les étudiants ont de nombreuses occasions de socialiser, de se réaliser et de faire de nouvelles expériences.Parmi elles : les fêtes d'intégration et autres événements étudiants.Si ces activités s'inscrivent dans la dynamique « naturelle » postsecondaire, l'alcool y est souvent permis et consommé.Quelle que soit la raison de fêter, la modération et la consommation responsable sont de bonnes options pour minimiser les effets secondaires.F R E E P I K Une étude canadienne rapporte qu'en mars 2020, « 40 % des étudiants [ répondants ] ont consommé de l'alcool fréquemment (au moins une fois par semaine) » L'alcool est la substance la plus souvent associée à des situations d'agression sexuelle.Ainsi, certains « oui » prononcés à la fin d'une soirée arrosée auraient sans doute été des « non » à jeun.D'ailleurs, environ un jeune sur sept qui a eu une relation sexuelle sous l'effet de l'alcool dit l\u2019avoir regretté par la suite.[1] Enquête canadienne sur la consommation d\u2019alcool et de drogues dans les établissements d\u2019enseignement postsecondaire 2019 / 2020, gouvernement du Canada, [en ligne].www.educalcool.qc.ca @éduc-alcool @Educalcool @educ_alcool AJ EMPLITQVOTRESTASSE OUYQUESVOUS\u2019SOYEZ prea-Baoee Partout au Québec, on livre gratuitement\u2019 ea ge #- \u2014 : -\u2014 A : | A À ' - y F4 | \u2014 + - ~ ae EE GER a a -~ A ~~ | Yor J | = \u2014 \u2014 a deen J ry = = Sa y \u2014 - mere re : pr » \u2014\u2014 LE \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 hm a ke me \u2014\u2014\u2014 wm pe \u2014 fi ww \u2014 \u2014_\u2014 \u2014 a\u201c \u2014 bo ro1- Ta \u2014 bee eee.- ee 2 \u2014 - oo \u2014 Tam oy 3x \u2014_ Bou \u2014 he.a * eee Aen.aww \u2014 DER Naa ea wm JJ wean - i - am - lea, Ce x- WD M.ds -v\u2014 ae BROSSARD LEE EEE rerum Fan La terne - > sea TRE wm ir \u201cula mire oe gh eH CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 1 800 361-4121 BROSSARD\"™ *La livraison gratuite s'applique pour = les commandes de 10 livres de café et plus."]
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