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Titre :
Discours de Monsieur Louis de Buade Frontenac, chevalier, comte de Palluau, gouverneur et lieutenant gouverneur de Sa Majesté en Canada, Acadie, île de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale, au sujet de la prestation de serment des conseillers, pour le commencement de la nouvelle année
Date de création :
16 janvier 1673
Genre spécifique :
  • Archives textuelles
Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Du seizième janvier 1673. Haut et puissant seigneur messire Louis de Buade Frontenac chevalier comte de Palluau conseiller du Roi en ses Conseils gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté en Canada, Acadie, île de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale, ayant assemblé Messieurs de Tilly, Damours, Tesserie et Dupont, DePeiras, de Lotbinière et Peuvret, a parlé en ces termes, Messieurs, C'est seulement pour satisfaire à la coutume que je vous demanderai aujourd'hui le renouvellement du serment de fidélité que vous devez au Roi, puisque j'ai reconnu en vous depuis que je suis dans ce pays tant de zèle pour son service, que j'ai tout sujet de croire que vous persévérez dans ces sentiments. J'en suis même si persuadé, et que vous vous acquitterez toujours avec intégrité de la fonction de vos charges, que je n'ai pas hésité à vous continuer dans vos emplois, et que j [...]
Transcription du texte avec orthographe modernisée : «Du seizième janvier 1673. Haut et puissant seigneur messire Louis de Buade Frontenac chevalier comte de Palluau conseiller du Roi en ses Conseils gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté en Canada, Acadie, île de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale, ayant assemblé Messieurs de Tilly, Damours, Tesserie et Dupont, DePeiras, de Lotbinière et Peuvret, a parlé en ces termes, Messieurs, C'est seulement pour satisfaire à la coutume que je vous demanderai aujourd'hui le renouvellement du serment de fidélité que vous devez au Roi, puisque j'ai reconnu en vous depuis que je suis dans ce pays tant de zèle pour son service, que j'ai tout sujet de croire que vous persévérez dans ces sentiments. J'en suis même si persuadé, et que vous vous acquitterez toujours avec intégrité de la fonction de vos charges, que je n'ai pas hésité à vous continuer dans vos emplois, et que j'ai cru ne devoir apporter cette année d'autre changement dans le Conseil souverain, que celui de remplir la charge qui y était vacante, d'une personne qui se conformant sur vos exemples, essayera sans doute à ne me pas donner lieu de me repentir de l'avoir choisie, pour l'occuper. Cependant quelques bonnes intentions que nous ayons tous de faire notre devoir, je crois vous pouvoir donner à l'égard de sa Majesté le même conseil que Salomon dans ses proverbes nous donne à l'égard de Dieu, et en le pratiquant tout le premier, vous convier a en faire de même ce prince le plus sage de tous ceux qui aient jamais régné sur la terre, et qui connaissait parfaitement le fond du coeur humain, sachant que rien ne s'efface si aisément de notre esprit et de notre coeur que la loi de Dieu, parce qu'il y a dans nous un poids contraire qui nous en éloigne sans cesse, à moins que nous ne nous y attachions avec une attention et une application continuelle, nous avertit de ne l'oublier jamais, et qu'elle ne parte point de devant nos yeux, de peur que nous ne nous perdions en la perdant de vue, puisqu'elle est comme dit un autre prophète, la lumière qui éclaire nos pas parmi les ténèbres qui nous environnent. je puis Messieurs vous en dire de même des lois et des ordres de sa Majesté; nous ferons toujours de faux pas si nous ne les avons devant les yeux, et jamais nous ne les exécuterons comme il faut, si nous ne nous appliquons continuellement à songer à ce qu'elles désirent de nous, parce qu'il n'y a personne qui naturellement n'ait de l'inclination à l'indépendance et qui n'aime beaucoup mieux faire ce qu'il se prescrit lui-même, que ce que les autres lui ordonnent. Or Messieurs vous ne pouvez pas ignorer qu'une des choses que sa Majesté nous recommande le plus expressément et qu'elle souhaite avec le plus de passion pour l'avancement de cette colonie ne soit d'y voir la justice administrée avec toute sorte d'équité et d'intégrité, parce qu'elle sait fort bien que comme c'est par elle que les états les mieux établis se conservent, c'est aussi par son moyen que ceux qui ne font que de naître peuvent recevoir de l'augmentation. C'est pourquoi tâchons, je vous prie, d'avoir toujours cette règle et cette pensée fortement imprimée dans nos esprits, et pour bien remplir les intentions de sa Majesté sur ce point, qui ne désire que de procurer par la le repos et la tranquilité de ses sujets, appliquons nous, même par avance à déraciner autant qu'il nous sera possible, des esprits des peuples de ce pays, une certaine inclination de chicane qu'ils font paraître, et qui pourrait causer de grands désordres dans la suite si l'on en coupait le cours, essayons comme personne privées d'assoupir tous les différent dont nous aurons connaissance et qui pourraient faire naître des procès. Et quand par nos soins nous n'aurons pu empêcher qu'ils ne se forment, et que nous en deviendrons les juges, terminons les avec plus de brièveté et d'intégrité que nous pourrons, nous dépouillant de toutes sortes de préventions et d'intérêts, ne faisant aucune acceptation de pardonner, et pesant toutes les choses avec le poids du sanctuaire. Nous satisferons ainsi à notre conscience et à notre honneur, et en méritant auprès de Dieu, nous obligerons aussi notre invincible Monarque de reconnaître par de nouvelles grâces et de nouvelles récompenses les marques d'affection et de fidélité que nous lui aurons données, et dont vous allez faire entre mes mains de nouvelles protestations. Et lesdits sieurs de Tilly, Damours, Tesserie, Dupont, et Depeiras établi en une des charges de conseiller vacante, de Lotbinière et Peuvret ayant levé la main par-devant ledit seigneur gouverneur, ont juré et promis à Dieu chacun à son égard, de bien et fidèlement servir le Roi dans la fonction de leurs charges, sous l'autorité de celle qu'il a plu à sa Majesté lui donner dans ces provinces, et de rendre la justice à tous également, sans distinction ni acceptation de personnes, conformément aux ordonnances royaux, avec toute l'intégrité de juges incorruptibles, et la célérité que demande le bien des peuples, comme aussi s'il venait quelque chose à leur connaissance contre le service de sa Majesté, d'en avertir aussitôt ledit seigneur gouverneur, et s'il n'y était par lui remédié d'en donner avis à sa dite Majesté.»
Sujets traités :
Notice détaillée :
Collections et fonds :
Lieu de conservation :
  • Archives nationales à Québec
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Références

Discours de Monsieur Louis de Buade Frontenac, chevalier, comte de Palluau, gouverneur et lieutenant gouverneur de Sa Majesté en Canada, Acadie, île de Terre-Neuve et autres pays de la France septentrionale, au sujet de la prestation de serment des conseillers, pour le commencement de la nouvelle année, 16 janvier 1673, Archives nationales à Québec, Fonds Conseil souverain, (03Q,TP1,S28,P785).

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