Lettre du Conseil à Monseigneur Colbert, en vertu d'un arrêt du même jour
Voir les informations
Détails du document
Informations détaillées
- Conditions générales d'utilisation :
-
- Titre :
- Lettre du Conseil à Monseigneur Colbert, en vertu d'un arrêt du même jour
- Date de création :
- 30 octobre 1668
- Genre spécifique :
-
- Archives textuelles
-
- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Ensuit la teneur de la lettre, Monseigneur, Les habitants du Canada redemandant avec instance la liberté du commerce appuyés sur des raisons apparentes nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser de vous en faire l'ouverture, estimant que s'il continuait en la seule main de la compagnie comme il a presque été cette année le pays pourrait aussi continuer d'être exposé aux grands manquements qu'il souffre aujourd'hui, tout le monde recherchant avec empressement des denrées nécessaires qui ne se trouvent pas dans les magasins de la compagnie et les commis même ne disconviendront pas qu'on leur a manqué au besoin, de plus que si les habitants n'ont pas liberté de faire venir ce qui leur fait besoin tant pour leur subsistance et celle de leur famille que pour leur commerce avec les Sauvages ils ne se trouveront pas si fort en état d'entretenir bon nombre de valets et de travaillant qui [...]
-
- Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Ensuit la teneur de la lettre, Monseigneur, Les habitants du Canada redemandant avec instance la liberté du commerce appuyés sur des raisons apparentes nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser de vous en faire l'ouverture, estimant que s'il continuait en la seule main de la compagnie comme il a presque été cette année le pays pourrait aussi continuer d'être exposé aux grands manquements qu'il souffre aujourd'hui, tout le monde recherchant avec empressement des denrées nécessaires qui ne se trouvent pas dans les magasins de la compagnie et les commis même ne disconviendront pas qu'on leur a manqué au besoin, de plus que si les habitants n'ont pas liberté de faire venir ce qui leur fait besoin tant pour leur subsistance et celle de leur famille que pour leur commerce avec les Sauvages ils ne se trouveront pas si fort en état d'entretenir bon nombre de valets et de travaillant qui leur sont absolument nécessaires pour faire valoir et cultiver les terres qui leur ont été concédées, joint à cela qu'il arriverait infailliblement que ce pays ne recevrait aucun accroissement par de nouveaux colons, l'exemple de ce qui est arrivé cette année en la personne du sieur de Villieu officier du régiment de Carignan auquel on a refusé le passage de ses effets après avoir vendu tout son bien pour le transmettre en ce pays avec toute sa famille, ce qui l'a obligé de demeurer en l'ancienne France, de même qu'un chirurgien de Montréal qui a été obligé de prendre la route des îles plutôt que celle du Canada parce qu'on lui a refusé d'y passer ses effets quoiqu'il en demandât la permission avec empressement, et présentement il s'en trouve qui par leur industrie ayant acquis quelques biens en ce pays s'en retournent en France à dessein de l'employer en achat de quelques denrées propres à leur établissement qui sans doute ne reviendront pas si on leur refuse de porter leurs effets avec leur personne, si cependant Monseigneur vous jugés pour des raisons qui ne nous soient pas connues que vous ne puissiez faire accorder cette liberté de commerce aux habitants de ce pays, nous vous supplions très humblement de reprendre la vue que vous avez eue de former la compagnie qui vous fut proposée l'année passé par Monsieur Talon à la prière que lui en fit ce Conseil après que le peuple lui eut témoigné de le désirer ainsi, et sans nous expliquer des moyens qu'on peut mettre en pratique pour former utilement cette compagnie nous nous en remettons à ce dont conviendront les sieurs Pastoullet (Patoulet) et de Lachesnaie porteurs de la procuration du Conseil. L'expérience journalière nous faisant connaître que la grande quantité de vin et d'eau-de-vie qu'on introduit pour l'ordinaire chaque année en ce pays non seulement fournit abondamment de matière à l'ivrognerie qui entraîne par suite plusieurs actions scandaleuses mais encore par la débauche cause la ruine de quantité de familles, les divertit de l'application qu'elles doivent à la culture de la terre et interrompre le cours du travail de la plupart des artisans nous oblige a même temps à vous faire encore une très humble supplication, de vouloir par l'autorité du Roi retrancher la liberté que jusque ici tous les marchands ont eue d'apporter de ces boissons autant qu'il leur a plu, parce que cette matière la plus recherchée de toutes, quoique la moins utile en ce pays surtout le vin à l'égard de l'artisan leur a fourni des moyens assurés d'extraire du pays les plus purs effets, à quoi vous serez Monseigneur d'autant plus invité que ce Conseil a rendu un arrêt contre cette trop grande abondance de boisson et qu'entrant dans vos sentiments fort utiles à cette colonie il a ordonné par ce même arrêt l'établissement des brasseries, ouvrage que Monsieur Talon a bien voulu commencer et jugé par ce même Conseil très utile a tout ce pays pour les raisons qui vous sont assez connues. Monsieur Talon ayant représenté en ce Conseil qu'il était important de remettre les pelleteries en une seule et même main non seulement pour leur redonner valeur, mais encore de baisser le castor gras pour qu'il eût en France quelque débit favorable, il a été résolu qu'il serait réduit de dix à neuf francs la livre, mais a même temps il a été fortement sollicité par tout le peuple de faire ses instances auprès de vous pour que par votre autorité ceux qui seront ci-après chargés du commerce du pays leur fournissent les denrées dont ils ont besoin et propres à leur usage à un prix plus modique qu'on ne leur a vendu par le passé, nous sommes bien persuadés que joignant à la justice de leur demande l'inclination que vous avez de les favoriser ils recevront ce soulagement qu'ils tiendront de vous seul, cependant nous redoublerons nos prières pour la continuation de votre prospérité et santé et nous demeurerons Monseigneur, Vos très humbles, très obéissants et très affectionnés serviteurs, LE CONSEIL SOUVERAIN DE LA NOUVELLE FRANCE»
- Sujets traités :
-
- Agroéconomie,
- Alcoolisme,
- Artisans,
- Boissons,
- Brasserie,
- Castors,
- Chirurgiens,
- Colonies,
- Commerce,
- Commerce -- Règlements (Droit administratif),
- Commerce des fourrures,
- Commerçants,
- Consommation (Économie politique),
- Construction routière,
- Constructions -- Effondrement,
- Culture,
- Débauche,
- Employés de maison,
- Familles,
- Fortifications,
- Fourrures,
- Hospitalité,
- Huiles et graisses,
- Industrie,
- Justice,
- Liberté,
- Magasins,
- Officiers,
- Pionniers,
- Prière,
- Prières,
- Procès,
- Propriété agricole,
- Richesse,
- Réceptions,
- Régiments,
- Santé,
- Sentiments,
- Tempérance,
- Terrains,
- Travail,
- Utilisation du sol,
- Valets,
- Vin,
- Vues,
- Îles
- Notice détaillée :
- Collections et fonds :
- Lieu de conservation :
-
- Archives nationales à Québec
-
Lien :Le lien est la meilleure manière de partager ou de conserver une ressource. Il est basé sur l'ARK (Archival Resource Key), un identifiant pérenne. Seules les suppressions et les nouvelles numérisations pourraient rendre ce lien invalide.
-
Fichiers (2)
Téléchargement en lot
Vous devez accepter les conditions d'utilisation afin d'accéder au téléchargement en lots.
BAnQ encourage et permet l'utilisation des Contenus sous réserve du respect du droit d'auteur, de tout autre droit pouvant exister et des conditions générales d'utilisation.
BAnQ a recours à des déclarations de droits du consortium RightsStatements.org et à des licences 4.0 de l'organisation Creative Commons. Les Contenus qui sont identifiés à l'aide d'une mention de droits ou d'une licence peuvent être utilisés selon les conditions spécifiques de cette mention ou de cette licence. Consulter le panneau information pour les droits qui s'appliquent sur ce lot.
Lors de toute utilisation permise des Contenus, l'usager doit mentionner le nom de l'auteur ou du créateur (s'il est connu) et mentionner la source (« Bibliothèque et Archives nationales du Québec »), préférablement avec la cote, le numéro d'identification ou l'URL des Contenus utilisés.
Vous pouvez télécharger un maximum de 50 fichiers à la fois.
Références
RIS ou Zotero
EnregistrerEndNote
Enregistrer
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.